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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ L’ascension du mont Nanga Parbat et le sauvetage hors norme de la Française Elisabeth Revol rappellent le risque inhérent à la pratique de ce sport extrême.
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Alpinisme de haute montagne : « La mort, on n’y est jamais préparé, mais on sait que c’est là »

L’ascension du mont Nanga Parbat et le sauvetage hors norme de la Française Elisabeth Revol rappellent le risque inhérent à la pratique de ce sport extrême.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 17h33
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 17h58
    |

                            Eléa Pommiers








                        



Chercher l’exploit, risquer la mort. Une fragile ligne de crête qui peut provoquer de véritables drames en haute montagne, comme ce fut le cas la semaine dernière pour l’expédition des alpinistes Elisabeth Revol et Tomasz Mackiewicz, dit « Tomek ». La première, Française, a dû être secourue après avoir atteint le sommet du Nanga Parbat, dans l’Himalaya, dimanche 28 janvier, alors que le second, Polonais, a vraisemblablement perdu la vie sur les flancs de cette montagne de 8 126 mètres, la neuvième plus haute du monde.
Cette mince frontière entre la réussite et le drame, Stéphane Benoist la connaît bien. En 2013, il a atteint le sommet de l’Annapurna (8 091 m), l’une des montagnes les plus meurtrières de l’Himalaya. « On sait que c’est dangereux et qu’on peut mourir, mais ce n’est pas ça qui nous intéresse », assure-t-il, conscient de la « folie » que peuvent représenter ces ascensions aux yeux de ceux qui ne partagent pas la passion de la montagne. « Il y a une ambiguïté en chaque alpiniste », concède-t-il.

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          Himalaya : une opération de secours hors norme, mais sans espoir pour l’alpiniste polonais



« Choix en conscience »
Car ceux qui choisissent de gravir les sommets en haute altitude y voient surtout l’« engagement » dans un « projet », le plaisir d’avoir « les sommets du monde à leurs pieds » et d’investir « l’espace de liberté par excellence » que représente pour eux la montagne.
Stéphane Benoist ne cache d’ailleurs pas son admiration pour Elisabeth Revol et « Tomek », qui ont eu « le désir de se confronter à l’impossible » en s’attaquant à l’un des sommets les plus hauts du monde en plein hiver.
Pour lui, au-delà du drame que représente la mort de l’alpiniste polonais, leur expédition jusqu’au sommet du Nanga Parbat est surtout un exploit qui doit être reconnu.
« Ils savaient très bien à quoi ils jouaient, ils n’étaient pas là par hasard, ni l’un ni l’autre », estime l’alpiniste français, rappelant que tous deux en étaient à leur troisième ascension du Nanga Parbat, et qu’Elisabeth Revol est déjà montée en solo plus de quatre fois à 8 000 mètres :
« Quand on gravit des 8 000 mètres, on connaît le coût social, familial, économique aussi. On sait tous ce qu’on risque et on fait le choix en conscience. »

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Entre 1950 et 2009, 23 111 personnes ont tenté de gravir un sommet himalayen de plus de 6 000 mètres, 6 473 ont réussi, mais 543 sont mortes. Les risques sont d’autant plus grands que, comme le souligne Blaise Agresti, gendarme spécialisé dans le secours en montagne, au-delà de 6 000 mètres, « les chances de secours sont extrêmement ténues ». Encore plus dans des pays pauvres comme le Pakistan ou le Népal.
« A un moment, on est en mode survie, soit on abandonne l’autre, soit on meurt »
Les alpinistes s’engagent avant tout dans une « quête personnelle ». Son ascension de l’Annapurna, Stéphane Benoist l’avait préparée seul, car « aucune école n’existe pour nous préparer à la haute montagne ». Ce sont les rencontres avec d’autres alpinistes et les expériences de ses héros, de Gaston Rébuffat à Patrick Berhault, qui lui ont forgé une « culture de la montagne » et permis d’anticiper les difficultés de l’expédition.
Météo difficile, gelures, œdèmes pulmonaires et cérébraux provoqués par les hautes altitudes, avalanches... Les risques sont nombreux, et leur connaissance n’empêche pas un alpiniste d’être démuni en cas de situation extrême.
Le choix d’abandonner un compagnon de cordée ? C’est « un non-choix », assure Blaise Agresti, dans un écho involontaire à Stéphane Benoist. L’acte n’est ni anticipé ni préparé. « A un moment, on est en mode survie, soit on abandonne l’autre, soit on meurt », explique le gendarme.
« Quand on est face à une crevasse, qu’on risque de mourir, on est hors du cadre »
Ce choix, les cordées de secours y sont également confrontées. Comme les grimpeurs envoyés dans l’Himalaya dimanche pour aider Tomasz Mackiewicz, Blaise Agresti a déjà dû renoncer à des opérations de sauvetage car le risque était trop grand pour les équipes.
Mais il estime que les situations de haute altitude sont de toute façon trop complexes pour pouvoir anticiper des réactions :
« Nous formons les gens à une grande autonomie de décision. Il faut qu’ils aient une bonne analyse des risques pour ne pas trop s’exposer, mais sur le terrain, chacun doit composer avec ses émotions, son envie de s’engager ou non. »
Des plans d’action bien établis n’aideraient pas forcément l’alpiniste à prendre une décision.
« Quand on est face à une crevasse, qu’on risque de mourir, on est hors du cadre. Même s’il ne devrait pas l’être, le choix est évidemment personnel, et parfois on abandonne. »
« Jamais préparé à la mort »
Les huit jours qui avaient été nécessaires à Stéphane Benoist pour atteindre le sommet de l’Annapurna avec son compagnon de cordée, Yannick Grazianni, avaient laissé quelques traces, des amputations après des engelures, notamment. Mais « heureusement, pas de drame », soupire-t-il.
« J’ai eu une pneumonie en altitude. J’ai senti que j’étais diminué mais je ne me suis pas dit que j’allais mourir, j’ai fait ce qu’il fallait pour rentrer chez moi, se remémore le grimpeur. C’est une aventure humaine, et c’est dans les situations extrêmes que les profils se dégagent. Souvent, on se découvre et on découvre les autres, on va plus ou moins loin que ce qu’on avait imaginé. »
S’il n’a jamais perdu de compagnon de cordée, il a « assisté à plusieurs obsèques », comme il le souligne pudiquement. « Ce n’est pas quelque chose d’anodin, la mort. On n’y est jamais préparé, mais on sait que c’est là », explique-t-il.
En parle-t-il avec son compagnon de cordée durant les ascensions ? Non. Pas plus qu’il n’établirait son testament avec sa famille. « On le met dans un coin de notre tête. On n’aborde pas la mort de manière aussi frontale. » Du moins, pas verbalement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Méfiants envers la Russie, les Etats-Unis cherchent à pérenniser une présence en Syrie, mais ont du mal à gérer leur allié turc.
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Syrie : les Occidentaux à la recherche d’une stratégie commune

Méfiants envers la Russie, les Etats-Unis cherchent à pérenniser une présence en Syrie, mais ont du mal à gérer leur allié turc.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 17h36
    |

            Marc Semo et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Aller ou non aux pourparlers de Sotchi ? Washington, Londres et Paris ont longuement hésité et finalement décidé de ne pas s’y rendre. Il s’agit de marquer le coup après l’échec de la réunion entre le régime syrien et l’opposition à Vienne sous l’égide de l’ONU.
« Le régime n’était pas dans la négociation, il était dans la figuration », a déclaré à Tokyo le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian. Acteur incontournable de toute solution de paix en Syrie, Moscou assure, certes, que « Sotchi est une contribution au processus de l’ONU », non pas un substitut. Mais les Occidentaux ne sont pas convaincus. Et ils insistent sur la centralité des négociations de Genève – dont le grand ordonnateur, l’envoyé spécial onusien Staffan de Mistura, sera présent au bord de la mer Noire – mais se méfient des ambiguïtés de la démarche russe.

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Les Occidentaux entendent agir de concert pour faire « effet de pack », selon la métaphore de rugby d’un diplomate français, et « peser face à Moscou ». Ils partagent le sentiment qu’une issue militaire au conflit est impossible, et la même urgence pour tenter de relancer le processus négocié, alors que Jean-Yves Le Drian a dit devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale que « la situation humanitaire ne cesse de se dégrader en Syrie ».
C’est le cas dans la zone d’Afrin, où les Kurdes doivent faire face à l’offensive de l’armée turque, mais aussi dans celles d’Idlib et de la Ghouta, près de Damas. Dans ces deux dernières régions, le régime de Damas est à l’attaque, alors même qu’il s’agit de « zones de désescalade » mises en place par le processus d’Astana sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie.

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« La mutation du conflit syrien est très inquiétante. La lutte contre Daech, qui était la priorité de la coalition, avait mis au second plan les autres guerres syriennes, et les rivalités régionales apparaissent dans toute leur évidence avec l’offensive lancée par Ankara contre les Kurdes », relève un haut diplomate français, soulignant qu’il y a « très peu d’écart » entre la vision de la France et celle exposée, le 17 janvier, par le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson.
Lors de cette conférence à la Hoover Institution de l’université Stanford, M. Tillerson avait annoncé que les Etats-Unis maintiendraient aussi longtemps que nécessaire leur présence militaire dans la partie orientale du pays. C’est un revirement complet par rapport à la rhétorique de campagne souvent isolationniste du président Trump, resté muet sur cette question ces dernières semaines.
Transition
Cette volte-face est justifiée, à Washington, par une série d’objectifs. Il s’agit d’abord de s’assurer de la défaite des djihadistes, dont la présence résiduelle est mise en avant en dépit des succès enregistrés au cours des mois passés. Ensuite, de peser sur une éventuelle transition politique à Damas, de permettre le retour des réfugiés et déplacés, et d’empêcher le régime syrien de détenir et d’utiliser des armes de destruction massive. Et, enfin, de réduire l’influence de l’Iran.
Ces buts peuvent cependant difficilement être atteints par le seul maintien d’une force estimée à environ 2 000 soldats des forces spéciales, face à l’intensité de l’engagement iranien ou russe. Les démocrates du Congrès américain estiment par ailleurs que cette force ne dispose pas du cadre juridique pour opérer à long terme dans un pays où elle n’est pas la bienvenue, à la différence du contingent présent en Irak.
Autre obstacle : les intérêts de Washington divergent de ceux de son principal allié dans la région, la Turquie. Ankara n’a pas caché sa colère après l’annonce – rapidement démentie –, le 14 janvier, de la création d’une force frontalière kurde de 30 000 hommes. Recep Tayyip Erdogan a aussi demandé aux conseillers militaires américains de se retirer de la zone de Manbij.
A bien des égards, la stratégie syrienne de Washington reste donc illisible, avec toutes les conséquences qui en découlent. L’objectif ultime de Vladimir Poutine est de remplacer les Américains dans tout le Moyen-Orient, au besoin comme faiseur de paix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionne lundi le président de la radio publique, sur la sellette en raison de sa condamnation judiciaire pour favoritisme.
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Mathieu Gallet peut-il être renvoyé de Radio France ?

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionne lundi le président de la radio publique, sur la sellette en raison de sa condamnation judiciaire pour favoritisme.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h28
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Mathieu Gallet sera-t-il le premier président de l’audiovisuel public destitué avant la fin de son mandat ? Le président de Radio France est sur la sellette depuis sa condamnation en première instance à un an de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende. La justice, qui s’est prononcée le 15 janvier, lui reproche d’avoir favorisé deux sociétés de conseil en leur commandant des prestations sans respecter les règles des marchés publics lorsqu’il dirigeait l’Institut national de l’audiovisuel (INA).
Si M. Gallet a fait appel de la décision et a exclu de démissionner de la présidence de Radio France, son sort est désormais entre les mains du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui doit se prononcer sur son cas mercredi 31 janvier.
Mathieu Gallet peut-il être destitué ?
Le CSA l’a nommé à la tête de Radio France au début de 2014 pour un mandat de cinq ans, qui court donc théoriquement jusqu’en mai 2019. Mais la loi confère à l’instance le pouvoir de le révoquer : il suffit que la majorité de ses membres fasse ce choix et motive sa décision sur la base des critères de « compétence » et d’« expérience ».
Le Conseil a engagé une discussion dans ce sens le 17 janvier. Elle a prévu d’auditionner M. Gallet lundi 29 janvier et de rendre sa sentence le 31.
Reste à savoir si elle tiendra seulement compte de sa situation judiciaire (liée à son entreprise précédente, l’INA), ou également de son bilan à la tête de Radio France.
Le gouvernement a-t-il son mot à dire ?
Théoriquement, non. Le lien entre l’exécutif et les présidents de l’audiovisuel est officiellement coupé depuis la réforme Hollande de 2013 qui transféré le pouvoir de nomination du président de la République au CSA, pour renforcer l’indépendance des médias publics.
Publiquement, le gouvernement a toutefois invité le 16 janvier Mathieu Gallet et le CSA à « tirer les conséquences » de sa condamnation, par la voix de la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Hasard ou non : le lendemain, l’institution ouvrait sa procédure.
Qui pour le remplacer en cas de destitution ?
Une telle décision serait une première dans l’histoire de l’audiovisuel français. Mathieu Gallet serait alors temporairement remplacé par l’une des « doyennes d’âge » du conseil d’administration, Frédérique Pfrunder (les autres prétendants ayant dépassé la limite de 65 ans).

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Mathieu Gallet, le retranché de Radio France



Il faudrait alors organiser une nouvelle procédure pour choisir le nouveau président de Radio France. Le gouvernement n’ayant pas encore eu le temps de faire voter sa réforme, cette procédure se passerait très probablement selon les modalités actuelles, définies au début du mandat de François Hollande : il échoirait au CSA de choisir le ou la nouvelle présidente de la radio publique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Un arrêté datant de mai 2017 a été annulé du fait d’une « procédure irrégulière », après un recours des parcs français.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le Conseil d’Etat annule l’interdiction de la reproduction des dauphins en captivité

Un arrêté datant de mai 2017 a été annulé du fait d’une « procédure irrégulière », après un recours des parcs français.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h20
    |

            Audrey Garric








                        



   


Les exploitants de parcs aquatiques viennent de remporter une bataille juridique. Le Conseil d’Etat a annulé, lundi 29 janvier, pour « vice de procédure », l’arrêté interministériel sur les delphinariums, qui leur imposait des normes plus strictes afin de « garantir le bien-être » des cétacés. Il prévoyait notamment l’interdiction de la reproduction des dauphins et des orques en captivité. Les trois établissements hexagonaux, le Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), le Parc Astérix (Oise) et Planète sauvage (Loire-Atlantique), avaient déposé un recours contre le texte, qui signait à terme la fin de leur activité.
La plus haute juridiction administrative a également condamné l’Etat à verser 3 500 euros à Marineland et 1 750 euros aux deux autres parcs. Elle a donc suivi les conclusions rendues à la mi-janvier par son rapporteur public, qui s’était prononcé sur la forme du texte et non sur le fond.
Une « procédure irrégulière »
Dans sa décision, le Conseil d’Etat a conclu que l’arrêté pris le 3 mai 2017 par la ministre de l’environnement d’alors, Ségolène Royal, l’a été « au terme d’une procédure irrégulière ». Il avait été soumis, comme l’impose la loi, à l’avis de deux organismes – le Conseil national de protection de la nature et le Conseil supérieur de prévention des risques technologiques –, ainsi qu’à une consultation publique. Mais les juges ont estimé que ce texte avait subi par la suite des modifications « dénaturant le projet » qui auraient dû conduire à une nouvelle consultation du public et à une nouvelle question posée aux instances interrogées.
L’arrêté, qui abrogeait une législation datant de 1981, avait fait l’objet de vingt mois de discussions entre le gouvernement, les delphinariums et les ONG lorsqu’il avait été soumis à consultation en février 2017. Il prévoyait la fin de la reproduction des orques – au nombre de quatre dans le Marineland d’Antibes –, mais pas celle de la trentaine de grands dauphins, l’attraction phare des établissements aquatiques. Seul était mentionné « un contrôle étroit de leur reproduction ».
Or, au tout dernier moment, Ségolène Royal avait glissé dans le texte un changement majeur : l’interdiction de la captivité de dauphins et d’orques « à l’exception de ceux actuellement détenus sur le territoire ». Derrière cette formulation alambiquée se dessinaient l’interdiction de la reproduction de ces cétacés, de même que la possibilité d’échanger avec d’autres bassins au niveau européen, conduisant « à terme, selon le Conseil d’Etat, à l’extinction de leur présence au sein de ces établissements ». « Cette modification porte sur une disposition essentielle eu égard à l’importance des grands dauphins dans la fréquentation de ces établissements et, par suite, dans leur contribution à leur équilibre économique », écrivent les juges, qui estiment que « la pérennité de ces établissements est menacée ».
« Activité archaïque »
« Les parcs ne sortiront pas grandis de s’être accrochés à une activité archaïque. Pour le public, il était acquis que la reproduction des cétacés avait pris fin. Les delphinariums veulent juste continuer à faire de l’argent au détriment du bien-être des animaux », se désole Christine Grandjean, la présidente de C’est assez !, une ONG spécialisée dans la lutte pour la fin de la captivité des cétacés. Les associations, à l’origine d’une nouvelle pétition, ont demandé à être reçues par le ministère de la transition écologique, pour qu’« il prenne le même arrêté, en le faisant valider correctement ». Le ministère, qui « prend acte de la décision », indique « réfléchir aux démarches à entreprendre ».
« Nous ne pouvons qu’être satisfaits de l’annulation de ce texte, qui nous est toujours apparu totalement illégal et absurde, se réjouit de son côté Me Emmanuel Piwnica, avocat du Marineland. L’avantage, c’est que l’arrêté est annulé dans sa totalité, y compris les dispositions qui demandaient des travaux sur de longues années alors qu’à la fin, les parcs n’auraient plus rien valu d’un point de vue économique. »
Agrandissement des bassins
Dans ses trente-trois articles, l’arrêté prévoyait de nombreuses autres mesures afin de moderniser des établissements de plus en plus soumis aux critiques. Les parcs devaient, dans un délai de trois ans, augmenter la taille des bassins et ajouter des « enrichissements » (courants, vagues, cascades, etc.) pour éviter « l’ennui et la frustration des animaux », des travaux qui n’avaient pas débuté. La nouvelle réglementation interdisait également les présentations nocturnes, les effets sonores et lumineux et les contacts directs entre le public et les cétacés – que les parcs vont pouvoir réintégrer à leurs spectacles. Enfin, elle bannissait l’usage du chlore pour traiter l’eau. Mais cette disposition avait été suspendue en août 2017 par le Conseil d’Etat, qui avait jugé sa date d’entrée en vigueur trop courte.

        Lire le reportage :
         

          La fronde des delphinariums, menacés de disparition



« On va maintenant voir comment réécrire l’arrêté de 1981 avec les associations et les pouvoirs publics sur des bases scientifiques et non des croyances », assure Pascal Picot, le directeur général de Marineland. Le sort des dauphins est donc entre les mains du gouvernement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Selon la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, on ne trouvera pas de remède aux maux de la prison sans une politique de désinflation carcérale.
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Adeline Hazan : « Le retour de la sécurité en prison viendra de la réduction du nombre des détenus »

Selon la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, on ne trouvera pas de remède aux maux de la prison sans une politique de désinflation carcérale.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h07
    |

Adeline Hazan (Contrôleure générale des lieux de privation de liberté)







                        



                                


                            

Tribune. Si la crise pénitentiaire vient de loin et si ses causes sont multiples et bien connues, le conflit des surveillants s’est durci dans des conditions inattendues, provoquant dans toute la France des troubles durables qui mettent en lumière une situation depuis longtemps dénoncée par tous ceux qui connaissent la prison.
L’insécurité vécue par les surveillants pénitentiaires est réelle. La saturation des capacités pénitentiaires, que l’on résume trop souvent par l’expression de « surpopulation carcérale », place les surveillants dans l’obligation d’effectuer un nombre de tâches que leur temps de travail ne peut absorber, car c’est le nombre des places « théoriques » qui détermine l’effectif des surveillants, pas celui des détenus présents. Dès lors, le personnel pénitentiaire est soumis à un rythme effréné qui lui est à juste titre insupportable.

Pour les détenus, les difficultés ne se résument pas à la promiscuité induite par la surpopulation et donc, finalement, à une question de « confort ». ­Elles touchent au contraire les aspects de la prise en charge : l’accès aux douches est réduit, les promenades et parloirs sont raccourcis, le courrier tarde, le travail est inaccessible, les soins deviennent parcimonieux. L’ensemble des ­actions de préparation à la sortie, c’est-à-dire ce qui, en réalité, prévient efficacement la récidive, est entravé. Enfin, la surveillance est insuffisante, donc les trafics et la violence se développent.
Des mesures à court terme
L’état des prisons, mis en lumière par la crise qui s’achève, met en danger les surveillants comme les détenus, mais aussi la société. Depuis vingt ans l’inflation carcérale semble être une fatalité. Pourtant elle ne résulte ni de l’accroissement de la population ni de celui de la criminalité, et les pouvoirs publics analysent ses causes mais n’en tirent pas les ­conséquences. Partout, le personnel et les moyens manquent. Souvent, la ­politique carcérale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La décrue s’annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore, et pour les autorités des questions sur l’urbanisme francilien.
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Crues : la Seine a lentement atteint son pic à Paris

La décrue s’annonce lente avec pour les riverains des conséquences pendant plusieurs jours encore, et pour les autorités des questions sur l’urbanisme francilien.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h04
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h55
   





                        



   


La Seine a atteint à Paris son pic de crue lundi 29 janvier, culminant à 5,84 m, soit moins qu’en juin 2016 (6,10 m), selon l’organisme de surveillance Vigicrues. Ce niveau le plus élevé, mesuré à la station de référence du pont d’Austerlitz à Paris, est resté inchangé de dimanche 23 h 21 à lundi 3 h 51.

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« C’est une crue très lente, donc on ne peut pas parler de pic. On préfère dire que le plateau a atteint son maximum. Il va perdurer toute la journée de lundi avant d’amorcer une descente mardi », a détaillé à l’Agence France-Presse une porte-parole de l’organisme de surveillance Vigicrues, Rachel Puechberty.
Le pire est donc évité cette fois-ci, à savoir le scénario catastrophe d’une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m. Mais les interrogations demeurent sur les dégâts potentiels pour la région parisienne.
« Il faudra un retour d’expérience », a déclaré lors d’une conférence de presse le préfet de Paris Michel Delpuech, qui veut voir « quand et comment les autorisations d’urbanisme ont été données ». « On sait que ces phénomènes vont se reproduire » et « il faut vraiment que, dans une logique de prévention, on évite ce type d’aménagement du territoire », a-t-il souligné.
Une attention particulière portée sur le secteur d’Elbeuf
Dimanche, les péniches restaient immobiles le long des quais parisiens, pour beaucoup submergés, les lampadaires baignant dans une eau marronnasse près de laquelle s’aventuraient quelques pêcheurs. Côté transports, sept gares parisiennes du RER C, en bordure de Seine, resteront fermées au moins jusqu’au 5 février.

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En amont de Paris, le niveau de la Marne était encore en légère hausse dimanche après-midi, a souligné Vigicrues. L’onde de crue issue de l’Yonne poursuit sa progression sur la Seine et a dépassé la confluence avec le Loing, près de Fontainebleau.
En aval de Paris, sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra jusqu’en début de semaine, prévoit Vigicrues, à des niveaux supérieurs à ceux de 2016 en raison de l’apport supplémentaire de l’Oise. Une attention particulière sera portée sur le secteur d’Elbeuf, près de Rouen, avec les marées hautes prévues lundi.
Sur l’île de Migneaux à Poissy (Yvelines), « tout le monde circule en barque », témoignait Serge Matikhine, le président du syndicat des propriétaires de l’île. « L’humeur est encore bonne, on a une certaine habitude : en vingt ans, on en est à notre huitième ou neuvième crue ». De l’autre côté de la Seine, à Carrières-sous-Poissy, 1 400 véhicules stationnés dans des parkings souterrains ont été déplacés dans des rues adjacentes, selon le maire de cette commune.
Des conséquences sur plusieurs jours

   


« Il n’y aura pas tout de suite de franche décrue, les niveaux vont rester élevés quelques jours », a précisé à l’AFP Mme Puechberty, de Vigicrues. Avec l’arrivée prochaine d’une onde de crue venant de la Marne, et des averses attendues en milieu de semaine, « il faudra attendre plus d’une semaine pour attendre des niveaux classiques pour la saison », a-t-elle ajouté.
Au total, 1 500 personnes ont dû quitter leur logement en Ile-de-France, a signalé dimanche la préfecture de police. 1 500 foyers restaient aussi privés d’électricité, « essentiellement dans l’est » de la région parisienne, selon Enedis, le gestionnaire du réseau.
Les crues qui touchent diverses régions françaises résultent de fortes précipitations sur des sols gorgés d’eau. Les mois de décembre et janvier sont les plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France.
Météo-France laissait encore dimanche soir 10 départements « en vigilance orange en raison des crues sur les bassins de la Seine, de la Saône et de leurs affluents ». Sur la Saône, l’onde de crue se propageait dimanche entre Chalon-sur-Saône et Tournus, avec un niveau maximum qui a été atteint dans la journée de dimanche.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ « Le Monde » a pu assister à des réunions d’information dans des lycées, où les parents, venus nombreux, s’interrogent sur le nouveau système d’orientation post-bac.
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Parcoursup : nouvelle procédure d’admission post-bac, nouvelles craintes

« Le Monde » a pu assister à des réunions d’information dans des lycées, où les parents, venus nombreux, s’interrogent sur le nouveau système d’orientation post-bac.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h11
    |

            Eric Nunès et 
Séverin Graveleau








                        



                                


                            
Si « parcoursup mode d’emploi » était une pièce de théâtre, elle se jouerait à guichets fermés. Depuis le lundi 15 janvier, date de l’ouverture de la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur qui succède à APB (Admission post bac), les lycées multiplient les réunions d’information à l’intention des parents d’élèves. L’objectif ? Guider les élèves de terminale dans les méandres du nouveau système. Le Monde a assisté à trois de ces réunions, à Paris, Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne) et Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Symptôme de l’intérêt mais surtout des interrogations que la réforme suscite, toutes ont fait salle comble.

« Parcoursup est un outil d’aide à l’orientation et un moyen de s’informer sur les filières possibles », rassure, lundi 22 janvier, une conseillère d’orientation du lycée Alexandre-Dumas de Saint-Cloud en déroulant sur grand écran le fonctionnement du système dans le réfectoire où les 16 rangées de 12 chaises sont toutes occupées. Les parents acquiescent, sages et polis. Une main se lève, puis deux, puis trois… Pour ne pas se perdre dans Parcoursup, elle détaille trois règles à suivre : 1, établir un projet d’orientation cohérent ; 2, suivre à la lettre les indications données par le site ; 3, respecter impérativement les échéances fixées. Ce serait donc simple.
Interrogations sur la « fiche-avenir »
Pourtant, la grande nouveauté de Parcoursup, la « fiche avenir », suscite encore des interrogations. Il s’agit de la pièce maîtresse du dossier de candidature de chaque lycéen où sont détaillés son projet d’orientation, ses notes, les appréciations de ses enseignants et l’avis du chef d’établissement. Désormais prise en compte dans l’examen des dossiers par les formations sélectives du supérieur (écoles, BTS, IUT…) comme par les universités, c’est un sésame ou un boulet, selon les candidats. « Avons-nous accès aux appréciations avant d’envoyer nos vœux le 13 mars ? », demande, pragmatique, une maman qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ La vidéo filmée à Aulnay-sous-Bois montre notamment que le pantalon du jeune homme n’a pas été baissé par les policiers mais que ceux-ci ont bien blessé Théo L.
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Affaire Théo L. : des images de vidéosurveillance montrent l’interpellation du jeune homme

La vidéo filmée à Aulnay-sous-Bois montre notamment que le pantalon du jeune homme n’a pas été baissé par les policiers mais que ceux-ci ont bien blessé Théo L.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 18h39
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h40
   





                        



   


Un an après les faits et l’affaire qui s’en est suivie, Europe 1 publie, lundi 29 janvier, l’enregistrement vidéo de l’interpellation de Théo L. (22 ans), le 2 février 2017, par quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST) à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), lors de laquelle le jeune homme a été gravement blessé par l’introduction de la matraque d’un policier dans son anus.
A la suite de cette interpellation, un médecin avait constaté une déchirure anale de dix centimètres et une perforation du colon, lui prescrivant soixante jours d’incapacité totale de travail (ITT). L’affaire avait très rapidement été médiatisée et pris une ampleur nationale, quelques mois après la mort d’Adama Traoré lors d’une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise.
Un enregistrement vidéo éclaircissant
La vidéo montre d’abord Théo monter les marches et rejoindre quatre amis. Un premier policier arrive quelques instants plus tard face au groupe et leur demande un contrôle d’identité en les orientant vers un mur à l’abri de la caméra, alors que ses trois autres collègues peuvent être vus arrivant derrière le groupe en voiture.



Quelques instants plus tard, le contrôle d’identité dégénère et les quatre amis de Théo L. échappent aux policiers. Théo L., lui, apparaît aux prises avec trois policiers pendant que le quatrième tient à distance les quatre autres en les menaçant avec sa bombe de gaz lacrymogène.
Le jeune homme de 22 ans finit par tomber mais se débat et reçoit plusieurs coups de matraque dans le dos et sur la tête. Deux policiers finissent par lui plaquer les mains sur un muret et tentent de le menotter, ce que Théo L. refuse. C’est à ce moment précis que le policier à sa gauche utilise son bâton télescopique et lui porte un coup à l’anus, perforant son caleçon. Théo s’écroule immédiatement et est ensuite menotté par les forces de l’ordre.
Il apparaît que le pantalon de Théo L. n’a pas été baissé par les policiers, contrairement à ce qu’il avait d’abord affirmé, mais est tombé au cours de l’altercation. Une version que lui-même a finalement accréditée lors d’une audition le 3 mars 2017 par la juge. « Si tu ne serres pas ton pantalon avec le cordon, logiquement, il descend tout seul. Et puis je prends mes pantalons en XL, ce n’est pas ma vraie taille. (…) Quand l’un des policiers m’a attrapé, mon pantalon a glissé. Ils tiraient vers le bas quand même, mais je ne pense pas que c’était volontaire. Ils essayaient de me maîtriser. Et comme mon pantalon n’était pas bien attaché, il tombait », a-t-il ajouté. « Comme je vous l’ai dit, la première audition, je n’étais pas en état », s’est défendu le jeune homme, précisant que la commissaire avait insisté pour qu’il témoigne et qu’il n’avait pas relu le procès-verbal.
Pour le reste, le témoignage de Théo L. correspond aux enregistrements vidéos de l’interpellation. Après qu’il a été menotté, on peut voir l’altercation se poursuivre hors du champ des caméras municipales, le long du mur où les cinq jeunes ont été confrontés au contrôle d’identité, selon un document amateur publié par Le Parisien, avant que les quatre agents ne l’emmènent dans leur voiture.

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Le doute persiste sur l’existence de la volonté de pénétration
Confronté à la vidéo dans le bureau de la juge d’instruction, le policier auteur du coup de matraque ayant blessé Théo L. a reconnu son geste mais nie toute intention de pénétration, ajoutant avoir voulu frapper les jambes, alors même qu’un de ses collègues se trouvait toujours à terre, entre les jambes du jeune homme à ce moment-là.
Deux formateurs de police dont l’expertise a été requise pour l’enquête estiment que le geste peut s’expliquer par « la volonté du policier d’exercer un point de pression au niveau des parties charnues des fesses », geste préconisé « pour créer une déstabilisation physique et maîtriser le récalcitrant ». L’un d’eux estime que le policier « n’avait ni la capacité, ni l’intention de percuter une zone aussi précise que l’anus ».

   


Dans le rapport de l’inspection générale de la police nationale, les enquêteurs considèrent pour leur part que « l’élément intentionnel pouvant caractériser le viol [n’est] pas établi ». « C’est un coup destiné à faire mal, pour l’obliger à lâcher prise. (…) Il a provoqué une blessure épouvantable, mais pour nous, il n’y a ni volonté de viol ni volonté d’humiliation », a confié un enquêteur de l’IGPN à Europe 1.

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Des conclusions que la juge d’instruction n’a pas retenues. Les quatre policiers ont été mis en examen : trois pour violences volontaires en réunion et un pour viol aggravé. L’administration a depuis décidé de réintégrer trois d’entre eux. L’un dans une autre commune de Seine-Saint-Denis, un second en province, tandis que le troisième a depuis quitté les forces de l’ordre pour changer de profession.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Quatre attaques en dix jours ont endeuillé la capitale afghane. La guerre n’aura pas d’issue sans l’arrêt de l’occupation militaire étrangère.
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En Afghanistan, l’insupportable quotidien des attentats

Editorial. Quatre attaques en dix jours ont endeuillé la capitale afghane. La guerre n’aura pas d’issue sans l’arrêt de l’occupation militaire étrangère.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Semaine sanglante en Afghanistan. Quelques jours après l’attaque visant des étrangers contre l’Hôtel Intercontinental de Kaboul, une ambulance piégée a explosé, samedi 27 janvier, près du ministère de l’intérieur et du quartier général de la police afghane, faisant plus de 100 morts. Une autre attaque avait visé dans la semaine l’ONG britannique Save the Children dans l’est du pays, à Jalalabad. Et, lundi matin 29 janvier, une attaque était menée contre l’académie militaire Maréchal-Fahim à Kaboul.
L’attentat à l’ambulance piégée est le plus meurtrier en Afghanistan depuis celui au camion explosif perpétré dans la zone diplomatique de la capitale afghane le 31 mai 2017 (au moins 150 morts). Si l’une des deux ambulances impliquées dans l’attaque avait franchi un checkpoint supplémentaire, elle aurait pu atteindre deux autres cibles symboliquement importantes : le bureau de la délégation de l’Union européenne et l’ambassade d’Inde. Cela dit, quelles que soient les cibles, la plupart des victimes sont des civils.

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Les deux attaques les plus meurtrières de la semaine, contre l’Hôtel Intercontinental et le ministère de l’intérieur, ont été revendiquées par les rebelles talibans afghans. Le gouvernement de Kaboul accuse le groupe de Sirajuddin Haqqani, actuel chef adjoint des talibans, d’être le maître d’œuvre de nombreux attentats commis ces dernières années dans la capitale.
Les années passent et se ressemblent
Le « réseau Haqqani » est connu pour sa proximité tant avec Al-Qaida qu’avec les services de renseignement militaire pakistanais. Les deux autres attentats, contre Save the Children et l’académie militaire, ont pour leur part été revendiqués par l’organisation Etat islamique (EI). La branche afghane de l’EI a été créée par des talibans ayant fait allégeance ces dernières années au « calife » Abou Bakr Al-Baghdadi.
Les années passent et se ressemblent en Afghanistan. Les rebelles talibans, qui contrôlent plus de la moitié du pays, mènent contre les villes une stratégie du chaos. A chaque attentat, la colère de la population se dirige contre le gouvernement. Ces attaques ne changent rien à l’équilibre militaire, mais elles rappellent l’extrême fragilité des institutions afghanes.

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Ces attentats sont à chaque fois, pour les Etats-Unis, engagés depuis 2001 en Afghanistan dans la plus longue guerre de leur histoire, l’illustration d’un échec majeur. Depuis qu’il a officialisé sa stratégie afghane, le 21 août 2017, le président Donald Trump a à son tour, après George Bush et Barack Obama, renforcé le contingent américain – de 8 400 à 14 000 hommes, 1 000 autres étant attendus prochainement.
Les deux autres stratégies seraient un retrait militaire américain ou l’ouverture d’une négociation diplomatique entre Kaboul, les Etats-Unis, les talibans et les puissances régionales. La première option est jugée trop risquée et la seconde prématurée. Dans les deux cas, les talibans sont considérés comme étant trop en position de force pour qu’une alternative offre une perspective conforme aux intérêts américains.
Outre un renforcement des institutions et de l’armée afghane, la guerre n’aura pourtant pas d’issue sans que soit mis un terme à l’occupation militaire étrangère et sans négociations de paix. Les talibans et leurs alliés djihadistes d’Al-Qaida – ou rivaux de l’EI – ont donc encore de beaux jours devant eux. Et les Afghans n’en ont pas fini avec la souffrance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.
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« We too » : un appel aux hommes à s’engager contre les violences faites aux femmes

Dans une lettre, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann appellent les hommes à se joindre au mouvement #metoo de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 17h40
   





                        


« Nous aussi, nous voulons l’égalité. » Plus de trois mois après le début de #metoo, grand mouvement de libération de la parole des femmes contre les violences sexuelles, le réalisateur Michel Hazavanicius et le journaliste Raphaël Glucksmann ont appelé les hommes à exprimer leur soutien aux femmes.
Dans une lettre ouverte publiée dans Le Nouveau Magazine littéraire (dont Raphaël Glucksmann est le directeur de la rédaction), ils prennent la parole « à [leur] tour », et se positionnent contre « des structures de dominations ».

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Faisant référence notamment à la « liberté d’importuner » clamée par les signatrices de la tribune parue dans les colonnes du Monde au début du mois de janvier, Raphaël Glucksmann et Michel Hazanavicius déclarent ne pas vouloir « de ces “libertés” si elles s’inscrivent dans des situations et des structures de domination ». Ajoutant : « On nous a appris enfants que notre liberté s’arrêtait là où commençait celle des autres et nous pensons que la liberté des femmes à ne pas être importunées est ici la question centrale. »
« Un combat commun »
« Nous ne voyons pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle, la possibilité de séduire et d’aimer entre égales et égaux », estiment encore les deux signataires, qui disent s’inscrire dans « un combat commun [des femmes et des hommes] contre les injustices faites aux femmes ». Reprenant la formule « me too », MM. Hazanavicius et Glucksmann signent « Nous aussi. We too ».

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                « Mesdames, prenez conscience de ces agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires »



Depuis les premières révélations sur les violences sexuelles soupçonnées du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein envers des dizaines d’actrices, de nombreuses femmes ont pris la parole pour dénoncer les actes dont elles ont été victimes ou pour exprimer leurs positions sur la question des violences sexuelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Totalement vaine, la chasse aux GIF de football sur les réseaux sociaux empêche le feuilleton de Ligue 1 de vivre ailleurs que sur des chaînes payantes, estime notre journaliste Clément Guillou.
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En censurant Philousports et ses GIF, la LFP se tire une balle dans le pied

Totalement vaine, la chasse aux GIF de football sur les réseaux sociaux empêche le feuilleton de Ligue 1 de vivre ailleurs que sur des chaînes payantes, estime notre journaliste Clément Guillou.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h36
    |

            Clément Guillou








                        



   


Chronique. Un fauteuil roulant a disparu et Thierry Lhermitte est dans le coup. C’est une image : la société française Trident Media Group (TMG), dont l’acteur est administrateur, a brièvement suspendu, dimanche 28 janvier au soir, le compte Twitter @philousports, l’un des plus célèbres du réseau social en France. « Philou », qui s’amuse de la myopathie qui le maintient assis, a fondé sa popularité sur son second degré et sur sa science du GIF (Graphics Interchange Format). Sept jours sur sept, il publie sur Twitter des images décalées piochées lors de retransmissions de compétitions sportives.
Parfois, il fait dans le factuel, revenant à ses premières amours, lorsqu’il publiait des GIF de buts ou de belles actions (à l’époque sous le pseudonyme @saintmtex) : dimanche après-midi, il a envoyé les images d’une simulation du footballeur brésilien de Bordeaux, Malcom, qui a ainsi obtenu un pénalty contre Lyon. C’est cette image qui lui a valu une sortie de terrain provisoire — quatre heures plus tard, après que le mot-clé #LibérezPhilou s’était hissé en première position sur Twitter, son compte était de retour, recrédité de ses 149 000 abonnés. Ironie de l’histoire : dans la bataille, il en a gagné quatre mille.
La société TMG, qui agit pour le compte de la Ligue de football professionnel en faisant la chasse au streaming et à la diffusion d’images par des acteurs non propriétaires des droits de la Ligue 1, avait signalé son GIF à Twitter. Qui fut prompt — plus que pour les comptes racistes, antisémites, homophobes ou misogynes — à suspendre @philousports mais aussi à le réintégrer, dès lors qu’il eut fait amende honorable.

Pour la première fois de ma vie j’ai sauté mdr Twitter >lourdes— philousports (@Philou)


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Chasse aux papillons
On a l’image de TMG partant dans l’immensité d’Internet avec les yeux bandés et un filet à papillons, attrapant ici un lien vers un streaming commenté en russe, là un GIF d’une simulation, et laissant passer tout le reste, un peu comme elle chasse les contrevenants à la Hadopi — le contrat qui l’a rendue riche. Ce GIF de la même action, par exemple, est toujours en ligne bien qu’il ait été rendu populaire par une reprise sur le site de L’Equipe.
La chasse aux images de Ligue 1 sur les réseaux sociaux semble parfois reposer sur la même science qui guidait la goal-line technology sur les pelouses françaises : la « pifométrie ». Le contrat qui liait la LFP à GoalControl, dont le système permettant de dire si un ballon avait ou non franchi la ligne, s’est révélé plusieurs fois défaillant, a d’ailleurs été rompu la semaine dernière.
Cette fois, c’est probablement parce que Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique lyonnais, a directement répondu sur Twitter aux images de la simulation de Malcom que ces dernières ont été signalées. La Ligue, pas plus que la direction technique de l’arbitrage, n’a encore réagi aux mots de Jean-Michel Aulas, pourtant plus dommageables pour le football français que l’évasion sur Twitter du ralenti de la chute d’un joueur, fût-il brésilien.

@philousports @OL @LFPfr pourquoi avoir nommé mr Letexier comme arbitre de ce  match apres Toulouse / OL ce n'était… https://t.co/M8aaWGLjVx— JM_Aulas (@Jean-Michel AULAS)


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« Pourquoi avoir nommé M. Letexier comme arbitre de ce match, après Toulouse-OL ce n’était pas le placer dans les meilleures conditions psychologiques ? », s’est faussement interrogé le — jamais fatigué — président lyonnais, en référence à une énième polémique arbitrale, dont on vous épargnera ici les détails.
Au bout de quelques heures, donc, le tweet de Jean-Michel Aulas répondait à un tweet qui n’existait plus, et on avait perdu le fil de la conversation, le sens de Twitter en somme.
Les GIF, ce qu’il reste de gratuit
La LFP, pourtant, doit beaucoup à @philousports. En publiant ces images fugaces d’à-côté des matches, qu’il s’agisse du tacle de Tony Chapron — l’un de ses plus grands succès à l’international — ou d’une discussion entre joueurs dans le couloir menant au terrain, il donne à un large public l’accès aux images insolites de la Ligue 1 dans un week-end. A défaut de pouvoir voir les buts, qui ne sont jamais visibles avant le lundi matin, les amateurs de football ont au moins accès à un beau geste technique, un tifo de supporteurs, le peu qu’il leur reste. « Philou », dans son fauteuil électrique de dernière génération en Corse, fait gratuitement le boulot de promotion du spectacle vendu par la LFP.
C’est ce qu’il faisait déjà, il y a quatre ans, au service des Cahiers du football, commentant avec humour des images isolées des matchs de Ligue 1, sans publier de buts. La LFP avait mis en demeure le site, forcé de fermer sa « Boîte à GIF ».
Encore un peu d’efforts de la part de la LFP et, hormis pour les abonnés de beIN Sports et de Canal+ et les accros aux chaînes d’info guettant les quelques secondes accordées au nom du droit à l’image, le championnat de France de football n’existera plus le week-end qu’à travers des phrases désincarnées sur des sites d’information.
Jusqu’au lundi matin, moment béni où le peuple peut perdre sa demi-journée à regarder, entre deux cafés, les résumés de match publiés sur YouTube et Dailymotion.
Il faut le dire : la politique de la LFP nuit à la productivité des salariés français.
Ah, au fait, voici les images (enfin, presque) :




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les deux instigatrices d’une « contre tribune des 1000 », pétition signée par plusieurs centaines de jeunes contre la « tribune des 100 femmes », expliquent leur position.
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édition abonné


« Mesdames, prenez conscience de ces agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires »

Dans une tribune au « Monde », les deux instigatrices d’une « contre tribune des 1000 », pétition signée par plusieurs centaines de jeunes contre la « tribune des 100 femmes », expliquent leur position.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 16h08
    |

Yasmine Boirie et Violette Versaevel (lycéennes)







                        



                                


                            
Tribune. Nous sommes deux jeunes filles de 17 ans. Nous ne sommes ni expertes en féminisme ni particulièrement engagées dans la lutte pour les droits des femmes, certainement parce que nous pensions la question révolue depuis le temps qu’on en parle et aussi parce que les dernières révélations en matière de harcèlement nous ont laissé croire que, la parole étant libérée, aucun homme n’oserait plus faire à personne ce qu’on pourrait lui reprocher… Et puis nous avons lu la tribune pour la « liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »… La lecture en fut douloureuse. Nous nous sommes premièrement demandé pour qui ce fameux droit à être importunée était réclamé. Nous doutons en effet que mesdames de Menthon, Lévy et Deneuve promeuvent ce droit pour elles-mêmes…
Nous comprenons donc assez vite que cette tribune serait une sorte de legs pour nous, les futures usagères des transports en commun. Ainsi donc mesdemoiselles, semblent ainsi nous dire nos 100 mères, vous attend un modèle de société où il faudrait que vous ayez de la compassion pour ces messieurs, jeunes et vieux, qui auraient la délicate attention de se frotter à vous ! Une société dans laquelle nous devrions apprendre à taire, voire à apprécier les agressions que nous subissons (pardon, que nous réclamons) ! Anachronique ? Non, c’est moderne…
Mais on ne veut plus se taire. Nous voulons faire entendre notre voix. Nous voulons que vous, mesdames, preniez conscience de l’ampleur de ce phénomène d’agressions quotidiennes que vous qualifiez de nécessaires. Le traumatisme d’un attouchement ou d’un viol est réel et certaines d’entre nous (qui prenons certainement plus souvent les transports en commun que vous) sont là pour en témoigner. Certaines jeunes filles nous ont envoyé des témoignages de harcèlement moral qu’elles ont vécu dès le plus jeune âge, d’autres d’attouchements dans le métro dès 8 heures du matin, sous le sac à dos, d’autre encore de l’oppression qu’elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Un organisme de recherche aurait fait inhaler de l’oxyde d’azote à des cobayes pour prouver l’innocuité de ses moteurs.
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Diesel : Volkswagen, Daimler et BMW soupçonnés de tests sur des humains et des singes

Un organisme de recherche aurait fait inhaler de l’oxyde d’azote à des cobayes pour prouver l’innocuité de ses moteurs.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h01
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Empêtrés dans le scandale du « dieselgate », certains constructeurs allemands semblent avoir été prêts à toutes les expériences pour prouver l’innocuité du diesel. Le Groupe européen de recherche sur l’environnement et la santé dans les transports (EUGT), organisme financé par Volkswagen, Daimler et BMW, aurait procédé à une étude scientifique pour mesurer les effets de l’oxyde d’azote (Nox) sur des cobayes humains. En septembre 2015, Volkswagen avait reconnu avoir truqué les moteurs de 11 millions de ses véhicules pour minorer les rejets de Nox lors des tests d’homologations.
Environ 25 jeunes adultes en bonne santé auraient été contraints d’inhaler pendant plusieurs heures du Nox à des doses variées, rapporte lundi 29 janvier la Stuttgarter Zeitung, le quotidien de Stuttgart, la capitale du Bade-Wurtemberg où Daimler a son siège. Les tests étaient effectués dans un institut lié à l’université d’Aix-la-Chapelle. Publiée en 2016, après l’affaire des moteurs truqués de Volkswagen, l’étude n’a pas pu déterminer l’impact des gaz d’échappement sur les cobayes, selon le quotidien.
Daimler s’est dit « consterné » par « la mise en place et l’ampleur de ces tests » et a « condamné fermement » cette étude. La firme de Stuttgart qui produit les Mercedes assure n’avoir aucun lien avec ces recherches mais indique qu’elle va tout de même diligenter une enquête.
« Aussi immonde qu’absurde »
Ces révélations interviennent quelques jours après celles du New-York Times. Sur la base de documents issus de la procédure judiciaire visant Volkswagen aux Etats-Unis, le quotidien américain affirme que l’EUFT a également réalisé ses expérimentations sur des singes. Dix primates enfermés dans une pièce devant des dessins animés ont dû respirer les gazs d’échappement d’une Beetle, la successeuse de la légendaire Coccinelle. Cette fois, l’expérimentation a été menée dans un laboratoire d’Albuquerque, aux Etats-Unis, en 2014. Deux ans plus tôt, l’Organisation mondiale de la santé avait classé le diesel comme cancérogène.
Le constructeur allemand a présenté ses excuses jugeant cette « méthode scientifique inappropriée ». Stephan Weil, le ministre-président de la Basse-Saxe, actionnaire majoritaire de Volkswagen, l’a jugée « aussi immonde qu’absurde ».

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                Dieselgate : Volkswagen conteste la compétence de la justice française



Ces nouveaux éléments devraient intéresser les juges du pôle santé du tribunal de grande instance de Paris chargés de l’information judiciaire pour « tromperie aggravée » qui vise Volkswagen. Entendu comme témoin assisté en mars 2017, le groupe allemand « conteste bien évidemment que les véhicules qu’elle a commercialisés aient pu, par leur utilisation, présenter un quelconque danger pour la santé de l’homme ou de l’animal, ainsi qu’il est prétendu dans la convocation qui nous a été adressée », selon le procès-verbal d’audition que Le Monde a pu consulter.
Une étude publiée en mai 2017 dans la revue Nature évaluait à 38 000 le nombre de morts prématurées causées à l’échelle de la planète en 2015 par les excès d’oxyde d’azote du « dieselgate ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Notre choix du soir. Le documentaire revisite les trois mois qui ont mis fin à la longue carrière politique de l’ancien premier ministre (sur BFM-TV à 22 h 40).
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TV – « Qui a tué François Fillon ? »

Notre choix du soir. Le documentaire revisite les trois mois qui ont mis fin à la longue carrière politique de l’ancien premier ministre (sur BFM-TV à 22 h 40).



Le Monde
 |    29.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h17
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur BFM-TV à 22 h 40



Méfiez-vous de vos amis. Mais aussi de vous-même. Ce documentaire plutôt bien construit revient en détail sur les trois mois décisifs qui ont mis fin à une carrière politique longue de quarante ans. Quatre journalistes de BFM-TV (Camille Langlade, Pauline Revenaz, Quentin Baulier et Alexandre Funel) ont enquêté sur la fin de parcours de François Fillon. Découpé en cinq chapitres (« La Déflagration », « François Fillon et ses démons » « Le Canard allume la mèche », « Petits meurtres entre amis » et « Le Fossoyeur »), le documentaire tente de savoir qui a eu la peau de celui à qui l’Elysée semblait promis.
Les interventions de nombreux témoins (responsables politiques, mais aussi journalistes et amis proches) alternent avec des scènes reconstituées et des images d’archives qui rappellent des événements aussi variés que les dernières interventions du candidat Fillon sur les plateaux télé ou le rassemblement au Trocadéro du 5 mars 2017, quelques jours après que l’intéressé a appris sa mise en examen.
Inimitiés féroces
Alors, qui a tué politiquement Fillon ? A force d’écouter les différents témoignages et de découvrir des inimitiés féroces, la réponse n’est pas évidente. Pour beaucoup, il s’est flingué lui-même en ne comprenant pas à quel point les révélations du Canard enchaîné sur les salaires perçus par son épouse à la Revue des Deux Mondes et à l’Assemblée, puis l’affaire des costumes, parue dans Le­Journal du dimanche, avaient eu de désastreuses retombées dans l’opinion. Pour d’autres, l’avocat franco-libanais Robert Bourgi, l’homme des costumes, est son fossoyeur. Mais les tueurs semblent beaucoup plus nombreux.

   


Entre janvier et mars 2017, François Fillon, personnage complexe qui avait bâti toute sa carrière politique sur des images d’austérité, d’intégrité et de moralité, a vu l’Elysée lui échapper. Ce documentaire, qui fait parler des personnalités aussi variées que Rachida Dati, Gérard Longuet, Michel Sapin, François Baroin, Bernard Accoyer, Thierry Solère, Eric Woerth, Patrick Stefanini ou Jean de Boishue, sans oublier deux des trois journalistes du Canard qui ont sorti l’affaire du « Penelopegate », constitue une bonne piqûre de rappel pour celles et ceux qui auraient oublié cette maxime : méfiez-vous de vos amis… et de vous-même.
Qui a tué François Fillon ? de Camille Langlade, Pauline Revenaz, Quentin Baulier et Alexandre Funel (Fr, 2018, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Ondine a vécu sa scolarité comme un « cauchemar ». Atteinte de dysphasie, son handicap n’a pas toujours été reconnu par ses enseignants et elle a souffert de remarques « qui rabaissent ». Jusqu’à réussir finalement son bac.
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« Jusqu’à la fac, on m’a toujours dit que j’étais nulle »

Ondine a vécu sa scolarité comme un « cauchemar ». Atteinte de dysphasie, son handicap n’a pas toujours été reconnu par ses enseignants et elle a souffert de remarques « qui rabaissent ». Jusqu’à réussir finalement son bac.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 17h28
   





                        



   


Voix d’orientation. Le Monde Campus et La ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants de leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Ondine, 20 ans, étudiante à Paris.
En CE1, on a découvert que j’étais dysphasique. Dys… quoi ? C’est un trouble du développement du langage. En gros, ça veut dire que j’ai des petites difficultés de compréhension et d’expression à l’écrit. Bref, je vous laisse imaginer le nombre d’heures que j’ai dû passer chez l’orthophoniste !
En CM1, je me suis retrouvée avec une maîtresse trop cool, patiente et compréhensive. Mais elle a été remplacée par son opposé : une stagiaire trop jeune, impatiente et sans expérience. Mon cauchemar a commencé ! Elle perdait patience avec moi, me mettait toujours à l’écart. A chaque bulletin, elle annonçait à mes parents que je ne voulais pas travailler, et me balançait que j’étais nulle et que je ne ferais rien de ma vie.
Ma mère est professeure des écoles, elle aussi. On a repris ensemble chaque exercice, chaque leçon et chaque contrôle, presque tous les soirs. Je suis arrivée au collège en espérant que le cauchemar s’arrêtait. Grâce à quelques profs bienveillants, je n’ai reçu aucune remarque et ma scolarité a suivi son cours sans trop d’encombres… Mis à part mon orthophoniste, qui conseillait à ma mère de m’envoyer faire une formation de… palefrenier, sous prétexte que j’étais bonne cavalière et que je partais souvent en Normandie pour monter à cheval.
Arrivée en seconde, je me suis dit que tout était derrière moi, que le lycée était un nouveau départ. J’étais déterminée à obtenir un bac S comme mes sœurs. Mais ce putain de cauchemar a repris de plus belle ! En classe de seconde, un prof m’a dans le nez. Toute l’année, j’ai le droit à des remarques du genre : « Pourquoi tu n’es pas allée dans la voie professionnelle ? », « Tu n’arriveras jamais à passer ton bac si tu vas dans la filière scientifique », « Pourquoi t’arrives à rien ? »… A la fin de l’année, la sentence est tombée : les profs ont décidé de m’envoyer dans une filière technologique dans le domaine agricole.
« T’y arrives pas, pourquoi t’es allée en général ? »
Je ne me suis pas démontée et, avec le soutien de mes parents, j’ai pris la décision de redoubler. J’ai eu de la chance : mon frère jumeau a redoublé avec moi pour manque de travail. Ça m’a rassurée un peu de ne pas être seule dans cette galère. Pendant ma deuxième année de seconde, j’ai eu le sentiment que ma vie refleurissait : j’ai pu entrer en première ES !
Mais à nouveau, mon année de première a été un calvaire… Cette fois, j’ai eu trois profs sur le dos ! Ça a été le retour des remarques qui rabaissent : « Moi, à ta place, je me sentirais nulle d’avoir toujours des mauvaises notes », « T’y arrives pas, pourquoi t’es allée en général ? »… Les profs ont encore voulu me réorienter, mais cette fois-ci pour être… garde forestier ou… jardinière. Je suis finalement arrivée au bout de mon année… mais pas au bout de mes peines.
En terminale, j’ai l’objectif d’avoir mon putain de bac et de quitter ce cauchemar ! Mais c’est l’année de la descente en enfer… Je retrouve une des profs qui m’a rabaissée l’année d’avant. Toute l’année, elle me fait clairement comprendre que je suis nulle et que je n’aurai jamais mon bac. M’enfoncer encore plus, s’acharnant sur moi en cours et à chaque conseil de classe.
Sur mes copies de DS, j’ai le droit à des commentaires acérés : « La méthode n’est encore pas respectée », alors que je ne faisais que ça, appliquer à la lettre sa méthode aussi rigide qu’elle. Ou d’autres conseils très avisés : « Choisis les épreuves composées plutôt que la dissert’ si tu veux avoir ton bac. » Un vrai calvaire. Et je crois bien que ça a réussi à me faire couler : je n’ai pas eu mon bac.
Le système scolaire n’a pas beaucoup aidé pour changer. Avec des difficultés comme la dysphasie, on a le droit d’avoir un tiers temps pour les examens. J’y ai eu droit en troisième et à ma première seconde, mais on me l’a refusé pour les épreuves du bac. Mes difficultés étaient jugées comme pas assez handicapantes.
C’est parti pour une cinquième année… je passe par miracle au travers de ces profs rabaissants, et j’arrive enfin à avoir ce putain de bac !
Aujourd’hui, le cauchemar est terminé et j’ai pu intégrer le DU Paréo (diplôme universitaire de l’université Paris-Descartes, passeport vers la réussite et l’orientation), un cursus d’un an à la fac pour choisir son orientation.
Ici, au moins, personne n’est là juste pour me dire que je suis nulle et que je n’arriverai à rien.

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018), après Nancy (1er et 2 décembre) et Lille (19 et 20 janvier).

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                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB.



La Zone d’expression prioritaire (ZEP) accompagne la prise de parole des 15-25 ans
La Zone d’expression prioritaire (ZEP) est un dispositif d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans par des journalistes professionnels. Via des ateliers d’écriture dans des lycées, universités, associations étudiantes ou encore dans des structures d’insertion, ils témoignent de leur quotidien et de l’actualité qui les concernent. Tous leurs récits sont à retrouver sur la-zep.fr.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, juge le contexte « moins préoccupant » que ces dernières années mais appelle à la « vigilance ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Sûreté nucléaire en France : « Des signes positifs »

Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, juge le contexte « moins préoccupant » que ces dernières années mais appelle à la « vigilance ».



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h51
    |

            Pierre Le Hir








                        


On avait pris l’habitude, ces dernières années, d’entendre le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, faire état d’un « contexte préoccupant », voire « particulièrement préoccupant ». Il mettait en avant les « enjeux sans précédent » liés à l’éventuelle prolongation de l’exploitation des réacteurs au-delà de quarante ans, ainsi qu’aux travaux post-Fukushima, destinés à mieux armer les centrales françaises contre les catastrophes naturelles.
Le changement de ton n’en est que plus notable. Lundi 29 janvier, à l’occasion de ses vœux à la presse, le patron de l’autorité de contrôle a jugé la situation « moins préoccupante », avec des « signes positifs » montrant « une amélioration ». A ses yeux, plusieurs problèmes majeurs sont, en effet, « derrière nous ».
Excès de carbone
C’est le cas du doute suscité, sur la fiabilité de composants cruciaux, par la découverte d’un excès de carbone dans l’acier de certaines pièces, à commencer par la cuve de l’EPR qu’EDF prévoit de mettre en service fin 2018 ou début 2019 à Flamanville (Manche). Après une longue instruction, l’ASN a finalement donné son feu vert à la construction de cette cuve, sous réserve que son couvercle soit changé au plus tard en 2024. C’est aussi en raison d’une trop forte teneur en carbone dans certains générateurs de vapeur qu’une douzaine de réacteurs avaient été mis à l’arrêt l’hiver dernier. « Cette anomalie est dans son ensemble traitée au plan français », assure aujourd’hui M. Chevet, même si elle est susceptible d’affecter d’autres pays auxquels ont été livrés des composants mal forgés.
C’est aussi le cas des « irrégularités » et des « potentielles falsifications » mises au jour, en 2015 et en 2016, dans le suivi de fabrication de pièces sorties de l’usine de Creusot-Forge (Saône-et-Loire) de Framatome (anciennement Areva). La « revue de fabrication » demandée par l’ASN exige de passer au crible « plus de deux millions de pages » de dossiers techniques. Ce travail a déjà été accompli pour moitié environ et doit être achevé fin 2018. Selon M. Chevet, il « est correctement mené par le site du Creusot, sous la surveillance de Framatome et d’EDF, avec un contrôle final de l’ASN ». Le 25 janvier, celle-ci a du reste autorisé la reprise des fabrications à l’usine de Creusot-Forge.
Restructuration de la filière nucléaire
Autre facteur d’éclaircie, l’achèvement de la restructuration industrielle de la filière nucléaire française. EDF a été recapitalisé à hauteur de quatre milliards d’euros et l’ex-géant Areva, renfloué à hauteur de cinq milliards d’euros, a été scindé en deux entités : Areva NP (qui est devenu une filiale d’EDF et qui a repris son ancien nom de Framatome début janvier), pour la conception des réacteurs et la fourniture de matériel, et New Areva (rebaptisé depuis peu Orano) pour les mines d’uranium et le cycle du combustible. Cette réorganisation est « une étape importante pour les industriels mais aussi pour la sûreté », estime M. Chevet, qui sera toutefois « attentif » à la bonne utilisation de ces nouvelles capacités financières et techniques.

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                Areva devient Orano pour tourner la page des années Lauvergeon



Si le gendarme de l’atome se félicite d’un horizon plus dégagé, il n’en appelle pas moins les industriels, mobilisés par des chantiers lourds, à « garder une vigilance sur la sûreté d’exploitation au quotidien », en s’interdisant tout écart par rapport à la conduite normale de leurs installations. Est notamment visé EDF, qui « rencontre des problèmes réguliers sur la conformité des matériels ».
Des échéances importantes
D’autant que des échéances importantes se rapprochent. D’abord, le démarrage de l’EPR de Flamanville, dont l’ASN juge que « le calendrier est tendu ». Plusieurs autorisations sont, en effet, encore requises, lors de l’arrivée du combustible nucléaire sur le site normand, puis lors de son chargement dans le réacteur. Ce qui nécessitera « quelques mois d’instruction une fois que l’ensemble des dossiers sera parvenu ».
Ensuite, l’avis général de l’autorité de contrôle, attendu en 2020 et assorti de prescriptions en 2021, sur la possibilité ou non de prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de quarante ans, comme le souhaite EDF. L’ASN devrait aussi se prononcer, en 2019, sur le dossier industriel du projet de stockage géologique des déchets à haute activité et à vie longue dans le sous-sol de Bure (Meuse).

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En toile de fond se profilent les décisions que doit prendre le gouvernement sur le redimensionnement du parc nucléaire hexagonal, dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit être arrêtée en fin d’année. Se cantonnant dans son rôle de garant de la sûreté, M. Chevet rappelle simplement que, du fait de l’homogénéité des 58 réacteurs français, la découverte d’une anomalie sur l’un d’entre eux pourrait conduire à en arrêter « une dizaine ».
Il faut donc, poursuit-il, « que le système électrique ait des marges pour pouvoir faire face à une telle éventualité ». Une façon de rappeler que, quels que soient les arbitrages qui seront faits, entre nucléaire et renouvelables, pour composer le futur mix électrique français, les choix ne peuvent plus être indéfiniment repoussés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ A partir de février, les musées de la capitale vont accueillir des expositions remarquables, des marges aux « blockbusters ».
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De Delacroix à Kupka, une sélection d’expositions parisiennes pour le printemps

A partir de février, les musées de la capitale vont accueillir des expositions remarquables, des marges aux « blockbusters ».



Le Monde
 |    29.01.2018 à 09h32
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 13h25
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Durant le premier semestre, Paris va accueillir plusieurs expositions remarquables. Tour d’horizon.
« Les Hollandais à Paris » L’amitié entre peintres français et hollandais a marqué l’histoire de la peinture. C’est par ce prisme, allant de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, dans l’effervescence culturelle parisienne, que le Petit Palais propose de revisiter la production de Van Gogh, Van Dongen, Jongkind ou Mondrian d’un côté, Géricault, Picasso, Corot, Millet, Cézanne ou Monet de l’autre. Du 6 février au 13 mai, au Petit Palais.
« Eugène Delacroix » Première grande rétrospective à Paris consacrée à Delacroix (1798-1863) depuis le centenaire de sa mort, l’exposition s’attachera à montrer la quête d’originalité d’un artiste aspirant pourtant à s’inscrire dans la tradition des Flamands et des Vénitiens, de ses coups d’éclat aux Salons des années 1820, jusqu’à ses derniers paysages ou compositions religieuse. Du 29 mars au 23 juillet, au Louvre.
« Corot. Le peintre et ses modèles » Conçue par le directeur du département des peintures du Musée du Louvre, Sébastien Allard, l’exposition propose de s’intéresser à la part la plus secrète et personnelle de la production de Jean-Baptiste Corot (1796-1875). Du 8 février au 8 juillet, au Musée Marmottan-Monet.
« Black Dolls : la collection Deborah Neff » Elles sont réalistes ou abstraites, sculpturales ou miniatures, et chargées des représentations et des enjeux politiques et historiques des Etats-Unis : La Maison rouge présente près de 200 poupées noires en tissu, en bois ou en cuir, fabriquées dans le cadre domestique de 1840 à 1940. Elles racontent une histoire culturelle, politique et intime qui sera analysée lors d’événements convoquant l’histoire des arts et des Etats-Unis, les études postcoloniales et l’anthropologie de l’enfance. Du 23 février...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ François-Henri Pinault, le patron du groupe Kering, aurait été informé des montages mis en place par ses équipes pour limiter ses impôts.
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Le patron de Gucci, Marco Bizzarri, épinglé pour ses pratiques d’évasion fiscale

François-Henri Pinault, le patron du groupe Kering, aurait été informé des montages mis en place par ses équipes pour limiter ses impôts.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 18h03
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


« Un travail d’orfèvre ». C’est ainsi que Mediapart et ses partenaires du consortium européen d’investigation EIC qualifient les efforts de Kering (ex-Pinault-Printemps-Redoute) pour réduire sa facture fiscale sur le salaire mirobolant de Marco Bizzarri, l’un des dirigeants stars du groupe français du luxe, patron depuis 2014 de la marque Gucci.
Le site d’information détaille par le menu, documents confidentiels à l’appui, les montages mis en place par les experts fiscalistes du groupe pour réduire les impôts de Kering et de M. Bizzarri lui-même. Ces montages remontent à 2010 – date à laquelle il dirigeait encore Bottega Veneta, une autre marque du groupe. Et selon un courriel reproduit par Mediapart, le patron du groupe, François-Henri Pinault, cinquième fortune française, en aurait été parfaitement informé.
Une société écran au Luxembourg
Au cœur de ce système se trouve une discrète société écran luxembourgeoise appartenant à Kering : Castera. Cette holding sans locaux ni personnel semble avoir eu pour activité principale de rémunérer Marco Bizzarri (environ 8 millions d’euros par an). Le premier avantage offert par le Luxembourg à Kering est le très faible niveau des cotisations sociales : elles oscillent entre 0,16 et 0,42 % sur la période 2012-2016, selon les comptes de la société consultés par Le Monde. Le Grand-Duché épargne aussi à M. Bizzarri tout impôt sur le revenu, car il ne travaille pas sur place.
Le patron de Gucci a installé sa résidence fiscale en Suisse, où il a pu bénéficier d’une imposition forfaitaire d’environ 4 %
Il fallait toutefois bien que l’actuel patron de Gucci paie ses impôts quelque part. Peut-être attiré par la clémence fiscale des cimes helvétiques, il a installé sa résidence fiscale en Suisse, à deux pas de la frontière italienne, où il a pu bénéficier d’une imposition forfaitaire très accommodante d’environ 4 %. Problème : l’enquête de Mediapart et ses partenaires suggèrent le caractère tout relatif de cette « résidence ». Pendant toute cette période, Marco Bizzarri travaillait en effet à Milan, où il disposait d’un confortable penthouse. Plusieurs éléments de l’enquête permettent de douter qu’il passait plus de la moitié de l’année en Suisse – condition sine qua non pour y être domicilié fiscalement.
Les médias de l’EIC se gardent de trancher sur la légalité de ces montages et des remontrances éventuelles qu’aurait pu formuler le fisc italien. Mais selon une source citée par Mediapart, M. Bizzarri aurait finalement renoncé à sa domiciliation suisse dans le courant de l’année 2017.
Ces révélations interviennent dans un contexte peu favorable pour Gucci, dont les bureaux de Milan et de Florence ont fait l’objet de perquisitions à l’automne dans le cadre d’une enquête pour fraude fiscale. La marque est soupçonnée d’avoir échappé à 1,3 milliard d’euros en localisant artificiellement ses profits en Suisse.
Mise à jour : Dans un communiqué transmis le lundi 29 janvier au Monde, Kering déclare avoir « mis en place une gouvernance d’entreprise visant à assurer une conformité totale avec les réglementations fiscales à tous les niveaux, y compris celui de ses collaborateurs ». Le groupe confirme que M. Bizzarri est désormais résident fiscal italien, et assure qu’« il est parfaitement en règle avec les autorités fiscales italiennes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La prétention de l’ex-président de Catalogne a été discutée avec des nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA) avant que la Cour constitutionnelle espagnole n’évoque l’impossibilité pour l’intéressé de se faire élire ou de gouverner à distance.
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Puigdemont a envisagé de prononcer son discours d’investiture à partir du Parlement flamand

La prétention de l’ex-président de Catalogne a été discutée avec des nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA) avant que la Cour constitutionnelle espagnole n’évoque l’impossibilité pour l’intéressé de se faire élire ou de gouverner à distance.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 15h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



   


L’ex-président de la Catalogne Carles Puigdemont, en quête d’une réélection mardi 30 janvier, a négocié la possibilité de prononcer son discours d’intronisation à partir du Parlement flamand, l’assemblée régionale de Flandre, installée à Bruxelles. Cette éventualité, discutée avec les nationalistes de l’Alliance néoflamande (N-VA), s’est toutefois heurtée au refus des autres partis au pouvoir à la région de Flandre, les chrétiens-démocrates du CD & V et l’Open VLD, confirment plusieurs sources au Monde. « Il ne serait pas bon que le Parlement soit utilisé pour un jeu politique étranger », avait fait savoir le chef du groupe Open VLD, Bart Somers.
M. Puigdemont, exilé en Belgique depuis la fin du mois d’octobre 2017 et sous le coup d’un mandat d’arrêt de la justice espagnole pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne, a discuté avec la direction de la N-VA, le parti le plus important de Flandre, qui détient la présidence de l’Assemblée. Au sein de celle-ci, la cause catalane compte de nombreux supporteurs, qui espéraient, en fait, organiser, au sein de la commission des relations extérieures, un débat entre l’ambassadrice d’Espagne à Bruxelles et le leader indépendantiste.
« Il est le bienvenu »
L’entourage de M. Puigdemont estimait possible d’aller plus loin et d’envisager un discours adressé à l’assemblée catalane par téléconférence. C’était avant que la Cour constitutionnelle espagnole n’évoque, samedi 27 janvier, l’impossibilité, pour l’intéressé, de se faire élire ou de gouverner à distance.

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Interrogé dimanche par la chaîne publique VRT, Bart De Wever, le président de la N-VA, a paru enterrer le projet de celui qu’il a qualifié d’« ami ». « Il est le bienvenu, ici, à la maison ou au Parlement flamand », a expliqué M. De Wever. Mais, a-t-il ajouté, l’éventualité d’un discours d’investiture prononcé depuis Bruxelles devait être acceptée par le bureau permanent du Parlement régional. « Aucune demande n’a été introduite, si elle lui parvient, le bureau décidera », expliquait prudemment, dimanche soir, le président du Parlement, Jan Peumans. Aucune réaction du gouvernement fédéral belge n’était à noter. Le premier ministre, Charles Michel, tient surtout à éviter une crise diplomatique avec Madrid après les tensions survenues au cours des derniers mois.
Présent, dimanche, à une réception de la N-VA dans la grande banlieue de Bruxelles, M. Puigdemont n’a pas répondu aux questions des journalistes qui l’interrogeaient sur son éventuel retour à Barcelone. Un parlementaire de son parti, Josep Rull, expliquait, lundi, que l’ex-président demanderait, « dans les prochaines heures », la permission de la justice espagnole pour participer au débat prévu mardi au Parlement catalan pour le vote et l’investiture du nouveau dirigeant de la région.
Sacrifice
Selon la Cour constitutionnelle, M. Puigdemont doit revenir en Espagne, se constituer prisonnier et ensuite demander la permission du juge d’instruction pour participer à la session d’investiture.
Joan Tarda, député d’un autre parti indépendantiste, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), alliée de M. Puigdemont, a suggéré dans une interview publiée dimanche par La Vanguardia que celui-ci pourrait faire preuve de « patriotisme » et accepter d’être remplacé. A Bruxelles, aucune confirmation n’était fournie lundi matin.

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« Il est indispensable que nous ayons un gouvernement, s’il faut sacrifier le président Puigdemont, nous devrons le sacrifier », a déclaré M. Tarda. En revanche, le parti de M. Puigdemont, Ensemble pour la Catalogne (JxC), avait affirmé dimanche qu’il n’envisageait pas de proposer un autre candidat.
Le président du Parlement catalan, Roger Torrent, qui a désigné M. Puigdemont comme candidat, n’a, lui, pas réagi dimanche à la décision de la Cour constitutionnelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Ces petits singes électroniques, vendus à plus de 11 millions d’exemplaires dans le monde en 2017, vont inonder les cours de récréation françaises.
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Les Fingerlings débarquent en France

Ces petits singes électroniques, vendus à plus de 11 millions d’exemplaires dans le monde en 2017, vont inonder les cours de récréation françaises.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 16h07
    |

            Cécile Prudhomme








                        



   


Ils n’ont l’air de rien – des petits ouistitis en plastique que les enfants se mettent au bout des doigts –, mais les Fingerlings ont fait un malheur sur le continent américain à la fin de 2017. Au point de créer des ruptures de stock pour les modèles les plus rares chez les distributeurs, même chez Amazon…, et de contraindre la chaîne américaine de grandes surfaces Target à limiter chaque client à deux Fingerlings.

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En 2017, entre 11 millions et 12 millions de ces petits singes bourrés de capteurs, qui réagissent au son, au toucher et au mouvement, en fermant les yeux et en poussant des cris de joie… se sont écoulés dans le monde (dont 800 000 au Royaume-Uni et près de 6 millions aux Etats-Unis). Et le succès ne se dément pas : le distributeur américain Walmart a déjà vendu un tiers du 1,3 million de pièces prévues pour le premier trimestre.
La France en retard
La France a pris un peu de retard, avec une phase de test fin 2017. « Nous devrions mettre 600 000 pièces sur le marché en 2018 pour un prix autour de 20 euros », explique Michaël Ingberg, ancien directeur général de Meccano et cofondateur de la société Evolution, qui distribue les Fingerlings pour la France. Le tout à grand renfort de publicité télévisée à partir du 10 février et d’opérations de communication avec des youtubeurs.
Les Fingerlings ont été créés en 2016 par la société montréalaise WowWee, spécialisée dans le jouet robotique. Après un grand succès au milieu des années 2000 avec son robot Robosapien, l’entreprise a connu des hauts et des bas, avant que la responsable de la marque, Sydney Wiseman, ait l’idée de ce nouveau jouet en regardant des vidéos de ouistitis pygmées, des singes d’Amérique du Sud si petits qu’ils peuvent enrouler leurs pattes autour d’un doigt humain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Matignon a fait savoir que le ministre du budget gardait « toute sa confiance » après l’annonce de l’ouverture d’une enquête préliminaire le concernant.
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Les Républicains appellent Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, à démissionner

Matignon a fait savoir que le ministre du budget gardait « toute sa confiance » après l’annonce de l’ouverture d’une enquête préliminaire le concernant.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 14h20
    |

                            Le Monde.fr et 
Cédric Pietralunga








                        


Gérald Darmanin « n’a pas d’autre choix que de démissionner », a estimé lundi 29 janvier l’une des porte-parole des Républicains (LR), Laurence Saillet, après l’ouverture d’une enquête préliminaire pour viol à l’encontre du ministre des comptes publics samedi.
« Nous respectons la présomption d’innocence. Mais compte tenu des graves accusations qui sont portées, et pour la sérénité de l’action publique, nous pensons qu’il n’a pas d’autre choix que de démissionner. »
Un peu plus tôt, sur l’antenne de RFI, une autre porte-parole de LR, Lydia Guirous, avait évoqué des accusations « très graves ». « Sur un plan politique, on voit bien que le monde vertueux, irréprochable d’Emmanuel Macron se casse la figure », a-t-elle dit, citant les noms de Richard Ferrand, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, mis en cause dans des affaires et qui ont quitté le gouvernement d’Edouard Philippe.
Défense du gouvernement
Dès l’annonce de l’ouverture d’une enquête préliminaire, le gouvernement est monté au créneau pour défendre le ministre. Moins de deux heures après la parution de l’édition datée des 28 et 29 janvier du Monde, qui a révélé l’information, Matignon a adressé un message à l’AFP et à BFM-TV disant que « M. Darmanin a toute [l]a confiance » du premier ministre, Edouard Philippe.

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                Gérald Darmanin visé par une accusation de viol



Selon l’entourage du chef du gouvernement, « M. Darmanin a été d’une totale transparence vis-à-vis des faits » et avait « rapporté au premier ministre l’accusation dont il faisait l’objet ». « La justice est de nouveau saisie et elle doit pouvoir travailler en toute indépendance », ajoute-t-on à Matignon, rappelant que l’exclusion automatique du gouvernement ne vaut qu’en cas de mise en examen. Interrogé par Le Monde, l’Elysée n’a pas souhaité réagir.
Du côté du gouvernement, la solidarité prime également. Invitée dimanche sur RTL, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a estimé que M. Darmanin pouvait « rester au gouvernement ». Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a dit, dimanche sur BFM-TV, que l’ancien proche de Nicolas Sarkozy aurait « à se défendre, et qu’il [aurait] à amener tous les éléments pour parfaire sa défense, mais c’est la présomption d’innocence qui bien évidemment s’applique à lui, comme à tout concitoyen ». « Je pense qu’il est important que le pouvoir judiciaire puisse travailler sereinement sans avoir telle ou telle déclaration qui pourrait être considérée comme une intervention et un non-respect de cette séparation », a abondé Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, lundi 29 janvier sur France Inter.
Un certain embarras
D’habitude prompts à défendre l’un des leurs, les parlementaires de La République en marche (LRM) se sont montrés discrets vis-à-vis de M. Darmanin, qui a rejoint le mouvement macroniste en novembre après son exclusion du parti Les Républicains. Seul Richard Ferrand s’est permis de rappeler, dimanche sur France 3, que l’ancien maire de Tourcoing avait « la confiance du premier ministre et de la majorité ». « Toute personne qui subit une plainte est condamné à souffrir en silence jusqu’à ce que la justice dise le droit », a ajouté le député (LRM) du Finistère, en faisant allusion à l’affaire des Mutuelles de Bretagne dans laquelle il est lui-même impliqué.
De son côté, Manuel Valls, député apparenté LRM de l’Essone, a apporté son soutien au ministre. « Je le connais, c’est un garçon de talent, je ne préjuge de rien, il a évidemment mon soutien », a-t-il dit sur LCI. Il a également appelé la justice à aller « vite pour que Gérald Darmanin ne vive pas avec cette accusation infâme. »
Dans l’opposition, la sénatrice (PS) de l’Oise, Laurence Rossignol, s’est permis de critiquer ouvertement le ministre des comptes publics. Dimanche, sur Radio J, la socialiste a déclaré que les faits étaient « embarrassants » pour un gouvernement « qui a inscrit l’égalité hommes-femmes au premier plan de ses projets pour le quinquennat ». « On est là sur une accusation au cœur de ce que le combat féministe porte aujourd’hui, l’articulation entre les violences sexistes, sexuelles et les inégalités, a ajouté l’ancienne ministre des familles et des droits des femmes, estimant que c’est à la justice de qualifier les faits et d’établir la réalité des faits. »



                            


                        

                        

