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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour l’historien Sébastien Ledoux, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », si commémorer n’est pas célébrer, faut-il pour autant évoquer Charles Maurras dans le cadre de commémorations publiques ?
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Il est difficile d’évoquer Maurras « dans le cadre de commémorations publiques »

Pour l’historien Sébastien Ledoux, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », si commémorer n’est pas célébrer, faut-il pour autant évoquer Charles Maurras dans le cadre de commémorations publiques ?



Le Monde
 |    31.01.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 17h51
    |

Sébastien Ledoux (historien, université Paris-I/CHS du XXe siècle)







                        



                                


                            

Tribune. La commémoration est d’abord et avant tout une pratique sociale collective de remémoration qui prend pour objet le passé. Elle peut survenir « par le bas », c’est-à-dire s’effectuer spontanément par des individus comme on a pu l’observer après les attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris ou après celui de Nice en juillet 2016. Les pratiques commémoratives peuvent aussi être instaurées dans un rituel de deuil et d’hommage par des organisations en dehors de toute intervention de l’Etat.
Des associations juives de rescapés des camps d’extermination, comme l’Amicale des anciens déportés juifs de France, ont ainsi organisé chaque année à partir des années 1950 la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv’ avant qu’elle ne devienne journée nationale par décret présidentiel en 1993.
Ce qui est commémoré, au-delà des individus ou des événements, est une expérience humaine inscrite comme ressource de sens dans un horizon d’attente
Certaines commémorations non officielles sont parfois instituées en réaction au discours officiel comme celles qui ont vu le jour en Martinique dans les années 1960-1970 pour rendre hommage le 22 mai aux esclaves qui s’étaient soulevés pour l’application du décret d’abolition en avril 1848. Les commémorations officielles quant à elles fixent et encadrent des hommages qui disent quelque chose de la mise en perspective de l’histoire nationale qui évolue avec le temps.

La commémoration de la première guerre mondiale a été fixée au 11 novembre par une loi du 24 octobre 1922 pour rendre hommage à la victoire et à la paix, mais une loi récente du 28 février 2012 a institué le 11 novembre comme une journée d’hommage national aux morts pour la France.
Au nom de l’hommage rendu aux victimes
Si les objets du passé commémorés sont ainsi extrêmement divers (événements, individus) et prennent des modalités diverses mouvantes, ils ont pour signification anthropologique et philosophique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans « L’Etat islamique de Mossoul », Hélène Sallon, journaliste au « Monde » qui a suivi les forces irakiennes dans la libération de la ville, dépeint la société sous l’emprise de l’organisation djihadiste. Extraits.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Les enfants du « califat »

Dans « L’Etat islamique de Mossoul », Hélène Sallon, journaliste au « Monde » qui a suivi les forces irakiennes dans la libération de la ville, dépeint la société sous l’emprise de l’organisation djihadiste. Extraits.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 17h58
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Bonnes feuilles. Le bruit des combats résonne en écho dans une venelle de la vieille ville de Mossoul où se tient, en ce début de juillet 2017, le lieutenant-colonel Salam Hussein Al-Obeidi des forces antiterroristes irakiennes. Posté dans l’encadrement d’une porte, il observe le flot de déplacés qui fuient les derniers quartiers témoins de combats extrêmement meurtriers.
Les visages des rescapés sont creusés, défaits, leurs corps rachitiques et leurs vêtements en haillons. Ils disent l’enfer duquel ils viennent de s’extraire. Parmi eux, pense l’officier, se trouvent surtout des familles de l’Etat islamique (EI). Pas plus haut que trois pommes, un petit garçon arrive à sa hauteur, le regard défiant. L’officier le repère et intime à la famille de s’arrêter. Il tend au petit garçon un drapeau irakien, que celui-ci s’empresse de jeter au sol.

« Pourquoi tu jettes le drapeau ?, lui demande l’officier, d’un air mi-autoritaire, mi-narquois. –  C’est le drapeau des kouffar [mécréants] », lui répond-il. Le lieutenant-colonel Salam a emmené le petit Ibrahim, 4 ans, et sa famille dans la maison qui lui sert de base. Ses grandes sœurs Chahed, 19 ans, et Chajane, 17 ans, n’en mènent pas large. Leurs quatre petits frères et sœurs, et la fille de 2 ans de Chahed se jettent, insouciants, sur la nourriture que leur sert un soldat. L’officier déroule les photos de famille que Chahed a sur son ordinateur : celle de son père debout dans le salon, une mitraillette à l’épaule.
Le vendeur de rue devenu combattant de l’EI et sa deuxième épouse ont décidé de combattre jusqu’à la mort dans la vieille ville. Ils lui ont confié leurs quatre enfants, avec des liasses de dollars et de dinars irakiens. Sur une autre photo apparaît son mari avec un groupe d’amis combattants. Lui a été tué en mai dans un bombardement dans le quartier de Zinjili. Elle a aussi conservé la photo en uniforme militaire de son frère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien président de France Télévisions estime que le temps est venu d’affirmer l’indépendance de cette autorité de régulation.
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Xavier Gouyou-Beauchamps : La révocation de Mathieu Gallet appelle « une réforme profonde du CSA »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien président de France Télévisions estime que le temps est venu d’affirmer l’indépendance de cette autorité de régulation.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 16h03
    |

Xavier Gouyou-Beauchamps (Ancien président de France Télévisions 1996-1999)







                        



                                


                            

Tribune. La décision prise par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur le cas du président de Radio France est une première. Depuis sa naissance, en 1989, le CSA n’avait jamais révoqué formellement un président d’une société publique de radio ou de télévision. Il avait procédé autrement.
Deux fois, il avait, en liaison avec le gouvernement, poussé le président de France Télévisions à la démission. Cinq fois, il avait attendu la fin du mandat du président, ce qui est une forme de révocation avec différé. Il avait fait la même chose pour les présidents successifs de Radio France, à une exception près.

Le comportement de l’Etat dans l’affaire Mathieu Gallet [condamné le 15 janvier pour favoritisme lorsqu’il était président de l’Institut national de l’audiovisuel] constitue aussi une première. Jusqu’à maintenant, le gouvernement était intervenu dans les nominations et dans les révocations déguisées, mais en coulisse, pas de façon transparente et explicite.
Ces deux premières ne contribuent pas au redressement de l’image du CSA, entachée notamment par les conditions dans lesquelles il a procédé à la nomination de l’actuelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte [des modalités de vote inédites], et celles dans lesquelles il a réglé le cas de la chaîne de télévision Numéro 23 [le CSA, qui a donné son accord, en juillet 2017, au rachat de la chaîne par le groupe maison mère de BFM-TV et RMC, l’avait d’abord refusé en 2015, avant d’être désavoué par le Conseil d’Etat].
Un recul du crédit d’indépendance
Il apparaît donc de plus en plus clairement que le CSA doit être déchargé de la nomination des présidents. C’est nécessaire pour la restauration de son crédit comme autorité de régulation. Ce sera la fin de son vice structurel : imagine-t-on une autorité de régulation des télécommunications responsable de la nomination (et de la révocation éventuelle) de la principale...




                        

                        


<article-nb="2018/01/31/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur en gestion Jean-Pierre Bouchez voit un précédent historique à l’économie des plates-formes numériques : le modèle économique de la « proto-industrie » de la fin du XVIIIe siècle.
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« Uber, ou le passé recomposé »

Dans une tribune au « Monde », le professeur en gestion Jean-Pierre Bouchez voit un précédent historique à l’économie des plates-formes numériques : le modèle économique de la « proto-industrie » de la fin du XVIIIe siècle.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h00
    |

Jean-Pierre Bouchez (Directeur de recherche au laboratoire de recherche en management de l’université de Versailles-Saint-Quentin, et créateur de P...







                        



                                


                            
Tribune. On doit à l’historien ­amé­ricain Franklin ­Mendels (1943-1988) d’avoir forgé et popularisé dans un article fameux du Journal of Economic History le terme de ­ « proto-industrie », mode de production dont la ­diffusion s’amorce véritablement en France dans les années 1760-1800 à l’aube de la première révolution industrielle (« Proto-Industrialization : the First Phase of the ­Industrialization Process », vol. 32, n° 1, mars 1972).
L’économie de ce système ­mar­chand repose sur deux dispositifs combinés. Le premier est constitué d’un ­ « centre pivot » localisé au sein d’une ville à partir duquel les « entrepreneurs-marchands » ou « mar­chands-fabricants », selon les termes de l’historiographie française, dirigent leur « affaire ». Ne souhaitant pas procéder à de lourds investissements, ils ont besoin, en particulier lorsque les marchés sont fluctuants et conjoncturels, d’une main-d’œuvre rurale, flexible, docile et compétitive, dont la dis­persion géographique ne risque pas de favoriser la solidarité en cas de ­conflits.

Le rôle de l’entrepreneur se situe en amont (approvisionner les ateliers de campagne en matière première) et en aval (assurer la collecte des produits ­finis ou semi-finis et la vente dans les ateliers urbains). Son contrôle porte essentiellement sur la qualité du produit et sur le délai d’exécution, et non sur la production.
« Proto-ouvriers »
Le second dispositif est la mobili­sation de la main-d’œuvre, qualifiée de « proto-ouvriers ». Ces derniers, qui possèdent des exploitations agricoles trop réduites pour s’assurer un revenu suffisant et permanent, ­apportent leur force de travail en ­appoint pendant la morte-saison sur la base de ce que l’on appellerait aujourd’hui une forme de temps ­partiel annualisé combiné avec de la pluriactivité. Ils peuvent ainsi compléter leurs ressources sous forme de rémunération à la tâche en articulant au mieux temps industriel et temps agricole, souvent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’accord signé le 19 janvier chez le constructeur préfère le gain immédiat à l’anticipation des risques, selon le syndicaliste Pierre Héritier, dans une tribune au « Monde ».
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« Chez Peugeot, il en va des salariés comme des stocks... »

L’accord signé le 19 janvier chez le constructeur préfère le gain immédiat à l’anticipation des risques, selon le syndicaliste Pierre Héritier, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 15h08
    |

Pierre Héritier (Ancien secrétaire national de la CFDT et fondateur du Laboratoire social action innovation réflexions échange  et du Forum syndica...







                        



                                


                            
Tribune. Peugeot vient de lancer un nouveau modèle… social : la procédure de rupture conventionnelle collective, concoctée dans le cadre des ordonnances d’Emmanuel Macron, a bien vite accouché d’un accord finalement approuvé le 19 janvier par une large majorité des syndicats de l’entreprise.
Malgré les garanties apportées par la direction en termes de maintien des mesures existantes et de modalités qui rendent l’accord attractif, le nouveau modèle Peugeot servira de moteur à un nouveau traitement des salariés dont on veut se débarrasser. Il s’agit là d’un changement majeur dans la gestion du personnel et des qualifications, et d’une rupture avec les discours et les pratiques dominantes de l’Europe continentale. L’idée d’un compromis social postfordiste entre le salariat et le patronat long-termiste a décidément du plomb dans l’aile !
La souplesse des ordonnances, c’est la victoire du court-terme et du juste à temps sur l’anticipation et la responsabilité sociale voire sociétale de l’entreprise
Désormais, l’entreprise qui a besoin de qualifications nouvelles peut aller les chercher à l’extérieur et se débarrasser de celles qui lui paraissent obsolètes. Il en va des salariés comme des stocks… Il en sera des futurs accords comme des plans sociaux et des mesures d’âge : au fil du temps les copies du modèle se feront au rabais. La souplesse donnée par les ordonnances dispense les entreprises d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, d’un investissement dans la formation du salarié, d’un effort d’adaptation des compétences aux besoins de l’entreprise. C’est la victoire du court-terme et du juste à temps sur l’anticipation et la responsabilité sociale voire sociétale de l’entreprise à l’égard des salariés, du territoire et de la nation.

Il appartient désormais à l’Etat, la région, la famille, de former les futurs salariés pour qu’ils soient conformes aux requis de l’entreprise. Mais aussi de recycler ceux dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans cette chronique, le président du conseil d’administration de Crédit Suisse, Urs Rohner, pointe les progrès encourageants réalisés dans la recherche d’une amélioration de ce qui reste encore la mesure de référence de l’activité économique d’un pays.
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« Le PIB ne doit pas être l’unique obsession des décideurs »

Dans cette chronique, le président du conseil d’administration de Crédit Suisse, Urs Rohner, pointe les progrès encourageants réalisés dans la recherche d’une amélioration de ce qui reste encore la mesure de référence de l’activité économique d’un pays.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h00
    |

Urs Rohner (Président du conseil d'administration de Crédit suisse)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. De nombreux économistes respectés ont depuis longtemps souligné que le produit intérieur brut (PIB) est une mesure inadéquate du développement économique et du bien-être social, et ne devrait donc pas être l’unique obsession des décideurs. Pourtant, nous n’avons fait aucun progrès vers une alternative réaliste à cet indicateur.
le PIB tend à mesurer les actifs de façon imprécise, et pas du tout les passifs
L’une des lacunes bien connues du PIB est qu’il ne tient pas compte de la valeur du travail domestique, y compris les soins aux enfants et aux membres âgés de la famille. Plus important encore, l’attribution d’une valeur monétaire à ces activités ne réglerait pas un défaut plus profond du PIB : son incapacité à refléter de manière adéquate l’expérience vécue par les membres de la société. Mesurer les travaux ménagers gonflerait le PIB sans pourtant modifier réellement les niveaux de vie. De plus, les femmes, représentant la plus grande part des personnes qui effectuent des travaux domestiques, continueraient à être considérées comme bénévoles plutôt que contribuant véritablement à l’activité économique.
Un autre défaut bien connu du PIB est qu’il ne tient pas compte de la destruction de valeur, par exemple lorsque les pays gèrent mal leur capital humain en négligeant l’éducation, ou en épuisant leur capital naturel pour obtenir des avantages économiques immédiats. Au final, le PIB tend à mesurer les actifs de façon imprécise, et pas du tout les passifs.
« Développement vert »
Bien qu’aucun consensus international sur une solution de rechange au PIB n’ait émergé, il y a eu des progrès encourageants vers une façon plus réfléchie de mesurer l’activité économique. En 1972, les économistes William Nordhaus et James Tobin (Yale) ont proposé un nouveau cadre, la « mesure du bien-être économique » (MBE), tenant compte des diverses activités non rémunérées. Plus récemment, la Chine a établi un indicateur de « développement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Un collectif de dix-sept signataires représentants le secteur du numérique, les entreprises ou le monde de la formation appellent, dans une tribune au « Monde », à inclure l’enseignement de l’informatique dans la réforme du lycée.
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Il faut « développer la culture numérique dès le plus jeune âge »

Un collectif de dix-sept signataires représentants le secteur du numérique, les entreprises ou le monde de la formation appellent, dans une tribune au « Monde », à inclure l’enseignement de l’informatique dans la réforme du lycée.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Il n’est pas un jour sans que le numérique n’apparaisse dans les médias, dans nos relations professionnelles, dans nos démarches les plus quotidiennes et anodines. La révolution numérique impacte l’ensemble des secteurs, des métiers et des compétences. De sa réussite dépendent en partie le développement équilibré et cohérent de notre société, l’avenir économique de notre pays, et sa place dans le jeu mondial.
Pouvons-nous continuer à ignorer la faible culture numérique de nos enfants comme de certains de nos concitoyens, qui s’en trouvent fragilisés ? Resterons-nous sans agir face à la pénurie avérée de femmes et d’hommes disposant de savoir-faire dans ce domaine ? Cette pénurie touche non seulement les entreprises du secteur, mais aussi l’ensemble de l’économie, entravant son essor.
Connaissances minimales
Face à ce constat préoccupant, et dans le cadre du débat actuel sur la réforme du lycée et du baccalauréat, l’écosystème numérique se mobilise et demande l’introduction d’un enseignement de l’informatique à tous les niveaux de l’éducation nationale, dans les cursus généraux, technologiques et professionnels ainsi que sa conséquence logique, la création d’un Capes et d’une agrégation d’informatique.

Il est impératif que l’ensemble de la population dispose de connaissances minimales en « humanités numériques », c’est-à-dire de la capacité à évoluer avec discernement et lucidité dans ce monde numérique. Ainsi, nos concitoyens seront en mesure d’y intervenir en tant que consommateurs-acteurs responsables : acteurs économiques, usagers et citoyens.
Il faut agir dès l’école et auprès des plus jeunes afin de développer chez eux la culture numérique, de les initier aux fondamentaux de l’informatique et du raisonnement algorithmique.

Car comprendre les principes de fonctionnement des outils numériques et être à l’aise avec leur usage permet de prendre part aux activités économiques et sociales...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Le groupe automobile allemand a reconnu avoir organisé des tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets des oxydes d’azote. Une nouvelle affaire qui écorne encore un peu plus l’image de la marque.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Volkswagen entre arrogance et éthique dévoyée

Editorial. Le groupe automobile allemand a reconnu avoir organisé des tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets des oxydes d’azote. Une nouvelle affaire qui écorne encore un peu plus l’image de la marque.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 11h57
   





                        


Editorial du « Monde ». Jusqu’où le scandale du diesel s’arrêtera-t-il donc ? Plus de deux ans après la révélation que Volkswagen (VW) avait triché sur la performance environnementale de ses moteurs en les équipant d’un « logiciel trompeur », capable de modifier les résultats d’émissions polluantes en cas de test, le constructeur se retrouve au centre d’une nouvelle affaire, qui ne fait qu’ajouter la bêtise à l’infamie. Le groupe a reconnu avoir organisé des tests sur des humains et des singes pour mesurer les effets des oxydes d’azote (NOx) rejetés par ces mêmes moteurs diesel. Ce que l’on a appelé le « dieselgate » prend désormais la tournure d’un « monkeygate ».
Les tests ont été organisés dans le cadre de l’EUGT, une cellule de recherche financée de 2007 à 2017 par VW, Daimler, BMW et Bosch. L’idée était de prouver « scientifiquement » que les nouveaux moteurs étaient nettement moins polluants que les anciens. Le sordide protocole retenu pour mener l’expérience montre que la détermination des ingénieurs de la fine fleur de l’industrie allemande n’avait plus de limite.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir du « monkeygate », nouveau scandale automobile allemand



Dans un premier temps, l’équipe de « chercheurs », basée aux Etats-Unis, un marché où VW tentait d’imposer ses motorisations diesel, avait voulu réaliser les tests sur des humains. Dans un éclair de lucidité, Thomas Steg, responsable des relations avec les autorités du groupe allemand, avait refusé. Mais avec des singes, pourquoi pas ?
En 2014, dix macaques avaient été enfermés dans une pièce pendant quatre heures afin qu’ils inhalent les gaz d’échappement d’une voiture. Le vice avait été poussé jusqu’à installer les singes devant des téléviseurs diffusant des dessins animés pour qu’ils se tiennent tranquilles.
L’affaire a pris encore un peu plus d’ampleur, le 29 janvier, lorsque la presse allemande a révélé que l’EUGT avait également procédé, entre 2012 et 2014, à des expérimentations sur des humains en les soumettant à des émissions d’oxydes d’azote trois fois supérieures aux limites légales.
Stratégie déplorable
Pendant le test, des efforts physiques étaient imposés aux « cobayes » pour vérifier si l’inhalation avait des effets inflammatoires sur les poumons. Alors que M. Steg a été suspendu de ses fonctions, ces révélations ont provoqué un tollé unanime, d’Angela Merkel à la Commission européenne, en passant par le nouveau patron de VW, Matthias Müller, qui se débat depuis deux ans pour tourner la page du « dieselgate ». Ce dernier s’est dit « atterré d’un point de vue éthique, avec la dimension historique allemande, car ces tests prétendument scientifiques n’avaient aucune valeur, juste la vocation de vendre davantage de voitures ».
L’affaire révèle l’ampleur de sa tâche : modifier en profondeur la culture d’une entreprise, qui, en voulant contourner les règles, s’est crue au-dessus d’elles. C’est le reflet de l’arrogance d’une marque, qui, avec un certain manque d’humilité, s’était choisi pour signature « Das Auto » et qui, dans le cadre du « dieselgate », a contesté la compétence de la justice française et a récusé toute tromperie.
Sûre de son avance technologique, celle-ci n’a pas hésité à déployer un lobbying douteux pour tenter de faire taire les critiques sur le diesel. Une stratégie déplorable, qui écorne un peu plus l’image de l’industrie allemande et qui ne fait que ­disqualifier davantage cette technologie en perte de vitesse. En s’asseyant sur l’éthique, VW confirme l’aphorisme de Buster Keaton : « Si l’homme descend du singe, il peut aussi y remonter. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Question de droit social. Une nouvelle obligation pèse sur les entreprises : former à la non-discrimination à l’embauche les salariés chargés des missions de recrutement au moins une fois tous les cinq ans.
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Comment limiter la discrimination

Question de droit social. Une nouvelle obligation pèse sur les entreprises : former à la non-discrimination à l’embauche les salariés chargés des missions de recrutement au moins une fois tous les cinq ans.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 15h22
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Chronique. Selon les articles 225-1 et 225-2 du code pénal, la discrimination est caractérisée dès lors que l’on constate une inégalité de traitement, c’est-à-dire un traitement (acte, fait, pratique) défavorable dans une situation comparable à une autre fondée sur l’un des dix-huit critères énumérés par la loi dont l’origine, le sexe, l’orientation sexuelle, les activités syndicales, l’appartenance vraie ou supposée à une race ou à une religion, notamment dans l’accès à l’emploi.
L’article L. 1132-1 du code du travail rappelle qu’« aucune personne ne peut être ­écartée d’une procédure de recrutement » pour de tels motifs. L’article L. 1142 du même code prohibe sous peine de sanctions pénales le fait de « mentionner ou faire mentionner dans une offre d’emploi le sexe ou la situation de famille du candidat ­recherché » ou de refuser « d’embaucher une personne (…) en considération du sexe, de la situation de famille ou de la grossesse sur la base de critères de choix différents selon le sexe, la situation de famille ou la grossesse ».
L’article 214 de la loi 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté a créé une nouvelle obligation de formation pesant sur les entreprises. Imaginée dans le projet initial comme pesant sur les entreprises de 50 salariés et plus, celle-ci est inscrite depuis à l’article L. 1131-2 du code du travail qui impose aux seules entreprises d’au moins 300 salariés ainsi qu’à celles spécialisées dans le recrutement de former à la non-discrimination à l’embauche leurs salariés chargés des missions de recrutement au moins une fois tous les cinq ans.
Urgence au « pays des droits de l’homme »
Cette formation est légalement obligatoire : elle peut dès lors faire partie du plan de formation de l’entreprise et être intégrée dans le budget. Le contenu de cette formation n’est pas précisé et les entreprises sont libres d’en définir les modalités.
Malgré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Livre. Pour l’enseignant-chercheur Kevin Levillain, l’émergence de nouvelles formes juridiques de sociétés participe « d’un vaste mouvement de réinterrogation des savoirs et des pratiques concernant l’entreprise et sa gouvernance ».
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Gouverner l’entreprise autrement

Livre. Pour l’enseignant-chercheur Kevin Levillain, l’émergence de nouvelles formes juridiques de sociétés participe « d’un vaste mouvement de réinterrogation des savoirs et des pratiques concernant l’entreprise et sa gouvernance ».



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 12h12
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. La gouvernance de l’entreprise : voilà un sujet ­abon­damment traité par la ­littérature scientifique. Théoriciens et praticiens n’ont pourtant pas su anticiper le fleurissement de nouvelles formes ­juridiques en Europe et en Amérique du Nord questionnant les fondamentaux des modèles usuels de cette gouvernance. Comment comprendre l’émergence de ces modèles ? Quelle est leur portée ? Remettent-ils en cause les paysages juridiques tels qu’ils sont dessinés ? Autant de questions sou­levées dans Les Entreprises à mission, un essai de Kevin Levillain.
Aux Etats-Unis, pas moins de quatre nouvelles formes juridiques de société ont été adoptées entre 2007 et 2013. L’Europe a également vu fleurir depuis 1995 une demi-douzaine de propositions, de la société à finalité sociale belge aux community Internet companies du Royaume-Uni. « Un tel changement du droit des sociétés est pourtant un événement habituellement rare dans la plupart des législations », rappelle l’enseignant-chercheur à Mines ParisTech-PSL Research University.

Quelques années après le début de la crise financière de 2008, l’émergence de ces nouvelles formes n’est pas un événement isolé, mais l’aspect d’une « phénomé­nologie foisonnante ». En France, le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) multiplie les initiatives prônant la généralisation d’une forme dite « sociale ».
Création collective de valeurs
De nombreux praticiens défendent de nouveaux concepts pour l’organisation de la création col­lective de valeur. D’autres acteurs ­diffusent des formes innovantes pour soutenir la finance sociale ou le microcrédit. Les gouvernements eux-mêmes se saisissent de la question. En témoignent, en France, les débats autour de la loi du 31 juillet 2014 relative à l’éco­nomie sociale et solidaire.
L’arrivée de ces nouvelles formes juridiques ne se limite donc pas à une simple remise en question des seuls savoirs juridiques,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le politologue revient sur la manière dont il a construit son rapport remis au ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, le 24 janvier.
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Pierre Mathiot : « L’opinion est relativement prête à ce que le bac se transforme »

Le politologue revient sur la manière dont il a construit son rapport remis au ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, le 24 janvier.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 12h08
    |

                            Mattea Battaglia et 
Violaine Morin








                        



                                


                            
Le politologue Pierre Mathiot s’est vu confier une mission sur la réforme du lycée et du baccalauréat à l’horizon 2021 par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Après lui avoir remis son rapport le 24 janvier, il explique au Monde ce qu’a été son fil conducteur et ce que l’on peut en attendre.
Vous venez de mener deux mois de concertation pour nourrir un rapport sur le « nouveau baccalauréat ». Le ministre de l’éducation repart pour des consultations avant l’annonce de sa réforme, le 14 février. Avez-vous déjà une idée des propositions qu’il pourrait retenir ?
Mi-février, le ministre ne parlera que du baccalauréat, et pas du lycée. Le canevas – celui fixé par le président de la République – est arrêté : ce nouveau bac s’appuiera sur quatre épreuves finales en terminale (cinq, en comptant le français en première) adossées à une évaluation en contrôle continu.
J’ai proposé que la philosophie et le nouvel oral (deux des épreuves terminales) soient évalués pour tous les élèves, y compris ceux de la voie technologique. Il me semble que ce cadre a convaincu le ministre, mais nous sommes au stade de la concertation. Pour le reste, et notamment les barèmes, le poids respectif des épreuves, rien n’est arrêté.

Sur les modalités du contrôle continu, vous avancez trois scénarios, sans trancher. Pourquoi ?
Aucune des options ne me satisfait à 100 %. Mais celle « du milieu », qui propose de mixer des épreuves ponctuelles avec la prise en compte des bulletins scolaires, me semble intéressante. C’est un scénario médian, une sorte de compromis.
En rédigeant le rapport, j’ai été guidé par le souci de l’applicabilité : éviter d’opposer inutilement un camp à un autre ; tenir une ligne de crête entre la préoccupation de l’excellence et celle de l’inclusion de tous les élèves. Pour cela, il m’a parfois fallu renoncer à certaines idées : un examen évalué sur 100 par exemple,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La devise « Europe is back » s’impose, avec sa vision progressiste, ouverte, coopérative et démocratique. Mais ses dirigeants font encore étalage de leur impuissance, estime dans sa chronique hebdomadaire l’éditorialiste Sylvie Kauffmann.
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« L’Europe est de retour, elle a une vision… Mais qu’est-ce qu’une vision sans les capacités de la mettre en œuvre ? »

La devise « Europe is back » s’impose, avec sa vision progressiste, ouverte, coopérative et démocratique. Mais ses dirigeants font encore étalage de leur impuissance, estime dans sa chronique hebdomadaire l’éditorialiste Sylvie Kauffmann.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 07h03
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            

Chronique. A moins que vous ne viviez sur une autre planète, vous le savez sans doute : l’Europe est de retour. C’est le président français qui le dit, et il aime beaucoup le faire en anglais : « Europe is back ! » – il faut dire que ça en jette, parce qu’elle revient de loin, l’Europe. En anglais, le slogan claque comme une alternative à « America First ». Un excellent slogan aussi, mais, comment dire… plus offensif.
Ce qui donne de la crédibilité à l’idée du retour de l’Europe, c’est qu’Emmanuel Macron n’est plus le seul à la brandir. Le Forum économique de Davos (Suisse), qui s’est tenu du 23 au 26 janvier, a ainsi mis en scène ces dirigeants européens qui ont cessé de raser les murs, qui sont fiers d’avoir renoué avec la croissance dans la zone euro après dix ans de galère et qui sont porteurs d’un message positif : l’Europe est rétablie, elle a un projet, des valeurs, et elle est ouverte sur le monde.
Même Angela Merkel, passée du statut de prodige politique à celui de chancelière chancelante à l’allure du cours du bitcoin, a fait le déplacement pour qu’il ne manque pas un piston au moteur franco-allemand. Et malheur à celui qui, comme le professeur Klaus Schwab, le fondateur de Davos, pensait gentiment l’encourager pour les négociations qui l’attendent à Berlin : « Ne nous apitoyez pas sur moi », l’a-t-elle prié sèchement.
Articuler une vision
Non, l’heure n’est plus à la pitié pour l’Europe. Est-ce, pour reprendre l’expression de l’ancien premier ministre suédois Carl Bildt, « l’effet BTP » (Brexit-Trump-Poutine) qui a, par contraste, redoré son blason et renforcé la confiance envers l’Union européenne (UE) dans l’ensemble des opinions publiques des Etats membres ? Est-ce l’énergie d’un jeune président français, qui opère comme un aimant sur les élites étrangères ? La meilleure conjoncture économique ? Le fait qu’en Europe, les partisans de la démocratie libérale résistent aux assauts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », rappelle que pour Emmanuel Macron, l’amélioration économique comporte une part de risque, avec la multiplication des revendications catégorielles.
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Pour Macron, le retour de la croissance, c’est une cagnotte et deux discours

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », rappelle que pour Emmanuel Macron, l’amélioration économique comporte une part de risque, avec la multiplication des revendications catégorielles.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 09h56
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Chronique. Le retour de la croissance en France est une très bonne nouvelle. Le produit intérieur brut du pays a progressé de 1,9 % en 2017, selon les chiffres publiés mardi 30 janvier par l’Insee. Mais cette évolution comporte aussi sa part de risque qu’Emmanuel Macron n’a pas manqué de souligner, le même jour, lors de ses vœux « aux corps constitués et aux forces vives de la nation ».
Qui dit croissance dit meilleures rentrées fiscales. Donc davantage d’aisance pour contenir les déficits. Donc fin supposée des vaches maigres et multiplication des revendications catégorielles toutes plus justifiées les unes que les autres, si l’on se réfère aux demandes formulées ces derniers jours : revalorisation du métier de gardien de prison, amélioration des conditions de travail des aides-soignants dans les établissements accueillant les personnes âgées, lutte contre le mal-logement, etc.
La cagnotte est un grand classique de l’histoire budgétaire. Peu de gouvernements y ont résisté, l’exemple le plus spectaculaire remontant au tournant des années 2000 : débusqué par Jacques Chirac alors président de la République, Lionel Jospin qui tenait les rênes de Matignon dut reconnaître l’existence d’un surplus de recettes fiscales de 50 milliards de francs (7,6 milliards d’euros), qu’il redistribua sous forme de baisses d’impôts et de recrutements d’enseignants.
L’électeur, ingrat, ne lui en sut nullement gré et le pays fut collectivement perdant car, pratiquement au même moment, l’Allemagne se lançait dans un programme de réformes structurelles qui lui garantirent, dix ans plus tard, de dominer l’Europe.
Nier un quelconque « retour à la normale »
Emmanuel Macron a donc quelques bonnes raisons de minimiser le cadeau de la croissance, de nier un quelconque « retour à la normale », d’insister au contraire sur la transformation du pays pour venir à bout du chômage de masse qui gangrène tout.
Reste à passer aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La justice du quotidien 1|2. Alors que le gouvernement doit présenter au printemps un projet de réforme de la carte judiciaire dont pourraient faire les frais certaines de ces juridictions de proximité, « Le Monde » explore la justice « ordinaire », où se jugent toutes sortes de conflits bien loin des procès d’assises ou de correctionnelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     


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La justice d’instance ou le tribunal des petits tracas

La justice du quotidien 1|2. Alors que le gouvernement doit présenter au printemps un projet de réforme de la carte judiciaire dont pourraient faire les frais certaines de ces juridictions de proximité, « Le Monde » explore la justice « ordinaire », où se jugent toutes sortes de conflits bien loin des procès d’assises ou de correctionnelle.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 15h45
    |

            Henri Seckel








                        



                                


                            

Soudain, ce lavabo est devenu une question de vie ou de mort. Il se trouvait dans la ferme de Paul Voye, à Bard-lès-Epoisses (Côte-d’Or, 70 habitants), près de la machine à laver en panne qu’il avait déjà fallu faire réparer quatre fois depuis début 2017. La cinquième fois, le technicien du service après-vente qui s’est pointé pesait bien 100 kg. Après avoir inspecté la machine à genoux, il s’est relevé en s’agrippant au lavabo, et l’a arraché du mur.
La plomberie a coûté 421,30 euros. Paul Voye n’a toujours pas réussi à se faire rembourser. C’est pour obtenir réparation, six mois plus tard, que cet agriculteur de 58 ans, grand gaillard à l’allure bonhomme, le nez comme une patate, des rides comme des sillons, a abandonné sa centaine de bovins le temps d’un après-midi de janvier. Il a roulé jusqu’au tribunal d’instance de Montbard (Côte-d’Or, 5 300 habitants), à 20 km de là, et s’est installé, polaire verte sur le dos, tout au fond de la salle. Son affaire passait en dernier.
Est-ce le regard sombre du directeur du service après-vente, de l’autre côté de la barre ? Le fait de se retrouver pour la première fois devant un juge ? Les mois passés dans la paperasse, à ruminer cette histoire, avant de venir au tribunal ? Les heures, une fois au tribunal, à attendre son tour ? A peine a-t-il ouvert la bouche que l’émotion déborde, à mi-chemin entre l’effroi et la rage. « Le monsieur, il vient pour réparer, il casse ! Mais faut être prudent quand on est chez les gens ! Y’ avait vraiment besoin de s’accrocher au lavabo ? Et puis il voulait pas faire d’attestation, il a fallu insister parce qu’il voulait vite se sauver ! » Sa voix chancelle, ses bras moulinent, ses yeux rougissent, il souffle pour se calmer. Si on ne connaissait pas l’histoire, on pourrait croire qu’il vient de perdre ses cent vaches d’un coup. Mais c’est pour un lavabo à 421,30 euros que Paul Voye est au bord des larmes.
Une justice à hauteur d’homme
Voilà l’instance :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Sortons de notre cécité collective face la réalité carcérale actuelle, insiste Adrien Taquet, député LRM des Hauts-de-Seine, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Adrien Taquet : « Les annonces faites par le gouvernement sur les prisons sont nécessaires mais insuffisantes »

Sortons de notre cécité collective face la réalité carcérale actuelle, insiste Adrien Taquet, député LRM des Hauts-de-Seine, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h51
    |

Adrien Taquet (Député LRM des Hauts-de-Seine, membre de la commission des affaires sociales)







                        



                                


                            

J’ai découvert l’univers carcéral il y a vingt ans comme visiteur de prison à la maison centrale de Poissy. J’ai renoué avec ce milieu en 2017, me rendant chaque semaine dans l’une des plus grandes prisons françaises, de celles qui cumulent l’ensemble des problèmes mis sous le tapis depuis tant d’années.
En vingt ans, la situation n’a fait que se dégrader. Sur ce sujet comme sur d’autres, nous avons collectivement refusé d’affronter le réel, dans l’espoir de retarder le moment où le couvercle sauterait. Transformer la prison et espérer éradiquer les problèmes qui menacent notre société ne se fera qu’en mettant fin à notre cécité collective face la réalité carcérale actuelle.
Quelle est-elle ? Celle qui s’est invitée une nouvelle fois dans l’actualité : des agressions de surveillants, que rend possible une surpopulation carcérale proche de 200 % dans certains établissements d’une vétusté hors d’âge.
Et il y a la réalité que l’on a plus de mal à formuler. Celle d’une surpopulation qui touche aussi les rats qui tiennent compagnie aux détenus. La gale contamine les coursives, les cas de tuberculoses sont en hausse, la toxicomanie propage le VIH et les hépatites, l’addiction touche presque tous les détenus. La question de la santé mentale est toujours taboue : certains de ceux qui y entrent n’ont rien à y faire, la quasi-totalité de ceux qui en sortent a des problèmes psychiques non pris en charge.
Une réinsertion en échec
La réalité, c’est une réinsertion en échec, et la récidive devenant la norme. Les services publics de l’éducation, de l’emploi et de la santé voient leurs moyens reculer. Au nom de la sécurité, la révolution numérique n’a pas eu lieu, alors qu’elle est un facteur d’insertion et de réinsertion sociale et professionnelle.
Bien loin des expériences positives menées au Danemark et en Belgique, où les smartphones et les ordinateurs sont autorisés mais bridés au sein d’un « Jail Cloud », cantiner un vieil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politiste Bruno Cautrès observe que les politiques continuent d’être perçus comme corrompus et ne s’occupant que des puissants.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/01/2018
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« L’élection de M. Macron n’a pas fait reculer la défiance des Français envers la politique »

Dans une tribune au « Monde », le politiste Bruno Cautrès observe que les politiques continuent d’être perçus comme corrompus et ne s’occupant que des puissants.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 07h03
    |

Bruno Cautrès (Chercheur CNRS au Cevipof et enseignant à Sciences Po)







                        



                                


                            

Tribune. Dans son classement 2016 des démocraties, établi à partir de soixante critères (processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique), The Economist classait la France parmi les « démocraties imparfaites ». Cette catégorie est la seconde sur une échelle qui en compte quatre ; au-dessus se trouvent les « démocraties pleines » et en dessous se trouvent les « régimes hybrides » puis les « régimes autoritaires ».
La France n’est pas le seul pays membre de l’Union européenne (UE) à être ainsi classé comme « démocratie imparfaite » : on trouve à ses côtés seize autres pays européens (dont l’Italie ou la Belgique), mais il s’agit essentiellement des pays d’Europe du Sud ou des pays d’Europe centrale et orientale, plus récents membres de l’UE pour la plupart.
D’autres classements, utilisant parfois des centaines d’indicateurs quantitatifs, aboutissent à peu près au même constat : la France, notamment en raison de la nature jugée trop présidentielle de son régime politique, n’est pas dans le peloton de tête en termes de « qualité de la démocratie ».
Les dimensions subjectives, celles de l’évaluation par les citoyens du fonctionnement de notre démocratie, ne sont guère meilleures : l’enquête comparative internationale du Pew Research Centre publiée en octobre 2017 montre que 35 % des Français seulement sont classés comme soutenant sans réserve la démocratie représentative (contre 52 % en Suède et 48 % en Allemagne) tandis que 45 % expriment des doutes et que 10 % affichent des attitudes « non démocratiques ».
Méfiance et dégoût
Huit mois après l’élection d’Emmanuel Macron, la dernière vague du Baromètre de la confiance politique du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), réalisée en décembre 2017, permet de prendre la mesure du défi à relever. L’enquête n’enregistre en effet pas « d’effet Macron » très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.
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Une histoire du Proche-Orient multimillénaire contrastée

Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h15
    |

Chantal Cabé (Rédactrice en chef adjointe de « La Vie ») et Michel Lefebvre (Responsable des hors-séries du « Monde »)







                        



   


Le ciel tourmenté du Proche-Orient ne doit pas éclipser ses lumières. Pendant des siècles, ce foyer de civilisations a irradié l’humanité tout entière. Il suffit de quelques marqueurs pour saisir la singularité historique de cette région du monde. De l’invention de l’écriture par les Sumériens à la naissance du christianisme, de l’Egypte pharaonique aux splendeurs de Babylone, de l’illustre Saladin au puissant calife de la Sublime Porte… L’Occident s’est construit dans l’héritage de ce glorieux patrimoine venu des pays d’Orient, le Proche ou le Moyen, selon.
Mais comment, en à peine un siècle, ce Proche-Orient si longtemps porteur des lumières de l’« âge d’or » arabo-musulman est-il devenu un terrain de violences et d’affrontements, un nœud d’enjeux stratégiques, avoués ou dissimulés, un vecteur d’identités, sociales ou religieuses, aussi fortes qu’antagonistes ?
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples (Arabes, Turcs, Kurdes, Perses…), de religions (islam, judaïsme, christianisme) et de cultures (byzantine, arabe, ottomane, persane).
Cette puissance de rayonnement fut encore renforcée au cours du dernier siècle. Car nulle part ailleurs sur la planète, les grandes nations n’ont une telle proximité. L’Occident y a successivement affronté le bloc soviétique (URSS), l’Iran, la péninsule Arabique, la Russie, la Turquie… Au point que, depuis 1945, le centre de gravité des relations internationales semble bien s’être fixé au Proche-Orient, nourri par l’enlisement du conflit israélo-palestinien.
Forces centrifuges de puissances néfastes
Aujourd’hui encore, cette région constitue un axe autour duquel les puissances, régionales et mondiales, se chevauchent et s’entrechoquent, avec pour effet immédiat la décomposition de trois États arabes (Irak, Syrie, Yémen). Le résultat de ces chocs est connu : les peuples si divers d’un Levant pluriethnique et multiconfessionnel n’ont guère réussi jusqu’ici à écrire par eux-mêmes leur histoire commune.
La déclaration unilatérale du président américain Donald Trump en décembre 2017 sur le statut de Jérusalem est une nouvelle preuve de ces ingérences destructrices. Une fois encore, en raison notamment de la richesse de ses ressources naturelles (pétrole et gaz), la région semble condamnée à subir les forces centrifuges de puissances extérieures et néfastes.
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples et de religions
Cette nouvelle édition de L’Histoire du Proche-Orient n’entend pas fournir une seule clé qui, telle un passe-partout, ouvrirait toutes les portes de cette terre si composite. L’Histoire est faite d’une infinité d’événements complexes qui s’accommodent mal de ce genre de raccourci.
Pour analyser et comprendre, nous avons misé sur un large trousseau. C’est donc avec le souci de réintroduire la lumière dans l’ombre apparente, à l’aide de cartes et de documents inédits, par la diversité d’analyse des journalistes de nos deux rédactions accompagnés des meilleurs spécialistes, que nous vous invitons à (re) découvrir l’histoire de ce berceau millénaire de civilisations. Par-delà les préjugés et au-delà des émotions.
L’Histoire du Proche-Orient. 10 000 ans de civilisation, « hors-série » du Monde, nouvelle édition, 188 pages, 12 euros, en vente en kiosques auprès de la boutique du Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Prenant acte des faiblesses structurelles des Etats dans l’économie mondialisée, le président voit en l’entreprise l’institution primaire du capitalisme, mais aussi celles de la société et de l’administration de la vie de la cité, selon l’économiste Virgile Chassagnon dans une tribune au « Monde ».
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« Le saint-simonisme moderne » d’Emmanuel Macron

Prenant acte des faiblesses structurelles des Etats dans l’économie mondialisée, le président voit en l’entreprise l’institution primaire du capitalisme, mais aussi celles de la société et de l’administration de la vie de la cité, selon l’économiste Virgile Chassagnon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h37
    |

                            Virgile Chassagnon (Professeur d’économie au Centre de recherche en économie de l’université de Grenoble et directeur de l’Institut de recherche pour l’économie politique de l’entreprise)








                        



                                


                            

Alors qu’il a pourtant choisi de commencer le quinquennat par des mesures économiques dites impopulaires, la cote du président de la République progresse. Sa volonté de réformisme s’est emparée de l’agenda politique, renouvelé au gré de l’ouverture de nouveaux chantiers économiques.
Partisan d’une autre politique, Emmanuel Macron semble fonder son action sur un modèle d’émancipation entrepreneurial des personnes. Du travail à l’entreprise, le cheminement intellectuel du président se mue en une vision renouvelée du saint-simonisme, qui guide ses actes et ses postures politiques.
« A chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres », cette phrase doctrinale bien connue de Saint-Simon pourrait très bien servir ces discours du président jalonnés par une éthique de l’efficacité collective pour laquelle il semble témoigner une grande foi. Et ce d’autant plus que l’œuvre de Claude-Henri de Rouvroy (1760-1825), comte de Saint-Simon, a reçu les sympathies d’intellectuels aussi bien libéraux que socialistes.
Développer les capacités des personnes
Il en est ainsi car ce philosophe de l’économie industrialiste a pensé le changement social de l’après-Révolution française en faisant de l’industrie aiguillée par le savoir scientifique le fer de lance d’une société postrévolutionnaire capable d’améliorer le sort de l’humanité par leur association dans le travail.
Saint-Simon en fut convaincu, le système industriel doit permettre de développer les capacités des personnes au profit de la société et d’orienter les institutions politiques en direction de l’intérêt général. Il écrivit dans l’un de ses ouvrages les plus influents, L’Industrie (1816-1817) : « L’industrie est une ; tous ses membres sont unis par les intérêts généraux de la production. »
Parmi les industriels, on retrouve tous les travailleurs, dont les conditions d’émancipation sociale sont le fruit de leur concours à la production des richesses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.
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Les « fake news » sont d’abord « un marché »

L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h06
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            

L’éclairage. La mésinformation est un thème de recherche ancien dans de nombreuses disciplines académiques, dont l’économie, qui s’intéressent à ses acteurs, ses mécanismes, ses conséquences, ou encore ses régulations.
Depuis que les « fake news » sont au centre d’un important débat public, les chercheurs expriment une grande réticence au contrôle de l’information par l’Etat. Une loi contre les « fake news » apparaît, en effet, fort dangereuse. Une définition stricte des « fake news » comme une information dont le caractère erroné est vérifiable, intentionnellement diffusée et pouvant influencer le public, est en pratique inopérante. Car vérifier et démontrer l’intention demande du temps, et des moyens non négligeables.

De plus, bloquer la circulation d’information en temps réel – et non éventuellement censurer ou condamner a posteriori – nécessitera une définition bien plus large et floue de la fausse information, et donc une inévitable restriction de la liberté d’opinion.

Au mieux, l’usage d’une telle loi par l’Etat sera paternaliste. Au pire, la tentation de manipuler l’information sera grande, surtout en période électorale. Dans le cadre français, le filtre par un juge serait insuffisant, d’autant que la dépendance du parquet à la chancellerie sera maintenue. Que ferait d’un tel outil un Trump s’il était au pouvoir en France ? Par ailleurs, un contrôle étatique dans une démocratie légitimerait ceux déployés par les régimes autoritaires, participant ainsi du recul mondial des libertés.
Erosion de la crédibilité des médias traditionnels
Une loi ne peut donc servir la démocratie que si les « fake news » sont une menace plus significative encore. On ne peut nier qu’avec l’érosion de la surface et de la crédibilité des médias traditionnels et le développement des réseaux sociaux, la circulation de l’information a été bouleversée.
Mais quel en est, à l’heure actuelle, l’impact réel, notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le romancier et essayiste revient sur le bouquet de tulipes offert par Jeff Koons à la Ville de Paris. Il estime que le simplisme de l’œuvre jure avec la violence de l’acte qu’il souhaite commémorer.
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Jean-Philippe Domecq : « L’œuvre de Jeff Koons embarrasse même les consciences jusqu’alors satisfaites de peu »

Dans une tribune au « Monde », le romancier et essayiste revient sur le bouquet de tulipes offert par Jeff Koons à la Ville de Paris. Il estime que le simplisme de l’œuvre jure avec la violence de l’acte qu’il souhaite commémorer.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h49
    |

                            Jean-Philippe Domecq (Romancier  et essayiste)








                        



                                


                            
[L’artiste plasticien américain a annoncé, en 2016, son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française. L’œuvre en elle-même et son emplacement prévu, sur l’esplanade du palais de Tokyo, font depuis couler beaucoup d’encre.]
Tribune. Le milieu de l’art contemporain n’aime rien tant que les œuvres propres à provoquer le tollé. De là à les choisir dans ce but, ce serait une vue complotiste des choses ; mais l’intuition y est, tant la ficelle est grosse comme les œuvres régulièrement sélectionnées pour la place publique.
Derniers exemples en date : en 2014, c’était Tree, de Paul McCarthy, un sex-toy présenté comme sapin de Noël, place Vendôme ; en 2015 à Versailles, l’élégante œuvre d’Anish Kapoor n’avait pas besoin qu’il la baptise finement « Vagin de la reine » pour souligner son complet irrespect des jardins dont il fallut bouleverser les soubassements pour l’installer. Et voici qu’en janvier 2018, c’est un bouquet de tulipes sculptées par Jeff Koons, star du financial art, qui suscite tribune et pétitions.

Pareille régularité dans la récurrence fait tourner le marché, à défaut de l’offre, mais finit par définir un classicisme qui, pour être provocateur, n’en reste pas moins classique et obsolète. Avec cette polémique-ci toutefois, il est possible qu’on en sorte, et que la seule et unique question qui méritait débat depuis le début de ce qu’on nomma voici trente ans « la querelle de l’art contemporain », soit enfin posée. A savoir : quelle est la portée esthétique de ces œuvres ? Sont-elles si intéressantes ?
Hiatus entre l’horreur des attentats et l’œuvre
Harry Bellet, dans Le Monde du 25 janvier, a souligné la question après avoir démonté les contradictions de la tribune de protestation parue dans Libération...




                        

                        

