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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Ayant côtoyé les singes dans sa jeunesse africaine, l’éthologue, Breton d’adoption, révèle la richesse et la flexibilité de leur langage, pas si éloigné que cela de celui des hommes.
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Alban Lemasson, décodeur du langage animal

Ayant côtoyé les singes dans sa jeunesse africaine, l’éthologue, Breton d’adoption, révèle la richesse et la flexibilité de leur langage, pas si éloigné que cela de celui des hommes.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 15h00
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Quand on passe sa jeunesse en Afrique, ça ne s’oublie pas. « Des éléphants traversent les routes ; les singes sont habitués aux hommes ; la nature est très présente », se rappelle Alban Lemasson. Il n’a que 3 ans, en 1978, lorsque sa famille part s’installer au Cameroun. Neuf ans plus tard, les Lemasson déménagent en Côte d’Ivoire. Retour en France de ce brillant élève en 1993 pour passer le baccalauréat. Après un passage par les classes ­préparatoires en biologie, il cherche sa voie. « Vétérinaire, ethnologue, documentariste… autant de pistes envisageables sans véritable coup de cœur. » Il n’a jamais entendu parler d’éthologie et ignore que l’on peut en faire un métier. Sauf qu’il a rêvé, enfant, devant le film Gorilles dans la brume, magnifique histoire qui raconte la vie de Diane Fossey et son combat pour préserver les grands singes. « En cherchant dans quelle filière universitaire atypique de biologie je pourrais m’inscrire, je suis tombé sur l’éthologie, science qui étudie le comportement des organismes en fonctionnement dans leur environnement. Cela m’intéressait bien plus que le fonctionnement interne de l’organisme. Ce fut une révélation ! »

Ensuite tout est allé très vite pour ce solide quarantenaire à la voix douce, qui cache sous une apparente décontraction une force de travail peu commune. Sa passion l’amènera à frôler des situations dangereuses. Alors qu’il s’apprête à partir au Congo étudier les gorilles pour sa thèse, une guerre civile l’oblige à changer de plan. Il se rabat sur les mones de Campbell (Cercopithecus campbelli) élevés à la station écologique de Paimpont (50 km de Rennes) où travaille sa directrice de thèse, Martine Hausberger. Ce qui le passionne, c’est le lien entre le comportement social des primates et leur communication vocale, sujet qu’il n’a jamais lâché depuis. Idée dominante à l’époque : le ­répertoire vocal des singes est figé puisque génétiquement programmé dès leur...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Professeur de droit animalier à Harvard, il travaille sans relâche, depuis près de quarante ans, à défendre la cause des primates. Son combat a permis au chimpanzé Cecilia d’obtenir le statut de personne juridique non humaine.
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Steven Wise, l’avocat des grands singes

Professeur de droit animalier à Harvard, il travaille sans relâche, depuis près de quarante ans, à défendre la cause des primates. Son combat a permis au chimpanzé Cecilia d’obtenir le statut de personne juridique non humaine.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Que pense Steven Wise de la victoire obtenue par l’avocat de Cecilia, en novembre 2016, au tribunal argentin de Mendoza ? « Nous en avons été ravis », répond-il. N’est-il pas déçu, tout de même, de n’être pas parvenu au même résultat pour ses propres clients, Hercule et Leo ? « Nous savons très bien que les cas où triomphent la liberté, l’égalité et la justice restent exceptionnels. » L’homme de loi est pugnace, et convaincu que le temps jouera en sa faveur.
Cecilia ne s’est pas rendue au tribunal, pas plus qu’Hercule et Leo. Tous trois sont des chimpanzés, et Steven Wise est leur meilleur avocat. Professeur de droit animalier à Harvard et dans d’autres universités américaines, il se bat sans relâche, depuis près de quarante ans, pour défendre leur cause. Si Cecilia est devenue en 2016 le premier animal du monde à se voir accorder le statut de personne juridique non humaine, si elle a quitté en avril 2017 le zoo où elle vivait enfermée pour rejoindre la réserve naturelle brésilienne de Sorocaba, elle le doit, bien sûr, à la juge de Mendoza qui a eu l’audace de franchir ce pas. Mais celui qui a ouvert le chemin, c’est Steven Wise. Cette décision consacre en effet la thèse défendue méthodiquement par son association, Nonhuman Rights Project (NRP), fondée sur les droits inhérents à l’habeas corpus. Soit le droit de ne pas être emprisonné sans jugement, jusqu’à présent réservé aux humains.
Droit à l’intégrité physique
Lorsqu’un ami lui suggère, à la fin des années 1970, de lire Animal Liberation, publié quelques années plus tôt par le philosophe australienPeter Singer,Wise exerce en pratique générale depuis trois ans. Pour le jeune avocat, qui opte sur-le-champ pour le végétarisme, c’est une révélation. « J’étais devenu avocat parce que je m’intéressais à la justice sociale. J’ai lu ce livre, j’ai compris qu’un nombre stupéfiant d’animaux non humains étaient traités de manière terrible et injuste, et qu’aucun...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Invisible depuis la France, cette éclipse sera observable en Asie, en Océanie et également en Amérique du Nord.
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Il arrive, très rarement, que des tumeurs disparaissent toutes seules, sans le moindre traitement.
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Le cinquième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : une meilleure collaboration, de nouvelles tâches et des pistes pour la télémédecine.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Philippe Héno, médecin à l’heure du numérique

Le cinquième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : une meilleure collaboration, de nouvelles tâches et des pistes pour la télémédecine.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            
« Le Monde » a voulu savoir comment des métiers très variés étaient impactés par la digitalisation et le développement des outils numériques. Nous sommes ainsi allés à la rencontre d’une dizaine de personnes pour savoir comment le numérique avait transformé leurs pratiques professionnelles. Elles témoigneront aussi de leur adaptation, plus ou moins facile, et comment elles voient leur avenir professionnel. Après les portraits du vigneron Jonathan Ducourt, de l’enseignante Sandrine Babinet, de la directrice d’hôtel Anita Steinmann, du charpentier Colin Vernet, le médecin Philippe Héno se raconte. 

Si le cœur de métier d’un médecin est toujours de soigner, les conditions d’exercice ont bien évolué avec le développement du numérique. Philippe Héno, 54 ans, ancien médecin militaire et cardiologue, témoigne de ces transformations. « Le numérique a modifié beaucoup de choses, à la fois dans les rapports entre professionnels mais également dans les relations avec les patients », analyse-t-il.

Grâce aux outils numériques, les médecins peuvent désormais s’échanger très facilement des données, par mail ou par SMS. « On m’envoie régulièrement des électrocardiogrammes pour avis ou interprétation. Ceci permet une meilleure collaboration entre professionnels de santé », indique Philippe Héno.
« Cela interfère avec mon métier »
Par ailleurs, le numérique facilite considérablement l’accès à la connaissance pour le médecin. « Je peux maintenant consulter les travaux de la Société française ou internationale de cardiologie, les revues numériques de médecine, des cas similaires de pathologies… Auparavant, je devais les commander à la bibliothèque universitaire la plus proche de chez moi. Cela prenait du temps, c’était compliqué et il fallait se déplacer. Cette immédiateté de la connaissance est indéniablement un plus pour le médecin, et ce, dans l’intérêt de ses patients », contate Philippe Héno.
En revanche,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Contrôlé par magnétisme, un minirobot est capable de marcher, ramper et nager. Les chercheurs de l’Institut Max-Planck souhaitent l’utiliser dans un but médical.
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Au menu : la lévitation par ultrasons, les caméléons sont fluorescents, des médicaments contre le rhume discrètement interdits de publicité, etc.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi divise Davos

La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h29
    |

            Isabelle Chaperon (Davos, Suisse, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Si le bal des chefs d’Etat domine les agendas du 48e Forum économique mondial qui s’achève vendredi 26 janvier, l’invité vedette cette année à Davos (Suisse) n’est ni le président américain Donald Trump ni son homologue français Emmanuel Macron, mais bien l’intelligence artificielle.
De jeunes entrepreneurs brillants, venus du monde entier, se relaient pour faire des démonstrations, smartphone en main. Marc Benioff, le PDG de l’éditeur de logiciels Salesforce, explique que sa plate-forme d’intelligence artificielle maison, baptisée « Einstein », participe tous les lundis comme un « membre virtuel » à la réunion de son comité de direction.
Dans les boutiques de la ville transformées en « lab » par les entreprises partenaires du Forum, dans les tables rondes, dans les dîners, il n’est question que de « machine learning » ou de « deep tech ». Mais Davos n’est pas le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Cet étalage s’accompagne d’un débat angoissant : cette nouvelle révolution industrielle va-t-elle conduire au chômage une grande partie de la population et aggraver encore les inégalités ? Sur ce point, les avis divergent.
« Les gens ont peur de perdre leur travail  »
Le constat initial, pourtant, semble bien partagé : les percées technologiques récentes accélèrent de façon brutale le phénomène d’automatisation engagé depuis des décennies. Si la grande distribution propose depuis longtemps des caisses automatiques, c’est bien l’intelligence artificielle qui a permis à Amazon d’ouvrir à Seattle, lundi 22 janvier, le premier point de vente sans aucune caisse.
Les voitures sans pilote, les algorithmes qui gèrent le service après-vente, les scanners qui posent un diagnostic médical, voilà autant d’innovations, déjà opérationnelles ou qui le seront dans un avenir proche, ayant vocation à se substituer à des employés humains.
« Depuis la première révolution industrielle, les gens ont peur de perdre leur...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ La profession attire de moins en moins et certains patients doivent parfois attendre jusqu’à un an pour obtenir un premier rendez-vous.
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La pédopsychiatrie, un secteur sinistré

La profession attire de moins en moins et certains patients doivent parfois attendre jusqu’à un an pour obtenir un premier rendez-vous.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 14h43
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Du côté des jeunes patients, des délais d’attente inadmissibles pour une première consultation et un manque de lits d’hospitalisation. Du côté des pédopsychiatres, une crise démographique et universitaire, qui rend la spécialité de moins en moins attrayante. La psychiatrie des enfants et des adolescents est « sinistrée », selon le sénateur (La République en marche) et médecin Michel Amiel, rapporteur en mai 2017 d’un volumineux rapport d’information parlementaire sur la psychiatrie des mineurs en France.

Le repérage et la prise en charge précoce des troubles psy des jeunes sont considérés comme une priorité. Mais au regard de la forte hausse des besoins due notamment au décrochage scolaire, au harcèlement ou aux traumatismes liés aux attentats, « le nombre de structures de prise en charge et leurs effectifs ont très peu augmenté », constate ce rapport.
Les CMP (centres médico-psychologiques) et CMPP (centres médico-psychopédagogiques), bien souvent structures d’entrée dans le parcours de soins psychiatriques, sont engorgés. Le délai pour une première consultation dépasse un an dans certains départements, désespérant familles et professionnels.
« On a des demandes de 2016 auxquelles on n’a pas répondu. On a honte. On voit tous les dégâts qu’on aurait pu éviter, les souffrances qu’on aurait pu atténuer », témoigne une pédopsychiatre exerçant dans un CMP de province.
Le nombre de lits d’hospitalisation en pédopsychiatrie est en augmentation depuis 2001, mais les capacités sont encore trop limitées, avec de fortes inégalités territoriales, souligne le rapport. Le délai d’obtention d’une place en hôpital de jour – l’essentiel des prises en charge hospitalières des mineurs – est lui aussi jugé important.
Désaffection indéniable
Quant au nombre de pédopsychiatres inscrits en tant que tels au conseil de l’ordre des médecins, il a été divisé par deux en dix ans. De 1 235 en 2007, il est passé à 593 en 2017,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Alors que le premier lancement de l’année avait donné lieu à une « perte de contact » avec le satellite, l’opérateur luxembourgeois a annoncé vendredi que la connexion avait été établie et que l’un des deux appareils était « en bonne santé ».
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                

Ariane 5 : deux satellites mis en orbite… mais pas au bon endroit

Alors que le premier lancement de l’année avait donné lieu à une « perte de contact » avec le satellite, l’opérateur luxembourgeois a annoncé vendredi que la connexion avait été établie et que l’un des deux appareils était « en bonne santé ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 06h53
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 11h37
   





                        


Les deux satellites de télécommunications, embarqués à bord du lanceur européen Ariane 5 qui a décollé jeudi 25 janvier de la Guyane, ont été mis en orbite… Mais, fait rare, pas au bon endroit. Arianespace, contacté par l’Agence France-Presse (AFP), espérait toutefois un futur « repositionnement grâce à leur système de propulsion ». « Les dernières nouvelles étaient rassurantes après de fortes inquiétudes », a ajouté la société.
Vendredi, l’opérateur luxembourgeois a annoncé que l’un des deux satellites lancés par Ariane 5, le SES-14, était « en bonne santé » et devrait pouvoir rejoindre l’orbite visée dans quelques mois.

SES announces it has successfully established connection with SES-14 and that the spacecraft is in good health and… https://t.co/9PRQPIvvcO— SES_Satellites (@SES)


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« SES-14 est en bonne santé et en route, en dépit de l’anomalie. »
La veille, l’opérateur et l’agence spatiale s’étaient fait une grosse frayeur. En effet, pour le premier lancement de l’année : peu après le début de l’opération, le PDG d’Arianespace annonçait, de la salle Jupiter du centre spatial de Kourou, une « anomalie » et faisait état d’une « perte de contact avec le lanceur ». Une perte de contact, « d’un peu plus de neuf minutes » après le décollage et « quelques secondes après l’allumage de l’étage supérieur ». Celle-ci a duré « de la 9e à la 37e minute de la mission ».

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                Le constructeur d’Ariane 6 plaide pour une « préférence européenne » en matière spatiale



A partir de ce moment-là, « la deuxième station » de contrôle de la mission « située à Natal, au Brésil, n’a pas acquis la télémétrie du lanceur », notait encore Arianespace. La situation a été la même à la station d’Ascencion, sur une île de l’Atlantique sud (censée recueillir des données 13 minutes et 36 secondes après le décollage), à celle de Libreville au Gabon (18 minutes et 19 secondes après son décollage) et à celle proche de la ville de Malindi au Kenya (22 minutes et 56 secondes après le décollage).

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                L’espace fait à nouveau rêver



Ariane 5 avait normalement décollé à 19 h 20 jeudi, heure de Guyane (23 h 20 à Paris), en embarquant deux satellites de télécommunications, SES-14 pour l’opérateur luxembourgeois SES et Al Yah 3 pour Yahsat, l’opérateur des Emirats arabes unis. Le satellite SES-14 héberge en outre une charge scientifique pour le programme d’exploration de la NASA intitulé GOLD (Global-scale Observation of the Limb and Disk), un programme qui doit notamment permettre, depuis une orbite géostationnaire, de reconstituer toutes les demi-heures une image complète du disque terrestre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Un fossile vieux de 180 000 ans trouvé sur le mont Carmel est le plus vieux représentant de notre espèce connu hors du berceau africain de l’humanité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/01/2018
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Découverte en Israël du plus ancien « Homo sapiens » hors d’Afrique

Un fossile vieux de 180 000 ans trouvé sur le mont Carmel est le plus vieux représentant de notre espèce connu hors du berceau africain de l’humanité.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 20h07
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 06h37
    |

            Hervé Morin








                        



   


Quand l’homme moderne, alias Homo sapiens, est-il sorti d’Afrique ? La présence de fossiles appartenant à notre espèce dans les grottes israéliennes de Skhul et Qafzeh, datés respectivement de 90 000 et 120 000 ans, donnait une fourchette assez large. Mais la découverte d’une demi-mâchoire datant d’environ 180 000 ans, dans la grotte toute proche de Misliya, sur le mont Carmel, elle aussi attribuée à un sapiens, montre que les excursions vers le Levant ont été bien plus précoces qu’on ne l’avait envisagé.
« Cela double presque l’ancienneté de ces premières migrations hors d’Afrique, se réjouit l’anthropologue Israël Hershkovitz (université de Tel-Aviv), responsable des fouilles. Et cela signifie aussi que les périodes d’interaction avec les autres représentants du genre Homo qui étaient déjà hors d’Afrique ont été bien plus longues qu’on le croyait. » Avec l’annonce en 2017 de la découverte au Maroc, sur le site de Djebel Irhoud, d’un représentant de notre lignée vieux de 315 000 ans, l’heure est encore une fois à repousser dans le temps et dans l’espace l’emprise de notre espèce sur la planète.

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                La découverte qui bouleverse l’histoire d’« Homo sapiens »




   


Le fossile de Misliya ne paie pas de mine : un fragment de maxillaire supérieur gauche et les dents associées. Pas de crâne complet ou d’os de membres. L’étude de ces restes a cependant pris un temps considérable : la fouille de cette grotte a débuté en 2001. Le fossile a été trouvé dès la saison suivante. Mais l’équipe internationale constituée pour analyser ces restes, les dater et les replacer dans leur contexte archéologique, a pris toutes les précautions avant de publier ses résultats, vendredi 26 janvier dans la revue Science.
« On a dû retravailler l’article, faire plus d’analyses pour convaincre les personnes chargées de la relecture du manuscrit, indique Israël Hershkovitz. Une de nos réponses faisait 54 pages, pour justifier les conclusions de notre article qui n’en fait que trois… »
La datation a été confiée à trois laboratoires, en France, en Israël et en Australie, qui ont travaillé avec des méthodes différentes. Toutes convergent vers 180 000 ans, hormis la datation directe d’une dent, qui pointe 70 000 ans. « Cette datation à l’uranium-thorium dépend de la capture de l’uranium par les dents, qui sont un peu comme des éponges, mais le problème est qu’on ne peut savoir si elles ont absorbé cet uranium en une seule fois ou de façon progressive, explique Hélène Valadas, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (Gif-sur-Yvette), qui a participé à ces datations. En revanche, la même méthode est bien plus fiable pour la croûte minérale qui entourait le fossile et qui, elle, est datée de 185 000 ans. »
« Sens du confort »
L’ancienneté de Misliya-1 – le nom officiel du fossile – ne fait donc pas de doute. Son appartenance à une version archaïque de notre espèce non plus : la forme des dents ne permet en aucun cas de le confondre avec un néandertalien « ou d’autres homininés du Pléistocène moyen d’Europe, et elle le place du côté des humains modernes et proche de celui du Djebel Irhoud », écrivent les chercheurs.

   


Comment vivaient ces hommes, abrités dans ces grottes ? Ils avaient le sens du confort, note l’archéologue Mina Weinstein-Evron (Université d’Haïfa) à propos de traces de végétaux entremêlés qui font penser « à des matelas ». « Ils chassaient les gazelles, les aurochs, les sangliers et on a retrouvé des coquilles d’œufs d’autruche. On peut imaginer des récipients, ou des grosses omelettes, souligne-t-elle. Des outils pointus étaient utilisés pour extraire des tubercules. Il y a aussi des coquillages mais on ignore s’ils n’ont pas été amenés là par des oiseaux. Comme dessert, il y avait des baies. Bref, ils profitaient au maximum de leur environnement. »
Que signifie leur présence précoce dans ces marges africaines ? « Cette découverte apporte de l’eau au moulin d’un modèle qui émerge actuellement sur la sortie d’Afrique de notre espèce, qui s’appuie à la fois sur des données génétiques et climatiques », se réjouit Jean-Jacques Hublin (Institut Max Planck, Leipzig, et Collège de France), codécouvreur des fossiles du Djebel Irhoud. Côté génétique, certaines analyses d’ADN ancien suggèrent que des premiers croisements entre H. sapiens et son cousin Néandertal, présent antérieurement aussi dans la région du Levant, auraient pu intervenir entre 220 000 et 460 000 ans. Dans ce cas, « les fossiles d’Homo sapiens de Misliya, Skuhl et Qafzeh pourraient représenter des excursions relativement tardives de notre espèce hors d’Afrique », estime Chris Stringer et Julia Galway-Witham (Muséum d’histoire naturelle de Londres) dans un commentaire publié dans Science : d’autres sapiens, encore à découvrir, les auraient précédés.
Des périodes de « Sahara vert »
Côté climat, des périodes de « Sahara vert », où la région du Proche-Orient était moins aride, se sont succédé au cours des derniers 500 000 ans. « Peut-être y a-t-il eu une sortie d’Afrique lors d’un de ces épisodes verts il y a 300 000 ans, puis plus récemment, mais que ces sorties n’ont pas été entièrement couronnées de succès jusqu’à une période récente », avance Jean-Jacques Hublin. En effet, Homo sapiens n’est présent en Europe qu’à partir de 50 000 ans, peu avant la disparition de Néandertal.

   


Pour Israël Hershkovitz, épisodes verts ou pas, « Israël n’a jamais été vide, en tout cas sur la zone côtière, où il y a toujours eu suffisamment de ressources pour subsister ». Si Homo sapiens n’est arrivé que tardivement en Europe, c’est qu’il n’était pas adapté au climat plus froid qui y régnait : « Pourquoi y aller, alors que la route était ouverte vers l’est, où le climat était plus favorable ? » Cela pourrait expliquer la présence de 47 dents humaines vieilles de 120 000 ans dans la grotte de Daoxian, en Chine, annoncée en 2015.

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L’étude des pierres taillées retrouvées à Misliya est un autre élément intéressant. Il s’agit d’outils de type Levallois, produits par débitage d’éclats prédéterminés. On en a trouvé au Djebel Irhoud (315 000 ans), dans d’autres sites africains plus anciens, mais aussi en Europe (Arménie) à la même époque. Cette même technologie a-t-elle été inventée spontanément et simultanément dans plusieurs endroits, dans un phénomène de convergence évolutive, ou bien y a-t-il eu des échanges techniques, comportementaux, à la faveur du corridor israélien ? « On n’a pas encore trouvé d’outils Levallois de plus de 250 000 ans en Israël même », rappelle Israël Herchkovitz. Or, des fossiles datés de ces mêmes niveaux temporels ont été découverts à Misliya, révèle-t-il. Mais il est encore trop tôt pour dire à quelle espèce du genre Homo ils appartiennent. A suivre, donc…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.
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Un algorithme coopératif et communicant

Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h00
    |

                            Paul Seabright (Professeur de sciences économiques à lInstitut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            
Recherches. Les prouesses de l’intelligence artificielle sont louées quotidiennement dans les médias, et l’on pourrait croire que les algorithmes essaient de dépasser les êtres humains dans tous les domaines de nos activités. En fait, la majorité des recherches en intelligence artificielle essaient de reproduire et de perfectionner des compétences que l’on peut mettre directement au service de l’être humain (comme avec la robotique) ou qui servent dans les combats à somme nulle (comme les échecs, le poker ou le go).
Rares sont les projets qui travaillent sur les compétences utiles pour les tâches qui mêlent le conflit et la coopération, où il y a des bénéfices à la coopération, mais des conflits sur la répartition de ces bénéfices. Pourtant ces tâches sont au cœur de la société humaine, notamment dans le domaine de l’échange économique.
Une étude qui vient de paraître s’adresse directement à ce défi passionnant (« Cooperating with machines », par Jacob Crandall, Mayada Oudah, Jean Tennom, Fatimah Ishowo-Oloko, Sherief Abdallah, Jean-François Bonnefon, Manuel Cebrian, Azim Shariff, Michael A. Goodrich et Iyad Rahwan, Nature Communication 9/233, 2018, lien vers PDF en anglais).
Expériences économiques
Les auteurs ont cherché à construire des algorithmes capables d’agir de manière coopérative autant avec d’autres algorithmes qu’avec des êtres humains. Leur tâche a été compliquée par le fait que la coopération humaine est facilitée par d’autres qualités que l’intelligence purement cognitive – surtout l’empathie, l’intuition, la sensibilité aux normes et à la communication.
Lors des expériences, les sujets humains arrivent plus facilement à coopérer lorsqu’ils ont la possibilité de communiquer entre eux, même si cette communication ne les engage en rien. En serait-il autant pour les algorithmes ? La réponse a été positive.
Les chercheurs ont mis en place des expériences économiques sous forme de jeux répétés...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Bâtis par les meilleurs artistes, les palais et villas traduisent la richesse d’une cité qui fut l’un des carrefours du commerce Orient-Occident au tournant de notre ère.
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Archéologie : Pétra, « la  Dubaï  de l’époque »

Bâtis par les meilleurs artistes, les palais et villas traduisent la richesse d’une cité qui fut l’un des carrefours du commerce Orient-Occident au tournant de notre ère.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h29
    |

            Florence Evin








                        



   


APétra, en Jordanie, comme à Persépolis en Iran ou à Athènes en Grèce, les recherches ­archéologiques renouvellent la connaissance des centres urbains antiques. Le grand élan des premières fouilles au Proche-Orient, au XIXe siècle, visait la sauvegarde du monumental, palais et sanctuaires. ­Depuis les années 1980, les archéologues s’intéressent, aussi, au vernaculaire, à la vie quotidienne des habitants. Comme l’illustrent les fouilles à Pétra, capitale nabatéenne d’un royaume indépendant au IVe siècle avant notre ère, devenue ­romaine en 106. On connaît sa nécropole spectaculaire, aux tombes rupestres à fronton sculptées tels des palais dans la roche rouge du cirque montagneux qui enserre le centre-ville. Aujourd’hui, c’est son habitat, jusque-là peu étudié, qui mobilise les scientifiques.

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« Avec les équipes internationales sur le terrain, notamment française, allemande, italienne, américaine, finlandaise et jordanienne, c’est un site qui bouge », souligne Laurent Tholbecq, professeur chargé de la chaire d’archéologie des provinces romaines, à l’Université ­libre de Bruxelles, responsable de la mission française à Pétra. « C’est une ville comme les autres avec toutes ses fonctions, un ­habitat domestique, des ­bâtiments publics » et des édifices cultuels.
Au sud-est, en surplomb, accessible par un cheminement d’escaliers, a été mis au jour « un petit sanctuaire tribal ou familial, la chapelle d’Obodas Ier, avec une statue de ce roi divinisé, daté de l’an 20. Toutes les tribus ont un dieu, rappelleLaurent Tholbecq.Cent trente-troissignatures et des restes de banquets attestent de sa fréquentation jusqu’au IIe siècle. »
La manne, c’est l’encens
Plusieurs centaines d’inscriptions ont été relevées sur le site par Laïla Nehmé, directrice de recherche au CNRS. L’archéologue épigraphiste a cartographié, sous 3 300 numéros, les monuments de Pétra. En 2015, c’est le complexe thermal de Jabal Khubthah, en partie rupestre, ­situé en à-pic sur le théâtre de la ville, qui a été fouillé. Le modèle en 3D des vestiges, réalisé par la mission française et le laboratoire ArScAn, est un plan carré à sept pièces, avec bassins froid et chaud, alimentés par deux citernes ­reliées à deux aqueducs.

   


Forteresse naturelle, Pétra occupe une plaine intérieure de 1,5 kilomètre de large sur 1 kilomètre de long. La cité a survécu près de mille ans grâce à trois sources actives toute l’année et une gestion pointue de la distribution de l’eau. Les fouilles récentes révèlent « une ville riche, avec des villas décorées de peintures murales, de stucs, aux sols en marbre, équipées de citernes, de bains privés et de chauffage, qui rappellent celles de Pompéi », note l’architecte Thibaud Fournet (CNRS) de l’Institut français du Proche-Orient, à Amman. Lequel travaille sur le quartier romano-nabatéen « extrêmement luxueux ».

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« C’est la Dubaï de l’époque, avec ses ­palais de marbre italien bâtis par les meilleurs artistes venus d’Alexandrie et d’ailleurs, dans un mélange baroque ­mariant l’Occident et l’Orient, au confort exubérant très m’as-tu-vu, s’emporte ­Thibaud Fournet. Le vocabulaire architectural gréco-romain est enrichi à tous les étages de merlons et peint de toutes les couleurs avec des guirlandes d’or. » Chaque maison possède une pièce spectaculaire articulée autour d’une cour équipée de banquettes. Les Nabatéens prennent leurs repas couchés, comme les Romains qui ont adopté la pratique orientale.
Charlène Bouchaud, archéo-botaniste au CNRS, a identifié les graines qui sont à la base de l’alimentation – orge, blé, vigne, olivier, lentilles et pois. Figues, ­grenades et pistaches s’avèrent plus rares, comme les noix et les dattes. Le charbon de bois provient du ­genévrier, du pin et du chêne. Pétra contrôle le commerce Orient-Occident, entre Akaba sur la mer Rouge et le port de Gaza en Méditerranée. Elle assure le transport caravanier des aromates, des épices et du bitume de la mer Rouge. La manne, c’est l’encens, provenant du ­Yémen, qui se vend à prix d’or à Rome, comme en Egypte ou en Mésopotamie. Cette gomme issue de la résine du Boswellia sacra sert aux fumigations dans les temples et aux rituels religieux des divers cultes et civilisations du ­Proche-Orient et de l’Occident.

   


Depuis 2015, la mission française ­explore un complexe thermal situé à 7 kilomètres au sud, découvert par Léon de Laborde en 1828, au débouché d’une piste caravanière. Précisément au confluent du Wadi Sabra et du Wadi ­Arabah, donnant accès à la fois à la mer Rouge et à la Méditerranée. Les récents relevés de Thibaud Fournet ont identifié un temple avec son téménos (la cour ­sacrée), mais aussi des bains et un théâtre rupestre. Il s’agirait d’un complexe « situé au point d’arrivée des grandes ­caravanes à Pétra, servant aux fêtes religieuses et commerciales des Bédouins, suggère Laurent Tholbecq. Le sanctuaire est un lieu neutre, dans lequel les tribus en conflit peuvent se réunir. En Jordanie, le droit officiel et le droit coutumier perdurent. » En 2018, les prochaines fouilles diront si son utilisation date de l’arrivée d’une garnison au IIIe siècle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Si l’agriculture a sédentarisé les hommes, la hiérarchisation de la société et l’activité économique ont contribué à créer les grandes cités. Dont certaines ne sont plus aujourd’hui que des ruines ensevelies.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
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Et l’humanité inventa la ville

Si l’agriculture a sédentarisé les hommes, la hiérarchisation de la société et l’activité économique ont contribué à créer les grandes cités. Dont certaines ne sont plus aujourd’hui que des ruines ensevelies.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 20h28
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Il y a dix ans, en 2007, l’humanité a franchi un cap dans une relative indifférence. Cette année-là, les démographes ont annoncé que, pour la première fois de l’histoire, plus de la moitié des Homo sapiens vivaient en ville. Ces chercheurs notaient qu’au cours des trois décennies précédentes le nombre d’agglomérations comptant entre 500 000 et 10 millions d’habitants avait doublé, passant de 420 à 849. Ils prévoyaient aussi que le mouvement allait se poursuivre : nous devrions être 5 milliards d’urbains en 2030.
Une étude prospective publiée en 2012 dans PNAS, les comptes rendus de l’Académie des sciences américaine, expliquait qu’entre le début du XXIe siècle et 2030 l’espace dévolu aux villes augmenterait de 1,2 million de kilomètres carrés dans le monde. Chaque jour qui passe, 110 kilomètres carrés de la Terre – soit un peu plus de la superficie de Paris – se transforment en morceaux de ville. L’étude annonçait ainsi une explosion urbaine en Afrique, principalement dans cinq grandes régions : autour du Nil en Egypte, dans le golfe de Guinée, sur les rives nord du lac Victoria, dans le nord du Nigeria – pays le plus peuplé du continent et en forte croissance démographique – et dans la région de la capitale éthiopienne Addis-Abeba. Se dessine aussi, en Chine, un cordon côtier urbanisé de 1 800 kilomètres de long, entre Hangzhou et Shenyang… La ville, aujourd’hui, semble la norme de plus en plus évidente, voire inévitable, de l’habitat humain.

Après tout, notre civilisation ne s’inspire-t-elle pas de grandes cités (Athènes, Rome) ? Nous avons tous en tête et pour références les splendeurs et la puissance des civilisations mésopotamienne, égyptienne, grecque, qui semblent être surgies comme par miracle du néant. Sans jamais nous poser vraiment la question de leur apparition, du processus par lequel l’humanité inventa la ville.
Banques alimentaires
Comme le reconnaît Jean Guilaine, professeur au Collège...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ « Le Monde » et « National Geographic » vous invitent à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. Chaque ouvrage, illustré de magnifiques images scientifiques en 3D, ­ressuscite leur architecture et les civilisations dont elles sont le berceau.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                

La collection archéologie

« Le Monde » et « National Geographic » vous invitent à la découverte ­des grandes cités antiques telles qu’elles étaient au temps de leur splendeur. Chaque ouvrage, illustré de magnifiques images scientifiques en 3D, ­ressuscite leur architecture et les civilisations dont elles sont le berceau.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h25
   





                        



   


1 - Pétra
Les majestueux tombeaux, délicatement sculptés dans les montagnes du désert en Jordanie, sont les vestiges les plus spectaculaires de Pétra, la capitale du royaume nabatéen qui, aux débuts de l’ère chrétienne, devint l’étape-clé des routes caravanières reliant l’Orient à l’Occident.
3,99 €, en vente le mercredi 24 janvier

   


2 - Athènes
Après son saccage par les Perses, Athènes connut, sous le gouvernement de Périclès (Ve siècle avant J-C), une période de splendeur sans précédent et entreprit un ambitieux programme de reconstruction. L’Acropole, réaménagée avec l’aide du grand sculpteur Phidias, incarne cette renaissance architecturale qui permit à la ville de renouer avec sa vocation de capitale du monde grec.
9,99 €, en vente le mercredi 31 janvier

   


3 - Pompéi
L’éruption du Vésuve de 79 apr. J.-C. détruisit toute trace de vie à Pompéi, une ville prospère du sud de l’Italie dont les temples, les rues, les commerces et les maisons restèrent enfouis sous les cendres pendant des siècles, avant d’être enfin redécouverts.
9,99 €, en vente le mercredi 7 février

   


4 - Palmyre
Oasis isolée au milieu du désert syrien, Palmyre devint, pendant les trois premiers siècles de l’ère chrétienne, une cité prospère grâce au commerce caravanier, allant, sous le règne de l’ambitieuse Zénobie, jusqu’à défier l’autorité de Rome et s’ériger en empire, certes éphémère, mais d’une étendue considérable.
9,99 €, en vente le mercredi 14 février

   


5 - Rome
Le Colisée, le Panthéon, les forums impériaux, les marchés et la colonne Trajane… Aux Ier et IIe siècles, une incroyable fièvre bâtisseuse s’empare de Rome. Sous cette impulsion, la ville aux sept collines se dote d’un urbanisme à la hauteur de son statut de capitale du plus grand empire de l’Antiquité.
9,99 €, en vente le mercredi 21 février

   


6 - Angkor
Capitale du royaume khmer, dans l’actuel Cambodge, Angkor est un site unique au monde dont la surface atteignit en son temps 1 000 km2 et la population 750 000 habitants. Des temples aujourd’hui dispersés dans la jungle témoignent de la splendeur de cette ville qui domina le Sud-Est asiatique aux XIIe et XIIIe siècles.
9,99 €, en vente le mercredi 28 février

   


7 - Persépolis
C’est avec Persépolis que l’Empire achéménide a trouvé la représentation la plus aboutie de sa grandeur. Majestueuse et solennelle, la cité édifiée par le roi perse Darius Ier abritait des palais et des temples d’une beauté éblouissante sur une terrasse créée artificiellement au pied de la montagne sacrée de Mithra.
9,99 €, en vente le mercredi 7 mars

   


8 - Chichén Itzá 
Chichén Itzá est le fruit du génie des savants mayas. Ces architectes et astronomes ont su donner à cette ville du Yucatán maya, dédiée au dieu Kukulcán et dominée par son énigmatique pyramide, une perfection formelle et symbolique saisissante.
9,99 €, en vente le mercredi 14 mars

   


9 - Louxor et Karnak 
Voici plus de 3 500 ans, en instituant le culte du dieu Amon, les pharaons du Nouvel Empire convertirent la petite ville de Thèbes – l’actuelle Louxor – en nouvelle capitale de l’Egypte et la dotèrent de temples d’une beauté hors du commun.
9,99 €, envente le mercredi 21 mars

   


10 - Ephèse 
L’antique cité grecque d’Ephèse, principal port d’Asie Mineure, fut aussi un important centre religieux. C’est là que s’élevait l’une des sept merveilles du monde, le temple d’Artémis. Devenue capitale de la province romaine d’Asie, la cité prospéra et compta jusqu’à 250 000 habitants.
9,99 €, en vente le mercredi 28 mars



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ L’ancien président de l’université Paris-XIII, défenseur des médecines naturelles, est mort le 10 janvier à Paris à l’âge de 86 ans.
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La mort du professeur de médecine Pierre Cornillot

L’ancien président de l’université Paris-XIII, défenseur des médecines naturelles, est mort le 10 janvier à Paris à l’âge de 86 ans.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h10
    |

            Paul Benkimoun








                        


                                                        
Symbole iconoclaste, salué par les uns pour avoir ouvert les portes de l’université aux « médecines naturelles » et honni par les autres pour les mêmes raisons, le professeur Pierre Cornillot, ancien président de l’université Paris-XIII, est mort le 10 janvier à Paris. Médecin et biologiste des hôpitaux, Pierre Cornillot avait obtenu son doctorat en 1959 avant d’être nommé agrégé de biochimie en 1962. Maître de conférence à la faculté de médecine de Paris, il fonde la faculté de santé, médecine et biologie humaine de Bobigny, d’abord au sein de la faculté de médecine Xavier-Bichat, puis autonome au début des années 1970. Il en sera le doyen de 1968 à 1987.
Pendant cette période, il crée en 1982 le Département universitaire des médecines naturelles (Dumenat), au sein duquel vont être mis sur pied des enseignements donnant lieu à un diplôme universitaire d’homéopathie, d’acupuncture, d’auriculothérapie, d’ostéopathie, de naturothérapie, de mésothérapie – ouverts à tous les personnels de santé – et de phytothérapie – ouvert à tous. En 2013, le doyen Jean-Luc Dumas remettra en cause une bonne partie de ces cursus, qui auront donc fonctionné durant trente ans.
Le 8 décembre 1987, Pierre Cornillot est élu président de l’université Paris-Nord (Paris-XIII) pour un mandat de cinq ans. En 1999, avec Bérangère Amal, qui enseigne cette discipline au sein du Dumenat, il fonde l’Association médicale pour la promotion de la phytothérapie.
« Procès en sorcellerie »
Il crée également et dirige de 1993 à 2001 l’Institut universitaire professionnalisé (IUP) ville et santé sur le campus de Bobigny, en tant que département autonome de l’université Paris-XIII. En 2004, il s’oppose au président de cette université, Alain Neuman, qui décide de remettre en cause l’autonomie de gestion de ce qu’il appelle une zone de non-droit en dissolvant l’IUP et en transférant ses filières dans les facultés relevant de Paris-XIII.
Le site Clés de santé, qui vante les mérites...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Cette affection neurodégénérative se caractérise par des défauts de communication entre neurones. Une équipe française a mis au point un cerveau de poche qui permet d’étudier leurs inter­actions.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/01/2018
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Pédaler pour sauver 10 000 vies par an

Une étude internationale montre comment une simple hausse de 10 % du réseau de pistes cyclables aurait un impact statistiquement significatif sur la mortalité.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h41
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Imaginez une molécule qui sauve la vie de quelque 10 000 personnes en Europe, chaque année. L’Agence européenne du médicament l’approuverait probablement avec une procédure accélérée, et les questions du remboursement et du prix se ­résoudraient, peut-être après d’âpres négociations entre laboratoires et autorités de santé. A défaut, les associations de patients ou d’usagers ne manqueraient pas de monter au créneau, pour exiger d’avoir accès au plus vite à un traitement aussi efficace.
Maintenant, remplacez le mot « molécule » par « densification du réseau de pistes cyclables » et voyons si le même raisonnement peut s’appliquer. Pour cela, partons d’une étude internationale, ­publiée le 15 janvier dans la revue Preventive Medicine par des chercheurs du Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal).
Ce travail s’inscrit dans le projet Physical Activity Through Sustainable Transport Approaches (Pasta), un programme financé par l’Union européenne (UE) qui vise à montrer « comment la promotion de la mobilité active – marche et vélo – conduit à une population en meilleure santé, plus active physiquement, tout en permettant des économies ».
Vies potentiellement épargnées
Pour évaluer le nombre de vies potentiellement épargnées par une politique urbaine favorisant les déplacements à vélo, Natalie Mueller et ses collègues se sont intéressés à 167 villes de onze pays européens. La longueur de leur réseau cyclable et sa densité ont été estimées, ainsi que la part de l’utilisation de la bicyclette pour les trajets quotidiens.
Dans sept de ces cités participant au projet Pasta (Barcelone, Londres, Rome…), les chercheurs ont testé quatre scénarios pour quantifier l’évolution de la part de trajets à vélo, selon que la longueur du ­réseau cyclable augmenterait de 10 %, 50 % ou 100 %. Dans une bouffée d’optimisme réjouissante, ils ont même envisagé l’hypothèse – c’est le quatrième ­scénario...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’universitaire américain Jared Diamond revient sur la méfiance paradoxale qu’ont toujours inspirée les savants aux Etats-Unis.
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Aux Etats-Unis, « un gouvernement d’une hostilité sans égale envers la science »

Dans une tribune au « Monde », l’universitaire américain Jared Diamond revient sur la méfiance paradoxale qu’ont toujours inspirée les savants aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 04h30
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25.01.2018 à 10h39
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Jared Diamond (professeur de géographie à l’université de Californie, Los Angeles)







                        



                                


                            

Tribune. L’administration Trump a récemment ordonné au Center for Disease Control (CDC, Centre pour le contrôle des maladies), l’agence fédérale de santé et de recherche biomédicale, de retirer de toute demande de financement des mots dont les vertus, auparavant, ne faisaient pas débat.
Cette liste de mots nouvellement proscrits a suscité colère et stupéfaction, non seulement parce que ce diktat gouvernemental représente un acte de censure du langage contrevenant aux principes de la démocratie, mais aussi parce que les mots eux-mêmes sont, pour certains, d’une importance capitale pour le contrôle des maladies, pour la démocratie américaine et les valeurs républicaines conservatrices.
Quels sont ces vilains vocables ? La liste comprend le mot « vulnérable » – mais le CDC a bien sûr pour mission d’identifier ces maladies, auxquelles les Américains sont vulnérables. Un autre vilain mot est « diversité » – mais un contrôle efficace des maladies suppose de reconnaître que les gens ne sont pas vulnérables de la même façon aux maladies : il y a une grande diversité de vulnérabilités. Par exemple, le cancer de l’ovaire touche les femmes et non les hommes ; la maladie d’Alzheimer les personnes âgées et non les tout-petits ; quant au cancer de la peau, il touche bien plus les Américains à peau claire que ceux à peau foncée.
Un autre vilain mot à proscrire est « droit ». Mais la célèbre deuxième phrase de notre Déclaration d’indépendance de 1776 stipule que « nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables (…) Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits ». Autant dire que notre nation fut fondée sur la croyance en certains droits, et sur l’idée acceptée par tous que le gouvernement américain a pour principale mission de les garantir.
Ironie particulière
Il est désormais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Une équipe chinoise a réussi à engendrer deux macaques identiques en utilisant le transfert de noyau mis en œuvre en 1996 pour créer la célèbre brebis.
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Premier clonage de primates selon la technique employée pour la brebis Dolly

Une équipe chinoise a réussi à engendrer deux macaques identiques en utilisant le transfert de noyau mis en œuvre en 1996 pour créer la célèbre brebis.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 20h09
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25.01.2018 à 10h07
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Ce pourrait être une information banale dans le carnet rose : « Qiang Sun et Muming Poo sont heureux de vous faire part de la naissance, à Shanghaï, des jumeaux Zhong Zhong et Hua Hua. » Mais, ce que ces deux chercheurs seniors développent dans un article publié jeudi 24 janvier dans la revue Cell n’est ni plus ni moins que le premier clonage réussi de deux primates, en utilisant la même méthode que celle qui avait permis la naissance, le 5 juillet 1996 à Edimbourg (Royaume-Uni), de la brebis Dolly. Les scientifiques chinois espèrent pouvoir produire des lignées d’animaux génétiquement identiques utilisables à des fins de recherche.
La naissance de Dolly, morte le 14 février 2003, avait produit l’effet d’un séisme, tant sur le plan de la percée scientifique que sur celui des débats éthiques qu’elle suscitait. Pour la première fois, des chercheurs étaient parvenus à faire naître un animal en bonne santé, réplique génétique à l’identique de sa mère, sans passer par la reproduction sexuée. Depuis, vingt-trois espèces de mammifères différentes ont fait l’objet d’un clonage de ce type, de la souris au chameau en passant par le cheval et le cochon.
Pour faire naître Dolly, l’équipe écossaise de Ian Wilmut avait transféré un noyau prélevé sur une cellule différenciée adulte dans un ovocyte de brebis préalablement débarrassé de son propre noyau. Contrairement à une cellule adulte, qui contient une paire de chaque chromosome, l’ovocyte n’en compte qu’un jeu. Ce n’est qu’après la fécondation par un spermatozoïde que l’œuf se retrouve pourvu d’un patrimoine génétique complet. C’est aussi à ce résultat qu’aboutit le transfert nucléaire.
Reprogrammation
Cependant, les différentes tentatives d’appliquer ce procédé à des primates non humains n’avaient pas donné lieu à une descendance viable. En octobre 1999, des chercheurs de l’Oregon (Etats-Unis) avaient bien fait naître une femelle singe rhésus, nommée Tetra, mais en recourant à une...




                        

                        

