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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Pour Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques, Trump reste un président qui entretient les clivages.
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« Un an après son entrée en fonctions, Trump reste obsédé par l’idée de se démarquer d’Obama »

Pour Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques, Trump reste un président qui entretient les clivages.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 18h00
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Appel à l’unité, économie, infrastructures, immigration, « Etats rivaux », Iran, Corée du Nord, Guantanamo… Alors que son mandat reste plombé par les soupçons de collusion de son entourage avec la Russie et à neuf mois des élections de mi-mandat, dans son premier discours sur l’état de l’Union, Donald Trump a joué la carte du rassemblement.
Selon Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et codirectrice de publication du site d’analyse et d’opinion Chronik, l’enjeu est de taille pour le président, qui doit élargir sa base électorale pour éviter de faire perdre aux républicains leur majorité au Congrès.
Après ce discours, peut-on dire que Trump est en voie de « normalisation » ?
Marie-Cécile Naves : L’exercice du discours sur l’état de l’Union se veut très formel. Il s’agit d’un discours qui a été préparé par ses conseillers et par le vice-président, et Donald Trump le lisait sur un prompteur.
Ce discours est un moment où, traditionnellement, le président appelle à l’unité et à la cohésion nationale. Il a parlé d’une Amérique « forte et fière », mais cela a toutes les chances de rester dans le registre incantatoire, sachant qu’il y a eu des précédents depuis un an — comme le discours qu’il avait prononcé en février 2017 devant le Congrès ou après chaque tuerie de masse, lorsqu’il appelle à l’unité.
Mais dans les faits, il reste un président qui entretient les clivages, ce qui se voit dans son propos, où l’immigration se résume, pour lui, à la violence, la drogue et au terrorisme.

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Trump ne risque-t-il pas de fâcher sa base très à droite et antisystème après ce discours finalement assez « consensuel » ?
Son discours n’est consensuel qu’en apparence : il appelle le Congrès à le soutenir dans les réformes à venir, il promet un vaste plan d’infrastructures — dont on ne sait comment il sera financé —, il se prévaut d’avoir redressé une Amérique qui allait mal sur tous les plans, notamment sur le plan économique. En réalité, il a bénéficié des plans de redressement de son prédécesseur, et sa grande réforme fiscale va bénéficier aux grandes entreprises et aux plus aisés.
Par exemple, on ne trouve aucune mesure en faveur des « oubliés » de l’Amérique, auxquels il avait fait tant de promesses. Mais sa base très à droite sera sans doute satisfaite du discours identitaire contre les immigrés.
On ne peut pas dire non plus qu’il s’agisse d’un discours antisystème, à l’image de sa politique et de ses collaborateurs, qui ne font que conforter le pouvoir de « l’establishment » et les privilèges des plus favorisés.
Est-il plus difficile pour le président de convaincre quelques démocrates d’aller vers un compromis ou bien d’unifier les rangs des républicains ?
Les deux sont très compliqués. A quelques mois des élections de mi-mandat, les démocrates n’ont pas intérêt à montrer trop de signes de coopération avec le président, avec un bémol cependant : le nouveau risque de « shutdown » dans une semaine qui pourrait les discréditer, s’ils jouaient trop la carte de l’obstruction.
Sur la question de l’immigration, les démocrates sont loin d’un consensus au sein même du parti, de même qu’avec la Maison Blanche, même si celle-ci cherche à les apaiser en promettant de régulariser les « dreamers ».

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Côté républicain, les divisions sont anciennes et profondes sur ce sujet : l’aile modérée perçoit les avantages économiques de l’immigration, et de nombreuses Eglises plaident pour une approche humanitaire de la question. Mais l’aile dure, dont l’influence est grande auprès du président Trump — avec son conseiller Steve Miller et le ministre de la justice, Jeff Sessions, notamment — privilégie une approche ultrasécuritaire et identitaire, avec des relents racistes.
La gestion de cette question dans les prochaines semaines sera un véritable test de la collaboration possible du président avec le Congrès, avant l’entrée en campagne pour les élections de mi-mandat, au cours de laquelle le programme des réformes risque d’être ralenti.

   


Des membres du Congrès ont arboré divers signes pour marquer leur désaccord, sur l’immigration notamment, ou pour soutenir les luttes contre les violences faites aux femmes. Est-ce inhabituel lors d’un discours de l’Union ?
De nombreux élus démocrates étaient habillés en noir, certains portant également une écharpe de motif kenté. Cela symbolisait à la fois un hommage aux femmes victimes de violences, notamment sexuelles, et une protestation contre les propos dégradants de Trump sur les « shithole countries ».
Le discours sur l’état de l’Union offre traditionnellement une visibilité immense à celles et à ceux qui veulent marquer leur opposition au président. Mais l’édition 2018, à l’image de Trump, lui-même sort de l’ordinaire, alors qu’il n’a pas évoqué les mouvements #MeToo et #TimesUp et encore moins le racisme. Il sera intéressant de voir si le militantisme féministe et antiraciste, notamment, dans la société civile trouvera un écho dans l’offre politique des démocrates.

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Comment expliquer que Donald Trump soit à ce point préoccupé par la question des opioïdes ?
Ce fléau touche les populations rurales et suburbaines, en particulier des hommes blancs, qui ont décroché du rêve américain. L’usage détourné de ces médicaments a contribué à faire baisser l’espérance de vie de ces populations.
Trump considère ces usagers avant tout comme des victimes, non comme des délinquants. Imaginons un instant que les utilisateurs soient majoritairement des Hispaniques ou des Afro-Américains, sans doute le sujet ne serait-il pas à son agenda, ou alors, sur le plan sécuritaire.
Cela est cohérent avec son « story telling » de défense de l’Amérique blanche et patriarcale qui est victime des évolutions sociales, économiques et culturelles. Cependant, pour l’instant, même s’il en parle beaucoup, le président n’a pas donné l’esquisse d’un plan contre l’usage détourné des opiacés, qui est objectivement problématique.

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Une course à l’armement avec la Chine et la Russie est-elle en cours de préparation ?
Trump veut augmenter le budget militaire des Etats-Unis d’au moins 10 % (ce qui est l’équivalent du budget de la Russie). Il a appelé dans son discours à « moderniser et à reconstruire l’arsenal nucléaire », dans un but de dissuasion.
L’objectif est triple : affirmer toujours plus fort la puissance d’une Amérique qui a la nostalgie d’un leadership perdu ; satisfaire les intérêts du lobby militaro-industriel (aux Etats-Unis et dans le monde, parce qu’il incite à une course aux armements) ; marquer une nouvelle fois sa rupture avec Barack Obama, associé à la complaisance et à la faiblesse vis-à-vis des ennemis de l’Amérique.

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Un an après son entrée en fonctions, Trump reste obsédé par l’idée de se démarquer d’Obama. C’est un point qu’il faut toujours garder à l’esprit. Dans son discours, il a annoncé qu’il venait de signer un décret pour pérenniser le camp de Guantanamo, ce qui est moins une mesure efficace contre le terrorisme qu’une attaque personnelle contre Barack Obama.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Dans « L’Etat islamique de Mossoul », Hélène Sallon, journaliste au « Monde » qui a suivi les forces irakiennes dans la libération de la ville, dépeint la société sous l’emprise de l’organisation djihadiste. Extraits.
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édition abonné


Les enfants du « califat »

Dans « L’Etat islamique de Mossoul », Hélène Sallon, journaliste au « Monde » qui a suivi les forces irakiennes dans la libération de la ville, dépeint la société sous l’emprise de l’organisation djihadiste. Extraits.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 17h58
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Bonnes feuilles. Le bruit des combats résonne en écho dans une venelle de la vieille ville de Mossoul où se tient, en ce début de juillet 2017, le lieutenant-colonel Salam Hussein Al-Obeidi des forces antiterroristes irakiennes. Posté dans l’encadrement d’une porte, il observe le flot de déplacés qui fuient les derniers quartiers témoins de combats extrêmement meurtriers.
Les visages des rescapés sont creusés, défaits, leurs corps rachitiques et leurs vêtements en haillons. Ils disent l’enfer duquel ils viennent de s’extraire. Parmi eux, pense l’officier, se trouvent surtout des familles de l’Etat islamique (EI). Pas plus haut que trois pommes, un petit garçon arrive à sa hauteur, le regard défiant. L’officier le repère et intime à la famille de s’arrêter. Il tend au petit garçon un drapeau irakien, que celui-ci s’empresse de jeter au sol.

« Pourquoi tu jettes le drapeau ?, lui demande l’officier, d’un air mi-autoritaire, mi-narquois. –  C’est le drapeau des kouffar [mécréants] », lui répond-il. Le lieutenant-colonel Salam a emmené le petit Ibrahim, 4 ans, et sa famille dans la maison qui lui sert de base. Ses grandes sœurs Chahed, 19 ans, et Chajane, 17 ans, n’en mènent pas large. Leurs quatre petits frères et sœurs, et la fille de 2 ans de Chahed se jettent, insouciants, sur la nourriture que leur sert un soldat. L’officier déroule les photos de famille que Chahed a sur son ordinateur : celle de son père debout dans le salon, une mitraillette à l’épaule.
Le vendeur de rue devenu combattant de l’EI et sa deuxième épouse ont décidé de combattre jusqu’à la mort dans la vieille ville. Ils lui ont confié leurs quatre enfants, avec des liasses de dollars et de dinars irakiens. Sur une autre photo apparaît son mari avec un groupe d’amis combattants. Lui a été tué en mai dans un bombardement dans le quartier de Zinjili. Elle a aussi conservé la photo en uniforme militaire de son frère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Depuis l’instauration de la République islamique d’Iran, en 1979, les femmes sont tenues de se couvrir tout le corps, sauf le visage et les mains.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Tunisie, où vas-tu ? (5/6). Les premières élections municipales depuis la révolution de 2011 sont censées se tenir au printemps. Elles doivent permettre de concrétiser la transition démocratique.
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Analyse

En Tunisie, la démocratie locale en chantier

Tunisie, où vas-tu ? (5/6). Les premières élections municipales depuis la révolution de 2011 sont censées se tenir au printemps. Elles doivent permettre de concrétiser la transition démocratique.

Par                                            Mohamed Haddad et 
Frédéric Bobin (Menzel Jemil, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 31.01.2018 à 16h39

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        Mis à jour le 31.01.2018 à 17h56






    
Vue de Zarzouna, près de Bizerte (Tunisie), en octobre 2017.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Hafaoua Maaloul balaie du regard la rue qui mène à la mosquée, minaret dressé vers un ciel bleu d’hiver. « Regardez dans quel état est la voirie », déplore-t-elle. Fonctionnaire du ministère des affaires religieuses, Mme Maaloul est surtout une « citoyenne » engagée dans la vie locale, une battante de l’amélioration du cadre de vie de sa commune de Menzel Jemil, située aux confins de Bizerte (nord).

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                Présentation de notre série Tunisie, où vas-tu ?



La voilà qui pointe d’un index désolé les brèches dans l’asphalte, les traînées de cailloux nappant la chaussée et les bords défoncés, véritable champ miné pour les véhicules. Et quand il pleut, c’est tout ce pâté de maisons autour de la rue d’Italie qui se transforme en déversoir d’eau boueuse. « J’ai obtenu que la commune s’en occupe », se réjouit Mme Maaloul. Lors des travaux du « budget participatif », séance du conseil municipal à laquelle la population est conviée à émettre des suggestions, elle a réussi à convaincre les responsables locaux d’inclure le quartier de la rue d’Italie dans leur programme de réhabilitation urbaine.

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                Démission choc en Tunisie à sept mois des municipales



Le chantier de la démocratie locale en est à ses balbutiements en Tunisie. Les élections municipales prévues le 6 mai, les premières depuis la révolution de 2011, devraient permettre de donner une dimension communale à une transition démocratique parfois un peu abstraite. Après deux scrutins parlementaires (en 2011 et 2014) et un scrutin présidentiel (en 2014), l’électorat va enfin se prononcer sur des enjeux de proximité. « Cela permettra d’enraciner la démocratie », se félicite Nouredine Taïeb, un collègue de Hafaoua Maaloul. La consultation portera sur 350 municipalités. Du scrutin de liste émergeront 7 212 élus. Le paysage politique en Tunisie en sera nécessairement bouleversé.

        Lire l’épisode 4 :
         

          Sept ans après la dictature en Tunisie, l’arbitraire policier persiste



Depuis la révolution, la vie locale était saisie de torpeur. Des « délégations spéciales » composées de citoyens non-élus et dirigées par un sous-préfet – le « délégué » – ont remplacé les conseils municipaux élus sous l’ex-dictature de Ben Ali mais dissous après la révolution. Dépourvues de légitimité populaire et installées à titre provisoire, ces délégations sont bien incapables d’imprimer une dynamique au développement local.
« Elles s’occupent surtout du quotidien : le nettoyage, l’éclairage public, la voirie », résume Mourad Ben Amira, un ingénieur en télécommunication qui s’apprête à constituer une liste pour le scrutin du 6 mai. Et quand elles engagent des investissements, elles le font sur une séquence annuelle alors que les plans sont d’ordinaire quinquennaux.
Urgence d’encourager des projets économiques
En théorie, le scrutin du 6 mai devrait permettre de s’arracher à ce long sommeil municipal. A l’heure où la question sociale, et en particulier le chômage des jeunes, est explosive en Tunisie, les attentes de la population se cristallisent autour de l’urgence d’encourager des projets économiques. « Cette démocratie locale devrait motiver les gens », espère Mohamed Rebai, un militant associatif. Elle devrait surtout étoffer les ressources de municipalités aujourd’hui bridées dans leurs capacités de financements. « Une fois les conseils dotés d’une légitimité démocratique, ils pourront plus facilement percevoir des taxes locales », insiste Mohamed Ben Jeddou, le délégué de Menzel Jemil.

        Lire l’épisode 3 :
         

          En Tunisie, les anciens bénalistes passent de l’ombre à la lumière



Bien des hypothèques demeurent néanmoins. Le code des collectivités locales, qui fixe la répartition des pouvoirs entre l’Etat, les communes et les régions (celles-ci seront mises en place à une date ultérieure), n’a pas encore été adopté par l’Assemblée des représentants du peuple. Or il constitue un préalable.
La transparence du processus électoral est une autre source d’interrogation. L’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), qui avait supervisé avec succès le double scrutin législatif et présidentiel de 2014, sort à peine d’une crise qui l’a profondément déstabilisée. En mai 2017, son président, Chafik Sarsar, un professeur de droit très respecté pour son intégrité, a démissionné, invoquant des conflits internes « touchant aux valeurs et aux principes sur lesquels se fonde la démocratie ».

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                En Tunisie, le pouvoir cherche à reprendre la main face à la grogne sociale



Deux autres dirigeants de l’instance l’avaient alors suivi dans sa décision. Selon une source proche des démissionnaires, des forces partisanes – non précisées – ont mené « une tentative de déstabilisation pour mettre la main sur l’ISIE ». Six mois après le choc de sa démission, M. Sarsar a confié au Monde que « des forces cherchent à remettre en cause les acquis de la révolution ».
A ces tentatives d’OPA politique sur l’instance s’ajoutent de nombreux dysfonctionnements de type administratif. Des agents de l’ISIE étaient en grève mardi 30 janvier pour défendre leurs droits statutaires qu’ils estiment malmenés par la direction. Dans de telles conditions, l’instance pourra-t-elle vraiment superviser la transparence du scrutin du 6 mai ? Pourra-t-elle se porter garante de la sincérité du vote ?
« Il n’y a pas d’avenir ici »
Ce climat de manœuvres plus ou moins obscures pèse déjà sur l’état d’esprit de l’électorat. Quatre ans après le double scrutin présidentiel et législatif de 2014, le marasme social et économique persistant, à rebours des belles promesses de campagne, nourrit au sein d’une frange de la population un profond cynisme à l’égard de l’exercice démocratique. « Moi, je n’irai pas voter, ils sont tous des menteurs », clame Driss Ben Saber, le gérant d’un café de Menzel Jemil.

        Lire l’épisode 2 :
         

          En Tunisie, Béji Caïd Essebsi et la tentation du présidentialisme



Cheveux gris frisottés, lunettes calées sur le front, le quinquagénaire peste contre le bilan de sept ans de révolution. « Le peuple est fatigué, gronde-t-il. Mes deux filles diplômées sont au chômage. Les prix flambent. Il n’y a pas d’avenir ici. Regardez, la moitié de la population de Menzel Jemil a déjà migré à l’étranger. » Mais la démocratie ? Il se gausse : « Ce n’est pas avec un kilo de démocratie que je pourrai faire mes courses. » Il faut prendre très au sérieux les propos définitifs de Driss Ben Saber. Le chantier de la démocratie locale s’annonçait déjà ardu. Une éventuelle abstention massive au scrutin du 6 mai le compliquerait davantage.

Sommaire de notre série Tunisie, où vas-tu ?

        Episode 5
         

          En Tunisie, la démocratie locale en chantier



        Episode 4
         

          Sept ans après la dictature en Tunisie, l’arbitraire policier persiste



        Episode 3
         

          Les ex-bénalistes passent de l’ombre à la lumière au sein du gouvernement tunisien



        Episode 2
         

          En Tunisie, Béji Caïd Essebsi et la tentation du présidentialisme



        Premier épisode
         

          Le consensus politique tunisien, étouffoir des idéaux de la révolution de jasmin



        Présentation de notre série
         

          Tunisie, où vas-tu ?


Sept ans après la révolution de 2011 en Tunisie, Le Monde Afrique dresse un bilan de la transition démocratique en six épisodes.










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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Pour la première fois, le 45e président des Etats-Unis s’est livré au délicat discours sur l’état de l’Union, avec un ton fédérateur et plus de vérités qu’à l’accoutumée.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Discours de Donald Trump sur l’état de l’Union : les assertions du président vérifiées

Pour la première fois, le 45e président des Etats-Unis s’est livré au délicat discours sur l’état de l’Union, avec un ton fédérateur et plus de vérités qu’à l’accoutumée.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 17h51
    |

            Pierre Breteau








                        



Dans son discours sur l’état de l’Union, mardi 30 janvier, Donald Trump s’est attribué l’entière et unique paternité de la bonne santé de l’économie américaine, par exemple, en qualifiant sa réforme fiscale de « plus importante du pays » ou en saluant le « taux de chômage le plus bas, parmi les Afro-Américains, jamais enregistré ».

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                Un an après son entrée en fonctions, où en sont les promesses de Donald Trump ?



Seule annonce de la soirée, l’abrogation du décret de Barack Obama qui entérinait la fermeture de Guantanamo – signé en 2008 –, une promesse que les Républicains du Congrès avaient empêché le précédent président de tenir.
Retour sur les assertions du président lors des quatre-vingts minutes de discours – contre soixante-trois minutes en moyenne pour son prédécesseur – dans lequel, fait notable, les mots « fake news », « Hillary Clinton » ou « Corée du Nord » n’ont pas été prononcés.
« Le chômage chez les Afro-Américains est à son taux le plus faible depuis quarante-cinq ans »
VRAI, MAIS CE N’EST PAS DE SON FAIT
Le taux de chômage parmi les Afro-Américains est en baisse constante depuis 2011. Difficile d’estimer l’influence de M. Trump dans cette baisse dont il se dit « très fier », surtout après une seule année en fonction, alors que la courbe semble simplement continuer sur sa lancée.


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Une baisse du chômage chez les afro-américains engagée depuis 2011
Ce graphique représente le taux de chômage parmi les afro-américains de janvier 2006 à décembre 2017.

Source : Bureau of labor statistics



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Une partie du « caucus noir du Congrès » – un groupe parlementaire démocrate et républicain constitué de 49 élus noirs – boycottait le discours de M. Trump. Par ailleurs, et par son compte Twitter, le groupe d’élus a dénoncé ce tour de passe-passe.

The black unemployment rate fell from 16.5% to 7.8% from January 2011 –January 2017. Now it’s 6.8%. Thank President… https://t.co/lJqctVDIsO— OfficialCBC (@Black Caucus)


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« Nous avons imposé les plus importantes réductions d’impôts (…) de l’histoire américaine »
FAUX
M. Trump ne cesse de répéter cette assertion depuis octobre 2017, sans jamais fournir de preuve. D’autres présidents avant lui ont appliqué de fortes réductions d’impôts, dont Bill Clinton, en 1997, ou George W. Bush, en 2001 et 2003, ou même Barack Obama, en 2012.
Mais c’est Ronald Reagan qui est l’auteur de la plus importante « ristourne » de l’histoire américaine, en 1981, puisque sa réduction d’impôts représentait 2,9 % du produit intérieur brut, selon le département du trésor lui-même.
En comparaison, pour que les réductions engagées par le président Donald Trump égalent le niveau de celles de M. Reagan, il faudrait qu’elles atteignent 6 800 milliards de dollars (environ 5400 milliards d’euros) sur dix ans, or selon la loi examinée par le Sénat américain, ces baisses d’impôts ne sont que de 1 500 milliards de dollars, sur la même durée.
« Nous avons arrêté la guerre contre l’énergie américaine et contre le beau “clean coal” »
IL N’Y A JAMAIS EU DE GUERRE
Durant toute la campagne présidentielle de 2016, Donald Trump a accusé Barack Obama d’avoir mené une « guerre contre le charbon ». C’est donner un peu trop de pouvoir à l’ancien président américain. Selon le site Vox, cette « guerre » a, en fait, été menée par les marchés essentiellement à partir de 2011 et elle est liée à la baisse de la demande américaine (mais aussi mondiale).
Par ailleurs, le président américain ne semble pas vraiment savoir ce qu’est la technologie du « clean coal » (« charbon propre », loin d’être propre, il est simplement un peu moins polluant), utilisée entre autres par EDF en Chine.
Entre 2011 et 2016, la demande américaine a baissé de 30 %, celle de la Chine a atteint un plafond en 2011, avant de commencer à diminuer grâce à une politique en faveur des énergies renouvelables. Pékin consommait, au début du XXIe siècle, 51 % de la production mondiale de charbon à elle seule.

   


« La coalition pour éliminer l’Etat islamique a libéré presque 100 % des territoires tenus par ces tueurs en Irak et en Syrie »
VRAI, MAIS CE N’EST PAS DE SON FAIT
Le président a raison, la quasi-totalité des territoires tenus par l’organisation Etat islamique (plus de 90 % selon nos calculs, et de 60 % seulement entre janvier et octobre 2017) ont été repris – par les Irakiens, les Syriens, les Russes ou les Kurdes – avec l’aide des Etats-Unis et de leurs alliés.
Mais comme le rappelle le New York Times, la stratégie de M. Trump ne diffère pas de celle enclenchée par Barack Obama ; les forces américaines avaient déjà arraché plus de 33 000 km2 à l’EI avant même l’investiture de M. Trump.
« Des entreprises automobiles sont en train de construire ou de développer des usines aux Etats-Unis, c’est une chose que nous n’avions plus vue depuis des décennies »
C’EST EXAGÉRÉ
Plusieurs entreprises automobiles ont annoncé des investissements ou des ouvertures d’usines aux Etats-Unis, c’est le cas de Toyota ou de Mazda, par exemple. Néanmoins, c’est quelque chose que l’on a déjà vu cette dernière décennie puisque Toyota a construit une usine de production de son modèle Corolla dans l’Etat du Mississippi en 2011.
« L’an passé, la FDA [Food an Drug Administration] a approuvé la mise sur le marché de plus de nouveaux médicaments génériques qu’auparavant dans notre histoire »
VRAI
La Food and Drug Administration (FDA, l’administration qui valide les produits alimentaires et médicamenteux) a approuvé, en 2017, la mise sur le marché de 1 027 médicaments génériques, « notre total le plus élevé depuis la création de l’agence » en 1906, indique la FDA.
« En finir avec la loterie des visas, un programme qui distribue au hasard des “cartes vertes” sans tenir compte des compétences, du mérite ou de la sécurité de nos concitoyens »
FAUX
Le programme de loterie des visas, qui offre 50 000 visas par an depuis 1995 (sur le million délivré chaque année), aux ressortissants de pays dont le total des immigrants ne dépasse pas les 50 000 sur les cinq dernières années. Ainsi, à l’heure actuelle, le Vietnam, la Colombie, le Canada, la Chine, l’Inde ou le Royaume-Uni en sont exclus.
Le guide de dix-huit pages du département d’Etat, le ministère qui gère ce programme, indique qu’il faut au moins un niveau baccalauréat ou au moins deux ans d’expérience professionnelle ces cinq dernières années, avec un contrôle des compétences organisé par le département d’Etat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Dans cette chronique, le président du conseil d’administration de Crédit Suisse, Urs Rohner, pointe les progrès encourageants réalisés dans la recherche d’une amélioration de ce qui reste encore la mesure de référence de l’activité économique d’un pays.
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« Le PIB ne doit pas être l’unique obsession des décideurs »

Dans cette chronique, le président du conseil d’administration de Crédit Suisse, Urs Rohner, pointe les progrès encourageants réalisés dans la recherche d’une amélioration de ce qui reste encore la mesure de référence de l’activité économique d’un pays.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 14h00
    |

Urs Rohner (Président du conseil d'administration de Crédit suisse)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. De nombreux économistes respectés ont depuis longtemps souligné que le produit intérieur brut (PIB) est une mesure inadéquate du développement économique et du bien-être social, et ne devrait donc pas être l’unique obsession des décideurs. Pourtant, nous n’avons fait aucun progrès vers une alternative réaliste à cet indicateur.
le PIB tend à mesurer les actifs de façon imprécise, et pas du tout les passifs
L’une des lacunes bien connues du PIB est qu’il ne tient pas compte de la valeur du travail domestique, y compris les soins aux enfants et aux membres âgés de la famille. Plus important encore, l’attribution d’une valeur monétaire à ces activités ne réglerait pas un défaut plus profond du PIB : son incapacité à refléter de manière adéquate l’expérience vécue par les membres de la société. Mesurer les travaux ménagers gonflerait le PIB sans pourtant modifier réellement les niveaux de vie. De plus, les femmes, représentant la plus grande part des personnes qui effectuent des travaux domestiques, continueraient à être considérées comme bénévoles plutôt que contribuant véritablement à l’activité économique.
Un autre défaut bien connu du PIB est qu’il ne tient pas compte de la destruction de valeur, par exemple lorsque les pays gèrent mal leur capital humain en négligeant l’éducation, ou en épuisant leur capital naturel pour obtenir des avantages économiques immédiats. Au final, le PIB tend à mesurer les actifs de façon imprécise, et pas du tout les passifs.
« Développement vert »
Bien qu’aucun consensus international sur une solution de rechange au PIB n’ait émergé, il y a eu des progrès encourageants vers une façon plus réfléchie de mesurer l’activité économique. En 1972, les économistes William Nordhaus et James Tobin (Yale) ont proposé un nouveau cadre, la « mesure du bien-être économique » (MBE), tenant compte des diverses activités non rémunérées. Plus récemment, la Chine a établi un indicateur de « développement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Une nouvelle banque de données, payante, décrit l’évolution de la démographie étudiante jusqu’en 2030 dans 66 pays, afin d’aider les principaux acteurs du secteur dans leurs choix stratégiques.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Donald Trump a prononcé son discours annuel sur l’état de la nation, le 30 janvier. Il y a notamment abordé le thème de l’immigration.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ En marge du 30e sommet de l’Union africaine, Mahamadou Issoufou livre sa vision du développement et son approche pour vaincre les groupes djihadistes.
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Entretien

Pour le président du Niger, « le terrorisme ne peut être vaincu seulement par les armes »

En marge du 30e sommet de l’Union africaine, Mahamadou Issoufou livre sa vision du développement et son approche pour vaincre les groupes djihadistes.

Propos recueillis par                                            Ghalia Kadiri (Addis-Abeba, envoyée spéciale) et 
Joan Tilouine (Addis-Abeba, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 31.01.2018 à 12h12

     •
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        Mis à jour le 31.01.2018 à 15h23






    
Le président nigérien Mahamadou Issoufou, à Niamey, le 23 décembre 2017.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Le président nigérien, Mahamadou Issoufou, pilote le dossier de la zone de libre-échange continentale pour le compte de l’Union africaine (UA). Il s’agit, selon lui, d’une nécessité et d’une étape « historique » vers une véritable intégration permettant, par une approche économique, de réduire la pauvreté et de lutter contre le terrorisme qui ravage la région. Désormais, à la tête du G5 Sahel, M. Issoufou livre en marge du 30e sommet de l’UA, à Addis-Abeba, sa vision du développement et son approche militaire, sociale et économique pour, pense-t-il, vaincre les groupes djihadistes.
Vous êtes chargé de la question du libre-échange au sein de l’Afrique. N’est-ce pas présomptueux, notamment dans les régions sous la menace de groupes terroristes ?
Mahamadou Issoufou : Au contraire. Que les frontières soient ouvertes ou fermées, le terrorisme passe. Le développement exige plus d’intégration et un marché continental qui soit libéralisé au sein d’un marché commun. L’Afrique a plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de frontières. Pourtant, le commerce intra-africain ne représente que 13 % des échanges continentaux. Car les infrastructures manquent, à commencer par les routes, et le trafic aérien est encore trop faible. Ce qui contraint l’Afrique à importer ses produits d’autres continents.

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Pour revenir au terrorisme, ce manque d’intégration freine l’économie et renforce la pauvreté, de même que le chômage. Certains jeunes Africains n’ont plus d’autre choix que de fuir, au risque de mourir dans le désert ou en pleine mer. Le marché commun en Afrique peut permettre de sortir de cette situation. Mais, pour y arriver, il faut produire et lever tous ces obstacles qui entravent le commerce intra-africain.
Que ressort-il de ce 30e sommet de l’UA à ce sujet ?
L’accord relatif à la création d’une zone de libre-échange continentale sera officiellement adopté à Kigali, le 21 mars. Il s’agit d’un ambitieux projet d’intégration, historique pour notre continent, qui va pouvoir progressivement sortir de la misère. Pour le moment, la plupart des 55 Etats de l’UA sont d’accord, avec des degrés d’ouverture différents selon les pays. Certains produits sensibles sont exclus, pour des raisons sécuritaires évidentes.
Pensez-vous réellement que certains pays, très sourcilleux sur leur souveraineté et le contrôle aux frontières, vont s’ouvrir, reconnaître le passeport africain et délivrer des visas à l’arrivée ?
Chaque pays ne peut s’intégrer de la même manière. Nous devons faire évoluer ce contexte, œuvrer pour la réouverture de certaines frontières fermées depuis des décennies. Les blocs régionaux s’organisent aussi. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest doit avoir sa monnaie unique. A titre personnel, je suis venu à Addis-Abeba avec mon passeport africain délivré par l’UA et qui va se généraliser afin de faciliter la libre circulation.
« Nous sommes des pays fragiles mais déterminés. Il serait préférable de placer notre force conjointe du G5 Sahel sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU, qui autorise le recours à la force »
En plein Niamey, les rails posés par le groupe Bolloré sont déjà endommagés et le projet de boucle ferroviaire qui devait relier Cotonou à Abidjan est au point mort. N’était-il pas l’un des projets phares d’intégration ouest-africaine ?
Ça me fait mal de voir ça dans ma capitale. Les jonctions des rails posés au Niger ne sont pas faites avec les autres pays. Le projet est bloqué car la justice béninoise a donné raison à un acteur économique qui revendique les droits sur cette boucle ferroviaire.

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En tant que nouveau président du G5 Sahel – Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad –, comment comptez-vous rendre opérationnelle cette force régionale qui manque de financement ?
C’est vrai que certains pays ne sont pas très favorables à nous financer. Nous avons des promesses de financement de la part de l’Union européenne, de la France, des Etats-Unis. Mais ce n’est pas suffisant. Nous ne désespérons pas. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis vont également apporter leur soutien.
Nous allons continuer les plaidoyers pour convaincre les hésitants, ce qui peut prendre du temps. Mais le G5 Sahel n’a pas uniquement une dimension militaire. Là encore, la finalité est une intégration économique dans cette région sinistrée où l’on trouve des indices de développement parmi les plus faibles au monde. Le crime organisé s’est développé, se greffe parfois sur le terrorisme, et constitue lui aussi une menace sécuritaire et économique.
Cette force africaine ne risque-t-elle pas d’être isolée et donc incapable de remporter cette guerre ?
Nous avons adopté une stratégie purement africaine. Nous sommes des pays fragiles mais déterminés. Il serait préférable de placer notre force conjointe du G5 Sahel sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU, qui autorise le recours à la force. Mais les Etats-Unis n’y sont pas favorables. J’aurais également voulu que la force conjointe soit une brigade de la mission des Nations unies au Mali sur le modèle de la brigade mixte en République démocratique du Congo.
Certains dispositifs me semblent inappropriés et je crois qu’on se trompe de combat lorsque l’ONU déploie au Mali des opérations de maintien de la paix, qui coûtent un milliard de dollars [800 millions d’euros]. Ce n’est pas de paix dont il s’agit mais d’une guerre contre les groupes terroristes qui menacent l’unité du Mali et ravagent le Sahel.

    
Des éléments des forces spéciales américaines forment des militaires nigériens à Diffa, au sud-est du pays, menacé par Boko Haram.
Crédits : ZAYID BALLESTEROS / AFP


Qu’en est-il de l’accord de paix d’Alger, signé en 2015 par des groupes du nord du Mali réticents à se désarmer, dont l’application semble tarder ?
Il n’est pas caduc. Sa mise en œuvre est conditionnée à la défaite du terrorisme. D’autant que ces mouvements qui ont signé cet accord ont été, il n’y a pas si longtemps encore, avec les groupes terroristes. D’ailleurs, certains signataires ne savent pas qui sortira vainqueur de cette guerre et semblent encore hésitants à choisir leur camp.
« Je suis un peu désespéré [par la situation en Libye]. Le pays est trop divisé, tribalisé, avec des milices puissantes que je n’imagine pas accepter un désarmement »
Etes-vous favorable à une loi de réconciliation avec les mouvements du nord du Mali ou à une amnistie, comme vous l’avez accordée à certains repentis de Boko Haram ?
C’est au Mali de décider. Au sein du G5 Sahel, notre priorité est de restaurer l’autorité de l’Etat malien sur son territoire et de faire que cet Etat reste laïc. Au Niger, nous privilégions des approches complémentaires et je crois qu’il faut promouvoir des négociations quand on le peut. Evidemment, certains mouvements sont exclus de cette approche. Notre programme de déradicalisation et de réinsertion de repentis de Boko Haram se poursuit. Nous avions lancé un appel à la reddition en décembre 2016 à ceux qui étaient disposés à déposer les armes, ce que nous n’avons pas encore fait au nord du pays.

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Selon vous, la lutte contre Boko Haram peut-elle être menée à bien par la Force multinationale mixte (FMM), qui réunit les armées du bassin du lac Tchad ?
Malgré quelques revers, la tendance est à l’affaiblissement de Boko Haram et la FMM opère sur un terrain difficile. La guerre ne peut être remportée seulement par les armes. La naissance de ce mouvement puise sa source dans la pauvreté et l’impact du changement climatique qui a provoqué la réduction de 90 % du niveau des eaux du lac Tchad et bouleversé l’économie locale.
Nous avons un plan quinquennal de développement dans cette région et nous comptons, avec les autres pays du lac, exhumer un vieux projet : le transfert des eaux du fleuve Oubangui vers le lac Tchad via un canal créé pour l’occasion. Cela va coûter très cher mais c’est indispensable. Nous allons en discuter fin février à Abuja, au Nigeria, lors d’une conférence de l’Unesco et de la Commission du bassin du lac Tchad.
Vous devez aussi contenir une menace qui vient de Libye. Comment envisagez-vous la gestion de la crise ?
Je suis un peu désespéré. Le pays est trop divisé, tribalisé, avec des milices puissantes ; je ne les imagine pas accepter un désarmement. Il faut donc une force, dont j’ignore la nature, pour les combattre. A cela s’ajoute le terrorisme. J’espère un miracle. On soutient la feuille de route des Nations unies. Mais ça n’avance pas assez vite. Il faut une Constitution et des élections. Pour le moment, les parties libyennes ne s’entendent pas. Or la solution doit venir des Libyens. Si on ne règle pas le problème, on ne pourra pas ramener la paix dans le Sahel ni combattre le djihadisme et sa pensée qui se diffuse dans la région.

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Comment le Niger fait-il face à la montée de l’islam radical parfois financé par des pays du Golfe ?
Il ne faut pas sous-estimer l’influence de ces pays et il faut prévoir des digues. On vit une sorte de Moyen Age de l’islam, avec des réformes et des affrontements. Mais on en sortira tôt ou tard. Il faut mettre des garde-fous pour contenir la tendance à confessionnaliser la politique. Au Niger, certains revendiquent la charia et des groupes veulent créer des partis religieux.
Encore une fois, le développement est crucial. Nous consacrons 25 % du budget de l’Etat à l’éducation. Nous avons également renforcé l’enseignement de l’histoire des religions à l’école, gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, pour mieux contrer la radicalisation. Si on n’arrive pas à donner du travail à nos jeunes de moins de 25 ans, qui représentent 75 % de la population, alors nos digues pour contrer ces forces néfastes s’écrouleront. C’est une course contre la montre.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le président argentin, en baisse dans les sondages après des mesures d’austérité impopulaires, a annoncé une réduction de 25 % du nombre de hauts fonctionnaires et le gel de leurs salaires.
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Argentine : Mauricio Macri interdit l’emploi de proches dans les ministères

Le président argentin, en baisse dans les sondages après des mesures d’austérité impopulaires, a annoncé une réduction de 25 % du nombre de hauts fonctionnaires et le gel de leurs salaires.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 12h00
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

Prônant l’austérité dans une Argentine rongée par le déficit public et l’inflation, le président Mauricio Macri a annoncé, lundi 29 janvier, la suppression d’un quart des hauts postes de l’exécutif, le gel des salaires des hauts fonctionnaires restants et l’interdiction d’employer des proches des ministres au sein de l’Etat.
Ces annonces, qui visent, selon le président, à introduire davantage de « transparence dans la politique », interviennent alors que la cote de popularité de M. Macri a chuté de près de 20 %, pour se situer désormais entre 45 % et 50 %, selon les principaux instituts de sondage. Elle était au plus haut en octobre 2017, avec la victoire de la coalition de centre-droit, au pouvoir, lors des élections législatives de mi-mandat. Mais, en décembre, l’adoption de réformes jugées nécessaires mais fort impopulaires, en particulier, la loi modifiant le calcul des retraites et la refonte du système fiscal, avait débouché sur de violents affrontements dans les rues de Buenos Aires entre opposants et forces de l’ordre.

« Manœuvre de séduction »
« C’est une manœuvre de séduction et surtout de diversion pour faire oublier les milliers de licenciements de travailleurs dans les médias, les entreprises ou les hôpitaux », accuse Julio Fuentes, secrétaire adjoint du syndicat des employés publics. Il dénonce une persécution syndicale et donne en exemple les centaines de licenciements dans l’hôpital Posadas, le plus grand du pays. Une série totalement inédite de détention de dirigeants syndicaux, accusés de corruption, renforce l’idée d’un manu pulite syndical en Argentine, où le gouvernement revendique « la lutte contre les mafias ». Le syndicalisme a une mauvaise image dans l’opinion publique depuis longtemps.
« Les proches des ministres ne pourront pas faire partie de l’exécutif », a également décrété M. Macri. Le népotisme est traditionnel en Argentine, où des familles entières travaillent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le chef de file de l’opposition, qui rejette la victoire d’Uhuru Kenyatta, s’est proclamé mardi « président du peuple ». Sa stratégie jusqu’au-boutiste déroute.
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Compte rendu

Au Kenya, le dernier baroud de Raila Odinga

Le chef de file de l’opposition, qui rejette la victoire d’Uhuru Kenyatta, s’est proclamé mardi « président du peuple ». Sa stratégie jusqu’au-boutiste déroute.

Par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-01-31T11:37:57+01:00"

        Le 31.01.2018 à 11h37






                        

Crédits : PATRICK MEINHARDT/AFP


                    

A la fois très soutenu, et très seul. Mardi 30 janvier, Raila Odinga est parvenu à rassembler des milliers de supporters dans le très symbolique Uhuru Park (« parc de la liberté », en swahili) de Nairobi. Convergeant des quartiers pauvres de la capitale ou voyageant par bus depuis les bastions de l’Ouest et de la côte, une marée humaine est venue assister à l’investiture symbolique du chef de l’opposition comme « président du peuple » du Kenya, trois mois après l’élection du 26 octobre 2017 qui a désigné vainqueur son rival Uhuru Kenyatta. Aucun des trois leaders avec qui il avait formé la coalition d’opposition, la National Super Alliance (NASA) n’a, en revanche, fait le déplacement.

Pas même son colistier Kalonzo Musyoka, qui devait être investi « vice-président » à ses côtés. Prétextant des contraintes extérieures, il s’est défilé au dernier moment, laissant Raila Odinga prêter seul serment. « Moi, Raila Amolo Odinga, je prends la fonction de président du peuple de la République du Kenya », a déclaré devant une foule euphorique le vieux leader, 73 ans, une main sur la Bible, l’autre agitant un pacifique mouchoir blanc. Une intervention-éclair, suivie d’un départ en coup de vent.
Jusqu’au dernier moment, personne ne savait si l’événement aurait lieu. D’abord parce que son interdiction par les autorités laissait présager d’un déploiement policier massif. Il a finalement été levé contre toute attente au petit matin. Ensuite parce que les dissensions au sein de la NASA devenaient évidentes. Enfin, et surtout, parce que cette intronisation sans valeur légale apparaît comme l’aboutissement de plusieurs mois de confusion du côté de l’opposition kényane.
Depuis la présidentielle, qu’elle a boycottée et dont elle rejette le résultat, la NASA mène une stratégie erratique, multipliant les initiatives tout en donnant l’impression de ne pas les maîtriser totalement.
« Absence de stratégie »
Ainsi, les « assemblées du peuple »,...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Emmanuel Macron est désormais partisan d’une finalisation « rapide » de l’accord entre les deux parties, ce qui provoque l’ire des éleveurs français.
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Revirement français dans les négociations entre l’UE et le Mercosur

Emmanuel Macron est désormais partisan d’une finalisation « rapide » de l’accord entre les deux parties, ce qui provoque l’ire des éleveurs français.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h25
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


La Commission européenne serait prête, selon les informations du Monde, à relever son offre sur les quotas de bœuf que les pays du Mercosur pourraient exporter chaque année vers l’Union européenne (UE) dans le cadre du futur accord de libre-échange actuellement en négociation.
Bruxelles n’a pas déposé sur la table une proposition formelle lors de la visite des ministres des affaires étrangères de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay, mardi 30 janvier, mais réfléchit à la possibilité d’une ouverture du marché européen à près de 100 000 tonnes annuelles de viande sud-américaine. La Commission n’a pour l’heure ­confirmé aucun chiffre.
Le sujet est très délicat en France, où la filière bovine, déjà fragilisée, redoute d’être submergée par des produits concurrents à moindre prix. La précédente offre européenne, en octobre 2017, était de 70 000 tonnes de bœuf par an.

        Lire aussi :
         

                Le Mercosur, nouvelle source de tensions entre la France et l’Union européenne



Elle avait été jugée largement insuffisante par certains Etats membres du Mercosur, en particulier l’Argentine et le Brésil, pour lesquels cette viande représente l’un des principaux produits d’exportation à valeur ajoutée.
Tractations « constructives »
Les Européens attendaient en retour des concessions sur leurs exportations de lait, de fromage et de vin, ainsi que des baisses de droits de douane plus substantielles sur les voitures et leurs pièces détachées. Les parties finiront-elles par s’entendre ? L’UE et le Mercosur veulent profiter du retrait relatif des Américains des grands accords mondiaux pour resserrer leurs liens et intensifier leurs échanges.
Cependant, le temps presse. Ils doivent s’entendre d’ici à la fin mars, avant le début de la campagne pour l’élection présidentielle au Brésil. Sinon, la possibilité d’un accord sera reportée à mi-2019, dans le meilleur des cas. Les tractations, mardi, ont été « constructives », avançait-on à la Commission. Elles reprendront dès vendredi.
L’intensification des discussions n’est pas étrangère au revirement français. En octobre, Emmanuel Macron avait fermement réagi quand Bruxelles avait voulu passer à la vitesse supérieure, réclamant même une « pause ».
« Je ne suis pas favorable à ce que nous nous précipitions pour négocier un accord avec un mandat de négociation donné en 1999 », avait déclaré le président de la République, à l’issue d’une visite à Rungis (Val-de-Marne).
« Reniement du président de la République »
Le ton a changé. « Nous partageons la même vision stratégique sur cet accord entre l’Union européenne et le Mercosur, qui peut être bon pour les deux parties et qu’il est pertinent d’essayer de finaliser rapidement dans le contexte géopolitique actuel », a souligné M. Macron le 26 janvier, lors de la visite à Paris du président argentin, Mauricio Macri. Le lendemain, il recevait à l’Elysée Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, le Mercosur étant de nouveau au menu.
Le chef de l’Etat s’est-il laissé convaincre ? A Paris, on souligne que s’il n’est pas question d’affaiblir la filière élevage, il faut considérer les marchés – turc, chinois – qui s’ouvrent à elle. D’aucuns insistent aussi sur les avantages considérables pour la France d’un accord avec le Mercosur : accès aux marchés publics, reconnaissance des indications géographiques, etc.
La Commission, mais aussi Berlin, Rome et les pays très enclins au libre-échange (la Suède, le Benelux…) poussent en faveur d’un accord et avaient fraîchement accueilli les réserves françaises à l’automne. Mardi, dans un communiqué, l’eurodéputé socialiste français Eric Andrieu a accusé le président de s’être « d’ores et déjà couché devant l’Allemagne ».

        Lire aussi :
         

                Les éleveurs français s’alarment d’un accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur



Ce qui est sûr, c’est que si Bruxelles conclut avec le Mercosur – avec la bénédiction de Paris et des autres pays membres –, M. Macron aura fort à faire pour ­convaincre les éleveurs français. D’autant qu’à l’instar du reste du monde agricole, ceux-ci s’inquiètent d’une réforme complète de la politique agricole commune (PAC) promise par Bruxelles à la fin du printemps. « Jusqu’où ira le reniement du président de la République sur ce sujet ? », s’emportait mardi la Fédération nationale bovine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les pourparlers en Russie, boycottés par l’opposition syrienne, les Kurdes et les Occidentaux, ont été émaillés de nombreux incidents.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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A Sotchi, le sommet sur la Syrie tourne au fiasco

Les pourparlers en Russie, boycottés par l’opposition syrienne, les Kurdes et les Occidentaux, ont été émaillés de nombreux incidents.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 12h44
    |

            Isabelle Mandraud (Sotchi (Russie),  envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Organisé par le Kremlin et ses alliés turc et iranien à Sotchi, la station balnéaire du sud de la Russie, le Congrès national du dialogue syrien s’est achevé, mardi 30 janvier, sans avancée significative, mise à part la création d’un comité chargé de réformer la Constitution syrienne. « Les discussions ont été intenses, c’est normal en démocratie, tout à fait normal », a déclaré l’émissaire des Nations unies, Staffan de Mistura, en allusion aux nombreux couacs qui ont émaillé la journée. « C’est un travail délicat, mais c’est notre travail », a-t-il ajouté, sans doute soulagé de prendre le relais et d’annoncer que le travail se poursuivrait sous l’égide de l’ONU, « dans le respect de la résolution 2254 ».
A ce stade, cependant, tout reste à faire, à commencer par établir la composition du comité qui devra inclure, selon M. de Mistura, « les représentants du gouvernement, l’opposition la plus large, la société civile et les femmes ».
Le projet de Constitution avait déjà été âprement discuté lors des derniers pourparlers sous l’égide de l’ONU, à Vienne le 26 janvier, sans aboutir du fait de l’intransigeance des représentants du régime de Bachar Al-Assad. L’étape de Sotchi, un processus parallèle à celui des Nations unies, constitue un tout petit pas supplémentaire. « Nous n’avions pas l’intention de voler l’initiative à Genève (…). Notre objectif était de faire tout notre possible pour réanimer le processus, en lui donnant une impulsion qui permettrait de sortir du point mort », a assuré Alexandre Lavrentiev, représentant spécial de Vladimir Poutine sur la Syrie.
« La confrontation leur rapporte plus »
Préparé depuis des mois par le Kremlin dans l’espoir de transformer les succès militaires russes en Syrie en amorce de solution politique, le sommet de Sotchi, plusieurs fois repoussé et finalement réduit à une journée, n’a cessé de revoir ses ambitions à la baisse. La présence du régime,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le Saint-Siège a démenti toute divergence entre le souverain pontife et son administration sur les négociations en cours sur la nomination d’évêques en Chine.
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Tensions sur l’ouverture du Vatican vis-à-vis de la Chine

Le Saint-Siège a démenti toute divergence entre le souverain pontife et son administration sur les négociations en cours sur la nomination d’évêques en Chine.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 11h11
    |

            Cécile Chambraud et 
Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

La politique de rapprochement avec la Chine du pape François provoque des tensions au sein de l’Eglise catholique. Au point que le Saint-Siège s’est senti obligé de démentir, mardi 30 janvier, toute divergence de vues entre le souverain pontife et son administration concernant les négociations en cours avec Pékin sur la nomination des évêques dans ce pays. « Le pape est en contact constant avec ses collaborateurs, en particulier au sein du secrétariat d’Etat, sur les questions concernant la Chine », a déclaré le porte-parole du Vatican.

La veille, l’évêque émérite de Hongkong, le cardinal Joseph Zen, un opposant notoire à la politique d’ouverture souhaitée par le pontife argentin, avait affirmé, sur Facebook, que le Vatican « est en train de vendre l’Eglise catholique en Chine ». M. Zen considère l’Association patriotique des catholiques chinois, l’Eglise officielle chinoise sous la férule du Parti communiste, comme « schismatique » et milite pour une plus grande prudence avant d’ordonner certains des évêques proposés par Pékin ou déjà reconnus par le régime chinois sans l’assentiment de Rome (ils sont sept dans ce cas au sein de l’Eglise patriotique chinoise).
Vers un accord
Deux évêques dits « clandestins », car nommés par Rome, sans l’accord de Pékin et persécutés par le régime chinois, auraient été incités à prendre leur retraite pour laisser la place à deux évêques « officiels ». Sur son blog, le cardinal Zen affirme s’être rendu à Rome pour s’entretenir avec le souverain pontife, le 12 janvier, et lui transmettre la lettre d’un des deux évêques poussés vers la sortie, Peter Zhuang Jianjian, 88 ans, du diocèse de Shantou (sud de la Chine).
AsiaNews, l’agence de l’institut pontifical des missions étrangères, avait révélé que le vieil évêque avait été conduit à Pékin par les autorités chinoises en décembre 2017 pour entendre la requête directement d’une délégation du Vatican menée par l’archevêque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Des groupes citoyens s’opposent aux mesures du ministre nationaliste de l’immigration.
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Elans de solidarité avec les migrants en Belgique

Des groupes citoyens s’opposent aux mesures du ministre nationaliste de l’immigration.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 11h58
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Il est 20 h 30 et, comme tous les soirs, ils se retrouvent au coin des deux avenues qui bordent le parc Maximilien, un bout de verdure qui égaye péniblement le quartier administratif de la gare du Nord, à Bruxelles. Mehdi, Adriana, Thomas, Christian sont devenus les gardiens de ce « chef-lieu de l’aide humanitaire », comme dit l’un. « Ici, on a une vue claire de la misère du monde », explique un autre.
L’éditorialiste de La Libre Belgique écrivait, le 23 janvier, que ces étudiants, retraités ou employés étaient « les nouveaux Justes », en référence aux personnes ayant sauvé des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Un groupe d’anonymes, de bénévoles, qui a lancé une expérience unique en Europe, soutenue par des ONG : héberger chaque soir des migrants. Soit dans des centres d’accueil, soit chez eux, dans une chambre d’enfant réaménagée à la hâte ou un salon dont on a poussé les fauteuils.
L’initiative, qui rassemblait quelques dizaines de personnes à l’été 2017, mobilise désormais 3 000 « hébergeurs » et 40 000 sympathisants. Mehdi, qui a négocié son départ de la société où il occupait un poste de cadre pour devenir le porte-parole de la Plate-forme citoyenne de soutien aux réfugiés, s’émerveille de l’élan de générosité qui lui permet de rassembler 18 000 euros en trois heures afin d’aménager des douches, ou de mobiliser de 2 000 à 3 000 personnes pour former une chaîne humaine.
« Mauvais souvenirs »
C’était le dimanche 21 janvier. Une information provenant apparemment d’un service de police – une enquête est en cours pour identifier les taupes – avait annoncé une vaste opération destinée à arrêter des sans-papiers. Le ministre de l’intérieur, Jan Jambon, soucieux d’éviter ce qu’il appelle « un nouveau Calais », et son collègue Theo Francken, secrétaire d’Etat à la migration, qui évoque le risque d’un « effet d’aspiration », incarnent cette politique que le gouvernement fédéral décrit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Marie-Cécile Naves, chercheuse à l’IRIS et auteure de « Trump, la revanche de l’homme blanc » vous répond, au lendemain du discours sur l’état de l’Union du président américain.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Tout en conservant une rhétorique anti-immigration, le président américain a paru, mardi, faire des gestes en direction des démocrates, qui lui sont indispensables pour faire avancer ses priorités.
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Lors de son premier discours sur l’état de l’Union, Trump s’essaie à nouveau à l’unité

Tout en conservant une rhétorique anti-immigration, le président américain a paru, mardi, faire des gestes en direction des démocrates, qui lui sont indispensables pour faire avancer ses priorités.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 11h00
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Le président-prompteur a éclipsé une nouvelle fois le président-Twitter, mardi 30 janvier, à l’occasion de son premier discours sur l’état de l’Union. En s’en tenant fidèlement à son texte, quitte à se montrer économe en passion, mais en évitant les provocations, Donald Trump a en effet renoué avec le ton posé adopté le 28 février 2017 devant les deux Chambres du Congrès. Après des débuts tumultueux à la Maison Blanche, cette intervention avait fait brièvement espérer la normalisation d’un outsider arrivé en politique comme par effraction.
Mardi, le rituel a été respecté à la lettre, les standing ovations multipliées par le parti de l’orateur comprises. M. Trump a joint ses applaudissements aux leurs. En février 2017, le président s’était déjà appuyé sur ses invités présents en tribune pour donner de la chair à un discours volontariste rompant avec la description apocalyptique d’une Amérique au bord du gouffre développée durant la campagne présidentielle.

M. Trump a renoué avec talent et empathie avec cette source d’inspiration en s’attardant systématiquement, pour chaque partie de son intervention, sur des vies de héros ordinaires ou d’exception, celles d’un soudeur, d’une secouriste, d’un pompier, d’un soldat ou d’un dissident nord-coréen, pour nourrir une vision optimiste des Etats-Unis.
Donald Trump a pu mettre en avant la santé éclatante de l’économie américaine dont il a revendiqué l’entière et unique paternité, sans un mot envers son prédécesseur qui pourrait trouver légitimement à y redire. Sans craindre l’exagération, lorsqu’il a qualifié par exemple sa réforme fiscale de plus importante de l’histoire du pays, le président a assuré qu’elle constituait le socle d’un meilleur avenir à portée de main, un « nouveau moment américain », une formule déjà utilisée en 2010 par la démocrate Hillary Clinton.
« L’ère de la capitulation économique est terminée », a-t-il ajouté, renouant avec le thème de «...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ François a décidé d’envoyer dans le pays un représentant « pour écouter » les victimes. Sa défense d’un évêque accusé d’avoir protégé un prêtre pédophile avait choqué.
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Pédophilie : après sa désastreuse visite au Chili, le pape riposte

François a décidé d’envoyer dans le pays un représentant « pour écouter » les victimes. Sa défense d’un évêque accusé d’avoir protégé un prêtre pédophile avait choqué.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 11h18
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

La tension était trop forte pour espérer qu’elle retombe d’elle-même. Le service de presse du Vatican a annoncé, mardi 30 janvier, que le pape François avait décidé d’envoyer un représentant à Santiago du Chili « pour écouter ceux qui ont manifesté la volonté de faire connaître des éléments qu’ils possèdent ». Cette périphrase désigne les victimes du prêtre chilien Fernando Karadima, reconnu coupable d’agressions sexuelles sur mineurs par l’Eglise catholique en 2011.
Ces victimes dénoncent la nomination par François d’un des anciens protégés de Fernando Karadima, Mgr Juan Barros, comme évêque d’Osorno, un diocèse du sud du pays, en janvier 2015. Plusieurs accusent ce prélat d’avoir été présent, à l’époque, pendant qu’ils étaient agressés, et d’avoir couvert par la suite les agissements de son ancien mentor.
Lors de sa récente visite au Chili (du 15 au 18 janvier), le pontife s’était dit « convaincu que [Mgr Barros] est innocent » et avait affirmé qu’il n’y « a pas une seule preuve contre lui » mais bien des « calomnies ». Voici désormais Mgr Barros, dont le pape a refusé par deux fois la démission, visé par une enquête du Vatican.
La bronca contre l’attitude et les propos du pape, à l’occasion de ce voyage, a été telle qu’elle a éclipsé les autres aspects de sa visite. Elle lui a valu une cuisante – et courageuse – remontrance de l’archevêque de Boston, Mgr Sean O’Malley, qui a jugé « compréhensible que la déclaration du pape François à Santiago du Chili ait été une source de grande douleur pour les survivants d’agressions sexuelles par des membres du clergé ».
Le cardinal O’Malley est l’une des figures de la lutte contre la pédophilie dans le clergé américain. Proche du pape François, qui l’a inclus dans son conseil des neuf cardinaux, il préside la commission d’experts chargés par le pape de proposer des réformes pour mieux protéger...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Face à l’épidémie de « vomito negro », les primates, premières victimes de la maladie, sont pourchassés, accusés, à tort, d’être le vecteur du virus.
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Au Brésil, les singes décimés par la fièvre jaune et les croyances populaires

Face à l’épidémie de « vomito negro », les primates, premières victimes de la maladie, sont pourchassés, accusés, à tort, d’être le vecteur du virus.



Le Monde
 |    31.01.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
31.01.2018 à 13h55
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            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE DE SAO PAULO
Très vite, Guilherme Marrara a compris. L’arrivée dans son cabinet vétérinaire des singes frappés ou empoisonnés, ramenés par la police de l’environnement, coïncidait avec l’apparition de l’épidémie de fièvre jaune au Brésil. Première victime de la maladie, l’animal était devenu le bouc émissaire d’une société affolée.
« Les gens à la campagne pensent que le mal vient des singes. Que la fièvre jaune se transmet par une morsure ou par le simple fait d’être à proximité des animaux. Alors ils les tuent », se désole le directeur du parc écologique municipal, à Sao Carlos, dans l’Etat de Sao Paulo.
Depuis 2017 et la réapparition du vomito negro au Brésil, M. Marrara a reçu treize singes. Trois sont morts. Certains ont succombé au chumbinho, un poison interdit dans le pays mais qui se trouve à vil prix au marché noir et sert fréquemment à tuer le bétail. D’autres n’ont pas résisté aux coups infligés.
« C’est absurde, enrage M. Marrara. Les singes sont au contraire une protection pour l’homme. Le moustique, vecteur de la maladie, préfère le sang des singes. En leur absence, l’insecte finit par s’attaquer à l’homme. » La mort des singes permet, de plus, d’alerter la population de l’arrivée de la maladie et de la préparer en la vaccinant, précise-t-il.
Braconnage effrayant
Aucun recensement officiel ne permet encore de mesurer l’ampleur du phénomène. Mais le militant écologiste Marcelo Mello, spécialiste de la gestion de la biodiversité, estime qu’au total 1 500 primates auraient succombé à la fièvre jaune ou à la chasse qui leur est menée.
L’Etat de Sao Paulo, placé depuis le 16 janvier en zone de risque par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui recommande aux touristes de se vacciner, n’est pas le seul territoire brésilien concerné par ce braconnage effrayant. Dans l’Etat de Rio de Janeiro, 118 singes sont morts au cours des trois premières semaines de janvier. Dans...




                        

                        

