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La chancellerie propose Rémy Heitz pour remplacer François Molins au poste de procureur de Paris

La candidature de l’actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG) a été proposée par le ministère de la justice au Conseil supérieur de la magistrature (CSM).



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h02
   





                        



   


Après plusieurs semaines de flottement sur le choix du successeur de François Molins au poste de procureur de Paris, la chancellerie s’est arrêtée sur un nom. Rémy Heitz a été proposé par Nicole Belloubet au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), a annoncé mercredi 3 octobre le porte-parole du ministère de la justice, Youssef Badr.
A 54 ans, l’actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG) devrait se voir attribuer le poste, à moins d’un peu probable avis défavorable du CSM, institution garante de l’indépendance des magistrats. Le CSM peut rendre un avis négatif, non contraignant, mais que le gouvernement s’est engagé à respecter.
Il remplacera ainsi François Molins qui doit quitter le parquet de Paris en novembre pour la Cour de cassation. Après sept ans en poste, il est devenu attentat après attentat le visage de l’antiterrorisme français.

        Lire aussi :
         

                Justice : l’Elysée prend la main sur les procureurs



Ancien Monsieur Sécurité routière de Chirac
Rémy Heitz avait été nommé en août 2017 à la tête de la DACG, poste réputé être le plus important de la chancellerie, après celui de garde des sceaux. Le Monsieur Sécurité routière sous Jacques Chirac entre 2003 et 2006 a un parcours atypique qui l’a fait passer à la fois par le siège et le parquet mais aussi par des fonctions plus politiques.
Natif de Nancy, il venait à peine d’être nommé jeune procureur de la République de Saint-Malo (1999-2001) lorsque a éclaté la très médiatique affaire Godard, du nom de ce médecin normand soupçonné d’avoir tué femme et enfants avec lesquels il avait disparu en mer à bord de son voilier.
Après avoir été promu vice-procureur de la République au tribunal de grande instance de Paris en 2001, il rejoint en 2002 le cabinet de Jean-Pierre Raffarin comme conseiller technique chargé de la justice. De 2003 à 2006, M. Heitz est propulsé délégué interministériel à la sécurité routière. Un poste exposé puisque le président Jacques Chirac fait de la sécurité routière un des trois grands « chantiers nationaux ». Entre 2011 et 2015, le magistrat a également présidé le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le deuxième plus grand de France.

        Lire aussi son portrait :
         

          Rémy Heitz, un nouveau directeur des affaires criminelles et des grâces






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Depuis 1981, dix-huit ministres se sont succédé à l’intérieur. Ils y ont passé en moyenne un peu plus de deux ans, une durée qui masque une importante disparité.
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Gérard Collomb, l’un des plus courts passages au ministère de l’intérieur

Depuis 1981, dix-huit ministres se sont succédé à l’intérieur. Ils y ont passé en moyenne un peu plus de deux ans, une durée qui masque une importante disparité.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 17h07
    |

            Jérémie Baruch








                        



   


En annonçant sa candidature à la mairie de Lyon pour les élections municipales de 2020, Gérard Collomb avait, dans le même temps, entériné son départ prochain du ministère de l’intérieur. Un départ prévu avant les élections européennes, et qui a finalement été obtenu mardi dans la soirée, après avoir déclenché une crise politique au sommet de l’Etat.

        Lire :
         

          Démission de Gérard Collomb : un camouflet, un casse-tête



M. Collomb est resté à la tête du ministère de l’intérieur pendant un tout petit peu plus de cinq cents jours. Une durée bien inférieure à la moyenne — deux ans et un mois — de ceux qui l’ont précédé depuis 1981 à cette fonction, l’une des plus importantes du gouvernement.


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De deux mois à cinq ans, la longévité des ministres de l'Intérieur depuis 1981
En nombre de jours

Source : Le Monde



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Depuis 1981, ceux qui sont restés moins longtemps que M. Collomb dans ce ministère l’ont tous quitté contraints par des échéances électorales ou référendaires, ou par un changement de premier ministre dans le cas de Philippe Marchand.
M. Collomb, lui, a quitté la place Beauvau de son plein gré pour préparer son retour à la mairie de Lyon. Cette singularité explique entre autres l’embarras du président de la République, Emmanuel Macron, qui a dû confier la gestion ponctuelle du ministère de l’intérieur au premier ministre, Edouard Philippe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Les acteurs publics et issus de la société civile se penchent sur une « stratégie parisienne de prévention » des affrontements entre bandes, en recrudescence depuis 2016.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Paris : la mairie veut enrayer le phénomène des rixes

Les acteurs publics et issus de la société civile se penchent sur une « stratégie parisienne de prévention » des affrontements entre bandes, en recrudescence depuis 2016.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 16h32
   





                        


Depuis près de trois ans, la capitale voit augmenter à un rythme préoccupant le phénomène des rixes entre bandes de jeunes. Pour tenter de l’enrayer, la maire de Paris, Anne Hidalgo, le procureur de la République, le préfet de police et le recteur d’académie de Paris ont lancé, mercredi 3 octobre, des états généraux sur ce phénomène à l’hôtel de ville.
La démarche vise à associer à la lutte contre ces rixes les familles, le monde associatif, l’éducation, les éducateurs de rue et les services sociaux. L’objectif de cette initiative est de présenter début 2019 une « stratégie parisienne de prévention des rixes », selon Colombe Brossel, l’adjointe au maire en charge des questions de sécurité.

Proposer aux jeunes Parisiens un autre horizon que les affrontements entre bandes. Prévenir, ensemble, plutôt que d… https://t.co/PncC3iblvd— Anne_Hidalgo (@Anne Hidalgo)


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Selon le procureur de Paris, François Molins, le phénomène des affrontements entre bandes dans l’espace public qui connaît une forte recrudescence à Paris depuis le début de 2016 concerne une douzaine d’arrondissements parisiens. En près de trois ans, il a provoqué la mort de sept jeunes dont quatre pour la seule année 2017.
« On est totalement dans l’irrationnel »
« Le nombre de rixes augmente. On en a dénombré, depuis qu’on a commencé à regarder le phénomène début 2016, plus de 250, précise Colombe Brossel. Ces rixes concernent tout Paris et des adolescents de plus en plus jeunes, avec une place importante pour des ados qui ont entre 13 et 15 ans. »
Les origines de cette recrudescence suscitent encore l’incompréhension relative des pouvoirs publics. « Le phénomène est extrêmement complexe, souligne François Molins. Je ne l’explique pas. Pour moi, on est totalement dans l’irrationnel. (…) On parle de bandes, mais ce sont plus des logiques de territoires, en réalité. » Selon Colombe Brossel, l’un des éléments nouveaux est le rôle des réseaux sociaux, notamment dans la préparation et l’organisation des rassemblements. « On peut avoir des rixes entre des groupes de cinq adolescents, comme on peut avoir des rixes entre des groupes de cinquante, soixante, voire quatre-vingts jeunes gens dans l’espace public », ajoute-t-elle.
Désormais, tout affrontement sera signalé aux services sociaux, avec les noms de tous les participants identifiés, auteurs ou victimes, pour permettre aux services sociaux d’intervenir et d’aider notamment des parents souvent dépassés à restaurer leur autorité, explique-t-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans une décision publiée mercredi, l’institution condamne la France à verser 15 000 euros à un plaignant né et ayant grandi dans des camps de transit, dans les années 1960.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le Conseil d’Etat engage la responsabilité de l’Etat dans l’accueil « indigne » des familles de harkis

Dans une décision publiée mercredi, l’institution condamne la France à verser 15 000 euros à un plaignant né et ayant grandi dans des camps de transit, dans les années 1960.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 16h48
   





                        



   


Le Conseil d’Etat, dans une décision du mercredi 3 octobre, a condamné l’Etat à verser 15 000 euros à un fils de harki né et ayant vécu dans des camps de transit, au titre des « préjudices matériels et moraux subis ». Dans un communiqué de presse, l’institution estime que « la responsabilité pour faute de l’Etat doit être engagée » pour « les conditions de vie indignes réservées aux familles de harkis dans les camps où elles ont été accueillies en France après l’indépendance de l’Algérie ».
Le plaignant, né en 1963 et ayant grandi jusqu’à l’âge de 12 ans dans deux camps de transit et de reclassement des anciens supplétifs de l’armée française, avait initialement porté plainte au tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Il demandait 1 million d’euros à l’Etat, en réparation des préjudices liés à l’absence de rapatriement et aux conditions d’accueil indignes sur le territoire français. Sa demande ayant été rejetée en 2014, puis en 2017 en appel, il s’était pourvu en cassation devant le Conseil d’Etat.
« Obstacle à son apprentissage du français »
Dans sa décision, le Conseil d’Etat estime qu’il ne lui appartient pas de se prononcer sur l’absence de rapatriement, le juge ne contrôlant pas « les actes qui se rattachent à l’action du gouvernement dans la conduite des relations internationales ». En revanche, il estime que la responsabilité de l’Etat est engagée concernant « les conditions de vies indignes » ayant entraîné pour le plaignant « des séquelles qui ont exigé un accompagnement médico-psycho-social » et « ont fait obstacle à son apprentissage du français ».
Emmanuel Macron a promu, le 21 septembre, 26 anciens combattants harkis et représentants d’associations de harkis dans l’ordre de la Légion d’honneur et dans l’ordre national du Mérite.
Par ailleurs, Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, a annoncé à la fin du mois de septembre une série de mesures en faveur des harkis et de leurs familles au nom d’un « geste fort de reconnaissance » pour les quelque 150 000 Algériens recrutés comme supplétifs de l’armée française durant le conflit algérien (1954-1962).
Une enveloppe supplémentaire de 40 millions d’euros, inscrite dans le projet de loi de finances pour 2019, leur sera dévolue pour les quatre prochaines années.

        Lire aussi :
         

                Des aides financières en faveur des harkis annoncées par le gouvernement






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Pour assurer un vol Bordeaux - Nice, la compagnie easyJet fait venir un autre appareil, depuis Londres. Les passagers arrivent à Nice avec plus de 5 heures de retard, et demandent à être indemnisés. La compagnie leur oppose des « circonstances extraordinaires ».
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ « Se doper pour travailler » décrit un phénomène d’une ampleur considérable et identifie les motivations des « consommateurs » ainsi que les réflexions menées dans les entreprises pour protéger les salariés.
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Pourquoi les salariés se droguent-ils au travail?

« Se doper pour travailler » décrit un phénomène d’une ampleur considérable et identifie les motivations des « consommateurs » ainsi que les réflexions menées dans les entreprises pour protéger les salariés.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 16h07
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. Cannabis, amphétamines, alcool ? Quand la transformation du travail semble impossible, la transformation de soi apparaît comme une alternative. L’essai Se doper pour travailler (Erès) le démontre à travers plusieurs enquêtes de terrain sur l’usage des substances psychoactives (SPA) au travail, dans le BTP, la police, dans les cabinets d’avocats, dans les aéroports, en France, et à l’international.
L’objectif de l’ouvrage est d’ancrer la prévention à l’analyse du travail réel dans une approche multidisciplinaire (sociologique, juridique, psychologique, ergonomique, etc.). Car « les usages de SPA répondent aux enjeux de l’activité de travail », souligne la chercheuse Dominique Lhuilier.

Se doper pour travailler est le résultat d’un travail collectif, mené sous la direction des chercheurs Renaud Crespin (CNRS), Dominique Lhuilier (CNAM) et Gladys Lutz. Il décrit un phénomène d’une ampleur considérable et identifie les motivations des « consommateurs », les fonctions professionnelles du recours aux substances psychoactives, ainsi que les réflexions menées dans les entreprises sur l’organisation d’une action syndicale possible pour protéger les salariés, car l’enjeu de santé publique est important.
Energie, concentration, productivité
Le dopage au quotidien « est très fréquent », affirment les auteurs. Il n’est pas généralisé, mais il n’est réservé ni à une catégorie socio-professionnelle ni à un secteur d’activité. Des ouvriers, des cadres, des employés, des intérimaires consomment des drogues et des psychotropes.
Pourquoi ? Pour se dépasser, pour garder le rythme, pour supporter la souffrance physique ou psychique, pour anesthésier les peurs, pour s’intégrer à une équipe, bref pour rester adaptés aux conditions de leur emploi. « Les produits leur permettent de trouver l’énergie qui leur fait défaut, la concentration qu’ils espèrent et la productivité qu’ils recherchent...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Christophe Falcoz analyse les concepts de parité, de mixité et d’égalité pour aider les entreprises à établir un diagnostic précis, indispensable pour avancer efficacement vers une « égalité réelle ».
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L’égalité en perspective

Christophe Falcoz analyse les concepts de parité, de mixité et d’égalité pour aider les entreprises à établir un diagnostic précis, indispensable pour avancer efficacement vers une « égalité réelle ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 11h55
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. « Au rythme actuel, il faudra attendre encore plus d’un siècle et demi au niveau mondial avant que les écarts de salaire entre femmes et hommes disparaissent. » Cette lointaine perspective décrite par Christophe Falcoz, professeur associé à l’IEA Lyon, ne l’a pas découragé pour se lancer dans l’étude de « l’égalité réelle » entre les femmes et les hommes au travail.
Son manuel L’Egalité femmes-hommes au travail analyse distinctement les concepts de parité, de mixité et d’égalité pour aider les entreprises à établir un diagnostic précis, indispensable pour avancer efficacement vers une « égalité réelle ». Comment ? En redéfinissant, par exemple, les classifications, les grilles de compétences et les échelles de promotion.
Pour Christophe Falcoz, la France est aujourd’hui « au milieu du gué », avec des écarts de salaires qui se résorbent, mais lentement et surtout, des femmes qui restent cantonnées dans un petit nombre de métiers. Ainsi, « seuls 19 métiers sur 86 sont mixtes ». L’observation des pratiques des entreprises montre en quoi la confusion, parfois sciemment entretenue, entre mixité et égalité peut-être source d’effets pervers.
« A travail de valeur égale, salaire égal » en 1972
Son ouvrage rappelle ce qui, jusque-là, a permis d’avancer vers l’égalité, à savoir les évolutions législatives. A la sortie de la deuxième guerre mondiale, les arrêtés Parodi (1945) ont ainsi fait disparaître la référence au salaire féminin, puis la loi de 1972 a instauré le principe « à travail de valeur égale, salaire égal ».

Enfin, plus récemment la loi Copé-Zimmerman introduisit le quota de femmes dans les conseils d’administration. Mais les écarts de salaire restent importants et augmentent avec l’âge et les responsabilités.
Le directeur de recherches en sciences de gestion accorde une place primordiale au rôle des responsables des ressources...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Le départ du gouvernement du ministre de l’intérieur plonge un peu plus le pouvoir exécutif dans la crise à rebondissements qui le secoue depuis deux mois.
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Démission de Gérard Collomb : un camouflet, un casse-tête

Editorial. Le départ du gouvernement du ministre de l’intérieur plonge un peu plus le pouvoir exécutif dans la crise à rebondissements qui le secoue depuis deux mois.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h34
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’est un curieux hommage à Guignol, l’emblème de Lyon, « sa » ville chérie, que vient de rendre Gérard Collomb. Lassé du castelet du pouvoir parisien, où il jouait les gendarmes depuis seize mois et apparaissait trop souvent désaccordé, pressé de retrouver au plus vite les faveurs du public lyonnais, l’ancien ministre de l’intérieur a donc quitté la scène. Au terme d’un final rocambolesque avec le président de la République.
S’il ne s’agissait des affaires de l’Etat, l’on pourrait sourire du comique de situation. Mais cette démission du ministre de l’intérieur plonge un peu plus le pouvoir exécutif dans la crise à rebondissements qui le secoue depuis deux mois. Au camouflet sans précédent infligé au chef de l’Etat et au premier ministre s’ajoute le casse-tête de trouver, en catastrophe, un ministre de l’intérieur.
Il y a quinze jours déjà, en proposant sa démission, assortie d’un préavis de dix mois jusqu’aux élections européennes, Gérard Collomb avait transgressé de façon stupéfiante la règle élémentaire qui confie au président de la République le pouvoir de nommer les ministres et de mettre fin à leurs fonctions. En réitérant sa décision de manière irrévocable, mardi 2 octobre, qui plus est à son initiative et par voie de presse, il n’a pas hésité à démontrer le peu de cas qu’il fait désormais de l’autorité présidentielle. C’est encore plus cinglant pour le premier ministre, pris au dépourvu en pleine séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

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S’il avait voulu démontrer, ce dont il se défend sans convaincre, que le chef de l’Etat a perdu la main sur les événements et qu’il manque de l’expérience et des réflexes indispensables à sa fonction, l’ex-ministre n’aurait pu faire mieux. Comme nous l’écrivions ici même au moment de la première menace de démission de M. Collomb, Emmanuel Macron n’avait guère d’autre choix que de trancher, et de démettre rapidement son ministre. En y renonçant, pour rester maître du calendrier, il se voit aujourd’hui imposer ce départ de façon humiliante.
Un message sans ambiguïté
Deux précédents ajoutent au trouble. De la même façon, le chef de l’Etat n’a pas su gérer efficacement la crise déclenchée, en juillet, par l’affaire Benalla. La décision, finalement prise sous la pression, après des semaines de finasseries maladroites, de licencier l’ancien conseiller aurait dû être prise immédiatement, dès le mois de mai, lorsque fut connu l’épisode mettant en cause M. Benalla. En écartant cette sanction immédiate, par fidélité à un homme qui avait accompagné sa conquête du pouvoir, le président s’est retrouvé empêtré dans un pataquès sans fin. De même avec Nicolas Hulot, dont Emmanuel Macron, trop sûr de son pouvoir de persuasion ou de séduction, n’a pas su calmer les impatiences ni répondre aux inquiétudes. Là encore, il a été mis devant le fait accompli.

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Mais la démission du ministre de l’intérieur jette une lumière encore plus cruelle sur la situation du président. Soutien de la première heure à celui qui n’était encore qu’un candidat putatif à l’élection présidentielle, lui apportant expérience, appuis et réseaux, apparaissant alors comme le mentor du jeune impétrant, chantre du « nouveau monde » macronien, Gérard Collomb était l’un des – rares – piliers du gouvernement. En claquant la porte, il adresse un message sans ambiguïté : après seize mois d’expérience, l’avenir de Lyon lui paraît plus décisif que celui de la France. Bref, il n’y croit plus.

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Quant à son remplacement, la décision de confier l’intérim du ministère de l’intérieur au premier ministre démontre qu’il relève du casse-tête. C’est, en effet, l’une des faiblesses du chef de l’Etat : ayant délibérément balayé la plupart des caciques expérimentés pour constituer une équipe de néophytes et de techniciens, il se trouve fort dépourvu de candidats de poids pour occuper l’un des postes-clés de la République.
La rentrée du président était cahoteuse. Elle est en passe de devenir chaotique.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Pour le Quai d’Orsay, les mesures de rétorsion dans l’affaire de Villepinte n’empêchent pas les échanges pour préserver l’accord sur le nucléaire après le retrait américain.
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La France essaie de limiter les effets de la crise avec l’Iran

Pour le Quai d’Orsay, les mesures de rétorsion dans l’affaire de Villepinte n’empêchent pas les échanges pour préserver l’accord sur le nucléaire après le retrait américain.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h04
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Les autorités françaises veulent marquer le coup – pour affirmer qu’il n’est pas acceptable qu’un Etat, en l’occurrence l’Iran, tente de mener un attentat terroriste sur le territoire national –, tout en limitant les effets de la crise diplomatique avec Téhéran. La diplomatie tricolore se livre à un exercice de haute voltige. « L’attentat déjoué à Villepinte [le 30 juin contre un rassemblement des Moudjahidin du peuple] confirme la nécessité d’une approche exigeante dans nos relations avec l’Iran », a assuré, mardi 2 octobre, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué signé avec ses collègues de l’économie, Bruno Le Maire, et de l’intérieur, Gérard Collomb, peu de temps avant la démission de ce dernier. Le texte dénonce un « acte d’une extrême gravité qui ne peut rester sans réponse ».
« Nous voulions des explications des autorités iraniennes et non pas des protestations d’innocence, car nous avons les éléments montrant leur implication », précise une source diplomatique française. La question a été « mentionnée » lors de la rencontre à New York entre Emmanuel Macron et le président iranien Hassan Rohani, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

L’affaire a été évoquée plus longuement lors des entretiens entre Jean-Yves Le Drian et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Les explications demandées à Téhéran ne sont jamais arrivées. D’où la décision prise par Paris de mettre les accusations sur la place publique et d’annoncer les mesures de rétorsions alors qu’à Téhéran, le porte-parole du ministère des affaires étrangères dément toute implication. « S’il y a malentendu à propos d’une chose qui n’existe pas ou ourdie par d’autres, nous pouvons nous asseoir et en parler », a-t-il déclaré.
Paris a décidé le gel des avoirs de la direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du renseignement et de deux ressortissants iraniens....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Dans un rapport commandé par la Chancellerie, des parlementaires proposent des exceptions à la loi pénitentiaire.
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Les fouilles corporelles systématiques préconisées pour les détenus dangereux

Dans un rapport commandé par la Chancellerie, des parlementaires proposent des exceptions à la loi pénitentiaire.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h56
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
La question des fouilles à nu de détenus symbolise les situations de porte-à-faux dans lesquelles se mettent parfois les syndicats de surveillants. L’UFAP, FO et la CGT réclament l’abrogation pure et simple de l’article 57 de la loi pénitentiaire de 2009 qui interdit la pratique systématique de telles fouilles, mais reconnaissent en aparté que c’est un objectif irréaliste. Car ce serait tout simplement contraire à la Convention européenne des droits de l’homme qui bannit les traitements inhumains ou dégradants.
Pour tenter de dépassionner le sujet et sortir de l’impasse, la chancellerie a proposé, au sortir de la grève de janvier, de solliciter un rapport parlementaire. Les députés Xavier Breton (Les Républicains) et Dimitri Houbron (La République en marche), qui ont donc mené cette « mission d’information » à la demande du gouvernement, devaient rendre public leur rapport mercredi 3 octobre.

Il n’est pas question selon eux de revenir sur l’article 57, mais bien d’exploiter les possibilités d’exception que permet la jurisprudence. Ils préconisent ainsi d’inscrire dans la loi un « régime exorbitant individuel pour les détenus dangereux sur un laps de temps limité ». Des fouilles systématiques seraient pratiquées à l’égard de certaines personnes liées au terrorisme ou au grand banditisme. Ces exceptions, tolérées par la Cour de Strasbourg dès lors qu’elles apparaissent motivées et proportionnées, sont pratiquées dans certains pays voisins comme la Grande-Bretagne et l’Espagne.
En France également, quelques chefs d’établissement, telle la directrice de Fleury-Mérogis, recourent déjà à des fouilles intégrales systématiques à l’égard de certains détenus. L’administration centrale recommande aux directeurs de prison d’utiliser plus encore les possibilités que leur offrent les textes existants. Les retours sous escorte du tribunal ou de l’hôpital devraient davantage être pris en compte, de même que le cas des détenus qui reviennent d’une...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Neuf mois après le conflit historique des surveillants, les élections professionnelles alimentent les surenchères.
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Tensions dans les prisons sur fond de guerre syndicale

Neuf mois après le conflit historique des surveillants, les élections professionnelles alimentent les surenchères.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 15h56
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Neuf mois après le mouvement social des surveillants pénitentiaires, inédit par son ampleur depuis celui de 1992, les plaies ne sont pas refermées. Alors qu’approchent les élections professionnelles du 6 décembre, les deux principales organisations syndicales, UFAP-UNSA et FO-Pénitentiaire, se livrent une guerre sans merci pour tenter de récupérer dans les urnes le fruit de leurs stratégies divergentes. Une période propice aux surenchères. « Ces rivalités délétères créent des tensions dans les équipes, manquent de déraper et nous compliquent le travail », constate le directeur d’un établissement pénitentiaire francilien confronté à la surpopulation carcérale.
Le conflit de janvier, dont les organisations syndicales ont semblé perdre le contrôle, a été marqué par un important mouvement de « dépôt de clés ». Les préfets ont dû réquisitionner la police et la gendarmerie pour suppléer les surveillants qui avaient déserté plusieurs dizaines de prisons. La conjonction de deux annonces aura permis la sortie de crise. D’abord des sanctions à l’égard des surveillants grévistes, puisqu’ils n’ont pas le droit de grève, et lorsque l’ensemble de l’effectif d’un établissement s’est trouvé en arrêt maladie le même jour. Surtout, des propositions du ministère de la justice acceptées le 26 janvier par un seul syndicat, l’UFAP, répondaient à une partie des revendications en matière de rémunération et de sécurité, avec une enveloppe de 30 millions d’euros.

Menace prise au sérieux
Emmanuel Baudin, le secrétaire général de FO-Pénitentiaire, y a vu la « trahison » du syndicat majoritaire pour empêcher les surveillants d’obtenir satisfaction sur leur demande de passer en catégorie B de la fonction publique, comme les policiers. Pour Jean-François Forget, le secrétaire général de l’UFAP, au contraire, c’était le moyen de « sortir par le haut » d’un conflit où « l’irresponsabilité » de FO risquait « d’emmener tout le monde...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Pour Paris, le ministère du renseignement iranien a commandité l’attaque déjouée contre un rassemblement des Moudjahidin du peuple le 30 juin. Ce ministère est au cœur des enjeux de pouvoir en Iran.
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Projet d’attentat de Villepinte : un coup dur pour le président iranien

Pour Paris, le ministère du renseignement iranien a commandité l’attaque déjouée contre un rassemblement des Moudjahidin du peuple le 30 juin. Ce ministère est au cœur des enjeux de pouvoir en Iran.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 11h23
    |

            Louis Imbert








                        



   


En désignant, mardi 2 octobre, un vice-ministre du renseignement iranien comme le commanditaire du projet d’attentat de Villepinte (Seine-Saint-Denis) du 30 juin, Paris met en évidence qu’une lutte de pouvoir a lieu au sein des organes de sécurité de Téhéran, et de leur direction politique. Ce ministère dépend en effet théoriquement de l’autorité du président, Hassan Rohani, pour qui cet épisode ne peut représenter qu’un désastre.
Le projet d’attentat a été révélé à la fin de juin alors que M. Rohani commençait une visite en Suisse, et devait se rendre en Autriche, afin de poursuivre ses efforts pour préserver l’accord international sur le nucléaire iranien, à la suite du retrait de Washington, en mai. Cette affaire ruinait sa visite.
Elle a affecté sa relation avec Paris, le meilleur défenseur de l’accord. « La relation de M. Rohani avec l’Europe lui assure aujourd’hui la plus grande part de son poids politique. Si l’on veut le torpiller, c’est à elle qu’il faut s’en prendre », note l’intellectuel et ancien parlementaire iranien Ahmad Salamatian, à Paris.

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M. Rohani a beau se ranger parmi les modérés, c’est un homme du sérail : il a effectué toute sa carrière, depuis la révolution de 1979, au sein des instances de sécurité, jusqu’à ce qu’il prenne en charge, en 2003, les négociations sur le dossier nucléaire.
Elu en 2013 à la présidence pour faire aboutir ces pourparlers, il s’était attaché, dès sa prise de fonction, à s’assurer le contrôle du ministère. « Il y a si bien réussi que [ses adversaires] ultraconservateurs n’ont plus confiance en l’institution, estime Ali Vaez, spécialiste de l’Iran pour l’International Crisis Group. Ils ont donc rehaussé le pouvoir de la branche renseignement des gardiens de la révolution », la principale force armée du pays, qui dépend directement du Guide suprême, Ali Khamenei.
Tiraillements internes
M. Rohani aurait également tenté de limiter le périmètre de responsabilité des gardiens au Proche-Orient, et de tenir sous sa bride les affaires européennes. Assadollah Assadi, diplomate iranien basé à Vienne et arrêté en Allemagne, soupçonné d’avoir guidé les exécutants de l’attentat déjoué de Villepinte, aurait eu la charge, selon une source diplomatique française, de surveiller les groupes d’opposition en exil sur le continent (les Moudjahidin du peuple, organisateurs du rassemblement de Villepinte, des groupes issus des minorités kurde, baloutche ou arabe…). Le vice-ministre identifié mardi par Paris comme son donneur d’ordres, Saeid Hashemi Moghadam, n’est, quant à lui, pas un personnage public.
Ce n’est pas une aberration dans une institution discrète qui compte, selon l’organigramme, cinq vice-ministres, dont deux seulement sont identifiés en Iran. L’un d’eux a siégé en conseil des ministres, un autre est apparu dans des réunions publiques en province. Paris souligne, de son côté, que le ministère dépend « directement » de M. Khamenei, sans mentionner la présidence. Est-ce de crainte que le modéré Rohani, très affaibli, ne soit en train de perdre la main face aux plus « durs » ? Cette déclaration signifie aussi que la France n’imagine pas que l’opération de Villepinte ait été menée par une faction au sein de l’Etat, sans l’accord de ses plus hautes autorités.

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Ces derniers mois, le ministère a pu paraître sujet à des tiraillements internes, révélés par son incapacité à faire libérer des prisonniers politiques, bien que le ministre, Mahmoud Alavi, et M. Rohani aient publiquement souhaité qu’ils soient relâchés. M. Khamenei lui-même a exprimé à de multiples reprises son peu de goût pour l’accord sur le nucléaire, et ses regrets d’avoir autorisé sa signature. Mais il valide depuis le mois de mai les efforts de M. Rohani pour le préserver, avec l’aide des Européens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ A la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la baisse de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple.
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Macron-Collomb, les coulisses d’un divorce

A la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la baisse de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h33
    |

            Raphaëlle Bacqué, 
Virginie Malingre et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            

Ces dernières semaines, leur déjeuner en tête à tête, celui qui les réunissait chaque lundi à l’Elysée, n’a plus eu lieu. Jusqu’au début de l’été, Gérard Collomb se vantait pourtant : « Je suis le ministre qui voit le plus souvent Emmanuel Macron ! » Mais à la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la chute de la cote de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple politique. Leur duo privilégié s’est effondré presque d’un coup.
Les blagueurs n’ont jamais tout à fait bien compris l’importance de cette relation. Pendant des mois, les humoristes des matinales radio se sont évertués à croquer Gérard Collomb en grand-père quasi gâteux courant derrière le sémillant président. Il paraissait si surprenant que deux hommes appartenant à des générations si éloignées s’accordent, l’un septuagénaire, l’autre tout juste quadra…
Macron, parisien depuis les classes prépas, et Collomb, roi de cette deuxième capitale qu’est Lyon, pouvaient-ils vraiment s’entendre ? Quelle utilité le président du « nouveau monde » trouvait-il à cet élu entré en politique à la fin des années 1960 ? C’est mal comprendre ce qu’est Gérard Collomb et le rôle qu’il a joué auprès d’Emmanuel Macron depuis trois ans. Il n’a pas seulement été le premier élu de poids à croire à l’avenir présidentiel du jeune Macron – cela, la légende d’En marche ! l’a déjà largement ressassé – ; c’est au pouvoir que le duo s’est affirmé. De la place Beauvau à l’Elysée, il n’y a qu’une rue à traverser…

Les deux anciens khâgneux partagent le même goût pour la littérature, le grec et la philosophie. Gérard Collomb peut se comporter en politicien local surveillant la moindre investiture en Rhône-Alpes, mais il s’intéresse à l’économie et au numérique. Et, même s’il s’en agace parfois, accepte de jouer le « bad cop » du pouvoir en endossant « une politique répressive en matière migratoire », comme il le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Lors de la passation de pouvoir, mercredi, le ministre de l’intérieur démissionnaire a estimé laisser à Edouard Philippe, qui assure l’intérim, un ministère « apaisé ».
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Gérard Collomb : « J’étais en train de démissionner, cela n’a pas empêché les policiers d’interpeller Redoine Faïd »

Lors de la passation de pouvoir, mercredi, le ministre de l’intérieur démissionnaire a estimé laisser à Edouard Philippe, qui assure l’intérim, un ministère « apaisé ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 11h24
   





                        



   


La passation de pouvoir entre le ministre de l’intérieur démissionnaire, Gérard Collomb, et le premier ministre, Edouard Philippe, qui assure l’intérim à la demande du chef de l’Etat en attendant la nomination d’un remplaçant, s’est déroulée mercredi matin 3 octobre place Beauvau. Dans un sobre discours, Gérard Collomb a dessiné un bilan contrasté de son passage au gouvernement. Il estime laisser « un ministère apaisé, qui a lancé un certain nombre de réformes ». « Mais il en reste de nombreuses à mener », a-t-il ajouté.
« Grâce à vous, Monsieur le premier ministre, et grâce au président de la République, nous avons pu obtenir un budget exceptionnel, en augmentation de 3,4 %, quand l’ensemble du budget n’a augmenté que de 0,8 %. C’est la traduction de l’engagement du président de protéger nos concitoyens », a-t-il aussi déclaré.
L’ancien ministre de l’intérieur est moins optimiste quand il évoque les « quartiers de reconquête républicaine [quartiers populaires] » :
« La situation est très dégradée. Oui, aujourd’hui, c’est plutôt la loi du plus fort qui s’impose – des narcotrafiquants, des islamistes radicaux – qui a pris la place de la République. Il faut assurer la sécurité dans ces quartiers, mais je pense qu’il faut fondamentalement les changer. Quand un quartier se paupérise, se ghettoïse, il ne peut y avoir que des difficultés. Il faut une vision d’ensemble pour recréer de la mixité sociale. »

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Rassurer sur la continuité de l’action
Gérard Collomb a insisté sur l’affection qu’il porte aux territoires français. « Je suis comme vous, Monsieur le premier ministre, un Girondin, quelqu’un qui vient de villes qu’on aime toujours, a-t-il dit à Edouard Philippe. Je ne fais pas de différence entre métropole, ville moyenne, zone rurale, tous les territoires qu’il faut remettre ensemble dans la dynamique. »
Au moment de son départ sans successeur désigné, Gérard Collomb a tenu à rassurer sur la continuité de l’action au ministère de l’intérieur :
« Nous avons des grands directeurs, de grands préfets, qui connaissent leur territoire et permettent la continuité de l’Etat. Preuve en est : le ministre était en train de démissionner, cela n’a pas empêché les policiers d’interpeller Redoine Faïd. »
En réponse, le premier ministre a salué « la grande culture » de Gérard Collomb. « Il nous appartient d’être à la hauteur de la tâche, pour donner aux Français ce qu’ils attendent : de la sécurité, de l’espoir », a-t-il conclu.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Nicolas Chapuis, journaliste au service société du Monde a répondu à vos questions sur la démission du ministre de l’intérieur Gérard Collomb
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Une agence de communication a passé au crible les interventions et les amendements déposés et votés par les élus de l’Assemblée lors des débats sur la loi ELAN.
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Loi logement : le palmarès des députés les plus influents

Une agence de communication a passé au crible les interventions et les amendements déposés et votés par les élus de l’Assemblée lors des débats sur la loi ELAN.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h00
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Quels députés se sont montrés les plus influents sur les questions de logement depuis leur élection en juin 2017, et notamment au cours des quatre-vingt-dix heures de débats du projet de loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), entre le 30 mai et le 12 juin ? C’est la question originale à laquelle répond l’agence de communication Rumeur publique, secondée par la société Data Observer qui a analysé toutes les interventions, soit 200 millions de mots ou expressions, mesuré les temps de parole, comptabilisé les amendements finalement adoptés et leur répercussion dans les médias et les réseaux sociaux (Twitter et Facebook). Son palmarès est divulgué mercredi 3 octobre, jour du vote sur le texte final de la loi ELAN à l’Assemblée, avant confirmation par le Sénat.
François Pupponi, député (PS) du Val-d’Oise, est largement en tête de ce « Top 50 », avec 354 citations dans la presse écrite, et à l’origine de 225 amendements intégrés dans le texte final. Ce familier de l’Assemblée, au verbe haut, ancien maire de Sarcelles, ex-président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, auteur d’un rapport sur les aides personnalisées au logement et d’un ouvrage sur les banlieues, donc expert du secteur, ne se laisse pas facilement couper le micro lorsqu’il a quelque chose à dire.

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Derrière lui, Richard Lioger, député (LRM) de la Moselle, atteint aisément la deuxième place en tant que corapporteur de la loi, participant donc à chaque débat. Une belle performance pour un primo-député mais aussi ancien conseiller municipal (PS) à Metz, notamment chargé de l’urbanisme, durant une bonne dizaine d’années.
Sa collègue (LRM) Christelle Dubos, corapporteuse du texte sur des aspects plutôt grand public comme la copropriété ou la location, a beau être à l’origine de 185 amendements, elle n’arrive, privée de l’impact médiatique des autres, qu’à la quatorzième place. Mme Dubos pâtit peut-être de son relatif noviciat sur ces sujets ardus.
Expérience professionnelle
Sylvia Pinel, députée du Tarn-et-Garonne, vient assez justement, en tant qu’ancienne ministre du logement durant le quinquennat de François Hollande, en troisième place. Les douze amendements qu’elle a fait adopter lui ont tout de même valu 429 citations dans la presse et une activité fournie sur Twitter, où elle compte près de 26 000 abonnés. La procédure législative « à temps programmé » adoptée pour ces débats, qui limite le temps de parole des députés en proportion du poids de leur groupe, la pénalisait pourtant comme non inscrite.
Un autre élu d’opposition, Stéphane Peu, député (PCF) de Seine-Saint-Denis, se hisse à la quatrième place. Son expérience d’élu, de président d’un grand organisme HLM, Plaine Commune Habitat, et son expérience du logement social et de la lutte contre l’habitat indigne, ont porté 82 amendements jusqu’à leur adoption, avec une reprise presse fournie de 333 citations. François Jolivet, primo-député (LRM) d’Indre, a pu faire valoir son expérience professionnelle au sein d’un bailleur social filiale de la SNCF et est classé cinquième.
« Les élus d’Ile-de-France, qui représentent plus de 30 % de ce classement alors qu’ils ne comptent que pour 17 % de l’ensemble des députés, sont particulièrement actifs, commente Marie Meyruey, consultante chez Rumeur publique. Nous notons aussi la forte influence des membres de la commission des finances qui trustent 40 % des places. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les adolescents trans se tournent vers les Youtubeurs et les blogueurs pour poser les questions auxquelles ils ne trouvent de réponse ni à la maison ni à l’école.
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                Isolés à l’école, les jeunes trans trouvent information et soutien sur Internet


Les adolescents trans se tournent vers les Youtubeurs et les blogueurs pour poser les questions auxquelles ils ne trouvent de réponse ni à la maison ni à l’école.

LE MONDE
                 |                 03.10.2018 à 09h48
                 |

            Adrien Naselli

















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En 2017, un enfant scolarisé en classe de CM1 à Paris menaçait de se suicider. Ses camarades de classe le harcelaient parce qu’il jouait à des jeux dits « de fille » alors qu’il portait un prénom de garçon. Sous le choc, la direction de l’école contactait la mairie d’arrondissement qui la mettait en relation avec les associations SOS homophobie et MAG Jeunes LGBT (Mouvement d’affirmation des jeunes lesbiennes, gay, bi et trans).
Animé par des jeunes qui ont la vingtaine, le MAG est habilité depuis 2001 à réaliser des « interventions en milieu scolaire » pour échanger avec les collégiens et les lycéens sur les discriminations fondées sur le genre (transphobie et sexisme) ou l’orientation sexuelle, à la demande des établissements. Ce jour-là, à l’école primaire, ce sont les adultes qui ont reçu une formation : les membres du MAG leur ont notamment parlé de transidentité, le fait d’avoir une identité de genre différente du sexe assigné à la naissance.

        Rencontre au Monde Festival :
         

          Trans, surmonter les obstacles pour vivre



Le ministère de l’éducation nationale a beau avoir envoyé, le 13 septembre dernier, une circulaire aux recteurs d’académie pour les sommer de mettre en place les trois séances d’« éducation à la sexualité » prévues au collège et au lycée, la vie des élèves trans n’a pas été améliorée pour autant. Le mot « transphobie » a fait son apparition pour la première fois dans ce texte.
Le ministère explique au Monde que « dans le cadre du plan national de formation, un séminaire sur la lutte contre le sexisme et les LGBTphobies sera organisé cette année. Il permettra de former des cadres académiques, personnels d’inspection, personnels de direction et formateurs académiques sur ces sujets. Leur rôle est de former à leur tour les personnels dans l’académie. » Et rappelle que « la question de la transphobie est formellement inscrite dans le programme d’enseignement moral et civique au collège au chapitre de la lutte contre les discriminations. »

        Sur la procédure de changement d’état civil (2016) pour les « trans » :
         

          Les associations insatisfaites



L’école aux abonnés absents
Or, dans une étude* non publiée sur l’éducation à la sexualité en France avec un échantillon de 335 élèves LGBT, que Le Monde a pu se procurer en exclusivité, le MAG Jeunes LGBT révèle que, si les élèves ont parfois accès à quelques informations sur l’homosexualité, ils n’entendent jamais parler de transidentité à l’école. A la question : « Où trouves-tu (où as-tu trouvé) l’essentiel de tes informations par rapport à ton orientation, ton identité ou tes questionnements ? », 73,1 % des répondants désignent les réseaux sociaux.
Omar Didi, 23 ans, le coprésident du MAG Jeunes LGBT, explique que, pendant les interventions en milieu scolaire, beaucoup d’ados « parlent pour la première fois à une personne qui est lesbienne, gay, bie ou trans ». Le peu d’écart d’âge favorise les échanges. Aux permanences hebdomadaires de l’association, à Paris, à Caen, et bientôt à Lyon et à Rennes, se pressent de nombreux jeunes dont la moyenne d’âge, en 2017, était de 18 ans. Pour Ezra Baker, personne non binaire de 21 ans qui réalise des interventions en milieu scolaire, « les élèves sont très demandeurs. Ils ont entendu plein d’idées fausses sur l’identité de genre ». 
L’association a réalisé une autre étude** avec le soutien de l’UNESCO, en diffusant un questionnaire sur les réseaux sociaux auprès de 21 528 jeunes dans le monde, et l’a présentée à Vancouver le 5 août 2018 lors de l’Equal Rights Coalition Conference. Elle révèle que 65 % des garçons trans et 59 % des filles trans ont déjà été « ridiculisés, insultés ou menacés » à l’école.
Déferlement de messages
Laissés pour compte par l’école, les jeunes trans trouvent notamment du réconfort et des informations sur Youtube. Laura Badler, une jeune femme trans, et Adrian de la Vega, un jeune homme trans, ont respectivement plus de 24 000 et plus de 10 000 abonnés sur la plate-forme. Avant de devenir célèbres sur le Net, ils ont commencé par se renseigner dans la jungle du Web aussi : « J’avais la chance de pouvoir parler anglais, explique Laura Badler. Sans Internet, je n’aurais jamais pu mettre de mots sur ce que je ressentais. » La jeune femme de 26 ans, qui vit à Rennes, a fait son coming out il y a trois ans. Elle n’avait jamais entendu parler de transidentité à l’école. « Le but de mes vidéos, c’est de dire aux gens qu’ils ne sont pas seuls. Beaucoup m’écrivent pour me dire : “Je vais bien grâce à toi”. »
Face au déferlement de messages, Laura Badler s’est rendu compte qu’elle ne pouvait plus répondre à tout le monde. Elle a donc créé un groupe privé sur Facebook pour lequel elle a nommé une douzaine d’administrateurs. Dans ce groupe, les trans mineurs (« l’écrasante majorité ») peuvent trouver écoute et soutien. Leur préoccupation principale : comment parler aux parents ?
Eli, lui, a fait son coming out auprès de ses parents pendant l’été. Elève en terminale L dans un lycée des Alpes-de-Haute-Provence, il estime avoir eu beaucoup de chance : la semaine de la rentrée, il est passé par une crise d’angoisse en classe en entendant ses profs l’appeler par son prénom d’état civil, alors qu’il avait déjà fait son coming out trans à ses camarades. Puis il est tombé sur une infirmière, « la trentaine, qui connaissait bien le sujet ». « J’ai demandé à mes profs de m’appeler par mon prénom, et presque tous ont accepté. Ils m’appellent maintenant Eli. » Mais quand le médecin de famille l’a orienté chez le psy, il a éprouvé le besoin de chercher de l’information de son côté et a donc écrit à Adrian de la Vega.

        Notre entretien avec
         

          Sébastien Machefaux, psychiatre et spécialiste des questions de genre



Oreille attentive
Le jeune youtubeur reçoit une vingtaine de messages par jour. « Des jeunes de 14 ans qui me racontent leurs vies, leurs sentiments, souvent leur détresse, dans des e-mails qui n’en finissent pas. Je mets plusieurs semaines à leur répondre, mais je leur réponds. J’ai l’impression de tenir le rôle d’oreille attentive qu’ils n’ont pas, d’assistant social, de grand frère. » Adrian a créé un groupe de parole et d’information sur la santé en utilisant une plate-forme prisée par les adeptes des jeux vidéo, Discord. Comme Laura, il a dû s’organiser pour gérer les questions des autres. Il reçoit aussi des appels à l’aide de proches – parents, amis, frères et sœurs – qui lui écrivent, car ils ne savent pas comment s’y prendre : « Il y a des gens qui veulent bien faire, mais qui sont perdus. Je les renvoie vers des permanences d’associations. Si celles-ci étaient mieux médiatisées, invitées dans les écoles, ce serait plus facile. »

Le comédien Océan, qui a fait son coming out trans le 17 mai dernier à l’âge de 41 ans, reçoit aussi des quantités de messages et renvoie les personnes vers les associations OUTrans ou Acthé : « Ce sont beaucoup de très jeunes, mais parfois aussi des personnes de 50 ans qui me disent que mon coming out leur a posé question… La première ressource des trans, c’est les autres trans ! »

        Notre entretien avec Océan :
         

          « Etre transfuge de genre n’est ni grave ni une folie »



*« Richard, G. en collaboration avec le MAG Jeunes LGBT (2018). Rapport national sur l’éducation à la sexualité en France du point de vue des élèves issu·e·s de la diversité sexuelle et/ou romantique et de genre. Paris : MAG Jeunes LGBT. »
**« Richard, G. et MAG Jeunes LGBT (2018). Rapport synthétique de la consultation globale sur l’éducation inclusive et l’accès à la santé des jeunes LGBTI + dans le monde. Paris : MAG Jeunes LGBT. »
« Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une rencontre sur la vie des personnes trans en France avec Diane Leriche, Sam Bourcier et Adrian de la Vega. Elle aura lieu au théâtre des Bouffes du Nord, dimanche 7 octobre, de 14 h 30 à 15 h 30.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Adrien Naselli
    













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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ En cavale depuis son évasion de la prison de Réau, le 1er juillet, Redoine Faïd a été interpellé mercredi. Il est suspecté d’avoir utilisé une burqa pour se déplacer sans être reconnu.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Le braqueur Redoine Faïd utilisait une burqa pour se cacher durant sa cavale

En cavale depuis son évasion de la prison de Réau, le 1er juillet, Redoine Faïd a été interpellé mercredi. Il est suspecté d’avoir utilisé une burqa pour se déplacer sans être reconnu.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h44
   





                        



   


Le procureur de la République de Paris, François Molins, a livré mercredi 3 octobre des précisions sur les trois mois de cavale du braqueur multirécidiviste Redoine Faïd, arrêté tôt dans la matinée, dans un appartement du quartier du Moulin, à Creil (Oise). Rachid, l’un des frères du braqueur, et l’un de ses neveux ont été interpellés avec lui, ainsi qu’une femme, selon M. Molins.
Un deuxième neveu a lui aussi été arrêté à Villers-Saint-Paul (Oise) et deux autres personnes ont été interpellées à leurs domiciles respectifs, a détaillé M. Molins. Redoine Faïd, son frère et ses deux neveux, placés en rétention, devaient être présentés « cet après-midi au juge d’instruction en vue de leur mise en examen », a précisé le procureur, déclarant que le parquet avait requis leur placement en détention provisoire.
En cavale depuis son évasion de la prison de Réau (Seine-et-Marne), le 1er juillet, l’homme, condamné à vingt-cinq ans de réclusion pour un braquage raté, est réapparu à plusieurs reprises cet été dans le département de l’Oise. Selon une source judiciaire, le braqueur utilisait une burqa pour se déplacer sans être reconnu. Les enquêteurs avaient identifié quelques jours avant l’arrestation une jeune femme qui « prenait à bord de son véhicule une personne vêtue d’une burqa dont l’allure laissait supposer qu’il pouvait s’agir d’un homme », a fait savoir, de son côté, le procureur de Paris.
Le 1er juillet, Redoine Faïd s’évade de la prison de Réau
Le 1er juillet au matin, un hélicoptère avec à son bord un commando se pose dans la cour d’honneur du centre pénitentiaire de Réau, alors que Redoine Faïd, 46 ans, est au parloir avec son frère Brahim, 58 ans.
Habillés en noir, cagoulés, deux hommes armés de fusils d’assaut de type kalachnikov en surgissent et récupèrent le braqueur, qui purge une peine de vingt-cinq ans de réclusion après sa condamnation en appel en avril pour un braquage raté dans le Val-de-Marne en 2010, qui coûta la vie à la policière municipale Aurélie Fouquet.
L’opération, spectaculaire, ne dure que quelques minutes. L’hélicoptère est retrouvé à Gonesse (Val-d’Oise). Molesté par les malfaiteurs, le pilote de l’appareil, pris en otage, est découvert en état de choc.

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Le même jour, la police retrouve une Renault Megane noire incendiée sur le parking du centre commercial O’Parinor, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à bord de laquelle Faïd et ses complices avaient pris la fuite. Des caméras de vidéosurveillance montrent ensuite le fugitif quittant le parking à bord d’un véhicule utilitaire Kangoo. Le lendemain, la voiture est retrouvée carbonisée au Fay-Saint-Quentin, dans l’Oise, département où a grandi Redoine Faïd, originaire de Creil.
Placé en garde à vue le jour de l’évasion dans les locaux de la police judiciaire (PJ) de Versailles, son frère Brahim est remis en liberté dans la soirée du 2 juillet.
Selon un haut responsable de la police judiciaire, une centaine de policiers spécialisés sont alors aux trousses de Redoine Faïd, surnommé « le roi de l’évasion », et qui est présenté comme « un individu dangereux ». Le 8 juillet, dans une forêt de Verneuil-en-Halatte (Oise), est découvert un sac appartenant au commando et contenant notamment des armes longues, des cagoules et une disqueuse.

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Le 24 juillet, Redoine Faïd refait surface
Pour le haut responsable, le fugitif n’a pas quitté le territoire national. La suite de l’enquête cet été lui donne raison : le 24 juillet, dans l’après-midi, Redoine Faïd échappe de peu aux forces de l’ordre dans le Val-d’Oise.
Une course-poursuite avec des gendarmes se termine dans le parking d’un centre commercial de Sarcelles, où le braqueur et un complice, qui sera identifié comme l’un de ses frères, Rachid Faïd, abandonnent leur voiture et réussissent à s’enfuir. De fausses plaques d’immatriculation et des explosifs factices sont découverts dans le véhicule. « Ça s’est joué à quelques secondes », confie une source policière.
Faïd envisageait-il rapidement un braquage ? C’est plus que probable, estiment des sources qui spéculent sur la situation financière d’un malfaiteur confronté à une cavale de longue durée et forcément coûteuse.
Le 30 juillet, Nicole Belloubet constate des « failles de sécurité » à Réau
Rendu public le 30 juillet, un rapport de l’inspection générale de la justice sur l’évasion spectaculaire de Redoine Faïd met en lumière une « conjonction de failles de sécurité », selon la garde des sceaux, Nicole Belloubet.
Dans la ligne de mire, l’absence de filets antihélicoptère dans la cour d’honneur de la prison de Réau et un « problème » dans le dispositif d’appel d’urgence des forces de l’ordre. Jugée « insuffisamment réactive », l’administration centrale pénitentiaire va également être réorganisée.

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Le 5 septembre, perquisitions dans l’entourage du fugitif
Le 5 septembre, à l’aube, une cinquantaine de policiers de la PJ de Versailles et de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) débarquent chez des proches de Redoine Faïd, principalement dans l’Oise mais aussi à Paris. Six lieux sont perquisitionnés.
Plus de deux mois après l’évasion de l’homme le plus recherché de France, la police cherche de nouveaux indices.
Septembre-octobre, l’enquête progresse grâce aux analyses téléphoniques
L’enquête a progressé de façon importante ces derniers jours grâce à l’exploitation de lignes téléphoniques. L’une d’elles conduisait à une jeune femme, âgée de 28 ans, qui « recevait des informations visant à aller chercher de l’argent », a rapporté M. Molins, qui précise que la suspecte a pu être « géolocialisée ». Les enquêteurs ont alors constaté qu’elle « prenait à bord de son véhicule une personne vêtue d’une burqa dont l’allure laissait supposer qu’il pouvait s’agir d’un homme », a fait savoir M. Molins. Une source judiciaire précise que Redoine Faïd utilisait bien une burqa pour se déplacer sans être reconnu.
« Le 2 octobre vers 22 h 30 (...), les enquêteurs ont vu l’individu vêtu d’une burqa sortir du véhicule (...) et entrer au domicile de la jeune femme », à Creil, a raconté le magistrat, ajoutant que peu après un second individu, lui aussi vêtu d’une burqa, les avait rejoints. « C’est dans ce contexte que les opérations ont été accélérées et que les enquêteurs ont interpellé cette nuit Redoine Faïd », a-t-il poursuivi.
Le 3 octobre, sept personnes interpellées, dont Redoine Faïd
Des policiers de la brigade de recherche et d’intervention donnent l’assaut à 4 h 20, mercredi, dans un grand appartement situé au quatrième étage d’un petit immeuble du quartier du Moulin, à Creil. L’opération de police se déroule sans incident et sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré.
Trois autres individus, une femme et deux hommes, ont également été interpellés dans l’appartement. « Un revolver chargé placé à portée de main de Redoine Faïd », une « arme automatique », ainsi que « deux burqas et perruques » ont été retrouvées dans l’appartement, a détaillé M. Molins.
Au cours de cette même matinée, trois autres personnes ont été interpellées, portant à sept le nombre de suspects arrêtés au total.




                            


                        

                        

