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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.
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« We too » : un appel aux hommes à s’engager contre les violences faites aux femmes

Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 17h40
   





                        


« Nous aussi, nous voulons l’égalité. » Plus de trois mois après le début de #metoo, grand mouvement de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann ont appelé les hommes à exprimer leur soutien aux femmes.
Dans une lettre ouverte publiée dans Le Nouveau Magazine littéraire (dont Raphaël Glucksmann est le directeur de la rédaction), ils prennent la parole « à [leur] tour », et se positionnent contre « des structures de dominations ».

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Faisant référence notamment à la « liberté d’importuner » clamée par les signatrices de la tribune parue dans les colonnes du Monde au début du mois de janvier, Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius déclarent ne pas vouloir « de ces “libertés” si elles s’inscrivent dans des situations et des structures de domination ». Ajoutant : « On nous a appris enfants que notre liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres et nous pensons que la liberté des femmes à ne pas être importunées est ici la question centrale. »
« Un combat commun »
« Nous ne voyons pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle, la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux », estiment encore les deux signataires, qui disent s’inscrire dans « un combat commun [des femmes et des hommes] contre les injustices faites aux femmes ». Reprenant la formule « me too », MM. Hazanavicius et Glucksmann signent « Nous aussi. We too ».

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Depuis les premières révélations sur les violences sexuelles soupçonnées du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein envers des dizaines d’actrices, de nombreuses femmes ont pris la parole pour dénoncer les actes dont elles ont été victimes ou pour exprimer leurs positions sur la question des violences sexuelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Pour de nombreux médecins, l’addiction aux jeux vidéos et aux réseaux sociaux est une réalité clinique, qu’il est urgent d’étudier plus finement.
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Le numérique, une « drogue » qui fait débat

Pour de nombreux médecins, l’addiction aux jeux vidéos et aux réseaux sociaux est une réalité clinique, qu’il est urgent d’étudier plus finement.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h50
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Vade retro jeux vidéo, ­réseaux sociaux… ? Ces temps-ci, les dangers des technologies numériques sont sur le devant de la scène, pointés par les professionnels de santé, mais aussi par ceux du secteur. On ne compte plus les charges virulentes d’anciens ­cadres de la Silicon Valley. « Je crois que nous avons créé des outils qui ­déchirent le tissu social », a ainsi lâché Chamath Palihapitiya (ex-vice-président de Facebook chargé de la ­croissance de l’audience) en novembre 2017 lors d’une conférence.
Mettant en cause, comme d’autres, la surstimulation des circuits neuronaux à dopamine (neurotransmetteur impliqué dans les addictions) par les « like » et autres notifications des réseaux sociaux, Chamath Palihapitiya a interdit à ses enfants d’utiliser « cette merde ». En janvier, c’est Tim Cook, l’actuel directeur général d’Apple qui, dans une intervention publique, s’est dit opposé à ce que son neveu (il n’a pas d’enfant) fréquente un réseau social.
Parallèlement, le « trouble du jeu vidéo » devrait faire son entrée dans la 11e révision de la classification internationale des maladies (CIM-11) de l’Organisation mondiale de la santé, dont la publication est prévue mi-2018.
Cloîtrés dans leur chambre
Si certains restent dubitatifs sur ce diagnostic, pour d’autres il correspond bien à une réalité clinique. « Sur les 400 jeunes de 11 à 20 ans que nous voyons chaque année en consultation, la moitié ont un problème de jeu vidéo, estime le docteur Olivier Phan, qui consulte à la clinique Dupré, à Sceaux (Hauts-de-Seine), et dans un centre de la Croix-Rouge française. Je rencontre des situations plus graves qu’avec le cannabis. Des parents voient leur ado se désinsérer sous leurs yeux. Nous prenons en charge des cas extrêmes de jeunes qui vivent cloîtrés dans leur chambre, un comportement décrit initalement au Japon, le hikikomori. » Pour ce ­pédopsychiatre, coauteur du récent ouvrage Jeux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Même si certains préfèrent parler de troubles du comportement, les preuves confirmant que le sucre agit comme une drogue s’accumulent. Et en un siècle et demi, sa consommation a explosé.
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Le sucre, entre addiction et trouble du comportement

Même si certains préfèrent parler de troubles du comportement, les preuves confirmant que le sucre agit comme une drogue s’accumulent. Et en un siècle et demi, sa consommation a explosé.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h50
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Damon Gameau, réalisateur du film Sugarland – en salles depuis mercredi 24 janvier –, a décidé de s’alimenter pendant deux mois comme « un Australien moyen », à savoir de consommer 160 grammes de sucre par jour.Sans augmenter son apport calorique ­total, il fait évoluer son alimentation vers des produits plus industriels : céréales, pain de mie, plats préparés… mais pas de produits aux sucres ajoutés (confiseries, gâteaux…). Conséquence : il a ­développé une stéatose hépatique, un diabète de type 2 précoce, pris 8 kg et 11 cm de tour de taille. Sans compter des troubles de l’humeur, de la fatigue. Non sans humour, son documentaire ­dénonce l’omniprésence du sucre et ses effets sur la santé, arguments scientifiques à la clé – tout comme l’Américain Morgan Spurlock l’avait fait pour le fast-food dans Super Size Me (2004).

La question est de savoir si le ­sucre peut agir comme une drogue. Son action se fait à deux niveaux. Tout d’abord, le goût sucré est agréable. Lors de l’ingestion, les récepteurs situés dans la bouche se connectent à des neurones dopaminergiques. Ce circuit de la récompense est activé en une fraction de seconde. « On parle là d’un stimulus sensoriel, mais pas encore d’une drogue », explique le chercheur Serge Ahmed (CNRS, université de Bordeaux).
Deuxième niveau, « le sucre ­ingéré passe dans le sang, et active à nouveau le circuit des neurones dopaminergiques de la récompense, en particulier via l’hypothalamus latéral. Ce circuit cérébral est aussi la cible de toutes les drogues addictives connues », précise le chercheur. C’est en 2007 que Serge Ahmed et son équipe se sont aperçus que des rats à qui l’on proposait soit une dose intraveineuse de cocaïne, soit de l’eau ­sucrée, préféraient à 90 % l’eau ­sucrée. L’étude a été publiée dans PloS One. Cette observation a ­depuis été répliquée dans d’autres laboratoires avec d’autres drogues. « Les preuves étayant l’hypothèse “sucre = drogue”...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Numérique et aliments sucrés sont-ils des drogues comme les autres ? Le débat fait rage, certains « repentis » de la Silicon Valley dénonçant une économie fondée sur la dopamine, hormone de la récompense. Pour le médecin américain Robert Lustig, cette quête du plaisir est l’ennemie du bonheur, qui dépend, lui, de la sérotonine
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Réseaux sociaux, sucre… L’Occident sous dopamine

Numérique et aliments sucrés sont-ils des drogues comme les autres ? Le débat fait rage, certains « repentis » de la Silicon Valley dénonçant une économie fondée sur la dopamine, hormone de la récompense. Pour le médecin américain Robert Lustig, cette quête du plaisir est l’ennemie du bonheur, qui dépend, lui, de la sérotonine



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h49
    |

            Stéphane Foucart (San Francisco (Etats-Unis), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Cette fugace piqûre de bien-être, cette satisfaction éphémère, ce goût de ­reviens-y… De l’utilisation des réseaux sociaux à la consommation de sucre et d’aliments transformés, le plaisir bon marché n’a jamais été aussi pervasif, suscité en permanence par une multitude de nouveaux produits et de services, marketés comme autant de conditions sine qua non au bonheur. Plaisir, bonheur : ces deux mots sont au centre de The Hacking of the American Mind (Penguin, 2017, non traduit), le dernier livre du pédiatre et neuroendocrinologue américain Robert Lustig, tout juste paru aux Etats-Unis. Célèbre pour ses travaux académiques sur le sucre – détaillés dans un ouvrage qui vient d’être traduit (Sucre, l’amère vérité, Thierry Souccar éditions, 400 p., 19,90 €) –, le professeur de l’université de Californie à San Francisco (Etats-Unis) y expose une réflexion scientifique saisissante, aux implications majeures pour la société occidentale.

Non seulement le bonheur n’est pas la conséquence naturelle de l’accumulation du plaisir, explique-t-il, mais la recherche effrénée de celui-ci pourrait au contraire inhiber le sentiment de plénitude et de contentement. Robert Lustig exploite la littérature scientifique récente sans faire mystère de la difficulté à, parfois, établir avec certitude certains liens de causalité entre des comportements et certaines réactions biochimiques. Mais il n’en développe pas moins un ­argumentaire révélant l’un des plus graves malentendus de notre temps, en montrant que le plaisir peut être l’ennemi du bonheur.
Pour de nombreuses personnes, la recherche du plaisir est un préalable au bonheur, ou l’une de ses conditions. Pourquoi penser que ­bonheur et plaisir sont à ce point différents ?
Le bonheur et le plaisir ne sont en effet pas identiques. Ce sont des phénomènes distincts, très dissemblables, et si nous ne le percevons pas, c’est ­essentiellement parce que l’industrie vend ses produits...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Outre la publication de plusieurs articles sur la philanthropie en France, le nouveau numéro de la revue Genèses consacre un sujet sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 sous-titré « Plaidoyer pour des sciences sociales ordinaires ».
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Dans les revues

Outre la publication de plusieurs articles sur la philanthropie en France, le nouveau numéro de la revue Genèses consacre un sujet sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 sous-titré « Plaidoyer pour des sciences sociales ordinaires ».



Le Monde
 |    29.01.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        


Il peut sembler curieux de prendre le parti de la « banalité » quand on travaille, en sciences sociales, sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015. Au contraire, face à la violence du choc, la grande majorité des études, notamment celles lancées dans le cadre du CNRS – et validées pour 66 d’entre elles –, se sont focalisées sur la trace de l’événement, ­interrogeant le « traumatisme » et la « résilience » des victimes puis des riverains, cherchant à décrire la coupure et les recompositions biographiques entre l’avant et l’après.
Dans le nouveau numéro de la revue Genèses, Sylvain Antichan, chercheur ­postdoctorant à la Fondation Maison des sciences de l’homme, à Paris, propose, à l’opposé de ces attendus, d’investiguer les attentats de manière la plus ordinaire possible : en ethnographe muni de son calepin, arpentant les lieux. Bien que son ­enquête ne soit qu’une esquisse, elle suggère immédiatement que l’image sociale de l’événement est façonnée par des mécanismes de tri des ­« témoins ». Surtout, elle brise le cercle vicieux de l’enquête sur le trauma qui tend à faire surgir des récits qui confortent l’hypothèse du traumatisme.
Mise en garde
Son volet le plus intéressant concerne la fréquentation des ­mémoriaux ou autels de rue qui ont émaillé Paris, qui montre qu’il faut se garder de tirer des conclusions trop rapides sur la relation que les individus entretiennent à l’événement. Sous-titré « Plaidoyer pour des sciences sociales ordinaires », l’article se veut aussi une mise en garde face à la méthodologie innovante de certaines enquêtes (entretiens filmés dans les studios de l’INA, par exemple, avec des témoins préalablement ­maquillés) qui s’écartent des protocoles de recherche habituels. ­Prenons garde au risque de fabriquer ce fameux traumatisme qu’on présuppose, suggère Sylvain Antichan.
Mais c’est à un tout autre sujet que le numéro de Genèses consacre son dossier principal. Réunissant, sous la houlette du sociologue Nicolas ­Duvoux, plusieurs articles sur la philanthropie en France, venus de disciplines diverses (histoire, sociologie ou science politique), la revue ­dévoile une situation française assez paradoxale. L’Etat français a régulièrement intégré les contributions privées à ce qui lui semblait être l’intérêt général – là où, aux Etats-Unis, la justification de la philanthropie est précisément le maintien du pluralisme sur la question. Ainsi, en France, la philanthropie a-t-elle ­contribué « à la construction d’un Etat qui n’a cessé de la minorer, symboliquement mais aussi pratiquement » – jusqu’au renversement des années 1990, où il l’a encouragée dans le ­domaine culturel. On découvrira avec intérêt comment les dons de ces acteurs privés sont à la fois stimulés et invisibilisés, là encore ­selon une habitude toute française.
« Philanthropies et prestige d’Etat en France », Genèses. Sciences sociales et histoire (Belin, nº 109, 176 p., 25 €).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Guy R. fait un legs à sa concubine, dans un testament rédigé à la veille d’examens médicaux. Il confie le testament à un ami, en lui demandant de le faire parvenir au notaire, ou de le lui retourner, s’il rentre sain et sauf. Il ne mourra que trois ans plus tard.
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<filnamedate="20180129"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180129"><AAMMJJHH="2018012919">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Ondine a vécu sa scolarité comme un « cauchemar ». Atteinte de dysphasie, son handicap n’a pas toujours été reconnu par ses enseignants et elle a souffert de remarques « qui rabaissent ». Jusqu’à réussir finalement son bac.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

« Jusqu’à la fac, on m’a toujours dit que j’étais nulle »

Ondine a vécu sa scolarité comme un « cauchemar ». Atteinte de dysphasie, son handicap n’a pas toujours été reconnu par ses enseignants et elle a souffert de remarques « qui rabaissent ». Jusqu’à réussir finalement son bac.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 17h28
   





                        



   


Voix d’orientation. Le Monde Campus et La ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants de leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Ondine, 20 ans, étudiante à Paris.
En CE1, on a découvert que j’étais dysphasique. Dys… quoi ? C’est un trouble du développement du langage. En gros, ça veut dire que j’ai des petites difficultés de compréhension et d’expression à l’écrit. Bref, je vous laisse imaginer le nombre d’heures que j’ai dû passer chez l’orthophoniste !
En CM1, je me suis retrouvée avec une maîtresse trop cool, patiente et compréhensive. Mais elle a été remplacée par son opposé : une stagiaire trop jeune, impatiente et sans expérience. Mon cauchemar a commencé ! Elle perdait patience avec moi, me mettait toujours à l’écart. A chaque bulletin, elle annonçait à mes parents que je ne voulais pas travailler, et me balançait que j’étais nulle et que je ne ferais rien de ma vie.
Ma mère est professeure des écoles, elle aussi. On a repris ensemble chaque exercice, chaque leçon et chaque contrôle, presque tous les soirs. Je suis arrivée au collège en espérant que le cauchemar s’arrêtait. Grâce à quelques profs bienveillants, je n’ai reçu aucune remarque et ma scolarité a suivi son cours sans trop d’encombres… Mis à part mon orthophoniste, qui conseillait à ma mère de m’envoyer faire une formation de… palefrenier, sous prétexte que j’étais bonne cavalière et que je partais souvent en Normandie pour monter à cheval.
Arrivée en seconde, je me suis dit que tout était derrière moi, que le lycée était un nouveau départ. J’étais déterminée à obtenir un bac S comme mes sœurs. Mais ce putain de cauchemar a repris de plus belle ! En classe de seconde, un prof m’a dans le nez. Toute l’année, j’ai le droit à des remarques du genre : « Pourquoi tu n’es pas allée dans la voie professionnelle ? », « Tu n’arriveras jamais à passer ton bac si tu vas dans la filière scientifique », « Pourquoi t’arrives à rien ? »… A la fin de l’année, la sentence est tombée : les profs ont décidé de m’envoyer dans une filière technologique dans le domaine agricole.
« T’y arrives pas, pourquoi t’es allée en général ? »
Je ne me suis pas démontée et, avec le soutien de mes parents, j’ai pris la décision de redoubler. J’ai eu de la chance : mon frère jumeau a redoublé avec moi pour manque de travail. Ça m’a rassurée un peu de ne pas être seule dans cette galère. Pendant ma deuxième année de seconde, j’ai eu le sentiment que ma vie refleurissait : j’ai pu entrer en première ES !
Mais à nouveau, mon année de première a été un calvaire… Cette fois, j’ai eu trois profs sur le dos ! Ça a été le retour des remarques qui rabaissent : « Moi, à ta place, je me sentirais nulle d’avoir toujours des mauvaises notes », « T’y arrives pas, pourquoi t’es allée en général ? »… Les profs ont encore voulu me réorienter, mais cette fois-ci pour être… garde forestier ou… jardinière. Je suis finalement arrivée au bout de mon année… mais pas au bout de mes peines.
En terminale, j’ai l’objectif d’avoir mon putain de bac et de quitter ce cauchemar ! Mais c’est l’année de la descente en enfer… Je retrouve une des profs qui m’a rabaissée l’année d’avant. Toute l’année, elle me fait clairement comprendre que je suis nulle et que je n’aurai jamais mon bac. M’enfoncer encore plus, s’acharnant sur moi en cours et à chaque conseil de classe.
Sur mes copies de DS, j’ai le droit à des commentaires acérés : « La méthode n’est encore pas respectée », alors que je ne faisais que ça, appliquer à la lettre sa méthode aussi rigide qu’elle. Ou d’autres conseils très avisés : « Choisis les épreuves composées plutôt que la dissert’ si tu veux avoir ton bac. » Un vrai calvaire. Et je crois bien que ça a réussi à me faire couler : je n’ai pas eu mon bac.
Le système scolaire n’a pas beaucoup aidé pour changer. Avec des difficultés comme la dysphasie, on a le droit d’avoir un tiers temps pour les examens. J’y ai eu droit en troisième et à ma première seconde, mais on me l’a refusé pour les épreuves du bac. Mes difficultés étaient jugées comme pas assez handicapantes.
C’est parti pour une cinquième année… je passe par miracle au travers de ces profs rabaissants, et j’arrive enfin à avoir ce putain de bac !
Aujourd’hui, le cauchemar est terminé et j’ai pu intégrer le DU Paréo (diplôme universitaire de l’université Paris-Descartes, passeport vers la réussite et l’orientation), un cursus d’un an à la fac pour choisir son orientation.
Ici, au moins, personne n’est là juste pour me dire que je suis nulle et que je n’arriverai à rien.

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018), après Nancy (1er et 2 décembre) et Lille (19 et 20 janvier).

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A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.



La Zone d’expression prioritaire (ZEP) accompagne la prise de parole des 15-25 ans
La Zone d’expression prioritaire (ZEP) est un dispositif d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans par des journalistes professionnels. Via des ateliers d’écriture dans des lycées, universités, associations étudiantes ou encore dans des structures d’insertion, ils témoignent de leur quotidien et de l’actualité qui les concernent. Tous leurs récits sont à retrouver sur la-zep.fr.

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A Nice, un policier dans certaines écoles dès septembre

Ce dispositif expérimental, approuvé par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, sera mis en place dans quelques établissements choisis par l’Etat.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 12h19
    |

            Violaine Morin








                        


Un policier à l’école ? Dans quelques établissements de Nice, ce sera bientôt une réalité. La mairie l’a indiqué samedi 27 janvier, en marge d’un déplacement du ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer : un dispositif expérimental va être mis en place dans quelques établissements choisis par l’Etat, avec un policier non armé présent à l’intérieur des murs. Une « première en France », selon le maire LR Christian Estrosi.
« C’est une expérimentation pour laquelle j’ai donné mon feu vert en tant qu’expérimentation, a expliqué le ministre dimanche dans « Questions politiques » sur France Inter. Cela permet de tester des choses à petite échelle et de voir ce que cela donne. » « Le policier non armé à l’intérieur de l’école (…) va vivre au quotidien avec les enfants et va en fait s’intégrer dans leur vie », a-t-il ajouté. L’expérimentation devrait commencer « prochainement », a déclaré le ministre. La mairie de Nice avait déjà précisé que le dispositif serait « mis en place à la rentrée prochaine ».

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Une cible privilégiée
Après l’attentat du 14 juillet 2016, Nice a mis en place des vigiles devant les écoles, remplacés depuis par des policiers. La ville s’est dotée d’une salle de vidéosurveillance consacrée aux écoles, en plus d’alarmes anti-intrusion, de boutons d’alerte et badges d’accès. L’idée d’affecter des policiers municipaux dans les écoles avait déjà été évoquée au printemps 2017. Elle avait alors été critiquée par la fédération des parents d’élèves FCPE et les syndicats enseignants, et rejetée par la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem.
L’annonce du maire « pourrait s’avérer dangereuse pour le policier municipal non armé en faction dans l’école, a souligné dimanche le Syndicat de défense des policiers municipaux. Il est évident qu’en cas d’attaque terroriste dans une école, le policier sera une cible privilégiée », sans moyen de défense. Le syndicat enseignant CGT Educ’action a « condamné » la mesure, sur fond d’austérité budgétaire : « Ce qu’il faut à la prévention, ce n’est pas un policier ou une policière dans les écoles, mais du budget pour les services sociaux ». La FCPE a jugé la proposition « démagogique ».
Reste à savoir comment le partenariat école-police se mettra en place dans les établissements. En 2016, le rapport Ipogees (Interventions des policiers et des gendarmes en matière de sécurité des établissements scolaires), corédigé par Anne Wuilleumier et Eric Debarbieux, pointait la réticence de certains professeurs à accepter l’irruption de la police à l’école pour raisons de sécurité. Un témoignage de conseiller principal d’éducation y soulevait la question de l’image des forces de l’ordre, leur présence étant souvent associée par les élèves à un « événement grave ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ L’octroi jeudi d’une nouvelle enveloppe de 50 millions d’euros par le gouvernement n’a pas convaincu. Les personnels des maisons de retraite feront grève mardi.
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Personnels et directeurs d’Ehpad unis pour une mobilisation inédite

L’octroi jeudi d’une nouvelle enveloppe de 50 millions d’euros par le gouvernement n’a pas convaincu. Les personnels des maisons de retraite feront grève mardi.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 13h11
    |

            Charlotte Chabas et 
Gaëlle Dupont








                        


C’est une première. Mardi 30 janvier, les personnels des maisons de retraite sont appelés à la grève par sept syndicats (CGT, CFDT, FO, UNSA, CFTC, CFE-CGC et SUD) avec le soutien de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Des débrayages dans les établissements et des rassemblements sont prévus dans toute la France, dont un devant le ministère de la santé, à Paris. Il n’est pas prévu que les représentants syndicaux y soient reçus.
« Il est inadmissible de ne pas prendre en compte la souffrance au quotidien que subissent professionnel, et par là même personnes âgées et familles », commentent les organisations syndicales dans un communiqué publié dimanche 28 janvier.
Voici plusieurs mois qu’elles sonnent l’alarme sur la détérioration des conditions de travail dans les Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), et par conséquent la dégradation de l’accompagnement des résidents. Ces derniers arrivent en établissement de plus en plus âgés, atteints de handicaps physiques et de troubles psychiques de plus en plus importants. Le personnel n’est pas assez nombreux ni assez préparé.
« On arrive au bout »
« Nous devons effectuer 12 à 15 toilettes par matinée, a témoigné Sandrine Ossart, aide-soignante dans un Ehpad de Nantes et militante CGT, le premier syndicat du secteur, jeudi, lors d’une conférence de presse. Pour le lever, l’habillage et la mise au fauteuil, nous avons dix minutes. A l’école, il nous en fallait quarante. On sert les aliments mixés parce que ça va plus vite. Les résidents ne sortent plus. Ils font leurs besoins dans leurs protections parce qu’on n’a pas le temps de les accompagner aux toilettes. » 
« Cela fait des années que cette mobilisation sociale couve. Le système ne tient plus que sur les bonnes volontés des salariés, on arrive au bout, commente Claude Jarry, de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées. Je me réjouis que les salariés lancent ces revendications et j’espère que les familles vont aussi faire les mêmes demandes. »

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La première réclamation du mouvement est l’augmentation du taux d’encadrement en Ehpad. Variable selon les établissements, il est aujourd’hui en moyenne de 6 soignants pour 10 résidents. Les syndicats réclament le « un pour un » (ou 10 soignants pour 10 résidents). Aujourd’hui, un tiers des établissements n’ont pas de médecin coordinateur. « C’est tout simplement illégal ! », relève Jean-Paul Zerbib, au nom de la CFE-CGC.
« Ehpad bashing »
La réforme du financement des établissements, votée sous le précédent quinquennat et mise en œuvre par le gouvernement, est en outre dans le viseur. « Cela consiste à prendre aux moins pauvres, qui ont un ratio d’encadrement de 7 pour 10, pour donner aux plus pauvres, qui sont à 5,5 », s’insurge Pascal Champvert, président de l’AD-PA. Les syndicats demandent également un renforcement de l’attractivité des métiers du secteur, qui peine à recruter.
La ministre de la santé, Agnès Buzyn, tente depuis plusieurs jours d’éteindre l’incendie. Elle s’est élevée, vendredi, lors d’une visite dans un établissement relativement bien doté de Chevreuse (Yvelines), contre un « “Ehpad bashing” qui pointe des dysfonctionnements ». « Je ne veux pas les nier, mais ce ne sont pas des généralités », a-t-elle affirmé, annonçant le lancement d’une enquête de satisfaction en Ehpad, comme il en existe à l’hôpital.
Cinquante millions d’euros supplémentaires
Mme Buzyn s’est en outre engagée à ce que la réforme de la tarification n’aboutisse à « aucune réduction de postes ». Un médiateur sera nommé afin de suivre sa mise œuvre. La ministre a rappelé que les moyens alloués aux Ehpad ont été augmentés de 100 millions d’euros dans le budget 2018 de la Sécurité sociale, dont 72 millions d’euros pour créer des postes de soignants, et 28 millions pour les établissements en difficulté. Une enveloppe supplémentaire de 50 millions d’euros a été annoncée pour ces derniers, jeudi. En vain, l’appel à la mobilisation a été maintenu.
Ces mesures sont qualifiées par les syndicats de « broutilles » et de « provocation » au regard des besoins. « Il ne s’agit pas d’un problème qui concerne seulement quelques établissements en difficulté, mais du sort que veut réserver la nation à ses aînés », affirme Jean-Claude Stutz, secrétaire national adjoint de l’UNSA Santé-sociaux. Une réforme globale du financement du secteur, réclamée par les syndicats, a été annoncée par plusieurs gouvernements successifs, mais n’a jamais été réalisée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ « Le Monde » a pu assister à des réunions d’information dans des lycées, où les parents, venus nombreux, s’interrogent sur le nouveau système d’orientation post-bac.
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Parcoursup : nouvelle procédure d’admission post-bac, nouvelles craintes

« Le Monde » a pu assister à des réunions d’information dans des lycées, où les parents, venus nombreux, s’interrogent sur le nouveau système d’orientation post-bac.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h11
    |

            Eric Nunès et 
Séverin Graveleau








                        



                                


                            
Si « parcoursup mode d’emploi » était une pièce de théâtre, elle se jouerait à guichets fermés. Depuis le lundi 15 janvier, date de l’ouverture de la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur qui succède à APB (Admission post bac), les lycées multiplient les réunions d’information à l’intention des parents d’élèves. L’objectif ? Guider les élèves de terminale dans les méandres du nouveau système. Le Monde a assisté à trois de ces réunions, à Paris, Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) et Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Symptôme de l’intérêt mais surtout des interrogations que la réforme suscite, toutes ont fait salle comble.

« Parcoursup est un outil d’aide à l’orientation et un moyen de s’informer sur les filières possibles », rassure, lundi 22 janvier, une conseillère d’orientation du lycée Alexandre-Dumas de Saint-Cloud en déroulant sur grand écran le fonctionnement du système dans le réfectoire où les 16 rangées de 12 chaises sont toutes occupées. Les parents acquiescent, sages et polis. Une main se lève, puis deux, puis trois… Pour ne pas se perdre dans Parcoursup, elle détaille trois règles à suivre : 1, établir un projet d’orientation cohérent ; 2, suivre à la lettre les indications données par le site ; 3, respecter impérativement les échéances fixées. Ce serait donc simple.
Interrogations sur la « fiche-avenir »
Pourtant, la grande nouveauté de Parcoursup, la « fiche avenir », suscite encore des interrogations. Il s’agit de la pièce maîtresse du dossier de candidature de chaque lycéen où sont détaillés son projet d’orientation, ses notes, les appréciations de ses enseignants et l’avis du chef d’établissement. Désormais prise en compte dans l’examen des dossiers par les formations sélectives du supérieur (écoles, BTS, IUT…) comme par les universités, c’est un sésame ou un boulet, selon les candidats. « Avons-nous accès aux appréciations avant d’envoyer nos vœux le 13 mars ? », demande, pragmatique, une maman qui...




                        

                        


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Sept prisons encore affectées par un mouvement de grève, vers un retour à la normale

Aucun blocage ni piquet de grève n’a été signalé lundi au matin, selon la direction de l’administration pénitentiaire.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h08
   





                        


Les prisons ont connu un quasi-retour à la normale lundi 29 janvier avec seulement sept établissements touchés par le mouvement des surveillants, selon la direction de l’administration pénitentiaire (DAP).
Les syndicats FO et CGT avaient promis une relance du mouvement après une « pause voulue et organisée » pendant le week-end, mais aucun blocage ni piquet de grève n’était signalé lundi matin, selon la DAP. Seuls quelques établissements sont en « en service dégradé » — où les tâches quotidiennes comme l’accompagnement des détenus en promenade ou au parloir sont partiellement assurées — comme à Metz, Bordeaux et Vannes, avec des retards à la prise de service ou des non-prises de poste.

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Samedi et dimanche, une vingtaine d’établissements ont été touchés alors qu’ils étaient encore 62 sur 188 vendredi dans cette vaste mobilisation, lancée le 11 janvier après l’agression d’un surveillant à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais).
« Le mouvement n’est pas très suivi aujourd’hui car les directions ont menacé ceux qui étaient devant les prisons ce matin de mettre à exécution des sanctions disciplinaires », a expliqué Samuel Gauthier, délégué de la CGT-Pénitentiaire.
Un accord signé vendredi
Le syndicat majoritaire des gardiens de prison, l’UFAP-UNSA (près de 40 %), a signé vendredi un projet d’accord avec le gouvernement. La garde des sceaux a averti dimanche soir que ses propositions de sortie de crise étaient « définitives », appelant les personnels à reprendre le travail. Les syndicats FO et CGT ont rejeté cet accord.
Le projet gouvernemental comporte des mesures pour améliorer la gestion des détenus radicalisés, renforcer la sécurité des agents, la création de 1 100 emplois et une enveloppe de plus de 30 millions d’euros pour les indemnités, soit une augmentation de 1 150 euros par agent par an.
La CGT et FO réclament toujours une amélioration statutaire — le passage de la catégorie C à B de la fonction publique — et ont déclaré qu’ils allaient organiser des concertations pour réfléchir à d’autres modalités d’action dans les prochains jours, mentionnant de possibles blocages de tribunaux et de préfectures.

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Les surveillants n’ont statutairement pas le droit de grève et s’exposent donc à des sanctions, comme des mises à pied et des retenues de salaire. Les premières sanctions — des mises à pied avec sursis jusqu’à présent —, ont commencé à tomber la semaine dernière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Confrontés à des conditions de travail éprouvantes, les salariés des Ehpad sont appelés à une grève nationale inédite, mardi.
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Les maisons de retraite, « machines à broyer » du personnel soignant

Confrontés à des conditions de travail éprouvantes, les salariés des Ehpad sont appelés à une grève nationale inédite, mardi.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 17h19
    |

            Charlotte Chabas








                        



                                


                            

Les chambres étaient neuves, les murs peints de couleurs vives. On avait mis des tablettes numériques et même un aquarium dans le « lieu de vie » de cette maison de retraite de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Stéphanie Crouzet, aide-soignante de 40 ans, espérait avoir trouvé enfin « un lieu où on me laisserait le temps de faire convenablement mon travail ». Un mois plus tard, les poissons étaient morts. On les avait laissés au fond du bocal, faute d’entretien. Un soir, au moment du coucher, une résidente avait confié avoir vécu « un grand luxe, parce qu’elle avait eu le droit à une douche ». C’était sa sixième en six mois.
« L’ascenseur parlait plus souvent aux résidents que le personnel de soin », résume l’aide-soignante, qui a préféré arrêter les remplacements dans cet établissement privé, où la chambre coûte au moins 3 000 euros par mois à un résident. Une situation extrême, de l’aveu de Stéphanie Crouzet, mais qui reflète le malaise grandissant du personnel soignant des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Aides-soignants, infirmiers, cadres de santé : ils sont nombreux à déplorer la dégradation de leurs conditions de travail en maison de retraite, dans le privé comme dans le public. A partager ce sentiment que « tout est fait pour inciter à la maltraitance », constate Stéphanie Crouzet, du haut de ses onze ans d’expérience.
Un « pansement pour une jambe de bois »
Mardi 30 janvier, tous sont appelés à une grève nationale intersyndicale inédite pour dénoncer « l’insuffisance des effectifs et des moyens », dans ce secteur où les taux d’accidents du travail et d’absentéisme sont trois fois supérieurs à la moyenne. Un appel à la mobilisation maintenu malgré l’annonce par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, du déblocage de 50 millions d’euros, en plus des 100 millions d’euros déjà accordés fin décembre 2017. Un «...




                        

                        


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La listériose cause des dizaines de morts en Afrique du Sud

Les autorités sanitaires n’ont pas identifié l’origine de cette épidémie, la plus grave jamais enregistrée de cette maladie bactérienne.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 11h18
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



   


Déjà 820 cas depuis janvier 2017, 82 morts au total : une épidémie de listériose fait des ravages en Afrique du Sud. Et d’après le bilan rendu public vendredi 25 janvier par les autorités sanitaires du pays, la contagion – la plus importante jamais enregistrée à l’échelle mondiale – ne montre aucun signe d’essoufflement. La source de la contamination n’a toujours pas été formellement identifiée.
Depuis que l’épidémie a été officiellement déclarée, le 5 décembre 2017, le nombre de décès a doublé. A mesure que les informations sur les patients concernés vont remonter, le bilan pourrait encore s’alourdir. Dans son dernier rapport sur la situation, l’Institut sud-africain de santé publique précise que les données finales sont disponibles pour seulement 29 % des cas (soit 238 sur 820), dont 34 % d’entre eux, soit 82 patients, sont décédés.

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La listériose se transmet le plus souvent par l’intermédiaire d’aliments contaminés par la bactérie Listeria monocytogenes. Celle-ci peut se retrouver dans les sols, l’eau, la végétation et certaines selles animales. Principalement présente dans les produits laitiers non pasteurisés et dans certains aliments prêts à consommer, elle est capable de se développer même réfrigérée.
Septicémies
Dans la plupart des cas, la maladie provoque des symptômes s’apparentant à ceux de la grippe (fièvre, vomissements) et peut se traiter avec des antibiotiques. Mais pour les sujets à risque, comme les nouveau-nés, les femmes enceintes, les personnes âgées, et les patients dont le système immunitaire est affaibli des suites d’un cancer ou du sida par exemple, elle peut être fatale.
« La listériose se caractérise par un taux de mortalité relativement haut, entre 20 % et 25 %, en comparaison aux autres pathogènes d’origine alimentaire comme la salmonelle. Dans la forme la plus agressive de la maladie, la bactérie se propage au-delà de l’intestin et infecte d’autres parties du corps », affirme le docteur Lucia Anelich, une spécialiste en microbiologie et en sécurité alimentaire basée à Pretoria. Les complications peuvent engendrer des méningites et des septicémies. Les femmes enceintes, qui ont vingt fois plus de risques d’être infectées, peuvent en outre transmettre la maladie à leur enfant, ce qui peut engendrer des bébés mort-nés ou des septicémies à l’accouchement.

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé le 12 janvier que cette épidémie est la plus importante jamais recensée. « Des éclosions de listériose se produisent dans le monde entier. Mais parmi celles qui sont documentées, les chiffres sont généralement plus bas, bien plus bas que l’épidémie actuelle que connaît notre pays », estime le docteur Anelich. Le dernier épisode significatif remonte à 2011, aux Etats-Unis. La bactérie avait contaminé des cantaloups – une variété de melons – d’une ferme du Colorado, causant 33 morts.
Cette fois, c’est la province du Gauteng, qui englobe les métropoles de Johannesburg et Pretoria, le cœur économique et politique de l’Afrique du Sud, qui est la plus touchée. Toutes les catégories socio-économiques sont concernées, cependant plus de 40 % des cas sont des nourrissons.
Quel aliment responsable ?
Jusqu’à présent, les autorités sanitaires n’ont pas pu mettre la main sur l’aliment responsable. Le délai d’incubation peut prendre huit semaines, ce qui complique la recherche car les patients se souviennent plus difficilement de ce qu’ils ont mangé. « Plus de 85 % des listerias retrouvées chez les patients concernés viennent de la même souche (la ST6), détaille l’Institut de santé publique. Cela conforte l’hypothèse actuelle selon laquelle une seule source de contamination alimentaire est à l’origine de l’épidémie. Il doit s’agir d’un produit alimentaire largement consommé dans tout le pays, ou de plusieurs produits différents issus d’un même site de production. »

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Les inspections se concentrent sur les aliments prêts à manger, comme les saucisses, les viandes froides prédécoupées, le poulet fumé, les pâtés, qui ne sont pas réchauffés avant consommation. Des produits populaires en Afrique du Sud, et consommés par toutes les couches sociales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Selon la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, on ne trouvera pas de remède aux maux de la prison sans une politique de désinflation carcérale.
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Adeline Hazan : « Le retour de la sécurité en prison viendra de la réduction du nombre des détenus »

Selon la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, on ne trouvera pas de remède aux maux de la prison sans une politique de désinflation carcérale.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h07
    |

Adeline Hazan (Contrôleure générale des lieux de privation de liberté)







                        



                                


                            

Tribune. Si la crise pénitentiaire vient de loin et si ses causes sont multiples et bien connues, le conflit des surveillants s’est durci dans des conditions inattendues, provoquant dans toute la France des troubles durables qui mettent en lumière une situation depuis longtemps dénoncée par tous ceux qui connaissent la prison.
L’insécurité vécue par les surveillants pénitentiaires est réelle. La saturation des capacités pénitentiaires, que l’on résume trop souvent par l’expression de « surpopulation carcérale », place les surveillants dans l’obligation d’effectuer un nombre de tâches que leur temps de travail ne peut absorber, car c’est le nombre des places « théoriques » qui détermine l’effectif des surveillants, pas celui des détenus présents. Dès lors, le personnel pénitentiaire est soumis à un rythme effréné qui lui est à juste titre insupportable.

Pour les détenus, les difficultés ne se résument pas à la promiscuité induite par la surpopulation et donc, finalement, à une question de « confort ». ­Elles touchent au contraire les aspects de la prise en charge : l’accès aux douches est réduit, les promenades et parloirs sont raccourcis, le courrier tarde, le travail est inaccessible, les soins deviennent parcimonieux. L’ensemble des ­actions de préparation à la sortie, c’est-à-dire ce qui, en réalité, prévient efficacement la récidive, est entravé. Enfin, la surveillance est insuffisante, donc les trafics et la violence se développent.
Des mesures à court terme
L’état des prisons, mis en lumière par la crise qui s’achève, met en danger les surveillants comme les détenus, mais aussi la société. Depuis vingt ans l’inflation carcérale semble être une fatalité. Pourtant elle ne résulte ni de l’accroissement de la population ni de celui de la criminalité, et les pouvoirs publics analysent ses causes mais n’en tirent pas les ­conséquences. Partout, le personnel et les moyens manquent. Souvent, la ­politique carcérale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Trois questions à Katharina Berndt Rasmussen, philosophe.
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La liberté sexuelle est-elle vraiment menacée ?

Trois questions à Katharina Berndt Rasmussen, philosophe.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 12h37
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Certaines des critiques formulées contre le mouvement #metoo évoquent une menace pour la liberté sexuelle. Ces critiques existent-elles aussi en Suède, où vous vivez et exercez ? ­Y a-t-il effectivement un risque ?
Qu’il y ait des réactions ne me surprend pas. Une transformation de cette ampleur n’est pas indolore. En France, moins en Suède, il est beaucoup question des limitations imposées à la liberté sexuelle. #metoo mènerait à une forme de puritanisme, nous forçant à un retour en arrière, à une morale sexuelle très restrictive.
Selon moi, c’est exactement le contraire qui se produit. La liberté sexuelle ne peut exister qu’à condition qu’elle soit accompagnée d’une liberté de dire non. Il n’est pas question de s’immiscer dans ce que vous faites au lit, de condamner certaines pratiques ou préférences sexuelles. Seulement de rappeler qu’elles doivent être exercées entre des individus ­consentants. Si on respecte l’autre, qu’on s’assure de son ­accord, alors on peut faire absolument tout ce dont on a envie. La seule limitation est imposée par la liberté d’autrui.
Au-delà des viols et des agressions sexuelles, certaines femmes défendent une « liberté d’importuner ». ­#metoo va-t-il trop loin dans la condamnation, au point d’en devenir liberticide ?
Quand on parle du consentement, cela s’applique aussi aux gestes et paroles déplacés. La question du viol est évidemment très importante mais elle n’est pas isolée. Les offenses mineures participent à la construction d’une structure dans laquelle les femmes évoluent et à laquelle elles se sont habituées : on les siffle dans la rue, on commente leur tenue, leur corps, elles sont réduites à leur physique. Ce sont de petites choses, qu’il n’est pas question de dénoncer devant un tribunal mais qui rappellent constamment aux femmes qu’elles sont des objets dont on peut disposer, minant leur confiance en elles et ­parfois leurs performances.
Beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Trois auteurs interrogent chacun dans leur livre l’expression, en France, d’un catholicisme d’affirmation et la droitisation des pratiquants.
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Des catholiques contre la tentation identitaire

Trois auteurs interrogent chacun dans leur livre l’expression, en France, d’un catholicisme d’affirmation et la droitisation des pratiquants.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 08h42
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Livres. Des catholiques s’inquiètent du raidissement identitaire d’une partie de leurs coreligionnaires en France, pris par l’angoisse du déclin, et ils l’écrivent. Depuis les grandes manifestations contre le mariage pour tous, en 2012 et 2013, on a beaucoup scruté la remobilisation des catholiques dans la sphère politique, la place de plus en plus visible d’un catholicisme d’affirmation et la droitisation électorale d’une part importante des pratiquants, que le vote en faveur du Front national ne rebute pas plus, désormais, que la moyenne de l’électorat. Tandis que ce courant prenait alors confiance en sa capacité d’expression – alors même qu’il avait essuyé une défaite sur le terrain législatif –, des groupements politiques ou associatifs se sont structurés, des sites Internet sont apparus pour entretenir la flamme, des initiatives missionnaires se sont multipliées.
Les catholiques de « la droite de Dieu » ont pris conscience qu’ils sont désormais une composante minoritaire d’une société largement déchristianisée
En novembre 2016, la victoire de François Fillon à la primaire de la droite a témoigné de l’ambition de cette mouvance de demeurer un acteur dans la sphère politique. La situation intenable pour les minorités religieuses, notamment chrétiennes, en Irak puis en Syrie, créée par les conquêtes territoriales de l’organisation Etat islamique à partir de l’été 2014, l’a tenue mobilisée. En revanche, le mouvement des réfugiés qui a suivi l’a déstabilisée, réactivant l’angoisse d’une dissolution du marqueur chrétien dans notre pays.
Trois livres très différents interrogent ce glissement, considéré comme une conséquence du sentiment douloureux d’être de plus en plus étranger au reste de la société. Avec les outils du sondeur, Jérôme Fourquet répertorie les manifestations de cette évolution récente. Pour le directeur du département « opinions » de l’IFOP, ces quelques années ont été, pour ces catholiques de « la droite de Dieu »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Ancien magistrat instructeur à Bastia, ce juge soupçonne des enquêteurs de méthodes douteuses dans les instructions sur des homicides non élucidés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/01/2018
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Corse : François-Marie Cornu, un juge dans le maquis judiciaire

Ancien magistrat instructeur à Bastia, ce juge soupçonne des enquêteurs de méthodes douteuses dans les instructions sur des homicides non élucidés.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 12h16
    |

                            Antoine Albertini (Bastia, correspondant)








                        



                                


                            
Le 8 décembre 2017, François-Marie Cornu, ex-juge d’instruction au tribunal de grande instance (TGI) de Bastia, s’est installé devant son ordinateur et il a porté plainte contre lui-même dans un courrier adressé à « Madame le procureur de la République et Monsieur le procureur général ». « J’ai l’honneur, a-t-il écrit, de solliciter des poursuites pour des faits de violation du secret de l’instruction commis le 17 juillet 2015 par moi-même. » Au palais de justice, certains ont levé les yeux au plafond, exaspérés par la dernière foucade de ce « parano de Cornu ». D’autres, plus rares, ont simplement considéré que ce magistrat de 42 ans adressait « un pied de nez à l’institution judiciaire » en suivant « un raisonnement juridique par l’absurde ». La plupart ont regretté le « gâchis d’une carrière foutue en l’air ».
Lorsqu’il est nommé juge d’instruction à Bastia, en 2013, François-Marie Cornu est un jeune magistrat prometteur, fort bien noté dans ses précédentes affectations, à Paris et à La Réunion. Loué pour sa « puissance de travail » et son « efficacité », il règle une vingtaine de dossiers en un an, ce qui ne l’empêche pas de siéger à 160 reprises en tant qu’assesseur au tribunal correctionnel. En dépit de son noviciat à l’instruction, on lui a même confié les lourds dossiers d’assassinats commis dans la Plaine orientale, une région ­côtière d’une centaine de kilomètres de long entre Bastia et Ghisonaccia (Haute-Corse), un gros bourg de 4 000 âmes.

Depuis quelques années, le secteur est le théâtre de règlements de comptes qui voient tomber chefs d’entreprise, ex-voyous et militants nationalistes sous les balles d’insaisissables tueurs. Une cellule de la section de recherches (SR) de la gendarmerie spécialement dévolue à l’élucidation de ces affaires a beau rassembler une douzaine d’enquêteurs, ­procéder à 54 mises sur écoute et réaliser 3 479 procès-verbaux dans neuf procédures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les deux instigatrices d’une « contre tribune des 1000 », pétition signée par plusieurs centaines de jeunes contre la « tribune des 100 femmes », expliquent leur position.
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« Mesdames, prenez conscience de ces agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires »

Dans une tribune au « Monde », les deux instigatrices d’une « contre tribune des 1000 », pétition signée par plusieurs centaines de jeunes contre la « tribune des 100 femmes », expliquent leur position.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h08
    |

Yasmine Boirie et Violette Versaevel (lycéennes)







                        



                                


                            
Tribune. Nous sommes deux jeunes filles de 17 ans. Nous ne sommes ni expertes en féminisme ni particulièrement engagées dans la lutte pour les droits des femmes, certainement parce que nous pensions la question révolue depuis le temps qu’on en parle et aussi parce que les dernières révélations en matière de harcèlement nous ont laissé croire que, la parole étant libérée, aucun homme n’oserait plus faire à personne ce qu’on pourrait lui reprocher… Et puis nous avons lu la tribune pour la « liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »… La lecture en fut douloureuse. Nous nous sommes premièrement demandé pour qui ce fameux droit à être importunée était réclamé. Nous doutons en effet que mesdames de Menthon, Lévy et Deneuve promeuvent ce droit pour elles-mêmes…
Nous comprenons donc assez vite que cette tribune serait une sorte de legs pour nous, les futures usagères des transports en commun. Ainsi donc mesdemoiselles, semblent ainsi nous dire nos 100 mères, vous attend un modèle de société où il faudrait que vous ayez de la compassion pour ces messieurs, jeunes et vieux, qui auraient la délicate attention de se frotter à vous ! Une société dans laquelle nous devrions apprendre à taire, voire à apprécier les agressions que nous subissons (pardon, que nous réclamons) ! Anachronique ? Non, c’est moderne…
Mais on ne veut plus se taire. Nous voulons faire entendre notre voix. Nous voulons que vous, mesdames, preniez conscience de l’ampleur de ce phénomène d’agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires. Le traumatisme d’un attouchement ou d’un viol est réel et certaines d’entre nous (qui prenons certainement plus souvent les transports en commun que vous) sont là pour en témoigner. Certaines jeunes filles nous ont envoyé des témoignages de harcèlement moral qu’elles ont vécu dès le plus jeune âge, d’autres d’attouchements dans le métro dès 8 heures du matin, sous le sac à dos, d’autre encore de l’oppression qu’elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a dit dimanche que le gouvernement « interviendrait pour négocier » auprès des autorités en Irak ou en Syrie.
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Paris « interviendrait » en cas de condamnation à mort de Français ayant combattu pour l’EI

La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a dit dimanche que le gouvernement « interviendrait pour négocier » auprès des autorités en Irak ou en Syrie.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h24
   





                        


Dans l’hypothèse où un ou des djihadistes français étaient condamnés à mort en Irak ou en Syrie, « l’Etat français interviendrait, en négociant avec l’Etat en question », a déclaré dimanche 28 janvier Nicole Belloubet. La ministre de la justice a précisé que « ce serait un traitement au cas par cas ». 

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                L’épineuse situation des djihadistes français et de leurs enfants prisonniers en Irak et en Syrie



La Cour pénale de Bagdad a condamné le 21 janvier une ressortissante allemande d’origine marocaine à la peine capitale par pendaison pour appartenance au groupe Etat islamique (EI). Une Française est actuellement en attente de jugement en Irak. La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) avait évoqué en janvier la possibilité de rapatriements.
Embarras du gouvernement
Le dossier, délicat, met le gouvernement dans l’embarras. La ministre des armées, Florence Parly, avait suscité une polémique en octobre en avalisant implicitement l’« élimination » de djihadistes français en Irak et en Syrie. Lundi dernier, elle a réaffirmé qu’elle n’avait pas d’« états d’âme » les concernant.

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                Rakka : la question stratégique du sort des étrangers de l’EI



Interrogée dans le cadre du « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro sur cette déclaration, la ministre de la justice a répondu :
« Je ne crois pas qu’il y ait de différence d’analyse. Je redis comme ma collègue Parly que c’est volontairement que ces gens sont allés combattre aux côtés de Daech et donc ils assument une responsabilité et un choix. Mais en tant que ministre de la justice, je ne peux dire autre chose que mon attachement aux règles du procès équitable. »
« La situation est différente selon les Etats dont vous parlez. Avec la Turquie, nous avons des accords qui sont clairs et qui nous permettent de faire revenir les personnes, avec l’Irak, c’est un Etat qui est reconnu comme tel et donc bien entendu les Français qui sont là-bas peuvent être jugés par l’Etat irakien. La Syrie, c’est un peu plus compliqué puisque l’Etat n’est pas reconnu en tant que tel, et bien entendu c’est un traitement au cas par cas qui doit être effectué », a-t-elle expliqué.
Elle réitère ainsi une position qui ne parvient pas à masquer la gêne de l’exécutif français. « Je pense que c’est important que le gouvernement ait une politique là-dessus qui soit claire et portée par tous », a dit la garde des sceaux.
Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, 676 Français, dont 295 femmes, se trouveraient encore sur le théâtre irako-syrien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Les autres matières seront sanctionnées par un contrôle continu, a déclaré le ministre de l’éducation nationale. La réforme du bac sera présentée le 14 février.
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Baccalauréat : Blanquer annonce qu’il n’y aura plus que quatre épreuves terminales

Les autres matières seront sanctionnées par un contrôle continu, a déclaré le ministre de l’éducation nationale. La réforme du bac sera présentée le 14 février.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 06h51
   





                        



   


Invité de l’émission « Questions politiques », sur France Inter (dont Le Monde est partenaire), le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé dimanche 28 janvier que le baccalauréat réformé ne comprendrait plus que « quatre épreuves terminales et le reste en contrôle continu ». A l’heure actuelle, l’examen qui sanctionne la fin du lycée compte de dix à quinze épreuves.
« Ce que sera le bac de 2021, je le dirai le 14 février en conseil des ministres », à l’issue d’une concertation avec des acteurs du monde éducatif, et « des choses peuvent se discuter », a fait savoir le ministre. Mais « ce qui est certain, c’est que l’ossature est de quatre épreuves terminales et le reste en contrôle continu ».

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                Réforme du bac : trois semaines de concertation avant l’arbitrage du ministre de l’éducation



Fin des filières L, ES et S
« La réflexion est probablement d’avoir le choix de deux disciplines que vous souhaitez passer en contrôle terminal », et de « deux autres épreuves communes à tout le monde, l’une sans doute la philosophie, dans la grande tradition française, qu’on n’a pas envie de fragiliser », a-t-il dit, défendant par ailleurs l’introduction parmi ces quatre épreuves d’un grand oral.

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                Des propositions-chocs pour réformer le baccalauréat



Les propositions du ministre puisent dans le rapport que lui a remis mercredi l’ancien directeur de Sciences Po Lille Pierre Mathiot. Il préconise la disparition des filières L, ES et S au profit du choix de deux matières « majeures » et de deux « mineures » (ainsi qu’une matière optionnelle), pour les années de première et de terminale.
A celles et ceux qui s’interrogent sur les risques de discrimination des enfants de milieux défavorisés, M. Blanquer a assuré qu’« on ne va pas accentuer les inégalités sociales mais au contraire les compenser parce qu’on va préparer tous les élèves ». Même s’il « il y a une part de vérité » dans ces critiques, « il faut éviter les clichés teintés de mépris social », a-t-il dit.



                            


                        

                        

