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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Rencontre avec l’auteur de bandes dessinées et réalisateur qui a sorti jeudi le quatrième tome de sa série best-seller « L’Arabe du futur ».
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Riad Sattouf : « Le dessin m’a permis de gagner l’amour des lecteurs »

Rencontre avec l’auteur de bandes dessinées et réalisateur qui a sorti jeudi le quatrième tome de sa série best-seller « L’Arabe du futur ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 17h43
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Ça et là, on commence à distinguer quelques fils blancs dans le brun des cheveux et de la courte barbe. Cette année, Riad Sattouf a eu 40 ans. Chemise noire, veste, chaussures en cuir, il n’affiche aucun symptôme vestimentaire d’une incapacité à accepter de grandir. Et cependant, l’adolescence tient une telle place dans son travail que l’on associe l’affable star française de la BD à cet âge d’une manière presque pavlovienne. De La Vie secrète des jeunes, série qu’il a fait paraître dans Charlie Hebdo entre 2005 et 2014, au film Les Beaux Gosses, qu’il a réalisé (2008), du Manuel du puceau (Bréal, 2003) aux Cahiers d’Esther (Allary, commencés en 2015) en passant par Retour au collège (Hachette, 2005), les ados sont partout chez lui, avec leurs problèmes de peau, leurs angoisses, leurs codes, leur violence, leur langage…
« La chose la plus difficile » que Riad Sattouf ait eue à écrire
En voyant que le quatrième tome de L’Arabe du futur, sa grande œuvre autobiographique racontant la jeunesse, entre la France, la Libye et la Syrie, de ce fils d’un Syrien et d’une Bretonne, couvre la période 1987-1992, de ses 9 ans à ses 14 ans, le lecteur pourrait se frotter les mains. Espérer y trouver la matrice de cette obsession. Si l’on y voit bien la pudique description de son mal-être d’alors (hormones en ébullition, solitude et rêves geeks compris), ce n’est pas cela que l’on retiendra d’abord de ce nouvel épisode. Mais bien plutôt la révélation, dans les dernières pages, d’un « secret de famille » dont il serait criminel de dévoiler la teneur. Ce « coup d’Etat » réalisé par son père est le « centre » de L’Arabe du futur, dit l’auteur, qui raconte être remonté à sa petite enfance (le tome I s’ouvrait quand il avait 2 ans) « comme pour prendre [son] élan ». Annoncée initialement pour tenir sur trois tomes, la série en fera peut-être cinq, six ou plus,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Une autopsie réalisée mardi confirme que la mort du chanteur, faisant suite à un œdème pulmonaire, est « naturelle ».
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Charles Aznavour est mort d’une défaillance cardio-respiratoire

Une autopsie réalisée mardi confirme que la mort du chanteur, faisant suite à un œdème pulmonaire, est « naturelle ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h45
   





                        



   


Charles Aznavour est décédé lundi matin « de mort naturelle », à la suite d’une « défaillance cardio-respiratoire », a indiqué le procureur de la République de Tarascon, Patrick Desjardins, dans un communiqué révélant les résultats d’une autopsie pratiquée mardi 2 octobre.
« L’hypothèse d’une noyade consécutive à un malaise a pu être formellement écartée », indique le communiqué. Le corps de l’artiste avait été découvert lundi vers midi à son domicile de Mouriès, dans les Bouches-du-Rhône, « allongé dans la baignoire de la salle de bains attenante à la chambre du défunt ».
Une enquête de recherche des causes de la mort avait été ouverte par la brigade des recherches d’Arles, sous la direction du procureur de Tarascon.

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« Caractère suspect écarté »
L’autopsie pratiquée au centre hospitalier de Nîmes a permis d’établir que le décès du chanteur, « intervenu dans la matinée du 1er octobre, est consécutif à un œdème aigu pulmonaire responsable d’une défaillance cardio-respiratoire qui s’est révélée être au-dessus de toute ressource thérapeutique », précise le communiqué.
« Le caractère suspect du décès peut être écarté, mais les circonstances de la mort ne sont pas connues avec précision », avait déclaré lundi Patrick Desjardins à la presse, devant le domicile du chanteur.
Le corps du défunt a été remis à sa famille. Devant le portail de sa propriété près de Mouriès, à côté duquel étaient déposés une vingtaine de bouquets, quelques personnes venaient se recueillir mardi à la mi-journée.
C’est dans les Alpilles, dans le sud-est de la France, où il aimait tant se reposer, que le chanteur et comédien aux plus de soixante-dix ans de carrière s’est éteint, suscitant une vague de tristesse chez ses admirateurs de toutes les générations.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Retransmise en direct de l’Opéra Bastille sur le site du « Monde », la rencontre avec l’écrivaine nigériane, auteure d’« Americanah », se tiendra dimanche 7 octobre de 17 h 30 à 18 h 30.
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                La rencontre avec l’écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie au « Monde Festival » retransmise en direct


Retransmise en direct de l’Opéra Bastille sur le site du « Monde », la rencontre avec l’écrivaine nigériane, auteure d’« Americanah », se tiendra dimanche 7 octobre de 17 h 30 à 18 h 30.

LE MONDE
                 |                 02.10.2018 à 14h28
                














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La conversation avec Chimamanda Ngozi Adichie est désormais complète ! La bonne nouvelle, c’est que la conférence sera filmée en direct et retransmise sur lemonde.fr/festival.
Aujourd’hui véritable star internationale, Chimamanda Ngozi Adichie a été récompensée par de nombreux prix aux Etats-Unis. L’écrivaine nigériane s’est imposée comme l’un des grands noms de la littérature anglophone avec ses romans L’Hibiscus pourpre (Anne Carrière, 2004), L’Autre Moitié du soleil (Gallimard, 2008), puis Americanah (Gallimard, 2015).

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                Conversation avec Chimamanda Ngozi Adichie



Figure majeure du féminisme et auteure engagée, Chimamanda Ngozi Adichie est devenue un porte-voix de l’Afrique. Impériale et raffinée, elle vit aujourd’hui entre les Etats-Unis et son Nigeria natal.
Dans le cadre du Monde Festival, ne ratez pas la retransmission de cette rencontre sur Le Monde. fr, dimanche 7 octobre 2018 de 17 h 30 à 18 h 30. En direct de l’Opéra Bastille, la discussion sera animée par Maryline Baumard, rédactrice en chef du Monde Afrique.

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                Chimamanda Ngozi Adichie, des racines et des lettres




Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.















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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A travers 120 dessins et peintures, l’exposition rend compte de l’œuvre intense de l’artiste qui a marqué l’expressionnisme au tournant du XXe siècle.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Cette exposition d’envergure célèbre l’un des peintres les plus marquants du XXe siècle à travers plus de 135 oeuvres.
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<filnamedate="20181002"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181002"><AAMMJJHH="2018100219">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Basquiat et Schiele sont au cœur de deux expositions – présentées dans le même lieu, la Fondation Louis Vuitton à Paris, mais séparément, jusqu’au 14 janvier 2019. Suzanne Pagé et Jean-Paul Claverie, deux des architectes de l’événement, racontent la genèse de cette association artistique éphémère.
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Basquiat et Schiele à la Fondation Louis Vuitton : genèse d’un événement

Basquiat et Schiele sont au cœur de deux expositions – présentées dans le même lieu, la Fondation Louis Vuitton à Paris, mais séparément, jusqu’au 14 janvier 2019. Suzanne Pagé et Jean-Paul Claverie, deux des architectes de l’événement, racontent la genèse de cette association artistique éphémère.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 14h25
    |

            Harry Bellet








                        



   


Suzanne Pagé, directrice artistique de la fondation Louis Vuitton, et Jean-Paul Claverie, conseiller de Bernard Arnault pour le mécénat, expliquent les curieuses noces de Schiele et de Basquiat qu’ils ont orchestrées.
Pourquoi juxtaposer Schiele et Basquiat ?
Suzanne Pagé Nous avons une mission propédeutique : nous essayons de mettre l’art contemporain en perspective avec l’histoire. Bernard Arnault voulait une exposition Jean-Michel Basquiat, j’ai proposé d’y adjoindre une exposition Egon Schiele. Ils partageaient quelque chose de l’ordre de la fulgurance, ils ont tous deux une formation académique, mais très brève. Ils ont tous deux un mentor, Klimt pour Schiele, Warhol pour Basquiat. Et surtout, ils se sont donné un but, et même une mission. L’un se voyait comme un prophète, l’autre comme un héraut de la cause des artistes noirs.

        Lire aussi l’analyse :
         

          Basquiat et Schiele, pourquoi réunir ces deux géants de l’art ?



Jean-Paul Claverie Basquiat donne une dignité à toute une population, d’abord par son combat en faveur des artistes noirs, qui n’existaient pas ou très peu dans les musées avant lui, mais aussi à tous ceux dont l’atelier est la rue. Je ne sais pas si Basquiat était un militant politique au sens classique du terme, mais son travail l’est. Ce que je trouve fascinant, c’est qu’ils sont tous les deux morts jeunes, à 28 ans, et qu’ils sont devenus tous les deux, en l’espace de quelques années, sinon des légendes, du moins déterminants, essentiels dans l’histoire de l’art du XXe siècle.

   


S. P. Ils ont tout deux un rapport très précoce, et très obsessionnel, au dessin, avec une virtuosité exceptionnelle. Je sens aussi chez les deux artistes une profonde détresse, qu’ils affrontent. Schiele était très influencé par le mime. Il avait des amis qui étaient mimes et certains de ses dessins extravagants viennent des postures qu’ils étaient capables d’adopter. Les danseuses aussi : il a représenté Moa, qu’il fréquentait. Pour Basquiat, l’une des sources est la musique, le jazz et le hip-hop surtout. Le sampling qu’il a pratiqué dans sa peinture vient en grande partie de là. Les deux ont également un rapport aux mots, à la poésie. Schiele a écrit, ­Basquiat aussi – surtout sur les murs – les poèmes qu’il signait « Samo ».
C’étaient deux mauvais garçons : Schiele a été soupçonné de pédophilie, Basquiat est mort d’une overdose. N’est-ce pas une image gênante pour un groupe comme le vôtre ?
J. P. C. Les artistes qui restent et qui marquent sont dans une forme de rupture. Van Gogh n’était pas quelqu’un de si tranquille que ça, sans parler du Caravage et de beaucoup d’autres. Ce qui caractérise la période moderne, c’est l’affirmation de la liberté des artistes. Oui, c’étaient des gens qui vivaient dangereusement. Schiele a eu quelques problèmes avec la justice, mais il a été blanchi. C’est arrivé à d’autres.

        Lire aussi le portrait :
         

          Egon Schiele, le renégat



S. P. Schiele a surtout heurté ses concitoyens par ses œuvres, notamment ses dessins, qui sont corrosifs. Il a un regard, y compris sur lui-même dans ses autoportraits, sans complaisance. N’oublions pas qu’il est contemporain et concitoyen de Sigmund Freud, que le monde entier pressent que l’on s’achemine vers une guerre. Or, qu’est-ce qu’un humain ? Un corps, un sexe qui le détermine pas mal, et la mort au bout. Et contrairement à ce que l’on imagine, je ne trouve pas ces œuvres choquantes. Je crois même qu’on peut les montrer aux enfants : c’est pour les parents que c’est plus difficile !

   


Bernard Arnault, président de la Fondation Vuitton, vivait à New York dans les années 1980. A-t-il croisé Basquiat ?
J. P. C. Non, mais il a vu ses tableaux. Et il a une faculté très fraîche à s’étonner et à s’émerveiller. La nouveauté, la créativité, l’énergie de Basquiat l’ont captivé. Bernard Arnault s’est mobilisé comme jamais afin que cette exposition se fasse, en écrivant personnellement pour solliciter les prêts auprès des uns et des autres. Il s’est vraiment engagé, même si, ou peut-être parce que Basquiat était un « bad boy » ! Tous les collectionneurs ­privés se sont enthousiasmés pour notre projet d’exposition. Peter Brandt, qui va ouvrir une fondation à New York avec ses tableaux de Basquiat, et il en a beaucoup, a accepté d’en décaler l’inauguration pour pouvoir nous les prêter. Valentino prête trois tableaux pour la première fois, et pour cause : il a fallu démonter deux ­fenêtres de son appartement de New York, qui est situé assez haut dans le building – aux alentours du vingtième étage je crois –, pour les en sortir.

        Lire aussi le portrait :
         

          Jean-Michel Basquiat, l’effervescence d’une comète




   


Vous avez fait essentiellement appel à des collectionneurs privés, près d’une centaine, pour les deux artistes. Pourquoi ?
S. P. Le souci venait de ce que les musées autrichiens ont choisi 2018 comme une année dédiée à Schiele – centenaire de sa mort oblige –, et qu’ils ne pouvaient se défaire de leurs tableaux. Heureusement, le commissaire des expositions, Dieter Buchhart, est non seulement l’un des meilleurs spécialistes de Basquiat, mais il est aussi autrichien et connaît tout le monde : nous avons obtenu énormément de prêts de collections privées, ce qui fait qu’on a là Schiele comme on l’a rarement vu.

   


Ces article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation Louis Vuitton.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Mort à 28 ans, Jean-Michel Basquiat a créé en une seule décennie un langage pictural unique, en osmose avec son époque et nourri de multiples influences artistiques. La Fondation Louis Vuitton présente plus d’une centaine de ses œuvres jusqu’au 14 janvier 2019.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Jean-Michel Basquiat, l’effervescence d’une comète

Mort à 28 ans, Jean-Michel Basquiat a créé en une seule décennie un langage pictural unique, en osmose avec son époque et nourri de multiples influences artistiques. La Fondation Louis Vuitton présente plus d’une centaine de ses œuvres jusqu’au 14 janvier 2019.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 14h25
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                            Emmanuelle Lequeux








                        



   


Dix ans, 1 000 toiles, 2 000 dessins… ­En une décennie, Jean-Michel Basquiat a bouleversé la peinture contemporaine. Une comète venue de nulle part ? Plutôt le fruit d’une époque, et d’une immense culture. Jean, comme on l’appelait simplement, est né en 1960 d’un père haïtien et d’une mère d’origine portoricaine, dans la petite bourgeoisie de Brooklyn.
Il grandit auprès des artistes de la rue, mais aussi des grands noms de la peinture. Du MoMA au Metropolitan en passant par le Brooklyn Museum, il écume les musées, encouragé par une mère fière de ce gamin « si éveillé, si intelligent, un esprit absolument extraordinaire… Il a dessiné et peint toute sa vie dès l’âge de 3 ou 4 ans », se souvenait-elle.
Samo, pour « same old shit »
Alors qu’il se retrouve à l’hôpital, à 7 ans, autre révélation : on lui ­offre le Gray’s Anatomy, manuel de référence des étudiants en médecine. Le corps humain n’aura plus de secrets pour lui, et nombre de ses silhouettes squelettiques se souviennent du choc de ces premières images. A 17 ans, il ren­contre Al Diaz, graffeur du Lower East Side. C’est sa première collaboration artistique. Il signe alors « Samo », pour « same old shit » (« toujours la même merde »), et couvre les portes du bas Manhattan de ses interjections enragées.

        Lire aussi dans « M » :
         

          Basquiat avant Basquiat



Il vivote, vend tee-shirts et cartes postales peintes à la main. Jusqu’à ce jour de 1979 où il clame soudain sur un mur : « Samo is dead ». Jean-Michel est né. La peinture le submerge. Très vite, il rencontre les stars du moment : Julian Schnabel, David Salle, Keith Haring, tous portés par un même amour pour lespoèmes de la Beat generation. Première exposition, dans un immeuble abandonné de la 42e Rue. Autour de ses toiles balbutiantes, les œuvres de David Hammons, Jenny Holzer ou Kiki Smith. Mais c’est lui qui capte toute l’attention.
Une amitié volcanique avec Andy Warhol
Sa renommée explose grâce à l’exposition « New York/New Wave », au P.S. 1, le temple de l’art contemporain, en 1981. La galeriste new-yorkaise Annina Nosei l’installe (l’enferme ?) illico dans son sous-sol, le marchand zurichois Bruno Bischofberger fait vriller son destin en lui présentant Andy Warhol : amitié volcanique et création à quatre mains.
Sapé comme un prince, généreux de cet argent qui lui brûle les doigts, Basquiat illumine désormais les nuits du Mudd Club et du CBGB. « Enfant radieux », comme le décrit son premier exégète, Rene Ricard. Il n’a pas 21 ans quand le marchand d’art Larry Gagosian lui offre une exposition à Los Angeles et qu’il participe à la Documenta 7 de Kassel. Bible, géants du jazz, rythmique du hip-hop, chaos de Pablo Picasso, magie des masques africains, vignettes de BD, ce môme digère tout dans ses toiles convulsives.
Il accommode les griffures de Cy Twombly à des tonalités fauves, mêle Henri Matisse à Jean Dubuffet, donne un coup de neuf aux combine paintings de ­Robert Rauschenberg, qui lui ont appris à digérer dans la toile toutes sortes de matières et d’objets. Héritier des cut-up (ou collages) de John Dos Passos et William Burroughs, il se nourrit du deejaying, art vocal naissant, comme du punk.
« Il ­absorbe tout, mixant l’apprentissage de la rue à un ­répertoire d’images, de héros et de symboles issus des cultures les plus ­diverses. »
Il faut mettre fin « à la fable du supposé autodidacte sauvage, ­réclame Suzanne Pagé, directrice de la Fondation Vuitton. L’artiste ­absorbe tout, tel un buvard, mixant l’apprentissage de la rue à un ­répertoire d’images, de héros et de symboles issus des cultures les plus ­diverses ».
Et Francesco Pellizzi, ­anthropologue et historien de l’art, de prolonger, dans le catalogue de la fondation : « Basquiat a ma­nifesté des ­dis­positions ahurissantes pour l’appropriation de “suggestions” et d’“influences”, proches ou lointaines, d’où qu’elles viennent, toujours avec le désir et la faculté “alchimiques”, dès le début, de transformer ces sources d’inspiration en un langage pictural qui fut le sien – à la fois en dépit et en raison du fait que ce langage prenait racine dans une pratique du graffiti qui était, qui est encore, à certains égards, collective. »
Des toiles envahies de mots
A partir de 1982, les expositions se multiplient, chez le galeriste Ernst Beyeler à Bâle, au Whitney Museum de New York. D’Edimbourg à Londres, on commence déjà à monter les rétrospectives de ses premières années.

        Lire aussi le décryptage :
         

          La cote des tableaux de Basquiat s’affole



De plus en plus, ses toiles se laissent envahir de mots. Autant d’énigmes : une recette de cuisine, une interjection, le menu d’un restaurant, nulle barrière entre sa vie quotidienne et son art. Grâce à ces lettres qu’il lance comme des cris, l’amoureux de Charlie Parker et John Coltrane fait swinguer l’image. En 1985, le New York Times Magazine offre sa « une » au phénomène : « Nouvel art, nouvel argent : le marketing d’un artiste américain ». Début de la fin ?
Il revient déçu de son seul voyage en Afrique, en 1986. L’année suivante, la mort soudaine de Warhol l’anéantit. Mélange d’héroïne et de cocaïne, le speedball le tuera, le 12 août 1988. « Jean-Michel a vécu comme une flamme, dira de lui le street-artiste Fab Five Freddy. Il s’est consumé dans une lumière vive. Puis le feu s’est éteint. Mais les braises sont encore chaudes. »
Cet article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation Vuitton.
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        Sans titre, 1981 ‒ crayon gras sur toile"
            data-slide-description="« Les têtes peintes par Jean-Michel Basquiat témoignent de la vivacité et de l’énergie gestuelle de ses premières réalisations. Le crayon gras accentue l’anatomie de la figure allant jusqu’à disséquer visage et crâne pour en montrer les tendons, les gencives et le squelette. »"
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        « Crowns (Peso Neto) », 1981 ‒ acrylique, crayon gras et  papiers collés sur toile"
            data-slide-description="« Ici, des grilles et des symboles qui rappellent les jeux de l’enfance, notamment par le recours à la craie. En même temps, Jean-Michel Basquiat utilise des couleurs primaires pour mettre en valeur des têtes couronnées et des visages masqués. Les personnages eux-mêmes rappellent ceux du film “Downtown 81”, écrit par Glenn O’Brien et réalisé par Edo Bertoglio, tourné à New York de décembre 1980 à janvier 1981. »"
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        Sans titre, 1982 ‒ acrylique et crayon gras sur bois"
            data-slide-description="« La dualité est un principe fondamental dans l’art de Basquiat, exprimée le plus souvent  par des personnages opposés, de la représentation du Christ aux figures démoniaques. Juxtaposées les unes contre les autres, les images sont saturées de couleurs et de symboles abstraits. Basquiat crée, par ce principe, une véritable tension dans ses toiles : il suggère que chaque élément conditionne l’autre, ce qui aboutit à la création de l’ensemble. »"
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        Sans titre, 1982 ‒ acrylique et crayon gras sur papier"
            data-slide-description="« Dans le cadre de la première exposition des dessins de Basquiat, sa série de têtes sur papier a été présentée à la galerie Robert Miller, située à New York, en novembre 1990. Ces représentations uniques constituent un exemple du dynamisme de Basquiat, de ses premiers graffitis muraux à ses peintures sur toile, bois ou carton. Abandonnant toute représentation formelle, leur nature expressive incarne la rébellion de l’artiste :  contre la société, contre les conflits internes dus à son ascension fulgurante qui atteint son apogée en 1983. »"
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        Sans titre (« Tenant »), 1982 ‒ acrylique et crayon gras sur toile"
            data-slide-description="« Figures d’athlètes ou de musiciens, représentations allégoriques de saints, de combattants ou de condamnés, Jean-Michel Basquiat  va forcer le trait de ces corps pour les montrer dans une position dominante. A travers ces figures inhumaines et surdimensionnées, il témoigne de la lutte de l’homme noir contre l’oppression et le racisme qu’il subit (violence policière et persécutions). »"
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        Sans titre (« Boxer »), 1982 ‒ acrylique et crayon gras sur toile"
            data-slide-description="« La figure du boxeur montre ici le pouvoir qu’acquiert, avec force et pugnacité, l’homme noir. Les combats de boxe entre concurrents noirs et blancs au début du XXe siècle ont servi de substitut à la lutte entre les races, la conquête de la première devenant l’expression symbolique d’un triomphe sur la discrimination et l’inégalité sociale. Les bras levés marquent le signe de la victoire. »"
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        « In Italian », 1983 ‒ marqueur, acrylique, crayon gras et assemblage sur toile"
            data-slide-description="« Avec deux grandes toiles montées sur des supports en bois, Jean-Michel Basquiat entremêle, avec force, mots et images, en y apposant des sujets récurrents tels que le corps humain, son anatomie, ou encore la représentation du martyr. Le titre fait référence à son voyage en Italie soulignant ainsi sa fascination pour les maîtres de la Renaissance. »"
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        « Horn Players », 1983 ‒ acrylique et crayon gras sur toile montée sur un support en bois"
            data-slide-description="« La musique est insdissociable de l’œuvre de Basquiat. Il va même jusqu’à fonder un groupe, nommé “Gray”, avec Nicolas Taylor et Michael Holman (avec qui il s’est produit notamment au Mudd Club, une boîte de nuit du quartier de TriBeCa à New York). Ses œuvres en elles-mêmes ‒ mélangeant peinture acrylique, crayon gras et collage ‒ forment une sorte d’improvisation hip-hop ou jazzy.  Notons qu’il  admirait Charlie Parker, Miles Davis, Dizzy Gillespie et Duke Ellington. »"
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        Sans titre (« Word on Wood »), 1985 ‒ huile et crayon gras sur bois"
            data-slide-description="« Les lattes de bois, qui ressemblent à celles d’une palissade, servent non seulement de support à la peinture mais deviennent des éléments de l’œuvre elle-même. Comme dans “Combines”, de Robert Rauschenberg (1954-64), Basquiat intègre dans ses compositions la présence d’objets et de matériaux issus du quotidien. »"
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Sans titre, 1981 ‒ crayon gras sur toile            
« Les têtes peintes par Jean-Michel Basquiat témoignent de la vivacité et de l’énergie gestuelle de ses premières réalisations. Le crayon gras accentue l’anatomie de la figure allant jusqu’à disséquer visage et crâne pour en montrer les tendons, les gencives et le squelette. »

DOUGLAS M. PARKER STUDIO, LOS ANGELES / ADAGP PARIS, 2018
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La Fondation Louis Vuitton rapproche Jean-Michel Basquiat et Egon Schiele. Pour quelle raison rassembler ces deux artistes, qu’un demi-siècle et l’Atlantique séparent ? C’est que tous deux, en offrant une vision crue du monde, se ressemblent plus qu’il n’y paraît.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Expositions Basquiat-Schiele : pourquoi réunir ces deux géants de l’art ?

La Fondation Louis Vuitton rapproche Jean-Michel Basquiat et Egon Schiele. Pour quelle raison rassembler ces deux artistes, qu’un demi-siècle et l’Atlantique séparent ? C’est que tous deux, en offrant une vision crue du monde, se ressemblent plus qu’il n’y paraît.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 16h07
    |

                            Philippe Dagen








                        


C’est presque devenu une habitude : exposer les artistes non plus seuls, en rétrospective monographique façon Grand Palais, mais par paire. Ainsi, dans le passé, a-t-on vu ­ensemble, à Amsterdam ou Paris, Caravage et Rembrandt, Van Gogh et Munch, Matisse et Picasso. Cet été, à Aix-en-Provence, c’était Picasso et Picabia, et cet automne, à Londres, Mantegna et Bellini. Il y a eu, plus rares, quelques triades, dont celle réunissant Turner, Whistler, Monet.
Pourquoi procéder ainsi ? Une explication cynique vient à l’esprit au seul énoncé des noms des artistes : ils jouissent tous d’une immense notoriété. Il est donc tentant de supposer que les réunir, c’est multiplier par deux la probabilité du succès et le nombre de visiteurs. Cela est en effet très probable, à une sérieuse réserve près : parce que ces peintres sont universellement connus, il est difficile d’emprunter leurs œuvres aux collections privées et publiques qui les conservent.

   


Plusieurs raisons à cela. Premièrement, tout musée rechigne à se séparer pendant plusieurs mois d’œuvres qui lui assurent une partie de sa fréquentation, laquelle s’en trouve affectée. Deuxièmement, tout collectionneur hésite à laisser partir ses chefs-d’œuvre, fragiles de surcroît, si bien conditionnés et assurés soient-ils. Ce principe de précaution retient les Demoiselles d’Avignon captives au MoMA et la Joconde enfermée au Louvre.
Troisièmement, pour lever ces réticences, ceux qui veulent emprunter un autoportrait de Rembrandt, de Van Gogh ou de Frida Kahlo doivent en avoir les moyens : pouvoir payer des transports archisécurisés, des assurances calculées selon la valeur marchande supposée de l’œuvre et, de plus en plus souvent, ce que l’on nomme dans le vocabulaire de la profession des « fees », ce qui signifie littéralement des frais, en réalité le montant de la location de l’œuvre. Aussi, l’art des expositions à deux n’est-il pas si simple à pratiquer et ne peut-il l’être que par des institutions à la puissance financière garantie.
« Basquiat comme Schiele font voir crûment à leurs contemporains ce que ceux-ci préfèrent faire semblant d’ignorer »
Encore faut-il qu’il y ait quelque raison au mariage, la conjonction de deux gloires étant loin de suffire à le justifier. Souvent, il s’explique par l’histoire : Mantegna et Bellini étaient d’exacts contemporains – ils étaient même beaux-frères –, Matisse et Picasso amis et rivaux leur vie entière. Tel n’était pas le cas de Caravage et Rembrandt. Tel n’est pas celui de Schiele et Basquiat, que séparent plus d’un demi-siècle et l’Atlantique. Sans doute Basquiat, dont la connaissance de l’histoire de l’art était grande, a-t-il connu Schiele, mais sa propre œuvre n’en porte que bien peu de traces.

   


Dans ce cas, pourquoi les réunir ? Parce qu’ils sont morts jeunes tous deux ? Faible prétexte. L’un a succombé à la grippe espagnole, l’autre à une overdose : morts accidentelles dont il n’y a pas plus à conclure que de celles, tout aussi précoces et imprévues, de Raphaël ou de Géricault. Une raison bien plus convaincante est que tous deux font voir crûment à leurs contemporains ce que ceux-ci préfèrent faire semblant d’ignorer.

        Lire l’entretien avec Suzanne Pagé et Jean-Paul Claverie :
         

          « Basquiat et Schiele partagent quelque chose de l’ordre de la fulgurance »



Hypocrisies de la société austro-hongroise
Schiele doit exprimer combien il se sent prisonnier de la société de l’empire austro-hongrois au début du XX° siècle, de ses interdits, de ses hypocrisies : la contrainte exercée sur les corps féminins et masculins et les désirs qui les animent. Désirs troubles, pulsions dangereuses parfois ? C’est certain, mais, pour dessiner la vérité de l’intime, il faut que Schiele la dessine tout entière, au risque de la censure et de la prison. Il est, on ne peut l’oublier, le contemporain de Freud et de la naissance de la psychanalyse.

        Lire le portrait :
         

          Egon Schiele, le renégat



Pour que cette vérité soit clairement visible sur le papier, il lui faut des dévoilements exhibitionnistes, des postures indécentes, un trait continu qui entre dans les détails et les plis, des rehauts de couleurs acides sur le blanc du papier. Il faut donc qu’il rompe avec les usages académiques, nus épilés, nymphes chastes et portraits de grandes dames en robe du soir. Schiele brise les règles plastiques que l’on enseigne dans les académies des beaux-arts comme il brise les règles morales que l’on enseigne dans les catéchismes.
Un quotidien pauvre et cruel
Basquiat doit exprimer quel malaise il ressent dans la société nord-américaine des années 1980, au temps de Ronald Reagan, ce président qui commence par ne pas prendre au sérieux le sida et ne fait rien pour combattre le racisme, si l’on peut dire ordinaire, des Etats-Unis. S’il y a dans son œuvre tant d’allusions à la traite, à l’esclavage, à la ségrégation sociale et économique, il n’est pas difficile de savoir pourquoi : il suffit de se reporter à l’histoire de cette période. S’il projette sur la toile les mots et les signes qu’il a d’abord inscrits sur les murs, c’est une façon pour lui de faire surgir le quotidien pauvre et cruel de la ville dans la paix riche des galeries et des musées.

        Lire le portrait :
         

          Jean-Michel Basquiat, l’effervescence d’une comète



Il lui faut donc rompre avec la sérénité abstraite et propre du minimalisme et de ses géométries. Le dessin doit être figuratif et dur, les symboles brutalement explicites, la couleur violemment contrastée, les surfaces salies, les formes heurtées et creusées. Basquiat brise les règles plastiques qui dominent depuis les années 1970 l’art contemporain new-yorkais comme il brise le silence en imposant le point de vue d’un Afro-Américain. Ainsi considérés, les deux artistes se ressemblent.
Ces article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation Louis Vuitton.
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        Sans titre, 1981 ‒ crayon gras sur toile"
            data-slide-description="« Les têtes peintes par Jean-Michel Basquiat témoignent de la vivacité et de l’énergie gestuelle de ses premières réalisations. Le crayon gras accentue l’anatomie de la figure allant jusqu’à disséquer visage et crâne pour en montrer les tendons, les gencives et le squelette. »"
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        « Crowns (Peso Neto) », 1981 ‒ acrylique, crayon gras et  papiers collés sur toile"
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        Sans titre, 1982 ‒ acrylique et crayon gras sur bois"
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        Sans titre, 1982 ‒ acrylique et crayon gras sur papier"
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        « In Italian », 1983 ‒ marqueur, acrylique, crayon gras et assemblage sur toile"
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        « Horn Players », 1983 ‒ acrylique et crayon gras sur toile montée sur un support en bois"
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        Sans titre (« Word on Wood »), 1985 ‒ huile et crayon gras sur bois"
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Sans titre, 1981 ‒ crayon gras sur toile            
« Les têtes peintes par Jean-Michel Basquiat témoignent de la vivacité et de l’énergie gestuelle de ses premières réalisations. Le crayon gras accentue l’anatomie de la figure allant jusqu’à disséquer visage et crâne pour en montrer les tendons, les gencives et le squelette. »

DOUGLAS M. PARKER STUDIO, LOS ANGELES / ADAGP PARIS, 2018
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        « Portrait du Docteur X. », 1910 ‒ pastel noir et aquarelle sur papier"
            data-slide-description="« Comme on peut le voir dans d’autres portraits de cette période, le corps paraît ici comme désintégré. Egon Schiele choisit de ne représenter que les mains et le visage, qu’il détaille exagérément. Il s’agit d’une mise en scène savamment étudiée : animées par des touches lumineuses, les teintes sombres de la peau contrastent étrangement avec le blanc opaque du vêtement. »"
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        « Nu féminin debout, avec tissu bleu », 1914 ‒ gouache, aquarelle et mine de plomb sur papier"
            data-slide-description="« Silhouette exagérément musclée, trait, vif et intense, qui n’incise pas la chair mais la contourne. Dans un rendu caractéristique des œuvres de cette période, les touches rouge vif, qui s’opposent à la couleur bleutée de la peau, mettent en évidence les lèvres, les mamelons et les pommettes du modèle. »"
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        « Nu masculin assis, vue de dos », 1910 ‒ aquarelle, gouache et crayon noir sur papier"
            data-slide-description="« Ce nu fait partie d’une série d'études de 1910 sur la figure masculine : cette œuvre est résolument expressionniste et témoigne du sentiment d’angoisse, et de tension interne, qui émane du modèle. Contenu à l'intérieur du tracé, les différentes couleurs se mélangent et se chevauchent accentuant la maigreur et l’angularité des membres. »"
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        « La Femme aveugle », 1911 ‒ gouache et aquarelle sur papier"
            data-slide-description="« Le sujet prend ici une forme organique. Des tons bleus et pourpres pour le rendu de la peau, des roux ardents pour les cheveux, du blanc pour la jupe. Egon Schiele se libère du cerne noir et explore des formes plus fluides. »"
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        « Fille nue allongée en blouse rayée », 1911 ‒ crayon et aquarelle sur papier"
            data-slide-description="« Dans cette œuvre, tandis que l’orientation de la figure sur la page laisse penser que la femme dépeinte se tient debout, la couverture jaune, sur laquelle sa tête repose, suggère en réalité une position couchée. Schiele s’intéresse davantage au médium ‒ ici, l’aquarelle ‒ qu’à la représentation réaliste de ses sujets. »"
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        « Autoportrait à la lanterne chinoise », 1912 ‒ huile et gouache sur bois"
            data-slide-description="« Cette peinture rend compte du rôle fondamental de l’autoportrait dans son œuvre. Les coups de pinceau texturés de la peau, des vêtements et des cheveux révèlent l’état psychologique de l’artiste qui, à son tour, semble interroger celui du spectateur. »"
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        « Femme allongée aux cheveux blonds », 1914 ‒ aquarelle, gouache et graphite sur papier"
            data-slide-description="« Courbes sensuelles, position allongée du modèle et impression de transparence : l’œuvre de Schiele occupe également une place essentielle dans l’histoire des relations entre art et érotisme. »"
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« Portrait du Docteur X. », 1910 ‒ pastel noir et aquarelle sur papier            
« Comme on peut le voir dans d’autres portraits de cette période, le corps paraît ici comme désintégré. Egon Schiele choisit de ne représenter que les mains et le visage, qu’il détaille exagérément. Il s’agit d’une mise en scène savamment étudiée : animées par des touches lumineuses, les teintes sombres de la peau contrastent étrangement avec le blanc opaque du vêtement. »

ALLEN PHILIPS / WADSWORTH ATHENEUM
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Egon Schiele fut un observateur implacable de la société austro-hongroise du début du XXe siècle. Face à des mœurs sévères et hypocrites, il expose la nudité crue, mêle les postures d’épileptiques et de gisants, bien loin des représentations académiques. Il sera jugé, condamné, conspué. La Fondation Louis Vuitton à Paris présente plus d’une centaine de ses œuvres jusqu’au 14 janvier 2019.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Egon Schiele, le renégat

Egon Schiele fut un observateur implacable de la société austro-hongroise du début du XXe siècle. Face à des mœurs sévères et hypocrites, il expose la nudité crue, mêle les postures d’épileptiques et de gisants, bien loin des représentations académiques. Il sera jugé, condamné, conspué. La Fondation Louis Vuitton à Paris présente plus d’une centaine de ses œuvres jusqu’au 14 janvier 2019.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 15h02
    |

            Harry Bellet








                        



   


Egon Schiele, alors âgé de 22 ans, fut condamné et emprisonné du 13 avril au 7 mai 1912 à Neulengbach (Autriche). Il était accusé de détournement de mineurs, de viol et d’immoralité publique. Ne trouvant aucune preuve des deux premiers chefs d’inculpation, le juge l’expédia derrière les barreaux pour le troisième en se basant sur des pièces irréfutables : ses dessins. La police les avait saisis dans son atelier, le juge en brûla un publiquement durant l’audience, les 124 autres ne furent jamais retrouvés.
« Schiele est un observateur implacable, commente Suzanne Pagé, la directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton, il observe l’homme, et c’est quoi, l’homme ? D’abord un sexe, qu’il étudie frontalement, ce que la société de son temps permet peu… » Même certains de ses pairs, un artiste comme Oskar Kokoschka par exemple, le regardaient en plissant le nez ; ce dernier le considérait comme un « petit voyou, un pornographe ! » Un avocat d’aujourd’hui lui trouverait sans doute des circonstances atténuantes.
Les nus, le désir, et la mort
L’Autriche elle-même, le pays où il est né en 1890, était le centre d’un empire finissant, aux mœurs sévères. Son père exerce la profession de chef de gare à Tulln an der Donau et rêve de voir son fils devenir ingénieur des chemins de fer. Il semblerait qu’il ait été légèrement dément, au sens clinique du terme. Il meurt en 1905, Schiele a 15 ans. Il a deux sœurs, dont l’une, Elvira, décède quand il a 3 ans. On s’étonne déjà moins de la présence du thème de la mort dans nombre de ses œuvres. Avec son corollaire, la vie, et spécialement les parties du corps qui la transmettent. D’où l’abondance de nus.
Même quand elles sont habillées, les femmes laissent entrevoir ce qu’au XIXe siècle on appelait pudiquement leur « mystère », qu’au Moyen Age on nommait plus simplement la « nature ». Même les paysages – et il en a fait beaucoup – sont dépouillés, les arbres effeuillés par l’automne pour mieux laisser apparaître leur structure.
Quand il s’attaque aux sujets de société, l’Eglise par exemple, Egon Schiele va là où ça fait mal.
Quand il s’attaque aux sujets de société, l’Eglise par exemple, il va là où ça fait mal. L’un de ses tableaux les plus outrageants, hélas absent de l’exposition, intitulé Le Cardinal et la nonne, montre un prélat à genoux devant une moniale dans une posture qui n’évoque guère celle de la confession.
En 1906, un an après que la mort de son père l’eut dégagé de la perspective d’une carrière dans les chemins de fer, il entre à l’école des Beaux-Arts de Vienne, où il reçoit un enseignement des plus académiques, qui l’exaspère. La libération vient de la visite de la deuxième exposition de la Sécession viennoise, dominée par la personnalité de Gustav Klimt, alors âgé de 45 ans.
Une amitié et une admiration réciproque avec Klimt
Entre les deux peintres, le jeune et le vieux, naissent une amitié et une admiration réciproque. Un temps, assez court, Schiele va user des courbes et des volutes de ce mouvement proche de l’Art nouveau, le Jugendstil. Mais Schiele est assez loin des représentations de jeunes filles en fleurs. Il rencontre en 1911 une jeune femme qui a souvent posé pour Klimt, Walburga Neuzil, dite « Wally », avec laquelle il emménage : elle va être son modèle, sa compagne, sa complice diraient les autorités judiciaires… Elle sera en tout cas son plus ferme soutien tant lors de son émancipation vis-à-vis du style de Klimt que lors de son séjour en prison.
Schiele ne peint pas des sexes, mais la condition humaine, et c’est bien ce qui pouvait le rendre insupportable à ses contemporains.
Schiele produit alors des œuvres qui n’ont d’équivalent que dans le Christ mort d’Hans Holbein : les modèles prennent des poses de gisants, ou au contraire d’épileptiques, ces derniers spécialement inspirés par son intérêt pour les mimes. Pour les premiers, on a le sentiment de voir derrière le vivant le cadavre qu’un jour il sera. C’est là où Schiele est le plus grand : il ne peint pas des sexes, mais la condition humaine, et c’est bien ce qui pouvait le rendre insupportable à ses contemporains.
Serait-il mieux accueilli aujourd’hui ? Ce n’est pas certain : au début de cette année 2018, lorsque l’office du tourisme de Vienne a lancé pour le centenaire de sa mort « l’année Schiele », les affiches reproduisant ses dessins ont été censurées. Les publicitaires autrichiens ont trouvé une parade qui prouve qu’ils connaissent leur métier en apposant sur les zones du corps litigieuses un bandeau portant cette question : « 100 ans et encore trop osé ? » On attend de voir les affiches de la Fondation Louis Vuitton dans le métro parisien.

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                Les nus d’Egon Schiele dérangent la pub



Ces article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation Louis Vuitton.
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        « Portrait du Docteur X. », 1910 ‒ pastel noir et aquarelle sur papier"
            data-slide-description="« Comme on peut le voir dans d’autres portraits de cette période, le corps paraît ici comme désintégré. Egon Schiele choisit de ne représenter que les mains et le visage, qu’il détaille exagérément. Il s’agit d’une mise en scène savamment étudiée : animées par des touches lumineuses, les teintes sombres de la peau contrastent étrangement avec le blanc opaque du vêtement. »"
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        « Nu féminin debout, avec tissu bleu », 1914 ‒ gouache, aquarelle et mine de plomb sur papier"
            data-slide-description="« Silhouette exagérément musclée, trait, vif et intense, qui n’incise pas la chair mais la contourne. Dans un rendu caractéristique des œuvres de cette période, les touches rouge vif, qui s’opposent à la couleur bleutée de la peau, mettent en évidence les lèvres, les mamelons et les pommettes du modèle. »"
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        « Nu masculin assis, vue de dos », 1910 ‒ aquarelle, gouache et crayon noir sur papier"
            data-slide-description="« Ce nu fait partie d’une série d'études de 1910 sur la figure masculine : cette œuvre est résolument expressionniste et témoigne du sentiment d’angoisse, et de tension interne, qui émane du modèle. Contenu à l'intérieur du tracé, les différentes couleurs se mélangent et se chevauchent accentuant la maigreur et l’angularité des membres. »"
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        « La Femme aveugle », 1911 ‒ gouache et aquarelle sur papier"
            data-slide-description="« Le sujet prend ici une forme organique. Des tons bleus et pourpres pour le rendu de la peau, des roux ardents pour les cheveux, du blanc pour la jupe. Egon Schiele se libère du cerne noir et explore des formes plus fluides. »"
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        « Fille nue allongée en blouse rayée », 1911 ‒ crayon et aquarelle sur papier"
            data-slide-description="« Dans cette œuvre, tandis que l’orientation de la figure sur la page laisse penser que la femme dépeinte se tient debout, la couverture jaune, sur laquelle sa tête repose, suggère en réalité une position couchée. Schiele s’intéresse davantage au médium ‒ ici, l’aquarelle ‒ qu’à la représentation réaliste de ses sujets. »"
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        « Autoportrait à la lanterne chinoise », 1912 ‒ huile et gouache sur bois"
            data-slide-description="« Cette peinture rend compte du rôle fondamental de l’autoportrait dans son œuvre. Les coups de pinceau texturés de la peau, des vêtements et des cheveux révèlent l’état psychologique de l’artiste qui, à son tour, semble interroger celui du spectateur. »"
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        « Femme allongée aux cheveux blonds », 1914 ‒ aquarelle, gouache et graphite sur papier"
            data-slide-description="« Courbes sensuelles, position allongée du modèle et impression de transparence : l’œuvre de Schiele occupe également une place essentielle dans l’histoire des relations entre art et érotisme. »"
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« Portrait du Docteur X. », 1910 ‒ pastel noir et aquarelle sur papier            
« Comme on peut le voir dans d’autres portraits de cette période, le corps paraît ici comme désintégré. Egon Schiele choisit de ne représenter que les mains et le visage, qu’il détaille exagérément. Il s’agit d’une mise en scène savamment étudiée : animées par des touches lumineuses, les teintes sombres de la peau contrastent étrangement avec le blanc opaque du vêtement. »

ALLEN PHILIPS / WADSWORTH ATHENEUM
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ En cédant Editis à Vivendi, le géant espagnol de l’édition renonce à son expansion hors du marché hispanophone. L’opération intervient au cœur d’une année troublée pour ce groupe présent également dans les médias.
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édition abonné


Météo orageuse pour l’éditeur Planeta

En cédant Editis à Vivendi, le géant espagnol de l’édition renonce à son expansion hors du marché hispanophone. L’opération intervient au cœur d’une année troublée pour ce groupe présent également dans les médias.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 12h00
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Pour Planeta, 2018 a tout de l’annus horribilis. Le géant espagnol de l’édition, propriété de la famille Lara, vient de traverser neuf mois pour le moins mouvementés. Sans doute les plus agités depuis la mort, fin janvier 2015, du patriarche du groupe, José Manuel Lara Bosch. En effet, le 30 juillet, Planeta a annoncé la cession d’Editis, deuxième ensemble éditorial français, à Vivendi pour 900 millions d’euros, quelques semaines après avoir vendu son siège emblématique à Barcelone.

Acheté à Wendel en 2008 pour 1,026 milliard d’euros, Editis, qui détient entre autres dans son giron Robert Laffont, Plon, Les Presses de la Cité, Pocket, 10/18, Nathan et Bordas, était le fleuron de Planeta. Il devait renforcer la « vocation internationale » du groupe, au-delà du marché hispanophone – Espagne et Amérique latine –, qu’il domine depuis plusieurs années.
La cession, qui doit être conclue d’ici à la fin de l’année, offrira une bouffée d’oxygène au groupe espagnol, dont la dette est évaluée à un peu plus de 1,2 milliard d’euros, mais surtout à Hemisferio, la société d’investissement des Lara, qui aurait accumulé, quant à elle, plus de 400 millions d’euros de dettes à la suite de la dépréciation de ses participations dans le groupe bancaire Banco Sabadell, durement touché par la crise financière de 2008, et dont elle fut le principal actionnaire. Hemisferio était propriétaire du siège de Planeta, vendu pour 210 millions d’euros au fonds d’investissement américain Black­stone, et de 40 % d’Editis.
Le ton de cette année 2018 a été donné en février par le départ forcé de José Manuel Lara Garcia, fils du patriarche défunt, qui se considérait comme l’héritier naturel de l’empire familial à la place de son père. Les ambitions de M. Lara Garcia, 43 ans, qui occupait depuis 2015 le poste de directeur général, n’auraient pas plu au PDG de Planeta, José Creuheras, un pilier de la maison, qui a décidé, avec le soutien du reste de la famille,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Emprisonné depuis 2016, le dissident kurde et leader du HDP, Selahattin Demirtas a publié un recueil de nouvelles « L’Aurore » en 2017.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                
                                    

Un « J’accuse » venu de derrière les barreaux turcs sélectionné pour le prix Médicis


                      Emprisonné depuis 2016, le dissident kurde et leader du HDP, Selahattin Demirtas a publié un recueil de nouvelles « L’Aurore » en 2017.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h37
    |

                            Juliette Branciard








   


Les prisons turques produisent quantité d’écrivains », ironisait, en janvier, la romancière Asli Erdogan, lauréate du prix Simone de Beauvoir 2018. « Selahattin Demirtas a commencé à écrire en prison », ajoutait-elle comme un rappel. Arrêté en novembre 2016, lors des purges qui ont suivi le putsch manqué contre le président Erdogan, ce dissident kurde, leader du Parti démocratique des peuples (HDP), poursuit son combat politique derrière les barreaux grâce à la fiction. De son silence forcé est né L’Aurore, publié en 2017 en dépit de la censure et rapidement devenu un best-seller en Turquie – plus de 200 000 exemplaires vendus. Ce recueil de nouvelles vient de sortir en France.
« Il y a quelque chose de Vaclav Havel et de Mandela, chez ce bonhomme-là. » Emmanuelle Collas, éditrice
On y découvre l’histoire de Seher, Nazo, Semra, Mina ou encore Rukiye. Des portraits de mères, d’adolescentes et d’amoureuses dans la Turquie et la Syrie contemporaines, que l’auteur dédie « à toutes les femmes assassinées, à toutes celles victimes de violences… ». Ce texte n’aurait pas dépassé le détroit du Bosphore sans l’engagement tenace de l’éditrice française Emmanuelle Collas. « Il y a quelque chose de Vaclav Havel et de Mandela, chez ce bonhomme-là », soutient l’ancienne archéologue, historienne de la Grèce antique et de la Mésopotamie, tombée amoureuse de la Turquie et de ses écrivains lors de ses nombreux voyages professionnels. Lorsqu’elle contacte, en janvier, le détenu par lettre pour tenter de le faire connaître en France, l’éditrice pèse bien ses mots. « Cher Selahattin Demirtas, je vous écris pour vous parler de littérature, mais pas seulement. (…) J’ai eu la chance de pouvoir lire votre recueil de nouvelles en turc, Seher, dont les mots mais aussi les silences sont lourds de sens… » Pari réussi.

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                En Turquie, le leader kurde Demirtas condamné à quatre ans de prison



La commission de lecture du courrier de la prison d’Edirne n’y prête pas attention. Ce n’est qu’un mois et demi plus tard qu’elle reçoit l’accord enthousiaste de l’écrivain. S’ensuit une collaboration laborieuse, freinée par quantité d’intermédiaires, agents, éditeurs, avocats, de personnels de prison et résistants de l’ombre. Pendant près d’un an, Emmanuelle Collas s’accroche à son intuition. Un coup de cœur pour l’homme et sa plume, qu’elle exprime dans la préface : « Selahattin Dermitas aurait pu nous livrer un récit pesant sur le viol, les crimes d’honneur, le travail des enfants, l’exil ou la guerre ; bien au contraire, il lui donne un ton drôle et terrible à la fois. Subversif et obsédant aussi. » 
Une littérature de résistance
« A l’heure où les fascismes montent en Europe », la diffusion de ce manifeste contre la violence d’Etat lui paraît capitale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’éditrice a choisi d’ajouter un « l’» au titre original, Seher, qui signifie « aurore » en turc. La référence au journal dans lequel Zola publie « J’accuse » ancre un peu plus l’écrivain dans cette littérature de résistance. Mais ça, la Française s’est interdit pour l’instant de le lui souffler. « Si un jour nous nous rencontrons, nous nous sommes promis de nous raconter tout ça », confie-t-elle avec émotion. D’ici là, c’est elle qui est chargée de le représenter au pays des droits de l’Homme.

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                Turquie : le parti prokurde HDP sur le fil du rasoir



Incarcéré depuis bientôt deux ans, Selahattin Demirtas est toujours dans l’attente de son jugement. L’homme qui rêvait d’une « Turquie plurielle » à la présidentielle de 2015 est accusé de « diriger une organisation terroriste », d’« incitation à la haine et à la révolte », d’« incitation à la transgression des lois », d’« incitation au crime » et d’« apologie du crime et des criminels ». Agé de 45 ans, il risque jusqu’à 142 ans de prison. Malgré ses conditions de détention sous haute sécurité, l’homme s’est porté candidat aux dernières élections anticipées de juin. Sa campagne, menée en quelques Tweet depuis sa cellule, n’a pas fait le poids face à Recep Tayyip Erdogan, réélu dès le premier tour avec 52 % des suffrages. « Résistance n’est qu’espérance », écrivait René Char. Dans une tribune publiée, en juin, dans Le Monde, à la suite de son échec, le prisonnier politique déclarait vouloir continuer à « s’opposer sans reculer d’un pas », lui qui jouit en définitive d’une plus grande liberté depuis sa prison face à « ceux qui (…) dehors vivent dans une prison à ciel ouvert ». Sélectionné pour le prix Médicis, son premier acte littéraire est promis à un bel avenir. Quant à son éditrice, Emmanuelle Collas, elle a promis à sa fille de ne pas voyager en Turquie avant quelque temps.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ En août, le basketteur américain avait rendu hommage au chanteur, qui lui avait adressé un message en retour début septembre, étant lui-même fan de basket.
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Un des plus grands fans de Charles Aznavour était... la star de la NBA LeBron James

En août, le basketteur américain avait rendu hommage au chanteur, qui lui avait adressé un message en retour début septembre, étant lui-même fan de basket.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h34
   





                        


Le joueur de basket américain LeBron James était un grand fan de Charles Aznavour, mort lundi 1er octobre à l’âge de 94 ans, même s’il avouait « ne pas comprendre les paroles mais plutôt le rythme de la musique et la mélodie ».
Sur le compte Twitter du site français TrashTalk spécialisé dans le basket, le 12 août dernier, on découvrait que la star américaine écoutait « du Charles Aznavour au réveil ». Sur Instagram, LeBron James avait publié sa playlist matinale où figuraient Sa jeunesse et A ma fille, deux chansons de la star française, accompagnées de cet hommage : « Si paisible et élégant. »

Pendant ce temps-là, LeBron écoute du Charles Aznavour au réveil. ♥️
— TrashTalk_fr (@TrashTalk)


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Le chanteur était, lui, fan de basket. Et alors que le triple champion de NBA était invité le 8 septembre dans l’émission « Clique », diffusée sur Canal+, Charles Aznavour, dans l’une de ses dernières apparitions publiques, avait adressé à King James un vibrant hommage en retour.



« J’ai appris que tu aimais bien mes chansons et moi, de l’autre côté, le sport que tu pratiques est l’un des sports que je préfère. Je ne suis pas très sportif à part ça. Alors, je pense que tout se passe très bien pour toi, je pense que l’on se rencontrera un de ces jours. A bientôt James, et bon courage. »

LeBron James @KingJames X Charles Aznavour : quand le roi de la chanson française adresse un message à son plus gra… https://t.co/ZJtM2ua9YZ— cliquetv (@Clique.tv)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’ex-blogueuse du site MadmoiZelle.com illustre dans ses albums une sexualité joyeuse et inclusive, loin des stéréotypes propagés par les chaînes pornographiques.
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                Dessinatrice sans tabou, Cy donne des couleurs au sexe


L’ex-blogueuse du site MadmoiZelle.com illustre dans ses albums une sexualité joyeuse et inclusive, loin des stéréotypes propagés par les chaînes pornographiques.

LE MONDE
                 |                 02.10.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 12h27
                 |

            Claire Legros

















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Des corps nus qui s’emmêlent, des sexes qui se dévorent au rythme de soupirs torrides… Qu’on ne s’y trompe pas, les ouvrages de Cy n’ont pas grand-chose à voir avec les bandes dessinées érotiques qui remplissent les bacs des librairies. Ici les personnages n’arborent pas une silhouette parfaite ni des abdos taillés à la serpe, la fesse revendique une molle nonchalance, les poils ne se cachent pas.
Cy, diminutif de Cyrielle – son vrai prénom – mais aussi de Cy (prine), son premier pseudo, allusion au liquide sécrété par le vagin pendant l’excitation, appartient à cette génération de blogueuses féministes décomplexées qui, avec Diglee ou Clemity Jane, font la chasse aux tabous sur la sexualité en général et sur celle des femmes en particulier. « Je veux montrer la réalité avec des sexes tels qu’ils sont, des sexualités telles qu’elles se pratiquent », explique la dessinatrice de 28 ans, auteure en 2016 et 2017 des deux tomes du Vrai Sexe de la vraie vie (Editions Lapin).
« Le sexisme ordinaire est partout : paternalisme au travail, harcèlement dans la rue, absence de consentement au lit… »
Cheveux courts peroxydés, celle qui se définit comme « féministe militante » a fait ses classes sur le site MadmoiZelle.com, d’abord comme directrice artistique, puis comme blogueuse. Pendant près de trois ans, ses chroniques destinées aux 16-25 ans (« Jouir… à tout prix ? » ; « Avec les doigts, c’est mieux ! » ; « Une histoire de taille »…) y ont fait l’audience du dimanche soir, mêlant plaisir, humour et prévention, à mi-chemin entre le manuel d’initiation sexuelle et les conseils de la grande sœur « badass » (entendez « sympa »).

        Lire aussi :
         

                L’interview exclusive du clitoris par la dessinatrice Cy



Le sexe, les personnages de la dessinatrice en parlent autant qu’ils le pratiquent. Ils commentent leurs ébats, plaisantent de leurs déboires, et surtout expriment leurs désirs et leurs différences. Pour la jeune femme biberonnée par sa mère au féminisme des années 70, affirmer ses choix et ses droits en matière de sexe reste un combat politique à l’heure des chaînes YouTube formatées au culte de la performance.
« Le sexisme ordinaire est partout, il peut prendre de multiples formes : paternalisme au travail, harcèlement dans la rue, absence de consentement au lit… » Même si le mouvement #metoo représente un « soulagement », elle ne se fait guère d’illusions. « Ce n’est qu’une soupape. Celles qui ont le malheur de parler deviennent vite des parias. Il suffit d’aller sur Twitter et de lire les commentaires. »
Féminisme intersectionnel
Ses personnages ont pris des couleurs depuis qu’elle a découvert le féminisme intersectionnel. Un concept né aux Etats-Unis à la fin du XXe siècle et qui désigne la situation de personnes subissant plusieurs formes de domination conjuguées, par exemple sexisme et racisme, sexisme et homophobie…
« J’ai sorti un jour à une collègue afro-féministe un poncif du genre “Moi je ne vois pas les couleurs de peau quand je parle à quelqu’un”. Elle m’a ­répondu que ne pas voir les couleurs de peau, c’est la meilleure façon de ne pas voir les oppressions. Et quand on ne les voit pas, on fait comme si ça n’existe pas. »
Depuis, la dessinatrice a l’impression qu’on lui a « enlevé des œillères », qu’elle est « passée de la 2D à la 3D ». Dans ses albums, les corps ne sont plus seulement jeunes, blancs, hétérosexuels ou valides. Sa tablette graphique est devenue inclusive. « Pourquoi le blanc, comme le masculin, serait-il censé être le neutre ? Je ne veux pas que mon travail soit ressenti comme oppressif. »
Prochain album
Après avoir mis en scène dans ses strips son appartement parisien de 10 m2, la jeune femme vient d’emménager avec son compagnon dans une petite maison dans l’Essonne, mais elle n’envisage pas « pour le moment » l’avenir avec des enfants. « Cela peut paraître égoïste, mais je n’ai pas envie de voir mon corps changer », constate-t-elle. Avant d’ajouter : « Et puis, les 2 degrés de réchauffement climatique, on va les voir arriver plus vite qu’on ne pense. »
Le prochain album, prévu chez Glénat, ne parlera pas de sexe – « pour éviter l’étiquette de la fille qui ne dessine que du cul » – mais sera bien sûr 100 % féministe.
La dessinatrice Cy participe au débat sur le plaisir féminin, Clitoris, le grand tabou, organisé au Monde Festival avec la youtubeuse Clemity Jane, le chirurgien Pierre Foldes, la sociologue Delphine Gardey le samedi 6 octobre, de 16 heures à 17 h 30, à l’Opéra Bastille (studio).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Claire Legros
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Adapté d’un roman de Christine Angot, le film de Catherine Corsini, « Un amour impossible », est présenté en avant-première au Monde Festival, le samedi 6 octobre. Entretien avec la réalisatrice.
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                « Un amour impossible » : entretien avec Catherine Corsini


Adapté d’un roman de Christine Angot, le film de Catherine Corsini, « Un amour impossible », est présenté en avant-première au Monde Festival, le samedi 6 octobre. Entretien avec la réalisatrice.

LE MONDE
                 |                 02.10.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 14h34
                 |

                            Franck Nouchi (Médiateur du « Monde »)

















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Lors de sa sortie en 2015, Un amour impossible (Flammarion), le roman de Christine Angot, avait fait la « une » du Monde des livres. Saluant le « courage » de l’auteure, notre confrère Jean Birnbaum ­expliquait que cet ouvrage était en quelque sorte « l’envers » d’Une semaine de vacances (un livre de Christine Angot paru chez Flammarion en 2012, où il était question de la relation incestueuse entre un père et sa fille), « l’envers de l’enfer ». 
Virginie Efira, qui interprète le rôle de Rachel, parvient, de bout en bout, à rendre justice à cette Mère Courage.
Trois ans plus tard, le roman est devenu un film. Réalisé par Catherine Corsini, il restitue parfaitement le temps long de l’histoire familiale d’Angot : la rencontre de ses parents à Châteauroux, dans les années 1950 ; le bonheur qu’ils vécurent à deux sans jamais vivre ensemble ; la petite fille, prénommée Chantal dans le film, qui naîtra de cette liaison passionnelle ; la barrière sociale infranchissable que l’homme, Philippe, un pervers narcissique, a sans cesse consolidée ; la bataille de Rachel pour parvenir à élever sa fille.
Un amour impossible est à la fois une ­adaptation littéraire réussie – on y « entend » Angot, ses mots, la musicalité si singulière de ses intonations – et un film bouleversant sur le temps ; le temps qui passe et le temps retrouvé. Virginie Efira, qui interprète le rôle de Rachel, parvient, de bout en bout, à rendre justice à cette Mère Courage.

        Lire aussi :
         

                Angot, l’envers de l’enfer



Comment est né ce projet de film ?
Lorsque ma productrice Elisabeth Perez m’a parlé d’adapter ce livre d’Angot, j’ai d’abord trouvé l’idée bizarre. Après m’être plongée dedans, j’ai d’autant plus compris ce projet qu’Un amour impossible éveillait chez moi des sentiments personnels : l’idéalisation d’un père absent, l’envie fantasmée de le ­ravir à la mère… Mes souvenirs se superposaient au roman. Sans connaître évidemment la part d’ombre de son histoire qu’il m’a fallu questionner.
Ensuite, il a fallu passer à l’écriture proprement scénaristique et au casting. Une expression me trottait dans la tête : « Amour impossible, film impossible ». Je ne voyais pas ­l’actrice capable d’interpréter un rôle pareil. Avec ma scénariste, Laurette Polmanss, on s’est alors mises au travail. On a pris la matière du livre à bras-le-corps comme on prend les rushs d’un film. Et on a cherché, cherché, jusqu’à ne garder que le plus saillant.

        Rendez-vous au Monde Festival :
         

          « Un amour impossible » de Catherine Corsini, en avant-première au Monde Festival



Toute l’équipe technique du film semble avoir travaillé de manière à faire de cet « Amour impossible » un film proustien. Etait-ce votre intention ?
Il fallait ne pas tomber dans le piège de l’illustration ­pesante, de la reconstitution pittoresque.
Vous me faites plaisir. Je crois que j’ai réussi, en effet, à faire corps avec toute mon équipe tout au long de ce projet. Il fallait ne pas tomber dans le piège de l’illustration ­pesante, de la reconstitution pittoresque. Mes références étaient à la fois Douglas Sirk et Maurice Pialat. L’idée était, au travers d’un « film de cuisines » – on en voit plein, de toutes les époques – de retrouver l’imaginaire des femmes des années 1950 ; de montrer comment, petit à petit, la modernité s’est ­insinuée dans leur quotidien.
Si vous deviez citer un modèle d’adaptation littéraire au cinéma, vous diriez…
Les Deux Anglaises et le Continent, le film de François Truffaut (1971), adapté du roman d’Henri-Pierre Roché. Magnifique travail sur le temps, la nostalgie, le vieillissement. A la fin, Claude (interprété par Jean-Pierre Léaud) dit ceci : « Mais qu’est-ce que j’ai ? J’ai l’air vieux, aujourd’hui. »
Comment avez-vous travaillé avec Christine Angot ?
Je n’ai pas vraiment travaillé avec elle. Elle m’a fait confiance. Elle a juste relu une version du scénario en me proposant d’infimes modifications. Elle n’aimait pas le prénom que je lui avais donné, Chantal. Trop coiffeuse, disait-elle. Je lui ai dit de penser plutôt à Chantal Akerman.
Difficile de ne pas être bluffé par Virginie Efira. Elle est Rachel, tout au long du film, à tous les âges…
Tandis que j’écrivais le scénario, je n’imaginais pas une seconde que j’allais faire appel à elle. Je connaissais à peine sa filmographie, elle ne m’attirait pas. Et puis, la croisant lors d’une émission de radio, j’ai été frappée par son intelligence, la manière dont elle défendait le film dont elle venait de parler, sa capacité à ne pas se mettre en avant. Sa générosité en somme.
On a fait des essais, très durs, de manière à voir si elle supporterait l’épreuve du vieillissement. Rendez-vous compte, elle a enchaîné neuf jours de tournage durant ­lesquels elle se réveillait à 2 heures du matin avant d’être maquillée sept heures durant et de tourner ensuite pendant huit à neuf heures. Chapeau ! Je suis heureuse qu’elle ait ainsi réussi, sans jamais faire le moindre numéro d’actrice, à faire de la mère de Christine Angot une véritable héroïne.
Le film sera projeté quasiment un an jour pour jour après le déclenchement de l’affaire Weinstein. Qu’est-ce qui a changé dans le monde du cinéma depuis #metoo ?
Voyez Cannes, voyez Venise. On ne peut vraiment pas parler de grand changement, non ? Ce sont toujours des hommes qui occupent les avant-postes.
EN AVANT-PREMIERE AU MONDE FESTIVAL, le film « Un amour impossible », le samedi 6 octobre, à 17 heures, au cinéma Gaumont Opéra. En présence de la réalisatrice et de l’actrice Virgine Efira. Sortie en salles le 7 novembre.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
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                                                Propos recueillis par                                                    Franck Nouchi (Médiateur du « Monde »)














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Qu’elles abordent les traditions de famille ou les regrets d’adolescence, ces trois séries choisies par la rédaction du blog manga du « Monde » renvoient leurs héros à leurs origines.
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Enfance, amours de jeunesse… trois mangas qui célèbrent le retour aux sources

Qu’elles abordent les traditions de famille ou les regrets d’adolescence, ces trois séries choisies par la rédaction du blog manga du « Monde » renvoient leurs héros à leurs origines.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h49
    |

            Pauline Croquet








                        


Quartier lointain est sans doute l’une des œuvres les plus connues du maître du manga Jirô Taniguchi. Ce diptyque, paru à compter de 1998, transportait un quadragénaire dans son adolescence. Un voyage dans le temps qui permettait au héros d’appréhender tous les événements dont il ne s’était pas rendu compte dans son enfance. Le thème du retour aux sources n’est pas rare dans le manga et offre aux auteurs qui s’y essaient la possibilité d’aborder à la fois le sentiment du regret comme celui de la douleur familiale. Souvent aussi, il extirpe les héros de la vie citadine pour les voir renouer avec la campagne de leur enfance. Trois BD asiatiques publiées récemment en France ont fait de cette thématique le pivot de leur scénario.

   


Amour perdu et réussite sociale dans « Our Summer Love »
Jeune romancier à succès, Naoto est amené à retourner sur une île qu’il a habité avec ses parents plus jeune pour effectuer des repérages pour son nouvel opus. Une appréhension le gagne, lui qui n’y a pas remis les pieds pendant sept ans et y a perdu une amie chère, Mizuki, son premier amour. Et si c’était elle, le fantôme du phare, dont les jeunes parlent pour se faire peur ? La rumeur redonne une forme d’espoir à Naoto, qui renoue avec son adolescence par l’intermédiaire de la petite sœur de Mizuki, la solaire Akari. Une histoire estivale et poétique contruite comme une méthode douce pour guérir la douleur et la culpabilité, et enfin grandir.
Our Summer Love, de Takeru Furumoto, traduction de Patrick Honnoré, édition Tonkam (Delcourt), tome unique, 224 pages, 7,99 euros.

   


Coutumes et relation père-fils pour « Retour aux sources »
Xia, un étudiant des beaux-arts de l’université de Taipei, rentre à Daxi, un village réputé pour ses traditions folkloriques et culturelles. Il embarque avec lui une camarade de cours afin d’y étudier, le temps d’un été, les coutumes locales pour un mémoire. Le jeune homme n’a pas choisi Daxi par hasard, elle est le berceau de sa famille et de son enfance ; il a quitté le village lorsque ses parents ont divorcé. En participant aux cortèges et aux festivités, Xia retrouvera peut-être un peu de complicité avec son père, loup solitaire très attaché aux traditions.
Pour réaliser ce récit en deux volumes, l’auteure taïwanaise Zuo Hsuan s’est inspirée de sa propre expérience d’enfant de Daxi partie à la ville, comme on peut le voir dans ce petit documentaire réalisé par le pavillon taïwanais du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Retour aux sources, de Zuo Hsuan, traduction d’An Ning, collection Made In (Kana), série en deux tomes, 12,70 euros.

   


« La Fille du temple aux chats » : entre nouveau départ et transmission des traditions
Lycéen de 15 ans, Gen décide de quitter ses parents avec qui il est en conflit pour rejoindre sa grand-mère, gardienne de temple à la campagne. Il y retrouve une cousine éloignée, compagne de jeux d’enfance, qui aujourd’hui le trouble. Ils devront toutefois cohabiter puisque Chion vit au temple et est pressentie pour devenir la nouvelle gardienne. Le premier volume de la série pose les bases de cette nouvelle relation, des appréhensions adolescentes de Gen, mais aussi des oppositions qui peuvent exister entre jeunes des villes et jeunes des champs. Un récit « tranche de vie » qui prend le temps de s’épanouir.
La Fille du temple aux chats, de Makoto Ojiro, traduction de Florent Gorges, éditions Soleil (Delcourt), tome I, 192 pages, 7,99 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le réalisateur signe une adaptation réussie d’un roman de Delphine de Vigan.
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« D’après une histoire vraie » : le vertige de l’écran blanc, selon Polanski

Le réalisateur signe une adaptation réussie d’un roman de Delphine de Vigan.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 07h00
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Canal+, mardi 2 octobre à 23 h 40, film
C’est un jeu dans lequel Roman Polanski est passé maître depuis longtemps, et son adaptation de D’après une ­histoire vraie, le roman de Delphine de Vigan, est une nouvelle variation, légère, amusante sans être dépourvue de tension, sur ce thème. Les tribulations de Delphine Dayrieux, romancière tenaillée par l’angoisse de l’écran blanc, ne peuvent se prendre tout à fait au sérieux. Mais, à l’écran, Emmanuelle Seigner la fait souffrir avec assez de conviction pour qu’on se laisse embarquer.
Comme s’en souviennent sans doute les lecteurs de Delphine de Vigan, l’héroïne vient de ­connaître un succès massif avec un livre qui relève de l’autofiction, dont l’écriture l’a laissée vidée de toute ­énergie créatrice. La romancière fait, au hasard d’une soirée, la ­connaissance d’une jeune femme qui se présente sous le simple nom d’Elle, diminutif d’Elisabeth. Elle (Eva Green) est belle et pas tout à fait normale. Elle parle comme un livre, avec des phrases plus jolies sur le papier que vraisemblables quand on les entend, avec une ­diction étudiée et artificielle.
Etanchéité du huis clos
Dans le récit, Elle occupe la place que tenait Norman Bates dans ­Psychose, ou les gentils voisins de Rosemary’s Baby : des inconnus dont l’apparente bonne volonté cache les plus noirs desseins. De Dark Shadows (le film de Tim Burton) en Penny Dreadful (la série de John Logan), Eva Green a accumulé une certaine expérience du malaise au cinéma ; elle le distille très habilement ici.
Elle s’insinue dans chacune des fissures de la vie de Delphine, ses doutes d’écrivaine, son angoisse de mère face au nid vide, la culpabilité née du succès d’un dernier livre nourri d’une tragédie familiale. Le scénario d’Olivier Assayas et de Roman Polanski utilise chacun de ces troubles pour assurer l’étanchéité du huis clos dans lequel s’enferment l’auteure et la lectrice. Comme souvent dans les films de son mari, Emmanuelle Seigner finit par payer le prix fort pour sa complaisance initiale, bientôt pervertie par un intérêt vampirique. L’actrice ne s’économise pas face à sa bizarre et très froide partenaire. Roman Polanski se contente d’effleurer le courant érotique qui passe entre les deux femmes, préférant se concentrer sur leur affrontement.
L’intelligentsia moquée
Car D’après une histoire vraie a beau assumer son statut de ­réflexion ludique sur la vérité et la fiction, on sent que le cinéaste y a trouvé des échos aux thèmes les plus profonds qui traversent son œuvre. Ici aussi, l’imagination sert à penser l’horreur de la réalité ; ici aussi, cette réalité est d’autant plus cruelle qu’elle est incertaine.
Le vertige sera de courte durée. D’abord parce que, à l’instar de ­Polanski, on ne prendra pas tout à fait au sérieux les affres de la créatrice, et que le cinéaste se refuse à faire monter la tension jusqu’aux sommets qu’il a pratiqués par le passé. Ensuite, parce que D’après une histoire vraie honore son titre en se moquant avec beaucoup de précision des mœurs de l’intel­ligentsia. Voyez ce triptyque fugace que composent l’éditrice (Josée Dayan), la galeriste (Noémie ­Lvovsky) et la bibliothécaire (Brigitte Roüan), ou encore le personnage gentiment fat de journaliste littéraire que compose Vincent ­Perez. Ils sont amusants et vraisemblables, mais un peu ennuyeux. Alors qu’Elle est inquiétante et peu réaliste, mais aussi excitante. Ils ne peuvent coexister que chez Roman Polanski.
D’après une histoire vraie, de Roman Polanski. Avec Emmanuelle Seigner, Eva Green, Vincent Perez, Josée Dayan (Fr./Pol., 2017, 100 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le documentaire d’Alfred de Montesquiou nous apprend que certains animaux se révèlent particulièrement utiles dans des conflits de plus en plus asymétriques.
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« Les Animaux face au terrorisme » : chiens, aigles et autres rats de guerre

Le documentaire d’Alfred de Montesquiou nous apprend que certains animaux se révèlent particulièrement utiles dans des conflits de plus en plus asymétriques.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 07h00
    |

            Alain Constant








                        



   


France 2, mardi 2 octobre à 23 heures, documentaire
Cela fait longtemps que l’homme utilise l’animal dans les conflits armés ou pour prévenir une menace. On retrouve le chien souvent en première ligne, mais aussi d’autres animaux réputés pour leur flair, leur vélocité, leur acuité visuelle. Dans beaucoup de situations, cette alliance se révèle efficace. Et aujourd’hui, alors que les armes traditionnelles sont souvent sans effets face aux bombes, aux drones ou aux mines antipersonnel, certains animaux se révèlent particulièrement précieux.
Réalisateur, auteur et journaliste, ancien reporter de guerre, ­Alfred de Montesquiou signe ce documentaire étonnant. « L’idée m’est venue il y a presque dix ans, en reportage en Afghanistan, lors d’une offensive des marines américains contre un fief taliban. Pendant l’assaut, l’unité que j’accompagnais a vu sa vie sauvée par un chien. Un gros labrador noir, Seager, ou, plutôt, le sergent Seager, puisque l’armée américaine donne des grades à ses chiens démineurs. Ce jour-là, Seager a détecté une énorme mine avec plusieurs dizaines de kilos d’explosifs cachés. »
Aigles royaux contre drones
En suivant au plus près l’entraînement des brigades cynophiles du RAID ou du GIGN, la caméra permet de mieux mesurer l’efficacité des chiens d’assaut ou de détection. Des couloirs de l’aéroport de Roissy au désert du Mali, les ­missions sont nombreuses. Le rapport entre l’homme et la bête, relation intime entre maître et élève, est analysé. Mais il n’y a pas que les chiens qui soient capables de renifler les bombes. Les rats, dont les capacités olfactives sont exceptionnelles, jouent aussi un rôle précieux. En Tanzanie, une ONG s’est spécialisée dans l’entraînement de ces rongeurs, qui ont été utilisés avec succès en Angola, au Mozambique et au Cambodge pour détecter les sols piégés.
L’armée de l’air française s’occupe, elle, de l’entraînement d’ai­gles royaux, utilisés pour intercepter les petits drones, une menace de plus en plus réelle. Capable de voler à 70 km/h et de plonger en piqué à plus de 250 km/h, doté d’une vision remarquable, l’aigle royal est un formidable allié des forces aériennes et un efficace chasseur de drones. L’entraînement de cet animal sauvage coûte cher. Mais il représente une réponse efficace aux dangers de la guerre asymétrique.
Les Animaux face au terrorisme, d’Alfred de Montesquiou (Fr., 2018, 75 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ La chanteuse convainc dans ce remake d’un mélodrame sur la course à la célébrité, de et avec Bradley Cooper.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/10/2018
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« A Star Is Born » : Lady Gaga rejoue son destin de vedette

La chanteuse convainc dans ce remake d’un mélodrame sur la course à la célébrité, de et avec Bradley Cooper.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 14h03
    |

                            Murielle Joudet








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à voir
Au fil des décennies, remakes et réactualisations ont prouvé que le canevas de A Star Is Born avait quelque chose d’impérissable. Les scénaristes de la première version de 1937 (Dorothy Parker, Alan Campbell et Robert Carson) sont parvenus à capter la logique du star-system, son essence même, pour donner vie à un mythe hollywoodien qui a innervé le cinéma américain dans son ensemble. Depuis la version originale réalisée par William Wellman et Jack Conway, avec Janet Gaynor et Fredric March, le film a connu trois versions cinématographiques : l’une de George Cukor, en 1954, avec James Mason et Judy Garland. Puis celle, sortie en 1976, de Frank Pierson avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson. Enfin, la rumeur courait que Clint Eastwood désirait tourner une version du film avec Leonardo DiCaprio et Beyoncé. C’est finalement Bradley Cooper qui s’est attelé à ce remake dans lequel l’acteur donne la réplique à la star de la pop Lady Gaga.
Mélodrame, histoire d’amour, exemple éblouissant de ce genre qu’on pourrait appeler « Hollywood raconté par Hollywood », qui s’est progressivement transposé dans le milieu de la musique, A Star Is Born est l’histoire d’une rencontre entre une jeune femme naïve, ambitieuse, talentueuse, qui n’a qu’un rêve, celui d’être une star (de cinéma ou de la musique, selon les versions). Elle croise la route de celui qui deviendra son pygmalion, une grande vedette revenue de tout mais pas de ses problèmes d’alcool. A Star Is Born obéit ainsi à la logique du rise and fall movie, mais en partageant la chute et l’ascension entre deux amants pour mieux exacerber l’impitoyable logique du vedettariat rongeant de l’intérieur une histoire d’amour.
Une possible lecture féministe
Revoir aujourd’hui les deux premières versions du film, c’est être frappé par sa possible lecture féministe : un mari sabote la consécration de sa femme (trop compatissante pour lui en vouloir)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/10/2018
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Une fratrie danoise, une meurtrière et une « démocrature » : nos trois séries de la semaine

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 07h28
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                            Martine Delahaye








                        


LES CHOIX DE LA MATINALELes rapports humains sont au centre de notre liste cette semaine. Au sein d’une famille danoise d’aujourd’hui avec la saison 2 des Héritiers, entre une meurtrière et un policier (dans The Sinner), et au cœur du personnage-clé de la Servante écarlate, une production aux nombreux prix.
« Les Héritiers » : une fratrie danoise d’aujourd’hui

Pour créer Les Héritiers, Maya Ilsøe est partie d’un postulat : « On ne connaît sa famille que le jour où l’on doit se partager un héritage. » Ce qui l’avait amenée à ouvrir la saison 1 sur une mort et une révélation.
Peu de temps avant qu’elle ne décède d’un cancer, l’artiste plasticienne internationalement connue Veronika Grønnegaard avait appris à Signe, une jeune femme de la ville toute proche, qu’elle en était la véritable mère, et qu’elle lui léguait, à elle l’inconnue de la famille, le grand domaine où elle avait vécu avec ses maris et ses trois autres enfants. Signe découvrait ainsi qu’elle avait été adoptée toute petite, et qu’en plus d’un domaine, elle héritait de deux demi-frères et d’une demi-sœur…
La deuxième saison, qui poursuit sa radiographie de la petite communauté que forme la famille Grønnegaard, voit certains de ses membres aux prises avec des penchants étonnamment autodestructeurs. Un an s’est écoulé depuis la mort de l’artiste Veronika Grønnegaard, et sa fille Signe s’efforce de faire du domaine qui lui a été légué un lieu de vie ouvert à tous : ses demi-sœur et frères, l’ex-mari de sa mère, Thomas, qui a installé une roulotte dans le parc, le bébé de Thomas et les compagnes de celui-ci, etc. Couples recomposés, unions libres, individualisme contre vie en collectivité : cette saison 2 est celle de la confusion des rôles et des responsabilités au sein de la famille.
Une troisième saison a d’ores et déjà été diffusée au Danemark, Maya Ilsøe ayant d’emblée conçu Les Héritiers comme une trilogie, a minima, sur la génération danoise post-68.
« Les Héritiers » (Arvingerne) saison 2, série créée par Maya Ilsøe. Avec Trine Dyrholm, Marie Bach Hansen, Jesper Christensen (Danemark, 2015, 7 × 55 min). Quatre épisodes à la suite jeudi 4 et les trois autres jeudi 11 octobre. Sur Arte.
« The Sinner » : une intrigue pleine de silences et de promesses

Cette nouvelle anthologie (série dont chaque saison narre un récit différent) The Sinner, dont Netflix propose la première saison, se classe parmi les « Pourquoi il/elle a tué ? » (whydunnit) et non les « Qui a tué ? » (whodunnit). Policiaro-psychologique, elle fait surtout la part belle à ses deux interprètes principaux : l’actrice Jessica Biel, placide et perdue en meurtrière incapable de comprendre pourquoi un dimanche, sur une plage en plein jour, au vu de tous, elle a poignardé un inconnu ; et le comédien Bill Pullman, un inspecteur de police humaniste et futé, tout aussi mystérieusement gangrené par la culpabilité que la meurtrière, et incapable de résister au masochisme sexuel.
La jeune femme inculpée, mariée et mère d’un bébé, connaissait-elle la victime ? Sa tenue à lui, en maillot de bain, a-t-elle ravivé un trauma englouti par l’oubli ? La musique que le jeune homme écoutait avec sa petite bande, sur la plage, a-t-elle été un élément déclencheur ? Les questions vont s’égrener, une à une évoquées puis écartées ou validées, au fil d’une saison qui mêle avec sobriété deux trames : la relation qui se noue entre la meurtrière et le policier (qui rappelle celle qui lie les enquêteurs de Broadchurch), et le récit lui-même, énigmatique sans s’égarer dans d’innombrables fausses pistes. Il s’agit ici de l’adaptation d’un roman au titre identique, signé Petra Hammesfahr.
La deuxième saison, non encore disponible sur Netflix, voit revenir le même inspecteur de police, Harry Ambrose (Bill Pullman), et confie cette fois l’un de ses rôles principaux à l’actrice Carie Coon.
« The Sinner », saison 1, série créée par Derk Simonds. Avec Jessica Biel, Bill Pullman, Christopher Abbott (Etats-Unis, 8 x 45 min). A la demande sur Netflix.
« La Servante écarlate » : tout ce que l’on y montre a déjà eu lieu

Dans son roman La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale, son titre original, publié en 1985), la Canadienne Margaret Atwood dépeignait un monde sombre et asphyxiant : une « démocrature » où la reproduction humaine était devenue rarissime, à l’image des ressources ­naturelles, et où l’exécutif avait décidé de contraindre les femmes encore fertiles à devenir des mères porteuses pour les membres de sa haute hiérarchie.
Pour autant, a souligné l’auteure, « La règle que je me suis imposée pour La Servante écarlate était toute simple : je ne mettrais rien dans ce livre que les humains n’ont pas déjà fait, quelque part, au fil du temps. » Or l’adaptation de ce roman en série, en 2017, aura créé un tel choc émotionnel et esthétique qu’elle rafla de nombreux prix en tant que « meilleure série dramatique ».
L’on y suit l’évolution de la théocratie fondamentaliste qu’est ­Gilead au travers des yeux et du récit d’Offred (remarquablement interprétée par Elisabeth Moss). Toute de rouge vêtue, Offred, femme encore capable de procréer, est une « servante écarlate » en révolte contre son sort. D’autant que, comme ses compagnes d’infortune, elle a connu l’insouciance de la démocratie, au temps où elle éditait des livres universitaires, était mariée et avait une petite fille, Hannah, que l’Etat lui a enlevée.
« La Servante écarlate », saison 1, série adaptée du roman de Margaret Atwood par Bruce Miller. Avec Elisabeth Moss, Alexis Bledel, Ann Dowd, Yvonne Strahovski, Samira Wiley (Etats-Unis, 2017, 10 × 52 minutes).
Déjà diffusée sur la plate-forme OCS d’Orange – où les deux premières saisons sont disponibles –, la saison 1 de « La Servante écarlate » est proposée par la chaîne gratuite TF1 ­Séries Films, ex-HD1, depuis dimanche 30 septembre, et à revoir sur le site MyTF1.



                            


                        

                        


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L’Arménie pleure Aznavour, le « fils du peuple »

Des centaines d’Arméniens se sont rassemblés à Erevan pour rendre hommage au chanteur, mort lundi.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 20h47
   





                        


Alors que résonnent ses chansons, ils sont venus déposer des bougies autour de son étoile sur la place qui porte son nom : des centaines d’Arméniens se sont rassemblés lundi 1er octobre à Erevan pour pleurer le « fils du peuple », Charles Aznavour, décédé à 94 ans.
« C’est une nouvelle affreuse... C’est comme un vide énorme et soudain. Sa musique, sa voix résonnent sans cesse dans ma tête. C’est une perte énorme », confie Rouzanna Arakelian, 46 ans. « Toute ma jeunesse, mon premier amour, la première déception : tous les moments d’émotion dans ma vie se sont déroulés avec la musique d’Aznavour. J’écoutais ses chansons quand je voulais pleurer ou boire du vin et être romantique. Sa personne et ses yeux tristes vont me manquer », abonde Elena Aroutiounian, 62 ans.

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Un écran géant a été installé dans le centre d’Erevan, montrant des photographies de la vie d’Aznavour, tandis que toutes les chaînes arméniennes diffusaient ses chansons et des sujets lui étant consacrés.
Bougies et fleurs
Le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a déposé dans la soirée sur la place portant le nom du chanteur, aux côtés de l’ambassadeur de France en Arménie, Jonathan Lacôte, des bougies et des fleurs en sa mémoire.
« Un jour de deuil national sera décrété en Arménie le jour des funérailles d’Aznavour. Nous devions nous rencontrer dans le cadre du sommet de la francophonie en Arménie, mais cette rencontre n’aura malheureusement pas lieu », a regretté M. Pachinian, arrivé au pouvoir en mai.
Charles Aznavour, de son vrai nom Charles Varenagh Aznavourian, était l’un des représentants les plus symboliques de la diaspora arménienne, le pays de ses parents, avec lequel il a entretenu des liens étroits tout au long de sa vie.
Il y était souvent qualifié de « grand fils du peuple arménien », la manifestation la plus tangible des liens entre Aznavour et l’Arménie restant le comité créé pour collecter des fonds après le terrible séisme de décembre 1988 dans le nord du pays.
« Le plus français des Arméniens »
Début 1989, il écrit la chanson « Pour toi Arménie », sur une musique de son ami, le compositeur français d’origine arménienne Georges Garvarentz. Elle est enregistrée avec 90 artistes et se vendra à plus d’un million d’exemplaires, ce qui permettra de financer une fondation pour venir en aide aux sinistrés.
« Lorsqu’on entendait cette chanson, nous avions l’impression de ne pas être seuls avec notre chagrin dans ce monde immense. Grâce à Charles, le monde a découvert les Arméniens et notre voix a été entendue », se souvient Aram Danielian, 56 ans.

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Le chanteur, né à Paris en 1924, se rendait souvent à Erevan pour honorer la mémoire des victimes du génocide arménien, et nombre de ses compatriotes se souviennent de son interprétation de l’« Ave Maria » devant le feu éternel, tenant avec difficulté le micro dans ses mains, les larmes aux yeux. « Je suis peut-être le plus français de tous les Arméniens du monde, mais je suis fier de mon Arménie et je ne le cacherai jamais », disait Aznavour.
Charles Aznavour a été ambassadeur permanent de l’Arménie auprès de l’Unesco et ambassadeur de l’Arménie en Suisse. Des places, des théâtres, des musées arméniens portent le nom de Charles Aznavour, qui a été fait « héros national » en 2004. Une statue a été érigée à son effigie dans la deuxième ville du pays, Gyumri.
Nikol Pachinian, a regretté une « perte énorme pour le monde entier », saluant une personne « qui a pendant quatre-vingts ans émerveillé et réchauffé le cœur de dizaines, de centaines de millions de personnes ». Charles Aznavour devait d’ailleurs chanter à Erevan lors du sommet de la francophonie, prévu les 11 et 12 octobre, à l’invitation du président français Emmanuel Macron.




                            


                        

                        

