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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.
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« We too » : un appel aux hommes à s’engager contre les violences faites aux femmes

Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 17h40
   





                        


« Nous aussi, nous voulons l’égalité. » Plus de trois mois après le début de #metoo, grand mouvement de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann ont appelé les hommes à exprimer leur soutien aux femmes.
Dans une lettre ouverte publiée dans Le Nouveau Magazine littéraire (dont Raphaël Glucksmann est le directeur de la rédaction), ils prennent la parole « à [leur] tour », et se positionnent contre « des structures de dominations ».

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Faisant référence notamment à la « liberté d’importuner » clamée par les signatrices de la tribune parue dans les colonnes du Monde au début du mois de janvier, Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius déclarent ne pas vouloir « de ces “libertés” si elles s’inscrivent dans des situations et des structures de domination ». Ajoutant : « On nous a appris enfants que notre liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres et nous pensons que la liberté des femmes à ne pas être importunées est ici la question centrale. »
« Un combat commun »
« Nous ne voyons pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle, la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux », estiment encore les deux signataires, qui disent s’inscrire dans « un combat commun [des femmes et des hommes] contre les injustices faites aux femmes ». Reprenant la formule « me too », MM. Hazanavicius et Glucksmann signent « Nous aussi. We too ».

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                « Mesdames, prenez conscience de ces agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires »



Depuis les premières révélations sur les violences sexuelles soupçonnées du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein envers des dizaines d’actrices, de nombreuses femmes ont pris la parole pour dénoncer les actes dont elles ont été victimes ou pour exprimer leurs positions sur la question des violences sexuelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Outre la publication de plusieurs articles sur la philanthropie en France, le nouveau numéro de la revue Genèses consacre un sujet sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 sous-titré « Plaidoyer pour des sciences sociales ordinaires ».
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Dans les revues

Outre la publication de plusieurs articles sur la philanthropie en France, le nouveau numéro de la revue Genèses consacre un sujet sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 sous-titré « Plaidoyer pour des sciences sociales ordinaires ».



Le Monde
 |    29.01.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        


Il peut sembler curieux de prendre le parti de la « banalité » quand on travaille, en sciences sociales, sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015. Au contraire, face à la violence du choc, la grande majorité des études, notamment celles lancées dans le cadre du CNRS – et validées pour 66 d’entre elles –, se sont focalisées sur la trace de l’événement, ­interrogeant le « traumatisme » et la « résilience » des victimes puis des riverains, cherchant à décrire la coupure et les recompositions biographiques entre l’avant et l’après.
Dans le nouveau numéro de la revue Genèses, Sylvain Antichan, chercheur ­postdoctorant à la Fondation Maison des sciences de l’homme, à Paris, propose, à l’opposé de ces attendus, d’investiguer les attentats de manière la plus ordinaire possible : en ethnographe muni de son calepin, arpentant les lieux. Bien que son ­enquête ne soit qu’une esquisse, elle suggère immédiatement que l’image sociale de l’événement est façonnée par des mécanismes de tri des ­« témoins ». Surtout, elle brise le cercle vicieux de l’enquête sur le trauma qui tend à faire surgir des récits qui confortent l’hypothèse du traumatisme.
Mise en garde
Son volet le plus intéressant concerne la fréquentation des ­mémoriaux ou autels de rue qui ont émaillé Paris, qui montre qu’il faut se garder de tirer des conclusions trop rapides sur la relation que les individus entretiennent à l’événement. Sous-titré « Plaidoyer pour des sciences sociales ordinaires », l’article se veut aussi une mise en garde face à la méthodologie innovante de certaines enquêtes (entretiens filmés dans les studios de l’INA, par exemple, avec des témoins préalablement ­maquillés) qui s’écartent des protocoles de recherche habituels. ­Prenons garde au risque de fabriquer ce fameux traumatisme qu’on présuppose, suggère Sylvain Antichan.
Mais c’est à un tout autre sujet que le numéro de Genèses consacre son dossier principal. Réunissant, sous la houlette du sociologue Nicolas ­Duvoux, plusieurs articles sur la philanthropie en France, venus de disciplines diverses (histoire, sociologie ou science politique), la revue ­dévoile une situation française assez paradoxale. L’Etat français a régulièrement intégré les contributions privées à ce qui lui semblait être l’intérêt général – là où, aux Etats-Unis, la justification de la philanthropie est précisément le maintien du pluralisme sur la question. Ainsi, en France, la philanthropie a-t-elle ­contribué « à la construction d’un Etat qui n’a cessé de la minorer, symboliquement mais aussi pratiquement » – jusqu’au renversement des années 1990, où il l’a encouragée dans le ­domaine culturel. On découvrira avec intérêt comment les dons de ces acteurs privés sont à la fois stimulés et invisibilisés, là encore ­selon une habitude toute française.
« Philanthropies et prestige d’Etat en France », Genèses. Sciences sociales et histoire (Belin, nº 109, 176 p., 25 €).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ André Coupet, consultant, défend dans une tribune au « Monde » l’entrée massive de représentants des salariés et de la société civile dans les conseils d’administration des sociétés cotées.
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« La gouvernance des entreprises a tout avantage à s’ouvrir aux parties prenantes »

André Coupet, consultant, défend dans une tribune au « Monde » l’entrée massive de représentants des salariés et de la société civile dans les conseils d’administration des sociétés cotées.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h54
    |

André Coupet (Associé du cabinet Paris Montréal Conseil)







                        



                                


                            
Tribune. Le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), qui sera débattu et voté au printemps, suscite, dans sa phase de consultation, quantité de propositions intéressantes notamment autour du thème « Partage de la valeur et engagement sociétal ».
Parmi celles-ci, l’idée qu’il y ait, bien davantage qu’aujourd’hui, des administrateurs salariés au conseil d’administration des entreprises fait l’objet de controverses, notamment quant au nombre de représentants des salariés et quant à la taille des entreprises concernées.
il est temps de mieux reconnaître la valeur du travail et, en bout de ligne, de répartir plus équitablement le résultat final
Ne nous trompons pas de débat. Il ne s’agit pas simplement de rééquilibrer le rapport de forces traditionnel en se disant qu’après tant d’années en faveur du capital, il est temps de mieux reconnaître la valeur du travail et, en bout de ligne, de répartir plus équitablement le résultat final. La loi sur l’intéressement peut bien être revue, mais elle existe depuis longtemps !
Il ne s’agit pas non plus de croire que développer l’actionnariat salarié va tout modifier ; déjà bien implanté en France, il n’a guère changé la donne. Son développement sous-entend qu’il faudrait absolument être actionnaire pour être administrateur alors que, ce faisant, on ne ferait que renforcer le statu quo du capitalisme actionnarial ; or c’est justement cette suprématie des apporteurs de fonds, ce droit de vie et de mort selon un seul point de vue, qu’il faut remettre en question !
Changement de modèle
Car l’entrée des salariés dans les conseils doit signifier un changement de modèle. Il est temps de basculer d’un système où la création de valeur est décidée et accaparée par les seuls actionnaires vers une économie de marché au sein de laquelle chaque entreprise atteint ses objectifs en investissant selon la nouvelle équation à l’origine des résultats, désormais fonction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’éditeur Jacob Hamburger estime, dans une tribune au « Monde », que le Parti démocrate ne se relèvera que s’il parvient à dépasser son aversion pour l’actuel président et s’il est capable de composer avec la gauche progressiste.
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Jacob Hamburger : « La gauche américaine semble, aujourd’hui, vide idéologiquement »

L’éditeur Jacob Hamburger estime, dans une tribune au « Monde », que le Parti démocrate ne se relèvera que s’il parvient à dépasser son aversion pour l’actuel président et s’il est capable de composer avec la gauche progressiste.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 12h49
    |

Jacob Hamburger (Cofondateur du blog Tocqueville 21, directeur des pages littéraires du Journal of Politics, Religion and Ideology)







                        



                                


                            
Tribune. Si, un an après l’investiture de Donald Trump, les soutiens du Parti démocrate ont pu voir en Oprah Winfrey le sauveur de leur famille politique, c’est le signe que tout ne va pas bien à gauche aux Etats-Unis. Il est facile de voir en quoi la candidature de cette ancienne animatrice à l’élection de 2020 serait dangereuse. Car, malgré ses qualités admirables, Oprah serait une sorte de Donald inversé, un Trump « progressiste ».
Non seulement ce serait encore un candidat milliardaire, bien plus riche que M. Trump, sans aucune expérience politique. Pire encore, sa nomination prouverait, au fond, qu’à gauche comme à droite, la politique américaine n’est qu’une affaire de célébrité. Une gauche qui ne peut fournir d’autre candidat qu’une vedette de télévision, c’est une gauche qui admet ne pas avoir de programme ni de valeurs, mais seulement un héros charismatique capable de défaire celui de l’autre camp. Ce n’est donc pas pour rien que Le Monde a qualifié Mme Winfrey de « miroir du désarroi démocrate ».

Comment, quatorze mois après la victoire de Donald Trump contre Hillary Clinton, la gauche américaine peut-elle sembler si vide idéologiquement ? On aurait pu croire que le choc du résultat de l’élection de 2016 catalyserait le renouveau du Parti démocrate. Il y a un an, plusieurs millions de citoyens ont défilé contre l’investiture de M. Trump, ce qu’ils ont reproduit, quelques jours plus tard, en réaction à la signature des premiers executive orders anti-immigration.
« Ce n’est pas normal » est devenu le slogan des médias progressistes. Face à un président élu avec une minorité de voix, et qui rejetait brutalement tout ce que les progressistes affirmaient pendant les années Obama, les Américains autrefois modérés se sont rebaptisés la « résistance ». En colère, la gauche semblait affirmer une nouvelle volonté d’engagement politique dans un contexte totalement bouleversé.
Colère...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Quatre attaques en dix jours ont endeuillé la capitale afghane. La guerre n’aura pas d’issue sans l’arrêt de l’occupation militaire étrangère.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

En Afghanistan, l’insupportable quotidien des attentats

Editorial. Quatre attaques en dix jours ont endeuillé la capitale afghane. La guerre n’aura pas d’issue sans l’arrêt de l’occupation militaire étrangère.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Semaine sanglante en Afghanistan. Quelques jours après l’attaque visant des étrangers contre l’Hôtel Intercontinental de Kaboul, une ambulance piégée a explosé, samedi 27 janvier, près du ministère de l’intérieur et du quartier général de la police afghane, faisant plus de 100 morts. Une autre attaque avait visé dans la semaine l’ONG britannique Save the Children dans l’est du pays, à Jalalabad. Et, lundi matin 29 janvier, une attaque était menée contre l’académie militaire Maréchal-Fahim à Kaboul.
L’attentat à l’ambulance piégée est le plus meurtrier en Afghanistan depuis celui au camion explosif perpétré dans la zone diplomatique de la capitale afghane le 31 mai 2017 (au moins 150 morts). Si l’une des deux ambulances impliquées dans l’attaque avait franchi un checkpoint supplémentaire, elle aurait pu atteindre deux autres cibles symboliquement importantes : le bureau de la délégation de l’Union européenne et l’ambassade d’Inde. Cela dit, quelles que soient les cibles, la plupart des victimes sont des civils.

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                Après l’attentat de Kaboul, la colère face à l’incapacité du pouvoir à enrayer les violences



Les deux attaques les plus meurtrières de la semaine, contre l’Hôtel Intercontinental et le ministère de l’intérieur, ont été revendiquées par les rebelles talibans afghans. Le gouvernement de Kaboul accuse le groupe de Sirajuddin Haqqani, actuel chef adjoint des talibans, d’être le maître d’œuvre de nombreux attentats commis ces dernières années dans la capitale.
Les années passent et se ressemblent
Le « réseau Haqqani » est connu pour sa proximité tant avec Al-Qaida qu’avec les services de renseignement militaire pakistanais. Les deux autres attentats, contre Save the Children et l’académie militaire, ont pour leur part été revendiqués par l’organisation Etat islamique (EI). La branche afghane de l’EI a été créée par des talibans ayant fait allégeance ces dernières années au « calife » Abou Bakr Al-Baghdadi.
Les années passent et se ressemblent en Afghanistan. Les rebelles talibans, qui contrôlent plus de la moitié du pays, mènent contre les villes une stratégie du chaos. A chaque attentat, la colère de la population se dirige contre le gouvernement. Ces attaques ne changent rien à l’équilibre militaire, mais elles rappellent l’extrême fragilité des institutions afghanes.

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                L’Etat afghan impuissant face à la multiplication des attentats



Ces attentats sont à chaque fois, pour les Etats-Unis, engagés depuis 2001 en Afghanistan dans la plus longue guerre de leur histoire, l’illustration d’un échec majeur. Depuis qu’il a officialisé sa stratégie afghane, le 21 août 2017, le président Donald Trump a à son tour, après George Bush et Barack Obama, renforcé le contingent américain – de 8 400 à 14 000 hommes, 1 000 autres étant attendus prochainement.
Les deux autres stratégies seraient un retrait militaire américain ou l’ouverture d’une négociation diplomatique entre Kaboul, les Etats-Unis, les talibans et les puissances régionales. La première option est jugée trop risquée et la seconde prématurée. Dans les deux cas, les talibans sont considérés comme étant trop en position de force pour qu’une alternative offre une perspective conforme aux intérêts américains.
Outre un renforcement des institutions et de l’armée afghane, la guerre n’aura pourtant pas d’issue sans que soit mis un terme à l’occupation militaire étrangère et sans négociations de paix. Les talibans et leurs alliés djihadistes d’Al-Qaida – ou rivaux de l’EI – ont donc encore de beaux jours devant eux. Et les Afghans n’en ont pas fini avec la souffrance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ S’il est toujours difficile de prédire avec certitude la date d’éclatement d’une bulle sur les marchés, beaucoup de clignotants sont déjà à l’orange, voire au rouge, estime, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
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« Beaucoup de clignotants sont déjà à l’orange, voire au rouge sur les Bourses »

S’il est toujours difficile de prédire avec certitude la date d’éclatement d’une bulle sur les marchés, beaucoup de clignotants sont déjà à l’orange, voire au rouge, estime, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 11h23
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            
Chronique. Décrypter l’économie mondiale peut prendre parfois la forme d’un exercice assez binaire. Entre jouer les oiseaux de mauvais augure en pronostiquant que la planète est à la veille d’une nouvelle crise financière et passer pour celui qui n’a rien vu venir, la voie est étroite et les garde-fous fragiles.
Dans un cas, on vous reproche d’élaborer des prophéties autoréalisatrices, qui de toutes les façons se produiront, ce n’est qu’une question de temps. Dans l’autre, on vous accusera d’être du côté du manche, de participer à l’euphorie ambiante sans avoir su prendre le minimum de recul dont sont dépourvus tous ceux qui ont intérêt à ce que l’aveuglement général se prolonge le plus longtemps possible.
Dix ans après la faillite de Lehman Brothers, le dilemme est toujours le même. D’un côté, les optimistes invétérés, ceux qui, hypnotisés par les révisions à la hausse de la croissance mondiale, estiment qu’avec un Dow Jones à plus de 26 500 points, soit un quasi-doublement en cinq ans, la Bourse n’est pas si chère et que, pour reprendre le titre de l’ouvrage des économistes Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, Cette fois, c’est différent (Pearson, 2010).
« La prochaine récession arrivera plus tôt que prévu »
Et puis, d’un autre côté, il y a les chats échaudés comme Jes Staley, le patron de Barclays, qui racontait au Forum de Davos que la situation actuelle lui rappelait étrangement l’édition de 2006, quand tout le monde pensait qu’on pouvait indéfiniment surfer sur les crises financières. L’année suivante la planète découvrait ce que signifiait le mot « subprime ».
Le Fonds monétaire international (FMI) a également appris de ses erreurs. A la veille de Davos, Maurice Obstfeld, l’économiste en chef de l’institution, a prévenu que « la prochaine récession arrivera plus tôt que prévu et sera plus difficile à résoudre ». Notre vocabulaire financier pourrait encore s’enrichir.

Il est vrai que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Analyse. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi lors du scrutin présidentiel fin mars – pour lequel ses adversaires ont jeté l’éponge les uns après les autres – ne fait aucun doute. Pourtant, la colère gronde au sein de la population d’un pays qu’il dirige de main de fer.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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De quoi le président égyptien a-t-il peur  ?

Analyse. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi lors du scrutin présidentiel fin mars – pour lequel ses adversaires ont jeté l’éponge les uns après les autres – ne fait aucun doute. Pourtant, la colère gronde au sein de la population d’un pays qu’il dirige de main de fer.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h32
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Analyse. Les candidats à l’élection présidentielle égyptienne du 26 mars jettent l’éponge les uns après les autres. Après les pressions exercées sur l’ancien premier ministre Ahmed Chafiq et l’arrestation du colonel Ahmed Konsowa, en décembre 2017, le mois de janvier a vu tour à tour le désistement de Mohamed Anouar Al-Sadate, le neveu de l’ancien président égyptien, l’arrestation du général à la retraite Sami Anan et l’abandon de l’avocat de gauche Khaled Ali. Le président sortant, Abdel Fattah Al-Sissi, est plus que jamais assuré de sa réélection au terme de ce que nombreux n’hésitent plus à dénoncer comme une « farce électorale ».
Le régime douterait-il des chances du président Sissi de l’emporter face à l’un ou à l’autre de ces candidats ? Porté au pouvoir par l’armée lors du renversement du président islamiste Mohamed Morsi, en juillet 2013, le maréchal Sissi avait été élu président, en mai 2014, avec 97 % des suffrages, mais une participation de 47,5 %, obtenue à grand-peine.

Sa popularité n’en était pas moins réelle chez des millions d’Egyptiens après les trois années d’instabilité et d’insécurité qui ont suivi la révolution de janvier 2011. Par la répression féroce contre les opposants islamistes et prorévolutionnaires, et la mise au pas des contre-pouvoirs et des institutions de l’Etat, le président Sissi a achevé de monopoliser le pouvoir. Quatre ans plus tard, le culte de la personnalité entretenu autour du président Sissi est quelque peu écorné. La colère gronde au sein de la population, aux abois après les coupes aux subventions étatiques et la flambée de l’inflation à plus de 30 %.
« Tout sauf Sissi »
Les appels à la patience du gouvernement, qui met en avant les satisfecit et les projections optimistes du Fonds monétaire international après la mise en place de ces réformes « courageuses et nécessaires », ne suffisent pas. Le président Sissi le paie cher en termes de popularité....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Selon la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, on ne trouvera pas de remède aux maux de la prison sans une politique de désinflation carcérale.
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Adeline Hazan : « Le retour de la sécurité en prison viendra de la réduction du nombre des détenus »

Selon la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, on ne trouvera pas de remède aux maux de la prison sans une politique de désinflation carcérale.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h07
    |

Adeline Hazan (Contrôleure générale des lieux de privation de liberté)







                        



                                


                            

Tribune. Si la crise pénitentiaire vient de loin et si ses causes sont multiples et bien connues, le conflit des surveillants s’est durci dans des conditions inattendues, provoquant dans toute la France des troubles durables qui mettent en lumière une situation depuis longtemps dénoncée par tous ceux qui connaissent la prison.
L’insécurité vécue par les surveillants pénitentiaires est réelle. La saturation des capacités pénitentiaires, que l’on résume trop souvent par l’expression de « surpopulation carcérale », place les surveillants dans l’obligation d’effectuer un nombre de tâches que leur temps de travail ne peut absorber, car c’est le nombre des places « théoriques » qui détermine l’effectif des surveillants, pas celui des détenus présents. Dès lors, le personnel pénitentiaire est soumis à un rythme effréné qui lui est à juste titre insupportable.

Pour les détenus, les difficultés ne se résument pas à la promiscuité induite par la surpopulation et donc, finalement, à une question de « confort ». ­Elles touchent au contraire les aspects de la prise en charge : l’accès aux douches est réduit, les promenades et parloirs sont raccourcis, le courrier tarde, le travail est inaccessible, les soins deviennent parcimonieux. L’ensemble des ­actions de préparation à la sortie, c’est-à-dire ce qui, en réalité, prévient efficacement la récidive, est entravé. Enfin, la surveillance est insuffisante, donc les trafics et la violence se développent.
Des mesures à court terme
L’état des prisons, mis en lumière par la crise qui s’achève, met en danger les surveillants comme les détenus, mais aussi la société. Depuis vingt ans l’inflation carcérale semble être une fatalité. Pourtant elle ne résulte ni de l’accroissement de la population ni de celui de la criminalité, et les pouvoirs publics analysent ses causes mais n’en tirent pas les ­conséquences. Partout, le personnel et les moyens manquent. Souvent, la ­politique carcérale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Trois questions à Katharina Berndt Rasmussen, philosophe.
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La liberté sexuelle est-elle vraiment menacée ?

Trois questions à Katharina Berndt Rasmussen, philosophe.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 12h37
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Certaines des critiques formulées contre le mouvement #metoo évoquent une menace pour la liberté sexuelle. Ces critiques existent-elles aussi en Suède, où vous vivez et exercez ? ­Y a-t-il effectivement un risque ?
Qu’il y ait des réactions ne me surprend pas. Une transformation de cette ampleur n’est pas indolore. En France, moins en Suède, il est beaucoup question des limitations imposées à la liberté sexuelle. #metoo mènerait à une forme de puritanisme, nous forçant à un retour en arrière, à une morale sexuelle très restrictive.
Selon moi, c’est exactement le contraire qui se produit. La liberté sexuelle ne peut exister qu’à condition qu’elle soit accompagnée d’une liberté de dire non. Il n’est pas question de s’immiscer dans ce que vous faites au lit, de condamner certaines pratiques ou préférences sexuelles. Seulement de rappeler qu’elles doivent être exercées entre des individus ­consentants. Si on respecte l’autre, qu’on s’assure de son ­accord, alors on peut faire absolument tout ce dont on a envie. La seule limitation est imposée par la liberté d’autrui.
Au-delà des viols et des agressions sexuelles, certaines femmes défendent une « liberté d’importuner ». ­#metoo va-t-il trop loin dans la condamnation, au point d’en devenir liberticide ?
Quand on parle du consentement, cela s’applique aussi aux gestes et paroles déplacés. La question du viol est évidemment très importante mais elle n’est pas isolée. Les offenses mineures participent à la construction d’une structure dans laquelle les femmes évoluent et à laquelle elles se sont habituées : on les siffle dans la rue, on commente leur tenue, leur corps, elles sont réduites à leur physique. Ce sont de petites choses, qu’il n’est pas question de dénoncer devant un tribunal mais qui rappellent constamment aux femmes qu’elles sont des objets dont on peut disposer, minant leur confiance en elles et ­parfois leurs performances.
Beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Trois auteurs interrogent chacun dans leur livre l’expression, en France, d’un catholicisme d’affirmation et la droitisation des pratiquants.
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Des catholiques contre la tentation identitaire

Trois auteurs interrogent chacun dans leur livre l’expression, en France, d’un catholicisme d’affirmation et la droitisation des pratiquants.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 08h42
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Livres. Des catholiques s’inquiètent du raidissement identitaire d’une partie de leurs coreligionnaires en France, pris par l’angoisse du déclin, et ils l’écrivent. Depuis les grandes manifestations contre le mariage pour tous, en 2012 et 2013, on a beaucoup scruté la remobilisation des catholiques dans la sphère politique, la place de plus en plus visible d’un catholicisme d’affirmation et la droitisation électorale d’une part importante des pratiquants, que le vote en faveur du Front national ne rebute pas plus, désormais, que la moyenne de l’électorat. Tandis que ce courant prenait alors confiance en sa capacité d’expression – alors même qu’il avait essuyé une défaite sur le terrain législatif –, des groupements politiques ou associatifs se sont structurés, des sites Internet sont apparus pour entretenir la flamme, des initiatives missionnaires se sont multipliées.
Les catholiques de « la droite de Dieu » ont pris conscience qu’ils sont désormais une composante minoritaire d’une société largement déchristianisée
En novembre 2016, la victoire de François Fillon à la primaire de la droite a témoigné de l’ambition de cette mouvance de demeurer un acteur dans la sphère politique. La situation intenable pour les minorités religieuses, notamment chrétiennes, en Irak puis en Syrie, créée par les conquêtes territoriales de l’organisation Etat islamique à partir de l’été 2014, l’a tenue mobilisée. En revanche, le mouvement des réfugiés qui a suivi l’a déstabilisée, réactivant l’angoisse d’une dissolution du marqueur chrétien dans notre pays.
Trois livres très différents interrogent ce glissement, considéré comme une conséquence du sentiment douloureux d’être de plus en plus étranger au reste de la société. Avec les outils du sondeur, Jérôme Fourquet répertorie les manifestations de cette évolution récente. Pour le directeur du département « opinions » de l’IFOP, ces quelques années ont été, pour ces catholiques de « la droite de Dieu »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de l’Institut kurde de Paris estime qu’il faut obliger le président turc à retirer ses troupes d’Afrin en Syrie car il représente un danger pour la paix régionale.
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Kendal Nezan : « On dirait qu’Erdogan tétanise les dirigeants occidentaux  »

Dans une tribune au « Monde », le président de l’Institut kurde de Paris estime qu’il faut obliger le président turc à retirer ses troupes d’Afrin en Syrie car il représente un danger pour la paix régionale.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 11h25
    |

                            Kendal Nezan (Président de l’Institut kurde de Paris)








                        



                                


                            
Tribune. Des milliers de Kurdes sont morts pour débarrasser la Syrie et le monde du fléau de l’organisation Etat islamique. Ces femmes et ces hommes courageux, soutenus par la coalition internationale, ont brisé le mythe d’invincibilité de Daech (acronyme arabe de l’organisation EI), l’ont chassé village après village, ville après ville de tous les territoires où il sévissait y compris de Rakka, capitale de son soi-disant califat.
Parallèlement aux combats, les Kurdes ont mis en place des institutions, des conseils élus représentatifs des populations locales pour gérer ces territoires. Ils y ont accueilli, avec très peu d’aide internationale, plus d’un demi-million de réfugiés et de déplacés en grande partie arabes fuyant la barbarie de Daech ou celle du régime syrien.
Au moment, où après sept années d’épreuves, ils pensaient entrevoir la fin de cette guerre et s’apprêtaient à organiser des élections pour mettre en place des assemblées autonomes, les voilà en butte à la vindicte du président turc Erdogan déçu par la défaite de ses alliés djihadistes et la faillite de sa politique syrienne.
Immobilisme des alliés occidentaux
La Turquie qui tout au long de ces années n’a pratiquement rien fait pour combattre Daech, qui s’est jusqu’à fin 2015 fort bien accommodée de sa présence à sa frontière, qui a soutenu, abrité, formé, armé divers mouvements djihadistes, lance en plein hiver ses chars et son aviation contre le paisible canton d’Afrin sous prétexte d’y éradiquer la milice kurde « terroriste » qui menacerait ses frontières, exposant ainsi des centaines de milliers de civils à l’exode et à la famine. Elle veut y installer ses auxiliaires syriens, pour la plupart issus de diverses factions djihadistes estampillées pour l’occasion Armée syrienne libre et détruire les institutions laïques locales.

Voilà qu’Afrin qui, avec ses vallées verdoyantes, ses vastes oliveraies qui font la réputation de l’huile d’olive et du savon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les deux instigatrices d’une « contre tribune des 1000 », pétition signée par plusieurs centaines de jeunes contre la « tribune des 100 femmes », expliquent leur position.
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« Mesdames, prenez conscience de ces agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires »

Dans une tribune au « Monde », les deux instigatrices d’une « contre tribune des 1000 », pétition signée par plusieurs centaines de jeunes contre la « tribune des 100 femmes », expliquent leur position.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h08
    |

Yasmine Boirie et Violette Versaevel (lycéennes)







                        



                                


                            
Tribune. Nous sommes deux jeunes filles de 17 ans. Nous ne sommes ni expertes en féminisme ni particulièrement engagées dans la lutte pour les droits des femmes, certainement parce que nous pensions la question révolue depuis le temps qu’on en parle et aussi parce que les dernières révélations en matière de harcèlement nous ont laissé croire que, la parole étant libérée, aucun homme n’oserait plus faire à personne ce qu’on pourrait lui reprocher… Et puis nous avons lu la tribune pour la « liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »… La lecture en fut douloureuse. Nous nous sommes premièrement demandé pour qui ce fameux droit à être importunée était réclamé. Nous doutons en effet que mesdames de Menthon, Lévy et Deneuve promeuvent ce droit pour elles-mêmes…
Nous comprenons donc assez vite que cette tribune serait une sorte de legs pour nous, les futures usagères des transports en commun. Ainsi donc mesdemoiselles, semblent ainsi nous dire nos 100 mères, vous attend un modèle de société où il faudrait que vous ayez de la compassion pour ces messieurs, jeunes et vieux, qui auraient la délicate attention de se frotter à vous ! Une société dans laquelle nous devrions apprendre à taire, voire à apprécier les agressions que nous subissons (pardon, que nous réclamons) ! Anachronique ? Non, c’est moderne…
Mais on ne veut plus se taire. Nous voulons faire entendre notre voix. Nous voulons que vous, mesdames, preniez conscience de l’ampleur de ce phénomène d’agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires. Le traumatisme d’un attouchement ou d’un viol est réel et certaines d’entre nous (qui prenons certainement plus souvent les transports en commun que vous) sont là pour en témoigner. Certaines jeunes filles nous ont envoyé des témoignages de harcèlement moral qu’elles ont vécu dès le plus jeune âge, d’autres d’attouchements dans le métro dès 8 heures du matin, sous le sac à dos, d’autre encore de l’oppression qu’elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Franck Bancel, professeur à ESCP-Europe, et Henri Philippe, consultant, plaident dans une tribune au « Monde » pour indexer la rémunération des dirigeants sur les performances sociales et environnementales des entreprises.
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« Les incitations financières sont plus efficaces que l’évolution du cadre juridique »

Franck Bancel, professeur à ESCP-Europe, et Henri Philippe, consultant, plaident dans une tribune au « Monde » pour indexer la rémunération des dirigeants sur les performances sociales et environnementales des entreprises.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 19h00
    |

Franck Bancel (Professeur à ESCP-Europe) et Henri Philippe (Associé au cabinet de conseil Accuracy)







                        



                                


                            

Tribune. A la surprise générale, le directeur général de BlackRock, un des plus grands fonds d’investissement du monde, a invité le 12 janvier les dirigeants des entreprises dont il est actionnaire à repenser leur stratégie en réduisant les dividendes et en recherchant la croissance de long terme. Il précisait notamment que les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance fournissent des informations essentielles sur l’efficacité de la gestion et ainsi, sur les perspectives à long terme de l’entreprise.
En France, ce débat sur la nécessité pour les entreprises de contribuer aux enjeux sociétaux de long terme s’est focalisé sur la réforme du cadre juridique. Le ministre de la transition écologique s’est ainsi déclaré favorable, le 11 décembre 2017, à « faire évoluer l’objet social de l’entreprise, qui ne peut plus être le simple profit, sans considération aucune pour les femmes et les hommes qui y travaillent, sans regard sur les dégâts environnementaux ».

Ces différentes interventions font écho aux travaux de recherche publiés depuis plus de deux décennies en finance. La littérature académique montre sans ambiguïté que l’attention des entreprises cotées en Bourse et des marchés financiers se porte principalement sur les résultats à court terme (c’est la fameuse « myopie » des marchés financiers) : ceux-ci ne peuvent être inférieurs aux attentes des analystes financiers sous peine de voir le cours de Bourse négativement affecté.
Sur la base de « vrais » indicateurs de long terme
Dès lors, les investissements qui n’auront un effet que dans un temps long (R&D, réduction des émissions de CO2, etc.) ne sont pas prioritaires dans la gestion de l’entreprise. Comment faire alors en sorte que les entreprises contribuent positivement aux grands enjeux sociétaux auxquels nous sommes confrontés ?
En France, comme souvent, la tentation est forte de faire évoluer le cadre juridique. La littérature académique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Pour les historiens Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du Haut Comité des commémorations nationales, l’Etat doit rappeler les moments lumineux de notre histoire comme les périodes les plus sombres.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/01/2018
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Commémoration de l’écrivain antisémite Maurras : « Commémorer, ce n’est pas célébrer »

Pour les historiens Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du Haut Comité des commémorations nationales, l’Etat doit rappeler les moments lumineux de notre histoire comme les périodes les plus sombres.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 11h30
    |

                            Pascal Ory (Historien) et 
                            Jean-Noël Jeanneney (Historien)








                        



                                


                            

Dimanche 28 janvier, le ministère de la culture a annoncé le retrait de la référence à l’écrivain antisémite Charles Maurras (1868-1952) du Livre des commémorations nationales 2018. La ministre, Françoise Nyssen, a demandé le rappel et la réimpression de ce livre afin de « lever l’ambiguïté » sur « des malentendus qui sont de nature à diviser la société française ».
La proposition faite dans ce recueil, élaboré par le Haut Comité des commémorations nationales, de commémorer, parmi des dizaines d’autres événements, le théoricien du nationalisme intégral, a suscité une vive polémique. Certains, tel Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, y ont vu un hommage scandaleux rendu à un auteur condamné après la seconde guerre mondiale pour son soutien au régime de Vichy.
Tribune. L’émotion qui entoure l’inscription de Charles Maurras dans le Livre des commémorations nationales pour 2018 exige une explication simple et claire. La mission confiée au Haut Comité aux commémorations nationales est de contribuer, au hasard des anniversaires, à une meilleure prise de conscience des épisodes majeurs du passé. Il en propose une liste à la ministre, à qui il revient de les agréer si elle le souhaite.

Françoise Nyssen l’a fait d’abord, en l’occurrence, avant de changer d’avis. Sont concernés les personnalités et les événements dont notre pays peut s’honorer, mais pas eux seulement. Commémorer, ce n’est pas célébrer. C’est se souvenir ensemble d’un moment ou d’un destin. Distinction essentielle : on commémore la Saint-Barthélemy, on ne la célèbre pas. On commémore l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac, on ne le célèbre pas. On commémore la Grande Guerre, on ne la célèbre pas.
Le précédent Céline
La question s’était posée, en 2011, lors du cinquantenaire de la mort de Céline, dont l’apparition dans la liste poussa le ministre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ En Italie, des groupes de jeunes enfants multiplient les agressions en imitant la mafia. Certains pointent la responsabilité de Roberto Saviano, l’auteur de l’ouvrage.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Quand des bandes d’enfants s’inspirent de « Gomorra » pour semer la terreur

En Italie, des groupes de jeunes enfants multiplient les agressions en imitant la mafia. Certains pointent la responsabilité de Roberto Saviano, l’auteur de l’ouvrage.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 19h35
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

C’est une image si troublante qu’on se demande aussitôt si elle est tirée d’une fiction réaliste ou d’un réel devenu scène de film. Huit enfants posent ­ensemble devant le seuil défraîchi d’un vieil immeuble, armes à la main. Quel âge ont-ils ? 10 ans, 11 ans ? A peine plus sans doute, tant leurs silhouettes semblent encore marquées par les rondeurs de l’enfance. Ils ont été saisis dans une attitude hésitant entre le côté emprunté d’une photo de classe et l’air de défi d’une bande de voyous. Chacun brandit à la main une arme, qui un pistolet – sans doute factice –, qui un couteau, une masse, une batte de base-ball.
Ils se font appeler le « gang de la Parochiella », sévissent dans le quartier espagnol, en plein centre historique de Naples, et leur photographie de groupe, diffusée sur la page Facebook d’un de leurs amis plus âgés, mi-janvier, a fait le tour de l’Italie en quelques jours, se retrouvant même à la « une » de plusieurs quotidiens nationaux. Leurs visages sont floutés, respect de la protection des mineurs oblige, ce qui accroît le réalisme de la scène tout en lui donnant un aspect plutôt incongru, mais personne en Italie n’a pris pour autant l’image à la légère.

En quelques jours, le « baby gang » de la Parocchiella est devenu le symbole parfait d’un phénomène face auquel les pouvoirs publics sont pour l’heure démunis : la multiplication d’agressions commises par des groupes de mineurs parfois très jeunes, en plein jour, dans les gares et autres lieux publics de l’agglomération napolitaine. Depuis décembre 2017, sept cas d’actes de violences de ce type ont été recensés. Surtout, leur apparition a suscité une de ces controverses qui se déroulent plus souvent dans les amphithéâtres des universités que dans le débat public : la fiction peut-elle inspirer le réel ?
Elèves déscolarisés
Car, interrogée par le quotidien turinois La Stampa sur ce phénomène qui semble se répandre partout dans le pays, Melita Cavallo,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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« Promouvoir un monde habitable », une nécessité pour la philosophe Corine Pelluchon

Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
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28.01.2018 à 16h39
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                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            

Quatre étages sans ascenseur. Escalier propre et net. Sous les toits d’un petit immeuble, dans une rue calme de Paris, non loin de la porte d’Italie, vit et travaille Corine Pelluchon. « Eh oui, ça se mérite… », dit-elle en souriant au visiteur un peu essoufflé par ce trajet vers les hauteurs, qui bientôt respire mieux, dans un appartement sans un bruit, tapissé de livres.
En fait, cette scène évoque, à sa manière, le parcours de la philosophe. Parce que la pensée aussi, « ça se mérite ». ­Corine Pelluchon en sait quelque chose. Etre une femme philosophe, ce n’est pas si facile. Nombreuses, évidemment, sont les enseignantes. Bien plus rares sont celles qui, malgré obstacles et barrières, parviennent à construire une pensée rigoureuse, utile, à la hauteur des défis de l’époque, jusqu’à y vouer leur existence.
Etre allée de l’enseignement secondaire à l’université, de la philosophie politique à la construction d’une nouvelle éthique, de Leo Strauss (1899-1973) à la cause animale, devenue l’axe majeur de son existence, dessine une trajectoire singulière. Les livres successifs qui l’ont marquée en constituent, en un sens, les étages. Ils mènent à ce point de vue plus élevé, d’où, aujourd’hui, elle considère les liens entre le psychisme des individus et l’avenir possible de notre monde. Pour aider à le changer.
Son objectif est politique
Car Corine Pelluchon ne fait pas de la philosophie pour le seul plaisir des concepts et des jeux théoriques. Son objectif est politique : éveiller nos consciences individuelles pour transformer peu à peu la société, le modèle de développement et de production, l’organisation du travail, les styles de vie… On jugera peut-être que c’est démesuré. Mais on a l’impression, en rencontrant l’auteure, qu’elle n’a pas le choix. Comme si une force interne la poussait impérieusement à écrire, mais pas simplement, il faut le répéter, pour explorer des idées et en faire des livres. Son désir est d’agir,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Selon Grégory Jarry, auteur et éditeur de bande dessinée, ce moyen d’expression reste un territoire ­à ­conquérir.
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« Le roman-photo va frapper là où on ne l’attend pas »

Selon Grégory Jarry, auteur et éditeur de bande dessinée, ce moyen d’expression reste un territoire ­à ­conquérir.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
   





                        


Par Grégory Jarry

   


C’est un fait, il y a un grand retour du ­roman-photo. Il s’est publié une dizaine d’albums de romans-photos ces douze derniers mois – entre autres : L’Illusion nationale, de Valérie Igounet et Vincent Jarousseau (Les Arènes, 2017) ; Mon voisin Brad Pitt,de Lisa Lugrin et Clément Xavier (NA Editions, 2017) ; Le Syndicat des algues brunes, d’Amélie Laval (FLBLB, 240 p., 25 euros). Ça peut paraître peu, mais c’est presque autant que toute la production des quarante années passées. Attention, il faut savoir de quoi on parle quand on dit roman-photo. On parle d’un moyen d’expression et non d’un genre. On parle de quelque chose d’équivalent, pour le cinéma, à la bande dessinée. Oserais-je dire qu’on parle d’un art ? Un art qui aurait, jusqu’à présent et pour des raisons bassement mercantiles, été corseté par un genre : l’eau de rose.
L’eau de rose en roman-photo, c’est à vous dégoûter de l’amour. La plupart du temps, c’est industriel, la chair n’a pas de saveur, les os se délitent, de la vraie flotte. Alors oui, on met le roman-photo au musée, on rigole de ces filles jeunes et fardées dans les bras de ces messieurs plus âgés et en imperméable. On aimerait bien que ce soit plus que ça, mais hélas, ce n’est pas plus que ça, et c’est même moins que ça, car ça occulte ce qu’il y a de plus intéressant dans le roman-photo : le roman-photo lui-même, un moyen d’expression formidablement sous-exploité, qui n’a pas encore rencontré son Chaplin, son Hergé. Un moyen d’expression qui utilise la puissance du langage de la bande dessinée. Un moyen d’expression qui a besoin du réel, d’un tournage, d’acteurs, à l’instar du cinéma. Mais un moyen d’expression en soi, qui peut dire les choses à sa façon, qui n’a pas besoin de ses cousins pour exister.
Grande liberté d’action
Il n’y a aucune raison pour qu’on n’arrive pas à produire de grandes œuvres en roman-photo, je dirais même que les prochains auteurs de romans-photos ont toutes les chances de créer des chefs-d’œuvre, comme ce fut le cas pour le cinéma ou la bande dessinée quasiment dès leurs débuts. Car le roman-photo demeure un territoire ­immense à ­conquérir, et il est quasiment inexploré. Pas grand monde pour s’y risquer, à part les dix pingouins qui ont publié leur livre l’an dernier. Si on compare aux 5 000 BD qui sortent chaque année, ce n’est pas grand-chose.
Il y a moyen d’exister, peut-être même de se faire un nom. Même sans ça : un roman-photo est passionnant à réaliser, et pas si compliqué. Pas de gros moyens techniques en œuvre, ni de budget pharaonique. Un seul ­individu peut faire un roman-photo, ou une petite équipe. C’est là sa grande force : sa simplicité, sa légèreté, et aussi le fait que l’industrie ne s’intéresse pas à lui, qu’il n’est pas en pleine lumière. Tout cela procure une grande liberté d’action.
Ses troupes vont grossir
Le roman-photo est un art jeune, radieux, qui a claqué la porte de chez ses parents, ces vieux croûtons englués dans leurs histoires d’amour à deux balles. Il est allé se planquer dans les sous-bois pour y mener une guérilla, il va surprendre, il va frapper là où on ne l’attend pas, et ses troupes vont grossir. Car le roman-photo appelle à lui tout ce que l’époque compte de photographes payés une misère par la presse ou les gazettes municipales, de cinéastes qui en ont ras-le-bol de perdre des années à financer leurs films, d’auteurs de BD qui dessinent laborieusement d’après photo, de graphistes qui bossent lamentablement dans la pub ou tout simplement d’authentiques auteurs de romans-photos qui s’ignorent, ou qui en font sans trop y croire. Il appelle à lui tous les producteurs d’images qui ont envie de raconter des histoires et qui butent pour le faire, parce que tout est bouché, que les « fils de » occupent les meilleures places, que la surproduction tous azimuts fait que rien ne marche sans marketing agressif ou alors il faut un gros coup de bol.
Vous savez pourquoi l’époque est propice au roman-photo ? Parce que c’est la meilleure chose à faire et qu’on en a marre du reste.
Grégory Jarry est auteur et éditeur de bande dessinée aux éditions FLBLB.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ De simples à-plats d’encre traversent la bande dessinée depuis ses origines. Fumisterie ? Loin de là : par leur polysémie, ils montrent toute la richesse de cet art narratif. Exploration, à l’occasion du Festival d’Angoulême.
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BD : la polysémie de la case noire

De simples à-plats d’encre traversent la bande dessinée depuis ses origines. Fumisterie ? Loin de là : par leur polysémie, ils montrent toute la richesse de cet art narratif. Exploration, à l’occasion du Festival d’Angoulême.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 08h00
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28.01.2018 à 21h30
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                            Anne Favalier








                        



                                


                            

Un à-plat d’encre de Chine, parfois incrusté de texte, de bulles, de signes : en bande dessinée, la case noire serait-elle une fumisterie ? Elle est là dès l’origine. Cham l’ose en 1839 dans Histoire de M. Lajaunisse : deux cases noires montrent la chambre dans laquelle le personnage se couche après avoir soufflé sa chandelle. Gag innocent ? Pas seulement : « Cette intrusion de l’abstrait au beau milieu d’une narration par l’image est un moyen de questionner le médium, de pointer du doigt son fonctionnement et de mettre le lecteur en déroute », analyse Camille Filliot dans sa thèse intitulée La Bande dessinée au siècle de Rodolphe Töpffer (université Toulouse-Le Mirail, 2011).
Dès lors, les auteurs s’emparent du ­concept. Gustave Doré en fait les « ténèbres de l’antiquité » dans L’Histoire de la sainte Russie (1854).

Quand, en 1882, la toile Combat de nègres dans un tunnel, de Paul Bilhaud, est exposée au parodique salon des Arts incohérents, elle suscite une floraison de cases noires dans la « littérature en ­estampes », avec comme point d’orgue les déclinaisons colorées de l’Album primo-avrilesque (1897), d’Alphonse Allais : « Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige », « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge »…

Littéral, figuratif, abstrait
Hergé reprend l’idée dès Tintin au pays des Soviets (1930) : cet amateur d’art moderne place une case noire après une bagarre dans l’obscurité, peut-être une citation du Carré noir sur fond blanc (1915), de Malevitch. Elle revient dans presque tous les albums du ­reporter à la houppette, souvent pour un ­effet de suspense. « En ne montrant rien d’une scène, le dessinateur déclenche des images dans l’imagination du lecteur », écrit Scott McCloud dans L’Art invisible (Vertige Graphic, 1999), essai en BD sur la BD.

La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Sandrine Bonnaire raconte son enfance, à Grigny, dans une famille modeste de onze enfants. Et sa rencontre avec Maurice Pialat, « son mentor ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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Sandrine Bonnaire : « Ma cité HLM, c’était comme un village »

Sandrine Bonnaire raconte son enfance, à Grigny, dans une famille modeste de onze enfants. Et sa rencontre avec Maurice Pialat, « son mentor ».



Le Monde
 |    28.01.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 11h07
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

La comédienne, distinguée à 18 ans par un César de la meilleure actrice pour Sans toit ni loi d’Agnès Varda, tient le rôle principal d’Une saison en France, un film de Mahamat-Saleh Haroun, qui sortira sur les écrans ­mercredi 31 janvier.
Je ne serais pas arrivée là si…
S’il n’y avait pas eu mon père et Maurice Pialat. Je ne serais pas arrivée là sans ces deux pères. L’un m’a fait naître, avec ma mère bien sûr, l’autre m’a fait exister.
Commençons par le premier, votre père biologique. Quelle a été son influence ?
Je lui dois d’être très pragmatique, ancrée, d’avoir le sens des réalités et des responsabilités. D’être rêveuse mais pas dupe. Il était ajusteur fraiseur, il travaillait depuis l’âge de 14 ans à l’usine, se levait à 5 h 30, faisait trente bornes à Mobylette, rentrait vers 19 h 30. J’ai très peu de photos de lui mais, quand je les regarde, je vois combien il faisait plus vieux que son âge. Il s’était marié très jeune, avait onze enfants, était usé par le travail, par une forme de vide de vie. Il n’avait de temps pour rien d’autre. Il est mort à 56 ans, en 1986.
Maman, elle, était olé olé. Assez libre. Elle a su rester joueuse, rêveuse. J’ai énormément d’admiration pour elle. Elle faisait les tâches ménagères quand elle le souhaitait. Elle se trouvait des souffles, des voyages, des raisons de sourire. Elle nous a éduqués en nous assurant que « l’impossible est possible ». Parfois, elle partait – heureusement, on était tellement nombreux qu’on s’entraidait. Je ne lui en veux pas, même si cela m’énervait à l’époque parce que, enfant, on aspire à la normalité. Mon enfance a été particulière.
Votre mère faisait-elle partie des Témoins de Jéhovah ?
Elle l’est toujours, c’est sa religion. On ne fêtait pas les anniversaires. Noël, c’était en décalé, le 26 décembre. Il y avait des réunions à la maison. Je m’y ennuyais à mourir.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Rodolphe Durand, professeur à HEC, et Geneviève Ferone Creuzet, de l’agence de notation Prophil, préconisent dans une tribune au « Monde » des incitations fiscales pour orienter l’investissement vers les « modèles d’affaires vertueux »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« La prise en compte du bien commun ne doit pas rester le fait d’un nombre restreint d’entreprises »

Rodolphe Durand, professeur à HEC, et Geneviève Ferone Creuzet, de l’agence de notation Prophil, préconisent dans une tribune au « Monde » des incitations fiscales pour orienter l’investissement vers les « modèles d’affaires vertueux »



Le Monde
 |    27.01.2018 à 17h00
    |

Rodolphe Durand (Professeur et directeur du Centre société et organisations à HEC Paris) et Geneviève Ferone Creuzet (Associée et cofondatrice de P...







                        



                                


                            

Tribune. La future loi sur le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) ouvrira des possibilités nouvelles aux entrepreneurs qui veulent construire des modèles d’affaires vertueux au service du bien commun. La question est de savoir si ce nouveau texte pourra aller au-delà pour viser un véritable changement d’échelle et permettre à la France de construire une économie compétitive, à impact positif et en phase avec les aspirations de nos concitoyens.

La réforme des articles 1832 et 1833 du code civil, pour y inclure les intérêts des parties prenantes autres que ceux des actionnaires, enverrait un signal clair à la société et au marché. Pourtant, on le voit, ce sujet bouscule des postures et ravive des passions. La plus grande crainte est de voir se multiplier des risques de conflits juridiques autour de la gestion des entreprises.
Le code civil apparaît pour certains comme une vache sacrée à laquelle il ne faut pas toucher. Pour les tenants du statu quo, la priorité est d’éviter tout changement qui risquerait d’épouvanter les porteurs de capitaux. Pour autant, aussi symbolique qu’elle soit, l’inscription dans le code civil ne fera pas tout.
Favoriser un changement d’échelle
La création du statut juridique de « l’entreprise à mission », articulant lucrativité et contribution au bien commun, est incontestablement une voie à privilégier. Ces modèles hybrides existent dans plusieurs pays. Aux Etats-Unis, plus de deux mille « benefit corporations » et plus d’un millier de « public benefit corporations » (PBC) ont été enregistrées depuis 2010. De son côté, l’Italie a créé en 2016 les « società benefit ». A ce jour, ce statut inspiré des PBC américaines a convaincu 45 entreprises. Huit pays étudient actuellement une proposition de loi (Australie, Argentine, Chili, Colombie, Canada, Brésil, Pérou, Royaume-Uni). A noter que cette nouvelle voie est d’ailleurs...




                        

                        

