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Entretien

« En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »

Tuberculose, jusqu’à quand ? (4). Seize des trente pays les plus touchés par la maladie sont africains. L’enjeu est socio-économique avant d’être médical, décrypte Evelyne Kibuchi, de l’ONG Stop TB.

Propos recueillis par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-10-01T18:07:23+02:00"

        Le 01.10.2018 à 18h07






    
Des patientes coinfectées par la tuberculose et le VIH dans une clinique du township de Khayelitsha, au Cap (Afrique du Sud), en février 2010.
Crédits : Finbarr O'Reilly / REUTERS


Evelyne Kibuchi travaille depuis dix ans à lutter contre la tuberculose en Afrique de l’Est. Directrice de l’ONG Stop TB au Kenya, elle est également secrétaire pour l’Afrique du Global TB Caucus, un réseau de parlementaires qui travaillent à mobiliser leur pays contre cette maladie qui, sur le continent, tue plus que le sida.
L’Afrique compte seize des trente pays les plus touchés par la tuberculose, et cette maladie recule peu sur le continent. Est ce dû à un manque d’accès aux traitements ? 
Evelyne Kibuchi Dans la plupart des pays, nous avons des traitements, des hôpitaux. Pas suffisamment, mais il y en a. Le problème, c’est que beaucoup de pays allouent l’essentiel de leurs budgets aux infrastructures et presque rien à la prévention et au diagnostic. Or les grandes études nationales menées dans certains pays – Kenya, Nigeria, Ghana, Tanzanie et Afrique du Sud, notamment – ont montré qu’en moyenne 50 % des personnes infectées ignorent qu’elles le sont. A quoi bon acheter plus de médicaments, d’équipements, si la moitié des malades ne savent pas qu’ils ont la tuberculose ? C’est un problème central, car si ces personnes ne reçoivent pas de traitement, elles vont en infecter d’autres. Il faut donc plus de ressources humaines pour les atteindre mais aussi faire de la prévention, sensibiliser les communautés. Ces solutions sont peu chères et efficaces.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Surtout, la tuberculose n’est pas nécessairement un problème médical. La preuve, c’est que l’Afrique du Sud, qui a de bonnes infrastructures, est sur le continent l’un des pays qui compte le plus grand nombre de nouveaux cas chaque année [567 pour 100 000 habitants, selon l’Organisation mondiale de la santé, OMS]. Pour éradiquer la tuberculose d’ici à 2030, ce qui est l’objectif de l’OMS, il faut donc lutter contre les facteurs structurels de la maladie, qui sont socio-économiques.
C’est-à-dire ? 
Regardons les facteurs qui prédisposent quelqu’un à la tuberculose. Vivre dans un bidonville, dans un logement insalubre mal ventilé, c’est un problème de statut économique. Avoir une mauvaise alimentation, c’est un problème économique. De même que l’accès aux services de santé et à l’éducation sont des enjeux socio-économiques. Si je ne suis pas éduquée, j’ai peu de chance d’avoir accès à l’information. Même si elle est diffusée à la radio, je risque de ne pas bien la comprendre, si toutefois j’ai une radio !
Les Etats prennent-ils la mesure du problème ? 
Aujourd’hui, tous les pays ont, à ma connaissance, adopté un plan stratégique de lutte contre la tuberculose, ce qui peut être noté comme un progrès pour la région. Mais beaucoup souffrent d’une bureaucratie trop lourde et d’un trop grand scepticisme, notamment vis-à-vis des nouveaux traitements. Ils se disent : « Attendons de voir comment cela va fonctionner dans tel ou tel pays. » Tout cela nuit au droit des patients à être traités. A l’inverse, je pense que le Kenya montre que l’on peut aller vite : nous avons par exemple été les premiers à adopter, il y a deux ans, un traitement adapté aux enfants, qui donne de très bons résultats. Depuis, quatre-vingts pays ont fait de même.

        Episode 1
         

          Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile



Un autre défi auquel l’Afrique fait face est l’explosion des cas de tuberculose résistante aux traitements… 
Oui, c’est un problème énorme et grandissant. La maladie mute. Pour les patients infectés, cela signifie un traitement plus long et beaucoup plus cher : jusqu’à 1,5 million de shillings kényans par personne pour un traitement de vingt-quatre mois [soit environ 13 000 euros, contre quelque 50 euros pour une tuberculose classique]. De plus, le patient reste plus longtemps contagieux, ce qui entraîne encore plus de stigmatisation des malades.
Quelles sont les conséquences de cette stigmatisation ? 
Les patients sont contraints de rester chez eux ! A Nairobi, si vous montez dans un matatu [minibus de transport en commun] et que vous toussez, les autres passagers vont soit vous demander de descendre, soit descendre eux-mêmes. Ils ont peur de vous. La prochaine fois, vous resterez chez vous. Des personnes coinfectées avec le VIH m’ont dit que la stigmatisation de la tuberculose était bien plus forte que pour le sida. C’est un enjeu important pour cette maladie.

        Episode 2
         

          A la poursuite des « cas manquants » de tuberculose dans les villages sénégalais



Vous êtes secrétaire pour l’Afrique du Global TB Caucus, qui vise à lutter contre la tuberculose en créant un réseau de parlementaires. Croyez-vous que cette initiative puisse vraiment avoir une influence ? 
Revenons à sa création. Lorsque le cycle des Objectifs du millénaire pour le développement [OMD, de 2000 à 2015] s’est achevé, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une absence de volonté politique s’agissant de la tuberculose. Le Caucus est né à ce moment-là, avec l’objectif d’exercer une influence aux niveaux national, régional, africain et mondial. Est-ce que cela fonctionne ? Oui. Au Kenya, les parlementaires mobilisés sont parvenus à obtenir une augmentation du budget consacré à la lutte contre la tuberculose.
Beaucoup de choses peuvent se passer au niveau politique. Par exemple, l’Afrique n’investit pas assez dans la recherche sur les maladies, ce qui faisait pourtant partie de la déclaration d’Abuja, où les chefs d’Etat du continent ont promis en 2001 de consacrer 15 % de leur budget à la santé. Combien de pays respectent cela ? Très peu. Il faut prendre ce défi à bras-le-corps, d’autant plus à l’heure où les financements extérieurs sont menacés, car c’est chez nous que la tuberculose est un problème.

Sommaire de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 4 « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »
Episode 3 Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ L’ancien PDG de Danaher sera chargé de redresser le groupe américain, plombé par les difficultés de sa division énergie.
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En difficulté, le groupe General Electric nomme un nouveau PDG

L’ancien PDG de Danaher sera chargé de redresser le groupe américain, plombé par les difficultés de sa division énergie.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h40
   





                        



   


Le groupe américain General Electric (GE), qui rencontre d’importantes difficultés, a annoncé lundi 1er octobre la nomination surprise d’un nouveau PDG. Lawrence Culp, 55 ans, remplace John Flannery, poussé vers la sortie : le conseil d’administration espère qu’il arrivera à accomplir pour General Electric ce qu’il a réussi à faire à son poste de PDG de Danaher entre 2000 et 2014.
Il a transformé une entreprise essentiellement industrielle en « une société leader en science et technologie », dit le communiqué de GE, dont Lawrence Culp était membre du conseil d’administration depuis avril 2018.
Pour faire bonne mesure, le groupe a révisé à la baisse sa prévision de bénéfice par action pour 2018, à cause des déboires de sa division énergie, longtemps le fleuron du groupe, qui ne parvient pas à se remettre de la chute des prix de l’électricité de gros et de l’effondrement des commandes de turbines, qu’elle n’a pas su anticiper.
Les performances de cette division — qui comprend une grande partie de l’ancien fleuron français Alstom racheté au plus fort en 2014 — ayant été encore plus mauvaises que prévu, GE a aussi annoncé qu’il devrait inscrire une charge exceptionnelle, qui pourrait atteindre 23 milliards de dollars (19,8 milliards d’euros), selon un communiqué.
Plan d’économies de 2 milliards de dollars
Le conseil d’administration a également nommé Thomas Horton, ancien PDG de la première compagnie aérienne américaine American Airlines, directeur principal.
A la fin de juin, John Flannery avait lancé un plan d’économies de 2 milliards de dollars et de restructuration pour se concentrer sur l’aéronautique, l’électrique et les énergies renouvelables, donner l’indépendance à sa division santé et sortir du capital de sa filiale de services pétroliers Baker Hughes.
Outre les divisions énergie et de services pétroliers affectées par des suppressions d’emplois, GE taille tous azimuts, notamment dans ses frais généraux. Il a renoncé récemment à son engagement de créer un millier d’emplois d’ici à la fin de 2018 en France, malgré les critiques de la classe politique française. Cette cure d’austérité s’accompagnait d’un plan de cessions d’actifs évalués à quelque 20 milliards de dollars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.
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Indonésie : polémique « vaine » sur le système d’alerte tsunami

Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 16h53
    |

            Hervé Morin








                        



   


Un début de polémique est né sur la façon dont l’alerte tsunami a été gérée, vendredi 28 septembre, dans les minutes qui ont suivi le séisme ayant fait près de mille morts dans la région de Palu, sur l’île de Sulawesi, en Indonésie. Les autorités indonésiennes ont-elles levé l’alerte trop tôt ? Un système de capteurs plus performant, et surtout opérationnel, aurait-il sauvé des vies ?
Le séisme est survenu à 18 h 2 (heure locale). L’Agence météorologique, climatologique et géophysique indonésienne (BMKG) a décrit le déroulement des faits dans un communiqué, au lendemain de la catastrophe. L’analyse des données sismiques par le BMKG a quasiment instantanément engendré une alerte tsunami, estimant que la vague mesurerait entre 0,5 et 3 mètres et arriverait à Palu à 18 h 22. Le marégraphe de Mamuju, situé au sud, bien plus loin de l’épicentre, a enregistré une montée des eaux de 6 centimètres seulement à 18 h 27, laissant supposer qu’une vague de faible ampleur était déjà passée à Palu. L’alerte a donc été levée à 18 h 36.
L’agence Associated Press a évoqué les regrets de chercheurs impliqués dans un projet de système de détection précoce, encore expérimental. S’appuyant sur des capteurs posés au fond de la mer et des communications par fibre optique, il n’a pas bénéficié de financements suffisants pour être opérationnel. Par ailleurs, un réseau plus ancien de bouées DART (Deep-ocean Assessment and Reporting of Tsunamis, détection de tsunamis en eau profonde) est, lui, totalement en déshérence en Indonésie, en raison de vols de ses composants coûteux et de dégradations par les pêcheurs.
Faible distance
Cependant, pour Rémy Bossu, directeur du European Mediterranean Seismological Center, qui a participé à la conception du système d’alerte tsunami en Méditerranée, la présence de ces bouées, conçues pour détecter les grands tsunamis transocéaniques, « n’aurait probablement rien changé dans ce cas », en raison de la faible distance entre le séisme et les zones côtières sinistrées. Même à l’échelle d’un bassin comme la Méditerranée, l’installation de telles bouées, très onéreuses et demandant une lourde maintenance, n’est pas envisagée : la distance du tremblement de terre doit être suffisamment grande pour que les capteurs distinguent l’arrivée de l’onde sismique de celle de la vague.
En France métropolitaine, le système d’alerte tsunami, géré par le Commissariat à l’énergie atomique et énergies alternatives (CEA) depuis 2012, a été conçu pour informer la protection civile dans un délai de quinze minutes, en se fondant sur des données de capteurs sismiques et des marégraphes. Le scénario envisagé est celui d’un mur d’eau engendré par un séisme sur les côtes algériennes — ce qui constitue l’aléa le plus probable. Le tsunami mettrait alors soixante-quinze à quatre-vingt-dix minutes à arriver sur les côtes françaises.
Palu n’étant située qu’à quatre-vingts kilomètres de l’épicentre, le délai d’arrivée du tsunami était bien plus court. Le 1er octobre, le BMKG a même précisé, sur la foi d’une vidéo virale montrant l’arrivée du tsunami à Palu, que celui-ci avait frappé la ville entre 18 h 10 et 18 h 13. Cela pourrait conforter l’hypothèse qui circule désormais parmi la communauté des sismologues : le tsunami n’aurait probablement pas été engendré par une brusque rupture verticale de la croûte terrestre au fond de l’océan — comme lors du séisme du Tohoku, au Japon, en 2011.
« Glissement de terrain sous-marin »
A Célèbes, où les plaques ont coulissé horizontalement, « c’est plutôt un glissement de terrain sous-marin engendré par le séisme, qui est suspecté », dit Rémy Bossu. Une vidéo aérienne pourrait aussi renforcer cette thèse : reprise sur un fil Twitter spécialisé dans l’analyse des séismes, elle est censée avoir été prise d’un avion quittant Palu au moment du tremblement de terre, et montre plusieurs vagues qui semblent émaner de la côte à la suite de mouvements de terrain.

Just obtained video taken from the flight that left #Palu #PLWairport during the #earthquake. Note the "weird wave… https://t.co/V3g0sDRgJ8— GerryS (@Gerry Soejatman)


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Des effondrements sous-marins, encore plus difficiles à déceler, et parfois décalés dans le temps, peuvent aussi engendrer localement un mur d’eau dévastateur. En outre, « la bathymétrie locale a toujours des effets majeurs », note Rémy Bossu. En l’espèce, Palu se situe au fond d’une baie en entonnoir, propre à favoriser l’élévation d’un tsunami.
Sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), Robin Lacassin juge, lui aussi, que la polémique sur la défaillance du système d’alerte est « vaine » : « En champ très proche, ce qui compte c’est la réaction immédiate et spontanée de la population lorsqu’elle ressent un gros séisme. Donc sa compréhension, qui passe évidemment par l’éducation et l’entraînement, note le chercheur. Les systèmes d’alerte sont par contre très utiles à des distances plus importantes, où le séisme ne va pas être ressenti, ou faiblement. »
En définitive, à proximité d’un séisme, c’est le tremblement de terre lui-même qui constitue l’alerte tsunami : « Le message de prévention, près des côtes, c’est que dès lors que vous ressentez une secousse durant plus de trente secondes, ou que vous avez du mal à tenir debout lors du séisme, il faut gagner les hauteurs », dit Rémy Bossu.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le séisme de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami qui a touché l’île des Célèbes, vendredi 28 septembre, a fait au moins 844 morts.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ L’île des Célèbes a été dévastée vendredi par un séisme de magnitude 7,5, suivi d’un tsunami avec des vagues pouvant atteindre une hauteur de six mètres.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Après Leclerc, le groupe détenu en totalité par l’Etat suédois veut à son tour séduire les particuliers et concurrencer EDF.
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édition abonné


Le suédois Vattenfall se lance sur le marché français de l’électricité

Après Leclerc, le groupe détenu en totalité par l’Etat suédois veut à son tour séduire les particuliers et concurrencer EDF.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 12h00
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Un nouveau poids lourd débarque sur le marché français de l’électricité. Après Leclerc, en septembre, le suédois Vattenfall veut à son tour séduire les particuliers et rivaliser avec EDF, ont annoncé ses dirigeants, lundi 1er octobre. Une grande campagne de publicité à la télévision, à la radio et en ligne débutera le 8 octobre, avec un argument-choc : le courant sera vendu « 12 % moins cher que le tarif réglementé d’EDF ». 
De quoi aiguiser encore la compétition sur un marché extrêmement disputé. Pas moins de 25 groupes proposent désormais de l’électricité aux Français, là où EDF était encore seul début 2007. « Il y aura des morts », prédisent déjà certains professionnels.

Vattenfall entend bien être de ceux qui survivront. Mieux : de ceux qui remporteront la mise. « Nous espérons conquérir 500 000 clients avant cinq ans, et figurer ainsi parmi les 5 principaux fournisseurs dans l’Hexagone », avance Henri Reboullet, le PDG de Vattenfall en France.
Fondé il y a plus de cent ans, l’« EDF suédois » fait partie des dix principaux industriels du secteur en Europe. Il est très présent en Allemagne et en Scandinavie. En France, il ne produit pas encore le moindre électron, mais l’envisage à court terme. En alliance avec la Caisse des dépôts et le développeur allemand WPD, il aimerait installer des éoliennes au large de Dunkerque. Reste à gagner l’appel d’offres qui doit être lancé sous peu.
« On est dans le peloton »

Vattenfall est déjà très actif sur le terrain commercial. Le groupe, détenu à 100 % par l’Etat suédois, a été parmi les premiers à s’implanter en France, lorsque le marché de l’électricité pour les grands groupes et les industriels a été ouvert à la concurrence, en 2000. Puis il a élargi son offre à tous les clients professionnels, ainsi qu’au gaz. Aujourd’hui, avec un volume d’affaires d’environ 600 millions d’euros, il estime avoir pris 5 % du marché professionnel français....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Aucun dépassement de dose n’a été observé dans le secteur nucléaire en France depuis 2014.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La période de pêche s’ouvre lundi à minuit en Manche Est pour la flottille française après des tensions, fin août, avec les Britanniques.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

La pêche à la coquille Saint-Jacques reprend dans le calme

La période de pêche s’ouvre lundi à minuit en Manche Est pour la flottille française après des tensions, fin août, avec les Britanniques.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 10h45
   





                        



   


Avec des stocks au plus haut en baie de Seine, la saison de la pêche à la coquille Saint-Jacques, qui commence lundi 1er octobre à minuit pour s’achever en mai, s’annonce comme un bon cru pour les professionnels français, et ce dans un climat apaisé avec leurs homologues britanniques.
Les dates de pêche ont donné lieu fin août à une « guerre à la coquille », opposant Français et Britanniques. Un conflit lié à la différence de réglementation entre les deux pays : en France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai, alors que Britanniques et Irlandais n’ont, eux, pas de dates imposées.
Des altercations avaient éclaté en mer quand une trentaine de navires français avaient essayé d’empêcher cinq navires britanniques de pêcher le précieux mollusque, nouvel épisode d’une guerre au long cours, les Français reprochant aux Britanniques de piller le gisement de saint-jacques.

        Les explications sur cette affaire :
         

          Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques



Accord avec les Britanniques
Un accord a finalement été conclu le 17 septembre au sujet du calendrier de pêche de la coquille Saint-Jacques en baie de Seine, qui prévoit le retour des Britanniques à partir du 1er novembre. Mais contrairement à ce que réclamaient les Français, seuls les bateaux de plus de quinze mètres ont dû quitter les eaux de pêche.
Les coquilles Saint-Jacques se portent bien en baie de Seine et en baie de Saint-Brieuc. Selon les résultats de deux campagnes d’évaluation de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), publiés le 25 septembre, les stocks de coquilles sont au plus haut dans cette zone.
L’organisme a évalué à 63 600 tonnes la biomasse de coquilles exploitable en baie de Seine, contre 48 600 tonnes en 2017, une année déjà record. En baie de Saint-Brieuc, elle est de 25 000 tonnes, contre 18 700 tonnes en 2017. La situation est moins favorable juste à l’extérieur de la baie de Seine, avec une biomasse totale dépassant à peine 7 800 tonnes, contre 18 800 l’année précédente.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le bilan s’élève à au moins 844 morts et pourrait augmenter. Sur place, le constat est que le désastre a été mal anticipé.
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Indonésie : désolation et chaos après le séisme et le tsunami

Le bilan s’élève à au moins 844 morts et pourrait augmenter. Sur place, le constat est que le désastre a été mal anticipé.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 16h34
    |

            Hervé Morin et 
Bruno Philip (Correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



Au moins 844 morts, selon une dernière évaluation qui s’alourdit d’heure en heure : le nombre des victimes répertoriées du séisme, suivi d’un tsunami, qui a frappé vendredi 28 septembre au soir la province de Sulawesi centre, ne cesse d’augmenter – c’est toujours le cas en pareilles circonstances, surtout quand une catastrophe survient dans des régions reculées et mal armées pour faire face aux désastres. « Le bilan des morts va continuer de s’élever », a confirmé dimanche Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l’Agence indonésienne de gestion des risques naturels (BNPB). Le vice-président de l’Indonésie, Jusuf Kalla, a estimé que les morts risquent de se compter « par milliers ».
Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (UNOCHA) a estimé lundi que 191 000 personnes ont besoin d’aide humanitaire d’urgence. Quelque 46 000 enfants et 14 000 personnes âgées sont concernés.
Dans les rues de Palu, capitale de la province de Sulawesi centre, qui a été durement touchée par le tremblement de terre et les vagues de près de six mètres provoquées par le tsunami, les sauveteurs tentaient, lundi 1er octobre, de retrouver des survivants dans les ruines. Les corps sans vie de dizaines de victimes s’alignaient dans les rues, le long des décombres. Sur une colline dominant la ville, une tranchée de plus d’une centaine de mètres de long a été creusée pour y déposer des centaines de cadavres. Les enterrements de masse ont commencé rapidement, aussi bien parce que la tradition islamique, dans cette province à majorité musulmane, impose d’ensevelir les morts au plus tôt, que pour éviter la propagation d’épidémies.
Appel à l’aide

   


Des scènes de pillage ont été observées en fin de semaine par des journalistes locaux : des centaines de personnes ont volé tout ce qu’elles pouvaient (fioul domestique, huile, eau, nourriture) dans des supermarchés épargnés par le désastre. « Nous n’avons plus rien, il faut manger ! », criaient des gens. Interrogé par le correspondant local de l’Agence France-Presse, un photographe indonésien a expliqué : « Il n’y a plus qu’une station d’essence encore en activité, les gens n’ont plus d’essence et commencent à être désespérés. » Plus d’un millier de prisonniers ont profité du séisme pour s’enfuir de trois maisons d’arrêt ébranlées ou en partie détruites par les secousses, a rapporté le ministre de la justice.
Le président de la République indonésienne, Joko Widodo, s’est rendu à Palu dimanche en fin d’après-midi. Il a exhorté les sauveteurs à « travailler jour et nuit » pour trouver des survivants. Mais alors que le gouvernement indonésien vient officiellement, lundi, de faire appel à l’aide internationale – l’Union européenne a annoncé l’octroi d’une enveloppe d’un million et demi d’euros –, les moyens dont disposent sur place les responsables restent limités. Dimanche, les cris de détresse qui s’élevaient de l’hôtel Roa Roa, le plus chic de Palu, se sont tus : les sauveteurs, obligés de soulever les pans de béton écroulés avec des pioches, n’ont pas réussi à temps à dégager les survivants. Selon la BNPB, 71 étrangers logeaient dans cet hôtel de huit étages, dont un Sud-Coréen et trois Français. Ces derniers ont été retrouvés vivants par les secours, selon un communiqué transmis par le Quai d’Orsay, lundi 1er octobre. Leur évacuation de la zone sinistrée était en cours dans la matinée.
Pour l’instant, les secours ­affluent par avions militaires qui, seuls encore, peuvent se poser sur l’aéroport de Palu, fermé aux transports civils. L’un des aiguilleurs du ciel, resté jusqu’au bout seul à son poste, vendredi à l’heure du séisme, pour guider un avion qui venait de décoller, est désormais salué comme un ­ « héros national » dans tout le pays : réalisant que la tour de ­contrôle allait s’écrouler, Anthonius Gunawan Agung, 21 ans, a sauté du quatrième étage. Il est mort le lendemain des suites de ses blessures.
Le bilan des victimes risque peut-être également de s’alourdir, car personne n’avait encore pu, lundi en fin de matinée, accéder à la ville côtière de Donggala, située à l’embouchure de la rivière Palu – ce qui fait redouter un bilan plus lourd encore. Des images diffusées par la chaîne de télévision Metro TV ont montré les maisons dévastées de cette ville, qui est la plus proche de l’épicentre du séisme. Les habitants ont-ils pu fuir à temps le tsunami ? Cette agglomération, capitale d’une municipalité de près de 300 000 habitants, que l’on atteint d’ordinaire en une demi-heure depuis Palu, est bloquée en raison des glissements de terrain et de l’affaissement des routes, provoqués par le tremblement de terre d’une magnitude de 7,5 sur l’échelle de Richter. Selon l’un des responsables de l’ONG Save the Children, Tom Howells, « l’accès à ces zones reste un énorme problème et on peut redouter des dégâts très importants et de nombreuses victimes autour de Donggala ».

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Les « bouées » d’alerte hors d’usage
Des questions se posent déjà à propos de l’absence de mesures préventives efficaces mises en place dans une région régulièrement ébranlée par séismes et tsunamis. Le 16 décembre 2017, au lendemain d’un tremblement de terre d’une magnitude de 6,9 qui avait frappé le sud de l’île de Java, le porte-parole de la BNPB avait fait cette stupéfiante déclaration, qui n’a jamais été suivie d’effets : « Depuis cinq ans, les “bouées” d’alerte au tsunami [placées en haute mer en Indonésie] ne fonctionnent plus », avait prévenu M. Sutopo. La raison ? Tout simplement une maintenance non régulière, et le fait que les ­pêcheurs se servent de ces objets comme des ancres pour leurs ­bateaux…

   


S’exprimant ce jour-là à Djakarta devant des journalistes, le porte-parole de la BNPB avait précisé : « Nous sommes désormais obligés de compter sur d’autres bouées mises en place par cinq pays voisins : l’Inde, dont le dispositif surveille la zone d’Aceh [où le tsunami de 2004 avait faitprès de 170 000 morts], la Thaïlande, chargée de surveiller la mer ­d’Andaman, l’Australie, qui s’occupe de la partie sud de l’Indonésie, et une bouée appartenant aux Etats-Unis, qui a été placée au nord de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. »
Cependant, pour Rémy Bossu, directeur du Centre sismologique euro-méditerranéen, qui a participé à la conception du système d’alerte tsunami en Méditerranée, la présence de ces bouées, conçues pour détecter les grands tsunamis transocéaniques, « aurait probablement été inopérante dans ce cas », en raison de la faible distance entre le séisme et les zones côtières sinistrées.
L’hypothèse est que le tsunami n’a probablement pas été engendré par une brusque rupture verticale de la croûte terrestre au fond de l’océan, comme lors du séisme du Tohoku au Japon en 2011. A Sulawesi, où les plaques ont coulissé horizontalement, « c’est plutôt un glissement de terrain sous-marin, engendré par le séisme, qui est suspecté ».
Baie en entonnoir
Un tel phénomène, difficile à déceler, parfois décalé dans le temps, peut engendrer localement un mur d’eau dévastateur. D’autant que Palu se situe au fond d’une baie en entonnoir propre à favoriser l’élévation du tsunami. « Le message de prévention, près des côtes, insiste Rémy Bossu, c’est que, dès lors que vous ressentez une secousse durant trente à soixante secondes, ou que vous avez du mal à vous tenir debout lors du séisme, il faut gagner les hauteurs. »
Selon M. Sutopo, même si la gestion des catastrophes naturelles en Indonésie s’est améliorée depuis la tragédie de 2004 à la suite du tsunami d’Aceh, l’« anticipation » des catastrophes ne fait pas partie de la culture indonésienne, ce qui explique le manque de réactivité appropriée quand une catastrophe survient.
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            data-slide-description="De nombreux corps ont été découverts dans la ville de Palu après le tremblement de terre."
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            data-slide-description="Les habitants de Palu transportent un corps, le 29 septembre."
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            data-slide-description="Une vidéo a montré une vague imposante s’abattre sur plusieurs bâtiments et inonder une mosquée."
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            data-slide-description="Plusieurs milliers d’habitations, ainsi que des hôpitaux, des centres commerciaux et des hôtels se sont effondrés. Un pont a également été emporté."
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            data-slide-description="Un centre commercial très endommagé à Palu, dont un étage s’est effondré. Certains axes routiers menant à la ville ont été coupés."
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            data-slide-description="Des carcasses de véhicules témoignent de la violence de la vague qui s’est abattue sur la côte à Palu."
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            data-slide-description="Le séisme et le tsunami ont provoqué une panne d’électricité qui empêche les communications et complique la coordination des secours."
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            data-slide-description="Le personnel médical de l’hôpital soignent les blessés à même le trottoir."
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De nombreux corps ont été découverts dans la ville de Palu après le tremblement de terre.

OLA GONDRONK / AFP
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Aller vivre dans les eaux internationales, dernières « zones libres » de la planète : c’est l’idée d’un groupe d’ingénieurs, d’informaticiens et d’activistes libertariens.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Selon nos informations, un recours doit être déposé le 2 octobre devant le Conseil d’Etat pour obliger le gouvernement à respecter les normes européennes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/09/2018
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Pollution de l’air : des ONG réclament 100 000 euros d’astreinte journalière à la France

Selon nos informations, un recours doit être déposé le 2 octobre devant le Conseil d’Etat pour obliger le gouvernement à respecter les normes européennes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 10h25
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Quatre mois après le renvoi de la France devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour non-respect des normes de qualité de l’air, une nouvelle menace pèse sur le gouvernement d’Edouard Philippe et son ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy.
Emmenées par les Amis de la Terre, une soixantaine d’associations environnementales, dont Greenpeace et France Nature Environnement, ainsi que plusieurs médecins, se sont regroupés pour une action inédite. Selon nos informations, ils doivent déposer, mardi 2 octobre, une requête devant le Conseil d’Etat. Elle vise à obtenir l’exécution de la décision du 12 juillet 2017 avec une demande d’astreinte de 100 000 euros par jour de retard.
Dans cet arrêt, la plus haute juridiction administrative enjoignait au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour ramener les concentrations en dioxyde d’azote (NO2) et en particules fines (PM10, de diamètre inférieur à 10 µm) sous les valeurs limites (soit 40 µg/m3 en moyenne annuelle) « dans le délai le plus court possible ». Et elle lui donnait jusqu’au 31 mars pour les transmettre sous forme de plans à la Commission européenne.

« Nous estimons que l’injonction n’a pas été respectée, car le gouvernement n’a pas transmis de plans mais des feuilles de route, jugées mauvaises, puisque Bruxelles a saisi la justice européenne », explique Louis Cofflard, l’avocat des Amis de la Terre.
Présentées en avril par Nicolas Hulot, ces « feuilles de route » concernent une dizaine de zones dont les agglomérations parisienne, marseillaise et lyonnaise où des dépassements des normes européennes sont encore constatés. Sans mesures contraignantes, elles ont été jugées insuffisantes et pas assez concrètes par le commissaire européen à l’environnement Karmenu Vella, qui a décidé, le 17 mai, de porter le contentieux avec la France devant la justice européenne après plusieurs années d’avertissements.
Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Tuberculose, jusqu’à quand ? (3). Avec l’Ouganda, le pays est le seul d’Afrique à être parvenu, notamment, à faire baisser le nombre de cas de moitié grâce à près de 40 000 agents de santé.
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Décryptage

Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose

Tuberculose, jusqu’à quand ? (3). Avec l’Ouganda, le pays est le seul d’Afrique à être parvenu, notamment, à faire baisser le nombre de cas de moitié grâce à près de 40 000 agents de santé.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
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        Le 30.09.2018 à 18h15

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        Mis à jour le 01.10.2018 à 08h25






    
De futures agentes de santé communautaires en formation à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie, en 2016.
Crédits : Petterik Wiggers/Fonds mondial


Quand Kalkidan Teklu a commencé à tousser, elle ne savait pas qu’elle avait la tuberculose. La jeune femme menue de 24 ans pensait qu’elle avait attrapé un gros rhume, le gunfan comme on l’appelle en Ethiopie. Après lui avoir posé quelques questions, Samrawit Shemeles, de deux ans sa cadette, a identifié les symptômes. Elle l’a tout de suite orientée vers le centre de santé le plus proche de ce quartier pauvre de la capitale Addis-Abeba pour qu’elle se fasse diagnostiquer et suive un traitement. Sa mère, également contaminée après avoir été au chevet de sa fille, ne savait pas que la prise en charge était gratuite. « Je pensais que c’était trop cher pour nous. Aujourd’hui, ma fille est guérie, moi aussi. Je ne sais pas ce qu’on serait devenues si Samrawit n’était pas venue », dit-elle simplement.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Samrawit n’est pas médecin, elle est agente de santé communautaire. Elle s’invite chez dix à quinze familles par jour pour évaluer leur état de santé, « identifier les maladies chroniques » et les assister pendant un traitement. En deux ans, elle a repéré cinq cas de tuberculose dans les 500 foyers dont elle s’occupe. « Quand j’ai commencé ce travail, une femme est décédée ici », raconte-t-elle en désignant la cour commune que se partagent plusieurs familles modestes. Dans cet espace restreint, Kalkidan, sa mère et son frère louent une toute petite pièce où ils dorment tous les trois. « La promiscuité est un facteur de risque » de contamination, rappelle Samrawit.
« Success story »
La tuberculose est un problème majeur en Ethiopie. Dans ce pays de 104 millions d’habitants où l’agriculture emploie 80 % de la population active, quelque 117 000 cas ont été signalés en 2017. « Nous réduisons le nombre de nouveaux cas et le nombre de décès au fur et à mesure », explique Taye Letta. Le coordinateur national de l’équipe chargée de la lutte contre la tuberculose et la lèpre au ministère éthiopien de la santé rappelle que son pays est parvenu à atteindre les trois cibles liées à la tuberculose fixées par les Nations unies dans le cadre du sixième objectif du Millénaire pour le développement (OMD) : la diminution des nouveaux cas, la réduction de 50% des cas existants et du taux de mortalité sur la période de 1990 à 2015. Parmi les neuf pays africains les plus touchés, seuls l’Ethiopie et l’Ouganda ont réussi ce triple pari. Un exploit dans une Afrique qui concentre pourtant encore plus du quart de décès de tuberculeux, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

        Episode 1
         

          Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile



« C’est une success story », veut croire M. Taye qui détaille avec fierté les progrès sanitaires accomplis : l’augmentation du nombre d’infrastructures publiques de santé, passant de 350 il y a vingt ans à près de 3 800 hôpitaux et centres de santé aujourd’hui ; les 16 500 postes de santé, soit un par kebele (la plus petite sous-division administrative du pays) ; l’approvisionnement en machines capables de détecter la tuberculose et sa forme résistante aux médicaments. Mais, d’après lui, cette réussite s’explique d’abord par la constitution d’un réseau très étoffé d’agents de santé communautaires comme Samrawit déployés sur tout le territoire et rémunérés par l’Etat. En moyenne, « il y en a deux par kebele », explique-t-il. Ils sont aujourd’hui près de 40 000 à quadriller le pays.
Le porte-à-porte systématique leur permet d’atteindre plus facilement les communautés locales, notamment dans les zones rurales reculées où les agriculteurs se trouvent parfois loin des structures de santé. Ces volontaires, majoritairement des femmes, sont notamment formés à la lutte antituberculeuse, par l’observation et le contrôle de la prise de médicaments. Elles rendent visite à chaque famille environ une fois par mois.

        Episode 2
         

          A la poursuite des « cas manquants » de tuberculose dans les villages sénégalais



« Si elles suspectent la tuberculose mais que le patient n’est pas diagnostiqué dans le centre de santé, elles nous appellent », précise le docteur Daniel, spécialiste de médecine interne à l’hôpital Alert d’Addis-Abeba, l’un des établissements capables de diagnostiquer et de traiter la tuberculose et sa forme multirésistante. « Il y a une difficulté de diagnostic à cause de la manifestation clinique qui est subtile et nécessite une grande expérience », explique-t-il, notamment dans le cas d’une coinfection fréquente avec le VIH. Les tests de dépistage de la tuberculose peuvent se révéler négatifs chez les patients séropositifs. Pour améliorer les connaissances des agents de vulgarisation sanitaire en matière de gestion et de traitement de la tuberculose, le docteur Daniel donne des visioconférences depuis la capitale retransmises à travers tout le pays.
« Familles modèles »
Mais l’originalité de l’Ethiopie se trouve aussi dans ce que les autorités qualifient d’« armée du développement de la santé ». Le pays peut aussi compter sur des dizaines de milliers de bénévoles, en majorité des femmes, au sein même des communautés surtout rurales. Les agents et les administrateurs du kebele choisissent et forment des « familles modèles » pour les épauler et informer leur voisinage. Elles sont chargées de sensibiliser cinq autres familles à l’hygiène, mais aussi à la contraception, aux maladies sexuellement transmissibles, aux risques liés à l’accouchement, entre autres.
Depuis cinq ans, Darchaye Beza fait partie des familles modèles de son kebele du village de Merawi, à environ 500 km au nord d’Addis-Abeba. Cette dame élégante au visage ridé ne sait ni lire ni écrire mais elle peut repérer les villageois qui présentent des symptômes de la tuberculose et prodiguer des conseils aux trente familles sous sa responsabilité. « Si une personne tousse pendant plus deux semaines, elle doit couvrir son visage et se rendre au centre de santé » situé à quelques kilomètres, explique-t-elle.

Sommaire de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 4 « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »
Episode 3 Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Malgré ce réseau bien huilé, il y a encore des cas de tuberculose manqués, environ 36 pour 100 000 personnes. Le ministère de la santé veut désormais atteindre des populations bien spécifiques : les sans-abri, les réfugiés, les prisonniers, les amateurs de médecine traditionnelle, entre autres. L’éradication de la maladie à l’horizon 2030 fait partie des nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies auxquels l’Ethiopie s’est engagée. Taye Letta y croit, malgré un budget en baisse. « Si le diagnostic est précoce, il n’y aura plus de décès. Plus aucun foyer ne doit être tuberculeux ! » Il est convaincu que l’Ethiopie est armée pour « vaincre » définitivement la maladie.
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Anthonius Gunawan Agun a refusé de quitter son poste pour accompagner sereinement un appareil de la compagnie indonésienne Batik Air en phase de décollage, afin d’éviter tout risque d’accident.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

En Indonésie, un jeune contrôleur aérien mort pendant le séisme devient un héros

Anthonius Gunawan Agun a refusé de quitter son poste pour accompagner sereinement un appareil de la compagnie indonésienne Batik Air en phase de décollage, afin d’éviter tout risque d’accident.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 07h56
   





                        



Deux jours après le séisme meurtrier qui a frappé l’île des Célèbes, l’Indonésie pleure ses morts – 832, selon le dernier bilan qui pourrait encore s’alourdir –, mais célèbre aussi ses héros. Anthonius Gunawan Agun, jeune contrôleur aérien de Palu, est l’un de ceux-là.
Les médias locaux ont tous relayé l’acte de bravoure de cet Indonésien de 21 ans, qui se trouvait à son poste à l’aéroport Mutiara SIS Al-Jufrie, lorsque la terre a commencé à trembler vendredi.
Selon des responsables de l’aéroport, le jeune homme a refusé de quitter son poste, pour accompagner sereinement un appareil de la compagnie indonésienne Batik Air en phase de décollage et éviter tout risque d’accident. Ses collègues, qui ne supervisaient pas cet avion, ont rapidement évacué le bâtiment.

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                L’Indonésie, cœur sismique de la « ceinture de feu » du Pacifique



Effondrement de l’aéroport
Après le décollage du vol 6231, la secousse est devenue plus forte, atteignant la magnitude de 7,5. C’est alors que l’édifice de l’aéroport a commencé à s’écrouler de toutes parts. M. Agung a alors sauté du quatrième étage, se fracturant les deux jambes dans cette chute, qui a également provoqué de nombreuses lésions internes.
Le contrôleur aérien a été emmené dans un hôpital à proximité pour recevoir de premiers soins. Mais il est mort avant que n’arrive l’hélicoptère qui devait le transporter vers un établissement mieux équipé. Dans un communiqué, AirNav a déclaré que le grade de M. Agung serait relevé de deux niveaux à titre posthume, en reconnaissance de son extraordinaire dévouement.
De son côté, le pilote du vol 6231 de Batik Air a posté une photo du jeune homme sur son compte Instagram. « Merci d’être resté en contact avec moi et de m’avoir préservé jusqu’à ce que nous soyons tous en sécurité dans les airs », a écrit celui qui a salué la mémoire de « [son] ange gardien ». 

        Voir cette publication sur Instagram           ‘Batik 6231 runway 33 clear for take off’. This was his last transmission to me then we replied. Thank you for keeping me and guarding me till I’m safely airborne. Then he jumped out of tower broke his leg and arm. Wing of honor for Anthonius Gunawan Agung as my guardian angel at Palu. Rest peacefully my wing man. God be with you. Une publication partagée par  Icoze Ezoci (@icoze_ricochet) le 28 Sept. 2018 à 9 :42 PDT 

D’une magnitude de 7,5, selon l’institut géologique américain (USGS), le séisme qui a frappé les Célèbes, vendredi, et le tsunami qui l’a suivi a été le plus meurtrier de la série qu’a connue l’Indonésie en août et qui avaient fait plus de 500 morts et environ 1 500 blessés sur l’île de Lombok, voisine de Bali.
L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne et eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement a conseillé à 1,5 million de personnes d’évacuer, dimanche, à cause du passage du vingt-quatrième typhon de l’année en Asie.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info, a été imité pour diffuser une fausse information sur une explosion atomique à une trentaine de kilomètres de Liège.
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Nucléaire : une « fake news » crée un mouvement de panique en Wallonie

L’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info, a été imité pour diffuser une fausse information sur une explosion atomique à une trentaine de kilomètres de Liège.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 12h49
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 06h42
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le parquet de Liège, en Belgique, a ouvert, samedi 29 septembre, une enquête après la diffusion d’une fausse information sur une explosion nucléaire qui a déclenché la panique chez certains habitants de la Wallonie.
« Alerte : explosion atomique à Tihange », avait titré, dans la nuit de vendredi à samedi, l’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info. Du moins pouvait-on le croire. Sa page d’ouverture avait, en réalité, été imitée et détournée, avec une copie quasiment parfaite de son logo et de son habillage.
Jouer sur les peurs
La rumeur a rapidement enflé. Les services de secours et la police ont reçu de nombreux appels et des habitants pris de panique ont quitté à la hâte leur domicile, malgré un démenti rapide de RTL Info, diffusé à la demande du centre de crise du ministère de l’intérieur.
La police judiciaire fédérale et des experts de la Computer Crime Unit, spécialisée dans l’analyse des systèmes informatiques, tentent de déterminer l’adresse IP du pirate. Celui-ci risque une peine de six mois à cinq ans d’emprisonnement et une lourde amende, pouvant atteindre 800 000 euros. RTL Info a porté plainte pour usurpation de son image.
L’auteur de la fake news voulait visiblement jouer sur les peurs alors que deux des trois réacteurs de la centrale de Tihange, exploitée par Electrabel, une filiale du groupe français Engie, sont actuellement à l’arrêt en raison de problèmes techniques. Des anomalies dans le béton des cuves font actuellement l’objet d’une enquête. Le troisième réacteur doit, lui, subir un entretien approfondi prochainement.
Sortie du nucléaire prévue en 2025
Selon des manifestants antinucléaires venus de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne qui défilaient samedi dans la région de Tihange, un éventuel incident dans cette centrale entraînerait l’évacuation de cinq millions d’habitants et aurait des répercussions dans un rayon de 250 kilomètres.
La Belgique, dont le parc est très vieillissant, doit, en principe, sortir du nucléaire en 2025 – la première décision date de 2003 – mais n’est visiblement pas prête pour cette échéance. En novembre, six des sept réacteurs du royaume seront à l’arrêt, ce qui laisse entrevoir un risque réel de pénurie et de black-out.

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                La Belgique de plus en plus proche du « black-out »



Electrabel a annoncé récemment le report de plusieurs mois du redémarrage des réacteurs Tihange 2 et 3, initialement prévu pour cet automne. La ministre de l’énergie, Marie-Christine Marghem, accuse l’exploitant de mauvaise gestion. Elle espère pouvoir acheter l’électricité manquante en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, ce qui pose des problèmes techniques non résolus à ce stade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le chef d’Etat veut « mettre la pression » sur la collectivité pour accélérer les travaux de reconstruction.
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Saint-Martin : « en colère », Emmanuel Macron veut que la reconstruction aille plus vite

Le chef d’Etat veut « mettre la pression » sur la collectivité pour accélérer les travaux de reconstruction.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 05h22
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 11h15
    |

            Cédric Pietralunga (Saint-Martin, envoyé spécial)








                        



   


La visite avait pourtant bien commencé. « Engagement tenu, je suis là ! », s’était réjoui Emmanuel Macron au pied du Falcon qui venait de le déposer, samedi 29 septembre, sur l’île de Saint-Martin, un an après une première visite effectuée quelques jours après le passage de l’ouragan Irma. Le chef de l’Etat s’était, à l’époque, engagé à revenir auprès des habitants sinistrés, afin de vérifier l’état d’avancement des travaux de reconstruction.

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« Je suis en colère. Ce que je vois me scandalise ! », s’est exclamé quelques heures plus tard le président de la République, à l’issue d’une visite organisée dans le village de Quartier-d’Orléans, l’un des plus pauvres de l’île. « C’est inacceptable ce qu’on voit là, il y a des bailleurs sociaux, des grands acteurs économiques, qui louent 500 ou 600 euros des appartements où depuis un an les toits n’ont pas été refaits ! », s’est indigné le chef de l’Etat, entre deux averses tropicales qui ont vite transformé sa visite en parcours dantesque.
Littéralement pris par la main par une partie des habitants, Emmanuel Macron est resté près de quatre heures dans le quartier, passant d’un appartement à un autre et prenant un plaisir manifeste à bousculer le protocole de la visite qui lui avait été organisée. Averti que des travaux en urgence avaient été menés avant sa venue, le chef de l’Etat s’est volontairement laissé happer par la foule, qui voulait lui faire constater ses mauvaises conditions de vie à l’écart du parcours balisé à son intention.

   


« Il faut être là, au milieu de celles et ceux qui sont dans la détresse et la colère », s’est justifié le chef de l’Etat, dans ce style thaumaturge qu’il affectionne, main sur la tête des enfants et bras entourant les épaules des plus grands. A plusieurs reprises, il a invité les ministres qui l’accompagnaient, notamment Agnès Buzyn (santé) et Annick Girardin (outre-mer), à répondre aux griefs des habitants ou à prendre leurs coordonnées, pour les recontacter plus tard et résoudre leurs difficultés.

« Pour que la reconstruction aille plus vite, j’ai bousculé les choses l’année dernière. Je vais les re-bousculer c… https://t.co/ztuxAS6iTE— Elysee (@Élysée)


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La collectivité de Saint-Martin dans le viseur du président

   


Cyclone le plus puissant jamais enregistré dans les Antilles, Irma a provoqué les 5 et 6 septembre 2017 la mort de onze personnes à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. A Saint-Martin, près de 20 % des bâtiments ont été détruits ou sévèrement endommagés, notamment ceux situés en bord de mer. Au total, les dégâts ont été estimés à quelque trois milliards d’euros, dont 1,9 milliard pour les biens assurés, un chiffre « considérable pour des îles qui comptent moins de 40 000 habitants », relève-t-on à Matignon.
Mais un an après, Saint-Martin tarde à se relever. A l’issue d’un comité interministériel qui s’est tenu le 17 septembre à Paris, le sixième consacré à la reconstruction, le premier ministre Edouard Philippe a reconnu que le compte n’y était pas. Début septembre, seulement 35 % des bâtiments détruits ou très endommagés de Saint-Martin avaient été reconstruits et seulement 68 % des indemnités dues par les assurances avaient été versées, soit 1,27 milliard d’euros, selon les calculs de Matignon.

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                Huit habitants de Saint-Martin racontent Irma et les cicatrices de son passage



« Je veux qu’on accélère les travaux. Les écoles n’ont pas toutes réouvert et suffisamment vite (…) parce qu’on a préféré faire des travaux ailleurs, ce n’est pas acceptable », a ainsi dénoncé Emmanuel Macron. Dans son collimateur : la collectivité de Saint-Martin, qui dispose depuis 2007 d’un statut d’autonomie lui accordant certaines compétences, assurées par l’Etat sur le reste du territoire national.
« Nous allons mettre la pression sur la collectivité pour que la planification des travaux se fasse », a insisté le chef de l’Etat, qui n’a pas hésité à mettre en difficulté Daniel Gibbs, le président (LR) du conseil territorial de Saint-Martin, lors de ses échanges avec les habitants à Quartier-d’Orléans.

   


Une rencontre avec les professionnels du tourisme
Saint-Martin « est une île dans laquelle il y a eu trop de connivence, trop d’ententes, parfois même de la corruption, il faut que cela cesse », a même accusé le président de la République. « On va mettre plus de contrôles parce que je ne peux pas accepter ce que j’ai vu aujourd’hui », a-t-il promis.

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Emmanuel Macron devait poursuivre sa visite à Saint-Martin, dimanche, par une rencontre avec des professionnels du tourisme, notamment des restaurateurs et des hôteliers, qui sont en difficulté : seulement 800 chambres devraient être prêtes pour le démarrage de la saison touristique cet hiver, selon Matignon. Le chef de l’Etat s’envolera ensuite pour quelques heures à Saint-Barthélemy, île également touchée mais en moindre proportion par l’ouragan Irma.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Trois Français, ainsi qu’un Sud-Coréen et un Malaisien sont portés disparus après la catastrophe survenue vendredi sur l’île des Célèbes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/09/2018
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En Indonésie, le bilan s’alourdit à 832 morts après le séisme et le tsunami

Trois Français, ainsi qu’un Sud-Coréen et un Malaisien sont portés disparus après la catastrophe survenue vendredi sur l’île des Célèbes.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 22h19
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 17h37
   





                        



   


Le bilan du séisme et du tsunami qui ont frappé vendredi soir l’île des Célèbes en Indonésie s’est encore alourdi. Il est désormais de 832 morts et devrait encore augmenter, de nombreuses victimes restant piégées sous les décombres, a annoncé, dimanche 30 septembre, le porte-parole de l’agence indonésienne de gestion des catastrophes. Le précédent bilan était de 420 morts. Trois ressortissants français, ainsi qu’un Sud-Coréen et un Malaisien sont portés disparus, a précisé le porte-parole.
La ville côtière de Palu ainsi que la région de Donggala plus au nord ont été dévastées par un séisme de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami avec des vagues atteignant jusqu’à six mètres de hauteur. Dans la ville de Palu (Indonésie), les corps s’alignent sur la plage, parfois recouverts de draps bleus.
L’urgence est aussi aux évacuations, dans la crainte de répliques meurtrières. Plus de 17 000 habitants ont déjà dû quitter leur domicile, un chiffre qui devrait augmenter dans les prochaines heures.

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Une cité dévastée
Les milliers de personnes mobilisées pour mener les premiers secours – policiers, militaires et pompiers – ont commencé un vaste travail de déblayage. Le président indonésien Joko Widodo, est arrivé dimanche à Palu pour observer le déploiement militaire destiné à porter assistance à la population. La France s’est dite prête à apporter son aide.
Située à 78 kilomètres de l’épicentre, Palu, une agglomération de 350 000 âmes située sur la côte ouest, offrait, samedi, un visage dévasté. Carcasses de véhicules, bâtiments réduits à des amas de débris, arbres déracinés et lignes électriques abattues témoignaient de la violence des secousses et de la vague qui a déferlé, tandis que le centre-ville n’était plus que ruines. Même le pont suspendu jaune, emblématique de Palu, s’est effondré, précipitant des véhicules dans l’eau, tandis qu’une route stratégique menant à la ville a été bloquée par un glissement de terrain.

   


« Course contre la montre »
« Nous pensons que des dizaines ou des centaines de victimes n’ont pas encore été dégagées des décombres. Le principal centre commercial de Palu (…) s’est effondré ». « L’hôtel Rua-Rua (…) s’est affaissé, il avait 80 chambres dont 76 étaient occupées », a souligné le porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes. Des rescapés ont pu être extraits des ruines. Une femme a ainsi été sauvée. « Et nous avons même entendu des gens qui criaient à l’aide », a précisé Muhammad Syaugi, chef des services de secours.
Les hôpitaux, dont certains ont été endommagés, peinent à faire face à l’afflux de victimes. Et de nombreux blessés sont soignés en plein air. Des habitants transportent tant bien que mal des corps sans vie.

   


« La Croix-Rouge indonésienne est engagée dans une course contre la montre pour porter assistance aux survivants, mais nous ne savons pas ce que nous allons trouver là-bas », a observé Jan Gelfand, un responsable de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) à Djakarta, la lointaine capitale de l’Indonésie. « Nous n’avons pas d’informations de Dongala », une localité située sur le littoral et au nord de Palu, « et c’est très préoccupant », a-t-il souligné.
Confrontés à la pénurie de nourriture, eau et carburant, des habitants ont commencé à se servir dans les supermarchés et des stations-service. « C’est une crise : il n’y a pas de nourriture, rien, explique l’un d’eux. A manger, de l’eau, c’est ce dont nous avons désespérément besoin. »
Ceinture de feu
D’une magnitude de 7,5, selon l’institut géologique américain (USGS), le séisme qui a frappé les Célèbes, vendredi, a été plus fort que la série de tremblements de terre qu’a connus l’Indonésie en août et qui avaient fait plus de 500 morts et environ 1 500 blessés sur l’île de Lombok, voisine de Bali.
L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne et eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique.
Le 26 décembre 2004, elle avait été frappée par une série de tremblements de terre dévastateurs, dont l’un de magnitude 9,1 sur l’île de Sumatra. Un tsunami avait alors provoqué la mort de 220 000 personnes dans la région, dont 168 000 rien qu’en Indonésie.

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                Indonésie : le séisme a aussi des impacts sur le tourisme







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », pointe le décalage entre le discours du chef de l’Etat et la réalité de la politique environnementale de la France.
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« Sur le terrain du verbe, le titre de “Champion de la Terre” sied particulièrement bien à M. Macron »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », pointe le décalage entre le discours du chef de l’Etat et la réalité de la politique environnementale de la France.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 06h58
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. « Champion de la Terre » : Emmanuel Macron s’est vu décerner, mercredi 26 septembre, ce titre ronflant par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), à l’issue du One Planet Summit de New York (Etats-Unis).
Quelques jours auparavant, devant la 72e Assemblée générale des Nations unies (ONU), le président français avait prononcé un discours de portée générale, mais dont les questions environnementales n’étaient pas absentes, bien au contraire.
« L’avenir du monde, c’est celui de notre planète, qui est en train de se venger de la folie des hommes. La nature nous rappelle à l’ordre et nous intime d’assumer notre devoir d’humanité et de solidarité. Elle ne négociera pas, il revient à l’humanité de se défendre en la protégeant, a dit Emmanuel Macron devant ses pairs. Les dérèglements climatiques font voler en éclats la traditionnelle opposition entre le Nord et le Sud, les plus fragiles sont toujours les premières victimes emportées dans un tourbillon d’injustices, nous sommes tous frappés par les emballements terribles du climat de la Chine aux Caraïbes en passant par la Russie ou la Corne de l’Afrique. »
Sur le terrain du verbe, il va de soi que le titre de Champion de la Terre sied particulièrement bien à M. Macron. Depuis le désormais célèbre « Make our planet great again » (« Rendre notre planète à nouveau belle ») prononcé en juin 2017 en un pied de nez à son homologue américain Donald Trump et porté comme un étendard depuis, jusqu’à sa déclaration solennelle sur l’effondrement de la biodiversité, diffusée moins d’un an plus tard sur les réseaux sociaux, les phrases prononcées par le chef de l’Etat français pourraient être, ne varietur, mises dans la bouche des militants écologistes les plus radicaux.
Cruels hasards du calendrier
Souvenez-vous, c’était le 24 mars : « Vous vous réveillez et quelque chose a changé. Vous n’entendez plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron a reconnu, jeudi, la responsabilité de l’Etat dans la pollution au chlordécone tout en fermant la porte à une indemnisation de toute la population antillaise.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Chlordécone, un scandale sanitaire

Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron a reconnu, jeudi, la responsabilité de l’Etat dans la pollution au chlordécone tout en fermant la porte à une indemnisation de toute la population antillaise.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 11h48
   





                        



   


Editorial. « La pollution au chlordécone est un scandale environnemental », a reconnu Emmanuel Macron, jeudi 27 septembre, lors du premier jour de son voyage aux Antilles. Il est le premier chef d’Etat français à mettre des mots sur une menace invisible qui plane sur la Martinique et la Guadeloupe. Pendant plus de vingt ans, ce pesticide ultratoxique a été utilisé dans les bananeraies afin de lutter contre le charançon. Entre 1972 et 1993, le chlordécone a été répandu massivement, alors même qu’il avait été classé « cancérogène possible » dès 1979 par l’Organisation mondiale de la santé. Aussi résistant que toxique, il contamine aujourd’hui les sols pour des siècles.

        Lire aussi :
         

                En Martinique, Macron qualifie la pollution au chlordécone de « scandale environnemental »



« L’Etat a sa part de responsabilité », a également admis M. Macron, mettant un terme à des décennies de déni. Pour le chef de l’Etat, cela passe par l’ouverture d’un processus de reconnaissance de l’exposition au chlordécone comme une maladie professionnelle. C’est un premier pas. Mais ce progrès a toutes les chances d’être jugé insuffisant, le président ayant, dans le « même temps », fermé la porte à une indemnisation élargie à l’ensemble de la population antillaise. « Si je disais qu’on va indemniser tout le monde, c’est impossible même budgétairement, et ce serait irresponsable », a martelé M. Macron. Pourtant, le chlordécone ne représente pas un danger pour les seuls travailleurs agricoles. Des taux plus ou moins importants ont été détectés chez la quasi-totalité des Guadeloupéens (95 %) et des Martiniquais (92 %).

        Lire l’enquête :
         

          Chlordécone : les Antilles empoisonnées pour des générations



Défiance envers les autorités
Sur un sujet aussi sensible, tous les mots ont leur importance. Or, le chef de l’Etat s’est bien gardé d’accoler le terme « sanitaire » à celui de « scandale ». A l’instar des dossiers du sang contaminé et de l’amiante, celui du chlordécone est pourtant bel et bien un scandale sanitaire et pas seulement environnemental. Les études scientifiques sont légion, qui démontrent les risques associés à l’exposition à ce perturbateur endocrinien. Il en est ainsi du cancer de la prostate, pour lequel la Martinique détient le triste record du monde, avec plus de 227 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année.
Sur ce point, Emmanuel Macron a choisi de rester dans le flou, estimant qu’« il n’y a pas aujourd’hui de preuve scientifique établie ». Pas de quoi calmer la colère et les craintes des Antillais, dont la défiance envers les autorités et le sentiment d’abandon sont montés d’un cran après la publication, en décembre 2017, d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), contesté par d’autres experts, concluant que les limites maximales de résidus de chlordécone autorisés dans les aliments étaient suffisamment protectrices.
Le président de la République ne s’est pas davantage aventuré à évoquer un « scandale d’Etat ». Pourtant, là aussi, la question se pose. Pourquoi la France a-t-elle en effet attendu 1990 pour interdire un pesticide qui avait été classé « cancérogène possible » en 1979 et banni aux Etats-Unis dès 1976 ? Pourquoi le chlordécone a-t-il bénéficié de dérogations – signées par deux ministres de l’agriculture de François Mitterrand – pendant trois ans aux Antilles après son interdiction ? Une plainte contre X pour mise en danger d’autrui, déposée en 2006, vise à répondre à ces interrogations. Elle devrait permettre d’établir la « part de responsabilité » de l’Etat. Douze ans et trois juges d’instruction plus tard, l’enquête a été dépaysée au tribunal de grande instance de Paris. Elle est toujours au point mort.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ L’épicentre du séisme de magnitude 7,5 se situe sous l’île des Célèbes, où de nombreux bâtiments ont été détruits.
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