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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Ex-haut dirigeant de PSA Peugeot-Citroën, ex-DRH converti au macronisme, M. Vergne, 69 ans, pourrait remplacer Mathieu Gallet dès le début de mars.
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Qui est Jean-Luc Vergne, pressenti pour devenir président par intérim de Radio France ?

Ex-haut dirigeant de PSA Peugeot-Citroën, ex-DRH converti au macronisme, M. Vergne, 69 ans, pourrait remplacer Mathieu Gallet dès le début de mars.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 17h37
    |

            François Bougon








                        



   


Jean-Luc Vergne a passé une grande partie de sa vie professionnelle à négocier et à résoudre des conflits. Un passé bien utile pour cet amateur de rugby – au poste de troisième ligne – qui, à 69 ans, pourrait assurer la présidence par intérim de Radio France, après la décision, mercredi 31 janvier, du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de mettre fin au mandat de Mathieu Gallet.
En tant que doyen des membres du conseil d’administration de la société publique, où il a été nommé en décembre 2016 par le CSA, l’ancien DRH peut désormais le remplacer. Jean-Luc Vergne n’a cependant pas encore dit s’il accepterait cette mission. Il réservera la primeur de sa décision au conseil d’administration de Radio France.

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« Socialiste light »
Le CSA souhaitait un homme issu de l’industrie, afin de contrôler l’évolution du chantier de la réhabilitation de la Maison de la radio. Jean-Luc Vergne a commencé sa carrière en 1973, après un mémoire de maîtrise sur la formation professionnelle, aux Laboratoires Labaz, puis il a poursuivi chez Sanofi lorsque Elf a pris le contrôle des laboratoires.
En 1999, il intègre le groupe PSA Peugeot Citroën. Après un passage à l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), il a rejoint BPCE, issu du rapprochement entre les Banques populaires et les Caisses d’épargne. Avant une retraite active comme président de BGE, réseau national d’appui aux entrepreneurs.
Dans l’univers des DRH, Jean-Luc Vergne, qui se revendique de gauche – « socialiste light », dit-il – a détonné en raison de son profil atypique. En réunion, ce volubile à l’accent du Sud-Ouest assure le « show ».
Fils d’ouvrier, titulaire d’une maîtrise de droit et de sociologie, il a pris « l’escalier social », explique-t-il lors de la parution de son livre Itinéraires d’un DRH gâté (Eyrolles, 2013). A ses débuts, le directeur des ressources humaines a un rôle purement administratif et gère les fiches de paie… Puis, à mesure que la France entre en crise, il faut gérer départs et plans sociaux. Sa place devient stratégique.
« Méthode Vergne »
Dans ce contexte, il revendique une « méthode Vergne », dans un entretien à Libération, en 2009 : des baisses d’effectif « sans traumatisme, sans conflit du travail, en aidant ceux qui le pouvaient à se reconvertir, plutôt qu’en ayant recours à des licenciements secs ».
Dans son ouvrage, il dit son admiration pour un certain nombre de syndicalistes qu’il a côtoyés, notamment Nicole Notat, de la CFDT, et Bernard Thibault, de la CGT. Et les joutes oratoires avec les représentants du syndicat SUD à la BPCE « ne sont pas que des mauvais souvenirs », écrit-il.
Pendant la campagne présidentielle, Jean-Luc Vergne s’est engagé en faveur de l’actuel président, dans un texte collectif publié sur le site HuffPost et intitulé : « La politique d’Emmanuel Macron, c’est celle que ni la droite ni la gauche n’assument depuis trente ans. »
« Dans un pays malade des rentes, des conflits et des promesses non tenues, le choix de se mettre en mouvement est un défi jeté à la face d’une caste politique qui s’enferme dans l’entre-soi et le conservatisme », y écrivaient les signataires.
Jean-Luc Vergne est également membre de la commission des conflits de La République en marche. La gestion des différends, une déformation professionnelle…
Aujourd’hui, s’il accepte le poste à Radio France, il devra gérer une maison dans le doute, paradoxalement au plus haut en matière d’audiences, mais inquiète des projets du gouvernement et orpheline de son PDG.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Le CSA a décidé, mercredi, de révoquer le président de Radio France, après sa condamnation le 15 janvier à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.
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L’« affaire Gallet », des premières révélations sur l’INA à l’éviction de Radio France

Le CSA a décidé, mercredi, de révoquer le président de Radio France, après sa condamnation le 15 janvier à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 16h28
   





                        


Presque deux ans après les premières révélations sur les dépenses de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) sous la direction de Mathieu Gallet, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé, mercredi 31 janvier, de « retirer son mandat au président de Radio France », à compter du 1er mars 2018. Retour sur les événements.
Avril 2015 : le « Canard enchaîné » épingle les dépenses de l’INA
Le 1er avril, le Canard enchaîné publie des révélations sur les dépenses de Mathieu Gallet, ancien directeur général de l’INA et patron de Radio France (depuis 2014).
L’hebdomadaire avance que le dirigeant a engagé entre 2010 et 2014 (durée de son passage à l’INA) six cabinets de consultants pour près de 800 000 euros de contrats passés sans mise en concurrence. Le Canard enchaîné dit s’appuyer sur les premières conclusions d’une mission de l’Inspection générale des finances, saisie par le ministère de la culture.

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          A l'INA, Mathieu Gallet se serait également montré dépensier



L’intéressé répond immédiatement aux révélations de l’hebdomadaire, assurant que les contrats cités ont « fait l’objet de procédures de mise en concurrence, conformément à la législation applicable et aux règles internes de l’Institut ». Il demande à « l’INA, qui dispose de tous les éléments à ce sujet, de bien vouloir apporter le démenti le plus ferme à ces allégations ».
Mai 2015 : Anticor porte plainte
L’association d’élus et de citoyens luttant contre la corruption Anticor porte plainte contre X au parquet de Créteil (Val-de-Marne) pour « favoritisme », à la suite de ces révélations. La plainte concerne également l’ancienne PDG de l’institut, Agnès Saal, épinglée pour ses dépenses de taxi. Selon l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti :
« Pour un établissement financé en majeure partie par le contribuable, il y a une totale désinvolture, voire plus, sur la gestion de l’argent public à un moment où l’Etat se doit d’être exemplaire. »

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          Deux ex-PDG de l’INA visés par une plainte d’Anticor



Juin 2015 : ouverture d’une enquête pour « favoritisme »
Après un début de présidence mouvementé à Radio France, et deux mois après les révélations du Canard enchaîné sur les contrats passés à l’INA, la justice s’empare du dossier. Le 2 juin 2015, le parquet de Créteil ouvre une enquête préliminaire pour « favoritisme » sur « des contrats passés entre 2010 et 2014 » par M. Gallet lorsqu’il était en charge de l’INA.
Selon les informations du Monde, le ministère de la culture a enquêté et transmis au parquet une « série d’éléments (…) susceptibles d’être irréguliers ». Ces éléments recoupent ceux déjà publiés par Le Canard enchaîné et d’autres révélés par une note du Contrôle général économique et financier (CGEFI), un service de Bercy, datée du 10 avril, et pointant des « dysfonctionnements et irrégularités ».
Novembre 2017 : le procès
Le procès de Mathieu Gallet s’ouvre le 16 novembre 2017. Deux contrats sont visés par la justice : l’un avec le cabinet Roland Berger (2013), l’autre avec la société Balises (septembre 2012-juin 2014).
Pour le premier, un appel d’offres a été passé, mais le marché a été suivi d’un avenant puis d’un « marché complémentaire », pour une somme totale de 290 000 euros, qui aurait pu justifier une procédure « d’appel d’offres européen ». 
Selon l’accusation, l’INA a « saucissonné » le marché (en le découpant par lots ne dépassant pas le seuil requérant un appel d’offres européen) pour éviter cette procédure plus contraignante, et le confier à Roland Berger, qui avait déjà travaillé pour l’INA en 2010.
Le second contrat, passé pour un total de 130 000 euros – en moins de deux ans – avec Balises, la société du consultant Denis Pingaud, n’a pas fait l’objet d’un appel d’offres.
A l’issue de l’audience, le parquet requiert dix-huit mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende. M. Gallet plaide la méconnaissance des « questions de marché public ». La défense tente également d’obtenir la nullité de la procédure, accusant la procureure de s’être montrée « partiale », et mettant en avant des erreurs. Les avocats portent par ailleurs plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête.

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          Dix-huit mois de prison avec sursis requis contre Mathieu Gallet



Janvier 2018 : Mathieu Gallet, condamné, exclut de démissionner
Le tribunal condamne Mathieu Gallet, lundi 15 janvier, à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. La défense de M. Gallet, Me Christophe Ingrain, annonce immédiatement sa volonté de faire appel du jugement, et souligne la « présomption d’innocence (…) jusqu’à la décision de la cour d’appel ».
« Nous faisons immédiatement appel pour que la cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense. Compte tenu des conditions dans lesquelles l’enquête et l’audience se sont déroulées, la décision du tribunal n’est pas une surprise. »

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          Sous pression de l’exécutif, Mathieu Gallet « exclut de démissionner »



La question de la démission du président de Radio France se pose alors. La ministre de la culture, Françoise Nyssen, mentionne le « devoir d’exemplarité » des dirigeants d’entreprises publiques et en appelle au CSA. L’avocat de Mathieu Gallet assure que ce dernier « exclut de démissionner ».
Selon la loi de novembre 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public, « le mandat des présidents […] peut leur être retiré, par décision motivée » du CSA, « à la majorité ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien président de France Télévisions estime que le temps est venu d’affirmer l’indépendance de cette autorité de régulation.
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Xavier Gouyou-Beauchamps : La révocation de Mathieu Gallet appelle « une réforme profonde du CSA »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien président de France Télévisions estime que le temps est venu d’affirmer l’indépendance de cette autorité de régulation.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 16h03
    |

Xavier Gouyou-Beauchamps (Ancien président de France Télévisions 1996-1999)







                        



                                


                            

Tribune. La décision prise par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur le cas du président de Radio France est une première. Depuis sa naissance, en 1989, le CSA n’avait jamais révoqué formellement un président d’une société publique de radio ou de télévision. Il avait procédé autrement.
Deux fois, il avait, en liaison avec le gouvernement, poussé le président de France Télévisions à la démission. Cinq fois, il avait attendu la fin du mandat du président, ce qui est une forme de révocation avec différé. Il avait fait la même chose pour les présidents successifs de Radio France, à une exception près.

Le comportement de l’Etat dans l’affaire Mathieu Gallet [condamné le 15 janvier pour favoritisme lorsqu’il était président de l’Institut national de l’audiovisuel] constitue aussi une première. Jusqu’à maintenant, le gouvernement était intervenu dans les nominations et dans les révocations déguisées, mais en coulisse, pas de façon transparente et explicite.
Ces deux premières ne contribuent pas au redressement de l’image du CSA, entachée notamment par les conditions dans lesquelles il a procédé à la nomination de l’actuelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte [des modalités de vote inédites], et celles dans lesquelles il a réglé le cas de la chaîne de télévision Numéro 23 [le CSA, qui a donné son accord, en juillet 2017, au rachat de la chaîne par le groupe maison mère de BFM-TV et RMC, l’avait d’abord refusé en 2015, avant d’être désavoué par le Conseil d’Etat].
Un recul du crédit d’indépendance
Il apparaît donc de plus en plus clairement que le CSA doit être déchargé de la nomination des présidents. C’est nécessaire pour la restauration de son crédit comme autorité de régulation. Ce sera la fin de son vice structurel : imagine-t-on une autorité de régulation des télécommunications responsable de la nomination (et de la révocation éventuelle) de la principale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Une procédure inédite avait été ouverte à l’encontre de M. Gallet le 17 janvier après sa condamnation à un an d’emprisonnement avec sursis et à 20 000 d’amende pour favoritisme lorsqu’il était à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel.
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Le CSA démet Mathieu Gallet de la présidence de Radio France

Une procédure inédite avait été ouverte à l’encontre de M. Gallet le 17 janvier après sa condamnation à un an d’emprisonnement avec sursis et à 20 000 d’amende pour favoritisme lorsqu’il était à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 18h05
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



   


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a décidé, mercredi 31 janvier, de retirer à Mathieu Gallet son mandat de président de Radio France. A la question « Mathieu Gallet est-il en capacité de continuer à diriger pleinement Radio France ? », les sept conseillers viennent de répondre par la négative.
Comment le CSA motive-t-il sa décision ?
Le CSA n’a pas encore motivé sa décision. Il a prévu de le faire dans la journée de mercredi.
Il y a quelques jours, l’autorité de l’audiovisuel avait expliqué qu’elle trancherait selon une « appréciation d’ensemble ».
La semaine dernière, le président du CSA, Olivier Schrameck, avait dit que « [sa] responsabilité, c’[était] l’indépendance du CSA ».
Les conseillers ont apparemment estimé que la condamnation de Mathieu Gallet l’empêchait de poursuivre son mandat sereinement. Ils n’ont donc pas été sensibles aux arguments du président en place, longuement auditionné lundi 29 janvier.
Celui-ci soulignait qu’il restait innocent car il avait fait appel de la décision en première instance. Ses partisans mettaient aussi en avant son bilan à Radio France et les bonnes audiences de France Inter, France Culture…
« Le révoquer crée plus de trouble pour l’entreprise que son maintien car il faut mener des discussions cruciales avec le gouvernement, qui veut réformer profondément l’audiovisuel public », avancent ses partisans.
Mathieu Gallet n’a pas encore fait savoir s’il contestait la décision du CSA devant le Conseil d’Etat.
Pourquoi le CSA a-t-il dû se saisir du « cas Mathieu Gallet » ?
Une procédure inédite avait été ouverte à l’encontre de M. Gallet le 17 janvier après sa condamnation le 15 janvier à un an d’emprisonnement avec sursis et à 20 000 d’amende pour favoritisme lorsqu’il était à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), entre 2010 et 2014. L’intéressé, qui avait « exclu de démissionner », a fait appel du jugement.

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C’est la première fois de son histoire que le Conseil, créé en janvier 1989, utilise son pouvoir de démettre l’un des présidents de l’audiovisuel public, pouvoir qui lui est conféré par l’article 47-5 de la loi du 30 septembre 1986. Celui-ci exige que la décision de révocation d’un mandat soit fondée « sur des critères de compétence et d’expérience ».
C’est aussi probablement la dernière fois que le CSA utilise son pouvoir de révocation, puisque le gouvernement souhaite donner aux conseils d’administration des groupes concernés le droit de nommer et de démettre leurs présidents. La mesure devrait figurer dans un projet de loi qui sera présenté d’ici à la fin de l’année.
Etait-ce au CSA de prendre une telle décision ?
En révoquant Mathieu Gallet, le CSA évite de se voir reprocher d’être trop indulgent avec un dirigeant qu’il a lui-même nommé, en 2014, à l’unanimité. Mais il risque d’être accusé de se plier à la volonté du gouvernement.
En effet, l’intervention de la ministre de la culture, qui a jugé la situation de M. Gallet « inacceptable », a politisé le dossier. L’exécutif n’a pas ensuite réitéré sa demande adressée au PDG de Radio France et au CSA de « tirer les conséquences » de la condamnation.
Mais le dimanche précédant l’audition du dirigeant devant le Conseil, la ministre de la justice l’a de nouveau appelé à se poser la question d’une démission. « Mathieu Gallet a la réponse à cette question et c’est à lui de mesurer à quel point, ou à quel moment, les questions éthiques doivent l’emporter, ou pas, sur les questions juridiques », a déclaré Nicole Belloubet sur RTL.
Pour éviter que le successeur de M. Gallet ne soit désigné selon « l’ancien » système, certains dans l’exécutif plaidaient ces dernières semaines pour le vote rapide d’une « petite loi » qui règle ces questions de gouvernance, dès le printemps idéalement.
Mais, plus récemment, cette option a été battue en brèche. Lors de ses vœux, mardi 23 janvier, la ministre de la culture, Françoise Nyssen ne l’a pas évoquée, parlant uniquement de la « refonte » à venir de la loi de 1986 qui régit tout l’audiovisuel.

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                Mathieu Gallet, le retranché de Radio France



Comment l’éviction de M. Gallet est-elle accueillie ?
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui avait demandé au CSA de « tirer toutes les conséquences » de la condamnation de M. Gallet, « prend acte » de la décision du CSA et « remercie Mathieu Gallet de son engagement à la tête de Radio France », tout en rappelant la nécessité de « l’exemplarité des dirigeants des entreprises », « condition absolue de bonne gouvernance ».
Pour les syndicats et le personnel de Radio France, le coup est rude et il y a un sentiment d’injustice. « Dans tous les cas, la décision du CSA était très mauvaise pour nous. Dans le cas de la révocation, vous imaginez une boîte sans PDG ? Nous n’aurons plus personne pour nous protéger, explique un salarié syndiqué. Or, il y a des discussions très importantes à mener avec le gouvernement, qui veut une réforme très profonde de l’audiovisuel public. Le problème, c’est le timing de son départ. Il y a un an, cela aurait été différent. Ce n’est pas le moment ».
« On dit que Radio France, ce sont ses directeurs, mais un nouveau PDG en remplacerait forcément certains, commente un autre salarié syndiqué. Que le nouveau PDG soit bon ou mauvais, on repart de zéro alors que les choses allaient plutôt bien à Radio France. Le changement, l’instabilité, c’est le problème de l’audiovisuel public. »
« Quand la nouvelle est tombée, un coup de grisou fou a traversé le couloir, on est complètement sonnés, confie un journaliste de France Inter. Pourtant, tout le monde ici s’attendait à cette possibilité… Ça reste un choc. Une incertitude horrible sur l’avenir. »
Le Front national, par la voie de son porte-parole Sébastien Chenu, a concentré sa réaction sur Françoise Nyssen, l’accusant d’un « autoritarisme qu’on avait jamais connu ». Eric Coquerel, député de La France insoumise, a lui aussi visé les propos que la ministre avait eus, estimant qu’il aurait « mieux valu que la ministre ne s’exprime pas avant parce que ça peut aussi ressembler à une reprise en main du secteur public de l’audiovisuel ».
Le SNJ (Syndicat national des journalistes) de Radio France a lui fait part de la « forte inquiétude » des personnels et demande « l’interruption des discussions sur l’avenir de l’audiovisuel public jusqu’à ce que Radio France ait retrouvé un dirigeant légitime ».
Qui succédera à M. Gallet à la tête de Radio France ?
Le CSA doit désormais nommer un successeur, un processus qui prendra au moins six mois. En 2014, pour M. Gallet, il avait fallu environ deux mois et demi au Conseil pour susciter et pour examiner les candidatures, plus « trois à quatre mois » de « tuilage » prévus par la loi avant l’entrée en fonctions.
En attendant, c’est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui devrait assurer l’intérim à la tête du groupe public.
Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien DRH de PSA Peugeot Citroën, pourrait donc être désigné. L’administrateur, nommé en décembre 2016, devra d’abord dire s’il accepte cette mission.

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Après le départ de M. Gallet, quel scénario pour Radio France ? Le président intérimaire pourra-t-il diriger l’entreprise de façon satisfaisante, dans un moment de dialogue important avec l’exécutif ?
Certains au sein de celui-ci espèrent que l’équipe de direction en place, stable et soudée jusqu’ici, reste en poste pour épauler M. Vergne. Ils imaginent même que cet intérim puisse éventuellement se prolonger jusqu’à la fin théorique du mandat de Mathieu Gallet, en mai 2019. Mais on ne sait pas si les directeurs actuels souhaiteront rester après le départ de leur président.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Veille du Web et second degré inspiré de Twitter étaient les maîtres mots de ce média consacré à l’actualité politique. Il ferme ses portes jeudi 1er février.
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GIF, LOL, petites phrases… « Le Lab » d’Europe 1 ne se résumait pas qu’à cela

Veille du Web et second degré inspiré de Twitter étaient les maîtres mots de ce média consacré à l’actualité politique. Il ferme ses portes jeudi 1er février.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 15h27
    |

                            Brice Laemle








                        


Le site de la radio Europe 1 consacré à scruter les soubresauts de l’actualité politique française et à ses coulisses n’existera plus jeudi 1er février. Lancé peu avant la campagne présidentielle 2012, Le Lab avait pour but de mettre en avant des déclarations de responsables politiques français présents dans la presse ou sur le Web. Et surtout celles qui avaient pu passer inaperçues dans le flux du reste de l’actualité ou même négligées par Twitter.

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          Europe 1 annonce la fermeture du « Lab », son site consacré à la politique



« Une revue de presse permanente, qui te fait gagner du temps, t’apprend des trucs que tu ne savais pas, et que tu vas avoir envie de raconter à la machine à café (enfin, sa version moderne, sur Twitter quoi) », décrivait le rédacteur en chef de l’époque Antoine Bayet, en novembre 2012.
Le Lab avait aussi pour vocation d’intéresser un public jeune à la politique avec son ton décalé : pour cela, plusieurs artifices étaient mobilisés.
Des clins d’œil « Twitter friendly »
Pour l’avant-dernier jour avant sa fermeture, le compte Twitter du média a partagé un extrait vidéo de la comédie La Classe américaine. « Le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir, plutôt que d’entendre ça, plutôt que d’être sourd », rétorque le personnage Georges Abitbol lors d’un échange culte avec José.

Salut Twitter. Pardon mais l'honnêteté nous oblige à te dire qu'on aimerait que tu te souviennes de nous comme d'un… https://t.co/XlQhjlXQig— leLab_E1 (@Le Lab)


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Autre référence, postée vingt-quatre heures plus tard le 31 janvier, mais même esprit. « Ça va couper chérie », dit le projectionniste dans La Cité de la peur, le film écrit par Les Nuls et réalisé par Alain Berberian. Une manière de rappeler que même si Le Lab n’existera bientôt plus, les utilisateurs de Twitter n’ont pas fini de rire des politiques.

Salut Twitter. Attention, ça va couper https://t.co/SyoDmdazbV— leLab_E1 (@Le Lab)


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Les commentaires dénonçant cette disparition s’enchaînent et les hommages en GIF ou avec des images détournées en mèmes pleuvent à l’image de ce tweet du journaliste d’Europe 1, Jean-Philippe Balasse.

Je crois aux forces de l’esprit. @leLab_E1 ne nous quittera pas. Faites du bruit pour @amarcireau @sychazot… https://t.co/XuVvaKCPEd— balasseE1 (@JeanPhilippe Balasse)


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Cet ancien stagiaire du Lab, Jules Darmanin, devenu journaliste à BuzzFeed France, déplore lui aussi la mort du site d’Europe 1.

Mon stage à @leLab_E1 m'a appris que quand quelqu'un te répond "ce n'est pas un sujet d'article", c'est à peu près… https://t.co/ADibbaxSth— JulesDrmnn (@Jules Darmanin)


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Ou encore, Cécile Duflot, l’ancienne ministre du logement sous François Hollande, qui s’est fendue de deux hommages appuyés.

Cher @leLab_E1 au tout début c’était compliqué avec vous 😉 mais au fil du temps vous êtes devenus bcq moins buzz et… https://t.co/TRPOfeqZ16— CecileDuflot (@Cécile Duflot)


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pensées à l’équipe du @leLab_E1 qui a fait des choses sérieuses mais à qui on pouvait aussi faire des blagues via T… https://t.co/LeP9leTIbh— CecileDuflot (@Cécile Duflot)


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Léger de prime abord, mais du sérieux à l’intérieur
A l’opposé, Nadine Morano disait il y a peu au site Slate ne pas « regretter » la disparition du Lab. Régulièrement passée sur le gril par le site, elle dénonçait par ailleurs « une recherche du buzz permanente par les organes de presse (…) en utilisant la caricature plus que le réel objectif d’informer ».
Les titres en page d’accueil du site, les captures d’écran lors des questions au gouvernement, les accroches sur les réseaux sociaux, les sujets parfois légers ont été régulièrement critiqués, surtout par les politiques mis en cause.

   


Mais derrière sa mise en forme facile d’accès, de jeunes journalistes mettaient en avant des informations ignorées par les autres médias.
Un constat amer fait par Vincent Glad sur le site de Libération : « Avec la mort du Lab, ce sont des centaines d’informations qui vont se perdre dans le flux quotidien des médias, des dizaines de polémiques qui ne naîtront jamais. »

        Lire aussi :
         

                Europe 1 poursuit sa dégringolade



En l’espace de sept ans, les journalistes du Lab ont fait émerger bien d’autres choses que des « petites phrases », tout cela (et bien d’autres), ce sont eux : la proposition sur la dépénalisation du cannabis lancée par Vincent Peillon, alors ministre de l’éducation ; la campagne de François Fillon aux frais de l’Assemblée ; la « fournée » de Jean-Marie Le Pen, ou encore la révélation de l’emploi de la femme de Claude Bartolone au cabinet de son mari.
Un vide que tentera de combler l’émission de TMC « Quotidien », avec son regard acerbe sur le personnel politique, leurs éléments de langage, ou encore leurs lapsus.

Pour Bruno Le Maire, "la France va mieux". Sauf que les politiques nous disent que "ça va mieux" depuis… plus de 30… https://t.co/IN1CX21hms— Qofficiel (@Quotidien)


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ L’accord de distribution des chaînes de TF1 sur les box d’Orange arrive à échéance le 31 janvier à minuit.
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Négociations compliquées entre Orange et TF1

L’accord de distribution des chaînes de TF1 sur les box d’Orange arrive à échéance le 31 janvier à minuit.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 18h28
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Dernière ligne droite entre Orange et TF1. Entamées il y a vingt-deux mois, les négociations sur le renouvellement du contrat de distribution entre l’opérateur télécoms et la une n’ont toujours pas abouti, et ce alors que le contrat liant les deux parties arrive à échéance le 31 janvier à minuit.
Pour mémoire, le nouveau patron du groupe de télévision, Gilles Pélisson, avait décidé de revoir profondément les contrats de ses chaînes jugeant que les opérateurs télécoms devaient payer cher la diffusion de ses chaînes au motif qu’elles constituaient des produits d’appel forts pour les abonnés. Mais le PDG de TF1 s’était attiré une levée de boucliers de la part des opérateurs. Ces derniers jugeant qu’ils apportaient à la une une audience importante.
Au cœur du bras de fer entre Orange et TF1, les montants réclamés par le groupe audiovisuel, et jugés disproportionnés par l’opérateur. Depuis le début de bataille, la filiale de Bouygues a pourtant convaincu deux autres acteurs, SFR et Bouygues Telecom. Cette autre filiale de Bouygues a officialisé cet accord le 30 janvier.
Les deux contrats signés prévoient pour TF1 la rémunération de la diffusion de ses chaînes dans les box des opérateurs et de nouveaux services et de contenus à valeur ajoutée pour les clients des deux opérateurs. Le groupe TF1 fournira à Bouygues Telecom et à SFR des avant-premières, la diffusion en 4K de certains programmes comme la Coupe du monde ou des services tels que le start over (possibilité de revenir au début du programme). Combien pour l’ensemble ? De bonne source, SFR a accepté de débourser un peu plus de 10 millions d’euros pour l’ensemble des services acquis.
Demandes jugées déraisonnables par Orange
Pourquoi Orange refuse-t-il de signer ? Selon nos informations, TF1 proposerait le même type d’accord. Mais en étant assises sur le nombre d’abonnés de l’opérateur, les sommes réclamées à l’opérateur historique sont supérieures aux montants déboursés par SFR et Bouygues Telecom. D’autant que chez TF1, on considère que le premier opérateur français, qui dispose d’une trésorerie importante, a les moyens de ses ambitions.
Les demandes sont déraisonnables, juge-t-on chez Orange, où l’on rappelle pourtant avoir réussi à obtenir un accord de M6 et de Nicolas Tavernost, réputé être un dur négociateur. Selon nos informations, l’opérateur historique, pour une série de services et de contenus inédits, a accepté de débourser une somme inférieure à 20 millions d’euros par an à l’ex- « petite chaîne qui monte ».
Jusqu’où ira ce bras de fer ? Chez TF1, on n’exclut pas de demander à Orange l’arrêt de la transmission des chaînes sur les box si aucun accord n’est trouvé. Le ton est moins corrosif chez l’opérateur historique, où l’on préférerait signer la paix des braves. Une chose est sûre, TF1 a besoin d’Orange pour être diffusé, et Orange peut difficilement se passer de la première chaîne française.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ La société des auteurs et compositeurs dramatiques a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour que Canal+ respecte la réglementation en la matière.
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Droits d’auteur : le conflit repart entre Canal+ et la SACD

La société des auteurs et compositeurs dramatiques a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour que Canal+ respecte la réglementation en la matière.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h17
    |

            Nicole Vulser








                        



   


La paix armée entre Canal+ et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) n’a pas duré. « Depuis le 1er janvier 2018, la chaîne premium Canal+ et C8 [filiale du groupe de Vincent Bolloré] diffusent sans autorisation et au mépris de la réglementation française, des droits d’auteur », a expliqué mardi 30 janvier Pascal Rogard, directeur général de la SACD.
Ce dernier a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) voici quinze jours sur ces deux cas, et a saisi les responsables des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il a par ailleurs écrit à la ministre de la culture, Françoise Nyssen, pour lui demander « de faire cesser des pratiques que l’on n’a jamais vu dans l’audiovisuel » – hormis une seule fois avec la chaîne Numéro 23 de Pascal Houzelot.
Selon M. Rogard, la ministre « estime que le président du CSA est compétent pour infliger des sanctions à Canal+ s’il ne respecte pas le droit d’auteur » et Mme Nyssen l’a assuré qu’« elle étudierait si besoin avec les parlementaires un renforcement de la législation en la matière ». La prochaine échéance de Canal+ est fixée en avril. « Si Canal+ ne paie pas on ira au tribunal », a déclaré M. Rogard.
Un sérieux conflit avait déjà opposé en 2017 la SACD ainsi que les autres sociétés de gestion de droits à Canal+ puisque le groupe de Vincent Bolloré voulait revoir à la baisse – d’abord de 30 % puis de 20 % – ses contrats avec les sociétés d’auteur en 2017. « Michel Siboni [qui négocie pour le compte de Canal+] applique les méthodes de la grande distribution », affirme M. Rogard. « Cela revenait à abaisser les droits des auteurs de la SACD de 40 % », dit-il. En raison de la chute du nombre d’abonnés, ces droits dont le montant est corrélé au chiffre d’affaires de Canal+, se sont en effet déjà érodés de 20 % entre 2015 et 2017, a rappelé M. Rogard.
« Affameur »
Il a tenu bon et poursuivi en justice le groupe de Vincent Bolloré. Juste avant que ce litige ne soit tranché par le Tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) Canal+ a finalement réglé à la SACD l’intégralité des droits d’auteur dus au titre de 2017. Aussi bien pour la chaîne « premium » que pour les chaînes satellites. Soit un peu moins de 30 millions d’euros au total.
« Nous renégocions seuls avec Canal+ les contrats avec les chaînes satellites qui étaient auparavant conclus en commun avec la Sacem (musique) et la SCAM (documentaires) », explique M. Rogard.
Ce dernier a eu beau jeu de rappeler que les salaires fixes des cinq membres du directoire de la maison mère de Canal+ avaient progressé de 41 % en 2016 et que le résultat opérationnel ajusté (Ebitda) de Groupe Canal (hors restructurations) devrait croître de plus de 30 % en 2017 pour atteindre 365 millions d’euros. Tout en traitant Vincent Bolloré « d’affameur » puisque le droit d’auteur est considéré comme « une créance alimentaire », M. Rogard s’est dit « confiant dans le droit », et a promis que les avances versées aux auteurs par la SACD le seraient le temps que Canal+ verse ce qui est dû.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.
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Une histoire du Proche-Orient multimillénaire contrastée

Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h15
    |

Chantal Cabé (Rédactrice en chef adjointe de « La Vie ») et Michel Lefebvre (Responsable des hors-séries du « Monde »)







                        



   


Le ciel tourmenté du Proche-Orient ne doit pas éclipser ses lumières. Pendant des siècles, ce foyer de civilisations a irradié l’humanité tout entière. Il suffit de quelques marqueurs pour saisir la singularité historique de cette région du monde. De l’invention de l’écriture par les Sumériens à la naissance du christianisme, de l’Egypte pharaonique aux splendeurs de Babylone, de l’illustre Saladin au puissant calife de la Sublime Porte… L’Occident s’est construit dans l’héritage de ce glorieux patrimoine venu des pays d’Orient, le Proche ou le Moyen, selon.
Mais comment, en à peine un siècle, ce Proche-Orient si longtemps porteur des lumières de l’« âge d’or » arabo-musulman est-il devenu un terrain de violences et d’affrontements, un nœud d’enjeux stratégiques, avoués ou dissimulés, un vecteur d’identités, sociales ou religieuses, aussi fortes qu’antagonistes ?
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples (Arabes, Turcs, Kurdes, Perses…), de religions (islam, judaïsme, christianisme) et de cultures (byzantine, arabe, ottomane, persane).
Cette puissance de rayonnement fut encore renforcée au cours du dernier siècle. Car nulle part ailleurs sur la planète, les grandes nations n’ont une telle proximité. L’Occident y a successivement affronté le bloc soviétique (URSS), l’Iran, la péninsule Arabique, la Russie, la Turquie… Au point que, depuis 1945, le centre de gravité des relations internationales semble bien s’être fixé au Proche-Orient, nourri par l’enlisement du conflit israélo-palestinien.
Forces centrifuges de puissances néfastes
Aujourd’hui encore, cette région constitue un axe autour duquel les puissances, régionales et mondiales, se chevauchent et s’entrechoquent, avec pour effet immédiat la décomposition de trois États arabes (Irak, Syrie, Yémen). Le résultat de ces chocs est connu : les peuples si divers d’un Levant pluriethnique et multiconfessionnel n’ont guère réussi jusqu’ici à écrire par eux-mêmes leur histoire commune.
La déclaration unilatérale du président américain Donald Trump en décembre 2017 sur le statut de Jérusalem est une nouvelle preuve de ces ingérences destructrices. Une fois encore, en raison notamment de la richesse de ses ressources naturelles (pétrole et gaz), la région semble condamnée à subir les forces centrifuges de puissances extérieures et néfastes.
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples et de religions
Cette nouvelle édition de L’Histoire du Proche-Orient n’entend pas fournir une seule clé qui, telle un passe-partout, ouvrirait toutes les portes de cette terre si composite. L’Histoire est faite d’une infinité d’événements complexes qui s’accommodent mal de ce genre de raccourci.
Pour analyser et comprendre, nous avons misé sur un large trousseau. C’est donc avec le souci de réintroduire la lumière dans l’ombre apparente, à l’aide de cartes et de documents inédits, par la diversité d’analyse des journalistes de nos deux rédactions accompagnés des meilleurs spécialistes, que nous vous invitons à (re) découvrir l’histoire de ce berceau millénaire de civilisations. Par-delà les préjugés et au-delà des émotions.
L’Histoire du Proche-Orient. 10 000 ans de civilisation, « hors-série » du Monde, nouvelle édition, 188 pages, 12 euros, en vente en kiosques auprès de la boutique du Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Alors que le réseau social est en train de changer les règles de visibilité des articles et vidéos postés par les « pages », voici nos conseils pour continuer à voir les contenus estampillés « Le Monde ».
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Astuce : comment continuer à voir les contenus du « Monde » sur Facebook

Alors que le réseau social est en train de changer les règles de visibilité des articles et vidéos postés par les « pages », voici nos conseils pour continuer à voir les contenus estampillés « Le Monde ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 15h42
    |

            Michaël Szadkowski








                        


Facebook a annoncé récemment qu’il était en train de changer les règles de visibilité des contenus postés par les « pages ». Ce qui pourra avoir un impact sur la visibilité des médias d’information, qui utilisent celles-ci pour diffuser leurs actualités.
C’est notre cas au Monde, où nos journalistes travaillent quotidiennement pour alimenter notre page Facebook « Le Monde », et nos pages thématiques : « Le Monde Sport » ; « M le magazine » ; « Le Monde politique » ; « Le Monde Campus » ; « Les Décodeurs » ; « Le Monde Afrique » ; « Big Browser » ; « Pixels » ; « Le Monde Cultures » ; « Le Monde Environnement et sciences » ; « Le Monde international » ; « Le Monde en cartes » ; « Le Monde événements ».
Comment continuer à voir les pages Facebook du « Monde »
Il existe une solution pour indiquer à Facebook que vous souhaitez voir autant, ou davantage, les informations postées par ces pages. En vous rendant sur les liens indiqués plus haut, et après avoir « aimé » ces pages, vous pouvez signifier à Facebook que vous souhaitez voir leurs publications « en premier » dans votre fil d’actualité.
Ceci en cliquant sur le bouton « déjà abonné(e) ». Voici comment faire dans votre navigateur :

   


Et sur mobile (application, ou site mobile Facebook) :

   



   


Vous pouvez également à cette occasion activer les notifications liées aux pages, qui peuvent servir lorsque nous organisons des événements (comme « Le Monde Festival »), ou si nous démarrons une vidéo en direct.
Vos clics et coups de pouce quotidiens sur Facebook ont également un impact. N’hésitez pas à réagir lorsque vous tombez sur une publication du Monde sur le réseau social, en la commentant ou en la partageant à vos contacts après avoir lu l’article. On le sait, les algorithmes de Facebook veulent avant tout vous montrer des contenus pour lesquels vous devriez porter un intérêt, en fonction de votre historique Facebook, de vos contacts et des centres d’intérêts qui se dégagent de votre profil. En partageant, commentant, ou réagissant aux articles du Monde, qu’ils soient postés par nos pages ou par vos amis Facebook, vous indiquez à Facebook que vous êtes intéressés par nos informations. Cela favorisera la visibilité de ce que nous postons dans votre fil Facebook par la suite.
Ce que vous trouverez en vous abonnant au « Monde » sur Facebook
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Ils sont également à l’œuvre pour animer des discussions sur l’actualité et répondre à des questions dans les commentaires des publications Facebook, dans le respect de notre charte de bonne conduite. Nos autres pages Facebook, qui ciblent des thématiques plus précises, diffusent uniquement nos dernières informations en lien avec le sujet traité.
Comment lire l’intégralité du « Monde »
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.
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édition abonné


Les « fake news » sont d’abord « un marché »

L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h06
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            

L’éclairage. La mésinformation est un thème de recherche ancien dans de nombreuses disciplines académiques, dont l’économie, qui s’intéressent à ses acteurs, ses mécanismes, ses conséquences, ou encore ses régulations.
Depuis que les « fake news » sont au centre d’un important débat public, les chercheurs expriment une grande réticence au contrôle de l’information par l’Etat. Une loi contre les « fake news » apparaît, en effet, fort dangereuse. Une définition stricte des « fake news » comme une information dont le caractère erroné est vérifiable, intentionnellement diffusée et pouvant influencer le public, est en pratique inopérante. Car vérifier et démontrer l’intention demande du temps, et des moyens non négligeables.

De plus, bloquer la circulation d’information en temps réel – et non éventuellement censurer ou condamner a posteriori – nécessitera une définition bien plus large et floue de la fausse information, et donc une inévitable restriction de la liberté d’opinion.

Au mieux, l’usage d’une telle loi par l’Etat sera paternaliste. Au pire, la tentation de manipuler l’information sera grande, surtout en période électorale. Dans le cadre français, le filtre par un juge serait insuffisant, d’autant que la dépendance du parquet à la chancellerie sera maintenue. Que ferait d’un tel outil un Trump s’il était au pouvoir en France ? Par ailleurs, un contrôle étatique dans une démocratie légitimerait ceux déployés par les régimes autoritaires, participant ainsi du recul mondial des libertés.
Erosion de la crédibilité des médias traditionnels
Une loi ne peut donc servir la démocratie que si les « fake news » sont une menace plus significative encore. On ne peut nier qu’avec l’érosion de la surface et de la crédibilité des médias traditionnels et le développement des réseaux sociaux, la circulation de l’information a été bouleversée.
Mais quel en est, à l’heure actuelle, l’impact réel, notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?
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édition abonné


L’art et la manière de titrer en « une »

Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 11h44
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du "Monde")








                        



                                


                            
La chronique du médiateur. Rédiger un bon titre à la « une » du Monde est un exercice difficile. Le cahier des charges du titreur, tel qu’il est résumé dans Le Livre de style du Monde de 2004, a de quoi impressionner le néophyte :
« Un titre informe en quelques mots sur le contenu et la nature d’un article. Il se concentre sur une seule information. Son rôle peut se comparer à celui d’une vitrine : il s’agit d’attirer l’œil, de retenir l’attention d’entrée de jeu par la qualité et la nouveauté de l’information. On peut énoncer quelques règles simples :
Un titre doit aller à l’essentiel sans déformer ;
Un titre doit être précis, le plus souvent possible concret ;
Un titre doit se caractériser par son dynamisme. Il privilégie les verbes à la voix active ;
Un titre ne peut contenir un élément de fait (ou une idée) qui ne figure pas dans l’article. »
Fort de ces directives, j’ai été interpellé par de nombreux lecteurs à la suite d’un titre du Monde (daté 16 janvier) jugé par plusieurs d’entre eux outrancier, voire tendancieux. Renvoyant à une interview que nous avait accordée Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il était ainsi rédigé, sur quatre colonnes au-dessus de la pliure de la « une » : « Nucléaire : l’ASN juge le projet de Bure dangereux ».
A l’intérieur du journal, en page 6, le titre, rédigé par la chefferie du service Planète, était : « Stockage radioactif de Bure : “Une copie à revoir” ». L’expression était une citation extraite de l’entretien que M. Chevet avait accordé à Pierre Le Hir, journaliste au service Planète.
Les « réserves » de Pierre-Franck Chevet
Un courriel de Clément Lemaignan (Voreppe, Isère), ancien directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), résume assez bien l’état d’esprit des lecteurs qui m’ont...




                        

                        


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Facebook veut privilégier les informations locales

Le réseau social a annoncé plusieurs mesures visant à modifier son fil d’actualité ces dernières semaines et dit vouloir ainsi favoriser « l’engagement citoyen ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h13
   





                        



   


Facebook a de nouveau annoncé, lundi 29 janvier, une modification du fil d’actualité qui s’affiche chez ses utilisateurs. Dorénavant, les informations locales seront valorisées dans ce « news feed », aux Etats-Unis dans un premier temps, puis dans d’autres pays dans le courant de l’année.
Concrètement, Facebook compte identifier les sources d’informations locales en analysant la concentration de clics dans une zone géographique donnée. « Si une publication vient d’une source dans votre zone, et que vous suivez sa page ou que vos amis la partagent, elle devrait apparaître plus haut dans votre news feed », écrit Facebook. « Il n’y a pas de restriction concernant les sources éligibles », précise l’entreprise, « ce qui veut dire que de grands médias locaux vont en bénéficier, mais aussi des publications qui se concentrent sur des sujets de niche comme le sport local ».
L’objectif affiché est de proposer des informations présentées comme moins clivantes par Facebook. Mark Zuckerberg, qui a relayé cette initiative sur sa page Facebook, évoque des études selon lesquelles « lire des informations locales est directement corrélé à l’engagement citoyen ».
« Quand j’ai voyagé l’an dernier partout dans le pays, les gens n’arrêtaient pas de me dire à quel point nous avions tous des choses en commun, à condition de dépasser les problèmes nationaux les plus clivants. Beaucoup de gens m’ont dit qu’ils pensaient que si on pouvait baisser d’un cran la température sur les problèmes les plus clivants, et se concentrer à la place sur les questions locales concrètes, alors nous ferions davantage de progrès ensemble. »
Rendre « précieux » le temps passé sur Facebook
Pour Mark Zuckerberg, cela sert à « s’assurer que le temps que nous passons tous sur Facebook soit plus précieux ». Il s’agit du nouveau credo de Facebook, qui a décidé, en début d’année, de revoir complètement la hiérarchie des publications dans le fil d’actualité des utilisateurs, afin de leur proposer « du contenu pertinent » et de revenir à « ce que Facebook fait de plus important : aider à nous connecter les uns les autres ».
Attaqué de toutes parts ces derniers mois, Facebook a notamment été accusé de briser le lien social, de favoriser les contenus sensationnalistes et les fausses informations, et d’être le vecteur de manipulations politiques. En réponse, Facebook a annoncé plusieurs modifications en janvier. La première consiste à favoriser les contenus publiés par les proches des utilisateurs, au détriment de contenus publiés par des médias et des marques en général. La seconde, à privilégier les médias « fiables », qui seront déterminés par les utilisateurs du réseau social eux-mêmes.



                            


                        

                        


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Mathieu Gallet peut-il être renvoyé de Radio France ?

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionne lundi le président de la radio publique, sur la sellette en raison de sa condamnation judiciaire pour favoritisme.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 09h49
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Mathieu Gallet sera-t-il le premier président de l’audiovisuel public destitué avant la fin de son mandat ? Le président de Radio France est sur la sellette depuis sa condamnation en première instance à un an de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende. La justice, qui s’est prononcée le 15 janvier, lui reproche d’avoir favorisé deux sociétés de conseil en leur commandant des prestations sans respecter les règles des marchés publics lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Si M. Gallet a fait appel de la décision et a exclu de démissionner de la présidence de Radio France, son sort est désormais entre les mains du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui doit se prononcer sur son cas mercredi 31 janvier.
Mathieu Gallet peut-il être destitué ?
Le CSA l’a nommé à la tête de Radio France au début de 2014 pour un mandat de cinq ans, qui court donc théoriquement jusqu’en mai 2019. Mais la loi confère à l’instance le pouvoir de le révoquer : il suffit que la majorité de ses membres fasse ce choix et motive sa décision sur la base des critères de « compétence » et d’« expérience ».
Le Conseil a engagé une discussion dans ce sens le 17 janvier. Elle a prévu d’auditionner M. Gallet lundi 29 janvier et de rendre sa sentence le 31.
Reste à savoir si elle tiendra seulement compte de sa situation judiciaire (liée à son entreprise précédente, l’INA), ou également de son bilan à la tête de Radio France.
Le gouvernement a-t-il son mot à dire ?
Théoriquement, non. Le lien entre l’exécutif et les présidents de l’audiovisuel est officiellement coupé depuis la réforme Hollande de 2013 qui transféré le pouvoir de nomination du président de la République au CSA, pour renforcer l’indépendance des médias publics.
Publiquement, le gouvernement a toutefois invité le 16 janvier Mathieu Gallet et le CSA à « tirer les conséquences » de sa condamnation, par la voix de la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Hasard ou non : le lendemain, l’institution ouvrait sa procédure.
Qui pour le remplacer en cas de destitution ?
Une telle décision serait une première dans l’histoire de l’audiovisuel français. Mathieu Gallet serait alors temporairement remplacé par e doyen d’âge du conseil d’administration, Jean-Luc Vergne.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Mathieu Gallet, le retranché de Radio France



Il faudrait alors organiser une nouvelle procédure pour choisir le nouveau président de Radio France. Le gouvernement n’ayant pas encore eu le temps de faire voter sa réforme, cette procédure se passerait très probablement selon les modalités actuelles, définies au début du mandat de François Hollande : il échoirait au CSA de choisir le ou la nouvelle présidente de la radio publique.
Mise à jour, le 30 janvier : le CSA ayant indiqué à Télérama que la limite d’âge de 65 ans ne s’appliquait pas aux situations d’intérim, c’est bien à Jean-Luc Vergne, et non à Frédérique Pfrunder, que pourrait revenir la présidence de Radio France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.
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édition abonné


Réseaux sociaux, data... la publicité à l’ère du numérique

Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h13
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 07h20
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Pas d’affiches dans les rues, aucun encart dans la presse, zéro spot télé. La marque automobile de luxe Alpine « mise tout sur les réseaux sociaux et la compétition » pour se remettre en piste. Un véritable symbole au moment où la télévision tombe définitivement de son piédestal, détrônée par le numérique de la place de premier média publicitaire mondial en 2017.
Finie la toute-puissance du « petit écran », place à la communication directe sur le Net, aux réseaux sociaux et à l’analyse de données. La pub change d’ère, les anciens équilibres vacillent. Les marques ne s’adresseront jamais plus aux individus à la façon d’un Marcel Bleustein-Blanchet, qui créait Publicis – il y a de cela quatre-vingt-dix ans – pour promouvoir, à coup d’affichage puis de spots, « m’sieur Lévitan » ou André, le « chausseur sachant chausser ».
La fin de l’âge d’or de la télé est « un moment historique mais c’est bien l’arbre qui cache la forêt, confirme Maria Mercanti-Guérin, coauteure, avec Michèle Vincent, de Publicité digitale (Dunod, 2016). La numérisation des grands médias historiques est telle que rien, ou presque, ne permet plus de distinguer les deux mondes. » La télé se fond dans le Web et, à l’horizon 2020, la bascule vers les écrans des ordinateurs, et surtout des téléphones mobiles, sera totale : l’Internet représentera plus de la moitié des investissements à l’échelle planétaire.
Cinq plates-formes dominent au niveau mondial
En France, l’e-publicité domine déjà, avec 34,4 % du marché publicitaire dans son ensemble en 2017. Ses recettes ont progressé de 12 % en un an, à 4,1 milliards d’euros, et l’écart avec les autres canaux se creuse, comme le montre le baromètre publié le 25 janvier par les Régies Internet (SRI), PwC et les agences médias de l’Udecam (Union des entreprises de conseil et achat média). Le mobile tire cette croissance.

Ces basculements sont logiques. « Les investissements des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ La présidente de France Télévisions s’engage à contribuer à « repenser l’audiovisuel public » pour faire face aux nouveaux concurrents que sont Google et Netflix.
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France Télévisions : Delphine Ernotte dément l’existence de « tensions » avec l’Etat

La présidente de France Télévisions s’engage à contribuer à « repenser l’audiovisuel public » pour faire face aux nouveaux concurrents que sont Google et Netflix.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 05h55
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 15h05
   





                        


Cela avait fait grand bruit : Emmanuel Macron aurait qualifié l’audiovisuel public de « honte de la République », le 5 décembre devant les députés de la commission des affaires culturelles. Des propos immédiatement démentis par l’Elysée, mais qui ont laissé des séquelles. C’est pourquoi la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, « dément tout “climat de tensions avec l’Etat” », dans une interview au Journal du dimanche (JDD), le 28 janvier.
« Ce n’est pas la nature des liens que France Télévisions entretient avec l’Etat, je parlerais davantage de nouvelles exigences », a-t-elle assuré, faisant référence aux 50 millions d’euros d’économies imposés par le gouvernement à France Télévisions et à la réforme de l’audiovisuel public en préparation pour la fin de 2018.

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                Audiovisuel  public : Françoise Nyssen tente de reprendre la main



Une révolution culturelle de la télévision
La présidente de France Télévisions tente de calmer le jeu, en déclarant partager l’envie du président français de « repenser l’audiovisuel public ». « Redéfinir les missions du service public dans le cadre de la réforme telle qu’elle s’annonce me semble être une bonne chose. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde : l’Etat, France Télévisions et les téléspectateurs », insiste Mme Ernotte, qui se pose en « garante » de l’indépendance du groupe.

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                Le rêve d’un « Netflix européen »



Les PDG de l’audiovisuel public ont jusqu’à la fin de janvier pour étudier cinq « chantiers prioritaires » de coopération entre leurs médias, dans un contexte de réduction des crédits. « Il ne faut surtout pas que les dirigeants de France Télévisions reviennent en disant qu’ils vont faire 10 % d’économies en diminuant le nombre d’émissions », prévient un ministre dans l’hebdomadaire dominical.
Mais, Delphine Ernotte appelle plutôt à « des accords avec TF1 et M6 ». « Maintenant, ce sont Google et Netflix nos concurrents. Dans le même esprit, je discute avec Orange sur de possibles coopérations », dit-elle. Questionnée sur la volonté de procéder à une réforme sur le modèle de la BBC, qui réunirait dans une holding France Télévisions et Radio France, elle se montre entreprenante : « J’ai invité mes partenaires européens à se rassembler autour d’une offre commune, à travers des accords de coproduction internationale, voire la création de plates-formes de diffusion payantes et gratuites ».
Selon les propos de proches du chef de l’Etat, rapportés par Le JDD, celui-ci aspire à une révolution culturelle de la télévision, qui passerait par la création d’un Netflix européen, la rationalisation des différentes chaînes du groupe, ou encore la modification du mode de nomination des PDG, actuellement choisis par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

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                Audiovisuel public : « Il faut créer une BBC à la française »



Un sondage réconfortant
Nommée en 2015, la présidente de France Télévisions voit la programmation du service public validée par une majorité des Français, selon un sondage de l’IFOP publié le même jour dans Le Journal du dimanche. Il a été réalisé auprès d’un échantillon de 1 005 personnes, selon la méthode des quotas par questionnaire autoadministré en ligne du 25 au 26 janvier.

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                Audiovisuel public : à quoi joue Emmanuel Macron ?



Ainsi, 59 % des personnes interrogées s’y déclarent satisfaites des programmes proposés par les chaînes de télévision publiques. Les Français apprécient notamment la place donnée à l’information (à 70 %) et aux programmes pour enfants (à 63 %), et regrettent qu’il y ait trop de jeux (à 48 %) et pas assez de films (69 %), de culture (49 %) et de documentaires (48 %).
Dans ce même sondage, 65 % des personnes interrogées se déclarent favorables à la mise en place d’une « redevance universelle », notamment demandée par Delphine Ernotte et Mathieu Gallet, le président de Radio France. Imposée à tous les foyers fiscaux, cette redevance remplacerait la taxe audiovisuelle, que ne paient pas les foyers sans téléviseur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Un préavis avait été déposé jeudi pour protester contre une réorganisation de la rédaction, qui prévoit la suppression de 25 postes.
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« L’Equipe » absent des kiosques en raison d’une grève contre des suppressions de postes

Un préavis avait été déposé jeudi pour protester contre une réorganisation de la rédaction, qui prévoit la suppression de 25 postes.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 11h39
   





                        


Le journal L’Equipe était absent des kiosques samedi 27 janvier, en raison d’un mouvement de grève contre la suppression annoncée de 25 postes au sein de la rédaction. L’intersyndicale a fait état d’un mouvement « très suivi », relevant « 95 % de grévistes à la rubrique football, 50 % à l’Omnisports, 20 % au web ».
Un préavis avait été déposé jeudi pour protester contre une réorganisation de la rédaction qui prévoit la suppression de 25 postes dans les services préparant le journal et les magazines (documentation, correction, infographie…). « Au lieu de profiter des jours de préavis pour revoir sa copie, la direction des rédactions a tout mis en œuvre, en vain, pour que le journal paraisse, quitte à faire du low-cost, quitte à commander à l’avance et utiliser des articles de reporters grévistes et des papiers laissés au marbre », écrit l’intersyndicale SNJ et SNJ-CGT.
Durcissement annoncé
« Face à une attitude aussi méprisable de la direction, l’Intersyndicale SNJ et SNJ-CGT a décidé de changer de méthode. Désormais, il n’y aura plus de préavis. D’ici à la fin de la procédure d’information-consultation, chaque jour, chaque heure, est désormais susceptible d’être désignée comme une période de grève », a-t-elle ajouté.
Le groupe L’Equipe (qui fait partie du groupe Amaury, l’organisateur du Tour de France) compte environ 700 salariés.
En février 2016, la rédaction s’était mise en grève pour protester contre un plan de départs, empêchant la parution en kiosques de L’Equipe, un fait rare pour le quotidien. Si le journal progresse sur le numérique, ses ventes en kiosque ont baissé de 8,39 % en un an, selon les chiffres de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias, avec une moyenne quotidienne de 234 271 exemplaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Le PDG de l’entreprise publique est auditionné lundi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui doit se prononcer sur son maintien à son poste après sa condamnation pour favoritisme.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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Mathieu Gallet, le retranché de Radio France

Le PDG de l’entreprise publique est auditionné lundi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui doit se prononcer sur son maintien à son poste après sa condamnation pour favoritisme.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 18h33
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



                                


                            
« Je me défendrai jusqu’au bout pour que mon honneur soit rétabli. » Mathieu Gallet est de nouveau sur scène pour se battre. En ce jeudi 18 janvier, trois jours après sa condamnation à un an de prison avec sursis pour favoritisme, le PDG de Radio France s’adresse, dans le studio 106 de la Maison de la radio, à une centaine de cadres et de salariés, à l’occasion de la présentation des résultats d’audience de la fin 2017. L’homme blessé plaide sa cause. Sa voix s’étrangle. Le fringant quadra nie « avoir déconné ».

En pleine tourmente, il salue le « record » d’audience annoncé le matin même : près de 15 millions d’auditeurs en novembre-décembre, et France Inter, Franceinfo et France Bleu dans les six premières radios. « Dans les maisons où les chiffres ne sont pas bons, ça ne va pas très bien aujourd’hui », note-t-il, griffant au passage, dans une allusion à peine voilée, Frédéric Schlesinger et Patrick Cohen, partis l’été précédent de Radio France vers Europe 1. A la fin d’un discours de quinze minutes, il est applaudi. Les gens de la maison sont saisis par le contraste avec ses débuts, quand il avait affronté un mouvement de grève historique de près d’un mois.

Mathieu Gallet s’apprête désormais à être entendu, lundi 29 janvier, par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui décidera de son maintien à la tête du groupe public deux jours après. Il ne veut pas démissionner, comme le lui a demandé la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Pour sauver sa tête, il met en avant le travail accompli.
La descente aux enfers

Son arrivée à la « Maison ronde » en 2014 provoque un choc culturel, et même visuel. Le décalage avec Jean-Luc Hees est total : au vieux lion à crinière blanche et visage buriné succède un beau gosse de 37 ans, au bronzage permanent et aux costumes ajustés, surnommé « Tancrède » – comme Alain Delon dans Le Guépard – par son ancien patron, le ministre de la culture Frédéric...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Des journalistes et des ONG dénoncent des « poursuites bâillons » de la part du groupe Bolloré

Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 15h44
    |

                            Collectif








                        


Des sociétés de journalistes (dont celle du Monde), des journalistes et des organisations non gouvernementales (ONG) dénoncent, dans une tribune publiée mercredi 24 janvier, les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
La publication de cette tribune survient alors que doit avoir lieu, ce jeudi, un procès qui oppose trois publications (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct) à la holding luxembourgeoise Socfin. Cette société, propriétaire de plantations en Afrique et en Asie, dont le groupe Bolloré détient un peu plus de 38 % du capital, les accuse de diffamation.
Voici le texte de cette tribune.
« Face aux poursuites bâillons de Bolloré : nous ne nous tairons pas ! »
« Ce jeudi 25 janvier, s’ouvre un procès contre trois journaux (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct), attaqués en diffamation par la holding luxembourgeoise Socfin et sa filiale camerounaise Socapalm, fortement liées au groupe Bolloré, Vincent Bolloré [président-directeur général du groupe Bolloré] lui-même siégeant au sein de leur conseil d’administration.
Les plaignants leur reprochent des articles relatant les mobilisations de villageois et d’agriculteurs ouest-africains voisins d’exploitations gérées par ces deux sociétés. Alors qu’hier encore, le tribunal de grande instance de Paris déboutait la société Bolloré dans une énième plainte en diffamation contre le journal Les Inrocks, le procès de demain marque une nouvelle étape dans les poursuites judiciaires lancées par le magnat breton et ses partenaires contre des médias, des organisations non gouvernementales ou des journalistes, qui ont évoqué les coulisses de ses activités économiques et commerciales en Afrique, ses liens avec la holding luxembourgeoise Socfin et les conséquences des acquisitions de terre à grande échelle.
Depuis 2009, plus d’une vingtaine de procédures en diffamation ont ainsi été lancées par Bolloré ou la Socfin en France et à l’étranger – pour contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse – contre des articles, des reportages audiovisuels, des rapports d’organisations non gouvernementales, et même un livre.
France Inter, France Culture, France Info, France 2, Bastamag, Le Monde, Les Inrocks, Libération, Mediapart, L’Obs, Le Point, Rue89, Greenpeace, React, Sherpa… Une cinquantaine de journalistes, d’avocats, de photographes, de responsables d’ONG et de directeurs de médias ont été visés par Bolloré et ses partenaires.
Au vu de leur ampleur, nous estimons que ces poursuites judiciaires s’apparentent à des “poursuites bâillons”. Ces procédures lancées par des grandes entreprises multinationales sont en train de devenir la norme. Apple, Areva, Vinci ou Veolia ont récemment attaqué en justice des organisations non gouvernementales ou des lanceurs d’alerte.
En multipliant les procédures judiciaires dans des proportions inédites – quitte à les abandonner en cours de route –, le groupe Bolloré en a fait une mesure de rétorsion quasi automatique dès lors que sont évoquées publiquement ses activités africaines. Ces attaques en justice contre les journalistes viennent s’ajouter à d’autres types d’entraves à la liberté de la presse dont est désormais coutumier le groupe Bolloré.
En 2014, son agence de communication Havas avait par exemple tenté de supprimer plus de 7 millions d’euros de publicité au journal Le Monde, à la suite d’une enquête sur les activités de Vincent Bolloré en Côte d’Ivoire. Sans oublier la déprogrammation ou la censure de plusieurs documentaires que Canal+ (groupe Vivendi) devait diffuser.
Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de grands groupes économiques comme le groupe Bolloré. Objectif : les dissuader d’enquêter et les réduire au silence, pour que le “secret des affaires”, quand celles-ci ont des conséquences potentiellement néfastes, demeure bien gardé.
C’est l’intérêt général et la liberté d’expression qui sont ainsi directement attaqués. Les communautés locales, les journalistes, les associations, les avocats, ou les lanceurs d’alerte : tous les maillons de la chaîne des défenseurs de droits sont visés par ces poursuites.
Nous, collectifs, journalistes, médias, organisations non gouvernementales, apportons notre soutien aux journalistes et aux organisations qui comparaîtront les 25 et 26 janvier, et à tous les acteurs poursuivis dans le cadre de ces poursuites bâillons.
Des réformes devront être proposées en France pour imiter d’autres pays comme le Québec, ou certains Etats des Etats-Unis ou d’Australie, vers un renforcement de la liberté d’expression et une meilleure protection des victimes de ces poursuites bâillons. Informer n’est pas un délit ! On ne se taira pas. »
Médias et organisations signataires :
Abaca Press, ActionAid France, AFASPA 95, Alternatives économiques, Association de la presse judiciaire, Attac France, Bastamag, Bondy Blog, collectif Informer n’est pas un délit, collectif On ne se taira pas, Collectif des associations citoyennes, CRID, France Libertés, GRAIN, Greenpeace France, Les Jours, Mediapart, Prix Albert Londres, Ritimo, ReAct, Reporters sans frontières, Sherpa, Survie, La Télé libre, Union syndicale Solidaires,
Sociétés des journalistes ou des rédacteurs signataires : 
AFP, BFM-TV, Challenges, Les Echos, Europe 1, France 2, France 3, Le Monde, L’Humanité, Libération, L’Obs, Mediapart, M6, Premières Lignes, Radio France, RMC, RTL, Télérama, TF1, TV5Monde, La Vie.
Journalistes signataires :
Jean-Pierre Canet (journaliste), Benoît Collombat (journaliste, Radio France), Nadia Djabali (journaliste), Samuel Forey (journaliste, prix Albert Londres 2017, L’Ebdo), Raphaël Garrigos (journaliste, Les Jours), Simon Gouin (journaliste, Bastamag), Maureen Grisot (journaliste), Elodie Guéguen (journaliste, Radio France), Pierre Haski (journaliste, Rue 89), Thomas Horeau (journaliste, France 2), Dan Israel (journaliste, Mediapart), Erik Kervellec (directeur de la rédaction, France Info), Geoffrey Le Guilcher (Les Inrocks), John-Paul Lepers (journaliste, La Télé Libre), Julien Lusson (ancien directeur de publication, Bastamag), Jacques Monin (journaliste, Radio France), Jean-Baptiste Naudet (journaliste, L’Obs), Nicolas Poincaré (journaliste, Europe 1), Martine Orange (journaliste, Mediapart), Fanny Pigeaud (journaliste), Matthieu Rénier (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2), Isabelle Ricq (photographe), Jean-Baptiste Rivoire (journaliste, Canal+), Isabelle Roberts (journaliste, Les Jours), Agnès Rousseaux (journaliste, Bastamag), Ivan du Roy (journaliste, Bastamag), David Servenay (journaliste), David Thomson (journaliste, Prix Albert Londres 2017, RFI), Nicolas Vescovacci (journaliste), Tristan Waleckx (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.
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Présidence de Radio France : le CSA rendra sa décision à la fin du mois

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h20
   





                        



   


Le sort de Mathieu Gallet à la présidence de Radio France sera connu mercredi 31 janvier, date à laquelle le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devrait annoncer sa décision, dans le cadre de la procédure qu’il a lancée mercredi 17 janvier à son encontre.
Cette procédure, prévue par la loi (le CSA ayant pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l’audiovisuel public), a été lancée à la suite de la condamnation de M. Gallet, le 15 janvier, à 20 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis pour « favoritisme » lorsque celui-ci présidait l’Institut national de l’audiovisuel, entre 2010 et 2014. M. Gallet a depuis annoncé faire appel.
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait appelé le CSA, le 17 janvier, à « tirer les conséquences » du jugement, estimant qu’un « dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable ». Le président du CSA, Olivier Schrameck, avait souligné fin novembre qu’une éventuelle condamnation du patron de Radio France constituerait une situation qui n’avait « pas de précédent ».

        Lire :
         

          L’exécutif met le CSA en difficulté



Entre-temps, les sept membres du CSA auditionneront Mathieu Gallet, le lundi 29 janvier à 11 heures. Le régulateur précise qu’il prendra connaissance des contributions écrites qui lui seraient adressées avant ce mercredi, pour qu’elles soient transmises à Mathieu Gallet dès réception. Le vote du 31 janvier devrait se dérouler à la majorité simple.



                            


                        

                        


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Réseaux sociaux : la pente glissante de l’indignation permanente

Pour les producteurs de contenus, sur Facebook, pousser le lecteur à s’indigner est devenu le moyen le plus sûr d’atteindre son public. Ce qui n’est pas sans risque pour la pratique journalistique, analyse le chef du pôle vidéo du « Monde » Olivier Clairouin.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 11h32
    |

            Olivier Clairouin








                        



                                


                            
ANALYSE. Même s’il semble aujourd’hui moins les porter dans son cœur, Facebook a tout fait ces dernières années pour attirer les médias dans ses filets. Mise en avant des contenus vidéos, subventions massives pour produire des Facebook Live (vidéos en direct), « Instant articles » (un format spécial réservé aux médias)…
Objectif : donner à l’utilisateur tout ce dont il peut avoir besoin, dont des contenus d’actualité, pour qu’il ne quitte jamais la plate-forme. Résultat : en France, plus d’un tiers des personnes s’informent désormais en priorité sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur Facebook. Ce qui a un impact très concret sur la manière dont les rédactions produisent leurs contenus.
Une grammaire adaptée à Facebook
Prenons l’exemple de la vidéo : interviews face caméra, déclaration ou image forte dans les trois premières secondes pour retenir l’attention, phrases courtes et percutantes incrustées directement dans l’image, musique rythmée et animations à gogo, formats de type édito en vertical…
Les vidéos publiées en ligne n’ont, dans leur grammaire, plus rien à voir avec celles publiées il y a à peine deux ans. Inventé et codifié par les médias dont la stratégie économique repose entièrement sur les réseaux sociaux (ni NowThis, ni Brut n’ont de sites Internet), ce modèle a depuis été imité par l’intégralité des médias en ligne. Et, parfois, moqué pour son manque de profondeur :

Parce que leur morphologie s’est adaptée aux contraintes du réseau social, ces contenus sont incontestablement plus « efficaces » que leurs prédécesseurs pour capter l’attention de l’internaute. Mais ils incarnent aussi une nouvelle logique : celle qui vise en priorité à être liké, commenté et partagé directement sur le réseau social, davantage qu’à être lu sur un site tiers.
Or rien ne provoque mieux cet effet que l’indignation. Comme le relève Molly Crockett, professeure en psychologie à l’université...




                        

                        

