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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Plantée dans la constellation du Capricorne, la planète Mars reste très brillante en ce début d’automne.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ L’opération de sensibilisation, qui débute lundi, est l’occasion d’examiner les avantages et les inconvénients des examens systématiques de santé.
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« Octobre rose » : le dépistage systématique du cancer du sein est-il nécessaire ?

L’opération de sensibilisation, qui débute lundi, est l’occasion d’examiner les avantages et les inconvénients des examens systématiques de santé.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 17h41
    |

            Anne-Aël Durand








                        



C’est par une illumination de la tour Eiffel, entre autres événements, que la 25e édition de la campagne d’information « Octobre rose » est lancée lundi 1er octobre, pour sensibiliser au cancer du sein. Si l’intérêt de parler d’une maladie qui peut toucher une femme sur huit au cours de sa vie n’est pas remis en cause, la question du dépistage systématique de ce cancer a été soulevée en 2016 à la suite d’un rapport critiquant le système actuel.
Que représente le cancer du sein en France ?
12 000 morts par an
Le cancer du sein est le plus répandu en France. Selon l’Institut du cancer (INCa), 59 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, soit 31 % des cancers touchant les femmes. Il s’agit aussi du cancer féminin le plus meurtrier, avec près de 12 000 morts par an.
Dans 80 % des cas, les cancers du sein sont détectés chez des patientes de plus de 50 ans, et on estime qu’une femme sur huit y sera confrontée au cours de sa vie. Heureusement, c’est aussi l’un des cancers qui se guérissent le mieux, avec 87 % de taux de survie à cinq ans, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).

        Lire aussi :
         

                Quelles sont les chances de survie aux principaux cancers ?



Comment était organisé le dépistage jusqu’à présent ?
En 2004, un dépistage systématique a été organisé pour toutes les femmes de 50 ans à 74 ans, qui ne présentent pas de risque particulier, sous forme d’une mammographie et d’un examen clinique pratiqués gratuitement tous les deux ans. Celles qui ont des antécédents ou un risque accru réalisent l’examen tous les ans.
Mais cette politique de santé publique a montré ses limites : en 2017, une femme sur deux (49,9 %) a répondu au courrier l’invitant à participer au dépistage organisé, ce qui est bien inférieur aux recommandations européennes, qui préconisent 70 % de participation. Cette proportion est en baisse depuis plusieurs années, avec d’importants écarts régionaux. Parallèlement, 10 % des femmes ont préféré un dépistage individualisé, qui aboutit davantage sur des échographies de contrôle.
Combien coûte ce dispositif ?
Difficile d’avoir une idée exacte. Le rapport du comité d’orientation cite deux estimations :
180 millions d’euros en 2008, selon la Haute Autorité de santé : 79 euros par femme participante ; 11 300 euros par cancer déclaré ;et des structures fixes coûtant 35 millions d’euros.300 millions d’euros selon les calculs de l’UFC-Que choisir (soit 130 euros par an et par patiente), en incluant les primes de 245 euros par an accordées aux médecins traitants dont les patientes participent bien au dépistage. L’association de consommateurs précise que si la mammographie est gratuite, les examens qui suivent en cas de doute (échographie, biopsie) restent en partie à la charge de la patiente.
Qu’est-ce qui va changer ?
Le ministère de la santé a annoncé une « modernisation du dépistage » au début de 2018. L’objectif est d’individualiser le suivi en fonction des risques prédictibles, sachant que 5 % seulement des cancers sont héréditaires.
Une consultation de prévention sera proposée pour les femmes de 25 ans, qui sera prise en charge à 100 % par l’Assurance-maladie, afin d’évoquer et d’évaluer les facteurs de risque (tabac, alcool, alimentation, etc.).
A partir de 50 ans, une seconde consultation de dépistage est organisée avec un suivi personnalisé en fonction des facteurs de risques. Les échographies prescrites en complément des mammographies seront désormais remboursées intégralement, comme le souhaitaient les associations de consommateurs.
Quels sont les résultats du dépistage ?
Le dépistage est-il efficace ? Toute la difficulté réside dans cette évaluation. Selon l’agence Santé publique France, le dépistage organisé a permis de détecter 37 000 cas entre 2013 et 2014, la plupart du temps à un stade précoce : dans 77 % des cas, les ganglions n’étaient pas atteints, et dans 37 % la tumeur mesurait moins de 1 centimètre.
Au total, il est extrêmement complexe de savoir combien de morts sont évitées grâce au dépistage. Depuis les années 1960, plusieurs essais cliniques conduits dans le monde ont conclu à une baisse de 15 % à 25 % de la mortalité. Mais des études plus récentes, par exemple celle publiée par le British Medical Journal sur 90 000 femmes au Canada, ne démontre pas de différence significative sans ou avec des mammographies régulières. Aucune étude d’une telle ampleur n’a pu être réalisée en France. 
L’INCa avance le chiffre de 150 à 300 décès évités pour 100 000 femmes dépistées sur sept à dix ans, soit une réduction de mortalité de 15 % à 21 %. Mais ces chiffres aussi sont controversés, et ne tiennent pas compte d’un autre facteur : le risque de surdiagnostic.
Que reproche-t-on au dépistage ?
A priori, on pourrait penser que le dépistage ne peut pas faire de mal — même si la mammographie est assez désagréable — et que plus un cancer est détecté tôt, plus il est facile de le guérir sans traitement lourd. Mais ces remarques de bon sens sont mises à mal par plusieurs risques :
Le surdiagnostic : il s’agit de lésions cancéreuses détectées alors qu’elles n’auraient pas forcément évolué en cancer menaçant la vie de la personne. Ce n’est pas parce qu’un cancer est petit qu’il est récent, ou parce qu’il est volumineux qu’il va évoluer rapidement. Plusieurs études aboutissent à des chiffres de l’ordre de 10 % à 20 % de surdiagnostic.Le surtraitement : chimiothérapie, rayons, voire ablation du sein sont donc parfois réalisés inutilement ; ce qui dégrade considérablement la vie des patientes (angoisse, problèmes professionnels et personnels, etc.).Les cancers d’intervalle : inversement, une femme peut se sentir protégée après un examen normal et pourtant développer une tumeur très rapidement dès les mois suivants. Le dépistage n’est en aucun cas une assurance de ne pas déclarer un cancer futur.Les cancers radio-induits : les mammographies exposent à des doses très faibles de rayons, qui peuvent dans certains cas augmenter la probabilité de futur cancer. Mais c’est surtout vrai pour les femmes jeunes ou présentant déjà des mutations ou des facteurs de risque. En théorie, ce n’est pas la population cible du dépistage organisé.Les conséquences psychologiques, en particulier l’anxiété des femmes dont la mammographie est « douteuse » et qui doivent attendre le résultat de nombreux examens complémentaires (échographie, biopsie, etc.) avant d’écarter un risque de cancer.Lire aussi : Cancer du sein : fait-on trop de mammographies ?
Pourquoi la campagne « Octobre rose » est-elle décriée ?
La controverse scientifique sur le « bénéfice-risque du dépistage », évoquée par l’Institut national du cancer, n’est pas abordée lors des nombreuses manifestations d’« Octobre rose », une opération de communication sur le cancer du sein organisée chaque année au mois d’octobre, avec le soutien de la Ligue contre le cancer.
Cette campagne, venue des Etats-Unis, a été lancée en France en 1994 par le groupe cosmétique Estée Lauder et le magazine Marie Claire pour promouvoir le dépistage. Elle bénéficie du soutien médiatique et financier de nombreuses marques commerciales, parfois taxées de « pinkwashing » — c’est-à-dire de s’associer à une cause pour améliorer leur image.
Un collectif de médecins indépendants s’est organisé en 2015, sous le nom de Cancer rose, pour dénoncer, à l’aide de brochures et de vidéos, « les messages officiels extrêmement incitatifs » et les campagnes commerciales qui vantent un dépistage « ne reposant pourtant sur aucune donnée fiable et pertinente », fondés sur des injonctions culpabilisatrices plutôt que sur l’information objective des femmes.

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          Octobre rose, une noble cause… un peu trop marketée



Faut-il arrêter dépistage et mammographie ?
Même les médecins les plus critiques ne jettent pas aux orties le dépistage en tant que tel, mais son aspect systématique et imposé à toutes les femmes qui ne présentent aucun risque particulier. Ils demandent que les avantages et les inconvénients soient expliqués aux patientes pour qu’elles puissent choisir en connaissance de cause de pratiquer ou non cet examen.

        La tribune :
         

          Dépistage du cancer du sein : « L’information des femmes doit être loyale, complète et compréhensible »



Le suivi uniquement individuel n’est pas toujours plus facile à mettre en place, et peut engendrer des inégalités sociales face à la prévention, comme le note dans Le Monde Suzette Delaloge, oncologue à l’institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne).

        La tribune :
         

          Dépistage du cancer du sein : « il faut prévenir les risques d’inégalité d’accès à la prévention et au dépistage »



Par ailleurs, le dépistage du cancer du sein ne passe pas obligatoirement par la mammographie. Une première étape consiste à effectuer des palpations régulières des seins. C’est d’ailleurs ce qui est recommandé pour les femmes de moins de 50 ans, afin d’éviter les effets néfastes des excès de radiations. Dans tous les cas, la mammographie est considérée comme nécessaire par les médecins en tant qu’outil de diagnostic, c’est-à-dire de vérification d’un risque décelé auparavant.
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.
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Indonésie : polémique « vaine » sur le système d’alerte tsunami

Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 16h53
    |

            Hervé Morin








                        



   


Un début de polémique est né sur la façon dont l’alerte tsunami a été gérée, vendredi 28 septembre, dans les minutes qui ont suivi le séisme ayant fait près de mille morts dans la région de Palu, sur l’île de Sulawesi, en Indonésie. Les autorités indonésiennes ont-elles levé l’alerte trop tôt ? Un système de capteurs plus performant, et surtout opérationnel, aurait-il sauvé des vies ?
Le séisme est survenu à 18 h 2 (heure locale). L’Agence météorologique, climatologique et géophysique indonésienne (BMKG) a décrit le déroulement des faits dans un communiqué, au lendemain de la catastrophe. L’analyse des données sismiques par le BMKG a quasiment instantanément engendré une alerte tsunami, estimant que la vague mesurerait entre 0,5 et 3 mètres et arriverait à Palu à 18 h 22. Le marégraphe de Mamuju, situé au sud, bien plus loin de l’épicentre, a enregistré une montée des eaux de 6 centimètres seulement à 18 h 27, laissant supposer qu’une vague de faible ampleur était déjà passée à Palu. L’alerte a donc été levée à 18 h 36.
L’agence Associated Press a évoqué les regrets de chercheurs impliqués dans un projet de système de détection précoce, encore expérimental. S’appuyant sur des capteurs posés au fond de la mer et des communications par fibre optique, il n’a pas bénéficié de financements suffisants pour être opérationnel. Par ailleurs, un réseau plus ancien de bouées DART (Deep-ocean Assessment and Reporting of Tsunamis, détection de tsunamis en eau profonde) est, lui, totalement en déshérence en Indonésie, en raison de vols de ses composants coûteux et de dégradations par les pêcheurs.
Faible distance
Cependant, pour Rémy Bossu, directeur du European Mediterranean Seismological Center, qui a participé à la conception du système d’alerte tsunami en Méditerranée, la présence de ces bouées, conçues pour détecter les grands tsunamis transocéaniques, « n’aurait probablement rien changé dans ce cas », en raison de la faible distance entre le séisme et les zones côtières sinistrées. Même à l’échelle d’un bassin comme la Méditerranée, l’installation de telles bouées, très onéreuses et demandant une lourde maintenance, n’est pas envisagée : la distance du tremblement de terre doit être suffisamment grande pour que les capteurs distinguent l’arrivée de l’onde sismique de celle de la vague.
En France métropolitaine, le système d’alerte tsunami, géré par le Commissariat à l’énergie atomique et énergies alternatives (CEA) depuis 2012, a été conçu pour informer la protection civile dans un délai de quinze minutes, en se fondant sur des données de capteurs sismiques et des marégraphes. Le scénario envisagé est celui d’un mur d’eau engendré par un séisme sur les côtes algériennes — ce qui constitue l’aléa le plus probable. Le tsunami mettrait alors soixante-quinze à quatre-vingt-dix minutes à arriver sur les côtes françaises.
Palu n’étant située qu’à quatre-vingts kilomètres de l’épicentre, le délai d’arrivée du tsunami était bien plus court. Le 1er octobre, le BMKG a même précisé, sur la foi d’une vidéo virale montrant l’arrivée du tsunami à Palu, que celui-ci avait frappé la ville entre 18 h 10 et 18 h 13. Cela pourrait conforter l’hypothèse qui circule désormais parmi la communauté des sismologues : le tsunami n’aurait probablement pas été engendré par une brusque rupture verticale de la croûte terrestre au fond de l’océan — comme lors du séisme du Tohoku, au Japon, en 2011.
« Glissement de terrain sous-marin »
A Célèbes, où les plaques ont coulissé horizontalement, « c’est plutôt un glissement de terrain sous-marin engendré par le séisme, qui est suspecté », dit Rémy Bossu. Une vidéo aérienne pourrait aussi renforcer cette thèse : reprise sur un fil Twitter spécialisé dans l’analyse des séismes, elle est censée avoir été prise d’un avion quittant Palu au moment du tremblement de terre, et montre plusieurs vagues qui semblent émaner de la côte à la suite de mouvements de terrain.

Just obtained video taken from the flight that left #Palu #PLWairport during the #earthquake. Note the "weird wave… https://t.co/V3g0sDRgJ8— GerryS (@Gerry Soejatman)


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Des effondrements sous-marins, encore plus difficiles à déceler, et parfois décalés dans le temps, peuvent aussi engendrer localement un mur d’eau dévastateur. En outre, « la bathymétrie locale a toujours des effets majeurs », note Rémy Bossu. En l’espèce, Palu se situe au fond d’une baie en entonnoir, propre à favoriser l’élévation d’un tsunami.
Sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), Robin Lacassin juge, lui aussi, que la polémique sur la défaillance du système d’alerte est « vaine » : « En champ très proche, ce qui compte c’est la réaction immédiate et spontanée de la population lorsqu’elle ressent un gros séisme. Donc sa compréhension, qui passe évidemment par l’éducation et l’entraînement, note le chercheur. Les systèmes d’alerte sont par contre très utiles à des distances plus importantes, où le séisme ne va pas être ressenti, ou faiblement. »
En définitive, à proximité d’un séisme, c’est le tremblement de terre lui-même qui constitue l’alerte tsunami : « Le message de prévention, près des côtes, c’est que dès lors que vous ressentez une secousse durant plus de trente secondes, ou que vous avez du mal à tenir debout lors du séisme, il faut gagner les hauteurs », dit Rémy Bossu.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ L’Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo ont été récompensés conjointement pour leurs travaux sur l’immunothérapie.
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Le Nobel de médecine récompense des recherches sur le traitement du cancer

L’Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo ont été récompensés conjointement pour leurs travaux sur l’immunothérapie.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 16h37
    |

            Paul Benkimoun








                        


Le prix Nobel de physiologie et médecine 2018 a été attribué à l’Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs découvertes ayant permis de faire avancer la connaissance dans le traitement du cancer, a annoncé lundi 1er octobre l’Académie royale des sciences de Suède.
« Allison et Honjo ont montré comment différentes stratégies d’inhibition des freins du système immunitaire pouvaient être utilisées dans le traitement du cancer. »

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— NobelPrize (@The Nobel Prize)


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Chacun de son côté, les deux scientifiques se sont évertués à « lâcher les freins » et « appuyer sur les bonnes pédales d’accélération » du système immunitaire de façon à lui permettre de « neutraliser des micro-organismes étrangers », a précisé le jury Nobel. James P. Allison, 70 ans, professeur d’immunologie au centre du cancer de l’université du Texas, a réagi après avoir été contacté par l’agence de presse suédoise TT :
« J’en rêvais, mais je ne pensais pas que cela se réaliserait. Ça me semblait trop gros. »
M. Allison et Tasuku Honjo, 76 ans, professeur à l’université de Kyoto, avaient déjà reçu conjointement en 2014 le prix Tang, présenté comme la version asiatique des Nobel.
Les cancers se développent en prenant en défaut notre système immunitaire, chargé de défendre l’organisme contre les aggressions. Celui-ci est capable de reconnaître une tumeur maligne, mais les lymphocytes T cytotoxiques, des globules blancs spécialisés, ne parviennent pas à l’éliminer. Cela est dû à l’environnement tumoral qui dérègle le mécanisme d’activation des lymphocytes T. Il les empêche de migrer vers la tumeur et de l’attaquer. Cette action inhibitrice vis-à-vis des cellules du système immunitaire est notamment due à une protéine dite CTLA-4. Les travaux de James Allison se sont focalisés sur la mise au point d’un anticorps monoclonal, l’Ipilimumab, spécifiquement dirigé contre la protéine CTLA-4.
Les premiers tests pratiqués à partir de 2004 chez des patients atteints d’un mélanome ont montré qu’avec cet anticorps anti-CTLA-4, les attaques des lymphocytes cytotoxiques T contre les cellules tumorales redevenaient efficaces. Cela se traduisait par un net bénéfice sur la survie et même certaines rémissions sur des formes déjà métastasées de mélanome. C’était la première fois que cette approche baptisée « thérapie des checkpoints immunologiques » était testée chez l’homme. Comme elle n’est pas spécifique d’un type de cancer mais agit en réactivant les cellules agissant contre le cancer, elle a pu être appliquée à d’autres types de tumeurs que le mélanome. La notion de « checkpoint » (ou point de contrôle) immunologique fait référence à un mécanisme visant à empêcher une suractivation des cellules immunitaires, qui serait préjudiciable.
En parallèle aux recherches de James Allison sur l’anticorps anti-CTLA-4 dans le mélanome, l’autre lauréat du Nobel de médecine, Takusu Honjo a lui aussi mis en évidence le rôle inhibiteur d’une protéine présente sur les cellules immunitaires, mais il s’agit d’un autre point de contrôle que celui sur lequel a travaillé James Allison. Takusu Honjo s’est intéressé à la protéine PD-L1, présente sur les cellules tumorales et qui se lie à un récepteur PD-1 porté par les lymphocytes T. Ce faisant, elle bloque le mécanisme de mort programmée, qui permet la destruction des cellules malades. Le terme anglo-saxon « PD » (« programmed death ») signifie « mort programmée ». L’utilisation de molécules anti-PD-1 ou anti-PD-L1 parvient à lever l’inactivation des lymphocytes T qui vont ainsi jouer leur rôle de défense. Ces nouvelles molécules commencent à démontrer un grande efficacité anticancéreuse.
Pas de prix de littérature cette année
Le Nobel de médecine était allé l’an dernier à trois généticiens américains, dont l’étude de l’horloge biologique éclaire l’adaptation du corps au cycle du jour et de la nuit, les troubles du sommeil et leurs effets sur la santé. Les derniers Français honorés dans cette discipline sont Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, en 2008, pour avoir identifié en 1983 le virus du sida.
Le Nobel de médecine est le premier des prix Nobel décernés chaque année. Les prix en science, littérature et paix ont été créés à l’initiative de l’inventeur de la dynamite, Alfred Nobel, et sont décernés depuis 1901. Les prochains prix seront :
La physique, le 2 octobreLa chimie, le 3 octobreLa paix, le 5 octobreL’économie, le 8 octobre
Le prix Nobel de littérature ne sera pas remis cette année en raison d’une affaire d’inconduite sexuelle liée au mouvement #metoo.


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                VIH et cancer, des problématiques communes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ En pointe dans la modélisation des émotions par les machines, Lola Cañamero travaille sur un projet visant à aider les enfants diabétiques à mieux prendre leur traitement grâce à des inter­actions avec un petit robot attachant, Robin.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤     


                En Grande-Bretagne, un petit robot pour aider les enfants diabétiques à se soigner


En pointe dans la modélisation des émotions par les machines, Lola Cañamero travaille sur un projet visant à aider les enfants diabétiques à mieux prendre leur traitement grâce à des inter­actions avec un petit robot attachant, Robin.

LE MONDE
                 |                 30.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 09h17
                 |

            Hervé Morin (propos recueillis par)

















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Lola Cañamero dirige le Laboratoire EECAiA (pour « émotions incorporées, cognition et [inter]action ») à l’université d’Hertfordshire (Grande-Bretagne). Elle travaille notamment sur un projet visant à aider les enfants diabétiques à mieux prendre leur traitement grâce à des inter­actions avec un petit robot attachant, Robin. Après des études de philosophie à Madrid, une thèse d’informatique à Paris et un postdoctorat au MIT, elle est en pointe dans la modélisation des émotions chez les robots, et participe, dimanche 7 octobre à la conférence « Un amour de robot ? » au Monde Festival. 
Votre parcours intrigue : pourquoi être passée de la philosophie à la robotique et quels liens voyez-vous entre ces deux disciplines ?
En fait, j’ai fait de la robotique pendant mes études de philosophie. Mon idée est d’essayer de répondre à des questions philosophiques avec des outils technologiques. Il y a vraiment un lien très profond : l’intelligence artificielle est pour moi une façon de tester aussi bien des hypothèses philosophiques que de neurosciences. On se pose un peu les mêmes questions, à des niveaux différents.
En pratique, je m’inspire des théories des neurosciences pour faire de la robotique dite bio-inspirée. J’essaie des modèles abstraits pour capturer la dynamique de systèmes qui ont un peu le même comportement et des propriétés communes avec ce qui se passe dans le cerveau.

        Rendez-vous au Monde Festival :
         

          Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ?



Quels aspects des émotions chez les robots étudiez-vous ?
Quand on parle des émotions chez les ­robots, on évoque plein de choses très intéressantes, comme l’expression de ces émotions par le visage, le corps, la parole, pour que les humains entament une histoire commune avec le robot. Il y a aussi la thématique de la ­reconnaissance des émotions exprimées par les humains, de façon automatique.
Ce à quoi je me suis plus intéressée, c’est la cognition affective, modéliser ce qui se passe dans le corps et le cerveau, en interaction avec l’environnement. Comment représenter des valeurs, intérieurement, qui donnent des ­motivations à agir, qui donnent lieu à des états émotionnels. Ces états internes s’expriment bien sûr ensuite par le comportement, les postures, les messages.
Avez-vous des moyens de savoir si on dépasse la simple analogie ?
Oui. Par exemple, je m’intéresse beaucoup au rôle des hormones dans les émotions, la perception, le mouvement, la cognition. L’impact des hormones dépend de la présence de récepteurs, de la temporalité… J’essaie de capturer l’influence d’hormones sur des agents biologiques dans des modèles informatiques.
Nous avons beaucoup travaillé sur l’influence des émotions sur la prise de décision et l’apprentissage. Mais aussi sur le développement des liens affectifs, ce qu’on appelle la robotique développementale. L’idée était de modéliser dans un robot le développement d’un enfant, à travers son attachement à d’autres individus, grâce au phénomène d’empreinte.
Comme les petites oies qui suivaient ­l’éthologue Konrad Lorentz ?
Elles le suivaient parce qu’il se trouvait là à leur éclosion : elles restaient à proximité de lui, de façon innée. On a commencé par travailler sur ces liens d’attachement très primaires. Ils permettent beaucoup de choses : être sécurisé pour explorer l’environnement ; apprendre ­directement de cette figure d’attachement des choses utiles pour la survie et les interactions sociales… Et, à un moment, cet attachement se relâche, ce qui permet aussi d’explorer l’environnement par soi-même – quitte à revenir en cas de danger. Ce sont ces différents aspects du développement des liens affectifs que nous avons modélisés chez les robots.
Selon la qualité de ces rapports et l’environnement dans lequel ils évoluent, on peut voir apparaître des profils de comportements, des types de personnalités très différents, plus ou moins extra ou introvertis.
C’est donc la combinaison de l’état interne, de l’environnement et du comportement de la personne d’attachement qui conditionne cette personnalité ?
Exactement. On peut faire varier très finement l’architecture interne du robot, son logiciel, pour voir comment cela affecte son développement. En l’occurrence, des hormones ­simulées peuvent modifier l’impact des expériences précoces sur les comportements ­d’exploration – la curiosité.
Vous avez pu modéliser les conditions d’un caractère asocial ?
Oui, certaines d’entre elles, et au contraire des qualités d’empathie.
Quelles sont-elles ?
Il y a différents niveaux, comme de simples synchronisations motrices, jusqu’à un niveau plus cognitif consistant à comprendre les buts des autres – on parle de théorie de l’esprit – ou à apprendre des valeurs sociales en observant les interactions des autres. Notre modèle pourrait être comparé au développement des deux premières années chez l’humain. Cela permet aussi d’étudier les troubles possibles de ce développement affectif, comme l’autisme – pour lequel nous n’avons pas ­encore fait de modèle explicite, mais sur ­lequel je souhaite travailler.

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Vous travaillez aussi sur un robot, Robin, en lien avec des enfants diabétiques. Dans quel but ?
C’est une application de ces types de modèles possédant des valeurs internes, des motivations, une physiologie simulée. On a modélisé un robot ayant un comportement de très jeune enfant qui est diabétique et a besoin d’aide pour se soigner, c’est-à-dire recevoir de l’insuline. Nous utilisons Robin avec des ­enfants eux-mêmes diabétiques, âgés de 6 à 12 ans et récemment diagnostiqués, pour ­contribuer à leur éducation, en leur donnant des responsabilités dans un environnement ludique. Le scénario est le suivant : ils sont dans la chambre de Robin, avec qui ils vont jouer. Ils doivent s’en occuper s’il a des problèmes : l’enfant a le rôle de l’adulte responsable, il doit reconnaître les symptômes, les remèdes. Il développe un lien affectif avec ce robot, tout en pensant à lui-même.
Ces enfants observaient-ils mieux leur traitement par la suite ?
On n’a pas encore fait d’étude à grande échelle pour le montrer statistiquement. On cherche des financements pour le faire. Mais, sur des petits groupes, on a vu des réponses très positives. Robin est très affectif. On essaie de renforcer ce que l’enfant fait bien, cela lui donne confiance en ses capacités.
Est-il important que le robot ait un corps, ou pourrait-on s’appuyer sur des simulations purement virtuelles ?
Le fait que le robot soit placé dans le monde réel crée des variations inattendues dans les capteurs, les ­moteurs ­– ce que les scientifiques appellent du bruit – qui peuvent parasiter l’analyse. Mais l’introduction de cette nouveauté peut aussi permettre de sortir de comportements en boucle, répétitifs.
Au-delà, lors d’interactions avec l’humain, avoir un corps crée des dynamiques très ­différentes. Par exemple, dans le cas de ­Robin, les enfants veulent immédiatement l’embrasser, l’entourer de leurs bras, le prendre par la main pour l’emmener en promenade. Cela crée une interaction physique ­impossible dans le virtuel.

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La simulation interne de la biologie influe aussi sur le comportement, c’est pourquoi nous ne visons pas seulement la ressemblance externe avec les comportements animaux ou humains. Nos robots sont ainsi beaucoup plus autonomes, plus crédibles, plus proches du ­vivant. La machine laisse ­percevoir des motivations internes, elle peut même ignorer l’humain si besoin : c’est aussi important pour la dynamique de la relation, qu’elle ne sollicite pas en permanence son ­interlocuteur humain.
Vous êtes donc adepte d’une approche ­« bottom up », du bas vers le haut ?
A mon sens, il est important de s’attaquer aux niveaux les plus primitifs des émotions pour bâtir des comportements par-dessus, plutôt que d’essayer de copier des modes ­d’expression de ces émotions. Sinon on a tendance à se projeter et à croire que le robot a plus de capacités qu’il n’en a réellement. C’est bien sûr intéressant de voir aussi comment l’humain répond à ce type de stimuli.
Mais si, comme nous essayons de le faire, on veut comprendre comment l’humain ­développe des liens affectifs, des émotions, il faut modéliser aussi les mécanismes internes et voir comment ils se développent en ­interaction avec l’environnement, y compris avec l’humain.
Lors du Monde Festival, Lola Cañamero participera, avec Raja Chatila et Véronique Aubergé, à la table ronde « Un amour de robot », dimanche 7 octobre, de 10 heures à 11 h 30, au studio de l’Opéra Bastille.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.





Hervé Morin (propos recueillis par)
    













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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Parcourir les 18 trous d’un circuit correspond déjà à une marche de 6,5 à 13 kilomètres. Un moyen d’augmenter l’activité physique pour les 60 à 90 millions de pratiquants dans le monde.
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Un bon swing marque des points... de vie

Parcourir les 18 trous d’un circuit correspond déjà à une marche de 6,5 à 13 kilomètres. Un moyen d’augmenter l’activité physique pour les 60 à 90 millions de pratiquants dans le monde.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 16h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Quel sport pourrait rallonger l’espérance de vie de cinq ans et dont les spectateurs sont presque aussi actifs physiquement que les participants ? Un dernier indice ? Considéré comme peu dangereux, il génère parfois de peu banals traumatismes tels une fulguration ou un accident de voiturette.
Alors que l’un des grands événements mondiaux du golf, la Ryder Cup, vient de s’achever au Golf national, à Saint-Quentin-en-Yvelines, penchons-nous sur les données de la science concernant ses bienfaits pour l’organisme. La discipline intéresse d’autant plus les spécialistes du sport santé qu’on peut s’y adonner à tout âge. C’est même un loisir populaire chez les adultes d’âge moyen et les seniors, typiquement moins enclins à bouger que les adultes jeunes.
Depuis quelques années, les fédérations et les industriels du secteur ont eux aussi bien compris l’intérêt de mettre en avant les atouts du golf pour la santé des individus, et la World Golf Foundation sponsorise largement des travaux dans ce domaine. Elle a ainsi soutenu financièrement la « déclaration de consensus international sur le golf et la santé pour guider l’action des décideurs politiques et de l’industrie du golf » (sic), publiée le 23 septembre dans le British Journal of Sports Medicine. Ce consensus s’est appuyé sur une revue exploratoire incluant 300 études, réalisée par les mêmes auteurs, l’équipe d’Andrew Murray (université d’Edimbourg).
Augmentation de la longévité
Selon ce travail scientifique (paru également dans le British Journal of Sports Medicine, en 2016) le golf est considéré le plus souvent comme une activité physique d’intensité modérée. L’énergie dépensée est très variable : de 500 à 2 500 calories pour une partie. Le seul fait de parcourir un circuit de 18 trous correspond à une marche de 6,5 à 13 kilomètres, soit entre 11 000 et 16 000 pas (les adeptes de la voiturette effectuent, eux, tout de même...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Publiée dans « Science », une étude internationale détaille les résultats d’une campagne technologique sans précédent.
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Seize spécialistes du cancer s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre la dérive bureaucratique et comptable du système de santé français qui pénalise les patients.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Nos voisins européens offrent aux malades du cancer un meilleur accès à l’innovation »

Seize spécialistes du cancer s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre la dérive bureaucratique et comptable du système de santé français qui pénalise les patients.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Pour une pathologie grave et chronique comme le cancer, notre système de soins n’assure plus à ce jour aux malades un accès rapide et équitable aux médicaments les plus innovants – sans parler d’autres technologies indispensables telles que scanner et IRM. Certains traitements majeurs du cancer du sein, du col de l’utérus, de la prostate, du poumon, du rein et de la vessie, de l’estomac, des maladies du sang… ne sont tout simplement pas accessibles aux patients français, faute d’être agréés ou financés par notre système de santé.
On a vu en 2017 une malade atteinte d’un cancer du sein lancer une souscription en ligne pour financer son traitement, brutalement interrompu faute de remboursement, et l’association Imagyn réunir 8 000 signatures pour demander l’accès des personnes atteintes d’un cancer du col de l’utérus à un médicament – le bevacizumab – qui prolonge leur vie… Sans résultat.
Soignants désemparés
Trop longtemps, le ministère de la Santé s’est contenté de répondre qu’il avait « identifié le problème ». En réalité, il en est à l’origine. Les mécanismes de cette régression sont complexes. Ils commencent avec la réduction de l’accès aux nouveaux traitements du fait de l’allongement des procédures d’évaluation et de fixation des prix – plus de 400 jours en moyenne, 180 étant la norme européenne. On voit perverti par des restrictions comptables, le système inventé par la France pour financer les médicaments innovants en plus des forfaits de la tarification à l’activité, la « T2A » – aujourd’hui heureusement remise en cause par le gouvernement.
« En 2016 et 2017, de nombreux malades ont vu leur traitement purement et simplement interrompu faute de moyens. »
Résultat : en 2016 et 2017, de nombreux malades ont vu leur traitement purement et simplement interrompu faute de moyens. Les inégalités ainsi générées sont antirépublicaines. Elles instituent des possibilités de traitement variables d’un établissement à l’autre,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Au menu : la disparition rapide des zones humides sur terre ; chercher les vestiges des civilisations extraterrestres ; une mystérieuse main en bronze vieille de 3 500 ans ; etc.
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ L’ANSM a empêché la transmission d’informations sur la provenance du principe actif du Levothyrox, dont la nouvelle formule est au cœur d’une polémique.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                

Levothyrox : quand l’Agence du médicament se cache derrière le secret des affaires

L’ANSM a empêché la transmission d’informations sur la provenance du principe actif du Levothyrox, dont la nouvelle formule est au cœur d’une polémique.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h50
   





                        



   


C’est la première application connue de la loi sur le secret des affaires, définitivement validée par le Conseil constitutionnel en juillet. Jeudi 27 septembre, le site d’information Les Jours a révélé que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait censuré partiellement une copie de l’autorisation de mise sur le marché du Levothyrox, ce médicament controversé fabriqué par le groupe pharmaceutique allemand Merck.
La demande de transmission de ce document public avait été effectuée par Me Emmanuel Ludot, avocat de plusieurs malades de la tyroïde, victimes d’effets secondaires importants depuis la mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox.

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                La polémique sur le Levothyrox expliquée en six points



Secret des affaires
Si la transmission de ce document par l’ANSM est obligatoire, en vertu du code des relations entre le public et l’administration, celle-ci a utilisé la loi sur le secret des affaires, entrée en vigueur cet été, afin de caviarder certains passages de l’autorisation de mise sur le marché. Et non des moindres : impossible de lire les informations concernant le lieu de production et le nom de l’entreprise qui fabrique le principe actif de la nouvelle formule du Levothyrox.
Selon Les Jours, l’Agence nationale de sécurité du médicament aurait volontairement attendu l’entrée en vigueur cet été de la loi sur le secret des affaires, répondant à la demande de transmissions de documents effectuée le 23 avril… quatre mois plus tard, le 4 septembre. Dans sa réponse à Emmanuel Ludot, l’ANSM estime que le recours à cette loi est justifiée, car elle vise à protéger « le secret des procédés, des informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles ». 

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                « La loi sur le “secret des affaires” suscite une inquiétude importante et légitime »



« Difficile de comprendre que la provenance du principe actif soit incluse dans ces catégories, et ce alors même qu’un rapport a été récemment remis à la ministre de la santé, Agnès Buzyn, pour améliorer… l’information autour du médicament », déclare Aurore Gorius, qui a révélé l’affaire dans Les Jours.
Intérêts privés
Le collectif Informer n’est pas un délit (INPD), qui avait combattu la loi sur le secret des affaires, a publié un communiqué vendredi, affirmant :
« Nous ne pouvons tolérer que la défense des intérêts d’une entreprise privée passe avant l’intérêt général, en l’espèce, la santé des citoyens. »
Et de poursuivre :
« Cette atteinte au droit d’être informé ne vient pas d’un groupe privé. Elle est le fait d’une agence publique. C’est inacceptable ! »
Le collectif INPD souhaite de l’ANSM « s’explique publiquement sur cette affaire » et demande au gouvernement de rendre publique l’intégralité des informations concernant le Levothyrox.

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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ La complexité du monde maya apparaît au grand jour dans l’analyse au laser de plus de 2 000 km2 de forêt.
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Plus de 60 000 vestiges de la civilisation maya découverts au Guatemala

La complexité du monde maya apparaît au grand jour dans l’analyse au laser de plus de 2 000 km2 de forêt.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 19h20
    |

            Pierre Barthélémy








                        



Les initiés l’appellent le mayaniste. Ce terme désigne un spécialiste de la civilisation maya, qui a fleuri entre 1000 avant J.-C. et 1500. L’archéologue mayaniste des Basses Terres opère sur un territoire de 95 000 km2 à cheval sur le Mexique, le Guatemala et Bélize, dans la touffeur, la moiteur, la chaleur d’une jungle tropicale.
La végétation a depuis longtemps repris ses droits sur ce que les humains ont bâti puis abandonné et, bien souvent, les vestiges sont cachés, engloutis par le sol et les plantes. « On peut se trouver sur une ancienne chaussée sans la voir », explique Philippe Nondédéo, chercheur au laboratoire Archéologie des Amériques (CNRS/Paris-I-Panthéon Sorbonne). Pourtant, une multitude de structures qui, jusqu’à présent, étaient demeurées invisibles, viennent d’apparaître subitement dans une étude publiée vendredi 28 septembre par Science, comme si le dieu des mayanistes avait lancé un tonitruant « Que la lumière soit ! ».

Et le laser fut. Ou plus exactement un lidar, sorte de radar embarqué dans un aéronef, qui remplace les ondes radio par des impulsions laser. Lorsque les données sont dépouillées, la végétation envahissante est effacée par un coup de baguette technologique et tous les détails topographiques sous-jacents, naturels ou artificiels, surgissent.
Densité importante
L’étude internationale, que cosigne Philippe Nondédéo, détaille les résultats d’une campagne lidar sans précédent, menée sur douze secteurs du Guatemala et financée par la fondation Pacunam (Patrimoine culturel et naturel maya), une ONG guatémaltèque. Le lidar est passé au-dessus de 2 144 kilomètres carrés de forêt, a lancé 33,5 milliards de coups de sonde au laser et enregistré le total éberluant de 61 480 structures humaines anciennes.
« Il est étonnant de voir à quel point le territoire maya est occupé, résume Philippe Nondédéo. Dans pratiquement toutes les zones, il y a des gens. » Les chercheurs ont évalué que 150 000 à 240 000 personnes vivaient jadis dans ces douze secteurs. Soit une densité importante de population, comprise entre 80 et 120 habitants au kilomètre carré – à titre de comparaison, le chiffre actuel pour la France métropolitaine est de 118 hab/km2.
En extrapolant cette donnée à l’ensemble des Basses Terres, cela donne une population comprise entre 7 et 11 millions de Mayas à la fin de l’époque classique (entre 600 et 900 de notre ère). Philippe Nondédéo convient que cela lui semble « énorme » et il incite à une certaine prudence en la matière, expliquant qu’« il n’y a pas assez d’informations venant du terrain pour confirmer ce résultat, qui doit être considéré comme une estimation. On passe notre temps à réviser les chiffres : il y a quelques années on estimait à 50 000 personnes la population du grand site de Tikal. On est revenu à une estimation plus mesurée comprise entre 15 000 et 18 000 habitants. »

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                L’histoire « aberrante » d’un jeune Québécois qui assure avoir découvert une cité maya



Agriculture intensive
Pour le chercheur français, l’autre grand enseignement de l’étude concerne l’agriculture maya. Le schéma classique mettait en scène des centres urbains densément peuplés et des zones rurales qui l’étaient nettement moins, où se pratiquait une agriculture extensive. « Mais cette hypothèse n’est plus tenable, explique Philippe Nondédéo, car on a eu la surprise de voir qu’il y avait des habitants partout, que ces zones rurales étaient elles-mêmes aussi densément peuplées que les centres. Il n’y avait donc pas de place pour ces grandes cultures. Le lidar nous a montré des aménagements en terrasses sur des terrains légèrement pentus ainsi que de nombreux canaux en zones inondables qui servaient au drainage et à l’irrigation. » 
Même si c’est aujourd’hui invisible à l’œil nu, le paysage a donc, à l’époque maya, été profondément remanié pour pratiquer une agriculture intensive à productivité élevée. Rien n’indique cependant une surexploitation des ressources : « Les résultats confirment une gestion savante et durable du milieu. Tout nous indique qu’il n’y a pas surexploitation. Les causes de l’effondrement des Mayas sont à chercher ailleurs… »

   


Il va falloir de nombreuses années pour réaliser ce que Philippe Nondédéo nomme « l’analyse spatiale, afin de comprendre comment le territoire s’organise, comment sont répartis les vestiges les uns par rapport aux autres, comment les zones agricoles sont reliées aux zones résidentielles et les centres de pouvoir aux périphéries. Les voies de communication nous indiquent et matérialisent dans une certaine mesure l’organisation politique maya. » 
Les données lidar ne révèlent pas que le passé lointain de la région. Elles racontent aussi des faits récents, voire très actuels, l’histoire du pillage moderne. De nombreuses tranchées creusées dans les structures apparaissent sur les images. « C’est un grand fléau dans la région, explique Philippe Nondédéo. On éventre chaque édifice pour chercher une tombe, des dépôts d’objets. Les pilleurs connaissent très bien les sites, sans doute mieux que les archéologues ! » Il y a aussi des mayanistes un peu sauvages…

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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Ce patient était atteint d’un pica, trouble psychologique caractérisé par l’absorption de substances non comestibles.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤ 
<article-nb="2018/10/01/19-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ L’industrie pharmaceutique critique l’homéopathie, mais ses études n’offrent pas de garanties suffisantes sur l’efficacité de ses médicaments, écrit Philippe Pignarre, directeur de collections aux éditions La Découverte, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
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« Laissons les homéopathes trouver les moyens d’explorer les raisons de leur bonheur »

L’industrie pharmaceutique critique l’homéopathie, mais ses études n’offrent pas de garanties suffisantes sur l’efficacité de ses médicaments, écrit Philippe Pignarre, directeur de collections aux éditions La Découverte, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 10h35
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                            Philippe Pignarre








                        



                                


                            

Tribune. Et si on commençait par se débarrasser de tous les médicaments inutiles et dangereux ? Au mois de janvier de cette année, la très sérieuse revue Prescrire en dressait une liste de quatre-vingt-dix ! Combien coûtent-ils à l’Assurance-maladie ? Quel est le prix payé par ceux qu’ils rendent malades ? C’est la première réaction que l’on pourrait avoir face à ceux qui sonnent l’hallali contre les remèdes homéopathiques qui, eux, au moins, ne présentent pas de danger.
Le plus important pourrait cependant ne pas être là, mais bien plutôt dans cette sorte de rage que déclenche tout ce qui échapperait à « la science ». Car, n’en doutez pas, les médicaments, c’est de la science ! La preuve ? Ils ont été testés contre un placebo ou un médicament dit de référence. Double bénéfice de cet argument : 1. les médicaments ne posent pas de problèmes (oubliées les affaires à répétition comme celles du Mediator) ; 2. on sait pourquoi les remèdes homéopathiques marchent : c’est « l’effet placebo ».
En panne d’invention, les industriels exigent des prix exorbitants pour leurs « nouveautés » et se battent pour contrôler les circuits de vente par tous les moyens
Dès qu’on y regarde d’un peu plus près, les choses se compliquent sacrément. Les études comparatives en double aveugle (contre placebo ou médicament de référence) me semblent justement être la démonstration qu’on n’est pas vraiment dans ce qui mériterait le nom de science. Si notre connaissance de la biologie du corps humain était ce que les naïfs (les vrais) croient, on n’aurait pas besoin de recourir à cette misérable procédure empirique.
On saurait pour des raisons « scientifiques » pourquoi un médicament ne peut qu’être efficace. Allons plus loin : on n’a, en général, que des hypothèses sur les raisons pour lesquelles un médicament « marche ». Le plus souvent, c’est par hasard que l’on s’est aperçu que telle molécule produisait tel effet. Et la plupart des nouvelles molécules...




                        

                        


<article-nb="2018/10/01/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le mandat d’Yves Bréchet s’achève à la fin du mois de septembre et le gouvernement n’a toujours pas nommé son successeur.
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<article-nb="2018/10/01/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Les réseaux de neurones et l’apprentissage profond, racontés de l’intérieur par un de ses pionniers.
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Une brève histoire de l’intelligence artificielle

Les réseaux de neurones et l’apprentissage profond, racontés de l’intérieur par un de ses pionniers.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 15h35
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Le livre. Tout va très vite avec l’intelligence artificielle. En quelques années, cette technique a envahi tous les secteurs, guidant des véhicules autonomes, faisant parler nos téléphones ou autres assistants ­vocaux, jouant au go mieux que des humains, reconnaissant à la chaîne des images aussi bien de la vie courante que d’examens médicaux… Tout aussi rapidement, elle a ­déclenché de nombreuses controverses avec son goût immodéré pour les données, y compris très personnelles, ou pour ses prétentions à mettre l’humanité au chômage.
Et, en à peine six ans d’existence médiatique, voici que sort le premier livre racontant l’histoire passionnante du maillon-clé qui a fait renaître l’intelligence artificielle : le deep learning ou « apprentissage profond ». Le seul défaut de cette lecture captivante est que le livre est en anglais.
L’auteur, Terrence Sejnowski, n’est autre que l’un de ces pionniers qui, malgré les hauts et les bas de sa discipline, a su tenir bon depuis la fin des années 1970 jusqu’à aujourd’hui. Ce professeur de l’université de Californie à San Diego illustre à merveille les différentes facettes de cette histoire. Physicien théorique ­jusqu’à sa thèse (1978), il est aujourd’hui ­neuroscientifique, spécialiste du cerveau, toujours très porté sur l’intelligence artificielle, manipulant des objets mathématiques appelés réseaux de neurones, au comportement analogue à celui des vrais neurones.
Systèmes complexes
C’est son directeur de thèse, John Hopfield, qui le poussa vers le mystère de l’intelligence. Ce dernier s’y mit aussi en relançant, en 1982, l’intérêt de la communauté pour les systèmes complexes formés par des neurones en interaction. Aux Etats-Unis, Terry Sejnowski rencontrera également un autre pionnier du domaine, Geoffrey Hinton, aujourd’hui professeur à l’université de Toronto, avec qui il fit les premières percées.
Il croisa aussi la route du jeune Français Yann LeCun, désormais chez Facebook,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/01/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Eric Fourneret salue les recommandations du Comité consultatif national d’éthique sur la question du suicide assisté.
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Euthanasie : « Le Comité d’éthique a mis l’accent sur la formation des acteurs de santé »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Eric Fourneret salue les recommandations du Comité consultatif national d’éthique sur la question du suicide assisté.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 10h12
    |

Eric Fourneret (Philosophe, chercheur au Braintech Lab, Inserm, université Grenoble-Alpes)







                        



                                


                            
Tribune. Mardi 25 septembre, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu son avis (n° 129) pour sa contribution à la révision de la loi de bioéthique. Si l’accompagnement de la fin de vie n’est pas strictement contenu dans cette loi, le sujet a malgré tout été introduit parmi les neuf principaux thèmes étudiés.
Une partie de la population française attend depuis longtemps que la législation évolue vers la dépénalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, soutenant l’argument que l’individu est souverain sur la totalité de sa vie, même au moment de sa fin ; une autre s’y oppose, parfois avec des arguments religieux, dont celui qui fait de la vie une valeur que rien, pas même la maladie et ses effets, ne peut altérer.
Mais l’immense majorité des Français, en dépit des sondages qui pourraient laisser croire le contraire, se situe entre ces deux extrémités, souhaitant décider librement et personnellement des conditions de finir sa vie, tout en craignant une loi qui ne parviendrait pas à éviter d’éventuelles dérives. Finalement, le CCNE a proposé de ne pas modifier la législation, laissant l’euthanasie et le suicide assisté du côté des interdits.
« Le constat que l’on meurt mal en France s’est durablement installé dans les esprits »
En dehors de cet aspect, qu’est-il important de retenir de l’avis n° 129 ? Un incroyable paradoxe. Alors même que les professionnels de santé français possèdent des compétences remarquables, tant du point de vue technique que du point de vue de l’engagement, le constat que l’on meurt mal en France s’est durablement installé dans les esprits. Comment est-il possible de mal mourir si les professionnels de la santé sont si performants ?
La raison est à chercher du côté de deux éléments.
Le premier est celui de l’organisation des soins : les compétences des professionnels de santé sont étouffées par une gestion managériale écrasante et une rationalité de rentabilité, quand l’accompagnement...




                        

                        


<article-nb="2018/10/01/19-17">
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la sociologue Martine Gross estime que le Comité consultatif national d’éthique, même s’il fait preuve de prudence en laissant certaines questions en suspens, a rendu des conclusions globalement positives.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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PMA : « L’avis du Comité d’éthique renforce l’autonomie des femmes »

Dans une tribune au « Monde », la sociologue Martine Gross estime que le Comité consultatif national d’éthique, même s’il fait preuve de prudence en laissant certaines questions en suspens, a rendu des conclusions globalement positives.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 09h14
    |

Martine Gross (Sociologue au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. A la première lecture, l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) publié le 25 septembre, favorable à l’autoconservation ovocytaire, à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes ainsi qu’à la levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme pour les enfants issus de ces dons, va plutôt dans le bon sens, c’est-à-dire celui d’une plus grande autonomie des femmes, d’un plus grand respect des enfants nés de PMA. Sans surprise, le CCNE recommande de maintenir l’interdiction de la gestation pour autrui (GPA).
« L’absence de proposition pour établir la filiation d’un enfant né du recours à un don de sperme au sein d’un couple de femmes interpelle »
Plusieurs points peuvent interpeller le lecteur au sujet de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. Le premier est l’absence de proposition pour établir la filiation d’un enfant né du recours à un don de sperme au sein d’un couple de femmes. On pourrait penser que le CCNE ne considère pas la filiation comme une question de bioéthique.
Pourtant, elle est bien évoquée à plusieurs reprises, notamment dans la partie concernant l’anonymat des dons et celle sur la GPA. Si la PMA s’ouvre à toutes les femmes sans modification du droit de la filiation, la femme qui portera l’enfant sera la mère statutaire, et sa compagne ne deviendra mère à ses côtés qu’à la condition de se marier et d’adopter l’enfant de sa conjointe.
Or, passer par l’adoption, c’est établir une hiérarchie entre les deux mères en donnant une priorité à celle qui accouche. Cela oblige aussi les femmes à se marier à une époque où plus de 60 % des enfants naissent hors mariage.
Enfin, la période qui s’écoule entre la naissance et le prononcé de l’adoption plénière place les enfants dans un déficit de protection juridique en cas de séparation ou de décès de la mère statutaire. Alors que les couples hétérosexuels qui ont recours à la PMA deviennent parents dès la naissance,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le haut-fonctionnaire Jean-Christophe Parisot de Bayard estime que l’avis du Comité consultatif national d’éthique ne tient pas compte des droits de l’enfant et ouvre en grand la porte aux transhumanistes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/09/2018
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Elargissement de la PMA : « Le risque de l’ubérisation de la reproduction »

Dans une tribune au « Monde », le haut-fonctionnaire Jean-Christophe Parisot de Bayard estime que l’avis du Comité consultatif national d’éthique ne tient pas compte des droits de l’enfant et ouvre en grand la porte aux transhumanistes.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 10h07
    |

Jean-Christophe Parisot de Bayard (sociologue)







                        



                                


                            
Tribune. Le vote à venir des lois de bioéthique sera-t-il vraiment un choix pris en conscience ? Il s’agit d’autoriser (ou non) des pratiques qui auront des conséquences importantes sur l’avenir de l’espèce humaine. Des consultations multiples ont eu lieu, restituant un large spectre de convictions et de propositions.
Le désir d’enfant est un sujet complexe, qui mêle anthropologie, économie, santé et psychologie. Il ne s’agit pas de juger le désir des couples de femmes ou des femmes célibataires, mais, en votant une loi « PMA pour toutes », en l’état, il apparaît clairement que l’on va, sans le savoir et sans le vouloir, prendre le risque de faire entrer notre société dans l’ubérisation de la reproduction. L’acceptation de la procréation médicale assistée (PMA) en France aura quatre conséquences capitales.
La tyrannie des adultes doit être encadrée
Tout d’abord, la PMA engendrera inévitablement la gestation pour autrui (GPA). Ne soyons pas hypocrites. Au nom de quoi accepterait-on une aide à procréation pour les couples de femmes et interdirait-on la GPA pour les couples d’hommes ? Accepter l’un conduira à accepter l’autre, au nom de l’égalité. Ce ne sera plus qu’une question de calendrier.

La reproduction est ramenée à une banale question de « tuyauterie », et les hommes rabaissés au rôle d’étalons, alors qu’il s’agit d’abord de la « filiation » entre un enfant et ses racines, le fruit d’une histoire d’amour, une transmission de repères identitaires.
La recherche compulsive de leurs origines des enfants nés d’une mère ayant accouché sous X ou de père anonyme ne nous aurait rien enseigné ? La tyrannie des adultes doit être encadrée, comme nous le faisons pour les dossiers d’adoption. Avoir le désir d’enfant ne suffit pas, car l’enfant ne se réduit pas à une fécondation à 400 euros.
« L’enfant a des droits »
C’est un individu qui a besoin de vivre dans un environnement stable, sécurisant, qui a le droit de...




                        

                        


<article-nb="2018/10/01/19-19">
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Ali Nesin, mathématicien turc, a reçu le prix Leelavati pour « son travail sans relâche ayant permis la création d’un lieu de paix, pour l’éducation, la recherche et la découverte des mathématiques pour tous ».
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
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L’aventure d’un village mathématique

Ali Nesin, mathématicien turc, a reçu le prix Leelavati pour « son travail sans relâche ayant permis la création d’un lieu de paix, pour l’éducation, la recherche et la découverte des mathématiques pour tous ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 15h32
    |

                            Etienne Ghys (Mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Carte blanche. Tous les quatre ans, les mathématiciens du monde entier se retrouvent dans un congrès international qui est l’occasion de faire le point sur les recherches récentes mais aussi de remettre des prix prestigieux, dont les médailles Fields. Cet été, le congrès avait lieu à Rio de Janeiro, au Brésil, et ce fut un grand moment de science malgré deux incidents.
Tout d’abord, comme une préfiguration du drame de l’incendie du Musée national de Rio, trois semaines plus tard, l’énorme bâtiment qui devait abriter les conférences a été complètement détruit par un incendie trois jours avant l’ouverture du congrès. La résilience proverbiale des Brésiliens a permis d’ouvrir un autre lieu dans l’urgence.
D’autre part, l’un des médaillés Fields, le mathématicien kurde CaucherBirkar, s’est fait voler sa médaille quelques instants après l’avoir ­reçue. On lui a remis une seconde médaille quelques jours plus tard, ce qui lui a permis de déclarer avec humour qu’il était le premier de toute l’histoire à recevoir deux fois la médaille Fields. Le Brésil a bien besoin d’humour à l’approche d’une élection présidentielle qui s’annonce catastrophique, en particulier pour la science.
Les médias français n’ont pas beaucoup parlé de ces médaillés Fields, probablement parce que, une fois n’est pas coutume, aucun d’entre eux n’est français. Et les autres lauréats sont passés complètement inaperçus. C’est dommage car l’un d’entre eux a largement emporté l’enthousiasme du public, si l’on en croit la standing ovation qui a suivi sa présentation. Ali Nesin a reçu le prix Leelavati (du nom d’un traité de mathématiques indien du XIIe siècle) pour « son travail sans relâche ayant permis la création d’un village mathématique qui est un lieu de paix, pour l’éducation, la recherche et la découverte des mathématiques pour tous ».
Fondation pour enfants défavorisés
L’histoire mérite d’être racontée. Ali Nesin est un mathématicien...




                        

                        


<article-nb="2018/10/01/19-20">
<filnamedate="20181001"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181001"><AAMMJJHH="2018100119">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le blogueur Sylvestre Huet s’interroge sur ce que les chercheurs en économie et en sciences politiques peuvent apporter à la lutte contre le réchauffement du climat.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤ 