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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Alger rappelle que la plupart des déplacés sont accueillis dans des pays limitrophes, souvent eux-mêmes en proie à des difficultés socio-économiques.
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Compte rendu

L’Algérie veut un partage « équitable » de la prise en charge des réfugiés dans le monde

Alger rappelle que la plupart des déplacés sont accueillis dans des pays limitrophes, souvent eux-mêmes en proie à des difficultés socio-économiques.


LE MONDE
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        Le 01.10.2018 à 18h05

     •
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        Mis à jour le 01.10.2018 à 18h06






    
A Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie, des migrants en provenance du Niger sont reconduits à la frontière de leur pays dans des cars, en juillet 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI/AFP


La charge que représentent les réfugiés doit être répartie équitablement à travers le monde, a plaidé l’Algérie, lundi 1er octobre, devant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), appelant à prendre en compte les « inquiétudes » des pays d’accueil.
Il faut « examiner la problématique du déplacement forcé en tenant compte des inquiétudes tout aussi réelles que légitimes exprimées par les pays d’accueil », a estimé à Genève le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, devant le Comité exécutif (l’instance décisionnaire) du HCR. Car « les réfugiés continuent d’être installés dans les pays en développement, souvent limitrophes », sans qu’il soit tenu « compte des réalités socio-économiques » de ces Etats, a-t-il souligné, selon un communiqué du ministère algérien des affaires étrangères.

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                La délicate évaluation de l’impact économique des migrants



M. Messahel a réclamé un « partage équitable et prévisible de la charge sur le plan mondial, tant en termes d’admission des réfugiés qu’en termes de protection ou encore de la mise en œuvre de solutions durables en leur faveur ».
Près de 40 000 Syriens
Il a également appelé l’ensemble des pays à agir, « individuellement et collectivement, sur les causes profondes des déplacements forcés », afin d’enrayer « la hausse constante du nombre de réfugiés à travers le monde ».

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                Le Niger, sous-traitant africain de la politique migratoire de l’Europe



Mi-septembre, le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, avait souligné que 80 % à 90 % des quelque 68 millions de réfugiés et déplacés recensés dans le monde par le HCR se trouvaient « dans des pays pauvres ou disposant de peu de ressources ».
A Genève, l’Algérie, pays d’environ 40 millions d’habitants, a rappelé qu’elle accueillait sur son sol près de 40 000 réfugiés syriens, ainsi que des dizaines de milliers de réfugiés du Sahara occidental, installés pour certains depuis quarante ans dans le sud-ouest du pays.

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                Les autorités algériennes continuent d’expulser les migrants en plein désert



Elle fait également face ces dernières années à un afflux de migrants subsahariens, dont les ONG estiment le nombre à quelque 100 000 sur son territoire. Alger, qui ne dispose pas de législation en matière d’asile, est critiqué par des ONG pour la façon dont ceux-ci sont traités.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’évolution des modes de consommation et de travail impactent davantage les marchés immmobiliers londonien et parisien que la sortie de l’UE du Royaume-Uni.
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A Londres et Paris, le marché immobilier reste peu sensible au Brexit

L’évolution des modes de consommation et de travail impactent davantage les marchés immmobiliers londonien et parisien que la sortie de l’UE du Royaume-Uni.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 12h48
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

L’effet du Brexit sur les marchés immobiliers londonien et parisien, qu’il s’agisse de bureaux, de commerces ou de logements, est encore des plus limités. « Londres reste une place financière inégalée, qui attire d’énormes capitaux en provenance d’Asie et du Moyen-Orient », analysait Faisal Durrani, du cabinet d’expertise immobilière Cluttons, à l’occasion d’une conférence organisée à Paris, le 25 septembre, par l’association European Valuer’s Alliance qui réunit 250 experts immobiliers.
De son côté, Paris, qui s’attendait à l’arrivée massive de services bancaires et de cadres surpayés, est, pour le moment, déçu : « Il y a beaucoup d‘annonces mais peu de réalisations, remarque Cécile Blanchard, directrice des études au Crédit foncier.
Dans la capitale anglaise, les indicateurs du marché du bureau restent solides, avec un taux de vacance en baisse, passé de 7,8 %, moyenne de ces dernières années, à 5,6 %, au deuxième trimestre 2018, une rentabilité, même si elle fléchit légèrement, toujours attractive de 2,5 % (et 5 % si l’on y ajoute la plus-value en cas de vente).
Moindre mobilité des londoniens
Plus inquiétante est la chute des locations de bureaux, puisqu’à peine 90 000 mètres carrés trouvaient locataires au cours du premier semestre 2018, contre 427 000 mètres carrés l’année précédente, soit un plus bas depuis six ans, qui semble devoir beaucoup à l’évolution des façons de travailler. « Des tendances de fond sont à l’œuvre, qui affaiblissent la demande : le travail à domicile, des salariés qui ne travaillent que quatre jours par semaine et des entreprises qui louent des espaces plus petits, voire des emplacements dans des espaces partagés en co-working, dont le leader mondial, l’américain Wework, est bien implanté à Londres », observe M. Durrani.
Un indicateur confirme la moindre mobilité des londoniens : la baisse, en 2017, de 2 % de la fréquentation des transports en commun, soit un milliard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le Français de 72 ans est à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.
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En Suède, le Français Jean-Claude Arnault condamné à deux ans de prison pour viol

Le Français de 72 ans est à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 17h18
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Le timing est symbolique. A 11 h 30, lundi 1er octobre, la semaine des Nobel s’est ouverte avec l’attribution du prix de physiologie et médecine à l’Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo ; une demi-heure plus tôt, le tribunal de Stockholm condamnait à deux ans de prison ferme, pour viol, le Français Jean-Claude Arnault, 72 ans, à l’origine du scandale ayant entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018, qui aurait dû être décerné cette semaine.
Marié à la poétesse et académicienne Katarina Frostenson, cette figure de la scène culturelle stockholmoise, à la personnalité nébuleuse, avait été jugée du 19 au 24 septembre pour deux viols commis sur une même femme, à l’automne 2011. La plaignante, dont l’identité n’a pas été révélée, avait témoigné dans les pages du quotidien Dagens Nyheter, le 21 novembre 2017, avec dix-sept autres femmes accusant le Français de viols et d’agressions sexuelles.
Sept plaintes déboutées
Huit avaient ensuite porté plainte. Sept ont été déboutées, les faits étant prescrits ou les preuves jugées insuffisantes. Il n’en restait plus qu’une, qui accusait Jean-Claude Arnault de l’avoir forcée à poursuivre contre sa volonté un rapport sexuel oral d’abord consenti, dans la nuit du 5 au 6 octobre 2011, dans sa garçonnière de Stockholm. Puis de l’avoir à nouveau violée entre le 2 et le 3 décembre alors qu’elle dormait dans le même appartement.
Jean-Claude Arnault risquait de deux à six ans d’emprisonnement. Le parquet avait requis trois ans. Il a finalement été condamné à deux ans d’incarcération, reconnu coupable du premier viol, mais acquitté du second, faute de preuves permettant d’établir si la plaignante dormait. La loi suédoise a été durcie depuis, mais le Français était jugé selon la législation en vigueur en 2011, ce qui explique l’acquittement partiel et la peine pouvant paraître légère au regard des faits.

        Lire aussi notre article d’avant le procès :
         

          Mission épineuse pour la justice suédoise



La juge Gudrun Antermar a estimé que le récit de la plaignante était « clair et détaillé », qu’elle avait « pris garde de ne pas exagérer » et que rien n’indiquait « qu’elle ait voulu mentir ». Par ailleurs, son témoignage est confirmé par « de nombreuses personnes qui, dans différents contextes et indépendamment, l’ont entendu en parler ». Au total, sept témoins ont été appelés à la barre : plusieurs proches, un ex-petit ami et un psychothérapeute auxquels la victime s’est confiée dès l’automne 2011.f
La condamnation du Français ne faisait plus guère de doute depuis son placement en détention préventive, lundi 24 septembre, à la demande du parquet. La mesure extrêmement rare visait à éviter à tout prix une nouvelle affaire Assange, du nom du fondateur de Wikileaks, accusé de viol et d’agressions sexuelles en Suède – blanchi depuis –, qui s’était réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres.
L’avocate de la plaignante, Elisabeth Massi Fritz, salue un verdict qui donne « espoir et confiance » dans le système judiciaire suédois et doit encourager les victimes à porter plainte : « Aucune ne doit rester silencieuse et aucune ne doit ressentir de la culpabilité ou de la honte. »
Le verdict « redonne du poids à #metoo »
La journaliste Matilda Gustavsson, auteure de l’article publiée le 21 novembre 2017 dans Dagens Nyheter, souligne l’importance de la condamnation « pour les nombreuses femmes touchées mais dont les expériences ne seront jamais jugées par un tribunal ». Le verdict, dit-elle, « redonne du poids à #metoo ».
En Suède, le mouvement avait eu un retentissement inégalé à l’automne 2017, avec la publication de tribunes dans lesquelles témoignaient plus de 60 000 femmes, regroupées en 70 professions. On avait alors comparé #metoo au droit de vote accordé aux femmes. Mais jusqu’alors, le seul procès contre un animateur télé poursuivi pour viol avait débouché sur un non-lieu, faute de preuves. Jean-Claude Arnault, pour sa part, a annoncé qu’il souhaite faire appel.

        Lire aussi :
         

          Les mystères de Jean-Claude Arnault, accusé du premier grand procès de l’ère #metoo






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Une manifestation organisée par le Parti démocrate a réuni 70 000 personnes à Rome dimanche.
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Marginalisée et désunie, la gauche italienne essaie de se faire entendre face à Salvini

Une manifestation organisée par le Parti démocrate a réuni 70 000 personnes à Rome dimanche.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h31
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Certes, la gauche italienne est au plus mal. Mais il lui reste au moins une chose de son passé : un indéniable savoir-faire pour organiser des manifestations. Dimanche 30 septembre, plusieurs dizaines de milliers de personnes venues en car et en train de toute l’Italie (70 000 participants, selon les organisateurs) se sont retrouvées dans le centre de Rome, Piazza del Popolo, pour le premier grand rassemblement de l’opposition depuis l’intronisation du gouvernement Conte.
Marginalisé dans le débat politique depuis la déroute électorale des législatives du 4 mars (moins de 19 % des suffrages), au plus bas dans les sondages, le Parti démocrate peine à trouver sa place, ruminant encore les raisons de sa défaite, d’autant plus qu’il est profondément divisé sur la ligne à adopter, ainsi que sur la personne la plus à même d’en assurer la direction. Mais pour ce jour, toutes ces querelles étaient à oublier : le message que la direction du parti a voulu envoyer était celui de l’unité retrouvée. Ainsi le secrétaire par intérim du parti, Maurizio Martina, est-il apparu seul à la tribune, tandis que les autres figures du PD étaient restées dans la foule, au milieu des militants.

Dénonçant un pays « gouverné par la haine, où les ministres passent leur temps à insulter », Maurizio Martina a délivré un message plutôt classique, puisant aux racines historiques de la gauche italienne. « Nous sommes fils de la résistance et nous ne l’oublions pas », a-t-il affirmé, avant de s’en prendre au ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, qui « va dîner avec des organisations qui devraient être fermées », en référence à la photographie apparue il y a quelques jours sur les réseaux sociaux d’un repas pris par le très extrémiste dirigeant de la Ligue, en 2015, avec des dirigeants du parti néofasciste CasaPound. « Si la sécurité et la démocratie vous tiennent vraiment à cœur, poursuivait-il, alors démontrez votre volonté de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Rencontre en prison avec le dirigeant nationaliste Raül Romeva, qui attend son procès pour rébellion, un an après le référendum.
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Le combat des « prisonniers politiques » catalans

Rencontre en prison avec le dirigeant nationaliste Raül Romeva, qui attend son procès pour rébellion, un an après le référendum.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 18h50
    |

            Sandrine Morel (Sant Joan de Vilatorrada, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Nous vous voulons libres », « Honte à l’Europe », « Ce sont des gens pacifiques », ou encore « Sans désobéissance, il n’y a pas d’indépendance ». A 70 kilomètres au nord de Barcelone, à l’intérieur des terres, la petite route à travers champs qui mène au centre pénitentiaire Lledoners est couverte de messages peints au sol et décorée de rubans jaunes. Imprimés au pochoir sur le bitume ou bouts de plastique accrochés aux arbres et aux barrières, ces slogans symbolisent le soutien aux « prisonniers politiques ».
C’est ici, sur la petite commune de Sant Joan de Vilatorrada, que sept des neufs dirigeants indépendantistes, accusés de rébellion après la tentative de sécession d’octobre 2017, se trouvent incarcérés, placés en prison préventive dans l’attente du procès qui se tiendra cet hiver. Certains, depuis presque un an.
Trois médias européens, dont Le Monde, ont eu accès à la prison, dimanche 30 septembre, pour discuter avec Raül Romeva, l’ancien « ministre » catalan des affaires extérieures. A l’entrée, il faut laisser dans un casier téléphone, stylo et cahier. Après un passage par un sas de sécurité, il faut encore franchir le contrôle des visiteurs.
« La prison pouvait faire partie de notre lutte, et nous le savions », explique Raül Romeva, ancien ministre catalan des affaires extérieures
Dans la grande salle d’attente aux murs jaunâtres, une femme élégante, robe crème et hauts talons, habituée des plateaux de télévision, porte dans ses bras un petit garçon de 18 mois. Il s’agit de Txell Bonet, la compagne de Jordi Cuixart, l’ancien président de l’association indépendantiste Omnium Cultural.
Leur fils n’avait que 6 mois lorsque, le 16 octobre 2017, l’Audience nationale a placé M. Cuixart en prison préventive, avec Jordi Sanchez, ex-président de l’association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC). « Nous avons droit à un appel par jour de huit minutes et à une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ C’est dans un centre fermé de l’île que ces rescapés qui ont fui la Libye seront entendus par les quatre Etats européens censés les accuellir.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/09/2018
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A Malte, les 58 personnes débarquées de l’« Aquarius » en quête d’asile

C’est dans un centre fermé de l’île que ces rescapés qui ont fui la Libye seront entendus par les quatre Etats européens censés les accuellir.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 09h11
    |

            Julia Pascual








                        



   


La silhouette de l’Aquarius s’est éloignée pour ne plus être qu’une tâche brune à l’horizon. A mesure que se dessinait la roche calcaire des falaises maltaises, la coque orange du navire humanitaire disparaissait.
Dimanche 30 septembre, dans les eaux internationales, les cinquante-huit personnes secourues par le bateau de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF) ont été prises en charge par un navire maltais et conduites sur la terre ferme.
C’est dans un centre fermé à Malte que ces personnes qui ont fui la Libye seront entendues par les quatre Etats européens qui se sont mis d’accord pour se répartir leur accueil : la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal.
« Nos équipes arrivent lundi soir avec l’objectif d’identifier dix-huit personnes relevant du droit d’asile », explique au Monde Pascal Brice, le directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

        Le reportage :
         

          Sur l’« Aquarius », don Quichotte de la mer



Recension des vulnérabilités
A bord de l’Aquarius, un travail de recension des vulnérabilités a déjà été entamé. « Il y a des gens qui fuient des persécutions religieuses, de la violence, des mauvais traitements, de la torture, explique Seraina Eldada de MSF. Nous avons aussi signalé un mineur isolé, une femme enceinte et une femme voyageant seule avec ses deux enfants. »
Fouad, 37 ans, a traversé la Méditerranée avec sa femme et ses quatre enfants, âgé de trois à sept ans. Originaire de la ville côtière de Zouara, il fait partie de la minorité berbère libyenne, les Amazigh. « Depuis l’âge de douze ans, j’ai cessé de croire en Dieu », témoigne-t-il. Fouad raconte avoir dû lutter contre sa famille et sa communauté. « On nous montre du doigt et on nous prend pour des fous », dit-il. Sa femme ne porte pas le hijab et il lui arrive de conduire leur voiture quand lui voyage en Europe pour les besoins de son commerce d’import de voitures d’occasion. « Elle se fait insulter, siffler et il est arrivé que des hommes provoquent volontairement des accidents de voiture », assure-t-il.
A l’école, cette année, la fille aînée de Fouad a subi les foudres de son professeur lorsqu’elle a avoué qu’il n’y avait pas de Coran à la maison. « Elle est rentrée angoissée et elle s’était fait pipi dessus parce qu’on lui avait dit qu’elle irait en enfer », se souvient Fouad. Ce père de famille veut « une vraie éducation » pour ses enfants et « une vie de liberté ». Il a dépensé 20 000 euros pour obtenir des visas via l’ambassade de France en Tunisie. En vain.
« Je n’avais plus le choix que de traverser la mer. Soit on mourrait ensemble, soit on vivait libre ensemble. »
« Je crains pour ma vie à cause de mes idées »
Khaled [le prénom a été modifié] a eu le même raisonnement. Lui et Fouad se sont d’ailleurs liés d’amitié sur Facebook, en partageant leurs rêves d’Europe. A 30 ans, Khaled se définit comme « agnostique ». « Je suis le seul de ma famille à ne pas croire et, en Libye, je crains pour ma vie à cause de mes idées. » Issu d’un milieu aisé tripolitain – son père est ingénieur pétrolier et sa mère enseignante –, Khaled a déjà fait plusieurs séjours en prison, notamment pour avoir été trouvé en possession d’alcool ou avoir participé à des fêtes.
« J’avais caché une bouteille de whisky sous ma voiture mais la brigade qui faisait les contrôles sur la route l’a trouvée. Je suis resté quatre jours en prison, j’ai été battu, raconte le jeune homme. La fois d’après, c’est une autre milice qui est entrée dans une fête où il y avait des filles. Je suis resté six jours en prison. »
Ingénieur du son, Khaled a traversé la Méditerranée en emportant son clavier numérique et sa paire d’Adidas à l’effigie du musicien américain Pharrell Williams. Quelques mois auparavant, sa mère l’avait chassé du domicile familial : « Elle m’a dit que j’avais fumé pendant le Ramadan et que mon grand frère me cherchait, qu’il valait mieux qu’il ne m’attrape pas. » Il s’est fait prêter un peu d’argent par un ami, il a vendu sa voiture et il est allé retrouver Fouad, à Zouara, pour prendre la mer.
« On est heureux d’être libres »
Parmi les cinquante-huit personnes secourues en Méditerranée centrale par l’Aquarius, figurent trente-sept Libyens. Onze Pakistanais se trouvaient aussi à bord.

        Lire aussi :
         

          Sur l’« Aquarius », « ce sont surtout des familles libyennes qui étaient bien établies »




   


« Quel que soit le pays où l’on finisse, on est très heureux d’être libres », confiait Waleed Chaudhary, un Pakistanais de 19 ans qui dit n’avoir aucune attache en Europe. Le jeune homme a fui son pays et la région de Pendjab car il craignait pour sa vie. Mais il ne veut pas que son histoire soit racontée dans la presse. Il a rejoint la Libye il y a quatre mois, en avion, en passant par Dubaï et l’Egypte.
Mohamed Wasim, 32 ans, est, pour sa part, passé par la Turquie, il y a quatre mois. Une fois arrivés, tous deux ont déchanté. « On est venu pour travailler, mais c’est la guerre à Tripoli », explique Mohamed, qui a été embauché comme maçon et électricien sur des chantiers de construction, sans toujours être payé. Il a laissé sa femme, sa fille de trois ans et son fils de dix mois au Pakistan. Sa famille ignorait encore dimanche qu’il rejoignait le continent européen.
Tout comme celle de Mazem. Ce comptable de 38 ans a quitté la Syrie avec sa femme il y a quatre ans. Ils ont d’abord vécu trois ans et demi en Jordanie. « On n’avait pas le droit de conduire, ni de travailler, ni de se déplacer librement », déclare-t-il. Mazem a déboursé 2 000 dollars pour tenter une première fois de traverser la Méditerranée. « La police de Zouara nous a arrêtés, j’ai perdu mon argent, on est resté vingt-quatre heures en prison », confie-t-il.
La seconde fois, lui et son épouse ont déboursé 3 000 dollars. Leur embarcation a été secourue en pleine nuit par l’Aquarius, à une vingtaine de milles marins des côtes libyennes. Mazem aimerait aller en Suède où deux de ses frères et deux fils d’un premier mariage sont déjà installés. Comme tous les autres rescapés, pourtant, il sait qu’il n’aura pas le choix de sa destination finale.
1 260 morts depuis le début de l’année

   


Depuis que l’Italie a fermé ses ports aux navires secourant des migrants en Méditerranée centrale, en juin, c’est la sixième fois que des Etats européens se mettent d’accord pour se répartir l’accueil des rescapés. « Je suis soulagé qu’une réponse européenne soit mise en place mais ce système doit être pérennisé et il ne concerne encore qu’un nombre très limité de personnes », reconnaît Pascal Brice, le directeur de l’Ofpra. Au total, 1 655 migrants secourus en mer ont bénéficié de cette forme de solidarité européenne ad hoc.

        Lire aussi la tribune :
         

          « La France doit accorder son pavillon à l’“Aquarius” »



Dimanche soir, l’Aquarius faisait cap vers Marseille. Le navire humanitaire doit profiter de son escale pour trouver un nouveau pavillon depuis que Panama a décidé de révoquer son immatriculation. Ce retrait est « très inquiétant » et représente « une diminution dramatique des capacités de recherche et de sauvetage au moment précis où elles devraient être renforcées », a réagi dimanche l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dans un communiqué. Depuis le début de l’année, 1 260 personnes sont mortes en essayant de traverser la Méditerranée centrale.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Analyse. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM) est en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement, analyse le correspondant du « Monde » Blaise Gauquelin.
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Le retour des communistes en République tchèque

Analyse. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM) est en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement, analyse le correspondant du « Monde » Blaise Gauquelin.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 10h14
    |

            Blaise Gauquelin (Prague, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Analyse. Les Tchèques devraient se presser devant les portes du Musée national, le 28 octobre, en vue de sa réouverture après rénovation. Car pour la première fois, un original des accords de Munich va y être exposé au public praguois. Les 29 et 30 septembre, le pays a aussi célébré le 80e anniversaire de la conférence qui s’est tenue dans la ville bavaroise. Réunissant les représentants de l’Italie fasciste, de l’Allemagne nazie, de la France et de la Grande-Bretagne, elle marqua l’abandon de la Tchécoslovaquie par les démocraties occidentales et permit l’annexion du territoire des Sudètes par Hitler.
L’humiliation a eu des conséquences énormes. La mémoire est restée à vif et les historiens tchèques débattent encore des défaillances, notamment dans l’intégration des minorités, ayant amené Berlin à envoyer des troupes. Le ressentiment anti-occidental était exploité à la libération par le Parti communiste tchécoslovaque (PCT). Depuis, la République tchèque a conservé un parti communiste, héritier direct du régime d’avant 1989.
Baptisé Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM), il est désormais en mesure, pour la première fois depuis la transition, de soutenir un gouvernement démocratique. « Il ne faut pas oublier que, contrairement à la Pologne, à la Hongrie ou à la Roumanie, le parti tchécoslovaque avait une assise dans la société industrialisée, des relais syndicaux et intellectuels entre les deux guerres, rappelle l’historien Jacques Rupnik, qui a publié une Histoire du Parti communiste tchécoslovaque. Or les accords de Munich ont été perçus comme une trahison discréditant l’option libérale et occidentale. Après la libération par l’Armée rouge, le PCT est arrivé en tête des suffrages. Il a réalisé un score de 40 % des voix dans les pays tchèques » (moins en Slovaquie). 
A la chute du rideau de fer, le PCT tentera de faire oublier qu’il « préside le syndic de faillite ayant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le « oui » à l’accord conclu avec la Grèce, pour que le pays devienne la Macédoine du Nord, l’a emporté nettement lors d’un référendum consultatif, mais avec une participation de seulement 36,11 %.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/09/2018
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En Macédoine, une victoire en demi-teinte pour le changement de nom du pays

Le « oui » à l’accord conclu avec la Grèce, pour que le pays devienne la Macédoine du Nord, l’a emporté nettement lors d’un référendum consultatif, mais avec une participation de seulement 36,11 %.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 20h13
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 14h47
    |

            Benoît Vitkine (Skopje, envoyé spécial)








                        



   


La victoire n’est sans doute pas à la hauteur du moment « historique » annoncé, mais l’essentiel est là : l’accord sur le « nom conclu » au mois de juin entre la Macédoine et son voisin grec a franchi l’écueil du référendum organisé dimanche 30 septembre dans ce petit pays des Balkans.
La victoire du « oui » est nette, avec des estimations donnant plus de 91 % des électeurs acceptant un changement de nom du pays, qui deviendrait, en vertu de cet accord, la Macédoine du Nord. Mais le résultat est en réalité bien plus étriqué qu’il n’y paraît, l’indicateur le plus scruté, la participation s’avérant très faible, à 36,11 %.
Confusion sur la « victoire »
Avant même l’annonce finale des résultats, le premier ministre social-démocrate Zoran Zaev, s’est félicité d’un « succès pour la démocratie et pour la Macédoine européenne », assurant que « la vaste majorité des citoyens ont choisi une Macédoine européenne ».
Le commissaire européen à l’élargissement, l’Autrichien Johannes Hahn, a lui aussi salué « un large soutien » apporté à l’accord. Signe de la confusion, au moment où M. Zaev serrait le poing en signe de victoire, quelques centaines d’opposants au référendum célébraient eux aussi leur « victoire » devant le Parlement.

   


Cette différence d’interprétation se résume à un chiffre : 50 %. Mettant en avant le caractère « consultatif » de ce référendum, le gouvernement ne s’estime pas tenu par le seuil de 50 % de participation que la Constitution impose ordinairement aux référendums pour être considérés comme valide.
A l’inverse, l’opposition nationaliste du parti VMRO-DPMNE avait prévenu qu’elle ne reconnaîtrait le scrutin que si ce seuil était franchi. « Les gens qui ont voté contre l’accord et ceux qui ont choisi de montrer par l’abstention ce qu’ils en pensaient ont envoyé le message le plus clair qui soit », répétait dimanche soir le chef du parti, Hristijan Mickoski.
« Il n’y a pas d’alternative »
Le désaveu pour le pouvoir est net, mais le processus pas pour autant enterré. L’objectif de Zoran Zaev est désormais d’obtenir un vote d’une majorité des deux tiers du Parlement pour adapter la Constitution à l’accord conclu en juin avec son homologue grec Alexis Tsipras. « Il n’y a pas d’alternative », a-t-il martelé dimanche soir, prévenant qu’il n’hésiterait pas à convoquer des élections anticipées si les négociations avec l’opposition patinaient.
Car le pari, déjà ambitieux, s’annonce désormais très périlleux. Les sociaux-démocrates et leurs alliés de la minorité albanaise (25 % de la population) ne disposent pas de cette majorité des deux tiers. Il leur faudra convaincre une dizaine de députés de l’opposition de se rallier, le tout avec une légitimité démocratique écornée par les résultats de dimanche soir.
Ceux-ci compliquent également la tâche d’Alexis Tsipras, qui devra lui aussi, en cas de vote positif du Parlement macédonien, convaincre son propre Parlement d’accepter l’accord. Son partenaire de coalition, les Grecs indépendants, y est opposé, et les nationalistes du nord de la Grèce se sont à nouveau fait entendre en manifestant dimanche à Thessalonique. Dimanche soir, le premier ministre grec a salué « la détermination et le courage » de son homologue macédonien.

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                Athènes et Skopje s’entendent sur le nom de « République de Macédoine du Nord »



Lourd contentieux irrésolu
C’est donc une période lourde d’inconnues et d’incertitudes qui s’ouvre pour la Macédoine, et ce alors même que l’enjeu est de taille. La question du nom, pour archaïque qu’elle puisse paraître, est à l’origine d’un lourd contentieux irrésolu depuis vingt-sept ans avec la Grèce, pour qui le nom de Macédoine est exclusivement celui de sa province septentrionale.
Depuis l’indépendance de « l’Ancienne République yougoslave de Macédoine » – la formulation acceptée par les Nations unies (ONU) et la plupart des organisations internationales –, les Grecs crient à l’usurpation d’identité, à la spoliation d’héritage, notamment celui du roi antique Alexandre le Grand, et ils soupçonnent leurs voisins, majoritairement slaves, d’entretenir des ambitions irrédentistes.
En mesure de rétorsion, Athènes impose son veto à toute tentative de Skopje de rejoindre l’Union européenne (UE) et l’OTAN. C’est pour cette raison que le référendum de dimanche mentionnait explicitement les perspectives d’ouverture contenues dans l’accord passé avec Athènes : « Etes-vous favorable à une adhésion à l’OTAN et à l’UE en acceptant l’accord passé entre la République de Macédoine et la République de Grèce ? »
Ce rapprochement avec l’OTAN et l’UE, à laquelle Skopje est candidat depuis 2005, fait l’objet d’un large consensus en Macédoine. Mais le gouvernement a sans doute sous-estimé le caractère épidermique de la question du nom, qui touche à l’identité même de cette jeune nation. Une grande partie de la population a en effet vécu comme une humiliation de devoir accepter un changement aussi fondamental sous la contrainte, quand bien même l’accord autorise Skopje à continuer d’utiliser l’adjectif « macédonien » et à évoquer une « langue macédonienne ».
Crises politiques à répétition
« Tout se passe comme si tout le monde comprenait la nécessité d’un compromis mais personne ne veut personnellement s’y associer », expliquait un diplomate européen avant le vote. Les mises en garde du pouvoir, qui avertissait qu’une telle opportunité « ne se présente qu’une seule fois par génération », n’ont pas suffi à vaincre les réticences, pas plus que les appels pressants des Occidentaux, qui se sont pressés à Skopje dans les jours précédant le vote.

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                L’UE donne son accord, sous conditions, au processus d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine



La crispation identitaire n’est pas seule en cause. Le gouvernement partait avec un lourd handicap, celui des listes électorales. Celles-ci sont en effet établies sur les bases d’un recensement vieux de seize ans, or la Macédoine a perdu entre 300 000 et 400 000 de ses habitants, qui ont émigré à l’étranger.
La stratégie de l’opposition s’est aussi révélée payante : sous la pression des diplomaties occidentales, les responsables du parti n’avaient pas appelé explicitement à boycotter le scrutin, mais c’est bel et bien une campagne de boycott qu’ils ont organisée en sous-main.
Les mois à venir seront déterminants, quand bien même la Macédoine est une habituée des crises politiques. Avant le vote, l’universitaire Gordan Gueorguiev, ancien vice-président des sociaux-démocrates, dressait un tableau sombre des perspectives du pays en cas d’un nouveau blocage long :
« Nous allons nous retrouver à nouveau dans un cul-de-sac. Toutes les perspectives de réformes pour mettre fin à la corruption et au clientélisme souffriront. Les jeunes vont continuer à quitter ce pays. Et pire, les Albanais [qui se sont massivement mobilisés en faveur du “oui”] vont se demander ce qu’ils peuvent attendre de ce pays. »
Pour les Européens, le signal est également peu encourageant. Leur engagement dans la campagne ne semble guère avoir pesé. Surtout, après l’échec des discussions récentes entre le Kosovo et la Serbie, l’accord gréco-macédonien constitue une rare source d’espoir dans une région, les Balkans, à nouveau marquée par les crispations identitaires.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les 58 migrants, une fois les contrôles sanitaires et légaux effectués, seront ensuite transférés vers plusieurs pays européens, dont la France.
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Les migrants de l’« Aquarius » sont arrivés à Malte

Les 58 migrants, une fois les contrôles sanitaires et légaux effectués, seront ensuite transférés vers plusieurs pays européens, dont la France.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 16h10
   





                        



   


Les 58 migrants sauvés au large de la Libye par le navire humanitaire Aquarius sont arrivés, dimanche 30 septembre, dans le port de La Valette, à Malte, après presque une semaine d’attente au large de la petite île méditerranéenne. Ces personnes, essentiellement d’origine libyenne, avaient d’abord été transférées dans la matinée sur un navire des gardes-côtes maltais depuis l’Aquarius.
Ce dernier est resté au large, dans les eaux internationales, de crainte d’être saisi ; il s’est, en effet, vu retirer son pavillon par le Panama, le résultat de pressions italiennes, selon Nick Romaniuk, le responsable des opérations de sauvetage.
Ces 58 migrants, dont 17 femmes et 18 mineurs, une fois débarqués et les contrôles sanitaires et légaux effectués, seront ensuite transférés vers plusieurs pays européens, conformément à un accord trouvé mardi. Aux termes de cet accord, la France accueillera 18 de ces migrants, l’Allemagne et l’Espagne, 15 chacune, et le Portugal, 10.

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Cinq morts dans un naufrage de migrants au large de la Turquie
Cinq personnes ont péri dans le naufrage d’un bateau pneumatique transportant des migrants, dimanche au large des côtes nord-ouest de la Turquie, a rapporté l’agence officielle Anatolie. Les gardes-côtes turcs ont découvert les cinq corps après le naufrage de l’embarcation au large du district d’Enez dans la province d’Edirne.
Craignant que le nombre de personnes à bord ne soit plus élevé, les gardes-côtes ont poursuivi leurs recherches pour tenter de retrouver d’autres éventuels passagers, selon l’agence, qui n’a pas fourni de précisions sur la nationalité des migrants décédés. La cause du naufrage n’a pas été précisée. Une tempête sévissait dimanche en Méditerranée, affectant la Grèce et les rivages de la mer Egée en Turquie.
Plus de trois millions de Syriens et quelque 300 000 Irakiens sont réfugiés en Turquie, qui est l’un des pays de transit des migrants tentant de rejoindre l’Europe. La vague migratoire a atteint son pic en 2015, année où plus d’un million de personnes, dont beaucoup fuyant la guerre en Syrie, ont rejoint la Grèce depuis la Turquie, principalement par voie maritime. Le nombre de personnes tentant cette traversée a depuis fortement chuté en raison d’un accord migratoire controversé conclu entre l’Union européenne et Ankara en mars 2016.

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                Sur l’« Aquarius » : « Ce sont surtout des familles libyennes qui étaient bien établies »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info, a été imité pour diffuser une fausse information sur une explosion atomique à une trentaine de kilomètres de Liège.
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Nucléaire : une « fake news » crée un mouvement de panique en Wallonie

L’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info, a été imité pour diffuser une fausse information sur une explosion atomique à une trentaine de kilomètres de Liège.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 12h49
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 06h42
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le parquet de Liège, en Belgique, a ouvert, samedi 29 septembre, une enquête après la diffusion d’une fausse information sur une explosion nucléaire qui a déclenché la panique chez certains habitants de la Wallonie.
« Alerte : explosion atomique à Tihange », avait titré, dans la nuit de vendredi à samedi, l’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info. Du moins pouvait-on le croire. Sa page d’ouverture avait, en réalité, été imitée et détournée, avec une copie quasiment parfaite de son logo et de son habillage.
Jouer sur les peurs
La rumeur a rapidement enflé. Les services de secours et la police ont reçu de nombreux appels et des habitants pris de panique ont quitté à la hâte leur domicile, malgré un démenti rapide de RTL Info, diffusé à la demande du centre de crise du ministère de l’intérieur.
La police judiciaire fédérale et des experts de la Computer Crime Unit, spécialisée dans l’analyse des systèmes informatiques, tentent de déterminer l’adresse IP du pirate. Celui-ci risque une peine de six mois à cinq ans d’emprisonnement et une lourde amende, pouvant atteindre 800 000 euros. RTL Info a porté plainte pour usurpation de son image.
L’auteur de la fake news voulait visiblement jouer sur les peurs alors que deux des trois réacteurs de la centrale de Tihange, exploitée par Electrabel, une filiale du groupe français Engie, sont actuellement à l’arrêt en raison de problèmes techniques. Des anomalies dans le béton des cuves font actuellement l’objet d’une enquête. Le troisième réacteur doit, lui, subir un entretien approfondi prochainement.
Sortie du nucléaire prévue en 2025
Selon des manifestants antinucléaires venus de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne qui défilaient samedi dans la région de Tihange, un éventuel incident dans cette centrale entraînerait l’évacuation de cinq millions d’habitants et aurait des répercussions dans un rayon de 250 kilomètres.
La Belgique, dont le parc est très vieillissant, doit, en principe, sortir du nucléaire en 2025 – la première décision date de 2003 – mais n’est visiblement pas prête pour cette échéance. En novembre, six des sept réacteurs du royaume seront à l’arrêt, ce qui laisse entrevoir un risque réel de pénurie et de black-out.

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                La Belgique de plus en plus proche du « black-out »



Electrabel a annoncé récemment le report de plusieurs mois du redémarrage des réacteurs Tihange 2 et 3, initialement prévu pour cet automne. La ministre de l’énergie, Marie-Christine Marghem, accuse l’exploitant de mauvaise gestion. Elle espère pouvoir acheter l’électricité manquante en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, ce qui pose des problèmes techniques non résolus à ce stade.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Depuis 2010, près de Varsovie, des historiens amateurs et des passionnés participent une fois l’an à la reconstitution de la bataille de Lomianki, qui a opposé les forces polonaises à l’armée allemande nazie en septembre 1939. De quoi entretenir le mythe.
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La Pologne sort la grosse cavalerie

Depuis 2010, près de Varsovie, des historiens amateurs et des passionnés participent une fois l’an à la reconstitution de la bataille de Lomianki, qui a opposé les forces polonaises à l’armée allemande nazie en septembre 1939. De quoi entretenir le mythe.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 09h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Des militaires en tenue kaki chargent, leur élan surplombé par une ascétique croix de bois. Nul besoin d’être historien militaire pour lever un sourcil : nos soldats sont montés à cheval et chargent sabre au clair, ici figés dans une action qui rappelle davantage les guerres napoléoniennes immortalisées par les peintres ­romantiques que l’enfer métallique de 1939-1945 qui s’étale d’ordinaire sur nos écrans de cinéma. Quel est cet objet ­visuel non identifié ?
Le cliché a été pris par le photo-reporter Czarek Sokolowski pour Associated Press, le 16 septembre, en Pologne, près du village de Lomianki, voisin de Varsovie. Chaque année, depuis 2010, des historiens amateurs et des passionnés s’y réunissent pour la reconstitution historique d’une bataille ayant opposé les ­forces polonaises à l’armée allemande nazie le 22 septembre 1939. L’image rappelle notamment un autre épisode historique, sujet à controverse : celui de la charge de Krojanty, tenue peu avant, le 1er septembre 1939, en Poméranie. Selon la légende, les uhlans polonais auraient chargé les tanks allemands avant d’être (naturellement) décimés. L’anecdote fait sourire, mais elle est plus significative qu’il n’y paraît.
Représentations mentales et visuelles
La cavalerie polonaise s’est en réalité attaquée à l’infanterie allemande à Krojanty, la dispersant efficacement (la Pologne comptait avant la guerre une importante force de cavalerie) ; ce n’est qu’après que des tanks, surgis d’un bois, mirent les uhlans en déroute. Mais les journalistes allemands et italiens, trouvant les panzers face aux cadavres des cavaliers, brossèrent le tableau d’une nation polonaise faible, d’un autre âge et d’un romantisme naïf. Cette idée fut ensuite largement ­entretenue par la propagande nazie tout au long de la guerre, à grand renfort ­d’illustrations visuelles éloquentes.
Ces représentations mentales et visuelles de la charge de Krojanty continuent de nos jours à alimenter une perception...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ En vingt et unième position sur la liste des Verts, la jeune femme d’origine somalienne a été élue au Riksdag le 14 septembre. Une élection qui suscite la polémique.
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Leila Ali Elmi, musulmane et voilée, fait son entrée au Parlement suédois


                      En vingt et unième position sur la liste des Verts, la jeune femme d’origine somalienne a été élue au Riksdag le 14 septembre. Une élection qui suscite la polémique.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 06h40
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Quand, le 13 septembre, elle est allée se coucher, elle était encore inconnue en Suède. Quatre jours après les élections législatives, le dépouillement des bulletins de vote était en cours à la mairie de Göteborg. Les partis avaient déjà été fixés sur leur score. Restait à décompter les votes nominaux : ces croix inscrites par les électeurs devant les candidats de leur choix, sur les listes de chacune des formations.
Le sien était en vingt et unième position dans son district, sur celle des Verts. Autant dire qu’elle avait peu de chance d’entrer au Parlement. Pourtant, quand elle s’est réveillée le lendemain, Leila Ali Elmi, 30 ans, a découvert qu’elle avait été élue, avec 1 467 voix, devant tous les autres candidats de son parti, dont la plupart n’avaient jamais entendu parler d’elle.
Encartée depuis cinq ans, la jeune femme n’avait jamais occupé d’autres fonctions que celles de suppléante au conseil d’arrondissement de son quartier d’Angered, une des banlieues défavorisées de Göteborg.
« J’ai toujours eu des avis tranchés, je suivais ce qui se passait à la télé, dans les journaux. J’ai décidé de m’engager. »
Lundi 24 septembre, quand elle a fait sa rentrée au Riksdag à Stockholm, plus personne n’ignorait qui elle était : seule femme voilée à siéger au Parlement, première députée d’origine somalienne et surtout incarnation du virulent débat portant sur le vote communautaire, qui a vu le jour dans le royaume après les élections.
Car si Leila Ali Elmi est arrivée comme une comète sur la scène politique suédoise, elle est loin d’être inconnue au sein de la communauté somalienne de Göteborg (8 500 des 560 000 habitants sont nés en Somalie). La jeune femme y travaille comme interprète, aidant les immigrés dans leurs démarches auprès de l’administration suédoise.
Cœur à gauche
Elle-même est arrivée en Suède à 2 ans. A 12 ans, elle est placée en foyer. La fillette file un mauvais coton : elle ne va plus à l’école, est en révolte contre sa famille… Deux ans plus tard, elle revient vivre avec sa mère, devient une élève studieuse et termine le lycée. Elle fait des ménages, distribue le journal, puis commence à traduire.
Un peu avant les élections de 2014, elle rejoint les Verts : « J’ai toujours eu des avis tranchés, je suivais ce qui se passait à la télé, dans les journaux. J’ai décidé de m’engager. » Son cœur est à gauche. La lutte contre les changements climatiques fait pencher la balance côté écolo.
Quand elle annonce sa candidature au Parlement, le club de sport Bergsjön SK, ex-Somalia SK, basé dans une banlieue voisine, l’invite. Pendant deux heures, ses encadrants l’interrogent sur son ambition pour les quartiers. Convaincu par ses réponses, le club décide de faire campagne pour elle, ne ménageant pas ses efforts, avec un porte-à-porte systématique dans les banlieues et même l’organisation d’un rendez-vous, en mai, avec le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed.
« Va-t-elle s’engager principalement sur des questions qui profitent aux Somaliens ou aux musulmans ? » Ivar Arpi, polémiste libéral
La jeune femme avoue qu’elle n’y croyait pas. Mais elle veut « inspirer les jeunes », montrer qu’il est « possible de faire campagne dans les banlieues », où beaucoup « croient qu’ils ne peuvent pas influencer la société ». Elle sera « leur voix ». Ses détracteurs, cependant, lui reprochent d’avoir mené une partie de sa campagne en somalien, faisant à peine référence au programme de son parti. « A quel point Leila Ali Elmi peut-elle être indépendante du groupe qui l’a promue ? Va-t-elle s’engager principalement sur des questions qui profitent aux Somaliens ou aux musulmans ? », interroge le polémiste libéral Ivar Arpi.

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Une campagne haineuse
Sur les réseaux sociaux, la jeune femme est la cible d’une campagne haineuse. Elle y est présentée comme une « extrémiste », élue grâce à un « vote clanique ».
Leila Ali Elmi regrette que le débat porte sur son apparence et ses origines, plutôt que sur son engagement pour les banlieues, l’école ou l’égalité. « Le système clanique, souligne-t-elle, oppresse les femmes. » Selon ce système, elle n’aurait donc jamais pu entrer au Parlement. « Il y a beaucoup d’ignorance dans le débat. »
Mardi 25 septembre, comme tous les élus de son parti, elle a voté la confiance au premier ministre sortant Stefan Löfven, qui a tout de même été débarqué grâce aux voix de la droite et de l’extrême droite. Elle s’est ensuite rendue à la cathédrale de Stockholm pour l’office religieux, précédant la cérémonie d’ouverture du Parlement, en présence de la famille royale.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans un entretien au « JDD », le président français dessine les contours d’une plate-forme centriste, opposée à la vision hostile à l’Union européenne.
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Elections européennes : Emmanuel Macron promet une liste « la plus large possible »

Dans un entretien au « JDD », le président français dessine les contours d’une plate-forme centriste, opposée à la vision hostile à l’Union européenne.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 01h04
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 11h42
   





                        


« Pour les élections européennes, je ferai tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix – je l’espère incarnée par une liste la plus large possible en France – se fassent entendre. » Dans un entretien au Journal du dimanche du 30 septembre réalisé lors de son voyage en cours aux Antilles, Emmanuel Macron a exprimé son intention de s’impliquer directement dans la campagne des élections européennes de mi-2019.

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« Je m’implique en permanence autour de la table du Conseil européen », ajoute-t-il. « Et je m’impliquerai, car je crois à une campagne pour une Europe de l’ambition et de l’avenir, des démocrates et des progressistes. »
Le chef de l’Etat, qui s’érige régulièrement en contre-modèle de la vision hostile à l’Union européenne (UE) que portent notamment le Hongrois Viktor Orban, l’Italien Matteo Salvini et son ex-rivale à la présidentielle française Marine Le Pen, dessine dans l’interview les contours d’une plate-forme centriste pour les européennes.

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« C’est un combat de civilisation, un combat historique, et je ne céderai rien aux extrêmes », explique-t-il. « Je crois au retour des peuples. Je ne suis pas un européiste, ni un mondialiste. Je crois à l’identité forte de chaque peuple, je crois à l’histoire et à l’ambition de notre peuple. Je veux le convaincre que l’Europe, c’est ce qui l’accompagne, le protège. Je suis pour tourner la page d’une Europe ultralibérale, mais aussi pour éviter la page d’une Europe des nationalismes. L’Europe, c’est notre bonne protection. Encore faut-il la repenser et la rebâtir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », le réalisateur a connu son 139e jour sans s’alimenter.
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Moscou diffuse une nouvelle photo du cinéaste en grève de la faim, Oleg Sentsov

Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », le réalisateur a connu son 139e jour sans s’alimenter.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 06h40
   





                        



   


Cela fait 139 jours que le cinéaste Oleg Sentsov a entamé sa grève de la faim. Vendredi 28 septembre, la réalisateur ukrainien a été de nouveau hospitalisé pour un contrôle de son état de santé, alors qu’il purge une peine de vingt ans de prison pour « terrorisme » dans un camp de travail en Sibérie. A cette occasion, les services pénitentiaires russes ont diffusé une photographie d’Oleg Sentsov, sur laquelle l’homme apparaît affaibli.
Le cliché montre un médecin en blouse blanche auscultant Oleg Sentsov torse nu dans un cabinet médical. Le cinéaste de 42 ans, qui mesure 1,90 mètre, y apparaît encore amaigri et vieilli. Une précédente photo, réalisée sur le lieu de détention d’Oleg Sentsov, avait été diffusée le 9 août. Elle le montrait debout, en uniforme de détenu, déjà très amaigri.

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Procès « stalinien »
Oleg Sentsov, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a été transporté vendredi à l’hôpital municipal de Labytnangui en Iamalie, au-delà du cercle polaire, pour des « examens supplémentaires et des consultations de spécialistes », selon les services pénitentiaires. Le « traitement » d’Oleg Sentsov, qui reçoit des compléments alimentaires qui le maintiennent en vie, sera corrigé en fonction des résultats de ces examens, selon la même source.
Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », M. Sentsov a entamé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.
Arrêté en Crimée après l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014, Oleg Sentsov a été condamné à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.
Appel mondial
Les pays du G7 ainsi que de nombreuses personnalités du monde culturel, comme le cinéaste suisse Jean-Luc Godard ou l’acteur américain Johnny Depp, ont appelé à la libération d’Oleg Sentsov. Le 10 août, le président français Emmanuel Macron avait fait par téléphone « plusieurs propositions » à son homologue russe Vladimir Poutine afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire ». Rien n’a filtré depuis concernant les suites données par Moscou à ces propositions.

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Malgré les déclarations alarmistes de ses proches concernant la dégradation de son état de santé, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov se refuse à faire.
Kiev a cependant balayé cet argument, rappelant que la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie puis libérée lors d’un échange de prisonniers en 2016, n’avait jamais demandé à être graciée.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, à l’hiver 2013-2014, de pro-occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou et du déclenchement d’un conflit armé dans l’est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de 10 000 morts à ce jour.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes indépendantistes se sont rassemblés pour empêcher une manifestation de soutien à la police qui avait été déployée en Catalogne lors du référendum de l’année dernière.
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En Catalogne, manifestations avant le premier anniversaire du référendum sur l’indépendance

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes indépendantistes se sont rassemblés pour empêcher une manifestation de soutien à la police qui avait été déployée en Catalogne lors du référendum de l’année dernière.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 16h59
   





                        



   


Plusieurs milliers de personnes manifestant pour ou contre l’indépendance de la Catalogne ont bloqué certains quartiers du centre de Barcelone samedi 29 septembre, à deux jours du premier anniversaire du référendum sur la sécession de cette région prospère.
Déclaré inconstitutionnel par Madrid, le référendum du 1er octobre 2017 se tint dans un contexte tendu. Le oui à l’indépendance l’a emporté, mais avec un taux de participation inférieur à 50 %. A l’issue du scrutin controversé et de la déclaration d’indépendance qui s’en ensuivit, la région a été mise sous tutelle par le pouvoir central.
Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes indépendantistes se sont rassemblés pour empêcher une manifestation de soutien à la police qui fut déployée en Catalogne lors de ce référendum.

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Soutien à la police des anti-indépendantistes
Selon les autorités catalanes, près de mille personnes furent blessées l’an dernier lors d’opérations de police visant à empêcher l’ouverture des bureaux de vote dans la région pour le référendum.
Deux personnes ont été arrêtées samedi lors de heurts entre manifestants séparatistes et policiers. Des manifestants ont jeté de la peinture sur la police antiémeute déployée pour les maintenir à distance des manifestants partisans du maintien dans l’Espagne.
Pendant plusieurs heures, des groupes indépendantistes scandant « Ni oublier ni pardonner ! » ont affronté les pro-Madrid qui criaient « Longue vie à l’Espagne ! », avant de nouvelles manifestations prévues ce week-end pour marquer l’anniversaire du vote de l’année dernière.
Un indépendantiste candidat aux élections européennes
L’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras, inculpé de « rébellion », a annoncé de sa cellule qu’il se présenterait aux élections européennes de 2019. « J’ai passé près de onze mois en prison et je continue d’être absolument fier de ce que notre peuple a fait ce jour-là », écrit dans un communiqué Oriol Junqueras, pour qui « faire un référendum n’est pas un crime ».
Poursuivi depuis novembre pour son rôle dans la proclamation d’indépendance du 27 octobre 2017, Oriol Junqueras est en détention provisoire au centre pénitentiaire de LLedoners, à Barcelone. Le chef d’accusation de rébellion est passible de vingt-cinq ans de prison en Espagne.
Bien qu’Oriol Junqueras ait été suspendu de ses fonctions de député régional comme tête de liste de la Gauche républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya, ERC), « il peut se présenter » aux prochaines élections européennes « tant qu’il n’y a pas une sentence qui le prive de son droit de vote et d’être élu », a expliqué Anton Losada, professeur de sciences politiques à l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Pour Oriol Junqueras, être candidat aux européennes en mai 2019 comme tête de liste de l’ERC est « le meilleur moyen de dénoncer le retard démocratique et la répression de l’Espagne » en « internationalisant la cause de la liberté en Catalogne ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les deux usines du constructeur d’automobiles japonais outre-Manche emploient actuellement quelque 3 000 personnes.
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En cas de Brexit dur, Toyota interrompra sa production au Royaume-Uni

Les deux usines du constructeur d’automobiles japonais outre-Manche emploient actuellement quelque 3 000 personnes.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 17h16
   





                        


Le patron du constructeur automobile japonais Toyota au Royaume-Uni, Marvin Cooke, a prévenu samedi 29 septembre que l’usine britannique de Burnaston verrait sa production temporairement interrompue en cas d’une sortie de l’Union européenne sans accord. « Je pense que si le Royaume-Uni rompt avec l’UE à la fin de mars, la production s’arrêtera dans notre usine », a prévenu M. Cooke, interrogé par la BBC.
Il a dit ignorer si cette interruption durerait « seulement quelques heures, des jours ou des mois ». M. Cooke a dit que cela pourrait aussi affecter l’avenir de l’usine à plus long terme, en raison de coûts supplémentaires d’importation et d’exportation qui rogneraient sa compétitivité. « Malheureusement, cela réduirait le nombre de voitures fabriquées au Royaume-Uni et cela entraînerait des pertes d’emplois. »

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Selon la BBC, l’usine de Burnaston (centre de l’Angleterre), dont la production dépend notamment de composants importés de l’UE, a produit près de 150 000 voitures l’an dernier, 90 % étant destinées à l’exportation vers l’UE. Avec l’autre usine implantée à Deeside (nord du pays de Galles), Toyota emploie en tout quelque 3 000 personnes dans le pays.
Les négociations dans une « impasse »

   


Le ministre des entreprises, Greg Clark, a déclaré samedi que cet avertissement de l’entreprise japonaise mettait en exergue la nécessité pour Londres de conclure un accord de divorce avec l’UE. Toyota n’est pas le premier constructeur automobile à alerter sur les conséquences d’un Brexit dur au Royaume-Uni.
En juillet, Jaguar Land Rover avait menacé de réduire ses dépenses dans le pays dans cette éventualité. Deux mois plus tard, en septembre, BMW avait annoncé que son usine fabriquant la Mini au Royaume-Uni fermerait quatre semaines une fois la sortie de l’UE effective afin d’éviter toute perturbation en cas de Brexit sans accord.
Les Vingt-Sept et Londres doivent s’entendre en octobre ou novembre sur l’accord scellant leur divorce ainsi que sur une déclaration fixant le cadre de leur future relation. Mais la première ministre britannique, Theresa May, a déclaré que les négociations sur le Brexit étaient dans une « impasse » à la suite du rejet de ses propositions par les dirigeants européens au sommet informel de Salzbourg (Autriche) en septembre.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Au moins deux manifestations sont prévues samedi dans la cité rhénane. Plusieurs milliers de policiers seront mobilisés.
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Erdogan à Cologne pour l’inauguration d’une des plus grandes mosquées d’Europe

Au moins deux manifestations sont prévues samedi dans la cité rhénane. Plusieurs milliers de policiers seront mobilisés.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 18h54
   





                        



   


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a présidé samedi 29 septembre à Cologne l’inauguration d’une des plus grandes mosquées d’Europe, un déplacement marqué par des manifestations sous haute protection policière.
Il s’agissait de l’ultime étape de la visite d’Etat du président turc, qui tente de tourner la page de deux années de tension avec l’Allemagne. Vendredi, il s’est entretenu avec Angela Merkel, avant d’être l’invité d’un banquet, boudé par une partie de la classe politique allemande, dont la chancelière. Les deux dirigeants se sont toutefois retrouvés samedi matin pour un petit-déjeuner, avant que M. Erdogan gagne Cologne.

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Rassemblements de protestation attendus
Le dirigeant turc, doté de pouvoirs accrus depuis le début de son nouveau mandat, en juillet, a inauguré cette mosquée, financée par l’Union des affaires turco-islamiques (Ditib), étroitement liée au pouvoir turc. Une inauguration à laquelle n’a pas participé une partie des dirigeants politiques du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dont la maire de la ville, Henriette Recker, et le chef du gouvernement régional.
La première magistrate de la ville reproche à Ditib l’opacité qui a entouré le déroulement du chantier et le fonctionnement de la mosquée. Des élus accusent aussi cet organisme d’être un bras du régime de M. Erdogan, car elle gère neuf cents lieux de culte en Allemagne avec des imams venus de Turquie. L’organisation est aussi accusée par ses détracteurs d’espionner les opposants au président turc.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Cologne derrière une banderole « Erdogan n’est pas le bienvenu », mot d’ordre des manifestations. Plusieurs milliers de policiers ont été mobilisés pour ce que le chef de la police locale, Uwe Jacob, a présenté comme un des plus grands déploiements policiers dans l’histoire de la ville.
Tentative de rapprochement
Le chantier avait débuté en 2009 et, malgré de nombreuses oppositions et controverses locales, de premiers fidèles ont pu y prier dès 2017. Les opposants à la mosquée, en particulier l’extrême droite, craignant un afflux de musulmans qui aurait fait de Cologne une réplique du « Londonistan », avaient intenté des recours contre la construction qui ont finalement échoué.
Avec ses minarets de 55 mètres de haut et une coupole de 36 mètres, l’édifice de béton et de verre, censé incarner l’ouverture, selon son architecte, Paul Böhm, est une des plus imposantes mosquées d’Europe. Sa superficie est de 4 500 mètres carrés. Sise dans le quartier d’Ehrenfeld, non loin de la tour de télévision de Cologne, elle est susceptible d’accueillir des milliers de fidèles. La police veut en limiter l’accès samedi à 5 000 personnes, mais l’Union des affaires turco-islamiques en attend beaucoup plus.
Avec cette visite d’Etat, la Turquie, minée par une crise économique aiguë et en froid avec les Etats-Unis de Donald Trump, tente un rapprochement avec l’Allemagne, où vivent 3 millions de personnes de nationalité ou d’origine turque. Le gouvernement allemand, dont M. Erdogan dénonçait en 2017 de supposées « pratiques nazies », se montre ouvert à ce réchauffement, malgré les « différences profondes » qui subsistent, selon les termes de Mme Merkel. Elle a ainsi rejeté la demande de classer comme « terroriste » l’organisation de M. Güllen, qui vit en exil aux Etats-Unis, et a mis en avant les atteintes aux libertés en Turquie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’effondrement de la devise nationale et le ralentissement de l’économie ont raison de certains projets d’infrastructure.
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En Turquie, le président Erdogan renonce à faire creuser un deuxième Bosphore

L’effondrement de la devise nationale et le ralentissement de l’économie ont raison de certains projets d’infrastructure.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h25
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Ralentissement économique oblige, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dû renoncer, pour quelques années au moins, au grand projet qui lui tenait le plus à cœur : la construction du canal Istanbul, un deuxième Bosphore à creuser sur 45 kilomètres de long entre la mer Noire et la mer de Marmara. La récession qui s’annonce sur fond de crise financière – la livre turque ayant perdu 40 % de sa valeur face au dollar depuis janvier –, a eu raison de cet ouvrage, qualifié de « fou » par le président lui-même lorsqu’il l’avait évoqué pour la première fois, en 2011.

Faute d’investisseurs, une partie des grands chantiers qui étaient jusqu’ici la marque du numéro un turc et de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) ne sont plus d’actualité. Le président Erdogan l’a reconnu. « Nous n’envisageons pas de nouveaux investissements » sur les grands projets encore en friche, a-t-il déclaré à des hommes d’affaires réunis à Ankara le 14 septembre. « Seuls ceux qui ont déjà été réalisés à 70 % seront menés à bien », a-t-il précisé.
Berat Albayrak, le ministre des finances, qui n’est autre que le gendre du président, a confirmé cette décision dix jours plus tard, en dévoilant son nouveau programme économique, centré sur la réduction des dépenses publiques et sur la lutte contre l’inflation (18 % en août). Bien que le deuxième Bosphore n’ait pas été explicitement évoqué, il est clair que sa réalisation, prévue pour débuter cette année, n’aura pas lieu dans un futur proche.

Cette nouvelle voie du commerce maritime était pourtant l’enfant chéri d’une série de projets pharaoniques voulus par M. Erdogan pour moderniser la ville dont il fut le maire de 1994 à 1998, comme le troisième pont au-dessus du Bosphore, deux tunnels creusés sous le détroit et un troisième aéroport à Istanbul, dont l’inauguration est prévue pour le 29 octobre, jour de la fête nationale.
Visant à désengorger...




                        

                        


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Guillaume Faury en passe de devenir numéro un chez Airbus

Le patron de la division aviation commerciale du groupe fait figure de favori pour remplacer Tom Enders et prendre la tête de l’avionneur européen.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h04
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

Le groupe Airbus a-t-il décidé d’accélérer le processus de succession de son président exécutif ? L’agence Reuters a annoncé, vendredi 28 septembre, que le conseil d’administration de l’avionneur européen pourrait nommer le successeur de Tom Enders à la tête du groupe dès le 13 novembre. Guillaume Faury, ex-président d’Airbus Helicopters, propulsé depuis quelques mois à la tête de la division aviation commerciale d’Airbus, fait figure de favori pour succéder à Tom Enders. Interrogé, l’avionneur européen s’est « refusé à tout commentaire » sans toutefois démentir l’information. Hasard du calendrier, Tom Enders et Guillaume Faury étaient tous les deux présents en Chine, ce vendredi, pour fêter le dixième anniversaire de leur usine d’assemblage de l’A320 à Tianjin dans la grande banlieue de Pékin.
Selon le décompte initial fixé par Airbus, un conseil d’administration devait se tenir avant la fin de l’année pour s’entendre sur le nom du nouveau patron du groupe. Tom Enders a en effet indiqué qu’il ne briguera pas un nouveau mandat et qu’il quittera ses fonctions en mai 2019. Outre Guillaume Faury, le nom de Patrice Caine, PDG de Thales, a été cité pour occuper le fauteuil de Tom Enders. Toutefois, le patron du groupe français d’électronique et de défense ne s’est jamais déclaré officiellement candidat à la succession du président d’Airbus.
Cette accélération des échéances prend sa source dans les querelles intestines qui ont secoué l’avionneur européen pendant de longs mois en 2017. Pour trouver une issue à cette crise de gouvernance, un conseil d’administration qui s’est tenu en décembre 2017 et a été décrit, à l’époque, comme « tendu et à portes fermées » avait débouché sur l’éviction de l’ex-numéro deux du groupe, Fabrice Brégier, qui a quitté ses fonctions en février, tandis que Tom Enders était poussé vers la sortie en mai 2019.
Guerre des chefs
Pour justifier ce remaniement soudain et surtout l’éviction de son numéro...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Si le Royaume-Uni et l’UE se séparent sans accord, les défis seront immenses pour gérer le flux de personnes et de marchandises, selon une note que s’est procurée « Le Monde ».
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« Hard Brexit » : le préfet des Hauts-de-France tire le signal d’alarme

Si le Royaume-Uni et l’UE se séparent sans accord, les défis seront immenses pour gérer le flux de personnes et de marchandises, selon une note que s’est procurée « Le Monde ».



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h15
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


Que se passera-t-il si l’Union européenne et le Royaume-Uni se séparent sans conclure un accord ? Pour les départements du Nord et du Pas-de-Calais, la réponse tient en quelques mots : l’impact sera considérable. C’est ce qui ressort d’une lettre envoyée, il y a quelques jours, au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, par le préfet des Hauts-de-France. Dans ce courrier assorti d’une étude d’une vingtaine de pages, que Le Monde a pu consulter, Michel Lalande éclaire sa tutelle sur les conséquences d’un « hard Brexit » – cas de figure qui ne peut pas être exclu compte tenu des blocages dans les tractations entre Londres et le reste de l’UE.
Les mots employés par le haut fonctionnaire sont feutrés mais sur le fond, sa missive ressemble à un signal d’alarme : si le scénario d’une « sortie “sèche” » des Britanniques devient réalité, les règles applicables aux personnes et aux marchandises devront être entièrement revues, ce qui impliquera des moyens humains supplémentaires et des équipements nouveaux. Moins les réponses apportées seront à la hauteur du problème, « plus la gestion de l’ordre public sera durablement affectée », écrit M. Lalande. Une allusion – entre autres – aux files d’attentes susceptibles de se former dans les villes portuaires par lesquelles s’écoule un important trafic transmanche. Le préfet de région précise qu’« une réflexion complémentaire est engagée (…) afin d’élaborer un plan de gestion de crise spécifique, destiné à limiter les effets induits des nouvelles procédures ».
Si Theresa May rompt avec ses voisins sans signer de contrat de divorce, les conséquences seront tangibles au niveau de « la circulation des personnes ». Certes, des contrôles sont déjà effectués, des deux côtés de la frontière, sur les flux de passagers, puisque le Royaume-Uni n’appartient pas à l’espace Schengen. Mais en cas de « hard Brexit », les Britanniques auront le statut de ressortissant de pays tiers soumis à visa. Même chose pour les Français (et les ressortissants des autres Etats membres de l’UE) vis-à-vis de Londres. Du coup, « il conviendra de vérifier » le visa et le « viatique » (moyens pour subvenir à ses besoins).
Etoffer les effectifs de la police aux frontières
Appliquées aux automobilistes qui traversent le Channel, ces mesures leur « imposeront (…) de sortir des véhicules, contribuant à congestionner fortement les capacités d’accueil, déjà très limitées, sur chaque site », souligne le dossier transmis par M. Lalande. Dès la fin mars 2019, date d’entrée en vigueur du Brexit, « la durée moyenne de contrôle sera doublée, avec une répercussion sur la fluidité des points de passage frontière » : Calais, Dunkerque, Coquelles avec le « lien fixe transmanche » (LFTM), la gare de Lille-Europe et son terminal d’embarquement Eurostar…
Pour absorber de tels flux, il faudrait étoffer les effectifs de la police aux frontières (à hauteur de 250 postes) mais ces renforts pourront difficilement être mis à disposition, d’ici au 29 mars, comme le reconnaît, avec réalisme, l’étude communiquée par M. Lalande à la place Beauvau.
Autres besoins identifiés : la construction de nouvelles « lignes de contrôle » pour les véhicules de tourisme, les bus et les poids-lourds, à Dunkerque, à Calais et à Coquelles. En attendant que toutes ces dispositions soient prises, la réflexion doit prioritairement porter « sur un allègement réciproque des formalités de contrôle, de part et d’autre de la frontière », recommande l’étude.
Informer les entreprises
L’autre impact potentiel sur lequel insiste la note concerne « la circulation des biens ». Un divorce sans accord entraînera, en effet, le rétablissement des « contrôles sanitaires et phytosanitaires » pour les animaux vivants et les produits d’origine animale et végétale. Or ces opérations doivent être effectuées dans des « installations dédiées » et agréées, dont la mise en place requiert un « délai moyen de dix-huit à vingt-quatre mois ». Le nombre de « lots à contrôler » à Dunkerque et à Calais pourrait atteindre environ 970 000, chaque année. Une charge de travail qui impliquerait de recruter « 195 agents ». Là encore, plusieurs suggestions sont émises pour adoucir les effets d’un « hard Brexit » : délocalisation des vérifications dans d’autres communes, réduction du « taux de contrôles physiques sur la base d’une analyse de risques » afin de diminuer les délais…
Enfin, le « no deal » (absence d’accord) s’accompagnera du retour des formalités douanières. Elles porteront sur des volumes massifs : 32 millions de personnes et 4,2 millions de poids lourds empruntent les ports de Calais, de Dunkerque et le LFTM, chaque année. Des stratagèmes sont envisagés de manière à alléger le fardeau (par exemple en reportant « à l’intérieur du territoire la majeure partie » des vérifications). Dans ce contexte, insiste l’étude, il sera crucial d’informer les entreprises, en visant « en priorité les néophytes du commerce international », qui n’ont aucun lien avec l’administration des douanes. Prévenir l’engorgement des points d’entrée vers l’Angleterre obéit à des raisons d’ordre public mais aussi au souci de maintenir la compétitivité des plateformes portuaires et logistiques françaises, en butte à « la concurrence des pays de l’Europe du Nord ».
L’Etat n’est pas resté les bras ballants. Depuis plusieurs mois, il s’efforce de préparer ses services au choc d’un « no deal ». Au premier semestre, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a promis l’embauche de 700 douaniers supplémentaires au cours du quinquennat. L’accent sera mis par ailleurs sur la dématérialisation des procédures, afin de gagner du temps. D’ici quelques jours, le gouvernement devrait nommer un coordonnateur interministériel sur le Brexit. Sa tâche s’annonce immense.

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