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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Des médias américains et allemands ont révélé l’existence de tests sur des singes et des humains, financés par les principales entreprises de l’industrie automobile allemande.
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Ce qu’il faut retenir du « monkeygate », nouveau scandale automobile allemand

Des médias américains et allemands ont révélé l’existence de tests sur des singes et des humains, financés par les principales entreprises de l’industrie automobile allemande.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 18h17
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h25
   





                        


L’essentiel
Des médias américains et allemands ont révélé qu’un organisme financé notamment par Volkswagen, Daimler et BMW, avait réalisé des tests sur des singes et des cobayes humains pour mesurer les effets des gaz émis par les véhicules à motorisation diesel.La direction de Volkswagen a décidé, mardi 30 janvier, de suspendre le lobbyiste en chef de l’entreprise, qui a reconnu son rôle dans l’organisation de ces tests.De nombreux responsables politiques allemands et européens ont fustigé une pratique « immonde », « absurde » et « choquante ». 
Les chiffres
Dix singes, vingt-cinq êtres humains
Le New York Times a révélé, le 25 janvier, que le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT), financé entre 2007 et 2017 par les constructeurs d’automobiles Volkswagen, Daimler et BMW, ainsi que par l’équipementier Bosch, avait enfermé des macaques dans une pièce pendant quatre heures et leur avait fait respirer les gaz d’échappement d’une Beetle, la successeure de la légendaire Coccinelle de Volkswagen. L’expérience a été menée en 2014. Deux ans avant, l’Organisation mondiale de la santé avait classé le diesel comme cancérogène.
Le scandale a pris une autre ampleur le 29 janvier quand la Süddeutsche Zeitung et la Stuttgarter Zeitung ont révélé que les expérimentations conduites par l’EUGT avaient aussi concerné des êtres humains, entre 2012 et 2015.
La citation
« Avec le recul, cette étude n’aurait jamais dû avoir lieu, qu’il s’agisse d’hommes ou de singes. Ce qui s’est passé n’aurait jamais dû arriver, je le regrette vraiment. »
C’est ce qu’a déclaré Thomas Steg, responsable des relations publiques et des relations avec les autorités de Volkswagen, dans le quotidien Bild, mardi. Dans ce même article, il reconnaît avoir été informé des essais menés par l’EUGT, mais assure avoir refusé qu’ils soient conduits sur des êtres humains.
Il a toutefois tenté de justifier la logique de ces tests en assurant que les adultes volontaires avaient été exposés à des « niveaux bien plus faibles que ceux constatés sur de nombreux lieux de travail » et qu’aucun d’entre eux « n’a eu de dommages ».
Il a été suspendu mardi, après les critiques du PDG de Volkswagen sur des tests « pas éthiques » et « repoussants ».
Un nouveau scandale pour Volkswagen
En septembre 2015, le numéro un mondial de l’automobile avait été contraint de reconnaître le trucage de millions de voitures, destiné à minorer les rejets d’oxyde d’azote (NO2) lors des tests d’homologation.
Le ministre des transports et de l’agriculture allemand, Christian Schmidt, a rapidement déclaré que « la confiance en l’industrie automobile [était] à nouveau écornée ». Stephan Weil, le ministre-président de Basse-Saxe, un Land actionnaire de Volkswagen, a jugé cette étude « aussi immonde qu’absurde ».
La commissaire européenne à l’industrie, Elzbieta Bienkowska, a également vivement réagi, écrivant sur Twitter que ces tests étaient « immoraux et inacceptables pour une entreprise européenne au XXIe siècle ».
Des scientifiques néerlandais ont toutefois révélé mardi qu’ils se livraient aux mêmes types de tests aux Pays-Bas et ce « depuis des années déjà ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Touchée par de graves pénuries, la métropole sud-africaine du Cap pourrait couper l’eau courante dès la mi-avril. Une raréfaction de l’eau qui touchera des centaines de villes en 2050, selon une étude du « Nature Sustainbility Journal ».
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Thomas Steg avait reconnu avoir autorisé l’étude menée sur les singes, qualifiée de « repoussante » par le PDG de Volkswagen.
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Tests sur des humains et des singes : un haut responsable de Volkswagen suspendu

Thomas Steg avait reconnu avoir autorisé l’étude menée sur les singes, qualifiée de « repoussante » par le PDG de Volkswagen.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 15h59
   





                        



   


C’est un nouveau scandale qui éclabousse Volkswagen. La direction du numéro un mondial de l’automobile a annoncé, mardi 30 janvier, qu’elle suspendait le lobbyiste en chef de l’entreprise pour le rôle qu’il a joué, de son propre aveu, dans l’organisation des tests d’émissions polluantes sur des singes.
« Thomas Steg […] est libéré de ses responsabilités jusqu’à ce que la lumière soit faite sur les événements », a annoncé Volkswagen dans un communiqué, assurant que « les investigations [internes] avançaient à grande vitesse » et qu’il s’agissait là « de premières conséquences ».
Volkswagen, BMW, Daimler et l’équipementier Bosch affrontent deux affaires distinctes mais révélées quasi simultanément, impliquant toutes deux un organisme de recherche qu’ils finançaient, l’EUGT, fermé depuis.

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                Diesel : Bruxelles et Berlin « choqués » par les expériences « injustifiables » de VW et consorts



Le premier scandale, dévoilé par le New York Times, porte sur des tests menés aux Etats-Unis sur des singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeure de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen. Les journaux Stuttgarter Zeitung et Süddeutsche Zeitung ont ensuite évoqué des tests, menés à Aix-la-Chapelle, dans l’ouest de l’Allemagne, sur des êtres humains.
« Je le regrette vraiment »
Dans le quotidien Bild, Thomas Steg, responsable des relations publiques et des relations avec les autorités du groupe allemand, avait admis avoir été informé des essais destinés à étudier les effets de la pollution des moteurs diesel Volkswagen, truqués à l’époque pour paraître moins polluants.
« Les chercheurs américains voulaient faire leurs tests sur des volontaires humains », a-t-il expliqué, « j’ai alors répondu que je ne pouvais autoriser cela » et il a été décidé « de mener l’étude sur des singes ».
« Avec le recul, cette étude n’aurait jamais dû avoir lieu, qu’il s’agisse d’hommes ou de singes. Ce qui s’est passé n’aurait jamais dû arriver, je le regrette vraiment », a déclaré M. Steg, qui fut également porte-parole du chancelier Gerhard Schröder.
Quant à l’étude scientifique menée par un institut hospitalier à Aix-la-Chapelle et pour laquelle 25 personnes en bonne santé ont inhalé en 2013 et 2014 du dioxyde d’azote (NO2), Thomas Steg a voulu en justifier la logique, en assurant que les volontaires avaient été exposés à des « niveaux bien plus faibles que ceux constatés sur de nombreux lieux de travail ». Aucune de ces personnes « n’a eu de dommages », a-t-il dit.

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« Choqués »
Plus tôt mardi, le patron du groupe, Matthias Müller, avait promis des « conséquences » internes après ces révélations. Lundi soir à Bruxelles, selon le magazine allemand Der Spiegel, M. Müller a déclaré que les tests sur les singes n’étaient « pas éthiques et étaient repoussants ».
La Commission européenne a aussi vivement réagi à ces révélations. « Nous sommes choqués par ces nouvelles comme n’importe qui d’autre », a dit le porte-parole de l’exécutif européen, interrogé par la presse. « Nous prenons note du fait que les autorités allemandes visent à enquêter sur ce sujet et nous espérons qu’elles le feront », a-t-il ajouté.
« Je pense que c’est aux autorités nationales de traiter le sujet » et ce type de sujet « requiert une action urgente des autorités nationales », a précisé le porte-parole de l’exécutif européen.
La commissaire européenne à l’industrie, Elzbieta Bienkowska, a estimé sur Twitter que ces tests étaient « immoraux et inacceptables pour une entreprise européenne au XXIe siècle ».
Courant aux Pays-Bas
Au Pays-Bas, en revanche, certains scientifiques ont évoqué une « tempête dans un verre d’eau ». S’exprimant dans les médias, ils ont révélé, mardi, que des tests pour mesurer l’impact de l’exposition aux gaz d’échappement sont effectués « depuis des années déjà » dans le pays sur des personnes et des animaux.
L’Institut national pour la santé publique et l’environnement (RIVM) « est impliqué dans des recherches où des volontaires en bonne santé mais aussi malades, des patients qui sont sous traitement auprès de cardiologues, ont été exposés aux émanations diluées d’un moteur diesel » durant deux heures maximum par jour, a précisé le chercheur Flemming Cassee à l’Agence France-Presse.
Il s’agit des émanations respirées chaque jour dans une ville animée ou près d’une autoroute, selon le spécialiste en toxicologie respiratoire et chercheur auprès du RIVM travaillant notamment sur mission du gouvernement néerlandais. « Nous faisons cela depuis des années et cela n’a rien d’extraordinaire », a-t-il souligné, affirmant que c’était le cas dans « divers pays ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie planche sur une généralisation du gaz renouvelable d’ici à 2050.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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L’essor du biogaz en France, une piste pour la transition énergétique

Une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie planche sur une généralisation du gaz renouvelable d’ici à 2050.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h02
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            
Et si les 11 millions de foyers qui consomment du gaz étaient alimentés par du gaz renouvelable produit dans l’Hexagone, plutôt que par du gaz fossile importé ? C’est la question à laquelle ont cherché à répondre les réseaux chargés de son transport et de sa distribution (GRDF et GRTgaz) et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), dans une étude rendue publique mardi 30 janvier.
L’objectif de ce document est de démontrer que le gaz, qui représente 21 % de la consommation énergétique en France, peut être un levier important dans la transition énergétique. Comment ? En s’appuyant sur l’émergence du gaz renouvelable, parfois appelé biogaz ou gaz vert, et d’imaginer l’impact sur l’économie et l’environnement qu’aurait sa généralisation. « Dans les scénarios de transition énergétique, on néglige souvent la chaleur et le gaz, qui occupent pourtant une place très importante », note Bruno Léchevin, le président l’Ademe.
Sujet relativement méconnu du grand public, le gaz vert ne représente aujourd’hui que 0,1 % de la consommation de gaz en France. Mais sa progression est rapide, et le réseau de distribution, GRDF, espère qu’il atteindra 30 % dès 2030.
Aujourd’hui, la quasi-totalité du gaz consommé dans l’Hexagone est importé de Russie, de Norvège ou encore d’Algérie
Le gaz renouvelable peut être obtenu de trois manières différentes. Aujourd’hui, on parle surtout de méthanisation : des micro-organismes dégradent des déchets agricoles, ou des déjections animales dans un méthaniseur, ce qui permet de produire du biogaz. Un autre processus nommé pyrogazéification utilise du bois ou des résidus de bois. Enfin, les surplus d’électricité produits par les éoliennes ou les panneaux solaires peuvent aussi servir à produire du gaz renouvelable à travers une opération élégamment appelée « Power to Gas ».
L’un de ses principaux avantages ? Il pourrait être intégralement produit en France. Aujourd’hui, la quasi-totalité du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le ministre de l’économie et des finances a évoqué une dizaine de milliers de dossiers déposés auprès des assureurs, contre 196 000 en 2016. La décrue devrait cependant durer plusieurs semaines.
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Crue de la Seine : les conséquences sont moindres qu’en 2016, selon Bruno Le Maire

Le ministre de l’économie et des finances a évoqué une dizaine de milliers de dossiers déposés auprès des assureurs, contre 196 000 en 2016. La décrue devrait cependant durer plusieurs semaines.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 11h49
   





                        


La crue de la Seine a causé moins de dégâts et a touché moins de personnes que lors des inondations de 2016, a déclaré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mardi 30 janvier, à l’issue d’un entretien avec des assureurs.
« La crue n’a pas de conséquences de la même ampleur que celle de 2016 sur le nombre de personnes touchées, le nombre de dossiers concernés, et sans doute sur les dégâts à terme et le montant des dégâts », a dit le ministre.

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                Crues : la Seine a lentement atteint son pic à Paris



M. Le Maire a évoqué une dizaine de milliers de dossiers déposés par des sinistrés auprès de leur assureur pour l’instant. Il y en avait eu 196 000 lors des crues de 2016. Le ministre a demandé aux assureurs de procéder aux indemnisations des sinistrés « le plus rapidement possible », en faisant preuve de « compréhension » sur les délais de déclaration et les preuves à apporter.
Il a également promis de prendre l’arrêté de catastrophe naturelle, conjointement avec le ministre de l’intérieur « dès que possible, dès que les demandes des communes [leur] seraient parvenues ». La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle permet aux victimes ayant un contrat d’assurance de dommages (multirisque habitation, entreprise, automobile…) d’être indemnisées pour les dommages matériels dus aux inondations.
Loin d’être terminé
Le président de la Fédération française de l’assurance (FFA), Bernard Spitz, a promis que les assureurs seraient « extrêmement bienveillants ». « Les assureurs sont évidemment prêts à accepter un allongement des délais » de déclaration, à savoir dix jours après la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle, a dit M. Spitz.
Sur l’ampleur des dégâts, « aujourd’hui on a quelque chose de beaucoup moins important qu’il y a un an », a-t-il confirmé. Cependant, tous les effets de la situation actuelle sont encore « loin d’avoir [été] soldé[s] », a-t-il reconnu.
La Seine a atteint à Paris lundi son pic de crue, nourrie par des pluies historiques. Si le fleuve a commencé sa lente décrue lundi en fin de journée, Vigicrues a dit craindre une légère remontée en fin de semaine en raison de nouvelles pluies prévues mercredi.
Dans tous les cas, la décrue s’annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore. En aval de la capitale, le pic de crue est attendu dans les jours à venir, et la progression de l’eau reste à suivre de près en Normandie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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L’art et la manière de titrer en « une »

Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 11h44
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du "Monde")








                        



                                


                            
La chronique du médiateur. Rédiger un bon titre à la « une » du Monde est un exercice difficile. Le cahier des charges du titreur, tel qu’il est résumé dans Le Livre de style du Monde de 2004, a de quoi impressionner le néophyte :
« Un titre informe en quelques mots sur le contenu et la nature d’un article. Il se concentre sur une seule information. Son rôle peut se comparer à celui d’une vitrine : il s’agit d’attirer l’œil, de retenir l’attention d’entrée de jeu par la qualité et la nouveauté de l’information. On peut énoncer quelques règles simples :
Un titre doit aller à l’essentiel sans déformer ;
Un titre doit être précis, le plus souvent possible concret ;
Un titre doit se caractériser par son dynamisme. Il privilégie les verbes à la voix active ;
Un titre ne peut contenir un élément de fait (ou une idée) qui ne figure pas dans l’article. »
Fort de ces directives, j’ai été interpellé par de nombreux lecteurs à la suite d’un titre du Monde (daté 16 janvier) jugé par plusieurs d’entre eux outrancier, voire tendancieux. Renvoyant à une interview que nous avait accordée Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il était ainsi rédigé, sur quatre colonnes au-dessus de la pliure de la « une » : « Nucléaire : l’ASN juge le projet de Bure dangereux ».
A l’intérieur du journal, en page 6, le titre, rédigé par la chefferie du service Planète, était : « Stockage radioactif de Bure : “Une copie à revoir” ». L’expression était une citation extraite de l’entretien que M. Chevet avait accordé à Pierre Le Hir, journaliste au service Planète.
Les « réserves » de Pierre-Franck Chevet
Un courriel de Clément Lemaignan (Voreppe, Isère), ancien directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), résume assez bien l’état d’esprit des lecteurs qui m’ont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Après le dieselgate, la nouvelle affaire des tests pourrait annoncer le crépuscule de cette technologie.
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Les constructeurs automobiles allemands accumulent les scandales

Après le dieselgate, la nouvelle affaire des tests pourrait annoncer le crépuscule de cette technologie.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h38
    |

                            Cécile Boutelet (Stuttgart, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Lundi soir, à Ludwigsburg, dans la banlieue de Stuttgart, Volkmar Denner est sur la défensive. Le patron de Bosch, le plus gros sous-traitant automobile du monde, était venu parler des bons chiffres de son groupe et des avancées de sa stratégie numérique. Au lieu de cela, il est criblé de questions sur l’avenir de la technologie emblématique du groupe, le diesel. Difficile d’y échapper, tant le scandale des tests de gaz d’échappement des moteurs diesel sur des singes et des humains ébranle le pays. La colère gronde jusque dans les rangs du gouvernement : son porte-parole a condamné fermement, lundi, la pratique et le sens de ces tests.
« L’industrie automobile fait face à une crise de confiance, il faut que nous nous efforcions de la reconquérir », dit M. Denner, tout en critiquant les tests. Il précise que son groupe est sorti dès 2013 du désormais fameux groupe européen de recherche pour l’environnement et la santé dans le secteur des transports, centre de recherche fondé en 2007 à des fins de lobbyisme avec BMW, Daimler et Volkswagen, à l’origine des tests controversés. Bosch n’a apparemment pas eu vent des essais sur les animaux, réalisés après son départ. Malgré la gravité du cas, Volkmar Denner refuse de croire que le diesel ait épuisé sa crédibilité. « Nous devons revenir aux faits et arrêter de mettre de l’émotion dans ce débat. Nos moteurs diesel respectent les normes imposées par l’Union européenne pour 2020 », assène-t-il.

Mais peut-on se fier à une industrie qui multiplie les scandales depuis deux ans ? A une technologie qui, malgré les progrès annoncés en matière de dépollution sur les moteurs les plus récents, accumule un si lourd bilan ? Cette affaire pourrait bien annoncer le crépuscule du disesel, déjà frappé de désamour en Allemagne et dans d’autres pays européens comme la France. Outre-Rhin, le pourcentage de véhicules diesel est en chute libre : il représentait 38,8 % des nouvelles immatriculations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, juge le contexte « moins préoccupant » que ces dernières années mais appelle à la « vigilance ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Sûreté nucléaire en France : « Des signes positifs »

Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, juge le contexte « moins préoccupant » que ces dernières années mais appelle à la « vigilance ».



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h51
    |

            Pierre Le Hir








                        


On avait pris l’habitude, ces dernières années, d’entendre le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, faire état d’un « contexte préoccupant », voire « particulièrement préoccupant ». Il mettait en avant les « enjeux sans précédent » liés à l’éventuelle prolongation de l’exploitation des réacteurs au-delà de quarante ans, ainsi qu’aux travaux post-Fukushima, destinés à mieux armer les centrales françaises contre les catastrophes naturelles.
Le changement de ton n’en est que plus notable. Lundi 29 janvier, à l’occasion de ses vœux à la presse, le patron de l’autorité de contrôle a jugé la situation « moins préoccupante », avec des « signes positifs » montrant « une amélioration ». A ses yeux, plusieurs problèmes majeurs sont, en effet, « derrière nous ».
Excès de carbone
C’est le cas du doute suscité, sur la fiabilité de composants cruciaux, par la découverte d’un excès de carbone dans l’acier de certaines pièces, à commencer par la cuve de l’EPR qu’EDF prévoit de mettre en service fin 2018 ou début 2019 à Flamanville (Manche). Après une longue instruction, l’ASN a finalement donné son feu vert à la construction de cette cuve, sous réserve que son couvercle soit changé au plus tard en 2024. C’est aussi en raison d’une trop forte teneur en carbone dans certains générateurs de vapeur qu’une douzaine de réacteurs avaient été mis à l’arrêt l’hiver dernier. « Cette anomalie est dans son ensemble traitée au plan français », assure aujourd’hui M. Chevet, même si elle est susceptible d’affecter d’autres pays auxquels ont été livrés des composants mal forgés.
C’est aussi le cas des « irrégularités » et des « potentielles falsifications » mises au jour, en 2015 et en 2016, dans le suivi de fabrication de pièces sorties de l’usine de Creusot-Forge (Saône-et-Loire) de Framatome (anciennement Areva). La « revue de fabrication » demandée par l’ASN exige de passer au crible « plus de deux millions de pages » de dossiers techniques. Ce travail a déjà été accompli pour moitié environ et doit être achevé fin 2018. Selon M. Chevet, il « est correctement mené par le site du Creusot, sous la surveillance de Framatome et d’EDF, avec un contrôle final de l’ASN ». Le 25 janvier, celle-ci a du reste autorisé la reprise des fabrications à l’usine de Creusot-Forge.
Restructuration de la filière nucléaire
Autre facteur d’éclaircie, l’achèvement de la restructuration industrielle de la filière nucléaire française. EDF a été recapitalisé à hauteur de quatre milliards d’euros et l’ex-géant Areva, renfloué à hauteur de cinq milliards d’euros, a été scindé en deux entités : Areva NP (qui est devenu une filiale d’EDF et qui a repris son ancien nom de Framatome début janvier), pour la conception des réacteurs et la fourniture de matériel, et New Areva (rebaptisé depuis peu Orano) pour les mines d’uranium et le cycle du combustible. Cette réorganisation est « une étape importante pour les industriels mais aussi pour la sûreté », estime M. Chevet, qui sera toutefois « attentif » à la bonne utilisation de ces nouvelles capacités financières et techniques.

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Si le gendarme de l’atome se félicite d’un horizon plus dégagé, il n’en appelle pas moins les industriels, mobilisés par des chantiers lourds, à « garder une vigilance sur la sûreté d’exploitation au quotidien », en s’interdisant tout écart par rapport à la conduite normale de leurs installations. Est notamment visé EDF, qui « rencontre des problèmes réguliers sur la conformité des matériels ».
Des échéances importantes
D’autant que des échéances importantes se rapprochent. D’abord, le démarrage de l’EPR de Flamanville, dont l’ASN juge que « le calendrier est tendu ». Plusieurs autorisations sont, en effet, encore requises, lors de l’arrivée du combustible nucléaire sur le site normand, puis lors de son chargement dans le réacteur. Ce qui nécessitera « quelques mois d’instruction une fois que l’ensemble des dossiers sera parvenu ».
Ensuite, l’avis général de l’autorité de contrôle, attendu en 2020 et assorti de prescriptions en 2021, sur la possibilité ou non de prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de quarante ans, comme le souhaite EDF. L’ASN devrait aussi se prononcer, en 2019, sur le dossier industriel du projet de stockage géologique des déchets à haute activité et à vie longue dans le sous-sol de Bure (Meuse).

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En toile de fond se profilent les décisions que doit prendre le gouvernement sur le redimensionnement du parc nucléaire hexagonal, dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit être arrêtée en fin d’année. Se cantonnant dans son rôle de garant de la sûreté, M. Chevet rappelle simplement que, du fait de l’homogénéité des 58 réacteurs français, la découverte d’une anomalie sur l’un d’entre eux pourrait conduire à en arrêter « une dizaine ».
Il faut donc, poursuit-il, « que le système électrique ait des marges pour pouvoir faire face à une telle éventualité ». Une façon de rappeler que, quels que soient les arbitrages qui seront faits, entre nucléaire et renouvelables, pour composer le futur mix électrique français, les choix ne peuvent plus être indéfiniment repoussés.



                            


                        

                        


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Le Conseil d’Etat annule l’interdiction de la reproduction des dauphins en captivité

Un arrêté datant de mai 2017 a été annulé du fait d’une « procédure irrégulière », après un recours des parcs français.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 19h02
    |

            Audrey Garric








                        



   


Les exploitants de parcs aquatiques viennent de remporter une bataille juridique. Le Conseil d’Etat a annulé, lundi 29 janvier, pour « vice de procédure », l’arrêté interministériel sur les delphinariums, qui leur imposait des normes plus strictes afin de « garantir le bien-être » des cétacés. Il prévoyait notamment l’interdiction de la reproduction des dauphins et des orques en captivité. Les trois établissements hexagonaux, le Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), le Parc Astérix (Oise) et Planète sauvage (Loire-Atlantique), avaient déposé un recours contre le texte, qui signait à terme la fin de leur activité.
La plus haute juridiction administrative a également condamné l’Etat à verser 3 500 euros à Marineland et 1 750 euros aux deux autres parcs. Elle a donc suivi les conclusions rendues à la mi-janvier par son rapporteur public, qui s’était prononcé sur la forme du texte et non sur le fond.
Une « procédure irrégulière »
Dans sa décision, le Conseil d’Etat a conclu que l’arrêté pris le 3 mai 2017 par la ministre de l’environnement d’alors, Ségolène Royal, l’a été « au terme d’une procédure irrégulière ». Il avait été soumis, comme l’impose la loi, à l’avis de deux organismes – le Conseil national de protection de la nature et le Conseil supérieur de prévention des risques technologiques –, ainsi qu’à une consultation publique. Mais les juges ont estimé que ce texte avait subi par la suite des modifications « dénaturant le projet » qui auraient dû conduire à une nouvelle consultation du public et à une nouvelle question posée aux instances interrogées.
L’arrêté, qui abrogeait une législation datant de 1981, avait fait l’objet de vingt mois de discussions entre le gouvernement, les delphinariums et les ONG lorsqu’il avait été soumis à consultation en février 2017. Il prévoyait la fin de la reproduction des orques – au nombre de quatre dans le Marineland d’Antibes –, mais pas celle de la trentaine de grands dauphins, l’attraction phare des établissements aquatiques. Seul était mentionné « un contrôle étroit de leur reproduction ».
Or, au tout dernier moment, Ségolène Royal avait glissé dans le texte un changement majeur : l’interdiction de la captivité de dauphins et d’orques « à l’exception de ceux actuellement détenus sur le territoire ». Derrière cette formulation alambiquée se dessinait l’interdiction de la reproduction de ces cétacés, de même que la possibilité d’échanger avec d’autres bassins au niveau européen, conduisant « à terme, selon le Conseil d’Etat, à l’extinction de leur présence au sein de ces établissements ». « Cette modification porte sur une disposition essentielle eu égard à l’importance des grands dauphins dans la fréquentation de ces établissements et, par suite, dans leur contribution à leur équilibre économique », écrivent les juges, qui estiment que « la pérennité de ces établissements est menacée ».
« Activité archaïque »
« Les parcs ne sortiront pas grandis de s’être accrochés à une activité archaïque. Pour le public, il était acquis que la reproduction des cétacés avait pris fin. Les delphinariums veulent juste continuer à faire de l’argent au détriment du bien-être des animaux », se désole Christine Grandjean, la présidente de C’est assez !, une ONG spécialisée dans la lutte pour la fin de la captivité des cétacés. Les associations, à l’origine d’une nouvelle pétition, ont demandé à être reçues par le ministère de la transition écologique, pour qu’« il prenne le même arrêté, en le faisant valider correctement ». Le ministère, qui « prend acte de la décision », précise « réfléchir aux démarches à entreprendre ».
« Nous ne pouvons qu’être satisfaits de l’annulation de ce texte, qui nous est toujours apparu totalement illégal et absurde, se réjouit de son côté Me Emmanuel Piwnica, avocat du Marineland. L’avantage, c’est que l’arrêté est annulé dans sa totalité, y compris les dispositions qui demandaient des travaux sur de longues années alors qu’à la fin les parcs n’auraient plus rien valu d’un point de vue économique. »
Agrandissement des bassins
Dans ses trente-trois articles, l’arrêté prévoyait de nombreuses autres mesures afin de moderniser des établissements de plus en plus soumis aux critiques. Les parcs devaient, dans un délai de trois ans, augmenter la taille des bassins et ajouter des « enrichissements » (courants, vagues, cascades, etc.) pour éviter « l’ennui et la frustration des animaux », des travaux qui n’avaient pas débuté. La nouvelle réglementation interdisait également les présentations nocturnes, les effets sonores et lumineux et les contacts directs entre le public et les cétacés – que les parcs vont pouvoir réintégrer à leurs spectacles. Enfin, elle bannissait l’usage du chlore pour traiter l’eau. Mais cette disposition avait été suspendue en août 2017 par le Conseil d’Etat, qui avait jugé sa date d’entrée en vigueur trop courte.

        Lire le reportage :
         

          La fronde des delphinariums, menacés de disparition



« On va maintenant voir comment réécrire l’arrêté de 1981 avec les associations et les pouvoirs publics sur des bases scientifiques et non des croyances », assure Pascal Picot, le directeur général de Marineland. Le sort des dauphins est donc entre les mains du gouvernement.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 29/01/2018
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Diesel : Bruxelles et Berlin « choqués » par les expériences « injustifiables » de VW et consorts

Un organisme de recherche financé par Volkswagen, Daimler et BMW a réalisé des tests sur des hommes et des singes pour démonter l’innocuité des gaz d’échappement.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h45
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Les constructeurs automobiles allemands semblent n’avoir reculé devant aucune expérimentation pour tenter de démontrer l’innocuité du diesel. Le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT), organisme financé entre 2007 et 2017 par Volkswagen, Daimler et BMW, ainsi que par l’équipementier Bosch, a réalisé des tests sur des singes et des cobayes humains pour mesurer les effets des oxydes d’azote (NOx) et notamment du dioxyde d’azote (NO2), un gaz très toxique émis par les véhicules à motorisation diesel.
« Nous sommes choqués par ces nouvelles comme n’importe qui d’autre, a réagi la Commission européenne, mardi 30 janvier, via son porte-parole. C’est aux autorités nationales de traiter le sujet et ce type de sujet requiert une action urgente ». 
Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, avait qualifié la veille ces expériences d’« injustifiables d’un point de vue éthique » et réclamé des comptes aux constructeurs. « La confiance en l’industrie automobile est à nouveau écornée », a estimé le ministre des transports et de l’agriculture allemand, Christian Schmidt, précisant que les groupes concernés seraient convoqués devant la commission d’enquête du Bundestag mise en place après le scandale du « dieselgate ». En septembre 2015, Volkswagen avait été contraint de reconnaître le trucage de 11 millions de ses véhicules pour minorer les rejets de NOx lors des tests d’homologation.
« Monkeygate »
« Ecœurée », la ministre de l’environnement, Barbara Hendricks, devait participer, mardi 30 janvier – avec ses homologues français et italien –, à un sommet exceptionnel organisé à Bruxelles par la Commission européenne pour les Etats menacés de poursuites judiciaires pour des dépassements répétés des limites d’exposition au NO2. « Les dessous de ce scandale doivent être rapidement mis au jour », a-t-elle exhorté.
Cette nouvelle affaire, que d’aucuns ont déjà baptisé le « monkeygate », a été révélée en deux temps par la presse. Le 25 janvier, sur la base de documents issus d’une action de groupe visant Volkswagen aux Etats-Unis, le New York Times a expliqué que l’EUGT avait réalisé une étude sur des singes dans le but de « prouver que les véhicules diesel de technologie récente sont plus propres que les vieux modèles ». Le protocole ? Dix macaques, enfermés dans une pièce pendant quatre heures, devaient respirer les gaz d’échappement d’une Beetle, la successeure de la légendaire Coccinelle. Pour tuer l’ennui, ils étaient installés devant des dessins animés. L’expérimentation a été menée dans un laboratoire d’Albuquerque (Nouveau-Mexique) en 2014.
Deux ans plus tôt, l’Organisation mondiale de la santé avait classé le diesel comme cancérogène. L’étude de l’EUGT n’a débouché sur aucune publication et le scientifique chargé de l’expérience a déclaré sous serment ignorer si la Beetle était équipée du fameux logiciel truqueur. Les pièces de la procédure montrent en revanche que Volkswagen a eu un « rôle leadeur », puisque des ingénieurs de la firme ont supervisé l’installation du véhicule sur un tapis roulant.
Méthode « aussi immonde qu’absurde »
Stephan Weil, le ministre-président de Basse-Saxe, un Land actionnaire de Volkswagen, a jugée cette étude « aussi immonde qu’absurde ». Volkswagen a présenté ses excuses et pris ses « distances avec toute forme de maltraitance animale ». « Nous sommes convaincus que la méthode scientifique choisie à cette époque était erronée, a déclaré le groupe de Wolfsburg. Il aurait été préférable de renoncer à une telle étude dès le début. »
Le patron du groupe, Matthias Müller, a dit lundi soir à Bruxelles, selon le magazine allemand Der Spiegel, que ces tests n’étaient « pas éthiques et étaient repoussants » et a promis des « conséquences » en interne. 
Dans le quotidien Bild, Thomas Steg, responsable du groupe allemand pour les relations publiques et avec les autorités, a admis avoir été informé des essais destinés à étudier les effets de la pollution des moteurs diesel Volkswagen. Il a cependant insisté sur le fait qu’il avait refusé que ces tests soient réalisés sur des humains.
Le scandale a pourtant monté d’un cran, lundi 29 janvier, quand la Süddeutsche Zeitung et la Stuttgarter Zeitung – le quotidien de Stuttgart où Daimler a son siège – ont révélé que les expérimentations conduites par l’EUGT concernaient aussi des humains.
Entre 2012 et 2015, vingt-cinq jeunes adultes en bonne santé ont joué les cobayes. Cette fois, l’expérimentation ne se déroulait pas à Albuquerque mais à l’hôpital universitaire d’Aix-la-Chapelle. Une fois par semaine, ces personnes étaient exposées pendant trois heures dans une pièce de 40 m2 à des concentrations de NO2 pouvant atteindre jusqu’à trois fois la valeur limite d’exposition professionnelle (950 microgrammes par mètre cube). A chaque séance, ils devaient de surcroît passer un moment à pédaler sur un vélo d’appartement. Publiée en 2016, l’étude a conclu à l’absence d’« effets inflammatoires sur les voies respiratoires » des cobayes.
Le groupe Daimler s’est dit « consterné » par « la mise en place et l’ampleur de ces tests » et a « condamné fermement » cette étude. La firme de Stuttgart, qui produit les Mercedes, assure n’avoir aucun lien avec ces recherches, mais explique qu’elle va tout de même diligenter une enquête. De son côté, BMW a démenti y avoir participé.

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« Tromperie aggravée »
Pour l’EUGT, qui a cessé ses activités en 2017, emporté par le « dieselgate », les tests pratiqués à Aix-la-Chapelle n’ont « rien à voir avec le scandale du diesel » ni avec ceux menés sur les singes. Leur but était d’évaluer les effets de l’exposition au NO2 sur le lieu de travail, « pour les conducteurs de poids lourds, les mécaniciens ou les soudeurs », afin de recommander une éventuelle baisse des seuils réglementaires, soutient l’institut dont le directeur, le toxicologue munichois Helmut Greim, a été au centre de plusieurs conflits d’intérêts et a notamment fait partie d’un groupe d’experts de Monsanto sur le glyphosate.
En France, ces nouveaux éléments devraient intéresser les juges du pôle santé du tribunal de grande instance de Paris, chargés de l’information judiciaire pour « tromperie aggravée » qui vise Volkswagen. Entendu comme témoin assisté en mars 2017, le groupe allemand « conteste que les véhicules [qu’il] a commercialisés aient pu, par leur utilisation, présenter un quelconque danger pour la santé de l’homme ou de l’animal, ainsi qu’il est prétendu dans la convocation qui nous a été adressée », selon le procès-verbal d’audition que Le Monde a pu consulter.
Une étude publiée en mai 2017 dans la revue Nature évaluait à 38 000 le nombre de morts prématurées causées sur la planète, en 2015, par les excès d’oxydes d’azote du « dieselgate ».



                            


                        

                        


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La listériose cause des dizaines de morts en Afrique du Sud

Les autorités sanitaires n’ont pas identifié l’origine de cette épidémie, la plus grave jamais enregistrée de cette maladie bactérienne.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 11h18
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



   


Déjà 820 cas depuis janvier 2017, 82 morts au total : une épidémie de listériose fait des ravages en Afrique du Sud. Et d’après le bilan rendu public vendredi 25 janvier par les autorités sanitaires du pays, la contagion – la plus importante jamais enregistrée à l’échelle mondiale – ne montre aucun signe d’essoufflement. La source de la contamination n’a toujours pas été formellement identifiée.
Depuis que l’épidémie a été officiellement déclarée, le 5 décembre 2017, le nombre de décès a doublé. A mesure que les informations sur les patients concernés vont remonter, le bilan pourrait encore s’alourdir. Dans son dernier rapport sur la situation, l’Institut sud-africain de santé publique précise que les données finales sont disponibles pour seulement 29 % des cas (soit 238 sur 820), dont 34 % d’entre eux, soit 82 patients, sont décédés.

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La listériose se transmet le plus souvent par l’intermédiaire d’aliments contaminés par la bactérie Listeria monocytogenes. Celle-ci peut se retrouver dans les sols, l’eau, la végétation et certaines selles animales. Principalement présente dans les produits laitiers non pasteurisés et dans certains aliments prêts à consommer, elle est capable de se développer même réfrigérée.
Septicémies
Dans la plupart des cas, la maladie provoque des symptômes s’apparentant à ceux de la grippe (fièvre, vomissements) et peut se traiter avec des antibiotiques. Mais pour les sujets à risque, comme les nouveau-nés, les femmes enceintes, les personnes âgées, et les patients dont le système immunitaire est affaibli des suites d’un cancer ou du sida par exemple, elle peut être fatale.
« La listériose se caractérise par un taux de mortalité relativement haut, entre 20 % et 25 %, en comparaison aux autres pathogènes d’origine alimentaire comme la salmonelle. Dans la forme la plus agressive de la maladie, la bactérie se propage au-delà de l’intestin et infecte d’autres parties du corps », affirme le docteur Lucia Anelich, une spécialiste en microbiologie et en sécurité alimentaire basée à Pretoria. Les complications peuvent engendrer des méningites et des septicémies. Les femmes enceintes, qui ont vingt fois plus de risques d’être infectées, peuvent en outre transmettre la maladie à leur enfant, ce qui peut engendrer des bébés mort-nés ou des septicémies à l’accouchement.

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé le 12 janvier que cette épidémie est la plus importante jamais recensée. « Des éclosions de listériose se produisent dans le monde entier. Mais parmi celles qui sont documentées, les chiffres sont généralement plus bas, bien plus bas que l’épidémie actuelle que connaît notre pays », estime le docteur Anelich. Le dernier épisode significatif remonte à 2011, aux Etats-Unis. La bactérie avait contaminé des cantaloups – une variété de melons – d’une ferme du Colorado, causant 33 morts.
Cette fois, c’est la province du Gauteng, qui englobe les métropoles de Johannesburg et Pretoria, le cœur économique et politique de l’Afrique du Sud, qui est la plus touchée. Toutes les catégories socio-économiques sont concernées, cependant plus de 40 % des cas sont des nourrissons.
Quel aliment responsable ?
Jusqu’à présent, les autorités sanitaires n’ont pas pu mettre la main sur l’aliment responsable. Le délai d’incubation peut prendre huit semaines, ce qui complique la recherche car les patients se souviennent plus difficilement de ce qu’ils ont mangé. « Plus de 85 % des listerias retrouvées chez les patients concernés viennent de la même souche (la ST6), détaille l’Institut de santé publique. Cela conforte l’hypothèse actuelle selon laquelle une seule source de contamination alimentaire est à l’origine de l’épidémie. Il doit s’agir d’un produit alimentaire largement consommé dans tout le pays, ou de plusieurs produits différents issus d’un même site de production. »

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Les inspections se concentrent sur les aliments prêts à manger, comme les saucisses, les viandes froides prédécoupées, le poulet fumé, les pâtés, qui ne sont pas réchauffés avant consommation. Des produits populaires en Afrique du Sud, et consommés par toutes les couches sociales.



                            


                        

                        


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édition abonné


Bruxelles somme la France et huit autres Etats de présenter des mesures pour améliorer la qualité de l’air

La Commission européenne a donné un délai de dix jours aux pays concernés pour se mettre en conformité avec la directive de 2008 et « éviter un recours » devant la justice européenne.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 16h27
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

La Commission européenne le jure : cette fois, c’est le dernier avertissement. Le commissaire à l’environnement, Karmenu Vella, a convoqué les Etats cancres de la lutte contre la pollution de l’air lors d’un sommet organisé mardi 30 janvier à Bruxelles. Une première.
Neuf pays sont sous le coup de procédures d’infraction pour non-respect des normes de qualité de l’air : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et la Slovaquie. Et s’ils ne profitent pas de cette réunion de la dernière chance pour présenter des plans d’actions efficaces et immédiats, la Commission menace de les renvoyer devant la Cour de justice de l’Union européenne (UE). A l’issue de la réunion, la Commission a donné dix jours aux pays concernés pour présenter des mesures pour « éviter un recours devant la Cour ». 
« Nous sommes à la fin d’une longue – trop longue, diront certains – période d’offre d’aide, de conseils et d’avertissements », reconnaît Karmenu Vella. Le commissaire maltais a écrit à chacun des Etats pour leur demander quand ils comptaient enfin se mettre en conformité avec la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air. Dix ans que les mauvais élèves de l’UE font l’objet de rappels à l’ordre réguliers pour des dépassements répétés des valeurs limites d’exposition aux particules fines PM10 (inférieures à 10 micromètres) et au dioxyde d’azote (NO2). Ils valent aujourd’hui à la France d’être visée par deux procédures dites « précontentieuses ».
La première mise en demeure adressée au gouvernement français par la Commission remonte à 2009. D’autres ont suivi en 2010, 2011, 2013 et 2015. L’ultime avertissement – qui concernait également l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne – date du 15 février 2017. Il s’agissait déjà du « dernier avertissement ».
A chaque fois, Bruxelles martèle les mêmes griefs : « La Commission...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ En France, la consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.
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Peut-on ressentir ce qu’est 1 kWh ?

En France, la consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h55
    |

                            Roland Lehoucq (Astrophysicien, Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives)








                        



                                


                            
Carte blanche. Pour l’usager, le kilowatt-heure (kWh) est l’unité qu’utilisent les fournisseurs d’électricité afin de comptabiliser et de facturer sa consommation. Au-delà d’un nombre au bas d’une page et d’une somme à payer, est-il possible de montrer, de « ressentir » ce que représente 1 kWh ? Pour les unités habituelles, c’est assez facile : 1 mètre correspond à la longueur d’un grand pas ou à la hauteur de votre nombril, 1 kilogramme est la masse d’une bouteille d’eau de 1 litre ou d’un paquet de farine, 1 seconde est la période de notre cycle cardiaque ou la durée pour prononcer « une seconde ».
En butinant récemment sur le Web, je suis tombé sur une vidéo de 2016 et produite à l’initiative d’une enseignante en classe de primaire de la région de Gap. L’idée était précisément de faire sentir aux élèves ce que représente une quantité d’énergie égale à 1 kWh. Pour cela, une dynamo actionnée par la rotation de la roue arrière d’un vélo transforme l’énergie musculaire de l’enfant en électricité. L’énergie produite par les jeunes cyclistes est comptabilisée par un compteur électrique.
Les élèves pédalèrent à tour de rôle, espérant que leurs efforts finissent par produire 1 kWh. Peine perdue… 1 kWh est l’énergie produite par une machine produisant une puissance de 1 000 watts pendant une heure.Ces jeunes enfants n’ont sans doute pas pédalé collectivement plus d’une heure. Et n’ont ­jamais produit individuellement plus de 100 watts. Grâce à cette expérience, les ­enfants ont compris que 1 kWh était une grande quantité d’énergie, qu’il est bienvenu que des machines produisent à notre place.
Les vélos d’appartement en libre-service dans les gares ou les aéroports qui permettent de recharger son téléphone pourraient donner l’impression contraire. C’est que le contenu énergétique d’une batterie de téléphone portable n’est que de 0,01 kWh, énergie que l’on peut produire en vingt minutes en pédalant sans trop d’effort. Mais faire fonctionner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La décrue s’annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore, et pour les autorités des questions sur l’urbanisme francilien.
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Crues : la Seine a lentement atteint son pic à Paris

La décrue s’annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore, et pour les autorités des questions sur l’urbanisme francilien.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h04
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h55
   





                        



   


La Seine a atteint à Paris son pic de crue lundi 29 janvier, culminant à 5,84 m, soit moins qu’en juin 2016 (6,10 m), selon l’organisme de surveillance Vigicrues. Ce niveau le plus élevé, mesuré à la station de référence du pont d’Austerlitz à Paris, est resté inchangé de dimanche 23 h 21 à lundi 3 h 51.

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                Le pic de crue de la Seine, attendu dans la nuit de dimanche, devrait être moins élevé qu’attendu



« C’est une crue très lente, donc on ne peut pas parler de pic. On préfère dire que le plateau a atteint son maximum. Il va perdurer toute la journée de lundi avant d’amorcer une descente mardi », a détaillé à l’Agence France-Presse une porte-parole de l’organisme de surveillance Vigicrues, Rachel Puechberty.
Le pire est donc évité cette fois-ci, à savoir le scénario catastrophe d’une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m. Mais les interrogations demeurent sur les dégâts potentiels pour la région parisienne.
« Il faudra un retour d’expérience », a déclaré lors d’une conférence de presse le préfet de Paris Michel Delpuech, qui veut voir « quand et comment les autorisations d’urbanisme ont été données ». « On sait que ces phénomènes vont se reproduire » et « il faut vraiment que, dans une logique de prévention, on évite ce type d’aménagement du territoire », a-t-il souligné.
Une attention particulière portée sur le secteur d’Elbeuf
Dimanche, les péniches restaient immobiles le long des quais parisiens, pour beaucoup submergés, les lampadaires baignant dans une eau marronnasse près de laquelle s’aventuraient quelques pêcheurs. Côté transports, sept gares parisiennes du RER C, en bordure de Seine, resteront fermées au moins jusqu’au 5 février.

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                Crues : le RER C dans Paris restera fermé jusqu’au 5 février au minimum



En amont de Paris, le niveau de la Marne était encore en légère hausse dimanche après-midi, a souligné Vigicrues. L’onde de crue issue de l’Yonne poursuit sa progression sur la Seine et a dépassé la confluence avec le Loing, près de Fontainebleau.
En aval de Paris, sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra jusqu’en début de semaine, prévoit Vigicrues, à des niveaux supérieurs à ceux de 2016 en raison de l’apport supplémentaire de l’Oise. Une attention particulière sera portée sur le secteur d’Elbeuf, près de Rouen, avec les marées hautes prévues lundi.
Sur l’île de Migneaux à Poissy (Yvelines), « tout le monde circule en barque », témoignait Serge Matikhine, le président du syndicat des propriétaires de l’île. « L’humeur est encore bonne, on a une certaine habitude : en vingt ans, on en est à notre huitième ou neuvième crue ». De l’autre côté de la Seine, à Carrières-sous-Poissy, 1 400 véhicules stationnés dans des parkings souterrains ont été déplacés dans des rues adjacentes, selon le maire de cette commune.
Des conséquences sur plusieurs jours

   


« Il n’y aura pas tout de suite de franche décrue, les niveaux vont rester élevés quelques jours », a précisé à l’AFP Mme Puechberty, de Vigicrues. Avec l’arrivée prochaine d’une onde de crue venant de la Marne, et des averses attendues en milieu de semaine, « il faudra attendre plus d’une semaine pour attendre des niveaux classiques pour la saison », a-t-elle ajouté.
Au total, 1 500 personnes ont dû quitter leur logement en Ile-de-France, a signalé dimanche la préfecture de police. 1 500 foyers restaient aussi privés d’électricité, « essentiellement dans l’est » de la région parisienne, selon Enedis, le gestionnaire du réseau.
Les crues qui touchent diverses régions françaises résultent de fortes précipitations sur des sols gorgés d’eau. Les mois de décembre et janvier sont les plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France.
Météo-France laissait encore dimanche soir 10 départements « en vigilance orange en raison des crues sur les bassins de la Seine, de la Saône et de leurs affluents ». Sur la Saône, l’onde de crue se propageait dimanche entre Chalon-sur-Saône et Tournus, avec un niveau maximum qui a été atteint dans la journée de dimanche.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Franck Bancel, professeur à ESCP-Europe, et Henri Philippe, consultant, plaident dans une tribune au « Monde » pour indexer la rémunération des dirigeants sur les performances sociales et environnementales des entreprises.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Les incitations financières sont plus efficaces que l’évolution du cadre juridique »

Franck Bancel, professeur à ESCP-Europe, et Henri Philippe, consultant, plaident dans une tribune au « Monde » pour indexer la rémunération des dirigeants sur les performances sociales et environnementales des entreprises.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 19h00
    |

Franck Bancel (Professeur à ESCP-Europe) et Henri Philippe (Associé au cabinet de conseil Accuracy)







                        



                                


                            

Tribune. A la surprise générale, le directeur général de BlackRock, un des plus grands fonds d’investissement du monde, a invité le 12 janvier les dirigeants des entreprises dont il est actionnaire à repenser leur stratégie en réduisant les dividendes et en recherchant la croissance de long terme. Il précisait notamment que les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance fournissent des informations essentielles sur l’efficacité de la gestion et ainsi, sur les perspectives à long terme de l’entreprise.
En France, ce débat sur la nécessité pour les entreprises de contribuer aux enjeux sociétaux de long terme s’est focalisé sur la réforme du cadre juridique. Le ministre de la transition écologique s’est ainsi déclaré favorable, le 11 décembre 2017, à « faire évoluer l’objet social de l’entreprise, qui ne peut plus être le simple profit, sans considération aucune pour les femmes et les hommes qui y travaillent, sans regard sur les dégâts environnementaux ».

Ces différentes interventions font écho aux travaux de recherche publiés depuis plus de deux décennies en finance. La littérature académique montre sans ambiguïté que l’attention des entreprises cotées en Bourse et des marchés financiers se porte principalement sur les résultats à court terme (c’est la fameuse « myopie » des marchés financiers) : ceux-ci ne peuvent être inférieurs aux attentes des analystes financiers sous peine de voir le cours de Bourse négativement affecté.
Sur la base de « vrais » indicateurs de long terme
Dès lors, les investissements qui n’auront un effet que dans un temps long (R&D, réduction des émissions de CO2, etc.) ne sont pas prioritaires dans la gestion de l’entreprise. Comment faire alors en sorte que les entreprises contribuent positivement aux grands enjeux sociétaux auxquels nous sommes confrontés ?
En France, comme souvent, la tentation est forte de faire évoluer le cadre juridique. La littérature académique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Un pic de crue est attendu dans la nuit de dimanche. Douze départements sont toujours placés en vigilance orange.
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Crues : le RER C dans Paris restera fermé jusqu’au 5 février au minimum

Un pic de crue est attendu dans la nuit de dimanche. Douze départements sont toujours placés en vigilance orange.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 08h17
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 09h48
   





                        



   


A Paris, la Seine continuait sa lente montée jusqu’à un pic de crue prévu dans la nuit de dimanche 28 janvier, tandis que la situation s’améliorait en amont de la capitale, selon Vigicrues.
L’organisme de surveillance a affiné sa prévision samedi : environ 5,95 mètres d’eau sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi, soit moins que la crue de juin 2016 (6,10 mètres). A la station du pont d’Austerlitz, dimanche à 5 heures, la Seine était à 5,78 m, soit 14 cm de hausse en vingt-quatre heures.
« La montée est un petit peu plus lente que prévu, donc le maximum attendu est décalé dans la soirée de dimanche à lundi », a déclaré une porte-parole de Vigicrues, Rachel Puechberty. Douze départements étaient toujours en vigilance orange inondation.
Le mois de janvier le plus humide en un siècle
A l’origine de ce phénomène de crue, qui touche diverses régions en France, des pluies importantes sur des sols gorgés d’eau. Le cumul pluviométrique du 1er décembre au 21 janvier atteint souvent le double de la normale, comme à Paris, note Météo France.
« Les perturbations ayant touché le pays depuis la mi-janvier (...) ont généré des crues importantes sur de nombreux cours d’eau du nord et de l’est du pays, encore entretenues par les pluies tombées jeudi sur la Bourgogne et la Champagne. Les niveaux de débordement dommageables sont atteints sur plusieurs d’entre eux dans les bassins de la Seine et de la Saône », explique Vigicrues.
Côté transports, le trafic est interrompu sur la ligne C du RER et sept gares resteront fermées jusqu’à la fin de la crue : Saint-Michel–Notre-Dame, Musée-d’Orsay, Invalides, Pont-de-l’Alma, Champ-de-Mars, Avenue-du-Président-Kennedy, Boulainvilliers. La SNCF a fait savoir dimanche que les stations ne rouvriraient probablement pas avant le 5 février « au minimum ».
Interdits de navigation, les bateaux-mouches restent à quai et seuls les pompiers circulent. Les voies sur berge, inondées, sont interdites à la circulation piétonne. Deux personnes à bord d’un canoë gonflable ont été verbalisées samedi matin près de la gare d’Austerlitz. La préfecture a rappelé à cette occasion qu’il était « interdit et surtout extrêmement dangereux de faire du canoë ou de se baigner dans la Seine, dont le débit est actuellement de 1 600 mètres cubes par seconde ».

Suivi quotidien par la @prefpolice des #crues en Ile de France. Consultez notre communiqué https://t.co/ZSVO6838Ec— prefpolice (@Préfecture de police)


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Décrue lente, surveillance des nappes phréatiques
« En aval de Paris, sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra jusqu’en début de semaine », a ajouté Vigicrues. Colombe Brossel, adjointe à la sécurité de la mairie de Paris, soulignait « une très grande vigilance sur la situation des nappes phréatiques ».
« Les sols sont gorgés d’eau, donc c’est un facteur de vulnérabilité s’il devait encore y avoir de fortes précipitations plus tard dans l’hiver », a prévenu Hervé Vanlaer, directeur général adjoint à la prévention des risques au ministère de la transition écologique.
Selon la préfecture de police, mille personnes ont été évacuées en Ile-de-France samedi. Un peu moins de 1 500 foyers sur 6,2 millions sont privés d’électricité, selon Enedis, qui a installé quelques dizaines de groupes électrogènes.
« Si l’on parle de revenir complètement à la normale, cela se comptera en semaines », a estimé le directeur régional et interdépartemental de l’environnement et de l’énergie d’Ile-de-France, Jérôme Goellner. Même si cette crue 2018 a été importante, on a évité la catastrophe d’une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Dans une interview donnée à la chaîne britannique ITV, le président américain assure qu’il pourrait reconsidérer le retrait de son pays « si le traité était totalement différent ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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Trump prêt à signer une nouvelle version de l’accord de Paris sur le climat

Dans une interview donnée à la chaîne britannique ITV, le président américain assure qu’il pourrait reconsidérer le retrait de son pays « si le traité était totalement différent ».



Le Monde
 |    28.01.2018 à 04h01
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h36
   





                        


Le président américain, Donald Trump, serait prêt à signer l’accord de Paris sur le climat, mais seulement s’il comprend des modifications importantes, selon des extraits d’une interview qui sera diffusée dimanche 28 janvier par la chaîne de télévision britannique ITV.
Donald Trump avait annoncé en juin 2017 que les Etats-Unis se retiraient de l’accord de Paris, le qualifiant de « mauvais accord » pour l’économie américaine, une décision désapprouvée internationalement. Bien qu’il reste ferme dans ses critiques contre l’accord historique signé par son prédécesseur Barack Obama, M. Trump s’est dit prêt à signer un accord remanié.

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« L’accord de Paris serait pour nous un désastre », a-t-il dit. « S’ils faisaient un bon accord… il y a toujours une chance que nous revenions », a-t-il ajouté, qualifiant l’accord actuel d’« injuste » pour les Etats-Unis.
« Il faudrait qu’il soit totalement différent »
Ce traité historique a été signé à Paris par 197 nations, en 2015, après d’intenses négociations. Des engagements volontaires de réduction des émissions de carbone avaient alors été pris.

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« Si quelqu’un disait “revenez dans l’accord de Paris”, il faudrait qu’il soit totalement différent car nous avions un accord affreux », dit M. Trump, selon des extraits de l’interview. « Pourrais-je y retourner ? Ouais, j’y retournerais… J’adorerais cela. »
Donald Trump, qui a déjà laissé la porte entrouverte à un retour dans l’accord de Paris en cas de renégociations — sur lesquelles il est cependant toujours resté évasif —, avait déjà déclaré au début de janvier que les Etats-Unis pourraient « en théorie y revenir ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Si le nombre d’hectares certifiés en bio ou cultivés en biodynamie progresse, l’usage d’entrants reste important et génère des tensions.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                
                                       
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Dans le Bordelais, le traitement chimique des vignes suscite la polémique


                      Si le nombre d’hectares certifiés en bio ou cultivés en biodynamie progresse, l’usage d’entrants reste important et génère des tensions.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h15
    |

            Rémi Barroux








                              

                        
Le Bordelais continue de faire face aux accusations d’usage excessif d’intrants chimiques dans ses vignes. Les déclarations de bonne volonté sur l’abandon des pesticides n’y font pas grand-chose : l’image de vignoble, plus soucieux de rendement que d’environnement, lui colle à la peau. Dernier épisode, l’ancien président du ­Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), Bernard ­Farges, a été mis en cause conjointement par Alerte aux toxiques ! et le Collectif Info Médoc pesticides.
Dans un communiqué publié le 19 janvier, ces deux associations avancent que l’un de ses vins, le Château de l’Enclos (cru 2014), recèle seize molécules de pesticides, dont quatre « CMR » (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques), les plus dangereuses. « On a du mal à croire que c’est le même qui fait des déclarations tonitruantes sur la “sortie des pesticides à ­Bordeaux” », écrivent les responsables des deux associations, Valérie Murat et ­Marie-Lys Bibeyran, ciblant l’usage du label Terra Vitis, apposé sur la bouteille.
Le jour même, Bernard Farges répondait dans une lettre ouverte : « Je ne suis ni plus mauvais ni meilleur que la plupart des vignerons de notre région. Je suis même représentatif des profonds changements en cours. J’ai fortement diminué l’utilisation de pesticides depuis 2016 et j’ai également limité le recours aux CMR à chaque fois que c’était possible. » Et le vigneron de préciser que cette cuvée 2014 a été réalisée antérieurement aux engagements pris et que le mouvement « prend du temps ». Bien trop pour Marie-Lys ­Bibeyran, dont le frère, Denis, est mort à 47 ans d’un cancer des voies biliaires, le 12 octobre 2009, après avoir travaillé une vingtaine d’années dans les vignes.
Des grands crus contaminés
La bataille continue, donc. Quand la revue Que choisir publie, le 26 décembre 2017, les résultats d’une enquête sur les résidus de pesticides analysés dans trente-huit grands crus de bordeaux, montrant...




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<filnamedate="20180130"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180130"><AAMMJJHH="2018013019">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Professeur de droit animalier à Harvard, il travaille sans relâche, depuis près de quarante ans, à défendre la cause des primates. Son combat a permis au chimpanzé Cecilia d’obtenir le statut de personne juridique non humaine.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Steven Wise, l’avocat des grands singes

Professeur de droit animalier à Harvard, il travaille sans relâche, depuis près de quarante ans, à défendre la cause des primates. Son combat a permis au chimpanzé Cecilia d’obtenir le statut de personne juridique non humaine.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Que pense Steven Wise de la victoire obtenue par l’avocat de Cecilia, en novembre 2016, au tribunal argentin de Mendoza ? « Nous en avons été ravis », répond-il. N’est-il pas déçu, tout de même, de n’être pas parvenu au même résultat pour ses propres clients, Hercule et Leo ? « Nous savons très bien que les cas où triomphent la liberté, l’égalité et la justice restent exceptionnels. » L’homme de loi est pugnace, et convaincu que le temps jouera en sa faveur.
Cecilia ne s’est pas rendue au tribunal, pas plus qu’Hercule et Leo. Tous trois sont des chimpanzés, et Steven Wise est leur meilleur avocat. Professeur de droit animalier à Harvard et dans d’autres universités américaines, il se bat sans relâche, depuis près de quarante ans, pour défendre leur cause. Si Cecilia est devenue en 2016 le premier animal du monde à se voir accorder le statut de personne juridique non humaine, si elle a quitté en avril 2017 le zoo où elle vivait enfermée pour rejoindre la réserve naturelle brésilienne de Sorocaba, elle le doit, bien sûr, à la juge de Mendoza qui a eu l’audace de franchir ce pas. Mais celui qui a ouvert le chemin, c’est Steven Wise. Cette décision consacre en effet la thèse défendue méthodiquement par son association, Nonhuman Rights Project (NRP), fondée sur les droits inhérents à l’habeas corpus. Soit le droit de ne pas être emprisonné sans jugement, jusqu’à présent réservé aux humains.
Droit à l’intégrité physique
Lorsqu’un ami lui suggère, à la fin des années 1970, de lire Animal Liberation, publié quelques années plus tôt par le philosophe australienPeter Singer,Wise exerce en pratique générale depuis trois ans. Pour le jeune avocat, qui opte sur-le-champ pour le végétarisme, c’est une révélation. « J’étais devenu avocat parce que je m’intéressais à la justice sociale. J’ai lu ce livre, j’ai compris qu’un nombre stupéfiant d’animaux non humains étaient traités de manière terrible et injuste, et qu’aucun...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Depuis les associations militantes et les cercles académiques qui pensent notre relation aux animaux, le sujet diffuse lentement vers le grand public, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, rédacteur au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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Comment le végétarisme s’installe dans la culture populaire

Depuis les associations militantes et les cercles académiques qui pensent notre relation aux animaux, le sujet diffuse lentement vers le grand public, souligne, dans sa chronique, Stéphane Foucart, rédacteur au « Monde ».



Le Monde
 |    27.01.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h17
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            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. Cesserons-nous un jour de manger la chair des animaux ? Chaque jour le végétarisme semble prendre un peu plus de place sur la scène médiatique. Pas une semaine ne passe sans que l’opinion française soit confrontée à ces mots, qui étaient encore absents ou presque du débat public voilà seulement une décennie : cause animale, antispécisme, véganisme (mode de vie excluant toute forme d’exploitation des animaux)…
Tout cela nous semble très récent, mais peut-être n’y a-t-il là que la remobilisation d’une vieille rengaine, dont on peut d’ailleurs faire remonter l’origine très loin, jusqu’à Plutarque (Ier siècle) ou Pythagore (VIe siècle avant J.-C.), qui, en leur temps, interrogeaient déjà le principe même de la consommation de viande.

En bref, il pourrait n’y avoir là que de veilles lubies, de celles qui surgissent de temps à autre, qui émergent brièvement dans la conversation publique avant de disparaître sans avoir rien changé au réel. Dans quelques années, toutes ces histoires seront peut-être oubliées, et l’on mangera avec le même appétit une belle côte de bœuf saignante, une joue de cochon a la plancha ou un foie de veau à la bordelaise.
Un thème récurrent
Peut-être, mais peut-être pas. Il suffit pour en douter de voir comment, depuis quelque temps, la question animale s’installe discrètement dans la culture populaire. Depuis les associations militantes et les cercles académiques qui pensent notre relation aux animaux non humains, le sujet diffuse lentement vers le grand public. Et il y a sans doute là une nouveauté. Les exemples récents ne manquent pas. Ferdinand, le film d’animation des studios Blue Sky, réalisé par Carlos Saldanha et sorti en France fin décembre, en est une illustration. L’histoire, assez convenue, est celle d’un taureau paisible et bienveillant, destiné à combattre dans l’arène. Rien de neuf ? L’aversion pour la corrida est indéniablement un...




                        

                        

