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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ « Le Monde » consacre un hors-série à 50 images qui ont marqué l’Histoire, tout en s’intéressant à la façon dont se fabriquent les images.
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Hors-série du « Monde » : « 50 images qui ont marqué l’histoire »

« Le Monde » consacre un hors-série à 50 images qui ont marqué l’Histoire, tout en s’intéressant à la façon dont se fabriquent les images.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h44
    |

            Michel Lefebvre








                        



   


Quand on parle d’image et de la puissance de l’image, il faut sans cesse penser à cette phrase du critique catholique Stanislas Fumet : « L’art fait toujours une coupable concurrence à Dieu. » Pour raconter une histoire, n’importe laquelle, il faut l’accompagner d’une illustration, d’une vidéo, d’un dessin, d’une photographie. Tous les sites Internet font ainsi, tous les journaux aussi, comme tous les livres scolaires. Et l’offre de photographies et d’images sur le Web devient exponentielle. Si on parle d’images historiques ou d’actualité, on constate qu’elles ne sont jamais neutres, qu’elles ne montrent pas la réalité, elles sont toujours une construction de celui qui les a produites et de celui qui les diffuse. Elles peuvent être contestées, tronquées, manipulées.
Quand on demande à un enfant de regarder un dessin de Jeanne d’Arc et qu’on lui demande de quoi il s’agit, il va répondre : « Jeanne d’Arc », s’il a bien écouté la leçon. Or ce n’est pas Jeanne d’Arc, c’est la représentation de Jeanne d’Arc. Il faut ensuite se rendre compte, et nous en donnons de multiples exemples dans ce nouveau hors-série du Monde, qu’une image, comme un texte, peut être amicale, dérangeante, informative ou dangereuse ; elle peut provoquer des révolutions, briser une carrière politique, ridiculiser une star. D’autant qu’elle circule aujourd’hui à la vitesse de la lumière.
Un choix arbitraire et difficile
Comment appréhender cette immense agora où tout est visible et reproductible à l’infini ? Qui décide de ce que l’on peut voir sur Internet ? Des sentinelles, appelées modérateurs de contenu, installées en Asie ou en Europe, surveillent et suppriment les images qui enfreignent les règles des plates-formes comme Google, Facebook, Twitter, YouTube, pour le compte de ces sociétés. Nous devons faire confiance à ces censeurs anonymes, car nous savons bien que la liberté totale est elle aussi problématique. L’offre visuelle mise à la disposition du public pose également le problème de la production des images historiques et d’actualité. Qui les produit ? Qui les détient ? Qui les commente ? Et qui les diffuse ? La mémoire visuelle du monde est aujourd’hui détenue par deux conglomérats, l’un chinois l’autre américain ; cette concentration est problématique.
En sélectionnant cinquante images qui ont marqué l’histoire, un choix arbitraire et difficile, nous avons cherché à distinguer celles qui ont fait l’histoire et celles qui racontent l’histoire, ce qui n’est pas la même chose. Nous avons également essayé de faire comprendre comment fonctionnait la fabrication des images. Ce hors-série, réalisé à l’occasion des Rendez-vous de l’histoire de Blois (du 10 au 14 octobre), n’a qu’un objectif : expliquer que face à ce déluge, pour reprendre les mots de l’historien des images Laurent Gervereau, « aujourd’hui apprendre à voir est aussi important qu’apprendre à lire ».
« 50 images qui ont marqué l’histoire », un hors-série du Monde, 100 pages, 8,50 euros. En vente en kiosque et sur Boutique.lemonde.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Editorial. Si Donald Trump est parvenu à imposer un nouveau texte à ses deux plus proches partenaires économiques, le Canada et le Mexique, celui-ci ne devrait toutefois pas bouleverser la nature des échanges entre les trois pays.
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L’Alena est mort, vive l’Alena !

Editorial. Si Donald Trump est parvenu à imposer un nouveau texte à ses deux plus proches partenaires économiques, le Canada et le Mexique, celui-ci ne devrait toutefois pas bouleverser la nature des échanges entre les trois pays.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h29
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Sitôt élu, Donald Trump avait promis de « déchirer » l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), le « pire jamais signé ». Après des mois de menaces, de récriminations, de négociations au forceps, le président des Etats-Unis est parvenu en un temps record à imposer un nouveau texte à ses deux plus proches partenaires économiques. Le Canada est en effet rentré dans le rang en rejoignant, dimanche 30 septembre, le Mexique pour signer un accord, qui ne devrait toutefois pas bouleverser la nature des échanges entre les trois pays.
L’Alena est donc mort, vive son proche cousin, l’USMCA pour « Accord Etats-Unis-Mexique-Canada ». M. Trump prouve une fois de plus qu’il est un homme de marketing. Le changement de nom était une exigence forte de Washington, tout comme la disparition du terme « libre-échange ». Le fait que les Etats-Unis se retrouvent en tête de l’acronyme ne doit, non plus, rien au hasard. En politique, les dénominations sont souvent aussi importantes que les décisions elles-mêmes.

        Lire aussi :
         

                Commerce : Trump arrache au Canada un nouvel accord de libre-échange



Concernant le fond, l’ancien accord, qualifié par M. Trump de « désastre », n’est finalement amendé qu’à la marge, au grand soulagement des entreprises américaines et des marchés financiers, qui pensent avoir évité le pire. Les nouveautés vont sans doute écorner la compétitivité des entreprises américaines et réduire la visibilité des investisseurs, mais l’intégration des trois économies reste intacte.
Ainsi, pour être exemptée de droits de douane, une voiture devra désormais contenir 75 % de composants fabriqués en Amérique du Nord, au lieu de 62,5 % auparavant. Or, trois véhicules sur quatre répondent déjà à cette exigence. Pour le solde, une modeste taxe de 2,5 % entrera en vigueur, soit, ni plus ni moins, ce qui est appliqué dans le cadre de la clause de la nation la plus favorisée imposée par l’Organisation mondiale du commerce.
Par ailleurs, l’exemption de droits de douane ne sera accordée que si au moins 40 % à 45 % du véhicule est fabriqué par des salariés gagnant un minimum de 16 dollars de l’heure. Le fait que Ford et General Motors s’y résignent montre que l’exigence n’a rien de révolutionnaire.
Un accord politique
Certes, le Canada a été obligé de concéder une libéralisation de ses importations de lait, mais celle-ci était déjà prévue dans le cadre du traité transpacifique (TPP), que M. Trump vouait aux gémonies.
On parle également dans le nouvel accord de mécanismes destinés à empêcher les manipulations de devises pour stimuler les exportations. A quoi bon ? Aucun des trois partenaires n’a utilisé cette arme depuis la signature de l’Alena, en 1994. Enfin, le toilettage opéré sur le numérique et la propriété intellectuelle tient surtout à la nécessité de pallier l’obsolescence de l’ancien traité.
Plus qu’un changement de paradigme sur le plan du libre-échange, il faut regarder l’USMCA comme un accord politique, qui permet à M. Trump de montrer à ses électeurs qu’il tient ses promesses, fût-ce au prix d’avancées modestes sur le fond. De la même façon que le rapprochement signé avec la Corée du Nord ne garantit en rien la dénucléarisation du pays, il est bien difficile à ce stade d’affirmer que cet accord commercial va permettre la réindustrialisation des Etats-Unis.
Néanmoins, c’est une incontestable victoire politique qui intervient à un mois des élections de mi-mandat. Mais, si une majorité démocrate venait à l’emporter, elle serait en situation de donner ou non son feu vert à l’USMCA. Ne doutons pas qu’elle saura, elle aussi, faire de la politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Nick Romaniuk, coordonnateur de recherche à bord de l’« Aquarius », déplore la montée de l’indifférence à l’égard des migrants perdus en mer. Il s’étonne d’être devenu un criminel, alors qu’il ne fait profession que de sauver des vies.
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« Pour les migrants en mer, le plus grand danger c’est la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »

Dans une tribune au « Monde », Nick Romaniuk, coordonnateur de recherche à bord de l’« Aquarius », déplore la montée de l’indifférence à l’égard des migrants perdus en mer. Il s’étonne d’être devenu un criminel, alors qu’il ne fait profession que de sauver des vies.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h22
    |

Nick Romaniuk (Coordonnateur recherche et sauvetage pour SOS MEDITERRANEE à bord de l’"Aquarius")







                        



                                


                            
Tribune. Chaque été pendant les vacances, quand j’étais môme, je participais fièrement à la compétition de nage organisée pour collecter des fonds au profit du secours en mer local. Les équipages du Royal National Lifeboat Institute (l’Institut royal national des bateaux de sauvetage, une ONG créée par la société civile pour sauver des vies en mer) étaient considérés avec respect dans toute la ville et nous autres gamins les idéalisions, ces hommes et femmes au visage tanné qui n’hésitaient pas à tout laisser tomber pour partir en mer quand des vies étaient en danger. Des hommes comme Kieran Cotter qui tenait une boutique en ville et dirigeait les secours. J’admirais cet homme. Je rêvais d’être un jour admis dans son équipe.
Les gardes-côtes sont devenus les ennemis des gens qui ont besoin d’être secourus, les repoussant vers l’« enfer »
J’imaginais l’officier de veille des gardes-côtes du coin penché sur sa radio par une nuit d’orage pendant qu’un bateau en détresse lance des SOS. Le bipeur de M. Cotter se met alors à sonner. Il quitte aussitôt son appartement au-dessus de sa boutique et retourne la pancarte « Sorti pour un sauvetage » avant de fermer la porte, sans savoir s’il sera rentré à temps pour pouvoir ouvrir le lendemain matin. Le vent mugit quand il arrive au poste de sauvetage et l’écume blanchit la baie d’une rive. Ça ne fait rien, des gens sont en danger. Il doit y aller. Quand tout l’équipe est monté à bord, il démarre les moteurs, ferme les écoutilles et lance son canot vers le large. « Tenez bon, j’arrive ! » Mais tout ça n’était qu’un rêve…
Plus de vingt ans plus tard je suis SARCo (Search and Rescue Coordinator – coordonnateur recherche et sauvetage) à bord de l’Aquarius, bâteau opérant en Méditerranée centrale pour tenter de porter secours à des gens qui n’ont aucun moyen de lancer des SOS. Peu importe d’ailleurs : de toute façon personne n’écoute. Les gardes-côtes sont devenus les ennemis des gens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Nommé il y a un an, John Flannery est débarqué et son remplaçant choisi à l’extérieur du groupe. Une première, qui montre que « le royaume GE a vécu, et qu’est venu le temps de la modestie », explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Avec le départ de son PDG, c’est tout le système General Electric qui semble rongé par la rouille »

Nommé il y a un an, John Flannery est débarqué et son remplaçant choisi à l’extérieur du groupe. Une première, qui montre que « le royaume GE a vécu, et qu’est venu le temps de la modestie », explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 16h20
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de General Electric. Tel Marcellus dans Hamlet, l’observateur un peu avisé pourrait arriver à ce constat désabusé après le débarquage surprise du tout récent patron de la plus célèbre société industrielle de la planète. Et cette pourriture ronge tous les étages de la vénérable maison de Boston.

En septembre, des défauts de qualité ont été découverts sur les ailettes d’une turbine à gaz toute neuve en fonctionnement chez Exelon, un producteur d’électricité de la région de Chicago. Les pièces se sont mises à rouiller soudainement sur cet engin supposé signer le renouveau de GE dans le domaine énergétique. Mauvais présage.
Avec le départ de John Flannery, le PDG de l’entreprise, c’est tout le système GE qui semble rongé par la rouille. Durant des décennies, la firme a incarné l’excellence managériale au service de la puissance industrielle américaine. Au premier rang de laquelle la promotion de ses PDG. Depuis 129 ans, la société a mis un point d’honneur à choisir ses leaders dans ses rangs, et à leur donner le temps nécessaire pour développer leur vision stratégique.
Jack Welch est resté 20 ans à la tête de la société, devenant à son époque le patron le plus connu et le plus respecté au monde. Puis, en 2001, il a transmis le témoin à Jeffrey Immelt, soigneusement choisi par ses soins. Ce dernier, à son tour, a lancé le choix de son successeur dès 2011. Et au terme de six ans de sélection, il a arrêté son choix sur John Flannery, un vétéran, entré en 1987 dans l’entreprise.
Investissements à contre-cycle
Et voilà que tout dérape. Un an après sa nomination, John Flannery est éjecté par le conseil d’administration et remplacé par Larry Culp, dont le principal mérite est d’avoir spectaculairement redressé un petit concurrent de GE, le groupe Danaher. Un camouflet d’autant plus cinglant que Flannery n’a ménagé ni sa peine ni son audace en un an.

Il a carrément...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ A l’image d’Orban en Hongrie ou de Matteo Salvini en Italie, Marine Le Pen entend faire du scrutin européen un référendum pour ou contre l’immigration, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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« La question de l’immigration est en passe de s’imposer comme l’enjeu central des européennes »

A l’image d’Orban en Hongrie ou de Matteo Salvini en Italie, Marine Le Pen entend faire du scrutin européen un référendum pour ou contre l’immigration, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h30
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. Le paysage des élections européennes de mai 2019 se dessine à vive allure depuis la rentrée. Certes, la configuration des forces en présence est encore floue. Le choix des têtes de listes et la composition de ces listes ne sont encore, au mieux, qu’à l’état d’ébauche. Les initiatives se multiplient, à gauche, à droite et ailleurs, pour se compter dans un scrutin proportionnel national propice à l’expression des singularités. De même à l’échelle européenne, les grandes manœuvres sont engagées pour tenter d’organiser le rapport des forces dans le futur Parlement européen, et il serait très prématuré d’en préjuger.
Mais le terrain sur lequel va se mener la bataille ne fait guère de doute : plus que l’avenir de l’Union européenne elle-même et de sa capacité à exister collectivement dans un monde chamboulé notamment par le protectionnisme américain ou l’émergence de la puissance chinoise, c’est la question de l’immigration qui est en passe de s’imposer comme l’enjeu central.

Partout ou presque en Europe, de la Hongrie à l’Italie, en Allemagne ou en Pologne, en Autriche, en République tchèque ou dans les pays scandinaves, des partis de droite ultraconservatrice ou d’extrême droite affichée soit ont accédé au pouvoir, soit ont le vent en poupe. Et tous ont fait du rejet de l’immigration leur cheval de bataille. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, l’a résumé brutalement, le 28 août à Milan, lors d’une rencontre avec le ministre de l’intérieur et leader de l’extrême droite italienne, Matteo Salvini : « Il y a actuellement deux camps en Europe. Macron est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l’immigration illégale. »
Etrange embarras
C’est pour le moins rustique. Mais cet angle d’attaque est repris à leur compte par l’extrême droite et une partie de la droite françaises. Ce n’est pas une surprise de la part du Rassemblement national,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Désormais remboursées par l’Assurance-maladie, les téléconsultations offrent de nombreux avantages et représentent une vraie révolution : le diagnostic réalisé par un logiciel, explique dans sa chronique, l’informaticien Serge Abiteboul.
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Allô, robot bobo !

Désormais remboursées par l’Assurance-maladie, les téléconsultations offrent de nombreux avantages et représentent une vraie révolution : le diagnostic réalisé par un logiciel, explique dans sa chronique, l’informaticien Serge Abiteboul.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 07h00
    |

Serge Abiteboul (chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et ...







                        



                                


                            
Transformations. Après plusieurs décennies d’expérimentations, les téléconsultations sont désormais remboursées par l’Assurance-maladie… Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour parvenir à une telle décision ?
En effet, l’usage de la vidéoconférence, déjà répandu dans nombre de professions, peut constituer un véritable progrès pour le malade, un gain de temps et une réelle simplification de sa vie. Pensez à la personne âgée qui se déplace avec difficultés, au paysan de la Creuse qui doit se rendre loin de son domicile pour consulter, à l’employé qui ne veut pas poser une demi-journée de congé, etc. Il n’est évidemment pas question de remplacer toutes les rencontres physiques avec un praticien, mais de s’y substituer parfois.

Cette technique offre de nombreux avantages : pouvoir réécouter les explications du médecin, lire le rapport écrit produit par le logiciel programmé pour cette tâche à la place du médecin, le compléter par des explications trouvées sur des sources fiables du Web… Le numérique contribue à développer l’autonomie du malade.
Mais au-delà de la communication électronique avec un personnel de santé, pointe une vraie révolution : le diagnostic réalisé par un logiciel. Il ne s’agit pas, bien sûr, de nous décharger sur des machines du soin des malades, ce qui nous conduirait à perdre une part essentielle de notre humanité, mais de faire mieux avec l’aide des machines.
Améliorer le triage médical
Cette technique permet d’abord d’améliorer le triage médical : devez-vous aller aux urgences, prendre un rendez-vous avec un médecin généraliste ou un spécialiste, et si oui, lequel ? Pouvez-vous vous contenter d’un médicament en vente libre, ou peut-être juste vous reposer ? Les services médicaux d’urgence sont engorgés par des personnes qui n’ont rien à y faire ; le diagnostic tardif de patients trop éloignés de centres médicaux débouche sur de graves complications ; les malades n’y comprennent rien et sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les traités de commerce entre l’Union européenne et le Canada ou le Japon auront pour effet, en favorisant les échanges financiers, d’accroître l’instabilité du système, alerte un collectif de vingt et un économistes dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Les accords de libre-échange hypothèquent les chances de réguler efficacement la finance »

Les traités de commerce entre l’Union européenne et le Canada ou le Japon auront pour effet, en favorisant les échanges financiers, d’accroître l’instabilité du système, alerte un collectif de vingt et un économistes dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 07h00
   





                        



                                


                            

Tribune. La crise financière mondiale de 2007-2008 avait crûment rappelé la nécessité d’une réglementation plus stricte pour remettre la finance au service de l’économie et de la société. Dix ans après, la politique commerciale européenne met en danger les progrès réalisés en la matière et hypothèque les chances de réguler efficacement la finance à l’avenir. De ce fait, elle introduit de nouveaux risques d’instabilité au sein du système financier.
Augmenter les investissements et les échanges de services financiers est la raison d’être des « méga accords » de commerce comme le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) – signé entre l’UE et le Canada ou le JEFTA (Japan-EU Free Trade Agreement), avec le Japon. Elle conduit à considérer les règles financières comme autant d’obstacles à éliminer, au mépris des conséquences sur la stabilité financière. On retrouve certes dans les accords des clauses d’exception qui prétendent mettre à l’abri la réglementation prudentielle, mais ces clauses sont trop vagues ou implicitement contredites par d’autres objectifs de l’accord, notamment la coopération réglementaire et la protection des investissements.
Nous sommes convaincus de la nécessité d’aller bien plus loin que les normes prudentielles adoptées dans le sillage de la crise
Ces accords octroient en effet des droits exorbitants aux investisseurs par un mécanisme d’arbitrage d’investissement à travers lequel les banques et les assurances pourraient contester les règles visant à mieux les encadrer et réclamer de lourdes compensations aux Etats. Une fois ces accords en vigueur, les Etats et l’Union européenne pourront-ils encore mettre au point et appliquer des réformes pour limiter la taille du bilan des banques, contrôler les mouvements de capitaux, réguler les produits dérivés et la spéculation ou encore interdire certains acteurs ou véhicules financiers nocifs ? Rien n’est moins sûr.
D’autant plus que la nature « vivante »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La filière des voitures hybrides est en réalité polluante et deviendra rapidement obsolète, soutient l’économiste Dominique Chauvin dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Le moteur hybride rechargeable, « contresens prospectif »

La filière des voitures hybrides est en réalité polluante et deviendra rapidement obsolète, soutient l’économiste Dominique Chauvin dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h51
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Dominique Chauvin (Prospectiviste et  économiste)







                        



                                


                            
Tribune. Le groupe PSA a présenté en cette rentrée, avant le Mondial de l’automobile qui commence jeudi 4 octobre, sa nouvelle stratégie industrielle : le nouveau PSA sera électrique. Dès 2019, PSA va proposer des versions électrifiées de ses véhicules sous la forme d’hybrides rechargeables. D’ici janvier 2020 sortiront cinq véhicules, puis tous auront une version électrique à partir de 2025. Avec ce volontarisme affiché, n’y aurait-il cependant pas une confusion entretenue entre véhicule électrifié et véhicule électrique ? En l’occurrence, il s’agit ici d’hybride rechargeable (en anglais « Plug-in Hybrid Electric Vehicule » ou PHEV).

Mais surtout, le groupe PSA serait-il à ce point en retard sur les véhicules 100 % électriques qu’il lui faille se démarquer autant, en annonçant ce contre-feu singulier du PHEV à tous les étages ? Bien sûr il y a eu aussi, et en même temps, l’annonce toute récente de la DS3 Crossback 100 % électrique, qui sera présente au Mondial pour y être commercialisée, et surtout le concept car « e-Legend » (c’est son nom) qui enthousiasme avec ses 600 km d’autonomie. On pourra l’admirer au Mondial. Mais ce superbe e-Legend n’est qu’un « concept-car », alors que les constructeurs allemands en sont déjà à proposer des offres commerciales de voitures 100 % électriques, qui ne sont pas de petits véhicules.
A vouloir tout embrasser – thermiques, hybrides rechargeables et pures électriques –, PSA prend le risque de brouiller sa stratégie et son image d’électrification en favorisant une certaine confusion des genres. Car le PHEV, avec ses quasi 1 000 kilomètres d’autonomie en carburants fossiles et ses… 50 kilomètres d’autonomie électrique, reste fondamentalement une voiture thermique.
Subvention à l’achat, pas à l’usage
Le progrès rapide des batteries pour équiper les véhicules 100 % électriques risque de rendre cette nouvelle filière industrielle caduque moins de dix ans à peine après ses derniers lancements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la chercheuse en gestion Orsolya Sadik-Rozsnyai estime que la communication sur la voiture sans conducteur, en privilégiant le rêve aux dépens de la technique, pourrait conduire à un rejet du public.
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Voiture autonome : « Une communication moins spectaculaire semble nécessaire »

Dans une tribune au « Monde », la chercheuse en gestion Orsolya Sadik-Rozsnyai estime que la communication sur la voiture sans conducteur, en privilégiant le rêve aux dépens de la technique, pourrait conduire à un rejet du public.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 05h30
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Orsolya Sadik-Rozsnyai







                        



                                


                            

Tribune. En découvrant les prototypes de voitures autonomes annoncés par les constructeurs automobiles, dont certains sont présentés au Mondial de l’automobile de Paris, nous avons l’impression qu’une mobilité dont beaucoup d’entre nous rêvent – sans contraintes, sans accidents et sans bouchons – serait à notre portée d’ici à seulement quelques d’années. Des rumeurs courent, par exemple, sur un concept car futuriste de Renault qui favoriserait la conduite autonome et Mercedes a récemment dévoilé Vision Urbanetic, son concept car autonome, connecté et modulable.
Depuis 2010, date de l’annonce du Google Car – le premier prototype sans conducteur circulant sur route ouverte –, nous observons une course à l’annonce aux nouveautés dans ce domaine. Ce prototype, qui n’a d’ailleurs toujours pas débouché sur un véhicule commercial, a bouleversé le monde automobile. Depuis sa médiatisation, régulièrement, des constructeurs et des équipementiers, mais également des géants du numérique et des nouveaux acteurs de la mobilité, annoncent des projets de plus en plus ambitieux.

A travers cette communication, nous découvrons l’histoire merveilleuse d’une innovation qui pourrait changer notre vie d’ici à quelques années ! Par un simple clic sur une application, nous pourrons appeler une voiture autonome en bas de chez nous. Celle-ci nous amènera à notre destination tout en sérénité, et nous pourrons même regarder un nouvel épisode de notre série préférée pendant le trajet. Notre enfant ira seul à son cours de guitare et nos grands-parents viendront nous rendre visite sans que nous soyons obligés d’aller les chercher.
Stratégie de communication
Cette communication fait écho aux attentes des consommateurs, que nous avons pu interroger dans le cadre de recherches européennes menées avec l’université DHBW de Stuttgart. Il apparaît clairement qu’une partie des conducteurs plébiscite une solution de mobilité qui les libère des contraintes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Frédéric Chevallier, avocat général lors du procès de cette femme victime de violences conjugales, a adressé une tribune au « Monde » à l’occasion de la diffusion du téléfilm.
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« Lettre à Madame Jacqueline Sauvage »

Frédéric Chevallier, avocat général lors du procès de cette femme victime de violences conjugales, a adressé une tribune au « Monde » à l’occasion de la diffusion du téléfilm.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 20h39
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h46
    |

Frédéric Chevallier (avocat général lors du procès de Jacqueline Sauvage)







                        



                                


                            

Lundi 1er octobre, TF1 a diffusé le téléfilm Jacqueline Sauvage, c’était lui ou moi, d’Yves Rénier, dont la programmation s’est accompagné d’une intense campagne de communication. Point d’orgue de cette campagne : dix jours avant cette diffusion, l’actrice Muriel Robin, qui incarne justement à l’écran Jacqueline Sauvage, a lancé une pétition en ligne « contre les violences conjugales » et a appelé à des manifestations en France le 6 octobre. Quant au film, qui est tiré du livre signé par Jacqueline Sauvage, Je voulais juste que ça s’arrête (Fayard, 2017), son titre est sans ambiguïté : c’est bien l’histoire de Jacqueline Sauvage, promet-il, qui est racontée aux téléspectateurs, même si son réalisateur dit avoir « étroitement collaboré » avec les deux avocates de l’intéressée, Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini.
Mais avant de devenir, dans les médias et maintenant sur écran, ce personnage emblématique des victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage a été une accusée jugée par deux cours d’assises pour avoir abattu son mari, Norbert Marot, de trois coups de fusil, dans le dos, le 10 septembre 2012. En première instance, après un débat au cours duquel l’accusée et les témoins ont été entendus, où l’accusation et la défense se sont exprimées et ont débattu de leurs arguments publiquement, six jurés citoyens et trois magistrats professionnels ont condamné Jacqueline Sauvage à dix ans d’emprisonnement. En appel devant la cour d’assises de Loir-et-Cher, neuf autres jurés citoyens et trois autres magistrats professionnels ont confirmé ce verdict, en suivant les réquisitions de l’avocat général, Frédéric Chevallier.
Dans la tribune qu’il nous a adressée, « Lettre à Jacqueline Sauvage », Frédéric Chevallier dresse d’elle un portrait plus complexe. « Je veux vous parler de ces quarante-sept ans dont d’aucuns, journalistes, hommes et femmes politiques,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Marc-André Feffer, président de Transparency International France, estime dans une tribune au « Monde », contrairement à d’autres ONG anti-fraude, que la possibilité de transaction entre la justice et les entreprises délinquantes n’est pas contre-productif.
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« La convention judiciaire d’intérêt public, un instrument utile pour faire reculer la corruption et l’évasion fiscale »

Marc-André Feffer, président de Transparency International France, estime dans une tribune au « Monde », contrairement à d’autres ONG anti-fraude, que la possibilité de transaction entre la justice et les entreprises délinquantes n’est pas contre-productif.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 14h00
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Marc-André Feffer (Président de Transparency International France)







                        



                                


                            
Tribune. Dans le cadre du projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale, les parlementaires ont décidé d’étendre la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) à la fraude fiscale. Cela n’a pas manqué de faire débat, tant dans la presse que sur les bancs de l’hémicycle à l’Assemblée nationale.
La CJIP est une innovation récente, inspirée des mécanismes américain et anglais de transaction pénale et introduite en droit français par la loi dite Sapin 2. Avec ce dispositif, le procureur de la République peut décider de renoncer à engager des poursuites contre des entreprises accusées de corruption, à condition que l‘entreprise reconnaisse les faits, collabore avec la justice, mette en œuvre des mesures de remédiation, paie une amende et indemnise les victimes.

Ces engagements sont formalisés dans une convention signée par l’entreprise sous le contrôle du juge et en toute transparence puisqu’elle est rendue publique. L’Agence française anticorruption en contrôle la bonne exécution. Dès 2016, Transparency International France avait plaidé activement en faveur de ce dispositif, qui vient enrichir la palette des réponses pénales en matière de délinquance économique et financière.
Quasi-immunité de fait, lenteur des procédures
Rappelons de quel constat nous étions alors partis. Plus de seize années après la ratification par Paris de la convention de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la corruption internationale, aucune entreprise n’avait été condamnée de façon définitive en France pour des faits de corruption. La quasi-immunité de fait dont bénéficiaient les entreprises françaises ne les incitait pas à se doter de dispositifs efficaces de prévention de la corruption.
l’arsenal judiciaire français ne prémunissait nullement les entreprises françaises contre de sévères condamnations à l’étranger, notamment aux états-Unis
Pouvait-on se satisfaire de cette situation – quasi-immunité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Faire danser son audience sur des notes de jazz, c’est l’exploit qu’a réussi le percussionniste cubain Yuvisney Aguilar au festival Toros y Salsa. Rencontre.
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« La musique de Yuvisney Aguilar est un mélange d’Europe et d’Afrique »

Faire danser son audience sur des notes de jazz, c’est l’exploit qu’a réussi le percussionniste cubain Yuvisney Aguilar au festival Toros y Salsa. Rencontre.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 21h21
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Samedi 10 septembre à Dax. Yuvisney Aguilar était la principale raison de ma présence. J’avais remarqué le percussionniste cubain l’année précédente aux côtés de la chanteuse Yadira Ferrer. Son premier album Piango Piango, qui avait décroché une nomination aux Latin GRAMMYs, m’avait fait forte impression. Premières notes, silence religieux. Yuvisney entonne un chant mélancolique en hommage aux esclaves venus d’Afrique. Je me retourne, le public est sous le charme. Les mélodies s’enchaînent, aussi entraînantes les unes que les autres. Le concert oscille entre jazz par le piano et afro-cubain par les percussions. Les solos de piano, le sax de Rafael Aguila, invité spécial, m’emportent. La personnalité lumineuse du Cubain ravit. On en parlera tout le week-end : « Du bonheur », « Il m’a fait chanter Salam Alaykoum ! », « C’est un soleil… ». Rencontre avec un percussionniste dont le registre va de Richard Bona à Raul Paz, de Paquito D’Rivera à Orishas.

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                A Dax, la salsa sauvée des eaux



Bonjour Yuvisney, pourriez-vous me raconter votre initiation aux percussions ?
Ma rencontre avec les percussions est le fruit du hasard. Pour moi tout a commencé avec l’examen d’entrée à l’âge de neuf ans à l’Escuela Vocacional de Arte (« EVA ») à Pinar del Río. À cette époque, je voulais être chanteur mais je ne pouvais y entrer que comme percussionniste. J’ai accepté et ai passé cinq ans à l’école de percussions, sans que ça me passionne plus que ça. Je ne sais vraiment pas comment j’ai réussi à décrocher l’examen ! [rires] Mon premier professeur était Nestor Luis, un grand professeur qui m’a donné une base technique solide qui m’a été très utile toutes ces années.
Pourriez-vous citer les différentes percussions que vous avez utilisées au concert que vous avez donné à Toros y Salsa ?
J’ai joué des trois tambours Batá : Iyà, Itótele et Okónkolo. C’est important de ne pas écrire Batá au pluriel parce que les trois tambours forment un tout et que ce nom signifie famille. J’ai joué aussi des congas (conga et tumbadora), du shekeré, des timbales et d’un instrument d’ambiance faites de graines africaines appelé Ojos de Buey [œil-de-bœuf].
Les Batá sont connectés à la religion afro-cubaine. Est-ce que vous y avez été initié ?
Les tambours Batá ont été créés par l’ethnie Yoruba qui vient du Nigeria et sont utilisés aux cérémonies religieuses de La Règle d’Osha. Même si je connais la religion, je ne suis pas pratiquant.
J’ai appris à jouer de ces tambours fabuleux en travaillant pendant quatre ans comme percussionniste de danse folklorique, ce qui est indispensable pour connaître ces rythmes particuliers. J’ai eu l’honneur d’avoir eu comme professeur le grand Maître Lázaro Pedroso du Conjunto Folclórico Nacional de Cuba.
Je suis définitivement amoureux de cette musique, des frappes et de l’histoire qui entoure ces tambours magiques.

        Voir cette publication sur Instagram           Yuvisney Aguilar y su Afro-Cuban Quartet @ Toros y Salsa Une publication partagée par  Le Jazz et la salsa (@salsajazzblog) le 10 Sept. 2018 à 11 :52 PDT 

Votre musique sonne différemment du latin jazz qu’on écoute depuis les années 50. Elle semble plus influencée par l’afro-cubain. On pense à Yosvanny Terry ou Pedrito Martinez…
Mon travail est basé sur la musique héritée de nos ancêtres africains.
J’ai toujours senti qu’au-delà du contexte religieux, il y avait un univers rythmique, mélodique et énergétique très puissant qui est perçu par tout le monde, les croyants comme les non-croyants. Tout ce que j’ai fait est de capturer l’énergie qui jaillit de ces rythmes pour les mélanger avec les nouvelles tendances du jazz contemporain.
Il n’y a rien de très nouveau dans tout ça. Dizzie Gillespie a fait la même chose il y a de nombreuses années, et puis Chucho Valdés avec Irakere, le Grupo Afrocuba. Le grand Wynton Marsalys l’a fait récemment, et beaucoup d’autres encore…
La différence réside peut-être dans le fait que j’y ai insufflé ma vision et mon interprétation personnelle.
Vous vous inspirez des traditions Yoruba, Arará, Iyesá et Bantú. Comment les avez-vous intégrées dans votre musique ?
Toutes ces branches proviennent de régions différentes et correspondent à des interprétations différentes, d’autres connexions spirituelles… Tout ce que j’ai fait est de ressentir chaque rythme dans mon corps et de me fondre dedans.
Dans le processus de création, je me laisse envahir par chaque style, pour que le morceau vienne naturellement conformément à l’histoire que je veux raconter. Enfin chaque titre a été habillé avec des harmonies modernes et les solos jazz.
Ce processus est primordial pour que la fusion soit harmonieuse.
Le jazz est très présent dans votre musique grâce au piano. J’ai l’impression que Pepe Rivero a joué un rôle important dans le quartet. Est-ce le cas ?
Après les percussions, mon instrument préféré est le piano assurément.
J’écoute beaucoup plus de piano, solo, classique, que tout autre instrument. Le monde de l’harmonie m’enchante et c’est pour ça que le piano est si important pour moi. Plus que tout, un bon pianiste doit être sensible et polyvalent.
Pepe Rivero est tout ça à la fois. En plus il est fasciné par le monde des percussions. Je lui apporte les rythmes. Il m’apporte l’harmonie.



« Le jazz et la salsa » a interrogé Pepe Rivero sur son travail avec Yuvisney. Le pianiste cubain est le directeur musical de Clazz, le festival de latin jazz de Madrid.
Comment avez-vous connu Yuvisney ?
J’ai connu Yuvisney à Madrid. Nous nous sommes croisés à l’occasion d’une tournée européenne du saxophoniste américain David Murray sur le projet 3D Family.
Quand Paquito D’Rivera avec qui je travaillais comme pianiste depuis huit ans m’a sollicité pour monter un quintet à Madrid qui nécessitait un percussionniste, j’ai tout de suite pensé à Yuvisney. Pour travailler avec Paquito, les qualités humaines sont aussi importantes que les qualités musicales. On est comme une famille.
Avec Yuvi, nous avons une connexion musicale incroyable. Nous avons un projet de duo qui fonctionne déjà très bien sur scène.
Votre musique et celle de Yuvisney sont différentes : percussions afro-cubaines d’une part, piano jazz et classique d’autre part. Qu’est-ce que vous appréciez chez lui ?
À Cuba l’Afrique est très présente dans la religion et dans la culture, disait un de nos grands poètes Nicolas Guillen (« A Cuba qui ne vient pas du Congo vient du Carabalí »). Fondamentalement nous sommes le mélange d’Afrique et d’Espagne.
Ces influences se retrouvent naturellement dans notre culture et en particulier chez les musiciens : la culture européenne et la connaissance des grands compositeurs pour la part espagnole et le rythme pour la part africaine.
La musique de Yuvisney dans Piango Piango possède ces deux éléments. J’ai adhéré dès le moment où il a commencé à rassembler ses idées et j’ai adoré y participer autant en tant que pianiste qu’en tant qu’arrangeur.

Toros y Salsa sous le soleil de Cuba
Un vent de fraîcheur a soufflé sur la vingt-quatrième édition du festival Toros y Salsa qui s’est déroulée les 7, 8 et 9 septembre à Dax dans les Landes.

Dès vendredi soir, les Cubains lancaient les festivités avec deux formations, la première originaire de Santiago, le Colectivo Iye Ife, la seconde de la Havane, Los Jovenes Clasicos del Son, pour un vaste panorama de la musique traditionnelle. Une mise en bouche sans emphase mais plaine de saveur, appréciée à sa juste valeur par un public connaisseur.
Samedi 20 heures : premier spectacle, première claque. En un morceau, le percussionniste Yuvisney Aguilar et son Afro-Cuban Jazz Quartet, ont embarqué le public dans leur univers de percussions et de jazz. Du jazz pour la tête, du jazz pour les pieds. Le charisme du jeune Cubain et ses jolies mélodies ont remporté un franc succès auprès du public dacquois.
23 heures, le parrain du festival, Gerardo Rosales a rendu hommage à Grupo Mango. Moises « Ajoporro » Daubeterre, le chanteur de la formation vénézuélienne célèbre dans les années 70 a pimenté une formule qui a fini par s’émousser au fil des années. Le conguéro n’a toutefois pas son pareil pour orchestrer les descargas, les fameuses jam-sessions qui font la réputation du festival.
1 heure du mat. La machine de guerre Mercadonegro (Cet été ils avaient enflammé Tempo Latino trois heures durant avec José Alberto « El Canario ») avait invité Herman Olivera. De Conjunto Libre à Eddie Palmieri, de Jimmy Bosch au Spanish Harlem Orchestra, le répertoire du gentleman sonero est immense. Une leçon, -que dis-je, une démonstration !- d’histoire de la salsa…
Dimanche, fin de festival. La veille, Mercadonegro avait rendu les armes à 3 heures du matin. On était rincé. Au programme : Compota de Manana, de Barcelone... inconnu au bataillon, le groupe qui n’existe pas ! Autant dire que c’était plié. 20 heures, des riffs de cuivres, guitare électrique entre funk et rock, un chanteur en survet à fleurs aux tambours Batà. De la timba à Dax, la bonne blague ! (Le festival est réputé pour sa salsa beaucoup plus traditionnelle) Les gars mettent le feu à une audience éberluée immédiatement emballée. La dernière surprise de François Charpentier (le directeur musical) en aura laissé sans voix plus d’un.




        Lire aussi :
         

                Compota de Manana : « On joue de la timba hardcore »



CD : Yuvisney Aguilar - Piango Piango (2017, Rumor Records)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Les auditions au Sénat ont montré à quel point la vision brutale qu’entretient le président sur les rapports humains, sociaux et politiques influe aujourd’hui la vie américaine.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Etats-Unis : ce que révèlent les auditions pour la Cour suprême de l’influence de Donald Trump

Editorial. Les auditions au Sénat ont montré à quel point la vision brutale qu’entretient le président sur les rapports humains, sociaux et politiques influe aujourd’hui la vie américaine.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h26
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le choix d’un juge à la Cour suprême américaine, qui compte neuf magistrats nommés à vie par le président des Etats-Unis, est un rite essentiel de la vie politique outre-Atlantique. Il suscite traditionnellement de longs, profonds et parfois laborieux débats, qui reflètent le rôle crucial de la Cour dans l’évolution de la société américaine.
Il était sans doute inévitable que, à l’ère Trump, ces débats s’entourent d’un parfum de scandale, de divisions et de coups bas. Le spectacle offert la semaine dernière par les auditions au Sénat américain pour la confirmation du juge Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême, n’est pas totalement inédit : il a même ramené les Américains près de trente ans en arrière, lorsque, en 1991, une jeune juriste, Anita Hill, avait été mise en pièces par les sénateurs pour avoir osé accuser de harcèlement sexuel le candidat d’alors, le juge Clarence Thomas.

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                Etats-Unis : la controverse sur la nomination à la Cour suprême pèse sur les élections de mi-mandat



L’histoire, cependant, ne se répète jamais tout à fait. La comparution, jeudi 27 septembre, d’une professeure d’université de 51 ans, Christine Blasey Ford, qui accuse M. Kavanaugh d’avoir tenté de la violer au cours d’une soirée arrosée lorsqu’il avait 17 ans et elle 15 ans, montre à quel point la vision brutale qu’entretient le président Donald Trump sur les rapports humains, sociaux et politiques influe aujourd’hui sur la vie de la nation.
L’impact sur les électrices
Plusieurs différences distinguent les deux situations. Anita Hill et Clarence Thomas étaient tous deux noirs, devant une commission judiciaire du Sénat exclusivement composée d’hommes blancs, ce qui avait permis au juge Thomas de se défendre contre le « lynchage » d’un homme noir osant prétendre accéder à la Cour suprême : cet élément est absent de l’affaire Kavanaugh. La diversité a progressé au sein du Sénat, même si les membres républicains de la commission judiciaire sont si uniment masculins qu’ils se sont sentis obligés de recruter une procureure pour les aider à interroger Mme Ford. Autre différence : l’irruption du mouvement #metoo qui, depuis un an, a profondément secoué l’opinion publique.
Lui-même cible de multiples accusations, M. Trump, on s’en doute, a peu de goût pour ce mouvement. Il aurait tort, cependant, d’en sous-estimer l’impact sur les électrices, y compris républicaines, révélé par plusieurs sondages récents. Les doutes exprimés par le président sur la crédibilité de Christine Ford, la rage manifestée par le juge Kavanaugh face au sacrilège commis par une femme qui ose l’accuser, la violence de son réquisitoire ouvertement partisan contre les démocrates : tout cela est révélateur d’une vision manichéenne et archaïque des rapports hommes-femmes et d’une politisation troublante de la Cour suprême.

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                Affaire Kavanaugh : le coup de théâtre d’un sénateur taraudé par les doutes



L’embarras d’un sénateur républicain, Jeff Flake, après les auditions a conduit à l’ouverture d’une enquête du FBI. Très limitée dans le temps et dans son objet, cette enquête ne permettra peut-être pas d’établir la vérité. M. Trump et les républicains souhaitent évidemment parvenir à confirmer le juge Kavanaugh avant les élections de mi-mandat, le 6 novembre, qui pourraient tout remettre en cause.
En 1991, le Sénat avait confirmé le juge Clarence Thomas. Mais l’épreuve des auditions l’a rendu muet à l’extérieur de la Cour suprême, où il siège toujours. L’année suivante, le président George H.W. Bush était battu à l’élection présidentielle par un novice démocrate nommé Bill Clinton. Et un nombre record de femmes étaient élues au Congrès. A bon entendeur, salut.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Hugo Bompard, qui dirige un site d’investissement en ligne, regrette dans une tribune au « Monde » le retrait d’un amendement à la loi Pacte facilitant la transférabilité de son assurance-vie d’un gestionnaire à l’autre.
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Pourquoi bloquer « la portabilité des contrats d’assurance-vie » ?

Hugo Bompard, qui dirige un site d’investissement en ligne, regrette dans une tribune au « Monde » le retrait d’un amendement à la loi Pacte facilitant la transférabilité de son assurance-vie d’un gestionnaire à l’autre.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h23
    |

Hugo Bompard (Cofondateur et directeur scientifique de Nalo, site d’investissement financier en ligne)







                        



                                


                            

Tribune. L’objectif de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) a été maintes fois répété par le ministre de l’économie Bruno Le Maire : « Permettre aux Français de mieux préparer leur retraite mais aussi de mieux financer l’économie. » Pourtant, la transférabilité de l’assurance-vie, qui permettrait de répondre à cet enjeu, est aujourd’hui écartée.
Reprenons quelques chiffres : l’épargne retraite représente 200 milliards d’euros et l’assurance-vie 1 700 milliards d’euros, sur 5 000 milliards d’euros d’épargne en France. Le contrat d’assurance-vie est largement utilisé pour préparer sa retraite. Sur ces 1 700 milliards, 80 % sont investis dans des fonds en euros, un capital garanti qui ne finance pas l’économie.
En cause : l’absence de conseil et d’accompagnement des épargnants. Le seul moyen de changer de gestionnaire est de clôturer son contrat, en payant la fiscalité sur la plus-value réalisée par ce dénouement, et en perdant toute l’antériorité fiscale. Personne ne franchit donc le pas, chacun souhaitant conserver les rares avantages fiscaux concédés par cette enveloppe. Il s’agit là d’un véritable frein à la libre concurrence.
L’issue des débats semblait favorable
Lors d’une séance de la commission spéciale sur la loi Pacte, dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 septembre, le ministre et le rapporteur thématique ont mis en évidence l’importance de la portabilité des produits d’épargne pour en faire « un objectif majeur » et « un élément totalement structurant » de la loi Pacte, jusqu’à en faire « l’objectif de la réforme ». Ils avançaient les raisons suivantes :
– « La liberté de choix de l’épargnant », aujourd’hui « pieds et poings liés », comme l’a précisé Bruno Le Maire ;
– « La mise en concurrence des acteurs afin de faire baisser les coûts pour l’épargnant » ;
– « La portabilité...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Jean Grosset et Pierre Victoria, de la Fondation Jean Jaurès, dénoncent, dans une tribune au « Monde », l’« erreur historique » que serait l’adoption d’une réforme au rabais du rôle social de l’entreprise dans la loi Pacte, en cours de discussion à l’Assemblée.
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« Les propositions gouvernementales sont bien en deçà des propositions du rapport Sénard-Notat sur le statut de l’entreprise »

Jean Grosset et Pierre Victoria, de la Fondation Jean Jaurès, dénoncent, dans une tribune au « Monde », l’« erreur historique » que serait l’adoption d’une réforme au rabais du rôle social de l’entreprise dans la loi Pacte, en cours de discussion à l’Assemblée.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h02
    |

Jean Grosset (Directeur de l’Observatoire du dialogue social de la Fondation Jean-Jaurès) et Pierre Victoria (Directeur du développement durable d’...







                        



                                


                            

Tribune. Le président de la République l’avait pourtant bien dit sur TF1 le 18 octobre 2017 : « L’entreprise ne peut être simplement un rassemblement des actionnaires. Le code civil la définit comme tel ; l’entreprise, c’est un lieu où des femmes et des hommes se sont engagés, certains mettent du capital, d’autres du travail. »
Forts de ces propos, nous étions pleins d’espoir de voir la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) – en débat à l’Assemblée nationale depuis le mardi 25 septembre – affirmer l’ambition de repenser la place de l’entreprise dans la société. En effet, il est temps de mettre fin à cet anachronisme français qu’est la définition de la société commerciale, qui ne connaît que l’intérêt exclusif des actionnaires ; il est temps de renforcer le poids des salariés, l’autre partie constituante de l’entreprise, au sein des conseils d’administration à l’instar des autres pays de l’Union européenne.
Depuis près d’un an, nous sommes nombreux, universitaires, fondations, think tanks, syndicalistes, patrons progressistes, ONG, à avoir échangé autour d’une vision de l’entreprise, à la fois projet collectif, lieu de création de richesse partagée, espace de travail où chacun peut trouver, en plus d’un revenu, un sens à son activité et son propre épanouissement personnel.
Quatre propositions majeures
Même si, pour nous, l’entreprise est aussi un objet politique du fait de son influence sur la vie des individus, nous nous sommes rangés sous la bannière du rapport présenté par Jean-Dominique Sénard, président de Michelin, et Nicole Notat, présidente de l’agence de notation extra-financière Vigeo (« L’entreprise, objet d’intérêt collectif », Rapport aux ministres de la transition écologique, de la justice, de l’économie, 9 mars 2018), et nous avons soutenu leurs quatre propositions majeures : intégration de la responsabilité sociale et environnementale dans le...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’essayiste américain Mark Lilla estime que l’obsession des identités occulte la notion de bien commun. Le sociologue français Eric Fassin conteste cette thèse.
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Débat : la gauche s’occupe-t-elle trop des minorités ?

L’essayiste américain Mark Lilla estime que l’obsession des identités occulte la notion de bien commun. Le sociologue français Eric Fassin conteste cette thèse.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 17h02
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Si Mark Lilla et Eric Fassin se connaissent depuis les années 1990, alors qu’ils enseignaient à la New York University, et se revendiquent tous deux de la gauche, ils entretiennent pourtant des points de vue farouchement opposés.
Mark Lilla, essayiste et professeur de sciences humaines à l’université de Columbia (New York), publie début octobre La Gauche identitaire (Stock, 160 pages, 16 euros) une dure critique du progressisme américain, selon lui englué aujourd’hui dans des luttes culturelles en faveur des minorités.
Eric Fassin est quant à lui sociologue et codirige le département d’études de genre à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis. Il a notamment publié Populisme : le grand ressentiment (Textuel, 2017) et Gauche : l’avenir d’une désillusion (Textuel, 2014).

La gauche américaine s’est enferrée, selon Mark Lilla, sur la question identitaire, renvoyant chacun à ses « appartenances personnelles » pour mieux défendre les minorités. Mark Lilla, pouvez-vous nous en dire davantage ? Eric Fassin, ce diagnostic vous convainc-t-il ?
Mark Lilla : La critique fondamentale que j’adresse à la gauche identitaire porte sur le repli sur soi qu’elle promeut. A force d’inciter chacun à s’interroger sur les différentes identités qui le traversent, de race, d’orientation sexuelle, etc., cette gauche est moins en mesure de remporter des élections là où il le faudrait pour, ensuite, défendre les droits des minorités, ou atteindre tout autre objectif.
Rappelons que les Etats-Unis sont une fédération qui laisse de larges pouvoirs aux Etats. Ces derniers ont la liberté d’adopter leurs propres lois et d’interpréter les textes fédéraux comme ils l’entendent. Si vous voulez aider les gays et les Afro-Américains en Iowa, un Etat blanc et profondément religieux, il faut y gagner des élections, et pas seulement en Californie ou à New York. Et pour cela, il faut développer...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-17">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la situation des hôpitaux français après l’annonce par le gouvernement du retour à l’équilibre du budget de la Sécurité sociale en 2019.
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« La pression restera très forte sur l’hôpital »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la situation des hôpitaux français après l’annonce par le gouvernement du retour à l’équilibre du budget de la Sécurité sociale en 2019.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h12
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Qui a lu Le Lambeau, le chef-d’œuvre de Philippe Lançon, ne pourra plus parler de l’hôpital comme avant. Et surtout pas comme d’une institution qu’il faut coûte que coûte gérer « comme une entreprise », selon la méchante expression qui a cours depuis les années 1980.
Rescapé du massacre de Charlie Hebdo en janvier 2015, l’écrivain-chroniqueur en fait une description (Gallimard, 512 pages, 21 euros) à hauteur d’hommes et de femmes, esquissant le portrait de soignants gratifiés de petits noms : « Annette-aux-yeux-clairs », « la Marquise des Langes » virtuose du pansement…
C’est entendu, il a été « réparé » à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, un haut lieu de la médecine française. Mais on ne parle pas ici d’excellence médicale. Plutôt du don de soi que font bien des soignants. Lançon reconnaît même avoir puisé chez eux une partie de la substance nécessaire à sa renaissance. « Le patient est un vampire, et il est égoïste », écrit-il. Qui vampirise-t-il ? Les proches, bien sûr. Les médecins, les infirmières et les aides-soignants aussi, « des gens souvent héroïques ». « Tout le monde, ici, patients et soignants, paraît coûter trop cher à une société dont l’unique pensée de derrière semble être de réduire l’imagination, l’attention et les frais. »

Tout est dit, et mieux dit que dans un rapport de l’inspection des finances. Les hospitaliers souffrent d’absorber la souffrance du patient sans pouvoir, faute de moyens et de temps, leur offrir autre chose qu’un geste technique.
Ils en nourrissent souvent le sentiment amer d’avoir perdu le sens de leur métier, de ne plus savoir ce que veut dire « hôpital public »… Quand ils n’éprouvent pas une sorte de « honte » face au malade qui leur demande davantage que le respect d’un protocole de soins. Ils clament en vain que l’hôpital est – aussi – affaire d’humanité, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que le chef de l’Etat et sa rivale du second tour ont repris leur face-à-face idéologique à l’occasion des Européennes.
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« Le face-à-face Le Pen Macron, un combat où se jouerait l’avenir de la France et de l’Europe »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que le chef de l’Etat et sa rivale du second tour ont repris leur face-à-face idéologique à l’occasion des Européennes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h31
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Ils sont à des milliers de kilomètres l’un de l’autre et pourtant leur face-à-face a commencé. Ou plutôt recommencé. Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Marine Le Pen face à Emmanuel Macron.
Le match retour, comme si personne d’autre n’existait entre eux deux. Pas de gauche, pas de droite. Juste lui et elle dans un combat sans merci où se joueraient l’avenir de la France et celui de l’Europe sur fond de crise identitaire, de poussée populiste et de fragilisation des démocraties.
« Progressistes contre conservateurs », théorise le premier. « Nationaux contre mondialistes », rétorque la seconde que l’on disait sonnée après son quasi K.-O. lors du débat télévisé de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2017, par ailleurs assaillie par les difficultés financières, et qui, pourtant, remonte sur le ring comme si de rien n’était.
On n’entend qu’eux
A peine le président de la République avait-il confirmé, depuis les Antilles, son intention de s’impliquer dans la campagne des Européennes de mai 2019, que la patronne du Rassemblement national (ex-FN) appelait, dimanche 30 septembre sur France Inter, à un large ralliement des mécontents sous sa bannière.
A peine Emmanuel Macron précisait-il dans des confidences au Monde et au Journal du dimanche qu’en aucun cas « il ne changerait de politique », que Marine Le Pen ripostait : ces élections sont « la seule manière » pour les Français de « se faire entendre » du président de la République qui ne « veut pas les entendre ».
Ni l’un ni l’autre ne conduira de liste, personne ne sait à ce jour s’ils parviendront à constituer le large rassemblement qu’ils appellent de leurs vœux – « progressiste et démocrate » d’un côté, « patriote » de l’autre – et pourtant on n’entend qu’eux. Comme si le fait d’avoir été les rescapés du premier tour de l’élection présidentielle leur offrait...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-19">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans « La Gauche identitaire : l’Amérique en miettes », l’essayiste américain Mark Lilla fustige une gauche qui se complaît dans un discours sur la diversité et oublie les enjeux économiques et sociaux.
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Un essai contre une gauche américaine complaisante et fermée

Dans « La Gauche identitaire : l’Amérique en miettes », l’essayiste américain Mark Lilla fustige une gauche qui se complaît dans un discours sur la diversité et oublie les enjeux économiques et sociaux.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h30
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Livre. Aux Etats-Unis, la gauche a le champ libre, elle n’a face à elle « aucun adversaire digne de ce nom », se réjouit l’essayiste et professeur de sciences humaines à Columbia University Mark Lilla. Toutefois, le ton de ce pamphlet est à l’opposé de l’autosatisfaction. L’auteur souligne plutôt qu’un obstacle de taille doit encore être levé, les « gens de gauche » doivent se défaire de leur seul adversaire, « nous-mêmes », affirme Mark Lilla qui se revendique comme un « liberal », dit-il en anglais, un « modéré », en français.
Dans cet essai, Mark Lilla développe plus longuement une thèse qu’il avait déjà défendue dans une tribune controversée du New York Times, puis reprise par Le Monde (daté 9 décembre 2016), dans laquelle il fustigeait une gauche qui se complaît dans un discours sur la diversité, oubliant les enjeux économiques et sociaux, et la recherche du bien commun. Cette gauche identitaire serait particulièrement active dans les campus universitaires où les étudiants seraient encouragés au narcissisme et à ne plus s’intéresser qu’à leur identité, en fonction d’affinités raciales, de genre, ou d’orientation sexuelle.
Des coalitions ponctuelles
Le bref ouvrage qui paraît maintenant en France, un pays qu’affectionne tout particulièrement l’auteur, a relancé la polémique lors de sa parution originale aux Etats-Unis en août 2017 (Le Monde daté du 2 décembre 2017). Ses critiques ont vu dans cet ouvrage une attaque inutile, voire dangereuse, alors que l’administration Trump aggravait l’exclusion des minorités.
Mark Lilla n’en démord pas. La gauche identitaire promeut le repli, une attitude qui se marie bien à l’individualisme économique de notre époque, et ne pense plus la solidarité républicaine. Elle s’en remet à des coalitions ponctuelles, à la rencontre temporaire de différentes revendications, un mode de fonctionnement politique que l’auteur...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-20">
<filnamedate="20181002"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181002"><AAMMJJHH="2018100219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM) est en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement, analyse le correspondant du « Monde » Blaise Gauquelin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Le retour des communistes en République tchèque

Analyse. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM) est en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement, analyse le correspondant du « Monde » Blaise Gauquelin.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 10h14
    |

            Blaise Gauquelin (Prague, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Analyse. Les Tchèques devraient se presser devant les portes du Musée national, le 28 octobre, en vue de sa réouverture après rénovation. Car pour la première fois, un original des accords de Munich va y être exposé au public praguois. Les 29 et 30 septembre, le pays a aussi célébré le 80e anniversaire de la conférence qui s’est tenue dans la ville bavaroise. Réunissant les représentants de l’Italie fasciste, de l’Allemagne nazie, de la France et de la Grande-Bretagne, elle marqua l’abandon de la Tchécoslovaquie par les démocraties occidentales et permit l’annexion du territoire des Sudètes par Hitler.
L’humiliation a eu des conséquences énormes. La mémoire est restée à vif et les historiens tchèques débattent encore des défaillances, notamment dans l’intégration des minorités, ayant amené Berlin à envoyer des troupes. Le ressentiment anti-occidental était exploité à la libération par le Parti communiste tchécoslovaque (PCT). Depuis, la République tchèque a conservé un parti communiste, héritier direct du régime d’avant 1989.
Baptisé Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM), il est désormais en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement démocratique. « Il ne faut pas oublier que, contrairement à la Pologne, à la Hongrie ou à la Roumanie, le parti tchécoslovaque avait une assise dans la société industrialisée, des relais syndicaux et intellectuels entre les deux guerres, rappelle l’historien Jacques Rupnik, qui a publié une Histoire du Parti communiste tchécoslovaque. Or les accords de Munich ont été perçus comme une trahison discréditant l’option libérale et occidentale. Après la libération par l’Armée rouge, le PCT est arrivé en tête des suffrages. Il a réalisé un score de 40 % des voix dans les pays tchèques » (moins en Slovaquie). 
A la chute du rideau de fer, le PCT tentera de faire oublier qu’il « préside le syndic de faillite ayant...




                        

                        

