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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le président guinéen revient sur son année à la tête de l’Union africaine. Il dit « regretter » l’absence d’initiatives sur les crises en Libye, RDC et en Centrafrique.
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Entretien

Alpha Condé : « Les crises africaines seront de plus en plus résolues par les Africains »

Le président guinéen revient sur son année à la tête de l’Union africaine. Il dit « regretter » l’absence d’initiatives sur les crises en Libye, RDC et en Centrafrique.

Propos recueillis par                                            Ghalia Kadiri (Addis-Abeba, envoyée spéciale) et 
Joan Tilouine (Addis-Abeba, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-30T18:26:43+01:00"

        Le 30.01.2018 à 18h26






    
Le président guinéen Alpha Condé et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors du 30e sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba, le 28 janvier 2018.
Crédits : Tiksa Negeri / REUTERS


Le chef d’Etat guinéen, Alpha Condé, vient de quitter la présidence de l’Union africaine (UA). « Je me suis efforcé, malgré les limites, d’imprimer une nouvelle dynamique », a-t-il déclaré le 28 janvier, dans son discours d’ouverture du 30e sommet de l’UA, à Addis-Abeba. Avant de passer le flambeau au président rwandais, Paul Kagamé, le Guinéen a insisté sur la nécessité de « passer de la rhétorique à l’action, des promesses aux résultats concrets et tangibles ».

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En 2018, sous l’impulsion de M. Kagamé, l’UA pourrait faire sa mue et même devenir, pour la première fois dans son histoire, indépendante financièrement. Telle est la priorité de la réforme institutionnelle que doit concrétiser le Rwandais. Depuis la capitale éthiopienne, Alpha Condé, 79 ans, revient sur son année à la tête de l’organisation panafricaine.
Quel bilan dressez-vous de cette année de présidence de l’UA ? 
Alpha Condé Ce n’est pas à moi de faire le bilan ! J’ai essayé, par fidélité à ce que j’ai toujours défendu, de servir le continent et de faire avancer l’UA. Toute ma vie, j’ai combattu, d’abord pour les indépendances africaines, puis pour l’unité de l’Afrique. Assurer la présidence de l’UA s’est donc inscrit dans la continuité de cette histoire. La bataille de l’unité africaine, je ne la mène pas depuis un an.
En tant que président, je me suis battu pour rendre l’UA plus efficace, réduire les sujets abordés lors des sommets afin qu’ils ne durent qu’une seule journée et non deux. Moins de palabres et plus de travail, tel était mon souhait.

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Enfin j’ai bien rappelé aux chefs d’Etat africains qu’ils doivent assister eux-mêmes aux sommets de l’UA et non pas dépêcher des vice-présidents ou des ministres pour les représenter. Car si nous, présidents, ne prenons pas au sérieux notre organisation, qui le fera ?
Quelles ont été les limites et les échecs rencontrés ? 
J’aurais souhaité mettre en place un gouvernement d’union nationale en Libye. Nous avons adopté une feuille de route et nommé le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, à la tête d’un Comité de haut niveau de l’UA sur la crise libyenne. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à créer un consensus avec tous les acteurs libyens.
En Centrafrique, j’espérais pouvoir faire taire les armes et en République démocratique du Congo, j’aurais voulu que l’UA parvienne à soutenir l’organisation des élections. Ces trois objectifs n’ont pas été atteints. Je le regrette.

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En tant que président de l’UA durant une année, n’avez-vous pas délaissé votre pays, la Guinée, où les défis sont également considérables ?
En 2017, je n’ai pas passé une semaine complète en Guinée, qui a aussi traversé des moments difficiles. Mais j’ai voulu honorer mon mandat à la tête de l’UA. A travers moi, la Guinée s’est investie pour que le continent parvienne à parler d’une seule voix, comme sur les crises du Moyen-Orient ou sur le terrorisme, et prenne un peu plus son destin en main.
J’ai l’impression que les chefs d’Etat s’investissent de plus en plus dans l’UA, notamment les « Champions » qui ont en charge des thèmes particuliers tels que la migration, le libre-échange et la lutte contre le terrorisme… Chaque président prend désormais cela très au sérieux et donne du temps et des moyens à l’UA. Avec l’arrivée de Paul Kagamé, je crois que cette ligne va continuer, que les crises africaines seront de plus en plus résolues par les Africains.
Finalement, votre bilan ne repose-t-il pas sur les réformes institutionnelles de l’UA portées par Paul Kagamé ? 
Non. Le premier défi auquel j’ai été confronté a été la réintégration du Maroc dans l’UA. Certains redoutaient que cela fasse éclater l’UA. Les tensions étaient fortes entre les Etats reconnaissant le [front] Polisario, considéré comme un mouvement de libération, et ceux qui soutiennent le Maroc. Nous sommes finalement parvenus à un consensus.

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Le second défi a été le sommet Union européenne - Union africaine [en novembre 2017 à Abidjan]. D’ailleurs, le roi Mohammed VI était présent de même que le Polisario. Mais ce qui est important, c’est que nous, Africains, ayons pu inscrire à l’agenda les questions de la jeunesse et de la migration.
Pensez-vous que la réforme institutionnelle menée par le président Kagamé va enfin rendre l’UA plus efficace ? 
Elle va rendre l’UA indépendante financièrement. Pour le moment, vingt-six pays appliquent la taxe à 0,2 % [sur une liste de produits importés] destinée à financer l’organisation. J’ai insisté pour que nous l’appliquions. C’est une avancée historique pour l’Afrique.
Que préconisez-vous pour que l’UA soit moins bureaucratique ? 
Il y a encore du travail. Il faut notamment faire des économies et mieux contrôler les budgets. Certains employés de l’UA se font plaisir, voyagent trop, et accumulent des dépenses inutiles… C’est le cœur de la réforme Kagamé.



Pourquoi l’UA semble-t-elle toujours incapable de résoudre les crises elle-même ? 
Soyons sérieux ! Nous avons géré la crise gambienne, sans débordement. Le président [du Zimbabwe] Robert Mugabe a quitté le pouvoir, sans problème, de même que le président [de l’Angola] José Eduardo dos Santos.
C’est l’UA qui est présente en Somalie, avec sa mission, l’Amisom, au Sahel avec le G5, dans le bassin du lac Tchad avec la Force multinationale mixte qui lutte contre Boko Haram. En matière de résolution des crises africaines par les Africains, je suis très clair : il faut que les puissances étrangères cessent leurs ingérences. Elles nous causent trop de problèmes.
A quelle crise et quelles ingérences faites-vous allusion ? 
Prenons le cas de la Libye. Les chefs d’Etat africains avaient mis en garde contre les dangers d’une intervention occidentale. Car nous savions que ce pays sombrerait dans le chaos. Résultat : ça a contaminé tout le Sahel.

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Aujourd’hui, l’UA a une très bonne feuille de route pour sortir la Libye de la crise. Si les puissances étrangères laissaient l’UA agir au lieu d’imposer leurs propres agendas, on avancerait.
C’est comme si vous cherchiez une aiguille et que quelqu’un a le pied dessus. Il ne faut pas nous accuser de ne pas trouver l’aiguille ! Il faut donc arrêter de dire que l’UA ne gère pas les crises africaines. Nous n’avons pas d’agenda. Nous ne soutenons aucun camp. Ce qui nous importe, c’est le rétablissement de la paix.

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Pourquoi avez-vous décidé, juste avant ce 30e sommet de l’UA, de vous rendre en Guinée équatoriale pour vous entretenir avec le président Teodoro Obiang, qui dit avoir déjoué une tentative de coup d’Etat fin décembre ? 
C’était plutôt une tentative d’invasion de mercenaires. J’ai tenu à apporter le soutien de l’UA au président Obiang. Car c’est inadmissible que des mercenaires cherchent à déstabiliser des pays africains. J’ai tenu à ce que le peuple équato-guinéen sache que l’UA est derrière son président.

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L’ancien président gambien, Yahya Jammeh, vit en exil en Guinée équatoriale depuis janvier 2017. Il est notamment accusé de détournements de fonds par les nouvelles autorités démocratiquement élues. Doit-il être jugé par des chambres africaines extraordinaires comme l’ancien président tchadien Hissène Habré ? 
J’ai reçu Yahya Jammeh à Malabo il y a quelques jours. Le président Obiang s’occupe bien de lui. L’ancien président gambien a accepté de quitter le pouvoir, de partir alors qu’il aurait pu rester. Son cas n’a rien à voir avec celui d’Hissène Habré. Ce n’est pas comparable. Yahya Jammeh est un panafricain.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Touchée par de graves pénuries, la métropole sud-africaine du Cap pourrait couper l’eau courante dès la mi-avril. Une raréfaction de l’eau qui touchera des centaines de villes en 2050, selon une étude du « Nature Sustainbility Journal ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le classement biannuel de l’association Tax Justice Network s’inquiète de l’attitude de plus en plus agressive des Etats-Unis pour récupérer l’argent étranger.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Suisse et Etats-Unis en tête : le vrai classement des paradis fiscaux

Le classement biannuel de l’association Tax Justice Network s’inquiète de l’attitude de plus en plus agressive des Etats-Unis pour récupérer l’argent étranger.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 18h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Une liste noire des paradis fiscaux, avec des critères objectifs et pas de tractations secrètes de dernière minute ? Loin de celle controversée dressée par l’Union européenne, où il ne reste plus que neuf pays, l’association Tax Justice Network (TJN) réalise la sienne tous les deux ans, passant à la loupe cent douze juridictions. Publiée mardi 30 janvier, elle classe une nouvelle fois en tête la Suisse, suivie des Etats-Unis et des îles Caïmans.
« Contrairement à d’autres, la liste n’est pas fondée sur des décisions politiques », tacle TJN. L’Europe n’est donc pas exemptée : le Luxembourg est à la 6e place, juste devant l’Allemagne, tandis que Guernesey est à la 10e place. Trois juridictions asiatiques se retrouvent aussi dans le Top 10, avec Hongkong, Singapour et Taïwan.
L’une des principales leçons de ce classement est la montée en puissance des Etats-Unis. Classés 6e en 2013, puis 3e en 2015, les voilà désormais à la 2e place. « Et si cela continue, il est bien possible qu’ils se retrouvent en tête lors du prochain classement », estime John Christensen, le président de TJN. En cause : le choix politique des Etats-Unis de lutter fermement contre les paradis fiscaux à l’étranger, tout en se montrant très laxiste chez eux.
« Opacité financière »
L’étude de TJN dépasse les simples paradis fiscaux pour se concentrer sur le concept plus large de « l’opacité financière » des pays. Le calcul combine deux indices : la transparence d’une juridiction (échange automatique de données ou pas, existence d’un registre des bénéficiaires des entreprises ou pas, etc.) et la taille de son secteur financier. En mélangeant les deux, TJN mesure l’impact mondial du pays sur la finance douteuse (criminalité financière, évasion fiscale, blanchiment d’argent…).
En ne prenant que la première mesure, les paradis fiscaux les plus fermés sont Vanuatu, Antigua-et-Barbuda et les Bahamas. Mais, en intégrant leur importance dans la finance mondiale, la Suisse (4,5 % des flux financiers internationaux) et les Etats-Unis (22,3 %) passent en tête.
Pour la Suisse, TJN reconnaît que de vrais efforts ont été faits, mais estime que ceux-ci sont partiels et lents. Côté positif, le pays a accepté de se joindre à l’accord d’échange automatique de données mis en place par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Cette mesure, clé de voûte de la lutte contre l’évasion fiscale, est appliquée par la Confédération Helvétique depuis le début de l’année. Concrètement, cela signifie que si un Français possède un compte en Suisse (déclaré ou pas), les autorités françaises devront être mises au courant automatiquement, sans avoir besoin de le demander.
Approche à deux vitesses
Problème, d’après TJN, la Suisse a choisi une approche à deux vitesses : une coopération exemplaire avec les pays occidentaux, mais une vraie hésitation à échanger des données automatiquement avec les pays émergents. C’est ce que l’association surnomme l’approche « zèbre » : « de l’argent propre, blanc, pour les pays riches et puissants ; de l’argent sale, noir, pour les pays vulnérables et en voie de développement ».
Si la Suisse est l’histoire d’un progrès insuffisant, les Etats-Unis représentent en revanche une situation qui s’aggrave. Selon TJN, la stratégie américaine se résume ainsi : « se défendre contre les paradis fiscaux étrangers, tout en étant un paradis fiscal pour les étrangers ».
Au cœur de cette approche unilatérale se trouve le refus des Américains de se joindre à l’échange automatique de données de l’OCDE. Washington estime qu’elle n’en a pas besoin, puisqu’elle a sa propre législation, en vigueur depuis 2014, fondée sur le même principe, le FATCA (Foreign Account Tax Compliance Act). Le bémol : cette loi est profondément déséquilibrée, forçant les pays étrangers à envoyer toutes les informations qu’ils ont sur les ressortissants américains, mais se montrant très avare pour informer sur les ressortissants étrangers qui ont des comptes aux Etats-Unis.
Coopération avec les pays émergents 
Résultat, les institutions financières américaines en profitent pour chasser les clients, particulièrement dans les pays émergents. « Elles ont mis en place un marketing très agressif à l’international, insistant sur le fait que le FATCA n’est pas réciproque », explique M. Christensen.
Visiblement, ça marche : la part de marché des Etats-Unis dans les flux financiers internationaux est passée de 19,6 % en 2016 à 22,3 % aujourd’hui. A cela s’ajoute l’attitude des Etats du Delaware, du Wyoming et du Nevada, qui permettent d’enregistrer des entreprises prête-noms et des trusts complètement anonymes extrêmement facilement. « Là-bas, c’est le Far West », estime M. Christensen.
Le classement est enfin peu tendre envers l’Allemagne, qui traîne les pieds à Bruxelles pour éviter la mise en place d’un registre des bénéficiaires des véhicules financiers, et qui hésite à signer des accords d’échange automatique de données avec les pays émergents. Quant au Royaume-Uni, son bon score (23e place, juste devant la France à la 25e place), s’explique parce qu’il est pris de façon isolée, loin de ses dépendances et de ses territoires d’outre-mer semi-autonomes : « la duplicité est flagrante », conclut M. Christensen.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Christopher Parker avait été présenté comme un héros ayant aidé des victimes, mais des vidéos de surveillance avaient révélé qu’il s’était emparé de biens de victimes de l’attentat survenu lors d’un concert.
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Un SDF condamné pour avoir volé des victimes de l’attentat de Manchester

Christopher Parker avait été présenté comme un héros ayant aidé des victimes, mais des vidéos de surveillance avaient révélé qu’il s’était emparé de biens de victimes de l’attentat survenu lors d’un concert.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 17h40
   





                        


Chris Parker avait été présenté dans un premier temps comme un héros. Mardi 30 janvier ce sans-domicile-fixe a été condamné à une peine de plus de quatre ans de prison pour avoir volé de l’argent et un téléphone portable à des victimes de l’attentat de Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre.
M. Parker avait affirmé avoir aidé quelques-uns des blessés de l’attaque survenue lors d’un concert d’Ariana Grande le 22 mai 2017, qui a coûté la vie à 22 personnes. Vu comme un héros sur internet, une collecte de fonds pour lui venir en aide avait récolté plus de 50 000 livres (57 000 euros). C’était avant que les internautes n’apprennent que des images de vidéosurveillance le montrent en train de dérober des biens de personnes blessées ou tuées.
Sur les images on pouvait notamment l’apercevoir se penchant sur une femme blessée pour lui prendre son sac à main alors que sa petite-fille de 14 ans agonisait à ses côtés. Il avait ensuite utilisé sa carte bancaire dans un fast-food.
« Vous n’étiez qu’un vulgaire voleur »
L’homme a reconnu avoir volé un portefeuille et un téléphone portable à deux victimes. Le tribunal de Manchester l’a condamné à une peine de quatre ans et trois mois de prison. « Vous n’étiez pas le héros que vous prétendiez être, vous n’étiez qu’un vulgaire voleur », lui a lancé le juge, estimant « difficile de trouver un ensemble de circonstances plus répréhensibles ».
« Peu importe dans quelle situation personnelle vous vous trouvez, voler les affaires de personnes blessées et terrifiées est déplorable », a commenté, après la décision de justice, un responsable de la police de Manchester. L’accusation avait précisé que M. Parker avait fourni une « aide limitée » mais avait aussi saisi l’occasion pour commettre des vols juste après l’attaque.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.
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Une histoire du Proche-Orient multimillénaire contrastée

Alors que les mondes arabe, perse, turc et kurde traversent de fortes turbulences en ce début d’année 2018, les meilleurs spécialistes revisitent l’histoire de cette civilisation millénaire dans ce « hors-série » du « Monde », pour comprendre comment cette région est devenue, en un peu plus d’un siècle, une terre d’affrontements aux conséquences géostratégiques mondiales.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h15
    |

Chantal Cabé (Rédactrice en chef adjointe de « La Vie ») et Michel Lefebvre (Responsable des hors-séries du « Monde »)







                        



   


Le ciel tourmenté du Proche-Orient ne doit pas éclipser ses lumières. Pendant des siècles, ce foyer de civilisations a irradié l’humanité tout entière. Il suffit de quelques marqueurs pour saisir la singularité historique de cette région du monde. De l’invention de l’écriture par les Sumériens à la naissance du christianisme, de l’Egypte pharaonique aux splendeurs de Babylone, de l’illustre Saladin au puissant calife de la Sublime Porte… L’Occident s’est construit dans l’héritage de ce glorieux patrimoine venu des pays d’Orient, le Proche ou le Moyen, selon.
Mais comment, en à peine un siècle, ce Proche-Orient si longtemps porteur des lumières de l’« âge d’or » arabo-musulman est-il devenu un terrain de violences et d’affrontements, un nœud d’enjeux stratégiques, avoués ou dissimulés, un vecteur d’identités, sociales ou religieuses, aussi fortes qu’antagonistes ?
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples (Arabes, Turcs, Kurdes, Perses…), de religions (islam, judaïsme, christianisme) et de cultures (byzantine, arabe, ottomane, persane).
Cette puissance de rayonnement fut encore renforcée au cours du dernier siècle. Car nulle part ailleurs sur la planète, les grandes nations n’ont une telle proximité. L’Occident y a successivement affronté le bloc soviétique (URSS), l’Iran, la péninsule Arabique, la Russie, la Turquie… Au point que, depuis 1945, le centre de gravité des relations internationales semble bien s’être fixé au Proche-Orient, nourri par l’enlisement du conflit israélo-palestinien.
Forces centrifuges de puissances néfastes
Aujourd’hui encore, cette région constitue un axe autour duquel les puissances, régionales et mondiales, se chevauchent et s’entrechoquent, avec pour effet immédiat la décomposition de trois États arabes (Irak, Syrie, Yémen). Le résultat de ces chocs est connu : les peuples si divers d’un Levant pluriethnique et multiconfessionnel n’ont guère réussi jusqu’ici à écrire par eux-mêmes leur histoire commune.
La déclaration unilatérale du président américain Donald Trump en décembre 2017 sur le statut de Jérusalem est une nouvelle preuve de ces ingérences destructrices. Une fois encore, en raison notamment de la richesse de ses ressources naturelles (pétrole et gaz), la région semble condamnée à subir les forces centrifuges de puissances extérieures et néfastes.
La force attractive de cette partie de l’Orient trouve son originalité dans un espace géographique réduit où se sont côtoyés et entremêlés quantité de peuples et de religions
Cette nouvelle édition de L’Histoire du Proche-Orient n’entend pas fournir une seule clé qui, telle un passe-partout, ouvrirait toutes les portes de cette terre si composite. L’Histoire est faite d’une infinité d’événements complexes qui s’accommodent mal de ce genre de raccourci.
Pour analyser et comprendre, nous avons misé sur un large trousseau. C’est donc avec le souci de réintroduire la lumière dans l’ombre apparente, à l’aide de cartes et de documents inédits, par la diversité d’analyse des journalistes de nos deux rédactions accompagnés des meilleurs spécialistes, que nous vous invitons à (re) découvrir l’histoire de ce berceau millénaire de civilisations. Par-delà les préjugés et au-delà des émotions.
L’Histoire du Proche-Orient. 10 000 ans de civilisation, « hors-série » du Monde, nouvelle édition, 188 pages, 12 euros, en vente en kiosques auprès de la boutique du Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le niveau de classification « confidentiel défense » sera supprimé d’ici à fin 2019.
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La France va adapter son « secret-défense » pour mieux échanger avec ses alliés

Le niveau de classification « confidentiel défense » sera supprimé d’ici à fin 2019.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 16h58
    |

            Nathalie Guibert








                        


Le « secret-défense » occupe une place centrale dans la démocratie française : 400 000 personnes habilitées dans l’appareil d’Etat en 2017, 4 000 officiers de sécurité dans les entreprises et les administrations, 5 millions de documents classifiés et un accès parcimonieux imposé aux archives historiques. Il va être réformé d’ici à fin 2019, a annoncé le secrétariat général pour la défense et la sécurité nationale (SGDSN) mardi 30 janvier, en dévoilant ces chiffres. Cet organe dépendant du premier ministre publie son deuxième rapport sur le sujet en espérant en faire « la pédagogie auprès du Parlement et de l’opinion ».
Une concertation interministérielle est en cours pour satisfaire deux priorités : « Faciliter les échanges de données avec les pays alliés en alignant les niveaux de classification » et « améliorer la protection de l’information classifiée dématérialisée face à la menace cyber ». Les grands alliés de la France, Etats-Unis et Royaume-Uni en tête, ont des classifications équivalentes et la réforme aura pour but de faciliter les échanges de renseignement bilatéraux, mais aussi dans l’OTAN et dans l’Union européenne, qui ont édicté des cadres communs.

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De trois à deux niveaux de classification
Paris a signé 41 accords généraux de sécurité avec des Etats étrangers, rappelle le SGDSN. Dans le cadre des exportations d’armement, le volet protection du secret est majeur : il a fait l’objet d’un long travail pour aboutir à un accord gouvernemental particulier entre la France et l’industriel Naval Group (ex-DCNS) dans le cadre de la vente de sous-marins à l’Australie. Les autorités de Canberra s’étaient vivement inquiétées après des fuites de données sur le précédent contrat de vente de navires à l’Inde.
Il s’agit aussi de simplifier les procédures, afin « d’éviter une inflation inutile de données classifiées », assure le secrétaire général, Louis Gautier, alors que chercheurs, juges d’instruction et associations de défense des droits de l’homme critiquent les excès du secret-défense.
Des trois niveaux de classification – « confidentiel défense », « secret défense » et « très secret défense » – seul les deux derniers subsisteront. Dans les faits, la grande majorité des informations, classées « confidentiel défense » seront intégrées au niveau supérieur « secret défense » (10 % des documents aujourd’hui). Au sein du « très secret », une classification spéciale « X secret » sera apposée sur les informations les plus sensibles, accessibles à des groupes très restreints de personnes (moins d’une dizaine) et bénéficiant de réseaux de transmission particuliers.
Faciliter l’accès aux archives historiques
Entrent dans la classification la plus haute la plupart des documents opérationnels (opérations militaires, de chiffrement, cyber opérations), ainsi que les données de recherche présentant un risque de prolifération pour des armes de destruction massive et les informations de la dissuasion nucléaire. Ainsi, « une note informant le président de la république du mode d’action et du pays responsable d’une attaque informatique contre une entreprise, qui pouvait relever du “confidentiel” sera à l’avenir “secret défense” ; le planning de sortie des sous-marins nucléaires sera classé “très secret” ; et les plans de renouvellement des armes nucléaires sera “X secret” », illustre un spécialiste du SGDSN.
Le gouvernement « réfléchit » par ailleurs à un moyen de faciliter l’accès aux archives historiques, avec un système d’ouverture semi-automatisé lorsque les dates de prescription (50 ans ou 100 ans selon les cas) sont atteintes.
La mandature de François Hollande a été marquée par un « effort de déclassification », assure encore le SGDSN, avec 3 672 documents déclassifiés par le ministère de l’intérieur, 2 569 par celui des armées, et 38 par celui de l’agriculture pour l’année 2016. Le SGDSN cite la promesse d’ouvrir les archives de l’Elysée sur le génocide du Rwanda. Mais cet engagement de 2015 n’a pas été suivi d’effets, avait dénoncé dans Le Monde en août 2017 un collectif d’historiens et d’avocats. Emmanuel Macron a pour sa part promis en novembre 2017 lors de sa visite au Burkina Faso de déclassifier la part française des archives relatives à l’ancien président Thomas Sankara, assassiné lors d’un putsch en 1987.

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Une dizaine de procédures sont en cours devant la justice pénale pour compromission du secret-défense, dont deux concernent des officiers du ministère des armées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Venus d’Ankara au Congrès pour la paix en Syrie, des opposants au régime de Damas ont refusé de quitter l’aéroport à la vue du drapeau officiel syrien.
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A Sotchi, un avion d’opposants syriens fait demi-tour

Venus d’Ankara au Congrès pour la paix en Syrie, des opposants au régime de Damas ont refusé de quitter l’aéroport à la vue du drapeau officiel syrien.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 16h36
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et 
Isabelle Mandraud (Sotchi (Russie, envoyée spéciale)








                        



   


Déjà mal engagé, après la défection des principaux représentants de l’opposition, puis des Kurdes, le sommet pour la paix en Syrie, qui s’est ouvert à Sotchi, mardi 30 janvier, sous l’égide de la Russie, a buté sur un obstacle supplémentaire inattendu. Alors que les délégations mandatées par le régime de Damas et par l’opposition proche de Moscou arrivaient les unes après les autres, lundi, dans la station balnéaire russe au bord de la mer Noire, les passagers d’un avion en provenance d’Ankara (Turquie) ont refusé de sortir de l’aéroport à la vue du drapeau officiel syrien présent sur tous les panneaux d’accueil dès leur descente d’avion.

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Une longue nuit de tractations a alors commencé pour les quelque 70 opposants dépêchés par Ankara à Sotchi, comme une concession d’allié à allié, pour ne pas laisser trop dégarnis les rangs des principaux adversaires de Bachar Al-Assad. Selon une source turque, il s’agit d’opposants « venus à titre individuel » et non d’un groupe de l’Armée syrienne libre, comme la rumeur avait commencé à circuler.
Les organisateurs russes ont bien tenté de dénouer la crise, en proposant de refaire tous leurs badges d’accréditation au Congrès, également porteurs du drapeau. Les panneaux lumineux de l’aéroport ont été éteints. L’emblème honni a été prestement masqué à l’hôtel où devait descendre la délégation. Mais rien n’y a fait lorsque les passagers contrariés se sont rendu compte que toute la ville avait ainsi été pavoisée.
« Nous allons rentrer à Ankara »
A Sotchi, la nouvelle, qui s’était répandue dès lundi soir, a enflé. Des images surréalistes d’hommes épuisés, dormant à même le sol, dans une salle de l’aéroport, sont peu à peu apparues sur les réseaux sociaux. Puis une vidéo a été diffusée. « Les promesses que nous avaient faites les Russes n’ont pas été tenues, (…) nous allons rentrer à Ankara », y annonce Ahmed Tomah, ex-premier ministre du gouvernement en exil de l’opposition, basé à Gaziantep, dans le sud de la Turquie, entouré d’un petit groupe d’hommes et de femmes porteurs des drapeaux de la rébellion syrienne, avec ses trois étoiles au lieu de deux. Ahmed Tomah dirigeait la délégation syrienne, lors du dernier round de discussions, parrainé par la Russie, la Turquie et l’Iran à Astana (Kazakhstan), en décembre 2017.

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Mardi, le Congrès lui-même a ainsi commencé avec deux bonnes heures de retard, le temps pour le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, de persuader par téléphone son homologue turc, Mevlüt Cavusoglu, de tenter de convaincre les récalcitrants. Sans aboutir. La plupart des opposants sont remontés dans l’avion. « Ce n’est pas important, le Congrès continue », confiait, dans les couloirs, le vice-ministre des affaires étrangères iranien, Hossein Jaberi Ansari, en prenant à témoin la salle pleine à craquer du centre des expositions de Sotchi.
Mais une contrariété ne venant jamais seule, lorsque, enfin, la discussion s’est ouverte, quelques cris ont fusé, contraignant M. Lavrov à réclamer le calme, alors qu’il venait à peine d’achever la lecture d’une lettre de bienvenue du président russe, Vladimir Poutine. « Agresseurs ! », a lancé un homme. « Gloire à la Russie », lui a répondu un autre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Sur les 381 suspects arrêtés le 4 novembre 2017 et enfermés dans l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad pour corruption, 56 sont encore détenus « en raison d’autres dossiers criminels ».
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Purge anticorruption en Arabie saoudite : la plupart des suspects libérés

Sur les 381 suspects arrêtés le 4 novembre 2017 et enfermés dans l’hôtel Ritz-Carlton de Riyad pour corruption, 56 sont encore détenus « en raison d’autres dossiers criminels ».



Le Monde
 |    30.01.2018 à 15h01
   





                        



   


Le procureur général d’Arabie saoudite, Saoud Al-Mojeb, a annoncé, mardi 30 janvier, que sur les 381 suspects interrogés dans le cadre d’une campagne anticorruption lancée le 4 novembre 2017, 56 étaient toujours en détention.
Dans une déclaration officielle, Saoud Al-Mojeb a expliqué que l’examen des dossiers était « terminé », que les négociations et les arrangements avec les personnes accusées de corruption avaient « abouti » et que certains dossiers avaient été transmis au bureau du procureur en vue des « procédures pertinentes ».
Ce bureau a décidé de libérer tous les individus pour lesquels les accusations n’étaient « pas suffisamment fondées » et tous ceux avec lesquels le gouvernement a conclu des accords après qu’ils ont « admis les accusations de corruption ».
Cependant, 56 individus restent en détention, le procureur général ayant refusé tout arrangement avec eux, « en raison d’autres dossiers criminels en cours » et afin de « poursuivre le processus d’enquête ».
107 milliards de dollars
M. Al-Mojeb a précisé que les accords conclus avec certains suspects allaient permettre aux autorités de récupérer plus de 400 milliards de riyals (107 milliards de dollars), remboursés sous forme d’avoirs immobiliers, commerciaux, en titres et en espèces.
La campagne anticorruption sans précédent dans le royaume saoudien avait été lancée le 4 novembre 2017 par le puissant prince héritier, Mohammed Ben Salman Al-Saoud, 32 ans. Parmi les suspects figuraient des princes, des ministres, d’anciens ministres et des hommes d’affaires. Plusieurs des personnalités arrêtées avaient déjà été libérées et les autorités avaient rapporté que la plupart avaient accepté un arrangement financier en échange de leur libération.

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Le plus médiatisé d’entre eux, le prince Al-Walid Ben Talal, 62 ans, cousin du prince héritier, a été libéré samedi après avoir conclu un « arrangement » avec les autorités dont la teneur n’a pas été divulguée. Il fait partie des plus grandes fortunes mondiales.
Al-Walid Ben Talal était détenu avec d’autres personnalités à l’hôtel Ritz-Carlton, un palace de la capitale saoudienne fermé au public et transformé en « prison dorée » depuis près de trois mois.

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Selon l’Agence France-Presse, il était impossible mardi de confirmer que tous les occupants avaient quitté les lieux. Le Ritz-Carlton de Riyad doit en principe rouvrir ses portes le 14 février. Cet hôtel n’était pas le seul lieu de détention des suspects interrogés dans le cadre de la campagne anticorruption.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1968, le Front national de libération attaque par surprise une centaine de villes, dont Saïgon, et des bases américaines au Sud-Vietnam. Comment « Le Monde » a-t-il couvert cette offensive ?
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Il y a cinquante ans, l’offensive du Têt prenait par surprise les Américains au Vietnam

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1968, le Front national de libération attaque par surprise une centaine de villes, dont Saïgon, et des bases américaines au Sud-Vietnam. Comment « Le Monde » a-t-il couvert cette offensive ?



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 15h22
    |

            Edouard Pflimlin








                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
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            data-slide-description="Des forces sud-vietnamiennes au combat à Saïgon, dans les premiers jours de 1968."
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        Début 1968"
            data-slide-description="Pendant les combats, à Saïgon."
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        1er février 1968"
            data-slide-description="Un homme suspecté d’appartenir au Vietcong (Front de libération national) est exécuté par le général Nguyen Ngoc Loan, à Saïgon. L’image, publiée à la « une » de nombreux journaux, remporte cette année-là le prix Pulitzer et le prix de la photo de l’année, décerné par le World Press."
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        6 février 1968"
            data-slide-description="Le lieutenant Gary D. Jackson (originaire de Dayton, Ohio) porte un soldat sud-vietnamien blessé durant un affrontement, près du stade de Saïgon."
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        8 février 1968"
            data-slide-description="Le jour se lève sur Saïgon, au neuvième jour de l’offensive du Vietcong sur la capitale du Sud-Vietnam."
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        11 février 1968"
            data-slide-description="Des marines évacuent l’un des leurs, sous les tirs de snipers, sur la base aérienne de Khe Sanh."
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        22 février 1968"
            data-slide-description="Des soldats américains attachent leur drapeau sur un poteau téléphonique près de la muraille de la citadelle de Hué."
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            data-slide-description="Des Rangers sud-vietnamiens, sous le feu des Vietcong, transportent un camarade blessé, à Saïgon, le 6 février 1968."
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        23 février 1968"
            data-slide-description="Un avion de l’US Air Force lâche du matériel sur la base américaine de Khe Sanh."
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            data-slide-description="Une unité de marines au repos après une bataille, près du palais impérial de Hué, en février 1968."
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            data-slide-description="Dans une rue de Saïgon, pendant l’offensive."
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            data-slide-description="Deux prisonniers communistes attendent d’être transférés dans un centre d’interrogatoire, dans la citadelle de Hué, le 27 février 1968."
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Des forces sud-vietnamiennes au combat à Saïgon, dans les premiers jours de 1968.

Nick Ut / AP
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Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1968, le Vietcong, c’est-à-dire le Front national de libération du Vietnam du Sud (FNL) profite des festivités du Têt (fête du Nouvel An vietnamien) pour lancer une offensive générale. La guerre avait véritablement débuté avec le président américain Lyndon Baines Johnson qui lance dès le 4 août 1964 les premiers raids américains sur les positions communistes au Sud-Vietnam et obtient du Congrès les pleins pouvoirs militaires pour un engagement contre le Nord-Vietnam. L’escalade a lieu. Et en 1968, on arrive à compter plus de 500 000 Américains en uniforme au Sud-Vietnam. La guerre est à son paroxysme.
C’est dans ce contexte que l’offensive vietcong a lieu. Une centaine de villes, dont Saïgon et Hué, la capitale historique de l’Annam, sont simultanément assaillies par plusieurs centaines de milliers de combattants. C’est un tournant dans la guerre. Comment Le Monde a-t-il couvert cette offensive surprise qui changera la physionomie de cette guerre ?
30-31 janvier 1968. L’offensive débute dans la nuit du 30 au 31 janvier. Le Monde détaille de façon très factuelle les villes et bases attaquées dans un article titré : « Le Vietcong attaque une série de villes et plusieurs bases américaines ».

   


1er février 1968. L’offensive se prolonge dans la nuit du 31 janvier au 1er février. Le Monde souligne l’intensification des combats et le fait que Saïgon, capitale du Sud-Vietnam, a été attaquée ; l’ambassade américaine, pourtant jugée imprenable, faisant l’objet de combats acharnés. Le Monde titre : « L’ambassade américaine de Saigon a été reprise, mais les combats se poursuivent en de nombreux points de la ville. L’état de siège a été proclamé dans tout le Vietnam du Sud ».
Mais Le Monde met aussi en évidence l’échec de la guerre américaine dans un article au titre explicite : « Les mythes s’effondrent ». Non seulement le Sud a été massivement attaqué mais aussi les régions dites « pacifiées » par les Américains. Et les bombardements massifs du Nord-Vietnam par les bombardiers B52 sont inefficaces.

   


2 février 1968. Alors que le FNL (Front national de libération) poursuit son offensive, Le Monde dans un article d’Alfred Grosser dénonce les « incompréhensions américaines ». Le chercheur, directeur de recherches à la Fondation nationale des sciences politiques, de 1956 à 1992 et chroniqueur politique au Monde de 1965 à 1994, dénonce le fait que les Etats-Unis ont opposé le Sud au Nord-Vietnam.
Or, la guerre est menée par le Vietcong contre le régime en place au Sud soutenu à bout de bras par les Américains. Plus l’offensive avance, plus le soutien des populations du Sud au Vietcong augmente. Washington doit donc changer son approche pour parvenir non à une « impossible victoire » mais à la paix.
Un autre article souligne les atteintes portées par l’offensive nord-vietnamienne au moral américain. La « guerre d’usure » menée par le général Westmoreland a échoué et l’ennemi est maintenant partout, au cœur même de Saïgon.

   


3 février 1968. Le Monde analyse la stratégie vietcong et montre que les Américains sont obsédés par l’encerclement de la ville de Khe Sanh assiégée. Cette ville est située dans le nord du Sud-Vietnam, à 100 kilomètres de Hué sur la côte, et au commencement de la zone montagneuse. Les Américains concentrent leurs troupes pour protéger cette ville, craignant un « Dien Bien Phu » américain. L’article est titré d’ailleurs « Le spectre de Dien Bien Phu ».
En fait, le Vietcong, habilement, a incité les Américains à se concentrer sur Khe Sanh, les conduisant ainsi à dégarnir de leurs forces les villes et bases du Sud. Ce qui a permis au Vietcong d’être en position plus favorable pour les attaquer.
5 février 1968. Dans une tribune pour Le Monde, Jean-Marie Carzou, professeur agrégé de lettres, montre les effets désastreux d’un échec américain au Vietnam et en même temps de l’impossibilité de changer de stratégie comme le suggèrent certains généraux : bombardement massif du Nord-Vietnam, invasion du Nord par les Américains… Mais l’échec américain qui se dessine risque d’affaiblir l’Europe face à la Russie.
9 février 1968. Journaliste au Monde, Jacques Amalric met en évidence les cinq leçons de deux semaines de combat :
– la capacité de l’ennemi a été fortement sous-estimée ;
– la représentativité du FNL sort grandie des dernières opérations, connues à l’avance des services de renseignement américains mais impossibles à déjouer ;
– la capacité des forces gouvernementales sud-vietnamiennes a été, une fois de plus, grossièrement surestimée ;
– le programme de pacification, souvent dévolu lui aussi aux troupes sud-vietnamiennes, est un échec flagrant ;
– le régime « démocratique » sud-vietnamien, si laborieusement mis en place par les autorités américaines, est déjà menacé par les mesures exorbitantes qu’impose la situation.
Jacques Almaric s’interroge à la fin de l’article sur la poursuite de la guerre. Les Américains vont-ils aller dans une surenchère guerrière ou bien vont-ils enfin tirer les conclusions d’une aventure de plus en plus absurde ?
Avec Nixon, la « déseslacade »
Les combats se poursuivront pendant deux mois et se soldent par une importante défaite militaire du FNL et de l’armée nord-vietnamienne. Cependant, la victoire est politique et diplomatique ; l’opinion publique américaine et mondiale est retournée. Le président américain Lyndon B. Johnson annonce en mars qu’il ne se présentera pas à un second mandat. Richard Nixon, élu président des Etats-Unis le 5 novembre 1968, va amorcer la « désescalade » (retrait progressif des troupes américaines) et ouvrir à Paris les négociations de paix.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les « fake news » sont d’abord « un marché »

L’économiste Philippe Askenazy explique, dans sa chronique mensuelle, qu’à travers les « fake news », le lecteur recherche avant tout un élément qui va confirmer ou amplifier ses croyances, mais pas les modifier.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h06
    |

                            Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice Halbwachs)








                        



                                


                            

L’éclairage. La mésinformation est un thème de recherche ancien dans de nombreuses disciplines académiques, dont l’économie, qui s’intéressent à ses acteurs, ses mécanismes, ses conséquences, ou encore ses régulations.
Depuis que les « fake news » sont au centre d’un important débat public, les chercheurs expriment une grande réticence au contrôle de l’information par l’Etat. Une loi contre les « fake news » apparaît, en effet, fort dangereuse. Une définition stricte des « fake news » comme une information dont le caractère erroné est vérifiable, intentionnellement diffusée et pouvant influencer le public, est en pratique inopérante. Car vérifier et démontrer l’intention demande du temps, et des moyens non négligeables.

De plus, bloquer la circulation d’information en temps réel – et non éventuellement censurer ou condamner a posteriori – nécessitera une définition bien plus large et floue de la fausse information, et donc une inévitable restriction de la liberté d’opinion.

Au mieux, l’usage d’une telle loi par l’Etat sera paternaliste. Au pire, la tentation de manipuler l’information sera grande, surtout en période électorale. Dans le cadre français, le filtre par un juge serait insuffisant, d’autant que la dépendance du parquet à la chancellerie sera maintenue. Que ferait d’un tel outil un Trump s’il était au pouvoir en France ? Par ailleurs, un contrôle étatique dans une démocratie légitimerait ceux déployés par les régimes autoritaires, participant ainsi du recul mondial des libertés.
Erosion de la crédibilité des médias traditionnels
Une loi ne peut donc servir la démocratie que si les « fake news » sont une menace plus significative encore. On ne peut nier qu’avec l’érosion de la surface et de la crédibilité des médias traditionnels et le développement des réseaux sociaux, la circulation de l’information a été bouleversée.
Mais quel en est, à l’heure actuelle, l’impact réel, notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La compagnie aérienne à bas coûts irlandaise a signé un accord reconnaissant Balpa comme instance représentative au Royaume-Uni, une première historique pour le groupe.
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Ryanair reconnaît pour la première fois un syndicat de pilotes

La compagnie aérienne à bas coûts irlandaise a signé un accord reconnaissant Balpa comme instance représentative au Royaume-Uni, une première historique pour le groupe.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 14h06
   





                        


La compagnie aérienne à bas coûts irlandaise Ryanair a signé un accord reconnaissant la British Airline Pilots’ Association (Balpa – l’« Association des pilotes de ligne britannique »), un syndicat de pilotes, comme instance représentative au Royaume-Uni ; une première historique pour le groupe en proie à de fortes tensions sociales.
Ryanair a dévoilé cet accord formel mardi 30 janvier, en rappelant être en négociations avec le syndicat depuis le mois de décembre 2017. La Balpa, qui devient ainsi la seule instance représentative au sein de la compagnie au Royaume-Uni, a estimé que cet accord était « historique » et qu’il lui permettrait d’être impliquée dans les prochaines négociations sur les salaires, les horaires, les plannings ou encore les vacances.
Cette annonce survient alors que l’ensemble des pilotes britanniques de Ryanair ont accepté récemment une hausse de salaires allant jusqu’à 20 %, y compris à l’aéroport de Stansted, au nord de Londres, où les pilotes avaient refusé dans un premier temps ces nouvelles conditions salariales.

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Ryanair s’est félicité de cet accord, soulignant que le Royaume-Uni accueille près d’un quart des avions de la société et plus de 25 % de ses pilotes. La compagnie regrette toutefois que les négociations traînent en longueur avec les syndicats de pilotes dans les autres pays. Ryanair avait ainsi annoncé à la fin de décembre avoir trouvé un compromis avec le syndicat Impact en Irlande, mais celui-ci n’a pas encore été formalisé.
Le groupe a fait l’objet de nombreuses critiques sur son peu d’empressement à améliorer les relations sociales.
20 000 vols annulés
« Les pilotes sont montés au front et il était clair que si Ryanair ne trouvait pas de solution, la compagnie pourrait perdre encore plus de pilotes au profit de ses concurrentes », explique Neil Wilson à l’Agence France-Presse, analyste chez ETX Capital.
Avec son geste envers les syndicats et les hausses de salaires, Ryanair compte répondre au malaise social qui avait éclaté au grand jour en septembre à l’occasion d’une vague d’annulations de vols de grande ampleur, justifiée par la société par des problèmes de planning de pilotes.

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Vingt mille vols sont été annulés entre la mi-septembre 2017 et mars 2018. Pour l’année écoulée, la compagnie a néanmoins battu son record du nombre de passagers transportés (129 millions), ce qui en fait la première en Europe selon ce critère. Le rythme d’augmentation de son trafic a toutefois ralenti en fin d’année.
Un préavis de grève des pilotes a été annoncé en Italie pour le 10 février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Dans la nuit du 30 au 31 janvier, le Vietcong ou Front de libération national attaque par surprise une centaine de villes, dont Saïgon, et des bases américaines au Sud-Vietnam. Cinquante ans après, l’agence de presse AP republie des images des combats.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le Vatican a déclaré « martyrs » dix-neuf religieux tués en Algérie durant la décennie noire du terrorisme. L’évêque d’Oran revient sur les raisons de ce choix.
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Entretien

Béatification des moines de Tibéhirine : « Une démarche difficile et passionnante »

Le Vatican a déclaré « martyrs » dix-neuf religieux tués en Algérie durant la décennie noire du terrorisme. L’évêque d’Oran revient sur les raisons de ce choix.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-30T12:48:13+01:00"

        Le 30.01.2018 à 12h48

     •
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        Mis à jour le 30.01.2018 à 14h29






    
Photo non datée de six des sept moines trappistes kidnappés dans la nuit du 26 mars 1996 dans leur monastère à Tibéhirine, à 100 kilomètres au sud d’Alger.
Crédits : AFP


Les dix-neuf religieux et religieuses tués en Algérie entre 1994 et 1996, période de la « décennie noire » entre les groupes islamistes et l’armée, ont été déclarés « martyrs » par le Vatican, samedi 27 janvier, ouvrant ainsi la voie à leur béatification. Parmi eux, les sept moines trappistes du monastère de Tibéhirine, exécutés en mai 1996 dans des circonstances qui n’ont pas encore été élucidées et restent un point de tension entre autorités algériennes et françaises. Evêque d’Oran depuis cinq ans, Jean-Paul Vesco explique ce processus de béatification et les questions qu’il soulève.

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Comment la décision, annoncée ce 27 janvier, a-t-elle été prise ? 
Jean-Paul Vesco : En réalité, le pape François répond à une demande. En l’an 2000, une cérémonie avait été organisée par Jean-Paul II au Colisée, à Rome, en mémoire de tous les martyrs chrétiens du XXe siècle. Les familles de ces dix-neuf religieux étaient présentes. C’est à ce moment-là que l’idée est apparue : formuler officiellement une demande pour que leur engagement, leur vie, soient reconnus comme un modèle selon l’Evangile pour les chrétiens du monde entier. Il y a eu débat et il y a toujours débat au sein de l’Eglise au sujet de cette démarche. Deux craintes ont toujours été présentes. D’une part, celle de se mettre en avant alors que, justement, la présence de l’Eglise catholique en Algérie se veut discrète. D’autre part, nous avons bien conscience que nous parlons de dix-neuf personnes sur 200 000 tuées lors de la guerre civile des années 1990.
En même temps, à travers ces religieux et religieuses, c’est le témoignage de tout une Eglise qui s’affirme : une Eglise qui, depuis l’indépendance de l’Algérie, essaie d’être partie prenante d’une société musulmane et qui, pendant la décennie noire, a décidé de rester aux côtés des Algériens. Mettre en lumière cette relation, cette solidarité entre chrétiens et musulmans, a du sens. Il y a eu un consensus suffisamment important entre les différentes familles religieuses, les familles de victimes et l’Eglise pour que l’archevêque d’Alger puisse engager la procédure. La surprise est venue du fait que l’instruction du dossier est allée très vite. Cela relève certainement de la volonté du pape François.

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Qui sont ces dix-neuf personnes « martyrs » ?
Tous ont été tués pendant la décennie noire, même si ce fut dans des circonstances différentes. Les premiers l’ont été le 8 mai 1994 : le frère Henri Vergès et la sœur Paul-Hélène Saint-Raymond sont morts dans la petite bibliothèque qu’ils animaient dans la casbah d’Alger. A l’automne 1994, deux religieuses furent assassinées à Bab El-Oued, un quartier populaire d’Alger, en allant à la messe. Puis, à la Noël, quatre pères blancs furent tués chez eux à Tizi Ouzou. En septembre et novembre 1995, trois sœurs furent tuées à Alger. S’y ajoutent les sept moines de Tibéhirine, exécutés en mai 1996, et enfin Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné le 1er août 1996.
Le fait de ne distinguer que ces personnes ne risque-t-il pas d’être pris comme une volonté de « classification » entre les victimes de cette terrible période ?
Ce sont justement ces contresens que nous voulons éviter : le cliché d’une Eglise qui se gausse de ses dix-neuf martyrs tués par des musulmans quand on parle d’une guerre civile particulièrement meurtrière. Ces béatifications sont justement l’occasion d’en parler. En France, on ne connaît souvent cette décennie noire qu’à travers l’histoire des moines de Tibéhirine. Or ce fut un épiphénomène dans cette période. Ceux qui ont lutté contre la violence, ce sont des musulmans. Ce sera certainement compliqué, mais, à la fin, c’est cet éclairage-là que nous réussirons à faire passer. Pour cela, nous allons parler, expliquer.

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La question des circonstances de la mort des moines de Tibéhirine, jamais élucidées, reste un dossier extrêmement sensible entre Alger et Paris, la justice française tentant (en vain) depuis des années d’identifier les responsables de ces assassinats. Ne craignez-vous pas que cela puisse attiser les tensions ?
Je suis très clair et je l’ai écrit : je fais partie des gens – qui sont nombreux au sein de l’Eglise – opposés à ce procès même si je comprends les raisons qui motivent cette recherche de la vérité. Je pense que les moines avaient assumé les risques que leur faisait prendre le fait de rester sur un théâtre d’opérations. Aujourd’hui on ne sait pas qui les a tués. Pour moi, peu importe. La seule question qui vaut est : pour quoi et pour qui ont-ils accepté le risque que leur vie soit prise ? Les « martyrs », ce sont des personnes qui sont restées fidèles à leur engagement jusqu’au don du sang. Ce n’est pas leur mort qui est honorée, mais leur engagement de vie.

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Quelle est la prochaine étape dans ce processus de béatification ?
Ils ont donc été déclarés « martyrs » . Maintenant, il faut une cérémonie de béatification pour qu’ils soient déclarés « bienheureux », première étape du long processus de canonisation. Nous souhaitons que cette cérémonie ait lieu en Algérie, à Oran, si les autorités nous y autorisent bien sûr. Pierre Claverie a été tué dans l’entrée de l’évêché avec Mohamed Bouchikhi, un jeune musulman. Les deux hommes étaient devenus amis malgré leur différence d’âge et de religion. Un testament spirituel retrouvé dans les effets du jeune Mohamed montre qu’il se savait menacé. Lui aussi a risqué sa vie en fidélité à son amitié avec l’évêque d’Oran, comme les moines ont risqué la leur en fidélité à l’amitié tissée avec leurs voisins. L’assassinat des moines de Tibéhirine a marqué les esprits en grande partie en raison du testament du prieur, Christian de Chergé. Mais qui sait qu’en regard du testament de ce moine, il existe aussi celui de ce jeune musulman ? Cette réciprocité est belle et riche de sens.

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Ce sont des béatifications qui posent de très gros défis. Elles cumulent tous les risques de contre-sens : la relation France-Algérie, celle entre chrétiens et musulmans, qui plus est, il y a seulement vingt ans. En règle générale, les canonisations concernent des personnalités du passé. Là, on est dans le présent : les membres de l’Eglise qui ont vécu ces années sont toujours là, la décennie noire est dans l’esprit de tous les Algériens. La violence qui se déroulait en Algérie à cette époque est aujourd’hui un phénomène mondialisé. C’est ce qui rend cette démarche à la fois difficile et passionnante.
Qu’est-ce, aujourd’hui, que l’Eglise catholique en Algérie ?
Une toute petite réalité mais qui a du sens. C’est une église qui essaie d’être citoyenne. Il ne s’agit pas de revendiquer des droits liés à la citoyenneté mais le droit de participer à la construction d’une société. Montrer que les peurs qui naissent des différences entre islam et christianisme, entre le monde occidental et le monde musulman, peuvent être vaincues.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Une carte publiée par Strava, agrégeant les parcours de ses utilisateurs, fait apparaître des données potentiellement problématiques pour les militaires.
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L’armée française met ses troupes en garde contre l’application de jogging Strava

Une carte publiée par Strava, agrégeant les parcours de ses utilisateurs, fait apparaître des données potentiellement problématiques pour les militaires.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 17h20
    |

            Morgane Tual








                        


« Ces applications et les données qu’elles collectent peuvent se révéler de véritables espionnes. » Mardi 30 janvier, un porte-parole du ministère français des armées a déclaré au Monde avoir « mis en garde les militaires contre les dangers en matière de sécurité » liés à l’application de jogging Strava.
Prisée des coureurs, mais aussi des cyclistes, cette appli américaine permet d’enregistrer ses trajets pour analyser et garder une trace de ses performances sportives. Or, utilisée par des militaires, elle peut fournir des informations sensibles sur l’emplacement des troupes et certaines de leurs activités. C’est ce qui a été dénoncé ces derniers jours par plusieurs observateurs, quelques semaines après la mise en ligne, par Strava, d’une carte mondiale agrégeant les séances de jogging de ses millions d’utilisateurs.
« Nous avons fait un rappel en interne de la nécessité de respecter les règles élémentaires de sécurité en opération, par exemple déconnecter les objets, comme les montres, les iPhone ou encore Strava », souligne le ministère des armées.
« Quand les militaires arrivent en opération, ils sont informés des règles de sécurité, notamment relatives aux réseaux sociaux. On les met en garde, notamment les jeunes. Sur Facebook, par exemple, on leur dit de faire attention aux informations sensibles. Avec Strava, on en a remis une couche. »
Strava prend le problème « très au sérieux »
L’armée états-unienne a elle aussi réagi lundi dans les colonnes du Washington Post, annonçant que les règles liées à l’utilisation de ce type d’applications seraient « affinées ». Certaines bases américaines situées en Irak ou en Syrie ressortaient particulièrement sur la carte publiée par Strava. Le service de presse du commandement de l’armée américaine au Moyen-Orient a aussi dit au quotidien que les commandants des bases avaient été invités à renforcer l’application des règles déjà existantes.
« Le développement rapide de nouvelles technologies innovantes améliore la qualité de nos vies mais représente également de potentiels défis pour la sécurité opérationnelle et la protection de nos forces », a-t-il souligné dans un communiqué. « Ces technologies sont interdites sur certains sites de la coalition et durant certaines activités. »
De son côté, le président-directeur général de Strava, James Quarles, a publié lundi une lettre ouverte, dans laquelle il affirme prendre « avec un extrême sérieux » le sujet. Il s’engage notamment à « travailler conjointement avec l’armée et les membres du gouvernement pour dresser une liste des données potentiellement sensibles ».
M. Quarles a aussi annoncé une remise à plat des fonctionnalités liées aux données personnelles, « afin de s’assurer qu’elles ne peuvent être utilisées à des fins mal intentionnées ». Le PDG promet notamment de simplifier les réglages et de faire en sorte que les utilisateurs soient mieux informés. « Nous sommes conscients de la responsabilité qu’implique le partage de vos données avec Strava », a-t-il assuré.
En revanche, Strava n’a pas jugé bon de supprimer la carte à l’origine de la polémique, qui était toujours en ligne mardi matin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La bulle ne devrait pas éclater à court terme, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas en train de gonfler, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Marchés financiers : « L’orchestre continue à jouer »…

La bulle ne devrait pas éclater à court terme, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas en train de gonfler, explique, dans sa chronique, le correspondant du « Monde » à Londres, Eric Albert.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 12h08
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            

Lettre de la City. La bonne nouvelle, c’est qu’on « n’est pas encore dans une bulle ». La mauvaise nouvelle, c’est que « tous ses ingrédients sont réunis ». Andrea Cicione, chargé de la stratégie à TS Lombard, une entreprise de recherche en investissements, résume bien le dilemme des investisseurs en ce début d’année 2018. Sous vos regards éberlués, mesdames et messieurs, vous pouvez voir la bulle des marchés gonfler, gonfler, gonfler… Retenez votre souffle, elle va continuer à grossir… jusqu’à l’explosion inévitable…
Ce numéro de cirque boursier est un classique du genre, répété des dizaines de fois par le passé : les marchés sont hauts, très hauts ; mais tous les investisseurs (ou presque) pensent que la hausse va continuer ; leurs prévisions vont probablement s’autoréaliser pendant encore un bon moment. Pour l’instant, l’orchestre du Titanic va continuer à jouer sur le pont sa mélodie ravissante.

Les titres des recherches publiées ces dernières semaines dans le secteur de l’investissement sont éloquents. « Comment repérer une bulle » (Saxo Bank, 18 janvier), « Les risques d’une correction boursière augmentent après la récente flambée » (Oxford Economics, 24 janvier), « Il est rationnel d’être irrationnel » (Lombard TS, 24 janvier). Un à un, les signaux virent à l’orange. Mais tout le monde arrive à la même conclusion : l’explosion de la bulle n’est pas pour tout de suite.
Des bénéfices dopés
Petits rappels des fondamentaux. Les valorisations sur le marché actions américain sont au plus haut de leur histoire, à l’exception de la bulle Internet de 1999 (qui ne s’était pas très bien finie…). En Europe, on n’en est pas tout à fait là, mais les niveaux commencent à être très élevés. De l’avis de tous, 2017 a été un millésime exceptionnel. L’indice MSCI pour les Etats-Unis a grimpé de plus de 20 %, celui de la zone euro de plus de 30 %, celui de la Chine de 50 %. Pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Chaque année, environ 400 000 clandestins franchissent la frontière sud du Mexique pour se rendre aux Etats-Unis. Sur leur route, la Maison des migrants leur offre un répit bienvenu.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La Commission européenne a vertement répliqué, lundi, aux menaces plus ou moins voilées lancées par le président américain.
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Tensions commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis : Bruxelles répond à Donald Trump

La Commission européenne a vertement répliqué, lundi, aux menaces plus ou moins voilées lancées par le président américain.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 12h42
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

En matière commerciale, chez Donald Trump, il n’est guère évident de savoir ce qui tient de la simple rhétorique ou de l’avertissement avant le passage à l’acte. Lundi 29 janvier, sans attendre d’y voir plus clair, l’Europe a vertement répliqué aux menaces de représailles commerciales proférées la veille, à demi-mot, par le président américain.
L’Union européenne (UE) « est prête à réagir rapidement et de façon appropriée au cas où ses exportations seraient affectées par des mesures restrictives de la part des Etats-Unis », a prévenu la Commission européenne. « Nous pensons que le commerce doit être ouvert et juste, mais aussi basé sur des règles », a ajouté son porte-parole Margaritis Schinas, lors d’un point presse quotidien.
Dans une interview diffusée dimanche soir sur la chaîne de télévision britannique ITV, M. Trump s’était agacé de la politique commerciale « très injuste » de l’UE vis-à-vis des Etats-Unis. Tous ces « problèmes » pourraient « se transformer en quelque chose de très gros (…) du point de vue commercial », avait mis en garde le locataire de la Maison Blanche, précisant que ce serait au « détriment » des Européens.
L’administration américaine à l’offensive
Ce n’est pas la première fois que le président américain fustige l’UE, vis-à-vis de laquelle les Etats-Unis ont affiché un déficit commercial de 146 milliards de dollars en 2016 (118 milliards d’euros). Les excédents allemands (65 milliards de dollars en 2016), notamment, ont été l’objet d’attaques verbales récurrentes ces derniers mois.

Cette dernière salve de critiques n’est pas prise à la légère, car l’administration américaine semble vouloir adopter un tour plus offensif sur le commerce. Donald Trump vient ainsi d’approuver le relèvement de droits de douane sur les importations de machines à laver le linge et de panneaux solaires. Une mesure qui pénalise au premier chef la Chine et la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Acculée par les « hard brexiters » de son parti, qui se positionnent déjà pour sa succession, la première ministre apparaît dans l’impasse.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Les ultraconservateurs britanniques cherchent à faire dérailler le Brexit de Theresa May

Acculée par les « hard brexiters » de son parti, qui se positionnent déjà pour sa succession, la première ministre apparaît dans l’impasse.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h52
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le Brexit, qui était censé suturer les plaies des conservateurs britanniques sur l’Europe, n’en finit pas de les rouvrir. La publication, lundi 29 janvier, des directives données par les Vingt-Sept au chef négociateur Michel Barnier pour la « période de transition », réclamée par Londres avant un divorce effectif, a lieu au milieu d’une bronca chez les europhobes du Parti conservateur britannique, qui déstabilise Theresa May et menace de faire dérailler le Brexit.
Boris Johnson a infligé le premier camouflet. Ministre des affaires étrangères, il a assuré que les « dividendes du Brexit » permettraient de renflouer le service public de santé en crise. Mme May l’a laissé répéter ce mensonge inscrit en 2016 sur son bus de campagne pro-Brexit. Puis elle a mollement défendu Philip Hammond, son ministre des finances proeuropéen, attaqué pour avoir soutenu que le Brexit ne se traduirait que par de « très modestes » divergences avec l’Union européenne (UE). Dimanche, Jacob Rees-Mogg, figure de l’aile droite des tories, a demandé le limogeage de ce poids lourd du gouvernement, coupable selon lui de vouloir faire du pays un « vassal » de l’UE. Quant à Theresa Villiers, ancienne secrétaire d’Etat, elle a accusé Mme May de trahir le référendum en « diluant le Brexit » et en cherchant à « garder tout de l’UE sauf le nom ». 

Cacophonie pas toujours de haut niveau
Les « hard brexiters », qui ont déjà eu du mal à avaler la facture de 60 milliards à l’UE acceptée par Theresa May, la déstabilisent et se positionnent pour sa succession. M. Rees-Mogg est le challenger favori parmi les membres du Parti conservateur. Boris Johnson le suit de près. Dernier en date, Gavin Williamson, nouveau ministre de la défense, a fait les gros titres en affirmant que les Russes préparaient des cyberattaques destinées à tuer « des milliers et des milliers » de Britanniques. Consternation...




                        

                        


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Compte rendu

Au Liberia, George Weah promet de réduire son salaire d’un quart

Le nouveau président de la République libérien a également annoncé qu’il supprimerait une disposition de la Constitution réservant la citoyenneté aux « personnes de couleur ».


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 30.01.2018 à 11h10

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        Mis à jour le 30.01.2018 à 14h39






    
George Weah, accompagné de son épouse, lors de sa cérémonie d’investiture, à Monrovia, le 22 janvier.
Crédits : THIERRY GOUEGNON / REUTERS


Une semaine après sa prise de fonctions, le nouveau président de la République libérien, George Weah, 51 ans, a prononcé lundi 29 janvier son premier « discours sur l’état de la nation ». Il a annoncé son intention de réviser la Constitution, notamment pour en supprimer une disposition réservant la citoyenneté aux « personnes de couleur », et de réduire sa rémunération de 25 %.
Dans son discours devant le Sénat et l’Assemblée nationale, l’ancien footballeur, élu le 26 décembre 2017, a jugé « inutile, raciste et dépassé » l’article de la Constitution réservant la citoyenneté aux « personnes de couleur ». Le nouveau président a regretté que des étrangers ne puissent pas détenir une autre nationalité, estimant que beaucoup de Libériens chassés par la guerre civile (1989-2003) étaient devenus citoyens de leur pays d’accueil.
George Weah a également dénoncé l’interdiction faite aux étrangers de posséder des biens fonciers, dissuasive selon lui pour les investisseurs. M. Weah a par ailleurs réaffirmé sa volonté de faire de l’éducation une « priorité constante et essentielle » de son gouvernement.
Chemin parcouru
« Je vous annonce aujourd’hui, avec effet immédiat, que je vais réduire mon salaire et mes primes de 25 % », a ajouté George Weah, appelant les parlementaires à suivre cet exemple, face aux difficultés économiques que traverse le pays.
Une semaine après la première passation de pouvoirs entre deux présidents élus dans ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis 1944, George Weah a salué la présence à la cérémonie d’Ellen Johnson Sirleaf, signe selon lui que les blessures de la guerre civile se sont refermées. « Bienvenue Madame Sirleaf, votre présence ici aujourd’hui montre quel chemin nous avons parcouru en tant que peuple », a-t-il dit en s’adressant à sa prédécesseure.

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Après douze années de pouvoir d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d’un Etat africain, en 2005, le nouveau gouvernement ne comprend presque que des hommes. Après de premières annonces au lendemain de son investiture, George Weah a complété samedi son premier gouvernement en nommant de nouveaux ministres, un mélange de nouveaux venus et de membres de l’ancienne administration. Une seule femme, Williametta Piso Saydee-Tarr, devient ministre, mais plusieurs sont nommées secrétaires d’Etat ou assistantes de ministre.


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La croissance de la zone euro au plus haut depuis dix ans

Le PIB de l’union monétaire a progressé de 0,6 % au quatrième trimestre 2017 et de 2,5 % sur l’ensemble de l’année, selon les chiffres publiés par Eurostat.



Le Monde
 |    30.01.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
30.01.2018 à 14h44
    |

            Marie Charrel








                        



   


L’économie de la zone euro est en pleine forme, et de nouveaux chiffres viennent le confirmer toutes les semaines. Selon les statistiques publiées mardi 30 janvier par Eurostat, le produit intérieur brut (PIB) de l’union monétaire a progressé de 0,6 % au dernier trimestre 2017, après 0,6 % au trimestre précédent. Sur l’ensemble de l’année, la croissance s’est donc établie à 2,5%. Elle dépasse le rythme enregistré en 2010 (2,1 %).
Si 2016 fut l’année de la reprise, 2017 fut celle de sa consolidation : les bons indicateurs se sont diffusés à la plupart des secteurs et se sont généralisés à l’ensemble des Etats membres. Dans le détail, le PIB français a crû de 0,6 % sur l’année, et celui de l’Espagne, de 0,7 %. Les chiffres des autres pays seront publiés ces prochains jours.
Les pays membres ont profité de la reprise mondiale
La zone euro a profité du redémarrage de l’économie mondiale. Selon les dernières prévisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le commerce mondial a augmenté de près de 3,6 % l’an passé, en volume. Les échanges de marchandises ont nettement rebondi par rapport à 2016 (1,3 %), tirés par la demande américaine et chinoise.
Le moteur des exports a joué un rôle essentiel dans la reprise européenne, notamment en Espagne ou en Portugal, où la demande domestique a longtemps été en berne, marquée par la récession et les politiques d’austérité. Selon les estimations des économistes de la banque Edmond de Rothschild, les exportations de l’union monétaire ont ainsi progressé de 4,1 % en 2017. Grâce au rebond de leurs carnets de commandes, les entreprises ont recommencé à embaucher et à investir.
Les moteurs internes sont repartis
L’année 2017 a été marquée par une forte décrue du nombre de demandeurs d’emplois. Entre janvier et novembre 2017, le taux de chômage de la zone euro a ainsi baissé de 9,6 % à 8,7 %, retrouvant ainsi son niveau de janvier 2009.
Bien sûr, le tableau reste contrasté selon les Etats : le taux de chômage est encore élevé en Grèce (20,5 %) et en Espagne (16,7 %), tandis que l’Allemagne (3,6 %) et les Pays-Bas (4,4 %) sont au plein-emploi. Reste que depuis 2013, la zone euro a créé plus de 7 millions de postes. Grâce à cela, le pouvoir d’achat s’est redressé. Et la consommation des ménages, qui reste le principal moteur de l’activité en France et en Italie, s’est raffermie. Sur l’ensemble de la zone euro, elle a progressé de 1,8 % l’an passé, selon les économistes de la banque Edmond de Rothschild. L’investissement, longtemps à la traîne, a quant à lui progressé de 3,7 %.
Les faiblesses structurelles demeurent
D’après les prévisionnistes, la tendance devrait se poursuivre en 2018, où la croissance de la zone euro devrait s’établir à 2,1 %, selon la Commission européenne. Laurence Boone, chef économiste du Groupe AXA, table même sur 2,5 %. « L’amélioration est partout : les intentions d’embauches accélèrent, ce qui signifie que la baisse du chômage ne va pas seulement continuer, elle se produira plus vite qu’en 2017, souligne-t-elle, dans une note sur le sujet. Les indices de sentiment économique suggèrent une croissance en 2018 de 3,8 % en Allemagne, 2,8 % en France, 2,6 % en Italie et 4 % en Espagne. Jamais depuis 2006-2007, l’élan économique de la zone euro n’a été aussi fort ».
Reste que la crise a laissé de nombreuses séquelles, notamment sur le marché du travail : le chômage longue durée et celui des moins de 30 ans est toujours élevé en France, en Italie ou encore en Irlande. De plus, le système bancaire reste fragile au sud de l’Europe, notamment en Grèce et en Italie.
Les économistes s’inquiètent également de la faiblesse des investissements dans l’innovation et le vieillissement de la population active, qui pèsent sur le potentiel de croissance future de la zone euro.



                            


                        

                        

