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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Marc-André Feffer, président de Transparency International France, estime dans une tribune au « Monde », contrairement à d’autres ONG anti-fraude, que la possibilité de transaction entre la justice et les entreprises délinquantes n’est pas contre-productif.
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« La convention judiciaire d’intérêt public, un instrument utile pour faire reculer la corruption et l’évasion fiscale »

Marc-André Feffer, président de Transparency International France, estime dans une tribune au « Monde », contrairement à d’autres ONG anti-fraude, que la possibilité de transaction entre la justice et les entreprises délinquantes n’est pas contre-productif.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 14h00
    |

Marc-André Feffer (Président de Transparency International France)







                        



                                


                            
Tribune. Dans le cadre du projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale, les parlementaires ont décidé d’étendre la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) à la fraude fiscale. Cela n’a pas manqué de faire débat, tant dans la presse que sur les bancs de l’hémicycle à l’Assemblée nationale.
La CJIP est une innovation récente, inspirée des mécanismes américain et anglais de transaction pénale et introduite en droit français par la loi dite Sapin 2. Avec ce dispositif, le procureur de la République peut décider de renoncer à engager des poursuites contre des entreprises accusées de corruption, à condition que l‘entreprise reconnaisse les faits, collabore avec la justice, mette en œuvre des mesures de remédiation, paie une amende et indemnise les victimes.

Ces engagements sont formalisés dans une convention signée par l’entreprise sous le contrôle du juge et en toute transparence puisqu’elle est rendue publique. L’Agence française anticorruption en contrôle la bonne exécution. Dès 2016, Transparency International France avait plaidé activement en faveur de ce dispositif, qui vient enrichir la palette des réponses pénales en matière de délinquance économique et financière.
Quasi-immunité de fait, lenteur des procédures
Rappelons de quel constat nous étions alors partis. Plus de seize années après la ratification par Paris de la convention de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la corruption internationale, aucune entreprise n’avait été condamnée de façon définitive en France pour des faits de corruption. La quasi-immunité de fait dont bénéficiaient les entreprises françaises ne les incitait pas à se doter de dispositifs efficaces de prévention de la corruption.
l’arsenal judiciaire français ne prémunissait nullement les entreprises françaises contre de sévères condamnations à l’étranger, notamment aux états-Unis
Pouvait-on se satisfaire de cette situation – quasi-immunité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Faire danser son audience sur des notes de jazz, c’est l’exploit qu’a réussi le percussionniste cubain Yuvisney Aguilar au festival Toros y Salsa. Rencontre.
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« La musique de Yuvisney Aguilar est un mélange d’Europe et d’Afrique »

Faire danser son audience sur des notes de jazz, c’est l’exploit qu’a réussi le percussionniste cubain Yuvisney Aguilar au festival Toros y Salsa. Rencontre.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 13h31
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Samedi 10 septembre à Dax. Yuvisney Aguilar était la principale raison de ma présence. J’avais remarqué le percussionniste cubain l’année précédente aux côtés de la chanteuse Yadira Ferrer. Son premier album Piango Piango, qui avait décroché une nomination aux Latin GRAMMYs, m’avait fait forte impression. Premières notes, silence religieux. Yuvisney entonne un chant mélancolique en hommage aux esclaves venus d’Afrique. Je me retourne, le public est sous le charme. Les mélodies s’enchaînent, aussi entraînantes les unes que les autres. Le concert oscille entre jazz par le piano et afro-cubain par les percussions. Les solos de piano, le sax de Rafael Aguila, invité spécial, m’emportent. La personnalité lumineuse du Cubain ravit. On en parlera tout le week-end : « Du bonheur », « Il m’a fait chanter Salam Alaykoum ! », « C’est un soleil… ». Rencontre avec un percussionniste dont le registre va de Richard Bona à Raul Paz, de Paquito D’Rivera à Orishas.

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                A Dax, la salsa sauvée des eaux



Bonjour Yuvisney, pourriez-vous me raconter votre initiation aux percussions ?
Ma rencontre avec les percussions est le fruit du hasard. Pour moi tout a commencé avec l’examen d’entrée à l’âge de neuf ans à l’Escuela Vocacional de Arte (« EVA ») à Pinar del Río. À cette époque, je voulais être chanteur mais je ne pouvais y entrer que comme percussionniste. J’ai accepté et ai passé cinq ans à l’école de percussions, sans que ça me passionne plus que ça. Je ne sais vraiment pas comment j’ai réussi à décrocher l’examen ! [rires] Mon premier professeur était Nestor Luis, un grand professeur qui m’a donné une base technique solide qui m’a été très utile toutes ces années.
Pourriez-vous citer les différentes percussions que vous avez utilisées au concert que vous avez donné à Toros y Salsa ?
J’ai joué les trois tambours Batá : Iyà, Itótele et Okónkolo. C’est important de ne pas écrire Batá au pluriel parce que les trois tambours forment un tout et que ce nom signifie famille. J’ai joué aussi des congas (conga y tumbadora) et un instrument d’ambiance faites de graines africaines appelé Ojos de Buey, le shekeré et les timbales.
Les Batá sont connectés à la religion afro-cubaine. Est-ce que vous y avez été initié ?
Les tambours Batá ont été créés par l’ethnie Yoruba qui vient du Nigeria et sont utilisés aux cérémonies religieuses de La Règle d’Osha. Même si je connais la religion, je ne suis pas pratiquant.
J’ai appris à jouer ces tambours fabuleux en travaillant pendant quatre ans comme percussionniste de danse folklorique, ce qui est indispensable pour connaître ces rythmes particuliers. J’ai eu l’honneur d’avoir eu comme professeur le grand Maître Lázaro Pedroso du Conjunto Folclórico Nacional de Cuba.
Je suis définitivement amoureux de cette musique, des frappes et de l’histoire qui entoure ces tambours magiques.

        Voir cette publication sur Instagram           Yuvisney Aguilar y su Afro-Cuban Quartet @ Toros y Salsa Une publication partagée par  Le Jazz et la salsa (@salsajazzblog) le 10 Sept. 2018 à 11 :52 PDT 

Votre musique sonne différemment du latin jazz qu’on écoute depuis les années 50. Elle semble plus influencée par l’afro-cubain. On pense à Yosvanny Terry ou Pedrito Martinez…
Mon travail est basé sur la musique héritée de nos ancêtres africains.
J’ai toujours senti qu’au-delà du contexte religieux, il y avait un univers rythmique, mélodique et énergétique très puissant qui est perçu par tout le monde, les croyants comme les non-croyants. Tout ce que j’ai fait est de capturer l’énergie qui jaillit de ces rythmes pour les mélanger avec les nouvelles tendances du jazz contemporain.
Il n’y a rien de très nouveau dans tout ça. Dizzie Gillespie a fait la même chose il y a de nombreuses années, et puis Chucho Valdés avec Irakere, le Grupo Afrocuba. Le grand Wynton Marsalys l’a fait récemment, et beaucoup d’autres encore…
La différence réside peut-être dans le fait que j’y ai insufflé ma vision et mon interprétation personnelle.
Vous vous inspirez des traditions Yoruba, Arará, Iyesá y Bantú. Comment les avez-vous intégrées dans votre musique ?
Toutes ces branches proviennent de régions différentes et correspondent à des interprétations différentes, d’autres connexions spirituelles… Tout ce que j’ai fait est de ressentir chaque rythme dans mon corps et de me fondre dedans.
Dans le processus de création, je me laisse envahir par chaque style, pour que le morceau vienne naturellement conformément à l’histoire que je veux raconter. Enfin chaque titre a été habillé avec des harmonies modernes et les solos jazz.
Ce processus est primordial pour que la fusion soit harmonieuse.
Le jazz est très présent dans votre musique grâce au piano. J’ai l’impression que Pepe Rivero a joué un rôle important dans le quartet. Est-ce le cas ?
Après les percussions, mon instrument préféré est le piano assurément.
J’écoute beaucoup plus de piano, solo, classique, que tout autre instrument. Le monde de l’harmonie m’enchante et c’est pour ça que le piano est si important pour moi. Plus que tout, un bon pianiste doit être sensible et polyvalent.
Pepe Rivero est tout ça à la fois. En plus il est fasciné par le monde des percussions. Je lui apporte les rythmes. Il m’apporte l’harmonie.



« Le jazz et la salsa » a interrogé Pépé Rivero sur son travail avec Yuvisney. Le pianiste cubain est le directeur musical de Clazz, le festival de latin jazz de Madrid.
Comment avez-vous connu Yuvisney ?
J’ai connu Yuvisney à Madrid. Nous nous sommes croisés à l’occasion d’une tournée européenne du saxophoniste américain David Murray sur le projet 3D Family.
Quand Paquito D’Rivera avec qui je travaillais comme pianiste depuis huit ans m’a sollicité pour monter un quintet à Madrid qui nécessitait un percussionniste, j’ai tout de suite pensé à Yuvisney. Pour travailler avec Paquito, les qualités humaines sont aussi importantes que les qualités musicales. On est comme une famille.
Avec Yuvi, nous avons une connexion musicale incroyable. Nous avons un projet de duo qui fonctionne déjà très bien sur scène.
Votre musique et celle de Yuvisney sont différentes : percussions afro-cubaines d’une part, piano jazz et classique d’autre part. Qu’est-ce que vous appréciez chez lui ?
À Cuba l’Afrique est très présente dans la religion et dans la culture, disait un de nos grands poètes Nicolas Guillen (« A Cuba qui ne vient pas du Congo vient du Carabalí »). Fondamentalement nous sommes le mélange d’Afrique et d’Espagne.
Ces influences se retrouvent naturellement dans notre culture et en particulier chez les musiciens : la culture européenne et la connaissance des grands compositeurs pour la part espagnole et le rythme pour la part africaine.
La musique de Yuvisney dans Piango Piango possède ces deux éléments. J’ai adhéré dès le moment où il a commencé à rassembler ses idées et j’ai adoré y participer autant en tant pianiste qu’en tant qu’arrangeur.

Toros y Salsa : une édition sous le soleil cubain
Un vent de fraîcheur a soufflé sur la vingt-quatrième édition du festival Toros y Salsa qui s’est déroulée les 7, 8 et 9 septembre à Dax dans les Landes.

Dès vendredi soir, les Cubains déclenchaient les hostilités avec deux formations, la première originaire de Santiago, le Colectivo Iye Ife, la seconde de la Havane, Los Jovenes Clasicos del Son, pour un vaste panorama de la musique traditionnelle. Une mise en bouche sans emphase mais toute en saveur, appréciée à sa juste valeur par un public connaisseur.
Samedi 20 heures : premier spectacle, première claque. En un morceau, le percussionniste Yuvisney Aguilar et son Afro-Cuban Jazz Quartet, ont embarqué le public dans leur univers de percussions et de jazz. Du jazz pour la tête, du jazz pour les pieds. Le charisme du jeune Cubain et ses jolies mélodies ont remporté un franc succès auprès du public dacquois.
23 heures, le parrain du festival, Gerardo Rosales a rendu hommage à Grupo Mango. Moises « Ajoporro » Daubeterre, le chanteur de la formation vénézuélienne célèbre dans les années 70 a pimenté une formule qui a fini par s’émousser au fil des passages répétés. Le conguéro n’a toutefois pas son pareil pour orchestrer les descargas, les fameuses jam-sessions qui font la réputation du festival.
1 heure du mat. La machine de guerre Mercadonegro (Ils ont enflammé trois heures durant Tempo Latino avec José Alberto « El Canario ») avait invité Herman Olivera. De Conjunto Libre à Eddie Palmieri, de Jimmy Bosch au Spanish Harlem Orchestra, le répertoire du gentleman sonero est immense. Une leçon, -que dis-je, une démonstration !- d’histoire de la salsa…
Dimanche, fin de festival. La veille, Mercadonegro a rendu les armes à 3 heures du matin. On est rincé. Au programme : Compota de Manana, de Barcelone... inconnu au bataillon, le groupe qui n’existe pas ! Autant dire que c’était plié. 20 heures, des riffs de cuivres, guitare électrique entre funk et rock, un chanteur en survet à fleurs aux tambours Batà. De la timba à Dax, la bonne blague ! (Le festival est réputé pour sa salsa beaucoup plus traditionnelle) Les gars mettent le feu à une audience éberluée immédiatement emballée. La dernière surprise de François Charpentier (le directeur musical du festival) en aura laissé sans voix plus d’un.




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                Compota de Manana : « On joue de la timba hardcore »



CD : Yuvisney Aguilar - Piango Piango (2017, Rumor Records)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Les auditions au Sénat ont montré à quel point la vision brutale qu’entretient le président sur les rapports humains, sociaux et politiques influe aujourd’hui la vie américaine.
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Etats-Unis : ce que révèlent les auditions pour la Cour suprême de l’influence de Donald Trump

Editorial. Les auditions au Sénat ont montré à quel point la vision brutale qu’entretient le président sur les rapports humains, sociaux et politiques influe aujourd’hui la vie américaine.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h26
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le choix d’un juge à la Cour suprême américaine, qui compte neuf magistrats nommés à vie par le président des Etats-Unis, est un rite essentiel de la vie politique outre-Atlantique. Il suscite traditionnellement de longs, profonds et parfois laborieux débats, qui reflètent le rôle crucial de la Cour dans l’évolution de la société américaine.
Il était sans doute inévitable que, à l’ère Trump, ces débats s’entourent d’un parfum de scandale, de divisions et de coups bas. Le spectacle offert la semaine dernière par les auditions au Sénat américain pour la confirmation du juge Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême, n’est pas totalement inédit : il a même ramené les Américains près de trente ans en arrière, lorsque, en 1991, une jeune juriste, Anita Hill, avait été mise en pièces par les sénateurs pour avoir osé accuser de harcèlement sexuel le candidat d’alors, le juge Clarence Thomas.

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                Etats-Unis : la controverse sur la nomination à la Cour suprême pèse sur les élections de mi-mandat



L’histoire, cependant, ne se répète jamais tout à fait. La comparution, jeudi 27 septembre, d’une professeure d’université de 51 ans, Christine Blasey Ford, qui accuse M. Kavanaugh d’avoir tenté de la violer au cours d’une soirée arrosée lorsqu’il avait 17 ans et elle 15 ans, montre à quel point la vision brutale qu’entretient le président Donald Trump sur les rapports humains, sociaux et politiques influe aujourd’hui sur la vie de la nation.
L’impact sur les électrices
Plusieurs différences distinguent les deux situations. Anita Hill et Clarence Thomas étaient tous deux noirs, devant une commission judiciaire du Sénat exclusivement composée d’hommes blancs, ce qui avait permis au juge Thomas de se défendre contre le « lynchage » d’un homme noir osant prétendre accéder à la Cour suprême : cet élément est absent de l’affaire Kavanaugh. La diversité a progressé au sein du Sénat, même si les membres républicains de la commission judiciaire sont si uniment masculins qu’ils se sont sentis obligés de recruter une procureure pour les aider à interroger Mme Ford. Autre différence : l’irruption du mouvement #metoo qui, depuis un an, a profondément secoué l’opinion publique.
Lui-même cible de multiples accusations, M. Trump, on s’en doute, a peu de goût pour ce mouvement. Il aurait tort, cependant, d’en sous-estimer l’impact sur les électrices, y compris républicaines, révélé par plusieurs sondages récents. Les doutes exprimés par le président sur la crédibilité de Christine Ford, la rage manifestée par le juge Kavanaugh face au sacrilège commis par une femme qui ose l’accuser, la violence de son réquisitoire ouvertement partisan contre les démocrates : tout cela est révélateur d’une vision manichéenne et archaïque des rapports hommes-femmes et d’une politisation troublante de la Cour suprême.

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                Affaire Kavanaugh : le coup de théâtre d’un sénateur taraudé par les doutes



L’embarras d’un sénateur républicain, Jeff Flake, après les auditions a conduit à l’ouverture d’une enquête du FBI. Très limitée dans le temps et dans son objet, cette enquête ne permettra peut-être pas d’établir la vérité. M. Trump et les républicains souhaitent évidemment parvenir à confirmer le juge Kavanaugh avant les élections de mi-mandat, le 6 novembre, qui pourraient tout remettre en cause.
En 1991, le Sénat avait confirmé le juge Clarence Thomas. Mais l’épreuve des auditions l’a rendu muet à l’extérieur de la Cour suprême, où il siège toujours. L’année suivante, le président George H.W. Bush était battu à l’élection présidentielle par un novice démocrate nommé Bill Clinton. Et un nombre record de femmes étaient élues au Congrès. A bon entendeur, salut.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Hugo Bompard, qui dirige un site d’investissement en ligne, regrette dans une tribune au « Monde » le retrait d’un amendement à la loi Pacte facilitant la transférabilité de son assurance-vie d’un gestionnaire à l’autre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Pourquoi bloquer « la portabilité des contrats d’assurance-vie » ?

Hugo Bompard, qui dirige un site d’investissement en ligne, regrette dans une tribune au « Monde » le retrait d’un amendement à la loi Pacte facilitant la transférabilité de son assurance-vie d’un gestionnaire à l’autre.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h23
    |

Hugo Bompard (Cofondateur et directeur scientifique de Nalo, site d’investissement financier en ligne)







                        



                                


                            

Tribune. L’objectif de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) a été maintes fois répété par le ministre de l’économie Bruno Le Maire : « Permettre aux Français de mieux préparer leur retraite mais aussi de mieux financer l’économie. » Pourtant, la transférabilité de l’assurance-vie, qui permettrait de répondre à cet enjeu, est aujourd’hui écartée.
Reprenons quelques chiffres : l’épargne retraite représente 200 milliards d’euros et l’assurance-vie 1 700 milliards d’euros, sur 5 000 milliards d’euros d’épargne en France. Le contrat d’assurance-vie est largement utilisé pour préparer sa retraite. Sur ces 1 700 milliards, 80 % sont investis dans des fonds en euros, un capital garanti qui ne finance pas l’économie.
En cause : l’absence de conseil et d’accompagnement des épargnants. Le seul moyen de changer de gestionnaire est de clôturer son contrat, en payant la fiscalité sur la plus-value réalisée par ce dénouement, et en perdant toute l’antériorité fiscale. Personne ne franchit donc le pas, chacun souhaitant conserver les rares avantages fiscaux concédés par cette enveloppe. Il s’agit là d’un véritable frein à la libre concurrence.
L’issue des débats semblait favorable
Lors d’une séance de la commission spéciale sur la loi Pacte, dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 septembre, le ministre et le rapporteur thématique ont mis en évidence l’importance de la portabilité des produits d’épargne pour en faire « un objectif majeur » et « un élément totalement structurant » de la loi Pacte, jusqu’à en faire « l’objectif de la réforme ». Ils avançaient les raisons suivantes :
– « La liberté de choix de l’épargnant », aujourd’hui « pieds et poings liés », comme l’a précisé Bruno Le Maire ;
– « La mise en concurrence des acteurs afin de faire baisser les coûts pour l’épargnant » ;
– « La portabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Jean Grosset et Pierre Victoria, de la Fondation Jean Jaurès, dénoncent, dans une tribune au « Monde », l’« erreur historique » que serait l’adoption d’une réforme au rabais du rôle social de l’entreprise dans la loi Pacte, en cours de discussion à l’Assemblée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Les propositions gouvernementales sont bien en deçà des propositions du rapport Sénard-Notat sur le statut de l’entreprise »

Jean Grosset et Pierre Victoria, de la Fondation Jean Jaurès, dénoncent, dans une tribune au « Monde », l’« erreur historique » que serait l’adoption d’une réforme au rabais du rôle social de l’entreprise dans la loi Pacte, en cours de discussion à l’Assemblée.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h02
    |

Jean Grosset (Directeur de l’Observatoire du dialogue social de la Fondation Jean-Jaurès) et Pierre Victoria (Directeur du développement durable d’...







                        



                                


                            

Tribune. Le président de la République l’avait pourtant bien dit sur TF1 le 18 octobre 2017 : « L’entreprise ne peut être simplement un rassemblement des actionnaires. Le code civil la définit comme tel ; l’entreprise, c’est un lieu où des femmes et des hommes se sont engagés, certains mettent du capital, d’autres du travail. »
Forts de ces propos, nous étions pleins d’espoir de voir la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) – en débat à l’Assemblée nationale depuis le mardi 25 septembre – affirmer l’ambition de repenser la place de l’entreprise dans la société. En effet, il est temps de mettre fin à cet anachronisme français qu’est la définition de la société commerciale, qui ne connaît que l’intérêt exclusif des actionnaires ; il est temps de renforcer le poids des salariés, l’autre partie constituante de l’entreprise, au sein des conseils d’administration à l’instar des autres pays de l’Union européenne.
Depuis près d’un an, nous sommes nombreux, universitaires, fondations, think tanks, syndicalistes, patrons progressistes, ONG, à avoir échangé autour d’une vision de l’entreprise, à la fois projet collectif, lieu de création de richesse partagée, espace de travail où chacun peut trouver, en plus d’un revenu, un sens à son activité et son propre épanouissement personnel.
Quatre propositions majeures
Même si, pour nous, l’entreprise est aussi un objet politique du fait de son influence sur la vie des individus, nous nous sommes rangés sous la bannière du rapport présenté par Jean-Dominique Sénard, président de Michelin, et Nicole Notat, présidente de l’agence de notation extra-financière Vigeo (« L’entreprise, objet d’intérêt collectif », Rapport aux ministres de la transition écologique, de la justice, de l’économie, 9 mars 2018), et nous avons soutenu leurs quatre propositions majeures : intégration de la responsabilité sociale et environnementale dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’essayiste américain Mark Lilla estime que l’obsession des identités occulte la notion de bien commun. Le sociologue français Eric Fassin conteste cette thèse.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/09/2018
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Débat : la gauche s’occupe-t-elle trop des minorités ?

L’essayiste américain Mark Lilla estime que l’obsession des identités occulte la notion de bien commun. Le sociologue français Eric Fassin conteste cette thèse.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 13h54
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Si Mark Lilla et Eric Fassin se connaissent depuis les années 1990, alors qu’ils enseignaient à la New York University, et se revendiquent tous deux de la gauche, ils entretiennent pourtant des points de vue farouchement opposés.
Mark Lilla, essayiste et professeur de sciences humaines à l’université de Columbia (New York), publie début octobre La Gauche identitaire (Stock, 160 pages, 16 euros) une dure critique du progressisme américain, selon lui englué aujourd’hui dans des luttes culturelles en faveur des minorités.
Eric Fassin est quant à lui sociologue et codirige le département d’études de genre à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis. Il a notamment publié Populisme : le grand ressentiment (Textuel, 2017) et Gauche : l’avenir d’une désillusion (Textuel, 2014).

La gauche américaine s’est enferrée, selon Mark Lilla, sur la question identitaire, renvoyant chacun à ses « appartenances personnelles » pour mieux défendre les minorités. Mark Lilla, pouvez-vous nous en dire davantage ? Eric Fassin, ce diagnostic vous convainc-t-il ?
Mark Lilla : La critique fondamentale que j’adresse à la gauche identitaire porte sur le repli sur soi qu’elle promeut. A force d’inciter chacun à s’interroger sur les différentes identités qui le traversent, de race, d’orientation sexuelle, etc., cette gauche est moins en mesure de remporter des élections là où il le faudrait pour, ensuite, défendre les droits des minorités, ou atteindre tout autre objectif.
Rappelons que les Etats-Unis sont une fédération qui laisse de larges pouvoirs aux Etats. Ces derniers ont la liberté d’adopter leurs propres lois et d’interpréter les textes fédéraux comme ils l’entendent. Si vous voulez aider les gays et les Afro-Américains en Iowa, un Etat blanc et profondément religieux, il faut y gagner des élections, et pas seulement en Californie ou à New York. Et pour cela, il faut développer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la situation des hôpitaux français après l’annonce par le gouvernement du retour à l’équilibre du budget de la Sécurité sociale en 2019.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/09/2018
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« La pression restera très forte sur l’hôpital »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la situation des hôpitaux français après l’annonce par le gouvernement du retour à l’équilibre du budget de la Sécurité sociale en 2019.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h12
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Qui a lu Le Lambeau, le chef-d’œuvre de Philippe Lançon, ne pourra plus parler de l’hôpital comme avant. Et surtout pas comme d’une institution qu’il faut coûte que coûte gérer « comme une entreprise », selon la méchante expression qui a cours depuis les années 1980.
Rescapé du massacre de Charlie Hebdo en janvier 2015, l’écrivain-chroniqueur en fait une description (Gallimard, 512 pages, 21 euros) à hauteur d’hommes et de femmes, esquissant le portrait de soignants gratifiés de petits noms : « Annette-aux-yeux-clairs », « la Marquise des Langes » virtuose du pansement…
C’est entendu, il a été « réparé » à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, un haut lieu de la médecine française. Mais on ne parle pas ici d’excellence médicale. Plutôt du don de soi que font bien des soignants. Lançon reconnaît même avoir puisé chez eux une partie de la substance nécessaire à sa renaissance. « Le patient est un vampire, et il est égoïste », écrit-il. Qui vampirise-t-il ? Les proches, bien sûr. Les médecins, les infirmières et les aides-soignants aussi, « des gens souvent héroïques ». « Tout le monde, ici, patients et soignants, paraît coûter trop cher à une société dont l’unique pensée de derrière semble être de réduire l’imagination, l’attention et les frais. »

Tout est dit, et mieux dit que dans un rapport de l’inspection des finances. Les hospitaliers souffrent d’absorber la souffrance du patient sans pouvoir, faute de moyens et de temps, leur offrir autre chose qu’un geste technique.
Ils en nourrissent souvent le sentiment amer d’avoir perdu le sens de leur métier, de ne plus savoir ce que veut dire « hôpital public »… Quand ils n’éprouvent pas une sorte de « honte » face au malade qui leur demande davantage que le respect d’un protocole de soins. Ils clament en vain que l’hôpital est – aussi – affaire d’humanité, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que le chef de l’Etat et sa rivale du second tour ont repris leur face-à-face idéologique à l’occasion des Européennes.
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« Le face-à-face Le Pen Macron, un combat où se jouerait l’avenir de la France et de l’Europe »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que le chef de l’Etat et sa rivale du second tour ont repris leur face-à-face idéologique à l’occasion des Européennes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h31
    |

            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Ils sont à des milliers de kilomètres l’un de l’autre et pourtant leur face-à-face a commencé. Ou plutôt recommencé. Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. Marine Le Pen face à Emmanuel Macron.
Le match retour, comme si personne d’autre n’existait entre eux deux. Pas de gauche, pas de droite. Juste lui et elle dans un combat sans merci où se joueraient l’avenir de la France et celui de l’Europe sur fond de crise identitaire, de poussée populiste et de fragilisation des démocraties.
« Progressistes contre conservateurs », théorise le premier. « Nationaux contre mondialistes », rétorque la seconde que l’on disait sonnée après son quasi K.-O. lors du débat télévisé de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2017, par ailleurs assaillie par les difficultés financières, et qui, pourtant, remonte sur le ring comme si de rien n’était.
On n’entend qu’eux
A peine le président de la République avait-il confirmé, depuis les Antilles, son intention de s’impliquer dans la campagne des Européennes de mai 2019, que la patronne du Rassemblement national (ex-FN) appelait, dimanche 30 septembre sur France Inter, à un large ralliement des mécontents sous sa bannière.
A peine Emmanuel Macron précisait-il dans des confidences au Monde et au Journal du dimanche qu’en aucun cas « il ne changerait de politique », que Marine Le Pen ripostait : ces élections sont « la seule manière » pour les Français de « se faire entendre » du président de la République qui ne « veut pas les entendre ».
Ni l’un ni l’autre ne conduira de liste, personne ne sait à ce jour s’ils parviendront à constituer le large rassemblement qu’ils appellent de leurs vœux – « progressiste et démocrate » d’un côté, « patriote » de l’autre – et pourtant on n’entend qu’eux. Comme si le fait d’avoir été les rescapés du premier tour de l’élection présidentielle leur offrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans « La Gauche identitaire : l’Amérique en miettes », l’essayiste américain Mark Lilla fustige une gauche qui se complaît dans un discours sur la diversité et oublie les enjeux économiques et sociaux.
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Un essai contre une gauche américaine complaisante et fermée

Dans « La Gauche identitaire : l’Amérique en miettes », l’essayiste américain Mark Lilla fustige une gauche qui se complaît dans un discours sur la diversité et oublie les enjeux économiques et sociaux.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h30
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Livre. Aux Etats-Unis, la gauche a le champ libre, elle n’a face à elle « aucun adversaire digne de ce nom », se réjouit l’essayiste et professeur de sciences humaines à Columbia University Mark Lilla. Toutefois, le ton de ce pamphlet est à l’opposé de l’autosatisfaction. L’auteur souligne plutôt qu’un obstacle de taille doit encore être levé, les « gens de gauche » doivent se défaire de leur seul adversaire, « nous-mêmes », affirme Mark Lilla qui se revendique comme un « liberal », dit-il en anglais, un « modéré », en français.
Dans cet essai, Mark Lilla développe plus longuement une thèse qu’il avait déjà défendue dans une tribune controversée du New York Times, puis reprise par Le Monde (daté 9 décembre 2016), dans laquelle il fustigeait une gauche qui se complaît dans un discours sur la diversité, oubliant les enjeux économiques et sociaux, et la recherche du bien commun. Cette gauche identitaire serait particulièrement active dans les campus universitaires où les étudiants seraient encouragés au narcissisme et à ne plus s’intéresser qu’à leur identité, en fonction d’affinités raciales, de genre, ou d’orientation sexuelle.
Des coalitions ponctuelles
Le bref ouvrage qui paraît maintenant en France, un pays qu’affectionne tout particulièrement l’auteur, a relancé la polémique lors de sa parution originale aux Etats-Unis en août 2017 (Le Monde daté du 2 décembre 2017). Ses critiques ont vu dans cet ouvrage une attaque inutile, voire dangereuse, alors que l’administration Trump aggravait l’exclusion des minorités.
Mark Lilla n’en démord pas. La gauche identitaire promeut le repli, une attitude qui se marie bien à l’individualisme économique de notre époque, et ne pense plus la solidarité républicaine. Elle s’en remet à des coalitions ponctuelles, à la rencontre temporaire de différentes revendications, un mode de fonctionnement politique que l’auteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Analyse. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM) est en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement, analyse le correspondant du « Monde » Blaise Gauquelin.
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Le retour des communistes en République tchèque

Analyse. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM) est en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement, analyse le correspondant du « Monde » Blaise Gauquelin.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 10h14
    |

            Blaise Gauquelin (Prague, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Analyse. Les Tchèques devraient se presser devant les portes du Musée national, le 28 octobre, en vue de sa réouverture après rénovation. Car pour la première fois, un original des accords de Munich va y être exposé au public praguois. Les 29 et 30 septembre, le pays a aussi célébré le 80e anniversaire de la conférence qui s’est tenue dans la ville bavaroise. Réunissant les représentants de l’Italie fasciste, de l’Allemagne nazie, de la France et de la Grande-Bretagne, elle marqua l’abandon de la Tchécoslovaquie par les démocraties occidentales et permit l’annexion du territoire des Sudètes par Hitler.
L’humiliation a eu des conséquences énormes. La mémoire est restée à vif et les historiens tchèques débattent encore des défaillances, notamment dans l’intégration des minorités, ayant amené Berlin à envoyer des troupes. Le ressentiment anti-occidental était exploité à la libération par le Parti communiste tchécoslovaque (PCT). Depuis, la République tchèque a conservé un parti communiste, héritier direct du régime d’avant 1989.
Baptisé Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM), il est désormais en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement démocratique. « Il ne faut pas oublier que, contrairement à la Pologne, à la Hongrie ou à la Roumanie, le parti tchécoslovaque avait une assise dans la société industrialisée, des relais syndicaux et intellectuels entre les deux guerres, rappelle l’historien Jacques Rupnik, qui a publié une Histoire du Parti communiste tchécoslovaque. Or les accords de Munich ont été perçus comme une trahison discréditant l’option libérale et occidentale. Après la libération par l’Armée rouge, le PCT est arrivé en tête des suffrages. Il a réalisé un score de 40 % des voix dans les pays tchèques » (moins en Slovaquie). 
A la chute du rideau de fer, le PCT tentera de faire oublier qu’il « préside le syndic de faillite ayant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Premier artiste français à revendiquer sa transidentité, le comédien et réalisateur Océan, dont le nom de scène était Océanerosemarie, raconte sa « traversée ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤     


                Océan : « Etre transfuge de genre n’est ni grave ni une folie »


Premier artiste français à revendiquer sa transidentité, le comédien et réalisateur Océan, dont le nom de scène était Océanerosemarie, raconte sa « traversée ».

LE MONDE
                 |                 30.09.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h43
                 |

            Sandrine Blanchard

















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Son nom de scène était Océanerosemarie. Le 17 mai, cette femme a fait son coming out et annoncé, dans une vidéo mise en ligne sur le site LGBT + Komitid, qu’elle changeait de genre. Son nom est désormais Océan.
Océan s’est fait connaître en 2009 avec La Lesbienne invisible, son premier spectacle, comme un comédien militant et engagé ­contre toute forme de discrimination. Son succès s’est confirmé avec un deuxième one-man-show, Chatons violents, et la réalisation, en 2017, d’un premier long-métrage, Embrasse-moi ! Il tourne actuellement un documentaire sur cette première année de transition et est à l’affiche de Justice, une pièce de Samantha Markowic, au Théâtre de l’Œuvre, à Paris.
Dans la vidéo de votre coming out, vous dites : « J’étais épuisée d’être une femme ». Depuis quand vous sentiez-vous homme ?
Océan : Cela a été un cheminement progressif. Grâce à des rencontres, des lectures, j’ai commencé à déconstruire la notion de binarité, à comprendre que les catégories de genre étaient des catégories sociales, des fictions politiques. J’ai compris que je me sentirais davantage à ma place dans la catégorie homme. Cela a toujours été compliqué pour moi de me sentir une fille, ce n’était pas complètement naturel, même si je m’y étais accoutumé. Si j’avais grandi dans un milieu où j’avais pu penser la transidentité, je l’aurais sans doute fait beaucoup plus jeune.
Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre qu’il était possible d’être transfuge de genre, et que ce n’était ni grave, ni un problème, ni une folie. En ce sens, je ne fais pas partie des personnes trans qui sont en souffrance depuis l’enfance ou l’adolescence.
Quand vous étiez enfant ou adolescente, n’y avait-il pas une part d’interrogation ?
Je l’avais complètement refoulée. Il y a autant de parcours trans que de personnes. A titre personnel, dire « Je suis dans un corps qui n’est pas le mien » ne fait pas sens. En ­revanche, dire que mon corps ne me ­convient pas et que j’ai envie de le modifier, oui. Notre société ne nous montre que deux modèles – homme et femme – et présente la transidentité et la non-binarité comme quelque chose de pathologique. Si la société évoluait, les personnes trans seraient moins dysphoriques et beaucoup plus de gens s’autoriseraient à être gender fluid.

        Lire aussi :
         

                Trans, surmonter les obstacles pour vivre



Dans votre vidéo, vous dites que le masculin en vous était « contrôlé, écrasé, contenu ». Par qui, pourquoi ?
J’avais intériorisé une peur. J’ai grandi dans un milieu très normatif sur la question du genre, même si mes parents m’ont toujours laissée faire ce que je voulais sans jamais me dire « Ça, ce n’est pas un truc de fille ». J’étais heureuse, je n’avais pas l’impression de tricher. Quand j’ai joué La Lesbienne invisible, j’ai exploré ma féminité, et cela m’a fait du bien. A rebours, je comprends que c’était une stratégie inconsciente de survie de jouer la fille « parfaite », désirable dans les codes hétéro normatifs, et une façon de m’excuser d’être lesbienne. Mais c’était une étape nécessaire.
Ensuite, j’ai accepté de préférer l’apparence physique dite « masculine » : j’ai coupé mes cheveux et changé ma garde-robe, j’ai eu ­l’impression de me retrouver davantage en m’identifiant « lesbienne virile ». Mais au bout d’un certain temps, cela ne me suffisait plus. J’ai eu envie d’avoir un corps plus fort, un torse d’homme. J’avais besoin de faire cette traversée. Néanmoins je ne m’identifie pas aux hommes cisgenres [ceux dont le genre est ressenti comme adéquat à leur sexe de naissance]. Je ne me considérerai jamais comme un homme cis. Je suis un homme trans avec mon passif de femme cis.
D’où votre choix de faire votre coming out sur un site LGBT ?
J’ai une petite partie de mon public choqué, qui m’en veut. C’est fort dommage, car je suis toujours l’un de leurs meilleurs alliés.
Oui, parce que je voulais dire à mes fans : c’est le chemin que je prends, mais je ne vous abandonne pas. Il y aura toujours une lesbienne à l’intérieur de moi ! Je ne voulais pas que ma communauté se sente trahie. Il existe de la transphobie y compris chez les féministes et les lesbiennes. J’ai une petite partie de mon public choqué, qui m’en veut. C’est fort dommage, car je suis toujours l’un de leurs meilleurs alliés. Pour autant, j’ai eu le coming out le plus cool de France !
Et comment s’est passé le coming out auprès de votre famille ?
Je l’ai convoquée et fait mon annonce ­devant vingt-cinq personnes ! Même si j’avais donné des indices, cela a été un vrai coming out. Pour ma mère, c’était le deuxième, vingt-deux ans après mon coming out en tant que lesbienne. J’avais peur de lui faire de la peine. Mais j’ai la chance d’avoir une mère ouverte, intelligente. Même si elle a des réticences et que ce n’est pas facile pour elle, je sais qu’elle va bouger, qu’on ne va pas se perdre.
Vous avez fait le choix de prendre des hormones, pourquoi ?
Pour l’heure, je vis très bien cet entre-deux que j’appelle « monsieur-madame », où les gens ont du mal à me genrer. C’est très intéressant, car cela vient questionner la relation au genre de tout un chacun. Les gens sont troublés. Mais, pour mon bien-être, je préfère être perçu tout de suite comme homme. La prise d’hormones a été un vrai désir.
Quand vous regardez vos photos d’avant, que vous dites-vous ?
Etrangement, faire ma transition me ­réconcilie avec ma féminité et avec mon passé. J’ai plus de tendresse pour la fille que j’ai été que je n’en avais à l’époque. Je me vois négociant avec cette masculinité. Le fait de « passer de l’autre côté » m’apaise avec mon moi d’avant. Il n’y a aucune honte, le malaise a disparu. C’est comme si quelque chose était réglé.
Vous dites : « Il y aura toujours une lesbienne à l’intérieur de moi » ? Alors, pourquoi changer ?
J’ai envie de faire ce voyage pour être plus juste vis-à-vis de moi-même, c’est aussi ­simple que cela.
C’est un voyage sans billet retour ?
Je suis assez sûr que oui, mais quand bien même je changerais d’avis : où est le problème ? Pour l’heure je n’ai jamais été aussi heureux. J’apprends chaque jour de nouvelles choses grâce à cette transition. La plus importante : alors que j’étais psychorigide, persuadé qu’on a tous une identité profonde et immuable, je comprends que c’est n’importe quoi. L’identité bouge, évolue, et c’est ça qui est passionnant. J’ai été une femme cis et aujourd’hui je suis un homme trans. J’ai juste évolué. Quand mon passing sera fort, peut-être que cela me gonflera d’être perçu comme cis et que je reviendrai à une apparence plus androgyne. Mais pour l’heure, je m’éclate.
Quel est votre message aujourd’hui ?
Beaucoup de trans précaires ou isolés ont encore des difficultés à accéder aux soins et à échapper à la transphobie d’Etat.
Beaucoup de filles m’ont dit que La Lesbienne invisible et Embrasse-moi ! leur avaient donné confiance en elles. Je souhaite apporter cette même visibilité positive, cet « empuissancement » aux trans ! C’est la moindre des choses au regard de mes privilèges : je suis blanc, sans problème d’argent, conseillé et soutenu pour trouver des médecins qui facilitent mes démarches, j’arrive une fois que le sale boulot a été fait par toute une génération de militants qui, eux, s’en sont pris plein la gueule.
Mais beaucoup de trans précaires ou isolés ont encore des difficultés à accéder aux soins et à échapper à la transphobie d’Etat : à l’hôpital public pour accéder aux hormones et aux opérations, face aux tribunaux pour changer d’état civil, pour trouver du travail. J’aime à rappeler que ce ne sont pas les LGBTQ + qui ont un « problème », mais le système en place et les gens qui nous haïssent. Ce sont eux qui ont un problème et feraient mieux d’aller le régler chez le psy au lieu de nous harceler !
« Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une rencontre avec Diane Leriche, Sam Bourcier et Adrian de la Vega sur la vie des personnes trans en France. La rencontre aura lieu au théâtre des Bouffes du Nord, dimanche 7 octobre, de 14 h 30 à 15 h 30.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Sandrine Blanchard
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Depuis 2010, près de Varsovie, des historiens amateurs et des passionnés participent une fois l’an à la reconstitution de la bataille de Lomianki, qui a opposé les forces polonaises à l’armée allemande nazie en septembre 1939. De quoi entretenir le mythe.
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La Pologne sort la grosse cavalerie

Depuis 2010, près de Varsovie, des historiens amateurs et des passionnés participent une fois l’an à la reconstitution de la bataille de Lomianki, qui a opposé les forces polonaises à l’armée allemande nazie en septembre 1939. De quoi entretenir le mythe.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 09h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Des militaires en tenue kaki chargent, leur élan surplombé par une ascétique croix de bois. Nul besoin d’être historien militaire pour lever un sourcil : nos soldats sont montés à cheval et chargent sabre au clair, ici figés dans une action qui rappelle davantage les guerres napoléoniennes immortalisées par les peintres ­romantiques que l’enfer métallique de 1939-1945 qui s’étale d’ordinaire sur nos écrans de cinéma. Quel est cet objet ­visuel non identifié ?
Le cliché a été pris par le photo-reporter Czarek Sokolowski pour Associated Press, le 16 septembre, en Pologne, près du village de Lomianki, voisin de Varsovie. Chaque année, depuis 2010, des historiens amateurs et des passionnés s’y réunissent pour la reconstitution historique d’une bataille ayant opposé les ­forces polonaises à l’armée allemande nazie le 22 septembre 1939. L’image rappelle notamment un autre épisode historique, sujet à controverse : celui de la charge de Krojanty, tenue peu avant, le 1er septembre 1939, en Poméranie. Selon la légende, les uhlans polonais auraient chargé les tanks allemands avant d’être (naturellement) décimés. L’anecdote fait sourire, mais elle est plus significative qu’il n’y paraît.
Représentations mentales et visuelles
La cavalerie polonaise s’est en réalité attaquée à l’infanterie allemande à Krojanty, la dispersant efficacement (la Pologne comptait avant la guerre une importante force de cavalerie) ; ce n’est qu’après que des tanks, surgis d’un bois, mirent les uhlans en déroute. Mais les journalistes allemands et italiens, trouvant les panzers face aux cadavres des cavaliers, brossèrent le tableau d’une nation polonaise faible, d’un autre âge et d’un romantisme naïf. Cette idée fut ensuite largement ­entretenue par la propagande nazie tout au long de la guerre, à grand renfort ­d’illustrations visuelles éloquentes.
Ces représentations mentales et visuelles de la charge de Krojanty continuent de nos jours à alimenter une perception...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La spécialiste de l’antiquité gréco-romaine à Cambridge est célèbre outre-Manche pour éclairer l’actualité de son érudition, tous médias confondus. « Les Femmes et le Pouvoir » en témoigne brillamment.
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Historienne et féministe, Mary Beard n’a pas le latin dans sa poche

La spécialiste de l’antiquité gréco-romaine à Cambridge est célèbre outre-Manche pour éclairer l’actualité de son érudition, tous médias confondus. « Les Femmes et le Pouvoir » en témoigne brillamment.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 09h00
    |

                            André Loez (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Il faut voir la scène. Nonchalamment assise sur un bloc de pierre, Mary Beard s’interroge à voix haute devant la caméra. Comment les Romains faisaient-ils dans ces latrines publiques d’Ostie ? Etaient-elles mixtes ? Où plaçaient-ils l’éponge pour s’essuyer ? Et, joignant le geste à la parole, elle explique : « Voilà comment nous devons imaginer une ville antique. Toges et tuniques relevées, pantalons baissés, on se soulage en bavardant avec ses voisins. »

La séquence a été diffusée dans l’un des documentaires sur Rome présentés par l’historienne du Newnham College, à Cambridge, qui rencontrent un immense succès outre-Manche. Elle résume tous les décalages ayant fait de Mary Beard une figure intellectuelle singulière et même une célébrité, qui réunit plus de 200 000 abonnés sur Twitter, transmet infatigablement au lectorat le plus large ses éclairages sur l’histoire antique, intervient avec vigueur dans les débats politiques sur le Brexit ou l’immigration, sans pour autant perdre l’estime de ses pairs dans le monde universitaire.
« Ma parole m’appartient »
On y voit sa capacité à s’adresser au grand public en usant d’un humour décontracté, mais aussi une préoccupation d’historienne pour les aspects du passé pouvant sembler les plus triviaux, mais essentiels au quotidien. Dans le bureau lumineux d’une discrète maison de Cambridge où elle reçoit « Le Monde des livres », avec des livres d’art éparpillés sur le sol qui signalent son nouveau chantier de recherche (une étude sur la représentation des empereurs romains dans la peinture de la Renaissance), elle explique comment elle a trouvé la juste intonation : « Je suis arrivée à un point où, à la télévision, j’ai cessé de jouer un rôle. Ma parole m’appartient. Longtemps, au début de ma carrière, j’ai pensé que j’étais une actrice, que je jouais un rôle, imitant parfois mes collègues masculins, et cela ne sonnait pas juste. »
Comme elle le suggère en effet dans son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique, l’historien Antoine Lilti revient sur l’article de loi qui vise à faire payer les moteurs de recherche et les réseaux sociaux qui agrègent des liens vers les différents sites de presse.
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« Le droit d’auteur est-il bien adapté aux nouveaux usages et aux nouvelles technologies ? »

Dans sa chronique, l’historien Antoine Lilti revient sur l’article de loi qui vise à faire payer les moteurs de recherche et les réseaux sociaux qui agrègent des liens vers les différents sites de presse.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 09h00
    |

                            Antoine Lilti (Historien)








                        



                                


                            

Chronique Résonances. Un spectre hante l’Europe : les GAFA. Ces ­multinationales prédatrices (Google, Amazon, Facebook, Apple) incarnent commodément un néolibéralisme sans foi ni loi, désireux de transformer nos vies en marchandises : nos données personnelles, la culture, et même l’information. Face à la menace, le Vieux Continent cherche la parade. En votant, le 12 septembre, une directive renforçant la protection du droit d’auteur sur Internet, le Parlement européen aurait lancé la contre-attaque. C’est du moins le récit que proposent les nombreux défenseurs de cette directive. En France, le président de la République n’a pas manqué de saluer « un combat fondamental » pour « assurer notre liberté et défendre notre modèle ».
Le paysage, en réalité, est plus complexe. Les opposants à la directive ne rassemblaient pas seulement les lobbys de la Silicon Valley, mais aussi des acteurs de l’Internet libre et collaboratif, depuis Wikipédia jusqu’aux militants du Parti pirate. On peut les taxer de naïveté, et juger que libéraux et libertaires se rejoignent, en fin de compte. Mais on peut aussi remarquer que de nombreux juristes, économistes, spécialistes de l’économie numérique se montrent sceptiques, voire ouvertement critiques. Ils mettent en avant l’inefficacité de certains dispositifs, déjà testés sans succès, notamment en Espagne ou en Allemagne. Ils s’inquiètent des risques de censure induits par la directive, ou de la disparition des pratiques créatives (parodies, réemplois, mèmes) qui se sont épanouies grâce à la liberté de l’Internet et font désormais partie de la culture numérique. Le droit d’auteur, cet héritage de la modernité libérale et de la galaxie Gutenberg, est-il bien adapté aux nouveaux usages et aux nouvelles technologies ?
Un point, en particulier, cristallise les débats : l’article 11, qui attribue aux éditeurs de presse un « droit voisin » du droit d’auteur. Il vise à faire payer les moteurs...




                        

                        


<article-nb="2018/10/01/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Cette semaine, « Questions internationales » s’interroge sur le rôle de la Chine en Asie ; « Perspectives chinoises » propose un portrait de Xi Jinping et une analyse de sa vision de l’histoire.
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Dans les revues

Cette semaine, « Questions internationales » s’interroge sur le rôle de la Chine en Asie ; « Perspectives chinoises » propose un portrait de Xi Jinping et une analyse de sa vision de l’histoire.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 13h00
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Géopolitique
Le rôle de la Chine en Asie
Puissance mondiale dans bien des domaines, la Chine dessine aussi une nouvelle Asie. De New Delhi à Canberra, c’est souvent en fonction de Pékin que les décisions straté­giques se prennent. Mais pas forcément dans le sens souhaité par l’empire du Milieu, bien au contrai­re. C’est cette relation complexe ­entre la Chine et ses voisins qu’analyse le dernier numéro de Questions internationales (septembre-octobre 2018), une revue de la Documentation française qui s’adresse à un large public. Que ­Pékin ait une volonté hégémonique ne fait aucun doute. L’article détaillé de Charles-Emmanuel Detry (doctorant à l’université Panthéon-Assas) sur la stratégie de Pékin en mer de Chine du Sud en fait la démonstration. Mais cette hégémonie est loin d’être acquise, note Jean-Pierre Cabestan (Université baptiste de Hongkong). Et, pour le moment, cette montée en puissance de la Chine n’a pas provoqué de conflit. « De 1946 à 1979, 80 % des tués lors des guerres dans le monde l’avaient été en Asie orientale. Depuis 1979, 4 % seulement des morts de guerres dans le monde sont tombés en Asie », nous apprend l’historien Pierre Grosser. Ce ne sont là que trois contributions parmi une dizaine qui permettent d’approfondir un sujet majeur, tant pour l’économie mondiale que pour l’équilibre des forces géopolitiques, puisque quatre des puissances ­nucléaires sont désormais ­asiatiques.
« Questions internationales », n° 93, septembre-octobre 2018 (bimestriel), La Documentation française, 128 p., 9 €.
Politique
Le « rêve chinois »de XI Jinping

Revue de recherche publiée par le Centre d’études français sur la Chine contemporaine (CEFC) situé à Hongkong, Perspectives chinoises s’intéresse dans un numéro double (2018/1-2) aux « Nouvelles approches du régime politique sous XI Jinping ». Confié...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Trois questions à Sylvain Kahn, géographe
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Le Parti populaire européen va-t-il exclure le premier ministre hongrois Viktor Orban ?

Trois questions à Sylvain Kahn, géographe



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 08h03
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Le 12 septembre, le Parlement européen a voté à une large majorité l’activation d’une procédure communautaire ­exceptionnelle vis-à-vis de la Hongrie pour « risque clair de violation grave de l’Etat de droit ». Ce vote sanction n’aurait pas été possible sans le soutien du Parti populaire européen (PPE), le puissant groupe politique auquel appartient Viktor Orban. Comment interpréter ce changement d’attitude des conservateurs, longtemps tolérants à l’égard de la politique anti-Bruxelles et antimigrants de M. Orban ?
Viktor Orban est premier ministre de la Hongrie depuis 2010, il revendique depuis 2014 un modèle démocratique « illibéral » – où les élections sont libres, mais les citoyens progressivement privés de leurs droits fondamentaux –, et c’est seulement maintenant qu’une majorité au PPE le sanctionne parce qu’il affaiblit l’Etat de droit dans son pays. Pourquoi maintenant ? Pour des raisons très circonstancielles. D’une part, le Bavarois Manfred Weber, président du PPE et membre en Allemagne de la CSU [petite cousine droitière de la CDU], aspire à devenir président de la Commission en 2019 : il lui faut donc prouver qu’il a à cœur d’être le garant de l’esprit et de la lettre des institutions de l’Union. D’autre part, les élections européennes approchent [mai 2019]. Pour des raisons de stratégie politique, le chancelier autrichien Sebastian Kurz ­[allié à l’extrême droite dans son pays], également président en exercice de l’Union européenne, a donc passé comme consigne à ses troupes de voter pour le déclenchement de la procédure de l’article 7 – alors même qu’il a accueilli Orban à bras ouverts, à deux reprises, depuis son élection en décembre 2017.
Ce vote signe-t-il pour Orban l’échec de sa stratégie au sein du PPE ? Celui-ci va-t-il exclure la Fidesz, le parti nationaliste ­hongrois ?
Rien n’est moins sûr. Exclure la Fidesz, c’est prendre le risque que ses partis frères...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Analyse. La droite extrême s’est imposée dans la bataille des idées en avançant une pensée illibérale et anti-68 explique Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».
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Droite extrême : le « grand retournement » idéologique

Analyse. La droite extrême s’est imposée dans la bataille des idées en avançant une pensée illibérale et anti-68 explique Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 09h46
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Analyse. Un grand basculement s’opère depuis quelques années sur la scène des idées. Un glissement de terrain idéologique destiné à préparer un renversement politique. Car la contre-révolution illibérale n’a pas uniquement lieu lors d’insurrections électorales. Elle s’installe aussi sur le terrain de la pensée. La droite extrême s’est ainsi imposée dans la bataille des idées, et la « pensée anti-68 », comme dit le philosophe Serge Audier, tient le haut du pavé. « Le vent souffle à droite », constate la philosophe Elisabeth Badinter, alertée par les mouvements antiavortement et ceux issus de La Manif pour tous, rassemblés dans « la sainte alliance des réactionnaires » (Le Monde daté du 13 avril 2018).

Ce grand basculement prend la forme d’un « grand retournement », explique le professeur au Collège de France Pierre Rosanvallon dans Notre histoire intellectuelle et politique – 1968-2018 (Seuil, 448 pages, 22,50 euros). Un renversement des valeurs du progressisme qui repose sur un « antilibéralisme intégral » (l’extension des droits de l’individu est associée au règne de l’illimitation de l’individualisme consumériste), une offensive axée sur « l’exaltation d’un peuple essentialisé » forcément méprisé par les élites, une guérilla conceptuelle tournée vers une critique obsessionnelle de « l’événement repoussoir » qu’est devenu Mai 68, sans oublier une « radicalisation des aversions » dominée par une hypertrophie du langage – par laquelle on assimile sans ambages le libéralisme ou le pédagogisme à des « totalitarismes ». De Maurras à Gramsci, les références de ces pamphlétaires réactionnaires mêlent aussi bien des catholiques royalistes que des communistes révolutionnaires.
Dépassement des clivages et des usages
C’est pourquoi l’on peut entendre dans cette littérature « une pensée de droite dans un langage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’essayiste estime, dans une tribune au « Monde », que le polémiste est devenu le symptôme de la droite la plus décomplexée, qui s’attaque en révisionniste aux marqueurs de notre histoire contemporaine.
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Guy Sorman : « Eric Zemmour a élargi le champ de la haine »

L’essayiste estime, dans une tribune au « Monde », que le polémiste est devenu le symptôme de la droite la plus décomplexée, qui s’attaque en révisionniste aux marqueurs de notre histoire contemporaine.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 12h19
    |

                            Guy Sorman (Essayiste, ancien chroniqueur au Figaro (1983-2000)








                        



                                


                            

Tribune. Dommage, l’expression a trop servi. Mais elle vaut si bien pour Eric Zemmour : « De quoi Zemmour est-il le nom ? » Son œuvre, ses foucades, ses insultes n’ont guère d’intérêt par elles-mêmes : ce ne sont, en réalité que de pâles copies des incartades auxquelles nous a habitués Jean-Marie Le Pen. Mais ce Le Pen-là finissait toujours devant les tribunaux, récusé par tous, y compris dans son parti. M. Zemmour, c’est l’inverse : il passe pour un éminent penseur. A gauche, on l’invite, pour le tourner en dérision peut-être, mais sans succès, car le bonhomme est agile. A droite, on le soutient, on s’en réclame. Valeurs actuelles, Le Figaro, ces médias intelligents sont maintenant rangés en ordre de bataille, alignés sur les propos les plus extrêmes de M. Zemmour, telle son invitation à assassiner Maurice Audin une seconde fois, à rejeter hors de France ceux qui ont la peau trop noire – et les Arabes bien sûr, surtout les Arabes.

M. Zemmour n’est plus un trublion, mais le symptôme, l’expression en pleine lumière d’une droite dite « décomplexée », fière de son passé le plus honteux. Il se passe bien quelque chose dans la société française, et M. Zemmour en est le nom. Ce que visent M. Zemmour et ses soutiens renvoie à des marqueurs sensibles de notre histoire contemporaine : le régime de Vichy, la décolonisation, Mai 68. Pétain d’abord, et sa devise « Travail, famille, patrie », cela plaît à M. Zemmour, qui en fait l’éloge. Ce maréchal avait du bon et, au surplus, il chassait le métèque : la France telle qu’on l’aime dans la nouvelle droite.
L’essence du révisionnisme
Pourquoi un Zemmour peut-il écrire cela aujourd’hui et en être approuvé ? C’est que le temps a passé, le régime de Vichy est devenu une abstraction : on peut en faire une image pieuse, libérée de ces horreurs bien réelles dont il ne reste plus de témoins directs. C’est le principe du révisionnisme. Jacques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ En France, la valeur d’une vie est évaluée à trois millions d’euros. L’économiste Béatrice Cherrier explique, dans cette chronique, quels sont les ressorts méthodologiques, éthiques et historiques qui ont conduit aujourd’hui à ce chiffrage.
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Chiffrer « le prix d’une vie humaine »

En France, la valeur d’une vie est évaluée à trois millions d’euros. L’économiste Béatrice Cherrier explique, dans cette chronique, quels sont les ressorts méthodologiques, éthiques et historiques qui ont conduit aujourd’hui à ce chiffrage.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h00
    |

Béatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for New Economic Thinking)







                        



                                


                            
Recherches. Nouveaux traitements médicaux, lutte contre la pollution, secours aux populations frappées par une catastrophe naturelle, évaluation de la limitation de vitesse à 80 km/h : nombreuses sont les décisions politiques qui nécessitent de chiffrer la valeur d’une vie, sauvée ou perdue. Si la méthode peut sembler cynique et contestable sur le plan éthique, la mise en chantier d’une nouvelle action publique ne se fait plus sans que son coût soit comparé au bénéfice qui sera tiré des vies ainsi préservées.
Les origines du chiffrage sont à rechercher au sein des services de l’armée de l’air américaine pendant la guerre froide
En France, la valeur d’une vie est, d’après un rapport de 2016, évaluée à 3 millions d’euros (« Elements pour une révision de la valeur de la vie humaine », Commissariat général à la stratégie et à la prospective, 2013). Comment ce chiffre est-il construit, quels en sont les ressorts méthodologiques et éthiques ?
Si ce chiffrage fut effectué pour la première fois en France en 1994 par l’économiste Marcel Boiteux, ses origines sont à rechercher au sein des services de l’armée de l’air américaine pendant la guerre froide, rapporte l’économiste Spencer Banzhaf (« The Cold-War origins of the Value of Statistical Life », Journal of Economic Perspective n° 28/4, 2014).
A la fin des années 1940, l’US Air Force cherche à maximiser les dommages infligés par ses raids aériens potentiels contre l’URSS. Elle s’adresse à un groupe de chercheurs de la RAND Corporation. Ceux-ci proposent de faire voler un grand nombre d’avions peu coûteux pour leurrer les défenses aériennes soviétiques. Mécontents, les généraux de l’Air Force pointent alors que le coût de la vie des pilotes sacrifiés ne figurait même pas dans les calculs des scientifiques ! Il fallut vingt ans à la RAND pour résoudre le problème.
« Vie statistique »
L’économiste Jack Hirshleifer proposa d’abord d’évaluer la vie d’un pilote à l’aune...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », pointe le décalage entre le discours du chef de l’Etat et la réalité de la politique environnementale de la France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/09/2018
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« Sur le terrain du verbe, le titre de “Champion de la Terre” sied particulièrement bien à M. Macron »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », pointe le décalage entre le discours du chef de l’Etat et la réalité de la politique environnementale de la France.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 06h58
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            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. « Champion de la Terre » : Emmanuel Macron s’est vu décerner, mercredi 26 septembre, ce titre ronflant par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), à l’issue du One Planet Summit de New York (Etats-Unis).
Quelques jours auparavant, devant la 72e Assemblée générale des Nations unies (ONU), le président français avait prononcé un discours de portée générale, mais dont les questions environnementales n’étaient pas absentes, bien au contraire.
« L’avenir du monde, c’est celui de notre planète, qui est en train de se venger de la folie des hommes. La nature nous rappelle à l’ordre et nous intime d’assumer notre devoir d’humanité et de solidarité. Elle ne négociera pas, il revient à l’humanité de se défendre en la protégeant, a dit Emmanuel Macron devant ses pairs. Les dérèglements climatiques font voler en éclats la traditionnelle opposition entre le Nord et le Sud, les plus fragiles sont toujours les premières victimes emportées dans un tourbillon d’injustices, nous sommes tous frappés par les emballements terribles du climat de la Chine aux Caraïbes en passant par la Russie ou la Corne de l’Afrique. »
Sur le terrain du verbe, il va de soi que le titre de Champion de la Terre sied particulièrement bien à M. Macron. Depuis le désormais célèbre « Make our planet great again » (« Rendre notre planète à nouveau belle ») prononcé en juin 2017 en un pied de nez à son homologue américain Donald Trump et porté comme un étendard depuis, jusqu’à sa déclaration solennelle sur l’effondrement de la biodiversité, diffusée moins d’un an plus tard sur les réseaux sociaux, les phrases prononcées par le chef de l’Etat français pourraient être, ne varietur, mises dans la bouche des militants écologistes les plus radicaux.
Cruels hasards du calendrier
Souvenez-vous, c’était le 24 mars : « Vous vous réveillez et quelque chose a changé. Vous n’entendez plus...




                        

                        

