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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La société des auteurs et compositeurs dramatiques a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour que Canal+ respecte la réglementation en la matière.
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Droits d’auteur : le conflit repart entre Canal+ et la SACD

La société des auteurs et compositeurs dramatiques a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour que Canal+ respecte la réglementation en la matière.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h17
    |

            Nicole Vulser








                        



   


La paix armée entre Canal+ et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) n’a pas duré. « Depuis le 1er janvier 2018, la chaîne premium Canal+ et C8 [filiale du groupe de Vincent Bolloré] diffusent sans autorisation et au mépris de la réglementation française, des droits d’auteur », a expliqué mardi 30 janvier Pascal Rogard, directeur général de la SACD.
Ce dernier a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) voici quinze jours sur ces deux cas, et a saisi les responsables des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il a par ailleurs écrit à la ministre de la culture, Françoise Nyssen, pour lui demander « de faire cesser des pratiques que l’on n’a jamais vu dans l’audiovisuel » – hormis une seule fois avec la chaîne Numéro 23 de Pascal Houzelot.
Selon M. Rogard, la ministre « estime que le président du CSA est compétent pour infliger des sanctions à Canal+ s’il ne respecte pas le droit d’auteur » et Mme Nyssen l’a assuré qu’« elle étudierait si besoin avec les parlementaires un renforcement de la législation en la matière ». La prochaine échéance de Canal+ est fixée en avril. « Si Canal+ ne paie pas on ira au tribunal », a déclaré M. Rogard.
Un sérieux conflit avait déjà opposé en 2017 la SACD ainsi que les autres sociétés de gestion de droits à Canal+ puisque le groupe de Vincent Bolloré voulait revoir à la baisse – d’abord de 30 % puis de 20 % – ses contrats avec les sociétés d’auteur en 2017. « Michel Siboni [qui négocie pour le compte de Canal+] applique les méthodes de la grande distribution », affirme M. Rogard. « Cela revenait à abaisser les droits des auteurs de la SACD de 40 % », dit-il. En raison de la chute du nombre d’abonnés, ces droits dont le montant est corrélé au chiffre d’affaires de Canal+, se sont en effet déjà érodés de 20 % entre 2015 et 2017, a rappelé M. Rogard.
« Affameur »
Il a tenu bon et poursuivi en justice le groupe de Vincent Bolloré. Juste avant que ce litige ne soit tranché par le Tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) Canal+ a finalement réglé à la SACD l’intégralité des droits d’auteur dus au titre de 2017. Aussi bien pour la chaîne « premium » que pour les chaînes satellites. Soit un peu moins de 30 millions d’euros au total.
« Nous renégocions seuls avec Canal+ les contrats avec les chaînes satellites qui étaient auparavant conclus en commun avec la Sacem (musique) et la SCAM (documentaires) », explique M. Rogard.
Ce dernier a eu beau jeu de rappeler que les salaires fixes des cinq membres du directoire de la maison mère de Canal+ avaient progressé de 41 % en 2016 et que le résultat opérationnel ajusté (Ebitda) de Groupe Canal (hors restructurations) devrait croître de plus de 30 % en 2017 pour atteindre 365 millions d’euros. Tout en traitant Vincent Bolloré « d’affameur » puisque le droit d’auteur est considéré comme « une créance alimentaire », M. Rogard s’est dit « confiant dans le droit », et a promis que les avances versées aux auteurs par la SACD le seraient le temps que Canal+ verse ce qui est dû.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Elargissant son point de vue au-delà de l’ensemble concentrationnaire, Emil Weiss nous permet d’appréhender le projet nazi dans sa globalité (sur Arte à 23 h 10).
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TV – « Auschwitz Projekt »

Notre choix du soir. Elargissant son point de vue au-delà de l’ensemble concentrationnaire, Emil Weiss nous permet d’appréhender le projet nazi dans sa globalité (sur Arte à 23 h 10).



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 10

Pas de musique, seulement le bruit du vent. Des images aériennes prises par des drones, ce qui donne à ce voyage au-dessus de l’enfer une sorte de légèreté cotonneuse. Des corps de bâtiment vus d’en haut et cerclés de jaune, de noir ou de rouge pour aider à comprendre la topographie de ces lieux pas comme les autres. Le tout accompagné par des commentaires sobres et des témoignages (Charlotte Delbo, Simone Veil, Primo Levi…) poignants. Cette mise en images et sons originale choisie par Emil Weiss, réalisateur de ce documentaire exceptionnel, ne nuit pas à l’intérêt de son enquête, et c’est ce qui fait sa force.
Auteur d’une trilogie consacrée à Auschwitz (Hourban, autrement dit « la destruction ») diffusée sur Arte (Sonderkommando Auschwitz-Birkenau, en 2007, Auschwitz, premiers témoignages, en 2010, et Criminal Doctors, Auschwitz, en 2013), Weiss s’est rendu à de nombreuses reprises dans ce coin du sud de la Pologne, près de la petite ville d’Oswiecim (Auschwitz en allemand). « Une fois achevée la trilogie qui traite de l’anéantissement, j’ai souhaité montrer le projet nazi global ­développé à Auschwitz et dans ses environs. Car chaque voyage que j’ai effectué sur place s’accompagnait de nouvelles découvertes qui m’ont donné envie de mieux comprendre le fonctionnement de ce complexe tentaculaire… »
Des fermes, des usines, des mines
Si l’histoire des trois principaux camps situés dans ce que les nazis appelaient la « zone d’intérêt », d’une superficie d’environ 40 km2, est connue (l’ancienne caserne polonaise devenue Auschwitz 1, le camp d’extermination de Birkenau et le camp de travail de Monowitz), ce documentaire étend son champ d’analyse à une zone bien plus grande. Au-delà de la zone d’intérêt qui, outre les trois camps, comprenait aussi des fermes, des usines, des mines, des centres de recherche, le complexe industriel d’Auschwitz se prolongeait à l’extérieur, sur une soixantaine de kilomètres.

   


La zone de mort se double d’une zone de travail intense, où se déroulent de perpétuels chantiers. Entre 1940 et 1944, on y construit des laboratoires de recherche, des fermes, des usines. A la périphérie de la ville d’Auschwitz, on créé des quartiers ultramodernes destinés à héberger une population aryenne. Car, il s’agit, à partir de cette zone géographique, de mener à bien un vaste projet de germanisation de l’Europe orientale.
Pour les SS chargés des camps, la zone d’intérêt se révèle lucrative. En louant les services d’une main-d’œuvre esclave aux grandes entreprises allemandes installées sur place (Agfa, Bayer, BASF, Hoechst, Siemens, pour neciter qu’elles), les SS se remplissent les poches. Et les industriels aussi, avec ces milliers d’ouvriers ou de cobayes de laboratoire qui ne coûtent presque rien. On estime que la main-d’œuvre concentrationnaire louée aux entreprises a rapporté à la SS quelque 20 millions de reichsmarks en 1943 et le double en 1944, soit l’équivalent d’environ 130 millions d’euros.

   


Dans les usines, les fermes d’élevage, les serres, les laboratoires, des milliers de femmes et d’hommes déportés ont travaillé dans des conditions variant d’un lieu à l’autre. « Nous étions loin de Birkenau. Nous n’en sentions plus l’odeur. Nous ne voyions que la fumée qui montait des fours crématoires », témoigne ainsi Charlotte Delbo, affectée à la pépinière de Rajsko. Sur ces territoires du sud de la Pologne, outre l’extermination, les nazis auront expérimenté leurs politiques démographique, agricole, médicale, scientifique, industrielle.
Auschwitz Projekt, d’Emil Weiss (France, 2017, 56 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Un an après « Exode » où des migrants d’Afrique et de Moyen-Orient avaient filmé leur périple, un deuxième volet nous fait retrouver certains d’entre eux et découvrir de nouveaux visages (sur Canal+ à 21 h 05).
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TV – « Exode, l’odyssée continue »

A voir aussi ce soir. Un an après « Exode » où des migrants d’Afrique et de Moyen-Orient avaient filmé leur périple, un deuxième volet nous fait retrouver certains d’entre eux et découvrir de nouveaux visages (sur Canal+ à 21 h 05).



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h14
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Canal+ à 21 h 05

En octobre 2016, la diffusion d’Exode un million de destins, ambitieux documentaire coproduit par Canal+, la BBC et KEO Films, avait fait du bruit. En racontant de l’intérieur les périples de migrants qui ont tout quitté pour fuir la guerre ou la misère, en équipant certains intervenants de smartphones afin qu’ils filment au plus près leurs aventures éprouvantes, le film avait ému un nombreux public et obtenu l’International Emmy Awards du Meilleur Documentaire International, en novembre 2017, à New York.
Avec Exode, l’odyssée continue, le réalisateur britannique James Bluemel et ses équipes proposent un second volet aussi poignant que le premier. Avec le même procédé technique d’une redoutable efficacité : les images collectées par les migrants à l’aide de téléphones portables sont mélangées aux images de la production.
Nouvelle tension perceptible
Ce qui frappe par rapport aux premières tentatives de fuites de ces Afghans, Syriens, Irakiens ou Africains, c’est la nouvelle tension perceptible en Europe. Les affiches de bienvenue aux migrants ont souvent cédé la place à des slogans hostiles. « Ne venez pas en Europe », clame clairement un haut responsable européen, pendant que la forteresse Europe se hérisse, sur son flanc Est, de barbelés, de murs, de miradors.
Ce durcissement perceptible ne décourage pas celles et ceux qui ont tout quitté pour éviter la mort ou mener une vie meilleure. Africains tentant d’escalader les hauts murs entourant Ceuta, enclave espagnole en terre marocaine, familles entassées dans des camps en Grèce ou en Serbie et qui rêvent d’Angleterre et d’Allemagne, réfugiés afghans en Finlande attendant avec angoisse la réponse positive des autorités locales pour obtenir le titre de séjour qui leur évitera un retour forcé au pays, les espérances se fracassent parfois sur une nouvelle réalité européenne.

Comme dans le premier documentaire, on s’attache aux destins de la lumineuse Isra’a, jeune réfugiée syrienne qui découvre une nouvelle vie en Allemagne. A Sadiq, électricien afghan en Finlande. A Nazifa, Lateef et leurs enfants, bloqués en Grèce alors que la famille afghane rêve d’Allemagne. Ou à Moussa le Guinéen qui, après avoir échoué à franchir le mur de Ceuta, va retenter sa chance.
Autre détail d’importance qui a changé la donne depuis le premier documentaire : l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Une semaine après son élection, le locataire de la Maison Blanche a interdit l’accès du territoire américain aux ressortissants de sept pays musulmans. Tamir, citoyen irakien et ancien traducteur pour l’armée américaine, est arrivé aux Etats-Unis avec sa femme deux mois avant l’élection de Trump. Le reste de sa famille vit toujours dans un camp surpeuplé en Irak. Dans les allées pourtant peu avenantes d’un quartier de Lincoln (Nebraska) où il réside désormais, Tamir lance d’une voix douce : « Ici, tout est joli et paisible ».
Exode, l’odyssée continue, de James Bluemel (GB., 2017, 105 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La chaîne diffuse ce soir le premier numéro d’un rendez-vous mensuel consacré à des sujets de proximité, produit par ses rédactions locales et diffusé sur son réseau national.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

TV – « Réseau d’enquêtes », le nouveau magazine d’investigation de France 3

La chaîne diffuse ce soir le premier numéro d’un rendez-vous mensuel consacré à des sujets de proximité, produit par ses rédactions locales et diffusé sur son réseau national.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h11
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        



Demain à 23h35 après @LeGrandSoir3 découvrez le nouveau magazine de @France3tv Réseau d'Enquêtes. Immersion au cœur de la pauvreté en France. Un nouveau rendez-vous mensuel à ne pas rater. pic.twitter.com/6oRf5PfI5C— Charles-Henry Boudet (@CharlyBoudet) 29 janvier 2018


Magazine sur France 3 à 23 h 30
« Quelle chaîne de télévision est mieux placée que France 3 pour faire découvrir les régions et leurs villes ? » C’est par cette question que Claire Combes, déléguée à la coordination des programmes du réseau régional de France 3, justifie le nouveau programme « Réseau d’enquêtes », dont elle est par ailleurs la rédactrice en chef. Un magazine d’investigation, produit par les rédactions locales de France 3 pour une diffusion nationale qui, une fois par mois, s’attachera à un sujet de société en « hyperproximité ». 
Pour ce premier numéro, consacré à « la face cachée de la pauvreté » – en France, six millions de personnes vivraient sous le seuil de pauvreté, et quatre autres millions seraient mal logées – les rédactions de France 3 PACA, Limousin, Nouvelle Aquitaine, et Paris, ont été mises à contribution.
Pour rendre compte du phénomène, le magazine présenté par Charles-Henry Boudet (lui-même présentateur en région), propose une immersion à Marseille – et notamment dans le troisième arrondissement (présenté comme le plus pauvre du pays) où des marchands de sommeil n’hésitent pas à louer des logements insalubres aux plus démunis. Des logements qui parfois, sont entourés d’immeubles qui menacent de s’effondrer.

   


Présent dans les grandes villes, le phénomène n’épargne pas les campagnes, ainsi que le prouve le magazine dont les équipes se sont rendues dans le Limousin, auprès de personnes âgées mal logées. Montrant que derrière les belles maisons de plain-pied, se cachent souvent des tas de ruines aux fondations branlantes.
« Réseau d’enquêtes » trouve sa matière première dans « les sujets qui ont déjà été diffusés en région », explique Claire Combes. En effet, dans ce premier numéro, toute la partie consacrée à Marseille provient à l’origine d’un reportage de vingt-six minutes sur la pauvreté, diffusé en région PACA. « Seuls les plateaux avec le présentateur sont frais », avoue la rédactrice en chef. Et d’ajouter, « le sujet était tellement fort, qu’on trouvait ça dommage qu’il soit cantonné à une seule région. » 
Le nouveau magazine de France 3 puise donc ses idées dans les contenus régionaux que viennent ensuite étayer d’autres reportages. Marseille a ainsi été complété par les sujets réalisés dans le Limousin, et en Seine-Saint-Denis. L’émission fait, de surcroît, intervenir des invités susceptibles de pouvoir enrichir le propos. Pour ce premier numéro, seront présents Philippe Pujol – prix Albert Londres, en 2014, pour sa série d’articles « Quartiers shit » publiée dans le journal La Marseillaise –, et Elina Dumont, comédienne et auteure qui a longtemps vécu dans la rue. « Avec cette émission, on lève le voile, on montre des choses. Libre au téléspectateur de se faire sa propre idée. On n’est pas du tout dans la polémique, on souhaite seulement montrer une France que l’on voit peu », explique Claire Combes

   


Après « In Situ », le magazine économique présenté par Marie-Sophie Lacarrau, « Réseau d’enquêtes » semble venir renforcer la politique de mise en valeur des antennes régionales de France 3. « C’est la première fois qu’on a autant de décrochages régionaux sur France 3 national, et ça va croissant », se réjouit Claire Combes.
Depuis le 8 janvier, plusieurs magazines régionaux sont en diffusion nationale tous les matins, parmi lesquelles « 9 h 50 le matin », « Midi en France », « Les gens des Hauts », et des magazines découvertes comme « Cap sud-ouest ». Une nouvelle quotidienne d’information devrait également voir le jour d’ici mars. Concernant « Réseau d’enquêtes », le prochain numéro sera consacré à « l’instant ou nos vies bascule ». Seul regret : la programmation tardive de ses reportages.
La face cachée de la pauvreté, présenté par Charles-Henry Boudet (Fr., 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Truffés d’effets visuels inutiles, ce documentaire de Michel Cymes consacré aux médecins nazis agace plus qu’il n’enseigne (sur France 2 à 23 h 05).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

TV – « Hippocrate aux enfers »

Truffés d’effets visuels inutiles, ce documentaire de Michel Cymes consacré aux médecins nazis agace plus qu’il n’enseigne (sur France 2 à 23 h 05).



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h31
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 2 à 23 h 05



Après celui des hauts dignitaires nazis s’ouvrait à Nuremberg, le 9 décembre 1946, sous l’autorité des Américains, un deuxième procès dans lequel comparaissaient vingt-trois médecins, infirmiers et administratifs accusés entre autres de crime contre l’humanité. Ce procès, Michel Cymes l’a choisi comme fil rouge et cadre visuel d’Hippocrate aux enfers : un documentaire qui reprend, pour l’essentiel, le propos de son ouvrage publié chez Stock en 2015, dans lequel il tentait de comprendre, à travers leur parcours, comment des praticiens et hommes de science avaient, en conscience, bafoué le fameux serment.
Piqûre de rappel
Quand il n’est pas filmé l’air grave et pénétré à Auschwitz ou au camp du Struthof, Michel ­Cymes appelle au prétoire les principales figures de l’horreur médicale ­nazie. A travers Karl ­Gebhardt, chargé de l’« Opération T4 » visant à exterminer les handicapés mentaux, Carl Clauberg, gynécologue spécialiste de la stérilité officiant à Auschwitz et Ravensbrück, ou encore Joseph Mengele, ce documentaire détaille les différents types d’expérimentations menées à des fins militaires ou eugéniques sur des déportés. Avec en support de multiples archives – dont des témoignages de rescapés – et l’éclairage d’historiens allemands, britanniques et français. Ceux d’Yves Ternon et de Johann Chapoutot sur le ­régime et l’idéologie nazis n’étant pas les moins précieux au milieu de ce film truffé d’effets inutiles.

   


Car si l’intention de Michel ­Cymes de prodiguer, après son ­livre, une piqûre de rappel est louable, que n’a-t-il visionné auparavant les excellents documentaires d’Emil Weiss (Criminal Doctors, Auschwitz) ou de ­Catherine Bernstein (T4, un médecin sous le nazisme). Il y aurait appris la nécessaire sobriété, tant dans le commentaire que la mise en images, qu’appelle ce sujet. Et un réel point de vue d’auteur. Toutes choses qui manquent cruellement à ce film boursouflé d’emphase et de grandiloquence. Sans parler d’une animation « gadget » des archives et d’une incarnation vaine. Le tout surligné par la musique du Quatuor Capuçon, dont des plans serrés agrémentent fréquemment le film jusqu’à l’exaspération, lui faisant perdre une bonne part de sa portée ­pédagogique.
Hippocrate aux enfers, de Jean-Pierre Devillers (Fr., 2017, 80 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Une histoire du Proche-Orient multimillénaire contrastée

Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h15
    |

Chantal Cabé (Rédactrice en chef adjointe de « La Vie ») et Michel Lefebvre (Responsable des hors-séries du « Monde »)







                        



   


Le ciel tourmenté du Proche-Orient ne doit pas éclipser ses lumières. Pendant des siècles, ce foyer de civilisations a irradié l’humanité tout entière. Il suffit de quelques marqueurs pour saisir la singularité historique de cette région du monde. De l’invention de l’écriture par les Sumériens à la naissance du christianisme, de l’Egypte pharaonique aux splendeurs de Babylone, de l’illustre Saladin au puissant calife de la Sublime Porte… L’Occident s’est construit dans l’héritage de ce glorieux patrimoine venu des pays d’Orient, le Proche ou le Moyen, selon.
Mais comment, en à peine un siècle, ce Proche-Orient si longtemps porteur des lumières de l’« âge d’or » arabo-musulman est-il devenu un terrain de violences et d’affrontements, un nœud d’enjeux stratégiques, avoués ou dissimulés, un vecteur d’identités, sociales ou religieuses, aussi fortes qu’antagonistes ?
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples (Arabes, Turcs, Kurdes, Perses…), de religions (islam, judaïsme, christianisme) et de cultures (byzantine, arabe, ottomane, persane).
Cette puissance de rayonnement fut encore renforcée au cours du dernier siècle. Car nulle part ailleurs sur la planète, les grandes nations n’ont une telle proximité. L’Occident y a successivement affronté le bloc soviétique (URSS), l’Iran, la péninsule Arabique, la Russie, la Turquie… Au point que, depuis 1945, le centre de gravité des relations internationales semble bien s’être fixé au Proche-Orient, nourri par l’enlisement du conflit israélo-palestinien.
Forces centrifuges de puissances néfastes
Aujourd’hui encore, cette région constitue un axe autour duquel les puissances, régionales et mondiales, se chevauchent et s’entrechoquent, avec pour effet immédiat la décomposition de trois États arabes (Irak, Syrie, Yémen). Le résultat de ces chocs est connu : les peuples si divers d’un Levant pluriethnique et multiconfessionnel n’ont guère réussi jusqu’ici à écrire par eux-mêmes leur histoire commune.
La déclaration unilatérale du président américain Donald Trump en décembre 2017 sur le statut de Jérusalem est une nouvelle preuve de ces ingérences destructrices. Une fois encore, en raison notamment de la richesse de ses ressources naturelles (pétrole et gaz), la région semble condamnée à subir les forces centrifuges de puissances extérieures et néfastes.
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples et de religions
Cette nouvelle édition de L’Histoire du Proche-Orient n’entend pas fournir une seule clé qui, telle un passe-partout, ouvrirait toutes les portes de cette terre si composite. L’Histoire est faite d’une infinité d’événements complexes qui s’accommodent mal de ce genre de raccourci.
Pour analyser et comprendre, nous avons misé sur un large trousseau. C’est donc avec le souci de réintroduire la lumière dans l’ombre apparente, à l’aide de cartes et de documents inédits, par la diversité d’analyse des journalistes de nos deux rédactions accompagnés des meilleurs spécialistes, que nous vous invitons à (re) découvrir l’histoire de ce berceau millénaire de civilisations. Par-delà les préjugés et au-delà des émotions.
L’Histoire du Proche-Orient. 10 000 ans de civilisation, « hors-série » du Monde, nouvelle édition, 188 pages, 12 euros, en vente en kiosques auprès de la boutique du Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Christa Théret, 26 ans, poursuit la trajectoire qu’elle s’est fixée, loin des rôles « faciles ». Dans « Gaspard va au mariage », elle incarne une jeune fille qui s’identifie à un ours.
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Christa Théret, actrice à l’aise en peau d’ours


                      Christa Théret, 26 ans, poursuit la trajectoire qu’elle s’est fixée, loin des rôles « faciles ». Dans « Gaspard va au mariage », elle incarne une jeune fille qui s’identifie à un ours.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 16h41
    |

                            Emilie Grangeray








   


« C’est une guerrière un peu céleste. » De sa voix légèrement rauque, voilà comment Christa Théret définit son rôle dans Gaspard va au mariage, nouveau film d’Antony Cordier. Dans cette comédie originale, elle joue, aux côtés de Félix Moati et Lætitia Dosch, un personnage de femme enfant qui se réfugie, littéralement, dans une peau d’ours jusqu’à se persuader qu’elle en est un. « Pour Coline, cette peau est une manière de se protéger », dit celle qui, bon petit soldat, a étudié les mouvements de l’animal pour mieux l’imiter.
Jouer, son « issue de secours »
Comme son personnage, l’actrice de 26 ans veut se protéger. Sans doute parce qu’elle a été jetée très tôt dans le « drôle de milieu » du cinéma. La première fois, elle a 11 ans. Repérée dans une cour d’école, « sauvagement castée » selon ses mots, on la voit ensuite dans Le Couperet (2005), de Costa-Gavras. Puis, quatre ans plus tard, elle est de nouveau choisie pour incarner Julie dans Et toi, t’es sur qui ?. Sélectionné dans la catégorie Un certain regard, le film de Lola Doillon la propulse au Festival de Cannes.

        Lire la critique de « Gaspard va au mariage » :
         

          Scènes de ménagerie en Limousin



Drôle de trajectoire pour celle qui s’imaginait institutrice ou libraire. Une trajectoire bousculée à la même époque par la mort de son père, artiste peintre. Elle n’a que 15 ans. « Jouer a été mon issue de secours », confie-t-elle avec pudeur. Grâce à LOL, de Lisa Azuelos, Christa Théret est nommée pour le César du meilleur espoir féminin et devient un visage reconnu. Mais ce bonheur s’accompagne de la « peur de cette notoriété qui vous échappe ». Alors, la comédienne joue profil bas, refuse des rôles trop faciles, et se tourne vers des films qu’elle qualifie d’engagés, dans lesquels elle campe « des héroïnes marginalisées, des jeunes filles qui se cherchent ». À l’image de ses apparitions dans La Brindille, Voie rapide, Renoir, ou La Fille du patron… Pour expliquer cette jeune carrière, elle affirme être animée par l’idée de « donner la parole à ceux qui ne l’ont pas », être attirée par « la poésie de l’écriture, l’engagement du personnage ».
Bientôt à l’affiche du très attendu E-Book, film d’Olivier Assayas sur le milieu de l’édition, elle reste discrète sur ses prochains projets, explique vouloir choisir des premiers films, et rêve de défendre un rôle « féministe ». « Donner tout, et en même temps sortir quelque chose de soi », livre-t-elle avec un sourire de Joconde. Une autre manière de se protéger ?
« Gaspard va au mariage », d’Antony Cordier, avec Félix Moati, Lætitia Dosch, Christa Théret. En salle le 31 janvier.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ « Dreams and Daggers » a été récompensé comme « meilleur album de jazz vocal ».
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Après l’Académie du jazz, Cécile McLorin Salvant récompensée par un Grammy Award

« Dreams and Daggers » a été récompensé comme « meilleur album de jazz vocal ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h17
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Lors des 60es Grammy Awards, organisés à New York, dimanche 28 janvier, la chanteuse de jazz franco-américaine Cécile McLorin Salvant a reçu le Grammy Award du « meilleur album de jazz vocal » pour son disque Dreams and Daggers, publié en septembre 2017. Ce prix lui a été décerné lors de la « Premiere Ceremony », au New York Theater du Madison Square Garden, à New York, cérémonie durant laquelle la majeure partie des récompenses de l’industrie musicale américaine est annoncée. Le reste des Grammies, une quinzaine, dont les quatre les plus scrutés par la profession pour leur impact commercial, est révélé ensuite lors d’une cérémonie à grand spectacle.

        Lire le compte-rendu :
         

          Grammy Awards : une cérémonie marquée par le mouvement MeToo



Il s’agit du deuxième Grammy Award de la carrière de la jeune femme âgée de 28 ans, le précédent lui ayant été remis lors des 58es Grammy Awards, en 2016, pour son disque For One To Love sorti en 2015. Le mois de janvier est plutôt favorable à Cécile McLorin Salvant, puisque dimanche 21, à Paris, la chanteuse avait été nommée Prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz, qui récompense la musicienne ou le musicien de l’année. Autre musicien fêté par l’Académie du jazz, le contrebassiste Christian McBride, a reçu le Grammy du « meilleur album de jazz en grande formation » pour Bringin’It. Le Grammy du « meilleur solo jazz » a été attribué au guitariste John McLuaghlin pour son intervention soliste durant le morceau Miles Beyond, tiré de l’album Live @ Ronnie Scott’s.

        Lire le compte-rendu :
         

          La chanteuse Cécile McLorin Salvant, Prix Django Reinhardt 2017 de l’Académie du jazz



84 prix pour 30 secteurs différents
Pour les 60es Grammy Awards, auxquels étaient éligibles des enregistrements publiés entre le 1er octobre 2016 et le 30 septembre 2017, 84 prix auront été remis – des reproductions dorées d’un gramophone, avec son boîtier et son pavillon – couvrant 30 secteurs différents. Dont pop, rock, alternative, rap, country, new age, jazz, gospel/musique chrétienne, reggae, enfants, visuel de la pochette, livret, texte parlé – c’est l’actrice Carrie Fisher, morte le 26 décembre 2017, la princesse Leia de la série Star Wars, qui a reçu, à titre posthume, le Grammy du « meilleur album parlé » pour The Princess Diarist, adaptation enregistrée, lue par elle, de ses mémoires – musiques du monde, musique classique, composition/arrangement, mixage surround…

Sur le Web : www.grammy.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le romancier et essayiste revient sur le bouquet de tulipes offert par Jeff Koons à la Ville de Paris. Il estime que le simplisme de l’œuvre jure avec la violence de l’acte qu’il souhaite commémorer.
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Jean-Philippe Domecq : « L’œuvre de Jeff Koons embarrasse même les consciences jusqu’alors satisfaites de peu »

Dans une tribune au « Monde », le romancier et essayiste revient sur le bouquet de tulipes offert par Jeff Koons à la Ville de Paris. Il estime que le simplisme de l’œuvre jure avec la violence de l’acte qu’il souhaite commémorer.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h49
    |

                            Jean-Philippe Domecq (Romancier  et essayiste)








                        



                                


                            
[L’artiste plasticien américain a annoncé, en 2016, son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française. L’œuvre en elle-même et son emplacement prévu, sur l’esplanade du palais de Tokyo, font depuis couler beaucoup d’encre.]
Tribune. Le milieu de l’art contemporain n’aime rien tant que les œuvres propres à provoquer le tollé. De là à les choisir dans ce but, ce serait une vue complotiste des choses ; mais l’intuition y est, tant la ficelle est grosse comme les œuvres régulièrement sélectionnées pour la place publique.
Derniers exemples en date : en 2014, c’était Tree, de Paul McCarthy, un sex-toy présenté comme sapin de Noël, place Vendôme ; en 2015 à Versailles, l’élégante œuvre d’Anish Kapoor n’avait pas besoin qu’il la baptise finement « Vagin de la reine » pour souligner son complet irrespect des jardins dont il fallut bouleverser les soubassements pour l’installer. Et voici qu’en janvier 2018, c’est un bouquet de tulipes sculptées par Jeff Koons, star du financial art, qui suscite tribune et pétitions.

Pareille régularité dans la récurrence fait tourner le marché, à défaut de l’offre, mais finit par définir un classicisme qui, pour être provocateur, n’en reste pas moins classique et obsolète. Avec cette polémique-ci toutefois, il est possible qu’on en sorte, et que la seule et unique question qui méritait débat depuis le début de ce qu’on nomma voici trente ans « la querelle de l’art contemporain », soit enfin posée. A savoir : quelle est la portée esthétique de ces œuvres ? Sont-elles si intéressantes ?
Hiatus entre l’horreur des attentats et l’œuvre
Harry Bellet, dans Le Monde du 25 janvier, a souligné la question après avoir démonté les contradictions de la tribune de protestation parue dans Libération...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde » écrite sur le ton de l’ironie, le philosophe estime que l’artiste, qui est reçu par la ministre de la culture mardi 30 janvier, offre à Paris un bien étrange cadeau. Les riches donateurs y trouveront sans doute un avantage fiscal…
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Yves Michaud : « Jeff Koons s’arrange pour faire financer la réalisation de son idée par des mécènes français »

Dans une tribune au « Monde » écrite sur le ton de l’ironie, le philosophe estime que l’artiste, qui est reçu par la ministre de la culture mardi 30 janvier, offre à Paris un bien étrange cadeau. Les riches donateurs y trouveront sans doute un avantage fiscal…



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h39
    |

Yves Michaud (philosophe)







                        



                                


                            

[L’artiste plasticien américain a annoncé, en 2016, son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française. L’œuvre en elle-même et son emplacement prévu, sur l’esplanade du palais de Tokyo, font depuis couler beaucoup d’encre.]
Tribune. C’est un grand honneur que l’artiste fait à Paris meurtrie : offrir une sculpture monumentale, Bouquet of Tulips (on parle de 35 tonnes !), pour un lieu qui n’est pas évidemment relié aux attentats de 2015 (le Palais de Tokyo) – sauf si l’on compte Marcel Duchamp au nombre des salafistes…

La question n’est pas de savoir si la proposition de Jeff Koons va défigurer le site, est trop lourde pour l’endroit choisi par l’artiste ou même médiocre par rapport à l’ensemble d’une œuvre qui ne bouleverse nullement l’histoire de l’art. La question me semble plutôt de savoir ce qu’est un cadeau.
Admettons que les concepts de Jeff Koons aient une valeur si élevée qu’il puisse en faire un don royal. Il n’est néanmoins pas coutume de faire payer la confection ni l’emballage des cadeaux une fois qu’on a eu l’idée de les offrir : confection et emballage en font partie. Or Jeff Koons s’arrange pour faire financer la réalisation de son idée par des mécènes français (anonymes à ce jour) qui, eux-mêmes, la feront financer en grande partie par la défiscalisation. C’est astucieux comme un montage d’ingénierie financière.
Et si la Ville de Paris revendait l’œuvre ?
Connaissant plutôt bien le réalisme en affaires des Américains (et pas seulement de Trump), je doute que si notre gloire nationale César avait offert son Pouce (en idée) pour en confier le financement à des « mécènes » américains tout en choisissant de le faire trôner devant le Metropolitan Museum, il y aurait eu une seule voix pour accepter sa générosité.
D’autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre de la culture revient sur la polémique autour du « bouquet » que l’artiste veut offrir à la Ville de Paris, alors que celui-ci est reçu rue de Valois mardi.
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Jean-Jacques Aillagon : « Il faut envisager une autre solution » pour l’œuvre de Jeff Koons

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre de la culture revient sur la polémique autour du « bouquet » que l’artiste veut offrir à la Ville de Paris, alors que celui-ci est reçu rue de Valois mardi.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h53
    |

Jean-Jacques Aillagon (ancien ministre de la culture (2002-2004).)







                        



                                


                            
[L’artiste plasticien américain a annoncé, en 2016, son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française. L’œuvre en elle-même et son emplacement prévu, sur l’esplanade du palais de Tokyo, font depuis couler beaucoup d’encre.]
Tribune. Une tribune s’élevant contre l’installation d’une œuvre de Jeff Koons, Bouquet of Tulips, devant le palais de Tokyo, à Paris, a récemment été signée par d’estimables et compétentes personnalités et publiée dans « Libération ». Cette prise de position et quelques autres n’ont pas manqué d’aiguillonner une polémique qui, au-delà du monde de l’art, s’est emparée de l’opinion elle-même, tout en manquant, parfois, de mesure.

Certains choix de ma vie professionnelle ayant pu accréditer l’idée que j’étais devenu une sorte d’expert « ès-Jeff Koons », mon avis, à ce sujet, a souvent été sollicité, au cours des dernières semaines. Je me résous, aujourd’hui, à le faire connaître. Avant toute chose, je tiens à préciser, s’il le fallait, que je ne cultive à l’égard de l’œuvre de Jeff Koons aucun de ces mépris sommaires que l’on entend souvent s’exprimer au sujet de l’auteur de ce que certains appellent, de façon désobligeante, ses « koonseries ». Je n’en suis, pour autant, ni l’adorateur aveugle ni le thuriféraire sans nuance, mais je sais que Jeff Koons est un artiste qui a sa place dans le paysage culturel de notre époque. L’exposition que lui a consacrée de novembre 2014 à avril 2015 le Centre Pompidou, sous la responsabilité de Bernard Blistène, nous l’a rappelé.
Pour ma part, je reste fier d’avoir, avec Jean de Loisy, en 2000, dans le cadre de l’exposition « La Beauté », installé le Split Rocker de l’artiste dans une cour du Palais des papes, en Avignon. Je ne regrette pas, non plus, le choix que j’ai fait en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Au moment où son film sort en France, le cinéaste est de nouveau accusé d’abus sexuels par sa fille.
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« Wonder Wheel » : Woody Allen, l’art de l’intimité transfigurée

Au moment où son film sort en France, le cinéaste est de nouveau accusé d’abus sexuels par sa fille.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 10h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à voir
Le temps est donc venu où la critique d’un film de Woody Allen ne peut à son tour être envisagée sans « appareillage » approprié. En d’autres termes, l’affaire Weinstein rattrape l’auteur de Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander (1972) à l’heure où son nouveau film, Wonder Wheel, sort sur les écrans. Sa fille adoptive, Dylan Farrow, vient de réitérer, dans un entretien accordé le 17 janvier à la chaîne américaine CBS, les accusations d’abus sexuel portées de longue date contre son père, qui n’a jamais cessé de les démentir.

Le recours à l’entretien télévisé associé au moment historique a suscité une vague de réactions. Critiques rompant avec le cinéaste, actrices promettant de boycotter le réalisateur, spectacle musical inspiré d’un de ses films annulé à Broadway, acteurs de son prochain opus, A Rainy Day in New York, versant leur salaire à l’association anti-harcèlement Time’s Up, quand Amazon, producteur dudit film, envisage d’en supprimer la sortie.

Divorce conflictuel
Après l’effacement de Kevin Spacey de Tout l’argent du monde, de Ridley Scott, ou l’élimination de l’acteur James Franco en « une » du dernier numéro de Vanity Fair consacré à Hollywood, cette radicalité des réactions, tant de la part des studios, de certains acteurs que d’une partie du public, pose question. Est-elle fondée sur le sens de la justice ou sur la nécessité d’un châtiment d’autant plus justifié qu’il s’applique à des personnalités réputées intouchables ?

Sans minorer la gravité de l’accusation (engageant le soupçon de pédophilie et d’inceste) et la douleur de la victime supposée, il y a pourtant loin du cas Weinstein, systémique et avéré, au cas Allen, qui s’enracine dans le divorce conflictuel du cinéaste d’avec Mia Farrow dans les années 1990, alors qu’il entamait une liaison avec Soon-Yi Previn, autre fille adoptive,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Passion, jalousie, haine, solitude… rien n’a changé depuis les Grecs anciens, estime le réalisateur de « Wonder Wheel ».
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Woody Allen : « La grande roue est une métaphore de la vie »

Passion, jalousie, haine, solitude… rien n’a changé depuis les Grecs anciens, estime le réalisateur de « Wonder Wheel ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 16h27
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

A 82 ans, alors que Wonder Wheel sort en France, le réalisateur a déjà fini le tournage de A Rainy Day in New York, qui lui vaut une bronca outre-Atlantique. Après l’affaire Weinstein, dont son fils, Ronan Farrow, est à l’origine, Woody Allen, que celui-ci accuse depuis des années d’attouchements sur sa sœur adoptive Dylan Farrow, est de nouveau la cible de critiques violentes. Timothée Chalamet et Rebbecca Hall, deux des acteurs de A Rainy Day in New York, ont annoncé qu’ils donneraient les revenus de ce film à des organisations anti-harcèlement. Woody Allen, que nous avons rencontré à Paris en décembre, a de nouveau réfuté, par ses avocats, ces accusations.

Le désir, la trahison, les limites, c’est la matière de vos films. A la suite de l’affaire Weinstein, on s’offense outre-Atlantique de vous voir tourner « A Rainy Day in New York », un film qui met en relation un homme âgé et une adolescente de 15 ans…
Mais il n’y a rien de la sorte dans mon prochain film. On n’y trouve aucune relation de quelque nature qu’elle soit entre un homme d’un certain âge et une jeune fille. C’est quelque chose que la presse a fabriqué de toutes pièces…
Pourtant, vous n’avez pas peur en général de vous attaquer aux tabous des relations humaines.
C’est le matériau de base de tout auteur dramatique. La grande roue du titre, Wonder Wheel, est une métaphore de la vie. Aujourd’hui, on va sur la Lune et sur Mars, on a des ordinateurs et des robots, mais nous avons les mêmes problèmes émotionnels que les Grecs il y a cinq mille ans : la passion, la jalousie, la haine, la solitude, l’amour d’un autre et la frustration, rien de tout cela n’a changé, cela tourne en rond encore et encore, et dans cinq mille ans on aura fait d’autres progrès scientifiques miraculeux, mais les gens continueront à aimer, à être jaloux et à se sentir trahis. C’est Wonder Wheel, la même grande roue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Dans un zoo, la comédie d’Antony Cordier séduit avec ses personnages fantasques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/01/2018
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« Gaspard va au mariage » : scènes de ménagerie en Limousin

Dans un zoo, la comédie d’Antony Cordier séduit avec ses personnages fantasques.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 16h42
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Il n’est de vrai paradis que perdu. De cette constatation mélancolique, Antony Cordier a fait un film d’une constante drôlerie, peuplé de personnages fantasques et d’animaux de chair et de sang, une comédie française, pleine de grâce et de fantasmes, qui ne ressemble en rien à ses congénères. Gaspard va au mariage est une espèce rare, et le seul moyen de la préserver est d’aller voir ce film en se souvenant du regard que, enfant, on posait sur les figurines en plastique d’un zoo miniature ou sur les bêtes prisonnières des vrais parcs zoologiques.
Pendant des années, Gaspard (Félix Moati) a fui le zoo provincial dans lequel il a grandi. A l’occasion du remariage de son père, il y revient, avec appréhension. Pour se préserver du pouvoir d’aspiration du clan familial, il embauche, au hasard d’une rencontre absurde, une fille un peu godiche, Laura (Lætitia Dosch), qu’il convainc de tenir le rôle de sa petite amie.
Pendant des années, Gaspard a fui le zoo dans lequel il a grandi. Il y revient, avec appréhension
Quand on découvre la communauté qui attend son retour, on comprend les réticences de Gaspard. A force d’infidélités, Max (Johan Heldenbergh, vu chez Felix Van Groeningen), le patriarche, est en train de saboter son mariage à venir avec Peggy (Marina Foïs), la vétérinaire du zoo. Avec le concours de cette dernière, Virgil (Guillaume Gouix), le fils vertueux, s’efforce de faire tourner l’entreprise pendant que Coline (Christa Théret), la benjamine de la fratrie, erre dans les allées du parc revêtue d’une peau d’ours, souvenir d’un pensionnaire jadis très aimé.

Sur ce petit groupe plane le souvenir d’une mère (Elodie Bouchez, qui apparaît dans des flash-back filmés comme en super-8) disparue dans des circonstances plus ou moins horrifiques selon la personne qui les relate. C’est que la recherche du temps perdu n’offre aucune garantie d’exactitude. On comprend vite que si Gaspard s’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re) découvrir sur petit écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/01/2018
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Thriller, humour et création : notre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re) découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 07h13
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on tremble devant le thriller Counterpart, on rit devant le parcours acrobatique d’un humoriste de stand-up (Crashing) et on se pâme en écoutant David Simon, le créateur de The Wire, parler de son travail sur France Culture.
« Counterpart » : un vrai thriller d’espionnage

En attendant la septième saison de Homeland (le 13 février sur Canal+Séries), et en regrettant déjà que la saison six de The Americans (diffusée à partir du 28 mars aux Etats-Unis) soit la dernière, les férus d’espionnage ne manqueront pas Counterpart, qui vient de débuter sur OCS en US + 24.
Berlin, vers les années 1980-1990. Un insignifiant fonctionnaire au sein d’une immense organisation, ­Howard Silk, voit sa vie bouleversée. En effet, sa hiérarchie lui révèle le secret le mieux sécurisé qui soit : l’existence, depuis la guerre froide, d’un autre monde, parallèle au nôtre, dénommé « l’Autre côté » où chacun possède un double. Or un Howard Silk vient d’arriver depuis « l’Autre côté ». Agent secret, celui-ci est prêt à fournir de précieux renseignements aux autorités à la condition expresse de rencontrer son double, l’Howard Silk humble fonctionnaire…
J. K. Simmons, qui interprète magistralement les deux Howard Silk, a dû prendre un intense plaisir à composer ici, sans postiches ni grimage, ces deux personnages que tout oppose au départ. Non seulement il peut s’appuyer sur un scénario aussi déroutant qu’excitant, mais la série repose en grande partie sur ses épaules. Martine Delahaye
« Counterpart », saison 1, série créée par Justin Marks. Avec J. K. Simmons, Harry Lloyd, Nazanin Boniadi, Emily Burton (Etats-Unis, 2017, 10 × 52 minutes). Sur OCS GO.
« Crashing » : parcours tragi-comique d’un humoriste

Après l’irrésistible Louie (2010-2015), de Louis C.K. et I’m Dying Up Here (2017), de David Flebotte, voici Crashing (2017-2018), de Pete Holmes. Les trois ont pour cadre le milieu des humoristes de stand-up. Pete Holmes, qui a conçu cette série avec le concours de Judd Apatow (réalisateur de son pilote), joue son propre rôle, en lui donnant d’évidents et savoureux traits caricaturaux.
Ce grand gaillard un peu mou, tel qu’on le rencontre dans le premier épisode de la saison 1 – disponible, ainsi que les trois premiers de la saison 2, sur OCS GO à la demande – ennuie un peu tout le monde par sa gentillesse un peu niaise et son charisme tout relatif. Mais Pete, naïf, immature mais attachant, quitté par sa femme, finit par (re)trouver son chemin, en devenant chauffeur de salle dans l’une des plus importantes émissions matinales sur une grande chaîne de télévision.
Crashing – à ne pas confondre avec une autre série, britannique, du même nom mais sans rapport avec celle-ci – fait partie de ces récits qui, avec de petits riens, parviennent à faire un grand tout. Beaucoup d’humoristes connus aux Etats-Unis y jouent, de manière savoureuse, leur propre rôle. Renaud Machart
« Crashing », saison 2, série créée par Pete Holmes. Avec Pete Holmes, Lauren Lapkus, Artie Lange, T. J. Miller, Sarah Silverman, George Basil (Etats-Unis, 2017-2018, 16 × 30 minutes). OCS GO à la demande.
L’homme derrière « The Wire »

Dans son excellente émission « La Compagnie des auteurs », sur France Culture, Matthieu Garrigou-Lagrange a réuni plusieurs universitaires, du 22 au 25 janvier, autour d’un journaliste américain devenu écrivain et auteur de séries : David Simon. Avec, pour fil rouge de leurs échanges, la série que beaucoup, dont Time magazine ou Barack Obama, considèrent comme la meilleure jamais créée : Sur écoute (The Wire, 2002-2008).
Le titre The Wire renvoyant tant aux écoutes téléphoniques auxquelles la police de Baltimore (Maryland) procède pour démembrer un trafic de drogue qu’aux grillages invisibles mais bien réels qui séparent les quartiers de la ville ainsi que ceux qui y habitent.
L’émission permet entre autres de réentendre les commentaires de David Simon sur son travail, faits au micro de France Culture en 2012. Par exemple : « D’une certaine façon, ce que je fais est distinct du journalisme (…). Mais les objectifs que je me fixe sont les mêmes que lorsque j’étais journaliste : j’essaie d’expliquer les problématiques auxquelles je me sens confronté, j’essaie de décrire la dynamique de la société (…). Sur écoute est une critique du statu quo américain. » M. De.
« La Compagnie des auteurs », David Simon (4 x 60 minutes). En replay sur France Culture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Notre choix du soir. Le documentaire revisite les trois mois qui ont mis fin à la longue carrière politique de l’ancien premier ministre (sur BFM-TV à 22 h 40).
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TV – « Qui a tué François Fillon ? »

Notre choix du soir. Le documentaire revisite les trois mois qui ont mis fin à la longue carrière politique de l’ancien premier ministre (sur BFM-TV à 22 h 40).



Le Monde
 |    29.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h17
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur BFM-TV à 22 h 40



Méfiez-vous de vos amis. Mais aussi de vous-même. Ce documentaire plutôt bien construit revient en détail sur les trois mois décisifs qui ont mis fin à une carrière politique longue de quarante ans. Quatre journalistes de BFM-TV (Camille Langlade, Pauline Revenaz, Quentin Baulier et Alexandre Funel) ont enquêté sur la fin de parcours de François Fillon. Découpé en cinq chapitres (« La Déflagration », « François Fillon et ses démons » « Le Canard allume la mèche », « Petits meurtres entre amis » et « Le Fossoyeur »), le documentaire tente de savoir qui a eu la peau de celui à qui l’Elysée semblait promis.
Les interventions de nombreux témoins (responsables politiques, mais aussi journalistes et amis proches) alternent avec des scènes reconstituées et des images d’archives qui rappellent des événements aussi variés que les dernières interventions du candidat Fillon sur les plateaux télé ou le rassemblement au Trocadéro du 5 mars 2017, quelques jours après que l’intéressé a appris sa mise en examen.
Inimitiés féroces
Alors, qui a tué politiquement Fillon ? A force d’écouter les différents témoignages et de découvrir des inimitiés féroces, la réponse n’est pas évidente. Pour beaucoup, il s’est flingué lui-même en ne comprenant pas à quel point les révélations du Canard enchaîné sur les salaires perçus par son épouse à la Revue des Deux Mondes et à l’Assemblée, puis l’affaire des costumes, parue dans Le­Journal du dimanche, avaient eu de désastreuses retombées dans l’opinion. Pour d’autres, l’avocat franco-libanais Robert Bourgi, l’homme des costumes, est son fossoyeur. Mais les tueurs semblent beaucoup plus nombreux.

   


Entre janvier et mars 2017, François Fillon, personnage complexe qui avait bâti toute sa carrière politique sur des images d’austérité, d’intégrité et de moralité, a vu l’Elysée lui échapper. Ce documentaire, qui fait parler des personnalités aussi variées que Rachida Dati, Gérard Longuet, Michel Sapin, François Baroin, Bernard Accoyer, Thierry Solère, Eric Woerth, Patrick Stefanini ou Jean de Boishue, sans oublier deux des trois journalistes du Canard qui ont sorti l’affaire du « Penelopegate », constitue une bonne piqûre de rappel pour celles et ceux qui auraient oublié cette maxime : méfiez-vous de vos amis… et de vous-même.
Qui a tué François Fillon ? de Camille Langlade, Pauline Revenaz, Quentin Baulier et Alexandre Funel (Fr, 2018, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Deux jours avant sa sortie, le ministère de la culture russe a décidé d’empêcher la projection de la comédie franco-britannique « La Mort de Staline ».
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionne lundi le président de la radio publique, sur la sellette en raison de sa condamnation judiciaire pour favoritisme.
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Mathieu Gallet peut-il être renvoyé de Radio France ?

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionne lundi le président de la radio publique, sur la sellette en raison de sa condamnation judiciaire pour favoritisme.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 09h49
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Mathieu Gallet sera-t-il le premier président de l’audiovisuel public destitué avant la fin de son mandat ? Le président de Radio France est sur la sellette depuis sa condamnation en première instance à un an de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende. La justice, qui s’est prononcée le 15 janvier, lui reproche d’avoir favorisé deux sociétés de conseil en leur commandant des prestations sans respecter les règles des marchés publics lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Si M. Gallet a fait appel de la décision et a exclu de démissionner de la présidence de Radio France, son sort est désormais entre les mains du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui doit se prononcer sur son cas mercredi 31 janvier.
Mathieu Gallet peut-il être destitué ?
Le CSA l’a nommé à la tête de Radio France au début de 2014 pour un mandat de cinq ans, qui court donc théoriquement jusqu’en mai 2019. Mais la loi confère à l’instance le pouvoir de le révoquer : il suffit que la majorité de ses membres fasse ce choix et motive sa décision sur la base des critères de « compétence » et d’« expérience ».
Le Conseil a engagé une discussion dans ce sens le 17 janvier. Elle a prévu d’auditionner M. Gallet lundi 29 janvier et de rendre sa sentence le 31.
Reste à savoir si elle tiendra seulement compte de sa situation judiciaire (liée à son entreprise précédente, l’INA), ou également de son bilan à la tête de Radio France.
Le gouvernement a-t-il son mot à dire ?
Théoriquement, non. Le lien entre l’exécutif et les présidents de l’audiovisuel est officiellement coupé depuis la réforme Hollande de 2013 qui transféré le pouvoir de nomination du président de la République au CSA, pour renforcer l’indépendance des médias publics.
Publiquement, le gouvernement a toutefois invité le 16 janvier Mathieu Gallet et le CSA à « tirer les conséquences » de sa condamnation, par la voix de la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Hasard ou non : le lendemain, l’institution ouvrait sa procédure.
Qui pour le remplacer en cas de destitution ?
Une telle décision serait une première dans l’histoire de l’audiovisuel français. Mathieu Gallet serait alors temporairement remplacé par e doyen d’âge du conseil d’administration, Jean-Luc Vergne.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Mathieu Gallet, le retranché de Radio France



Il faudrait alors organiser une nouvelle procédure pour choisir le nouveau président de Radio France. Le gouvernement n’ayant pas encore eu le temps de faire voter sa réforme, cette procédure se passerait très probablement selon les modalités actuelles, définies au début du mandat de François Hollande : il échoirait au CSA de choisir le ou la nouvelle présidente de la radio publique.
Mise à jour, le 30 janvier : le CSA ayant indiqué à Télérama que la limite d’âge de 65 ans ne s’appliquait pas aux situations d’intérim, c’est bien à Jean-Luc Vergne, et non à Frédérique Pfrunder, que pourrait revenir la présidence de Radio France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Un musicien à tendance spectaculaire mais capable de maîtriser les effets.
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Mort du compositeur Renaud Gagneux

Un musicien à tendance spectaculaire mais capable de maîtriser les effets.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h46
    |

                            Pierre Gervasoni








                        


Musicien de traverses, Renaud Gagneux est mort le 24 janvier, à l’âge de 70 ans. Il entre en contact avec la musique par le canal radiophonique. Une série d’émissions consacrées à La Flûte enchantée, le dernier opéra de Mozart, fait office d’éveil musical pour l’enfant qui va débuter l’étude du piano, à cinq ans, avec l’assistante de deux immenses concertistes, Alfred Cortot et Yves Nat. Le premier enseigne à l’Ecole normale de musique, qu’il a fondée ; le second, au Conservatoire de Paris. Ces deux établissements se croiseront de façon curieuse dans la formation du jeune homme.
Renaud Gagneux, né le 15 mai 1947 à Paris, entre d’abord au Conservatoire en 1958 et y obtient l’année suivante une première médaille de solfège spécialisé, puis il intègre l’Ecole normale, en 1961, pour y travailler le piano jusqu’en 1963, successivement avec Alfred Cortot et Vlado Perlemuter. L’année 1967 est symptomatique de son écartèlement entre les deux institutions. Distingué par un premier prix d’harmonie au Conservatoire, il décroche dans le même temps une première mention de composition à l’Ecole normale où il est entré, en avril, pour étudier avec Henri Dutilleux. Cette approche de la composition sous la houlette d’un maître – semblable à celle effectuée en 1966, à Cologne, avec Karlheinz Stockhausen – n’aura duré que quelques mois.
Une cinquantaine d’œuvres
Elle sera plus longue au Conservatoire où, après avoir obtenu un second prix de contrepoint en 1968, Renaud Gagneux verra ses études de composition (avec Tony Aubin et André Jolivet) sanctionnées, en 1972, par un premier prix. Bien qu’il soit engagé, depuis 1970, dans la vie professionnelle, tant comme professeur de musique dans l’enseignement secondaire que comme « titulaire » du carillon de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, à Paris, Renaud Gagneux poursuit sa formation de compositeur, à partir de janvier 1972, dans la classe d’électro-acoustique dirigée par Pierre Schaeffer au Conservatoire. Sans incidence sur sa production.

Riche d’une cinquantaine d’œuvres, principalement écrites entre le début des années 1980 et la fin des années 1990, le catalogue de Renaud Gagneux ne comporte aucune création en studio. En dehors d’une expérience remarquée à l’opéra (Orphée, 1985) et de quelques solos instrumentaux, la plupart des œuvres mobilisent un effectif orchestral (avec, notamment, une demi-douzaine de concertos dont un, Triptyque, destiné, en 1993, au violoncelliste Mstislav Rostropovitch) ou chambriste.
« Sens de l’effet »
La première orientation est, entre autres, illustrée par une Messe (1980) bien dans la nature de ce musicien qui en vient à zigzaguer entre les expressions comme il l’a fait entre les institutions. Du Pie Jesu de Gabriel Fauré à la sonnerie du carillon de Genève, d’un choral de Bach aux percussions utilisées dans certaines cérémonies japonaises, nombreux sont les emprunts. Le résultat est pourtant personnel, à l’instar d’un Dies irae construit, à contre-courant de la tradition de l’effroi, sur un balancement onirique pour ne pas dire souriant.
Un compositeur instinctif et habile qui sut, le plus souvent, se garder d’un excès de facilité
Séduit par les qualités poétiques et dramatiques de son jeune élève, Henri Dutilleux avait noté, en 1961, que Renaud Gagneux possédait le « sens de l’effet », ajoutant entre parenthèses, « presque un peu trop ». Cette réserve définit parfaitement la marge de manœuvre d’un compositeur instinctif et habile qui sut, le plus souvent, se garder d’un excès de facilité ainsi qu’en témoignent, par exemple, ses trois quatuors à cordes (1986-87).
Vint ensuite une longue période de silence. Renaud Gagneux disait n’avoir plus foi en la musique et être en attente d’« un choc ». Celui-ci se produisit au Japon. De 2001 à 2017, il ne composa plus que des haïkus (formes très brèves) pour piano ou clavecin. Parallèlement, il se découvrit une passion pour la face cachée de sa ville natale, débouchant sur des publications telles qu’un Atlas du Paris souterrain (Ed. Parigramme).

Renaud Gagneux en quelques dates
15 mai 1947 : Naissance à Paris
1980 : « Messe »
1993 : « Triptyque » pour Mstislav Rostropovitch
2007 : Quatre haïkus de Bashö
24 janvier 2018 : Mort





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Catherine Hiegel revivifie « Le Jeu de l’amour et du hasard » au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à ­Paris, avec Vincent Dedienne et Laure Calamy.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Marivaux, plaisir à l’ancienne

Catherine Hiegel revivifie « Le Jeu de l’amour et du hasard » au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à ­Paris, avec Vincent Dedienne et Laure Calamy.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h24
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Il y a de la joie au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à ­Paris. De l’orchestre au deuxième balcon, les ­applaudissements et les bravos fusent quand, sur une pirouette aérienne de Vincent Dedienne, s’achève Le Jeu de l’amour et du hasard. Marivaux a gagné, et, avec lui, Catherine Hiegel, qui a mis en scène la pièce en laissant briller les acteurs, comme il se doit.
Le projet est parti de Vincent Dedienne. Catherine Hiegel l’admirait, elle l’a rencontré et lui a demandé s’il ne jouerait pas au théâtre. Cela tombait bien : le chroniqueur à la télévision, Molière de l’humour 2017 pour son seul-en-scène S’il se passe quelque chose, voulait revenir à ses premières amours. Il a choisi Le Jeu de l’amour et du hasard, et Catherine Hiegel a réuni autour de lui de très bons comédiens, connus eux aussi du grand ­public par la télévision : Laure ­Calamy et Nicolas Maury ont joué dans la série Dix pour cent, Clotilde Hesme dans Les Revenants.
Ainsi sont nés les deux couples de la pièce la plus célèbre de Marivaux : Clotilde Hesme et Nicolas Maury, dans les rôles des maîtres Silvia et Dorante ; Laure Calamy et Vincent Dedienne, dans les rôles des valets, Lisette et Arlequin. Il fallait un frère à Silvia, c’est Cyrille Thouvenin. Il lui fallait un père, c’est Alain Pralon, sociétaire ­honoraire de la Comédie-Française, comme Catherine Hiegel. Le tout donne une excellente affiche, ce qui constitue un bon début mais ne garantit pas la réussite. Surtout quand s’agit de Marivaux : la langue de cet orfèvre peut paraître, à ceux qui n’y sont point accoutumés, parfois loin de la nôtre. Le propos, lui, ­témoigne de l’esprit d’un temps, le XVIIIe siècle de Louis XV, où l’on peut encore croire que l’ordre va continuer à régner, et les classes sociales se maintenir.
Catherine Hiegel ne cherche pas à noircir Marivaux, comme beaucoup d’autres metteurs en scène
Marivaux ne cherche pas à jouer les trublions,...




                        

                        

