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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Pour les historiens Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du haut comité des commémorations nationales, l’Etat doit rappeler les moments lumineux de notre histoire comme les périodes les plus sombres.
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Commémoration de l’écrivain antisémite Maurras : « Commémorer, ce n’est pas célébrer »

Pour les historiens Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory, membres du haut comité des commémorations nationales, l’Etat doit rappeler les moments lumineux de notre histoire comme les périodes les plus sombres.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 18h46
    |

                            Pascal Ory (Historien) et 
                            Jean-Noël Jeanneney (Historien)








                        



                                


                            

Dimanche 28 janvier, le ministère de la culture a annoncé le retrait de la référence à l’écrivain antisémite Charles Maurras (1868-1952) du Livre des commémorations nationales 2018. La ministre Françoise Nyssen a demandé le rappel et la réimpression de ce livre afin de « lever l’ambiguïté » sur « des malentendus qui sont de nature à diviser la société française ».
La proposition faite dans ce recueil, élaboré par le haut comité des commémorations nationales, de commémorer, parmi des dizaines d’autres événements, le théoricien du nationalisme intégral, a suscité une vive polémique. Certains, tel Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, y ont vu un hommage scandaleux rendu à un auteur condamné après la seconde guerre mondiale pour son soutien au régime de Vichy.

Tribune. L’émotion qui entoure l’inscription de Charles Maurras dans le Livre des commémorations nationales pour 2018 exige une explication simple et claire. La mission confiée au haut comité aux commémorations nationales est de contribuer, au hasard des anniversaires, à une meilleure prise de conscience des épisodes majeurs du passé. Il en propose une liste à la ministre, à qui il revient de les agréer si elle le souhaite. Françoise Nyssen l’a fait d’abord, en l’occurrence, avant de changer d’avis. Sont concernés les personnalités et les événements dont notre pays peut s’honorer, mais pas eux seulement. Commémorer, ce n’est pas célébrer. C’est se souvenir ensemble d’un moment ou d’un destin. Distinction essentielle : on commémore la Saint-Barthélemy, on ne la célèbre pas. On commémore l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac, on ne le célèbre pas. On commémore la Grande Guerre, on ne la célèbre pas.
Le précédent Céline
La question s’était posée, en 2011, lors du cinquantenaire de la mort de Céline, dont l’apparition dans la liste poussa le ministre Frédéric...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Pour sa première exposition, le photographe de pub camerounais présente à Douala une série qui révèle toute la beauté des corps albinos.
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Portrait

Alain Ngann, le photographe qui rend leur dignité aux albinos

Pour sa première exposition, le photographe de pub camerounais présente à Douala une série qui révèle toute la beauté des corps albinos.

Par                                            Séverine Kodjo-Grandvaux (Douala, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-01-28T18:00:36+01:00"

        Le 28.01.2018 à 18h00






    

Crédits : ALAIN NGANN


Esthétique épurée, fondus de blancs, de sépia et de gris clairs, travail sur la lumière pour un rendu délicat… le photographe camerounais Alain Ngann donne à ses modèles des airs d’anges. Rien ne vient perturber l’œil qui se laisse aisément séduire par la sérénité se dégageant de ces très grands portraits de 1,5 mètre sur 2, exposés au sein de la Galerie MAM à Douala. Rien. Ou peut-être tout. Si l’on n’y prend garde, on aurait vite fait de se laisser happer par la beauté en apparence lisse de ses photographies et ne pas porter notre attention sur le regard de ses modèles, mélange de défi, de fierté et d’un troublant questionnement : vous qui nous regardez, qu’allez-vous donc oser dire de nous désormais ?

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Les clichés sélectionnés pour l’exposition « Un-Différence », visible à Douala jusqu’au jeudi 1er février, ont été réalisés dans le cadre d’une campagne humanitaire. Directeur d’une agence de communication, fortement influencé par le travail d’Annie Leibovitz, Alain Ngann a choisi de rendre aux albinos de son pays leur dignité sans craindre de choquer en montrant l’incroyable beauté de ces corps nus à la peau immaculée le 13 juin 2016 à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme. « La polémique n’a pas tardé », reconnaît-il. Ce qui n’est sans doute pas pour déranger cet admirateur du photographe provocateur Olivero Toscani, qui fit la renommée de la marque Benetton. « On nous a reproché de montrer des albinos “trop beaux”. Les Camerounais étaient choqués de voir des peaux nues qui se touchent, s’enlacent. Beaucoup estimaient qu’on n’avait pas besoin d’exposer ces photos car il n’y avait pas de problème ici », explique-t-il. Et pourtant, au Cameroun comme ailleurs sur le continent, nombreux sont ceux qui ignorent que l’albinisme est une maladie et non une malédiction.
« Les gens ont tendance à banaliser la situation alors qu’il est difficile pour nous de monter dans un taxi, d’être au contact des autres, renchérit le musicien Shamir Sunshine qui a accepté de se faire photographier. Les railleries, les vexations font partie de notre quotidien. Personne ne veut se marier avec nous. On est dans le déni en disant que nous exagérons. Mais je pose une question : comment se fait-il qu’il n’y a pas d’albinos dans le nord du Cameroun alors qu’on en voit sur tout le reste du territoire national. Que fait-on d’eux à la naissance ? »
Couleurs primaires
Beaucoup de Camerounais atteints d’albinisme contactés par Alain Ngann ont d’abord refusé de participer à ce projet, craignant d’être mis à l’index. « De manière générale, lors des campagnes de sensibilisation, on a tendance à montrer une Afrique misérabiliste. Je n’aime pas ça. Je voulais au contraire redonner leur dignité aux personnes qui sont venues dans mon studio et travailler avec les émotions qu’elles dégagent. En fait, je ne parle pas d’albinisme car ce n’est pas le sujet. Mais d’humanité », insiste le photographe qui a accompagné ses modèles en leur proposant une préparation psychologique pour leur permettre d’affronter le regard des autres mais aussi leurs propres peurs.

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                Les Ateliers de la pensée #2 : « L’émancipation de l’Afrique passe par des idées neuves »



« Grâce à Alain, confie l’une des modèles, Lisette Waffo, visage poupin, voix de porcelaine, je suis plus sûre de moi. Il m’a redonné confiance en moi et il a prouvé que l’on pouvait utiliser des albinos dans des campagnes publicitaires. Depuis, j’ai été contactée pour participer à des réclames pour des cosmétiques. » « En nous présentant sous notre meilleur angle, rajoute Shamir Sunshine, Alain Ngann a puisé les lumières tapies en nous et les a révélées. Ce travail permet que nous nous construisions nos propres modèles ; ce qui est fondamental pour acquérir une force mentale à toute épreuve ! »

    

Crédits : ALAIN NGANN


Architecte de formation, Alain Ngann est un photographe autodidacte. Né à Douala en 1975, il a monté son agence de communication après avoir abandonné ses études en France. Mais il a toujours été soutenu par son père : « Il avait compris qu’il y avait quelque chose en moi qui devait sortir et que, contrairement à mes cinq frères et sœurs qui avaient tous eu de bons cursus et de bons diplômes, j’avais besoin d’autre chose », analyse-t-il aujourd’hui. Ce quelque chose, on le perçoit davantage dans des œuvres où il joue avec les couleurs. Peaux noires sur fond sombres où explosent l’expressivité et le mouvement. Les corps sont parfois bâillonnés, emprisonnés par des bandelettes blanches, mais recouverts de pigments verts ou primaires qui dynamisent les modèles. Une manière de rappeler à quel point nous sommes parfois enfermés dans des apparences étouffantes alors que tout cela n’est que « #justacolor », comme le clamait la campagne de sensibilisation de 2016 sur les réseaux sociaux.
Exposition « Un-Différence », jusqu’au 1er février à la Galerie MAM, rue Tobie Kuoh, Bonanjo, à Douala.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Dans ce thriller d’espionnage, le comédien K. Simmons montre toute l’étendue de son immense talent (sur OCS Go, à la demande).
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TV – « Counterpart » : des agents doubles au carré

Notre choix du soir. Dans ce thriller d’espionnage, le comédien K. Simmons montre toute l’étendue de son immense talent (sur OCS Go, à la demande).



Le Monde
 |    28.01.2018 à 18h00
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS Go à la demande

Berlin, dans les années 1980, celles d’après la construction du Mur, celles d’avant sa chute. Comme d’habitude, il entre dans l’immense et lugubre agence de surveillance où il travaille depuis trente ans. Comme d’habitude, il passe les portiques de contrôle, dépasse les gardes armés, ôte sa casquette aussi avachie que ses épaules, et se déshabille pour endosser son costume gris. A l’instar de tous ses collègues. Comme d’habitude, dans une cabine qu’une vitre coupe en deux, il échange des ­codes auxquels il ne comprend rien avec un « costume noir ». Et puis un jour, lui, l’insignifiant ­Howard Silk, guère plus intéressant qu’un insecte, subit un terrible renversement de vie.

   


Contre toute attente, ses supérieurs se voient contraints de lui révéler le secret le mieux sécurisé qui soit : depuis la guerre froide, ils savent qu’existe un autre monde, parallèle au nôtre, dénommé « l’Autre côté » (celui des « costumes noirs »). Un monde où chacun de nous a un double. Et l’immeuble-bunker où chaque jour le terne Howard Silk vient travailler, lui explique-t-on, n’est autre que le lieu d’échange souterrain, ultra-secret, entre ces deux mondes.
Or le double d’Howard – physiquement identique, mais psychologiquement autre –, lui-même agent secret, a franchi le passage entre les deux mondes pour échanger des renseignements, mais à la condition expresse de rencontrer son double, le Howard Silk qui travaille de ce côté-ci. Pour qu’ils fassent équipe contre un ennemi commun.
Mieux que dans « Whiplash »
La chose se répète, ces derniers temps : Howard Silk et son « doppelgänger » sont interprétés par le même acteur, J. K. Simmons. Un comédien indissociable de la ­série culte Oz (dans laquelle il fut Vern Schillinger, l’inoubliable et sadique prisonnier nazi), un interprète qui, mieux que dans Whiplash – grâce auquel il reçut l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle –, a tout loisir, ici, de composer, subtilement, sans postiches ni grimage, un personnage double : deux versions corporelles, deux possibles avatars de l’agent ­Howard Silk. Plus encore qu’Ewan McGregor dans Fargo ou que ­James Franco dans The Deuce – où chacun interprétait deux frères très différents –, J. K. Simmons porte la série sur ses épaules, et magistralement.

   


Tournée en partie à Berlin (comme le sera la deuxième saison, d’ores et déjà commandée par la chaîne câblée américaine Starz), Counterpart n’insuffle pas plus de « science-fiction » que ce que nous venons de révéler, pour mieux introduire des interrogations qui, sans être nouvelles, restent à ­jamais des apories. Qu’est-ce que la prétendue identité de chacun ? Quelle(s) autre(s) vie(s) n’avons-nous pas vécue(s) ? Que sont ces petits riens qui peuvent faire ­bifurquer une existence ? Le tout en tenue de soirée, c’est-à-dire ­habillé en thriller d’espionnage à la mise en scène chic et classique.
Lancée par un premier épisode déroutant mais formidablement excitant, cette série, écrite par le scénariste et producteur Justin Marks, reflète, consciemment ou non, une des tendances fortes des temps sériels actuels : se projeter dans un monde parallèle.
Counterpart, saison 1, série créée par Justin Marks. Avec J. K. Simmons, Harry Lloyd, Nazanin Boniadi, Emily Burton (EU, 2017, 10 × 52 minutes).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Après deux années d’absence sur scène, l’humoriste reprend le chemin du one-man-show dans un nouveau spectacle.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La quarante-cinquième édition du festival international de BD d’Angoulême a mis en avant de manière inédite les créateurs arabes.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Editeur de nombreux livres à succès, notamment « Un sac de billes », de Joseph Joffo en 1973, il avait quitté l’édition en 1991 pour se consacrer à l’écriture.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Mort de l’éditeur Jean-Claude Lattès, à 76 ans

Editeur de nombreux livres à succès, notamment « Un sac de billes », de Joseph Joffo en 1973, il avait quitté l’édition en 1991 pour se consacrer à l’écriture.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 13h53
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



   


Fondateur de la maison d’édition qui porte son nom, Jean-Claude Lattès est mort samedi 27 janvier, a fait savoir son ami Bernard Pivot à l’Agence France-Presse. Agé de 76 ans, il avait quitté le milieu de l’édition en 1991 pour s’installer en Provence et se consacrer à l’écriture de romans historiques.
Né à Nice en 1941, Jean-Claude Lattès définissait sa vie comme celle d’un « passeur ». D’informations, d’abord : après ses études à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, il devient journaliste, au service culture de Combat, écrivant aussi pour les pages littéraires de plusieurs publications. De livres, ensuite, évidemment : en 1965, il est nommé à la tête du service promotion des éditions Robert Laffont — dont il considérera toujours le fondateur comme son « maître ». Néanmoins, quand celui-ci refuse de lancer une collection de livres sur l’actualité, Jean-Claude Lattès part et fonde, avec Jacques Lanzmann, Les Editions spéciales, dont la première publication, en 1968, Ce n’est qu’un début, de Philippe Labro, consacré aux événements du mois de mai, connaît un grand succès.
Retraite à 50 ans pour écrire
Trois ans plus tard, la maison est rebaptisée Jean-Claude Lattès. Après des débuts difficiles, la décision de rééditer tous les livres de la série Tarzan, de l’écrivain américain Edgar Rice Burroughs, « sauve » l’entreprise, aux propres dires de l’éditeur. Suivra un phénomène d’édition comme Un sac de billes, de Joseph Joffo (1973), et l’arrivée d’auteurs tels Amin Maalouf, Irène Frain ou Jean d’Ormesson. Jean-Claude Lattès publie notamment l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz, qui obtiendra en 1988 le prix Nobel de littérature.
En 1981, Jean-Luc Lagardère, qui vient de reprendre Hachette, lui propose de racheter sa maison, et lui offre la direction du département livres de tout le groupe. Jean-Claude Lattès accepte, développe le département, lui confère une dimension internationale, en en faisant le troisième groupe d’édition au monde (le premier pour les dictionnaires et les encyclopédies). Mais en 1991, le gouffre creusé par la chaîne de télévision La 5 et une année morose pour le marché du livre entraînent le choix d’Hachette de repenser sa stratégie éditoriale, et le départ de Jean-Claude Lattès. Agé de 50 ans, il quitte Paris et se retire dans un village provençal. Il y écrira, tout en voyageant beaucoup à travers le bassin méditerranéen, deux livres avec Eric Deschodt : Le Seul Amant et Marguerite et les enragés (Seuil, 2000 et 2005) puis, seul, Le Dernier Roi des juifs (NiL éditions, 2012).
La maison qui porte toujours son nom reste l’un des fleurons du groupe Hachette, publiant des best-sellers internationaux comme Da Vinci Code, de Dan Brown, ou Cinquante nuances de Grey, d’E.L. James, et des auteurs français à succès tels Delphine de Vigan ou Grégoire Delacourt.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.
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« Promouvoir un monde habitable », une nécessité pour la philosophe Corine Pelluchon

Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h39
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            

Quatre étages sans ascenseur. Escalier propre et net. Sous les toits d’un petit immeuble, dans une rue calme de Paris, non loin de la porte d’Italie, vit et travaille Corine Pelluchon. « Eh oui, ça se mérite… », dit-elle en souriant au visiteur un peu essoufflé par ce trajet vers les hauteurs, qui bientôt respire mieux, dans un appartement sans un bruit, tapissé de livres.
En fait, cette scène évoque, à sa manière, le parcours de la philosophe. Parce que la pensée aussi, « ça se mérite ». ­Corine Pelluchon en sait quelque chose. Etre une femme philosophe, ce n’est pas si facile. Nombreuses, évidemment, sont les enseignantes. Bien plus rares sont celles qui, malgré obstacles et barrières, parviennent à construire une pensée rigoureuse, utile, à la hauteur des défis de l’époque, jusqu’à y vouer leur existence.
Etre allée de l’enseignement secondaire à l’université, de la philosophie politique à la construction d’une nouvelle éthique, de Leo Strauss (1899-1973) à la cause animale, devenue l’axe majeur de son existence, dessine une trajectoire singulière. Les livres successifs qui l’ont marquée en constituent, en un sens, les étages. Ils mènent à ce point de vue plus élevé, d’où, aujourd’hui, elle considère les liens entre le psychisme des individus et l’avenir possible de notre monde. Pour aider à le changer.
Son objectif est politique
Car Corine Pelluchon ne fait pas de la philosophie pour le seul plaisir des concepts et des jeux théoriques. Son objectif est politique : éveiller nos consciences individuelles pour transformer peu à peu la société, le modèle de développement et de production, l’organisation du travail, les styles de vie… On jugera peut-être que c’est démesuré. Mais on a l’impression, en rencontrant l’auteure, qu’elle n’a pas le choix. Comme si une force interne la poussait impérieusement à écrire, mais pas simplement, il faut le répéter, pour explorer des idées et en faire des livres. Son désir est d’agir,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Selon Grégory Jarry, auteur et éditeur de bande dessinée, ce moyen d’expression reste un territoire ­à ­conquérir.
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« Le roman-photo va frapper là où on ne l’attend pas »

Selon Grégory Jarry, auteur et éditeur de bande dessinée, ce moyen d’expression reste un territoire ­à ­conquérir.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
   





                        


Par Grégory Jarry

   


C’est un fait, il y a un grand retour du ­roman-photo. Il s’est publié une dizaine d’albums de romans-photos ces douze derniers mois – entre autres : L’Illusion nationale, de Valérie Igounet et Vincent Jarousseau (Les Arènes, 2017) ; Mon voisin Brad Pitt,de Lisa Lugrin et Clément Xavier (NA Editions, 2017) ; Le Syndicat des algues brunes, d’Amélie Laval (FLBLB, 240 p., 25 euros). Ça peut paraître peu, mais c’est presque autant que toute la production des quarante années passées. Attention, il faut savoir de quoi on parle quand on dit roman-photo. On parle d’un moyen d’expression et non d’un genre. On parle de quelque chose d’équivalent, pour le cinéma, à la bande dessinée. Oserais-je dire qu’on parle d’un art ? Un art qui aurait, jusqu’à présent et pour des raisons bassement mercantiles, été corseté par un genre : l’eau de rose.
L’eau de rose en roman-photo, c’est à vous dégoûter de l’amour. La plupart du temps, c’est industriel, la chair n’a pas de saveur, les os se délitent, de la vraie flotte. Alors oui, on met le roman-photo au musée, on rigole de ces filles jeunes et fardées dans les bras de ces messieurs plus âgés et en imperméable. On aimerait bien que ce soit plus que ça, mais hélas, ce n’est pas plus que ça, et c’est même moins que ça, car ça occulte ce qu’il y a de plus intéressant dans le roman-photo : le roman-photo lui-même, un moyen d’expression formidablement sous-exploité, qui n’a pas encore rencontré son Chaplin, son Hergé. Un moyen d’expression qui utilise la puissance du langage de la bande dessinée. Un moyen d’expression qui a besoin du réel, d’un tournage, d’acteurs, à l’instar du cinéma. Mais un moyen d’expression en soi, qui peut dire les choses à sa façon, qui n’a pas besoin de ses cousins pour exister.
Grande liberté d’action
Il n’y a aucune raison pour qu’on n’arrive pas à produire de grandes œuvres en roman-photo, je dirais même que les prochains auteurs de romans-photos ont toutes les chances de créer des chefs-d’œuvre, comme ce fut le cas pour le cinéma ou la bande dessinée quasiment dès leurs débuts. Car le roman-photo demeure un territoire ­immense à ­conquérir, et il est quasiment inexploré. Pas grand monde pour s’y risquer, à part les dix pingouins qui ont publié leur livre l’an dernier. Si on compare aux 5 000 BD qui sortent chaque année, ce n’est pas grand-chose.
Il y a moyen d’exister, peut-être même de se faire un nom. Même sans ça : un roman-photo est passionnant à réaliser, et pas si compliqué. Pas de gros moyens techniques en œuvre, ni de budget pharaonique. Un seul ­individu peut faire un roman-photo, ou une petite équipe. C’est là sa grande force : sa simplicité, sa légèreté, et aussi le fait que l’industrie ne s’intéresse pas à lui, qu’il n’est pas en pleine lumière. Tout cela procure une grande liberté d’action.
Ses troupes vont grossir
Le roman-photo est un art jeune, radieux, qui a claqué la porte de chez ses parents, ces vieux croûtons englués dans leurs histoires d’amour à deux balles. Il est allé se planquer dans les sous-bois pour y mener une guérilla, il va surprendre, il va frapper là où on ne l’attend pas, et ses troupes vont grossir. Car le roman-photo appelle à lui tout ce que l’époque compte de photographes payés une misère par la presse ou les gazettes municipales, de cinéastes qui en ont ras-le-bol de perdre des années à financer leurs films, d’auteurs de BD qui dessinent laborieusement d’après photo, de graphistes qui bossent lamentablement dans la pub ou tout simplement d’authentiques auteurs de romans-photos qui s’ignorent, ou qui en font sans trop y croire. Il appelle à lui tous les producteurs d’images qui ont envie de raconter des histoires et qui butent pour le faire, parce que tout est bouché, que les « fils de » occupent les meilleures places, que la surproduction tous azimuts fait que rien ne marche sans marketing agressif ou alors il faut un gros coup de bol.
Vous savez pourquoi l’époque est propice au roman-photo ? Parce que c’est la meilleure chose à faire et qu’on en a marre du reste.
Grégory Jarry est auteur et éditeur de bande dessinée aux éditions FLBLB.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ De simples à-plats d’encre traversent la bande dessinée depuis ses origines. Fumisterie ? Loin de là : par leur polysémie, ils montrent toute la richesse de cet art narratif. Exploration, à l’occasion du Festival d’Angoulême.
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BD : la polysémie de la case noire

De simples à-plats d’encre traversent la bande dessinée depuis ses origines. Fumisterie ? Loin de là : par leur polysémie, ils montrent toute la richesse de cet art narratif. Exploration, à l’occasion du Festival d’Angoulême.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 13h47
    |

                            Anne Favalier








                        



                                


                            

Un à-plat d’encre de Chine, parfois incrusté de texte, de bulles, de signes : en bande dessinée, la case noire serait-elle une fumisterie ? Elle est là dès l’origine. Cham l’ose en 1839 dans Histoire de M. Lajaunisse : deux cases noires montrent la chambre dans laquelle le personnage se couche après avoir soufflé sa chandelle. Gag innocent ? Pas seulement : « Cette intrusion de l’abstrait au beau milieu d’une narration par l’image est un moyen de questionner le médium, de pointer du doigt son fonctionnement et de mettre le lecteur en déroute », analyse Camille Filliot dans sa thèse intitulée La Bande dessinée au siècle de Rodolphe Töpffer (université Toulouse-Le Mirail, 2011).
Dès lors, les auteurs s’emparent du ­concept. Gustave Doré en fait les « ténèbres de l’antiquité » dans L’Histoire de la sainte Russie (1854).

Quand, en 1882, la toile Combat de nègres dans un tunnel, de Paul Bilhaud, est exposée au parodique salon des Arts incohérents, elle suscite une floraison de cases noires dans la « littérature en ­estampes », avec comme point d’orgue les déclinaisons colorées de l’Album primo-avrilesque (1897), d’Alphonse Allais : « Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige », « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge »…

Littéral, figuratif, abstrait
Hergé reprend l’idée dès Tintin au pays des Soviets (1930) : cet amateur d’art moderne place une case noire après une bagarre dans l’obscurité, peut-être une citation du Carré noir sur fond blanc (1915), de Malevitch. Elle revient dans presque tous les albums du ­reporter à la houppette, souvent pour un ­effet de suspense. « En ne montrant rien d’une scène, le dessinateur déclenche des images dans l’imagination du lecteur », écrit Scott McCloud dans L’Art invisible (Vertige Graphic, 1999), essai en BD sur la BD.

La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Sandrine Bonnaire raconte son enfance, à Grigny, dans une famille modeste de onze enfants. Et sa rencontre avec Maurice Pialat, « son mentor ».
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Sandrine Bonnaire : « Ma cité HLM, c’était comme un village »

Sandrine Bonnaire raconte son enfance, à Grigny, dans une famille modeste de onze enfants. Et sa rencontre avec Maurice Pialat, « son mentor ».



Le Monde
 |    28.01.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 13h52
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

La comédienne, distinguée à 18 ans par un César de la meilleure actrice pour Sans toit ni loi d’Agnès Varda, tient le rôle principal d’Une saison en France, un film de Mahamat-Saleh Haroun, qui sortira sur les écrans ­mercredi 31 janvier.
Je ne serais pas arrivée là si…
S’il n’y avait pas eu mon père et Maurice Pialat. Je ne serais pas arrivée là sans ces deux pères. L’un m’a fait naître, avec ma mère bien sûr, l’autre m’a fait exister.
Commençons par le premier, votre père biologique. Quelle a été son influence ?
Je lui dois d’être très pragmatique, ancrée, d’avoir le sens des réalités et des responsabilités. D’être rêveuse mais pas dupe. Il était ajusteur fraiseur, il travaillait depuis l’âge de 14 ans à l’usine, se levait à 5 h 30, faisait trente bornes à Mobylette, rentrait vers 19 h 30. J’ai très peu de photos de lui mais, quand je les regarde, je vois combien il faisait plus vieux que son âge. Il s’était marié très jeune, avait onze enfants, était usé par le travail, par une forme de vide de vie. Il n’avait de temps pour rien d’autre. Il est mort à 56 ans, en 1986.
Maman, elle, était olé olé. Assez libre. Elle a su rester joueuse, rêveuse. J’ai énormément d’admiration pour elle. Elle faisait les tâches ménagères quand elle le souhaitait. Elle se trouvait des souffles, des voyages, des raisons de sourire. Elle nous a éduqués en nous assurant que « l’impossible est possible ». Parfois, elle partait – heureusement, on était tellement nombreux qu’on s’entraidait. Je ne lui en veux pas, même si cela m’énervait à l’époque parce que, enfant, on aspire à la normalité. Mon enfance a été particulière.
Votre mère faisait-elle partie des Témoins de Jéhovah ?
Elle l’est toujours, c’est sa religion. On ne fêtait pas les anniversaires. Noël, c’était en décalé, le 26 décembre. Il y avait des réunions à la maison. Je m’y ennuyais à mourir.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Enfant-star de l’écurie Disney, meneur d’un boys band avant de triompher en solo, Justin Timberlake n’a jamais connu que la célébrité. Il s’impose désormais au cinéma où, après David Fincher et les frères Coen, il joue dans le dernier Woody Allen, « Wonder Wheel ».
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Justin Timberlake, né pour le succès


                      Enfant-star de l’écurie Disney, meneur d’un boys band avant de triompher en solo, Justin Timberlake n’a jamais connu que la célébrité. Il s’impose désormais au cinéma où, après David Fincher et les frères Coen, il joue dans le dernier Woody Allen, « Wonder Wheel ».



Le Monde
 |    28.01.2018 à 06h41
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

C’est ce que Justin Timberlake appelle, sans forfanterie, « le paradoxe du comédien ». Rester continuellement dans l’œil du cyclone, être omniprésent, apparaître à la télévision comme au cinéma… et garder la capacité de disparaître. Cela peut sembler étrange, mais celui qui a commencé sa carrière enfant et ne manifeste aucun signe de fléchissement à 37 ans aime se rendre invisible. Quand on lui a remis le scénario de Wonder Wheel (en salle le 31 janvier), le nouveau film de Woody Allen, il s’est enfermé dans une des chambres de sa propriété de Leiper’s Fork, un petit village rural du Tennessee, l’Etat où il est né, et qu’il n’a jamais quitté.
Un bonnet sur la tête, un crayon à la main, il a placé ses poings sur les tempes, et ne les a pas bougés pendant toute la lecture. Ce retrait du monde, cette solitude, est le rituel lui permettant de donner une réponse aux propositions qu’il reçoit. « Je n’ai réussi ma carrière cinématographique et musicale qu’en me volatilisant. Des mois durant s’il le faut. C’est là que je travaille, et progresse. En attestent les sept années séparant mon deuxième album, Future Sex/Love Sounds, de mon troisième, The 20/20 Experience en 2013. »
Il a donc pris le temps de lire le scénario de Woody Allen. L’a relu. Et a savouré ce rôle, que le réalisateur lui a écrit sur mesure, d’un maître-nageur aspirant à devenir dramaturge, dans les années 1950, à Coney Island. Après sa lecture, Justin Timberlake est devenu songeur. C’est toujours la même chose quand il finit de lire un scénario. Il a besoin d’imaginer le parcours du personnage avant son apparition dans le film.
Curiosité pour les personnages
Il fait pour cela souvent appel au metteur en scène. Pour The Social Network (2010), David Fincher l’avait aidé d’autant plus facilement à retracer la vie de Sean Parker, le fondateur de Napster, que le personnage était réel. Les frères Coen avaient eux aussi regardé d’un...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Avec « Mercy », chanson relatant l’histoire vraie d’une petite Nigériane née sur un bateau en Méditerranée, le duo pop a remporté le concours de France 2.
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Le duo Madame Monsieur représentera la France au concours de l’Eurovision

Avec « Mercy », chanson relatant l’histoire vraie d’une petite Nigériane née sur un bateau en Méditerranée, le duo pop a remporté le concours de France 2.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 02h45
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h41
    |

            Christine Rousseau








                        



Madame Monsieur peut dire « merci » au public. En effet, le duo qui concourait en finale du télécrochet de France 2, « Destination Eurovision », a obtenu, samedi 27 janvier, son billet pour Lisbonne, où se tiendra le 12 mai, la 63e édition du concours de l’Eurovision.

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                L’Eurovision, soixante ans de passion



Originaire de Nice, Emilie Satt (29 ans) et Jean-Karl Lucas (35 ans), qui composent à la ville comme sur scène le duo Madame Monsieur, ont devancé Lisandro Cuxi, qui avait obtenu les faveurs du jury international. Mais le public a bousculé le classement et les pronostics qui donnaient favori l’ex-vainqueur de « The Voice ». Sans doute, les téléspectateurs ont-ils été particulièrement sensibles à Mercy : un titre pop entraînant qui raconte l’histoire vraie d’une petite Nigériane née sur l’Aquarius, le bateau de l’association « SOS Méditerranée » venant en aide aux réfugiés.
Un album prévu pour 2018
Sitôt sorti de scène, le couple, tout de noir vêtu, ne cachait pas son émotion devant le choix du public pour Mercy. « Cette chanson n’est pas politique », précisait d’emblée en conférence de presse Jean-Karl Lucas, avant qu’Emilie Satt n’enchaîne : « C’est juste l’histoire d’une naissance, d’un moment heureux au milieu du malheur. On n’entend pas donner de leçon. »
Composé à quatre mains, bien avant qu’ils ne soient contactés pour participer au télécrochet organisé par France 2, ce titre s’est ensuite imposé : « L’Eurovision est pour nous la scène parfaite pour transmettre cette histoire au plus grand nombre. Elle pourrait faire du bien, dans un contexte tellement crispé autour des migrants », dit la chanteuse.

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Duo pop élégant aux influences urbaines, Madame Monsieur, qui s’est formé en 2012, a déjà collaboré avec divers artistes tels que Youssoupha, La Fouine, Disiz, S.Pri Noir et même Lisandro Cuxi. Leur premier album, intitulé Vu d’ici, devrait sortir dans le courant de l’année. D’ici là, ils se produiront, le 5 mars sur la scène du Petit Bain, à Paris. Les profits du concert seront reversés à l’association « SOS Méditerranée ».



                            


                        

                        


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La référence à Maurras retirée du « Livre des commémorations nationales »

La présence de l’écrivain d’extrême droite dans le registre des commémorations prévues en 2018 avait suscité une polémique.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 21h47
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 11h30
   





                        


Le ministère de la culture a annoncé dimanche 28 janvier que la référence à l’écrivain antisémite Charles Maurras était retirée du Livre des commémorations nationales 2018. La ministre Françoise Nyssen a demandé le rappel du livre et sa réimpression « après retrait de la référence à Maurras » afin, écrit-elle dans un communiqué, de « lever l’ambiguïté » sur « des malentendus qui sont de nature à diviser la société française ».
Ce recueil, élaboré par le haut comité des commémorations nationales sous la houlette du ministère de la culture, proposait en effet, parmi une centaine d’autres événements, de commémorer cette année la naissance, en 1868, de l’écrivain, condamné après la seconde guerre mondiale pour son soutien résolu au régime de Vichy.
« La ministre [Françoise Nyssen] souhaite qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans sa position et rappelle son rejet total des thèses et de l’engagement de Maurras », a déclaré samedi une porte-parole du ministère. « La ministre s’appuie sur un travail d’historiens qui recensent des anniversaires clés de l’histoire de France. Il ne s’agit évidemment pas de célébrer le penseur de l’extrême droite qu’était Maurras, mais au contraire de connaître son rôle dans l’histoire de France. »
De même que le compositeur François Couperin ou Mai 68, Charles Maurras faisait partie de la « centaine d’anniversaires susceptibles d’être célébrés au nom de la nation » répertoriés dans cet « outil quotidien pour suivre l’actualité et réviser l’histoire ».
Demande de retrait
Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, a demandé samedi le retrait de Charles Maurras de ce recueil, rejoint par SOS Racisme et par la Ligue internationale de lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). « Commémorer c’est rendre hommage. Maurras, auteur antisémite d’extrême droite, n’a pas sa place dans les commémorations nationales 2018 », a déclaré M. Potier.
« Ne laissons quiconque opérer une opération de réhabilitation de celles et de ceux qui, par leurs écrits et leurs actions, ont contribué à assombrir le siècle dernier », écrit SOS Racisme dans un communiqué. « Charles Maurras est frappé d’indignité nationale. Il a été condamné à la perpétuité pour haute trahison et intelligence avec l’ennemi », a rappelé de son côté la Licra sur Twitter.
Dans le Livre des commémorations nationales, le pilier de l’Action française est présenté comme une « figure emblématique et controversée » qui « mêle à travers son itinéraire les lettres et la politique ». « Cet écrivain reconnu tant en France qu’à l’étranger fut aussi le théoricien politique du “nationalisme intégral” et un polémiste redouté », ajoute le recueil, préfacé par la ministre de la culture.
En 2011, des protestations concernant Louis-Ferdinand Céline avait conduit le ministre de la culture de l’époque, Frédéric Mitterrand, à retirer le nom de l’écrivain, auteur notamment de textes antisémites, du calendrier des célébrations nationales. L’ouvrage, renommé depuis « registre des commémorations », est préparé par un comité d’experts présidé par l’académicienne Danielle Sallenave et composé entre autres des historiens Pascal Ory, Jean-Noël Jeanneney et Claude Gauvard.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le récit islandais de Jérémie Moreau a été désigné « meilleur album de bande dessinée » de l’année par le jury du Festival d’Angoulême. Retrouvez tout le palmarès.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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BD : « La Saga de Grimr » remporte le Fauve d’or à Angoulême

Le récit islandais de Jérémie Moreau a été désigné « meilleur album de bande dessinée » de l’année par le jury du Festival d’Angoulême. Retrouvez tout le palmarès.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 20h14
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h26
    |

            Frédéric Potet (Angoulême, envoyé spécial)








                        


Le succès, et le talent avec lui, n’attendent pas le nombre des années. Le Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême a récompensé un auteur de 30 ans, Jérémie Moreau, samedi 27 janvier, lors de la soirée de clôture de sa 45e édition. L’ancien élève de l’école d’animation des Gobelins s’est vu décerner le Fauve d’or du meilleur album de l’année pour La Saga de Grimr, publiée à l’automne par Delcourt. Remarqué en 2012 avec Le Singe de Hartlepool (Delcourt, sur un scénario de Wilfrid Lupano), son premier album, ce nouveau prodige du 9e art est un habitué du Festival d’Angoulême : il a participé huit années de suite, enfant, au concours de BD scolaire, qu’il a gagné en 2005, avant de remporter le prix Jeunes Talents, sept ans plus tard.

   


La Saga de Grimr se déroule en Islande, à la fin du XVIIIe siècle, quelques années avant la plus importante éruption volcanique de l’histoire. On y suit le destin d’un jeune orphelin prénommé Grimr, doté d’une force herculéenne, qu’un voleur de grand chemin a pris sous son aile. Accusé de meurtre, il devra lutter contre le pire déshonneur qui soit au pays des sagas : la mauvaise réputation — celle de troll en l’occurrence.

   


Porté par un souffle romanesque indéniable, ce récit au long cours (220 pages) vaut aussi pour la beauté magnétique de ses pages. Mariant l’aquarelle à la palette graphique, le dessinateur y magnifie les paysages de l’île de l’Atlantique nord par la grâce de variations chromatiques rappelant parfois le peintre britannique David Hockney. A la manière d’un Lorenzo Mattotti, Jérémie Moreau fait ici la démonstration qu’une certaine picturalité n’est pas interdite en bande dessinée.
Le reste du palmarès a notamment récompensé Marion Montaigne pour Dans la combi de Thomas Pesquet (Dargaux, prix du public) et Simon Hanselmann pour sa série Megg, Mogg & Owl (Misma, prix de la série).
Le palmarès complet
Grand Prix : Richard Corben
Fauve d’or : La Saga de Grimr (Delcourt), Jérémie Moreau
Prix du public : Dans la combi de Thomas Pesquet (Dargaud), Marion Montaigne
Prix polar : Jean Doux et le mystère de la disquette molle (Delcourt), Philippe Valette
Prix du patrimoine : Je suis Shingo, tome 1 (Le Lézard noir), Kazuo Umezu
Prix de la série : Happy Fucking Birhday - Megg, Mogg & Owl (Misma), Simon Hanselmann
Prix révélation : Beverly (Presque Lune), Nick Drnaso
Prix spécial du jury : Les Amours suspendues (Magnani), Marion Fayolle
Prix de la bande dessinée alternative : Bien Monsieur (collectif)
Prix jeunesse : La Guerre de Catherine (Rue de Sèvres), Julia Billet et Claire Flauvel



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. Cette série narre de manière irrésistible les débuts de l’humoriste américain Pete Holmes, qui joue son propre rôle (sur OCS à la demande).
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TV – « Crashing », les aventures tragicomiques d’un humoriste

Notre choix du soir. Cette série narre de manière irrésistible les débuts de l’humoriste américain Pete Holmes, qui joue son propre rôle (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    27.01.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS à la demande

La série I’m Dying Up Here (2017), créée par David Flebotte, faisait le portrait du « comedy club » tenu, à Los Angeles, par la légendaire Mitzi Shore. Là y débutèrent nombre d’artistes de stand-up, dont Jim Carrey, l’un des coproducteurs de cette série que Canal+ tient toujours à disposition sur son site de replay (jusqu’au 19 mars).
On voyait quelle était la dureté implacable du métier de comedian (les humoristes de « stand up », debout devant un simple micro) : il n’y a pas plus effrayant que le silence embarrassé du public suivant une blague qui ne marche pas ; il n’y a pas plus terrible que les saillies cruelles que lancent certains, dans la salle, à ceux qui, sur l’estrade, n’ont pas l’heur de les faire se gondoler.
C’est évidemment le cas de Pete Holmes, dans Crashing, une autre série sise dans le milieu (new-yorkais cette fois) des comédiens de stand-up plus ou moins confirmés. Pete Holmes, qui a conçu cette série, avec le concours de Judd Apatow (réalisateur de son pilote), joue son propre rôle, en lui donnant d’évidents et savoureux traits caricaturaux.
Ce grand gaillard un peu mou, tel qu’on le rencontre dans le ­premier épisode de la saison 1 – disponible, ainsi que les deux premiers de la saison 2, sur OCS GO à la demande – ennuie un peu tout le monde par sa gentillesse un peu niaise et son charisme à peu près du niveau de celui d’une huître.
Attachant, naïf et immature
Son couple en fait les frais : son épouse – incarnée par Lauren Lapkus, au physique à la Olive Oyl si reconnaissable – s’ennuie au lit et compense la chose par des séances tantriques avec un baba cool chevelu. Pete les trouve au lit expérimentant « le petit pont » ou la « brouette thaïlandaise » et s’enfuit, horrifié.
Il a pour fardeau supplémentaire d’être chrétien, de n’avoir couché qu’avec sa femme et de ne pas boire d’alcool : toutes choses qui ne sont pas l’ordinaire de son milieu professionnel. Un magicien, adepte de l’explication raisonnée de la création du monde, lui fait douter de sa foi.
Un collègue compatissant, qui a de nombreuses heures de route au compteur, le transbahute dans un club de comédie de banlieue où le public, ivre et bruyant, n’aime que l’humour à gros traits et à gros mots. Pas trop le genre de Pete. Il va finir par boire et fumer de l’herbe, avec des résultats et des conséquences plus ou moins heureuses. Grâce à l’entremise généreuse de Sarah Silverman (qui, à l’instar d’autres humoristes américains, joue son propre rôle dans Crashing), Pete devient chauffeur de salle dans l’une des plus importantes émissions de la matinée sur une grande chaîne.

   


La saison 2 reprend les aventures du grand dadais, moins benêt qu’on l’a connu, mais toujours secoué par les événements plus ou moins catastrophiques auxquels le confronte le vent de la vie. Mais Pete est plus que jamais attachant, toujours naïf et immature (il tombe amoureux d’une collègue qui, ivre, en a fait sa proie d’une nuit, etc.).
Crashing – à ne pas confondre avec une autre série, britannique, du même nom mais sans rapport avec celle-ci – fait partie de ces récits qui, avec de petits riens, parviennent à faire un grand tout. Un peu à la manière de Louie, la merveilleuse série de Louis C.K. dont on espère qu’OCS ne la mettra pas au rancart après les ennuis de son créateur, accusé de harcèlement sexuel…
Crashing, saison 2, série créée par Pete Holmes. Avec Pete Holmes, Lauren Lapkus, Artie Lange, T. J. Miller, Sarah Silverman, George Basil (Etats-Unis, 2017-2018, 16 × 30 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La compositrice et pianiste publie un deuxième album à dominante jazz, « Pas de géant ».
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Les variations de la chanteuse Camille Bertault

La compositrice et pianiste publie un deuxième album à dominante jazz, « Pas de géant ».



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 23h26
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Quelques jours avant la mise en vente de son album Pas de géant (Okeh/Sony Music), le 19 janvier, Camille Bertault découvre les premiers exemplaires tels qu’ils seront commercialisés. Sur la pochette, un autocollant porte la mention « La révélation de l’année ». Elle s’en amuse. « On n’est qu’à mi-janvier… » A 31 ans, elle a déjà à son actif des années de pianiste, de comédienne, d’écriture de textes, de chanteuse, un premier album En vie (Sunnyside Records), publié en avril 2016. Mais pas de fausse modestie, l’appréciation destinée à attirer les acheteurs lui fait plaisir. « Avant et pendant l’enregistrement, nous avons travaillé comme des fous. Et je suis très, très, très contente du résultat. » 
Pas de géant est un album « avec plein de tiroirs dans lesquels on trouve mon rapport à la musique classique, au jazz, à la chanson ». Un disque joueur, original, réalisé avec soin. Dix jours d’enregistrement, une durée rare pour un disque à dominante jazz, signe du soutien de la major du disque Sony. Aux Studios de la Seine, à Paris, en mars 2017, avec une dizaine de musiciens français et américains, dont le saxophoniste Stéphane Guillaume, l’accordéoniste Daniel Mille, le pianiste Dan Tepfer et, partageant avec Camille Bertault les arrangements, le trompettiste et claviériste Michael Leonhart.
Ecriture directe
Dans certains morceaux, elle se raconte, usant d’une écriture souvent directe – « Je veux que l’on me comprenne ». Elle évoque sa découverte de New York, « la ville qui me donne envie de m’améliorer, je sais, ça fait un peu cliché », dans Nouvelle York, qui ouvre l’album ; comment avance sa transcription par la voix du solo de Giant Steps du saxophoniste John Coltrane, dans Là où tu vas ; il y a aussi la recherche de l’inspiration avec Entre les deux immeubles ou Suite au prochain numéro ; elle dit son goût pour les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Près de cinquante après sa création, l’émission qui fait s’affronter des bédéastes sur des jeux graphiques revient sur une jeune chaîne culturelle (sur Museum à 15 heures).
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TV – « Tac au tac », le dessin en direct

Près de cinquante après sa création, l’émission qui fait s’affronter des bédéastes sur des jeux graphiques revient sur une jeune chaîne culturelle (sur Museum à 15 heures).



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 23h08
    |

            Frédéric Potet








                        


Emission sur Museum à 15 heures



En 1969, une émission ­promise à la vénération ­ultérieure fait irruption à la télévision française : « Tac au tac », un divertissement du producteur Jean Frapat mettant aux prises des auteurs de bande dessinée. Le principe : réunis devant une grande feuille de papier, des dessinateurs s’affrontent, feutres en main, à travers un certain nombre de jeux graphiques dont le plus ­fameux est un cadavre exquis réalisé en direct. Tout le gratin de la BD de l’époque y participera, jusqu’à l’arrêt de l’émission en 1975. Les Franquin, Gotlib, Druillet, Fred, Uderzo, Morris, Pratt, Bretécher, Topor… Seul Hergé, parmi les grands, boudera l’exercice.
Quatre décennies plus tard, revoilà « Tac au tac ». Laurent ­Frapat, le fils du créateur (décédé en 2014), a mis entre parenthèses son métier – réalisateur de films animaliers – pour redonner vie à l’émission. Dans un décor aussi immaculé que les feuilles du ­paperboard qu’ils vont devoir noircir, des bédéastes d’au­jourd’hui se mesurent au cours des mêmes épreuves, appelées « cadavre exquis », « piège et parade », « escalade » ou « fresque ».
Exercice d’improvisation
Laurent Frapat a tourné 20 émissions de trente minutes qu’il aurait aimé vendre à une chaîne à forte audience. Faute d’y arriver, il s’est rabattu sur la jeune chaîne culturelle Museum, uniquement disponible dans les offres Canal (via Free et Orange).
Diffusés en première partie de soirée du lundi au vendredi depuis début janvier, les épisodes le seront à nouveau, dans leur intégralité, pendant le week-end du 27 au 28 janvier, à l’occasion du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

   


Nul besoin d’être un lecteur assidu du genre pour se délecter de cet exercice d’improvisation au parfum surréaliste. Ainsi, François Boucq croque son personnage ­fétiche, l’agent d’assurances ­Jérôme Moucherot, sautillant sur le dos d’un crocodile ; partiellement dissimulée derrière un ­cache de papier, la langue de l’animal devient alors un serpent sous le crayon de Jean Mulatier, puis une crosse de hockey sur glace avec Achdé. Rassemblés autour de six cases blanches, Philippe Dupuy, David Prudhomme et ­Dominique Bertail flirtent, eux, avec l’abstraction pour composer un strip commencé par… la fin.
Si l’imagination relâchée des auteurs invités participe pour beaucoup à la réussite de cette renaissance, l’exécution de dessins en direct, sans filet, s’avère toujours aussi fascinante pour le ­téléspectateur, quarante ans plus tard. La BD, un art télévisuel ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le saxophoniste François Corneloup évoque le groupe né au festival Sons d’hiver, qui dure jusqu’au 17 février.
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Ursus Minor, la musique au corps-à-corps

Le saxophoniste François Corneloup évoque le groupe né au festival Sons d’hiver, qui dure jusqu’au 17 février.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 23h19
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

Figure emblématique de Sons d’hiver, le contrebassiste américain William Parker écrit ceci : « Le jazz est mort, mais a-t-il jamais existé ? » Si c’est comme le dieu de Nietzsche, l’horizon est dégagé. Du duo au big band, William Parker est un artificier. Il tient ferme la ligne des radicaux de la musique noire et serait à Wynton Marsalis ce que Ruffin est à Gattaz.
Vendredi 26 janvier, à l’Espace culturel André Malraux (ECAM) du Kremlin-Bicêtre, son dialogue avec Alexandre Pierrepont, inventeur du pontage politico-musical The Bridge, a traité un sujet brûlant : « Musique et engagement social ». Après quoi, en deux concerts, il a ouvert en grand les portes de Sons d’hiver. Parmi les 31 groupes, celui qui fait figure de groupe maison, inventé ici, Ursus Minor (Tony Hymas, Grego Simmons, guitare, Stockley Williams, drums, Crescent Moon, le rappeur de Minneapolis, et François Corneloup), a joué et composé pour la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Le militantisme comme pratique musicale
Toujours prêt, depuis 1985 (année où il intègre la Compagnie Lubat) à improviser sur Musique et engagement social, Corneloup est un des acteurs musicaux les plus lucides. Né en 1963 dans une famille de militants syndicaux épris de culture, il a tôt fait du militantisme sa pratique musicale : « Prendre l’instrument a tout naturellement suivi. J’y apprends que l’engagement social ne s’accomplit pas dans un studio ni sur scène, mais là où est la lutte sociale : rue, piquet de grève, planning familial, cité, ghetto, prison, école, dispensaire, hôpital… Ce n’est pas l’engagement revendiqué par l’artiste qui fait de son œuvre une révolution. C’est son travail. »
« Dans les collectifs que j’ai pratiqués, j’ai croisé les personnalités qui m’ont bâti : dans la complicité comme dans les désaccords radicaux »
Rugbyman (sport collectif), gaillard, sérieux, il s’exprime en solo comme en big band : avec lyrisme,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).
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Rentrée de la BD : la sélection des meilleurs albums

Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h01
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 14h36
    |

            Frédéric Potet, 
                                Anne Favalier, 
Pauline Croquet et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« Journal d’Italie, tome 2. Hong Kong, Osaka »
de David B., Delcourt, « Shampooing », 144 p., 15,50 €.
« Etre un passant et manger le monde pour le dessiner ensuite. » Dans le premier tome de son Journal d’Italie (Delcourt, 2010), ­David B. dessinait les rêveries ésotériques inspirées de ses flâneries dans Trieste, Venise, Parme ou Bologne. L’auteur de L’Ascension du Haut Mal (L’Association, 1996-2003) pousse ses promenades occultes jusqu’à Hongkong et Osaka. Les canyons de béton de l’ancienne colonie britannique, les galeries commerciales du port japonais lui suggèrent des histoires horrifiques et merveilleuses de triades et de fantômes, de tengus et de yokaïs. Une ode somptueuse à l’errance et au monde des esprits, nourrie de mythes asiatiques, d’estampes japonaises, de récits et de rêves. An. F.

« Des chauves-souris, des singes et des hommes »
de Barroux (dessin) et Paule Constant, Gallimard, « Bande dessinée », 80 p., 18 € (en librairie le 2 février).
Un « thriller médical », c’est ainsi que Paule Constant décrit son roman Des chauves-souris, des singes et des hommes (Gallimard, 2016), qui raconte le début de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, en 2014. Barroux, illustrateur de livres pour enfants, a découpé ce récit pour y accoler ses dessins naïfs, en renouvelant la lecture. Les couleurs vibrantes – jaune, bleu, vert des journées africaines, ocre et rouge profonds de la nuit, grisaille de l’Europe où s’achève l’histoire – rythment le voyage meurtrier du virus, d’un village isolé de Guinée, en lisière de forêt, jusqu’à la ville au bord de la rivière, et au monde. Un conte terrible et magnifique. An. F.

« Bouncer, tome 10. L’or maudit »
de Boucq, Glénat, 80 p., 18 €.
Le cow-boy manchot, dit le Bouncer, est de retour. Il doit cette fois retrouver une enfant kidnappée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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De Monsieur Poulpe à François Gabart : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 23h06
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Les calembours de Monsieur Poulpe, le portrait intime du marathonien des mers François Gabart et un documentaire sur les théories du complot prisées par les djihadistes : voilà notre sélection hebdomadaire de replays.
« Crac Crac », les coquineries de Monsieur Poulpe

Monsieur Poulpe a choisi un nom qui n’est pas facile à porter. Mais on s’y est fait, et lui aussi. D’ailleurs, ses mines flapies, ses yeux un peu tombants et sa gaillarde mollesse lui donnent, quand il le veut, des mines de grand mollusque amical.
Membre fondateur du Studio Bagel, racheté en 2013 par Canal+, il s’est depuis illustré sur la chaîne par abonnement, survivant à la purge qui a secoué la maison. On ne l’aimait guère en duo avec Alison Wheeler, dans la dernière mouture du « Grand Journal », pilotée par Antoine de Caunes. Mais, dans « L’Emission d’Antoine », toujours menée par de Caunes, on l’avait trouvé bien meilleur.
Parfait disciple de son mentor, Monsieur Poulpe fréquente le même humour décalé, grevé de coquineries et de mauvais calembours. Les coquineries sont même la matière de sa nouvelle émission mensuelle sur Canal+, « Crac Crac », dont le titre dit tout ou presque. C’est olé-olé, sans qu’il y ait de quoi fouetter un chat ou se relever la nuit. On se sera amusé, dans l’émission de janvier, du faux tournage de film porno politique avec, à la réalisation, Poulpe et la journaliste belge Charline Vanhoenacker. Et l’on aura beaucoup ri à la déclinaison « sexy » de la légendaire et tordante série « Message à caractère informatif ». Renaud Machart
« Crac Crac », présenté par Monsieur Poulpe (2017-2018). Sur Canalplay
Dans l’intimité de François Gabart

   


Le 17 décembre 2017, François Gabart battait le ­record du tour du monde en solitaire en 42 jours, 16 heures et 40 minutes. Soit 6 jours et 10 heures de moins que le précédent, détenu par le navigateur Thomas Coville. Cette performance n’aurait pu être accomplie sans les longs mois de préparation sportive et technique qui l’ont précédée, ainsi que nous le fait découvrir le journaliste ­Manuel Herrero.
Tout commence en mars 2017, à Lorient, où est entreposée, dans un hangar, la formule 1 des mers de François Gabart. Ce ­dernier profite de l’hiver, période de trêve des navigateurs, pour faire, avec ses équipes, le ­contrôle technique de son ­bateau. Un trimaran (bateau à trois coques) immense. Trente-deux mètres de long pour 23 de large et 35 de hauteur.
La visite n’est qu’un préambule. Car vient le moment de la remise à l’eau du multicoque et le début des entraînements, le vainqueur du Vendée Globe 2012-2013 devant participer avec son équipage à la course The Bridge 2017, qui voit plusieurs multicoques affronter le Queen-Mary 2 (l’un des plus grands paquebots du monde), dans une épreuve reliant Saint-Nazaire à New York. Au-delà du quotidien d’un grand sportif, c’est le portrait d’un homme de 34 ans que ­Manuel Herrero parvient à dresser dans son documentaire, à travers notamment des images d’archives et des témoignages. Mathieu Ait Lachkar
François Gabart, l’étoffe d’un champion, de Manuel Herrero (Fr., 2017, 55 min). Sur MyCanal
Les alibis de la terreur décryptés



Rudy Reichstadt est sur tous les fronts. Membre de l’Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean-Jaurès, le politologue anime depuis 2007 le site Conspirary Watch, où il passe aux cribles, pour mieux les démonter, les théories du complot. Il poursuit ici ce combat, en cosignant avec Georges Benayoun un documentaire éclairant sur la façon dont le djihadisme utilise et nourrit les thèses complotistes pour justifier la terreur.
Car ainsi que l’explique l’historien Pierre-André Taguieff : « Le terrorisme a besoin de justification, de légitimation comme les totalitarismes. (…) Même les djihadistes recherchent du sens et veulent un monde ordonné où leur crime puisse avoir un sens et une valeur de rédemption. » Et ce sens, les djihadistes l’ont trouvé dans la théorie du complot judéo-croisé contre l’islam. A ce mythe d’un complot islamophobe s’est ajouté celui « plus attractif car plus moderne » d’un « terrorisme fabriqué » qui, sous des dehors pseudo-scientifiques, vise à mettre en doute les versions officielles.
S’appuyant largement sur des entretiens avec des spécialistes de ces questions (Pierre-André Taguieff, Soufiane Zitouni, Gérald Bronner), sur des témoignages de victimes d’attentats (ou de leurs proches) pour qui ces discours niant la réalité s’apparentent à une double peine, ce film dense, illustré de vidéos de propagande, s’offre comme un outil civique de résistance. Christine Rousseau
Complotisme, les alibis de la terreur, de Rudy Reichstadt et Georges Benayoun (Fr., 2017, 60 min). Sur Francetv.fr



                            


                        

                        

