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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Dans son discours, la première ministre britannique a proposé un libéralisme réformé et un début de vision des relations avec l’UE après le Brexit.
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Bousculée sur le Brexit, Theresa May sort renforcée du congrès du Parti conservateur

Dans son discours, la première ministre britannique a proposé un libéralisme réformé et un début de vision des relations avec l’UE après le Brexit.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 18h33
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h44
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Une mise en scène impeccable, une pointe d’humour, une confiance en soi nouvelle, des mots choisis pour faire vibrer les militants conservateurs, une invitation au pragmatisme qui annonce un compromis possible sur le Brexit et un appel répété à l’unité autour du « gouvernement raisonnable et patriote dont ce pays a besoin ». Formellement, Theresa May a gagné la partie serrée qui se jouait, mercredi 3 octobre à Birmingham, au congrès du Parti conservateur britannique.
Son discours de clôture, largement tourné vers l’avenir et les « opportunités » offertes par la sortie de l’Union européenne, semble remettre en selle au moins provisoirement une première ministre terriblement affaiblie à un moment crucial des négociations avec Bruxelles. Sa prestation n’écarte toutefois pas le risque d’une mise à l’écart de Mme May en cas de déraillement des tractations avec l’UE dans les semaines à venir.

Comme si son parti n’était pas en train d’exploser à propos de l’Europe, Mme May a fait son entrée devant les congressistes en se dandinant au son de Dancing Queen d’Abba, histoire de contredire l’image de la femme de devoir rigide et froide qu’elle donne souvent d’elle-même. L’autodérision est très appréciée au Royaume-Uni, et la performance de Mme May faisait référence à des vidéos d’elle, fort moquées sur Internet, qui la montrent se déhanchant maladroitement lors d’un voyage en Afrique du Sud et au Kenya. Les pas de danse ont servi à conquérir la salle, mais aussi à introduire le fil rouge de son propos : l’optimisme.
Le Brexit a occupé moins de 20 % de son long discours, périodiquement interrompu par des ovations, car le sujet déchire les tories. L’essentiel de l’exercice a consisté pour Mme May à tenter désespérément de se projeter dans l’après-Brexit, pour rassembler les militants autour des valeurs d’un libéralisme éclairé – libre entreprise, rôle minimum de l’Etat mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Londres accuse toujours les services de renseignement militaire russes d’être derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal et sa fille.
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Pour Vladimir Poutine, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal est un « traître à la patrie », une « ordure »

Londres accuse toujours les services de renseignement militaire russes d’être derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal et sa fille.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 18h14
   





                        



   


« Ce n’est qu’une ordure, purement et simplement. » Vladimir Poutine s’en est pris mercredi 3 octobre à l’ex-agent double russe Sergueï Skripal empoisonné en mars en Angleterre, affirmant que celui-ci avait continué de collaborer avec les services secrets occidentaux.
« Ce Skripal n’est qu’un traître. Il a été pris et puni, il a passé cinq ans en prison. Nous l’avons libéré, il est parti [en Grande-Bretagne] et continuait de collaborer et de conseiller les services secrets. Et alors ? », a déclaré le président russe lors d’un forum consacré à l’énergie à Moscou. « Ce n’est qu’un espion, un traître à la patrie. (…) Ce n’est qu’une ordure, purement et simplement. Mais il y a toute une campagne de presse qui a été montée autour de ça. »
Sergueï Skripal et sa fille, Ioulia, avaient été retrouvés le 4 mars inconscients sur un banc public de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, après qu’un agent innervant de conception soviétique, le Novitchok, avait été aspergé sur la porte d’entrée de leur domicile. Après plusieurs semaines, ils avaient, finalement, pu sortir de l’hôpital.

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Crise diplomatique
L’empoisonnement a provoqué une crise diplomatique entre Londres, ainsi que ses alliés occidentaux, et la Russie. Londres accuse les services de renseignement militaire russes, le GRU, d’être derrière cet empoisonnement et a lancé un mandat d’arrêt européen contre deux Russes soupçonnés d’avoir perpétré l’attaque contre les Skripal.

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Moscou dénonce, pour sa part, « une manipulation de l’information » et dément toute implication. « Parfois, je regarde ce qu’il se passe autour de cette affaire, et je suis effaré », a lancé, mercredi, M. Poutine.
Sergueï Skripal, ancien officier du GRU, avait été condamné en 2006 pour « haute trahison », après avoir été reconnu coupable d’avoir vendu des informations aux Britanniques. Il avait bénéficié en 2010 d’un échange d’espions organisé entre Moscou, Londres et Washington, et s’était installé en Angleterre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Aux yeux du prélat, le compromis sur la nomination des évêques se fait au détriment de l’Eglise chinoise dite « souterraine », insoumise au Parti communiste.
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Après l’accord entre le Saint-Siège et Pékin, le cardinal Zen persiste à dénoncer une trahison

Aux yeux du prélat, le compromis sur la nomination des évêques se fait au détriment de l’Eglise chinoise dite « souterraine », insoumise au Parti communiste.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h42
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Dix jours après l’annonce d’un accord entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois sur la nomination des évêques de Chine, l’ancien évêque de Hongkong, le cardinal Zen, crie à la trahison. « Terrible, terrible ! », s’exclame-t-il en lançant les bras au ciel dans sa résidence hongkongaise. « Les catholiques [dits « souterrains »] chinois se sentent trahis. Le gouvernement [chinois] qui a toujours réprimé l’Eglise clandestine, le fait désormais avec l’aide du Saint-Siège ! », fulmine-t-il.
Car cet accord annoncé le 22 septembre, désigné comme provisoire, dont la teneur est restée secrète, doit permettre en théorie d’unifier les deux pans de l’Eglise catholique chinoises qui se partagent – ou se disputent – les quelque 12 millions de croyants chinois : d’une part, une Eglise dite souterraine ou clandestine, fidèle exclusivement à Rome ; d’autre part une Eglise officielle, en partie fidèle à Rome mais soumise à la tutelle de l’Association patriotique des catholiques chinois.

Cette dernière est contrôlée par le Parti communiste et surveille étroitement les faits et dires des prêtres et évêques officiels. Dans les faits, sept évêques de l’Eglise officielle – sur les soixante-dix qu’elle compte – n’étaient pas reconnus par Rome. Tous, depuis l’annonce de l’accord, ont été « pardonnés » par le pape. Une trentaine d’autres évêques, certains à la retraite ou « disparus » aux mains de la police chinoise, refusent tout lien avec l’Association patriotique.
« Les catholiques chinois ont souffert »
Pour les défenseurs de l’accord, comme le jésuite Benoît Vermander, qui enseigne à l’université Fudan de Shanghai, celui-ci « était indispensable, car continuer sans rien changer revenait à entériner les divisions entre évêques ». « Mais le plus dur débute maintenant », ajoute-t-il. M. Vermander estime que le caractère secret et provisoire de cet accord devrait permettre de le peaufiner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’armée de Moscou nie avoir fait des victimes civiles dans ses raids, alors que l’Observatoire syrien des droits de l’homme en compte près de 8 000.
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Après trois ans d’intervention, la Russie dit avoir « testé » 200 armes en Syrie

L’armée de Moscou nie avoir fait des victimes civiles dans ses raids, alors que l’Observatoire syrien des droits de l’homme en compte près de 8 000.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 17h24
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Viktor Bondarev n’est pas seulement le président de la commission de défense et de sécurité au Conseil de la Fédération de Russie, la chambre haute du Parlement. Il a surtout commandé les forces aériennes d’août 2015 à septembre 2017, quand Vladimir Poutine a déclenché une vaste intervention militaire – la plus importante de la Russie hors de ses frontières depuis l’Afghanistan – pour venir en aide à son allié Bachar Al-Assad. C’est donc ce haut gradé, devenu sénateur de Kirov, qui s’est chargé du bilan, trois ans précisément après le début de cet engagement commencé le 30 septembre 2015. Depuis, selon lui, 63 000 soldats russes ont été envoyés sur le territoire syrien.
Ce chiffre est en hausse constante. En décembre 2017, le chef du Kremlin avait parlé de 48 000 militaires, ce qui tend à prouver que, malgré des déclarations répétées sur un « retrait » russe progressif de Syrie, les rotations sont restées inchangées, avec 5 000 soldats en moyenne envoyés sur place tous les trois mois. Autre indication commentée dans le document de neuf pages du général Bondarev : « La précision des frappes aériennes » aurait abouti à la destruction de « dizaines de milliers » de cibles – « dépôts de munitions, QG de commandement, zones fortifiées… » –, et « environ 100 000 terroristes ont été tués dont 85 000 grâce au mérite de nos forces aériennes ».
« Mépris pour les zones de cessez-le-feu »
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui possède un vaste réseau d’informations dans ce pays en guerre depuis 2011, dresse un bilan bien différent. Entre septembre 2015 et septembre 2018, les frappes aériennes russes, affirme l’ONG, ont provoqué la mort de 18 096 personnes, dont 7 988 civils, soit 44 % du total. Parmi les victimes figurent également 5 233 combattants de l’organisation Etat islamique et 4 875 autres de divers groupes rebelles, islamistes et jihadistes, a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Jusqu’à présent, la police s’est abstenue d’intervenir lorsque la population de la zone sinistrée s’en prenait aux magasins pour trouver des biens de première nécessité.
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Indonésie : après le séisme et le tsunami, les militaires ont ordre de tirer sur les pilleurs

Jusqu’à présent, la police s’est abstenue d’intervenir lorsque la population de la zone sinistrée s’en prenait aux magasins pour trouver des biens de première nécessité.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 16h54
   





                        



   


Les autorités indonésiennes ont ordonné aux militaires de tirer à vue sur les individus surpris en flagrant délit de pillage après le séisme et le tsunami qui ont frappé l’île des Célèbes. « S’il y a de nouveaux pillages, nous ferons d’abord un tir de sommation, puis nous tirerons pour neutraliser » les pilleurs, a déclaré, mercredi 3 octobre, le colonel Ida Dewa Agung Hadisaputra.
La police indonésienne a d’ores et déjà arrêté des dizaines de personnes pour pillage dans la zone sinistrée autour de la ville côtière de Palu, réduite à l’état de ruines. Des survivants se sont servis dans les stocks de magasins, à la recherche de nourriture et d’eau potable.
La police s’est généralement abstenue d’intervenir jusqu’à présent lorsque la population de la zone sinistrée s’en prenait aux magasins pour trouver des biens de première nécessité, pour pallier les pénuries après le séisme et le tsunami survenus vendredi, qui ont fait plus de 1 400 morts.

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Les véhicules d’approvisionnement gardés par des soldats
« Nous pouvions le tolérer [le pillage] le premier ou le deuxième jour, parce qu’ils avaient besoin de ces choses. Mais le troisième jour, ils se sont mis à piller des choses comme les équipements électroniques », a ajouté le colonel indonésien. Il a, par ailleurs, précisé que chaque véhicule d’approvisionnement serait gardé par cinq soldats armés.
Près de 200 000 personnes, dont des dizaines de milliers d’enfants, ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, a estimé le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Unocha).




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La première ministre britannique a appelé ses troupes à l’unité, dans « la phase la plus difficile des négociations » du Brexit.
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Royaume-Uni : Theresa May affiche son optimisme au congrès des conservateurs

La première ministre britannique a appelé ses troupes à l’unité, dans « la phase la plus difficile des négociations » du Brexit.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 16h04
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a appelé mercredi 3 octobre son parti à l’unité pour réussir les négociations du Brexit en clôturant le congrès des conservateurs, s’affichant résolument optimiste.
Désireuse d’effacer le souvenir de son discours cauchemardesque en 2017, interrompu à plusieurs reprises par des quintes de toux, Theresa May s’est déhanchée sur Dancing Queen, tube du groupe suédois Abba, à son arrivée à la tribune du palais des congrès de Birmingham. Elle a manié l’humour et lancé plusieurs piques à son ancien ministre Boris Johnson, qui n’avait pas ménagé ses attaques la veille contre son plan de sortie de l’Union européenne (UE).
« Nous entrons dans la phase la plus difficile des négociations, a expliqué la dirigeante britannique. Mais si nous restons unis et gardons notre calme, je sais que nous pouvons obtenir un accord satisfaisant pour le Royaume-Uni. »
« Je crois passionnément que le meilleur est à venir et que notre futur est plein de promesses », a-t-elle ajouté, égrenant les succès de l’économie britannique. « Ce sera difficile au début, mais l’ingéniosité et la résilience du peuple britannique nous aideront à surmonter » les épreuves du Brexit.

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Très contestée sur sa stratégie au sein du Parti conservateur, Theresa May a néanmoins continué de défendre son « plan de Chequers », une proposition « dans l’intérêt national », qui « respecte », selon elle, le résultat du référendum de 2016. Ce plan prévoit de conserver une relation économique étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le divorce, par le maintien de règles communes sur les biens industriels et les produits agricoles. Il a été rejeté par les dirigeants européens, qui ont demandé à Mme May de revoir sa copie d’ici au prochain sommet européen qui débute le 18 octobre, mais aussi par l’aile europhobe de son parti.
Bataille pour la direction du parti
A Birmingham, les quatre jours du congrès ont exposé au grand jour les divisions des Tories. Dans le grand auditorium du centre des congrès, les événements officiels, lors desquels s’exprimaient uniquement les ministres, ont fait entendre un gouvernement bien décidé à défendre la première ministre et sa proposition. Mais dans les salles annexes, plusieurs députés influents, au premier rang desquels l’eurosceptique Jacob Rees-Mogg, l’ex-ministre chargé du Brexit, David Davis, et l’ancien chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, ont réclamé d’abandonner Chequers et proposé à la place un accord de libre-échange similaire à celui signé entre l’Union européenne et le Canada.
La bataille pour la direction du parti, latente depuis le recul enregistré aux élections législatives anticipées de juin 2017 qui ont fait perdre à Theresa May sa majorité, est néanmoins restée contenue. Aucun rival de la première ministre ne s’est positionné frontalement.
Mais, selon le Daily Telegraph, elle est « sous pression pour fixer un calendrier pour son départ » de son poste, car certains membres de son cabinet souhaitent qu’elle démissionne sitôt le Brexit consommé.
Londres et Bruxelles doivent parvenir à un accord au plus tard d’ici à la mi-novembre. A six mois de la concrétisation du divorce, le 29 mars 2019, « le temps presse », a rappelé mercredi la ministre française chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau. « Une absence d’accord sera toujours meilleure qu’un mauvais accord », a-t-elle mis en garde, en écho au credo de Mme May.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Jamal Khashoggi, journaliste saoudien en exil et critique du pouvoir, a disparu après avoir visité le consulat de son pays à Istanbul.
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Le journaliste saoudien porté disparu se trouve au consulat saoudien à Istanbul

Jamal Khashoggi, journaliste saoudien en exil et critique du pouvoir, était porté disparu depuis vingt-quatre heures, après avoir visité le consulat de son pays à Istanbul.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h57
   





                        



   


Jamal Khashoggi, 59 ans, journaliste saoudien de renom, critique du pouvoir à Riyad était, mercredi 3 octobre, porté disparu depuis plus de vingt-quatre heures, se trouve au consulat saoudien dans la ville, a affirmé le porte-parole de la présidence turque.
M. Khashoggi, notamment rédacteur d’articles d’opinion pour le Washington Post, n’avait plus été vu depuis qu’il est entré au consulat saoudien à Istanbul, selon sa fiancée. Aucune information n’avait pu être obtenue par l’Agence France-Presse (AFP) auprès des autorités turques et saoudiennes. Le hashtag #enlèvementdejamalkhoshoggi était l’un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.

Friends fear for safety of prominent Saudi writer Jamal Khashoggi, a member of our Global Opinions staff. Here's wh… https://t.co/lQrLz36ofM— PostOpinions (@Washington Post Opinions)


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La fiancée turque de M. Khashoggi campait depuis mercredi matin devant le consulat saoudien à Istanbul en quête de nouvelles au lendemain de sa disparition. « Je n’ai reçu aucune nouvelle de lui depuis 13 heures hier. Nous voulons savoir où il se trouve », a déclaré, Hatice A., qui ne souhaite pas donner son nom de famille. « Nous voulons le voir sortir sain et sauf », a-t-elle ajouté.
Silence des autorités turques
Hatice A. a appelé le ministre des affaires étrangères turc à contacter l’ambassadeur saoudien en Turquie pour s’enquérir du sort de M. Khashoggi, journaliste chevronné devenu critique du gouvernement saoudien ces derniers mois alors qu’il était auparavant considéré comme très proche du pouvoir.
Selon elle, M. Khashoggi s’était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n’en est jamais ressorti. « Il voulait obtenir un document saoudien certifiant qu’il n’était pas déjà marié », a-t-elle expliqué.
Aucune réaction à cette disparition n’a pu être obtenue auprès des autorités turques ni auprès du consulat ou de l’ambassade d’Arabie saoudite en Turquie. Le département d’Etat américain a annoncé qu’il cherchait à en savoir davantage sur le sort du journaliste.
Modernisation et répression
M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une possible arrestation, après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman — surnommé « MBS » —, et l’intervention militaire de Riyad au Yémen dont il avait été un temps partisan.

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Jamal Khashoggi n’a jamais mâché ses mots, que ce soit lorsqu’il a dirigé des rédactions dans son pays ou quand il a pris la plume en Occident pour critiquer le royaume saoudien de l’ère « MBS ».
Riyad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed Ben Salman a été désigné héritier du trône, en 2017. Mais, par la suite, la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes de la cause des femmes, s’est accentuée.

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M. Khashoggi est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression. Dans l’un de ses derniers Tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités saoudiennes.
Une carrière de journaliste mouvementée
Il a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1980, collaborant notamment à Saudi Gazette, Okaz et Asharq Al-Awsat. M. Khashoggi a couvert des conflits et a interviewé à plusieurs reprises en Afghanistan et au Soudan l’ancien chef d’Al-Qaida, feu Oussama Ben Laden.
Jugé trop progressiste, il avait été contraint à la démission du poste de rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan en 2003. Il y était revenu en 2007, mais était reparti en 2010 à la suite d’un éditorial jugé offensant pour les salafistes — courant rigoriste de l’islam qui prône une obéissance totale au gouvernant.
Le royaume saoudien figure à la 169e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La police est intervenue quand les enquêteurs ont appris que les activistes s’étaient procurés des armes semi-automatiques et comptaient passer à l’action le 3 octobre.
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La police de Saxe démantèle un groupuscule néonazi qui projetait un attentat

La police est intervenue quand les enquêteurs ont appris que les activistes s’étaient procurés des armes semi-automatiques et comptaient passer à l’action le 3 octobre.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 15h11
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Le groupuscule s’appelait Revolution Chemnitz. Ses membres planifiaient, selon les enquêteurs, « le renversement de la République fédérale d’Allemagne », prévu pour le 3 octobre, jour de Fête nationale. Ils ont été arrêtés, lundi 1er octobre, par la police de Saxe. Les sept terroristes d’extrême droite présumés projetaient des « attaques violentes et des attentats armés contre des étrangers et des ennemis politiques », a précisé le parquet fédéral.
Selon les premiers éléments de l’enquête, tous les suspects appartenaient aux milieux néonazi, skinhead et hooligan de Chemnitz et sa région. Un des hommes arrêtés était déjà membre du groupement nazi Sturm 34, interdit il y a dix ans pour avoir provoqué plusieurs incidents dans la région. Tous les suspects arrêtés étaient originaires de Saxe et avaient un travail régulier.
« Armée populaire »
Ils voulaient apparemment provoquer plus de terreur que l’organisation néonazie Nationalsozialistischer Untergrund (« clandestinité nationale-socialiste », NSU), également originaire de Saxe, reconnue coupable en 2018 d’avoir participé à dix meurtres, trois attentats à la bombe et une quinzaine de braquages de banques en Allemagne entre 2000 et 2007.
Pour Revolution Chemnitz, qui se considérait comme l’élite de la scène d’extrême droite violente de Saxe, NSU n’était une « bande d’amateurs ». Le groupe prévoyait, selon ses propres mots, des attaques violentes contre « la dictature médiatique et ses esclaves ». Des responsables politiques, des journalistes et des personnalités de la société civile engagées pour la liberté et l’Etat de droit devaient être pris pour cible. La police est intervenue lorsque les enquêteurs ont eu vent que les activistes s’étaient procurés des armes semi-automatiques et ambitionnaient de passer à l’action le 3 octobre.

Revolution Chemnitz a attiré pour la première fois l’attention de la police le 14 septembre, à l’issue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les autorités ont décidé de la fermeture du décor du film de Danny Boyle pour une durée indéterminée, alors que le corail souffre du passage des touristes.
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Thaïlande : la baie rendue célèbre par le film « La Plage » dégradée par le tourisme de masse

Les autorités ont décidé de la fermeture du décor du film de Danny Boyle pour une durée indéterminée, alors que le corail souffre du passage des touristes.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 14h19
   





                        



   


A l’affiche du film La Plage, en 1999, Leonardo Di Caprio, Virginie Ledoyen et Guillaume Canet découvraient, ébahis, le sable blanc et l’eau turquoise de la baie de Maya, sur l’île thaïlandaise de Koh Phi Phi Le. Près de vingt ans plus tard, l’iconique paysage est victime du succès touristique entraîné par la renommée mondiale du film : la plage a subi une érosion sévère et une grande partie des récifs coralliens a été endommagée en raison de la pollution des moteurs.
Les autorités locales ont décidé, lundi 1er octobre, de prolonger sa fermeture, décidée une première fois au mois de mai dernier. La plage accueillait quelque 5 000 visiteurs par jour, parmi lesquels un nombre croissant de Chinois. La plupart ne restaient que quelques dizaines de minutes, avant de rembarquer sur des hors-bord affrétés par les multiples tours-opérateurs de la région.
La décision des autorités est basée sur une étude récente, qui a démontré qu’il était « impossible » de remédier au problème en seulement quatre mois, a déclaré à l’AFP Songtam Suksawang, directeur du bureau des parcs nationaux. La fermeture a donc été prolongée jusqu’à ce que l’écosystème de la zone « retrouve une situation normale », a-t-il ajouté.

   


35 millions de touristes en Thaïlande chaque année
« La réhabilitation de Maya Bay devrait durer au moins quatre ans », a estimé Arnaud Simons de l’ONG Ocean Quest Global. « Au cours des derniers mois, la saison de la mousson et la mer agitée ont entravé les efforts de réhabilitation des coraux, mais nous ne doutons pas que les objectifs seront atteints à long terme », a-t-il ajouté.
Pour Paul Pruangkarn, de la Pacific Asia Travel Association (PATA), qui réunit des professionnels du tourisme, la prolongation de la fermeture est une arme à double tranchant : « cela peut être une bonne chose, surtout quand il s’agit d’environnement, de prendre son temps pour réparer les dommages. [Mais] le gouvernement doit réfléchir à la manière dont il peut aider » la population locale, qui vivait du tourisme.

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                Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire



La Thaïlande, qui accueille chaque année plus de 35 millions de vacanciers, est confrontée à une dégradation avancée de ses fonds marins. Outre le réchauffement climatique, le comportement des touristes, qui n’hésitent pas à marcher sur les coraux, est pointé du doigt – tout comme la surabondance de tours-opérateurs et l’absence de régulation sur ces îles, censées être protégées par leur statut de parcs nationaux.
Ce même phénomène de surpopulation touristique se retrouve à travers l’Asie du Sud-Est, accompagné de ses conséquences sur le fragile écosystème des îles : en avril, les Philippines ont, par exemple, décidé de la fermeture pour quatre mois de Boracay, l’île la plus courue de l’archipel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’ex-premier ministre finlandais Alexander Stubb ambitionne de devenir le chef de file du PPE pour les élections européennes.
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Un candidat de droite anti-Orban pour la présidence de la Commission européenne

L’ex-premier ministre finlandais Alexander Stubb ambitionne de devenir le chef de file du PPE pour les élections européennes.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h18
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Strasbourg, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il n’hésite pas à le dire : « Sur les valeurs, soit on est avec nous, soit on est ailleurs. Si on ne trouve pas de solution, il faut que le Fidesz [le parti du premier ministre hongrois Viktor Orban] quitte le Parti populaire européen. » En officialisant sa candidature pour être la tête de liste de la droite européenne, mardi 2 octobre à Strasbourg, l’ancien premier ministre finlandais Alexander Stubb s’est immédiatement positionné comme un opposant interne au premier ministre ultraconservateur hongrois, dont les dérives déchirent le Parti populaire européen (PPE) depuis plusieurs mois.
« Pourquoi candidater ? Parce que les valeurs européennes sont actuellement attaquées depuis l’extérieur et l’intérieur (…). Depuis les Etats-Unis, la Russie, la Pologne, l’Italie, et aussi par la Hongrie », a défendu cet ancien leader des conservateurs finlandais. « On doit chercher des solutions proeuropéennes, je ne crois pas que la peur et la haine nous mènent quelque part. Je vais me battre contre le populisme », a-t-il insisté, en évoquant la situation politique en Italie, où l’extrême droite participe au pouvoir.

Si aucun autre candidat ne se déclare d’ici au 17 octobre, M. Stubb affrontera l’Allemand Manfred Weber lors du congrès du PPE début novembre à Helsinki pour devenir le chef de file du principal parti européen en vue des élections européenne de mai prochain. Les eurodéputés du PPE espèrent ensuite que leur « Spitzenkandidat », comme le jargon européen désigne ce rôle, devienne le président de la prochaine Commission en cas de victoire de leur parti, même si ce principe est contesté par plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement. M. Weber, moins menaçant face à Viktor Orban, fait clairement figure de favori.
Golden boy et triathlète
Bien que bouté hors de la scène politique finlandaise en juin 2017, après une série de déconvenues liées à son comportement de golden boy trop confiant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Depuis le 1er octobre, la demande d’acquittement de l’ex-président ivoirien et de Charles Blé Goudé est débattue devant la Cour pénale internationale.
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Décryptage

A la CPI, l’accusation tente de défendre son dossier contre Laurent Gbagbo

Depuis le 1er octobre, la demande d’acquittement de l’ex-président ivoirien et de Charles Blé Goudé est débattue devant la Cour pénale internationale.

Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)
    



LE MONDE
              datetime="2018-10-03T12:48:59+02:00"

        Le 03.10.2018 à 12h48

     •
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        Mis à jour le 03.10.2018 à 14h28






    
Des Ivoiriens regardent, depuis Abidjan, une retransmission de l’audience de la Cour pénale internationale dans le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo, le 1er octobre 2018.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Au soir d’une longue journée d’audience, une jeune femme habille le panneau d’entrée de la Cour pénale internationale (CPI) d’un drapeau ivoirien, s’agenouille, mains lancées vers le ciel, et récite quelques incantations. « C’est bien ici qu’ils sont ? », demande-t-elle, comme pour s’assurer que sa prière n’est pas vaine.
« Ils » ? Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, jugés par la CPI depuis janvier 2016. Pendant deux ans, le procureur a appelé 82 témoins à la barre et déposé ses pièces à conviction. Mais les avocats de l’ex-président ivoirien et du chef des Jeunes patriotes assurent que son dossier est vide, qu’il n’y a rien à contester. La première phase du procès, consacrée à l’accusation, a révélé la faiblesse des éléments de preuve sur les points essentiels : l’élaboration d’un plan criminel par Laurent Gbagbo, sa mise en œuvre par « un cercle » d’initiés et le choix délibéré de cibler des civils. Les avocats jugent dès lors inutile d’appeler des témoins à décharge. Ils réclament dès maintenant l’acquittement ou, à défaut, le non-lieu. Lundi 1er et mardi 2 octobre, le procureur ne « requiert » donc plus vraiment. Il doit défendre son dossier contre les deux hommes qu’il accuse de « crimes contre l’humanité » commis lors des violences ayant suivi l’élection présidentielle de 2010 durant lesquelles quelque 3 000 personnes avaient été tuées, selon l’ONU, et plus de 150 femmes violées, d’après l’organisation Human Rights Watch.

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                « La faiblesse du dossier contre Laurent Gbagbo a fait un tort considérable à la crédibilité de la CPI »



A La Haye, pour cette étape clé du procès, plusieurs centaines de partisans des deux accusés ont installé chaises pliantes et réchauds à gaz face à la prison de la CPI. « C’est la dernière fois que je viens ici ! », assure une militante drapée dans les couleurs orange-blanc-vert du pays. Les pro-Gbagbo de la diaspora sont venus en nombre, comme à chaque grand-messe de ce procès-fleuve. Cette fois, ils croient dur comme fer assister aux funérailles du dossier de l’accusation. Que leur champion sera bientôt libéré.

    
Pendant un rassemblement de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, favorable à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 juillet 2018 à Yopougon, un quartier d’Abidjan.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Un mobile, un moyen, un ennemi
Selon la thèse du procureur, l’ex-président aurait élaboré une politique d’Etat visant des civils ivoiriens, partisans de son concurrent à la présidentielle de 2010, Alassane Ouattara. C’est l’existence d’une telle politique d’Etat qui fait que les meurtres, les viols, les persécutions et les actes inhumains perpétrés par les Forces de sécurité ivoiriennes (FDS) et les miliciens peuvent être qualifiés de « crimes contre l’humanité ». Et c’est le volet le plus délicat du dossier de l’accusation.
En décembre 2010, au terme d’un vote contesté, Laurent Gbagbo avait refusé de laisser le pouvoir à Alassane Ouattara, dont l’élection fin novembre était reconnue par les Nations unies. Barbe de deux jours et armé d’un solide accent canadien, le substitut du procureur, Eric Macdonald, tente : « S’il s’était retiré, M. Gbagbo aurait changé de façon radicale le cours des événements. Les crimes n’auraient pas été commis, ou d’une façon différente. »

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Il assure donc que l’ex-président avait un mobile : conserver le pouvoir à tout prix. Un moyen : la mobilisation des FDS, de groupes de jeunes et de mercenaires, notamment libériens. Un ennemi : les partisans d’Alassane Ouattara, ciblés parce qu’assimilés à la rébellion des Forces nouvelles qui s’était emparée d’une partie du pays en 2002 et avançait vers la capitale. « Les discours assimilant les civils à des partisans d’Alassane Ouattara montrent bien que la population civile était ciblée », assure le substitut. Le pays était menacé par une rébellion, lui rétorque la défense. Il était du devoir du chef de l’Etat d’agir.
Aux premières heures du procès, il y a plus de deux ans, Eric Macdonald assurait détenir les preuves de cette politique d’Etat. Mais cette fois, il doit demander aux juges de « déduire ». Déduire d’une multitude d’actes que les civils étaient délibérément ciblés. Un tel plan est « très rarement prouvé par des ordres écrits directs ». « Point n’est besoin qu’il soit explicite », lance-t-il pour se dédouaner, le dossier étant moins solide que promis.

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Il évoque donc plusieurs réunions, mais demande aux juges de déduire le contenu de celle qui, le 16 décembre 2010, a suivi la répression d’une manifestation de l’opposition vers la Radio-Télévision ivoirienne (RTI). « On peut raisonnablement en déduire que M. Gbagbo a discuté avec ses ministres de la répression du 16 décembre », argue-t-il. Depuis son pupitre, regard perplexe, Laurent Gbagbo relève la tête en direction du juge présidant, Cuno Tarfusser, souvent prompt à tacler le substitut. Mais l’Italien ne dit mot.
Partisans dans la galerie du public
A côté, Charles Blé Goudé noircit des lignes. Il est, pour le procureur, « un intermédiaire essentiel entre M. Gbagbo et les jeunes ». Devenu ministre aux premiers jours de la crise, le patron des Jeunes patriotes recrute, instruit, incite. « Posez-vous ces questions, bataille Eric Macdonald face aux trois juges : pourquoi les jeunes ont-ils été autorisés à ériger des barrages routiers ? Que faisaient-ils là ? » M. Gbagbo, « le président, commandant supérieur, était conscient que cela allait aboutir à des crimes ». Des crimes que le procureur lui reproche de ne pas avoir prévenus ou punis, mais d’avoir au contraire encouragés.
Aux suspensions d’audience, comme un rituel, les accusés saluent leurs partisans assis dans la galerie du public, qui surplombe la salle. Des enfants de Laurent Gbagbo, son ancien directeur de cabinet et quelques représentants de l’opposition sont venus à La Haye.

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Les audiences ont été suspendues, mercredi 3 octobre, jusqu’au 12 novembre à la demande des avocats des deux accusés qui doivent préparer leur réponse au procureur. Rien ne dit que la prière des partisans de Laurent Gbagbo sera exaucée. A ce stade, les juges doivent déterminer si les preuves, ou une partie d’entre elles, méritent d’être contestées. Ils prononceront l’acquittement s’ils estiment que le dossier est vide. Dans le cas contraire, les avocats devront appeler leurs témoins à décharge. La décision ne sera pas rendue avant décembre, au plus tôt. La défense comme l’accusation pourront faire appel.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La Cour internationale, principale instance judiciaire de l’ONU, a ordonné la fin des sanctions visant des biens « à des fins humanitaires ». Le jugement devrait cependant n’avoir qu’un impact très limité sur leur mise en œuvre.
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Les Etats-Unis sommés de mettre fin à certaines sanctions contre l’Iran

La Cour internationale, principale instance judiciaire de l’ONU, a ordonné la fin des sanctions visant des biens « à des fins humanitaires ». Le jugement devrait cependant n’avoir qu’un impact très limité sur leur mise en œuvre.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h31
   





                        



   


La Cour internationale de justice (CIJ), organe judiciaire des Nations unies, a ordonné mercredi 3 octobre aux Etats-Unis de s’assurer que leurs sanctions contre Téhéran n’affectent pas la situation humanitaire en Iran et ne mettent pas en péril l’aviation civile iranienne.
Les juges de la CIJ ont octroyé une victoire à l’Iran, qui faisait valoir que le rétablissement des sanctions, consécutif au retrait états-unien de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, constituait une violation d’un traité peu connu signé en 1955 entre les deux pays, le « traité d’amitié, de commerce et de droits consulaires ».

PRESS RELEASE: the #ICJ delivers its Order on the Request for the indication of provisional measures submitted by I… https://t.co/bUrcn3dzuF— CIJ_ICJ (@CIJ_ICJ)


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Le ministère des affaires étrangères iranien a salué dans un communiqué la décision du tribunal onusien, qui « prouve une fois de plus que la République islamique a raison et que les sanctions américaines contre le peuple et les citoyens de notre pays sont illégales et cruelles ».
Le jugement devrait cependant n’avoir qu’un impact très limité sur la mise en œuvre des sanctions américaines, dont la prochaine étape est attendue le 4 novembre et concernera les produits pétroliers. Les décisions des quinze juges de la CIJ, qui est chargée de la résolution des différends internationaux, sont contraignantes mais la Cour n’a pas le pouvoir de les faire appliquer.

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Médicaments, denrées alimentaires, produits agricoles
Dans son arrêt, le tribunal juge insuffisantes les garanties données lors des audiences en août dernier par les Etats-Unis pour s’assurer que les sanctions n’affecteraient pas la situation humanitaire en Iran. « La Cour déclare, à l’unanimité, que les Etats-Unis (…) doivent, par les moyens de leurs choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers l’Iran de médicaments et de matériel médical et de denrées alimentaires et de produits agricoles », a déclaré Abdulqawi Ahmed Yusuf, juge président de la Cour sise à La Haye.
L’ordonnance de la CIJ, plus haute instance judiciaire de l’ONU, évoque également « les pièces détachées nécessaires à la sécurité de l’aviation civile ». Les sanctions réimposées par Donald Trump contre l’Iran, qui comprennent des « restrictions aux importations et aux achats nécessaires à des fins humanitaires (…) risquent de nuire gravement à la santé et à la vie de personnes se trouvant sur le territoire iranien », a statué la Cour.

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Accusant les Etats-Unis d’« étrangler » son économie, l’Iran avait entamé une bataille judiciaire devant la CIJ à la suite de la réimposition par Donald Trump de sanctions unilatérales sévères, qui avaient été suspendues à la faveur de l’accord international sur le nucléaire iranien. Les Etats-Unis contestaient devant la CIJ le bien-fondé de la requête iranienne en déclarant que le traité d’amitié de 1955 excluait tout recours aux tribunaux pour le règlement de litiges.
La CIJ a jusqu’ici estimé que le traité de 1955 était toujours valide, bien qu’il ait été signé vingt-quatre ans avant la révolution islamique qui a changé les relations entre les deux pays. Dans certains cas rares, plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont ignoré les décisions de la CIJ. En 1980, l’Iran avait de son côté ignoré la décision de la Cour internationale de justice, qui jugeait illégale la prise en otage de diplomates américains à Téhéran.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Frances H. Arnold, George P. Smith et le Britannique Gregory P. Winter sont récompensés par l’Académie.
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Le Nobel de chimie pour deux Américains, un Britannique et leurs travaux sur l’évolution in vitro

Frances H. Arnold, George P. Smith et le Britannique Gregory P. Winter sont récompensés par l’Académie.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h45
    |

            David Larousserie et 
Hervé Morin








                        



   


Domestiquer l’évolution dans un tube à essai. Multiplier les mutations de molécules et les sélectionner sans pitié pour faire émerger de façon accélérée des fonctions nouvelles. Et ainsi obtenir des réactifs ou des médicaments plus efficaces. Ce sont ces percées, résumées sous le vocable d’« évolution dirigée », qui ont été consacrées par le prix Nobel de chimie, mercredi 3 octobre. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote, George Smith (Université du Missouri, Columbia), et le Britannique, Gregory Winter (Université de Cambridge), se partagent l’autre moitié des 860 000 euros.
Si la part de la lionne revient à Frances Arnold (62 ans), c’est sans doute parce qu’elle a été parmi les premiers à avoir l’intuition, au début des années 1990, qu’il serait possible de faire mieux que l’évolution, en passant par les mêmes chemins, mais en accéléré. « C’était assez gonflé, car la communauté partageait l’intuition que la nature, au fil des millions d’années d’évolution, avait déjà atteint une forme de perfection », salue Philippe Minard (Institut de biologie intégrative de la cellule, Gif-sur-Yvette), dont le laboratoire utilise quotidiennement les techniques lancées par l’Américaine.

BREAKING NEWS: 
— NobelPrize (@The Nobel Prize)


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Collections de mutants génétiques
Frances Arnold a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle créait d’abord de vastes collections de mutants génétiques et passait au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. C’est en ce sens que l’évolution était dirigée.
En repartant de ces candidats mieux adaptés, il était possible d’induire de nouvelles mutations pour sélectionner des enzymes plus réactifs et au fil des générations à aboutir à des protéines plus efficaces encore. Un peu comme la sélection variétale qui consiste à ne garder que les graines des meilleures plantes d’une année sur l’autre, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.
L’Américaine, qui n’est que la cinquième femme Nobel de chimie, s’est maintenue à la pointe de ce domaine depuis vingt-cinq ans, créant des enzymes permettant « de produire des substances chimiques, comme des médicaments, de façon plus écologique, ou des combustibles renouvelables pour un secteur du transport plus vert », décrit le comité Nobel.
George Smith (77 ans) est dans la même philosophie mais sur des peptides, des petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent.
Il suffit pour cela de changer une région de l’ADN du phage afin de modifier une protéine sur l’enveloppe du virus. Le phage infecte la bactérie, qui reproduit le code génétique de l’intrus et par là multiplie les phages dans les éprouvettes. « La chance est que cette modification génétique ne tue pas les bactéries, qui peuvent donc jouer leur rôle amplificateur », rappelle Jean-Luc Teillaud, directeur de recherche émérite à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
George Smith avait coutume de comparer la recherche d’infimes molécules dans les boîtes de Pétri au geste auguste du chercheur d’or
George Smith n’a pris conscience du potentiel d’évolution dirigée de sa méthode qu’au cours d’une discussion avec un collègue chimiste. Il était en effet possible de présenter une quasi-infinité de couples peptides-phages pour sélectionner ceux qui « collent » à une protéine donnée, et ensuite de multiplier les quelques couples efficaces.
Le chercheur avait coutume de comparer cette recherche d’infimes molécules dans les boîtes de Pétri au geste auguste du chercheur d’or, si bien qu’une expression est désormais passée dans le langage courant des scientifiques du domaine, note Philippe Minard : « On dit “faire un tour de passing”, comme les orpailleurs, comme si on cherchait une pépite parmi une multitude de grains de sables. » Smith n’a jamais cherché à breveter ce précieux crible à molécules.

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Ce n’est pas le cas de Sir Gregory Winter (67 ans), qui a créé plusieurs sociétés, dont Cambridge Antibody Technology (CAT), vendue ensuite à AstraZeneca. Il a breveté une technique s’inspirant de la « présentation par phages » de Smith pour sélectionner des anticorps, des molécules bien plus complexes que les peptides, faites de centaines d’acides aminés. La technique permet en fait de constituer une banque de phages au code génétique modifié aléatoirement de manière à produire des millions d’anticorps différents, puis de tester lesquels ont des affinités pour les cibles d’intérêt thérapeutique.
« Contrer des maladies auto-immunes »
C’est le cas par exemple de l’adalimumab, un best-seller de l’industrie pharmaceutique, approuvé en 2002 et utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis et certaines maladies inflammatoires digestives. Ou bien du ranibizumab (commercialisé sous le nom de Lucentis), médicament contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge, trouvé par un criblage de molécules, produite par des mutations génétiques aléatoires – et dont le prix élevé, alors qu’un équivalent moins onéreux était disponible, a créé la polémique en 2013. « La technique de présentation par phages a produit des anticorps qui peuvent neutraliser des toxines, contrer des maladies auto-immunes et les métastases cancéreuses », indique le comité Nobel.

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Dans cette quête, le lauréat était en compétition avec Andreas Plückthun, à l’université de Zürich, qui a lui aussi créé une entreprise, MorphoSys, longtemps en guerre de brevets avec CAT. Il a démontré la même chose que son confrère mais quelques mois plus tard.
Gregory Winter a aussi été très actif dans la mise au point de techniques permettant d’« industrialiser » cette approche en utilisant des microgouttes comme milieu de sélection des molécules d’intérêt. Ce domaine dit de la microfluidique est essentiel pour élargir encore les populations sur lesquelles s’exerce l’évolution dirigée et diminuer les volumes de réactifs. Un domaine qui réunit encore les Nobel de cette année : Frances Arnold est elle aussi active dans ce champ de recherche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le grand groupe américain n’aurait pas donné suite aux demandes du ministère de la défense belge de flouter des zones sensibles sur Google Maps et Google Earth.
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Images satellites et sites militaires sensibles : la Belgique veut poursuivre Google

Le grand groupe américain n’aurait pas donné suite aux demandes du ministère de la défense belge de flouter des zones sensibles sur Google Maps et Google Earth.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h18
   





                        



   


Le ministère de la défense belge « va poursuivre Google ». Le porte-parole du ministère, cité vendredi 28 septembre par l’agence de presse Reuters, n’a pas donné davantage de détail.
Les autorités belges reprochent à Google de donner accès au public à des images satellites très précises de sites militaires sensibles, de bases aériennes ou de centrales nucléaires, sur des services comme Google Maps ou Google Earth. Bruxelles souhaiterait voir ces photos floutées : une demande à laquelle Google n’aurait pas donné suite.
247 zones interdites en France
Google s’est pourtant déjà plié à des requêtes similaires dans d’autres pays. Le Parisien rappelait ainsi le 19 septembre que le siège de la Direction générale de la sécurité extérieure, situé dans le 20e arrondissement de Paris, est désormais complètement flouté sur les images de Google. Un floutage cependant plus ou moins marqué, selon que l’on utilise les vues 2D ou 3D que propose Google.
Google se défendait de son côté de s’être autocensuré, expliquant ne faire que relayer les images fournies par des prestataires extérieurs. Manière pour le grand groupe états-unien de se dédouaner de la question du respect – ou non – des arrêtés gouvernementaux en la matière. En France, ce sont 247 zones qui sont ainsi interdites à la prise de vue aérienne.



                            


                        

                        


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Les excuses très publiques de Fan Bingbing, actrice chinoise en difficulté avec le fisc

Dans un message, diffusé en ligne mais impossible à authentifier, la star, silencieuse depuis juin, reconnaît ses errances fiscales et encense le Parti communiste.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h56
    |

            Brice Pedroletti








                        



   


Après plusieurs mois de silence, la star du cinéma chinois Fan Bingbing est sortie de son silence mercredi 3 octobre en publiant une longue lettre d’excuses sur Weibo, le Twitter chinois, dans lequel elle exprime sa reconnaissance envers le Parti communiste chinois :
« Je vous présente mes sincères excuses à tous. En tant que personnalité publique, j’aurais dû me conformer à la loi et être un exemple pour la société et l’industrie. La perspective de bénéfices économiques n’aurait pas dû me faire perdre ma retenue et éviter des procédures administratives, ce qui m’a menée à transgresser la loi. Sans le Parti communiste et les politiques justes de l’Etat, sans l’amour du peuple, il n’y aurait pas de Fan Bingbing. »
L’actrice de 37 ans, qui est aussi mannequine et productrice, fait en effet l’objet d’une enquête des autorités fiscales, qui l’accusent de ne pas avoir réglé des dizaines de millions de dollars d’impôt. Selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle, elle doit payer 883 millions de yuans (129 millions de dollars) en impôt, amende et pénalité.
Sa disparition des écrans et des publicités, son mutisme depuis la fin de mai, avaient laissé penser qu’elle avait été « mise au secret », c’est-à-dire placée en détention dans une résidence désignée à cet effet par la police chinoise pour enquête, comme celle-ci le fait avec les officiels corrompus ou bien les dissidents.
Selon nos sources, Mlle Fan aurait été arrêtée au début d’août, environ deux semaines après son retour d’un voyage privé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. Sa « disparition » et le scandale de ses cachets astronomiques avaient ensuite nourri une vague de critiques sur les réseaux sociaux chinois contre elle-même et les autres « profiteurs » de l’industrie du spectacle, en particulier du cinéma, en pleine bulle financière. Le message Weibo de l’actrice indique qu’un dénouement est proche, même s’il n’est accompagné d’aucune preuve qu’elle en est bien l’auteure ni d’aucune information sur sa situation actuelle.

        Le récit des derniers mois :
         

          Inquiétude sur le sort de l’actrice chinoise Fan Bingbing, bannie des écrans



Système de doubles contrats

   


Les ennuis de la star avaient débuté en mai, lorsqu’un ex-présentateur de la télévision publique avait publié sur Internet ce qu’il présentait comme des contrats de l’actrice. Selon ces documents, l’actrice aurait été officiellement payée 10 millions de yuans (1,3 million d’euros) pour quatre jours de travail, mais aurait en réalité touché 50  millions de yuans supplémentaires. Le film concerné, qui n’était pas mentionné sur les documents mis en ligne, serait Dà Hōngzhà (Unbreakable Spirit), une superproduction chinoise sur la seconde guerre mondiale avec Bruce Willis. L’actrice mentionne d’ailleurs le film comme l’un de ceux pour lesquels elle avait eu recours au procédé du « double contrat », ou contrat « yin et yang ».
Celui-ci fonctionne selon le principe suivant : l’un des contrats, au cachet le plus faible, est destiné à être présenté au fisc ; l’autre, avec un cachet bien plus élevé, est gardé secret pour éviter une imposition trop lourde. Les autorités fiscales de la province du Jiangsu (Est) avaient alors ouvert une enquête à la suite du tollé que ces révélations avaient suscité dans l’opinion publique chinoise. Fan Bingbing n’avait pas été citée nommément par les autorités, mais des entreprises qu’elle possède ont leur siège dans cette province et les réseaux sociaux n’ont cessé d’en faire la cible de l’enquête en cours.
Une personne au moins a été arrêtée dans le cadre de cette enquête pour avoir dissimulé et « délibérément détruit » des documents comptables, selon Chine nouvelle, qui ne dévoile pas son identité. Il s’agirait de l’agent et producteur taïwanais de l’actrice. Dans la foulée de l’enquête sur Mlle Fan, les autorités ont élargi leurs investigations à l’ensemble de l’industrie du spectacle.
Les cachets exorbitants des stars du cinéma et de la télévision suscitent régulièrement des polémiques en Chine. Selon le magazine américain Forbes, Fan Bingbing, qui est notamment apparu dans la série X-Men, a été en 2007 la célébrité chinoise la mieux payée, avec des revenus de 300 millions de yuans (38 millions d’euros). Si les premières excuses officielles de la plus grande star de Chine montrent qu’elle devrait échapper à la prison, sa carrière pourrait pâtir du scandale. Les autorités chinoises ont par le passé privé d’écran des personnalités du cinéma qui avaient eu maille à partir avec la justice, en imposant un boycott informel à l’industrie.



                            


                        

                        


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Compte rendu

En France, la plainte d’un opposant congolais visé par une tentative d’assassinat classée sans suite

Le général Mbaou, que deux ex-agents de la DGSE sont soupçonnés d’avoir récemment voulu éliminer, avait saisi la justice en 2015 après une première tentative de meurtre.


LE MONDE
              datetime="2018-10-03T11:42:08+02:00"

        Le 03.10.2018 à 11h42






    
Le général congolais Ferdinand Mbaou, à Paris, le 21 septembre 2018.
Crédits : JOEL SAGET / AFP


Un opposant congolais a dénoncé, mardi 2 octobre, l’« incompréhensible » classement sans suite de la plainte qu’il avait déposée en 2015 après avoir été grièvement blessé dans une tentative de meurtre. Visé récemment par un autre projet d’assassinat, que deux anciens agents des services de renseignement français sont soupçonnés d’avoir élaboré, le général Ferdinand Mbaou, 62 ans, un farouche opposant au président congolais Denis Sassou-Nguesso, vit réfugié en France depuis près de vingt ans.

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Deux anciens agents de la DGSE, les renseignements extérieurs français, ont été inculpés à Lyon le 12 septembre pour « association de malfaiteurs » et « détention d’explosifs ». Ils sont soupçonnés d’avoir projeté de tuer le général Mbaou. Un troisième homme a été placé sous le statut de témoin assisté.
« Une balle dans le dos »
Or l’opposant congolais avait déjà échappé à une tentative d’assassinat en novembre 2015, à la sortie de son domicile de Bessancourt, au nord de la capitale française. Il a appris mardi que la plainte qu’il avait déposée après cette attaque avait été classée sans suite le 6 mars 2018 par le parquet de Pontoise.
« C’est incompréhensible. On ne m’a jamais informé, ce n’est pas normal. On a tiré sur moi ! », a-t-il dit à l’AFP, avant d’espérer que la récente arrestation des ex-agents de la DGSE relance la première enquête. « J’ai reçu une balle dans le dos. Les médecins n’ont pas pu l’extraire parce qu’elle est à un endroit délicat, près du cœur. Elle est toujours là », a-t-il souligné, rappelant que les autorités françaises n’avaient jamais donné suite à ses demandes de protection policière.

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De son côté, l’avocat de M. Mbaou, Norbert Tricaud, s’est déclaré « extrêmement déçu par la décision du parquet, qui attend pour classer la plainte en catimini et n’informe même pas la victime ». « Le général Mbaou avait donné aux officiers de la police judiciaire des informations très précises sur l’apparence du tireur [un Blanc] et sur les deux autres personnes [un Blanc et un Noir] qui l’attendaient dans la voiture », a-t-il ajouté.
L’avocat a aussi critiqué le « délai anormalement long » dans l’examen de la plainte : « L’enquête préliminaire a été ouverte en novembre 2015 et la synthèse des conclusions transmise au parquet seulement en janvier 2018. Le classement sans suite date du 6 mars. Dans une affaire criminelle politiquement sensible, ce sont des délais inhabituels. »
Dans le collimateur de Brazzaville
L’avocat du général Mbaou a précisé être en train d’accomplir les démarches de constitution de partie civile dans la procédure ouverte à Lyon, dans laquelle un juge d’instruction, Michel Noyer, a été nommé. Il souhaite élargir le cadre de l’enquête pour y ajouter les chefs de « menace de mort » et de « tentative d’assassinat ».
Norbert Tricaud entend par ailleurs déposer un recours contre le gel des avoirs de son client – ordonné par les autorités françaises en vertu d’un article du code financier ayant trait à des accusations de terrorisme et renouvelé tous les six mois depuis deux ans –, dont il conteste le bien-fondé.

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Emprisonné à Brazzaville de juillet 2009 à janvier 2010 et accusé d’atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de son pays, Ferdinand Mbaou avait été jugé et acquitté par la cour criminelle le 28 décembre 2010, a rappelé Me Tricaud. Le général serait dans le collimateur de Brazzaville « en raison de ses réseaux dans l’armée », selon un opposant congolais.
Denis Sassou-Nguesso cumule plus de trente-quatre ans au pouvoir au Congo, petit pays pétrolier d’Afrique centrale (qui compte environ cinq millions d’habitants). Il a été président de 1979 à 1992, avant de revenir à la tête du pays en 1997, après la guerre civile. Il a été réélu en mars 2016.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Problème de rythme, calendriers politiques décalés, priorités différentes : le tandem franco-allemand n’avance pas. Le modèle est-il dépassé ?, s’interroge dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
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« Le malheur franco-allemand, c’est que Paris et Berlin ne sont plus au même tempo depuis longtemps »

Problème de rythme, calendriers politiques décalés, priorités différentes : le tandem franco-allemand n’avance pas. Le modèle est-il dépassé ?, s’interroge dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h08
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Ce devait être l’occasion ou jamais, les planètes enfin alignées, un nouveau départ… En mai 2017, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, deux très bons spécialistes des relations internationales, l’Allemand Thorsten Benner et le Français Thomas Gomart, signaient dans la revue Foreign Affairs un article enthousiaste sur l’avenir radieux que promettait cet événement au duo Berlin-Paris. La présidence Macron, écrivaient-ils, « offre une chance rare de ressusciter la relation franco-allemande au moment où l’Europe en a le plus besoin ».
Tous les espoirs étaient permis. La campagne résolument pro-européenne du jeune candidat avait fait souffler un vent d’audace et de confiance sur une Union européenne essorée par la crise des dettes souveraines, déstabilisée par celle des réfugiés, minée par le vote du Brexit et la montée des populismes. Une nouvelle dynamique, positive celle-ci, s’installait pendant l’été. Enfin, une relance de l’Europe était possible ! Inévitablement, elle passait par Berlin, qu’Emmanuel Macron et son équipe germanophone avaient soigneusement mitonné avant et après l’élection.
La clé du rendez-vous manqué se situe il y a un an, en septembre
Un an et demi plus tard, le bel article de Foreign Affairs se lit comme un émouvant conte de fées. A Berlin, on affiche des mines contrites en hochant la tête à l’évocation de ce qui apparaît à l’évidence comme une occasion ratée. A Paris, on tente de faire bonne figure – rien, dans ce domaine, veut-on se rassurer, ne se fait du jour au lendemain. Mais la réalité s’entête : la belle dynamique s’est brisée et le tandem franco-allemand est encalminé.
Que s’est-il passé ? La clé du rendez-vous manqué se situe il y a un an, en septembre. Le week-end précédant son grand discours-programme à la Sorbonne sur l’Europe, le 26 septembre, dont la date a été calée sur celle des élections allemandes, le 24, le président Macron appelle longuement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Cherchant à fédérer son électorat, le président américain se pose en défenseur des « jeunes hommes en Amérique » face au mouvement #metoo.
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Midterms J – 34 : Donald Trump ravive une guerre des genres

Cherchant à fédérer son électorat, le président américain se pose en défenseur des « jeunes hommes en Amérique » face au mouvement #metoo.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h08
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
A la suite de son fils aîné, qui s’en était ému la veille sur une chaîne de télévision, le président des Etats-Unis a estimé mardi 2 octobre que la controverse sur la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême illustre « une époque vraiment terrifiante pour les jeunes hommes en Amérique ». Donald Trump Jr avait assuré être plus inquiet pour ses fils que pour ses filles. Le juge Kavanaugh est accusé d’agressions sexuelles dans sa jeunesse, qu’il nie catégoriquement.
« Vous pouvez être coupable de quelque chose dont vous n’êtes pas coupable. C’est vraiment une période difficile. Toute ma vie, j’ai entendu que vous étiez innocent tant que vous n’aviez pas été reconnu coupable. Aujourd’hui, vous êtes coupable tant que vous n’avez pas été reconnu innocent », a assuré Donald Trump. Interrogé sur le fait de savoir s’il avait un message pour les femmes, il a jugé que ces dernières « vont bien ». Plus tard, lors d’un meeting dans le Mississippi, il a raillé longuement le témoignage de l’accusatrice de Brett Kavanaugh, Christine Blasey Ford, une universitaire.

Les menaces supposées qui pèseraient sur les hommes depuis le début du mouvement #metoo – dénonçant les violences faites aux femmes et l’impunité de leurs auteurs masculins – touchent une corde sensible chez l’électorat trumpiste. Un sondage du Public Religion Research Institute publié en octobre 2015, juste après l’entrée en politique du magnat de l’immobilier, avait révélé que 42 % de ses partisans affirmaient que les hommes blancs étaient victimes de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Elu président par le Parlement, le Kurde Barham Saleh a chargé le responsable chiite indépendant Adel Abdoul Mahdi de former le gouvernement.
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L’Irak se dote d’un nouvel exécutif

Elu président par le Parlement, le Kurde Barham Saleh a chargé le responsable chiite indépendant Adel Abdoul Mahdi de former le gouvernement.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h05
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Après plus de quatre mois de tractations entre les partis vainqueurs aux législatives de mai, l’Irak s’est doté d’un nouvel exécutif. Mardi 2 octobre au soir, le Kurde Barham Saleh a été élu président de la République par le Parlement, un poste honorifique que se disputaient pour la première fois les deux partismajoritaires au Kurdistan irakien. Ce vétéran de la scène politique, âgé de 58 ans, a immédiatement chargé l’indépendant Adel Abdoul Mahdi de former le gouvernement. Candidat de compromis, l’économiste chiite de 76 ans a trente jours pour constituer son équipe et obtenir la confiance du Parlement.
Cette configuration au sommet de l’Etat est le fruit de multiples rebondissements depuis les élections législatives du 12 mai, qui ont vu l’éclatement du camp majoritaire chiite. La fracture entre la population et les responsables politiques, exacerbée par la contestation sociale qui embrase le Sud chiite, ainsi que la rivalité accrue entre les Etats-Unis et l’Iran – les deux parrains étrangers de Bagdad – a pesé sur les tractations. Donné favori pour un second mandat, le premier ministre sortant, Haïder Al-Abadi, a payé pour sa mauvaise gestion de la contestation sociale. Lâché par l’Iran, M. Abadi a perdu le soutien du chef politique chiite, Moqtada Al-Sadr, arrivé en tête du scrutin de mai, et du plus haut dignitaire religieux chiite, l’ayatollah Ali ­Al-Sistani.
Quotas confessionnels
Courant septembre, une entente a été passée entre Moqtada Al-Sadr et Hadi Al-Ameri, le chef de la ­coalition Al-Fatih qui réunit les partis-milices chiites des unités de la Mobilisation populaire, arrivée en seconde position en mai, avec les encouragements de Téhéran, désireux d’unifier le camp chiite. Un accord de gouvernement a été trouvé sur la personnalité d’Adel Abdoul Mahdi pour le poste de premier ministre, qui a ouvert la voie à une répartition des postes dans la tradition des quotas confessionnels et ethniques instaurée après 2003. En septembre, le gouverneur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Pour le Quai d’Orsay, les mesures de rétorsion dans l’affaire de Villepinte n’empêchent pas les échanges pour préserver l’accord sur le nucléaire après le retrait américain.
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La France essaie de limiter les effets de la crise avec l’Iran

Pour le Quai d’Orsay, les mesures de rétorsion dans l’affaire de Villepinte n’empêchent pas les échanges pour préserver l’accord sur le nucléaire après le retrait américain.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h04
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            Marc Semo








                        



                                


                            

Les autorités françaises veulent marquer le coup – pour affirmer qu’il n’est pas acceptable qu’un Etat, en l’occurrence l’Iran, tente de mener un attentat terroriste sur le territoire national –, tout en limitant les effets de la crise diplomatique avec Téhéran. La diplomatie tricolore se livre à un exercice de haute voltige. « L’attentat déjoué à Villepinte [le 30 juin contre un rassemblement des Moudjahidin du peuple] confirme la nécessité d’une approche exigeante dans nos relations avec l’Iran », a assuré, mardi 2 octobre, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué signé avec ses collègues de l’économie, Bruno Le Maire, et de l’intérieur, Gérard Collomb, peu de temps avant la démission de ce dernier. Le texte dénonce un « acte d’une extrême gravité qui ne peut rester sans réponse ».
« Nous voulions des explications des autorités iraniennes et non pas des protestations d’innocence, car nous avons les éléments montrant leur implication », précise une source diplomatique française. La question a été « mentionnée » lors de la rencontre à New York entre Emmanuel Macron et le président iranien Hassan Rohani, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

L’affaire a été évoquée plus longuement lors des entretiens entre Jean-Yves Le Drian et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Les explications demandées à Téhéran ne sont jamais arrivées. D’où la décision prise par Paris de mettre les accusations sur la place publique et d’annoncer les mesures de rétorsions alors qu’à Téhéran, le porte-parole du ministère des affaires étrangères dément toute implication. « S’il y a malentendu à propos d’une chose qui n’existe pas ou ourdie par d’autres, nous pouvons nous asseoir et en parler », a-t-il déclaré.
Paris a décidé le gel des avoirs de la direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du renseignement et de deux ressortissants iraniens....




                        

                        

