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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’ex-ministre des affaires étrangères caresse l’idée d’un échec des négociations avec l’Union européenne, dans l’impasse à ce stade, tandis que la première ministre espère encore les relancer.
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Au congrès du Parti conservateur, Boris Johnson pilonne le plan Brexit de Theresa May

L’ex-ministre des affaires étrangères caresse l’idée d’un échec des négociations avec l’Union européenne, dans l’impasse à ce stade, tandis que la première ministre espère encore les relancer.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h39
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Boris Johnson se verrait bien premier ministre à la place de Theresa May, mais il sait que les conservateurs réunis en congrès à Birmingham sont bien trop loyalistes pour aimer les coups d’Etat, surtout en plein sprint final des négociations sur le Brexit. Il lui reste sans doute assez de réalisme pour savoir que les députés conservateurs ne le soutiendraient pas. Dans un discours solennel prononcé mardi 2 octobre, l’ancien ministre des affaires étrangères a certes pilonné le « plan Chequers » sur le Brexit de Mme May, le qualifiant de « dangereux et instable » et affirmant qu’il ne correspond pas à « ce pour quoi nous avons voté ». Mais, à sa manière, allusive et humoristique, il ne s’est pas explicitement posé en recours. Se moquant de l’europhile ministre des finances Philip Hammond, qui a prédit que « Boris » ne deviendrait pas premier ministre, ce dernier a lancé : « C’est sa seule prédiction depuis longtemps qui s’approche de la vérité ».
M. Johnson n’est plus ministre et a perdu le droit de s’exprimer à la tribune du congrès. Mais son intervention, dans une salle de 1 500 places du centre de conférences de Birmingham, avait été préparée pour faire de l’ombre au congrès officiel et voler la vedette à la première ministre, qui doit le clôturer mercredi. Le trublion Boris a réussi à mobiliser son public, les militants faisant la queue pendant des heures pour ne pas manquer son discours, mais, plus sérieux qu’à son habitude, il n’a recueilli que des applaudissements polis.
« Il est temps de reprendre le contrôle »
Quelques heures avant le « discours événement » de M. Johnson, Theresa May avait d’ailleurs allumé des contre-feux en annonçant une réforme de la politique d’immigration pour l’après-Brexit. En menaçant de reléguer les Européens au même statut que les autres étrangers dans les procédures d’immigration et en annonçant la fin de l’entrée de travailleurs étrangers non qualifiés (souvent est-européens), la première ministre abattait franchement la carte « immigration » dans les négociations avec Bruxelles. Mais, en plein congrès de Birmingham, elle caressait aussi dans le sens du poil les plus radicaux des militants conservateurs, précisément le public de Boris Johnson : pour la première fois depuis « des décennies », a-t-elle proclamé, le Royaume-Uni va être un pays « qui contrôle et choisit ceux que nous voulons faire venir ici ».

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« Soutenons Theresa May du mieux que nous pouvons ! », a lancé M. Johnson au terme d’une intervention qui condamnait en réalité, sans appel, les concessions faites par la première ministre à l’UE, et appelait les militants à « balancer à la poubelle » son « plan Chequers » (« Chuck Chequers »). Ce projet, adopté en juillet par le gouvernement, prévoit de conserver un accès au marché unique pour les marchandises, et non pour les services, tout en restreignant la libre circulation de la main-d’œuvre. Ce que refusent les capitales européennes.

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Pour Boris Johnson, « il est vraiment temps de reprendre le contrôle et d’opérer la sortie élégante, honorable et reconnaissante pour laquelle le pays a voté » et de négocier un « super-accord de libre-échange » du même type que celui signé entre l’UE et le Canada. Alors que Mme May répète qu’il n’existe pas d’alternative à son « plan Chequers », même s’il a été refusé par l’UE, M. Johnson brandit la perspective d’un « no deal » – un échec des négociations qui verrait le retour des barrières douanières –, comme une perspective possible.
« Trahison » du Brexit
« Si nous trompons notre électorat, et le plan Chequers est bien une tromperie, cela ne fera qu’aggraver le sentiment de défiance » des électeurs, a-t-il ajouté, affirmant que le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, extrême droite) et le Labour de Jeremy Corbyn en tireraient bénéfice. Pour l’ancien ministre, le plan Chequers revient à trahir le Brexit et, dans ce cas, « croyez-moi, le peuple de ce pays ne vous le pardonnera pas », a-t-il averti. Quant à l’hypothèse d’un second référendum, il la considère comme « désastreuse » pour la confiance de l’opinion à l’égard de la politique.
En appelant aux valeurs traditionnelles des tories – initiative individuelle, libre entreprise, faible intervention de l’Etat –, il a assuré que ces principes permettraient de régler les grands problèmes du pays comme le logement et les bas salaires. Sans la viser nommément, il a accusé Theresa May, non seulement de remettre en cause les « opportunités » du Brexit, mais de « singer » Jeremy Corbyn en prônant un certain degré d’intervention de l’Etat, elle qui défend – sans la mettre en œuvre – la présence des salariés dans les conseils d’administration des entreprises, et a annoncé un plafonnement des tarifs du gaz et de l’électricité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ A moins de six mois de l’entrée en vigueur du Brexit, l’ancien ministre des affaires étrangères s’en est pris violemment à la première ministre britannique mardi au congrès des tories.
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Boris Johnson, le va-t-en-guerre du « hard Brexit » qui veut faire tomber Theresa May

A moins de six mois de l’entrée en vigueur du Brexit, l’ancien ministre des affaires étrangères s’en est pris violemment à la première ministre britannique mardi au congrès des tories.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 16h36
   





                        



   


La dernière facétie de « BoJo » a des allures de publicité pour une marque de croquettes canines. A Theresa May qui avouait lors d’un entretien télévisé que « courir dans un champ de blé » était « la chose la plus polissonne qu’elle ait jamais faite », Boris Johnson répond en se faisant immortaliser en plein footing à travers champs, dans la lumière dorée de la campagne britannique. Lui, n’a pas peur de ne pas être sage. C’en est devenu pléonastique.
Tant pis s’il faut renfiler le costume de pitre, Boris Johnson est prêt à tout pour tourner en ridicule la première ministre, symbole d’un « soft Brexit » dont il veut se faire le premier des détracteurs. Un rôle qu’il a tenté d’incarner, mardi 2 octobre, au congrès des tories (Parti conservateur), où il était l’attraction du jour.

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Une tribune privilégiée
A moins de six mois de la date fatidique de mise en œuvre du Brexit, le fantasque tribun a pu y exposer l’étendue de ses désaccords avec le gouvernement, grillant la politesse à Theresa May qui n’interviendra que mercredi. Une position privilégiée, d’autant que l’intéressé boit du petit lait depuis le rejet par l’Union européenne, la semaine passée, du « plan de Chequers », un partenariat douanier avec l’Union européenne défendu par la première ministre, et qui avait poussé Boris Johnson à démissionner du gouvernement début juillet.
« Ce n’est pas la démocratie. Ce n’est pas ce pour quoi nous avons voté », a-t-il lancé mardi, qualifiant le plan mis au point par Theresa May de « tromperie ». « Ne les croyez pas quand ils disent qu’il n’y a pas d’autre plan, ni d’autre alternative », a-t-il renchéri devant des délégués conservateurs debout pour l’acclamer.  

        Compte rendu (édition abonnés) :
         

          après le sommet européen, retour à Londres douloureux pour Theresa May



Officiellement, il est depuis occupé à mettre la dernière main à une biographie de Shakespeare, commandée par la maison d’édition Hodder en 2015 pour près de 700 000 euros. Mais, en coulisses, jamais il n’a quitté des yeux le 10 Downing Street, ce poste de premier ministre qu’il convoite depuis sa plus tendre jeunesse, passée sur les bancs du très bourgeois pensionnat d’Eton.
Tout l’été, Boris Johnson, 54 ans, a pris conseil sur la meilleure manière de doubler par la droite la première ministre conservatrice. Auprès de Steve Bannon, notamment, l’ancien conseiller en stratégie de Donald Trump, dont la presse ne cesse de tirer des parallèles populistes avec Boris Johnson. Mais aussi avec l’association Change Britain, à l’origine de l’intense campagne « Vote Leave » lors du référendum sur le Brexit, couronnée du succès que l’on sait.
Offensive en cours
Depuis début septembre, Boris Johnson est sur tous les fronts, tentant au passage de faire oublier son fracassant divorce estival pour infidélités répétées – peu goûtées par les toujours très puritains électeurs conservateurs. Cet ancien journaliste – renvoyé du Times pour avoir trafiqué une citation – a repris sa chronique dominicale dans The Telegraph. Il y tire à boulets rouges sur le gouvernement et fait du pied aux ex-électeurs du UKIP (United Kingdom Independence Party), le parti europhobe et de plus en plus anti-islam fondé par Nigel Farage. Début septembre, il y comparait ainsi les musulmanes en niqab à des « boîtes aux lettres » et des « braqueurs de banque ».
Signe de l’offensive en cours pour renverser le soldat May, le quotidien conservateur lui a même ouvert une double page le 27 septembre pour que le politicien expose son plan pour un « meilleur Brexit ». Il y compare le « plan de Chequers » à une « ceinture explosive » attachée au Royaume-Uni. Des propos qui ont choqué, y compris au sein du Parti conservateur. Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Alan Duncan, estimait ainsi qu’ils constituaient « un des moments les plus navrants de la politique moderne britannique ».

        Brexit, J –200 :
         

          les attaques de Boris Johnson contre Theresa May redoublent



Plasticité idéologique
Mais c’est un style que Boris Johnson assume, et revendique même. En 2001, en pleine campagne pour les législatives, le trublion interpelle un électeur : « Si vous votez tory, votre femme aura de plus gros seins et vous augmenterez vos chances d’avoir une BMW. » Une des – innombrables – tirades qui lui valent une sympathie populaire grandissante, et lui permettront d’être élu, à la surprise générale, maire de Londres en 2008 et en 2013.
C’est que Boris Johnson ne laisse pas grand-chose au hasard, y compris sa coupe de cheveux blonde peroxydée savamment décoiffée, devenue emblématique. Le politicien, fils d’un eurodéputé conservateur et d’une artiste peintre, n’est pas dépourvu de flair. Il sent le vent tourner, et n’hésite pas à aligner ses positions avec ses intuitions. Une plasticité idéologique qui lui vaut les railleries de ses collègues conservateurs, mais qui lui permet toujours de rebondir et de s’extirper des situations délicates.
En témoigne l’évolution de sa position sur le Brexit, sur laquelle il a lui-même avoué avoir hésité jusqu’au dernier moment. Depuis, cet eurosceptique est devenu le chantre d’un « hard Brexit », et défend notamment un « super-accord de libre-échange » avec l’UE, copié sur celui signé entre l’UE et le Canada (CETA). Une option qui n’apporte pas de solution à la question de la frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, principale pierre d’achoppement dans les négociations avec l’UE, a souligné Downing Street.

        Tchat avec notre correspondant :
         

          « Theresa May s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues »



Qu’importe, le discours de Boris Johnson reste populaire auprès d’une partie de l’électorat conservateur. Il apparaît au fil des mois comme une solution de dernier recours en cas d’échec des négociations. Celui qui pourrait rester intransigeant face à Bruxelles, et éviter au pays de s’abaisser à signer des accords contraires à sa décision de quitter l’UE. Au point que la presse britannique ne cesse de l’annoncer tous les six mois comme futur premier ministre. Avant de se rétracter. Car la faiblesse de l’ancien ministre est d’être si peu populaire parmi ses pairs.
Dans un « monde imaginaire »
Les alliés de Boris Johnson aux Communes se comptent sur les doigts d’une main. Une douzaine de conservateurs menacent même de quitter le parti s’il en devenait le leader. Quand le ministre des finances, Philip Hammond, estime que Boris Johnson évolue dans un « monde imaginaire », le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Alan Duncan, promet sur Twitter de veiller personnellement à mettre fin à la carrière de Johnson. Pas besoin d’un « Trump britannique », juge-t-il.

        Notre analyse (édition abonnés) :
         

          Le Royaume-Uni post-Brexit, avant-poste du trumpisme en Europe ?



Même l’ancien ministre chargé du Brexit David Davis, pourtant lui aussi favorable à la mise en place d’un accord de libre-échange, a pris ses distances. « Ses idées font de bons titres dans les journaux, mais pas forcément de bonnes politiques. » Et Theresa May, malgré des désaveux réguliers de la part des Britanniques ou des Européens, réussit le tour de force de rester le plus petit dénominateur commun parmi les tories. Boris Johnson sera contraint de jouer sa meilleure partition pour espérer la déloger.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Selon le parquet, une femme a payé 70 000 euros pour faire assassiner le reporter en février dernier.
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Une commanditaire du meurtre du journaliste slovaque Jan Kuciak identifiée

Selon le parquet, une femme a payé 70 000 euros pour faire assassiner le reporter en février dernier.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 15h11
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Le commanditaire était une femme. Selon le parquet slovaque, une traductrice âgée de 44 ans et nommée Alena Zs. aurait payé 70 000 euros pour faire assassiner le journaliste Jan Kuciak en février dernier. Lors d’une conférence de presse organisée à Bratislava, lundi 1er octobre, un procureur a ajouté que le meurtre avait été exécuté par un ancien policier, Tomas Sz. Deux autres personnes, Miroslav M. et Zoltan A., auraient respectivement servi de chauffeur et d’intermédiaire. Interpellés la semaine dernière, les suspects ont été inculpés et placés en détention.

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Les preuves à leur encontre seraient « solides ». Les enquêteurs de ce pays d’Europe centrale de 5,4 millions d’habitants, ayant rejoint l’Union européenne en 2004, ont notamment saisi un téléphone portable et trois véhicules utilisés pour la préparation du crime. Ils estiment que Jan Kuciak a été la cible d’une action préméditée. Il a été assassiné par balles avec sa compagne Martina Kusnirova le 25 février, à 27 ans seulement, dans la maison du couple en rénovation à Velka Maca, 65 kilomètres à l’est de la capitale.
L’avocat de la famille du reporter, Daniel Lipsic, pense toutefois qu’Alena Zs. n’aura servi que d’intermédiaire entre le véritable donneur d’ordre et l’assassin. Selon la presse slovaque, elle traduisait l’italien pour un sulfureux homme d’affaires, Marian Kocner, dont les activités avaient fait l’objet d’articles rédigés par Jan Kuciak pour Aktuality.sk, le deuxième site d’information le plus lu du pays. M. Kocner serait par ailleurs le parrain de sa fille.
Intimidations
Les autorités slovaques se refusent toutefois à faire un lien entre lui et le double homicide. Il est mis en examen pour une autre affaire et a été placé en détention en juin. En septembre 2017, Jan Kuciak, qui travaillait depuis trois ans pour le groupe Ringier Axel Springer et reste à ce jour le seul reporter assassiné depuis l’indépendance de la Slovaquie, acquise en 1993, disait avoir été menacé par M. Kocner et n’avoir eu aucune nouvelle de la police quarante-quatre jours après le dépôt de sa plainte.
Un autre reporter, travaillant pour le quotidien Sme, a affirmé avoir subi les mêmes intimidations de la part de M. Kocner, et ce après la mort de son confrère. Le journal relate qu’en conférence de presse, le businessman a même affirmé vouloir mettre en ligne un site Internet publiant des informations sur la vie privée des journalistes.
Cet entrepreneur avait acquis un appartement, revendu depuis, dans un complexe immobilier où réside Robert Fico, l’ancien premier ministre slovaque, qui avait dû démissionner sous la pression de la rue et de l’émotion suscitée par le décès des deux jeunes gens. Le logeur de M. Fico, Ladislav Basternak, a fait l’objet d’une enquête pour fraude fiscale, alors que le ministre de l’Intérieur, Robert Kalinak, lui aussi démissionnaire, était actionnaire de sa compagnie.
« Chaîne de commandement »
Dans un communiqué, l’association Reporters sans frontières (RSF) s’est félicitée des progrès accomplis dans l’enquête plus de sept mois après les faits, alors que le nombre des affaires de corruption couvertes par Jan Kuciak offrait un champ très vaste d’investigation. Il avait également effectué des recherches sur la ’Ndrangheta, la mafia calabraise.
« Le procureur a reconnu que ces arrestations avaient connu une accélération sous la pression constante de la société civile, rappelle Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Nous demandons que l’enquête soit menée à son terme afin de déterminer le mobile de cet assassinat et d’identifier, le cas échéant, les autres personnes impliquées dans la chaîne de commandement. »
Ces dix dernières années, RSF a fait état de quatre meurtres de journalistes au sein de l’Union européenne, en dehors du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo en 2015. Outre la Slovaquie, ces assassinats sont à déplorer à Malte, en Croatie et en Grèce.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ En cédant Editis à Vivendi, le géant espagnol de l’édition renonce à son expansion hors du marché hispanophone. L’opération intervient au cœur d’une année troublée pour ce groupe présent également dans les médias.
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édition abonné


Météo orageuse pour l’éditeur Planeta

En cédant Editis à Vivendi, le géant espagnol de l’édition renonce à son expansion hors du marché hispanophone. L’opération intervient au cœur d’une année troublée pour ce groupe présent également dans les médias.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 12h00
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Pour Planeta, 2018 a tout de l’annus horribilis. Le géant espagnol de l’édition, propriété de la famille Lara, vient de traverser neuf mois pour le moins mouvementés. Sans doute les plus agités depuis la mort, fin janvier 2015, du patriarche du groupe, José Manuel Lara Bosch. En effet, le 30 juillet, Planeta a annoncé la cession d’Editis, deuxième ensemble éditorial français, à Vivendi pour 900 millions d’euros, quelques semaines après avoir vendu son siège emblématique à Barcelone.

Acheté à Wendel en 2008 pour 1,026 milliard d’euros, Editis, qui détient entre autres dans son giron Robert Laffont, Plon, Les Presses de la Cité, Pocket, 10/18, Nathan et Bordas, était le fleuron de Planeta. Il devait renforcer la « vocation internationale » du groupe, au-delà du marché hispanophone – Espagne et Amérique latine –, qu’il domine depuis plusieurs années.
La cession, qui doit être conclue d’ici à la fin de l’année, offrira une bouffée d’oxygène au groupe espagnol, dont la dette est évaluée à un peu plus de 1,2 milliard d’euros, mais surtout à Hemisferio, la société d’investissement des Lara, qui aurait accumulé, quant à elle, plus de 400 millions d’euros de dettes à la suite de la dépréciation de ses participations dans le groupe bancaire Banco Sabadell, durement touché par la crise financière de 2008, et dont elle fut le principal actionnaire. Hemisferio était propriétaire du siège de Planeta, vendu pour 210 millions d’euros au fonds d’investissement américain Black­stone, et de 40 % d’Editis.
Le ton de cette année 2018 a été donné en février par le départ forcé de José Manuel Lara Garcia, fils du patriarche défunt, qui se considérait comme l’héritier naturel de l’empire familial à la place de son père. Les ambitions de M. Lara Garcia, 43 ans, qui occupait depuis 2015 le poste de directeur général, n’auraient pas plu au PDG de Planeta, José Creuheras, un pilier de la maison, qui a décidé, avec le soutien du reste de la famille,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les 28 pays membres de l’UE sont parvenus, mardi, à un accord pour pouvoir réduire la TVA des publications numériques, comme c’est le cas pour leurs équivalents imprimés.
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Accord européen pour réduire la TVA sur les publications numériques

Les 28 pays membres de l’UE sont parvenus, mardi, à un accord pour pouvoir réduire la TVA des publications numériques, comme c’est le cas pour leurs équivalents imprimés.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 13h49
   





                        



   


Après deux ans de négociations, les 28 pays de l’Union européenne sont parvenus, mardi 2 octobre, à un accord pour autoriser les Etats membres à appliquer des taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) réduits, très réduits ou même nuls aux publications numériques.
L’idée principale de cette initiative, très largement soutenue par l’Allemagne et la France, est d’aligner les règles en matière de TVA pour les publications numériques (livres électroniques et journaux en ligne) sur leurs équivalents imprimés, à une époque où le papier est de plus en plus remplacé par les écrans.

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                Directive sur le droit d’auteur : « Les GAFA doivent accepter un partage de la valeur », selon le patron de l’AFP



En matière fiscale, il faut obtenir l’unanimité des 28 pays membres pour qu’une proposition européenne puisse être adoptée, ce qui rend les réformes plus difficiles dans ce domaine. Le Parlement européen a quant à lui la possibilité de rendre un avis mais qui n’est pas contraignant, les Etats membres gardant la main sur toutes les questions fiscales.
Modèle économique fragile
Le Commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, s’est félicité de cet accord auquel sont parvenus les Vingt-Huit, lors d’une réunion des ministres des finances à Luxembourg : « C’est une véritable avancée (…) nous devons vivre avec notre temps et savoir qu’un livre est un livre quel que soit le support sur lequel il est écrit. » « La disposition que vous adoptez aujourd’hui sera un véritable soutien à la création, à la liberté de la presse, à la liberté des médias, et donc c’est un moment très important », a-t-il ajouté.
En 2014, la France avait déjà décidé de ramener le taux de TVA sur la presse en ligne à 2,1 %, au lieu de 20 %, comme pour la presse imprimée, afin de soutenir un modèle économique encore fragile. Cette mesure, qui avait à l’époque irrité la Commission européenne, était réclamée de longue date par des sites d’informations en ligne comme Mediapart.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Nick Romaniuk, coordonnateur de recherche à bord de l’« Aquarius », déplore la montée de l’indifférence à l’égard des migrants perdus en mer. Il s’étonne d’être devenu un criminel, alors qu’il ne fait profession que de sauver des vies.
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« Pour les migrants en mer, le plus grand danger c’est la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »

Dans une tribune au « Monde », Nick Romaniuk, coordonnateur de recherche à bord de l’« Aquarius », déplore la montée de l’indifférence à l’égard des migrants perdus en mer. Il s’étonne d’être devenu un criminel, alors qu’il ne fait profession que de sauver des vies.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h22
    |

Nick Romaniuk (Coordonnateur recherche et sauvetage pour SOS MEDITERRANEE à bord de l’"Aquarius")







                        



                                


                            
Tribune. Chaque été pendant les vacances, quand j’étais môme, je participais fièrement à la compétition de nage organisée pour collecter des fonds au profit du secours en mer local. Les équipages du Royal National Lifeboat Institute (l’Institut royal national des bateaux de sauvetage, une ONG créée par la société civile pour sauver des vies en mer) étaient considérés avec respect dans toute la ville et nous autres gamins les idéalisions, ces hommes et femmes au visage tanné qui n’hésitaient pas à tout laisser tomber pour partir en mer quand des vies étaient en danger. Des hommes comme Kieran Cotter qui tenait une boutique en ville et dirigeait les secours. J’admirais cet homme. Je rêvais d’être un jour admis dans son équipe.
Les gardes-côtes sont devenus les ennemis des gens qui ont besoin d’être secourus, les repoussant vers l’« enfer »
J’imaginais l’officier de veille des gardes-côtes du coin penché sur sa radio par une nuit d’orage pendant qu’un bateau en détresse lance des SOS. Le bipeur de M. Cotter se met alors à sonner. Il quitte aussitôt son appartement au-dessus de sa boutique et retourne la pancarte « Sorti pour un sauvetage » avant de fermer la porte, sans savoir s’il sera rentré à temps pour pouvoir ouvrir le lendemain matin. Le vent mugit quand il arrive au poste de sauvetage et l’écume blanchit la baie d’une rive. Ça ne fait rien, des gens sont en danger. Il doit y aller. Quand tout l’équipe est monté à bord, il démarre les moteurs, ferme les écoutilles et lance son canot vers le large. « Tenez bon, j’arrive ! » Mais tout ça n’était qu’un rêve…
Plus de vingt ans plus tard je suis SARCo (Search and Rescue Coordinator – coordonnateur recherche et sauvetage) à bord de l’Aquarius, bâteau opérant en Méditerranée centrale pour tenter de porter secours à des gens qui n’ont aucun moyen de lancer des SOS. Peu importe d’ailleurs : de toute façon personne n’écoute. Les gardes-côtes sont devenus les ennemis des gens...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ A l’image d’Orban en Hongrie ou de Matteo Salvini en Italie, Marine Le Pen entend faire du scrutin européen un référendum pour ou contre l’immigration, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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« La question de l’immigration est en passe de s’imposer comme l’enjeu central des européennes »

A l’image d’Orban en Hongrie ou de Matteo Salvini en Italie, Marine Le Pen entend faire du scrutin européen un référendum pour ou contre l’immigration, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h30
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. Le paysage des élections européennes de mai 2019 se dessine à vive allure depuis la rentrée. Certes, la configuration des forces en présence est encore floue. Le choix des têtes de listes et la composition de ces listes ne sont encore, au mieux, qu’à l’état d’ébauche. Les initiatives se multiplient, à gauche, à droite et ailleurs, pour se compter dans un scrutin proportionnel national propice à l’expression des singularités. De même à l’échelle européenne, les grandes manœuvres sont engagées pour tenter d’organiser le rapport des forces dans le futur Parlement européen, et il serait très prématuré d’en préjuger.
Mais le terrain sur lequel va se mener la bataille ne fait guère de doute : plus que l’avenir de l’Union européenne elle-même et de sa capacité à exister collectivement dans un monde chamboulé notamment par le protectionnisme américain ou l’émergence de la puissance chinoise, c’est la question de l’immigration qui est en passe de s’imposer comme l’enjeu central.

Partout ou presque en Europe, de la Hongrie à l’Italie, en Allemagne ou en Pologne, en Autriche, en République tchèque ou dans les pays scandinaves, des partis de droite ultraconservatrice ou d’extrême droite affichée soit ont accédé au pouvoir, soit ont le vent en poupe. Et tous ont fait du rejet de l’immigration leur cheval de bataille. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, l’a résumé brutalement, le 28 août à Milan, lors d’une rencontre avec le ministre de l’intérieur et leader de l’extrême droite italienne, Matteo Salvini : « Il y a actuellement deux camps en Europe. Macron est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l’immigration illégale. »
Etrange embarras
C’est pour le moins rustique. Mais cet angle d’attaque est repris à leur compte par l’extrême droite et une partie de la droite françaises. Ce n’est pas une surprise de la part du Rassemblement national,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ A partir du 12 octobre, des sigles remplaceront les noms actuels dans toutes les stations-service de l’UE.
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Les carburants changent de nom : comment s’y retrouver

A partir du 12 octobre, des sigles remplaceront les noms actuels dans toutes les stations-service de l’UE.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h48
   





                        


A partir du 12 octobre, plus de sans-plomb 98 ou de diesel à la pompe : les carburants changent de nom. Une signalétique unique va être mise en place dans toute l’Union européenne et dans sept pays voisins (Islande, Liechtenstein, Norvège, Macédoine, Serbie, Suisse et Turquie).
Une figure géométrique et des chiffres seront dorénavant associés à chaque type de carburant.

   


Essence
L’essence sera reconnaissable grâce à un cercle entourant un « E » accompagné d’un chiffre indiquant la teneur en Ethanol (5 % pour l’E5 [l’actuel sans-plomb 98], 10 % pour l’E10 [le sans-plomb 95] et 85 % pour l’E85).
Diesel
Le diesel sera représenté par un carré avec à l’intérieur la lettre « B » suivie d’un chiffre indiquant la teneur en biocarburant. Le sigle « XTL » sera employé pour signaler le diesel synthétique, non dérivé du pétrole.
Carburants gazeux
Les carburants gazeux seront marqués de losanges portant les mentions « H2 » pour hydrogène, « CNG » pour gaz naturel comprimé,« LPG » pour gaz de pétrole liquéfié et « LNG » pour gaz naturel liquéfié.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Assadolah Assadi est soupçonné d’avoir commandité un projet d’attentat à Villepinte, en juin.
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L’Allemagne remet un agent iranien à la Belgique

Assadolah Assadi est soupçonné d’avoir commandité un projet d’attentat à Villepinte, en juin.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h58
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Un tribunal de Bamberg (Bavière) a autorisé la remise à la justice belge d’un diplomate iranien, Assadolah Assadi, soupçonné d’être mêlé à un projet d’attentat qui devait viser le 30 juin, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le rassemblement annuel du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), vitrine politique des Moudjahidine du peuple (MEK), des opposants en exil au pouvoir de Téhéran.
La décision du tribunal, prise le 27 septembre, a fait l’objet d’un communiqué, lundi 1er octobre. En poste à Vienne depuis 2014, M. Assadi avait été arrêté en juillet à Aschaffenbourg, en Bavière. La justice belge, sur la foi d’informations fournies par les services allemands et français, le soupçonne d’être le commanditaire de l’opération qui devait être exécutée par un couple d’Iraniens arrêtés, le jour même du meeting, dans la banlieue de Bruxelles.
La police avait trouvé dans leur voiture un dispositif de mise à feu et un demi-kilo de péroxyde d’acétone (ou TATP), un explosif que le diplomate leur aurait remis, selon Bruxelles. Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été mis en examen à Anvers, où ils résident, pour tentative d’attentat terroriste. Se présentant comme des opposants à Téhéran, ils ont affirmé avoir été menacés, ainsi que leurs proches, s’ils n’exécutaient pas la mission.
« Eclaircir tout ce qui s’est passé »
Selon le ministère public allemand, M. Assadi est membre des services de renseignement iraniens, et sa tâche principale était « d’observer et combattre les groupes d’opposition en Iran et à l’étranger ». Il était placé en détention provisoire pour activités de renseignement et complot en vue de commettre un meurtre. Le tribunal a estimé qu’il ne pouvait pas se prévaloir de son immunité diplomatique. Téhéran a protesté contre son arrestation, en dénonçant en un montage des Moudjahidine visant à torpiller la tentative européenne de sauver l’accord sur le nucléaire iranien. Le président Hassan...




                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les ministres des finances de la zone euro, réunis à Luxembourg, ont évité de jeter de l’huile sur le feu, en soutenant leur homologue transalpin.
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Le budget « hors des clous » de l’Italie inquiète l’UE

Les ministres des finances de la zone euro, réunis à Luxembourg, ont évité de jeter de l’huile sur le feu, en soutenant leur homologue transalpin.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h05
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Réunis à Luxembourg, les ministres des finances de la zone euro devaient parler de l’avenir, en l’occurrence de celui du Mécanisme européen de stabilité (le fonds de secours aux Etats créé pendant la crise). Mais le budget italien pour 2019, « hors des clous » de l’avis même du commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, était dans toutes les têtes, lundi 1er octobre.
En annonçant, jeudi 27 septembre, un déficit public à 2,4 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2019, 2020 et 2021, les deux partis de coalition au pouvoir à Rome – le Mouvement 5 étoiles (M5S, « antisystème ») et la Ligue (extrême droite) – ont lancé un défi à Bruxelles. La Commission, alarmée par une dette publique italienne qui culmine à plus de 130 % du PIB, espérait un déficit contenu à 0,8 % dès 2019.

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                Avec l’annonce de son déficit public, l’Italie défie Bruxelles et les marchés



« La Commission prendra ses responsabilités pour sauvegarder les intérêts de tous les citoyens italiens et européens, a déclaré M. Moscovici. L’Italie est le seul pays qui prévoit un budget expansionniste pour l’an prochain. Est-ce vraiment en dépensant plus que l’on crée de la croissance ? »
Avant de prendre position de manière définitive, Bruxelles attend que, comme les autres capitales, Rome lui envoie officiellement son budget 2019, au plus tard le 15 octobre. Mais, déjà, les experts voient mal comment le gouvernement Conte pourra échapper, au minimum, à une demande de révision budgétaire de la part de l’institution.

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« Nous devons éviter que l’Italie demande des traitements spéciaux qui, s’ils sont accordés à tous, signifient la fin de l’euro », a souligné Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Inquiets et irrités à la perspective d’une épreuve de force entre Bruxelles et l’Italie, troisième économie de la zone euro, les ministres des finances des autres Etats membres ont modéré leurs propos.
« Les détails manquent »
« Les signaux ne sont pas très rassurants, mais les détails manquent et les négociations sont encore en cours à Rome », relevait ainsi le ministre néerlandais ­Wopke Hoekstra, l’un des plus attachés au respect du pacte de stabilité et de croissance.
Pas question d’inquiéter davantage les marchés : les Grecs, les Portugais ou les Espagnols craignent de voir le coût de leur dette augmenter, les investisseurs ayant tendance à mettre « dans le même sac » tous les pays ayant frôlé la faillite pendant la crise. Les ministres ont aussi tenu à soutenir leur homologue italien, Giovanni Tria.
Ce dernier s’est une nouvelle fois voulu rassurant sur la dette transalpine, qui continuerait à baisser, expliquant que les négociations étaient encore « en cours » au sein de la coalition. Il s’est dit prêt à « discuter » avec la Commission après la transmission du budget à Bruxelles.

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                Budget de la zone euro : les Européens font de la résistance



Ainsi, le projet de budget de la zone euro cher au président français Emmanuel Macron paraît compromis. Bruno Le Maire a pourtant haussé le ton à Luxembourg, jugeant que les Européens devaient se « décider maintenant » sur la réforme de l’eurozone et l’instauration d’une taxe numérique, autre projet porté par Paris.
Toutefois, la volonté de l’Italie de laisser filer ses déficits conforte les préjugés des pays du Nord – Allemagne et Pays-Bas en tête – à l’égard de ces « pays du Club Med », critiqués à l’acmé de la crise pour leur supposée propension à dépenser sans compter et à faire peu de cas des règles communes.

Vers une TVA à taux réduit sur les e-books
Les ministres européens des finances devaient enfin approuver à l’unanimité, mardi 2 octobre, la baisse du taux de TVA sur les publications numériques (e-books, presse en ligne). Cette directive, proposée dès 2016 par la Commission, était bloquée depuis un an par la République tchèque, qui réclamait en échange des aménagements concernant une autre réforme portant sur la collecte de la TVA. La France appliquait déjà ce taux réduit sur les e-books, en infraction de la loi européenne, afin de ne pas pénaliser ce secteur en devenir.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/02/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Emprisonné depuis 2016, le dissident kurde et leader du HDP, Selahattin Demirtas a publié un recueil de nouvelles « L’Aurore » en 2017.
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Un « J’accuse » venu de derrière les barreaux turcs sélectionné pour le prix Médicis


                      Emprisonné depuis 2016, le dissident kurde et leader du HDP, Selahattin Demirtas a publié un recueil de nouvelles « L’Aurore » en 2017.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h37
    |

                            Juliette Branciard








   


Les prisons turques produisent quantité d’écrivains », ironisait, en janvier, la romancière Asli Erdogan, lauréate du prix Simone de Beauvoir 2018. « Selahattin Demirtas a commencé à écrire en prison », ajoutait-elle comme un rappel. Arrêté en novembre 2016, lors des purges qui ont suivi le putsch manqué contre le président Erdogan, ce dissident kurde, leader du Parti démocratique des peuples (HDP), poursuit son combat politique derrière les barreaux grâce à la fiction. De son silence forcé est né L’Aurore, publié en 2017 en dépit de la censure et rapidement devenu un best-seller en Turquie – plus de 200 000 exemplaires vendus. Ce recueil de nouvelles vient de sortir en France.
« Il y a quelque chose de Vaclav Havel et de Mandela, chez ce bonhomme-là. » Emmanuelle Collas, éditrice
On y découvre l’histoire de Seher, Nazo, Semra, Mina ou encore Rukiye. Des portraits de mères, d’adolescentes et d’amoureuses dans la Turquie et la Syrie contemporaines, que l’auteur dédie « à toutes les femmes assassinées, à toutes celles victimes de violences… ». Ce texte n’aurait pas dépassé le détroit du Bosphore sans l’engagement tenace de l’éditrice française Emmanuelle Collas. « Il y a quelque chose de Vaclav Havel et de Mandela, chez ce bonhomme-là », soutient l’ancienne archéologue, historienne de la Grèce antique et de la Mésopotamie, tombée amoureuse de la Turquie et de ses écrivains lors de ses nombreux voyages professionnels. Lorsqu’elle contacte, en janvier, le détenu par lettre pour tenter de le faire connaître en France, l’éditrice pèse bien ses mots. « Cher Selahattin Demirtas, je vous écris pour vous parler de littérature, mais pas seulement. (…) J’ai eu la chance de pouvoir lire votre recueil de nouvelles en turc, Seher, dont les mots mais aussi les silences sont lourds de sens… » Pari réussi.

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La commission de lecture du courrier de la prison d’Edirne n’y prête pas attention. Ce n’est qu’un mois et demi plus tard qu’elle reçoit l’accord enthousiaste de l’écrivain. S’ensuit une collaboration laborieuse, freinée par quantité d’intermédiaires, agents, éditeurs, avocats, de personnels de prison et résistants de l’ombre. Pendant près d’un an, Emmanuelle Collas s’accroche à son intuition. Un coup de cœur pour l’homme et sa plume, qu’elle exprime dans la préface : « Selahattin Dermitas aurait pu nous livrer un récit pesant sur le viol, les crimes d’honneur, le travail des enfants, l’exil ou la guerre ; bien au contraire, il lui donne un ton drôle et terrible à la fois. Subversif et obsédant aussi. » 
Une littérature de résistance
« A l’heure où les fascismes montent en Europe », la diffusion de ce manifeste contre la violence d’Etat lui paraît capitale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’éditrice a choisi d’ajouter un « l’» au titre original, Seher, qui signifie « aurore » en turc. La référence au journal dans lequel Zola publie « J’accuse » ancre un peu plus l’écrivain dans cette littérature de résistance. Mais ça, la Française s’est interdit pour l’instant de le lui souffler. « Si un jour nous nous rencontrons, nous nous sommes promis de nous raconter tout ça », confie-t-elle avec émotion. D’ici là, c’est elle qui est chargée de le représenter au pays des droits de l’Homme.

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Incarcéré depuis bientôt deux ans, Selahattin Demirtas est toujours dans l’attente de son jugement. L’homme qui rêvait d’une « Turquie plurielle » à la présidentielle de 2015 est accusé de « diriger une organisation terroriste », d’« incitation à la haine et à la révolte », d’« incitation à la transgression des lois », d’« incitation au crime » et d’« apologie du crime et des criminels ». Agé de 45 ans, il risque jusqu’à 142 ans de prison. Malgré ses conditions de détention sous haute sécurité, l’homme s’est porté candidat aux dernières élections anticipées de juin. Sa campagne, menée en quelques Tweet depuis sa cellule, n’a pas fait le poids face à Recep Tayyip Erdogan, réélu dès le premier tour avec 52 % des suffrages. « Résistance n’est qu’espérance », écrivait René Char. Dans une tribune publiée, en juin, dans Le Monde, à la suite de son échec, le prisonnier politique déclarait vouloir continuer à « s’opposer sans reculer d’un pas », lui qui jouit en définitive d’une plus grande liberté depuis sa prison face à « ceux qui (…) dehors vivent dans une prison à ciel ouvert ». Sélectionné pour le prix Médicis, son premier acte littéraire est promis à un bel avenir. Quant à son éditrice, Emmanuelle Collas, elle a promis à sa fille de ne pas voyager en Turquie avant quelque temps.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’opération s’inscrit dans la stratégie d’internationalisation du groupe turinois, dont la part de marché dans la Péninsule atteint 45 %.
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L’italien Lavazza repart à l’offensive, avec l’achat du café de Mars

L’opération s’inscrit dans la stratégie d’internationalisation du groupe turinois, dont la part de marché dans la Péninsule atteint 45 %.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h26
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

« Lavazza veut rester indépendant ; et, pour garder notre autonomie, il n’y a pas d’alternative à la croissance », martèle Giuseppe Lavazza. Le vice-président du groupe familial turinois n’en démord pas : face aux appétits redoublés de ses concurrents, il doit garder son carnet de chèques ouvert. Au printemps, il affirmait avoir 500 millions d’euros en caisse, mais pas encore de cible en vue. Mais c’est chose faite. L’Italien en a trouvé une. Lavazza a annoncé, lundi 1er octobre, l’acquisition de Mars Drinks, l’activité café du géant américain. Une transaction dont le montant est estimé à 650 millions de dollars (560 millions d’euros).
La société turinoise profite de la volonté de recentrage de Mars, connu pour ses marques de confiserie M & M’s, Snickers ou Skittles, mais aussi d’alimentation pour chiens et chats Pedigree, Royal Canin ou Whiskas. Elle s’empare ainsi d’un ensemble qui pèse 350 millions de dollars (302 millions d’euros) et emploie 900 personnes. Une activité centrée sur deux marques, Flavia et Klix, présentes respectivement dans l’univers du café au bureau et de la distribution automatique.
« L’opération s’intègre parfaitement à notre stratégie d’expansion internationale et de renforcement sur les marchés-clés », indique Antonio Baravalle, administrateur délégué du groupe Lavazza. L’homme est chargé, depuis 2011, par les descendants de Luigi Lavazza, fondateur en 1895 du torréfacteur turinois, de mettre en musique l’internationalisation. Un impératif quand le spécialiste du petit noir détient 45 % de part de marché dans la Péninsule.
Chiffre d’affaires doublé
L’acquisition de Mars Drinks renforce les positions de l’italien sur les marchés américains, allemand, français, anglais, canadien et japonais. Surtout, il lui donne de nouveaux atouts sur des activités qu’il considère comme centrales, celle du café en entreprise comme celle des distributeurs automatiques. D’ailleurs, en France, il vient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ En 2017, 18,4 millions d’Allemandes âgées de 20 à 64 ans avaient un travail, soit 75,2 % de cette classe d’âge. Mais le travail a temps partiel et les inégalités restent importantes.
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En Allemagne, une femme sur deux travaille à temps partiel

En 2017, 18,4 millions d’Allemandes âgées de 20 à 64 ans avaient un travail, soit 75,2 % de cette classe d’âge. Mais le travail a temps partiel et les inégalités restent importantes.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 10h14
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Dans l’Allemagne du quasi-plein-emploi (5,2 % de chômage), les femmes sont devenues des recrues très courtisées. Corollaire du développement spectaculaire de la population active, le taux d’activité des femmes, outre-Rhin, est le troisième le plus élevé de l’Union européenne (UE). En 2017, 18,4 millions de femmes âgées de 20 à 64 ans avaient un travail, soit 75,2 % de cette classe d’âge, contre 66,7 % en France. Seules la Suède (79,8 %) et la Lituanie (75,5 %) font mieux. En une décennie, le taux d’activité féminine a fortement progressé (66,7 % en 2007), même s’il reste inférieur à celui des hommes (83,1 %).
« La participation des femmes au marché du travail a considérablement augmenté, et s’est rapprochée de celle des hommes, explique Susanne Wanger, de l’IAB, le centre de recherche de l’agence allemande pour l’emploi. Mais cette participation accrue s’est principalement faite grâce au temps partiel, qui concerne une femme sur deux. » Cela recouvre aussi bien les emplois réguliers à mi-temps que les minijobs, ces emplois précaires à 450 euros, non imposés, créés en 2005. Conséquence, le volume de travail féminin total n’a augmenté que de 4,5 % entre 1995 et 2014.

Interruption de carrière après la naissance d’un enfant
Les femmes allemandes interrompent généralement leur carrière à la naissance d’un enfant, puis ne le reprennent qu’à temps partiel une fois que ce dernier est entré en maternelle. Cet effet est moins marqué à l’Est, où le modèle de la mère travaillant à temps plein, encouragé à l’époque par le régime communiste, reste dominant. Les structures de gardes pour la petite enfance y sont très développées. Ces différences ont toutefois tendance à s’estomper, notamment sous l’effet d’un programme de développement des crèches sous le premier gouvernement Merkel (2009-2013). Les mesures pour faciliter le retour des femmes au travail après la naissance d’un enfant ont par ailleurs été encouragées par le patronat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ A part quelques hommes d’affaires, l’immense majorité des entreprises du pays redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne
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Brexit : divorce entre les conservateurs et le patronat

A part quelques hommes d’affaires, l’immense majorité des entreprises du pays redoute les conséquences du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h33
    |

            Eric Albert (Birmingham (Angleterre), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Face à une salle de militants conservateurs chauffés à blanc, favorables à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) toutes affaires cessantes, sans accord, l’homme d’affaires Tim Martin lance son attaque. « La peur du Brexit est organisée et manipulée par des organisations comme le CBI [le principal groupe patronal britannique]. » Dans la salle, quelques sifflements de désapprobation se font entendre.
La scène aurait été inimaginable il y a quelques années. Le Parti conservateur, dont le congrès annuel se clôt à Birmingham, dans le centre-ouest de l’Angleterre, mercredi 3 octobre, s’est toujours considéré comme celui qui soutient les entreprises et le libre marché. Mais cette année marque un divorce évident.

Dans les multiples réunions organisées en marge de la session plénière, les attaques contre le patronat se répètent, parfois violentes. Steve Baker, ancien secrétaire d’Etat chargé du Brexit, estime que le CBI est une « menace grave à la stabilité politique et à l’avenir économique du Royaume-Uni ». Il fait écho à la remarque, en juin, de Boris Johnson, alors ministre des affaires étrangères, qui avait répondu aux inquiétudes du patronat d’un simple « fuck business ».
Iain Duncan Smith, un ancien leader du Parti conservateur, avait quant à lui comparé l’attitude du CBI face à l’UE à la politique d’apaisement menée contre Adolf Hitler dans les années 1930. Tous accusent les groupements patronaux d’être des lobbies corporatistes défendant le statu quo, qui auraient perdu de vue l’intérêt des entrepreneurs. « Nous regrettons ces attaques, qui ne passent pas inaperçues auprès de nos membres », répliquait, lundi 1er octobre, Josh Hardie, vice-directeur du CBI, présent au congrès.
3 500 emplois déménageront à Paris
A part quelques hommes d’affaires comme M. Martin, qui dirige le grand groupe de pubs Wetherspoon, l’immense majorité des entreprises redoute le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Si le taux de chômage des femmes est plus bas que celui des hommes dans certains pays européens, les écarts de salaires, de taux d’emploi et de temps de travail restent élevés.
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Emploi en Europe : plus diplômées, les femmes restent moins bien payées

Si le taux de chômage des femmes est plus bas que celui des hommes dans certains pays européens, les écarts de salaires, de taux d’emploi et de temps de travail restent élevés.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 16h35
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A première vue, le signal est encourageant. En août, le taux de chômage des femmes s’est établi à 8,5 %, contre 9,3 % un an plus tôt, selon les chiffres publiés, lundi 1er octobre, par Eurostat. En moyenne, il est un peu supérieur à celui des hommes (7,8 %). Mais ce n’est pas vrai partout : dans douze des vingt-huit pays membres de l’Union européenne (UE), le taux de chômage féminin est désormais plus bas que celui des hommes. C’est notamment le cas en France (9,1 % contre 9,5 %), en Allemagne (2,9 % contre 3,8 %) et en Belgique (6,4 % contre 6,6 %).
Ce tableau tranche avec la tendance observée avant la crise : dans l’Hexagone, le chômage féminin était plus élevé depuis des décennies. Cela s’est inversé en 2013, comme chez beaucoup de nos voisins. « Il est néanmoins trop tôt pour savoir si cela va durer », remarque Margaret Maruani, sociologue au Centre national de la recherche scientifique. Car cette évolution tient beaucoup à la nature de la récession : nombre d’emplois ont été détruits dans l’industrie, secteur plutôt masculin, tandis que les créations de postes sont aujourd’hui fortes dans le tertiaire, où les femmes sont plus présentes.
Surtout, quel que soit son niveau, le taux de chômage n’apprend rien sur les femmes exclues ou sorties du marché du travail – et donc, non recensées parmi les demandeurs d’emploi. « Ce n’est pas l’indicateur le plus pertinent pour appréhender les inégalités de genre liées au travail, complexes et multifactorielles », souligne Olivier Thévenon, membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Plus elles ont d’enfants, moins les femmes travaillent
Voilà pourquoi les experts préfèrent regarder d’abord le taux d’emploi, mesurant la part des personnes en poste parmi celles en âge de travailler. Dans la zone euro, celui des hommes est supérieur de 11,2 points à celui des femmes (76,6 % contre 65,4 %). Mais cet écart, souvent plus élevé dans le sud...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ En supprimant la libre circulation des citoyens de l’UE, le gouvernement de Theresa May veut « réduire l’immigration des personnes peu qualifiées ».
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Après le Brexit, le Royaume-Uni traitera un Européen comme n’importe quel autre immigré

En supprimant la libre circulation des citoyens de l’UE, le gouvernement de Theresa May veut « réduire l’immigration des personnes peu qualifiées ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 04h47
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 13h11
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé mardi 2 octobre de nouvelles règles en matière d’immigration au Royaume-Uni, qui entreront en vigueur après le Brexit, et donneront la priorité aux travailleurs qualifiés en supprimant la libre circulation des citoyens européens.
« Quand nous quitterons [l’Union européenne], nous mettrons en place un système d’immigration qui met fin, une fois pour toutes, à la libre circulation » des citoyens européens au Royaume-Uni, a déclaré la chef du gouvernement dans un communiqué.
« Ce sera un système basé sur les compétences des travailleurs, et non sur leurs origines. Ce nouveau système permettra de réduire l’immigration des personnes peu qualifiées. Il mettra le Royaume-Uni sur la voie d’une immigration réduite à des niveaux viables, comme promis. »
Mme May s’était engagée, dans le programme présenté pour les élections législatives de juin 2017, à réduire le solde migratoire à moins de 100 000 personnes par an, contre 273 000 en 2016. La dirigeante britannique devrait détailler ce nouveau système dans un discours qu’elle prononcera le 3 octobre au congrès du Parti conservateur, à Birmingham.

        Le Brexit vu par les Britanniques en France :
         

          « Mon cœur bat davantage pour la France que pour l’Angleterre »



Attester d’un certain niveau de revenu
Selon ces nouvelles règles, les personnes souhaitant s’installer outre-Manche devront attester d’un certain niveau de revenu, pour garantir qu’elles n’occupent pas des emplois « qui pourraient être pourvus » par la population britannique. Les visas délivrés aux étudiants ne seront pas soumis aux mêmes critères.
Les citoyens de l’Union européenne sont actuellement libres de s’installer et de travailler au Royaume-Uni, une situation qui doit prendre fin à l’issue de la période de transition post-Brexit, en décembre 2020, en cas d’accord entre Londres et Bruxelles sur les conditions de la sortie britannique de l’UE.
Ce nouveau système s’appuie sur les recommandations formulées par le Comité consultatif sur les migrations (CAM) dans un rapport adressé au gouvernement et publié le 18 septembre. Le directeur du CAM, Alan Manning, avait pris part, le 24 septembre, à une réunion du cabinet, qui rassemble les principaux ministres britanniques, pour exposer ses conclusions. Dans cette étude, le CAM recommandait d’élaborer un système d’immigration qui n’offre aucune préférence aux citoyens issus de l’Espace économique européen si la question de l’immigration n’est pas intégrée aux négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

        La chronique :
         

          « Ces deux dernières années, les Britanniques ont redécouvert leur attachement à l’UE »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les partisans de la sécession critiquent le gouvernement de Madrid, mais aussi les dirigeants régionaux, incapables d’avoir fait vivre la très éphémère république après le référendum du 1er octobre 2017.
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Un an après le référendum d’indépendance, le désarroi des manifestants catalans

Les partisans de la sécession critiquent le gouvernement de Madrid, mais aussi les dirigeants régionaux, incapables d’avoir fait vivre la très éphémère république après le référendum du 1er octobre 2017.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 22h12
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 06h39
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
A midi pile, lundi 1er octobre, des centaines de personnes sont sorties de leurs bureaux dans toute la Catalogne, pour célébrer le premier anniversaire du référendum illégal du 1er octobre 2017, marqué par l’intervention musclée de la police nationale.
Sur la Via Laietana, artère très fréquentée du centre de Barcelone, elles sont une cinquantaine à bloquer la chaussée durant dix minutes, malgré les klaxons d’automobilistes excédés. « Nous sommes ici pour nous rappeler qu’il y a un an nous avons voté et qu’il faut respecter le résultat ou organiser un autre vote avec toutes les garanties », explique Christopher Mash, directeur de publication pour un organisme dépendant du gouvernement catalan, qui brandit un bulletin de vote face aux voitures et aux camions qui commencent à se masser devant lui.

Le référendum illégal du 1er octobre, présenté par les indépendantistes comme un exercice massif de désobéissance civile et de résistance à l’autorité de Madrid, fait désormais partie de la mythologie catalane.
Alors qu’aucune garantie démocratique n’a permis de valider ce vote, réalisé sans commission électorale, sans listes officielles, sans débat et sans participation significative des partisans du non, puisque le scrutin était interdit, il est considéré par les indépendantistes comme la victoire de la « démocratie » face à un Etat espagnol présenté comme autoritaire.
« Acte de dignité collective »
Un an plus tard, le président du Parlement catalan, Roger Torrent, le qualifie d’« acte de dignité collective ». Et certaines villes, comme Gérone, ont rebaptisé des lieux publics en « place du 1er-Octobre ».
Dans toute la Catalogne, de nombreuses manifestations ont commémoré l’événement lundi. Dans la matinée, des routes et des voies ferrées ont été coupées par les manifestants les plus radicaux, qui ont aussi arraché le drapeau espagnol de la préfecture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Des centaines d’Arméniens se sont rassemblés à Erevan pour rendre hommage au chanteur, mort lundi.
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L’Arménie pleure Aznavour, le « fils du peuple »

Des centaines d’Arméniens se sont rassemblés à Erevan pour rendre hommage au chanteur, mort lundi.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 20h47
   





                        


Alors que résonnent ses chansons, ils sont venus déposer des bougies autour de son étoile sur la place qui porte son nom : des centaines d’Arméniens se sont rassemblés lundi 1er octobre à Erevan pour pleurer le « fils du peuple », Charles Aznavour, décédé à 94 ans.
« C’est une nouvelle affreuse... C’est comme un vide énorme et soudain. Sa musique, sa voix résonnent sans cesse dans ma tête. C’est une perte énorme », confie Rouzanna Arakelian, 46 ans. « Toute ma jeunesse, mon premier amour, la première déception : tous les moments d’émotion dans ma vie se sont déroulés avec la musique d’Aznavour. J’écoutais ses chansons quand je voulais pleurer ou boire du vin et être romantique. Sa personne et ses yeux tristes vont me manquer », abonde Elena Aroutiounian, 62 ans.

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                Charles Aznavour, mort d’un précurseur du métissage musical



Un écran géant a été installé dans le centre d’Erevan, montrant des photographies de la vie d’Aznavour, tandis que toutes les chaînes arméniennes diffusaient ses chansons et des sujets lui étant consacrés.
Bougies et fleurs
Le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a déposé dans la soirée sur la place portant le nom du chanteur, aux côtés de l’ambassadeur de France en Arménie, Jonathan Lacôte, des bougies et des fleurs en sa mémoire.
« Un jour de deuil national sera décrété en Arménie le jour des funérailles d’Aznavour. Nous devions nous rencontrer dans le cadre du sommet de la francophonie en Arménie, mais cette rencontre n’aura malheureusement pas lieu », a regretté M. Pachinian, arrivé au pouvoir en mai.
Charles Aznavour, de son vrai nom Charles Varenagh Aznavourian, était l’un des représentants les plus symboliques de la diaspora arménienne, le pays de ses parents, avec lequel il a entretenu des liens étroits tout au long de sa vie.
Il y était souvent qualifié de « grand fils du peuple arménien », la manifestation la plus tangible des liens entre Aznavour et l’Arménie restant le comité créé pour collecter des fonds après le terrible séisme de décembre 1988 dans le nord du pays.
« Le plus français des Arméniens »
Début 1989, il écrit la chanson « Pour toi Arménie », sur une musique de son ami, le compositeur français d’origine arménienne Georges Garvarentz. Elle est enregistrée avec 90 artistes et se vendra à plus d’un million d’exemplaires, ce qui permettra de financer une fondation pour venir en aide aux sinistrés.
« Lorsqu’on entendait cette chanson, nous avions l’impression de ne pas être seuls avec notre chagrin dans ce monde immense. Grâce à Charles, le monde a découvert les Arméniens et notre voix a été entendue », se souvient Aram Danielian, 56 ans.

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                Aznavour : mort d’un champion de la cause arménienne



Le chanteur, né à Paris en 1924, se rendait souvent à Erevan pour honorer la mémoire des victimes du génocide arménien, et nombre de ses compatriotes se souviennent de son interprétation de l’« Ave Maria » devant le feu éternel, tenant avec difficulté le micro dans ses mains, les larmes aux yeux. « Je suis peut-être le plus français de tous les Arméniens du monde, mais je suis fier de mon Arménie et je ne le cacherai jamais », disait Aznavour.
Charles Aznavour a été ambassadeur permanent de l’Arménie auprès de l’Unesco et ambassadeur de l’Arménie en Suisse. Des places, des théâtres, des musées arméniens portent le nom de Charles Aznavour, qui a été fait « héros national » en 2004. Une statue a été érigée à son effigie dans la deuxième ville du pays, Gyumri.
Nikol Pachinian, a regretté une « perte énorme pour le monde entier », saluant une personne « qui a pendant quatre-vingts ans émerveillé et réchauffé le cœur de dizaines, de centaines de millions de personnes ». Charles Aznavour devait d’ailleurs chanter à Erevan lors du sommet de la francophonie, prévu les 11 et 12 octobre, à l’invitation du président français Emmanuel Macron.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Alger rappelle que la plupart des déplacés sont accueillis dans des pays limitrophes, souvent eux-mêmes en proie à des difficultés socio-économiques.
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Compte rendu

L’Algérie veut un partage « équitable » de la prise en charge des réfugiés dans le monde

Alger rappelle que la plupart des déplacés sont accueillis dans des pays limitrophes, souvent eux-mêmes en proie à des difficultés socio-économiques.


LE MONDE
              datetime="2018-10-01T18:05:22+02:00"

        Le 01.10.2018 à 18h05

     •
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          datetime="2018-10-01T18:06:24+02:00"

        Mis à jour le 01.10.2018 à 18h06






    
A Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie, des migrants en provenance du Niger sont reconduits à la frontière de leur pays dans des cars, en juillet 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI/AFP


La charge que représentent les réfugiés doit être répartie équitablement à travers le monde, a plaidé l’Algérie, lundi 1er octobre, devant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), appelant à prendre en compte les « inquiétudes » des pays d’accueil.
Il faut « examiner la problématique du déplacement forcé en tenant compte des inquiétudes tout aussi réelles que légitimes exprimées par les pays d’accueil », a estimé à Genève le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, devant le Comité exécutif (l’instance décisionnaire) du HCR. Car « les réfugiés continuent d’être installés dans les pays en développement, souvent limitrophes », sans qu’il soit tenu « compte des réalités socio-économiques » de ces Etats, a-t-il souligné, selon un communiqué du ministère algérien des affaires étrangères.

        Lire aussi :
         

                La délicate évaluation de l’impact économique des migrants



M. Messahel a réclamé un « partage équitable et prévisible de la charge sur le plan mondial, tant en termes d’admission des réfugiés qu’en termes de protection ou encore de la mise en œuvre de solutions durables en leur faveur ».
Près de 40 000 Syriens
Il a également appelé l’ensemble des pays à agir, « individuellement et collectivement, sur les causes profondes des déplacements forcés », afin d’enrayer « la hausse constante du nombre de réfugiés à travers le monde ».

        Lire aussi :
         

                Le Niger, sous-traitant africain de la politique migratoire de l’Europe



Mi-septembre, le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, avait souligné que 80 % à 90 % des quelque 68 millions de réfugiés et déplacés recensés dans le monde par le HCR se trouvaient « dans des pays pauvres ou disposant de peu de ressources ».
A Genève, l’Algérie, pays d’environ 40 millions d’habitants, a rappelé qu’elle accueillait sur son sol près de 40 000 réfugiés syriens, ainsi que des dizaines de milliers de réfugiés du Sahara occidental, installés pour certains depuis quarante ans dans le sud-ouest du pays.

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Elle fait également face ces dernières années à un afflux de migrants subsahariens, dont les ONG estiment le nombre à quelque 100 000 sur son territoire. Alger, qui ne dispose pas de législation en matière d’asile, est critiqué par des ONG pour la façon dont ceux-ci sont traités.


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A Londres et Paris, effet limité du Brexit sur l’immobilier

L’évolution des modes de consommation et de travail impactent davantage les marchés immmobiliers londonien et parisien que la sortie de l’UE du Royaume-Uni.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 13h05
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            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

L’effet du Brexit sur les marchés immobiliers londonien et parisien, qu’il s’agisse de bureaux, de commerces ou de logements, est encore des plus limités. « Londres reste une place financière inégalée, qui attire d’énormes capitaux en provenance d’Asie et du Moyen-Orient », analysait Faisal Durrani, du cabinet d’expertise immobilière Cluttons, à l’occasion d’une conférence organisée à Paris, le 25 septembre, par l’association European Valuer’s Alliance qui réunit 250 experts immobiliers.
De son côté, Paris, qui s’attendait à l’arrivée massive de services bancaires et de cadres surpayés, est, pour le moment, déçu : « Il y a beaucoup d‘annonces mais peu de réalisations, remarque Cécile Blanchard, directrice des études au Crédit foncier.
Dans la capitale anglaise, les indicateurs du marché du bureau restent solides, avec un taux de vacance en baisse, passé de 7,8 %, moyenne de ces dernières années, à 5,6 %, au deuxième trimestre 2018, une rentabilité, même si elle fléchit légèrement, toujours attractive de 2,5 % (et 5 % si l’on y ajoute la plus-value en cas de vente).
Moindre mobilité des londoniens
Plus inquiétante est la chute des locations de bureaux, puisqu’à peine 90 000 mètres carrés trouvaient locataires au cours du premier semestre 2018, contre 427 000 mètres carrés l’année précédente, soit un plus bas depuis six ans, qui semble devoir beaucoup à l’évolution des façons de travailler. « Des tendances de fond sont à l’œuvre, qui affaiblissent la demande : le travail à domicile, des salariés qui ne travaillent que quatre jours par semaine et des entreprises qui louent des espaces plus petits, voire des emplacements dans des espaces partagés en co-working, dont le leader mondial, l’américain Wework, est bien implanté à Londres », observe M. Durrani.
Un indicateur confirme la moindre mobilité des londoniens : la baisse, en 2017, de 2 % de la fréquentation des transports en commun, soit un milliard...




                        

                        

