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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le chanteur s’est engagé sur le tard, mais intensément, en faveur de la reconnaissance du génocide arménien.
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Aznavour : mort d’un champion de la cause arménienne

Le chanteur s’est engagé sur le tard, mais intensément, en faveur de la reconnaissance du génocide arménien.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h48
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01.10.2018 à 17h28
   





                        



   


Né à Paris en 1924, Charles Aznavour, de son vrai nom Shahnourh Varenagh Aznavourian, est l’héritier d’un génocide, celui des Arméniens de l’Empire ottoman perpétré moins de dix ans avant sa naissance. Son père Micha, Arménien de Géorgie, et sa mère Knar, seule rescapée de sa famille avec son arrière-grand-mère, avaient fui les derniers des massacres en se réfugiant en France comme les milliers d’Arméniens venus de la Turquie actuelle et établis le long de la vallée du Rhône et dans la capitale.

        Lire notre portrait :
         

          Charles Aznavour, chanteur et comédien, est mort



Longtemps, cette mémoire, celle d’1,5 million de massacrés, d’une culture et de terres perdues à jamais, est restée muette dans l’œuvre du chanteur, qui finira par s’engager davantage après l’indépendance de l’Arménie soviétique en 1991. « J’ai vraiment découvert l’Arménie pour la première fois en 1963, au cours d’une tournée en URSS. Je connaissais l’histoire du génocide, mais je n’ai jamais été un militant. Je suis d’accord pour commémorer, mais défiler dans une rue, ce n’est pas mon genre », a-t-il un jour expliqué.
Hymne national révolutionnaire arménien
En 1975, pour les soixante ans du génocide arménien, il chantait Ils sont tombés, un hommage aux victimes de l’extermination : « Ils sont tombés, sans trop savoir pourquoi/Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre. » La chanson, qui devient l’hymne de la diaspora, est écrite avec le compositeur américain Georges Garvarentz, fils du poète Kevork Garvarentz, auteur de l’hymne national révolutionnaire arménien.

« Après le choc, je me suis rendu compte que j’étais vraiment d’origine arménienne »
En décembre 1988, un terrible tremblement de terre ravage la République socialiste soviétique d’Arménie, provoquant la mort de 50 000 personnes. C’est à cette date que remonte le début réel l’engagement de Charles Aznavour pour la cause arménienne. « Jusqu’ici, je disais toujours : “Je suis français d’origine arménienne.” Après le choc, je me suis rendu compte que j’étais vraiment d’origine arménienne », confiait-il à Paris Match.
Avec le réalisateur Henri Verneuil, également d’origine arménienne, il fait appel aux artistes français pour le tournage d’un clip en soutien aux victimes. Quatre-vingt-dix chanteurs et comédiens enregistrent la chanson Pour toi Arménie, qui se vend à un million d’exemplaires.

« Héros national », citoyen arménien et ambassadeur
Avec l’indépendance de l’Arménie soviétique et la guerre qui s’ensuit contre l’Azerbaïdjan voisin, l’implication de Charles Aznavour s’affirme. Ses liens avec la petite république du Caucase où il est immensément célèbre ne cessent de s’approfondir. Il est fait citoyen arménien en 2008, quatre ans après avoir été déclaré « héros national », et devient en 2009 ambassadeur d’Arménie en Suisse, où il est établi. Nouvelle distinction, un an plus tard, Charles Aznavour devient le nouveau représentant de l’Arménie auprès de l’Organisation des nations unies.
Dans les années qui ont suivi, le célèbre chanteur restera la personnalité incontournable de tous les rendez-vous diplomatiques et culturels franco-arméniens. Tenant en 2002 le rôle principal du film Ararat, consacré à la mémoire de l’extermination des Arméniens en 1915, il devient un défenseur assidu de la reconnaissance du génocide. En 2015, il accompagne le président François Hollande à la capitale Erevan pour les commémorations du centenaire des massacres. « J’espère que ces cérémonies du centenaire vont aider le peuple turc à se réveiller et à accepter le fait historique », déclara-t-il alors à la presse.
Réagissant à la mort du chanteur, lundi 1er octobre, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, à rendu hommage à « un fils exceptionnel du peuple arménien » :
« Il est difficile de croire qu’une personne qui a créé toute une époque, qui a créé toute une histoire, l’amour, qui a servi son peuple, une personne qui a pendant quatre-vingts ans émerveillé et réchauffé le cœur de dizaines, de centaines de millions de gens, n’est plus avec nous aujourd’hui. »
« C’est une perte énorme pour le peuple arménien, pour le peuple français. C’est une perte universelle, a poursuivi M. Pachinian. Il a créé des valeurs universelles et ces valeurs accompagneront l’humanité pendant encore des siècles », a-t-il ajouté. « C’est une nouvelle très triste pour notre pays et notre peuple. »

        Tribune de Charles Aznavour en 2015 :
         

          « Cent ans de solitude pour les Arméniens »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le chanteur, très engagé pour la reconnaissance du génocide arménien, constatait en 2015 que la prise de conscience progressait malgré les obstacles de la Turquie.
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Charles Aznavour en 2015 : « Cent ans de solitude pour les Arméniens »

Le chanteur, très engagé pour la reconnaissance du génocide arménien, constatait en 2015 que la prise de conscience progressait malgré les obstacles de la Turquie.



LE MONDE
 |    20.04.2015 à 12h13
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01.10.2018 à 18h33
   





                        



                                


                            

Charles Aznavour est mort dans la nuit du dimanche 30 septembre au lundi 1er octobre à l’âge de 94 ans. Nous republions cette tribune du chanteur, initialement publiée en avril 2015, cent ans après le génocide arménien, sujet sur lequel il était très engagé.
C’est vrai, je suis de ce peuple, mort sans sépulture. Mon père et ma mère, qui ont pu échapper à la tourmente, ont eu la chance de trouver refuge en France. Il n’en a pas été de même pour le million et demi d’Arméniens qui ont été massacrés, égorgés, torturés dans ce qui a été le premier génocide du XXe siècle.
Un vent de sable et puis d’oubli a longtemps recouvert ce meurtre de masse. Les gouvernements turcs qui ont succédé aux bourreaux de 1915 ont pendant des décennies pratiqué un négationnisme d’Etat. Ils ont parié sur l’amnésie et sur la lâcheté internationale. Et ils ont failli avoir raison.
Pendant des années, le crime a pu être considéré comme payant. Il a fallu attendre les années 1980 pour que les nations commencent à le reconnaître. Sur la pointe des pieds, mezza voce. Le Parlement européen tout d’abord, en 1987. La France avec une loi promulguée le 29 janvier 2001. Une vingtaine d’autres Etats depuis. Et le Vatican il y a quelques jours.
Face à une telle situation, tout être humain doué d’un peu de raison et de bonne foi ne peut que se trouver désemparé. Je ne fais pas exception à la règle. Je n’ai pas été élevé dans la haine. Le ressentiment ne fait pas partie de mon univers. Je n’en veux pas au peuple turc, qui a été éduqué dans le déni. Je veux faire confiance à la jeunesse de ce pays et à ce peuple que j’aime.
Je sais qu’un jour elle ouvrira les yeux et demandera des comptes à ses dirigeants sur les années de mensonges et de déshonneur qui l’ont maintenue dans l’ignorance de sa propre histoire. Je suis certain qu’un jour, pas si lointain, elle effacera « cette tache sur le front », comme le disait le poète...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le chanteur est mort lundi, à 94 ans, à son domicile dans le sud de la France. Yann Plougastel, journaliste au « Monde », a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ En soixante-dix ans de carrière, Charles Aznavour, mort lundi à l’âge de 94 ans, a composé plus de 1 400 chansons et tourné une soixantaine de films.
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Charles Aznavour, mort d’un précurseur du métissage musical

En soixante-dix ans de carrière, Charles Aznavour, mort lundi à l’âge de 94 ans, a composé plus de 1 400 chansons et tourné une soixantaine de films.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 14h04
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 17h33
    |

            Véronique Mortaigne








                        



                                


                            

Charles Aznavour, c’était la France. Pas celle d’Edith Piaf – le réalisme, les faubourgs, les mômes de rien –, ni celle de Maurice Chevalier ou de Charles Trenet. Aznavour, c’était la France internationaliste, terre d’accueil, qui sait enseigner aux enfants de la République les valeurs fondamentales, mais aussi le charme, le romantisme sexy, et une sorte de légèreté en équilibre constant entre le Nord introverti et le Sud extravagant. Charles Aznavour fut d’ailleurs l’idole d’une nouvelle génération issue de l’immigration. En matière de métissage musical, Charles Aznavour est un précurseur. « Je me suis intéressé à tous les styles de musique, je suis fier d’avoir été en quelque sorte le premier à en faire en France. C’est pour ça que j’ai eu du succès dans les pays du Maghreb, chez les juifs, les Russes. »
Plus de soixante-dix ans de carrière, plus de quarante ans de succès, plus de 1 400 chansons, dont une centaine d’anthologie, six langues chantées, des milliers de concerts donnés dans quatre-vingt-deux pays, des salles compliquées, des music-halls, des galas chics. Carnegie Hall à New York, l’Albert Hall à Londres. L’universalité d’Aznavour doit à ses mots, droits, utilisés avec une précision chirurgicale. Et par les mélodies, de celles qui tombent dans l’oreille. Et tout le monde de fredonner : « J’habite seul avec maman/Dans un très vieil appartement/Rue Sarasate/J’ai pour me tenir compagnie/Une tortue, deux canaris/Et une chatte. »

Charles Aznavour fut d’abord acteur, ne cessa jamais de l’être, chantant Danse avec moi dos à la salle, la main posée sur son épaule comme s’il s’agissait de celle d’une femme ; mimant le travesti de Comme ils disent. Charles Aznavour, l’amoureux pudique et fier qui écrit : « Il faut savoir quitter la table/Lorsque l’amour est desservi/Sans s’accrocher l’air pitoyable », fut aussi un éclat de vie. Un homme de la joie, de cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Charles Aznavour, mort à l’âge de 94 ans, laisse de nombreux succès, comme « La Bohème », « La Mamma » ou « Emmenez-moi ».
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Charles Aznavour a joué dans plus de quatre-vingts longs-métrages, réalisés par quelques-uns des plus grands noms du cinéma français, dont François Truffaut, Claude Lelouch et Jean-Pierre Mocky.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ En 1996, l’œuvre intégrale de Charles Aznavour était ressortie dans un coffret collector : 33 CD pour un poids total de huit kilogrammes.
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Mort de Charles Aznavour : soixante-douze ans de carrière en six chansons et anecdotes

En 1996, l’œuvre intégrale de Charles Aznavour était ressortie dans un coffret collector : 33 CD pour un poids total de huit kilogrammes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h20
   





                        



   


Parfois, l’usage de l’expression « monstre sacré de la chanson française » est galvaudé. Mais pas dans son cas. A 94 ans, Charles Aznavour s’est éteint dans la nuit du dimanche 30 septembre au lundi 1er octobre, dans son domicile du sud de la France.
En 1996, l’œuvre intégrale de Charles Aznavour était ressortie dans un coffret collector : 33 CD pour un poids total de huit kilogrammes. Difficile, donc, de résumer en quelques titres une carrière musicale longue de soixante-douze années, et riche d’autant de périodes, d’influences et de succès populaires. Mais voici six chansons que vous aurez du mal à éviter dans les prochains jours.
Je m’voyais déjà, 1960
« A dix-huit ans j’ai quitté ma province Bien décidé à empoigner la vie Le cœur léger et le bagage mince J’étais certain de conquérir Paris »
C’est dans un hôtel de Bruxelles que Charles Aznavour a écrit ces paroles, inspirées – dira-t-il – par un jeune chanteur qui tentait péniblement d’attirer l’attention du public dans un bar où l’Arménien avait échoué quelques heures plus tôt. Mais la légende prêtera aussi toujours à cette chanson une dimension autobiographique.
Repéré en 1946 par Edith Piaf en personne, le chanteur peine à s’imposer. Son physique chétif, sa voix si particulière, son style ne séduisent pas. En 1960, le jeune Arménien attend encore le succès qui fera décoller sa carrière. Charles Aznavour propose d’abord à Yves Montand de chanter ce texte, mais ce dernier refuse. Le 12 décembre 1960, il chante dans la salle parisienne de l’Alhambra, le grand music-hall sis près de la place de la République. Le public n’adhère pas et les six premiers titres sont reçus froidement. Aznavour entonne Je m’voyais déjà et bouleverse la soirée. Ce sera le premier tube de sa carrière.


        Lire aussi :
         

                Charles Aznavour, en 2009 : « Quand on est fils d’immigrants, il faut sortir de sa condition »



La Mamma, 1963
« Ils sont venus Ils sont tous là Dès qu’ils ont entendu ce cri Elle va mourir, la mamma »
C’est une plainte qui touche au cœur de tous ceux qui ont dû dire au revoir à leurs parents. Ecrite par Robert Gall – le père de France –, la chanson ne trouvait pourtant pas de compositeur pour être mise en musique. C’est finalement Charles Aznavour qui s’en empare et dira avoir écrit la musique « en très peu de temps ».


        Lire aussi :
         

                Charles Aznavour et le cinéma : « C’est le script qui me détermine »



Hier encore, 1965
« Hier encore j’avais vingt ans Mais j’ai perdu mon temps A faire des folies Qui ne me laissent au fond Rien de vraiment précis Que quelques rides au froCharles Aznavour n’a plus vingt ans. Même, il en a plus de quarante. Le temps de la nostalgie, des bilans et du deuil d’une innocence perdue. Une ritournelle émue qui se révèle vite universelle : Charles Aznavour enregistrera ce titre en italien – Ieri Si – en anglais – Yesterday When I Was Young – en japonais – 帰り来ぬ青春 – et en espagnol – Ayer Aún. 

La Bohème, 1965
« Et si l’humble garni Qui nous servait de nid Ne payait pas de mine C’est là qu’on s’est connu Moi qui criais famine Et toi Sur scène, il la chantait toujours avec un mouchoir blanc dans la main, symbole de la jeunesse éternelle et innocente. A la fin de son interprétation, il laissait tomber le mouchoir, en symbole de cette époque révolue.
C’est en 1965 que l’auteur à succès Jacques Plante vient voir Charles Aznavour, qui enchaîne les succès comme For me, formidable ou Que c’est triste Venise. Il n’a pour l’heure que la première phrase, « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », mais elle suffit à inspirer l’artiste qui se met au piano. Les deux hommes complètent le texte, s’inspirant de leurs anecdotes de vie parisienne. Georges Guétary l’entend et tombe sous le charme. Il sera le premier à la chanter sur scène, dans l’opérette Monsieur Carnaval, mise en scène par Maurice Lehmann.
Mais devant l’enthousiasme du public, Charles Aznavour décide de l’enregistrer en 1966, avec l’orchestre de Paul Mauriat. Le 33-tours sera vendu à plus d’un million d’exemplaires – un succès qu’aura bien du mal à lui pardonner Georges Guétary. Plus qu’une chanson, La Bohème devient l’hymne d’une génération et d’un Paris.

Emmenez-moi, 1967
« Moi qui n’ai connu toute ma vie Que le ciel du Nord J’aimerais débarbouiller ce gris En virant de bord »
C’est un cadeau de son beau-frère, Georges Garvarentz. Le mari de sa sœur aînée, Aïda, compose la musique et rédige ce texte qui parle d’exil et de misère. Charles Aznavour la déclinera aussi en anglais en 1978, sous le titre Take me Along, sur l’album We Were Happy Then. Elle est l’un des titres qui explique le si grand succès du chanteur aux Etats-Unis, ce qui lui vaudra notamment une étoile sur le célèbre Walk of Fame de Los Angeles.

Comme ils disent, 1972
« Ca gesticule et parle fort Ca joue les divas, les ténors De la bêtise Moi les lazzis, les quolibets Me laissent froid puisque cLe titre Comme ils disent constitue un sommet de la carrière d’Aznavour, par le thème difficile qu’il aborde. En 1972, le sujet de l’homosexualité est encore largement tabou. Charles Aznavour décidé d’écrire et de composer ce titre en s’inspirant d’un très proche, Androuchka. Ce « vieux garçon » vivant chez sa mère, comme le dit la chanson, est le chauffeur, secrétaire et décorateur du chanteur.
Dans l’entourage de Charles Aznavour, certains s’inquiètent des conséquences négatives que pourrait avoir une telle chanson. Mais le chanteur l’assume et interprète le titre à l’Olympia. Le 45-tours, sur la pochette duquel le chanteur pose en tenue noire, sera couronné de succès. En 2002, Renaud y fera allusion dans sa chanson Petit pédé : « C’est pas de ta faute, c’est la nature, Comme l’a si bien dit Aznavour ».


Charles Aznavour, en quelques dates
22 mai 1924 Naissance à Paris.
1933 Débute dans de petits rôles au théâtre et au cinéma.
1942 Rencontre Pierre Roche qui met en musique ses textes.
1946 Rencontre Edith Piaf.
1948 Enregistre ses premiers disques.
1955 « Sur ma vie ».
1963 « La Mamma ». Triomphe à New York.
1964 « Que c’est triste Venise ».
1972 « Comme ils disent ».
1989 « Pour toi Arménie ».
2015 « Encores », dernier album.
1er octobre 2018 Mort à son domicile dans les Alpilles (Bouches-du-Rhône).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Comme Maurice Chevalier ou Yves Montand, Charles Aznavour, mort dans la nuit de dimanche à lundi, a su mener de front ses carrières de chanteur et d’acteur. Avec, parmi la soixantaine de films qu’il a tournés, deux à l’importance particulière : « Tirez sur le pianiste » et « Ararat ».
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Charles Aznavour et le cinéma : « C’est le script qui me détermine »

Comme Maurice Chevalier ou Yves Montand, Charles Aznavour, mort dans la nuit de dimanche à lundi, a su mener de front ses carrières de chanteur et d’acteur. Avec, parmi la soixantaine de films qu’il a tournés, deux à l’importance particulière : « Tirez sur le pianiste » et « Ararat ».



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 14h32
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            Véronique Mortaigne








                        



                                


                            

On oublie souvent l’acteur, mais Charles Aznavour a derrière lui une longue carrière cinématographique au cours de laquelle il a tourné avec les plus grands : Truffaut, bien sûr, mais aussi Claude Chabrol, Jean-Pierre Mocky, Pierre Granier-Deferre, Volker Schlöndorff ou encore Atom Egoyan. Intuitif, volubile, parfois ténébreux, Aznavour sait plaire aux jeunes cinéastes autant qu’aux metteurs en scène chevronnés. Dans les années 1960, les metteurs en scène ont souvent établi des rapports étroits avec la chanson – ils ont fait chanter des comédiennes (Anna Karina chez Godard) et employé des chanteurs comme comédiens, à commencer par Charles Aznavour.
Comme avant lui Maurice Chevalier puis Yves Montand, Charles Aznavour est parvenu à mener de front, tout en les dissociant, ses carrières de chanteur et d’acteur. De la soixantaine de films qu’il a tournés, deux revêtent une signification particulière : Tirez sur le pianiste, de François Truffaut (1960), et Ararat, d’Atom Egoyan (2002). Tous deux marquent des étapes essentielles dans sa vie.

Lorsqu’il rencontre François Truffaut, Charles Aznavour n’est pas un acteur novice et il a déjà un pied dans le succès populaire en tant que chanteur, après son triomphe en 1957 à l’Alhambra puis à l’Olympia, où il passe pour la première fois en tête d’affiche. Le cinéma l’a déjà sollicité. En 1958, il a tourné Les Dragueurs, de Jean-Pierre Mocky, et La Tête contre les murs (1959), de Georges Franju, pour lequel il a reçu le prix d’interprétation de l’Académie du cinéma français.
« Un film qui me colle à la peau »
« C’est le script qui me détermine. Comme disait Jean Gabin, dans un film il y a trois choses importantes, l’histoire, l’histoire et l’histoire. Avec certains réalisateurs, j’ai noué des liens d’amitié. Avec Truffaut, par exemple. La première fois qu’il est venu me voir, nous ne nous sommes presque rien dit. Il était timide, moi aussi. C’était un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Extraits de la rencontre, en 2009, de notre journaliste Annick ­Cojean avec l’artiste, mort dans la nuit de dimanche à lundi.
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Charles Aznavour, en 2009 : « Quand on est fils d’immigrants, il faut sortir de sa condition »

Extraits de la rencontre, en 2009, de notre journaliste Annick ­Cojean avec l’artiste, mort dans la nuit de dimanche à lundi.



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01.10.2018 à 17h53
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            Annick Cojean








                        


A l’occasion de la sortie, en 2009, du livre A voix basse de Charles Aznavour, mort dans la nuit de dimanche à lundi, notre journaliste Annick ­Cojean avait rencontré l’artiste pour Le Monde Magazine. Extraits.
Je ne serais pas arrivé là si… … si je n’avais pas eu mes femmes : ma mère, ma sœur, mon épouse. Ce sont indéniablement les femmes qui font les hommes. Et il me semble que je les comprends bien. J’ai un côté très féminin. J’écris spontanément des chansons dans une version féminine, et ne les adapte dans une version masculine, en changeant quelques mots, que si une femme n’en veut pas.
Parlez donc de « vos » femmes…
Ma mère, Knar, était comédienne ; fine, cultivée, si aimante. Elle avait perdu toute sa famille dans le génocide arménien et a pleuré les siens sa vie entière. Elle aimait rire pourtant, jouait du piano, a appris rapidement le français et le russe, parlé par mon père, qui était né, lui, en Géorgie. Elle a dû hélas renoncer à sa vocation et a fait bien des travaux pour nous sortir de la misère. Aïda, ma sœur, a toujours été la meilleure musicienne de la famille. Elle a quitté la chanson pour se mettre au service de son mari, le compositeur Georges Garvarentz, et au mien. Il y a des femmes capables de ça. Elle assiste à tous mes enregistrements, repère la moindre fausse note de l’orchestre ou maladresse de ma part, m’oblige à recommencer. C’est elle qui m’a forcé à chanter La Mamma, Que c’est triste Venise, Il faut savoir… Quant à Ulla, mon épouse, scandinave, protestante, discrète, échappée d’un film de Bergman, et donc si différente de moi, elle structure, discipline ma vie avec harmonie depuis quarante-six ans. Et ce n’est pas fini !
Avez-vous eu un modèle dans votre carrière ?
Piaf. Une femme, encore ! Parfaite autodidacte, comme moi. Malgré les tracasseries, les attaques, les chagrins, elle s’est accrochée, obstinée, cultivée, parvenant à devenir première de son vivant, encore plus grande après sa mort. Elle fréquentait des intellectuels qu’elle subjuguait, lisait des œuvres ardues… Comme elle avait raison ! Moi aussi, j’ai dû tout apprendre par moi-même, ce qui prend plus de temps que guidé par des maîtres. J’ai avalé livres, dictionnaires, encyclopédies avec une immense soif de connaissances. Et je ne passe pas un soir sans lire et apprendre quelque chose. Je le ferai jusqu’au bout. Il n’y a pas de malédiction à être ignare. La pauvreté peut même agir comme un moteur.
Quel était-il ?
Pendant longtemps, ce fut la volonté d’aller au-delà de ce qu’on disait sur mon compte. L’ignorer en façade, l’avaler à l’intérieur, et aller de l’avant. Car mes débuts sur scène furent douloureux. De bals de banlieue en cabarets médiocres ou cinémas de quartier, je me battais contre le public. J’ai reçu toutes sortes d’objets sur scène. Sans compter quolibets, injures, sifflets. Mon physique, ma voix, mon style, rien ne convenait. Les critiques me démolissaient, aucune maison de disques ne voulait de ma voix embrumée ! Il fallait avoir le cœur bien accroché, le besoin de bouffer et une détermination à toute épreuve. Mais j’aimais la bagarre, le défi, la conquête. Mon côté Bonaparte ! Quand on est pauvre, fils d’immigrants, d’apatrides, il faut sortir de sa condition. Et la tête haute.
Vos parents vous ont-ils vu en haut de l’affiche ?
Ma première grande affiche devait bien faire dix mètres de haut, à côté du Moulin-Rouge. Ils sont allés la voir et je crois, je sais, qu’ils étaient fiers. Mais quand ils étaient dans la salle, ils n’applaudissaient pas. Nos rapports familiaux étaient faits de pudeur.

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Article sélectionné dans La Matinale du 30/09/2018
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L’Arabie saoudite interdit tout débat sur sa guerre au Yémen

En s’appuyant sur le soutien des Etats-Unis et sur un chantage implicite aux contrats, le royaume saoudien s’assure que ses alliés européens continuent à lui livrer des armes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 18h26
    |

            Louis Imbert et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            
Le 9 août, une bombe s’écrase sur un bus rempli d’enfants, de retour d’un centre aéré, dans la province de Saada, dans le nord du Yémen. Les secouristes dénombrent 51 morts et 79 blessés. Les images des jeunes rescapés en sang, sortis du véhicule foudroyé, suscitent une vague de réprobation internationale.
Cible de cette indignation : la coalition militaire sous commandement saoudien, qui opère depuis mars 2015 au Yémen, en soutien au président élu, Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé du pouvoir par la rébellion houthiste, et dont les bombardements ont déjà causé des milliers de victimes civiles.
Les Nations unies (ONU), les Etat-Unis et la France exigent une enquête. L’Espagne annonce le réexamen de ses projets de ventes d’armes à Riyad. L’embarras de Washington croît lorsque la chaîne CNN révèle, une semaine plus tard, que le projectile à l’origine du carnage est une bombe à guidage laser, de fabrication américaine, fournie par les Etats-Unis à son allié. « Il y a un niveau de frustration que nous devons reconnaître. Ils doivent sortir du bois et dire ce qu’il s’est passé là-bas », confie, à la fin août, le général Jeffrey Harrigian, patron de l’US Air force au Moyen-Orient.

Les ONG de défense des droits de l’homme, qui réclament depuis des années une suspension des ventes d’armes à tous les belligérants au Yémen, montent au créneau. Elles pensent que le bain de sang de Saada pourrait convaincre les capitales occidentales de la nécessité de hausser le ton contre leur allié arabe et contraindre ce dernier à revoir à la baisse son engagement militaire.
Chantage au contrat
Mais après avoir annoncé, début septembre, l’annulation d’un contrat de livraison de bombes, Madrid a prestement fait machine arrière, sous la pression de Riyad, qui menaçait de déchirer, en retour, un accord d’achat de cinq corvettes, autrement plus lucratif pour l’Espagne.
A Berlin, le gouvernement allemand vient d’être...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Face à l’inquiétude des associations disciplinaires, le ministre de l’éducation nationale promet un « avantage comparatif unique » au bénéfice des langues anciennes.
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Réforme du bac : des « points bonus » pour le latin et le grec

Face à l’inquiétude des associations disciplinaires, le ministre de l’éducation nationale promet un « avantage comparatif unique » au bénéfice des langues anciennes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 17h12
    |

                            Mattea Battaglia








                        



   


Les langues anciennes auront droit à un traitement à part dans le cadre de la réforme du baccalauréat promise pour 2021. « Un avantage comparatif unique que j’assume pleinement », a défendu le ministre de l’éducation dans un entretien au Journal du dimanche le 30 septembre. Le latin et le grec seront « les deux seules options qui rapporteront des points bonus », y a annoncé Jean-Michel Blanquer, en se posant en « défenseur absolu des langues anciennes ».
Ces dernières semaines, les défenseurs des humanités avaient commencé à donner de la voix pour dénoncer la désaffection à venir des enseignements optionnels dans le cadre du nouveau lycée. Leurs effectifs plongent déjà entre la 3e et la 2de – de 15 % à 5 % pour le latin, de 2 % à 1 % pour le grec. Avec la remise en question de l’oral final de langues anciennes, matières qui seront évaluées en contrôle continu si l’on s’en tient aux grandes lignes de la réforme divulguées mi-février, c’était une disparition pure et simple du latin et du grec que pronostiquaient, déjà, leurs enseignants.

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                Bac 2018 : « Je ne verserai pas une larme sur la mort des séries S, ES et L »



« Rattrapage politique »
Le ministre de l’éducation promet d’y faire barrage en surpondérant la future évaluation – comme l’étaient, jusqu’à présent, les oraux. « Les points obtenus au-dessus de 10 (10/20) en première et en terminale compteront pour un coefficient 3, en plus du total des notes qui entrent dans le calcul final », a précisé M. Blanquer.
Pour que le « renouvellement » du latin et du grec sur lequel le ministre s’engage n’en reste pas au stade de la promesse, il y a un préalable, soulignaient, dimanche soir, les associations d’enseignants des disciplines concernées : « Que des textes officiels clairs accompagnent la communication politique », martèle François Martin, porte-parole de la Cnarela, confédération de vingt-sept associations œuvrant pour la défense des lettres classiques. « Il faut espérer que la direction générale de l’enseignement scolaire fera maintenant son travail en publiant au plus vite des arrêtés et non des circulaires, qui garantissent des horaires fléchés pour les langues et cultures de l’Antiquité », renchérit Robert Delord, président de l’association Arrête ton char. « Aucun des textes, que ce soit le décret sur le bac ou les arrêtés, ne rendent actuellement possible le bonus pour le latin et le grec. De qui se moque-t-on ? », interrogeait dimanche soir, sur Twitter, Claire Guéville, l’une des porte-parole du syndicat SNES-FSU.
De fait, les textes relatifs à la nouvelle architecture du lycée et du bac publiés cet été ne prévoient rien de tel. « Tout sera précisé en janvier », assure le ministre. A cette échéance, on devrait aussi disposer de la nouvelle mouture des programmes scolaires. Mais, avant ça, « l’arrêté sera modifié et présenté en novembre en conseil supérieur de l’éducation, après consultation de la commission spécialisée des lycées », précise-t-on au cabinet du ministre.
Un enseignement de spécialité consacré aux langues anciennes a fait son apparition parmi les douze mineures censées s’adosser au « tronc commun » et remplacer les filières actuelles (S, L et ES). Mais toutes les spécialités ne seront pas accessibles dans tous les lycées. M. Blanquer veut croire qu’une « carte de l’implantation des spécialités » pourra pallier les manques, explique-t-il dans Le Journal du dimanche. Une « Maison numérique des humanités » viendrait proposer aux lycéens des cours à distance. Elles sont, pour l’heure, à l’état de projets.
Ce « rattrapage politique » en a rappelé un autre aux enseignants : dans le cadre de sa réforme du collège (2016), l’ex-ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé la transformation de l’option latin en « enseignement pratique interdisciplinaire », sorte de module mêlant plusieurs disciplines, avant de réintroduire, face à la fronde, une option « allégée » (en heures) appelée « enseignement de complément ». Mais sur le terrain, « le compte n’y est toujours pas », disent les enseignants de lettres classiques : sans dotation propre, ceux-ci assurent faire figure de « variable d’ajustement ».
« Il nous faut obtenir une garantie d’horaires fléchés contraignant les chefs d’établissement à appliquer les décisions ministérielles », reprend M. Delord de l’association Arrête ton char, en assurant que la circulaire favorable aux langues et cultures de l’Antiquité, publiée en janvier à l’initiative du ministre Blanquer, n’est pas – ou peu – suivie d’effets.
« Ce revirement est-il sincère ou destiné à faire avaler la pilule de la réforme du lycée ? », s’interroge Loys Bonod, enseignant à Paris et blogueur actif. Selon ses calculs, « si le latin ou le grec ancien ne comptaient pour rien dans le futur bac » avant la prise de parole ministérielle, ils comptent désormais… « trois fois moins qu’actuellement ». Des paroles aux actes, latinistes et hellénistes restent à convaincre.

Latin et grec : une spécialité et une option
Un module « langues et cultures de l’Antiquité » a été introduit parmi les 12 enseignements de spécialité que les lycéens auront à choisir dans le cadre du lycée réformé - à raison de trois spécialités en 1ère, deux en terminale -, en plus des enseignements de tronc commun. Les lycéens qui choisiront cette spécialité auront quatre heures hebdomadaires de latin ou de grec en 1ère, six heures en terminale. Ceux qui pourront suivre l’option bénéficieront, en plus, de trois heures de latin ou de grec à tous les niveaux du lycée, promet-on rue de Grenelle.





                            


                        

                        


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« Octobre rose » : le dépistage systématique du cancer du sein est-il nécessaire ?

L’opération de sensibilisation, qui débute lundi, est l’occasion d’examiner les avantages et les inconvénients des examens systématiques de santé.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 17h41
    |

            Anne-Aël Durand








                        



C’est par une illumination de la tour Eiffel, entre autres événements, que la 25e édition de la campagne d’information « Octobre rose » est lancée lundi 1er octobre, pour sensibiliser au cancer du sein. Si l’intérêt de parler d’une maladie qui peut toucher une femme sur huit au cours de sa vie n’est pas remis en cause, la question du dépistage systématique de ce cancer a été soulevée en 2016 à la suite d’un rapport critiquant le système actuel.
Que représente le cancer du sein en France ?
12 000 morts par an
Le cancer du sein est le plus répandu en France. Selon l’Institut du cancer (INCa), 59 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, soit 31 % des cancers touchant les femmes. Il s’agit aussi du cancer féminin le plus meurtrier, avec près de 12 000 morts par an.
Dans 80 % des cas, les cancers du sein sont détectés chez des patientes de plus de 50 ans, et on estime qu’une femme sur huit y sera confrontée au cours de sa vie. Heureusement, c’est aussi l’un des cancers qui se guérissent le mieux, avec 87 % de taux de survie à cinq ans, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).

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                Quelles sont les chances de survie aux principaux cancers ?



Comment était organisé le dépistage jusqu’à présent ?
En 2004, un dépistage systématique a été organisé pour toutes les femmes de 50 ans à 74 ans, qui ne présentent pas de risque particulier, sous forme d’une mammographie et d’un examen clinique pratiqués gratuitement tous les deux ans. Celles qui ont des antécédents ou un risque accru réalisent l’examen tous les ans.
Mais cette politique de santé publique a montré ses limites : en 2017, une femme sur deux (49,9 %) a répondu au courrier l’invitant à participer au dépistage organisé, ce qui est bien inférieur aux recommandations européennes, qui préconisent 70 % de participation. Cette proportion est en baisse depuis plusieurs années, avec d’importants écarts régionaux. Parallèlement, 10 % des femmes ont préféré un dépistage individualisé, qui aboutit davantage sur des échographies de contrôle.
Combien coûte ce dispositif ?
Difficile d’avoir une idée exacte. Le rapport du comité d’orientation cite deux estimations :
180 millions d’euros en 2008, selon la Haute Autorité de santé : 79 euros par femme participante ; 11 300 euros par cancer déclaré ;et des structures fixes coûtant 35 millions d’euros.300 millions d’euros selon les calculs de l’UFC-Que choisir (soit 130 euros par an et par patiente), en incluant les primes de 245 euros par an accordées aux médecins traitants dont les patientes participent bien au dépistage. L’association de consommateurs précise que si la mammographie est gratuite, les examens qui suivent en cas de doute (échographie, biopsie) restent en partie à la charge de la patiente.
Qu’est-ce qui va changer ?
Le ministère de la santé a annoncé une « modernisation du dépistage » au début de 2018. L’objectif est d’individualiser le suivi en fonction des risques prédictibles, sachant que 5 % seulement des cancers sont héréditaires.
Une consultation de prévention sera proposée pour les femmes de 25 ans, qui sera prise en charge à 100 % par l’Assurance-maladie, afin d’évoquer et d’évaluer les facteurs de risque (tabac, alcool, alimentation, etc.).
A partir de 50 ans, une seconde consultation de dépistage est organisée avec un suivi personnalisé en fonction des facteurs de risques. Les échographies prescrites en complément des mammographies seront désormais remboursées intégralement, comme le souhaitaient les associations de consommateurs.
Quels sont les résultats du dépistage ?
Le dépistage est-il efficace ? Toute la difficulté réside dans cette évaluation. Selon l’agence Santé publique France, le dépistage organisé a permis de détecter 37 000 cas entre 2013 et 2014, la plupart du temps à un stade précoce : dans 77 % des cas, les ganglions n’étaient pas atteints, et dans 37 % la tumeur mesurait moins de 1 centimètre.
Au total, il est extrêmement complexe de savoir combien de morts sont évitées grâce au dépistage. Depuis les années 1960, plusieurs essais cliniques conduits dans le monde ont conclu à une baisse de 15 % à 25 % de la mortalité. Mais des études plus récentes, par exemple celle publiée par le British Medical Journal sur 90 000 femmes au Canada, ne démontre pas de différence significative sans ou avec des mammographies régulières. Aucune étude d’une telle ampleur n’a pu être réalisée en France. 
L’INCa avance le chiffre de 150 à 300 décès évités pour 100 000 femmes dépistées sur sept à dix ans, soit une réduction de mortalité de 15 % à 21 %. Mais ces chiffres aussi sont controversés, et ne tiennent pas compte d’un autre facteur : le risque de surdiagnostic.
Que reproche-t-on au dépistage ?
A priori, on pourrait penser que le dépistage ne peut pas faire de mal — même si la mammographie est assez désagréable — et que plus un cancer est détecté tôt, plus il est facile de le guérir sans traitement lourd. Mais ces remarques de bon sens sont mises à mal par plusieurs risques :
Le surdiagnostic : il s’agit de lésions cancéreuses détectées alors qu’elles n’auraient pas forcément évolué en cancer menaçant la vie de la personne. Ce n’est pas parce qu’un cancer est petit qu’il est récent, ou parce qu’il est volumineux qu’il va évoluer rapidement. Plusieurs études aboutissent à des chiffres de l’ordre de 10 % à 20 % de surdiagnostic.Le surtraitement : chimiothérapie, rayons, voire ablation du sein sont donc parfois réalisés inutilement ; ce qui dégrade considérablement la vie des patientes (angoisse, problèmes professionnels et personnels, etc.).Les cancers d’intervalle : inversement, une femme peut se sentir protégée après un examen normal et pourtant développer une tumeur très rapidement dès les mois suivants. Le dépistage n’est en aucun cas une assurance de ne pas déclarer un cancer futur.Les cancers radio-induits : les mammographies exposent à des doses très faibles de rayons, qui peuvent dans certains cas augmenter la probabilité de futur cancer. Mais c’est surtout vrai pour les femmes jeunes ou présentant déjà des mutations ou des facteurs de risque. En théorie, ce n’est pas la population cible du dépistage organisé.Les conséquences psychologiques, en particulier l’anxiété des femmes dont la mammographie est « douteuse » et qui doivent attendre le résultat de nombreux examens complémentaires (échographie, biopsie, etc.) avant d’écarter un risque de cancer.Lire aussi : Cancer du sein : fait-on trop de mammographies ?
Pourquoi la campagne « Octobre rose » est-elle décriée ?
La controverse scientifique sur le « bénéfice-risque du dépistage », évoquée par l’Institut national du cancer, n’est pas abordée lors des nombreuses manifestations d’« Octobre rose », une opération de communication sur le cancer du sein organisée chaque année au mois d’octobre, avec le soutien de la Ligue contre le cancer.
Cette campagne, venue des Etats-Unis, a été lancée en France en 1994 par le groupe cosmétique Estée Lauder et le magazine Marie Claire pour promouvoir le dépistage. Elle bénéficie du soutien médiatique et financier de nombreuses marques commerciales, parfois taxées de « pinkwashing » — c’est-à-dire de s’associer à une cause pour améliorer leur image.
Un collectif de médecins indépendants s’est organisé en 2015, sous le nom de Cancer rose, pour dénoncer, à l’aide de brochures et de vidéos, « les messages officiels extrêmement incitatifs » et les campagnes commerciales qui vantent un dépistage « ne reposant pourtant sur aucune donnée fiable et pertinente », fondés sur des injonctions culpabilisatrices plutôt que sur l’information objective des femmes.

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Faut-il arrêter dépistage et mammographie ?
Même les médecins les plus critiques ne jettent pas aux orties le dépistage en tant que tel, mais son aspect systématique et imposé à toutes les femmes qui ne présentent aucun risque particulier. Ils demandent que les avantages et les inconvénients soient expliqués aux patientes pour qu’elles puissent choisir en connaissance de cause de pratiquer ou non cet examen.

        La tribune :
         

          Dépistage du cancer du sein : « L’information des femmes doit être loyale, complète et compréhensible »



Le suivi uniquement individuel n’est pas toujours plus facile à mettre en place, et peut engendrer des inégalités sociales face à la prévention, comme le note dans Le Monde Suzette Delaloge, oncologue à l’institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne).

        La tribune :
         

          Dépistage du cancer du sein : « il faut prévenir les risques d’inégalité d’accès à la prévention et au dépistage »



Par ailleurs, le dépistage du cancer du sein ne passe pas obligatoirement par la mammographie. Une première étape consiste à effectuer des palpations régulières des seins. C’est d’ailleurs ce qui est recommandé pour les femmes de moins de 50 ans, afin d’éviter les effets néfastes des excès de radiations. Dans tous les cas, la mammographie est considérée comme nécessaire par les médecins en tant qu’outil de diagnostic, c’est-à-dire de vérification d’un risque décelé auparavant.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.
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Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.



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 |    01.10.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 16h53
    |

            Hervé Morin








                        



   


Un début de polémique est né sur la façon dont l’alerte tsunami a été gérée, vendredi 28 septembre, dans les minutes qui ont suivi le séisme ayant fait près de mille morts dans la région de Palu, sur l’île de Sulawesi, en Indonésie. Les autorités indonésiennes ont-elles levé l’alerte trop tôt ? Un système de capteurs plus performant, et surtout opérationnel, aurait-il sauvé des vies ?
Le séisme est survenu à 18 h 2 (heure locale). L’Agence météorologique, climatologique et géophysique indonésienne (BMKG) a décrit le déroulement des faits dans un communiqué, au lendemain de la catastrophe. L’analyse des données sismiques par le BMKG a quasiment instantanément engendré une alerte tsunami, estimant que la vague mesurerait entre 0,5 et 3 mètres et arriverait à Palu à 18 h 22. Le marégraphe de Mamuju, situé au sud, bien plus loin de l’épicentre, a enregistré une montée des eaux de 6 centimètres seulement à 18 h 27, laissant supposer qu’une vague de faible ampleur était déjà passée à Palu. L’alerte a donc été levée à 18 h 36.
L’agence Associated Press a évoqué les regrets de chercheurs impliqués dans un projet de système de détection précoce, encore expérimental. S’appuyant sur des capteurs posés au fond de la mer et des communications par fibre optique, il n’a pas bénéficié de financements suffisants pour être opérationnel. Par ailleurs, un réseau plus ancien de bouées DART (Deep-ocean Assessment and Reporting of Tsunamis, détection de tsunamis en eau profonde) est, lui, totalement en déshérence en Indonésie, en raison de vols de ses composants coûteux et de dégradations par les pêcheurs.
Faible distance
Cependant, pour Rémy Bossu, directeur du European Mediterranean Seismological Center, qui a participé à la conception du système d’alerte tsunami en Méditerranée, la présence de ces bouées, conçues pour détecter les grands tsunamis transocéaniques, « n’aurait probablement rien changé dans ce cas », en raison de la faible distance entre le séisme et les zones côtières sinistrées. Même à l’échelle d’un bassin comme la Méditerranée, l’installation de telles bouées, très onéreuses et demandant une lourde maintenance, n’est pas envisagée : la distance du tremblement de terre doit être suffisamment grande pour que les capteurs distinguent l’arrivée de l’onde sismique de celle de la vague.
En France métropolitaine, le système d’alerte tsunami, géré par le Commissariat à l’énergie atomique et énergies alternatives (CEA) depuis 2012, a été conçu pour informer la protection civile dans un délai de quinze minutes, en se fondant sur des données de capteurs sismiques et des marégraphes. Le scénario envisagé est celui d’un mur d’eau engendré par un séisme sur les côtes algériennes — ce qui constitue l’aléa le plus probable. Le tsunami mettrait alors soixante-quinze à quatre-vingt-dix minutes à arriver sur les côtes françaises.
Palu n’étant située qu’à quatre-vingts kilomètres de l’épicentre, le délai d’arrivée du tsunami était bien plus court. Le 1er octobre, le BMKG a même précisé, sur la foi d’une vidéo virale montrant l’arrivée du tsunami à Palu, que celui-ci avait frappé la ville entre 18 h 10 et 18 h 13. Cela pourrait conforter l’hypothèse qui circule désormais parmi la communauté des sismologues : le tsunami n’aurait probablement pas été engendré par une brusque rupture verticale de la croûte terrestre au fond de l’océan — comme lors du séisme du Tohoku, au Japon, en 2011.
« Glissement de terrain sous-marin »
A Célèbes, où les plaques ont coulissé horizontalement, « c’est plutôt un glissement de terrain sous-marin engendré par le séisme, qui est suspecté », dit Rémy Bossu. Une vidéo aérienne pourrait aussi renforcer cette thèse : reprise sur un fil Twitter spécialisé dans l’analyse des séismes, elle est censée avoir été prise d’un avion quittant Palu au moment du tremblement de terre, et montre plusieurs vagues qui semblent émaner de la côte à la suite de mouvements de terrain.

Just obtained video taken from the flight that left #Palu #PLWairport during the #earthquake. Note the "weird wave… https://t.co/V3g0sDRgJ8— GerryS (@Gerry Soejatman)


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Des effondrements sous-marins, encore plus difficiles à déceler, et parfois décalés dans le temps, peuvent aussi engendrer localement un mur d’eau dévastateur. En outre, « la bathymétrie locale a toujours des effets majeurs », note Rémy Bossu. En l’espèce, Palu se situe au fond d’une baie en entonnoir, propre à favoriser l’élévation d’un tsunami.
Sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), Robin Lacassin juge, lui aussi, que la polémique sur la défaillance du système d’alerte est « vaine » : « En champ très proche, ce qui compte c’est la réaction immédiate et spontanée de la population lorsqu’elle ressent un gros séisme. Donc sa compréhension, qui passe évidemment par l’éducation et l’entraînement, note le chercheur. Les systèmes d’alerte sont par contre très utiles à des distances plus importantes, où le séisme ne va pas être ressenti, ou faiblement. »
En définitive, à proximité d’un séisme, c’est le tremblement de terre lui-même qui constitue l’alerte tsunami : « Le message de prévention, près des côtes, c’est que dès lors que vous ressentez une secousse durant plus de trente secondes, ou que vous avez du mal à tenir debout lors du séisme, il faut gagner les hauteurs », dit Rémy Bossu.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les représentants du personnel rencontraient lundi le nouveau directeur général de la compagnie aérienne pour relancer le dialogue sur la question centrale des salaires. Ils ont jugé la réunion « franche et directe ».
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Air France : Benjamin Smith a rencontré pour la première fois l’intersyndicale

Les représentants du personnel rencontraient lundi le nouveau directeur général de la compagnie aérienne pour relancer le dialogue sur la question centrale des salaires. Ils ont jugé la réunion « franche et directe ».



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 14h09
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 18h17
   





                        


L’ex-numéro deux d’Air Canada a décidé de faire de la résolution du conflit social qui agite la compagnie aérienne française depuis le début de l’année sa priorité. Deux semaines seulement après son arrivée à la direction exécutive d’Air France-KLM, Benjamin Smith a rencontré pour la première fois, lundi 1er octobre, l’intersyndicale en vue de relancer le dialogue sur la question cruciale des salaires, en suspens après une série de grèves et la démission, jeudi dernier, du précédent patron du groupe, Franck Terner.
A la sortie de cette rencontre, les représentants du personnel ont qualifié la réunion de « franche et directe ». « L’intersyndicale lui a réaffirmé sa revendication salariale d’un rattrapage de 5,1 % pour l’ensemble des salariés d’Air France et la nécessité de solder le conflit en cours très rapidement », a dit en leur nom Françoise Redolfi, représentante de l’UNSA-PNC, lisant une brève déclaration.
« C’était une réunion de contact », a déclaré à quelques journalistes Joël Le Jeannic, de SUD-Aérien, en appelant à la patience avec le nouveau dirigeant. « Il n’est là que depuis quinze jours, il faut quand même être raisonnable. » « Pour nous, ça bouge dans le bon sens », parce qu’« on est reçus », a-t-il relevé, tout en disant qu’il faudra « juger sur les actes ».
Départ de Gilles Gateau
Le départ du directeur général d’Air France, qui était en première ligne dans les négociations tendues avec l’intersyndicale au premier semestre, signale un nouveau cycle dans les discussions sur les salaires. D’autant que c’est Ben Smith lui-même qui le remplace à ce poste, un intérim censé durer au maximum jusqu’à la fin de décembre, le temps de lui trouver un remplaçant.
Autre départ annoncé lundi matin : celui de Gilles Gateau, directeur général adjoint de la compagnie, chargé des ressources humaines. Cet ancien collaborateur de Manuel Valls à Matignon, très contesté par l’intersyndicale, cessera ses fonctions le 12 octobre « avant de quitter l’entreprise », selon des sources syndicales reprenant une communication interne.
Composée d’organisations de pilotes (SNPL et Alter), d’hôtesses et de stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et du personnel au sol (CGT, FO et SUD), l’intersyndicale réclame toujours une hausse générale des salaires de 5,1 %, correspondant à l’inflation sur la période 2012-2017. Si M. Smith a déjà rencontré séparément plusieurs syndicats représentatifs, dont la CFE-CGC, la CFDT et le SNPL, premier syndicat des pilotes d’Air France, l’intersyndicale lui permettra de s’entretenir avec des syndicats non représentatifs et d’aborder directement la question des salaires.

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La partie sera serrée
La partie sera serrée. Quinze journées de grève de février à mai ont coûté 335 millions d’euros à la compagnie, et le conflit a débouché sur la démission de Jean-Marc Janaillac, désavoué par le personnel lors d’une consultation sur un accord salarial lancée par la direction.
L’annonce de la rémunération de Ben Smith, nommé le 16 août après trois mois de laborieuses recherches, avait fait grincer des dents du côté des salariés, et la nationalité étrangère du dirigeant de 47 ans avait été décriée par certains syndicats. Depuis sa prise de fonctions, M. Smith a tenté de montrer patte blanche, tant auprès des représentants du personnel que des salariés, en allant très vite à la rencontre des syndicats et en promettant en français, dans une vidéo interne, d’investir 50 % de sa rémunération fixe en titres du groupe.

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                Les défis de Benjamin Smith, nouveau pilote d’Air France-KLM



Exaspérés par un dialogue salarial au point mort depuis le printemps et six ans de gel des salaires, les syndicats veulent des avancées rapides. « On attend quelque chose de cette réunion, on va voir la tonalité » qu’elle prendra, a déclaré Pierrick Palanque, membre du bureau du SNPL Air France, juste avant la rencontre. « Ce sera décisif », a-t-il dit, soulignant que l’intersyndicale se concerterait ensuite. Quant à Christophe Malloggi, de FO, il espère « une nouvelle dynamique » dans les négociations sur les salaires. La CGT a pour sa part averti que « la proposition que fera Benjamin Smith » lors de la réunion avec l’intersyndicale « sera déterminante sur la relance ou le solde du conflit », se disant « prête à repartir au combat ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Rencontre en prison avec le dirigeant nationaliste Raül Romeva, qui attend son procès pour rébellion, un an après le référendum.
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Le combat des « prisonniers politiques » catalans

Rencontre en prison avec le dirigeant nationaliste Raül Romeva, qui attend son procès pour rébellion, un an après le référendum.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 18h50
    |

            Sandrine Morel (Sant Joan de Vilatorrada, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Nous vous voulons libres », « Honte à l’Europe », « Ce sont des gens pacifiques », ou encore « Sans désobéissance, il n’y a pas d’indépendance ». A 70 kilomètres au nord de Barcelone, à l’intérieur des terres, la petite route à travers champs qui mène au centre pénitentiaire Lledoners est couverte de messages peints au sol et décorée de rubans jaunes. Imprimés au pochoir sur le bitume ou bouts de plastique accrochés aux arbres et aux barrières, ces slogans symbolisent le soutien aux « prisonniers politiques ».
C’est ici, sur la petite commune de Sant Joan de Vilatorrada, que sept des neufs dirigeants indépendantistes, accusés de rébellion après la tentative de sécession d’octobre 2017, se trouvent incarcérés, placés en prison préventive dans l’attente du procès qui se tiendra cet hiver. Certains, depuis presque un an.
Trois médias européens, dont Le Monde, ont eu accès à la prison, dimanche 30 septembre, pour discuter avec Raül Romeva, l’ancien « ministre » catalan des affaires extérieures. A l’entrée, il faut laisser dans un casier téléphone, stylo et cahier. Après un passage par un sas de sécurité, il faut encore franchir le contrôle des visiteurs.
« La prison pouvait faire partie de notre lutte, et nous le savions », explique Raül Romeva, ancien ministre catalan des affaires extérieures
Dans la grande salle d’attente aux murs jaunâtres, une femme élégante, robe crème et hauts talons, habituée des plateaux de télévision, porte dans ses bras un petit garçon de 18 mois. Il s’agit de Txell Bonet, la compagne de Jordi Cuixart, l’ancien président de l’association indépendantiste Omnium Cultural.
Leur fils n’avait que 6 mois lorsque, le 16 octobre 2017, l’Audience nationale a placé M. Cuixart en prison préventive, avec Jordi Sanchez, ex-président de l’association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC). « Nous avons droit à un appel par jour de huit minutes et à une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Aux Etats-Unis, les forces de l’ordre ne peuvent pas forcer un suspect à fournir un mot de passe. Mais la fonction FaceID de l’iPhone X permet de déverrouiller un iPhone juste en le regardant.
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Le FBI force un suspect à déverrouiller un iPhone X avec la reconnaissance faciale

Aux Etats-Unis, les forces de l’ordre ne peuvent pas forcer un suspect à fournir un mot de passe. Mais la fonction FaceID de l’iPhone X permet de déverrouiller un iPhone juste en le regardant.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 12h18
   





                        


C’est le premier cas connu du genre. En août, le FBI a forcé un suspect à déverrouiller son iPhone avec la reconnaissance faciale, rapporte Forbes. Une fonctionnalité rendue possible avec l’iPhone X, sorti fin 2017.
Aux Etats-Unis, on ne peut pas forcer un suspect à fournir un mot de passe. Les forces de l’ordre disposant d’un mandat de perquisition les autorisant à fouiller dans un téléphone doivent donc trouver d’autres moyens, techniques, pour accéder à son contenu – ce qui n’est pas forcément évident si celui-ci est sécurisé avec des technologies robustes.
Ce qui est le cas des iPhone d’Apple, qui ont progressivement inclus des fonctions de déverrouillage de son smartphone avec le corps (empreinte digitale, reconnaissance d’iris ou reconnaissance faciale). La police américaine bénéficie ici d’un flou juridique, qui lui a déjà permis à plusieurs reprises de forcer un suspect à déverrouiller son téléphone avec son empreinte digitale –, la technique a même été utilisée sur des personnes mortes.
Pédopornographie
En revanche, FaceID, le dispositif de l’iPhone X, n’est pas censé fonctionner avec les morts : il faut que le propriétaire du téléphone le regarde « activement » pour le déverrouiller. Le cas rapporté par Forbes concerne un Américain de 28 ans, suspecté de consommer des contenus pédopornographiques. En août, le FBI a perquisitionné son logement à Colombus, dans l’Ohio, et l’a forcé à déverrouiller son téléphone grâce à FaceID. Les agents ont ainsi pu consulter manuellement le contenu du téléphone.
L’accès des forces de l’ordre au téléphone d’un suspect a été à l’origine d’un difficile bras de fer entre Apple et le FBI en 2016. L’agence fédérale voulait récupérer les informations présentes dans le téléphone, verrouillé, d’un des suspects de l’attentat de San Bernardino. Apple a toujours refusé de coopérer dans ce dossier, arguant que créer un logiciel permettant de contourner le dispositif de sécurité des iPhone affaiblirait celle de tous ses utilisateurs. Le FBI s’était, finalement, passé de l’aide d’Apple grâce à « l’assistance d’un tiers », avait alors annoncé la justice américaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ L’Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo ont été récompensés conjointement pour leurs travaux sur l’immunothérapie.
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Le Nobel de médecine récompense des recherches sur le traitement du cancer

L’Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo ont été récompensés conjointement pour leurs travaux sur l’immunothérapie.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 16h37
    |

            Paul Benkimoun








                        


Le prix Nobel de physiologie et médecine 2018 a été attribué à l’Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs découvertes ayant permis de faire avancer la connaissance dans le traitement du cancer, a annoncé lundi 1er octobre l’Académie royale des sciences de Suède.
« Allison et Honjo ont montré comment différentes stratégies d’inhibition des freins du système immunitaire pouvaient être utilisées dans le traitement du cancer. »

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Chacun de son côté, les deux scientifiques se sont évertués à « lâcher les freins » et « appuyer sur les bonnes pédales d’accélération » du système immunitaire de façon à lui permettre de « neutraliser des micro-organismes étrangers », a précisé le jury Nobel. James P. Allison, 70 ans, professeur d’immunologie au centre du cancer de l’université du Texas, a réagi après avoir été contacté par l’agence de presse suédoise TT :
« J’en rêvais, mais je ne pensais pas que cela se réaliserait. Ça me semblait trop gros. »
M. Allison et Tasuku Honjo, 76 ans, professeur à l’université de Kyoto, avaient déjà reçu conjointement en 2014 le prix Tang, présenté comme la version asiatique des Nobel.
Les cancers se développent en prenant en défaut notre système immunitaire, chargé de défendre l’organisme contre les aggressions. Celui-ci est capable de reconnaître une tumeur maligne, mais les lymphocytes T cytotoxiques, des globules blancs spécialisés, ne parviennent pas à l’éliminer. Cela est dû à l’environnement tumoral qui dérègle le mécanisme d’activation des lymphocytes T. Il les empêche de migrer vers la tumeur et de l’attaquer. Cette action inhibitrice vis-à-vis des cellules du système immunitaire est notamment due à une protéine dite CTLA-4. Les travaux de James Allison se sont focalisés sur la mise au point d’un anticorps monoclonal, l’Ipilimumab, spécifiquement dirigé contre la protéine CTLA-4.
Les premiers tests pratiqués à partir de 2004 chez des patients atteints d’un mélanome ont montré qu’avec cet anticorps anti-CTLA-4, les attaques des lymphocytes cytotoxiques T contre les cellules tumorales redevenaient efficaces. Cela se traduisait par un net bénéfice sur la survie et même certaines rémissions sur des formes déjà métastasées de mélanome. C’était la première fois que cette approche baptisée « thérapie des checkpoints immunologiques » était testée chez l’homme. Comme elle n’est pas spécifique d’un type de cancer mais agit en réactivant les cellules agissant contre le cancer, elle a pu être appliquée à d’autres types de tumeurs que le mélanome. La notion de « checkpoint » (ou point de contrôle) immunologique fait référence à un mécanisme visant à empêcher une suractivation des cellules immunitaires, qui serait préjudiciable.
En parallèle aux recherches de James Allison sur l’anticorps anti-CTLA-4 dans le mélanome, l’autre lauréat du Nobel de médecine, Takusu Honjo a lui aussi mis en évidence le rôle inhibiteur d’une protéine présente sur les cellules immunitaires, mais il s’agit d’un autre point de contrôle que celui sur lequel a travaillé James Allison. Takusu Honjo s’est intéressé à la protéine PD-L1, présente sur les cellules tumorales et qui se lie à un récepteur PD-1 porté par les lymphocytes T. Ce faisant, elle bloque le mécanisme de mort programmée, qui permet la destruction des cellules malades. Le terme anglo-saxon « PD » (« programmed death ») signifie « mort programmée ». L’utilisation de molécules anti-PD-1 ou anti-PD-L1 parvient à lever l’inactivation des lymphocytes T qui vont ainsi jouer leur rôle de défense. Ces nouvelles molécules commencent à démontrer un grande efficacité anticancéreuse.
Pas de prix de littérature cette année
Le Nobel de médecine était allé l’an dernier à trois généticiens américains, dont l’étude de l’horloge biologique éclaire l’adaptation du corps au cycle du jour et de la nuit, les troubles du sommeil et leurs effets sur la santé. Les derniers Français honorés dans cette discipline sont Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, en 2008, pour avoir identifié en 1983 le virus du sida.
Le Nobel de médecine est le premier des prix Nobel décernés chaque année. Les prix en science, littérature et paix ont été créés à l’initiative de l’inventeur de la dynamite, Alfred Nobel, et sont décernés depuis 1901. Les prochains prix seront :
La physique, le 2 octobreLa chimie, le 3 octobreLa paix, le 5 octobreL’économie, le 8 octobre
Le prix Nobel de littérature ne sera pas remis cette année en raison d’une affaire d’inconduite sexuelle liée au mouvement #metoo.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ De retour des Antilles, le chef de l’Etat s’est confié au « Monde ». Il revendique un « parler vrai », mais nie toute arrogance vis-à-vis des Français.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Emmanuel Macron : « Je ne suis pas parfait, il y a des choses qu’il faut corriger »

De retour des Antilles, le chef de l’Etat s’est confié au « Monde ». Il revendique un « parler vrai », mais nie toute arrogance vis-à-vis des Français.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h32
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« Je suis régénéré ! » Dans l’Airbus présidentiel qui file vers Paris dans la nuit du 30 septembre, assis derrière son bureau en cuir, Emmanuel Macron savoure le moment. Les quatre jours qu’il vient de passer aux Antilles l’ont « conforté dans le combat » qu’il mène à la tête du pays, assure-t-il au Monde. « Nous avons vu, dans les territoires français qu’on vient de parcourir, les symptômes et les conséquences du changement climatique et des inégalités dans la mondialisation, deux sujets qui étaient au cœur de mon intervention à New York en début de semaine », explique-t-il.
Mais le chef de l’Etat n’est pas là pour défendre sa politique climatique. Il veut faire passer un message. Il le sait, son action est contestée, les sondages ne sont pas bons, son image est en berne. Alors il veut rassurer les Français comme ses propres troupes. A l’entendre, Emmanuel Macron n’est pas surpris par les difficultés. « C’est normal parce que nous sommes à un moment du quinquennat où le changement immédiat n’est pas automatiquement perceptible pour tous les Français », estime-t-il. C’est pour cela qu’il doit faire de la pédagogie, encore et toujours. « Si on n’explique pas, les gens ne voient pas ce qui est en train d’être fait. »
Mais le président de la République veut aussi montrer qu’il « observe, écoute, entend », qu’il n’est pas isolé dans sa tour d’ivoire de l’Elysée, comme certains le dépeignent y compris parmi ses soutiens. « Je l’ai dit, je ne suis pas parfait, il y a des choses qu’il faut corriger, qu’il faut expliquer différemment parce que quand il y a des choses que les gens ne comprennent pas, c’est de notre faute », veut-il convaincre.

« Je ne fais rien de calculé »
On le dit trop à droite ? « Je place la lutte contre la pauvreté au cœur de mon engagement et de mon combat », assure au contraire le chef de l’Etat, qui refusait jusqu’ici de parler de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’ancien PDG de Danaher sera chargé de redresser le groupe américain, plombé par les difficultés de sa division énergie.
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En difficulté, le groupe General Electric nomme un nouveau PDG

L’ancien PDG de Danaher sera chargé de redresser le groupe américain, plombé par les difficultés de sa division énergie.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h40
   





                        



   


Le groupe américain General Electric (GE), qui rencontre d’importantes difficultés, a annoncé lundi 1er octobre la nomination surprise d’un nouveau PDG. Lawrence Culp, 55 ans, remplace John Flannery, poussé vers la sortie : le conseil d’administration espère qu’il arrivera à accomplir pour General Electric ce qu’il a réussi à faire à son poste de PDG de Danaher entre 2000 et 2014.
Il a transformé une entreprise essentiellement industrielle en « une société leader en science et technologie », dit le communiqué de GE, dont Lawrence Culp était membre du conseil d’administration depuis avril 2018.
Pour faire bonne mesure, le groupe a révisé à la baisse sa prévision de bénéfice par action pour 2018, à cause des déboires de sa division énergie, longtemps le fleuron du groupe, qui ne parvient pas à se remettre de la chute des prix de l’électricité de gros et de l’effondrement des commandes de turbines, qu’elle n’a pas su anticiper.
Les performances de cette division — qui comprend une grande partie de l’ancien fleuron français Alstom racheté au plus fort en 2014 — ayant été encore plus mauvaises que prévu, GE a aussi annoncé qu’il devrait inscrire une charge exceptionnelle, qui pourrait atteindre 23 milliards de dollars (19,8 milliards d’euros), selon un communiqué.
Plan d’économies de 2 milliards de dollars
Le conseil d’administration a également nommé Thomas Horton, ancien PDG de la première compagnie aérienne américaine American Airlines, directeur principal.
A la fin de juin, John Flannery avait lancé un plan d’économies de 2 milliards de dollars et de restructuration pour se concentrer sur l’aéronautique, l’électrique et les énergies renouvelables, donner l’indépendance à sa division santé et sortir du capital de sa filiale de services pétroliers Baker Hughes.
Outre les divisions énergie et de services pétroliers affectées par des suppressions d’emplois, GE taille tous azimuts, notamment dans ses frais généraux. Il a renoncé récemment à son engagement de créer un millier d’emplois d’ici à la fin de 2018 en France, malgré les critiques de la classe politique française. Cette cure d’austérité s’accompagnait d’un plan de cessions d’actifs évalués à quelque 20 milliards de dollars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Il est le boute-en-train du bord de touche depuis plus de vingt ans sur Canal+. L’ancien joueur se coule dans un rôle d’histrion sympathique pour les uns, pénible pour les autres, raconte notre chroniqueur Jérôme Latta.
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Laurent Paganelli, à rire ou à pleurer ?

Il est le boute-en-train du bord de touche depuis plus de vingt ans sur Canal+. L’ancien joueur se coule dans un rôle d’histrion sympathique pour les uns, pénible pour les autres, raconte notre chroniqueur Jérôme Latta.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 14h16
    |

                            Jérôme Latta








                        



   


Chronique. On n’a pas entendu sa voix dimanche soir lors de la diffusion de Lille-Marseille sur Canal +. A la suite d’un échange un peu vif avec son collègue Stéphane Guy, commentateur de Lyon-Marseille la semaine précédente, Laurent Paganelli a pris quelques jours de repos, sans que l’on sache vraiment s’il s’agit d’une décision de sa part ou d’une sorte de mise à pied. Peu importe.
La longévité télévisuelle de celui qui a fêté, en décembre dernier, ses vingt ans d’antenne sur la chaîne autrefois cryptée, toujours au poste de « journaliste de terrain », contraste avec sa carrière de footballeur professionnel, à la fois précoce et écourtée. Plus jeune joueur de première division (15 ans et dix mois) pour ses débuts avec l’AS Saint-Étienne en 1978, il retomba vite dans un anonymat dont il ne ressortit que bien après le terme de celle-ci.
Devenir « Paga »
Lorsqu’il effectue ses débuts cathodiques fin 1997, il est alors en proie à des difficultés personnelles et on n’aurait pas parié sur une telle persistance. « Homme de terrain » est un poste ingrat et subalterne, une discutable spécificité française inimaginable dans beaucoup de pays, dont la valeur ajoutée ne peut osciller qu’entre le néant et l’insignifiant. Vincent Hardy y disparut, Pascal Praud s’en éleva jusqu’aux cimes médiatiques que l’on connaît. Laurent Paganelli, lui, choisit de s’y installer.
A cette place, il se composa immédiatement un personnage – une faculté au fondement de nombreuses carrières télévisuelles – dont il ne dévia jamais. A coups de petites blagues et d’interviews burlesques, il devint « Paga », l’éternel boute-en-train du bord de touche.
Prenant parti de l’inanité de sa mission, il la transforma en exercice de dérision. Renonçant notamment à obtenir l’impossible (c’est-à-dire des propos intéressants de la part de joueurs sur le banc ou de leurs collègues au sortir de la pelouse), il opta pour un tutoiement décomplexé et des questions inextricables, ces échanges rigolards se concluant généralement par le fameux « En tout cas, on te le souhaite ».
Espéranto improvisé
Il y a de plus grands sujets de clivages dans le football, mais Paganelli divise assez radicalement. D’un côté, ceux qui lui savent gré de sa « fraîcheur » et des moments de rigolade offerts dans un univers de plus en plus balisé. De l’autre, ceux qui ne voient en lui qu’un cabotin exécutant un numéro éculé afin de masquer une expertise limitée. Pour ceux-ci, ses interviews menées avec les joueurs étrangers dans un espéranto improvisé relèvent d’une bouffonnerie irrespectueuse et gênante.
Il est vrai que le malaise n’est jamais très loin. Les blagues peuvent tomber à plat et la légèreté tourner à la désinvolture. Alors que d’autres diffuseurs disposent d’homologues multilingues, comme beIN Sports avec Anne-Laure Bonnet, Canal+ continue à jouer la carte de l’amateurisme sympathique.
Quand il interroge le néo-Marseillais Kevin Strootman (« Ze player of ze match, today. Grande rougador you »), cette énième version d’un sketch patenté évoque l’interview de Françoise Sagan par Pierre Desproges en 1975 : un moment entre gêne et comique auquel on ne sait trop comment réagir. L’interviewé en premier lieu, qui tente de donner un sens à des questions qui n’en ont pas… et se replie vers des réponses toutes faites.

Syndrome du rigolo
Au moins se passe-t-il quelque chose. Il ne s’est rien passé près des bancs lillois et marseillais, dimanche soir, avec son remplaçant Rémy Vercoutre, gardien fraîchement retraité pourtant réputé pour ses sorties hasardeuses.
Peut-être Laurent Paganelli aimerait-il s’arracher au syndrome du rigolo, être pris un peu plus au sérieux. Il n’a cependant pas vraiment essayé de sortir de son rôle, lors de ses essais comme chroniqueur chez Laurent Ruquier en 2008 (Europe 1) ou protagoniste de rubriques potaches (« Le défi de Paga », à la même époque sur Canal). Et quand il lance son compte Twitter en juillet dernier, c’est encore pour faire le mariole…
L’incident de Marseille a pourtant montré que sa sensibilité affleure, qu’elle fait écho aux souffrances du prodige aux ailes brûlées – qu’il a parfois confiées. « C’est bon, la prochaine fois, je ne dirai plus rien », avait lâché Paga en conclusion de son accrochage. C’est peu probable : le différend semble réglé avec Stéphane Guy, qui lui a adressé un message aimable dimanche, et il pourrait retrouver sa place dès le week-end prochain. En tout cas, on le lui souhaite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le Français de 72 ans est à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.
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En Suède, le Français Jean-Claude Arnault condamné à deux ans de prison pour viol

Le Français de 72 ans est à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 17h18
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Le timing est symbolique. A 11 h 30, lundi 1er octobre, la semaine des Nobel s’est ouverte avec l’attribution du prix de physiologie et médecine à l’Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo ; une demi-heure plus tôt, le tribunal de Stockholm condamnait à deux ans de prison ferme, pour viol, le Français Jean-Claude Arnault, 72 ans, à l’origine du scandale ayant entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018, qui aurait dû être décerné cette semaine.
Marié à la poétesse et académicienne Katarina Frostenson, cette figure de la scène culturelle stockholmoise, à la personnalité nébuleuse, avait été jugée du 19 au 24 septembre pour deux viols commis sur une même femme, à l’automne 2011. La plaignante, dont l’identité n’a pas été révélée, avait témoigné dans les pages du quotidien Dagens Nyheter, le 21 novembre 2017, avec dix-sept autres femmes accusant le Français de viols et d’agressions sexuelles.
Sept plaintes déboutées
Huit avaient ensuite porté plainte. Sept ont été déboutées, les faits étant prescrits ou les preuves jugées insuffisantes. Il n’en restait plus qu’une, qui accusait Jean-Claude Arnault de l’avoir forcée à poursuivre contre sa volonté un rapport sexuel oral d’abord consenti, dans la nuit du 5 au 6 octobre 2011, dans sa garçonnière de Stockholm. Puis de l’avoir à nouveau violée entre le 2 et le 3 décembre alors qu’elle dormait dans le même appartement.
Jean-Claude Arnault risquait de deux à six ans d’emprisonnement. Le parquet avait requis trois ans. Il a finalement été condamné à deux ans d’incarcération, reconnu coupable du premier viol, mais acquitté du second, faute de preuves permettant d’établir si la plaignante dormait. La loi suédoise a été durcie depuis, mais le Français était jugé selon la législation en vigueur en 2011, ce qui explique l’acquittement partiel et la peine pouvant paraître légère au regard des faits.

        Lire aussi notre article d’avant le procès :
         

          Mission épineuse pour la justice suédoise



La juge Gudrun Antermar a estimé que le récit de la plaignante était « clair et détaillé », qu’elle avait « pris garde de ne pas exagérer » et que rien n’indiquait « qu’elle ait voulu mentir ». Par ailleurs, son témoignage est confirmé par « de nombreuses personnes qui, dans différents contextes et indépendamment, l’ont entendu en parler ». Au total, sept témoins ont été appelés à la barre : plusieurs proches, un ex-petit ami et un psychothérapeute auxquels la victime s’est confiée dès l’automne 2011.f
La condamnation du Français ne faisait plus guère de doute depuis son placement en détention préventive, lundi 24 septembre, à la demande du parquet. La mesure extrêmement rare visait à éviter à tout prix une nouvelle affaire Assange, du nom du fondateur de Wikileaks, accusé de viol et d’agressions sexuelles en Suède – blanchi depuis –, qui s’était réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres.
L’avocate de la plaignante, Elisabeth Massi Fritz, salue un verdict qui donne « espoir et confiance » dans le système judiciaire suédois et doit encourager les victimes à porter plainte : « Aucune ne doit rester silencieuse et aucune ne doit ressentir de la culpabilité ou de la honte. »
Le verdict « redonne du poids à #metoo »
La journaliste Matilda Gustavsson, auteure de l’article publiée le 21 novembre 2017 dans Dagens Nyheter, souligne l’importance de la condamnation « pour les nombreuses femmes touchées mais dont les expériences ne seront jamais jugées par un tribunal ». Le verdict, dit-elle, « redonne du poids à #metoo ».
En Suède, le mouvement avait eu un retentissement inégalé à l’automne 2017, avec la publication de tribunes dans lesquelles témoignaient plus de 60 000 femmes, regroupées en 70 professions. On avait alors comparé #metoo au droit de vote accordé aux femmes. Mais jusqu’alors, le seul procès contre un animateur télé poursuivi pour viol avait débouché sur un non-lieu, faute de preuves. Jean-Claude Arnault, pour sa part, a annoncé qu’il souhaite faire appel.

        Lire aussi :
         

          Les mystères de Jean-Claude Arnault, accusé du premier grand procès de l’ère #metoo






                            


                        

                        


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Compte rendu

A la tête de WIA, Hafsat Abiola veut créer « un monde nouveau » pour les femmes africaines

Soutenir et faire rayonner les jeunes entrepreneuses du continent, c’est l’ambition de la Nigériane, diplômée de Harvard, qui a succédé en juin à Aude de Thuin.

Maryline Baumard (Marrakech, envoyée spéciale)
    



LE MONDE
              datetime="2018-10-01T15:47:58+02:00"

        Le 01.10.2018 à 15h47






    
Depuis juin, Hafsat Abiola est à la tête du Women in Africa.
Crédits : RÉMI SCHAPMAN


Elle est de ces oratrices qui tissent d’instinct un fil avec son auditoire. A la tribune du Women in Africa (WIA), les 27 et 28 septembre à Marrakech, Hafsat Abiola a littéralement envoûté son public. A chacune de ses interventions, sa voix de miel commençait par faire tendre l’oreille à la salle, puis la finesse de son propos accrochait l’attention avant que la nouvelle présidente du WIA ne referme ce cercle des mots pour hypnotiser son auditeur. Hafsat Abiola, la diplômée de Harvard, joue sur toutes les formes d’intelligence, mêlant la douceur et l’empathie à l’exigence intellectuelle.

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                A Marrakech, les femmes font les affaires de l’Afrique



Depuis juin, cette militante nigériane des droits humains a pris la tête de la WIA, première plate-forme digitale de développement économique et d’accompagnement des femmes africaines leaders et à haut potentiel. Cette initiative, qui parie sur les femmes africaines pour faire décoller le continent, tenait là son deuxième forum à Marrakech.
L’Afrique pour l’Afrique
En prenant le relais de la femme d’affaires Aude de Thuin, qui a fondé le WIA et le présidait jusqu’alors, Hafsat Abiola endosse la mission de faire grandir l’initiative et de l’installer dans le temps. Pour cela, toutes deux vont engager ensemble « un tour du monde des financeurs et des femmes ». Il s’agit de trouver des partenaires prêts à parier sur les femmes du continent et d’en « rencontrer d’autres pour créer des réseaux, les mettre en lien et empêcher que les plus fragiles ne lâchent, se sentant trop seules », rappelle Hafsat Abiola.
Déjà, après deux saisons, se dessine une frontière entre l’Afrique anglophone et la francophone. Dans la première, la gent féminine a une longueur d’avance en termes de créations d’entreprises, un sujet qui inquiète le WIA. « Nous devons juger sur les mêmes critères les entreprises à aider sur le continent. Pourtant, les besoins ne sont pas identiques, observe Aude de Thuin. A nous donc d’inventer une manière de s’adapter à chaque région en restant justes. »

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                Education, santé, inégalités : en Afrique, un développement humain à plusieurs vitesses



Même si les temps ont changé, Aude de Thuin garde en tête le modèle du Women’s Forum qu’elle a créé ex nihilo en 2005 et hissé en deux ans parmi les cinq forums les plus influents dans le monde, selon le Financial Times. Une success story qui n’est plus la sienne puisqu’elle a revendu l’événement, mais qui pourrait servir de matrice à son nouveau rêve.
L’entrepreneuse, qui toute sa vie a su tourner la page pour écrire d’autres histoires, a simplement changé de continent, consciente que le XXIe siècle sera africain ou ne sera pas, pour parodier une phrase célèbre. Et si elle passe le flambeau aujourd’hui, Aude de Thuin promet d’accompagner sa successeure « le temps nécessaire » pour asseoir le WIA comme une initiative de l’Afrique pour l’Afrique. Pour l’heure, il lui a violemment été reproché d’être la « femme blanche » qui pense pour le continent. Un classique.
« Prendre sa place sans s’excuser »
Durant l’année qui démarre avec la clôture du forum de Marrakech, les deux femmes vont donc conjuguer leurs énergies pour faire avancer la cause. Si Aude de Thuin connaît parfaitement les arcanes économiques, la Nigériane Hafsat Abiola a derrière elle un long passé de défense des droits humains dans son pays.
Fille de Moshood Abiola, qui aurait dû prendre la tête du pays en 1993 s’il n’avait été jeté en prison – où il est mort peu après –, et de Kudirat, assassinée lors d’une manifestation pour faire libérer son époux, Hafsat Abiola a de beaux combats à son actif. On lui doit la création de la Kudirat Initiative for Democracy (KIND), une organisation créée en mémoire de sa mère destinée à renforcer la société civile et à promouvoir la démocratie au Nigeria.

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                Intégrer les réseaux féminins pour gagner dix ans de carrière



Même si elle se partage aujourd’hui entre son pays d’origine et la Belgique, elle reste très en prise avec les réalités que vivent les femmes africaines, répétant volontiers que « la meilleure manière de changer le monde n’est pas de s’attaquer à l’ancien mais d’en créer un nouveau ».
Pour elle, « le cœur de l’action réside dans l’entraide, pour que les femmes osent enfin prendre leur place sans s’excuser ». Des outils numériques, des rendez-vous pluriannuels doivent permettre de mettre sur pied un cercle de femmes entrepreneuses déjà établies prêtes à les épauler. Car, pour l’heure encore, comme le rappelle Aude de Thuin sur son compte Twitter, en citant un proverbe africain : « Les poules savent quand le jour se lève, mais elles laissent aux coqs le soin de l’annoncer. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ A l’initiative de « Témoignage chrétien », plusieurs personnalités en appellent au Parlement.
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Eglise et pédophilie : vers une commission d’enquête parlementaire

A l’initiative de « Témoignage chrétien », plusieurs personnalités en appellent au Parlement.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 13h31
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
« Il y a un abcès, il faut que le pus soit complètement vidé. » Dans un entretien au Parisien, dimanche 30 septembre, l’archevêque de Paris, Michel Aupetit, médecin de formation, ne rejette pas l’idée qu’une commission d’enquête parlementaire se penche sur la question des violences sexuelles sur mineurs commises dans l’Eglise catholique et sur leur dissimulation. Une telle demande avait été formulée la veille par l’hebdomadaire Témoignage chrétien (TC). « Pourquoi pas, bien sûr !, répond le prélat. Si la société juge que c’est important pour davantage de clarté, si la situation montre qu’on a besoin d’une intervention extérieure à l’Eglise pour aller au bout des choses, je ne vois pas d’entorse à la laïcité » dans cette proposition.
L’archevêque de Paris n’a pas une prééminence hiérarchique sur les autres évêques, mais une autorité particulière s’est toujours attachée à la parole du titulaire de l’archidiocèse de la capitale. Cette initiative pourrait être un pas décisif pour faire la lumière sur la façon dont la hiérarchie catholique a traité ces affaires dans les dernières décennies. Elle vient de la rédaction de TC qui, comme d’autres médias catholiques, se fait l’écho du désarroi de nombreux fidèles face aux révélations en cascade. L’Eglise, expose l’appel, « doit, et ce de façon urgente, rendre des comptes. Elle doit le faire devant la justice, mais aussi devant la représentation nationale, car ce ne sont pas seulement des responsabilités individuelles qui sont en cause, mais aussi, comme l’a clairement indiqué le pape François, tout un système ».

« Silence assourdissant »
Cet appel à la constitution d’une commission d’enquête intervient alors que l’Eglise catholique française, comme celles d’autres pays occidentaux, est placée sous pression par un flux constant de révélations sur des abus commis dans les dernières décennies. En seulement deux mois, un rapport a été...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ Un référendum a eu lieu dimanche en Macédoine pour modifier la dénomination du pays.
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Quiz : testez vos connaissances sur les pays qui ont changé de nom

Un référendum a eu lieu dimanche en Macédoine pour modifier la dénomination du pays.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 16h08
    |

            Anne-Aël Durand et 
Pierre Breteau








                        



   


Les habitants de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ont voté dimanche 30 septembre, lors d’un référendum peu mobilisateur, pour changer le nom du pays en Macédoine du Nord.
Les changements d’appellation sont fréquemment liés aux déclarations d’indépendance ou à des évolutions politiques. Testez vos connaissances sur les anciens et nouveaux noms de quelques pays ci-dessous :

var input = [{"description":"","question":"Connaissez-vous le nouveau nom de la Birmanie ? 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Un nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique

L’accord commercial entre les trois Etats (AEUMC) est une modernisation de l’Alena, qui datait de 1994.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 01h38
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 12h54
   





                        



   


Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique sont parvenus, dimanche 30 septembre, à un accord de libre-échange pour l’Amérique du Nord nommé l’accord Etats-Unis - Mexique - Canada (AEUMC) en remplacement d’un traité datant de 1994, selon un communiqué conjoint américano-canadien. « Aujourd’hui, le Canada et les Etats-Unis sont parvenus à un accord de principe, de concert avec le Mexique, sur un nouvel accord commercial », disent le représentant au commerce des Etats-Unis, Robert Lighthizer, et la ministre des affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, dans un communiqué commun.
« L’AEUMC offrira à nos travailleurs, agriculteurs, éleveurs et entreprises un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région », souligne ce communiqué, publié seulement quatre-vingt-dix minutes avant l’expiration d’une date butoir, imposée par les Etats-Unis pour arriver à rallier le Canada au compromis déjà trouvé par Mexico et Washington.
« C’est un bon jour pour le Canada », a dit le premier ministre canadien, Justin Trudeau, à la sortie d’un conseil des ministres extraordinaire, promettant d’en dire davantage sur l’accord dans le courant de la journée de lundi.
Le président américain, Donald Trump, a salué dans un tweet un « nouvel accord commercial magnifique ». M. Trump était à l’origine de la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain de 1994 (Alena) qu’il jugeait désastreux pour l’économie américaine.

        Ce que veut dire cet accord pour les signataires :
         

          Donald Trump obtient un nouveau traité de libre-échange avec le Canada et le Mexique



Marché laitier et automobile
Selon les premiers éléments disponibles, l’accord offre aux Etats-Unis un accès à environ 3,5 % du marché laitier canadien, évalué à 16 milliards de dollars, tout en protégeant le Canada d’éventuels tarifs douaniers automobiles. Selon une des sources de l’agence de presse Reuters, le gouvernement canadien s’est engagé à dédommager les producteurs concernés par cet accord.
« Nous célébrons l’accord trilatéral. Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région. Alena 2 donnera de la sécurité et de la stabilité au commerce du Mexique avec ses partenaires en Amérique du Nord », a tweeté M. Seade, qui représentait le président-élu mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador durant les négociations. Fin août, les Etats-Unis et le Mexique avaient annoncé un accord commercial après de longues semaines de négociations et espéré que le Canada pourrait se joindre à eux pour donner naissance à l’accord de libre-échange nord-américain Alena version 2.0.
L’Aléna était une des bêtes noires du président Donald Trump, qui l’accusait d’avoir causé la perte de millions d’emplois américains, notamment dans le secteur automobile. Le président américain avait répété ses critiques contre l’Aléna samedi devant ses partisans en Virginie-Occidentale, soulignant que le nouvel accord conclu avec le Mexique était « un bon accord pour les deux pays ». « Nous verrons ce qui se passera avec le Canada, s’ils se joignent [à l’accord], ils doivent se montrer équitables », avait lancé M. Trump, en réitérant ses vives attaques contre les taxes protégeant le secteur laitier canadien.

        L’analyse :
         

          le Canada et le Mexique cherchent à empêcher un retrait unilatéral américain



Levée de droits de douane
Le point le plus difficile dans les discussions du week-end a été, selon le Globe, la demande canadienne que Washington lève les droits de douane, imposés sur l’acier et l’aluminium, et accepte de ne pas en imposer sur l’importante industrie automobile canadienne, une menace régulièrement brandie par le président américain. Selon une source haut placée à Ottawa, le gouvernement de M. Trudeau a accepté d’assouplir son marché laitier pour les producteurs américains, en échange notamment du maintien « intact » du système d’arbitrage des litiges commerciaux dans le nouvel Alena, l’AEUMC (USMCA en anglais).
Les principaux partis québécois et les organisations d’agriculteurs défendent fermement le système de « gestion de l’offre », qui contrôle la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens. Et le Québec produit environ les trois quarts du lait canadien. Le gouvernement fédéral « va payer les producteurs laitiers canadiens pour toutes les pertes liées », a affirmé ce haut responsable canadien.
Selon cette source, Washington et Ottawa se sont également mis d’accord pour que le nouveau traité commercial, contienne un chapitre sur l’environnement, une première depuis la création de l’Alena en 1994, et conserve l’exception culturelle, deux thèmes très chers aux Québécois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ L’extinction des préretraites et l’effet des réformes du système de retraite ont changé la donne pour les 55-64 ans.
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De plus en plus de seniors encore en activité

L’extinction des préretraites et l’effet des réformes du système de retraite ont changé la donne pour les 55-64 ans.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 11h30
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Bien qu’elle augmente depuis une vingtaine d’années, la part des seniors qui occupent un emploi en France reste inférieure à celle des pays européens. Or, le maintien en activité des travailleurs âgés est un « enjeu crucial », à l’heure où le gouvernement s’apprête à chambouler les régimes de retraite. C’est ce que rappelle un rapport publié, lundi 1er octobre, par France Stratégie, un organisme indépendant rattaché à Matignon. Ce document, très riche, décortique tous les facteurs qui jouent dans l’arrêt – ou la prolongation – d’une vie professionnelle. A partir de ce panorama très complet se dégagent des pistes pour que les personnes mettent un terme à leur carrière dans de bonnes conditions, en disposant d’une réelle « liberté de choix ». Cette problématique, « multidimensionnelle », implique en particulier une mobilisation des entreprises et de tous les acteurs qui concourent à la qualité de vie au travail.
Depuis 2000, le pourcentage des personnes de 55 à 64 ans qui exercent une profession s’est accru rapidement, grâce, tout d’abord, à l’extinction des dispositifs de cessation anticipée d’activité, puis sous l’effet des réformes du système de retraite (notamment celle de 2010 qui a reculé à 62 ans l’âge auquel la pension peut être réclamée).
Fins de carrière influencées
Le taux d’emploi des seniors a progressé plus fortement en France que dans les autres pays de l’Union européenne. Mais ce ratio partait d’un point « plus bas » et se situe, aujourd’hui encore, à un niveau moins élevé que chez nos voisins – en particulier pour les 60-64 ans : 29,4 % de cette tranche d’âge travaille dans l’Hexagone contre 42,5 %, en moyenne, chez les 28 Etats membres de l’UE. Le taux oscille entre 61 % et 68 % en Suisse, en Norvège ainsi qu’en Suède et atteint même 82 % en Islande. Les écarts entre la France et le reste de l’UE sont plus marqués pour les seniors qualifiés.

Globalement, les travailleurs âgés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ M. Sfeir avait fondé la revue « Les Cahiers de l’Orient » en 1986 et était l’auteur de nombreux essais. Il est mort à l’âge de 70 ans.
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Antoine Sfeir, politologue spécialisé dans le monde arabe et musulman, est mort

M. Sfeir avait fondé la revue « Les Cahiers de l’Orient » en 1986 et était l’auteur de nombreux essais. Il est mort à l’âge de 70 ans.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 09h06
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 13h47
   





                        



   


Le journaliste et spécialiste du monde arabe et musulman Antoine Sfeir est mort dans la nuit de dimanche 30 septembre à lundi 1er octobre, à l’âge de 70 ans, ont annoncé Les Cahiers de l’Orient, revue trimestrielle dont il était le fondateur. Sa disparition a suscité un grand nombre de réactions dans le monde médiatique et politique, à droite comme à gauche.
« Antoine Sfeir était un passeur entre deux mondes, l’Orient et l’Occident. Il avait de l’islam, dans ses multiples visages et dans son histoire, une connaissance profonde et chaleureuse. Il aimait décrypter et transmettre. Et il était un ami », a réagi le président du MoDem François Bayrou sur les réseaux sociaux.
« Il prônait le dialogue des cultures et refusait tous les fanatismes », a souligné Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Ile-de-France, insistant sur la capacité d’Antoine Sfeir à « faire la pédagogie des complexités de l’islam et du monde arabe ». « Chaque conversation avec lui nous grandissait », a souligné la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), sur Twitter, saluant « une conscience qui nous éclairait avec beaucoup de lucidité sur l’Orient et l’Occident ».
Expert reconnu de la région
Né à Beyrouth en 1948, Antoine Sfeir avait commencé sa carrière comme journaliste au service étranger du quotidien libanais francophone L’Orient le Jour en 1968. En 1976, alors que commence la guerre du Liban, il est enlevé et torturé une semaine durant par une milice palestinienne. Après avoir quitté le Liban, il poursuit dans les années qui suivent ses collaborations avec des titres de presse français et publie de nombreux essais destinés au grand public qui lui donnent la stature d’un expert reconnu de la région.
En 2003, il dépeint l’universitaire Tariq Ramadan comme un « spécialiste du double langage », dont l’influence sur la jeunesse serait plus dangereuse que celle des islamistes violents, ce qui lui vaut une plainte en diffamation, avant d’être relaxé. En 2005, il lance, avec Jean-Michel Quillardet, ancien grand maître du Grand Orient de France, l’Observatoire de la laïcité, qui se voulait « un groupe d’étude et de prospective afin de renforcer le principe de laïcité comme constitutif de la République et de la démocratie ».
Conférencier et commentateur régulier des affaires moyen-orientales dans les médias français, notamment audiovisuels, Antoine Sfeir exerçait également en qualité de consultant pour des entreprises privées. En 2009, un ouvrage signé de sa main jugé trop complaisant à l’égard du la Tunisie de Zine Al-Abidine Ben Ali, lui vaut d’être accusé de collusion avec son régime autoritaire. Après la révolution tunisienne de 2011, Antoine Sfeir reconnaîtra s’être « trompé lourdement » sur la Tunisie.
Chevalier de la Légion d’honneur, Antoine Sfeir présidait depuis 2014 l’Institut libre d’étude des relations internationales (Iléri).

        Lire aussi la critique :
         

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ C’est dans un centre fermé de l’île que ces rescapés qui ont fui la Libye seront entendus par les quatre Etats européens censés les accuellir.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/09/2018
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A Malte, les 58 personnes débarquées de l’« Aquarius » en quête d’asile

C’est dans un centre fermé de l’île que ces rescapés qui ont fui la Libye seront entendus par les quatre Etats européens censés les accuellir.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 09h11
    |

            Julia Pascual








                        



   


La silhouette de l’Aquarius s’est éloignée pour ne plus être qu’une tâche brune à l’horizon. A mesure que se dessinait la roche calcaire des falaises maltaises, la coque orange du navire humanitaire disparaissait.
Dimanche 30 septembre, dans les eaux internationales, les cinquante-huit personnes secourues par le bateau de SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF) ont été prises en charge par un navire maltais et conduites sur la terre ferme.
C’est dans un centre fermé à Malte que ces personnes qui ont fui la Libye seront entendues par les quatre Etats européens qui se sont mis d’accord pour se répartir leur accueil : la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal.
« Nos équipes arrivent lundi soir avec l’objectif d’identifier dix-huit personnes relevant du droit d’asile », explique au Monde Pascal Brice, le directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

        Le reportage :
         

          Sur l’« Aquarius », don Quichotte de la mer



Recension des vulnérabilités
A bord de l’Aquarius, un travail de recension des vulnérabilités a déjà été entamé. « Il y a des gens qui fuient des persécutions religieuses, de la violence, des mauvais traitements, de la torture, explique Seraina Eldada de MSF. Nous avons aussi signalé un mineur isolé, une femme enceinte et une femme voyageant seule avec ses deux enfants. »
Fouad, 37 ans, a traversé la Méditerranée avec sa femme et ses quatre enfants, âgé de trois à sept ans. Originaire de la ville côtière de Zouara, il fait partie de la minorité berbère libyenne, les Amazigh. « Depuis l’âge de douze ans, j’ai cessé de croire en Dieu », témoigne-t-il. Fouad raconte avoir dû lutter contre sa famille et sa communauté. « On nous montre du doigt et on nous prend pour des fous », dit-il. Sa femme ne porte pas le hijab et il lui arrive de conduire leur voiture quand lui voyage en Europe pour les besoins de son commerce d’import de voitures d’occasion. « Elle se fait insulter, siffler et il est arrivé que des hommes provoquent volontairement des accidents de voiture », assure-t-il.
A l’école, cette année, la fille aînée de Fouad a subi les foudres de son professeur lorsqu’elle a avoué qu’il n’y avait pas de Coran à la maison. « Elle est rentrée angoissée et elle s’était fait pipi dessus parce qu’on lui avait dit qu’elle irait en enfer », se souvient Fouad. Ce père de famille veut « une vraie éducation » pour ses enfants et « une vie de liberté ». Il a dépensé 20 000 euros pour obtenir des visas via l’ambassade de France en Tunisie. En vain.
« Je n’avais plus le choix que de traverser la mer. Soit on mourrait ensemble, soit on vivait libre ensemble. »
« Je crains pour ma vie à cause de mes idées »
Khaled [le prénom a été modifié] a eu le même raisonnement. Lui et Fouad se sont d’ailleurs liés d’amitié sur Facebook, en partageant leurs rêves d’Europe. A 30 ans, Khaled se définit comme « agnostique ». « Je suis le seul de ma famille à ne pas croire et, en Libye, je crains pour ma vie à cause de mes idées. » Issu d’un milieu aisé tripolitain – son père est ingénieur pétrolier et sa mère enseignante –, Khaled a déjà fait plusieurs séjours en prison, notamment pour avoir été trouvé en possession d’alcool ou avoir participé à des fêtes.
« J’avais caché une bouteille de whisky sous ma voiture mais la brigade qui faisait les contrôles sur la route l’a trouvée. Je suis resté quatre jours en prison, j’ai été battu, raconte le jeune homme. La fois d’après, c’est une autre milice qui est entrée dans une fête où il y avait des filles. Je suis resté six jours en prison. »
Ingénieur du son, Khaled a traversé la Méditerranée en emportant son clavier numérique et sa paire d’Adidas à l’effigie du musicien américain Pharrell Williams. Quelques mois auparavant, sa mère l’avait chassé du domicile familial : « Elle m’a dit que j’avais fumé pendant le Ramadan et que mon grand frère me cherchait, qu’il valait mieux qu’il ne m’attrape pas. » Il s’est fait prêter un peu d’argent par un ami, il a vendu sa voiture et il est allé retrouver Fouad, à Zouara, pour prendre la mer.
« On est heureux d’être libres »
Parmi les cinquante-huit personnes secourues en Méditerranée centrale par l’Aquarius, figurent trente-sept Libyens. Onze Pakistanais se trouvaient aussi à bord.

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« Quel que soit le pays où l’on finisse, on est très heureux d’être libres », confiait Waleed Chaudhary, un Pakistanais de 19 ans qui dit n’avoir aucune attache en Europe. Le jeune homme a fui son pays et la région de Pendjab car il craignait pour sa vie. Mais il ne veut pas que son histoire soit racontée dans la presse. Il a rejoint la Libye il y a quatre mois, en avion, en passant par Dubaï et l’Egypte.
Mohamed Wasim, 32 ans, est, pour sa part, passé par la Turquie, il y a quatre mois. Une fois arrivés, tous deux ont déchanté. « On est venu pour travailler, mais c’est la guerre à Tripoli », explique Mohamed, qui a été embauché comme maçon et électricien sur des chantiers de construction, sans toujours être payé. Il a laissé sa femme, sa fille de trois ans et son fils de dix mois au Pakistan. Sa famille ignorait encore dimanche qu’il rejoignait le continent européen.
Tout comme celle de Mazem. Ce comptable de 38 ans a quitté la Syrie avec sa femme il y a quatre ans. Ils ont d’abord vécu trois ans et demi en Jordanie. « On n’avait pas le droit de conduire, ni de travailler, ni de se déplacer librement », déclare-t-il. Mazem a déboursé 2 000 dollars pour tenter une première fois de traverser la Méditerranée. « La police de Zouara nous a arrêtés, j’ai perdu mon argent, on est resté vingt-quatre heures en prison », confie-t-il.
La seconde fois, lui et son épouse ont déboursé 3 000 dollars. Leur embarcation a été secourue en pleine nuit par l’Aquarius, à une vingtaine de milles marins des côtes libyennes. Mazem aimerait aller en Suède où deux de ses frères et deux fils d’un premier mariage sont déjà installés. Comme tous les autres rescapés, pourtant, il sait qu’il n’aura pas le choix de sa destination finale.
1 260 morts depuis le début de l’année

   


Depuis que l’Italie a fermé ses ports aux navires secourant des migrants en Méditerranée centrale, en juin, c’est la sixième fois que des Etats européens se mettent d’accord pour se répartir l’accueil des rescapés. « Je suis soulagé qu’une réponse européenne soit mise en place mais ce système doit être pérennisé et il ne concerne encore qu’un nombre très limité de personnes », reconnaît Pascal Brice, le directeur de l’Ofpra. Au total, 1 655 migrants secourus en mer ont bénéficié de cette forme de solidarité européenne ad hoc.

        Lire aussi la tribune :
         

          « La France doit accorder son pavillon à l’“Aquarius” »



Dimanche soir, l’Aquarius faisait cap vers Marseille. Le navire humanitaire doit profiter de son escale pour trouver un nouveau pavillon depuis que Panama a décidé de révoquer son immatriculation. Ce retrait est « très inquiétant » et représente « une diminution dramatique des capacités de recherche et de sauvetage au moment précis où elles devraient être renforcées », a réagi dimanche l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dans un communiqué. Depuis le début de l’année, 1 260 personnes sont mortes en essayant de traverser la Méditerranée centrale.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, entend « enrayer le fléau » de ces violences qui ne diminuent pas.
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Violences conjugales : les cinq mesures promises par le gouvernement

La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, entend « enrayer le fléau » de ces violences qui ne diminuent pas.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 18h03
   





                        


Face à des chiffres qui ne baissent pas, Marlène Schiappa a annoncé, lundi 1er octobre, une série de mesures pour « enrayer le fléau » des violences conjugales, à quelques jours d’un rassemblement à l’appel de la comédienne Muriel Robin, qui a lancé une pétition et incarne Jacqueline Sauvage dans un téléfilm choc diffusé lundi soir sur TF1.
Invitée sur RTL, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes a énuméré plusieurs mesures « concrètes, adaptées à la réalité du terrain ». « Mon but, c’est que les femmes partent avant qu’il ne soit trop tard », a-t-elle dit. En 2016, 123 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit environ une tous les trois jours. « Ce chiffre ne baisse pas, et c’est ça qui est terrible pour les pouvoirs publics. Quelle que soit la politique publique menée, (…) il reste d’une régularité glaçante », a ajouté Mme Schiappa, sans donner de chiffre pour 2017.
Les cinq mesures de ce plan présenté comme « inédit » comprennent :
Une campagne de télévision, lancée dimanche, en direction des témoins de violences sexistes et sexuelles. « Quand vous êtes témoin d’un cambriolage, vous appelez la police. Quand vous êtes témoin de violences conjugales, vous devez réagir », a résumé la secrétaire d’Etat, assurant que le premier ministre, Edouard Philippe, avait engagé quatre millions d’euros pour la diffusion de cette campagne.

[#NeRienLaisserPasser] Dans les transports en commun, il est possible d’intervenir pour faire cesser une tentative… https://t.co/fJPY2SiVBf— Egal_FH (@Secrétariat d’État chargé de l'Égalité FH)


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Le lancement en octobre d’une plate-forme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles pour « faciliter les plaintes ».La création d’une plate-forme de localisation des hébergements d’urgence accessible aux professionnels pour « mettre à l’abri plus efficacement et plus rapidement les femmes en danger, y compris avec leurs enfants ».L’engagement des premiers contrats locaux contre les violences. Il s’agit d’un dispositif de partage d’alertes entre professionnels et associations, autour des préfets et en partenariat avec les deux grandes associations de défense des femmes (le CNIDFF et la FNSF) pour intervenir « avant qu’il ne soit trop tard ».3919 : aucun appel sans réponse. Afin que « 100 % des appels puissent être répondus », une subvention supplémentaire de 120 000 euros sera attribuée à la fédération qui gère le 3919, numéro d’appel gratuit pour les femmes victimes de violences. Trois postes supplémentaires d’écoutantes vont être recrutées.
La comédienne Muriel Robin est à l’origine d’une tribune publiée dans Le Journal du dimanche, signée par des dizaines de personnalités, pour que les victimes de violences conjugales « ne meurent plus dans l’indifférence totale », et a appelé à un rassemblement samedi 6 octobre à Paris.

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