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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Sortons de notre cécité collective face la réalité carcérale actuelle, insiste Adrien Taquet, député LRM des Hauts-de-Seine, dans une tribune au « Monde ».
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Adrien Taquet : « Les annonces faites par le gouvernement sur les prisons sont nécessaires mais insuffisantes »

Sortons de notre cécité collective face la réalité carcérale actuelle, insiste Adrien Taquet, député LRM des Hauts-de-Seine, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h51
    |

Adrien Taquet (Député LRM des Hauts-de-Seine, membre de la commission des affaires sociales)







                        



                                


                            

J’ai découvert l’univers carcéral il y a vingt ans comme visiteur de prison à la maison centrale de Poissy. J’ai renoué avec ce milieu en 2017, me rendant chaque semaine dans l’une des plus grandes prisons françaises, de celles qui cumulent l’ensemble des problèmes mis sous le tapis depuis tant d’années.
En vingt ans, la situation n’a fait que se dégrader. Sur ce sujet comme sur d’autres, nous avons collectivement refusé d’affronter le réel, dans l’espoir de retarder le moment où le couvercle sauterait. Transformer la prison et espérer éradiquer les problèmes qui menacent notre société ne se fera qu’en mettant fin à notre cécité collective face la réalité carcérale actuelle.
Quelle est-elle ? Celle qui s’est invitée une nouvelle fois dans l’actualité : des agressions de surveillants, que rend possible une surpopulation carcérale proche de 200 % dans certains établissements d’une vétusté hors d’âge.
Et il y a la réalité que l’on a plus de mal à formuler. Celle d’une surpopulation qui touche aussi les rats qui tiennent compagnie aux détenus. La gale contamine les coursives, les cas de tuberculoses sont en hausse, la toxicomanie propage le VIH et les hépatites, l’addiction touche presque tous les détenus. La question de la santé mentale est toujours taboue : certains de ceux qui y entrent n’ont rien à y faire, la quasi-totalité de ceux qui en sortent a des problèmes psychiques non pris en charge.
Une réinsertion en échec
La réalité, c’est une réinsertion en échec, et la récidive devenant la norme. Les services publics de l’éducation, de l’emploi et de la santé voient leurs moyens reculer. Au nom de la sécurité, la révolution numérique n’a pas eu lieu, alors qu’elle est un facteur d’insertion et de réinsertion sociale et professionnelle.
Bien loin des expériences positives menées au Danemark et en Belgique, où les smartphones et les ordinateurs sont autorisés mais bridés au sein d’un « Jail Cloud », cantiner un vieil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Différentes enquêtes d’opinion réalisées depuis l’élection d’Emmanuel Macron démontrent que les hommes et les femmes politiques continuent d’être perçus comme distants, corrompus, peu empathiques, ne s’occupant que des riches et des puissants, remarque le politiste Bruno Cautrès, dans une tribune au « Monde ».
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« L’élection de M. Macron n’a pas fait reculer la défiance des Français envers la politique »

Différentes enquêtes d’opinion réalisées depuis l’élection d’Emmanuel Macron démontrent que les hommes et les femmes politiques continuent d’être perçus comme distants, corrompus, peu empathiques, ne s’occupant que des riches et des puissants, remarque le politiste Bruno Cautrès, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h22
    |

Bruno Cautrès (Chercheur CNRS au Cevipof et enseignant à Sciences Po)







                        



                                


                            

Tribune. Dans son classement 2016 des démocraties, établi à partir de 60 critères (processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique), The Economist classait la France parmi les « démocraties imparfaites ». Cette catégorie est la seconde sur l’échelle en quatre catégories distinguées ; au-dessus se trouvent les « démocraties pleines » et en dessous se trouvent les « régimes hybrides » puis les « régimes autoritaires ».
La France n’est pas le seul pays membre de l’Union européenne (UE) à être ainsi classé comme « démocratie imparfaite » : on trouve à ses côtés, seize autres pays européens (dont l’Italie ou la Belgique), mais il s’agit essentiellement des pays d’Europe du Sud ou des pays d’Europe Centrale et Orientale, plus récents membres de l’UE pour la plupart.
D’autres classements, utilisant parfois des centaines d’indicateurs quantitatifs, aboutissent à peu près au même constat : la France, notamment en raison de la nature jugée trop présidentielle de son régime politique, n’est pas dans le peloton de tête en termes de « qualité de la démocratie ». Les dimensions subjectives, celles de l’évaluation par les citoyens du fonctionnement de notre démocratie, ne sont guère meilleures : l’enquête comparative internationale du Pew Research Centre publiée en octobre 2017 montre que 35 % des Français seulement sont classés comme soutenant sans réserve la démocratie représentative (contre 52 % en en Suède et 48 % en Allemagne) tandis que 45 % expriment des doutes et que 10 % affichent des attitudes « non démocratiques ».
Méfiance et dégoût
Huit mois après l’élection d’Emmanuel Macron, la dernière vague du Baromètre de la confiance politique du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), réalisée en décembre 2017, permet de prendre la mesure du défi à relever. L’enquête n’enregistre en effet pas « d’effet Macron » très important...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.
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Une histoire du Proche-Orient multimillénaire contrastée

Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h15
    |

Chantal Cabé (Rédactrice en chef adjointe de « La Vie ») et Michel Lefebvre (Responsable des hors-séries du « Monde »)







                        



   


Le ciel tourmenté du Proche-Orient ne doit pas éclipser ses lumières. Pendant des siècles, ce foyer de civilisations a irradié l’humanité tout entière. Il suffit de quelques marqueurs pour saisir la singularité historique de cette région du monde. De l’invention de l’écriture par les Sumériens à la naissance du christianisme, de l’Egypte pharaonique aux splendeurs de Babylone, de l’illustre Saladin au puissant calife de la Sublime Porte… L’Occident s’est construit dans l’héritage de ce glorieux patrimoine venu des pays d’Orient, le Proche ou le Moyen, selon.
Mais comment, en à peine un siècle, ce Proche-Orient si longtemps porteur des lumières de l’« âge d’or » arabo-musulman est-il devenu un terrain de violences et d’affrontements, un nœud d’enjeux stratégiques, avoués ou dissimulés, un vecteur d’identités, sociales ou religieuses, aussi fortes qu’antagonistes ?
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples (Arabes, Turcs, Kurdes, Perses…), de religions (islam, judaïsme, christianisme) et de cultures (byzantine, arabe, ottomane, persane).
Cette puissance de rayonnement fut encore renforcée au cours du dernier siècle. Car nulle part ailleurs sur la planète, les grandes nations n’ont une telle proximité. L’Occident y a successivement affronté le bloc soviétique (URSS), l’Iran, la péninsule Arabique, la Russie, la Turquie… Au point que, depuis 1945, le centre de gravité des relations internationales semble bien s’être fixé au Proche-Orient, nourri par l’enlisement du conflit israélo-palestinien.
Forces centrifuges de puissances néfastes
Aujourd’hui encore, cette région constitue un axe autour duquel les puissances, régionales et mondiales, se chevauchent et s’entrechoquent, avec pour effet immédiat la décomposition de trois États arabes (Irak, Syrie, Yémen). Le résultat de ces chocs est connu : les peuples si divers d’un Levant pluriethnique et multiconfessionnel n’ont guère réussi jusqu’ici à écrire par eux-mêmes leur histoire commune.
La déclaration unilatérale du président américain Donald Trump en décembre 2017 sur le statut de Jérusalem est une nouvelle preuve de ces ingérences destructrices. Une fois encore, en raison notamment de la richesse de ses ressources naturelles (pétrole et gaz), la région semble condamnée à subir les forces centrifuges de puissances extérieures et néfastes.
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples et de religions
Cette nouvelle édition de L’Histoire du Proche-Orient n’entend pas fournir une seule clé qui, telle un passe-partout, ouvrirait toutes les portes de cette terre si composite. L’Histoire est faite d’une infinité d’événements complexes qui s’accommodent mal de ce genre de raccourci.
Pour analyser et comprendre, nous avons misé sur un large trousseau. C’est donc avec le souci de réintroduire la lumière dans l’ombre apparente, à l’aide de cartes et de documents inédits, par la diversité d’analyse des journalistes de nos deux rédactions accompagnés des meilleurs spécialistes, que nous vous invitons à (re) découvrir l’histoire de ce berceau millénaire de civilisations. Par-delà les préjugés et au-delà des émotions.
L’Histoire du Proche-Orient. 10 000 ans de civilisation, « hors-série » du Monde, nouvelle édition, 188 pages, 12 euros, en vente en kiosques auprès de la boutique du Monde.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/30/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Prenant acte des faiblesses structurelles des Etats dans l’économie mondialisée, le président voit en l’entreprise l’institution primaire du capitalisme, mais aussi celles de la société et de l’administration de la vie de la cité, selon l’économiste Virgile Chassagnon dans une tribune au « Monde ».
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« Le saint-simonisme moderne » d’Emmanuel Macron

Prenant acte des faiblesses structurelles des Etats dans l’économie mondialisée, le président voit en l’entreprise l’institution primaire du capitalisme, mais aussi celles de la société et de l’administration de la vie de la cité, selon l’économiste Virgile Chassagnon dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h37
    |

                            Virgile Chassagnon (Professeur d’économie au Centre de recherche en économie de l’université de Grenoble et directeur de l’Institut de recherche pour l’économie politique de l’entreprise)








                        



                                


                            

Alors qu’il a pourtant choisi de commencer le quinquennat par des mesures économiques dites impopulaires, la cote du président de la République progresse. Sa volonté de réformisme s’est emparée de l’agenda politique, renouvelé au gré de l’ouverture de nouveaux chantiers économiques.
Partisan d’une autre politique, Emmanuel Macron semble fonder son action sur un modèle d’émancipation entrepreneurial des personnes. Du travail à l’entreprise, le cheminement intellectuel du président se mue en une vision renouvelée du saint-simonisme, qui guide ses actes et ses postures politiques.
« A chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres », cette phrase doctrinale bien connue de Saint-Simon pourrait très bien servir ces discours du président jalonnés par une éthique de l’efficacité collective pour laquelle il semble témoigner une grande foi. Et ce d’autant plus que l’œuvre de Claude-Henri de Rouvroy (1760-1825), comte de Saint-Simon, a reçu les sympathies d’intellectuels aussi bien libéraux que socialistes.
Développer les capacités des personnes
Il en est ainsi car ce philosophe de l’économie industrialiste a pensé le changement social de l’après-Révolution française en faisant de l’industrie aiguillée par le savoir scientifique le fer de lance d’une société postrévolutionnaire capable d’améliorer le sort de l’humanité par leur association dans le travail.
Saint-Simon en fut convaincu, le système industriel doit permettre de développer les capacités des personnes au profit de la société et d’orienter les institutions politiques en direction de l’intérêt général. Il écrivit dans l’un de ses ouvrages les plus influents, L’Industrie (1816-1817) : « L’industrie est une ; tous ses membres sont unis par les intérêts généraux de la production. »
Parmi les industriels, on retrouve tous les travailleurs, dont les conditions d’émancipation sociale sont le fruit de leur concours à la production des richesses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.
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Les « fake news » sont d’abord « un marché »

L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h06
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            

L’éclairage. La mésinformation est un thème de recherche ancien dans de nombreuses disciplines académiques, dont l’économie, qui s’intéressent à ses acteurs, ses mécanismes, ses conséquences, ou encore ses régulations.
Depuis que les « fake news » sont au centre d’un important débat public, les chercheurs expriment une grande réticence au contrôle de l’information par l’Etat. Une loi contre les « fake news » apparaît, en effet, fort dangereuse. Une définition stricte des « fake news » comme une information dont le caractère erroné est vérifiable, intentionnellement diffusée et pouvant influencer le public, est en pratique inopérante. Car vérifier et démontrer l’intention demande du temps, et des moyens non négligeables.

De plus, bloquer la circulation d’information en temps réel – et non éventuellement censurer ou condamner a posteriori – nécessitera une définition bien plus large et floue de la fausse information, et donc une inévitable restriction de la liberté d’opinion.

Au mieux, l’usage d’une telle loi par l’Etat sera paternaliste. Au pire, la tentation de manipuler l’information sera grande, surtout en période électorale. Dans le cadre français, le filtre par un juge serait insuffisant, d’autant que la dépendance du parquet à la chancellerie sera maintenue. Que ferait d’un tel outil un Trump s’il était au pouvoir en France ? Par ailleurs, un contrôle étatique dans une démocratie légitimerait ceux déployés par les régimes autoritaires, participant ainsi du recul mondial des libertés.
Erosion de la crédibilité des médias traditionnels
Une loi ne peut donc servir la démocratie que si les « fake news » sont une menace plus significative encore. On ne peut nier qu’avec l’érosion de la surface et de la crédibilité des médias traditionnels et le développement des réseaux sociaux, la circulation de l’information a été bouleversée.
Mais quel en est, à l’heure actuelle, l’impact réel, notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le romancier et essayiste revient sur le bouquet de tulipes offert par Jeff Koons à la Ville de Paris. Il estime que le simplisme de l’œuvre jure avec la violence de l’acte qu’il souhaite commémorer.
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Jean-Philippe Domecq : « L’œuvre de Jeff Koons embarrasse même les consciences jusqu’alors satisfaites de peu »

Dans une tribune au « Monde », le romancier et essayiste revient sur le bouquet de tulipes offert par Jeff Koons à la Ville de Paris. Il estime que le simplisme de l’œuvre jure avec la violence de l’acte qu’il souhaite commémorer.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h49
    |

                            Jean-Philippe Domecq (Romancier  et essayiste)








                        



                                


                            
[L’artiste plasticien américain a annoncé, en 2016, son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française. L’œuvre en elle-même et son emplacement prévu, sur l’esplanade du palais de Tokyo, font depuis couler beaucoup d’encre.]
Tribune. Le milieu de l’art contemporain n’aime rien tant que les œuvres propres à provoquer le tollé. De là à les choisir dans ce but, ce serait une vue complotiste des choses ; mais l’intuition y est, tant la ficelle est grosse comme les œuvres régulièrement sélectionnées pour la place publique.
Derniers exemples en date : en 2014, c’était Tree, de Paul McCarthy, un sex-toy présenté comme sapin de Noël, place Vendôme ; en 2015 à Versailles, l’élégante œuvre d’Anish Kapoor n’avait pas besoin qu’il la baptise finement « Vagin de la reine » pour souligner son complet irrespect des jardins dont il fallut bouleverser les soubassements pour l’installer. Et voici qu’en janvier 2018, c’est un bouquet de tulipes sculptées par Jeff Koons, star du financial art, qui suscite tribune et pétitions.

Pareille régularité dans la récurrence fait tourner le marché, à défaut de l’offre, mais finit par définir un classicisme qui, pour être provocateur, n’en reste pas moins classique et obsolète. Avec cette polémique-ci toutefois, il est possible qu’on en sorte, et que la seule et unique question qui méritait débat depuis le début de ce qu’on nomma voici trente ans « la querelle de l’art contemporain », soit enfin posée. A savoir : quelle est la portée esthétique de ces œuvres ? Sont-elles si intéressantes ?
Hiatus entre l’horreur des attentats et l’œuvre
Harry Bellet, dans Le Monde du 25 janvier, a souligné la question après avoir démonté les contradictions de la tribune de protestation parue dans Libération...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde » écrite sur le ton de l’ironie, le philosophe estime que l’artiste, qui est reçu par la ministre de la culture mardi 30 janvier, offre à Paris un bien étrange cadeau. Les riches donateurs y trouveront sans doute un avantage fiscal…
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Yves Michaud : « Jeff Koons s’arrange pour faire financer la réalisation de son idée par des mécènes français »

Dans une tribune au « Monde » écrite sur le ton de l’ironie, le philosophe estime que l’artiste, qui est reçu par la ministre de la culture mardi 30 janvier, offre à Paris un bien étrange cadeau. Les riches donateurs y trouveront sans doute un avantage fiscal…



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h39
    |

Yves Michaud (philosophe)







                        



                                


                            

[L’artiste plasticien américain a annoncé, en 2016, son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française. L’œuvre en elle-même et son emplacement prévu, sur l’esplanade du palais de Tokyo, font depuis couler beaucoup d’encre.]
Tribune. C’est un grand honneur que l’artiste fait à Paris meurtrie : offrir une sculpture monumentale, Bouquet of Tulips (on parle de 35 tonnes !), pour un lieu qui n’est pas évidemment relié aux attentats de 2015 (le Palais de Tokyo) – sauf si l’on compte Marcel Duchamp au nombre des salafistes…

La question n’est pas de savoir si la proposition de Jeff Koons va défigurer le site, est trop lourde pour l’endroit choisi par l’artiste ou même médiocre par rapport à l’ensemble d’une œuvre qui ne bouleverse nullement l’histoire de l’art. La question me semble plutôt de savoir ce qu’est un cadeau.
Admettons que les concepts de Jeff Koons aient une valeur si élevée qu’il puisse en faire un don royal. Il n’est néanmoins pas coutume de faire payer la confection ni l’emballage des cadeaux une fois qu’on a eu l’idée de les offrir : confection et emballage en font partie. Or Jeff Koons s’arrange pour faire financer la réalisation de son idée par des mécènes français (anonymes à ce jour) qui, eux-mêmes, la feront financer en grande partie par la défiscalisation. C’est astucieux comme un montage d’ingénierie financière.
Et si la Ville de Paris revendait l’œuvre ?
Connaissant plutôt bien le réalisme en affaires des Américains (et pas seulement de Trump), je doute que si notre gloire nationale César avait offert son Pouce (en idée) pour en confier le financement à des « mécènes » américains tout en choisissant de le faire trôner devant le Metropolitan Museum, il y aurait eu une seule voix pour accepter sa générosité.
D’autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre de la culture revient sur la polémique autour du « bouquet » que l’artiste veut offrir à la Ville de Paris, alors que celui-ci est reçu rue de Valois mardi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Jean-Jacques Aillagon : « Il faut envisager une autre solution » pour l’œuvre de Jeff Koons

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre de la culture revient sur la polémique autour du « bouquet » que l’artiste veut offrir à la Ville de Paris, alors que celui-ci est reçu rue de Valois mardi.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 18h53
    |

Jean-Jacques Aillagon (ancien ministre de la culture (2002-2004).)







                        



                                


                            
[L’artiste plasticien américain a annoncé, en 2016, son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française. L’œuvre en elle-même et son emplacement prévu, sur l’esplanade du palais de Tokyo, font depuis couler beaucoup d’encre.]
Tribune. Une tribune s’élevant contre l’installation d’une œuvre de Jeff Koons, Bouquet of Tulips, devant le palais de Tokyo, à Paris, a récemment été signée par d’estimables et compétentes personnalités et publiée dans « Libération ». Cette prise de position et quelques autres n’ont pas manqué d’aiguillonner une polémique qui, au-delà du monde de l’art, s’est emparée de l’opinion elle-même, tout en manquant, parfois, de mesure.

Certains choix de ma vie professionnelle ayant pu accréditer l’idée que j’étais devenu une sorte d’expert « ès-Jeff Koons », mon avis, à ce sujet, a souvent été sollicité, au cours des dernières semaines. Je me résous, aujourd’hui, à le faire connaître. Avant toute chose, je tiens à préciser, s’il le fallait, que je ne cultive à l’égard de l’œuvre de Jeff Koons aucun de ces mépris sommaires que l’on entend souvent s’exprimer au sujet de l’auteur de ce que certains appellent, de façon désobligeante, ses « koonseries ». Je n’en suis, pour autant, ni l’adorateur aveugle ni le thuriféraire sans nuance, mais je sais que Jeff Koons est un artiste qui a sa place dans le paysage culturel de notre époque. L’exposition que lui a consacrée de novembre 2014 à avril 2015 le Centre Pompidou, sous la responsabilité de Bernard Blistène, nous l’a rappelé.
Pour ma part, je reste fier d’avoir, avec Jean de Loisy, en 2000, dans le cadre de l’exposition « La Beauté », installé le Split Rocker de l’artiste dans une cour du Palais des papes, en Avignon. Je ne regrette pas, non plus, le choix que j’ai fait en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ La bulle ne devrait pas éclater à court terme, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas en train de gonfler, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
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Marchés financiers : « L’orchestre continue à jouer »…

La bulle ne devrait pas éclater à court terme, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas en train de gonfler, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h08
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            

Lettre de la City. La bonne nouvelle, c’est qu’on « n’est pas encore dans une bulle ». La mauvaise nouvelle, c’est que « tous ses ingrédients sont réunis ». Andrea Cicione, chargé de la stratégie à TS Lombard, une entreprise de recherche en investissements, résume bien le dilemme des investisseurs en ce début d’année 2018. Sous vos regards éberlués, mesdames et messieurs, vous pouvez voir la bulle des marchés gonfler, gonfler, gonfler… Retenez votre souffle, elle va continuer à grossir… jusqu’à l’explosion inévitable…
Ce numéro de cirque boursier est un classique du genre, répété des dizaines de fois par le passé : les marchés sont hauts, très hauts ; mais tous les investisseurs (ou presque) pensent que la hausse va continuer ; leurs prévisions vont probablement s’autoréaliser pendant encore un bon moment. Pour l’instant, l’orchestre du Titanic va continuer à jouer sur le pont sa mélodie ravissante.

Les titres des recherches publiées ces dernières semaines dans le secteur de l’investissement sont éloquents. « Comment repérer une bulle » (Saxo Bank, 18 janvier), « Les risques d’une correction boursière augmentent après la récente flambée » (Oxford Economics, 24 janvier), « Il est rationnel d’être irrationnel » (Lombard TS, 24 janvier). Un à un, les signaux virent à l’orange. Mais tout le monde arrive à la même conclusion : l’explosion de la bulle n’est pas pour tout de suite.
Des bénéfices dopés
Petits rappels des fondamentaux. Les valorisations sur le marché actions américain sont au plus haut de leur histoire, à l’exception de la bulle Internet de 1999 (qui ne s’était pas très bien finie…). En Europe, on n’en est pas tout à fait là, mais les niveaux commencent à être très élevés. De l’avis de tous, 2017 a été un millésime exceptionnel. L’indice MSCI pour les Etats-Unis a grimpé de plus de 20 %, celui de la zone euro de plus de 30 %, celui de la Chine de 50 %. Pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?
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L’art et la manière de titrer en « une »

Notre présentation en « une » du « Monde » du projet de stockage de déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure a été critiquée. Aurions-nous été alarmistes ?



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 11h44
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du "Monde")








                        



                                


                            
La chronique du médiateur. Rédiger un bon titre à la « une » du Monde est un exercice difficile. Le cahier des charges du titreur, tel qu’il est résumé dans Le Livre de style du Monde de 2004, a de quoi impressionner le néophyte :
« Un titre informe en quelques mots sur le contenu et la nature d’un article. Il se concentre sur une seule information. Son rôle peut se comparer à celui d’une vitrine : il s’agit d’attirer l’œil, de retenir l’attention d’entrée de jeu par la qualité et la nouveauté de l’information. On peut énoncer quelques règles simples :
Un titre doit aller à l’essentiel sans déformer ;
Un titre doit être précis, le plus souvent possible concret ;
Un titre doit se caractériser par son dynamisme. Il privilégie les verbes à la voix active ;
Un titre ne peut contenir un élément de fait (ou une idée) qui ne figure pas dans l’article. »
Fort de ces directives, j’ai été interpellé par de nombreux lecteurs à la suite d’un titre du Monde (daté 16 janvier) jugé par plusieurs d’entre eux outrancier, voire tendancieux. Renvoyant à une interview que nous avait accordée Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il était ainsi rédigé, sur quatre colonnes au-dessus de la pliure de la « une » : « Nucléaire : l’ASN juge le projet de Bure dangereux ».
A l’intérieur du journal, en page 6, le titre, rédigé par la chefferie du service Planète, était : « Stockage radioactif de Bure : “Une copie à revoir” ». L’expression était une citation extraite de l’entretien que M. Chevet avait accordé à Pierre Le Hir, journaliste au service Planète.
Les « réserves » de Pierre-Franck Chevet
Un courriel de Clément Lemaignan (Voreppe, Isère), ancien directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), résume assez bien l’état d’esprit des lecteurs qui m’ont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Analyse. Le déplacement en Corse du chef de l’Etat, le 6 février, constituera un temps fort, dont il faut souhaiter qu’il puisse faire entrer les relations entre l’île et le continent dans une nouvelle phase, explique le journaliste du service politique du « Monde », Patrick Roger.
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Corse : les chemins du dialogue

Analyse. Le déplacement en Corse du chef de l’Etat, le 6 février, constituera un temps fort, dont il faut souhaiter qu’il puisse faire entrer les relations entre l’île et le continent dans une nouvelle phase, explique le journaliste du service politique du « Monde », Patrick Roger.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 15h37
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Analyse. La Corse connaît une situation politique nouvelle. Et, comme l’a fort justement dit le premier ministre Edouard Philippe lors de sa rencontre à Matignon, le 22 janvier, avec le président du conseil exécutif de la collectivité unique de Corse Gilles Simeoni et avec le président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni : à situation politique nouvelle, réponses politiques nouvelles.
Il s’agit maintenant de mettre les actes en conformité avec les mots. De ce point de vue, le déplacement en Corse du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, le 6 février, constituera un temps fort, dont il faut souhaiter qu’il puisse faire entrer les relations entre l’île et le continent dans une nouvelle phase.
Situation politique nouvelle, d’abord, parce qu’après des décennies de violence politique, entremêlée de règlements de comptes mafieux et de barbouzeries, les mouvements clandestins ont remisé les armes. Une accalmie que certains jugeront précaire. La Corse continue d’être « hantée par ses fantômes », comme l’a si bien décrit Antoine Albertini dans M, le magazine du Monde du 7 juillet 2017. L’économie insulaire est gangrenée par les activités illicites sous l’emprise du crime organisé. Sur ce dernier point, cependant, il n’est pas certain que ce soit une spécificité réservée à la Corse.

Situation politique nouvelle, ensuite, parce que les dernières élections territoriales de décembre 2017 pour la collectivité unique issue de la fusion des deux anciens départements et de l’ex-collectivité territoriale ont accordé une majorité absolue aux nationalistes de Pè a Corsica. Un large succès qui s’inscrit dans le sillage des conquêtes électorales du courant nationaliste à Bastia en 2014 puis aux élections territoriales de 2015 et, enfin, aux élections législatives de juin 2017, où il a remporté trois sièges de députés sur quatre. Ces derniers scrutins marquent l’effondrement du clanisme traditionnel qui a sédimenté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Ce mouvement social des personnels des maisons de retraite illustre la nécessité d’avoir une politique crédible en matière de dépendance.
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Grève dans les Ehpad : le grand âge a besoin de solutions pérennes

Editorial. Ce mouvement social des personnels des maisons de retraite illustre la nécessité d’avoir une politique crédible en matière de dépendance.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 15h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le « cinquième risque » est en train de se rappeler au bon souvenir du gouvernement. Dix ans après le lancement du plan solidarité grand âge, visant à prendre en compte la dépendance comme un risque à part entière, au même titre que la maladie, les accidents du travail, la retraite et la famille, les moyens mis en œuvre ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux. Au bord de l’asphyxie, les établis­sements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont donc décidé, mardi 30 janvier, de lancer un mouvement de grève inédit, réunissant à la fois personnels et directions.
En sous-effectif criant, les Ehpad ne sont plus en mesure d’assurer la sécurité et la dignité de leurs patients, de plus en plus nombreux, de plus en plus âgés et qui demandent de plus en plus d’accompagnement. Près de 730 000 personnes âgées sont actuellement placées dans ce type d’établissement. Un Français de plus de 90 ans sur trois est concerné. Un tiers des résidents est atteint d’une maladie neurodégénérative. Pour s’en occuper, on ne compte que six ­salariés pour dix vieillards, contre un pour un dans les pays scandinaves.

        Lire aussi :
         

                Le personnel des Ehpad se mobilise pour dénoncer ses conditions de travail



Ce déséquilibre conduit les personnels à accomplir les tâches quotidiennes de base à la chaîne, reléguant le lien humain à l’accessoire. La dégradation des conditions de travail génère des taux d’accidents du travail et d’absentéisme aberrants par rapport aux autres métiers de la santé.
Le problème n’est pas nouveau. La réforme sur la dépendance de 2007, faute de moyens, n’avait pas tenu un quinquennat, Nicolas Sarkozy ayant renoncé à son financement dès février 2012. L’essentiel des moyens provient aujourd’hui des cotisations salariales prélevées au titre de la journée de solidarité, créée en 2004, et de la ­contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie, ponctionnée depuis 2013 sur les retraites imposables. Mais, comme pour l’ex-« vignette auto », les gouvernements ne résistent pas à la tentation de détourner ces recettes au gré des urgences budgétaires.
Rafistolage permanent
Sous le précédent quinquennat, le gouvernement avait tenté de cacher la misère en essayant d’améliorer la répartition des moyens entre établissements, sans répondre toutefois au problème de fond. Certes, les moyens alloués aux Ehpad ont augmenté ces dernières années. Une rallonge de 100 millions d’euros dans le budget 2018 de la Sécurité sociale vient d’être votée et, sous la pression, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a promis de rajouter 50 millions pour faire taire la grogne.

        Lire aussi :
         

                Personnels et directeurs d’Ehpad unis pour une mobilisation inédite



En se contentant de ce saupoudrage, l’Etat fait penser à certaines familles qui se donnent bonne conscience en faisant un chèque pour placer un aïeul en maison de retraite, et ensuite ne lui rend plus visite. La première étape dans ce dossier passe par une véritable écoute du gouvernement, qui pour le moment n’a pas daigné recevoir les représentants de la profession.
Dans un deuxième temps, il faut remettre à plat l’ensemble du système. La croissance des besoins s’annonce exponentielle. D’ici à 2070, le nombre des plus de 75 ans aura doublé et celui des plus de 85 ans aura quadruplé. Se contenter de dire, tel le Caligula d’Albert Camus, « il faut bien que vieillesse se passe », conduirait à l’impasse. Avec l’allongement de la durée de la vie, la question du grand âge s’impose comme un défi sociétal majeur. Il est urgent de mettre en place des solutions de long terme au lieu du rafistolage permanent auquel on assiste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Selon Olivia Gazalé, philosophe et auteure de l’essai « Le Mythe de la virilité », les violences sexuelles et le sexisme découlent de l’idéologie de la virilité.
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« #metoo met au jour la perpétuation du système de domination masculine »

Selon Olivia Gazalé, philosophe et auteure de l’essai « Le Mythe de la virilité », les violences sexuelles et le sexisme découlent de l’idéologie de la virilité.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h19
    |

            Faustine Vincent








                        



                                


                            

Depuis l’éclatement de l’affaire Weinstein, il y a trois mois, des centaines de milliers de femmes ont témoigné des violences sexuelles et du sexisme dont elles ont été victimes. Olivia Gazalé, essayiste, ancienne professeure de philosophie à l’Institut d’études politiques de Paris et auteure de l’essai Le Mythe de la virilité (Robert Laffont, 2017), explique en quoi ces violences découlent, selon elle, de l’idéologie de la virilité, le virilisme, qui considère qu’il y a une hiérarchie des sexes. Elle précise que le système de domination masculine, que dénonce le mouvement #metoo, n’a pas toujours existé.

Que révèle le mouvement #metoo de libération de la parole des femmes ?
Il met au jour la perpétuation du système de domination masculine, malgré des avancées incontestables depuis le début du XXe siècle et les victoires féministes. Il montre que nos représentations sont toujours tributaires de deux archétypes sexués, qui relèvent d’une construction idéologique millénaire et sont un piège pour les deux sexes.
Le premier archétype est celui de la femme essentialisée comme être inférieur, dont le corps est librement appropriable, la parole discréditée, et qui serait coupable du désir qu’elle suscite – idée véhiculée par la mythologie et la religion à travers des figures comme Pandore, Lilith ou Eve.
Les femmes ont intériorisé cette image de la femme fautive pendant des millénaires. C’est, avec la peur, ce qui explique leur long silence face au viol. En cela, #metoo est révolutionnaire car il met fin à deux mille ans de mépris pour la parole des femmes, de culpabilisation des victimes et de culture du silence.
« Jusqu’aux tout derniers millénaires avant notre ère, les femmes avaient beaucoup plus de pouvoirs, droits et prérogatives »
Le deuxième archétype est celui de l’homme défini comme supérieur par essence : puissant, performant, combatif, courageux… C’est le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Passion, jalousie, haine, solitude… rien n’a changé depuis les Grecs anciens, estime le réalisateur de « Wonder Wheel ».
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Woody Allen : « La grande roue est une métaphore de la vie »

Passion, jalousie, haine, solitude… rien n’a changé depuis les Grecs anciens, estime le réalisateur de « Wonder Wheel ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 16h27
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

A 82 ans, alors que Wonder Wheel sort en France, le réalisateur a déjà fini le tournage de A Rainy Day in New York, qui lui vaut une bronca outre-Atlantique. Après l’affaire Weinstein, dont son fils, Ronan Farrow, est à l’origine, Woody Allen, que celui-ci accuse depuis des années d’attouchements sur sa sœur adoptive Dylan Farrow, est de nouveau la cible de critiques violentes. Timothée Chalamet et Rebbecca Hall, deux des acteurs de A Rainy Day in New York, ont annoncé qu’ils donneraient les revenus de ce film à des organisations anti-harcèlement. Woody Allen, que nous avons rencontré à Paris en décembre, a de nouveau réfuté, par ses avocats, ces accusations.

Le désir, la trahison, les limites, c’est la matière de vos films. A la suite de l’affaire Weinstein, on s’offense outre-Atlantique de vous voir tourner « A Rainy Day in New York », un film qui met en relation un homme âgé et une adolescente de 15 ans…
Mais il n’y a rien de la sorte dans mon prochain film. On n’y trouve aucune relation de quelque nature qu’elle soit entre un homme d’un certain âge et une jeune fille. C’est quelque chose que la presse a fabriqué de toutes pièces…
Pourtant, vous n’avez pas peur en général de vous attaquer aux tabous des relations humaines.
C’est le matériau de base de tout auteur dramatique. La grande roue du titre, Wonder Wheel, est une métaphore de la vie. Aujourd’hui, on va sur la Lune et sur Mars, on a des ordinateurs et des robots, mais nous avons les mêmes problèmes émotionnels que les Grecs il y a cinq mille ans : la passion, la jalousie, la haine, la solitude, l’amour d’un autre et la frustration, rien de tout cela n’a changé, cela tourne en rond encore et encore, et dans cinq mille ans on aura fait d’autres progrès scientifiques miraculeux, mais les gens continueront à aimer, à être jaloux et à se sentir trahis. C’est Wonder Wheel, la même grande roue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le mouvement de libération de la parole des femmes bouscule de nombreux hommes dans leur façon de penser, voire de se comporter.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/01/2018
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« #metoo a été une révélation » : des hommes témoignent

Le mouvement de libération de la parole des femmes bouscule de nombreux hommes dans leur façon de penser, voire de se comporter.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 12h05
    |

            Faustine Vincent








                        



                                


                            
« Ce sont les hommes qui violent, qui harcèlent, qui injurient et provoquent les femmes. C’est donc à nous de changer, individuellement et collectivement. » La réflexion de Didier, directeur d’hôpital de 52 ans, résume à elle seule l’un des enjeux majeurs du mouvement #metoo. En trois mois, des centaines de milliers de femmes ont témoigné des violences sexuelles et du sexisme dont elles ont été victimes en utilisant ce mot-clé et sa déclinaison française, #balancetonporc. Une libération de la parole qui, de fait, concerne aussi les hommes.

Entre la crainte d’une « chasse aux sorcières » et une « prise de conscience », les témoignages recueillis par Le Monde donnent à voir combien cette lame de fond, qui interroge les relations entre les deux sexes, bouscule les intéressés dans leur façon de penser, voire de se comporter.
« J’ai enfin compris pourquoi ma sœur avait peur de marcher dans la rue »
Léo, jeune père de 31 ans, avait déjà entendu des histoires d’agressions sexuelles et de harcèlement. Il a pourtant été « très surpris par l’étendue et la fréquence des comportements anormaux ». « C’était difficile de s’en rendre compte, explique-t-il. Ça m’a fait peur pour ma fille. » Même surprise pour François, étudiant en lettres : « Le mouvement #metoo a été une révélation. J’ai enfin compris pourquoi ma sœur avait peur de marcher dans la rue. »
Les langues se sont déliées dans les familles. François, journaliste de 56 ans, a interrogé sa mère, puis ses deux filles. Il en est resté « profondément troublé » : toutes trois avaient été harcelées, dont deux gravement. L’heure est donc à l’introspection. Jacques, artiste-peintre de 78 ans, a fait un « bilan de sa vie : est-ce que j’ai eu, moi, de tels comportements ? Je ne pense pas car rien ne me vient à l’idée, dit-il. Mais c’est peut-être dû à mon âge... » 
Revisitant leur passé à l’aune de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif dénonce les comportements violents à l’encontre des femmes, y compris le recours à la prostitution.
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Des hommes « solidaires de #metoo »

Dans une tribune au « Monde », un collectif dénonce les comportements violents à l’encontre des femmes, y compris le recours à la prostitution.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 07h03
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Des millions de femmes courageuses et solidaires ont lancé, porté et relayé dans des dizaines de pays le mouvement #metoo. Ce raz-de-marée mondial, dont l’ampleur et l’écho sont sans précédent dans l’histoire, constitue une chance unique de refonder les relations entre les femmes et les hommes.
Inévitablement – comme souvent lorsqu’il est question de l’émancipation des femmes –, il suscite en retour un contre-mouvement qui met son point d’honneur à le caricaturer, le réduire ou le dénigrer : à entendre certains, #metoo mettrait en danger la liberté sexuelle et serait l’expression d’une haine des hommes.
En tant qu’hommes, nous jugeons donc le moment venu d’exprimer notre solidarité avec ce mouvement de libération de la parole des femmes, de révolte contre les violences sexuelles et sexistes, et de dénonciation des privilèges et abus masculins.
Délivrer les relations femmes-hommes des carcans
Peut-on regarder la réalité telle qu’elle est ? Notre société reste, dans tous les domaines de la vie privée et publique – politique, médiatique, culturelle, sportive, économique –, profondément inégalitaire.
L’écart salarial entre les femmes et les hommes est encore de 20 %. Les premières consacrent deux fois plus de temps que les seconds aux tâches domestiques et aux enfants. A elles les temps partiels imposés, le plafond de verre et le plancher collant, les images médiatiques dévalorisantes… Consciemment ou inconsciemment, les hommes entretiennent ces inégalités, et tous, il faut le dire, en ont au moins bénéficié.
« Si nous prenons la parole, c’est pour exprimer notre souhait que ce mouvement continue de s’amplifier  »
Pour autant, toute la gent masculine n’est pas composée de harceleurs, d’agresseurs ou de violeurs. C’est pourquoi, a minima, il nous semble urgent que le plus grand nombre possible d’hommes se désolidarisent des auteurs de violences sexuelles et sexistes et s’engagent publiquement en soutien au mouvement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », estime que « si M. Blanquer réussit sur le bac, il aura démontré que la société était mûre pour une réforme en profondeur ».
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« Le baccalauréat n’aura pas lieu… » : chronique d’une réforme (jusqu’ici) impossible

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », estime que « si M. Blanquer réussit sur le bac, il aura démontré que la société était mûre pour une réforme en profondeur ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 09h54
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            
Chronique. Le titre de cette chronique est emprunté à un ouvrage publié au XXe siècle. En 1989 précisément. L’auteur, Guy Bourgeois, était tout sauf un fantaisiste, mais un haut fonctionnaire chevronné, déjà collaborateur de deux ministres de l’éducation nationale (Christian Beullac et René Monory. Il le sera également, plus tard, de François Bayrou).
Dans une fiction très réaliste, il imaginait qu’un grain de sable informatique faisait dérailler la gigantesque machine du baccalauréat (à l’époque, 475 000 candidats et 347 000 lauréats, soit deux fois plus que vingt ans auparavant).
Pour éviter ce scénario catastrophe, M. Bourgeois recommandait de simplifier l’examen, d’instituer un « bac à la carte » permettant aux lycéens de choisir un nombre limité d’« options majeures » et d’« options mineures », enfin d’introduire une part de contrôle dans l’évaluation des candidats.
La réforme préconisée par le rapport Mathiot ressemble comme deux gouttes d’eau aux recommandations esquissées trente ans plus tôt
Fascinante permanence des diagnostics et des remèdes ! Trente ans plus tard, en effet, le rapport que Pierre Mathiot vient de remettre au ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, dresse un constat identique.
Alors que le nombre de candidats a frôlé les 720 000 en 2017 et que le nombre de bacheliers a dépassé les 640 000, le bac est, plus que jamais, « un monstre organisationnel, complexe, lourd, peu lisible » – sans parler de son coût annuel et des « interrogations sur sa valeur certificative », inévitables dès lors que les lauréats échouent massivement en première année d’université.
Mieux encore, la réforme des bacs généraux et technologiques préconisée par M. Mathiot et dont le ministre a validé les grandes lignes – avant sa présentation en conseil des ministres qui doit avoir lieu le 14 février –, ressemble comme deux gouttes d’eau aux recommandations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’anthropologue rappelle que le propre de la modernité est de ne pas utiliser la différence biologique entre hommes et femmes pour justifier des inégalités. Il considère que les polémiques actuelles entre deux conceptions du féminisme relèvent d’une erreur d’appréciation.
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Paul Jorion : « Le genre humain est bisexué, cela implique des comportements distincts »

Dans une tribune au « Monde », l’anthropologue rappelle que le propre de la modernité est de ne pas utiliser la différence biologique entre hommes et femmes pour justifier des inégalités. Il considère que les polémiques actuelles entre deux conceptions du féminisme relèvent d’une erreur d’appréciation.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 09h10
    |

Paul Jorion (Anthropologue)







                        


                                                        
Tribune. Le genre humain est une espèce bisexuée. Dans les espèces bisexuées supérieures (au sens biologique), des rôles reproductifs spécifiques sont attribués aux deux sexes. Dans le genre humain, les femmes portent les enfants, les hommes, non. Cela implique des comportements distincts. Chez les autres mammifères, la différence de ces comportements en fonction du sexe connaît très peu de variété.
Dans le genre humain, les cultures ont introduit, à partir de la différence biologique, une variété considérable dans les comportements recommandés et prescrits. De manière générale, les cultures ont exagéré la différence exigée dans les comportements à partir du donné biologique.

C’est le propre de la modernité d’avoir lutté – et d’avoir remporté d’importantes victoires – pour que la différence biologique entre femmes et hommes cesse de constituer le prétexte futile à des disparités de traitement, à des inégalités. Mais la modernité, aussi militante soit-elle, ne pourra pas araser l’existence de différences biologiques entre les hommes et les femmes.
De même que si les femmes et les hommes copulent pour assurer la reproduction de l’espèce, pour rechercher leur plaisir, et à l’occasion, pour satisfaire les deux, cette modernité ne pourra pas faire que leurs comportements soient parfaitement identiques. Exiger qu’ils le soient en tous points, en particulier lorsqu’ils « négocient » leur accord, est une cause perdue.
Des structures de domination
Le genre humain fait partie des grands singes, chez qui se constituent des structures de domination, en particulier dans l’instrumentalisation des hiérarchies qui permettent au dominant d’imposer des relations sexuelles au dominé. Le mâle est en général dominant et l’ascendant s’exerce le plus souvent au détriment de la femelle. Mais ce n’est pas toujours le cas.

J’ai ainsi un ami dont la carrière scientifique fut interrompue en France pour avoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.
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« We too » : un appel aux hommes à s’engager contre les violences faites aux femmes

Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 17h40
   





                        


« Nous aussi, nous voulons l’égalité. » Plus de trois mois après le début de #metoo, grand mouvement de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann ont appelé les hommes à exprimer leur soutien aux femmes.
Dans une lettre ouverte publiée dans Le Nouveau Magazine littéraire (dont Raphaël Glucksmann est le directeur de la rédaction), ils prennent la parole « à [leur] tour », et se positionnent contre « des structures de dominations ».

        Lire aussi :
         

                De DSK à #balancetonporc, une révolution française



Faisant référence notamment à la « liberté d’importuner » clamée par les signatrices de la tribune parue dans les colonnes du Monde au début du mois de janvier, Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius déclarent ne pas vouloir « de ces “libertés” si elles s’inscrivent dans des situations et des structures de domination ». Ajoutant : « On nous a appris enfants que notre liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres et nous pensons que la liberté des femmes à ne pas être importunées est ici la question centrale. »
« Un combat commun »
« Nous ne voyons pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle, la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux », estiment encore les deux signataires, qui disent s’inscrire dans « un combat commun [des femmes et des hommes] contre les injustices faites aux femmes ». Reprenant la formule « me too », MM. Hazanavicius et Glucksmann signent « Nous aussi. We too ».

        Lire aussi :
         

                « Mesdames, prenez conscience de ces agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires »



Depuis les premières révélations sur les violences sexuelles soupçonnées du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein envers des dizaines d’actrices, de nombreuses femmes ont pris la parole pour dénoncer les actes dont elles ont été victimes ou pour exprimer leurs positions sur la question des violences sexuelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Pour le médecin américain Robert Lustig, cette quête du plaisir, fondée sur la dopamine, est l’ennemie du bonheur, qui dépend, lui, de la sérotonine.
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Réseaux sociaux, sucre... les Occidentaux accros à la dopamine

Pour le médecin américain Robert Lustig, cette quête du plaisir, fondée sur la dopamine, est l’ennemie du bonheur, qui dépend, lui, de la sérotonine.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h52
    |

            Stéphane Foucart (San Francisco (Etats-Unis), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Cette fugace piqûre de bien-être, cette satisfaction éphémère, ce goût de ­reviens-y… De l’utilisation des réseaux sociaux à la consommation de sucre et d’aliments transformés, le plaisir bon marché n’a jamais été aussi pervasif, suscité en permanence par une multitude de nouveaux produits et de services, marketés comme autant de conditions sine qua non au bonheur.
Plaisir, bonheur : ces deux mots sont au centre de The Hacking of the American Mind (Penguin, 2017, non traduit), le dernier livre du pédiatre et neuroendocrinologue américain Robert Lustig, tout juste paru aux Etats-Unis. Célèbre pour ses travaux académiques sur le sucre – détaillés dans un ouvrage qui vient d’être traduit (Sucre, l’amère vérité, Thierry Souccar éditions, 400 pages, 19,90 €) –, le professeur de l’université de Californie à San Francisco (Etats-Unis) y expose une réflexion scientifique saisissante, aux implications majeures pour la société occidentale.

Non seulement le bonheur n’est pas la conséquence naturelle de l’accumulation du plaisir, explique-t-il, mais la recherche effrénée de celui-ci pourrait au contraire inhiber le sentiment de plénitude et de contentement.
Robert Lustig exploite la littérature scientifique récente sans faire mystère de la difficulté à, parfois, établir avec certitude certains liens de causalité entre des comportements et certaines réactions biochimiques. Mais il n’en développe pas moins un ­argumentaire révélant l’un des plus graves malentendus de notre temps, en montrant que le plaisir peut être l’ennemi du bonheur. Entretien.
Pour de nombreuses personnes, la recherche du plaisir est un préalable au bonheur, ou l’une de ses conditions. Pourquoi penser que ­bonheur et plaisir sont à ce point différents ?
Le bonheur et le plaisir ne sont en effet pas identiques. Ce sont des phénomènes distincts, très dissemblables, et si nous ne le percevons pas, c’est ­essentiellement parce...




                        

                        

