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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ Editeur de nombreux livres à succès, notamment « Un sac de billes », de Joseph Joffo en 1973, il avait quitté l’édition en 1991 pour se consacrer à l’écriture.
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Mort de l’éditeur Jean-Claude Lattès, à 76 ans

Editeur de nombreux livres à succès, notamment « Un sac de billes », de Joseph Joffo en 1973, il avait quitté l’édition en 1991 pour se consacrer à l’écriture.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 13h53
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



   


Fondateur de la maison d’édition qui porte son nom, Jean-Claude Lattès est mort samedi 27 janvier, a fait savoir son ami Bernard Pivot à l’Agence France-Presse. Agé de 76 ans, il avait quitté le milieu de l’édition en 1991 pour s’installer en Provence et se consacrer à l’écriture de romans historiques.
Né à Nice en 1941, Jean-Claude Lattès définissait sa vie comme celle d’un « passeur ». D’informations, d’abord : après ses études à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, il devient journaliste, au service culture de Combat, écrivant aussi pour les pages littéraires de plusieurs publications. De livres, ensuite, évidemment : en 1965, il est nommé à la tête du service promotion des éditions Robert Laffont — dont il considérera toujours le fondateur comme son « maître ». Néanmoins, quand celui-ci refuse de lancer une collection de livres sur l’actualité, Jean-Claude Lattès part et fonde, avec Jacques Lanzmann, Les Editions spéciales, dont la première publication, en 1968, Ce n’est qu’un début, de Philippe Labro, consacré aux événements du mois de mai, connaît un grand succès.
Retraite à 50 ans pour écrire
Trois ans plus tard, la maison est rebaptisée Jean-Claude Lattès. Après des débuts difficiles, la décision de rééditer tous les livres de la série Tarzan, de l’écrivain américain Edgar Rice Burroughs, « sauve » l’entreprise, aux propres dires de l’éditeur. Suivra un phénomène d’édition comme Un sac de billes, de Joseph Joffo (1973), et l’arrivée d’auteurs tels Amin Maalouf, Irène Frain ou Jean d’Ormesson. Jean-Claude Lattès publie notamment l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz, qui obtiendra en 1988 le prix Nobel de littérature.
En 1981, Jean-Luc Lagardère, qui vient de reprendre Hachette, lui propose de racheter sa maison, et lui offre la direction du département livres de tout le groupe. Jean-Claude Lattès accepte, développe le département, lui confère une dimension internationale, en en faisant le troisième groupe d’édition au monde (le premier pour les dictionnaires et les encyclopédies). Mais en 1991, le gouffre creusé par la chaîne de télévision La 5 et une année morose pour le marché du livre entraînent le choix d’Hachette de repenser sa stratégie éditoriale, et le départ de Jean-Claude Lattès. Agé de 50 ans, il quitte Paris et se retire dans un village provençal. Il y écrira, tout en voyageant beaucoup à travers le bassin méditerranéen, deux livres avec Eric Deschodt : Le Seul Amant et Marguerite et les enragés (Seuil, 2000 et 2005) puis, seul, Le Dernier Roi des juifs (NiL éditions, 2012).
La maison qui porte toujours son nom reste l’un des fleurons du groupe Hachette, publiant des best-sellers internationaux comme Da Vinci Code, de Dan Brown, ou Cinquante nuances de Grey, d’E.L. James, et des auteurs français à succès tels Delphine de Vigan ou Grégoire Delacourt.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.
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« Promouvoir un monde habitable », une nécessité pour la philosophe Corine Pelluchon

Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h39
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            

Quatre étages sans ascenseur. Escalier propre et net. Sous les toits d’un petit immeuble, dans une rue calme de Paris, non loin de la porte d’Italie, vit et travaille Corine Pelluchon. « Eh oui, ça se mérite… », dit-elle en souriant au visiteur un peu essoufflé par ce trajet vers les hauteurs, qui bientôt respire mieux, dans un appartement sans un bruit, tapissé de livres.
En fait, cette scène évoque, à sa manière, le parcours de la philosophe. Parce que la pensée aussi, « ça se mérite ». ­Corine Pelluchon en sait quelque chose. Etre une femme philosophe, ce n’est pas si facile. Nombreuses, évidemment, sont les enseignantes. Bien plus rares sont celles qui, malgré obstacles et barrières, parviennent à construire une pensée rigoureuse, utile, à la hauteur des défis de l’époque, jusqu’à y vouer leur existence.
Etre allée de l’enseignement secondaire à l’université, de la philosophie politique à la construction d’une nouvelle éthique, de Leo Strauss (1899-1973) à la cause animale, devenue l’axe majeur de son existence, dessine une trajectoire singulière. Les livres successifs qui l’ont marquée en constituent, en un sens, les étages. Ils mènent à ce point de vue plus élevé, d’où, aujourd’hui, elle considère les liens entre le psychisme des individus et l’avenir possible de notre monde. Pour aider à le changer.
Son objectif est politique
Car Corine Pelluchon ne fait pas de la philosophie pour le seul plaisir des concepts et des jeux théoriques. Son objectif est politique : éveiller nos consciences individuelles pour transformer peu à peu la société, le modèle de développement et de production, l’organisation du travail, les styles de vie… On jugera peut-être que c’est démesuré. Mais on a l’impression, en rencontrant l’auteure, qu’elle n’a pas le choix. Comme si une force interne la poussait impérieusement à écrire, mais pas simplement, il faut le répéter, pour explorer des idées et en faire des livres. Son désir est d’agir,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Selon Grégory Jarry, auteur et éditeur de bande dessinée, ce moyen d’expression reste un territoire ­à ­conquérir.
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« Le roman-photo va frapper là où on ne l’attend pas »

Selon Grégory Jarry, auteur et éditeur de bande dessinée, ce moyen d’expression reste un territoire ­à ­conquérir.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
   





                        


Par Grégory Jarry

   


C’est un fait, il y a un grand retour du ­roman-photo. Il s’est publié une dizaine d’albums de romans-photos ces douze derniers mois – entre autres : L’Illusion nationale, de Valérie Igounet et Vincent Jarousseau (Les Arènes, 2017) ; Mon voisin Brad Pitt,de Lisa Lugrin et Clément Xavier (NA Editions, 2017) ; Le Syndicat des algues brunes, d’Amélie Laval (FLBLB, 240 p., 25 euros). Ça peut paraître peu, mais c’est presque autant que toute la production des quarante années passées. Attention, il faut savoir de quoi on parle quand on dit roman-photo. On parle d’un moyen d’expression et non d’un genre. On parle de quelque chose d’équivalent, pour le cinéma, à la bande dessinée. Oserais-je dire qu’on parle d’un art ? Un art qui aurait, jusqu’à présent et pour des raisons bassement mercantiles, été corseté par un genre : l’eau de rose.
L’eau de rose en roman-photo, c’est à vous dégoûter de l’amour. La plupart du temps, c’est industriel, la chair n’a pas de saveur, les os se délitent, de la vraie flotte. Alors oui, on met le roman-photo au musée, on rigole de ces filles jeunes et fardées dans les bras de ces messieurs plus âgés et en imperméable. On aimerait bien que ce soit plus que ça, mais hélas, ce n’est pas plus que ça, et c’est même moins que ça, car ça occulte ce qu’il y a de plus intéressant dans le roman-photo : le roman-photo lui-même, un moyen d’expression formidablement sous-exploité, qui n’a pas encore rencontré son Chaplin, son Hergé. Un moyen d’expression qui utilise la puissance du langage de la bande dessinée. Un moyen d’expression qui a besoin du réel, d’un tournage, d’acteurs, à l’instar du cinéma. Mais un moyen d’expression en soi, qui peut dire les choses à sa façon, qui n’a pas besoin de ses cousins pour exister.
Grande liberté d’action
Il n’y a aucune raison pour qu’on n’arrive pas à produire de grandes œuvres en roman-photo, je dirais même que les prochains auteurs de romans-photos ont toutes les chances de créer des chefs-d’œuvre, comme ce fut le cas pour le cinéma ou la bande dessinée quasiment dès leurs débuts. Car le roman-photo demeure un territoire ­immense à ­conquérir, et il est quasiment inexploré. Pas grand monde pour s’y risquer, à part les dix pingouins qui ont publié leur livre l’an dernier. Si on compare aux 5 000 BD qui sortent chaque année, ce n’est pas grand-chose.
Il y a moyen d’exister, peut-être même de se faire un nom. Même sans ça : un roman-photo est passionnant à réaliser, et pas si compliqué. Pas de gros moyens techniques en œuvre, ni de budget pharaonique. Un seul ­individu peut faire un roman-photo, ou une petite équipe. C’est là sa grande force : sa simplicité, sa légèreté, et aussi le fait que l’industrie ne s’intéresse pas à lui, qu’il n’est pas en pleine lumière. Tout cela procure une grande liberté d’action.
Ses troupes vont grossir
Le roman-photo est un art jeune, radieux, qui a claqué la porte de chez ses parents, ces vieux croûtons englués dans leurs histoires d’amour à deux balles. Il est allé se planquer dans les sous-bois pour y mener une guérilla, il va surprendre, il va frapper là où on ne l’attend pas, et ses troupes vont grossir. Car le roman-photo appelle à lui tout ce que l’époque compte de photographes payés une misère par la presse ou les gazettes municipales, de cinéastes qui en ont ras-le-bol de perdre des années à financer leurs films, d’auteurs de BD qui dessinent laborieusement d’après photo, de graphistes qui bossent lamentablement dans la pub ou tout simplement d’authentiques auteurs de romans-photos qui s’ignorent, ou qui en font sans trop y croire. Il appelle à lui tous les producteurs d’images qui ont envie de raconter des histoires et qui butent pour le faire, parce que tout est bouché, que les « fils de » occupent les meilleures places, que la surproduction tous azimuts fait que rien ne marche sans marketing agressif ou alors il faut un gros coup de bol.
Vous savez pourquoi l’époque est propice au roman-photo ? Parce que c’est la meilleure chose à faire et qu’on en a marre du reste.
Grégory Jarry est auteur et éditeur de bande dessinée aux éditions FLBLB.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ De simples à-plats d’encre traversent la bande dessinée depuis ses origines. Fumisterie ? Loin de là : par leur polysémie, ils montrent toute la richesse de cet art narratif. Exploration, à l’occasion du Festival d’Angoulême.
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BD : la polysémie de la case noire

De simples à-plats d’encre traversent la bande dessinée depuis ses origines. Fumisterie ? Loin de là : par leur polysémie, ils montrent toute la richesse de cet art narratif. Exploration, à l’occasion du Festival d’Angoulême.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 13h47
    |

                            Anne Favalier








                        



                                


                            

Un à-plat d’encre de Chine, parfois incrusté de texte, de bulles, de signes : en bande dessinée, la case noire serait-elle une fumisterie ? Elle est là dès l’origine. Cham l’ose en 1839 dans Histoire de M. Lajaunisse : deux cases noires montrent la chambre dans laquelle le personnage se couche après avoir soufflé sa chandelle. Gag innocent ? Pas seulement : « Cette intrusion de l’abstrait au beau milieu d’une narration par l’image est un moyen de questionner le médium, de pointer du doigt son fonctionnement et de mettre le lecteur en déroute », analyse Camille Filliot dans sa thèse intitulée La Bande dessinée au siècle de Rodolphe Töpffer (université Toulouse-Le Mirail, 2011).
Dès lors, les auteurs s’emparent du ­concept. Gustave Doré en fait les « ténèbres de l’antiquité » dans L’Histoire de la sainte Russie (1854).

Quand, en 1882, la toile Combat de nègres dans un tunnel, de Paul Bilhaud, est exposée au parodique salon des Arts incohérents, elle suscite une floraison de cases noires dans la « littérature en ­estampes », avec comme point d’orgue les déclinaisons colorées de l’Album primo-avrilesque (1897), d’Alphonse Allais : « Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige », « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge »…

Littéral, figuratif, abstrait
Hergé reprend l’idée dès Tintin au pays des Soviets (1930) : cet amateur d’art moderne place une case noire après une bagarre dans l’obscurité, peut-être une citation du Carré noir sur fond blanc (1915), de Malevitch. Elle revient dans presque tous les albums du ­reporter à la houppette, souvent pour un ­effet de suspense. « En ne montrant rien d’une scène, le dessinateur déclenche des images dans l’imagination du lecteur », écrit Scott McCloud dans L’Art invisible (Vertige Graphic, 1999), essai en BD sur la BD.

La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 86)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 07h13
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ Le récit islandais de Jérémie Moreau a été désigné « meilleur album de bande dessinée » de l’année par le jury du Festival d’Angoulême. Retrouvez tout le palmarès.
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BD : « La Saga de Grimr » remporte le Fauve d’or à Angoulême

Le récit islandais de Jérémie Moreau a été désigné « meilleur album de bande dessinée » de l’année par le jury du Festival d’Angoulême. Retrouvez tout le palmarès.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 20h14
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h26
    |

            Frédéric Potet (Angoulême, envoyé spécial)








                        


Le succès, et le talent avec lui, n’attendent pas le nombre des années. Le Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême a récompensé un auteur de 30 ans, Jérémie Moreau, samedi 27 janvier, lors de la soirée de clôture de sa 45e édition. L’ancien élève de l’école d’animation des Gobelins s’est vu décerner le Fauve d’or du meilleur album de l’année pour La Saga de Grimr, publiée à l’automne par Delcourt. Remarqué en 2012 avec Le Singe de Hartlepool (Delcourt, sur un scénario de Wilfrid Lupano), son premier album, ce nouveau prodige du 9e art est un habitué du Festival d’Angoulême : il a participé huit années de suite, enfant, au concours de BD scolaire, qu’il a gagné en 2005, avant de remporter le prix Jeunes Talents, sept ans plus tard.

   


La Saga de Grimr se déroule en Islande, à la fin du XVIIIe siècle, quelques années avant la plus importante éruption volcanique de l’histoire. On y suit le destin d’un jeune orphelin prénommé Grimr, doté d’une force herculéenne, qu’un voleur de grand chemin a pris sous son aile. Accusé de meurtre, il devra lutter contre le pire déshonneur qui soit au pays des sagas : la mauvaise réputation — celle de troll en l’occurrence.

   


Porté par un souffle romanesque indéniable, ce récit au long cours (220 pages) vaut aussi pour la beauté magnétique de ses pages. Mariant l’aquarelle à la palette graphique, le dessinateur y magnifie les paysages de l’île de l’Atlantique nord par la grâce de variations chromatiques rappelant parfois le peintre britannique David Hockney. A la manière d’un Lorenzo Mattotti, Jérémie Moreau fait ici la démonstration qu’une certaine picturalité n’est pas interdite en bande dessinée.
Le reste du palmarès a notamment récompensé Marion Montaigne pour Dans la combi de Thomas Pesquet (Dargaux, prix du public) et Simon Hanselmann pour sa série Megg, Mogg & Owl (Misma, prix de la série).
Le palmarès complet
Grand Prix : Richard Corben
Fauve d’or : La Saga de Grimr (Delcourt), Jérémie Moreau
Prix du public : Dans la combi de Thomas Pesquet (Dargaud), Marion Montaigne
Prix polar : Jean Doux et le mystère de la disquette molle (Delcourt), Philippe Valette
Prix du patrimoine : Je suis Shingo, tome 1 (Le Lézard noir), Kazuo Umezu
Prix de la série : Happy Fucking Birhday - Megg, Mogg & Owl (Misma), Simon Hanselmann
Prix révélation : Beverly (Presque Lune), Nick Drnaso
Prix spécial du jury : Les Amours suspendues (Magnani), Marion Fayolle
Prix de la bande dessinée alternative : Bien Monsieur (collectif)
Prix jeunesse : La Guerre de Catherine (Rue de Sèvres), Julia Billet et Claire Flauvel



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).
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Rentrée de la BD : la sélection des meilleurs albums

Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h01
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 14h36
    |

            Frédéric Potet, 
                                Anne Favalier, 
Pauline Croquet et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« Journal d’Italie, tome 2. Hong Kong, Osaka »
de David B., Delcourt, « Shampooing », 144 p., 15,50 €.
« Etre un passant et manger le monde pour le dessiner ensuite. » Dans le premier tome de son Journal d’Italie (Delcourt, 2010), ­David B. dessinait les rêveries ésotériques inspirées de ses flâneries dans Trieste, Venise, Parme ou Bologne. L’auteur de L’Ascension du Haut Mal (L’Association, 1996-2003) pousse ses promenades occultes jusqu’à Hongkong et Osaka. Les canyons de béton de l’ancienne colonie britannique, les galeries commerciales du port japonais lui suggèrent des histoires horrifiques et merveilleuses de triades et de fantômes, de tengus et de yokaïs. Une ode somptueuse à l’errance et au monde des esprits, nourrie de mythes asiatiques, d’estampes japonaises, de récits et de rêves. An. F.

« Des chauves-souris, des singes et des hommes »
de Barroux (dessin) et Paule Constant, Gallimard, « Bande dessinée », 80 p., 18 € (en librairie le 2 février).
Un « thriller médical », c’est ainsi que Paule Constant décrit son roman Des chauves-souris, des singes et des hommes (Gallimard, 2016), qui raconte le début de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, en 2014. Barroux, illustrateur de livres pour enfants, a découpé ce récit pour y accoler ses dessins naïfs, en renouvelant la lecture. Les couleurs vibrantes – jaune, bleu, vert des journées africaines, ocre et rouge profonds de la nuit, grisaille de l’Europe où s’achève l’histoire – rythment le voyage meurtrier du virus, d’un village isolé de Guinée, en lisière de forêt, jusqu’à la ville au bord de la rivière, et au monde. Un conte terrible et magnifique. An. F.

« Bouncer, tome 10. L’or maudit »
de Boucq, Glénat, 80 p., 18 €.
Le cow-boy manchot, dit le Bouncer, est de retour. Il doit cette fois retrouver une enfant kidnappée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 31)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 23h02
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.
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Sélection livre : les musiques de l’Algérie par le chanteur Taoufik Bestandji

Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h32
    |

                            Patrick Labesse








                        


S’il existe des publications sur les musiques de l’Algérie, un livre faisant le tour de la question restait à écrire. Le musicien et chanteur algérien Taoufik Bestandji, installé en France depuis plus de vingt-cinq ans, spécialiste du malouf, la musique arabo-andalouse de Constantine, sa ville natale, s’est mis au travail. Conçu à partir de ses notices de disques, augmentées et organisées dans un ordre raisonné, cet ouvrage ne prétend pas à l’exhaustivité. Des composantes contemporaines n’y sont pas abordées, telles que les musiques actuelles sous influences occidentales (pop-rock, reggae, jazz, hip-hop, électro…). Ce petit livre n’en reste pas moins utile pour découvrir la richesse musicale de l’Algérie.
« La musique rurbaine »
L’auteur y aborde ce qu’il nomme « le fait musical berbère » aussi bien que la musique des Touareg, les musiques et danses des Berbères-Chaouia du massif de l’Aurès comme celles du grand Sahara (« mixage de l’élément arabe, notamment hilalien, et de l’élément africain »), avant de s’arrêter sur « la musique rurbaine », celle « qui intègre et reflète les phénomènes d’acculturation liés notamment à l’installation de populations allogènes à la périphérie des grandes villes ». Toute musique dite asri (littéralement, « moderne ») relève selon lui de cette catégorie, notamment le raï dans les années 1990. En faisant allusion à la musique des communautés non musulmanes, Taoufik Bestandji insiste aussi sur le rôle essentiel qu’ont joué les juifs dans la musique des cités algériennes.
Reposant sur le concept de noubas, des suites vocales et instrumentales, l’arabo-andalou, né dans l’Andalousie musulmane a donné naissance à des genres annexes tels le hawzi, le mahjouz et le chaâbi, « le genre musical le plus populaire d’Alger et de ses environs ». Taoufik Bestandji consacre encore de longs passages au malouf, l’arabo-andalou de Constantine. Arrière-petit-fils de Cheikh Abdelkrim Bestandji, qui enseigna cet art à Raymond Leyris (le futur Cheikh Raymond, tué par balle le 22 juin 1961), il est lui-même reconnu comme un des maîtres du malouf.

   


L’Algérie en musique, de Taoufik Bestandji, L’Harmattan, 123 p., 14,50 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ L’édition 2018 du Festival d’Angoulême met à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.
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BD : manga, la French connection

L’édition 2018 du Festival d’Angoulême met à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 06h39
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

Jamais Angoulême n’a autant révéré le manga. Si le Festival international de la bande dessinée (FIBD) a, par le passé, rendu hommage à quelques grands maîtres du genre ou même récompensé le génial Katsuhiro Otomo (Akira) en lui attribuant un Grand Prix en 2015, l’édition 2018 de la manifestation, qui se tient jusqu’au dimanche 28 janvier, affiche une programmation d’une ambition sans précédent à l’égard du 9e art nippon, avec des expositions consacrées au « dieu du manga », Osamu Tezuka (Astro Boy), à Naoki Urasawa (Le Monde du 26 janvier) ou à la série à succès Fairy Tail.


Un choix artistique qui accompagne une véritable tendance de fond et qui fait de la France le deuxième marché du manga derrière le Japon. En témoignent des chiffres 2017 qualifiés d’« exceptionnels », « peut-être même record », par de nombreux acteurs de ce secteur en pleine effervescence. Il s’est vendu 15 millions de BD japonaises l’an dernier dans l’Hexagone, pour un chiffre d’affaires global de plus de 115 millions d’euros et une progression des volumes de ventes, pour la troisième année consécutive, de 9,8 %. Sur les cinquante albums de bande dessinée les plus vendus en 2017 dans le pays, dix-huit sont des mangas.

D’abord publié de façon sporadique dans des fanzines et des magazines spécialisés, le manga fait son apparition en France au début des années 1990 avec Akira, le chef-d’œuvre SF de Katsuhiro Otomo, qui offre à la BD japonaise son premier rayonnement en Occident. La télévision, à travers la diffusion de dessins animés japonais comme Cobra, Dragon Ball ou Nicky Larson, a continué d’aiguiser l’appétit des lecteurs français. Le genre ne cessera de s’enraciner jusqu’à représenter un tiers des BD éditées sur le territoire aujourd’hui.

L’audience du manga s’étend actuellement bien au-delà de la sphère jeunesse et adolescente....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.
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Manga : de Paris à Tokyo, l’art de l’acclimatation

Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h19
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

L’année 2018 sera-t-elle celle de la création originale de mangas ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs éditeurs français, qui espèrent faire prospérer les talents qu’ils ont dénichés. Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences : les maisons françaises négocient avec les ayants droit japonais l’exploitation des séries sur leur territoire. De plus en plus, cependant, certaines essaient de passer outre ce système en éditant leurs propres artistes et séries.

C’est notamment le cas de l’éditeur Ki-oon qui, dès son lancement, en 2004, a parié sur des auteurs de manga non publiés au Japon et collabore directement avec une dizaine d’auteurs nippons. « Une partie des auteurs japonais ne collent pas à 100 % aux goûts locaux, mais ils peuvent intéresser un lectorat européen. Le premier mangaka indépendant que l’on a recruté est Tetsuya Tsutsui, avec Duds Hunt. Il avait été rejeté par les éditeurs japonais, notamment parce que le héros de son histoire était le méchant », explique ­Ahmed Agne, le fondateur de Ki-oon. Le pari s’est avéré fructueux : une dizaine d’années plus tard, et de façon inédite, Shueisha, une prestigieuse maison d’édition japonaise, approchera Ki-oon pour obtenir les droits d’exploitation de Prophecy, une autre série de Tetsuya Tsutsui.

Mais c’est aussi du côté des auteurs français de manga que les éditeurs cherchent désormais. Une vague de mangakas nationauxa commencé à émerger, certes difficilement, dans les années 2000, qui prend actuellement de l’ampleur. Reno Lemaire a été le premier à s’illustrer avec Dreamland (paru en 2006 chez Pika Edition), ­récit fantastique d’un adolescent montpelliérain qui rejoint le monde des rêves à la nuit tombée.
Le public ne considère plus systématiquement qu’un bon manga doive impérativement venir du Japon
Aujourd’hui, alors que le public ne considère plus systématiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Alors qu’une exposition est consacrée à Titeuf, cette année à Angoulême, le dessinateur suisse a ouvert au « Monde » les portes de son antre secret.
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La fabrique de 
Titeuf


        




Zep n’a jamais quitté le canton de Genève où il est né, il y a cinquante ans. Après avoir longtemps dominé la cour de récréation d’une école de la commune de Carouge, son atelier occupe désormais le dernier étage d’une grande demeure située au bord du Rhône. C’est là, dans ce vaste grenier aux poutres apparentes, éclairé par les rais du soleil traversant les vasistas, que le dessinateur conçoit et réalise les histoires de Titeuf. Zep a développé un artisanat « mixte » qui mêle techniques traditionnelles (feutre, aquarelle…) et procédés numériques (tablette graphique, scans…). Si le milieu de la bande dessinée grouille d’incorrigibles retardataires, le Suisse a la réputation de toujours livrer ses planches à l’heure. « Ça doit être dans mes gènes. Même quand j’ai l’impression d’être en retard, je termine toujours à la date fixée », confie-t-il. Zep nous a ouvert la porte de son repaire.
Ce reportage photographique est à retrouver dans les pages du hors-série du Monde « Titeuf, 25 ans et toutes ses dents » (122 pages, 8,50 €), publié à l’occasion de l’exposition qui est consacrée au personnage fétiche de Zep au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.
Photos d’Arantxa Cedillo














L’idée
Toute histoire de Titeuf commence sur des petits carnets que Zep emporte partout avec lui, notamment quand il est en voyage. Comme de nombreux auteurs de bande dessinée, il « écrit et dessine en même temps », au gré d’une technique narrative éprouvée. Le rendu « est hyper rudimentaire mais j’ai besoin, dès le départ, de représenter des attitudes et des expressions », confie-t-il. Sortis d’une pointe de stylo en mode « patte de mouche », saynètes et dialogues sont illisibles pour le quidam : « Je ne veux pas qu’on puisse lire par-dessus mon épaule quand je suis dans le train. » Environ 40 % de ce qui est couché dans ces carnets ne sera jamais utilisé par la suite.





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Le story-board
Longtemps réalisé sur papier, aujourd’hui sur palette graphique, le story-board permet de mettre en place les personnages, les décors, les phylactères, et plus généralement la mise en scène. Zep envoie ensuite ce brouillon à son éditeur et agent, Jean-Claude Camano, afin d’obtenir son avis. « Cette phase permet de vérifier si un gag marche ou pas. Il arrive parfois qu’une idée que je trouve très drôle dans mon carnet au départ ne fonctionne pas du tout au stade du story-board », explique le dessinateur.





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Le crayonné
Zep réalise ensuite le crayonné de la future planche. Il le fait aux mêmes dimensions que la page de l’album imprimé, afin de voir ce qui sera lisible aux yeux du lecteur. Autrefois réalisé sur papier et à la mine de plomb, ce crayonné est exécuté désormais avec un stylet sur une palette numérique. « L’avantage est qu’on peut recommencer à l’infini sans avoir à gommer et risquer de trouer ses pages à force de passer et repasser la gomme », dit-il amusé.





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L’encrage
Afin de pouvoir ajouter davantage de détails, Zep a agrandi son crayonné, soit à la photocopieuse (quand il travaille sur papier), soit à l’ordinateur (quand il travaille sur palette). Placé sur une table lumineuse, le crayonné va alors lui servir d’indication pour l’encrage définitif, réalisé sur une nouvelle feuille grâce aux effets de transparence. Le dessinateur utilise depuis toujours les mêmes feutres à pointe fine, qui ont la particularité de résister à l’eau et à la lumière.





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La colorisation
S’il a adopté un logiciel aux teintes innombrables, Zep continue de coloriser certaines planches de ses albums – deux ou trois en moyenne – à l’ancienne, c’est-à-dire à l’aquarelle liquide de marque Ecoline, bien connue des étudiants aux Beaux-Arts. Il ne travaille qu’avec trois couleurs primaires : le jaune citron, le magenta et le bleu céleste cyan. Un quatrième flacon a toutefois rejoint sa palette : le violet outremer, « afin de colorier directement le tee-shirt de Titeuf ».





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Le chemin de fer
Ses pages terminées, ou quasi, Zep les dispose au sol, dans son atelier, afin de réaliser le « chemin de fer » de son album. « Le but est de voir si les gags s’enchaînent bien, s’il ne manque rien pour le lecteur qui les découvrira les uns à la suite des autres », explique-t-il. Réalisée conjointement et à distance avec Jean-Claude Camano, l’opération peut conduire à la disparition pure et simple de certaines pages. Et à l’ajout de nouvelles. La première planche du dernier album (A fond le slip !), dans laquelle sont remis en scène plusieurs personnages secondaires de la série (les filles, les parents, la maîtresse…), a par exemple été refaite quinze fois.





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La pause guitare
Dans son atelier, quand il ne dessine pas, Zep joue de la guitare, son autre passion. Membre de plusieurs groupes de rock en Suisse (Zep’n’Greg, Blük Blük, Alice in Kernerland), ce fan inconditionnel de Bob Dylan a composé une chanson pour Johnny Hallyday que celui-ci a chanté dans l’adaptation de Titeuf au cinéma, et a illustré les pochettes de disque de plusieurs chanteurs, comme Bill Deraime, Henri Dès ou Jean-Jacques Goldman, avec qui il a partagé un morceau sur scène, lors d’un concert.





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 Texte
Jean-Philippe Rémy
 
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Les deux scénaristes et dessinateurs nous proposent deux strips pour illustrer le 45e festival angoumoisin.
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Angoulême de jour, Angoulême de nuit, par Ruppert et Mulot

Les deux scénaristes et dessinateurs nous proposent deux strips pour illustrer le 45e festival angoumoisin.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 12h04
   





                        



   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ Nous publions ce vendredi le dernier strip de cette série signée Winshluss.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/01/2018
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Le dernier homme sur Terre (s’appelle Patrick), par Winshluss (épisode 49)

Nous publions ce vendredi le dernier strip de cette série signée Winshluss.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 07h15
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Le monde des pixels s’est souvent inspiré des codes et du savoir-faire de l’animation. Rétrospective en dix dates marquantes.
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De « Donkey Kong » à « Dragon Ball FighterZ », quand les jeux vidéo imitent les dessins animés

Le monde des pixels s’est souvent inspiré des codes et du savoir-faire de l’animation. Rétrospective en dix dates marquantes.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 13h33
    |

            William Audureau








                        



   


Le mur entre jeu vidéo et animation ne penche plus, il tombe. Avec la sortie de Dragon Ball FighterZ sur consoles et PC vendredi 26 janvier, spectaculaire adaptation de l’animé culte de la Toei, le monde de la manette se rapproche encore un peu plus d’un des univers qui l’a le plus influencé, bien plus encore que le cinéma : le dessin animé.
« Donkey Kong »
(Nintendo, 1981, arcade)

Un an après Pac-Man, Nintendo lance le premier personnage de jeu vidéo humain reconnaissable et entièrement animé, Mario. Le jeu devait initialement mettre en scène Popeye : dès le départ, les dessins animés étaient sa référence. Son papa, Shigeru Miyamoto, est lui-même un passionné de manga et dessinateur de flipbooks, une expertise qui lui a bien servi pour imaginer son héros charpentier. Popeye sera finalement adapté en 1982. Deux ans plus tard, Nintendo débauchera Hiroshi Ikeda et Yoichi Kotabe, deux vétérans de la Toei, pour l’épauler.
« Dragon’s Lair »
(Cinematronics, 1983, arcade)

Cette fois, le jeu vidéo se fait littéralement dessin animé (interactif), avec Dragon’s Lair, supervisé par un ancien artiste de Disney, Don Bluth. Ce dernier est rien moins que le réalisateur de Peter et Elliott le dragon (1977) et le dessinateur des personnages de Robin des bois (1973). Il accouche d’une aventure envoutante visuellement mais élitiste manette en main : chaque séquence animée comporte un piège préenregistré, et se finit par une mort abrute si le joueur ne réagit pas au bon moment.
« Street Fighter II »
(Capcom, 1991, arcade)

Le célèbre jeu de combat de Capcom ne se contente pas de codifier un genre : avec ses personnages gigantesques pour l’époque, leurs innombrables coups découpés plan par plan, et des réglages subtils concernant les moments où un combattant est vulnérable, il fait de l’animation l’élément-clé de l’action et le nerf de la guerre. Par la suite, les jeux de combat en 2D se démarqueront par leur impressionnante sophistication en la matière, voire leurs animations fastueuses, de Vampire Savior en 1996 à Skullgirls en 2012 en passant par Guilty Gear en 1998.
« Aladdin »
(Virgin Interactive, 1993, Mega Drive)

En plein âge d’or de la plateforme, l’animation des jeux en temps réel fait un bond de géant. L’adaptation d’Aladdin sur Mega Drive marque la première collaboration étroite entre Disney, alors en pleine renaissance, et un développeur occidental, Virgin Interactive. En dépit de la concurrence foisonnante, il s’impose immédiatement comme une nouvelle référence grâce au naturel, à la fluidité et à la précision de la gestuelle du héros. Son programmeur, l’irlandais Dave Perry, enchaînera avec le délirant Earthworm Jim.
« Rayman »
(Ubisoft, 1995, PlayStation/Jaguar/PC)

Alors que le format CD libère les artistes des contraintes des consoles à cartouches, le jeu de plateforme français Rayman marque la rencontre féconde entre des bidouilleurs touche-à-tout, comme Michel Ancel, et de nombreux animateurs talentueux. Parmi eux, David Gilson, futur animateur sur le Tarzan de Disney (1999) ; Christian Volckman, récompensé en 1999 pour le court-métrage Maaz et réalisateur en 2006 de Renaissance ; et Kamal Aitmihoub, animateur sur l’adaptation du Chat du rabbin (2011).
« Toonstruck  »
(Virgin Interactive, 1996, PC)

Dans le mélange des genres, Toonstruck va très loin. Ce jeu d’aventure en point & click à la mode des LucasArts s’inspire du film Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, en mêlant acteur en prise réelle – ici Christopher Lloyd de Retour vers le futur – et dessin animé. Le tout... dans un jeu vidéo. Pour cela, il recourt à une technique baptisée FMV (pour full-motion video), des séquences vidéo préénregistrées, mêlées à des décors et personnages dessinés à la main. Unique, encore aujourd’hui.
« The Legend of Zelda : Wind Waker »
(Nintendo, 2003, GameCube)

Avec ses formes polygonales et ses reliefs, la 3D semble avoir sonné le glas des jeux vidéo « façon dessin animé », au profit d’inspirations cinématographiques. C’était sans compter le cell-shading, une technique de programmation permettant de donner à ses personnages des contours et des ombrages plats, façon bédé. Intronisée en 2000 avec Jet Set Radio, elle est réappropriée par Nintendo pour The Legend of Zelda : Wind Waker, jeu d’aventure à l’esthétique directement inspirée du prestigieux studio Ghibli (Porco Rosso, Le voyage de Chihiro). Une oeuvre à rapprocher de Ni no kuni, jeu de rôle de 2010 coréalisé par... le studio Ghibli lui-même.
« Soldats inconnus »
(Ubisoft, 2014, PS3/Xbox 360/PC)

Plus proche de C’était la guerre des tranchées de Tardi que du jeu hollywoodien Call of Duty, le jeu de guerre développé par Ubisoft Montpellier marque les esprits pour sa grâce et son originalité. Grâce à l’UbiArt Framework, un outil permettant d’intégrer directement des dessins réalisés sur tablette dans un jeu, il met en valeur le coup de crayon de Paul Tumelaire et de son équipe de dessinateurs, comme l’auteur italien de bédé Luca Erbetta.
« Cuphead »
(Studio MHDR, 2017, PC/Xbox One)

Grand animateur de l’actualité de l’année 2017, Cuphead est une déclaration d’amour évidente et assumée à l’âge d’or américain de l’animation, entre 1928 et 1937, de Steamboat Willie à Felix the Cat. Il est à ce jour le plus impressionnant hommage rendu par un jeu vidéo à cette période, et, possiblement, le plus beau jeu vidéo jamais réalisé en termes d’animation.
« Dragon Ball FighterZ »
(Bandai Namco, 2018, PlayStation 4/PC/Xbox One)

Dragon Ball FighterZ, ou la réunion du meilleur de tous les mondes. Réalisé en cell shading pour l’effet 2D, découpé plan par plan avec la minutie et le dynamisme qui caractérise les jeux de combat en vue de coupe, il est l’adaptation directe d’un dessin animé japonais culte, auquel il emprunte la mise en scène, les voix originales et nombre de séquences entières.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ L’Américaine, écrivaine prolifique et primée à de nombreuses reprises, est décédée le 22 janvier à l’âge de 88 ans.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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L’auteure de science-fiction Ursula K. Le Guin est morte

L’Américaine, écrivaine prolifique et primée à de nombreuses reprises, est décédée le 22 janvier à l’âge de 88 ans.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h31
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Xavier Mauméjean (écrivain)







                        



                                


                            

L’auteure de science-fiction, Ursula Kroeber Le Guin, qui s’est éteinte le 22 janvier à Portland (Oregon), à l’âge de 88 ans, a été élevée dans un riche environnement intellectuel, entourée de ses parents Alfred et Theodora Kroeber, anthropologues spécialisés dans les cultures amérindiennes et militants actifs pour la reconnaissance de leurs droits.
Née le 21 octobre 1929 à Berkeley, en Californie, elle effectue ses études à la Berkeley High School, puis au Radcliffe College, où elle approfondit sa passion des écrivains français et italiens de la Renaissance, avant d’obtenir, en 1952, un doctorat en littérature à l’université de Columbia, pour une thèse consacrée à l’idée de la mort chez Ronsard. L’année suivante, lors d’un séjour universitaire à Paris, elle épouse Charles Alfred Le Guin, étudiant américain en histoire. Tandis que son mari poursuit ses études, Ursula Le Guin travaille comme secrétaire ou enseigne le français. Le couple a deux filles, Elizabeth née en 1957 et Caroline deux ans après. La famille multiplie les déménagements, Ursula Le Guin écrit poèmes et romans qui demeurent pour la plupart inédits.
Des prix prestigieux
Au début des années 1960, l’auteure soumet des nouvelles à la revue Fantastic Stories of Imagination que dirige Cele Goldsmith, authentique découvreuse de talents. L’éditrice la publie. Les deux femmes – figures isolées dans la science-fiction de l’époque, largement masculine – deviendront amies. En 1964, année de naissance de son troisième enfant, Theodore, Ursula Le Guin se lance dans l’écriture de ses premiers romans de science-fiction. Paraissent en 1966 et 1967 Le Monde de Rocannon (Livre de Poche, 2003) et Planète d’exil (Livre de Poche, 2003), volumes fondateurs du « Cycle de l’Ekumen », qui privilégie une approche éthique et ethnologique du Planet Opera.
Suit en 1968 Le Sorcier de Terremer (Livre de poche 2008), volume initial de la trilogie « Terremer »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Trente ans après sa mort, son influence sur le secteur du manga reste considérable. Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême lui rend hommage à travers une rétrospective inédite.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Le travail extrêmement précis du mangaka est exposé au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.
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BD : Naoki Urasawa, le cinéaste de papier

Le travail extrêmement précis du mangaka est exposé au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 08h12
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h20
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            Frédéric Potet (Angoulême (Charente)








                        



                                


                            
A l’âge de 8 ans, Naoki Urasawa a vu deux films à la télévision ­japonaise qui ont irrémédiablement impressionné sa rétine : Le Salaire de la peur (1953), d’Henri-Georges Clouzot, et Le Trou (1960), de Jacques ­Becker. Le mangaka n’avait pas revu ce dernier lorsque, avant de faire ses valises pour Angoulême, il a eu envie de revisionner ce récit de l’évasion d’un groupe de détenus de la prison de la Santé. François Truffaut avait qualifié de chef-d’œuvre ce huis clos carcéral alliant intensité dramatique et puissance documentaire. « Je crois que la dramaturgie et la narration que j’utilise dans mes livres viennent de là. Ma mémoire a gardé un souvenir très vif de ce film, que je m’étonne d’ailleurs d’avoir vu et compris alors que j’étais si jeune », confie le dessinateur de 58 ans, à la veille du 45e Festival international de la bande dessinée (FIBD) ­d’Angoulême (25- 28 janvier), où une rétrospective lui est consacrée.

On s’attendait plutôt à ce que le créateur de 20th Century Boys, Monster et Pluto (trois de ses principales séries à succès) cite Alfred Hitchcock ou Akira Kurosawa, tant les références et les clins d’œil à ces deux géants du 7e art abondent dans ses histoires. Urasawa n’en fait que vaguement mention, préférant évoquer Jacques Tati et confirmer son inclination pour les rôles secondaires auxquels il confère des psychologies étudiées et des fonctions assez peu subalternes.
Riche en originaux (450 au total), l’exposition charentaise montre notamment des esquisses et des story-boards du ­mangaka : les visages des personnages y sont dotés d’expressions très précises, malgré la dimension préparatoire de ces phases de travail. Là est, sans doute, la plus grande force d’Urasawa, de figurer par le dessin une panoplie très vaste de sentiments qu’il est plus facile de représenter à l’écran que par le trait, comme le doute ou l’introspection qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Avec « Ceux d’ici », l’écrivain signe le premier roman significatif sur les Etats-Unis de Trump. Il l’a pourtant terminé quelques mois avant l’élection…
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La grande rancœur américaine de Jonathan Dee

Avec « Ceux d’ici », l’écrivain signe le premier roman significatif sur les Etats-Unis de Trump. Il l’a pourtant terminé quelques mois avant l’élection…



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
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            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Ceux d’ici (The Locals), de Jonathan Dee, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Elisabeth Peellaert, Plon, « Feux croisés », 416 p., 21,90 €.

N’était son aboutissement formel, on pourrait jurer que Ceux d’ici a été écrit à toute allure, après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine – le roman de ­Jonathan Dee est paru aux Etats-Unis en août 2017. On l’imagine, en tout cas, en lisant cette histoire d’une petite ville du Massachusetts où un milliardaire new-yorkais s’installe après le 11-Septembre ; il en devient bientôt le maire, supprimant les impôts, payant de sa poche les feux de circulation à réparer et les caméras de surveillance qu’il fait installer partout, passant par-dessus les processus démocratiques locaux, trop lents, pas assez efficaces…
Difficile de ne pas voir d’échos avec le 45e président des Etats-Unis. Mais Jonathan Dee refuse de « [se] faire passer pour plus malin » qu’il n’est. L’auteur, de passage à Paris, le reconnaît : « Comme tout le monde ou à peu près, j’ai pensé jusqu’à la nuit de l’élection que l’entrée de Trump à la Maison Blanche était impossible. » Si l’écrivain a eu un modèle en tête, il est plutôt à chercher du côté de ­Michael Bloomberg, maire de New York entre 2002 et 2013 : « Il incarne cette tendance des Américains à révérer les hommes immensément riches qui s’engagent en politique, sous le prétexte absurde qu’ils ne seraient pas corruptibles et ne s’intéresseraient pas à l’argent… A New York, on prêtait une expertise sociale à Bloomberg parce qu’il était si riche, ce qui est fou. Mais l’élection de Trump a poussé cette croyance à un degré horrifiant. » En tout état de cause, Jonathan Dee avait écrit l’essentiel de son roman quand eut lieu la convention républicaine officialisant la candidature de Trump : il a fini d’écrire Ceux d’ici un mois plus tard, en août 2016. Il avait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Dans les nouvelles de « Votre message a été envoyé », l’écrivain américain fait le procès drôle et déconcertant du Net, de la malbouffe, des ateliers d’écriture et de la pornographie.
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Les quatre maux de la modernité selon Joshua Cohen

Dans les nouvelles de « Votre message a été envoyé », l’écrivain américain fait le procès drôle et déconcertant du Net, de la malbouffe, des ateliers d’écriture et de la pornographie.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
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            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Votre message a été envoyé (Four New Messages), de Joshua Cohen, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Annie-France Mistral, Le Nouvel Attila, 218 p., 18 €.

On peut avoir moins de 40 ans, être tenu pour une étoile montante de la culture radicale américaine, et cependant trouver à la fois désespérant et comique le spectacle offert par notre modernité tardive. Tel est le cas de Joshua Cohen, qui s’était fait remarquer avec son Paradis des autres (Le Nouvel Attila, 2014). Dans cette fable philosophico-délirante, un enfant israélien, tué dans un attentat-suicide, se retrouvait, à la suite de l’étreinte mortelle avec son bourreau, fourvoyé dans l’Eden islamique. Ce second livre traduit en français, Votre message a été envoyé, délaisse les problématiques religieuses ou géopolitiques, mais pas la provocation. Il entreprend ainsi de fouailler notre époque et les quatre maux qui, selon lui, la rongent : l’horreur numérique, la junk food (en l’occurrence McDonald’s), la pornographie et… les ateliers d’écriture, dont l’empire s’exerce désormais jusque dans les universités les plus paumées du Middle West !
Mille trouvailles verbales
Cette fresque grinçante, composée de quatre longues nouvelles, souvent très drôles, est soutenue par une inventivité jamais prise en défaut. Elle confine à l’écriture expérimentale, mais sans jamais lâcher la main du lecteur. Cohen adore se payer de mots, au point qu’on a l’impression que ce sont le langage et les mille trouvailles verbales qui dictent les intrigues. On ne peut que saluer l’art de la traductrice, Annie-France Mistral, qui a su reproduire ce flux continu de calembours, d’allitérations (« dégueulis grumeleux de cogitations »), d’expressions cocasses et de termes savants (« leucosélophobie », ou syndrome de la page blanche), supposant parfois de lire le texte, un Littré à portée de la main. Si le premier récit – une histoire...




                        

                        

