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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’édition 2018 était coprésidée par des femmes, une décision prise avant l’émergence du mouvement #MeToo. Dans les panels et discussions, de nouveaux thèmes ont émergé.
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Le Forum économique de Davos à l’heure de #MeToo

L’édition 2018 était coprésidée par des femmes, une décision prise avant l’émergence du mouvement #MeToo. Dans les panels et discussions, de nouveaux thèmes ont émergé.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h43
    |

            Sylvie Kauffmann (Davos (Suisse), envoyée spéciale)








                        



   


Rendez-vous annuel des élites mondiales depuis quarante-huit ans, le Forum économique mondial (WEF) de Davos est, inévitablement, une assemblée très masculine même si, au fil des ans, la visibilité d’une chancelière allemande, d’une directrice générale du FMI ou d’une PDG de multinationale a pu être mise en avant. La participation des femmes a laborieusement progressé jusqu’à 21 % cette année, et le panel exclusivement masculin est désormais quasi interdit ; le Forum produit chaque année, depuis 2006, un rapport très solide sur l’évolution des inégalités entre les sexes dans le monde. Mais de toute évidence, un saut qualitatif, en plus de la lente amélioration quantitative, restait à accomplir.
#MeToo a-t-il changé tout cela ? Le mouvement lancé en octobre aux Etats-Unis par l’affaire Weinstein a en tout cas contribué à faire évoluer les esprits à Davos aussi. Première mesure, décidée avant même le déclenchement du scandale planétaire du harcèlement sexuel : pour la première fois, les organisateurs du WEF ont confié la coprésidence du Forum 2018 à des femmes — sept femmes, plus exactement : Christine Lagarde, directrice générale du FMI, Ema Solberg, première ministre norvégienne, Fabiola Gianotti, physicienne et directrice générale du CERN, Chetna Sinha, fondatrice de la banque coopérative rurale Mann Deshi Bank, en Inde, Ginni Rometty, PDG d’IBM, Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats, et Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie.
Emergence de nouveaux thèmes
« Enfin un panel qui n’est pas un “manel” », a lancé Mme Lagarde en présentant ses six coprésidentes en séance plénière, mardi 23 janvier. L’effet visuel des couleurs vives qui rompent avec l’uniforme costume-cravate était incontestable, mais le contenu des échanges a également marqué la différence. La discussion n’a pas porté sur les femmes, mais sur les projets et les aspirations des unes et des autres dans leurs institutions respectives. Les thèmes de la confiance, de la responsabilité, des dégâts causés par la montée des inégalités, de la nécessité de promouvoir l’engagement dans la recherche scientifique dominaient les aspirations des coprésidentes.
Autre changement : la question du harcèlement sexuel, l’ampleur du phénomène dans le monde du travail et les moyens de le combattre ont fait l’objet de plusieurs panels. C’est, là aussi, une première. On a pu ainsi écouter une responsable de Microsoft, Peggy Johnson, expliquer comment elle avait découvert que 60 millions de salariés, aux Etats-Unis — y compris « un petit nombre » à Microsoft — avaient dans leur contrat de travail une clause les obligeant à soumettre toute plainte pour harcèlement sexuel à une procédure d’arbitrage privé, le plus souvent accompagnée d’accords de confidentialité, et non devant les tribunaux. On a pu aussi y entendre un universitaire de Berkeley, le psychologue Dake Keltner, décrire le mouvement #MeToo comme une « révolution » comparable au rapport Kinsey sur la sexualité il y a soixante ans, et la directrice de l’ONG Oxfam, l’Ougandaise Winnie Byanyima, remercier les Américaines pour avoir lancé ce soulèvement mondial.
L’égalité entre les sexes au cœur de plusieurs discours
Certains dirigeants politiques ont aussi choisi d’afficher le thème de l’égalité hommes-femmes en bonne place dans leur discours, ainsi que le coût économique et social de la discrimination. Le champion toutes catégories en la matière est, sans surprise, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui a appelé à « un changement fondamental dans la culture de l’entreprise » pour « embaucher, promouvoir et maintenir les femmes  » à des postes de responsabilité. M. Trudeau, dont le pays préside le G7 cette année, s’est engagé à placer le thème de l’égalité des sexes au centre de l’agenda de ses réunions et a nommé coprésidentes du G7 Melinda Gates, cofondatrice de la fondation Bill & Melinda Gates, et Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France. Plusieurs dirigeants européens, dont Mme Merkel et M. Macron, ont aussi évoqué le sujet dans leur discours. Deux leadeurs, en revanche, ne s’en sont pas embarrassés : le premier ministre indien, Narendra Modi, et le président américain, Donald Trump.
Christine Lagarde a raconté comment, « encore à ce jour », elle surprenait ce « petit sourire condescendant » que les hommes ont pour les femmes dont ils doutent des compétences
Les participantes au WEF sont pour la plupart des femmes en position de pouvoir. Cette édition Davos 2018 a montré que, loin de la vulnérabilité des salariées en bas de l’échelle, elles ne sont pas pour autant à l’abri du sexisme ni, notamment, du « mansplaining », cette façon qu’ont les hommes de s’adresser aux femmes qui, forcément, en savent moins qu’eux. La première ministre norvégienne, Erna Solberg, a ainsi raconté comment un PDG avait commencé à lui expliquer, « comme à une enfant », le mécanisme des taux d’intérêt en pleine réunion de la commission des finances au Parlement. Il a fini par être interrompu par un membre de la Commission : « Erna est la plus diplômée d’entre nous en économie », lui a-t-il signalé. Dans un entretien au Monde, Christine Lagarde a raconté comment, « encore à ce jour », elle surprenait ce « regard biaisé » ou ce « petit sourire condescendant » que les hommes ont pour les femmes dont ils doutent des compétences.
Preuve qu’il y a encore des progrès à faire, une journaliste économique du Daily Telegraph, Anna Isaac, a raconté sur Twitter samedi comment, dans le train, son voisin s’est étonné qu’une « jeune femme comme elle » lise les pages économiques du Telegraph et du Financial Times, puis a entrepris de lui expliquer Davos, la BCE (Banque centrale européenne) et le CBI (Confederation of British Industry, le patronat britannique)…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Cette famille produit huit cuvées de qualité, dans le respect des terroirs. Un choix assumé et revendiqué.
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Les Hubert, vignerons en biodynamie dans le Bordelais


                      Cette famille produit huit cuvées de qualité, dans le respect des terroirs. Un choix assumé et revendiqué.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 12h30
    |

            Rémi Barroux








   


D’abord, il y a Irwan, Bobby et Pandie, les trois chiens qui font les foufous sur la terrasse, quand Pitou, le chat, file discrètement dans la maison. Ensuite, résonne le babil charmant et incessant de Jeanne, 2 ans, interpellant ses cousines Abigael et Gloria. Leur grand-père, Jean-Luc, 59 ans, coupe menu le chou rouge, non loin d’une respectable côte de bœuf qui attend de rejoindre la cheminée où une flambée distille sa douce chaleur, bienvenue en cette soirée venteuse et pluvieuse de janvier.
Jean-Luc Hubert ne touchera pas à la viande, il est végétarien. Une conviction acquise au fil des années, tout comme l’idée de passer le domaine viticole dont il s’est longtemps occupé avec son épouse, Catherine, en biodynamie. La transition s’est faite en 2000. Aujourd’hui, Rachel, sa fille, et Guillaume, son fils, 32 et 36 ans, œuvrent à produire des cuvées de qualité, huit réparties sur les domaines familiaux, le Château Peybonhomme-les-Tours (55 ha en production), en appellation blaye-côtes-de-bordeaux, et le Château La Grolet (33 ha), en appellation côtes-de-bourg.
Pas de traitement chimique
« Alors que la plupart des vins de Bordeaux sont devenus inintéressants, du fait de trop nombreuses manipulations destructrices, Peybonhomme et La Grolet proposent des vins fruités et riches en minéralité, bien spécifiques de leurs terroirs », décrit la famille Hubert. Ici, dans cette demeure historique – la jolie tour crénelée remonte au XVIIe siècle –, le choix est revendiqué et sans compromis. Les vignes qui habillent les coteaux, descendant vers l’estuaire de la Gironde, ne sont pas traitées chimiquement. Dans le chai, levures, sucres, enzymes et collage sont également interdits.
« Au début, on était les fous », raconte Catherine. « Les voisins venaient voir si on avait quand même du raisin malgré l’absence de traitement », ajoute Jean-Luc. Mais la tribu a tenu bon, assumant la conversion de ce domaine historique, issu de la fusion ­entre deux familles, les Hubert, longue lignée de marins qui naviguaient sur le fleuve sur des gabares transportant les barriques, et les Peybonhomme, plusieurs générations de vignerons.
« Nous souhaitons transmettre un peu de notre terroir que nous aimons tant, que les gens qui boivent nos vins perçoivent l’émoi que je ressens quand je me balade dans nos vignes. » Rachel Hubert
« Il faut garder son cap, ignorer ce qui se passe autour. Il y en a qui ont toujours en tête, même chez les jeunes, la question du rendement, comme leurs grands-parents : produire moins, cela reste un échec pour certains », explique Rachel Hubert, devenue une des ambassadrices de charme du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux.
La rupture avec les ancêtres qui cherchaient le rendement ne s’est pas faite en un jour. Des conférences à la Coulée de Serrant, le domaine de Nicolas Joly, sur la rive droite de la Loire, une référence de la biodynamie, ont persuadé Jean-Luc Hubert de sauter le pas. Les tempêtes dévastatrices Lothar et Martin, fin décembre 1999 en France, ont achevé de le convaincre.
Leurs enfants ont suivi la voie naturelle. « Nous souhaitons transmettre un peu de notre terroir que nous aimons tant, que les gens qui boivent nos vins perçoivent l’émoi que je ressens quand je me balade dans nos vignes et que j’aperçois une biche, ou une chouette nichée sur le chai », plaide Rachel.
Dans le chai justement, où reposent dix-huit « œufs » en grès consacrés aux rouges, des barriques pour les blancs et les cuves installées par leur grand-père, les deux jeunes analysent chaque cuvée. La préférée du moment est « Energies 2015 », une friandise à base de merlot (60 %), de malbec et de cabernet franc, élevée en amphore. Il y a aussi « Les Vacances de M. Merlot », un merlot 100 % sans soufre, ou encore « L’Atypic », moitié cabernet franc, moitié malbec.
Tous ces vins ont une identité que respecte la biodynamie, avancent-ils. « On ne fait pas de cuvée parcellaire, on goûte à l’aveugle les jus, sans se dire qu’il y a une superparcelle que l’on réserve pour un vin ; le millésime change tout à chaque fois », analyse Guillaume.

        Lire aussi :
         

                Trois cuvées bio de la famille Hubert



Une démarche encore marginale
L’intoxication de 23 élèves et d’une enseignante dans une école primaire de Villeneuve-de-Blaye (Gironde), en mai 2014, à quelques kilomètres du domaine – un non-lieu a été prononcé le 4 septembre 2017 à l’encontre des deux domaines responsables de l’épandage –, a scandalisé la famille Hubert. Et apporté des arguments supplémentaires à leur démarche.
A la Maison des vins de Blaye, non loin de la citadelle qui veille sur l’estuaire, Cédric Groussard veut croire, lui, à l’évolution du vignoble. Affichant une cinquantaine de vins bio sur 300 références, le responsable vante « une grosse prise de conscience », sous l’œil sceptique de Rachel. Sur les 6 500 hectares de l’appellation, Mickaël Rouyer, directeur du Syndicat viticole de Blaye, annonce, lui, une vingtaine de propriétaires en bio et quatre en biodynamie, sur 250 domaines indépendants (450 au total dans l’appellation).
On le voit, la marge de progression reste importante. François des Ligneris, personnage du Bordelais, ex-propriétaire du Château Soutard, un grand cru classé de saint-émilion, et ancien restaurateur – son Envers du décor était un rendez-vous incontournable –, a la solution : « Il faudrait indiquer sur les étiquettes la nature et la quantité des intrants utilisés. On ne préciserait pas bio, ce serait la norme, comme à l’époque où la chimie n’était pas entrée dans les vignes. »



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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’entrepreneur suédois souhaitait meubler la classe moyenne mondiale avec des produits de qualité au plus bas prix possible. Au prix d’entorses au respect de certaines conditions de travail.
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Le fondateur d’Ikea, Ingvar Kamprad, est mort

L’entrepreneur suédois souhaitait meubler la classe moyenne mondiale avec des produits de qualité au plus bas prix possible. Au prix d’entorses au respect de certaines conditions de travail.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 14h35
    |

            Olivier Truc








                        



   


Ingvar Kamprad, mort le 28 janvier, à l’âge de 91 ans, à son domicile dans la province de Smaland (Suède) est resté toute sa vie un homme discret, effacé derrière son entreprise, jouant d’ailleurs volontiers de son attitude modeste, mais toujours présent en filigrane, à l’image du nom qu’il a donné à sa société en 1943 : « Ikea » est en effet constitué des initiales d’Ingvar Kamprad Elmtaryd Agunnaryd, ces deux derniers étant les noms de la ferme familiale et de son village, où il a commencé ses activités, d’abord en vendant des allumettes à vélo, puis en continuant avec la vente par correspondance.
Ingvar Kamprad est né le 30 mars 1926 à Almhult, dans une région rurale du sud de la Suède, le Smaland, connue pour être le creuset d’Eglises libres, évangélistes notamment, où se sont développés de nombreux petits entrepreneurs et paysans. Ingvar Kamprad aurait décidé de gagner beaucoup d’argent en voyant son père s’échiner en vain dans la ferme familiale, dans une région rude et rocailleuse. Un principe de base, appliqué par Ingvar Kamprad dès ses premières affaires, sera de vendre ce que d’autres fabriquent, afin d’être flexible. Tout l’édifice Ikea repose sur cette idée, avec une objectif clair : meubler la classe moyenne mondiale en lui donnant accès à des produits de qualité au plus bas prix possible. Et donc à monter soi-même.
Ce qui différencie Ikea de nombreuses entreprises est qu’il revendique un engagement social. « Ce sont toujours les gens positifs qui gagnent », aimait à rappeler Ingvar Kamprad. Cette vision de la vie est un pilier de la culture Ikea. A quoi on peut ajouter des préceptes comme la simplicité, la parcimonie, l’humilité. Qu’on y voie une astuce de marketing ou une démarche sincère, le fait est qu’Ingvar Kamprad a réussi à imposer cette image, ciselant sa propre légende avec un talent certain, rappelant comment la philosophie d’Ikea était imprégnée de cet environnement difficile du Smaland, où il fallait se battre avec ses mains et sa sueur pour arracher sa pitance à une terre peu productive.
Dès les années 1970, Ingvar Kamprad a commencé à préparer la survie d’Ikea après sa mort, afin d’éviter le dépeçage de son entreprise, les bagarres d’héritage et les droits de succession trop élevés. Certains estiment que cette obsession précoce de la mort provient des drames qui ont touché sa famille. Un arrière-grand-père, un grand-père et un oncle d’Ingvar Kamprad se sont suicidés. Sa grand-mère Franziska a élevé seule ses enfants tout en s’occupant de la ferme, peu de temps après avoir émigré d’Allemagne en Suède. Une femme forte et endurante qui lui a servi de modèle.
Optimisation fiscale poussée à l’extrême
En chemin, Ingvar Kamprad est devenu l’un des hommes les plus riches du monde, à la tête d’un empire qui, en 2016, a réalisé 34,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a reçu 783 millions de visiteurs dans 340 magasins installés dans 28 pays. Le fameux catalogue Ikea est imprimé à plus de 210 millions d’exemplaires. Ce développement s’est fait à la force du poignet, puisque Ingvar Kamprad s’est toujours passé de capital-risque et a toujours résisté aux sirènes de l’introduction en Bourse. Il a pu s’en passer en menant notamment une stratégie d’optimisation fiscale poussée à l’extrême, avec un enchevêtrement complexe de fondations dans de nombreux paradis fiscaux et des milliards d’euros dissimulés par exemple dans la fondation Interogo, dont il avait essayé de nier l’existence, au Liechtenstein.
A ceux qui le critiquaient, Ingvar Kamprad offrait son allure modeste, sa vieille Volvo, ses voyages en seconde classe, n’hésitant pas à jouer de la bonne réputation des valeurs suédoises, dont il s’est fait le passeur, allant jusqu’à colorer ses magasins aux couleurs nationales. Ingvar Kamprad se décrivait lui-même comme « un brave type », à la limite un peu simplet, aux goûts modestes et répondant invariablement que l’essentiel des bénéfices d’Ikea n’allait pas dans sa poche. « J’ai assez d’argent pour m’en sortir, mais le fait est que ce n’est pas moi qui possède l’argent, c’est une fondation », disait-il. Oubliant de préciser qu’il contrôlait la fondation en question.
Comme le rappelaient ses détracteurs, on n’amasse pas une telle fortune en vendant des produits au plus bas prix possible sans que quelqu’un, à un bout de la chaîne, en fasse les frais. D’où les accusations régulières concernant le travail des enfants, l’exploitation de la main-d’œuvre dans les pays pauvres, les conditions imposées aux sous-traitants. Des meubles ont par exemple été fabriqués dans les années 1970 grâce au travail forcé de prisonniers politiques allemands à l’époque de la République démocratique allemande (RDA).
Pendant la guerre, « la plus grande erreur de [sa] vie »
Ingvar Kamprad, chef d’entreprise encensé, a dû aussi se battre contre ses démons. L’alcool, comme il s’en est expliqué, notamment à l’époque où il allait chercher des sous-traitants en Europe de l’Est pour fabriquer ses meubles à bas prix et où les contrats se signaient à grand renfort de vodka. Son passé nazi aussi, épisode sensible.
Dans la ferme des Kamprad, au moment de la guerre, les sentiments étaient proallemands et antisémites. Ingvar Kamprad, jeune homme, mena en cachette une vie de militant nazi. En 1994, déjà, le fondateur d’Ikea avait dû reconnaître la réalité de ce lointain mais encombrant engagement. Il s’en était excusé auprès de ses employés, regrettant « la plus grande erreur de [sa] vie ».
Un livre a montré que cet engagement avait été bien plus profond qu’il ne voulait l’admettre. Ingvar Kamprad a recruté d’autres nazis, et a gardé des contacts jusque dans les années 1950, finançant même un parti néo-nazi avec l’argent d’Ikea. Les services secrets suédois avaient établi un dossier sur lui dès 1943, à l’époque même où il créait Ikea. Ingvar Kamprad s’en est sorti en adoptant un profil bas. Les Suédois lui ont toujours pardonné, car il n’avait pas l’arrogance de beaucoup de dirigeants de grandes entreprises.
Ingvar Kamprad, qui résidait près de Lausanne depuis la fin des années 1970, laisse une fille d’un premier mariage, Annika, et trois fils, Peter, Jonas et Mathias, tous impliqués dans Ikea, mais à qui le fondateur du géant de l’ameublement n’a jamais semblé accorder une confiance aveugle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ L’Inde avait sa cryptomonnaie, le Kashcoin. Mais la plainte d’un investisseur et une enquête de la police ont mis fin à l’escroquerie.
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En Inde, gare aux fausses cryptomonnaies

L’Inde avait sa cryptomonnaie, le Kashcoin. Mais la plainte d’un investisseur et une enquête de la police ont mis fin à l’escroquerie.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 11h00
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Capitalisant sur le succès planétaire du bitcoin, les contrefaçons de monnaies électroniques se multiplient en Inde. En décembre, un entrepreneur de 32 ans accusé d’escroquerie a été arrêté par la police de Delhi. La cryptomonnaie KashhCoin, qu’il avait lancée un an plus tôt, lui a rapporté des millions de roupies, sans qu’elle serve à acheter quoi que ce soit.

Une devise ne vaut que ce que ses utilisateurs croient qu’elle vaut. Les créateurs du KashhCoin avaient pris soin de rédiger des présentations suffisamment techniques et complexes pour que les épargnants croient au sérieux de leur projet. La courbe exponentielle du cours du bitcoin, agrémentée de quelques citations de Bill Gates, finissait en général de les convaincre.
Pyramide de Ponzi
Plutôt que d’assommer les potentiels investisseurs avec des explications sur les algorithmes reposant sur la blockchain – une chaîne de transactions codées et authentifiées, utilisée dans la fabrication des bitcoins –, les promoteurs du KashhCoin organisaient plutôt de somptueuses soirées avec buffet à volonté et concert Bollywood.
L’engouement pour les cryptomonnaies est allé croissant en Inde, surtout depuis que le gouvernement a démonétisé près de 87 % des billets en circulation, en novembre 2016.
Jusqu’au jour où un commerçant de Delhi à qui ils avaient promis un retour sur investissement de 10 % par mois s’est plaint à la police. Les enquêteurs ont alors découvert que plusieurs créateurs de cryptomonnaie arnaquaient des épargnants sur le modèle de la pyramide de Ponzi, dans lequel les investisseurs se rémunèrent essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants.
A la suite de l’envolée du bitcoin en 2017, les cryptomonnaies suscitent un engouement croissant en Inde, surtout depuis que le gouvernement a démonétisé près de 87 % des billets en circulation, en novembre 2016. La plate-forme d’échanges indienne Unocoin a ainsi vu le nombre de ses utilisateurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Si vous occupez un bien via une société civile immobilière et en faites votre résidence principale, vous ne pourrez plus invoquer l’abattement de 30 % pour l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).
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Peut-on être locataire de sa propre SCI ?

Si vous occupez un bien via une société civile immobilière et en faites votre résidence principale, vous ne pourrez plus invoquer l’abattement de 30 % pour l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
    |

                            Olivier Rozenfeld (Président de Fidroit)








                        



   


Question à un expert. Si vous détenez un appartement ou une maison, rien ne vous empêche de le faire via une société civile immobilière (SCI). Mais alors que se passe-t-il si vous occupez ce bien et en faites votre résidence principale ?

        Lire aussi :
         

                Cinq bonnes raisons de créer une SCI



Vous pouvez le faire à titre gracieux, mais vous ne pourrez plus invoquer l’abattement de 30 % pour l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Même chose pour la déduction de 20 % sur les droits de succession. Autre conséquence, en qualité de conjoint survivant, vous perdrez aussi les droits d’occupation dont vous auriez pu profiter sinon sur le bien.
Abus de droit
Si vous vous louez le bien, ce qui est possible dès lors que la société en est propriétaire, attention alors ! Les principes juridiques l’admettent, mais vos motivations peuvent vous faire courir certains risques fiscaux. Ainsi, la conclusion d’un bail de convenance permet de rendre déductibles des dépenses comme les intérêts d’emprunt, les travaux qui ne l’auraient pas été en l’absence de revenus.

SCI: des contraintes à ne pas sous-estimer
Véritable couteau suisse, la SCI n’a pas que des avantages.D’abord, elle a un coût. Vous devrez débourser environ 2 000 euros pour faire rédiger ses statuts par un notaire ou un avocat. Il vous faudra aussi tenir la comptabilité de la SCI et convoquer chaque année les associés en assemblée générale.Dans certains cas particuliers, sachez encore que la SCI peut provoquer des blocages. « Par exemple, si le gérant qui concentre tous les pouvoirs devient grabataire », dit M. Etienne.Enfin, la plupart des assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) n’ont pas intérêt à créer une SCI, car un bien logé dans une société civile ne peut plus bénéficier de l’abattement de 30 % au titre de la résidence principale.


Mais chercher à faire apparaître des déficits fonciers peut constituer un abus de droit, en particulier avec un loyer anormalement bas. Les loyers en cause ne répondent alors à aucune logique économique. Le bail est considéré comme fictif et l’administration et les juges sont sur leurs gardes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Les grandes enseignes rivalisent de promotions en ce début d’année. Une guerre des prix à laquelle s’ajoute la réduction des importations chinoises.
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La baisse des cours du porc inquiète les éleveurs

Les grandes enseignes rivalisent de promotions en ce début d’année. Une guerre des prix à laquelle s’ajoute la réduction des importations chinoises.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 18h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. « La côte de porc à 1,77 euro le kilo, c’est du jamais-vu », s’emporte Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. Un véritable tour de cochon joué par les grandes enseignes, prêtes à rivaliser de promotions en ce mois de janvier. La côte de porc n’est pas la seule partie de l’animal passée sur le billot de la guerre des prix. « Des épaules de porc français à 1,28 euro le kilo chez Leclerc ou à 1,49 euro le kilo chez Intermarché », renchérit la Fédération nationale porcine.
Un jeu de massacre dénoncé par les éleveurs. D’autant que le 14 novembre 2017, les acteurs des filières agroalimentaires ont signé en grande pompe une « charte d’engagement » pour une relance de la création de valeur et pour une meilleure répartition du bout de gras. Cochon qui s’en dédit, ont-ils affirmé en substance au moment d’apposer leur paraphe. Depuis, la charte est devenue lettre morte. Ou presque.

Or, elle devait insuffler un esprit nouveau, issu des Etats généraux de l’alimentation sur le nouveau round des négociations commerciales entre industriels et distributeurs. Sachant que le coup de gong de la fin du match est programmé fin février. Et que la loi promise par Emmanuel Macron pour mettre fin à la guerre des prix menée par la grande distribution devrait être présentée le 31 janvier. Elle n’entrera donc pas en vigueur avant les négociations commerciales de 2019. « En attendant la loi, les distributeurs continuent à jouer à qui est le moins cher, ils se livrent un baroud d’honneur », affirme Mme Lambert.
Surproduction

L’inquiétude grandit dans les rangs des éleveurs porcins. D’autant que le cours du cochon fond à vue d’œil comme lard dans la poêle. Alors que tous les voyants étaient encore au rose début juillet 2017, l’aiguille du marché au cadran a soudain changé de sens. Descendant inexorablement degré après degré. Jeudi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Rodolphe Durand, professeur à HEC, et Geneviève Ferone Creuzet, de l’agence de notation Prophil, préconisent dans une tribune au « Monde » des incitations fiscales pour orienter l’investissement vers les « modèles d’affaires vertueux »
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« La prise en compte du bien commun ne doit pas rester le fait d’un nombre restreint d’entreprises »

Rodolphe Durand, professeur à HEC, et Geneviève Ferone Creuzet, de l’agence de notation Prophil, préconisent dans une tribune au « Monde » des incitations fiscales pour orienter l’investissement vers les « modèles d’affaires vertueux »



Le Monde
 |    27.01.2018 à 17h00
    |

Rodolphe Durand (Professeur et directeur du Centre société et organisations à HEC Paris) et Geneviève Ferone Creuzet (Associée et cofondatrice de P...







                        



                                


                            

Tribune. La future loi sur le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) ouvrira des possibilités nouvelles aux entrepreneurs qui veulent construire des modèles d’affaires vertueux au service du bien commun. La question est de savoir si ce nouveau texte pourra aller au-delà pour viser un véritable changement d’échelle et permettre à la France de construire une économie compétitive, à impact positif et en phase avec les aspirations de nos concitoyens.

La réforme des articles 1832 et 1833 du code civil, pour y inclure les intérêts des parties prenantes autres que ceux des actionnaires, enverrait un signal clair à la société et au marché. Pourtant, on le voit, ce sujet bouscule des postures et ravive des passions. La plus grande crainte est de voir se multiplier des risques de conflits juridiques autour de la gestion des entreprises.
Le code civil apparaît pour certains comme une vache sacrée à laquelle il ne faut pas toucher. Pour les tenants du statu quo, la priorité est d’éviter tout changement qui risquerait d’épouvanter les porteurs de capitaux. Pour autant, aussi symbolique qu’elle soit, l’inscription dans le code civil ne fera pas tout.
Favoriser un changement d’échelle
La création du statut juridique de « l’entreprise à mission », articulant lucrativité et contribution au bien commun, est incontestablement une voie à privilégier. Ces modèles hybrides existent dans plusieurs pays. Aux Etats-Unis, plus de deux mille « benefit corporations » et plus d’un millier de « public benefit corporations » (PBC) ont été enregistrées depuis 2010. De son côté, l’Italie a créé en 2016 les « società benefit ». A ce jour, ce statut inspiré des PBC américaines a convaincu 45 entreprises. Huit pays étudient actuellement une proposition de loi (Australie, Argentine, Chili, Colombie, Canada, Brésil, Pérou, Royaume-Uni). A noter que cette nouvelle voie est d’ailleurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ En Italie ou au Portugal, les rachats de dettes publiques et privées de la BCE ont contribué efficacement à la baisse des taux souverains. Son interruption pourrait fragiliser les finances publiques et nuire à la reprise. La France est-elle exposée au même risque ?
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La France a-t-elle profité des largesses de la Banque centrale européenne ?

En Italie ou au Portugal, les rachats de dettes publiques et privées de la BCE ont contribué efficacement à la baisse des taux souverains. Son interruption pourrait fragiliser les finances publiques et nuire à la reprise. La France est-elle exposée au même risque ?



Le Monde
 |    27.01.2018 à 15h30
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Chronique. L’année 2018 sera probablement celle du tournant pour la politique monétaire européenne. Certes Mario Draghi l’a confirmé lors de sa conférence de presse, jeudi 25 janvier : la Banque centrale européenne (BCE) poursuivra ses rachats de dettes publiques et privées (le quantitative easing en anglais, ou QE) à hauteur de 30 milliards d’euros par mois jusqu’en septembre. Mais, au-delà, ces derniers devraient progressivement se réduire, pour s’interrompre courant 2019.
Cette perspective ravit déjà ceux qui, en Allemagne, critiquent ce programme depuis sa conception, jugeant qu’il alimente des bulles financières, sans profiter vraiment à l’économie réelle. En Italie ou au Portugal, le QE a pourtant contribué efficacement à la baisse des taux souverains. Son interruption pourrait fragiliser les finances publiques et nuire à la reprise.

La France est-elle exposée au même risque ? Son économie a-t-elle profité des largesses de la BCE ? Oui, mais pas forcément comme on l’imagine, explique Gilles Moëc, économiste chez Bank of America Merrill Lynch, dans une note qu’il vient de consacrer au sujet. Son constat porte d’abord sur l’inflation. En France, celle-ci reste largement inférieure à la cible de 2 % de la BCE. Motif : en dépit des difficultés de recrutement que l’on observe dans certains secteurs, les rémunérations n’augmentent guère, en partie parce que le pouvoir de négociation des salariés s’est affaibli ces dernières années. Si l’on se fie à ce seul indicateur, l’Hexagone gagnerait donc à ce que la BCE conserve ses mesures accommodantes aussi longtemps que possible.

Agir sans tarder
C’est beaucoup moins vrai si l’on se penche, cette fois, sur l’évolution du crédit au secteur privé. « Parmi les grandes économies, seules les entreprises françaises ont répondu au stimulus de la BCE avec vigueur », souligne Gilles Moëc. Comprendre : elles ont profité des taux bas pour accroître considérablement...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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Mathieu Gallet, le retranché de Radio France

Le PDG de l’entreprise publique est auditionné lundi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui doit se prononcer sur son maintien à son poste après sa condamnation pour favoritisme.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 18h33
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



                                


                            
« Je me défendrai jusqu’au bout pour que mon honneur soit rétabli. » Mathieu Gallet est de nouveau sur scène pour se battre. En ce jeudi 18 janvier, trois jours après sa condamnation à un an de prison avec sursis pour favoritisme, le PDG de Radio France s’adresse, dans le studio 106 de la Maison de la radio, à une centaine de cadres et de salariés, à l’occasion de la présentation des résultats d’audience de la fin 2017. L’homme blessé plaide sa cause. Sa voix s’étrangle. Le fringant quadra nie « avoir déconné ».

En pleine tourmente, il salue le « record » d’audience annoncé le matin même : près de 15 millions d’auditeurs en novembre-décembre, et France Inter, Franceinfo et France Bleu dans les six premières radios. « Dans les maisons où les chiffres ne sont pas bons, ça ne va pas très bien aujourd’hui », note-t-il, griffant au passage, dans une allusion à peine voilée, Frédéric Schlesinger et Patrick Cohen, partis l’été précédent de Radio France vers Europe 1. A la fin d’un discours de quinze minutes, il est applaudi. Les gens de la maison sont saisis par le contraste avec ses débuts, quand il avait affronté un mouvement de grève historique de près d’un mois.

Mathieu Gallet s’apprête désormais à être entendu, lundi 29 janvier, par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui décidera de son maintien à la tête du groupe public deux jours après. Il ne veut pas démissionner, comme le lui a demandé la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Pour sauver sa tête, il met en avant le travail accompli.
La descente aux enfers

Son arrivée à la « Maison ronde » en 2014 provoque un choc culturel, et même visuel. Le décalage avec Jean-Luc Hees est total : au vieux lion à crinière blanche et visage buriné succède un beau gosse de 37 ans, au bronzage permanent et aux costumes ajustés, surnommé « Tancrède » – comme Alain Delon dans Le Guépard – par son ancien patron, le ministre de la culture Frédéric...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Avec la normalisation des politiques monétaires, les résultats des sociétés redeviennent un critère majeur d’évolution des cours.
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Les marchés boursiers plus sensibles aux résultats des entreprises

Avec la normalisation des politiques monétaires, les résultats des sociétés redeviennent un critère majeur d’évolution des cours.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 10h09
    |

                            Emmanuel Schafroth








                        



                                


                            

Chronique. Si les marchés actions ont enregistré de solides performances en 2017, c’est en grande partie parce que la croissance bénéficiaire des entreprises a été au rendez-vous. Traditionnellement, les analystes financiers, au moment d’aborder un nouveau millésime, font preuve d’un certain optimisme et tablent sur une hausse significative des bénéfices. Mais depuis quelques années, la même histoire semblait se répéter inlassablement.
Au fil de l’exercice, le bel entrain de l’an nouveau était progressivement battu en brèche par les publications trimestrielles successives et l’espoir d’une hausse des bénéfices s’amenuisait peu à peu. En 2017, cependant, avec la reprise économique se matérialisant enfin, les actions européennes, notamment, semblent avoir vaincu le signe indien. « Les résultats délivrés ont répondu aux attentes de début d’année et l’optimisme affiché ne s’est pas résorbé. Les entreprises européennes affichent ainsi une progression à deux chiffres de leurs bénéfices », notent les gérants de Mandarine Gestion.
Suez lourdement sanctionné
Dans les semaines qui viennent, on va évidemment passer, pour de nombreuses entreprises, des objectifs annoncés à la photo « finish », avec la saison de publication des résultats annuels qui s’ouvre. Bien évidemment, les accidents restent possibles, comme l’a démontré cette semaine le cas de Suez. Celui-ci s’avère d’autant plus emblématique que la société appartient au secteur des services aux collectivités, a priori réputé pour sa faible cyclicité économique et relative volatilité boursière. Mais l’aveu par le groupe spécialiste du traitement de l’eau et des déchets que ses objectifs 2017 ne seraient pas atteints a déclenché l’ire du marché.

Au lieu d’être en légère croissance comme attendu précédemment, le bénéfice opérationnel devrait au contraire être en recul de 2 % environ, à 1,28 milliard d’euros, a annoncé Suez, arguant notamment de la situation politique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ La maison mère de Conforama aurait récupéré assez de liquidités pour se maintenir à flot.
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Steinhoff International, le géant de l’ameublement, organise sa survie

La maison mère de Conforama aurait récupéré assez de liquidités pour se maintenir à flot.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h44
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            

La maison mère de Conforama reprend de l’air. En pleine tempête financière depuis l’annonce début décembre « d’irrégularités comptables » qui ont provoqué la démission surprise de son PDG Markus Jooste et son effondrement en Bourse, Steinhoff International a annoncé vendredi 26 janvier avoir récupéré suffisamment de liquidités pour pouvoir maintenir le conglomérat à flot.
Le titre du second groupe européen d’ameublement – 12 000 magasins et 130 000 employés dans 30 pays – a perdu plus de 80 % de sa valeur en 2017, alors que son équipe dirigeante est soupçonnée d’avoir artificiellement gonflé ses revenus. Avec le scandale, plus de 10 milliards d’euros de capitalisation boursière se sont évaporés. Depuis, la holding basée en Afrique du Sud est confrontée à une crise de trésorerie, notamment pour les opérations de ses filiales en Europe et aux Etats-Unis.
Manœuvres à la marge
« Le groupe continue de prendre des mesures pour maintenir la stabilité de ses opérations, et ses besoins immédiats en liquidités ont été réglés », peut-on lire sur une présentation dévoilée vendredi aux créanciers européens du groupe, réunis à Londres. Ces dernières semaines, Steinhoff a dégagé en urgence près d’un milliard d’euros en vendant des actifs non stratégiques. Encore lundi, le groupe a récupéré près de 500 millions d’euros pour la vente de ses participations dans la société sud-africaine de services financiers PSG Group.
En France, Conforama a revendu ses parts dans le commerçant en ligne Showroomprive.com pour 79 millions d’euros, soit la moitié de ce qu’il a payé en mai dernier pour l’acquérir. La filiale française – tout comme Poundland au Royaume-Uni, et Mattress Firm aux Etats-Unis – s’est démenée pour négocier, de son côté, une ligne de crédit de 115 millions d’euros, ce qui lui permet d’affirmer son indépendance.

Pour les analystes, ces manœuvres, à la marge, risquent de ne pas être suffisantes. « Les banques vont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La tentative de sécession de la région espagnole a finalement eu une incidence limitée sur l’activité, même si le tourisme a souffert.
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En Catalogne, l’heure du bilan économique de la crise politique

La tentative de sécession de la région espagnole a finalement eu une incidence limitée sur l’activité, même si le tourisme a souffert.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h35
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

D’ordinaire, la Foire internationale du tourisme (Fitur), qui s’est tenue jusqu’au 21 janvier à Madrid, est l’occasion, en Espagne, d’évoquer des destinations exotiques et les tendances qui animeront le marché. Cette année, cependant, une question a dominé dans les conversations : comment le tourisme se porte-t-il en Catalogne ? La réponse des hôteliers ne varie guère : « Mal, mais ça s’améliore peu à peu... »
La crise du secteur touristique est l’une des principales conséquences économiques de la situation politique dans la région, où les partis indépendantistes ont mené une tentative de sécession en octobre 2017 qui a conduit à sa mise sous tutelle par les autorités de Madrid.
« Le nombre de clients dans les hôtels de Barcelone a baissé de 6 % en octobre, puis de 7 % en novembre et de plus de 10 % en décembre », observe Manel Casals, directeur général de l’association des hôteliers de Barcelone, selon les données fournies par les 400 hôtels affiliés de la cité méditerranéenne. Pour stopper la chute, les professionnels ont baissé leurs tarifs. Résultat : les recettes ont dégringolé en moyenne de 25 % en décembre… » 

« L’année commence mieux que ce que nous pensions »
Courroucés, les chauffeurs de taxi de Barcelone assurent que leurs revenus ont plongé de 40 % par rapport à l’an dernier. De son côté, Exceltur, l’Alliance pour l’excellence touristique, estime que l’instabilité politique en Catalogne a entraîné un manque à gagner de 319 millions d’euros et a amputé de 0,3 point la croissance de l’activité du secteur touristique en Espagne en 2017, qui a tout de même été très satisfaisante, avec une hausse de 4,4 %.

M. Casals, toutefois, n’est plus aussi préoccupé qu’en novembre. « L’année commence mieux que ce que nous pensions, expliquait-il au Monde, jeudi 18 janvier. La chute du nombre de touristes n’est que de 3 % en janvier par rapport à l’an dernier et nous estimons,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La plate-forme américaine de voitures avec chauffeur ouvre une enquête interne.
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Après Uber, Lyft est à son tour accusée d’avoir espionné ses clients

La plate-forme américaine de voitures avec chauffeur ouvre une enquête interne.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h33
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Voilà qui pourrait bien écorner l’image de bon élève que s’est efforcée de bâtir Lyft face à Uber, sa sulfureuse rivale aux Etats-Unis. Jeudi 25 janvier, la plate-forme américaine de voitures avec chauffeur a indiqué avoir ouvert une enquête interne pour vérifier les allégations formulées par un employé, accusant ses collègues d’espionner des proches ou des célébrités. Ces comportements « seraient contraires à [ses] règles et passibles de licenciement », assure la société.
La polémique est partie d’un message publié sur Blind, une plate-forme anonyme de discussion sur les entreprises. Son auteur, qui se présente comme un salarié de Lyft, explique qu’un outil accessible à tous permet de consulter les données personnelles des clients, comme leur numéro de téléphone, leur historique de trajets et les avis laissés par les chauffeurs. Des employés l’auraient utilisé pour vérifier l’emploi du temps de leur conjoint, surveiller leur ex-petite amie ou traquer un passager ayant partagé le même trajet.

Chaque employé doit signer un accord de confidentialité
« J’ai entendu au moins une personne se vanter d’avoir obtenu le numéro de téléphone de Mark Zuckerberg [le fondateur et patron de Facebook] grâce à nos données. Un autre employé s’est vanté d’avoir récupérer des infos sur des stars d’Hollywood et des actrices de films pornographiques », poursuit l’auteur du message. Une partie de ces abus a, depuis, été confirmée par un témoignage recueilli par le site spécialisé TechCrunch.
Lyft ne dément pas l’existence d’un tel outil. Celui-ci est notamment utilisé par les équipes d’assistance à la clientèle, par exemple pour régler un litige. « L’accès aux données est limité aux équipes qui en ont besoin dans leur travail », indique le groupe californien. Chaque employé doit signer un accord de confidentialité, et chaque requête est enregistrée dans le système...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ En 2017, le placement préféré des Français affiche un rendement en baisse autour de 1,60 %. C’est à peine plus que l’inflation. Et la tendance devrait se poursuivre.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Assurance-vie: les rendements des fonds en euros en berne

En 2017, le placement préféré des Français affiche un rendement en baisse autour de 1,60 %. C’est à peine plus que l’inflation. Et la tendance devrait se poursuivre.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 11h09
    |

                            Eric Leroux








                        



                                


                            

Placements favoris des Français en raison de la sécurité qu’ils apportent, les fonds en euros des contrats d’assurance-vie n’en finissent plus de voir leur rendement s’éroder. Les chiffres que publient les assureurs depuis quelques jours, au titre de l’année 2017 (les rendements sont toujours connus a posteriori), confirment donc les anticipations des observateurs et des assureurs, qui annonçaient depuis des mois la poursuite de la baisse.
Les fonds en euros figurent toujours au premier rang de la rentabilité des placements sans risque
L’année 2017 restera néanmoins comme celle du paradoxe : bien que les fonds en euros soient encore en berne, avec un rendement moyen attendu autour de 1,60 %, ils figurent toujours au premier rang de la rentabilité des placements sans risque. Ils ont en effet été plus profitables que les livrets d’épargne (0,75 % pour le Livret A), les placements monétaires (proches de 0) et les obligations les plus sûres (moins de 1 %).
Pourtant, dans le même temps, l’inflation est repartie à la hausse, à 1,2 % en rythme annuel selon l’Insee, et, une fois déduits les prélèvements sociaux de 15,5 %, les fonds en euros ont à peine fait mieux que protéger le pouvoir d’achat de l’épargne. C’est un phénomène nouveau : profitant d’une faible inflation ces dernières années, ces fonds garantis avaient permis d’engranger un gain de pouvoir d’achat malgré la baisse des rémunérations servies. Une page est donc en train de se tourner.
Certaines performances en hausse
Si le marché est globalement en baisse, ce n’est, pour autant, pas le cas pour tous les assureurs. Certains s’offrent le luxe d’améliorer leurs performances. C’est le cas, en particulier, de Capma & Capmi, mutuelle du groupe Monceau, qui attribue 2,80 % de rendement à son contrat Dynavie, contre 2,50 % l’année précédente, et signe ce qui devrait rester comme la meilleure performance pour les fonds en euros classiques. Un résultat que son dirigeant, Gilles Dupin, justifie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Alors que les Finlandais se rendent aux urnes dimanche 28 janvier pour élire leur nouveau président, le pays a enfin renoué avec la croissance. Son économie s’est relevée doucement de la chute de son fleuron, Nokia.
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La Finlande tourne la page de l’ère Nokia

Alors que les Finlandais se rendent aux urnes dimanche 28 janvier pour élire leur nouveau président, le pays a enfin renoué avec la croissance. Son économie s’est relevée doucement de la chute de son fleuron, Nokia.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h38
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Helsinki s’éveille dans le souffle glacé d’un blizzard polaire. Ce matin de janvier, un tapis de neige cotonneuse recouvre indistinctement chaussées et trottoirs de Vallila, au nord de la ville, tandis que des rafales giflent les visages frissonnant sous d’épais bonnets. Dans ce quartier au passé industriel, les maisons en bois des années 1920 côtoient des usines aux austères façades de brique rouge. Quelques-unes fonctionnent encore. Beaucoup fourmillent d’ateliers d’artistes et de start-up, comme celles du Health Innovation Village, le centre de recherche spécialiste de la santé. « Ici, nous tournons la page de la crise. Nous inventons le futur de la Finlande », sourit Mikko Kauppinen, responsable du lieu.
Le quadra au look adolescent a créé cet accélérateur de start-up en 2014, alors que le pays pleurait la chute de Nokia, le pilier de son économie. « Il fallait lancer quelque chose de positif pour briser la spirale où nous sombrions », raconte M. Kauppinen. Un endroit où les anciens du géant de l’électronique, dont il fait partie, pourraient exploiter leurs savoirs pour développer un nouveau secteur. « Regardez ce boîtier connecté : il permet aux diabétiques de surveiller leur glycémie en conservant les données dans le cloud, dit-il en désignant l’objet, avec un enthousiasme volubile. Là-bas, l’équipe développe une intelligence artificielle permettant de mieux prévenir les maladies chroniques. »
Autour de lui, une quarantaine de start-up partagent bureaux et laboratoires mis à disposition par General Electric Healthcare, l’unité de GE consacrée aux services médicaux. Beaucoup commercialisent déjà leurs trouvailles à l’étranger. Les technologies de santé sont l’un des secteurs de pointe sur lesquels la Finlande mise désormais pour tirer sa croissance. Elles pèsent déjà la moitié des exportations de haute technologie, soit plus de 2 milliards d’euros.

Après une décennie noire faite de croissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La directrice du FMI estime, dans un entretien au « Monde », que la lutte pour les femmes « est un combat collectif auquel tout le monde doit participer ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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Christine Lagarde : sur le sexisme, « ne surtout pas s’imaginer que ça y est, c’est gagné »

La directrice du FMI estime, dans un entretien au « Monde », que la lutte pour les femmes « est un combat collectif auquel tout le monde doit participer ».



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 10h38
    |

            Sylvie Kauffmann (Davos, Suisse, envoyée spéciale) et 
Isabelle Chaperon (Davos, Suisse, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde était cette année coprésidente du Forum économique mondial. Elle a répondu aux questions du Monde, vendredi 26 janvier, dernier jour du Forum de Davos.
Pour la première fois, ce Forum de Davos était coprésidé par sept femmes, une décision prise avant l’affaire Weinstein, et le sujet du harcèlement sexuel y a été débattu. Assistons-nous à un mouvement important en faveur des femmes ?
Oui, c’est un mouvement de fond qui a été activé depuis octobre 2017. Mais ce mouvement ne peut rester actif que si on le fait vivre en mesurant le problème, en établissant des objectifs, des actions, des vérifications, des classements… Il faut continuer à le faire. Il ne faut surtout pas baisser la garde.
Vous en parlez beaucoup ?
Je vois que ce mouvement #metoo est un moment de grand embarras pour les hommes. Chaque fois que j’ai évoqué ces sujets devant un public mixte, j’ai vu que les hommes étaient très embarrassés pour s’exprimer. Ce n’est pas facile. J’espère que l’on va pouvoir transformer cette colère légitime et cet embarras collectif en actions positives afin d’empêcher, je n’ose pas dire éradiquer, le harcèlement, les discriminations, les injustices, les écarts de salaires, etc. C’est un combat collectif auquel tout le monde doit participer, y compris les hommes. Et ce combat a aussi un impact économique. Mais il ne faut surtout pas s’imaginer que ça y est, cette fois, c’est gagné.
Qu’avez-vous pensé de la tribune publiée dans Le Monde, signée de 100 femmes, dont Catherine Deneuve ?
Terriblement maladroite. Revendiquer la « liberté d’importuner », c’est offensant pour toutes celles – et ceux – qui ont été importunées contre leur volonté.
Et vous, avez-vous été confrontée au harcèlement sexuel ?
Probablement moins que d’autres, parce que je mesure 1,80...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La croissance américaine a marqué le pas au quatrième trimestre, à 2,6 % en rythme annuel, repassée sous l’objectif de 3 % que s’est fixé Donald Trump.
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Etats-Unis : 2,3 % de croissance en 2017, et après ?

La croissance américaine a marqué le pas au quatrième trimestre, à 2,6 % en rythme annuel, repassée sous l’objectif de 3 % que s’est fixé Donald Trump.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h12
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


La croissance américaine est solide mais ne s’emballe pas. Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis a progressé de 2,6 % au quatrième trimestre, selon la première estimation publiée vendredi 26 janvier par le département du commerce. Ce chiffre est inférieur aux attentes et aux chiffres des deuxième et troisième trimestres où l’économie avait atteint un rythme de croisière supérieur à 3 %.
Il n’empêche pour l’ensemble de 2017, première année de mandat de Donald Trump, les Etats-Unis ont vu leur économie progresser de 2,3 %. C’est mieux que la dernière année de Barack Obama (1,3 %) mais moins bien que 2015 (2,9 %). L’économie a été dopée par la consommation de ménages et l’investissement, mais pénalisée par la forte hausse des importations et une constitution de stocks plus faibles que prévus.

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Comparaison avec la fin des années 1990
L’enjeu est de savoir si l’économie américaine dépassera, en 2018, 3 % de croissance, comme le clame le locataire de la Maison Blanche et veut le croire Wall Street, qui n’en finit pas de battre des records, ou si les Etats-Unis finiront par connaître une correction voire une récession après huit ans de reprise.
Les observateurs comparent la situation non pas à celle qui prévalait avant 2007 – la folie du surendettement est beaucoup plus faible, même le sujet existe, par exemple sur les prêts étudiant ou l’immobilier commercial en pleine surchauffe alors qu’Amazon lamine le secteur — mais à celle de la fin des années 1990 : chacun s’entichait alors de la nouvelle économie, valorisant à l’excès toutes les start-up avant que n’éclate la bulle internet en 2000. Pour l’instant, Wall Street et les Américains refusent d’envisager ce dernier scénario.
Les entreprises annoncent depuis le début de l’année des bénéfices en forte hausse et vont pour la plupart bénéficier de la réforme fiscale. La baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (IS) et la taxation forfaitaire des profits parqués à l’étranger pourrait induire un surcroît d’investissements aux Etats-Unis. Apple l’a fait annonçant 30 milliards d’investissements et 38 milliards d’impôts supplémentaires. D’autres pourraient suivre.

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                Les principales mesures de la réforme fiscale américaine pour les entreprises



Il n’est pas certain que cette réforme ne se résume comme ce fut le cas sous George W. Bush en 2002, à un pur effet d’aubaine permettant de rémunérer les actionnaires, car la baisse de l’IS est cette fois structurelle : les Américains s’engagent dans la concurrence fiscale pour attirer les investissements. On peut ajouter une bonne nouvelle pour 2018, les compagnies énergétiques, en particulier les producteurs de gaz de schiste, devraient profiter de l’embellie des cours du pétrole et d’une déréglementation assez fortes des contraintes environnementales.
Les particuliers sont eux aussi à la fête : ils ont consommé fortement fin 2017 et devraient le faire, grâce à la réforme fiscale voire aux premières tensions sur les salaires, les Etats-Unis étant proches du plein-emploi. Voilà pour le scénario rose qui s’inscrit dans un contexte de reprise mondiale généralisée.
Imprévisibilité de l’équipe au pouvoir
Outre une possible correction boursière déclenchée par la hausse des taux, une crise (géo)politique, ou la baisse des profits, plusieurs dangers se profilent.
La baisse du chômage n’est pas forcément positive. La pénurie de main-d’œuvre pourrait finir par brider l’économie, surtout si l’Amérique se ferme à l’immigration – Donald Trump assure toutefois vouloir attirer les meilleurs. La participation à l’emploi reste médiocre mais l’inadéquation de l’offre de la main-d’œuvre (souvent des personnes mal formées, en partie victime de la crise des opioïdes) ne laisse guère espérer d’amélioration.
S’y ajoutent des problèmes d’imprévisibilité de l’équipe au pouvoir, comme l’a montré le cafouillage à Davos sur le dollar, qui a fortement baissé depuis 9 mois. Le secrétaire d’Etat au trésor Steve Mnuchin s’est dit satisfait d’un dollar faible à court terme avant que Donald Trump ne dise le contraire. La déprécation du billet vert d’ailleurs n’a pas dissuadé les consommateurs américains d’acheter des produits importés – ce qui explique la croissance moins forte qu’espérée au quatrième trimestre. Et montre que le commerce international ne se pilote pas mécaniquement avec des manipulations s de change.
Second risque, justement, le commerce international, alors que les Américains renégocient avec les Canadiens et les Mexicains l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) et imposent des sanctions commerciales à leurs partenaires asiatiques. Cette attitude peut avoir des effets à court terme – des constructeurs automobile réinvestissent sur le sol américain pour éviter les barrières douanières – mais pénalisera à terme les multinationales américaines, qui vendent leurs services à travers la planète.

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          Le Canada et le Mexique cherchent à empêcher un retrait unilatéral américain de l’Alena



La troisième inconnue concerne la réserve fédérale, qui devrait augmenter ses taux jusqu’à trois reprises. Les observateurs craignent avant tout une erreur de pilotage de la Fed, qui agirait trop lentement ou trop brusquement. Avec sa présidente sortante Janet Yellen et son adjoint Stanley Fischer, la Fed perd deux des meilleurs experts mondiaux de la politique monétaire au profit de Jerome Powell, qui ne dispose pas ce pedigree académique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le ministère américain du commerce estimait que ces appareils bénéficiaient de subventions du gouvernement canadien et qu’ils étaient vendus en dessous de leur prix de fabrication.
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La plainte de Boeing contre Bombardier rejetée par le tribunal américain du commerce international

Le ministère américain du commerce estimait que ces appareils bénéficiaient de subventions du gouvernement canadien et qu’ils étaient vendus en dessous de leur prix de fabrication.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 21h39
   





                        



   


La Commission américaine du commerce international (USITC) a bloqué, vendredi 26 janvier, les taxes appliquées par les Etats-Unis sur les avions CSeries du canadien Bombardier, rejetant ainsi les demandes de Boeing, appuyées par le ministère américain du commerce.
Les membres de l’USITC, une autorité indépendante, ont jugé à l’unanimité (4 voix contre 0, 2 postes étant vacants) que les industriels américains, en l’occurrence l’avionneur Boeing, n’étaient pas affectés par le programme de l’avionneur canadien.
En décembre, le ministère américain du commerce avait, lui, estimé que ces appareils de 100 à 150 sièges bénéficiaient de subventions du gouvernement canadien et qu’ils étaient vendus en dessous de leur prix de fabrication.
Il avait alors fixé d’une part des droits devant compenser les subventions publiques (dits « compensateurs ») à 212,39 %, et d’autre part un taux anti-dumping à 79,82 %. Il est très rare que cette haute autorité ne suive pas les décisions du ministère du commerce américain.

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                Les Etats-Unis adoptent des droits antidumping contre Bombardier



« Victoire » pour Bombardier, Boeing « déçu »
Le constructeur canadien Bombardier a immédiatement crié victoire après la décision de l’USITC. « La décision d’aujourd’hui est une victoire pour l’innovation, la concurrence et la loi, a-t-il réagi dans un communiqué. C’est aussi une victoire pour les compagnies aériennes américaines et la primauté de la loi ». Boeing s’est dit de son côté « déçu » que l’USITC ne reconnaisse pas le préjudice dont il s’affirme victime.
Dans sa plainte, Boeing avait estimé que Bombardier avait vendu chaque CS100 à 19,6 millions de dollars américains pour un coût de fabrication de 33,2 millions. Au prix catalogue 2017, le CS100 est proposé à 79,5 millions de dollars l’unité.
Pour autant, les prix catalogues ne reflètent jamais ceux réellement payés par les compagnies qui négocient toujours d’importants rabais. Et devant l’USITC, Boeing avait affirmé que « le Cseries n’existerait tout simplement pas sans ces subventions », évoquant « des prix ridiculement bas ».

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Bombardier avait, lui, plaidé « une attaque sans fondement ». Il avait par ailleurs passé un accord avec le géant européen Airbus pour que les avions CSeries destinés au marché américain soient fabriqués dans une usine d’Airbus aux Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Afin de réduire les taux d’absentéisme, la « Sécu » communique aux entreprises la part d’arrêts de travail liés aux lombalgies, aux TMS et aux risques psychosociaux.
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Une expérimentation de l’Assurance-maladie inquiète le corps médical

Afin de réduire les taux d’absentéisme, la « Sécu » communique aux entreprises la part d’arrêts de travail liés aux lombalgies, aux TMS et aux risques psychosociaux.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 21h07
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 06h39
    |

            Anne Rodier








                        



   


« La “Sécu” dévoile à des employeurs les motifs d’arrêt de travail de leurs salariés », titrait L’Express le 24 janvier. Une expérimentation menée par l’Assurance-maladie pour renforcer la prévention des risques professionnels en entreprise a en effet été lancée en novembre 2017, et consiste à transmettre aux entreprises au très fort taux d’absentéisme des informations sur la nature des arrêts maladie, dans un contexte où des écarts importants de taux d’absentéisme sont constatés entre des entreprises d’un même secteur. Ce qui ne manque pas d’interroger sur le respect du secret médical et de la protection des données personnelles des salariés. Le motif d’un arrêt de travail ne doit pas, en effet, être divulgué à son employeur.
Les médecins ont vivement réagi : « Inadmissible, inapplicable… Pensez-vous que les patients acceptent des AT [arrêt de travail] si l’employeur est au courant d’un motif psy pour un arrêt ? C’est toujours stigmatisant, nous courons à la catastrophe », a tweeté le docteur Goltman, psychiatre. « Le plus grave est qu’il y ait un décret qui permette à l’Assurance-maladie de se passer de l’autorisation de la CNIL [Commission nationale de l’informatique et des libertés] », déclare le président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon.
Vendredi 26 janvier, le Conseil national de l’ordre des médecins, interpellé, s’est exprimé plus prudemment par la voix de son vice-président, Jacques Lucas : « Nous allons d’abord nous informer précisément et nous agirons ensuite le cas échéant, s’il existe un risque d’identification d’un salarié en particulier. Ce qui ne semble pas être le cas à la lecture intégrale de l’article. »
Pas de communication des motifs d’arrêts
La branche risques professionnels de l’Assurance-maladie a formellement démenti la communication des motifs des arrêts de travail aux entreprises. « Tout simplement parce que nous n’avons pas ces données. Nous n’avons les motifs d’arrêt que lorsque les assurés sont contrôlés. C’est une toute petite proportion, nous ne les utilisons donc pas pour notre expérimentation », indique Marine Jeantet, directrice de la branche.
Elle en explique le mode opératoire : l’expérimentation consiste à rencontrer les entreprises pour leur parler de leur niveau d’absentéisme dans le but de les inciter à mettre en œuvre des actions de prévention. « Cinq entreprises de 350 salariés en moyenne ont été choisies dans des secteurs et des régions différentes, avec des profils d’absentéisme différents, dit-elle. Sur la base des consommations médicales (médicaments, actes traceurs, radios, etc..), on a essayé de reconstituer les causes d’arrêt de travail de leurs salariés en trois catégories : les lombalgies, les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les risques psychosociaux (RPS), car ce sont des facteurs qui peuvent être d’origine professionnelle. »

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Les données transmises aux entreprises sont le nombre de jours d’arrêt de travail par catégorie, ce qui, en principe, ne permet pas d’identifier le salarié. « On leur donne un graphique indiquant le pourcentage d’arrêts de travail liés aux lombalgies, celui lié aux TMS et le taux de RPS. Ce qui est intéressant pour les entreprises, c’est la comparaison avec les moyennes régionales et nationales du secteur », remarque-t-elle.
Sur Twitter, le médecin généraliste Jean-Jacques Fraslin s’interrogeait toutefois sur la « réidentification [du salarié] possible sur un effectif aussi faible que 200 salariés. Un bon DRH doit être capable de cela ». « Même sur 350 salariés, on voit très bien ceux qui sont déprimés. Dans les entreprises qui malmènent leurs salariés, les conséquences peuvent être extrêmement graves, renchérit Jean-Paul Hamon, ils peuvent en profiter pour les virer. » 
Marine Jeantet affirme le contraire : « Nous sommes dans une logique d’accompagnement. Les catégories sont très génériques et avec des volumes de 14 000 jours d’arrêt de travail par entreprise, comment voulez-vous faire le lien avec un salarié ? Nous ne voulons pas faire prendre de risques aux salariés, l’objectif est la prévention. » 
Tandis que l’Assurance-maladie prévoit d’étendre l’expérimentation à davantage d’entreprises dès 2018, l’inquiétude grandit du côté des médecins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les communes ont désormais la charge de la prévention des inondations, de plus en plus fréquentes, sans réelle évaluation du coût de cette nouvelle compétence.
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La « taxe inondation », un dispositif qui peine encore à convaincre

Les communes ont désormais la charge de la prévention des inondations, de plus en plus fréquentes, sans réelle évaluation du coût de cette nouvelle compétence.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 19h24
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


De nombreuses communes françaises font face, depuis le début de l’année, à des crues et des inondations importantes et prématurées. Une situation qui survient alors que, depuis le 1er janvier, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations incombent aux communes et aux intercommunalités, en vertu d’un transfert de compétence entre l’Etat et les collectivités territoriales. Pour financer cette nouvelle compétence, les communes ont été autorisées à lever une nouvelle taxe, la taxe gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi). Mais la mise en œuvre de cette « taxe inondation » n’est pas sans poser certains problèmes.

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En quoi consiste la « taxe inondation » ?
Ce transfert de compétence a été voté en 2014, lors du quinquiennat de François Hollande. Jusqu’en 2018, la prévention des inondations était une compétence partagée entre les régions, les départements, les communes et l’Etat. Si tous ont la possibilité de continuer d’apporter des financements, c’est bien aux intercommunalités que la loi attribue cette compétence à titre exclusif et obligatoire. La taxe ne peut excéder 40 euros par personne et par an et les recettes générées doivent obligatoirement être affectées au financement d’actions liées à cette nouvelle compétence.
Il leur faut donc trouver de quoi financer ce qu’elles ne faisaient pas déjà dans l’aménagement des bassins versants, l’entretien et l’aménagement des cours d’eau, canaux, lacs et plans d’eau, la défense contre les inondations, la protection et la restauration des zones humides, ou encore les aménagements hydrauliques et leur entretien.

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Combien de communes l’ont adoptée ?
Selon Apolline Prêtre, de l’Assemblée des communautés de France (AdCF), qui fédère les intercommunalités, entre cent cinquante et deux cents intercommunalités situées sur des territoires particulièrement exposés s’étaient déjà saisie de cette compétence avant 2018, mais seules dix à quinze d’entre elles levaient la taxe.
Les communautés de communes ont jusqu’au 15 février pour voter cette nouvelle taxe pour 2018, mais, là encore, seule une minorité a décidé de l’adopter. Selon l’AdCF, seules soixante-dix à quatre-vingts des 1 266 des intercommunalités l’ont mise en place pour l’instant.
Mme Prêtre souligne également que les prélèvements institués sont souvent « très en deçà du plafond fixé » et parfois compensés par une baisse des autres impôts locaux. A Forbach (Moselle), par exemple, elle s’élève à 4,90 euros. Au maximum, dans le bassin dunkerquois, le prélèvement peut monter jusqu’à 17 euros.
Mais d’après Nicolas Portier, délégué général de l‘AdCF, ce début d’année est une « phase intermédiaire ». « Tout le monde fait des diagnostics pour évaluer combien cette nouvelle compétence va coûter, ce que personne ne sait encore. Les intercommunalités ne la mettent pas en place pour l’instant mais se réservent la possibilité de le faire plus tard. »
Quelles sont les critiques des élus locaux ?
Le gouvernement insiste sur le « renforcement de la solidarité territoriale ». André Flajolet, de l’Association des maires de France (AMF), fustige, lui, un éclatement de la gestion d’un risque qui « devrait relever de la solidarité nationale ». D’autant que la compétence dévolue aux intercommunalités ne les oblige pas à établir des plans de prévention sur l’ensemble d’un bassin fluvial.
« Cette gestion segmentée est », selon lui, « une erreur monumentale », qui pourrait créer des inégalités et inciter les territoires en amont des cours d’eau à prendre des mesures pour leur intercommunalité, quitte à repousser les risques d’inondation en aval.
« Un niveau de responsabilité anxiogène »
La principale inquiétude des acteurs locaux concerne le financement. « L’Etat ne nous a jamais donné de recette supplémentaire pour financer cette nouvelle responsabilité », tempête M. Portier, qui insiste également sur le caractère « anxiogène » du niveau de responsabilité confié aux intercommunalités, alors que « tout le monde commence à voir les conséquences du changement climatique ».
« L’incertitude reste entière », explique M. Portier, puisque l’assiette de cette taxe, c’est-à-dire le nombre de personnes qui doivent la payer, est adossée à celle des impôts locaux, dont la taxe d’habitation, qui est amenée à disparaître. Cela réduirait donc le nombre de ménages éligibles au paiement de la taxe inondation alors que l’AMF craint déjà que le plafond de 40 euros par habitant ne soit pas suffisant pour financer les travaux nécessaires dans certains territoires.
Le gouvernement rédige actuellement un rapport d’évaluation pour estimer le montant de la nouvelle charge transférée aux collectivités. Il sera remis au Parlement d’ici à la fin juin.



                            


                        

                        

