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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Deux jours avant sa sortie, le ministère de la culture russe a décidé d’empêcher la projection de la comédie franco-britannique « La Mort de Staline ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

« We too » : un appel aux hommes à s’engager contre les violences faites aux femmes

Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 17h40
   





                        


« Nous aussi, nous voulons l’égalité. » Plus de trois mois après le début de #metoo, grand mouvement de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann ont appelé les hommes à exprimer leur soutien aux femmes.
Dans une lettre ouverte publiée dans Le Nouveau Magazine littéraire (dont Raphaël Glucksmann est le directeur de la rédaction), ils prennent la parole « à [leur] tour », et se positionnent contre « des structures de dominations ».

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Faisant référence notamment à la « liberté d’importuner » clamée par les signatrices de la tribune parue dans les colonnes du Monde au début du mois de janvier, Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius déclarent ne pas vouloir « de ces “libertés” si elles s’inscrivent dans des situations et des structures de domination ». Ajoutant : « On nous a appris enfants que notre liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres et nous pensons que la liberté des femmes à ne pas être importunées est ici la question centrale. »
« Un combat commun »
« Nous ne voyons pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle, la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux », estiment encore les deux signataires, qui disent s’inscrire dans « un combat commun [des femmes et des hommes] contre les injustices faites aux femmes ». Reprenant la formule « me too », MM. Hazanavicius et Glucksmann signent « Nous aussi. We too ».

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Depuis les premières révélations sur les violences sexuelles soupçonnées du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein envers des dizaines d’actrices, de nombreuses femmes ont pris la parole pour dénoncer les actes dont elles ont été victimes ou pour exprimer leurs positions sur la question des violences sexuelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ En cartographiant les itinéraires de ces sportifs, l’application Strava a révélé des données militaires secrètes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La classe africaine (10). Dans une capitale où guerre civile se conjugue avec crise économique, les étudiants luttent même pour un verre d’eau.
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Reportage

L’Université de Juba, une école de la survie au Soudan du Sud

La classe africaine (10). Dans une capitale où guerre civile se conjugue avec crise économique, les étudiants luttent même pour un verre d’eau.

Par                Florence Miettaux (contributrice Le Monde Afrique, Juba)



LE MONDE
              datetime="2018-01-29T17:30:32+01:00"

        Le 29.01.2018 à 17h30






    
Le campus de l’Université de Juba, en janvier 2018.
Crédits : Florence Miettaux


L’Université de Juba est une institution marquée par l’histoire du Soudan du Sud. Fruit de la lutte pour l’autonomie des Sud-Soudanais, elle est inaugurée dans la joie en 1977, puis exilée à Khartoum en 1989 à cause de la guerre, et à nouveau rapatriée à Juba en 2011, à l’indépendance du pays. Depuis, les problèmes s’enchaînent : au sous-financement chronique se rajoutent les effets, notamment économiques, de la guerre civile qui a éclaté en décembre 2013. En 2017, avec près de 9 000 étudiants, dont 1 949 femmes, l’université était à bout de souffle. « Le futur de l’Université de Juba et des autres universités publiques du Soudan du Sud est sombre : beaucoup vont bientôt fermer », déclarait avec fracas le vice-chancelier de l’institution, John Akec, en mai 2017.

        Présentation de notre série
         

          La classe africaine



« Nous étions à cours d’argent », se rappelle-t-il, assis dans son vaste bureau du campus historique de l’université. C’est l’intervention du ministère de l’éducation supérieure, en retard de plusieurs mois sur le paiement des salaires des employés de l’université, qui a permis de débloquer la situation, ainsi que la donation d’un homme d’affaires d’un montant de 9 millions de livres sud-soudanaises (56 000 euros). L’année universitaire 2017 s’est achevée tant bien que mal, sans fermeture, et maintenant que les inscriptions sont sur le point de commencer pour l’année 2018, John Akec est plutôt optimiste. « Ce n’est pas un environnement facile, mais nous continuons à avancer, nous essayons d’innover, explique-t-il. Nous voulons être une université digne de ce nom, en dépit des problèmes. »

    

Crédits : Infographie "Le Monde"


« Notre pouvoir d’achat a chuté »
Les chiffres n’invitent pourtant pas à l’optimisme. Le ministère de l’éducation supérieure, qui perçoit seulement 1 % du budget national, ne paie que les salaires des personnels et pratiquement aucun frais de fonctionnement, qui restent donc à la charge de l’université. En 2014, selon M. Akec, il fallait 120 000 livres (740 euros) par semaine pour acheter le carburant des groupes électrogènes ou encore les fournitures de bureau. Aujourd’hui, ces dépenses hebdomadaires incompressibles s’élèvent à 1,2 million. « C’est fou ! » s’exclame le vice-chancelier.
Depuis la dévaluation de décembre 2015, la valeur de la monnaie sud-soudanaise a été divisée par plus de 30 par rapport au dollar. Face à la flambée des prix – le taux d’inflation était de 334 % sur deux ans en mai 2017 –, les frais d’inscription payés par les étudiants restent la principale source de revenus propres de l’université. Mais impossible de les augmenter : le président Salva Kiir, qui est aussi chancelier de l’Université de Juba, s’y est opposé. « Notre pouvoir d’achat issu des frais d’inscription a terriblement chuté », explique John Akec, chiffres à l’appui. Les frais varient d’une faculté à l’autre, la plus chère étant la faculté de médecine (4 000 livres) et la moins chère, la faculté de lettres (1 800 livres). Or, quand un étudiant payait 3 000 livres en 2015, cela équivalait à 500 dollars qui rentraient dans les caisses de l’université. En 2018, cette somme ne représente plus que 15 dollars.

        Episode 9
         

          Au Soudan du Sud, « plutôt que de se battre, il faut tout faire pour continuer notre éducation »



A discuter avec des étudiants, on comprend vite les effets du manque d’argent sur la vie quotidienne du campus et des foyers universitaires. « L’eau potable est le problème numéro un des étudiants de l’Université de Juba », estime Odong Thomas Daniel, le porte-parole du syndicat étudiant Juba University Student Union (JUSU). Son président, Kocdit Ngor Achiek, renchérit : « Si tu n’as pas 20 livres pour t’acheter un verre d’eau quand tu as soif, tu ne bois pas de la journée. »

        Premier épisode
         

          En Ethiopie, les universités poussent comme des champignons



Selon eux, l’Université de Juba manque de tout : pas de connexion Internet sur le campus, les livres en accès à la bibliothèque datent, pour les plus récents, du début des années 2000 et « ne sont pas pertinents dans le monde d’aujourd’hui », déplore M. Odong. Les laboratoires « n’ont que les produits chimiques de base, ce qui ne permet pas d’acquérir une expérience suffisante ». Les salles de classe et les amphis sont surpeuplés, tout comme les foyers, qui ne logent qu’une infime partie des étudiants (entre 600 et 1 500 places disponibles selon les sources). Les maîtres de conférence et professeurs font aussi défaut : face à l’immense perte de valeur de leur salaire (de 3 000 dollars par mois en 2015 à moins de 100 dollars aujourd’hui, en moyenne), certains prennent des congés sans solde, ou cherchent du travail ailleurs.
« Tout faire pour rester ouverts »
L’université fournit un repas par jour aux étudiants et, pour le reste, « on invente des mécanismes de survie, on partage les photocopies, on s’entraide », raconte Moga Umar Williams, un étudiant en quatrième année de science environnementale à la John Garang Memorial University de Bor (à 200 km au nord de la capitale). Il suit des cours à l’Université de Juba en remplacement de ceux qui ne sont plus dispensés dans sa ville, faute de moyens et de professeurs.
« Les familles aisées envoient leurs enfants faire des études à l’étranger », note Moga Umar Williams, qui finance les siennes grâce à un emploi d’enseignant dans une école primaire. Sur le point de décrocher brillamment sa licence, celui qui a fait toute sa scolarité au camp de réfugiés d’Adjumani, en Ouganda, a réalisé son rêve : « Retourner étudier les sciences environnementales dans mon pays. » Il songe même à enseigner à l’université à l’avenir, pour promouvoir les sujets qui lui tiennent à cœur, comme son sujet de mémoire, « l’éradication de la pauvreté à travers l’agriculture soutenable. » Pour lui, « dans toute nation, la jeunesse est la source du changement », et « l’état d’esprit des étudiants permet un vivre-ensemble », contrairement aux « illettrés qui croient encore au tribalisme ».



« Nous faisons tout pour garder l’université ouverte », assure John Akec. Pour les Sud-Soudanais qui vont commencer leur année universitaire en février, l’Université de Juba, malgré tous ses problèmes, reste une chance d’accéder au marché de l’emploi dans la fonction publique – l’Etat est le premier employeur des diplômés des cinq universités publiques du pays –, dans le secteur privé ou encore dans les ONG.
Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Juba In The Making avec le soutien du Centre européen du journalisme.

Sommaire de notre série La classe africaine

        Episode 9
         

          Au Soudan du Sud, « plutôt que de se battre, il faut tout faire pour continuer notre éducation »



        Episode 8
         

          En Ouganda, l’école secondaire universelle en examen



        Episode 7
         

          En Ouganda, « c’est un très gros atout de pouvoir s’exprimer en mandarin » pour travailler



        Episode 6
         

          A l’école des « codeurs » kényans



        Episode 5
         

          Des universités kényanes prestigieuses mais déconnectées du marché de l’emploi



        Episode 4
         

          Le pari financier raté des écoles Bridge en Afrique



        Episode 3
         

          Au Kenya et en Ouganda, les écoles bon marché Bridge dans la tourmente



        Episode 2
         

          L’Ethiopie mise sur la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour s’industrialiser



        Premier épisode
         

          Enseignement supérieur : en Ethiopie, la quantité prime sur la qualité



        Présentation de notre série
         

          La classe africaine


De l’Ethiopie au Sénégal, douze pays ont été parcourus pour raconter les progrès et les besoins de l’éducation sur le continent.














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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Selon l’ONU, les destructions de Mossoul, en Irak, atteignent un niveau jamais vu depuis la seconde guerre mondiale. Comment rebâtir une ville dévastée ? Le pôle vidéo du « Monde » a posé la question à ceux qui y travaillent.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Insurrection populaire, putsch manqué, terrorisme : l’ex-chef de la diplomatie de Blaise Compaoré revient en exclusivité sur sa détention et l’histoire mouvementée du pays.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤         

Entretien

Djibrill Bassolé : « Fuir le Burkina serait un aveu de culpabilité »

Insurrection populaire, putsch manqué, terrorisme : l’ex-chef de la diplomatie de Blaise Compaoré revient en exclusivité sur sa détention et l’histoire mouvementée du pays.

Propos recueillis par                                            Morgane Le Cam (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
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        Le 29.01.2018 à 16h53

     •
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        Mis à jour le 29.01.2018 à 17h27






    
L’ancien ministre burkinabé des affaires étrangères Djibrill Bassolé (au centre) lors d’une réunion de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à Bamako, en avril 2012.
Crédits : ISSOUF SANOGO/AFP


Djibrill Bassolé fut l’un des piliers du régime de Blaise Compaoré, l’un de ceux qui ont façonné l’histoire récente du Burkina Faso et en connaît les moindres secrets. A commencer par l’insurrection populaire d’octobre 2014 suite à laquelle le pouvoir, dont il était le chef de la diplomatie, fut balayé. A l’instar des 31 autres membres de ce gouvernement, il est aujourd’hui inculpé de « complicité d’assassinats et de complicité de coups et blessures volontaires ».
Mais le plus gros mystère à lever n’est pas là. Au lendemain de ce qui fut qualifié de « coup d’Etat le plus bête du monde », dirigé en septembre 2015 par le général Gilbert Diendéré contre les autorités de transition de Michel Kafando, Djibrill Bassolé est sorti malgré lui des oubliettes. Un enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux le mit au cœur d’un scandale qui agita la région : les présumées écoutes entre lui et Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Les deux amis de longue date se sont-ils vraiment téléphoné pour élaborer une tactique visant à sortir le putsch de l’impasse ?

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Djibrill Bassolé a l’art de dire sans révéler. Une rhétorique de diplomate que cet officier de gendarmerie maîtrise parfaitement. Lorsque l’homme était au chevet des crises de la région, il avait ses entrées partout, auprès des diplomates étrangers comme des groupes armés. Côte d’Ivoire, Darfour, Mali… M. Bassolé est rompu à l’art de la négociation.
Mais, depuis le putsch manqué, affaire qui lui vaut une autre inculpation, Djibrill Bassolé a été mis aux arrêts, puis placé en résidence surveillée. Depuis sa prison dorée de Ouagadougou, l’ex-ministre voit les visiteurs défiler mais s’exprime rarement en public. Du scandale des écoutes en passant par l’insurrection populaire, la présumée collusion entre l’ancien régime et les groupes djihadistes, son état de santé ou encore sa détention… le général rompt le silence dans le cadre d’un entretien accordé en exclusivité au Monde Afrique.
Vous réclamez votre mise en liberté provisoire depuis plus de deux ans. Vous l’avez obtenue en octobre 2017 assortie d’une assignation à résidence surveillée. Etes-vous satisfait ? 
Djibrill Bassolé Je suis satisfait de l’arrêt de mise en liberté provisoire (…) C’était une décision courageuse. Mais voilà que le gouvernement, qui s’est toujours opposé à mes demandes de mise en liberté, a demandé que je sois placé en résidence surveillée. Il m’a assigné dans un endroit autre que mon domicile et qui n’est pas de mon choix. C’est une nouvelle détention, cette fois-ci ordonnée par le gouvernement. Ce que je dénonce ici, c’est le fait que l’exécutif, malgré la séparation des pouvoirs, se donne le droit de prendre des dispositions contraires à une décision de justice, surtout en matière de liberté.

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Le motif principal de votre demande de mise en liberté provisoire était votre mauvais état de santé nécessitant des soins à l’étranger. Comment vous portez-vous ? 
Il y a toujours cette anomalie que les médecins ont détectée sur mon électrocardiogramme et sur laquelle il est impératif d’être fixé le plus tôt possible. Si je n’avais pas été assigné en résidence surveillée, j’aurais pu me rendre à Paris, où les rendez-vous étaient pris avec les médecins de l’Hôpital américain. A présent, je ne peux que prendre mon mal en patience (…) Ce que je crains, c’est un AVC ou une complication cardiaque.
Partir vous faire soigner à l’étranger n’est-il pas un moyen de fuir la justice ? 
Il suffit d’examiner mon dossier médical ! Un collège de médecins commis par le juge d’instruction a abouti aux mêmes conclusions que mon médecin traitant. Je n’ai aucun intérêt à fuir mon pays ou un procès. Fuir serait un aveu de culpabilité (…) En tant qu’homme politique, je préfère de loin m’expliquer au cours d’un procès public afin que l’opinion se rende compte que le dossier est vide et que ma détention est arbitraire et politique.
Avez-vous confiance en la justice de votre pays ?
Je suis un légaliste, mais dans le cas de la procédure en cours me concernant, j’ai de très sérieuses raisons de croire que le tribunal militaire de Ouagadougou n’est pas digne de confiance. (…) Cependant, malgré les décisions iniques et les violations flagrantes de mes droits fondamentaux, je ne m’écarterais pas du droit et des règles de procédure, jusqu’au bout. Le peuple se fera son opinion.
Vous semblez faire peur au pouvoir en place. Pourquoi ? 
Je ne fais rien pour faire peur (Rires). Le pouvoir en place est mieux placé pour s’expliquer. Ceci dit, il semble évident que le pouvoir de la transition et le pouvoir en place ont tout mis en œuvre pour ne pas me voir prendre part aux compétitions électorales à travers l’adoption d’une loi d’exclusion et une détention manifestement politique. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a enjoint le gouvernement burkinabé de mettre fin immédiatement à ma détention, qu’il a jugée arbitraire. Mais le gouvernement s’obstine.
Vous êtes inculpé dans le dossier du putsch manqué de septembre 2015 - dont le procès s’ouvrira le 27 février. La justice se base-t-elle uniquement sur les écoutes avec Guillaume Soro ? 
S’il y avait autre chose, je suis persuadé que vous l’auriez su ! Nous aurons l’occasion de démontrer qu’il n’y a aucun élément constitutif d’infraction et que la cause réelle de cette cabale judiciaire, à travers la justice militaire, est politique.

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Cette discussion avec M. Soro a-t-elle eu lieu ?
Soyez patiente, vous en saurez davantage lorsque j’aurai l’occasion de m’expliquer.
Quel rôle avez-vous joué lors de ce putsch manqué ? Certains vous désignent comme le cerveau des opérations…
Le cerveau, certainement pas (…) Ce que je peux dire, c’est qu’après le putsch je me suis impliqué dans la recherche d’une sortie de crise. J’ai eu de nombreux entretiens téléphoniques avec des personnalités, dont le président sénégalais Macky Sall, qui était le président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest [Cédéao]. C’est d’ailleurs à la suite de cet entretien qu’il s’est rendu à Ouagadougou en compagnie du médiateur désigné, le président béninois Boni Yayi.

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Depuis la « loi d’exclusion » votée en avril 2015, vous n’aviez plus la possibilité de vous présenter à la présidentielle qui devait avoir lieu en octobre suivant. Si le coup d’Etat avait réussi, n’en auriez-vous pas été l’un des principaux bénéficiaires ?
La médiation de la Cédéao aurait très probablement abouti à un accord politique pour l’organisation d’élections inclusives. Dans ces conditions, oui, j’aurais pu me présenter, sur la base d’un consensus politique. Mais je n’attendais pas un putsch pour pouvoir le faire !
Que saviez-vous des préparatifs du coup d’Etat et de l’implication de la présidence ivoirienne, comme le dit l’enquête du juge burkinabé ?
Je n’en sais strictement rien (…) Je n’ai joué aucun rôle, ni de conception, ni de préparation, ni d’exécution.
Vous avez été inculpé dans l’enquête sur la répression de l’insurrection d’octobre 2014, du fait de votre présence au conseil des ministres du 29 octobre. Que s’y est-il passé ?
Le ministre de la sécurité a fait un compte rendu des activités de maintien de l’ordre de la veille et des préparatifs pour le lendemain, car l’ordre public s’annonçait troublé. La réquisition complémentaire spéciale [autorisant l’armée à intervenir] n’a pas été discutée et adoptée lors de ce conseil. Elle a été préparée et proposée à la signature du premier ministre le soir du 29.

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Trente-trois Burkinabés ont été tués, et plus de 625 personnes blessées lors de ces opérations de maintien de l’ordre…
Nous déplorons tous les morts qu’il y a eus. A ma connaissance, les forces de l’ordre régulièrement requises n’ont pas fait usage de leurs armes. La cause des morts et des blessés est selon moi à rechercher ailleurs. (…) Notre gouvernement n’avait pas intérêt à ce qu’il y ait une confrontation violente et la mort d’hommes. Nous avions plutôt intérêt à ce que les choses se déroulent convenablement.
Quel rôle avez-vous joué lors de l’insurrection ?
Je suis officier général de gendarmerie mais, au moment des faits, j’étais ministre des affaires étrangères et, en tant que tel, je n’avais pas de rôle particulier à jouer. Compte tenu de la situation insurrectionnelle qui prévalait, j’ai, en liaison avec les officiers du commandement, veillé à ce que les choses se passent au mieux et que le rétablissement et le maintien de l’ordre public s’effectuent dans le respect des règles et des droits humains.

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Le peuple a manifesté pour empêcher la modification de l’article 37, qui visait à déverrouiller le nombre de mandats présidentiels. Trois ans plus tard, êtes-vous toujours convaincu qu’il fallait le modifier ?
Je n’en ai jamais été convaincu. (…) Je savais que modifier l’article 37 allait entraîner des complications. Mais la décision ne me revenait pas personnellement. J’ai appartenu à un régime, à un gouvernement dont je reste solidaire.
Dans une interview accordée à TV5 Monde, RFI et Le Monde, le président Kaboré a dénoncé une « collusion » entre l’ancien régime et les groupes djihadistes. Qu’en pensez-vous ?
Je réfute complètement les analyses qui tendent à faire croire que c’est parce qu’il y avait des deals secrets entre le régime de Blaise Compaoré et les terroristes que le Burkina était en sécurité. (…) Les nombreux contacts que nous avons eus avec les groupes armés entraient dans le cadre de la libération des otages occidentaux à la demande de leur pays d’origine d’une part, et d’autre part se justifiaient par la mission que nous avait assignée la Cédéao, à savoir la cessation des hostilités et la réunification du territoire malien.



Des photos de vous ou encore de Moustapha Chafi, ex-conseiller spécial de Blaise Compaoré, en compagnie de chefs d’Al-Qaida, ont circulé sur les réseaux sociaux. Cela ne montre-t-il pas une certaine accointance ?
A ma connaissance, Moustapha Chafi a, dans le cadre des négociations de libération d’otages, pris des contacts qui ont fort heureusement abouti. C’était une entreprise humanitaire louable. Je ne crois pas qu’on puisse parler d’accointance. Quant à moi, j’ai rencontré Iyad Ag-Ghali à Kidal dans le cadre de la médiation de la Cédéao. Il était le patron du mouvement Ansar Eddine, signataire de l’accord de Ouagadougou. Notre préoccupation était que la destruction des mausolées de Tombouctou prenne fin, que les groupes armés s’abstiennent d’actions terroristes et que les élections puissent se tenir sur toute l’étendue du territoire malien.

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Peut-on parler de pacte de non-agression entre le régime de Blaise Compaoré et les groupes armés ? 
Non ! Jamais, de toute mon expérience, ni officiellement, ni officieusement, nous n’avons passé d’accords de non-agression. Ça n’a jamais existé. Je vous signale que le Burkina n’était pas le seul pays d’Afrique de l’Ouest à ne pas être agressé. Je pense que c’est notre capacité à anticiper, à prévenir et à dissuader qui a protégé le Burkina Faso.
Trois ans après la chute de Blaise Compaoré, les appels pour son retour au Burkina se font plus pressants et son parti gagne du terrain. Comment l’analysez-vous ? 
Il y a certainement une part de nostalgie. Aujourd’hui, bon nombre de Burkinabés regrettent ce passé où le pays était un havre de paix. Malgré les difficultés sociales et économiques, les opportunités d’emploi pour la jeunesse étaient plus importantes.

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Comment envisagez-vous votre avenir ? 
Pour l’instant, ma préoccupation est d’accéder à mes soins de santé et d’en finir avec cette cabale judiciaire. Je tiens évidemment à en sortir indemne. Après, on avisera.
Si c’était le cas, serez-vous candidat à l’élection de 2020 ?
2020 est encore loin. Mais il est évident que j’ai de l’énergie pour servir mon pays, ma sous-région, l’Afrique. Je trouverai les moyens de me rendre utile et de mettre mon expérience au service des jeunes générations.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les 28 et 29 janvier, les chefs d’Etat africains se sont réunis à Addis-Abeba pour le 30e sommet de l’Union africaine, dont le président rwandais a pris la présidence tournante.
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Paul Kagamé et Moussa Faki, le duo qui veut dépoussiérer l’Union africaine



Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-01-29T16:40:11+01:00"

        Le 29.01.2018 à 16h40






Durée : 02:34 | 

Le 30e sommet de l’Union africaine (UA) s’est ouvert, dimanche 28 janvier, à Addis-Abeba. Pendant la session d’ouverture, le Guinéen Alpha Condé a passé le relais de la présidence tournante de l’organisation à son homologue rwandais Paul Kagamé qui aura en charge le processus de la réforme institutionnelle de l’Union.
Avec le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, il souhaite rendre l’organisation plus indépendante financièrement. Lors de son discours d’ouverture, le Tchadien s’est réjoui du « nombre toujours croissant d’Etats qui appliquent la taxe de 0,2 % sur les importations [de produits non africains] ». Le président rwandais a lui annoncé le lancement du « marché du transport aérien unique africain ».
Paul Kagamé a un an pour dépoussiérer l’UA, avant de passer le flambeau au président égyptien en 2019. La méthode Kagamé agace certains chefs d’Etat africains. Parmi les principaux reproches : le manque de concertation et la volonté de faire vite, sans consultation.


                

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Lettre de Tokyo. La Cour suprême du Japon a rejeté la dernière affaire encore en suspens, rendant exécutoire la condamnation à la peine capitale de 13 membres de la secte Aum, à l’origine de l’attaque au gaz sarin.
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édition abonné


Treize auteurs de l’attentat dans le métro de Tokyo en 1995 en attente d’exécution

Lettre de Tokyo. La Cour suprême du Japon a rejeté la dernière affaire encore en suspens, rendant exécutoire la condamnation à la peine capitale de 13 membres de la secte Aum, à l’origine de l’attaque au gaz sarin.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h35
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h45
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE TOKYO
Le rejet par la Cour suprême, le 18 janvier, de l’appel du dernier accusé à avoir été jugé pour l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en mars 1995 (13 morts et 6 000 victimes d’intoxication) a mis un terme à un procès qui a duré plus de vingt ans. En cavale pendant dix-sept ans, Katsuya Takahashi avait finalement été arrêté puis condamné à la prison à vie en 2015. Le rejet de son appel, qui fait suite à d’autres, dont celui du chef de la secte Aum Shinri-kyo, le gourou Shoko Asahara, condamné à mort, clôt la procédure judiciaire.
Ce procès marathon s’achève sur un malaise : beaucoup de questions sont restées sans réponse, à commencer par les mobiles des crimes commis par les membres de la secte, dont certains avaient un niveau d’éducation élevé et provenaient de classes sociales aisées. La décision de la Cour suprême a un autre effet : rendre exécutoire la condamnation à la peine capitale des treize membres de la secte figurant parmi les 122 personnes qui attendent dans les couloirs de la mort le jour fatidique. Avec les Etats-Unis, le Japon est le dernier pays du G7 à pratiquer la peine de mort. Par pendaison dans son cas.
Cet attentat dans cinq rames du métro de Tokyo à une heure de pointe eut au Japon un impact émotionnel considérable. Survenu deux mois après le séisme de Kobe (6 000 morts), qui avait mis en lumière les défaillances de la gestion des crises par l’Etat, il révélait les carences de la police, qui avait pourtant placé la secte sous surveillance. Les Japonais se découvraient vulnérables. L’archipel avait connu auparavant des poussées de violence comme celle de l’Armée rouge, avatar terroriste du mouvement étudiant de la fin des années 1960, mais les mobiles étaient idéologiques. Dans le cas de la secte Aum, il s’agissait de la dérive meurtrière de jeunes adultes emportés par un millénarisme destructeur. Il n’y avait pas d’ennemi à stigmatiser ou à combattre : le Japon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La prétention de l’ex-président de Catalogne a été discutée avec des nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA) avant que la Cour constitutionnelle espagnole n’évoque l’impossibilité pour l’intéressé de se faire élire ou de gouverner à distance.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Puigdemont a envisagé de prononcer son discours d’investiture à partir du Parlement flamand

La prétention de l’ex-président de Catalogne a été discutée avec des nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA) avant que la Cour constitutionnelle espagnole n’évoque l’impossibilité pour l’intéressé de se faire élire ou de gouverner à distance.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



   


L’ex-président de la Catalogne Carles Puigdemont, en quête d’une réélection mardi 30 janvier, a négocié la possibilité de prononcer son discours d’intronisation à partir du Parlement flamand, l’assemblée régionale de Flandre, installée à Bruxelles. Cette éventualité, discutée avec les nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA), s’est toutefois heurtée au refus des autres partis au pouvoir à la région de Flandre, les chrétiens-démocrates du CD & V et l’Open VLD, confirment plusieurs sources au Monde. « Il ne serait pas bon que le Parlement soit utilisé pour un jeu politique étranger », avait fait savoir le chef du groupe Open VLD, Bart Somers.
M. Puigdemont, exilé en Belgique depuis la fin du mois d’octobre 2017 et sous le coup d’un mandat d’arrêt de la justice espagnole pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne, a discuté avec la direction de la N-VA, le parti le plus important de Flandre, qui détient la présidence de l’Assemblée. Au sein de celle-ci, la cause catalane compte de nombreux supporteurs, qui espéraient, en fait, organiser, au sein de la commission des relations extérieures, un débat entre l’ambassadrice d’Espagne à Bruxelles et le leader indépendantiste.
« Il est le bienvenu »
L’entourage de M. Puigdemont estimait possible d’aller plus loin et d’envisager un discours adressé à l’assemblée catalane par téléconférence. C’était avant que la Cour constitutionnelle espagnole n’évoque, samedi 27 janvier, l’impossibilité, pour l’intéressé, de se faire élire ou de gouverner à distance.

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Interrogé dimanche par la chaîne publique VRT, Bart De Wever, le président de la N-VA, a paru enterrer le projet de celui qu’il a qualifié d’« ami ». « Il est le bienvenu, ici, à la maison ou au Parlement flamand », a expliqué M. De Wever. Mais, a-t-il ajouté, l’éventualité d’un discours d’investiture prononcé depuis Bruxelles devait être acceptée par le bureau permanent du Parlement régional. « Aucune demande n’a été introduite, si elle lui parvient, le bureau décidera », expliquait prudemment, dimanche soir, le président du Parlement, Jan Peumans. Aucune réaction du gouvernement fédéral belge n’était à noter. Le premier ministre, Charles Michel, tient surtout à éviter une crise diplomatique avec Madrid après les tensions survenues au cours des derniers mois.
Présent, dimanche, à une réception de la N-VA dans la grande banlieue de Bruxelles, M. Puigdemont n’a pas répondu aux questions des journalistes qui l’interrogeaient sur son éventuel retour à Barcelone. Un parlementaire de son parti, Josep Rull, expliquait, lundi, que l’ex-président demanderait, « dans les prochaines heures », la permission de la justice espagnole pour participer au débat prévu mardi au Parlement catalan pour le vote et l’investiture du nouveau dirigeant de la région.
Sacrifice
Selon la Cour constitutionnelle, M. Puigdemont doit revenir en Espagne, se constituer prisonnier et ensuite demander la permission du juge d’instruction pour participer à la session d’investiture.
Joan Tarda, député d’un autre parti indépendantiste, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), alliée de M. Puigdemont, a suggéré dans une interview publiée dimanche par La Vanguardia que celui-ci pourrait faire preuve de « patriotisme » et accepter d’être remplacé. A Bruxelles, aucune confirmation n’était fournie lundi matin.

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« Il est indispensable que nous ayons un gouvernement, s’il faut sacrifier le président Puigdemont, nous devrons le sacrifier », a déclaré M. Tarda. En revanche, le parti de M. Puigdemont, Ensemble pour la Catalogne (JxC), avait affirmé dimanche qu’il n’envisageait pas de proposer un autre candidat.
Le président du Parlement catalan, Roger Torrent, qui a désigné M. Puigdemont comme candidat, n’a, lui, pas réagi dimanche à la décision de la Cour constitutionnelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Au moins neuf personnes ont été tuées lundi lors d’affrontements entre le gouvernement et les forces séparatistes.
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Yémen : deuxième journée de violences à Aden

Au moins neuf personnes ont été tuées lundi lors d’affrontements entre le gouvernement et les forces séparatistes.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 14h08
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h01
   





                        



   


Une deuxième journée de violences entre forces séparatistes et soldats gouvernementaux a provoqué la mort d’au moins neuf personnes, lundi 29 janvier, dans la ville méridionale d’Aden, la deuxième du Yémen. Selon des sources militaires, cinq combattants séparatistes ont été tués par des tireurs embusqués et quatre soldats loyalistes ont trouvé la mort dans des échanges de tirs.
La grande ville portuaire du Sud était totalement paralysée au milieu des tirs de chars de combat et de pièces d’artillerie lourde, ont-elles ajouté.
La crise qui a éclaté dimanche entre les séparatistes et le gouvernement de M. Hadi, soutenu par l’Arabie saoudite, a donné une nouvelle dimension au conflit qui se poursuit depuis trois ans dans ce pays pauvre de la péninsule Arabique.

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Les séparatistes réclament le départ du premier ministre
Les séparatistes étaient précédemment alliés au gouvernement, mais la situation s’est tendue en avril 2017 quand le président du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi, a limogé le gouverneur d’Aden, Aidarous Al-Zoubaidi, qui a formé le mois suivant un Conseil de transition du Sud, autorité parallèle dominée par des séparatistes. Ce Conseil avait fixé un ultimatum la semaine dernière à M. Hadi, exigeant le départ du premier ministre Ahmed ben Dagher et des « changements au gouvernement », accusé de « corruption », faute de quoi un grand sit-in serait organisé à Aden.
L’ultimatum a expiré dimanche matin et des combats ont éclaté à travers la ville entre des forces séparatistes et des unités gouvernementales, faisant au moins 15 morts et 122 blessés, dont des civils, et aboutissant à la prise du siège transitoire du gouvernement et d’autres installations par les séparatistes, selon des sources militaires.

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Le président, en exil à Riyad, a appelé l’Arabie saoudite, à la tête d’une coalition arabe entrée au Yémen pour combattre la rébellion houthiste, à faire cesser les violences.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La photo d’un écriteau partagée massivement par l’extrême droite a voulu faire croire que l’alcool ou les bikinis étaient interdits sur les plages de la ville de Melbourne (qui n’en a pas sur sa commune).
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Un faux écriteau sur une plage australienne fait le tour du monde

La photo d’un écriteau partagée massivement par l’extrême droite a voulu faire croire que l’alcool ou les bikinis étaient interdits sur les plages de la ville de Melbourne (qui n’en a pas sur sa commune).



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h09
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Un panneau venu d’Australie a affolé les nationalistes de la planète entière ces derniers jours. Ils étaient en effet très nombreux à relayer l’image d’une pancarte supposément plantée sur les pages de Melbourne, qui était en réalité un faux :

   


Le 26 janvier est le jour de la Fête nationale en Australie. Comme les Français, les Australiens ont l’habitude de profiter de ce jour férié pour organiser des barbecues, passer du temps sur la plage, boire de la bière – janvier est le mois le plus chaud de l’année à Melbourne. L’apparition d’un écriteau, au moins en ligne, ce jour-là ne pouvait pas vraiment être un hasard, d’autant que l’écriteau en question interdirait l’alcool, les chiens, les produits à base de porc ainsi que les bikinis sur une plage de la « City of Greater Melbourne ».
Par l’intermédiaire de son compte Twitter, la ville de Melbourne a indiqué qu’elle n’était pas à l’origine de ce panneau, et qu’elle ne le cautionnait pas… d’autant que la ville a indiqué ne pas « compter de plage sur son territoire ».

@boyke_bond_Jr @WhatsOnMelb @AMike4761 thanks for bringing this to our attention. This is not a City of Melbourne s… https://t.co/ch95IdYxO9— cityofmelbourne (@City of Melbourne)


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« Merci de porter ceci à notre attention. Ce n’est pas un panneau de la ville de Melbourne et nous ne le cautionnons pas. Par ailleurs, notre commune ne compte aucune plage. »
Des indices qui ne trompent pas
Le fait que la photo n’ait été diffusée que par des comptes Twitter d’extrême droite ainsi que sur des sites ou des comptes Twitter qui se présentent au mieux comme « conservateurs » sans faire aucun travail de vérification − tel que Lexyred, Conservative Voices Syndicated − permet d’en supposer l’origine. On trouve aussi ledit écriteau sur le canal de discussion « The Donald » de Reddit, où les supporters « non politiquement corrects » du président américain échangent.
En outre, avant le démenti de la ville de Melbourne, plusieurs éléments pouvaient déjà laisser penser à un faux :
la « City of Greater Melbourne » n’existe pas – le nom de l’intercommunalité est Greater Melbourne –, pas plus que le « Supreme Islamic Council of Victoria »,une municipalité n’utilise pas d’image clipart mignonnes (comme celle du chien ou du cochon) dans ses affichages officiels,une municipalité n’utilise pas de feuilles pour son affichage officiel mais des panneaux homologués, le plus souvent en plastique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Une manifestation était organisée, dimanche, en face du palais présidentiel, alors que le pays n’a encore sanctionné aucun des bénéficiaires du scandale Odebrecht.
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Un an après la Marche verte, les Dominicains protestent toujours contre la corruption

Une manifestation était organisée, dimanche, en face du palais présidentiel, alors que le pays n’a encore sanctionné aucun des bénéficiaires du scandale Odebrecht.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h11
    |

            Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant)








                        



   


Vêtus de tee-shirts verts, des milliers de Dominicains ont manifesté, dimanche 28 janvier, face au palais présidentiel, pour dénoncer la corruption et l’impunité qui gangrènent cette république des Caraïbes. Un important dispositif policier avait été mis en place autour du palais et la manifestation s’est terminée sans incident.
Ce rassemblement marquait le premier anniversaire de la « Marche verte », un puissant mouvement citoyen né en réponse au scandale des pots-de-vin versés par l’entreprise brésilienne de travaux publics Odebrecht. Le scandale a éclaboussé la plupart des pays d’Amérique latine et plusieurs présidents ont été impliqués.
Bien qu’arrivant en troisième position, derrière le Brésil et le Venezuela, pour le montant des commissions – 92 millions de dollars (74 millions d’euros) – qu’Odebrecht a reconnu avoir versées, la République dominicaine n’a encore sanctionné aucun des bénéficiaires des pots-de-vin. Quatorze personnes, dont le ministre de l’industrie et du commerce, Juan Temistocles Montas, et des figures de l’opposition, ont été inculpées. Elles ont toutes été remises en liberté au bout de quelques semaines.

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Consultations citoyennes
Jusqu’à présent, la seule sanction est venue de Washington. Angel Rondon, l’homme d’affaires dominicain responsable de la distribution des dessous de table, a été placé sur la liste noire du Trésor américain en vertu du « Global Magnitsky Act ». Son visa américain a été annulé et ses avoirs aux Etats-Unis, gelés.
Lors de son rassemblement dimanche, la Marche verte a exigé que le président dominicain, Danilo Medina, soit soumis à « un jugement politique par le Congrès national ». « Il existe suffisamment de preuves de surévaluations scandaleuses et de financement illicite de ses campagnes électorales par Odebrecht », proclamait le manifeste lu par la jeune porte-parole Geny Lozada à la fin de la manifestation. Elle a rappelé les liens entre le président Medina et « le délinquant international » Joao Santana. Principal stratège électoral de Danilo Medina, ce Brésilien a été condamné à huit ans de prison dans son pays pour corruption.
Le mouvement civique a réclamé la récupération des sommes volées dans les nombreux scandales de corruption restés impunis et « la condamnation effective des responsables ». La Marche verte a demandé des réformes constitutionnelles « garantissant la pleine indépendance du pouvoir judiciaire, du ministère public et de la Cour des comptes », ainsi que « la fin de l’utilisation de l’Etat comme agence de “botellas” [bouteilles, l’appellation dominicaine des emplois fictifs] ». Le mouvement citoyen a enfin réclamé un nouveau cadre juridique garantissant l’équité des élections et le financement transparent et contrôlé des campagnes.
En l’absence de réponse des autorités, la Marche verte a annoncé l’organisation de consultations citoyennes à partir du 11 février « pour intensifier la mobilisation sous la forme de grèves pacifiques, aux niveaux municipal, provincial et national ».

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Des projets mis en péril
Le succès de la Marche verte a attisé les convoitises. Grâce aux réseaux sociaux, le mouvement a rapidement mobilisé les classes moyennes et les jeunes indignés par la multiplication des affaires de corruption. Des chefs d’entreprise connus se sont engagés, publiquement et financièrement. Au fil des mois, le travail pédagogique mené par les jeunes militants dans les quartiers pauvres et les provinces a élargi la base du mouvement. « Le petit-fils du dictateur Rafael Trujillo a essayé de venir ici pour montrer qu’il avait des partisans », dénonçait dimanche le journaliste Huchi Lora. Ramfis Trujillo-Dominguez, le petit-fils du sanglant despote, a en effet annoncé son intention de se présenter à la présidence.
L’impressionnant appareil de propagande au service du gouvernement s’est efforcé de discréditer la Marche verte. Sans succès jusqu’à présent. Le scandale Odebrecht met en péril la construction de centrales à charbon par la compagnie brésilienne, le projet phare du président Medina. Critiqué par les écologistes alors que les pays voisins misent sur les énergies renouvelables, ce projet, présenté comme le plus grand scandale de corruption de l’histoire dominicaine par l’opposition, se heurte à des problèmes de financement. D’autant qu’Odebrecht vient de réclamer une rallonge de plus de 700 millions de dollars pour le terminer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Au lendemain de sa condamnation à douze ans et un mois de prison, l’ex-chef de l’Etat brésilien a annoncé sa précandidature à l’élection prévue le 7 octobre.
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Avec ou sans Lula, les principaux candidats à la présidence du Brésil

Au lendemain de sa condamnation à douze ans et un mois de prison, l’ex-chef de l’Etat brésilien a annoncé sa précandidature à l’élection prévue le 7 octobre.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h01
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Devant le parterre des militants, il prône la désobéissance civile, jure de son innocence et s’imagine tel un « Nelson Mandela do Brasil » à même de concourir à la présidence de la République et de l’emporter malgré tout. Mais, en privé, il doute.
Jeudi 25 janvier, au lendemain de sa lourde condamnation en deuxième instance à douze ans et un mois de prison pour « corruption passive » et « blanchiment d’argent », Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé lors du comité exécutif du Parti des travailleurs (PT, gauche) sa précandidature à l’élection présidentielle prévue en octobre.

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Les recours que déposeront ses avocats lui laissent l’espoir d’une tranquillité judiciaire de quelques mois. Mais après ? Celui qui fut président de 2003 à 2010 reconnaît qu’une « chose indésirable » peut survenir. Dit plus clairement, il redoute d’être derrière les barreaux avant même le premier tour du scrutin, le 7 octobre.
Un juge de Brasilia a déjà réclamé, jeudi soir, l’interdiction pour Lula de sortir du territoire, avec confiscation de son passeport, empêchant son déplacement prévu en Ethiopie pour un débat organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Une humiliation de plus pour l’ancien chef d’Etat hier star des sommets internationaux.

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Le PT prétend qu’il n’a pas de « plan B » au cas où son champion serait empêché de poursuivre la course à la présidence. Cependant, l’ancien gouverneur de Bahia Jaques Wagner et l’ex-maire de Sao Paulo Fernando Haddad sont cités comme des remplaçants éventuels. Reste à savoir si le capital électoral de l’ex-président pourrait être transféré à un autre dirigeant du PT.
En tête des sondages, avec 36 % d’intentions de votes, Lula devance tous les candidats potentiels ou annoncés. Sa disgrâce rebattrait les cartes de la présidentielle. Et ses adversaires, à droite comme à gauche, voient l’horizon se dégager. En voici les principaux :
Jair Bolsonaro, le « Le Pen brésilien »
L’ancien capitaine d’artillerie de 62 ans, originaire de la ville de Campinas, dans l’Etat de Sao Paulo, bénéficie de 18 % d’intentions de votes, juste derrière Lula. En cas de non-candidature de ce dernier, son score grimpe à 21 %. La mort politique de l’ex-métallo serait donc une aubaine pour le député d’extrême droite qui n’a pas caché sa joie, qualifiant le jugement de « jour historique ».
Mais ce phallocrate assumé, homophobe éhonté, coutumier des outrances verbales et connu pour nourrir une nostalgie poussée de la dictature militaire (1964-1985), pourrait en réalité souffrir de l’absence de son opposant. Son ascension aussi étonnante que fulgurante a en effet été alimentée tant par l’écœurement des électeurs envers les candidats traditionnels, la crise et la persistance d’une insécurité inouïe que par la peur d’une partie du Brésil d’un retour au pouvoir de Lula, considéré par une frange des Brésiliens comme un dangereux communiste.
Marina Silva, l’écolo évangélique
Originaire de Rio Branco, capitale de l’Etat de l’Acre au fin fond de l’Amazonie, l’ancienne ministre de l’écologie de Lula a remporté 20 % des voix lors des deux précédents scrutins présidentiels. Femme de caractère, elle avait jeté sa carte du PT, dégoûtée par les concessions du gouvernement à l’agrobusiness. A bientôt 60 ans, elle espère vivre enfin son moment. En 2010, face à Dilma Rousseff, elle était sortie meurtrie de la bataille féroce menée contre elle par le PT.
En 2013, alors qu’elle fait campagne aux côtés d’Eduardo Campos, candidat du Parti socialiste brésilien comme vice-présidente, la mort brutale du candidat dans un crash aérien la propulse sur le devant de la scène. Aujourd’hui créditée de 10 % des voix (16 % sans Lula), cette évangélique qui a connu la faim fut domestique et analphabète jusqu’à ses 16 ans. Elle fait campagne pour son parti vert, Rede sustentabilidade. Mais ses électeurs sont troublés par sa grande discrétion.
Geraldo Alckmin, l’effacé
Gouverneur de l’Etat de Sao Paulo depuis 2011, l’ancien président du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, historiquement centre gauche aujourd’hui classé au centre droit), 65 ans, représente le camp de la droite républicaine. Vétéran de la politique, il est apprécié à Sao Paulo malgré les affaires louches concernant le métro de Sao Paulo et impliquant le groupe Alstom. Des rumeurs disent cet homme austère membre de l’Opus Dei, et ses contempteurs moquent son manque de charisme, le qualifiant de « sorbet au “chu-chu” », une cucurbitacée insipide.
Le vieux renard est toutefois plus habile qu’il n’y paraît : il aurait malicieusement savonné la planche de son poulain Joao Doria, maire de Sao Paulo depuis 2016, ex-étoile montante du parti, le jugeant un peu trop pressé de prendre sa place. Mais crédité de 7 % des voix, 9 % en cas d’absence de Lula, M. Alckmin ne déchaîne pas les passions. Les analystes rappellent d’ailleurs sa « performance » rare : avoir perdu des votes entre le premier et le second tour de la présidentielle en 2006.
Ciro Gomes, l’exalté
Crédité de 7 % des voix à l’instar de Geraldo Alckmin (12 % en cas d’absence de Lula), celui qui fut à la fois ministre du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso (PSDB) en 1994 et de Lula – de 2003 à 2006 – a navigué entre sept partis avant d’échouer au Parti démocratique travailliste (PDT, centre gauche). Mercredi 24 janvier, il s’est dit chagriné par la condamnation de son « ami » Lula. « Le Brésil vit un chapitre douloureux de sa courte et dramatique histoire démocratique », a écrit l’ancien député du Ceara, Etat du Nordeste. Des larmes de crocodiles ? Peut-être, de la part d’un homme pressenti pour représenter la gauche en cas d’absence de l’ex-métallo.
Mais Ciro Gomes a un ennemi : lui-même. Ses sorties verbales mal contrôlées lui jouent des tours. Lors de la campagne présidentielle de 2002, les regards gênés avaient accompagné ses déclarations concernant son épouse : « Ma femme a un des rôles les plus importants, qui est de coucher avec moi. Coucher avec moi est un rôle fondamental », avait-il dit, selon le quotidien Folha de Sao Paulo. En octobre 2017, Ciro Gomes a encore fait parler de lui en raillant ses adversaires, décrivant Geraldo Alckmin en « cadavre politique » et expliquant à Marina Silva que cette campagne avait besoin de « testostérone ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’éditeur Jacob Hamburger estime, dans une tribune au « Monde », que le Parti démocrate ne se relèvera que s’il parvient à dépasser son aversion pour l’actuel président et s’il est capable de composer avec la gauche progressiste.
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Jacob Hamburger : « La gauche américaine semble, aujourd’hui, vide idéologiquement »

L’éditeur Jacob Hamburger estime, dans une tribune au « Monde », que le Parti démocrate ne se relèvera que s’il parvient à dépasser son aversion pour l’actuel président et s’il est capable de composer avec la gauche progressiste.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 12h49
    |

Jacob Hamburger (Cofondateur du blog Tocqueville 21, directeur des pages littéraires du Journal of Politics, Religion and Ideology)







                        



                                


                            
Tribune. Si, un an après l’investiture de Donald Trump, les soutiens du Parti démocrate ont pu voir en Oprah Winfrey le sauveur de leur famille politique, c’est le signe que tout ne va pas bien à gauche aux Etats-Unis. Il est facile de voir en quoi la candidature de cette ancienne animatrice à l’élection de 2020 serait dangereuse. Car, malgré ses qualités admirables, Oprah serait une sorte de Donald inversé, un Trump « progressiste ».
Non seulement ce serait encore un candidat milliardaire, bien plus riche que M. Trump, sans aucune expérience politique. Pire encore, sa nomination prouverait, au fond, qu’à gauche comme à droite, la politique américaine n’est qu’une affaire de célébrité. Une gauche qui ne peut fournir d’autre candidat qu’une vedette de télévision, c’est une gauche qui admet ne pas avoir de programme ni de valeurs, mais seulement un héros charismatique capable de défaire celui de l’autre camp. Ce n’est donc pas pour rien que Le Monde a qualifié Mme Winfrey de « miroir du désarroi démocrate ».

Comment, quatorze mois après la victoire de Donald Trump contre Hillary Clinton, la gauche américaine peut-elle sembler si vide idéologiquement ? On aurait pu croire que le choc du résultat de l’élection de 2016 catalyserait le renouveau du Parti démocrate. Il y a un an, plusieurs millions de citoyens ont défilé contre l’investiture de M. Trump, ce qu’ils ont reproduit, quelques jours plus tard, en réaction à la signature des premiers executive orders anti-immigration.
« Ce n’est pas normal » est devenu le slogan des médias progressistes. Face à un président élu avec une minorité de voix, et qui rejetait brutalement tout ce que les progressistes affirmaient pendant les années Obama, les Américains autrefois modérés se sont rebaptisés la « résistance ». En colère, la gauche semblait affirmer une nouvelle volonté d’engagement politique dans un contexte totalement bouleversé.
Colère...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Quatre attaques en dix jours ont endeuillé la capitale afghane. La guerre n’aura pas d’issue sans l’arrêt de l’occupation militaire étrangère.
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En Afghanistan, l’insupportable quotidien des attentats

Editorial. Quatre attaques en dix jours ont endeuillé la capitale afghane. La guerre n’aura pas d’issue sans l’arrêt de l’occupation militaire étrangère.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Semaine sanglante en Afghanistan. Quelques jours après l’attaque visant des étrangers contre l’Hôtel Intercontinental de Kaboul, une ambulance piégée a explosé, samedi 27 janvier, près du ministère de l’intérieur et du quartier général de la police afghane, faisant plus de 100 morts. Une autre attaque avait visé dans la semaine l’ONG britannique Save the Children dans l’est du pays, à Jalalabad. Et, lundi matin 29 janvier, une attaque était menée contre l’académie militaire Maréchal-Fahim à Kaboul.
L’attentat à l’ambulance piégée est le plus meurtrier en Afghanistan depuis celui au camion explosif perpétré dans la zone diplomatique de la capitale afghane le 31 mai 2017 (au moins 150 morts). Si l’une des deux ambulances impliquées dans l’attaque avait franchi un checkpoint supplémentaire, elle aurait pu atteindre deux autres cibles symboliquement importantes : le bureau de la délégation de l’Union européenne et l’ambassade d’Inde. Cela dit, quelles que soient les cibles, la plupart des victimes sont des civils.

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Les deux attaques les plus meurtrières de la semaine, contre l’Hôtel Intercontinental et le ministère de l’intérieur, ont été revendiquées par les rebelles talibans afghans. Le gouvernement de Kaboul accuse le groupe de Sirajuddin Haqqani, actuel chef adjoint des talibans, d’être le maître d’œuvre de nombreux attentats commis ces dernières années dans la capitale.
Les années passent et se ressemblent
Le « réseau Haqqani » est connu pour sa proximité tant avec Al-Qaida qu’avec les services de renseignement militaire pakistanais. Les deux autres attentats, contre Save the Children et l’académie militaire, ont pour leur part été revendiqués par l’organisation Etat islamique (EI). La branche afghane de l’EI a été créée par des talibans ayant fait allégeance ces dernières années au « calife » Abou Bakr Al-Baghdadi.
Les années passent et se ressemblent en Afghanistan. Les rebelles talibans, qui contrôlent plus de la moitié du pays, mènent contre les villes une stratégie du chaos. A chaque attentat, la colère de la population se dirige contre le gouvernement. Ces attaques ne changent rien à l’équilibre militaire, mais elles rappellent l’extrême fragilité des institutions afghanes.

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Ces attentats sont à chaque fois, pour les Etats-Unis, engagés depuis 2001 en Afghanistan dans la plus longue guerre de leur histoire, l’illustration d’un échec majeur. Depuis qu’il a officialisé sa stratégie afghane, le 21 août 2017, le président Donald Trump a à son tour, après George Bush et Barack Obama, renforcé le contingent américain – de 8 400 à 14 000 hommes, 1 000 autres étant attendus prochainement.
Les deux autres stratégies seraient un retrait militaire américain ou l’ouverture d’une négociation diplomatique entre Kaboul, les Etats-Unis, les talibans et les puissances régionales. La première option est jugée trop risquée et la seconde prématurée. Dans les deux cas, les talibans sont considérés comme étant trop en position de force pour qu’une alternative offre une perspective conforme aux intérêts américains.
Outre un renforcement des institutions et de l’armée afghane, la guerre n’aura pourtant pas d’issue sans que soit mis un terme à l’occupation militaire étrangère et sans négociations de paix. Les talibans et leurs alliés djihadistes d’Al-Qaida – ou rivaux de l’EI – ont donc encore de beaux jours devant eux. Et les Afghans n’en ont pas fini avec la souffrance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Après l’échec du 4e round des négociations sociales, le syndicat appelle les salariés de la branche métallurgie et électronique à des grèves de 24 heures pour revendiquer une réduction du temps de travail et 6 % de hausse des salaires.
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En Allemagne, le syndicat IG Metall durcit son mouvement dans l’industrie

Après l’échec du 4e round des négociations sociales, le syndicat appelle les salariés de la branche métallurgie et électronique à des grèves de 24 heures pour revendiquer une réduction du temps de travail et 6 % de hausse des salaires.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 17h07
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Où s’arrêtera le conflit entre IG Metall et les patrons de l’industrie ? Alors que le quatrième round de négociations sociales pour les 3,9 millions de salariés de la branche métallurgie et électronique s’est terminé sur un échec, la direction du plus grand syndicat allemand a décidé, samedi 27 janvier, de durcir le conflit.
De mercredi à vendredi, des grèves d’une journée affecteront 250 entreprises dans tout le pays, si les salariés votent localement en faveur de la mesure. Le président d’IG Metall, Jörg Hofmann, reproche à l’industrie de bloquer « la modernisation du monde du travail, qui aurait dû être faite depuis longtemps ».
Une première depuis 2003
L’industrie allemande n’a pas connu un tel conflit social depuis 2003. IG Metall met tout son poids pour obtenir une avancée sociale considérée comme plus importante que les augmentations de salaires.
IG MEtall veut que chaque salarié de l’industrie puisse réduire individuellement son temps de travail hebdomadaire de 35 heures jusqu’à 28 heures.
Le syndicat veut que chaque salarié du secteur puisse réduire individuellement son temps de travail hebdomadaire de 35 heures (durée du temps de travail dans l’industrie) jusqu’à 28 heures. Et IG Metall réclame, en plus, une compensation de 200 euros pour la baisse de rémunération induite dans le cas des salariés qui réduisent leur temps de travail pour s’occuper d’un enfant de moins de 14 ans ou d’un parent dépendant.
Les patrons s’opposent fermement à l’idée de cette compensation, qui entraînerait une différence de rémunération entre les salariés, selon qu’ils décident ou non de réduire leur temps de travail, et vis-à-vis de ceux qui travaillent déjà à temps partiel. Ils considèrent que la revendication du syndicat à un droit individuel à la semaine de 28 heures avec compensation salariale partielle est discriminante, donc potentiellement illégale.
C’est la pomme de discorde principale entre les deux parties, qui ont déjà accumulé un temps de négociation de 91 heures, rapporte le Süddeutsche Zeitung. La question des hausses de salaires (le syndicat demande 6 %) n’a même pas encore été abordée.
Quasiment au plein-emploi
Les patrons redoutent aussi les effets globaux de la réduction du temps de travail de milliers de salariés à une période où l’économie tourne à plein régime et où les carnets de commandes sont pleins. Dans les régions industrielles du sud de l’Allemagne, qui sont quasiment au plein-emploi (le taux de chômage y est parfois inférieur à 5 %), les entreprises peinent à trouver du personnel qualifié.
Près de 960 000 salariés ont pris part jusqu’ici aux grèves dites d’« avertissement », durant lesquelles les travailleurs suspendent le travail quelques heures. Les grèves d’une journée qui commencent mercredi risquent de perturber plus fortement une industrie qui fonctionne sur le modèle du « juste-à-temps », c’est-à-dire sans stock, et qui est très dépendante de ses sous-traitants. C’est particulièrement le cas dans l’automobile, la branche clé de l’économie outre-Rhin.



                            


                        

                        


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Après l’attaque turque à Afrin, le pouvoir de Damas en embuscade

Le régime de Bachar Al-Assad espère récupérer la maîtrise d’une partie de sa frontière avec la Turquie, aux mains des forces kurdes.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h49
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Les autorités syriennes ont condamné l’intervention militaire de la Turquie contre le canton kurde d’Afrin, dans le nord-ouest, avec l’indignation de mise dans ce genre de situation. Le 21 janvier, au lendemain du début de cette offensive, le président Bachar Al-Assad a fustigé une « agression brutale », caractéristique de la politique de « soutien au terrorisme » menée selon lui par Ankara depuis le début de la crise en Syrie. Le même jour, le vice-ministre des affaires étrangères, Fayçal Mekdad, a averti que des avions de combats turcs pourraient être abattus. Depuis, l’agence officielle SANA multiplie les dépêches sur les « massacres » et les dégâts causés par les bombardements turcs.

Mais une confrontation syro-turque dans le ciel d’Afrin semble improbable, car l’opération « Rameau d’olivier » n’est pas une si mauvaise nouvelle pour Damas. Des observateurs estiment qu’elle pourrait offrir au pouvoir syrien l’opportunité de reprendre le contrôle d’Afrin et de récupérer la maîtrise d’une partie de sa frontière avec la Turquie. « Le scénario le plus probable, c’est que le régime et les Kurdes négocient un compromis, qui débouche sur l’arrêt de l’attaque turque et le redéploiement de l’armée syrienne dans la zone d’Afrin », prédit Sinan Hatahet, analyste au think tank Omran, proche de l’opposition syrienne.
Offre refusée par les Kurdes
Des messages en ce sens ont déjà été échangés. Selon Aldar Khalil, un haut dirigeant du Rojava, la zone autonome kurdo-syrienne (composée des trois cantons d’Afrin, Kobané et Hassaké), la Russie avait proposé, en amont de l’offensive, qu’en échange d’un retour du régime syrien à Afrin, la Turquie renonce à son opération. Le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat a rapporté la même information. L’offre, dont les détails ne sont pas connus, a été refusée par les Kurdes, peu enclins à renoncer à l’autonomie de fait qu’ils ont acquise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Méfiants envers la Russie, les Etats-Unis cherchent à pérenniser une présence en Syrie, mais ont du mal à gérer leur allié turc.
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Syrie : les Occidentaux à la recherche d’une stratégie commune

Méfiants envers la Russie, les Etats-Unis cherchent à pérenniser une présence en Syrie, mais ont du mal à gérer leur allié turc.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 17h36
    |

            Marc Semo et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Aller ou non aux pourparlers de Sotchi ? Washington, Londres et Paris ont longuement hésité et finalement décidé de ne pas s’y rendre. Il s’agit de marquer le coup après l’échec de la réunion entre le régime syrien et l’opposition à Vienne sous l’égide de l’ONU.
« Le régime n’était pas dans la négociation, il était dans la figuration », a déclaré à Tokyo le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian. Acteur incontournable de toute solution de paix en Syrie, Moscou assure, certes, que « Sotchi est une contribution au processus de l’ONU », non pas un substitut. Mais les Occidentaux ne sont pas convaincus. Et ils insistent sur la centralité des négociations de Genève – dont le grand ordonnateur, l’envoyé spécial onusien Staffan de Mistura, sera présent au bord de la mer Noire – mais se méfient des ambiguïtés de la démarche russe.

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Les Occidentaux entendent agir de concert pour faire « effet de pack », selon la métaphore de rugby d’un diplomate français, et « peser face à Moscou ». Ils partagent le sentiment qu’une issue militaire au conflit est impossible, et la même urgence pour tenter de relancer le processus négocié, alors que Jean-Yves Le Drian a dit devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale que « la situation humanitaire ne cesse de se dégrader en Syrie ».
C’est le cas dans la zone d’Afrin, où les Kurdes doivent faire face à l’offensive de l’armée turque, mais aussi dans celles d’Idlib et de la Ghouta, près de Damas. Dans ces deux dernières régions, le régime de Damas est à l’attaque, alors même qu’il s’agit de « zones de désescalade » mises en place par le processus d’Astana sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie.

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« La mutation du conflit syrien est très inquiétante. La lutte contre Daech, qui était la priorité de la coalition, avait mis au second plan les autres guerres syriennes, et les rivalités régionales apparaissent dans toute leur évidence avec l’offensive lancée par Ankara contre les Kurdes », relève un haut diplomate français, soulignant qu’il y a « très peu d’écart » entre la vision de la France et celle exposée, le 17 janvier, par le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson.
Lors de cette conférence à la Hoover Institution de l’université Stanford, M. Tillerson avait annoncé que les Etats-Unis maintiendraient aussi longtemps que nécessaire leur présence militaire dans la partie orientale du pays. C’est un revirement complet par rapport à la rhétorique de campagne souvent isolationniste du président Trump, resté muet sur cette question ces dernières semaines.
Transition
Cette volte-face est justifiée, à Washington, par une série d’objectifs. Il s’agit d’abord de s’assurer de la défaite des djihadistes, dont la présence résiduelle est mise en avant en dépit des succès enregistrés au cours des mois passés. Ensuite, de peser sur une éventuelle transition politique à Damas, de permettre le retour des réfugiés et déplacés, et d’empêcher le régime syrien de détenir et d’utiliser des armes de destruction massive. Et, enfin, de réduire l’influence de l’Iran.
Ces buts peuvent cependant difficilement être atteints par le seul maintien d’une force estimée à environ 2 000 soldats des forces spéciales, face à l’intensité de l’engagement iranien ou russe. Les démocrates du Congrès américain estiment par ailleurs que cette force ne dispose pas du cadre juridique pour opérer à long terme dans un pays où elle n’est pas la bienvenue, à la différence du contingent présent en Irak.
Autre obstacle : les intérêts de Washington divergent de ceux de son principal allié dans la région, la Turquie. Ankara n’a pas caché sa colère après l’annonce – rapidement démentie –, le 14 janvier, de la création d’une force frontalière kurde de 30 000 hommes. Recep Tayyip Erdogan a aussi demandé aux conseillers militaires américains de se retirer de la zone de Manbij.
A bien des égards, la stratégie syrienne de Washington reste donc illisible, avec toutes les conséquences qui en découlent. L’objectif ultime de Vladimir Poutine est de remplacer les Américains dans tout le Moyen-Orient, au besoin comme faiseur de paix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Analyse. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi lors du scrutin présidentiel fin mars – pour lequel ses adversaires ont jeté l’éponge les uns après les autres – ne fait aucun doute. Pourtant, la colère gronde au sein de la population d’un pays qu’il dirige de main de fer.
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De quoi le président égyptien a-t-il peur  ?

Analyse. La réélection d’Abdel Fattah Al-Sissi lors du scrutin présidentiel fin mars – pour lequel ses adversaires ont jeté l’éponge les uns après les autres – ne fait aucun doute. Pourtant, la colère gronde au sein de la population d’un pays qu’il dirige de main de fer.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h32
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Analyse. Les candidats à l’élection présidentielle égyptienne du 26 mars jettent l’éponge les uns après les autres. Après les pressions exercées sur l’ancien premier ministre Ahmed Chafiq et l’arrestation du colonel Ahmed Konsowa, en décembre 2017, le mois de janvier a vu tour à tour le désistement de Mohamed Anouar Al-Sadate, le neveu de l’ancien président égyptien, l’arrestation du général à la retraite Sami Anan et l’abandon de l’avocat de gauche Khaled Ali. Le président sortant, Abdel Fattah Al-Sissi, est plus que jamais assuré de sa réélection au terme de ce que nombreux n’hésitent plus à dénoncer comme une « farce électorale ».
Le régime douterait-il des chances du président Sissi de l’emporter face à l’un ou à l’autre de ces candidats ? Porté au pouvoir par l’armée lors du renversement du président islamiste Mohamed Morsi, en juillet 2013, le maréchal Sissi avait été élu président, en mai 2014, avec 97 % des suffrages, mais une participation de 47,5 %, obtenue à grand-peine.

Sa popularité n’en était pas moins réelle chez des millions d’Egyptiens après les trois années d’instabilité et d’insécurité qui ont suivi la révolution de janvier 2011. Par la répression féroce contre les opposants islamistes et prorévolutionnaires, et la mise au pas des contre-pouvoirs et des institutions de l’Etat, le président Sissi a achevé de monopoliser le pouvoir. Quatre ans plus tard, le culte de la personnalité entretenu autour du président Sissi est quelque peu écorné. La colère gronde au sein de la population, aux abois après les coupes aux subventions étatiques et la flambée de l’inflation à plus de 30 %.
« Tout sauf Sissi »
Les appels à la patience du gouvernement, qui met en avant les satisfecit et les projections optimistes du Fonds monétaire international après la mise en place de ces réformes « courageuses et nécessaires », ne suffisent pas. Le président Sissi le paie cher en termes de popularité....




                        

                        


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Coup de force des séparatistes sudistes contre le gouvernement yéménite à Aden

Les combats mettent en lumière de profondes divergences au sein de la coalition arabe.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 14h18
    |

            Louis Imbert (Riyad, envoyé spécial)








                        



   


Le gouvernement yéménite était proche, lundi 29 janvier, d’être chassé d’Aden, le grand port du sud et la capitale temporaire du pays, tandis que Sanaa demeure aux mains de la rébellion houthiste. Des combats ont opposé en ville, dimanche, les forces gouvernementales à de puissantes milices locales exigeant le départ du premier ministre, Ahmed Ben Dagher, et de son gouvernement, qu’elles jugent incompétent et corrompu. Au moins 12 personnes ont été tuées dimanche et plus de 130 blessées, selon l’agence officielle Saba.

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Ces forces miliciennes, affiliées au mouvement séparatiste du Yémen du Sud, acheminaient lundi des renforts depuis la province d’Abyan, après avoir bombardé au mortier une base de la garde présidentielle dans la nuit. L’aéroport de la ville demeurait fermé lundi, ainsi que les écoles et les universités. Les combats s’étaient étendus, la veille, du quartier de Khor Maksar aux alentours du palais présidentiel.
Le président, Abd Rabbo Mansour Hadi, qui demeure en exil en Arabie saoudite, a appelé Riyad à faire cesser les violences et à engager une médiation. Entrée en guerre à la tête d’une coalition de pays arabes contre la rébellion houthiste en mars 2015, en défense du gouvernement de M. Hadi, l’Arabie saoudite « ne doit pas accepter la liquidation du gouvernement légitime », a lancé dimanche sur Twitter le premier ministre, M. Ben Dagher, qui mettait en garde contre une « confrontation militaire généralisée » à Aden.

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« Nouvelle Libye »
Ces combats mettent pourtant en lumière de profondes divergences au sein de la coalition arabe : dimanche, un proche de M. Ben Dagher avait ainsi accusé les Emirats arabes unis, les principaux alliés de Riyad dans sa guerre au Yémen, d’appuyer cette tentative de « coup d’Etat. » Les Emirats entretiennent de fait une relation difficile avec M. Hadi et s’appuient, dans le sud du pays, sur le mouvement séparatiste, qu’ils arment et financent.
Au bout de trois ans de guerre, le gouvernement n’a qu’une présence réduite à Aden, où seuls le premier ministre et le vice-ministre des finances demeurent de façon permanente, ne sortant qu’épisodiquement du palais présidentiel. Si la garde présidentielle, qui leur est acquise, a les moyens de mener une résistance acharnée, le rapport de force penche en sa défaveur face aux miliciens fidèles au Conseil de transition du Sud (CTS), un gouvernement parallèle embryonnaire mis en place par les séparatistes, et aux combattants de la Ceinture de sécurité, dont les Emirats ont fait la principale force d’Aden.
Les séparatistes affirment que les combats ont dégénéré après que la garde présidentielle a tenté d’empêcher des manifestants de se réunir, à l’expiration d’un ultimatum lancé, le 22 janvier, par le CTS au premier ministre afin qu’il quitte Aden. L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed Al-Jaber, avait jugé, le 23 janvier, cet ultimatum « inacceptable ».
En privé, les autorités saoudiennes reconnaissent l’impopularité du gouvernement yéménite et ses faiblesses en matière de corruption. Elles souhaitent ainsi resserrer leur contrôle sur la Banque centrale yéménite, à laquelle Riyad s’est résolu de mauvaise grâce à verser 2 milliards de dollars (1,61 milliard d’euros), le 17 janvier, afin de prévenir un écroulement de la monnaie. « C’est vrai : le gouvernement n’est pas parfait, déclarait vendredi au Monde un officiel saoudien à Riyad. Mais notre tâche est de le préserver parce que, s’il disparaît, c’est l’Etat légitime qui disparaîtra avec lui, et le Yémen deviendra une nouvelle Somalie, une nouvelle Libye. » 

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Dimanche soir, le chef de la diplomatie émiratie, Anwar Gargash, rappelait quant à lui dans un Tweet que son pays demeurait attaché au leadership saoudien sur la coalition et traiterait durement ses alliés sudistes s’ils cherchaient à obtenir l’indépendance. Il ne mentionnait pas, cependant, l’avenir des membres du gouvernement présents à Aden.



                            


                        

                        

