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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le plein-emploi et la pénurie de main-d’œuvre commencent à entraîner une hausse des rémunérations aux Etats-Unis.
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Amazon fixe son salaire minimal à 15 dollars aux Etats-Unis

Le plein-emploi et la pénurie de main-d’œuvre commencent à entraîner une hausse des rémunérations aux Etats-Unis.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 18h29
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h33
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Mieux vaut devancer l’appel plutôt que de se le faire imposer, par les politiques ou la loi du marché. Amazon a annoncé mardi 2 octobre qu’elle fixait le revenu minimal de ses employés à 15 dollars de l’heure (soit 13 euros). La mesure, qui entre en vigueur le 1er novembre, concerne les 250 000 salariés à temps plein et les 100 000 travailleurs saisonniers embauchés pour livrer les colis pour les fêtes de fin d’année.

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L’entreprise a annoncé dans la foulée qu’elle allait se battre au Congrès pour que soit relevé le salaire fédéral minimal, qui n’est que de 7,25 dollars, niveau inchangé depuis juillet 2009. Toutefois, au 1er janvier 2018, 29 Etats auront imposé un salaire minimal supérieur.
Sous la pression de Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont qui se dit socialiste, le Parti démocrate s’est fixé dans sa plate-forme un objectif de 15 dollars, tout comme les Etats progressistes de Californie et de New York. Ils font partie des 18 Etats qui augmenteront leur salaire minimal au 1er janvier (10,40 dollars dans l’Etat de New York et entre 12 et 13 dollars dans la ville de New York, selon la taille de l’entreprise tandis qu’en Californie, la rémunération variera entre 10,50 et 11 dollars). Le salaire minimal le plus élevé est dans le district de Columbia, siège de la capitale fédérale, Washington (13,25)
Dans le collimateur des politiques
Amazon avait déjà assuré que le salaire tout compris de ses employés à plein-temps était supérieur à 15 dollars. La nouveauté concernerait d’abord les intérimaires. Leur paye, si elle est basse, est déjà supérieure au salaire minimal. Les salariés que nous avions rencontrés l’an dernier dans un entrepôt du Kentucky en train d’empaqueter les cadeaux de Thanksgiving et de Noël déclaraient toucher environ 12 dollars. Selon le Wall Street Journal, le salaire des employés à temps partiel travaillant à leur domicile commence à 10 dollars.

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Amazon souffre de sa mauvaise réputation car à la différence des start-up de la Silicon Valley, elle n’embauche pas des ingénieurs bien rémunérés mais des manutentionnaires peu qualifiés. Les entreprises comme Wal-Mart sont moins généreuses : le géant de la distribution, qui emploie 1,5 million de salariés, a annoncé qu’il augmentait son salaire minimal à… 11 dollars.
Mais Amazon est dans le collimateur des politiques. Parce son patron fondateur Jeff Bezos est l’homme le plus riche du monde, avec une fortune estimée à 164 milliards de dollars. Parce que son entreprise a été, après Apple, la seconde à franchir – temporairement – la barre des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Parce qu’elle chamboule le commerce de détail et les services postaux américains, ce qui lui vaut d’être attaqué tant par Donald Trump que par Bernie Sanders. La distribution traditionnelle est frappée, comme en témoigne la faillite de Toys’R’Us ou les graves difficultés financières de Sears.
1 employé sur 3 à l’aide alimentaire
Cet été, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders avait accusé Amazon de bénéficier de facto de subventions fédérales car une grande part de ses salariés vivaient de l’aide sociale et touchaient des bons alimentaires. « Des milliers [de salariés d’Amazon] sont forcés de dépendre de l’aide alimentaire, de l’aide médicale et du logement public car leurs salaires sont trop bas, y compris un salarié sur trois en Arizona », a protesté M. Sanders, qui se fondait sur une étude de l’ONG The New Food Economy. En Arizona, un employé sur trois d’Amazon ou son conjoint percevait l’aide alimentaire. Mais Amazon n’est pas le pire : les premiers employeurs de salariés dépendants de l’aide alimentaire sont Wal-Mart, McDonald’s, ainsi que les groupes de distribution Circle K et d’électronique Fry’s.

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M. Sanders a alors déposé un projet de loi proposant de taxer les entreprises de plus de 500 personnes à hauteur des aides sociales que reçoivent leurs salariés, pour les forcer à les payer plus. La proposition a été facétieusement baptisée BEZOS comme « Stop Bad Employers by Zeroing Out Subsidies Act » (« arrêtez les mauvais employeurs en réduisant à zéro leurs subventions »).
Le plein-emploi et la pénurie de main-d’œuvre aux Etats-Unis commencent aussi à entraîner une hausse des salaires, qui ont connu en août une hausse annuelle de 2,9 % et forcent Amazon à réagir. Sur les marchés, l’annonce salariale d’Amazon a été bien accueillie : le titre était en légère hausse en début de séance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Le 13 septembre, la maladie avait été détectée en Belgique, à une dizaine de kilomètres de la frontière française. La chasse et les activités forestières sont suspendues dans 133 communes de 4 départements.
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Prévention renforcée en France face à la peste porcine

Le 13 septembre, la maladie avait été détectée en Belgique, à une dizaine de kilomètres de la frontière française. La chasse et les activités forestières sont suspendues dans 133 communes de 4 départements.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h05
    |

            Laurence Girard








                        



   


Suite à une réunion organisée avec les professionnels, mardi 2 octobre, le ministère de l’agriculture a publié un communiqué pour annoncer un renforcement des mesures de prévention contre la peste porcine.
Même si elle est sans danger pour l’homme, cette maladie est mortelle pour les cochons et les sangliers et aucun vaccin n’est aujourd’hui disponible pour la combattre. Suite à sa détection le 13 septembre en Belgique à une dizaine de kilomètres de la frontière française, le gouvernement a souhaité ajouter de nouvelles mesures pour éviter l’introduction de la maladie en France. Sachant que pour l’instant le pays est indemne.
Il a été décidé de suspendre toute activité forestière, en plus de la suspension de la chasse, dans une zone frontalière qui concerne 133 communes dans quatre départements (Ardennes, Meuse, Moselle et Meurthe-et-Moselle). La mise en place de dispositifs tentant d’empêcher le passage de la frontière par les sangliers belges est à l’étude.
Des clôtures électriques pour les élevages de porc
En outre, le ministère demande aux élevages de porcs situés dans cette zone de s’équiper de clôtures électriques et à tous les acteurs, transporteurs, chasseurs ou éleveurs d’être vigilants. Et tous les éleveurs porcins français sont incités à respecter les mesures de biosécurité (lavage des tenues, par exemple).
Jeudi 27 septembre, la FNSEA exhortait les pouvoirs publics à prendre des mesures plus strictes face « à l’avancée inquiétante de la maladie ». Un communiqué signé en accord avec la Fédération nationale des chasseurs et la Fédération nationale porcine. Un changement complet de ton pour le syndicat agricole qui, dans un premier temps, fustigeait les chasseurs source, selon lui, d’importation de sangliers d’Europe de l’Est, possibles vecteurs de contamination.
La peste porcine africaine a fait son apparition en Europe de l’Est en 2014. Les premiers foyers ont été découverts dans les pays Baltes et en Pologne. Puis d’autres ont été découverts en Hongrie et en Bulgarie. Le virus a également frappé violemment la Roumanie où près de 100 000 porcs auraient été abattus. Soit environ la moitié du cheptel.
Abattage préventif en Belgique
La pression est montée d’un cran, lorsque la peste, passant la frontière russe a atteint la Chine début août. Environ 40 000 porcs ont été abattus dans ce pays. L’inquiétude des éleveurs français s’est aggravée encore au moment où elle a touché la Belgique mi-septembre. Premier pays d’Europe occidentale concerné.
Le virus a été identifié sur une quinzaine de cadavres de sangliers dans le sud du pays. Aucun porc n’a été atteint pour l’instant. Mais une dizaine de pays, en particulier en Asie, ont décidé de suspendre l’importation de cochon belge. Le ministre de l’agriculture belge a alors décidé un abattage préventif de 4 000 porcs sains situés dans un périmètre jugé à risque. L’idée maintenant est de créer une barrière physique pour délimiter la zone.
Mardi 25 septembre, le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan avait engagé les Etats membres de l’UE à prendre « plus au sérieux » cette épizootie et d’agir avec des mesures plus fermes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’inquiétude grandit à Belfort, le berceau d’Alstom, dont la division énergie a été rachetée en 2015 par General Electric, aujourd’hui en difficulté.
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Les déboires de General Electric inquiètent les ex-Alstom

L’inquiétude grandit à Belfort, le berceau d’Alstom, dont la division énergie a été rachetée en 2015 par General Electric, aujourd’hui en difficulté.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h39
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


L’inquiétude grandit à Belfort, le berceau historique d’Alstom, dont la division énergie avait été rachetée par General Electric (GE) en 2015. Les difficultés du géant américain, en partie imputables à la déprime du marché des grosses turbines pour centrales électriques, et le limogeage surprise de son PDG, John Flannery, lundi 1er octobre, ont alourdi un climat déjà pesant. Son remplacement par Lawrence Culp, 55 ans, ex-patron de Danaher Corporation (2000-2014) et administrateur de GE depuis avril, n’a pas de quoi les rassurer.

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L’homme a certes magistralement développé le conglomérat (équipements médicaux, informatique, etc.), transformant un groupe industriel traditionnel en « une société leader en science et technologie », selon un communiqué de GE, mais il n’hésitera pas à tailler dans le vif si nécessaire. Sa nomination a été saluée par une envolée de 7 % du titre à Wall Street. Entre ce qu’il professe depuis trois ans à la Harvard Business School et la réalité vécue dans les ateliers de Belfort, il y a un monde.
Une erreur stratégique
Dès sa nomination en août 2017, M. Flannery avait admis que le rachat pour 10 milliards d’euros d’Alstom Power – il en fut un des maîtres d’œuvre – avait été une erreur stratégique. L’opération avait été menée à contre-cycle, quand les marchés de l’électricité, et donc des turbines de centrales, baissaient fortement. Il ne s’est pas redressé depuis. Mi-juin, le PDG de GE avait prévenu Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, que la promesse faite lors de l’OPA de créer 1 000 emplois nets d’ici à la fin de 2018 était « hors d’atteinte ».

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L’entreprise a annoncé, lundi, une révision à la baisse de sa prévision de bénéfice par action pour 2018 en raison des déboires de la division énergie. Celle-ci fut longtemps un centre de profits du groupe, avec les équipements médicaux désormais filialisés (IRM, scanner) et l’aéronautique (moteurs d’avion). Ses dirigeants ont aussi révélé l’inscription dans les comptes d’une charge exceptionnelle pouvant atteindre 23 milliards de dollars.
Quelques jours avant l’annonce des nouvelles difficultés pour le conglomérat, plusieurs dizaines de salariés de Belfort, qui emploie 4 200 personnes, avaient débrayé un après-midi. Ils ont bloqué plusieurs issues de l’usine, lundi matin, pour réclamer des embauches en CDI.
Mais c’est la menace de licenciements qui occupe les esprits depuis que GE a annoncé, en décembre 2017, la suppression de 12 000 emplois dans sa branche énergie à travers le monde, dont 5 000 en Europe (et 4 500 dans l’ex-périmètre d’Alstom), pour l’essentiel en Allemagne, au Royaume-Uni et en Suisse.
Des salariés français « en sursis »
En avril, un délégué CGT déclarait à L’Usine nouvelle qu’il ne s’agissait que d’un « sursis » pour les salariés français. Ils se sentaient peu ou prou protégés par la promesse des 1 000 emplois créés. On n’en est plus là. D’autant que GE a bouclé en mai un plan de suppression de quelque 250 emplois sur son site de GE Hydro (hydraulique), à Grenoble, finalement moins lourd que prévu après les grèves et les occupations décidées par les syndicats.
Pour l’heure, le dernier décompte fait état de 323 créations d’emplois nettes par GE dans l’Hexagone. Un bilan actualisé doit être publié dans quelques semaines. Si le compteur s’arrête à ces 323, l’amende due par GE s’élèvera à 34 millions (à raison de 50 000 euros par emploi non créé prévu lors du rachat d’Alstom).

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Le groupe américain souligne qu’il continue d’embaucher en France, notamment dans le secteur de l’énergie. Reprise à Alstom, son usine de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) produit déjà des turbines et des nacelles d’éoliennes. Le site de Cherbourg (Manche) a lancé la production de pales. Ces éoliennes doivent équiper les trois parcs offshore qu’EDF va construire et exploiter au large des côtes françaises.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le tribunal de commerce de Paris a redonné les clés de l’entreprise de distribution de jouets à son PDG, Jean-Michel Grunberg.
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Le tribunal valide le plan de continuation de La Grande Récré

Le tribunal de commerce de Paris a redonné les clés de l’entreprise de distribution de jouets à son PDG, Jean-Michel Grunberg.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 17h20
    |

            Cécile Prudhomme








                        



   


Après plusieurs mois de suspense, le tribunal de commerce de Paris a décidé, mardi 2 octobre, de redonner les clés de La Grande Récré à son PDG, Jean-Michel Grunberg, en préférant son plan de continuation à l’offre de reprise du groupe Fnac Darty. Les deux choix étaient assez proches en termes de périmètre : le projet de Fnac Darty conservait 106 magasins sur 166 (à fin mai 2018) et 838 salariés sur 1 220, tandis que celui de Ludendo, la maison mère de La Grande Récré, gardait 104 magasins et 900 emplois. Les 88 magasins en franchise à fin mai 2018 n’étaient pas concernés.

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M. Grunberg s’était allié à la Financière immobilière bordelaise (FIB), un fonds spécialisé dans l’immobilier commercial, qui s’est engagé à prendre 95 % du capital du groupe avant la fin de l’année. À la tête de 2 milliards d’actifs dans l’immobilier, la FIB, propriété de l’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon, a repris en février les fonds de commerce et les murs de 22 magasins Galeries Lafayette en province.
Le plan de continuation déposé le 11 juin prévoyait que le groupe, détenu à 62 % par la holding familiale, se sépare des filiales et magasins non rentables, notamment à l’étranger (Espagne, Suisse, Belgique) pour ne conserver en direct que des magasins La Grande Récré en France, où Ludendo emploie 734 salariés depuis une restructuration conduite cet été.
Un regroupement envisagé avec Toys’R’US
Le tribunal n’a finalement pas retenu, mardi, l’offre déposée le 15 juin par le groupe Fnac Darty, qui ne reprenait pas le passif évalué à 150 millions d’euros. Lors de la première audience fin juillet, le distributeur n’avait pas défendu son offre pour éviter d’éventuels « recours juridiques ».
Car la candidature surprise de Fnac Darty avait crispé Jean-Michel Grunberg, déterminé à conserver les rênes de l’entreprise fondée en 1977 par son père. Ludendo avait porté plainte fin juillet contre Fnac Darty pour « diffamation publique », estimant que son concurrent discréditait son plan de continuation auprès de ses fournisseurs.

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Dans le cas où, mercredi 3 octobre, le tribunal, qui doit également statuer sur l’avenir de Toys’R’Us France, accorderait son aval à l’offre de Michel Ohayon parmi les trois en lice, ce dernier envisagerait de regrouper les deux réseaux sous l’enseigne La Grande Récré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Faut-il faire appel aux sciences humaines et sociales pour contrebalancer la toute-puissance des économistes ? Le Prix Nobel Jean Tirole et le sociologue Luc Boltanski apporteront leurs réponses à l’occasion d’un débat organisé par Le Monde Festival, le 7 octobre.
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                Croiser les sciences pour mieux comprendre l’économie


Faut-il faire appel aux sciences humaines et sociales pour contrebalancer la toute-puissance des économistes ? Le Prix Nobel Jean Tirole et le sociologue Luc Boltanski apporteront leurs réponses à l’occasion d’un débat organisé par Le Monde Festival, le 7 octobre.

LE MONDE
                 |                 02.10.2018 à 17h06
                 |

            Antoine Reverchon

















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Dans la vie quotidienne des citoyens comme dans le débat ­public, l’économie semble prendre le pas sur beaucoup d’autres registres du savoir et bien d’autres disciplines. Les économistes se veulent à la fois théoriciens, praticiens et même conseillers dans le domaine de la politique économique. Leurs prescriptions servent parfois à légitimer des choix de décideurs politiques, ce à quoi leurs collègues des autres sciences ­humaines – psychologie, histoire, sociologie, anthropologie – peuvent de moins en moins prétendre.
Science « exacte »
L’influence des économistes semble d’autant plus grande que certains revendiquent pour leur ­discipline le statut de science humaine ­sinon la plus « dure », au moins la plus « robuste », donc quasiment de « science exacte », grâce à l’apport (récent) de l’immense capacité de traitement des données qu’offre l’informatique, et à la ­tradition (plus ancienne) du recours à la ­modélisation mathématique.
Ce magistère de la science économique n’a d’ailleurs pas forcément bonne presse si l’on voit dans l’économie une science « mécanique », où « la main invisible » du marché fixerait les termes de l’échange entre des agents rationnels, et allouerait les richesses de façon efficace et optimale.
Vision réductrice
Cette vision réductrice a longtemps ­dominé la recherche et l’enseignement de l’économie, alors qu’elle semble démentie tous les jours par la réalité des comportements irrationnels des individus et des « agents » – prêts à détruire la planète pour satisfaire les besoins de la croissance – et par l’inefficacité de la redistribution « spontanée » – comme le montre l’aggravation des inégalités.
Afin de dépasser ces querelles, il est ­possible de proposer une vision plus ­complexe à la fois du fonctionnement de l’économie et du savoir qui la décrit. C’est ce qu’entendent montrer, au cours du ­débat organisé dans le cadre du Monde Festival, l’économiste Jean Tirole, cofondateur de l’Ecole d’économie de Toulouse et Prix Nobel d’économie en 2014, et le sociologue Luc Boltanski, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, en partant du point de vue de leurs disciplines respectives et en s’appuyant sur leurs ouvrages les plus récents : L’Economie du bien commun (PUF, 2016) pour Jean Tirole, et Enrichissement. Une critique de la marchandise (avec Arnaud Esquerre, Gallimard, 2017) pour Luc Boltanski.
«Toutes les sciences humaines et sociales s’intéressent aux mêmes individus, aux mêmes groupes et aux mêmes sociétés.»
Pour Jean Tirole, le concept d’Homo econmicus est une commodité théorique qui, si elle permet de comprendre certains aspects du comportement des individus, doit être ajoutée à l’analyse des comportements de l’Homo psychologicus, de l’Homo incitatus, de l’Homo socialis, de l’Homo juridicus et même de l’Homo darwinus (biologique).
Il prône ainsi une convergence entre les sciences humaines et sociales, puisque toutes « s’intéressent aux mêmes individus, aux mêmes groupes et aux mêmes sociétés ».
Il appelle les économistes à plus de modestie, en notant que « le chercheur en économie peut affirmer tout au plus qu’en l’état actuel de ses connaissances, telle option prime sur telle autre ». Et si l’économie peut atteindre le « bien commun », c’est parce que, dit-il, les acteurs économiques ignorent de quelle façon ils peuvent agir au mieux de leurs intérêts. Une ignorance propice en quelque sorte.
Justification morale
Pour sa part, Luc Boltanski poursuit dans son dernier ouvrage l’analyse des évolutions du capitalisme qu’il a entamée en étudiant « les cadres : la formation d’un groupe social » (Minuit, 1982), puis « le nouvel esprit du capitalisme » (avec Eve Chiapello, Gallimard, 2011) – où il montrait comment la justification idéologique du système économique était passée du registre de l’aventure entrepreneuriale et du progrès technique à celui de la justification morale et de la poursuite du « bien commun ».
Le capitalisme exploite les gisements de l’art, de la culture et du patrimoine afin de mieux valoriser le récit « vendu » autour des marchandises.
Dans Enrichissement, une critique de la marchandise, il montre comment le capitalisme a progressivement abandonné ­l’extraction de la valeur des produits de consommation pour exploiter les gisements de l’art, de la culture et du patrimoine afin de mieux valoriser le récit « vendu » autour des marchandises, refondant ainsi la notion même de « valeur » de la marchandise. Se plaçant ainsi au carrefour des sciences sociales, il entend se « dégager des relations souvent difficiles qu’entretiennent la sociologie et l’anthropologie avec ­l’économie et qui conduisent nombre de sociologues et d’anthropologues à ignorer l’économie (comme s’il y avait une ­autonomie des relations d’échanges symboliques par rapport aux relations d’échanges de biens) ».
La discussion abordera ainsi deux questions : comment le fonctionnement de l’économie produit-il des richesses et les répartit-il ? Comment croiser les approches et les apports des sciences sociales pour améliorer la connaissance de ce fonctionnement et, en conséquence, ­définir des remèdes pour l’améliorer ?
Le Prix Nobel Jean Tirole et le sociologue Luc Boltanski  participent au Monde Festival à la rencontre sur L’économie peut-elle faire le bien commun ? dimanche 7 octobre de 14 heures à 15 heures, à l’Opéra Bastille (studio).


Antoine Reverchon
    













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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Placée en liquidation judiciaire à deux reprises, la revue à destination de la communauté gay vise 1 000 préabonnements. Le nouveau titre paraîtra le 21 novembre.
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« Têtu » lance une campagne de financement participatif avant son retour en kiosque

Placée en liquidation judiciaire à deux reprises, la revue à destination de la communauté gay vise 1 000 préabonnements. Le nouveau titre paraîtra le 21 novembre.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 16h02
    |

                            Alexandre Berteau








                        



   


Miser sur la générosité des lecteurs avant même la sortie de l’imprimerie. Telle est la stratégie adoptée par le magazine Têtu à travers une campagne de financement participatif, lancée lundi 1er octobre sur la plate-forme Ulule. L’objectif est d’enregistrer 1 000 préabonnements à la nouvelle version papier et numérique du média de référence de la communauté gay en France, racheté en mai par un collectif d’entrepreneurs, au lendemain de sa liquidation judiciaire. Le nouveau titre paraîtra le 21 novembre, à un rythme trimestriel.

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En mettant ses lecteurs à contribution, comme l’avait fait il y a un an l’éphémère revue Ebdo avant son lancement, Têtu entend surtout se constituer une manne financière pour conforter son développement et rémunérer les quatre journalistes qui composent la rédaction dirigée par Romain Burrel. « Le but de cette campagne est de faire prendre conscience au lecteur que produire du contenu de qualité, cela a un coût », explique cet ancien journaliste des Inrockuptibles.

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Ce coût, le magazine n’est jamais parvenu à le compenser par des recettes suffisantes. Déficitaire depuis sa création, en 1995, par des militants de l’association de lutte contre le sida Act-Up, Têtu a vu ses pertes épongées jusqu’en 2013 par son propriétaire, Pierre Bergé. Le titre a ensuite été cédé à l’éditeur et homme d’affaires Jean-Jacques Augier, avant de déposer le bilan une première fois, à l’été 2015. Sa relance, début 2017, ne connaîtra pas un meilleur sort : trois numéros après son retour dans les kiosques, Têtu cesse de paraître en novembre 2017 et est une nouvelle fois placé en liquidation judiciaire, en avril 2018.
Le choix de la diversification
Reste à savoir si le titre réussira à trouver enfin son modèle économique
Pour cette deuxième résurrection, le journal fait le pari d’une offre éditoriale renouvelée. « On souhaite retrouver notre lectorat historique, mais aussi aller chercher des lecteurs plus jeunes, à travers la vidéo ou le podcast », souligne Romain Burrel. Le directeur de la rédaction aspire aussi à nouer des partenariats avec d’autres médias, à l’image de sa chronique dans l’émission « Le Nouveau Rendez-vous » sur France Inter, dans laquelle il décline un article de Têtu. Au-delà de la forme des contenus, leur fond est, lui aussi, repensé. « Les lecteurs sont en attente de témoignages positifs et de parcours inspirants. Ils ne veulent pas que l’on parle uniquement des agressions homophobes ou des déclarations d’un archevêque sur l’homosexualité », affirme-t-il.
Reste à savoir si, compte tenu des difficultés rencontrées par la presse papier et de la fragilité historique de Têtu, la revue réussira à trouver enfin son modèle économique. Albin Serviant, l’actionnaire majoritaire du titre, l’assure, au risque de déplaire aux lecteurs militants de la première heure. Plus qu’un simple magazine, Têtu est une « marque » que cet entrepreneur en nouvelles technologies entend mettre à profit. « A l’avenir, l’objectif est de développer les activités hors médias, en organisant des conférences, des événements pour des entreprises ou des cérémonies comme les Têtu Awards, qui récompenseront les personnalités LGBT [lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres] de l’année », détaille M. Serviant, en citant pour modèle la revenue Attitude, équivalent britannique de Têtu, qui tire 60 % de ses revenus de ce type d’activités.



                            


                        

                        


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Chronique

« L’Afrique pourrait tirer son épingle du jeu de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine »

Notre chroniqueur analyse le conflit qui oppose Pékin et Washington et dont les conséquences pour le continent sont à double tranchant.

Par                Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique)



LE MONDE
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        Le 02.10.2018 à 15h21

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        Mis à jour le 02.10.2018 à 15h48






    
Dans l’usine de chaussures de l’entreprise chinoise Huajian à Dukem, en Ethiopie, en avril 2012.
Crédits : JENNY VAUGHAN / AFP


Chronique. Les deux plus importantes puissances mondiales se livrent une guerre commerciale sans merci. L’Afrique est pour l’instant une victime collatérale, mais pourrait tirer son épingle du jeu.
Depuis le début du conflit, en janvier, Pékin a imposé des droits de douane sur près des deux tiers des produits en provenance des Etats-Unis, tandis que ces derniers ont décidé de taxer plus de la moitié des biens importés de Chine. Cette guerre des géants économiques a déjà des conséquences en Afrique, notamment pour les rares entreprises qui exportent vers les Etats-Unis. Car les mesures protectionnistes de Washington ne se limitent pas aux produits chinois.

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En Afrique du Sud, huit mille emplois sont dans la balance. L’augmentation des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium met en difficulté une industrie qui, en 2017, expédiait outre-Atlantique l’équivalent de 375 millions de dollars (environ 313 millions d’euros) d’aluminium et 950 millions de dollars d’acier.
En mars, le gouvernement américain a suspendu unilatéralement l’accord qui permettait au Rwanda d’exporter sans taxe ses produits textiles vers les Etats-Unis. La Tanzanie et l’Ouganda sont également menacés.
Le spectre d’un ralentissement
L’effet domino de cette guerre commerciale sino-américaine fait aussi trembler l’ensemble d’une Afrique de plus en plus dépendante de la Chine. Car l’économie mondiale est bien calibrée, avec le continent en début de chaîne : il fournit les matières premières, l’Asie – surtout la Chine – fabrique et l’Occident achète et distribue le produit fini. Quand les biens chinois sont davantage taxés aux Etats-Unis, ils se vendent moins, et les matières premières africaines servant à les fabriquer en subissent le contrecoup.

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Certains économistes prévoient déjà un ralentissement de l’économie chinoise à 5,5 % voire à 5 % de croissance cette année, contre 6,9 % en 2017. Le spectre d’une crise rappelant celle de 2015 plane donc sur l’Afrique. A l’époque, la baisse de la croissance économique en Chine avait entraîné l’effondrement des cours des matières premières africaines.
Et « cela pourrait avoir des conséquences jusque dans les projets chinois sur le continent, estime Emmanuel Dubois de Prisque, chercheur associé spécialiste de la Chine à l’institut franco-belge Thomas-More. Pékin devra peut-être revoir à la baisse certains programmes d’aide si beaucoup d’argent doit être dépensé pour relancer l’économie chinoise en interne. »

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Pour l’instant, c’est plutôt l’effet inverse qui se produit. Entre janvier et juillet, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont augmenté de 30 %, frôlant les 57 milliards de dollars. La Chine achète plus de pétrole africain, notamment angolais, pour compenser la baisse de son approvisionnement en gaz naturel américain. Elle se détache également du pétrole iranien, alors que pointent les sanctions américaines contre Téhéran. En 2017, 40 % du pétrole importé en Chine provenait du Moyen-Orient et 20 % d’Afrique. La part de cette dernière pourrait dès cette année atteindre 30 %.
« Made in Ethiopia »
Le continent pourrait aussi tirer son épingle de ce jeu dangereux en servant de base arrière pour contourner les barrières douanières visant les produits chinois. La Chine a déjà délocalisé certaines entreprises en Asie du Sud-Est. Elle pourrait le faire en Afrique, ce qui permettrait à cette dernière de développer enfin des industries qui lui manquent tant et de donner du travail à des millions de personnes.
Plus de quatre cents sociétés chinoises sont par exemple installées en Ethiopie. La Corne de l’Afrique est devenue un laboratoire de cette industrialisation où des entreprises chinoises emploient des ouvriers africains pour fabriquer des produits qui seront exportés aux Etats-Unis. C’est déjà le cas pour les sandales et les sacs Naturalizer, les chaussures Nine West et les vêtements Guess.

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Le « made in Ethiopia », même sous pavillon chinois, est une expérience que suivent de près le Sénégal et le Rwanda. Près de Dakar, une zone économique spéciale financée par la Chine est en travaux, selon un modèle développé par Pékin il y a quarante ans et qui pourrait s’appliquer au continent africain, où l’on compte déjà plus de 15 000 entreprises chinoises. Autre exemple, en Algérie, le constructeur de camions Shaanxi Automobile Group a ouvert en mai une ligne d’assemblage en joint-venture. En juillet, c’était au tour de Beijing Automotive Industry Corp., en Afrique du Sud.
Un mouvement gagnant-gagnant, selon la terminologie officielle souvent employée par Pékin, car il permet à la fois de donner du travail aux Africains et d’ouvrir des marchés aux Chinois. Bâtir des zones économiques sur tout le continent pour y délocaliser des industries gourmandes en main-d’œuvre et exporter ensuite vers l’Europe et même les Etats-Unis est ainsi une perspective que soutiennent aussi bien les Chinois que les experts du Fonds monétaire international (FMI) ou de la Banque mondiale.

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Mais, dans le même temps, l’Afrique importe de plus en plus de produits chinois. Vendant moins aux Etats-Unis, Pékin se tourne davantage vers elle pour écouler ses stocks de panneaux solaires ou de pièces automobiles, ce qui n’est évidemment pas une bonne chose pour l’industrialisation du continent. Si bien que certains vont à rebours de cette analyse, comme l’entrepreneur nigérian Aliko Dangote, qui préconise d’instaurer des barrières douanières sur le modèle américain. Une façon de protéger les industries locales naissantes, a affirmé en juillet l’homme le plus riche d’Afrique dans un plaidoyer provocateur devant deux cents jeunes leaders africains réunis par la Fondation Obama à Johannesburg. Autant dire que la guerre commerciale sino-américaine sera un test pour la solidité de la Chinafrique.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le Gers lance une consultation sur la gestion de 3 % des investissements départementaux. A Paris, les citoyens disposent de 100 millions d’euros.
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Les budgets participatifs en plein essor : 80 villes et six millions de Français concernés

Le Gers lance une consultation sur la gestion de 3 % des investissements départementaux. A Paris, les citoyens disposent de 100 millions d’euros.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h07
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Donner son avis sur l’orientation des dépenses locales, c’est désormais possible dans plus de quatre-vingts villes et deux départements. Les budgets participatifs, ultra-confidentiels jusqu’aux élections municipales de 2014, ont doublé chaque année, selon une enquête publiée mardi 2 octobre par la Fondation Jean-Jaurès.
L’enveloppe la plus élevée est celle de la ville de Paris, qui s’est engagé en 2014 à associer les citoyens à la gestion de 5 % de son budget d’investissement annuel, soit 100 millions d’euros. Le budget participatif finance des réalisations à l’échelle de la ville, d’autres au niveau des arrondissements, avec un quota pour les écoles ou les quartiers en difficulté.
Une idée née au Brésil
L’idée n’a pourtant pas émergé à Paris, mais à Porto Alegre, au Brésil. La ville, devenue symbole de l’altermondialisme, a été la première, dès 1989, à associer les citoyens aux décisions budgétaires. L’idée s’est ensuite propagée à travers le pays, puis dans toute l’Amérique latine, avant de séduire des villes d’Asie (notamment Chengdu, en Chine), d’Afrique et d’Europe.
Un rapport de l’ONG allemande Engagement global publié en 2014 estimait que de 1 269 à 2 778 villes dans le monde disposaient d’un budget participatif, avec des formes variées.

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                La démocratie autrement. 1|6 : Le budget participatif



Un essor exponentiel depuis 2014
En France, seule une poignée de communes avaient lancé des initiatives au début des années 2000, mais l’idée a connu un regain d’intérêt à la suite des élections municipales de 2014. Selon un relevé du site LesBudgetsParticipatifs.fr, elles étaient vingt-cinq en 2016, quarante-sept en 2017 et le dernier décompte fait état de quatre-vingt-dix budgets participatifs, dont quatre-vingts villes engagées et deux départements, le Gers (3 % du budget d’investissement) et le Loiret, uniquement pour les parcs naturels.

   


Le mode de décision (réunions et vote physique, plate-forme en ligne), le montant et la nature des projets financés varient largement d’un projet à l’autre. Quel que soit le mode de fonctionnement, Antoine Bézard, fondateur du site LesBudgetsParticipatifs.fr, insiste sur la dimension concrète de cet outil de démocratie participative : « On a une délibération réelle, qui aboutit à la réalisation de projets, contrairement à beaucoup de consultations de citoyens. » 
Un Français sur dix peut voter
Des budgets participatifs ont été lancés dans la capitale et dans plusieurs grandes villes (Grenoble, Metz, Rennes et bientôt Nice ou Strasbourg) mais aussi dans de petites communes comme Tilloy-lès-Mofflaines (Pas-de-Calais, 1 450 habitants).
« Au-delà des chiffres, c’est la diversité des territoires qui frappe. Villages, communes et petites préfectures rurales côtoient les centres ou les périphéries d’agglomérations très urbanisées, avec un fort développement des budgets participatifs en petite et grande couronnes parisiennes », explique M. Bézard. Selon le chercheur, plus d’un tiers des villes concernées (vingt-huit) sont situées dans l’agglomération parisienne.
Si l’on additionne les habitants de toutes ces villes, cela correspond à plus de six millions d’habitants, soit un Français sur dix. Et contrairement aux listes électorales, nul besoin d’avoir sa carte d’électeur ou d’avoir 18 ans pour s’exprimer.
Une idée portée par la gauche… mais pas seulement
Lancée par le Parti des travailleurs (PT) brésilien, l’idée de budget participatif a longtemps été promue par des mouvements altermondialistes, et expérimentée en priorité par des municipalités de gauche ou d’extrême gauche.
Selon l’enquête réalisée par Antoine Bézard, ce marqueur politique est en train de s’estomper en France. En 2016, 84 % des villes concernées se classaient à gauche (Parti socialiste, Parti communiste français, Europe Ecologie-Les Verts, Parti radical, etc.), mais elles n’étaient plus que 65,5 % en 2017, et seulement 60 % en 2018. Désormais, 23 % des communes concernées sont dirigées par Les Républicains ou des maires divers droite.


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60 % des budgets participatifs sont réalisés dans des villes de gauche 
Couleur politique des 80 communes engagées en 2018

Source : Lesbudgetsparticipatifs.com



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Des montants très variés, de 1 à 45 euros par habitant
S’agissant des montants, rien n’est figé non plus. Paris ou Rennes ont choisi de consacrer 5 % du budget d’investissement de la ville, mais d’autres communes ont des objectifs plus modestes, de 1 % à 2 %.
Le projet parisien est le plus ambitieux, avec une moyenne de 45 euros par habitant. A titre de comparaison, la deuxième ville de la liste, Jarny (Meurthe-et-Moselle), n’y consacre que 29,90 euros par habitant, et Rennes 16 euros. La moyenne n’atteint que 4,94 euros par habitant, et plus de la moitié des villes y consacrent moins de 5 euros. Loon-Plage (Pas-de-Calais) avait même choisi en 2017 le système de budget participatif pour faire des économies, c’est-à-dire désigner de manière concertée les projets à abandonner.


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La moitié des communes consacrent moins de 5 euros par habitant au budget participatif


Source : Lesbudgetsparticipatifs.com



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« Année après année, le montant médian tend à se réduire, au risque de faire apparaître l’outil comme une nouvelle arme de marketing politique, regrette M. Bézard dans son étude. Les volontés politiques d’ouverture de la décision publique aux citoyens sont-elles bien là quand le montant par habitant atteint 1 à 2 euros ? »
Surtout des projets d’aménagement urbain
Les habitants qui participent au budget participatif cherchent d’abord à améliorer leur cadre de vie ou à favoriser la nature en ville : poser des bacs à fleurs, aménager une place, développer des potagers ou des ruches urbaines…
Viennent ensuite les projets liés aux transports (aménagements cyclables ou piétonniers) ou au sport ; les projets solidaires ou économiques (bagageries pour sans-abri, espaces de coworking, etc.) se développent dans une moindre mesure.
Autre limite au budget participatif : certains projets nécessitent l’embauche de personnel pour en assurer la gestion. Il ne s’agit plus strictement d’un investissement ponctuel, mais d’une dépense récurrente à la charge de la collectivité.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ En cédant Editis à Vivendi, le géant espagnol de l’édition renonce à son expansion hors du marché hispanophone. L’opération intervient au cœur d’une année troublée pour ce groupe présent également dans les médias.
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Météo orageuse pour l’éditeur Planeta

En cédant Editis à Vivendi, le géant espagnol de l’édition renonce à son expansion hors du marché hispanophone. L’opération intervient au cœur d’une année troublée pour ce groupe présent également dans les médias.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 12h00
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Pour Planeta, 2018 a tout de l’annus horribilis. Le géant espagnol de l’édition, propriété de la famille Lara, vient de traverser neuf mois pour le moins mouvementés. Sans doute les plus agités depuis la mort, fin janvier 2015, du patriarche du groupe, José Manuel Lara Bosch. En effet, le 30 juillet, Planeta a annoncé la cession d’Editis, deuxième ensemble éditorial français, à Vivendi pour 900 millions d’euros, quelques semaines après avoir vendu son siège emblématique à Barcelone.

Acheté à Wendel en 2008 pour 1,026 milliard d’euros, Editis, qui détient entre autres dans son giron Robert Laffont, Plon, Les Presses de la Cité, Pocket, 10/18, Nathan et Bordas, était le fleuron de Planeta. Il devait renforcer la « vocation internationale » du groupe, au-delà du marché hispanophone – Espagne et Amérique latine –, qu’il domine depuis plusieurs années.
La cession, qui doit être conclue d’ici à la fin de l’année, offrira une bouffée d’oxygène au groupe espagnol, dont la dette est évaluée à un peu plus de 1,2 milliard d’euros, mais surtout à Hemisferio, la société d’investissement des Lara, qui aurait accumulé, quant à elle, plus de 400 millions d’euros de dettes à la suite de la dépréciation de ses participations dans le groupe bancaire Banco Sabadell, durement touché par la crise financière de 2008, et dont elle fut le principal actionnaire. Hemisferio était propriétaire du siège de Planeta, vendu pour 210 millions d’euros au fonds d’investissement américain Black­stone, et de 40 % d’Editis.
Le ton de cette année 2018 a été donné en février par le départ forcé de José Manuel Lara Garcia, fils du patriarche défunt, qui se considérait comme l’héritier naturel de l’empire familial à la place de son père. Les ambitions de M. Lara Garcia, 43 ans, qui occupait depuis 2015 le poste de directeur général, n’auraient pas plu au PDG de Planeta, José Creuheras, un pilier de la maison, qui a décidé, avec le soutien du reste de la famille,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les 28 pays membres de l’UE sont parvenus, mardi, à un accord pour pouvoir réduire la TVA des publications numériques, comme c’est le cas pour leurs équivalents imprimés.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Accord européen pour réduire la TVA sur les publications numériques

Les 28 pays membres de l’UE sont parvenus, mardi, à un accord pour pouvoir réduire la TVA des publications numériques, comme c’est le cas pour leurs équivalents imprimés.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 13h49
   





                        



   


Après deux ans de négociations, les 28 pays de l’Union européenne sont parvenus, mardi 2 octobre, à un accord pour autoriser les Etats membres à appliquer des taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) réduits, très réduits ou même nuls aux publications numériques.
L’idée principale de cette initiative, très largement soutenue par l’Allemagne et la France, est d’aligner les règles en matière de TVA pour les publications numériques (livres électroniques et journaux en ligne) sur leurs équivalents imprimés, à une époque où le papier est de plus en plus remplacé par les écrans.

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                Directive sur le droit d’auteur : « Les GAFA doivent accepter un partage de la valeur », selon le patron de l’AFP



En matière fiscale, il faut obtenir l’unanimité des 28 pays membres pour qu’une proposition européenne puisse être adoptée, ce qui rend les réformes plus difficiles dans ce domaine. Le Parlement européen a quant à lui la possibilité de rendre un avis mais qui n’est pas contraignant, les Etats membres gardant la main sur toutes les questions fiscales.
Modèle économique fragile
Le Commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, s’est félicité de cet accord auquel sont parvenus les Vingt-Huit, lors d’une réunion des ministres des finances à Luxembourg : « C’est une véritable avancée (…) nous devons vivre avec notre temps et savoir qu’un livre est un livre quel que soit le support sur lequel il est écrit. » « La disposition que vous adoptez aujourd’hui sera un véritable soutien à la création, à la liberté de la presse, à la liberté des médias, et donc c’est un moment très important », a-t-il ajouté.
En 2014, la France avait déjà décidé de ramener le taux de TVA sur la presse en ligne à 2,1 %, au lieu de 20 %, comme pour la presse imprimée, afin de soutenir un modèle économique encore fragile. Cette mesure, qui avait à l’époque irrité la Commission européenne, était réclamée de longue date par des sites d’informations en ligne comme Mediapart.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le mariage entre le géant français de l’optique et le numéro un mondial des montures de lunettes prend corps.
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édition abonné


EssilorLuxottica à la conquête d’un marché de 2,5 milliards de clients

Le mariage entre le géant français de l’optique et le numéro un mondial des montures de lunettes prend corps.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h47
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Pas d’interview des PDG ni de conférence de presse, tout juste un communiqué publié, lundi 1er octobre, après la clôture des séances boursières à Paris et à Milan. La confirmation du mariage entre le géant français de l’optique, Essilor, et le numéro un mondial des montures de lunettes, l’italien Luxottica, a été des plus discrètes. Deux entreprises qui, de chaque côté des Alpes, constituent des success stories aussi flamboyantes que leurs patrons respectifs, Hubert Sagnières et Leonardo Del Vecchio, sont réservés.
EssilorLuxottica a pris corps, lundi, après la réunion du conseil d’administration de la nouvelle société franco-italienne dont le siège sera celui d’Essilor, à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). Elle est cotée depuis le 2 octobre à la Bourse de Paris, où elle pèse déjà 57 milliards d’euros, ce qui place le numéro un mondial du secteur devant l’assureur Axa et juste derrière le groupe de luxe Kering. Il aura fallu près de deux ans pour que ses dirigeants convainquent les autorités de la concurrence, en Europe et dans de nombreux pays comme la Chine et l’Inde – les marchés de demain –, de soutenir l’opération.

« Le nouvel ensemble constitue une plate-forme de croissance idéalement positionnée pour saisir de futures opportunités avec un chiffre d’affaires combiné pro forma supérieur à 16 milliards d’euros, près de 150 000 collaborateurs et une présence mondiale inégalée », souligne la nouvelle société dans un communiqué. Au terme d’une offre publique d’échange, la holding Delfin de M. del Vecchio, deuxième fortune d’Italie, détiendra 38,93 % du groupe, avec des droits de vote plafonnés à 31 %. Les employés d’Essilor, qui a mis depuis longtemps l’actionnariat salarié au cœur de sa stratégie, auront 4,9 % du capital, et le reste sera détenu par le public.
Doté d’un conseil d’administration de 16 membres nommés à parité par Essilor et Luxottica, le groupe sera dans un premier temps dirigé par le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Avant la première entrevue entre le nouveau patron Ben Smith et les syndicats, les départs des DG et DRH de la compagnie aérienne ont été annoncés.
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La direction d’Air France renoue le dialogue avec l’intersyndicale

Avant la première entrevue entre le nouveau patron Ben Smith et les syndicats, les départs des DG et DRH de la compagnie aérienne ont été annoncés.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h38
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Benjamin Smith n’a pas manqué ses débuts. Pour la première fois depuis sa nomination, à la mi-août, le nouveau directeur général d’Air France-KLM a rencontré, lundi 1er octobre, les représentants de l’intersyndicale d’Air France. Une entrevue qualifiée de « franche et directe » par les dix organisations syndicales de la compagnie aérienne, qui représentent toutes les catégories de ­personnels.
La réunion a duré plus longtemps que prévu. C’est en anglais que le nouveau patron canadien d’Air France a répondu aux questions en français des syndicats. Toutefois, soulignent ceux-ci, M. Smith, en gage de bonne volonté, « a fait des efforts pour parler français ».

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                Les défis de Benjamin Smith, nouveau pilote d’Air France-KLM



En dépit de la barrière de la langue, il semble que le directeur général ait marqué des points. Il n’a pas heurté de front le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), fer de lance d’un conflit de plusieurs mois qui a provoqué la démission de l’ex-PDG du groupe Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, le 4 mai. Il faut dire que M. Smith avait soigneusement préparé le terrain.
Quelques heures avant la réunion, les syndicats avaient appris le départ du directeur des ressources humaines d’Air France, Gilles Gateau, une de leurs têtes de Turc. Il quittera ses fonctions le 12 octobre. Son éviction fait suite à la démission, jeudi 27 septembre, du directeur général d’Air France, Franck Terner, l’autre bête noire des syndicats.Benjamin Smith « a fait le boulot », a jugé un délégué de SUD à l’issue de la rencontre. « Les changements à la tête du management démontrent la volonté du directeur général de renouer le dialogue social », a estimé Philippe Evain, le président du SNPL, qui a qualifié cette première rencontre de « riche ».
« Il a parfaitement compris nos problématiques »
Pour autant, les représentants des pilotes, comme ceux des autres catégories de salariés (personnels navigants commerciaux, etc.), ne semblent pas disposés à faire de concessions à leur nouveau patron. « Nous lui avons réitéré nos demandes », a souligné le SNPL. « L’intersyndicale lui a réaffirmé sa revendication salariale d’un rattrapage de 5,1 % pour l’ensemble des salariés d’Air France et la nécessité de solder le conflit en cours très rapidement », a déclaré Françoise Redolfi, déléguée de l’UNSA-PNC.
Pour M. Smith, qui s’est donné pour priorité de mettre un terme au conflit social, le temps presse. Les pilotes lui ont accordé un mois pour y arriver. L’échéance, fixée avant la fin du mois d’octobre, approche, et le SNPL s’attend à « un épilogue à très court terme ». A l’en croire, le patron de la compagnie franco-néerlandaise – et également directeur général d’Air France jusqu’à la fin de l’année – serait sur la même longueur d’onde, même si aucune nouvelle réunion avec l’intersyndicale n’a été programmée. « Il a parfaitement compris nos problématiques », affirme un délégué du SNPL. Surtout, ajoute le représentant des pilotes, Benjamin Smith « aurait parfaitement conscience qu’il doit sa place à un conflit non résolu ».
« Il sait très bien qu’il ne peut rien construire contre les salariés », observe Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne
Début mai, Jean-Marc Janaillac avait remis sa démission après le rejet (à plus de 55 %), par l’ensemble des personnels, de sa proposition d’accord salarial. Au terme de près de quatre mois de recherche infructueuse, le comité des nominations d’Air France-KLM avait finalement débauché l’ancien numéro deux d’Air Canada.
Face aux syndicats, M. Smith a fait part de sa volonté « d’agir vite ». Pas question pour lui de se mettre à dos la majorité des personnels de la compagnie. « Il sait très bien qu’il ne peut rien construire contre les salariés, et notamment les pilotes », plaide le président du SNPL, qui assure être prêt à jouer le jeu de la concertation directe avec le patron d’Air France.

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                Le vote sanction des salariés pousse le PDG d’Air France-KLM à la démission



« Sentiment d’injustice des salariés »
Si les premiers pas du directeur général semblent avoir été réussis, les organisations syndicales restent sur le qui-vive. Philippe Evain se dit « raisonnablement optimiste », mais il observe que, « pour l’instant, il n’y a rien de concret ». En pratique, syndicats et direction ne sont pas encore entrés dans le cœur de la négociation.
L’intersyndicale attend beaucoup du nouveau patron d’Air France. « Nous lui avons réitéré le sentiment d’injustice des salariés d’Air France face aux augmentations obtenues par les personnels de KLM : 4,5 % pour les salariés et jusqu’à 13 % pour les pilotes », note le président du SNPL.

        Lire aussi :
         

                Le Canadien Ben Smith prend les commandes d’Air France-KLM



Les syndicats s’interrogent sur la marge de manœuvre de Ben Smith. Ils se demandent quelle sera l’attitude du conseil d’administration de la compagnie vis-à-vis de leurs revendications. Pendant les mois de conflit émaillés d’une quinzaine de journées de grève, certains administrateurs se sont fortement opposés à la hausse des salaires réclamée par les représentants des personnels.
Les départs presque simultanés de M. Terner et de M. Gateau montrent que le nouveau patron du groupe a décidé d’en finir avec cette opposition de principe. Il faut dire que la grève a valu à Air France une perte sèche de 335 millions d’euros. Surtout, le directeur général ne voudra pas briser la dynamique positive retrouvée par la compagnie depuis cet été. « Juillet et août sont allés au-delà des objectifs (…) et les réservations sont bonnes jusqu’à la fin de l’année », s’est réjoui Patrick Alexandre, directeur général adjoint, chargé du commercial d’Air France-KLM, à l’occasion de l’ouverture du salon du tourisme Top Resa, mardi 25 septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le gouvernement a obtenu que les fabricants d’automobiles aident financièrement les Allemands à troquer leur vieux diesel contre un véhicule moderne.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Les constructeurs allemands paieront pour le retrait des vieux diesel

Le gouvernement a obtenu que les fabricants d’automobiles aident financièrement les Allemands à troquer leur vieux diesel contre un véhicule moderne.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 12h38
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


C’est une catégorie d’électeurs qui n’est pas comptabilisée dans les sondages, mais dont le poids peut jouer un rôle majeur lors des prochaines élections en Allemagne : les conducteurs de voitures diesel mécontents.
Pour Angela Merkel et son gouvernement, la menace est devenue réelle depuis que le juge administratif de Francfort a ordonné, début septembre, l’interdiction de circuler aux vieux véhicules diesel pour lutter contre la pollution excessive de la ville. Des dizaines de milliers de particuliers pourraient être empêchés de se rendre à leur travail à partir du 1er janvier 2019, à Francfort… à moins de se racheter un nouveau véhicule plus moderne.
Or, dans le Land de Hesse, où se situe Francfort, les élections régionales doivent se tenir le 28 octobre. Le 14, la Bavière doit elle aussi renouveler son Parlement régional. Sa capitale, Munich, est également concernée par les interdictions de circuler, tout comme Hambourg, Stuttgart, Düsseldorf et Aix-la-Chapelle. Et d’autres villes devraient suivre. Les véhicules ciblés sont tous ceux qui ne répondent pas à la norme européenne antipollution Euro 6, soit un total de 11,2 millions.

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L’ultimatum de la chancelière
Face à la pression politique, la chancelière avait posé un ultimatum à ses ministres : d’ici à la fin de septembre, l’épineuse question de la mise aux normes des vieux diesels devait être tranchée. Lundi 1er octobre dans la nuit, la coalition au pouvoir a donc trouvé un accord, après plusieurs semaines de discussions et six heures de négociations à la chancellerie. Le résultat est une solution dont les détails doivent encore être précisés. Lors de la conférence de presse donnée dans la nuit, les représentants des trois partis de la coalition ont annoncé une « solution complexe », qui doit permettre d’éviter les interdictions de circuler, sans faire peser sur les constructeurs un effort financier trop important, ni faire payer les automobilistes ou le contribuable.
On ne connaît pas encore les modalités de l’échange dans le détail, mais la prime pourrait aller jusqu’à 10 000 euros par véhicule.
Selon les informations de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le compromis devrait tourner autour d’une offre d’échange de véhicule particulièrement généreuse, à laquelle participeraient les marques allemandes et étrangères. La prime d’échange pourrait aller jusqu’à 10 000 euros par véhicule. Ces offres concerneraient les diesels de norme Euro 4 et antérieure, mais pourraient s’étendre rapidement à la norme Euro 5. Pour l’achat d’un véhicule électrique, les automobilistes peuvent aussi compter sur une prime de l’Etat.
Mardi matin, Renault était le premier constructeur non allemand à réagir : le Français a annoncé le lancement immédiat d’une prime à l’échange qui, selon les modèles, pourra aller jusqu’à 10 000 euros.

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Ces dernières semaines, les discussions avaient tourné autour de la participation des constructeurs à la lutte contre la pollution des grandes villes allemandes. Certains membres du gouvernement souhaitaient obliger les groupes automobiles allemands et étrangers à réparer, à leurs frais, l’ensemble des vieux diesels, par des interventions lourdes sur la structure des véhicules. Une hypothèse rejetée par les constructeurs, qui évaluent son coût à 3 000 euros par véhicule et jugent absurde de dépenser une telle somme pour de vieilles voitures, plutôt que de renouveler le parc automobile. Outre leur coût, de telles réparations sont délicates juridiquement, pour des questions de responsabilité sur les véhicules transformés.
Exportés en Europe de l’Est
Lundi 1er octobre, les constructeurs ont abattu leur dernière carte : dans une interview commune au Bild, les représentants des salariés de Volkswagen, BMW et Daimler se sont prononcés contre les réparations des vieux véhicules diesel, en alertant sur le « risque pour les emplois » en raison des coûts pour les entreprises. Le message était adressé notamment aux sociaux-démocrates, proches des syndicats, qui espéraient que des réparations soient possibles sans obliger les automobilistes qui ne peuvent se le permettre à racheter un nouveau véhicule. Finalement, les réparations de véhicules devraient avoir lieu à la marge, uniquement dans les régions concernées par les interdictions de circuler.
La question de la pollution des villes est devenue un sujet explosif politiquement depuis que le juge administratif de Stuttgart a décidé, mi-2017, d’interdire aux vieux véhicules diesel de circuler dans cette ville, qui a longtemps détenu le record de l’air le plus pollué du pays. Le plaignant, l’association environnementale Deutsche Umwelthilfe, a depuis obtenu gain de cause dans toutes les villes où il a mis en cause la responsabilité de la mairie pour non-respect des normes antipollution.

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La disparition des vieux diesels suffira-t-elle à améliorer l’air des villes allemandes ? En douze mois, un million d’entre eux ont été retirés de la circulation. Si les plus vieux partent à la casse, les autres sont généralement… revendus à l’étranger. La presse allemande rapporte que les vieux véhicules diesel en bon état sont actuellement massivement exportés vers les pays d’Europe de l’Est.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La porte principale d’un immeuble en proie à la délinquance est détruite, le 2 août 2010. Le syndic attend un an pour la faire remplacer, et trois actes de vandalisme se produisent. Les copropriétaires demandent au syndic de les indemniser.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Nommé il y a un an, John Flannery est débarqué et son remplaçant choisi à l’extérieur du groupe. Une première, qui montre que « le royaume GE a vécu, et qu’est venu le temps de la modestie », explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Avec le départ de son PDG, c’est tout le système General Electric qui semble rongé par la rouille »

Nommé il y a un an, John Flannery est débarqué et son remplaçant choisi à l’extérieur du groupe. Une première, qui montre que « le royaume GE a vécu, et qu’est venu le temps de la modestie », explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 16h20
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de General Electric. Tel Marcellus dans Hamlet, l’observateur un peu avisé pourrait arriver à ce constat désabusé après le débarquage surprise du tout récent patron de la plus célèbre société industrielle de la planète. Et cette pourriture ronge tous les étages de la vénérable maison de Boston.

En septembre, des défauts de qualité ont été découverts sur les ailettes d’une turbine à gaz toute neuve en fonctionnement chez Exelon, un producteur d’électricité de la région de Chicago. Les pièces se sont mises à rouiller soudainement sur cet engin supposé signer le renouveau de GE dans le domaine énergétique. Mauvais présage.
Avec le départ de John Flannery, le PDG de l’entreprise, c’est tout le système GE qui semble rongé par la rouille. Durant des décennies, la firme a incarné l’excellence managériale au service de la puissance industrielle américaine. Au premier rang de laquelle la promotion de ses PDG. Depuis 129 ans, la société a mis un point d’honneur à choisir ses leaders dans ses rangs, et à leur donner le temps nécessaire pour développer leur vision stratégique.
Jack Welch est resté 20 ans à la tête de la société, devenant à son époque le patron le plus connu et le plus respecté au monde. Puis, en 2001, il a transmis le témoin à Jeffrey Immelt, soigneusement choisi par ses soins. Ce dernier, à son tour, a lancé le choix de son successeur dès 2011. Et au terme de six ans de sélection, il a arrêté son choix sur John Flannery, un vétéran, entré en 1987 dans l’entreprise.
Investissements à contre-cycle
Et voilà que tout dérape. Un an après sa nomination, John Flannery est éjecté par le conseil d’administration et remplacé par Larry Culp, dont le principal mérite est d’avoir spectaculairement redressé un petit concurrent de GE, le groupe Danaher. Un camouflet d’autant plus cinglant que Flannery n’a ménagé ni sa peine ni son audace en un an.

Il a carrément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le groupe américain a annoncé une provision de 23 milliards de dollars pour faire face à des dépréciations d’actifs dans l’énergie.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Dans la tourmente, General Electric limoge son président

Le groupe américain a annoncé une provision de 23 milliards de dollars pour faire face à des dépréciations d’actifs dans l’énergie.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h16
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Nouveau soubresaut chez General Electric (GE) : l’entreprise fondée par Thomas Edison en 1889 a limogé, lundi 1er octobre, son président, John Flannery, quatorze mois après son arrivée aux commandes, et nommé pour la première fois une personnalité extérieure, Larry Culp, âgé de 55 ans. Surtout, elle a annoncé une provision exceptionnelle de 23 milliards de dollars (20 milliards d’euros) sur ses écarts d’acquisition dans son cœur de métier, l’énergie, aveu à peine déguisé de l’échec que représente l’acquisition du groupe français Alstom, en 2015. Des précisions seront apportées lors des résultats trimestriels de l’entreprise.

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Ce coup de théâtre s’explique par l’incapacité de John Flannery à démanteler rapidement le conglomérat américain, qui était, au tournant du siècle, la première capitalisation boursière mondiale, après avoir été dirigé d’une main de fer, entre 1981 et 2001, par Jack Welch. Celui-ci avait pour tactique de sabrer dans les coûts et de restructurer radicalement les activités. Il s’était engagé dans une politique financière en créant GE Capital. L’entreprise, qui valait 600 milliards de dollars en l’an 2000, n’en vaut plus désormais que 100.

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La descente aux enfers a commencé sous le règne de Jeffrey Immelt, qui a multiplié les erreurs. Lorsque la crise financière a éclaté, GE a failli sombrer avec GE Capital. L’entreprise a alors amorcé un désengagement, misant sur le fait que son développement industriel lui permettrait de conserver le même niveau de cash-flow (flux de trésorerie) et de dividendes. Il n’en a rien été.
L’erreur stratégique majeure a été le rachat d’Alstom en 2015, pour 12 milliards d’euros
Sur le plan industriel, M. Immelt a embauché des dizaines de milliers de programmeurs pour développer les logiciels des produits qu’il fabriquait. Les résultats ont été au rendez-vous dans deux secteurs-clés, les moteurs d’avion et l’équipement médical. Mais c’est sur le cœur de métier de l’entreprise, les turbines électriques, que les choses se sont gâtées.
L’erreur stratégique majeure a été le rachat d’Alstom en 2015, pour 12 milliards d’euros, alors que le marché du gaz était au plus haut. La réalisation de l’acquisition a été ralentie par les autorités de la concurrence et les exigences françaises. « Quand l’Union européenne a retardé l’accord, GE aurait dû abandonner l’affaire. Mais l’erreur fatale a été commise après », accuse Scott Davis, analyste chez Melius Research, cité par le Wall Street Journal (WSJ) : selon lui, une fois l’accord conclu, au lieu d’augmenter les prix, GE a décidé de se lancer dans une guerre commerciale contre Siemens pour lui ravir des parts de marché.
Série noire
Le marché des turbines à gaz est resté mauvais, avec une concurrence persistante du charbon et l’émergence des renouvelables. Pendant des années, les dirigeants de GE ont nié la réalité, tel Jeffrey Immelt, qui déclarait, en mai 2017, à propos de General Electric : « C’est une entreprise forte, très forte », et déplorait « une déconnexion » avec le marché boursier.
Pour le WSJ, il y avait bien déconnexion, mais pas dans le sens attendu : un an plus tard, l’action valait deux fois moins. Sous la pression du fonds activiste Trian Fund Management, l’entreprise s’est affaiblie en multipliant les rachats d’actions, à hauteur de 30 milliards sur trois ans jusqu’en 2017, au prix moyen de 30 dollars. Un investissement désastreux (l’action vaut aujourd’hui 12 dollars), qui a privé l’entreprise du cash nécessaire.

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Jeffrey Immelt a été poussé vers la sortie en août 2017, mais la série noire s’est poursuivie sous la direction de John Flannery. Certes, des décisions draconiennes ont rapidement été prises : division par deux du dividende (ce qui n’était arrivé qu’une fois depuis la grande dépression de 1929) ; réduction du conseil d’administration de 18 à 12 membres avec un fort renouvellement ; décision de vendre les 62,5 % détenus dans l’entreprise de services pétroliers Baker Hughes (37 milliards de dollars de capitalisation), ainsi que les locomotives, pour 11 milliards de dollars, et d’introduire en Bourse les activités médicales, pour se concentrer sur deux secteurs – l’énergie et les moteurs d’avion.

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Mais la litanie des mauvaises nouvelles n’a pas cessé : trou de 15 milliards dans ses anciennes activités d’assurance et humiliation à Wall Street avec l’éviction, en juin 2018, du titre de l’indice Dow Jones après plus de cent ans de présence. Sans parler du retour des problèmes dans l’énergie, avec moins d’accords de maintenance de turbines que prévu et surtout l’arrêt en catastrophe de nouvelles turbines frappées d’un défaut de construction.
Le conseil d’administration a perdu patience, avec un cours de Bourse divisé par deux en un an. Il a jugé que M. Flannery ne mettait pas en œuvre avec assez de célérité et de force le plan de démantèlement. Il a contacté le nouvel administrateur indépendant, Larry Culp, qui, de 2000 à 2014, a réussi à multiplier par cinq la valeur de Danaher, le conglomérat qu’il dirigeait, alors que la Bourse ne faisait que doubler. Wall Street s’est remise à rêver, provoquant l’envolée du titre GE de 7 %. Mais, en l’absence de conférence de presse et de présentation aux analystes, d’aucuns redoutent des mauvaises surprises.

Les chiffres
14 
C’est le nombre de mois que le président sortant de GE, John Flannery, aura ­passés à la tête de l’entreprise, contre 16 ans pour Jeffrey Immelt (2001-2017) et 20 ans pour Jack Welch (1981-2001).
23 milliards 
C’est, en dollars (20 milliards d’euros), le montant des ­dépréciations que va enregistrer GE dans ses comptes au troisième trimestre. Une somme vraisemblablement liée, en partie, à ­l’acquisition à contretemps d’Alstom.
5
C’est la multiplication du cours de Bourse du conglomérat ­Danaher entre 2000 et 2014, ­période pendant laquelle Larry Culp, le nouveau patron de GE, l’a dirigé.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Notre correspondant à New York Arnaud Leparmentier conteste trois idées reçues selon lesquelles rien n’a changé depuis la crise née de la faillite de Lehman Brothers.
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Le prêt-à-penser anti-Wall Street

Notre correspondant à New York Arnaud Leparmentier conteste trois idées reçues selon lesquelles rien n’a changé depuis la crise née de la faillite de Lehman Brothers.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h13
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            
Marchés. C’est le snobisme du moment : prétendre que dix ans après la faillite de Lehman Brothers et la terrible crise financière, rien n’a changé. Et d’ajouter d’un air entendu qu’elle a accouché du populisme dans tout le monde occidental. Bigre. Qu’il soit permis de s’interroger. En participant à une réunion de jeunes mathématiciens dans Manhattan, on pose des questions sur les traders. Trader ? Mais le métier n’existe plus : ils ont été remplacés par des ordinateurs. Et surtout, la règle Volcker votée en 2010 interdit de spéculer avec l’argent de ses clients. Finis les Nick Leeson ou Jérôme Kerviel qui firent exploser la banque britannique Barings en 1995 et la Société générale en 2007.
Pour s’en assurer, il suffit de regarder le destin de la banque Goldman Sachs, vouée aux gémonies pour son rôle pendant la crise : les traders ont perdu le pouvoir alors que leur chiffre d’affaires s’est divisé par trois depuis 2009 ! Le nouveau patron, David Solomon, vient de la banque d’affaires et place ses proches à tous les postes stratégiques. Il veut même conquérir le marché des particuliers. Dans le monde post-crise, mieux vaut de solides commissions que des profits sur des marchés devenus hypothétiques et surtout très encadrés.
Seconde fausse vérité : la mondialisation « financière », forcément financière, se nourrit de la fraude et des paradis fiscaux. De nouveau, on a beaucoup raillé Nicolas Sarkozy pour avoir assuré un peu trop vite, en 2008 : « Les paradis fiscaux, c’est fini. » En réalité, c’est largement fini en Suisse, qui a « donné » tous ses clients aux Américains. Les fiscalistes du Luxembourg s’ennuient à mourir. Pour frauder, il faut aller loin, très loin, au Panama, en connaissance de cause. Et les paradis légaux, comme l’Irlande ? Justement, le vent tourne, et rapidement. La réforme fiscale de Donald Trump, en taxant les profits à l’étranger, contraint les multinationales américaines à rapatrier leurs profits. Et l’offensive...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ A partir du 12 octobre, des sigles remplaceront les noms actuels dans toutes les stations-service de l’UE.
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Les carburants changent de nom : comment s’y retrouver

A partir du 12 octobre, des sigles remplaceront les noms actuels dans toutes les stations-service de l’UE.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h48
   





                        


A partir du 12 octobre, plus de sans-plomb 98 ou de diesel à la pompe : les carburants changent de nom. Une signalétique unique va être mise en place dans toute l’Union européenne et dans sept pays voisins (Islande, Liechtenstein, Norvège, Macédoine, Serbie, Suisse et Turquie).
Une figure géométrique et des chiffres seront dorénavant associés à chaque type de carburant.

   


Essence
L’essence sera reconnaissable grâce à un cercle entourant un « E » accompagné d’un chiffre indiquant la teneur en Ethanol (5 % pour l’E5 [l’actuel sans-plomb 98], 10 % pour l’E10 [le sans-plomb 95] et 85 % pour l’E85).
Diesel
Le diesel sera représenté par un carré avec à l’intérieur la lettre « B » suivie d’un chiffre indiquant la teneur en biocarburant. Le sigle « XTL » sera employé pour signaler le diesel synthétique, non dérivé du pétrole.
Carburants gazeux
Les carburants gazeux seront marqués de losanges portant les mentions « H2 » pour hydrogène, « CNG » pour gaz naturel comprimé,« LPG » pour gaz de pétrole liquéfié et « LNG » pour gaz naturel liquéfié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les ministres des finances de la zone euro, réunis à Luxembourg, ont évité de jeter de l’huile sur le feu, en soutenant leur homologue transalpin.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Le budget « hors des clous » de l’Italie inquiète l’UE

Les ministres des finances de la zone euro, réunis à Luxembourg, ont évité de jeter de l’huile sur le feu, en soutenant leur homologue transalpin.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h05
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Réunis à Luxembourg, les ministres des finances de la zone euro devaient parler de l’avenir, en l’occurrence de celui du Mécanisme européen de stabilité (le fonds de secours aux Etats créé pendant la crise). Mais le budget italien pour 2019, « hors des clous » de l’avis même du commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, était dans toutes les têtes, lundi 1er octobre.
En annonçant, jeudi 27 septembre, un déficit public à 2,4 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2019, 2020 et 2021, les deux partis de coalition au pouvoir à Rome – le Mouvement 5 étoiles (M5S, « antisystème ») et la Ligue (extrême droite) – ont lancé un défi à Bruxelles. La Commission, alarmée par une dette publique italienne qui culmine à plus de 130 % du PIB, espérait un déficit contenu à 0,8 % dès 2019.

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« La Commission prendra ses responsabilités pour sauvegarder les intérêts de tous les citoyens italiens et européens, a déclaré M. Moscovici. L’Italie est le seul pays qui prévoit un budget expansionniste pour l’an prochain. Est-ce vraiment en dépensant plus que l’on crée de la croissance ? »
Avant de prendre position de manière définitive, Bruxelles attend que, comme les autres capitales, Rome lui envoie officiellement son budget 2019, au plus tard le 15 octobre. Mais, déjà, les experts voient mal comment le gouvernement Conte pourra échapper, au minimum, à une demande de révision budgétaire de la part de l’institution.

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« Nous devons éviter que l’Italie demande des traitements spéciaux qui, s’ils sont accordés à tous, signifient la fin de l’euro », a souligné Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Inquiets et irrités à la perspective d’une épreuve de force entre Bruxelles et l’Italie, troisième économie de la zone euro, les ministres des finances des autres Etats membres ont modéré leurs propos.
« Les détails manquent »
« Les signaux ne sont pas très rassurants, mais les détails manquent et les négociations sont encore en cours à Rome », relevait ainsi le ministre néerlandais ­Wopke Hoekstra, l’un des plus attachés au respect du pacte de stabilité et de croissance.
Pas question d’inquiéter davantage les marchés : les Grecs, les Portugais ou les Espagnols craignent de voir le coût de leur dette augmenter, les investisseurs ayant tendance à mettre « dans le même sac » tous les pays ayant frôlé la faillite pendant la crise. Les ministres ont aussi tenu à soutenir leur homologue italien, Giovanni Tria.
Ce dernier s’est une nouvelle fois voulu rassurant sur la dette transalpine, qui continuerait à baisser, expliquant que les négociations étaient encore « en cours » au sein de la coalition. Il s’est dit prêt à « discuter » avec la Commission après la transmission du budget à Bruxelles.

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                Budget de la zone euro : les Européens font de la résistance



Ainsi, le projet de budget de la zone euro cher au président français Emmanuel Macron paraît compromis. Bruno Le Maire a pourtant haussé le ton à Luxembourg, jugeant que les Européens devaient se « décider maintenant » sur la réforme de l’eurozone et l’instauration d’une taxe numérique, autre projet porté par Paris.
Toutefois, la volonté de l’Italie de laisser filer ses déficits conforte les préjugés des pays du Nord – Allemagne et Pays-Bas en tête – à l’égard de ces « pays du Club Med », critiqués à l’acmé de la crise pour leur supposée propension à dépenser sans compter et à faire peu de cas des règles communes.

Vers une TVA à taux réduit sur les e-books
Les ministres européens des finances devaient enfin approuver à l’unanimité, mardi 2 octobre, la baisse du taux de TVA sur les publications numériques (e-books, presse en ligne). Cette directive, proposée dès 2016 par la Commission, était bloquée depuis un an par la République tchèque, qui réclamait en échange des aménagements concernant une autre réforme portant sur la collecte de la TVA. La France appliquait déjà ce taux réduit sur les e-books, en infraction de la loi européenne, afin de ne pas pénaliser ce secteur en devenir.





                            


                        

                        


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L’italien Lavazza repart à l’offensive, avec l’achat du café de Mars

L’opération s’inscrit dans la stratégie d’internationalisation du groupe turinois, dont la part de marché dans la Péninsule atteint 45 %.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h26
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            Laurence Girard








                        



                                


                            

« Lavazza veut rester indépendant ; et, pour garder notre autonomie, il n’y a pas d’alternative à la croissance », martèle Giuseppe Lavazza. Le vice-président du groupe familial turinois n’en démord pas : face aux appétits redoublés de ses concurrents, il doit garder son carnet de chèques ouvert. Au printemps, il affirmait avoir 500 millions d’euros en caisse, mais pas encore de cible en vue. Mais c’est chose faite. L’Italien en a trouvé une. Lavazza a annoncé, lundi 1er octobre, l’acquisition de Mars Drinks, l’activité café du géant américain. Une transaction dont le montant est estimé à 650 millions de dollars (560 millions d’euros).
La société turinoise profite de la volonté de recentrage de Mars, connu pour ses marques de confiserie M & M’s, Snickers ou Skittles, mais aussi d’alimentation pour chiens et chats Pedigree, Royal Canin ou Whiskas. Elle s’empare ainsi d’un ensemble qui pèse 350 millions de dollars (302 millions d’euros) et emploie 900 personnes. Une activité centrée sur deux marques, Flavia et Klix, présentes respectivement dans l’univers du café au bureau et de la distribution automatique.
« L’opération s’intègre parfaitement à notre stratégie d’expansion internationale et de renforcement sur les marchés-clés », indique Antonio Baravalle, administrateur délégué du groupe Lavazza. L’homme est chargé, depuis 2011, par les descendants de Luigi Lavazza, fondateur en 1895 du torréfacteur turinois, de mettre en musique l’internationalisation. Un impératif quand le spécialiste du petit noir détient 45 % de part de marché dans la Péninsule.
Chiffre d’affaires doublé
L’acquisition de Mars Drinks renforce les positions de l’italien sur les marchés américains, allemand, français, anglais, canadien et japonais. Surtout, il lui donne de nouveaux atouts sur des activités qu’il considère comme centrales, celle du café en entreprise comme celle des distributeurs automatiques. D’ailleurs, en France, il vient...




                        

                        

