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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionne lundi le président de la radio publique, sur la sellette en raison de sa condamnation judiciaire pour favoritisme.
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Mathieu Gallet peut-il être renvoyé de Radio France ?

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionne lundi le président de la radio publique, sur la sellette en raison de sa condamnation judiciaire pour favoritisme.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h28
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Mathieu Gallet sera-t-il le premier président de l’audiovisuel public destitué avant la fin de son mandat ? Le président de Radio France est sur la sellette depuis sa condamnation en première instance à un an de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende. La justice, qui s’est prononcée le 15 janvier, lui reproche d’avoir favorisé deux sociétés de conseil en leur commandant des prestations sans respecter les règles des marchés publics lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Si M. Gallet a fait appel de la décision et a exclu de démissionner de la présidence de Radio France, son sort est désormais entre les mains du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui doit se prononcer sur son cas mercredi 31 janvier.
Mathieu Gallet peut-il être destitué ?
Le CSA l’a nommé à la tête de Radio France au début de 2014 pour un mandat de cinq ans, qui court donc théoriquement jusqu’en mai 2019. Mais la loi confère à l’instance le pouvoir de le révoquer : il suffit que la majorité de ses membres fasse ce choix et motive sa décision sur la base des critères de « compétence » et d’« expérience ».
Le Conseil a engagé une discussion dans ce sens le 17 janvier. Elle a prévu d’auditionner M. Gallet lundi 29 janvier et de rendre sa sentence le 31.
Reste à savoir si elle tiendra seulement compte de sa situation judiciaire (liée à son entreprise précédente, l’INA), ou également de son bilan à la tête de Radio France.
Le gouvernement a-t-il son mot à dire ?
Théoriquement, non. Le lien entre l’exécutif et les présidents de l’audiovisuel est officiellement coupé depuis la réforme Hollande de 2013 qui transféré le pouvoir de nomination du président de la République au CSA, pour renforcer l’indépendance des médias publics.
Publiquement, le gouvernement a toutefois invité le 16 janvier Mathieu Gallet et le CSA à « tirer les conséquences » de sa condamnation, par la voix de la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Hasard ou non : le lendemain, l’institution ouvrait sa procédure.
Qui pour le remplacer en cas de destitution ?
Une telle décision serait une première dans l’histoire de l’audiovisuel français. Mathieu Gallet serait alors temporairement remplacé par l’une des « doyennes d’âge » du conseil d’administration, Frédérique Pfrunder (les autres prétendants ayant dépassé la limite de 65 ans).

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Mathieu Gallet, le retranché de Radio France



Il faudrait alors organiser une nouvelle procédure pour choisir le nouveau président de Radio France. Le gouvernement n’ayant pas encore eu le temps de faire voter sa réforme, cette procédure se passerait très probablement selon les modalités actuelles, définies au début du mandat de François Hollande : il échoirait au CSA de choisir le ou la nouvelle présidente de la radio publique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.
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édition abonné


Réseaux sociaux, data... la publicité à l’ère du numérique

Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h13
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 07h20
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Pas d’affiches dans les rues, aucun encart dans la presse, zéro spot télé. La marque automobile de luxe Alpine « mise tout sur les réseaux sociaux et la compétition » pour se remettre en piste. Un véritable symbole au moment où la télévision tombe définitivement de son piédestal, détrônée par le numérique de la place de premier média publicitaire mondial en 2017.
Finie la toute-puissance du « petit écran », place à la communication directe sur le Net, aux réseaux sociaux et à l’analyse de données. La pub change d’ère, les anciens équilibres vacillent. Les marques ne s’adresseront jamais plus aux individus à la façon d’un Marcel Bleustein-Blanchet, qui créait Publicis – il y a de cela quatre-vingt-dix ans – pour promouvoir, à coup d’affichage puis de spots, « m’sieur Lévitan » ou André, le « chausseur sachant chausser ».
La fin de l’âge d’or de la télé est « un moment historique mais c’est bien l’arbre qui cache la forêt, confirme Maria Mercanti-Guérin, coauteure, avec Michèle Vincent, de Publicité digitale (Dunod, 2016). La numérisation des grands médias historiques est telle que rien, ou presque, ne permet plus de distinguer les deux mondes. » La télé se fond dans le Web et, à l’horizon 2020, la bascule vers les écrans des ordinateurs, et surtout des téléphones mobiles, sera totale : l’Internet représentera plus de la moitié des investissements à l’échelle planétaire.
Cinq plates-formes dominent au niveau mondial
En France, l’e-publicité domine déjà, avec 34,4 % du marché publicitaire dans son ensemble en 2017. Ses recettes ont progressé de 12 % en un an, à 4,1 milliards d’euros, et l’écart avec les autres canaux se creuse, comme le montre le baromètre publié le 25 janvier par les Régies Internet (SRI), PwC et les agences médias de l’Udecam (Union des entreprises de conseil et achat média). Le mobile tire cette croissance.

Ces basculements sont logiques. « Les investissements des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ La présidente de France Télévisions s’engage à contribuer à « repenser l’audiovisuel public » pour faire face aux nouveaux concurrents que sont Google et Netflix.
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France Télévisions : Delphine Ernotte dément l’existence de « tensions » avec l’Etat

La présidente de France Télévisions s’engage à contribuer à « repenser l’audiovisuel public » pour faire face aux nouveaux concurrents que sont Google et Netflix.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 05h55
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 15h05
   





                        


Cela avait fait grand bruit : Emmanuel Macron aurait qualifié l’audiovisuel public de « honte de la République », le 5 décembre devant les députés de la commission des affaires culturelles. Des propos immédiatement démentis par l’Elysée, mais qui ont laissé des séquelles. C’est pourquoi la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, « dément tout “climat de tensions avec l’Etat” », dans une interview au Journal du dimanche (JDD), le 28 janvier.
« Ce n’est pas la nature des liens que France Télévisions entretient avec l’Etat, je parlerais davantage de nouvelles exigences », a-t-elle assuré, faisant référence aux 50 millions d’euros d’économies imposés par le gouvernement à France Télévisions et à la réforme de l’audiovisuel public en préparation pour la fin de 2018.

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Une révolution culturelle de la télévision
La présidente de France Télévisions tente de calmer le jeu, en déclarant partager l’envie du président français de « repenser l’audiovisuel public ». « Redéfinir les missions du service public dans le cadre de la réforme telle qu’elle s’annonce me semble être une bonne chose. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde : l’Etat, France Télévisions et les téléspectateurs », insiste Mme Ernotte, qui se pose en « garante » de l’indépendance du groupe.

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                Le rêve d’un « Netflix européen »



Les PDG de l’audiovisuel public ont jusqu’à la fin de janvier pour étudier cinq « chantiers prioritaires » de coopération entre leurs médias, dans un contexte de réduction des crédits. « Il ne faut surtout pas que les dirigeants de France Télévisions reviennent en disant qu’ils vont faire 10 % d’économies en diminuant le nombre d’émissions », prévient un ministre dans l’hebdomadaire dominical.
Mais, Delphine Ernotte appelle plutôt à « des accords avec TF1 et M6 ». « Maintenant, ce sont Google et Netflix nos concurrents. Dans le même esprit, je discute avec Orange sur de possibles coopérations », dit-elle. Questionnée sur la volonté de procéder à une réforme sur le modèle de la BBC, qui réunirait dans une holding France Télévisions et Radio France, elle se montre entreprenante : « J’ai invité mes partenaires européens à se rassembler autour d’une offre commune, à travers des accords de coproduction internationale, voire la création de plates-formes de diffusion payantes et gratuites ».
Selon les propos de proches du chef de l’Etat, rapportés par Le JDD, celui-ci aspire à une révolution culturelle de la télévision, qui passerait par la création d’un Netflix européen, la rationalisation des différentes chaînes du groupe, ou encore la modification du mode de nomination des PDG, actuellement choisis par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

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Un sondage réconfortant
Nommée en 2015, la présidente de France Télévisions voit la programmation du service public validée par une majorité des Français, selon un sondage de l’IFOP publié le même jour dans Le Journal du dimanche. Il a été réalisé auprès d’un échantillon de 1 005 personnes, selon la méthode des quotas par questionnaire autoadministré en ligne du 25 au 26 janvier.

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Ainsi, 59 % des personnes interrogées s’y déclarent satisfaites des programmes proposés par les chaînes de télévision publiques. Les Français apprécient notamment la place donnée à l’information (à 70 %) et aux programmes pour enfants (à 63 %), et regrettent qu’il y ait trop de jeux (à 48 %) et pas assez de films (69 %), de culture (49 %) et de documentaires (48 %).
Dans ce même sondage, 65 % des personnes interrogées se déclarent favorables à la mise en place d’une « redevance universelle », notamment demandée par Delphine Ernotte et Mathieu Gallet, le président de Radio France. Imposée à tous les foyers fiscaux, cette redevance remplacerait la taxe audiovisuelle, que ne paient pas les foyers sans téléviseur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Un préavis avait été déposé jeudi pour protester contre une réorganisation de la rédaction, qui prévoit la suppression de 25 postes.
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« L’Equipe » absent des kiosques en raison d’une grève contre des suppressions de postes

Un préavis avait été déposé jeudi pour protester contre une réorganisation de la rédaction, qui prévoit la suppression de 25 postes.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 11h39
   





                        


Le journal L’Equipe était absent des kiosques samedi 27 janvier, en raison d’un mouvement de grève contre la suppression annoncée de 25 postes au sein de la rédaction. L’intersyndicale a fait état d’un mouvement « très suivi », relevant « 95 % de grévistes à la rubrique football, 50 % à l’Omnisports, 20 % au web ».
Un préavis avait été déposé jeudi pour protester contre une réorganisation de la rédaction qui prévoit la suppression de 25 postes dans les services préparant le journal et les magazines (documentation, correction, infographie…). « Au lieu de profiter des jours de préavis pour revoir sa copie, la direction des rédactions a tout mis en œuvre, en vain, pour que le journal paraisse, quitte à faire du low-cost, quitte à commander à l’avance et utiliser des articles de reporters grévistes et des papiers laissés au marbre », écrit l’intersyndicale SNJ et SNJ-CGT.
Durcissement annoncé
« Face à une attitude aussi méprisable de la direction, l’Intersyndicale SNJ et SNJ-CGT a décidé de changer de méthode. Désormais, il n’y aura plus de préavis. D’ici à la fin de la procédure d’information-consultation, chaque jour, chaque heure, est désormais susceptible d’être désignée comme une période de grève », a-t-elle ajouté.
Le groupe L’Equipe (qui fait partie du groupe Amaury, l’organisateur du Tour de France) compte environ 700 salariés.
En février 2016, la rédaction s’était mise en grève pour protester contre un plan de départs, empêchant la parution en kiosques de L’Equipe, un fait rare pour le quotidien. Si le journal progresse sur le numérique, ses ventes en kiosque ont baissé de 8,39 % en un an, selon les chiffres de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias, avec une moyenne quotidienne de 234 271 exemplaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Le PDG de l’entreprise publique est auditionné lundi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui doit se prononcer sur son maintien à son poste après sa condamnation pour favoritisme.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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Mathieu Gallet, le retranché de Radio France

Le PDG de l’entreprise publique est auditionné lundi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui doit se prononcer sur son maintien à son poste après sa condamnation pour favoritisme.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 18h33
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



                                


                            
« Je me défendrai jusqu’au bout pour que mon honneur soit rétabli. » Mathieu Gallet est de nouveau sur scène pour se battre. En ce jeudi 18 janvier, trois jours après sa condamnation à un an de prison avec sursis pour favoritisme, le PDG de Radio France s’adresse, dans le studio 106 de la Maison de la radio, à une centaine de cadres et de salariés, à l’occasion de la présentation des résultats d’audience de la fin 2017. L’homme blessé plaide sa cause. Sa voix s’étrangle. Le fringant quadra nie « avoir déconné ».

En pleine tourmente, il salue le « record » d’audience annoncé le matin même : près de 15 millions d’auditeurs en novembre-décembre, et France Inter, Franceinfo et France Bleu dans les six premières radios. « Dans les maisons où les chiffres ne sont pas bons, ça ne va pas très bien aujourd’hui », note-t-il, griffant au passage, dans une allusion à peine voilée, Frédéric Schlesinger et Patrick Cohen, partis l’été précédent de Radio France vers Europe 1. A la fin d’un discours de quinze minutes, il est applaudi. Les gens de la maison sont saisis par le contraste avec ses débuts, quand il avait affronté un mouvement de grève historique de près d’un mois.

Mathieu Gallet s’apprête désormais à être entendu, lundi 29 janvier, par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui décidera de son maintien à la tête du groupe public deux jours après. Il ne veut pas démissionner, comme le lui a demandé la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Pour sauver sa tête, il met en avant le travail accompli.
La descente aux enfers

Son arrivée à la « Maison ronde » en 2014 provoque un choc culturel, et même visuel. Le décalage avec Jean-Luc Hees est total : au vieux lion à crinière blanche et visage buriné succède un beau gosse de 37 ans, au bronzage permanent et aux costumes ajustés, surnommé « Tancrède » – comme Alain Delon dans Le Guépard – par son ancien patron, le ministre de la culture Frédéric...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
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Des journalistes et des ONG dénoncent des « poursuites bâillons » de la part du groupe Bolloré

Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 15h44
    |

                            Collectif








                        


Des sociétés de journalistes (dont celle du Monde), des journalistes et des organisations non gouvernementales (ONG) dénoncent, dans une tribune publiée mercredi 24 janvier, les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
La publication de cette tribune survient alors que doit avoir lieu, ce jeudi, un procès qui oppose trois publications (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct) à la holding luxembourgeoise Socfin. Cette société, propriétaire de plantations en Afrique et en Asie, dont le groupe Bolloré détient un peu plus de 38 % du capital, les accuse de diffamation.
Voici le texte de cette tribune.
« Face aux poursuites bâillons de Bolloré : nous ne nous tairons pas ! »
« Ce jeudi 25 janvier, s’ouvre un procès contre trois journaux (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct), attaqués en diffamation par la holding luxembourgeoise Socfin et sa filiale camerounaise Socapalm, fortement liées au groupe Bolloré, Vincent Bolloré [président-directeur général du groupe Bolloré] lui-même siégeant au sein de leur conseil d’administration.
Les plaignants leur reprochent des articles relatant les mobilisations de villageois et d’agriculteurs ouest-africains voisins d’exploitations gérées par ces deux sociétés. Alors qu’hier encore, le tribunal de grande instance de Paris déboutait la société Bolloré dans une énième plainte en diffamation contre le journal Les Inrocks, le procès de demain marque une nouvelle étape dans les poursuites judiciaires lancées par le magnat breton et ses partenaires contre des médias, des organisations non gouvernementales ou des journalistes, qui ont évoqué les coulisses de ses activités économiques et commerciales en Afrique, ses liens avec la holding luxembourgeoise Socfin et les conséquences des acquisitions de terre à grande échelle.
Depuis 2009, plus d’une vingtaine de procédures en diffamation ont ainsi été lancées par Bolloré ou la Socfin en France et à l’étranger – pour contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse – contre des articles, des reportages audiovisuels, des rapports d’organisations non gouvernementales, et même un livre.
France Inter, France Culture, France Info, France 2, Bastamag, Le Monde, Les Inrocks, Libération, Mediapart, L’Obs, Le Point, Rue89, Greenpeace, React, Sherpa… Une cinquantaine de journalistes, d’avocats, de photographes, de responsables d’ONG et de directeurs de médias ont été visés par Bolloré et ses partenaires.
Au vu de leur ampleur, nous estimons que ces poursuites judiciaires s’apparentent à des “poursuites bâillons”. Ces procédures lancées par des grandes entreprises multinationales sont en train de devenir la norme. Apple, Areva, Vinci ou Veolia ont récemment attaqué en justice des organisations non gouvernementales ou des lanceurs d’alerte.
En multipliant les procédures judiciaires dans des proportions inédites – quitte à les abandonner en cours de route –, le groupe Bolloré en a fait une mesure de rétorsion quasi automatique dès lors que sont évoquées publiquement ses activités africaines. Ces attaques en justice contre les journalistes viennent s’ajouter à d’autres types d’entraves à la liberté de la presse dont est désormais coutumier le groupe Bolloré.
En 2014, son agence de communication Havas avait par exemple tenté de supprimer plus de 7 millions d’euros de publicité au journal Le Monde, à la suite d’une enquête sur les activités de Vincent Bolloré en Côte d’Ivoire. Sans oublier la déprogrammation ou la censure de plusieurs documentaires que Canal+ (groupe Vivendi) devait diffuser.
Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de grands groupes économiques comme le groupe Bolloré. Objectif : les dissuader d’enquêter et les réduire au silence, pour que le “secret des affaires”, quand celles-ci ont des conséquences potentiellement néfastes, demeure bien gardé.
C’est l’intérêt général et la liberté d’expression qui sont ainsi directement attaqués. Les communautés locales, les journalistes, les associations, les avocats, ou les lanceurs d’alerte : tous les maillons de la chaîne des défenseurs de droits sont visés par ces poursuites.
Nous, collectifs, journalistes, médias, organisations non gouvernementales, apportons notre soutien aux journalistes et aux organisations qui comparaîtront les 25 et 26 janvier, et à tous les acteurs poursuivis dans le cadre de ces poursuites bâillons.
Des réformes devront être proposées en France pour imiter d’autres pays comme le Québec, ou certains Etats des Etats-Unis ou d’Australie, vers un renforcement de la liberté d’expression et une meilleure protection des victimes de ces poursuites bâillons. Informer n’est pas un délit ! On ne se taira pas. »
Médias et organisations signataires :
Abaca Press, ActionAid France, AFASPA 95, Alternatives économiques, Association de la presse judiciaire, Attac France, Bastamag, Bondy Blog, collectif Informer n’est pas un délit, collectif On ne se taira pas, Collectif des associations citoyennes, CRID, France Libertés, GRAIN, Greenpeace France, Les Jours, Mediapart, Prix Albert Londres, Ritimo, ReAct, Reporters sans frontières, Sherpa, Survie, La Télé libre, Union syndicale Solidaires,
Sociétés des journalistes ou des rédacteurs signataires : 
AFP, BFM-TV, Challenges, Les Echos, Europe 1, France 2, France 3, Le Monde, L’Humanité, Libération, L’Obs, Mediapart, M6, Premières Lignes, Radio France, RMC, RTL, Télérama, TF1, TV5Monde, La Vie.
Journalistes signataires :
Jean-Pierre Canet (journaliste), Benoît Collombat (journaliste, Radio France), Nadia Djabali (journaliste), Samuel Forey (journaliste, prix Albert Londres 2017, L’Ebdo), Raphaël Garrigos (journaliste, Les Jours), Simon Gouin (journaliste, Bastamag), Maureen Grisot (journaliste), Elodie Guéguen (journaliste, Radio France), Pierre Haski (journaliste, Rue 89), Thomas Horeau (journaliste, France 2), Dan Israel (journaliste, Mediapart), Erik Kervellec (directeur de la rédaction, France Info), Geoffrey Le Guilcher (Les Inrocks), John-Paul Lepers (journaliste, La Télé Libre), Julien Lusson (ancien directeur de publication, Bastamag), Jacques Monin (journaliste, Radio France), Jean-Baptiste Naudet (journaliste, L’Obs), Nicolas Poincaré (journaliste, Europe 1), Martine Orange (journaliste, Mediapart), Fanny Pigeaud (journaliste), Matthieu Rénier (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2), Isabelle Ricq (photographe), Jean-Baptiste Rivoire (journaliste, Canal+), Isabelle Roberts (journaliste, Les Jours), Agnès Rousseaux (journaliste, Bastamag), Ivan du Roy (journaliste, Bastamag), David Servenay (journaliste), David Thomson (journaliste, Prix Albert Londres 2017, RFI), Nicolas Vescovacci (journaliste), Tristan Waleckx (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.
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Présidence de Radio France : le CSA rendra sa décision à la fin du mois

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h20
   





                        



   


Le sort de Mathieu Gallet à la présidence de Radio France sera connu mercredi 31 janvier, date à laquelle le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devrait annoncer sa décision, dans le cadre de la procédure qu’il a lancée mercredi 17 janvier à son encontre.
Cette procédure, prévue par la loi (le CSA ayant pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l’audiovisuel public), a été lancée à la suite de la condamnation de M. Gallet, le 15 janvier, à 20 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis pour « favoritisme » lorsque celui-ci présidait l’Institut national de l’audiovisuel, entre 2010 et 2014. M. Gallet a depuis annoncé faire appel.
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait appelé le CSA, le 17 janvier, à « tirer les conséquences » du jugement, estimant qu’un « dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable ». Le président du CSA, Olivier Schrameck, avait souligné fin novembre qu’une éventuelle condamnation du patron de Radio France constituerait une situation qui n’avait « pas de précédent ».

        Lire :
         

          L’exécutif met le CSA en difficulté



Entre-temps, les sept membres du CSA auditionneront Mathieu Gallet, le lundi 29 janvier à 11 heures. Le régulateur précise qu’il prendra connaissance des contributions écrites qui lui seraient adressées avant ce mercredi, pour qu’elles soient transmises à Mathieu Gallet dès réception. Le vote du 31 janvier devrait se dérouler à la majorité simple.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Pour les producteurs de contenus, sur Facebook, pousser le lecteur à s’indigner est devenu le moyen le plus sûr d’atteindre son public. Ce qui n’est pas sans risque pour la pratique journalistique, analyse le chef du pôle vidéo du « Monde » Olivier Clairouin.
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édition abonné


Réseaux sociaux : la pente glissante de l’indignation permanente

Pour les producteurs de contenus, sur Facebook, pousser le lecteur à s’indigner est devenu le moyen le plus sûr d’atteindre son public. Ce qui n’est pas sans risque pour la pratique journalistique, analyse le chef du pôle vidéo du « Monde » Olivier Clairouin.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 11h32
    |

            Olivier Clairouin








                        



                                


                            
ANALYSE. Même s’il semble aujourd’hui moins les porter dans son cœur, Facebook a tout fait ces dernières années pour attirer les médias dans ses filets. Mise en avant des contenus vidéos, subventions massives pour produire des Facebook Live (vidéos en direct), « Instant articles » (un format spécial réservé aux médias)…
Objectif : donner à l’utilisateur tout ce dont il peut avoir besoin, dont des contenus d’actualité, pour qu’il ne quitte jamais la plate-forme. Résultat : en France, plus d’un tiers des personnes s’informent désormais en priorité sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur Facebook. Ce qui a un impact très concret sur la manière dont les rédactions produisent leurs contenus.
Une grammaire adaptée à Facebook
Prenons l’exemple de la vidéo : interviews face caméra, déclaration ou image forte dans les trois premières secondes pour retenir l’attention, phrases courtes et percutantes incrustées directement dans l’image, musique rythmée et animations à gogo, formats de type édito en vertical…
Les vidéos publiées en ligne n’ont, dans leur grammaire, plus rien à voir avec celles publiées il y a à peine deux ans. Inventé et codifié par les médias dont la stratégie économique repose entièrement sur les réseaux sociaux (ni NowThis, ni Brut n’ont de sites Internet), ce modèle a depuis été imité par l’intégralité des médias en ligne. Et, parfois, moqué pour son manque de profondeur :

Parce que leur morphologie s’est adaptée aux contraintes du réseau social, ces contenus sont incontestablement plus « efficaces » que leurs prédécesseurs pour capter l’attention de l’internaute. Mais ils incarnent aussi une nouvelle logique : celle qui vise en priorité à être liké, commenté et partagé directement sur le réseau social, davantage qu’à être lu sur un site tiers.
Or rien ne provoque mieux cet effet que l’indignation. Comme le relève Molly Crockett, professeure en psychologie à l’université...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Trois questions au philosophe Jocelyn Benoist.
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édition abonné


Les « fake news » sont-elles de vrais mensonges ?

Trois questions au philosophe Jocelyn Benoist.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Jocelyn Benoist, spécialiste de Husserl et de phénoménologie, est professeur de philosophie à l’université Paris-I-Sorbonne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont récemment L’Adresse du réel (Vrin, 2017).
Comment le philosophe que vous êtes définirait-il les « fake news » ? Quel est leur statut au regard de la vérité ?
L’idée de fausse nouvelle est vieille comme le monde. Le phénomène des « fake news », au sens où on l’entend aujourd’hui, semble en revanche lié au fonctionnement de nouveaux canaux de production et de circulation de l’information, ou de ce qui se fait passer pour de l’information. Il renvoie à une configuration déterminée du savoir et du non-savoir, sur laquelle il faudrait interroger le sociologue et l’historien.
« En un certain sens, on pourrait soutenir qu’avec les réseaux sociaux, ce sont toutes les “news” qui sont “fake”, ou disons “nouvelles fabriquées”, en vertu de leur statut même »
Une question conceptuelle qu’on peut se poser est de savoir si l’intention de tromper est essentielle à ce qu’on appelle aujourd’hui « fake news ». Ou bien, en dehors même d’une telle intention, une simple erreur, du fait du mode de diffusion viral propre aux nouveaux médias, ne peut-elle acquérir un tel statut ? La fausseté à elle seule, certainement, ne suffit pas. Les « fake news » ne vivent que de leur participation à l’horizon des « news ». Il faudrait donc réfléchir aux vicissitudes de la catégorie de « nouvelles », de l’invention du journalisme jusqu’aux nouveaux médias, les réseaux sociaux induisant finalement l’illusion d’un monde où, tendanciellement, l’événement, c’est la nouvelle elle-même. Dès lors, il n’est pas toujours facile de faire le tri et de séparer ce qui est « fake news » et ce qui ne l’est pas. En un certain sens, on pourrait soutenir qu’avec les réseaux sociaux, ce sont toutes les « news » qui sont « fake », ou disons « nouvelles fabriquées », en vertu de leur statut même.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Des discussions sont actuellement en cours entre le directeur de la fiction du producteur Banijay et le groupe public pour remplacer Xavier Couture.
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France Télévisions : Takis Candilis pressenti comme directeur des programmes

Des discussions sont actuellement en cours entre le directeur de la fiction du producteur Banijay et le groupe public pour remplacer Xavier Couture.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 16h01
   





                        


L’ancien président de Lagardère Studios, Takis Candilis, est pressenti pour devenir directeur des programmes et de la stratégie de France Télévisions. Selon l’entreprise d’audiovisuel public, des discussions sont actuellement en cours. Le Figaro a affirmé, vendredi 19 janvier, que M. Candilis avait été désigné pour remplacer Xavier Couture, qui est partance pour se consacrer à des « projets personnels », notamment la création d’un institut d’études des médias.

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                Xavier Couture, numéro deux de France Télévisions, va quitter le groupe



Venu de l’opérateur Orange, ancien directeur d’antenne de TF1 dans les années 1990, M. Couture avait été recruté par Delphine Ernotte en octobre 2016 pour redresser les audiences, mais également pour son expérience dans le numérique.
En septembre 2016, Takis Candilis, qui dirigeait jusqu’alors Lagardère Studios, était devenu directeur de la fiction de Banijay, qui produit notamment l’émission de télévision « Touche pas à mon poste » et la série « Versailles ». Il a travaillé à TF1 entre 1999 et 2008.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Les deux médias ont suspendu leur partenariat avec l’émission présentée par Frédéric Haziza, qui a fait son retour à l’antenne après une plainte pour agression sexuelle.
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« Le Monde » et Franceinfo se retirent de l’émission « Questions d’info », sur LCP

Les deux médias ont suspendu leur partenariat avec l’émission présentée par Frédéric Haziza, qui a fait son retour à l’antenne après une plainte pour agression sexuelle.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 16h14
   





                        



   


Le Monde et Franceinfo, deux médias partenaires de l’émission « Questions d’info », sur LCP, ont suspendu leur collaboration à cette émission. La direction du Monde met en avant « la dégradation du climat interne à LCP, illustrée par le vote récent d’une motion de défiance ».
Une motion de défiance a en effet été adoptée par la rédaction de LCP pour protester contre la réintégration à l’antenne de Frédéric Haziza. Le journaliste avait été suspendu le 21 novembre à la suite de la plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour une agression sexuelle qui serait survenue en 2014. La direction a décidé de réintégrer le journaliste après qu’un rapport interne a conclu qu’il n’y avait eu aucun « geste inapproprié » de la part du journaliste depuis 2014, date à laquelle il avait été sanctionné en interne pour ces faits.
De son côté, Franceinfo a nié tout lien avec les allégations contre le présentateur, invoquant pour justifier son retrait, « le temps que les choses s’apaisent pour LCP », le départ du Monde, tout comme un « contexte perturbé et perturbant », lié selon la radio au renouvellement en cours de la présidence de la chaîne. « Nous estimons que les conditions du partenariat ne sont plus remplies puisque Le Monde est parti », dit-on à Franceinfo.
« Le Point » en renfort, l’AFP maintient sa participation
L’actuelle présidente de LCP-AN (La Chaîne parlementaire Assemblée nationale), Marie-Eve Malouines, dont le mandat s’achève en juin et qui est candidate à sa propre succession, a confirmé que les deux médias seraient remplacés par l’hebdomadaire Le Point. « Nous avons été mis devant le fait accompli », a-t-elle déclaré, précisant que Le Monde avait annoncé son retrait en fin de semaine dernière, et Franceinfo au début de cette semaine. Cependant, l’émission sera bien diffusée ce jeudi, a-t-elle dit. Pour sa part, la direction de l’AFP a fait savoir que l’agence de presse maintenait sa participation à l’émission.
« Questions d’info », une interview d’une personnalité politique diffusée chaque jeudi à 20 h 30, animée par des journalistes des quatre médias partenaires, a été lancée en 2004-2005 par LCP et Franceinfo.
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Mise à jour du 18 janvier à 16 heures : Franceinfo n’a pas mis fin au partenariat avec LCP mais a simplement suspendu sa participation, comme la chaîne nous l’a fait savoir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ La radio du groupe Lagardère, Europe 1, a notamment connu son plus bas historique en novembre-décembre 2017, selon la dernière vague Médiamétrie de mesure de l’audience.
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Audiences : RTL en tête, les radios généralistes en baisse, sauf France Inter

La radio du groupe Lagardère, Europe 1, a notamment connu son plus bas historique en novembre-décembre 2017, selon la dernière vague Médiamétrie de mesure de l’audience.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 18h34
    |

            François Bougon








                        



   


L’institut Médiamétrie a rendu public, jeudi 18 janvier, les chiffres d’audience de novembre et décembre 2017 pour la radio. Toutes les généralistes, sauf France Inter, ont souffert d’une actualité moins intense qu’il y a un an (élections présidentielles américaines et françaises).
Pour sa part, Europe 1 poursuit sa descente et passe à la septième place toutes catégories confondues. Dans un contexte troublé par la condamnation en justice de son président Mathieu Gallet, Radio France peut se targuer de bons résultats.
Europe 1 à son plus bas historique, dépassé par France Bleu
Malgré l’arrivée d’une nouvelle équipe à l’été 2017, emmenée par l’ancien numéro deux de Radio France Frédéric Schlesinger, et le matinalier de France Inter, Patrick Cohen, la radio du groupe Lagardère continue de chuter. Avec 6,6 % en audience cumulée (contre 8,1 % sur la même période en 2016), elle est dépassée par France Bleu (7 %, stable sur un an), le réseau public des antennes locales.
RTL occupe la première place avec 12,1 % (- 0,6 point). Pour Christopher Baldelli, vice-président du directoire du groupe M6 et chargé de l’information et de la radio, « c’est la fin d’une très belle année avec chaque jour 6 548 000 auditeurs ». « RTL, qui se positionne pour s’adresser à tout le monde, marche sur ses deux pieds, à la fois l’information et les programmes », explique-t-il.

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                Europe 1 poursuit sa dégringolade



France Inter, seule généraliste à progresser
Avec une audience cumulée de 11,3 % (contre 11,2 % en novembre-décembre 2016), France Inter, est la seule radio généraliste à progresser. D’où la satisfaction de Laurence Bloch, sa directrice : « France Inter reste la première matinale de France, Marc Fauvelle, aux commandes du 8 heures, l’homme le plus écouté de France. Nous sommes la seule généraliste en hausse, ce qui montre la solidité et la clarté de la grille. »

[ MEDIAMETRIE ]  1ère matinale de France sur tous les indicateurs avec 3 841 000 auditeurs 🔝. #AudiencesRadio 126 0… https://t.co/av0K90HS8m— franceinter (@France Inter)


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Plus largement, les chiffres sont bons pour Radio France. Dans un contexte troublé après la condamnation en justice de son président Mathieu Gallet à un an de prison avec sursis pour favoritisme lorsqu’il était président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), c’est un motif de réconfort. D’ailleurs, M. Gallet, accompagné de Laurent Guimier, directeur délégué aux antennes et aux contenus de Radio France, a rendu visite, jeudi, à la matinale de France Inter, qui, emmenée par Nicolas Demorand et Léa Salamé, est donc la première de France avec 1,857 million d’auditeurs.
« Depuis quatre ans, on a un média radio qui a perdu 700 000 auditeurs, alors que nous en gagnons près d’1,5 million », souligne M. Guimier, qui met en avant la « complémentarité des antennes ». Ainsi, malgré une actualité moins forte, France Info reste stable, à 8,5 % (-0,4 point). Vincent Giret, son directeur, se réjouit du « pari réussi de la matinale » après le recrutement de Bruce Toussaint pour remplacer à la rentrée Fabienne Sintès, partie sur France Inter.

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                France Inter, le rire de bon aloi



Avec ses 44 antennes, France Bleu, le réseau local du service public désormais en sixième position, poursuit également sa relance après avoir créé de nouveaux rendez-vous dans sa matinale. « Dans un univers complexe, nous gagnons en part d’audience (+ 0,3 point à 6,3 %). Ce qui fait notre force, c’est la proximité, la force du réseau France Bleu c’est son maillage », juge Eric Revel, son directeur depuis novembre 2016.
Score historique pour France Culture
France Culture atteint un score historique à 2,5 % (+ 0,2 point). « C’est un seuil symbolique important. Cela représente une augmentation d’audience de 9 %, soit 100 000 auditeurs », déclare Sandrine Treiner, sa directrice depuis août 2015. « C’est de notre projet exigeant dévolu aux savoirs que nous tirons notre succès. » Outre la matinale, les tranches 14h-17h et 18h-20h ont été repensées, avec pour la première une émission consacrée à l’économie. Pour la seconde, les débats ont été privilégiés.
RMC solide troisième
RMC (7,4 %, - 0,7 point) conforte sa troisième place chez les généralistes, derrière RTL et France Inter. « Une année historique », juge Cécilia Ragueneau, directrice de RMC, filiale de NextRadioTV (Altice). Elle met en avant la stratégie bimédia, avec trois émissions diffusées également sur la télévision (BFM TV), notamment l’interview politique de Jean-Jacques Bourdin le matin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Pour la première fois, la radio du groupe Lagardère a été dépassée par France Bleu en novembre et décembre 2017, selon la dernière vague de mesure d’audience Médiamétrie. Un plus bas historique.
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Europe 1 poursuit sa dégringolade

Pour la première fois, la radio du groupe Lagardère a été dépassée par France Bleu en novembre et décembre 2017, selon la dernière vague de mesure d’audience Médiamétrie. Un plus bas historique.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 12h12
    |

            François Bougon








                        



   


Pour Europe 1, qui affiche l’ambition de devenir la radio d’une France qui a confiance en elle et qui positive, le coup est rude. La dernière vague de mesure de l’audience, réalisée par Médiamétrie et portant sur novembre et décembre 2017, confirme la dégringolade : créditée de 6,6 % en audience cumulée, elle est dépassée, pour la première fois, par France Bleu (7 %), le réseau des locales de Radio France, et occupe la septième place. « On n’est pas loin de céder à l’abattement. L’humiliation suprême, c’est de passer derrière France Bleu », dit un journaliste, dépité.
L’année 2017 n’a donc pas permis à la radio de la rue François-Ier de rebondir malgré l’arrivée durant l’été d’une nouvelle équipe, emmenée par l’ancien numéro deux de Radio France, Frédéric Schlesinger, et le journaliste de la matinale de France Inter, Patrick Cohen. Si Europe 1 reste encalminée, loin derrière RTL (12,1 %),Christopher Baldelli, vice-pré­sident du directoire du groupe M6 et chargé de l’information et de la radio, célèbre une « très belle ­année avec chaque jour 6 548 000 auditeurs ». Arrivent ensuite France Inter (11,3 %), RMC (7,4 %) et France Bleu.
« Un projet au long cours »
Cependant, le vice-PDG de la station du groupe Lagardère, Frédéric Schlesinger – qui avait préparé le terrain dans une interview ­récente au Monde en affirmant n’attendre rien de bon de ces chiffres – ne se laisse pas démonter. L’heure du renouveau viendra, jure-t-il, grâce à une grille profondément transformée.

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                Frédéric Schlesinger : « Europe 1 se régénère profondément »



« J’ai un projet au long cours, qui permettra à Europe 1 de renouer avec la croissance », souligne-t-il, ajoutant : « Tout le monde est troublé de voir ces résultats difficiles, mais je reste convaincu que cette radio va retrouver des niveaux importants. »

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                Europe 1 annonce des « ajustements » dans sa grille



Cette vision optimiste n’est pas partagée par tous au sein de la ­rédaction. La greffe ne semble pas avoir pris avec les nouveaux responsables, qui ont modifié près de 90 % de la grille.
La veille de la publication de ces chiffres d’audience, Le Canard enchaîné faisait état de discussions entre Lagardère et TF1 en vue d’une cession d’Europe 1, alourdissant encore le climat.
Les changements apportés après les chiffres décevants de septembre-octobre (audience cumulée de 7,2 %, près d’un point de moins qu’à la rentrée 2016) ne sont pas forcément compris. Ce sont des « ajustements », insiste M. Schlesinger, avec Patrick ­Cohen désormais aux commandes du journal de 8 heures et l’arrivée de Laurent Bazin, un ancien de RTL, pour la présentation de celui de 18 heures.
La veille de la publication de ces chiffres d’audience, la parution dans Le Canard enchaîné d’un article faisant état de discussions entre Lagardère et TF1 en vue d’une cession d’Europe 1 a encore alourdi le climat. « Arnaud Lagardère a un nouveau projet : céder Europe 1, dont l’audience ne ­parvient pas à remonter et qui ne permet pas d’améliorer la rentabilité du groupe », écrivait l’hebdomadaire satirique.
Si, en interne, des pertes de plusieurs millions d’euros en 2017 sont évoquées, la direction, elle, se refuse à tout commentaire. Les deux groupes ont cependant démenti toute prise de contact au sujet de la radio. « Le groupe Lagardère n’a jamais envisagé de se séparer d’Europe 1. Affirmer le contraire serait sans fondement », a indiqué à l’AFP le porte-parole de Lagardère. « C’est une non-information », nous-a-t-il confirmé. Même son de cloche du côté de TF1.
Arnaud Lagardère n’est jamais venu
Le groupe Lagardère a toujours affirmé qu’Europe 1 était « sanctuarisée », c’est-à-dire invendable, tout comme le JDD et Paris Match, alors qu’Arnaud Lagardère avait évoqué en novembre d’éventuelles cessions d’actifs. Il n’a pas cependant précisé quelle branche de son groupe était concernée par ce projet (médias, édition, voyage et distribution, sport et divertissement).

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                Magazines en France : remue-ménage en vue



Néanmoins, juge un salarié, une vente pourrait constituer une voie de salut après des années difficiles, alors que le climat n’a cessé de se dégrader. Au sein de la rédaction, certains relèvent que, malgré les engagements de M. Lagardère de s’impliquer directement en devenant président, il n’est jamais venu dans les locaux.
« Arnaud Lagardère vend par appartements ; il finira par vendre », commente un autre salarié. Frédéric Schlesinger insiste : « On retrouvera 9 % avant juin 2020. Ça va être un long chemin, difficile, mais on tient un concept fort et une offre éditoriale claire. » Rester positif malgré la tempête.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.
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« La vie du journaliste pakistanais Taha Siddiqui est en danger, la France doit l’aider »

Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h37
    |

un collectif de journalistes







                        



                                


                            

Tribune. Sa vie n’a tenu qu’à un loquet de portière non verrouillé. Mercredi 10 janvier, notre ami et confrère, le journaliste pakistanais Taha Siddiqui se rend à l’aéroport d’Islamabad en taxi, un trajet tout ce qu’il y a de plus banal sur l’un des axes les plus sécurisés du pays. C’est pourtant là que deux Toyota lui coupent la route et qu’en surgissent une dizaine d’hommes, certains armés de Kalachnikov. En pleine circulation et en plein jour.
Le journaliste comprend immédiatement qu’il est victime d’une tentative d’enlèvement. Connu pour dénoncer sur les réseaux sociaux les abus de tous bords, des talibans à l’armée pakistanaise, le reporter se sait menacé. Au mois de mai dernier, il avait même porté plainte contre une des officines de sécurité du ministère de l’Intérieur pour tentative d’intimidations. Une première dans l’histoire du journalisme au Pakistan.

A l’époque un agent du gouvernement lui avait clairement fait comprendre qu’il fallait qu’il cesse de critiquer la sacro-sainte armée. Aujourd’hui, le reporter n’a aucun doute. Ses agresseurs font partie des « agences pakistanaises », ces forces de sécurité de l’ombre qui instaurent un climat de peur sur le pays et étouffent la moindre contestation.
Hommes de main
Roué de coups et menacé de prendre une balle dans la jambe, Taha est forcé de monter en voiture pour une destination inconnue. Ce fin connaisseur des méthodes des hommes de mains pakistanais sait ce qui l’attend : tortures et souvent exécution sommaire. Le pays a un lourd passé en la matière. Rien qu’en 2017, trois autres journalistes et six activistes ont été attaqués. Ceux qui ont eu la chance de ressurgir vivants de leur « disparition » n’ont jamais fait de déclaration quant à l’identité de leurs ravisseurs.
la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu au Pakistan
Voilà comment la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Suivant l’exemple de leurs consœurs du « Parisien », 65 femmes du quotidien régional dénoncent, dans un texte rendu public mercredi, leur absence au sein des postes de direction et les disparités salariales.
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Les femmes journalistes de « La Provence » en colère

Suivant l’exemple de leurs consœurs du « Parisien », 65 femmes du quotidien régional dénoncent, dans un texte rendu public mercredi, leur absence au sein des postes de direction et les disparités salariales.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h33
    |

            François Bougon








                        



   


Le mouvement de protestation lancé la semaine dernière par les femmes journalistes du Parisien ne cesse d’inspirer leurs consœurs. Après L’Obs, c’est le quotidien La Provence qui est touché : sur les 65 femmes de la rédaction – sur un effectif total de 166 journalistes –, 60 ont signé un texte pour dénoncer la situation dans le journal, dont l’homme d’affaires Bernard Tapie détient la majorité aux côtés de la société belge Avenir Développement. Il a été rendu public mercredi 17 janvier.

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                Climat d’incertitude et de tension à « La Provence »



« A La Provence, c’est pareil… sauf que c’est pire », écrivent-elles, déplorant leur absence à la direction et à la rédaction en chef, tout comme les disparités salariales. « Elles ont 28, 35, 43 ou 50 ans, elles démontrent chaque jour leur engagement, leur compétence, leur expertise et leur sérieux. Est-il encore besoin de le préciser ? Pourtant, elles n’accèdent pas aux carrières (et aux salaires) de leurs confrères. Des postes auxquels, d’ailleurs, elles ne peuvent pas même postuler, vu qu’il n’y a jamais d’appel à candidatures », soulignent ces femmes qui sont soutenues par les syndicats SNJ et CGT.

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« Il y a un malaise et un ras-le-bol »
Avant de s’interroger : « Au-delà de l’injustice qui nous est faite, quel exemple d’égalité et de progrès donnons-nous à nos lectrices, à nos lecteurs ? A la société à laquelle nous nous adressons chaque jour dans nos colonnes ? La pluralité des regards n’est-elle pas un atout pour un journal qui bataille pour sa survie ? »
« Il y a un malaise et un ras-le-bol à La Provence, a expliqué au Monde une des initiatrices. Chaque fin d’année, c’est le moment des augmentations salariales et, cette année encore, les hommes se sont largement augmentés. C’est une période qui recrée de l’amertume. » Contacté par Le Monde, Franz-Olivier Giesbert, le directeur éditorial, n’a pas souhaité s’exprimer dans nos colonnes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.
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Prison ferme pour cinq journalistes en Turquie

Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h30
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Pour avoir manifesté leur solidarité avec le quotidien d’opposition pro-kurde Özgür Gündem, cinq journalistes ont été condamnés à des peines de prison ferme, mardi 16 janvier, par un tribunal d’Istanbul.
Ragip Duran, journaliste francophone qui fut longtemps le correspondant de Libération à Istanbul, Ayse Düzkan, Mehmet Ali Çelebi et Hüseyin Bektas ont été condamnés à un an et demi de détention. « Ils n’ont pas manifesté assez de remords », a estimé la Cour dans ses attendus. Le rédacteur en chef du quotidien, Hüseyin Akyol, a lui été condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement.
Absents lors de l’audience, les accusés étaient représentés par leurs avocats qui ont fait appel des condamnations. A Paris, la Société des journalistes et du personnel de Libération a dénoncé un « jugement inique ».
Les cinq journalistes ont été condamnés pour « propagande terroriste » en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat turc depuis plus de trente ans. Selon les autorités turques, Özgür Gündem est un des porte-voix de la rébellion armée kurde, perçue comme « terroriste » par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis.
« L’une des plus grandes geôles »
Depuis sa fondation en 1992, Özgür Gündem a été interdit à plusieurs reprises, ses locaux ont même été détruits par une explosion en décembre 1994. Avant d’être fermé par décret-loi en octobre 2016, le quotidien pro-kurde a subi des pressions judiciaires.
En signe de soutien, la profession a lancé une campagne en faveur du pluralisme des médias. De mai à août 2016, une veille journalistique a été établie avec la participation de personnalités en vue, dont la militante des droits de l’homme Sebnem Korur Fincanci et le représentant local de Reporters sans frontières (RSF), Erol Önderoglu. Les volontaires se chargeaient symboliquement du travail d’édition pendant une journée, en signe de solidarité.
Cette marque de solidarité leur a coûté cher. En juin, trois des « veilleurs » – Sebnem Korur Fincanci, Erol Önderoglu et Ahmet Nesin – ont été incarcérés pendant dix jours. Ils ont ensuite été libérés mais leur procès se poursuit. La prochaine audience aura lieu le 18 avril devant la 13e chambre du palais de Justice de Caglayan, celle-là même qui vient de condamner les cinq journalistes. Ils risquent jusqu’à quatorze ans de prison.

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Pas moins de 122 journalistes sont derrière les barreaux en ce moment en Turquie, pays décrit par Reporters sans frontières (RSF) comme « l’une des plus grandes geôles du monde » pour les professionnels des médias. Ils risquent de lourdes condamnations, jusqu’à la réclusion à perpétuité pour certains. Et 520 autres journalistes qui comparaissent libres pourraient les rejoindre à tout moment en 2018. Au classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2017, la Turquie occupe la 155e place (sur 180), en net recul par rapport à 2005 quand le pays occupait la 98e place.
Préoccupante avant le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, la situation des médias est devenue critique. A la faveur de l’état d’urgence imposé le 20 juillet 2016 et régulièrement reconduit depuis, les journalistes critiques du gouvernement sont visés par les purges. Plus de 150 médias ont été fermés dans la foulée du coup d’Etat raté.
« Politique draconienne »
La condamnation des cinq journalistes survient en pleine controverse entre la Cour constitutionnelle et le gouvernement au sujet de la libération de deux chroniqueurs, Mehmet Altan, 65 ans, et Sahin Alpay, 73 ans. Emprisonnés juste après le coup d’Etat manqué car accusés de collusion avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu’Ankara accuse d’avoir fomenté le coup d’état raté, les deux hommes ont présenté un recours individuel devant la Cour.
Jeudi 11 janvier, par onze voix contre six, les juges de la Cour constitutionnelle ont ordonné leur remise en liberté conditionnelle. La plus haute juridiction turque a dénoncé « la violation de la liberté d’expression et de la presse et la violation du droit à la sécurité et à la liberté ». Les défenseurs de la profession ont alors pensé que la décision allait ouvrir un précédent et que de nombreux journalistes injustement incarcérés allaient être libérés.
Mais cinq heures après la décision de la Cour, deux tribunaux d’Istanbul ont refusé d’en tenir compte et se sont prononcé, au contraire, pour le maintien des deux journalistes en détention.
L’exécutif s’en est mêlé. La Cour constitutionnelle a « dépassé les limites de ses pouvoirs législatifs et constitutionnels », a annoncé peu après sur son compte Twitter le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, dénonçant une « mauvaise décision ». « La justice turque a pour seule référence la politique draconienne imposée par le gouvernement en matière de sécurité nationale. La défense des libertés individuelles n’est pas sa priorité », déplore Erol Önderoglu, le représentant de RSF en Turquie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Une enquête pour atteinte à la vie privée a été ouverte par le parquet de Paris après la diffusion d’une vidéo intime de la célébrité par un utilisateur de Snapchat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/01/2018
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Pris à partie sur les réseaux sociaux, le snapchatteur et youtubeur Jeremstar s’explique

Une enquête pour atteinte à la vie privée a été ouverte par le parquet de Paris après la diffusion d’une vidéo intime de la célébrité par un utilisateur de Snapchat.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 06h35
    |

            Alexandre Piquard et 
Martin Untersinger








                        


Le célèbre snapchatteur, youtubeur et figure de téléréalité française Jeremstar – Jérémy Gisclon de son vrai nom – est dans la tourmente. Après avoir vu une de ses vidéos intimes, publiée sur les réseaux sociaux, il a été mêlé à de graves accusations visant l’un de ses proches.
Il y a quelques jours, un utilisateur de Snapchat utilisant le pseudonyme Aqababe a accusé Jeremstar de lui avoir volé une information concernant des participants aux « Anges », une émission de téléréalité, et publiée initialement sur son compte. En représailles, il a publié ce qu’il présente comme une vidéo intime de Jeremstar.
Enquête ouverte par le parquet de Paris
Après un temps de silence, Jeremstar a publié, mercredi 17 janvier, en fin d’après-midi sur son compte Twitter, un communiqué dans lequel il se dit « profondément bouleversé par les événements qui se sont produits ces derniers jours ».
Il a qualifié la diffusion de sa vidéo intime « d’odieu[se] » et annonce avoir « pris les mesures nécessaires pour qu’il soit puni en vertu de la loi ». Une enquête a été ouverte, mercredi 17 janvier par le parquet de Paris, à la suite d’une plainte de l’avocat de la célébrité, pour atteinte à l’intimité de la vie privée, selon une source judiciaire, confirmant une information de 20 Minutes. Elle a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne.
Parallèlement et dans de multiples messages sur les réseaux sociaux, Aqababe a aussi relayé et formulé de graves accusations à l’encontre d’un proche de la célébrité, Pascal Cardonna, connu des fans de Jeremstar pour apparaître fréquemment dans les vidéos de ce dernier sous le pseudonyme de « Babybel ».
« J’ignorais absolument l’existence de ces témoignages », affirme Jeremstar dans son communiqué. « Je n’ai absolument rien à voir avec sa vie intime et suis totalement étranger aux imputations dont il fait l’objet, à supposer qu’elles soient démontrées », explique-t-il encore, en référence à des allégations prêtant à M. Cardonna l’habitude d’utiliser sa proximité avec Jeremstar pour obtenir des faveurs sexuelles de la part des fans de ce dernier. « On m’accuse d’avoir facilité les supposés agissements de Pascal Cardonna. Je nie. On m’accuse d’y avoir participé. Je nie », martèle Jeremstar.
Pascal Cardonna a, de son côté, annoncé à l’Agence France-presse avoir porté plainte « pour diffamation et atteinte à la vie privée » auprès du procureur de la République de Nîmes. Il a dénoncé des « attaques diffamatoires et mensongères », avant de préciser : « ma vie privée n’a rien à voir avec mon personnage [Babybel] sur les réseaux sociaux ».
La célébrité mise en retrait d’une émission de C8
Quelques heures auparavant, on apprenait que Jeremstar avait été mis en retrait des « Terriens du dimanche », l’émission de C8 animée par Thierry Ardisson à laquelle il participe depuis la rentrée. « D’un commun accord avec Jeremstar, C8 suspend son activité sur l’antenne. C8 reste très attentif à l’évolution de la situation », a fait savoir la filiale de Canal+.
En voyant la polémique monter sur les réseaux sociaux, la chaîne a appelé Jeremstar dès lundi soir pour prendre une « mesure de précaution ». Il a été décidé que les conditions n’étaient pas réunies pour garder à l’antenne le blogueur, qui doit se défendre dans ce dossier, explique une source proche de la chaîne. A C8, on se dit attentif à cette affaire aux accusations graves, tout en estimant ne pas avoir les moyens d’en connaître la véracité à ce stade.
Radio France, où travaille Pascal Cardonna, a expliqué par communiqué avoir « pris connaissance sur les réseaux sociaux d’accusations très graves ». Si ces faits étaient avérés, ils seraient condamnables, ajoute la radio, tout en précisant qu’ils relèvent « de la sphère privée ». M. Cardonna est depuis 2008 « coordinateur numérique » du réseau France Bleu pour la région Sud. Il est en poste à Nîmes et n’apparaît pas à l’antenne, note Radio France, dont la direction juridique et les ressources humaines sont mobilisées.
Jeremstar a également annulé une séance de dédicaces à Pau. « Dans ce contexte, cela aurait pu être dangereux, quelqu’un pourrait venir avec de mauvaises intentions », ont expliqué les organisateurs au quotidien Sud Ouest.
Jeremstar s’est fait connaître en chroniquant sur son site de nombreuses émissions de téléréalité et en participant à certaines. Il est aujourd’hui une figure de tout premier plan sur les réseaux sociaux, et tout spécialement sur le réseau social Snapchat. Il rassemble au total une audience de plusieurs millions de personnes, essentiellement des adolescents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Ni maintien ni destitution immédiatement : le Conseil supérieur de l’audiovisuel se prononcera dans les prochains jours sur le cas du PDG de Radio France.
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Affaire Mathieu Gallet : le CSA choisit une voie médiane

Ni maintien ni destitution immédiatement : le Conseil supérieur de l’audiovisuel se prononcera dans les prochains jours sur le cas du PDG de Radio France.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 14h11
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Face à la forte pression qui pesait sur ses épaules, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a choisi une voie intermédiaire : mercredi 17 janvier, l’autorité a annoncé qu’elle allait voter pour déterminer si Mathieu Gallet peut rester président de Radio France, mais seulement après avoir examiné la situation pendant plusieurs jours. 
« Ni maintien ni destitution immédiatement », semble-t-elle ainsi répondre, après la condamnation en justice de Mathieu Gallet, le 15 janvier, à un an de prison avec sursis pour favoritisme lorsqu’il était président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Selon nos informations, le vote, inédit, du CSA devrait se tenir dans la semaine du 22 janvier, au plus tard la semaine suivante. Les sept conseillers se prononceront à la majorité simple. Ils peuvent refuser de mettre fin au mandat.
L’audition de tierces parties
Concrètement, l’autorité a « décidé de mettre en œuvre l’article 47-5 de la loi du 30 septembre 1986 modifiée », qui prévoit les modalités de retrait du mandat du président de Radio France (ou de France Télévisions ou de France Médias Monde). Celui de M. Gallet court en principe jusqu’en mai 2019. Le CSA précise que sa décision sera rendue « le plus rapidement possible dans le respect du contradictoire et notamment après la communication du jugement rendu à l’égard de M. Mathieu Gallet ». En effet, le texte intégral de la décision du tribunal correctionnel de Créteil n’a pas encore été publié par le greffe.
L’autorité choisit de donner la possibilité à Mathieu Gallet d’être entendu. Elle est aussi ouverte à l’audition, à leur demande, de tierces parties, par exemple, les syndicats de Radio France. Le CSA n’était pas obligé d’agir ainsi et il aurait pu voter dès ce mercredi la fin du mandat. En effet, la seule indication donnée par la loi est que la « décision motivée » doit se fonder sur « des critères de compétence et d’expérience ».
De bons résultats d’audience
En prenant le temps de mener des auditions, le CSA ouvre la porte aux arguments de la défense, espèrent les partisans de M. Gallet. Le contexte interne à Radio France, où le président fait l’objet d’un soutien tacite, pourrait jouer en sa faveur : depuis lundi, la plupart des syndicats et les administrateurs n’ont pas demandé son départ. Pour beaucoup, la réforme de l’audiovisuel public annonce une période troublée dans laquelle le maintien du président est préférable.

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De plus, Radio France peut s’appuyer sur de nouveaux bons résultats d’audience. Selon les chiffres publiés jeudi 18 janvier, sur la période novembre-décembre 2017, France Inter obtient 11,3 points d’audience cumulée et reste première sur la matinale malgré le départ de Patrick Cohen, France Bleu (7 points) passe devant Europe 1, Franceinfo recule légèrement, mais reste à un haut niveau à 8,5 points, alors que France Culture bat son record à 2,5 points.
« Ce serait formidable que Mathieu Gallet reste », glisse la directrice de France Inter Laurence Bloch, jointe pour commenter ces résultats. Pour tenter de rassurer ses troupes, le président de Radio France devait s’exprimer lors la traditionnelle prise de parole organisée le jour des résultats d’audience, jeudi après-midi.
Des relations tendues avec l’exécutif
Toutefois, il est possible de faire de la décision du CSA une lecture plus négative pour Mathieu Gallet. L’autorité a balayé l’argument répété depuis lundi par ses avocats : il a le droit à la présomption d’innocence, car il a fait appel du jugement. Plutôt que de se placer sur le fond de l’affaire, le CSA estime devoir évaluer si la situation de M. Gallet lui permet de diriger sereinement Radio France.
Si la situation interne à Radio France est favorable à son président, les relations tendues qu’il entretient désormais avec le gouvernement pourraient pousser à son départ. En effet, Françoise Nyssen, la ministre de la culture, a appelé le CSA, le 16 janvier, à « tirer les conséquences » du jugement. Or, ce ministère exerce une tutelle directe sur les entités d’audiovisuel public, comme Radio France, et décide notamment de leur budget. La situation pourrait-elle contraindre M. Gallet à démissionner ? Ce dernier a totalement exclu cette idée jusqu’ici.

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Une période d’incertitudes
Politiquement, le CSA, en ouvrant une procédure, prend le risque de sembler se plier aux injonctions de l’exécutif, qui, selon certains, remet en cause l’indépendance de l’audiovisuel public. Mais l’autorité écarte aussi le reproche selon lequel elle ne contrôle pas assez l’action des présidents d’audiovisuel public qu’elle a nommés elle-même, à l’image de M. Gallet, en 2014. Le président Emmanuel Macron a formulé une telle critique, pour justifier son souhait de retirer au CSA son pouvoir de nomination pour le confier aux conseils d’administration des entreprises concernées.
Si le CSA devait voter la fin du mandat de M. Gallet, une période d’incertitudes s’ouvrirait. A court terme, il serait suppléé par le « doyen d’âge » du conseil d’administration. Mais, ensuite, son successeur serait-il nommé par le CSA, malgré les réserves du gouvernement ? C’est le plus probable. Même si la procédure est assez longue : environ six mois en 2014 pour Mathieu Gallet, soit deux mois et demi pour la nomination, plus « trois à quatre mois » prévus par la loi avant l’entrée en fonctions.
Or, Mme Nyssen cherche à faire voter « rapidement » une loi qui réforme le mode de nomination… Auquel cas, le mandat de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, risquerait d’être aussi remis en jeu plus tôt que prévu. Et d’autant plus si l’exécutif décide de créer une structure commune à Radio France et France Télévisions… L’audiovisuel public est confronté chaque jour à davantage de questions.

Radio France : Frédérique Pfrunder, potentielle présidente intérimaire
Si le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) mettait fin au mandat de Mathieu Gallet, le président de Radio France serait temporairement remplacé par Frédérique Pfrunder, membre du conseil d’administration depuis mai 2014. Nommée par l’association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), celle-ci est déléguée générale du « mouvement association », une structure de promotion de l’activité des associations en France. Les statuts de Radio France évoquent « le doyen en âge des administrateurs nommés par le conseil supérieur de l’audiovisuel ». Mais il y a une limite d’âge à 65 ans. Le président intérimaire ne pourrait donc pas être Jean-Luc Vergne, 69 ans, président de BGE, un réseau d’aide aux entrepreneurs, comme écrit précédemment. Ni Michèle Reiser, 68 ans, productrice.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel doit se prononcer à la majorité sur le sort du président de Radio France condamné pour favoritisme à un an de prison avec sursis.
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Affaire Mathieu Gallet : l’exécutif met le CSA en difficulté

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel doit se prononcer à la majorité sur le sort du président de Radio France condamné pour favoritisme à un an de prison avec sursis.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h40
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) se préparait à une réunion inédite, voire historique, mercredi 17 janvier : l’autorité devait examiner le cas de Mathieu Gallet, condamné pour favoritisme à un an de prison avec sursis, afin de déterminer s’il peut poursuivre son mandat de président à Radio France. La pression est très forte sur les épaules des sept conseillers qui, s’ils prennent une décision mercredi, doivent se prononcer à la majorité. La possible destitution d’un dirigeant n’a jamais été ainsi débattue et de plus, un élément extérieur ajoute une tension exceptionnelle : la ministre de la culture, Françoise Nyssen, a explicitement appelé le CSA à « tirer les conséquences » du jugement. « Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable », a-t-elle déclaré au Monde.
Le modèle du CSA, « caduc » selon Macron

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Après des premières déclarations plus modérées puis un temps d’attente, la ministre et l’exécutif ont décidé de durcir le ton. Selon nos informations, la position de Mme Nyssen est soutenue par Matignon et par l’Elysée, pour qui la ministre de la culture porte la parole de tout l’exécutif dans ce dossier. En adoptant une position dure, l’exécutif peut espérer plusieurs bénéfices politiques : d’abord, il fait le choix de l’opinion, estimant que l’exigence d’exemplarité est forte. De plus, alors que certains jugeaient le gouvernement hostile à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, et bienveillant envers M. Gallet, il rééquilibre largement les choses.

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Mais, surtout, le gouvernement met la pression sur le CSA : il renvoie à l’autorité la responsabilité de trancher ce dossier très sensible. Or, Emmanuel Macron a clairement annoncé qu’il souhaitait réformer « le modèle du CSA », jugé « caduc », comme il l’a rappelé en décembre devant des députés, selon l’hebdomadaire Télérama. L’audiovisuel est « le seul secteur où celui qui nomme des gens ne leur demande aucun compte », a-t-il argumenté. Si le CSA ne démettait pas M. Gallet, ce serait donc une raison de plus de lui retirer son pouvoir de nomination des dirigeants d’audiovisuel public, pour le confier aux conseils d’administration des entreprises.

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Mme Nyssen veut une loi « rapidement »
D’ailleurs, Mme Nyssen a profité des circonstances pour accélérer mardi l’agenda : « Cette condamnation en première instance nous invite à penser la transformation indispensable de l’audiovisuel public et plaide pour une loi sur l’audiovisuel public qui soit déposée rapidement », a-t-elle déclaré à l’AFP. La ministre milite donc désormais officiellement pour une « petite loi », par exemple dès le printemps. Ce texte pourrait mettre fin aux mandats de Mme Ernotte et de M. Gallet et relancer des nominations. Voire créer une structure commune à Radio France et à France Télévisions, si le gouvernement fait ce choix.
Mis au défi, le CSA pourrait toutefois choisir de maintenir Mathieu Gallet. Ce dernier a invoqué la présomption d’innocence et fait appel de sa condamnation. Mardi, lors de ses réunions successives avec les administrateurs de Radio France, les directeurs d’antenne puis les syndicats, il a recueilli un relatif soutien tacite. La fédération FO Médias a demandé sa démission, mais le virulent élu Sud de Radio France Jean-Paul Quennesson, « peu soupçonnable de complaisance envers M. Gallet, serviteur zélé des plans d’économies du gouvernement », se dit « choqué » que Mme Nyssen « foule aux pieds la présomption d’innocence et l’indépendance de l’audiovisuel public ». Ce dernier principe, souvent invoqué par le président de l’autorité administrative indépendante, Olivier Schrameck, ne manquera pas d’être un élément important des débats du conseil.
Timing paradoxal
Pour le CSA, le timing de cette affaire est très particulier : prévu de longue date, le renouvellement du mandat de Mathieu Gallet, qui s’achève en mai 2019, devait être le premier à se faire selon les nouvelles modalités voulues par le gouvernement. Il était donc prévu que le conseil d’administration de Radio France, remanié par la loi, prenne la décision, et non plus le CSA. Paradoxalement, si ce dernier démet Mathieu Gallet, il devra probablement nommer son successeur selon « l’ancienne » méthode, pour un mandat très court. A moins que le gouvernement ne fasse voter une loi avant la décision, ce qui semble difficile.
L’agenda et la situation juridique sont confus. Dans le cas, inédit, où le président de Radio France serait démis, il serait suppléé par le « doyen d’âge » du conseil d’administration, parmi les membres nommés par le CSA, en principe Jean-Luc Vergne, ex-directeur des ressources humaines de grandes entreprises et président de BGE, réseau d’aide aux entrepreneurs. Dans le cas contraire, l’exécutif aura face à lui deux dirigeants plutôt affaiblis, à Radio France et à France Télévisions, au moment de mener sa grande réforme du secteur. Dans tous les cas, l’audiovisuel public rentre dans une zone non balisée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ La société d’investissement de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton, consacrée aux médias, devient le leader de la fiction télé en France.
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Le fonds d’investissement Mediawan achète trois sociétés de production télévisée

La société d’investissement de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton, consacrée aux médias, devient le leader de la fiction télé en France.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h15
    |

                            Sidahmed Chikhbled








                        



   


C’est un grand coup que vient de frapper la société d’investissement Mediawan. Le groupe de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton a annoncé, mardi 16 janvier, les acquisitions de Mon voisin productions, Makever et du pôle télévision d’EuropaCorp. Il devient ainsi le leadeur français dans l’univers de la fiction devant le groupe Lagardère (en termes d’heures de fictions produites en « prime time »).
Ces achats sont le fruit d’une stratégie d’acquisitions menée depuis la création, en 2015, du fonds consacré aux médias, avec notamment, en mars 2016, le rachat, pour 270 millions d’euros, du distributeur AB Group, qui a produit les séries « Hélène et les garçons » ou « Section de recherches ».
80 % d’EuropaCorp Télévision

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Mediawan va acquérir 60 % de Mon voisin productions, société créée en 2008 et productrice, entre autres, de « Dix pour cent », série à succès de France 2, ou de films comme Perfect Mothers (2013), d’Anne Fontaine. Le groupe a aussi déclaré être en négociations exclusives avec Makever en vue de racheter 77 % de son capital. La société produit de nombreuses franchises comme « Kaboul Kitchen », diffusée sur Canal +, ou « Cherif » (France 2).
Mediawan a enfin acquis 80 % d’EuropaCorp Télévision (sans les séries américaines), une filiale d’EuropaCorp, l’entreprise de Luc Besson. La vente de cette activité intervient dans une période compliquée pour la société de production, qui a annoncé, lundi 15 janvier, la suppression d’un quart de ses effectifs en France pour « mener à bien sa stratégie de recentrage sur [son] cœur de métier ».

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Entreprise de diversification
Le catalogue acquis comprend des fictions comme « Taxi Brooklyn » ou « XIII », ainsi qu’une douzaine de projets en cours comme « Arthur et les Minimoys » et « Les Rivières pourpres », projets provenant essentiellement de l’univers de Luc Besson.
L’ensemble de ces acquisitions, d’un montant qui avoisinerait les 40 millions d’euros, devrait se finaliser au premier trimestre. Mediawan devient ainsi « le premier producteur de fiction en volume en France », a déclaré Pierre Antoine Capton, avec, potentiellement, 69 heures de fictions diffusées en prime. Le groupe devance le géant Lagardère Studios, qui produit 66 heures de fiction en prime, et à qui l’on doit « Joséphine, ange gardien » et « Nos chers voisins ».
Mediawan continue donc son entreprise de diversification, après avoir acheté CC & C en juillet 2017, spécialiste de films documentaires comme Apocalypse, et acquis, en décembre 2017, le studio d’animation On kids & family.



                            


                        

                        

