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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Après leur défaite contre l’Espagne en demi-finale, les coéquipiers de Nikola Karabatic entendent « achever la compétition sur une bonne note ».
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le reste des matières sera sanctionné par un contrôle continu, a déclaré le ministre de l’éducation nationale. La réforme du bac sera présentée le 14 février.
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Baccalauréat : Blanquer annonce qu’il n’y aura plus que quatre épreuves terminales

Le reste des matières sera sanctionné par un contrôle continu, a déclaré le ministre de l’éducation nationale. La réforme du bac sera présentée le 14 février.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h48
   





                        



   


Invité de l’émission « Questions politiques », sur France Inter (dont Le Monde est partenaire), le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a annoncé dimanche 28 janvier que le baccalauréat réformé ne comprendrait plus que « quatre épreuves terminales et le reste en contrôle continu ». A l’heure actuelle, l’examen qui sanctionne la fin du lycée compte dix à quinze épreuves.
« Ce que sera le bac de 2021, je le dirai le 14 février en conseil des ministres », à l’issue d’une concertation avec des acteurs du monde éducatif, et « des choses peuvent se discuter », a fait savoir le ministre. Mais « ce qui est certain, c’est que l’ossature est de quatre épreuves terminales et le reste en contrôle continu ».

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Fin des filières L, ES et S
« La réflexion est probablement d’avoir le choix de deux disciplines que vous souhaitez passer en contrôle terminal », et de « deux autres épreuves communes à tout le monde, l’une sans doute la philosophie, dans la grande tradition française, qu’on n’a pas envie de fragiliser », a-t-il dit, défendant par ailleurs l’introduction parmi ces quatre épreuves d’un grand oral.

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                Des propositions-chocs pour réformer le baccalauréat



Les propositions du ministre puisent dans le rapport que lui a remis mercredi l’ancien directeur de Sciences Po Lille Pierre Mathiot. Il préconise la disparition des filières L, ES et S au profit du choix de deux matières « majeures » et de deux « mineures » (ainsi qu’une matière optionnelle), pour les années de première et de terminale.
A celles et ceux qui s’interrogent sur les risques de discrimination des enfants de milieux défavorisés, M. Blanquer a assuré qu’« on ne va pas accentuer les inégalités sociales mais au contraire les compenser parce qu’on va préparer tous les élèves ». Même s’il « il y a une part de vérité » dans ces critiques, « il faut éviter les clichés teintés de mépris social », a-t-il dit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a dit dimanche que le gouvernement « interviendrait pour négocier » auprès des autorités en Irak ou en Syrie.
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Paris « interviendrait » en cas de condamnation à mort de Français ayant combattu pour l’EI

La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a dit dimanche que le gouvernement « interviendrait pour négocier » auprès des autorités en Irak ou en Syrie.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h24
   





                        


Dans l’hypothèse où un ou des djihadistes français étaient condamnés à mort en Irak ou en Syrie, « l’Etat français interviendrait, en négociant avec l’Etat en question », a déclaré dimanche 28 janvier Nicole Belloubet. La ministre de la justice a précisé que « ce serait un traitement au cas par cas ». 

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La Cour pénale de Bagdad a condamné le 21 janvier une ressortissante allemande d’origine marocaine à la peine capitale par pendaison pour appartenance au groupe Etat islamique (EI). Une Française est actuellement en attente de jugement en Irak. La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) avait évoqué en janvier la possibilité de rapatriements.
Embarras du gouvernement
Le dossier, délicat, met le gouvernement dans l’embarras. La ministre des armées, Florence Parly, avait suscité une polémique en octobre en avalisant implicitement l’« élimination » de djihadistes français en Irak et en Syrie. Lundi dernier, elle a réaffirmé qu’elle n’avait pas d’« états d’âme » les concernant.

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Interrogée dans le cadre du « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro sur cette déclaration, la ministre de la justice a répondu :
« Je ne crois pas qu’il y ait de différence d’analyse. Je redis comme ma collègue Parly que c’est volontairement que ces gens sont allés combattre aux côtés de Daech et donc ils assument une responsabilité et un choix. Mais en tant que ministre de la justice, je ne peux dire autre chose que mon attachement aux règles du procès équitable. »
« La situation est différente selon les Etats dont vous parlez. Avec la Turquie, nous avons des accords qui sont clairs et qui nous permettent de faire revenir les personnes, avec l’Irak, c’est un Etat qui est reconnu comme tel et donc bien entendu les Français qui sont là-bas peuvent être jugés par l’Etat irakien. La Syrie, c’est un peu plus compliqué puisque l’Etat n’est pas reconnu en tant que tel, et bien entendu c’est un traitement au cas par cas qui doit être effectué », a-t-elle expliqué.
Elle réitère ainsi une position qui ne parvient pas à masquer la gêne de l’exécutif français. « Je pense que c’est important que le gouvernement ait une politique là-dessus qui soit claire et portée par tous », a dit la garde des sceaux.
Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, 676 Français, dont 295 femmes, se trouveraient encore sur le théâtre irako-syrien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Arrêté dimanche à Moscou, le principal adversaire du Kremlin appelle au boycottage de l’élection présidentielle du 18 mars, sans parvenir à souder l’opposition autour de lui.
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Russie : la stratégie risquée de l’opposant russe Alexeï Navalny

Arrêté dimanche à Moscou, le principal adversaire du Kremlin appelle au boycottage de l’élection présidentielle du 18 mars, sans parvenir à souder l’opposition autour de lui.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 18h21
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La mêlée a été de courte durée. A peine Alexeï Navalny avait-il posé un pied sur l’avenue Tverskaïa, la principale artère de Moscou, que des policiers l’ont embarqué sans ménagement dans un fourgon. Un retour certain à la case prison pour le principal opposant au Kremlin, qui avait appelé ses partisans, dimanche 28 janvier, à manifester partout en Russie contre la « supercherie » de l’élection présidentielle du 18 mars, pour laquelle il ne peut concourir. Sa candidature a été écartée en raison de condamnations pénales, qu’il réfute.
Pour la troisième fois en moins d’un an, les manifestants ont répondu présents à son appel dans plus d’une centaine de villes sur tout le territoire. Quoique moins nombreux que lors des précédents rassemblements des mois de mars et de juin, plusieurs milliers de personnes ont bravé les températures négatives et surmonté leur appréhension. Partout, les forces de police ont été déployées en nombre.

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                Le candidat Poutine lance une campagne présidentielle ultra-sécurisée



Trois heures avant le début des manifestations, jugées illicites par les autorités, la pression se faisait déjà sentir. A Moscou, la Fondation de lutte contre la corruption créée par Alexeï Navalny a été investie par la police, et le centre commercial dans lequel se trouvent ses locaux était totalement encerclé. Quelques jours plus tôt, la justice avait déjà prononcé la liquidation de cette organisation qui sert à financer l’équipe et les QG de l’opposant.
« Tant pis si je dois me faire arrêter, mais vingt-quatre ans [la longévité au pouvoir de Vladimir Poutine en cas de victoire à sa propre succession], c’est trop ! », martelait à Moscou, Pavel, un étudiant de 21 ans, tandis qu’autour de lui la foule, réunie sur la place Pouchkine, criait en anglais « Impeachment ! » ou, en russe, « ce ne sont pas des élections ! ». A Ekaterinbourg, le maire, Evgueni Roïzman, l’un des rares élus de l’opposition, reprenait ce slogan au micro. « Ce ne sont pas des élections, il ne faut pas y participer ! »
L’appel à boycotter la présidentielle ne fait pas l’unanimité
L’appel d’Alexeï Navalny, 41 ans, à boycotter le scrutin du 18 mars ne fait pourtant pas l’unanimité. L’opposition se divise sur cette stratégie. Elle est convaincue, pour une partie d’entre elle, que l’abstention n’aboutira, in fine, qu’à augmenter mécaniquement le score du chef du Kremlin. Depuis 2006, en effet, le seuil minimum de plus de 50 % de votants a été aboli. « Je suis ici pour montrer que l’opposition existe, mais je ne suis pas sûre que le boycott soit la meilleure solution », confiait timidement Karina, place Pouchkine.
Tout en apportant son soutien aux manifestations de dimanche contre le « spectacle » de l’élection présidentielle, le mouvement Russie ouverte, lancé par l’ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski, en exil en Europe, prône lui aussi un vote « pour tout autre candidat » que Vladimir Poutine, « plutôt qu’un boycott passif qui conférera une victoire incontestée à l’élite dirigeante ». « Il n’y a pas de boycott dans l’histoire qui ait conduit à un changement de pouvoir », souligne Alexandre Soloviev, président du mouvement.

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« En dépit d’être le seul politicien véritablement remarquable en Russie aujourd’hui, Navalny ne parvient pas à rassembler tous les électeurs de l’opposition. Malgré tous ses efforts, il n’est pas Boris Eltsine, l’homme qui est devenu une figure unificatrice à la fin des années 1980, quand tout le monde a compris que la Russie devait rompre avec son idéologie communiste », note le politologue Andreï Kolesnikov, de la Fondation Carnegie à Moscou.
Alexeï Navalny doit en outre affronter une nouvelle concurrence avec l’arrivée dans le jeu de Ksenia Sobtchak, 36 ans. Certes, bien moins populaire, voire suscitant la méfiance d’une partie des « anti-Poutine », la fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak se pose elle aussi en opposante. Dimanche, en même temps que se déroulaient les manifestations des partisans de M. Navalny, la candidate s’est plantée seule sous l’œil de caméras avec une pancarte dans la ville de Grozny, en Tchétchénie. Elle réclamait la libération d’Ouioub Titïev, responsable de l’ONG des droits humains Mémorial, qui fait déjà l’objet, sur place, de multiples persécutions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Le PDG de l’entreprise publique est auditionné lundi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui doit se prononcer sur son maintien à son poste après sa condamnation pour favoritisme.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/01/2018
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Mathieu Gallet, le retranché de Radio France

Le PDG de l’entreprise publique est auditionné lundi par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui doit se prononcer sur son maintien à son poste après sa condamnation pour favoritisme.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 18h33
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



                                


                            
« Je me défendrai jusqu’au bout pour que mon honneur soit rétabli. » Mathieu Gallet est de nouveau sur scène pour se battre. En ce jeudi 18 janvier, trois jours après sa condamnation à un an de prison avec sursis pour favoritisme, le PDG de Radio France s’adresse, dans le studio 106 de la Maison de la radio, à une centaine de cadres et de salariés, à l’occasion de la présentation des résultats d’audience de la fin 2017. L’homme blessé plaide sa cause. Sa voix s’étrangle. Le fringant quadra nie « avoir déconné ».

En pleine tourmente, il salue le « record » d’audience annoncé le matin même : près de 15 millions d’auditeurs en novembre-décembre, et France Inter, Franceinfo et France Bleu dans les six premières radios. « Dans les maisons où les chiffres ne sont pas bons, ça ne va pas très bien aujourd’hui », note-t-il, griffant au passage, dans une allusion à peine voilée, Frédéric Schlesinger et Patrick Cohen, partis l’été précédent de Radio France vers Europe 1. A la fin d’un discours de quinze minutes, il est applaudi. Les gens de la maison sont saisis par le contraste avec ses débuts, quand il avait affronté un mouvement de grève historique de près d’un mois.

Mathieu Gallet s’apprête désormais à être entendu, lundi 29 janvier, par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui décidera de son maintien à la tête du groupe public deux jours après. Il ne veut pas démissionner, comme le lui a demandé la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Pour sauver sa tête, il met en avant le travail accompli.
La descente aux enfers

Son arrivée à la « Maison ronde » en 2014 provoque un choc culturel, et même visuel. Le décalage avec Jean-Luc Hees est total : au vieux lion à crinière blanche et visage buriné succède un beau gosse de 37 ans, au bronzage permanent et aux costumes ajustés, surnommé « Tancrède » – comme Alain Delon dans Le Guépard – par son ancien patron, le ministre de la culture Frédéric...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ L’édition 2018 était coprésidée par des femmes, une décision prise avant l’émergence du mouvement #MeToo. Dans les panels et discussions, de nouveaux thèmes ont émergé.
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Le Forum économique de Davos à l’heure de #MeToo

L’édition 2018 était coprésidée par des femmes, une décision prise avant l’émergence du mouvement #MeToo. Dans les panels et discussions, de nouveaux thèmes ont émergé.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h43
    |

            Sylvie Kauffmann (Davos (Suisse), envoyée spéciale)








                        



   


Rendez-vous annuel des élites mondiales depuis quarante-huit ans, le Forum économique mondial (WEF) de Davos est, inévitablement, une assemblée très masculine même si, au fil des ans, la visibilité d’une chancelière allemande, d’une directrice générale du FMI ou d’une PDG de multinationale a pu être mise en avant. La participation des femmes a laborieusement progressé jusqu’à 21 % cette année, et le panel exclusivement masculin est désormais quasi interdit ; le Forum produit chaque année, depuis 2006, un rapport très solide sur l’évolution des inégalités entre les sexes dans le monde. Mais de toute évidence, un saut qualitatif, en plus de la lente amélioration quantitative, restait à accomplir.
#MeToo a-t-il changé tout cela ? Le mouvement lancé en octobre aux Etats-Unis par l’affaire Weinstein a en tout cas contribué à faire évoluer les esprits à Davos aussi. Première mesure, décidée avant même le déclenchement du scandale planétaire du harcèlement sexuel : pour la première fois, les organisateurs du WEF ont confié la coprésidence du Forum 2018 à des femmes — sept femmes, plus exactement : Christine Lagarde, directrice générale du FMI, Ema Solberg, première ministre norvégienne, Fabiola Gianotti, physicienne et directrice générale du CERN, Chetna Sinha, fondatrice de la banque coopérative rurale Mann Deshi Bank, en Inde, Ginni Rometty, PDG d’IBM, Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats, et Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie.
Emergence de nouveaux thèmes
« Enfin un panel qui n’est pas un “manel” », a lancé Mme Lagarde en présentant ses six coprésidentes en séance plénière, mardi 23 janvier. L’effet visuel des couleurs vives qui rompent avec l’uniforme costume-cravate était incontestable, mais le contenu des échanges a également marqué la différence. La discussion n’a pas porté sur les femmes, mais sur les projets et les aspirations des unes et des autres dans leurs institutions respectives. Les thèmes de la confiance, de la responsabilité, des dégâts causés par la montée des inégalités, de la nécessité de promouvoir l’engagement dans la recherche scientifique dominaient les aspirations des coprésidentes.
Autre changement : la question du harcèlement sexuel, l’ampleur du phénomène dans le monde du travail et les moyens de le combattre ont fait l’objet de plusieurs panels. C’est, là aussi, une première. On a pu ainsi écouter une responsable de Microsoft, Peggy Johnson, expliquer comment elle avait découvert que 60 millions de salariés, aux Etats-Unis — y compris « un petit nombre » à Microsoft — avaient dans leur contrat de travail une clause les obligeant à soumettre toute plainte pour harcèlement sexuel à une procédure d’arbitrage privé, le plus souvent accompagnée d’accords de confidentialité, et non devant les tribunaux. On a pu aussi y entendre un universitaire de Berkeley, le psychologue Dake Keltner, décrire le mouvement #MeToo comme une « révolution » comparable au rapport Kinsey sur la sexualité il y a soixante ans, et la directrice de l’ONG Oxfam, l’Ougandaise Winnie Byanyima, remercier les Américaines pour avoir lancé ce soulèvement mondial.
L’égalité entre les sexes au cœur de plusieurs discours
Certains dirigeants politiques ont aussi choisi d’afficher le thème de l’égalité hommes-femmes en bonne place dans leur discours, ainsi que le coût économique et social de la discrimination. Le champion toutes catégories en la matière est, sans surprise, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui a appelé à « un changement fondamental dans la culture de l’entreprise » pour « embaucher, promouvoir et maintenir les femmes  » à des postes de responsabilité. M. Trudeau, dont le pays préside le G7 cette année, s’est engagé à placer le thème de l’égalité des sexes au centre de l’agenda de ses réunions et a nommé coprésidentes du G7 Melinda Gates, cofondatrice de la fondation Bill & Melinda Gates, et Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France. Plusieurs dirigeants européens, dont Mme Merkel et M. Macron, ont aussi évoqué le sujet dans leur discours. Deux leadeurs, en revanche, ne s’en sont pas embarrassés : le premier ministre indien, Narendra Modi, et le président américain, Donald Trump.
Christine Lagarde a raconté comment, « encore à ce jour », elle surprenait ce « petit sourire condescendant » que les hommes ont pour les femmes dont ils doutent des compétences
Les participantes au WEF sont pour la plupart des femmes en position de pouvoir. Cette édition Davos 2018 a montré que, loin de la vulnérabilité des salariées en bas de l’échelle, elles ne sont pas pour autant à l’abri du sexisme ni, notamment, du « mansplaining », cette façon qu’ont les hommes de s’adresser aux femmes qui, forcément, en savent moins qu’eux. La première ministre norvégienne, Erna Solberg, a ainsi raconté comment un PDG avait commencé à lui expliquer, « comme à une enfant », le mécanisme des taux d’intérêt en pleine réunion de la commission des finances au Parlement. Il a fini par être interrompu par un membre de la Commission : « Erna est la plus diplômée d’entre nous en économie », lui a-t-il signalé. Dans un entretien au Monde, Christine Lagarde a raconté comment, « encore à ce jour », elle surprenait ce « regard biaisé » ou ce « petit sourire condescendant » que les hommes ont pour les femmes dont ils doutent des compétences.
Preuve qu’il y a encore des progrès à faire, une journaliste économique du Daily Telegraph, Anna Isaac, a raconté sur Twitter samedi comment, dans le train, son voisin s’est étonné qu’une « jeune femme comme elle » lise les pages économiques du Telegraph et du Financial Times, puis a entrepris de lui expliquer Davos, la BCE (Banque centrale européenne) et le CBI (Confederation of British Industry, le patronat britannique)…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Dans un texte écrit à la première personne, la journaliste Blandine Grosjean raconte comment beaucoup de femmes ont pris conscience de la « zone grise » qui existe entre le consentement et le viol.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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De la résignation au consentement, le problème de la « zone grise » entourant les rapports sexuels


                      Dans un texte écrit à la première personne, la journaliste Blandine Grosjean raconte comment beaucoup de femmes ont pris conscience de la « zone grise » qui existe entre le consentement et le viol.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 18h34
    |

                            Blandine Grosjean








                              

                        

Septembre 1980. J’ai 15 ans et demi. Je rentre d’un séjour au centre de voile des Glénan, en Bretagne, et je dois rejoindre mon lycée bourguignon. Un des moniteurs de voile, interne en médecine, propose de me ramener en voiture jusqu’à Paris. Je le connais à peine, mais c’est un billet de train économisé. On arrive assez tard à Paris, trop tard pour que j’attrape un train gare de Lyon, et il me propose de m’héberger. Je viens de passer un mois à naviguer dans la promiscuité avec des garçons et des filles, dans une ambiance de totale liberté sexuelle et de respect aussi. L’esprit Glénan, dont ce garçon est, pour moi, forcément porteur.
« Je vais finir par ne plus résister à ses “avances”. Je n’avais ni l’intention de coucher avec lui, ni envie, ni désir, je n’ai aucun plaisir, rien. Seulement la volonté que ça finisse le plus vite possible »
Il n’y a qu’un lit chez lui, je ne suis pas inquiète, on va se débrouiller. Mais il décide qu’on dormira dans le même lit. Il est un peu moins sympa qu’en voiture, je l’entends au téléphone envoyer bouler sa fiancée, qui espérait le retrouver le soir même. Je n’ai pas d’argent, je ne connais pas Paris. Je vais finir par ne plus résister à ses « avances ». Je n’avais ni l’intention de coucher avec lui, ni envie, ni désir, je n’ai aucun plaisir, rien. Seulement la volonté que ça finisse le plus vite possible, et la crainte qu’il me fiche dehors en pleine nuit. Un moment désagréable. Je suis partie au petit matin en lui disant au revoir.
Il devait avoir 24-25 ans, j’étais mineure. C’était un bourgeois, joli appartement près de la tour Eiffel, moi sans un sou, mais venant d’un milieu où l’on m’avait bien armée culturellement. Je n’ai pas vécu cette expérience comme un abus, n’en ai pas été traumatisée. Je n’en ai jamais parlé. J’avais oublié cette histoire, jusqu’à ce que je me mette à réfléchir à ce documentaire, il y a deux ans, à interroger la nature du consentement. Le consentement, même entre époux, ne va...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’entrepreneur suédois souhaitait meubler la classe moyenne mondiale avec des produits de qualité au plus bas prix possible. Au prix d’entorses au respect de certaines conditions de travail.
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Le fondateur d’Ikea, Ingvar Kamprad, est mort

L’entrepreneur suédois souhaitait meubler la classe moyenne mondiale avec des produits de qualité au plus bas prix possible. Au prix d’entorses au respect de certaines conditions de travail.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 14h35
    |

            Olivier Truc








                        



   


Ingvar Kamprad, mort le 28 janvier, à l’âge de 91 ans, à son domicile dans la province de Smaland (Suède) est resté toute sa vie un homme discret, effacé derrière son entreprise, jouant d’ailleurs volontiers de son attitude modeste, mais toujours présent en filigrane, à l’image du nom qu’il a donné à sa société en 1943 : « Ikea » est en effet constitué des initiales d’Ingvar Kamprad Elmtaryd Agunnaryd, ces deux derniers étant les noms de la ferme familiale et de son village, où il a commencé ses activités, d’abord en vendant des allumettes à vélo, puis en continuant avec la vente par correspondance.
Ingvar Kamprad est né le 30 mars 1926 à Almhult, dans une région rurale du sud de la Suède, le Smaland, connue pour être le creuset d’Eglises libres, évangélistes notamment, où se sont développés de nombreux petits entrepreneurs et paysans. Ingvar Kamprad aurait décidé de gagner beaucoup d’argent en voyant son père s’échiner en vain dans la ferme familiale, dans une région rude et rocailleuse. Un principe de base, appliqué par Ingvar Kamprad dès ses premières affaires, sera de vendre ce que d’autres fabriquent, afin d’être flexible. Tout l’édifice Ikea repose sur cette idée, avec une objectif clair : meubler la classe moyenne mondiale en lui donnant accès à des produits de qualité au plus bas prix possible. Et donc à monter soi-même.
Ce qui différencie Ikea de nombreuses entreprises est qu’il revendique un engagement social. « Ce sont toujours les gens positifs qui gagnent », aimait à rappeler Ingvar Kamprad. Cette vision de la vie est un pilier de la culture Ikea. A quoi on peut ajouter des préceptes comme la simplicité, la parcimonie, l’humilité. Qu’on y voie une astuce de marketing ou une démarche sincère, le fait est qu’Ingvar Kamprad a réussi à imposer cette image, ciselant sa propre légende avec un talent certain, rappelant comment la philosophie d’Ikea était imprégnée de cet environnement difficile du Smaland, où il fallait se battre avec ses mains et sa sueur pour arracher sa pitance à une terre peu productive.
Dès les années 1970, Ingvar Kamprad a commencé à préparer la survie d’Ikea après sa mort, afin d’éviter le dépeçage de son entreprise, les bagarres d’héritage et les droits de succession trop élevés. Certains estiment que cette obsession précoce de la mort provient des drames qui ont touché sa famille. Un arrière-grand-père, un grand-père et un oncle d’Ingvar Kamprad se sont suicidés. Sa grand-mère Franziska a élevé seule ses enfants tout en s’occupant de la ferme, peu de temps après avoir émigré d’Allemagne en Suède. Une femme forte et endurante qui lui a servi de modèle.
Optimisation fiscale poussée à l’extrême
En chemin, Ingvar Kamprad est devenu l’un des hommes les plus riches du monde, à la tête d’un empire qui, en 2016, a réalisé 34,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a reçu 783 millions de visiteurs dans 340 magasins installés dans 28 pays. Le fameux catalogue Ikea est imprimé à plus de 210 millions d’exemplaires. Ce développement s’est fait à la force du poignet, puisque Ingvar Kamprad s’est toujours passé de capital-risque et a toujours résisté aux sirènes de l’introduction en Bourse. Il a pu s’en passer en menant notamment une stratégie d’optimisation fiscale poussée à l’extrême, avec un enchevêtrement complexe de fondations dans de nombreux paradis fiscaux et des milliards d’euros dissimulés par exemple dans la fondation Interogo, dont il avait essayé de nier l’existence, au Liechtenstein.
A ceux qui le critiquaient, Ingvar Kamprad offrait son allure modeste, sa vieille Volvo, ses voyages en seconde classe, n’hésitant pas à jouer de la bonne réputation des valeurs suédoises, dont il s’est fait le passeur, allant jusqu’à colorer ses magasins aux couleurs nationales. Ingvar Kamprad se décrivait lui-même comme « un brave type », à la limite un peu simplet, aux goûts modestes et répondant invariablement que l’essentiel des bénéfices d’Ikea n’allait pas dans sa poche. « J’ai assez d’argent pour m’en sortir, mais le fait est que ce n’est pas moi qui possède l’argent, c’est une fondation », disait-il. Oubliant de préciser qu’il contrôlait la fondation en question.
Comme le rappelaient ses détracteurs, on n’amasse pas une telle fortune en vendant des produits au plus bas prix possible sans que quelqu’un, à un bout de la chaîne, en fasse les frais. D’où les accusations régulières concernant le travail des enfants, l’exploitation de la main-d’œuvre dans les pays pauvres, les conditions imposées aux sous-traitants. Des meubles ont par exemple été fabriqués dans les années 1970 grâce au travail forcé de prisonniers politiques allemands à l’époque de la République démocratique allemande (RDA).
Pendant la guerre, « la plus grande erreur de [sa] vie »
Ingvar Kamprad, chef d’entreprise encensé, a dû aussi se battre contre ses démons. L’alcool, comme il s’en est expliqué, notamment à l’époque où il allait chercher des sous-traitants en Europe de l’Est pour fabriquer ses meubles à bas prix et où les contrats se signaient à grand renfort de vodka. Son passé nazi aussi, épisode sensible.
Dans la ferme des Kamprad, au moment de la guerre, les sentiments étaient proallemands et antisémites. Ingvar Kamprad, jeune homme, mena en cachette une vie de militant nazi. En 1994, déjà, le fondateur d’Ikea avait dû reconnaître la réalité de ce lointain mais encombrant engagement. Il s’en était excusé auprès de ses employés, regrettant « la plus grande erreur de [sa] vie ».
Un livre a montré que cet engagement avait été bien plus profond qu’il ne voulait l’admettre. Ingvar Kamprad a recruté d’autres nazis, et a gardé des contacts jusque dans les années 1950, finançant même un parti néo-nazi avec l’argent d’Ikea. Les services secrets suédois avaient établi un dossier sur lui dès 1943, à l’époque même où il créait Ikea. Ingvar Kamprad s’en est sorti en adoptant un profil bas. Les Suédois lui ont toujours pardonné, car il n’avait pas l’arrogance de beaucoup de dirigeants de grandes entreprises.
Ingvar Kamprad, qui résidait près de Lausanne depuis la fin des années 1970, laisse une fille d’un premier mariage, Annika, et trois fils, Peter, Jonas et Mathias, tous impliqués dans Ikea, mais à qui le fondateur du géant de l’ameublement n’a jamais semblé accorder une confiance aveugle.



                            


                        

                        


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Crues : le RER C dans Paris restera fermé jusqu’au 5 février au minimum

Un pic de crue est attendu dans la nuit de dimanche. Douze départements sont toujours placés en vigilance orange.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 08h17
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h09
   





                        



   


A Paris, la Seine continuait sa lente montée jusqu’à un pic de crue prévu dans la nuit de dimanche 28 janvier, tandis que la situation s’améliorait en amont de la capitale, selon Vigicrues.
L’organisme de surveillance a affiné sa prévision samedi : environ 5,95 mètres d’eau sont attendus dans la nuit de dimanche à lundi, soit moins que la crue de juin 2016 (6,10 mètres). A la station du pont d’Austerlitz, dimanche à 5 heures, la Seine était à 5,78 m, soit 14 cm de hausse en vingt-quatre heures.
« La montée est un petit peu plus lente que prévu, donc le maximum attendu est décalé dans la soirée de dimanche à lundi », a déclaré une porte-parole de Vigicrues, Rachel Puechberty. Douze départements étaient toujours en vigilance orange inondation.
Le mois de janvier le plus humide en un siècle
A l’origine de ce phénomène de crue, qui touche diverses régions en France, des pluies importantes sur des sols gorgés d’eau. Le cumul pluviométrique du 1er décembre au 21 janvier atteint souvent le double de la normale, comme à Paris, note Météo France.
« Les perturbations ayant touché le pays depuis la mi-janvier (...) ont généré des crues importantes sur de nombreux cours d’eau du nord et de l’est du pays, encore entretenues par les pluies tombées jeudi sur la Bourgogne et la Champagne. Les niveaux de débordement dommageables sont atteints sur plusieurs d’entre eux dans les bassins de la Seine et de la Saône », explique Vigicrues.
Côté transports, le trafic est interrompu sur la ligne C du RER et sept gares resteront fermées jusqu’à la fin de la crue : Saint-Michel–Notre-Dame, Musée-d’Orsay, Invalides, Pont-de-l’Alma, Champ-de-Mars, Avenue-du-Président-Kennedy, Boulainvilliers. La SNCF a fait savoir dimanche que les stations ne rouvriraient probablement pas avant le 5 février « au minimum ».
Interdits de navigation, les bateaux-mouches restent à quai et seuls les pompiers circulent. Les voies sur berge, inondées, sont interdites à la circulation piétonne. Deux personnes à bord d’un canoë gonflable ont été verbalisées samedi matin près de la gare d’Austerlitz. La préfecture a rappelé à cette occasion qu’il était « interdit et surtout extrêmement dangereux de faire du canoë ou de se baigner dans la Seine, dont le débit est actuellement de 1 600 mètres cubes par seconde ».

Suivi quotidien par la @prefpolice des #crues en Ile de France. Consultez notre communiqué https://t.co/ZSVO6838Ec— prefpolice (@Préfecture de police)


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Décrue lente, surveillance des nappes phréatiques
« En aval de Paris, sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra jusqu’en début de semaine », a ajouté Vigicrues. Colombe Brossel, adjointe à la sécurité de la mairie de Paris, soulignait « une très grande vigilance sur la situation des nappes phréatiques ».
« Les sols sont gorgés d’eau, donc c’est un facteur de vulnérabilité s’il devait encore y avoir de fortes précipitations plus tard dans l’hiver », a prévenu Hervé Vanlaer, directeur général adjoint à la prévention des risques au ministère de la transition écologique.
Selon la préfecture de police, mille personnes ont été évacuées en Ile-de-France samedi. Un peu moins de 1 500 foyers sur 6,2 millions sont privés d’électricité, selon Enedis, qui a installé quelques dizaines de groupes électrogènes.

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« Si l’on parle de revenir complètement à la normale, cela se comptera en semaines », a estimé le directeur régional et interdépartemental de l’environnement et de l’énergie d’Ile-de-France, Jérôme Goellner. Même si cette crue 2018 a été importante, on a évité la catastrophe d’une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Interfaces biométriques, système de « draft » façon NBA, nouvelles disciplines phares… A l’occasion du second Dojo e-sport, plusieurs experts des compétitions de jeu vidéo ont tenté de dessiner le futur.
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Le monde de l’e-sport tente se projeter en 2027

Interfaces biométriques, système de « draft » façon NBA, nouvelles disciplines phares… A l’occasion du second Dojo e-sport, plusieurs experts des compétitions de jeu vidéo ont tenté de dessiner le futur.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 17h45
    |

            William Audureau








                        



   


Comment imaginer le futur, quand l’année 2017 à elle seule a déjà dépassé et remis en question tout ce que les professionnels des compétitions de jeu vidéo croyaient savoir ? C’est l’exercice périlleux auquel se sont livrés des experts du secteur, vendredi 24 janvier à l’hôtel de ville de Paris, lors du second Dojo e-sport, une journée de conférences sur ce monde en pleine ébullition.
En 1997 naissait la Cyber Professionnal League, ou CPL, ancêtre de toutes les ligues de jeu vidéo actuelles. Trente ans plus tard, à quoi pourrait bien ressembler le secteur, s’étaient demandé les organisateurs ? « Si nous savons une chose, c’est que l’e-sport bouge, bouge incroyablement vite », a relevé avec prudence Jonas Ferry, présentateur et animateur, lui-même ancien joueur. « C’est dur de prévoir ce que ce sera l’e-sport dans dix ans, alors qu’en ce moment, en un jour on fait plus de progrès qu’en cent ans », convient Benoît Pagotto, directeur marketing de l’équipe européenne Fnatic.
De fait, entre hausse spectaculaire des dotations, arrivée de nouveaux sponsors venus de la société civile, irruption en nombre des clubs sportifs, nouveaux jeux phénomènes, comme PUBG et Fortnite, multiples fédérations nationales qui se forment, et vifs débats sur les Jeux olympiques, les douze derniers mois ont été particulièrement intenses pour l’e-sport. « 2017 était une année faste, peut-être la plus prolifique jamais vue », résume Olivier Morin, présentateur du Canal eSports Club, sur Canal Plus, et organisateur des journées.
La technologie au service de l’e-sport
Une chose est sûre : personne n’envisage ne serait-ce que l’hypothèse que l’e-sport puisse décroître. Le sentiment est au contraire celui d’une importance grandissante. « Google, Facebook, des grosses compagnies qu’on n’a jamais vu s’intéresser à nous, commencent à le faire », constate avec un brin de circonspection Benoît Pagotto. Facebook vient d’annoncer que le réseau social se lançait dans la diffusion d’événements.
Les pistes de développement pour l’avenir ne manquent pas, et de grandes lignes peuvent déjà être dessinées. Les spectateurs de 2027 seront « broadcast native », ils auront grandi avec Twitch et la diffusion de parties en direct, auront accès à d’innombrables outils pour développer eux-mêmes rapidement des jeux en 3D massivement multijoueurs, et le « computer learning » aura révolutionné l’approche du jeu vidéo, prédisent les membres du panel. Les progrès de la technologie permettront aussi aux manageurs d’équipe de suivre en temps réel les cinq écrans de leur équipe — un besoin suffisamment pressant pour que des entreprises s’y attellent rapidement, explique Shaunz, par ailleurs ambassadeur Orange et Shadow, un concept d’ordinateur dématérialisé.
L’e-sport du futur pourrait ne pas avoir grand-chose à voir avec les interfaces que l’on connaît — et notamment le combo clavier-souris, si prisé des professionnels actuels. « Les périphériques de biométrie et l’Internet des objets vont considérablement changer la manière de jouer », anticipe Matthieu Dallon, vétéran du secteur et conseiller au board de Webedia, société propriétaire de l’équipe Millenium. A moins que la surprise ne vienne de l’explosion des compétitions sur du jeu mobile, actuel parent pauvre des tournois, en dépit de la popularité de Clash Royale. « Avant, on pratiquait la compétition dans les LAN, maintenant on peut jouer de manière compétitive de chez soi. D’ici dix ans, je pense que l’on jouera surtout sur mobile, ce qui amènera les éditeurs à beaucoup de créativité pour adapter les jeux », continue Matthieu Dallon, pour qui Ubisoft et Riot ont les moyens d’investir sur le long terme.
Mobile, non violent et compréhensible
Quelle discipline phare pour 2027 ? Après une année 2017 qui a vu l’explosion surprise des jeux de « battle royale » (à 1 contre 100) sur la scène compétitive, personne ne s’aventure à miser sur un genre. En revanche, son positionnement devra être grand public.
« A part Rocket League [un jeu de football avec des voitures, très coloré], il n’y a pas de jeu dont on puisse dire : c’est de l’e-sport, et c’est simple. Il faut qu’il y ait plus de jeux qui parlent au grand public. C’est la prochaine étape », estime Shaunz, ancien joueur professionnel reconverti en enseignant en management e-sportif. Ainsi, si League of Legends a atteint des niveaux d’audience prodigieux, notamment en Asie, son fonctionnement demeure trop compliqué pour les néophytes, convient Matthieu Dallon :
« Il y aura plus de jeux, c’est sûr, et “League of Legends” sera encore là, mais on n’a toujours pas l’équivalent du football, le jeu qui parle à tous. Ce que fait Blizzard avec “Overwatch” me semble la bonne voie, un jeu aseptisé de violence, qui parle à tous. C’est pour moi le futur. »
Un avenir qui aura besoin de visages connus
Plus encore que de technologie, c’est surtout à plus d’humain qu’appellent les professionnels du secteur. En cause, la dimension un peu impersonnelle de l’e-sport, comparée à la ferveur qui entoure les sports traditionnels. « On voit de plus en plus de gens qui vont dans le storytelling, cela crée des connexions, maintenant que l’e-sport est accepté, il faut le développer, on a le jardin, il faut le fleurir », suggère Shaunz en des termes imagés. Dans sa ligne de mire, nombre de structures internationales dont le siège est à Londres, l’équipe aux Etats-Unis, les joueurs Sud-Coréens, compliquant l’attachement aux clubs. « C’est dur de se sentir lié. Il faut une ligue française, avec des clubs à Paris, à Lyon, à Montpellier, etc. », sur le modèle du football, suggère-t-il.
Surtout, c’est en matière de récit que l’e-sport aimerait se développer. Le monde des compétitions de jeu vidéo a besoin d’histoires et de visages, comme le football a les siens avec Messi et Ronaldo. « On peut voir de plus en plus de personnalités qui émergent, ils ont une grosse influence sur leur audience, ils ont de plus en plus conscience de ça, veulent bien faire, d’autres sont fous et font n’importe quoi et ça marche. Les Etats-Unis sont comme toujours le modèle en matière de storytelling. » Et Shaunz de rêver à un système de « draft », comme en NBA, pour les joueurs repérés à l’université, et directement recrutés par de grandes franchises lors d’un marché de fin d’année. Un modèle américain à suivre, recommande-t-il.
A moins que ce ne soient les géants asiatiques qui n’imposent une autre culture. « D’ici dix ans, la Chine sera leader, assure de son côté Matthieu Dallon. Elle l’est déjà d’un point de vue capitalistique, en termes d’investissements, et d’audiences : déjà 90 % des audiences sur League of Legends, et le centre de l’économie, ce sera désormais l’Asie. » Comme toutes les conférences de prospective, celle-ci s’avérera peut-être à côté des futures réalités. Mais il faudra attendre 2027 pour le vérifier. Une éternité, à l’échelle de l’e-sport.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le quintuple champion du monde remporte pour la 5e fois d’affilée – un record – le rallye inaugural du championnat du monde.
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Rallye de Monte-Carlo : Ogier ouvre la saison par une victoire et un record

Le quintuple champion du monde remporte pour la 5e fois d’affilée – un record – le rallye inaugural du championnat du monde.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 17h32
   





                        



   


En remportant, dimanche 28 janvier sa sixième victoire, mais surtout la cinquième d’affilée dans le rallye de Monte-Carlo, le quintuple champion du monde de la discipline, Sébastien Ogier, et son coéquipier Julien Ingrassia établissent un nouveau record — jusqu’ici limité à quatre victoires d’affilée. Au volant de leur M-Sport Ford, ils devancent les Toyota de l’Estonien Ott Tänak et du Finlandais Jari-Matti Latvala.
On disait pourtant le pilote français en petite forme, mais courir le Monte-Carlo, pour ce natif de Gap, dans les Hautes-Alpes — Gap, où était justement installé le parc d’assistance —, c’est presque comme s’il courait à domicile, cela motive. Autre motivation : la compétition. Sébastien Ogier se rapproche du record de sept victoires détenu par Sébastien Loeb, mais pas plus de trois de suite (2003, 2004, 2005, 2007, 2008, 2012, 2013).
Depuis 2013 justement, Sébastien Ogier s’installe en tête du championnat du monde (WRC). Dimanche, il mène ainsi déjà avec 26 points et huit longueurs d’avance sur son premier poursuivant, Ott Tänak.

   


« Etre régulier, ne pas faire d’erreur »
« Souvent, au Monte-Carlo, les conditions sont compliquées, mais celui-là était particulièrement difficile, a commenté le vainqueur. A la fin, nous nous imposons et j’en suis super heureux. » Sébastien Ogier a pris les commandes de cette 86e édition dès la première spéciale courue jeudi 25 janvier, de nuit, alors qu’il était malade. Le lendemain, le champion gapençais devait son bon résultat aux spectateurs qui ont aidé l’équipage à sortir sa M-Sport Ford du fossé. Le week-end s’est ensuite poursuivi sans sorties de route, sans prise de risque non plus. « Il fallait être régulier, essayer de ne pas faire d’erreur. J’en ai fait, elles m’ont coûté du temps, mais peut-être pas autant qu’aux autres », a déclaré Ogier.

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Bryan Bouffier, le second Français en WRC pour une « pige » chez M-Sport Ford, est huitième à l’issue d’un week-end qui ne s’est pas exactement déroulé comme prévu. Légèrement blessé dans un accrochage lors des reconnaissances, son copilote Jérôme Degout a en effet été remplacé au pied levé par Xavier Panseri, tout juste de retour du Dakar (FRA).

   


Derrière, les Toyota, revenues en WRC seulement depuis 2017, ont impressionné. Leur pilote estonien Ott Tänak, troisième l’an dernier avec M-Sport, semble apprécier la puissance de son nouveau bolide. « Il y a toujours beaucoup d’excitation quand on change d’équipe et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, a-t-il expliqué : c’est un grand soulagement ! » « Nous sommes surpris de voir à quelle vitesse il s’est adapté », s’est de son côté félicité son nouveau patron chez Toyota, Tommi Mäkinen, quadruple champion du monde (1996-1999).
Thierry Neuville (Hyundai) cinquième
Scénario inverse en ravanche chez Hyundai. Le constructeur coréen espérait avoir suffisamment travaillé cet hiver pour instaurer une certaine régularité, qui lui a tant manqué en 2017. Le Belge Thierry Neuville, vice-champion du monde, est parvenu à arracher la cinquième place après un tête-à-queue qui lui a coûté plus de quatre minutes dans la première spéciale. Il souhaitait néanmoins positiver : « Nous avons fait un bon rallye. Mon erreur de jeudi [25 janvier] est vraiment regrettable mais c’est le Monte-Carlo, tout le monde fait des erreurs. Sans cela et notre crevaison, un podium était possible. »
Le Norvégien Andreas Mikkelsen et l’Espagnol Dani Sordo ont eux abandonné sur panne après une sortie de route.
On attendait enfin les Citroën, après une saison 2017 décevante. La quatrième place du Britannique Kris Meeke, meilleur temps de la Power Stage, ne doit pas cacher que la C3 n’a pas bien répondu dans les conditions d’adhérence précaires des routes de montagne typiques du Monte-Carlo.
Prochain rendez-vous à la mi-février, en Suède, pour la deuxième manche de la saison. Avant le retour, du 8 au 11 mars, après cinq ans d’absence du mythique duo Sébastien Loeb-Daniel Elena sur Citroën.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Un appel à « cesser le feu immédiatement » a été lancé par le président yéménite.
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Yémen : des forces séparatistes s’emparent du siège du gouvernement transitoire à Aden

Un appel à « cesser le feu immédiatement » a été lancé par le président yéménite.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 13h09
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 14h24
   





                        


Le président du Yémen a ordonné dimanche 28 janvier à toutes ses unités militaires de « cesser le feu immédiatement », après des combats meurtriers avec des forces séparatistes dans la ville méridionale d’Aden, la deuxième du pays.
Le premier ministre, Ahmed ben Dagher, avait qualifié un peu plus tôt de « coup de force » la prise du siège transitoire du gouvernement par les forces séparatistes. Il a demandé à la coalition sous commandement saoudien, présente dans la ville, d’intervenir pour éviter le chaos.
« Ici, à Aden, un coup de force est en cours contre [l’autorité] légitime. Nous espérons et attendons que les Emirats arabes unis et tous les membres de la coalition [arabe intervenant au Yémen en soutien au gouvernement] s’occupent de cette crise qui se dirige vers une confrontation militaire totale. C’est la condition pour sauver la situation. »
Les incidents ont éclaté lorsque des unités de l’armée loyale au président Abd Rabbo Mansour Hadi ont tenté d’empêcher des manifestants séparatistes d’entrer dans la ville pour exiger le départ du gouvernement, selon des sources sécuritaires. Les hôpitaux rapportent que les combats ont fait au moins quinze morts et trente-trois blessés.
Des affrontements à l’arme lourde se poursuivaient dans plusieurs quartiers de la ville portuaire d’Aden, où les écoles et les magasins avaient fermé dès les premières heures de la matinée, selon des habitants.

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« Inquiétude » de la coalition
Le Yémen du Sud était un Etat indépendant avant sa fusion avec le Nord, en 1990. L’ancien gouverneur d’Aden Aidarous Al-Zoubaidi, limogé en avril 2017 par M. Hadi, avait annoncé en mai la mise en place d’un conseil de transition du Sud, placé sous sa présidence pour « diriger les provinces du Sud et les représenter à l’intérieur et à l’extérieur » du pays. La manifestation de dimanche était organisée par cette instance.
Les Emirats arabes unis ont entraîné une force, appelée « Ceinture de sécurité », qui soutient le conseil de transition de M. Zoubaidi.

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Le Mouvement sudiste (séparatiste) est très puissant et ses relations sont tendues, depuis l’année dernière, avec le gouvernement, qui s’est retranché à Aden après avoir été chassé en septembre 2014 de la capitale, Sanaa, conquise par des houthistes soutenus par l’Iran.
Le gouvernement du président Hadi est soutenu militairement depuis mars 2015 par une coalition, dont des forces saoudiennes et émiraties sont présentes à Aden. Dès samedi soir, cette coalition a diffusé un communiqué exprimant son inquiétude et appelant au « calme » et à la « retenue ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le Suisse a triomphé de Marin Cilic en cinq sets dimanche au tournoi du Grand Chelem de Melbourne, à l’issue d’une finale de très haute volée.
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Open d’Australie : Federer remporte son 20e titre du Grand Chelem

Le Suisse a triomphé de Marin Cilic en cinq sets dimanche au tournoi du Grand Chelem de Melbourne, à l’issue d’une finale de très haute volée.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 13h40
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h10
   





                        



   


Pouvait-il en être autrement ? Au terme d’une quinzaine australienne survolée, Roger Federer a empoché, dimanche 28 janvier, son sixième titre à Melbourne. Portant son record en Grand Chelem à vingt unités.
Rien ne fut facile pourtant, en finale. Sixième mondial, tombeur de Rafael Nadal en quarts de finale, Marin Cilic a poussé le Suisse jusqu’au cinquième set. Une prouesse, face à un joueur qui n’avait pas perdu la moindre manche en Australie et qui avait passé six heures de moins sur les courts que le Croate.
6e titre à Melbourne
Surclassé en début de match, Cilic abandonnait le premier set en trente petites minutes (6-2), laissant craindre une énième balade de FedEx sur la Rod Laver Arena. Bien plus entreprenant dans l’échange, le futur numéro trois mondial est revenu dans le match en s’adjugeant au tie-break une deuxième manche de très haut niveau (6-2 ; 6-7).
Bis repetita. Federer n’a laissé que des miettes à son challengeur pour repasser en tête (6-2 ; 6-7 ; 6-3), avant de s’effondrer physiquement (6-2 ; 6-7 ; 6-3 ; 3-6). Promis à l’enfer face à un adversaire qu’il n’avait battu qu’une fois en neuf duels, Cilic a aligné cinq jeux consécutifs dans le quatrième set pour offrir aux spectateurs une dernière manche.
Souvent résumé à ses coups de boutoir, le Croate a joué, dimanche, l’une des plus belles partitions de sa carrière, loin de se contenter d’abréger l’échange.
On pouvait légitimement s’interroger sur la capacité de Federer à 36 ans de renverser la vapeur. Las. Comme l’an passé face à Nadal, « Rodgeur » a trouvé les ressources pour surclasser Cilic (6-2 ; 6-7 ; 6-3 ; 3-6 6-1) et soulever un nouveau majeur. Le 20e de sa carrière. Etourdissant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.
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édition abonné


« Promouvoir un monde habitable », une nécessité pour la philosophe Corine Pelluchon

Dans son nouvel essai « Ethique de la considération », la philosophe veut hâter la transformation de soi et de la société.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h39
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            

Quatre étages sans ascenseur. Escalier propre et net. Sous les toits d’un petit immeuble, dans une rue calme de Paris, non loin de la porte d’Italie, vit et travaille Corine Pelluchon. « Eh oui, ça se mérite… », dit-elle en souriant au visiteur un peu essoufflé par ce trajet vers les hauteurs, qui bientôt respire mieux, dans un appartement sans un bruit, tapissé de livres.
En fait, cette scène évoque, à sa manière, le parcours de la philosophe. Parce que la pensée aussi, « ça se mérite ». ­Corine Pelluchon en sait quelque chose. Etre une femme philosophe, ce n’est pas si facile. Nombreuses, évidemment, sont les enseignantes. Bien plus rares sont celles qui, malgré obstacles et barrières, parviennent à construire une pensée rigoureuse, utile, à la hauteur des défis de l’époque, jusqu’à y vouer leur existence.
Etre allée de l’enseignement secondaire à l’université, de la philosophie politique à la construction d’une nouvelle éthique, de Leo Strauss (1899-1973) à la cause animale, devenue l’axe majeur de son existence, dessine une trajectoire singulière. Les livres successifs qui l’ont marquée en constituent, en un sens, les étages. Ils mènent à ce point de vue plus élevé, d’où, aujourd’hui, elle considère les liens entre le psychisme des individus et l’avenir possible de notre monde. Pour aider à le changer.
Son objectif est politique
Car Corine Pelluchon ne fait pas de la philosophie pour le seul plaisir des concepts et des jeux théoriques. Son objectif est politique : éveiller nos consciences individuelles pour transformer peu à peu la société, le modèle de développement et de production, l’organisation du travail, les styles de vie… On jugera peut-être que c’est démesuré. Mais on a l’impression, en rencontrant l’auteure, qu’elle n’a pas le choix. Comme si une force interne la poussait impérieusement à écrire, mais pas simplement, il faut le répéter, pour explorer des idées et en faire des livres. Son désir est d’agir,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Les Kurdes expliquent leur boycott de l’initiative russe par l’offensive turque en cours à Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie.
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Syrie : après l’opposition, les Kurdes boycottent la conférence de Sotchi

Les Kurdes expliquent leur boycott de l’initiative russe par l’offensive turque en cours à Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 14h09
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 14h11
   





                        


Après l’opposition syrienne, vendredi, les Kurdes ont annoncé dimanche 28 janvier qu’ils ne se rendraient pas à la réunion du « congrès pour la paix » organisé par la Russie les 29 et 30 janvier à Sotchi (Russie).
Leur refus de venir est consécutif à « la situation à Afrine », enclave kurde du Nord-Ouest syrien cible depuis plus d’une semaine d’une offensive turque contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qu’Ankara qualifie d’organisation « terroriste ».
« Nous avions dit auparavant que si cette situation persistait à Afrine, nous ne pourrions pas être présents à Sotchi », a déclaré une responsable des autorités kurdes, Fawza Youssef. « La Turquie et la Russie sont les garants de Sotchi et ces deux pays se sont mis d’accord sur Afrine [aux dépens des Kurdes], ce qui contredit le principe même de dialogue politique », a encore dit Mme Youssef.
Boycott de l’opposition syrienne
Vendredi, c’est l’opposition syrienne qui avait annoncé son boycott, à l’issue d’un nouveau cycle infructueux de pourparlers avec le régime de Damas sous l’égide de l’ONU à Vienne.
La conférence de Sotchi, au bord de la mer Noire, a pour objectif de réunir des représentants du gouvernement et des rebelles syriens, à l’initiative de Moscou et de Téhéran, alliés du régime de Damas, et d’Ankara, soutien des rebelles. Mais en l’absence de la majeure partie de l’opposition, sa légitimité paraît compromise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Editeur de nombreux livres à succès, notamment « Un sac de billes », de Joseph Joffo en 1973, il avait quitté l’édition en 1991 pour se consacrer à l’écriture.
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Mort de l’éditeur Jean-Claude Lattès, à 76 ans

Editeur de nombreux livres à succès, notamment « Un sac de billes », de Joseph Joffo en 1973, il avait quitté l’édition en 1991 pour se consacrer à l’écriture.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 13h53
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



   


Fondateur de la maison d’édition qui porte son nom, Jean-Claude Lattès est mort samedi 27 janvier, a fait savoir son ami Bernard Pivot à l’Agence France-Presse. Agé de 76 ans, il avait quitté le milieu de l’édition en 1991 pour s’installer en Provence et se consacrer à l’écriture de romans historiques.
Né à Nice en 1941, Jean-Claude Lattès définissait sa vie comme celle d’un « passeur ». D’informations, d’abord : après ses études à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, il devient journaliste, au service culture de Combat, écrivant aussi pour les pages littéraires de plusieurs publications. De livres, ensuite, évidemment : en 1965, il est nommé à la tête du service promotion des éditions Robert Laffont — dont il considérera toujours le fondateur comme son « maître ». Néanmoins, quand celui-ci refuse de lancer une collection de livres sur l’actualité, Jean-Claude Lattès part et fonde, avec Jacques Lanzmann, Les Editions spéciales, dont la première publication, en 1968, Ce n’est qu’un début, de Philippe Labro, consacré aux événements du mois de mai, connaît un grand succès.
Retraite à 50 ans pour écrire
Trois ans plus tard, la maison est rebaptisée Jean-Claude Lattès. Après des débuts difficiles, la décision de rééditer tous les livres de la série Tarzan, de l’écrivain américain Edgar Rice Burroughs, « sauve » l’entreprise, aux propres dires de l’éditeur. Suivra un phénomène d’édition comme Un sac de billes, de Joseph Joffo (1973), et l’arrivée d’auteurs tels Amin Maalouf, Irène Frain ou Jean d’Ormesson. Jean-Claude Lattès publie notamment l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz, qui obtiendra en 1988 le prix Nobel de littérature.
En 1981, Jean-Luc Lagardère, qui vient de reprendre Hachette, lui propose de racheter sa maison, et lui offre la direction du département livres de tout le groupe. Jean-Claude Lattès accepte, développe le département, lui confère une dimension internationale, en en faisant le troisième groupe d’édition au monde (le premier pour les dictionnaires et les encyclopédies). Mais en 1991, le gouffre creusé par la chaîne de télévision La 5 et une année morose pour le marché du livre entraînent le choix d’Hachette de repenser sa stratégie éditoriale, et le départ de Jean-Claude Lattès. Agé de 50 ans, il quitte Paris et se retire dans un village provençal. Il y écrira, tout en voyageant beaucoup à travers le bassin méditerranéen, deux livres avec Eric Deschodt : Le Seul Amant et Marguerite et les enragés (Seuil, 2000 et 2005) puis, seul, Le Dernier Roi des juifs (NiL éditions, 2012).
La maison qui porte toujours son nom reste l’un des fleurons du groupe Hachette, publiant des best-sellers internationaux comme Da Vinci Code, de Dan Brown, ou Cinquante nuances de Grey, d’E.L. James, et des auteurs français à succès tels Delphine de Vigan ou Grégoire Delacourt.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Un an après son retour dans l’organisation panafricaine, le Maroc poursuit son offensive. Ce qui entretient les tensions avec son rival algérien.
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Récit

L’Union africaine, terrain de bataille diplomatique entre l’Algérie et le Maroc

Un an après son retour dans l’organisation panafricaine, le Maroc poursuit son offensive. Ce qui entretient les tensions avec son rival algérien.

Par                                            Ghalia Kadiri (Addis-Abeba, envoyée spéciale), 
Joan Tilouine (Addis-Abeba, envoyé spécial) et 
                                Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-01-28T14:04:35+01:00"

        Le 28.01.2018 à 14h04






    
Le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président du Rwanda, Paul Kagamé, au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, en janvier 2017.
Crédits : ZACHARIAS ABUBEKER / AFP


Le regard souverain du roi Mohammed VI se pose sur les diplomates et les chefs d’Etat qui vont et viennent dans le hall du siège de l’Union africaine (UA), à Addis-Abeba. Le portrait encadré d’or du monarque, qui n’a pas fait le déplacement en Ethiopie cette année, trône à gauche de l’entrée du centre de conférences où se déroule le 30e sommet de l’organisation panafricaine. Des colonels des Forces armées royales en uniforme accueillent les décideurs du continent sur ce stand qui met en scène plus de cinquante ans de coopération avec l’Afrique. « Mission accomplie », se réjouit Nasser Bourita, le ministre des affaires étrangères.

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                Addis-Abeba, capitale d’une Afrique qui se rêve unie



S’il savoure le moment, vendredi 26 janvier, c’est que le Maroc a obtenu un siège pour deux années au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, l’organe de règlement des conflits, dirigé depuis sa création par l’Algérie, qui a retiré au dernier moment sa candidature. A sa tête, Smaïl Chergui, ancien ambassadeur d’Algérie à Moscou devenu il y a cinq ans l’incontournable commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA. « On a préféré passer notre tour en vue de postuler en 2019 pour un mandat de trois ans », dit le chef de la diplomatie algérienne, Abdelkader Messahel, 68 ans. Ce qui fait sourire son ambitieux homologue marocain, cadet de vingt ans, qui se veut à la conquête de l’Afrique.
Avec trente-neuf votes en sa faveur et seize abstentions, le Maroc se réjouit de cette première réussite depuis son retour dans l’UA, en janvier 2017. « Rejoindre le CPS était notre objectif principal depuis un an, ajoute M. Bourita. C’est fondamental car c’est là que sont traitées les questions importantes pour le Maroc, notamment au sujet du Sahara. »
A contresens de l’histoire
L’Union africaine est le dernier véritable lieu d’affrontement diplomatique direct entre le Maroc et l’Algérie. Entre les deux frères ennemis, il y a la République Arabe Sahraouie démocratique (RASD). « Invisible », aux yeux des Marocains qui évitent soigneusement d’en prononcer le nom. La RASD est reconnue seulement dans cette institution panafricaine où elle est soutenue à bout de bras par l’Algérie, au nom du principe du droit à l’autodétermination.
Ces tensions peuvent surprendre au regard de l’histoire des mouvements de libération africains qui est tant convoquée dans ces murs, à Addis-Abeba. Ni M. Messahel, ni M. Bourita n’évoquent le soutien inconditionnel du roi Mohammed V, membre fondateur de ce qui était l’Organisation de l’unité africaine (1963-2002), à la lutte de l’indépendance algérienne. Mohammed VI comme Abdelaziz Bouteflika restent arc-boutés sur leurs positions. L’UA, depuis le retour du Maroc, qui l’avait quittée en 1984, compte cinquante-cinq membres.
Non sans une certaine habileté, le Maroc entend utiliser le CPS pour maintenir le « dossier du Sahara » entre les mains du Conseil de sécurité des Nations unies. A Addis Abeba, où l’Algérie jouit toujours d’un prestige de phare de la liberté africaine, l’usage de l’expression « territoire occupé » dans les rapports de paix et de sécurité donne lieu à d’âpres débats.
Un homme qui ne se départit jamais de son cigare cubain, lui, n’hésite pas. « Whisky couscous, c’est la méthode marocaine pour entrer à l’UA, moque Mohamed Salem Ouled Salek, le ministre des affaires étrangères de la RASD, en pointant vers le buffet offert par le Maroc. Leurs conditions de retour dans l’UA étaient inacceptables. Le Maroc doit respecter la charte de l’UA et ainsi mettre fin à l’occupation ». Une rhétorique qui n’a pas évolué depuis des décennies et exaspère les Marocains, qui l’ignorent. « Ce n’est parce qu’elle entre dans une salle que la RASD existe. Il s’agit d’un problème africain », glisse un fonctionnaire marocain.
Diplomates « fougueux »
Dans les allées du centre de conférence d’Addis-Abeba, l’offensive diplomatique du Maroc, la « fougue » et l’« arrogance » de ses jeunes technocrates agacent certaines puissances historiques. « Ils font de la communication », « ils se sentent supérieurs », « on verra bien si cela dure », peut-on entendre dans les couloirs. « Ils vont apprendre à se calmer », balaie un ponte de l’UA.
Nasser Bourita assume sans ambages pratiquer une diplomatie « moderne » considérée comme du « marketing » par ses détracteurs. Pour ce qui est de la communication : quarante-six visites du roi dans vingt-cinq pays africains depuis son intronisation et surtout cinq milliards de dollars d’investissement en 2016, selon un rapport du FDI market. A l’UA, le royaume a réglé ses arriérés de cotisations, assurent les Marocains. Il figure désormais parmi les pays qui contribuent le plus avec l’Algérie, le Nigeria, l’Egypte et l’Afrique du Sud, à hauteur de 39 millions de dollars chacun.
A cela s’ajoute la déferlante des entreprises marocaines au sud du Sahara, là où l’influence française décline de même que l’Algérie dont les investissements se sont considérablement taris. « Nous, on fait des choses mais on ne le dit pas », nuance un haut responsable algérien. « Ce n’est pas l’argent qui prime. On en a moins que d’autres, rétorquent les stratèges de Rabat. Le Maroc est revenu dans l’UA avec une vision pragmatique, celle d’une Afrique décomplexée qui ne s’enferme pas dans l’idéologie nuisible au développement. »
Le Maroc « plus à l’ouest que d’autres pays de la Cédéao »
Au-delà du « soft power », en coulisses, les diplomates du roi n’ont pas hésité à mettre la pression pour parvenir à leurs fins. C’est ainsi que pour s’assurer de son entrée au CPS, le Maroc a, par exemple, déposé une candidature pour un siège au conseil de sécurité de l’ONU convoité par la Tunisie. Cette dernière était également en lice, de même que l’Algérie, pour le siège nord-africain qui se libérait en ce mois de janvier. Le Maroc voulait ce face-à-face avec l’Algérie. La Tunisie, sous pression du Maroc, a fini par retirer sa candidature au CPS pour privilégier l’ONU.
« Nous avons identifié les pays candidats à des postes dans les institutions internationales et on les a challengés », dit un diplomate marocain. Avant de réintégrer l’UA, le Maroc avait également usé de ses relais notamment en Afrique de l’Ouest qui militait en interne pour son compte. Lors de la course à la présidence de la Commission de l’UA, il y a tout juste un an, la candidature du Sénégalais Abdoulaye Bathily, a d’ailleurs été considérée comme trop « pro-marocaine ». L’ancien ministre a échoué face au Tchadien, Moussa Faki Mahamat, qui s’est révélé à la dernière minute avec l’appui remarqué de l’Algérie.
L’Afrique de l’Ouest, Rabat la pense acquise à sa cause. Au point de se revendiquer ouest-africain et de solliciter l’intégration de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Ce qui, là encore, irrite. « Quand je regarde une carte, je vois que le Maroc est plus à l’ouest que d’autres pays de la Cédéao », dit sans sourciller le chef de la diplomatie marocaine. Pour tenter d’infléchir la position du Nigeria, la véritable puissance ouest-africaine et allié traditionnel de l’Algérie, le Maroc met en avant son méga projet de gazoduc censé relier le delta du Niger, miné par les groupes armés, à Rabat en traversant douze pays. L’Algérie, elle, vante sa grande route transsaharienne, d’Alger à Lagos. Deux projets incertains malgré l’assurance des diplomates des deux pays.
Rapprochement avec l’Afrique du Sud
Ces tensions entre l’Algérie et le Maroc polluent l’UA, confrontée à des défis bien plus importants, et renforcent le clivage entre deux axes, deux philosophies. D’un côté, les pays inconditionnellement attachés à un panafricanisme nourri aux luttes de libération, portés par l’Algérie et la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), mais qui fascinerait de moins en moins les jeunes, 60 % de la population du continent. De l’autre, des « pragmatiques », qui pensent l’Afrique en chiffres et en développement économique, en création d’emplois et d’infrastructures, et qui se retrouvent au Forum de Davos.
Cet axe en constitution se dessine quelque part entre Rabat et Kigali, capitale d’un petit pays à la grande influence. Le président rwandais Paul Kagamé et Mohammed VI partagent les mêmes vues. Le premier, devenu président de l’UA qu’il entend réformer, a ouvert au second les portes de certains palais présidentiels d’Afrique de l’Est. Après une visite au Rwanda en octobre 2016, la première dans la région, le roi a continué vers l’Ethiopie et la Tanzanie. « Lorsque nous sommes arrivés à Kigali, seuls vingt-huit pays étaient en faveur du retour du Maroc dans l’UA. Finalement, quarante-deux ont voté pour nous, assure le ministre Nasser Bourita. La présidence Kagamé est une bonne chose, ça va faire bouger l’UA. ».
Comme pour tenter de fissurer encore un peu plus les alliances historiques entre les poids lourds de l’UA, le Maroc vient d’entamer un rapprochement avec l’Afrique du Sud. En novembre 2017, lors du sommet Union Européenne - Union Africaine à Abidjan, le roi du Maroc s’est entretenu en tête à tête avec Jacob Zuma, allié indéfectible d’Alger qui avait été en première ligne dans la lutte contre l’apartheid. Les diplomates marocains s’activent depuis près d’un an, envoient émissaires et ministres à Pretoria. « Zuma a compris que l’idéologie des années 1980 n’était plus d’actualité. Il est ouvert au Maroc », confie un conseiller du président Zuma. Les Marocains misent déjà sur le probable successeur de M. Zuma : le nouveau président du Congrès national africain (ANC), Cyril Ramaphosa, un homme d’affaires. Le genre de profil prisé de la nouvelle génération de chefs d’Etat « pragmatiques ».

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                A Addis-Abeba, le siège de l’Union africaine espionné par Pékin



A Addis-Abeba, les frères ennemis cohabitent désormais au sein de l’institution panafricaine, dans un climat tendu. « La haine passera », tempère un officiel marocain. « Il n’y a pas de problème », assure-t-on côté algérien. Mais nul ne sait plus vraiment pourquoi la frontière reste fermée, depuis vingt-quatre ans.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Selon nos informations, le parquet de Paris a rouvert une enquête pour des faits datant de 2009, que le ministre des comptes publics conteste catégoriquement.
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Edouard Philippe maintient sa confiance à Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol

Selon nos informations, le parquet de Paris a rouvert une enquête pour des faits datant de 2009, que le ministre des comptes publics conteste catégoriquement.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 15h16
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28.01.2018 à 16h12
   





                        



   


Gérald Darmanin, ministre des comptes publics, visé par une plainte pour viol, conserve « toute la confiance » d’Edouard Philippe, a assuré samedi 27 janvier Matignon dans un communiqué envoyé à plusieurs médias.
« La justice est à nouveau saisie et elle doit pouvoir travailler en toute indépendance. Le premier ministre tient à rappeler d’une part que les règles fixant l’appartenance au gouvernement sont connues et d’autre part que M. Darmanin a toute sa confiance. »
Selon des informations du Monde, le parquet de Paris a rouvert une enquête sur une accusation de viol visant Gérald Darmanin pour des faits datant de 2009, faits que l’intéressé conteste catégoriquement. Cette décision fait suite à l’envoi en janvier d’un nouveau courrier par la plaignante, Sophie Spatz, qui accuse M. Darmanin de l’avoir violée alors qu’elle sollicitait de l’aide dans une affaire judiciaire.

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                Gérald Darmanin visé par une accusation de viol



Pas de démission exigée
« Dans la situation actuelle, Gérald Darmanin peut rester au gouvernement », a déclaré la ministre de la justice dans le cadre du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, rappelant que « les règles sur le maintien au gouvernement d’un ministre sont extrêmement claires ».
Nicole Belloubet a souligné que la mise en examen était « le seuil qui peut déclencher un départ. » « Tel n’est pas le cas aujourd’hui », a-t-elle dit. Interrogée sur les départs de Richard Ferrand ou de François Bayrou du gouvernement après leur mise en cause dans des affaires sans qu’ils aient été mis en examen, la garde des sceaux a contesté « un revirement de jurisprudence ».
Dès sa nomination à Matignon, le premier ministre Edouard Philippe avait fixé pour règle que tout ministre mis en examen devait démissionner « immédiatement », à l’exception d’une mise en examen pour diffamation, procédure « qui ne traduit pas autre chose qu’une automaticité ».
Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a relevé sur BFM TV que Gérald Darmanin « n’avait rien caché au premier ministre de cette affaire. » « Aujourd’hui, il y a la présomption d’innocence qui s’applique à lui comme à tout citoyen ».
Dans l’opposition, seule l’ancienne ministre de la famille et actuelle sénatrice socialiste Laurence Rossignol s’est montrée plus critique, jugeant l’affaire « embarrassante » pour le ministre mais aussi pour le gouvernement, qui a mis l’égalité hommes-femmes au « premier plan ».
« Intention de nuire »
Selon l’avocat du ministre, Mathias Chicheportich, ces accusations « ne traduisent qu’une intention de nuire ». En juin 2017, M. Darmanin, âgé aujourd’hui de 35 ans, avait déjà déposé une plainte en dénonciation calomnieuse dans cette affaire.
Ce que réfute Sophie Spatz, dont l’avocate, Me Elodie Tuaillon-Hibon, a réagi dimanche : « Mme Spatz et moi-même nous élevons avec la plus grande véhémence contre les supposées intentions qui lui sont prêtées a posteriori. Ces allégations sont dénuées de fondement matériel et elles violent également la logique chronologique du dossier. »
« Mme Spatz souhaite que les services enquêteurs puissent faire leur travail sereinement, que tous les témoins présents des 2009 soient entendus, ce afin que justice soit rendue », a-t-elle expliqué dans un bref courriel adressé à l’AFP.
Une enquête rouverte le 22 janvier
Le 15 janvier, c’est le ministre lui-même qui avait révélé avoir fait l’objet au printemps 2017 d’une enquête préliminaire à la suite d’une lettre l’accusant, selon lui, « d’abus de faiblesse, d’abus de pouvoir, voire de viol ». Cette enquête avait d’abord été close en juillet 2017, la plaignante n’ayant pas répondu aux convocations des enquêteurs qui souhaitaient l’entendre.
Mais, selon nos informations, Mme Spatz, âgée de 46 ans, a relancé les investigations en janvier en adressant un nouveau courrier au parquet de Paris. L’enquête, confiée à la police judiciaire, a été rouverte le 22 janvier et la plaignante a été entendue le 25.  
Interrogé en janvier sur sa réputation de « dragueur lourd », le ministre avait reconnu « avoir pu être léger », « avoir envoyé des SMS un peu lourds » et « avoir pris des vents ».
Dans le texte communiqué samedi à plusieurs médias, Matignon écrit que « M. Darmanin a été d’une totale transparence vis-à-vis des faits ». « Il a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et avait déjà répondu aux questions d’un autre quotidien français qui enquêtait sur les mêmes faits, rapporté au premier ministre l’accusation dont il faisait l’objet et avait révélé lui-même l’affaire sur Franceinfo et constaté que l’affaire avait été classée. »



                            


                        

                        


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Robert Habeck, la nouvelle figure de proue des Verts allemands

Le parti écologiste a élu pour la première fois deux représentants de l’aile « réaliste » à sa tête.



Le Monde
 |    28.01.2018 à 15h16
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28.01.2018 à 18h46
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                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Les Verts allemands ont célébré, samedi 27 janvier, un changement d’époque. Lors du congrès extraordinaire qui s’est tenu à Hanovre, ils ont élu pour la première fois deux représentants de l’aile dite « réaliste » à la tête de leur parti : Annalena Baerbock et Robert Habeck. C’est une césure dans la tradition du mouvement, qui exigeait jusqu’à présent que la direction bicéphale du parti incarnât les deux tendances (gauche/réaliste).
Annalena Baerbock est l’experte climat et Europe des Verts au Bundestag. Son discours de candidature, samedi, a été très acclamé. En temps de crise de l’Europe, les Verts, estime-t-elle « doivent entonner encore plus clairement la Neuvième Symphonie de Beethoven », l’hymne européen, a-t-elle lancé. Elle a plaidé pour une politique généreuse en faveur du regroupement familial des réfugiés. A 37 ans, elle devient numéro deux des Verts, aux côtés de la nouvelle grande figure charismatique du parti, Robert Habeck.
Des idées écologistes devenues consensuelles
Robert Habeck est un des nouveaux visages qui ont émergé sur la scène politique allemande après les élections de septembre 2017. Extrêmement populaire dans son parti, il est un de ceux à qui la presse promet un grand avenir. Depuis quelques semaines, les comparaisons flatteuses pleuvent sur l’élu de la région du Schleswig-Holstein, dans le nord de l’Allemagne, où il est né. « Le nouveau Joschka Fischer », en référence à l’ancien ministre des affaires étrangères issu des rangs écologistes, écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Les Verts ont fait de lui l’incarnation du renouveau d’un parti en panne d’inspiration.
Car depuis qu’Angela Merkel a décidé la fermeture définitive des centrales nucléaires allemandes, les Verts vivent un problème existentiel : ils sont devenus consensuels. Les idées écologistes sont largement partagées, jusque dans les rangs les plus conservateurs. Les Verts participent au niveau local aux gouvernements de neuf Länder. Réussite suprême, dans le riche Bade-Würtemberg, cœur de l’industrie automobile allemande, en dépit de la crise du diesel, c’est l’écologiste Winfried Kretschmann, qui dirige la région depuis 2011, dans une coalition avec les conservateurs.
Le grand espoir des Verts était de se ressourcer par l’exercice du pouvoir au plus haut niveau, au sein du gouvernement à Berlin. Mais l’échec de la coalition dite « Jamaïque » — alliance entre les conservateurs (représentés par le noir), le parti libéral FDP (jaune) et les écologistes (vert) — a sonné le glas de cette ambition. Au lieu de gouverner, les Verts sont aujourd’hui le plus petit parti représenté au Bundestag, après avoir obtenu 8,9 % des suffrages aux élections de septembre 2017. Ceux qui ont perdu tout espoir d’obtenir un poste ministériel, comme le vice-président du parti, Cem Özdemir, ont choisi de laisser la place à la nouvelle génération.
Ascension rapide au sein du parti
Robert Habeck, 48 ans, y a vu sa chance. Docteur en philosophie, auteur de livres pour enfants, il a fait une carrière politique rapide chez les écologistes. Quinze ans après avoir adhéré au parti, il en prend les commandes. La perspective de devenir la figure de proue d’un parti désorienté n’est pas pour lui déplaire : une photo récente, reprise par les grands quotidiens du pays, le montre à l’avant d’un bateau de pêche lancé à toute allure, cheveux au vent, le long des côtes de la mer du Nord.
Jouant à la perfection son rôle de ministre anticonventionnel de l’agriculture du Land du Schleswig-Holstein, il est l’incarnation glamour d’un parti écologiste aux affaires. C’est une coalition « Jamaïque » qui dirige actuellement la région. A Kiel, Robert Habeck est le numéro deux du gouvernement local.
Il est conscient de l’effet qu’il produit sur la presse et sur les jeunes militants écologistes. Contrairement aux anciens, ils ne craignent pas les figures d’autorité. Samedi 27 janvier, il a joué à plein de cet atout : il a mis sa candidature en jeu pour imposer la fin de la règle du non-cumul entre un mandat local et la direction du parti, une clause fondatrice des statuts. Certains élus ont froncé les sourcils. Mais Robert Habeck a remporté cette négociation haut la main. Il reste ministre en Schleswig-Holstein, et prend la tête du parti.
L’heure est au pragmatisme, et à la conquête de nouveaux électeurs. « Le problème des Verts est que leurs électeurs sont encore limités à certains milieux, dans les villes universitaires comme Fribourg et Tübingen et dans certains quartiers du centre de Berlin. S’ils veulent étendre leur influence, ils doivent s’adresser à d’autres groupes. C’est ce que Robert Habeck a en vue avec sa coalition Jamaïque dans le Schleswig-Holstein, » analyse Thomas Poguntke, professeur de sciences politiques à l’université de Düsseldorf. M. Habeck voit les Verts comme la future force d’ancrage au centre gauche de l’échiquier politique allemand.
« On reproche souvent aux Verts de passer leur temps à critiquer. Nous devons montrer que nous sommes passionnés et optimistes. Nous devons incarner le positif dans notre langue, notre programme et notre façon d’être, » explique Robert Habeck, dans les colonnes de Welt am Sonntag.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Affichant un « monolithisme idéologique » et un patriotisme sans faille, la RPDC résiste aux sanctions internationales. Mais l’ouverture progressive de son économie la rend plus vulnérable aux pressions extérieures.
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Corée du Nord : la cuirasse du régime à l’épreuve des sanctions

Affichant un « monolithisme idéologique » et un patriotisme sans faille, la RPDC résiste aux sanctions internationales. Mais l’ouverture progressive de son économie la rend plus vulnérable aux pressions extérieures.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h31
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 07h26
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            Philippe Pons (Tokyo, correspondant) et 
Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            
Quel est l’effet des sanctions décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies à la suite des essais balistiques et nucléaires nord-coréens lors de l’année 2017 ? Leur renforcement a-t-il conduit le dirigeant Kim Jong-un à plus de souplesse et à la reprise du dialogue avec la Corée du Sud à la faveur des Jeux olympique d’hiver de Pyeongchang (Corée du Sud), auxquels participeront des athlètes nord-coréens ? Soulignant dans son message du Nouvel An les progrès accomplis en matière nucléaire et balistique par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Jong-un avait annoncé au pays qu’il devait se préparer à affronter des « difficultés dans la vie quotidienne ».

Les sanctions ? « Cela fait des décennies que nous vivons avec », entend-on souvent à Pyongyang sur un ton mi-fataliste, mi-ironique. Les restrictions font partie du quotidien des Nord-Coréens, avec de fortes disparités dans la manière dont elles sont ressenties entre la capitale et la province, mais aussi entre ceux qui « nagent dans le courant » d’une économie plus dynamique qu’on le pense et la majorité de la population qui peine à joindre les deux bouts.
Une « nouvelle bourgeoisie rouge »
Pour l’instant, selon un résident étranger à Pyongyang, les sanctions se font peu sentir dans la vie quotidienne : le prix de l’essence augmente, mais les magasins sont fournis en marchandises importées, et les habitants vaquent normalement à leurs occupations. La RPDC n’est plus un pays aussi fermé sur lui-même que par le passé. Elle demeure une forteresse idéologique, mais l’évolution vers une économie de facto de marché, qui s’est accélérée depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, en 2011, a rendu le pays « plus dépendant de ses échanges extérieurs et donc plus vulnérable aux sanctions », estime Kim Byung-yeon, de l’université de Séoul, auteur d’Unveiling the North Korean Economy : Collapse and Transition (« L’économie nord-coréenne dévoilée :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Les écoles de commerce et d’ingénieurs recrutent une partie de leurs élèves après un bac + 2 à + 4. Une manière de diversifier les profils, y compris socialement, et de faire une place à ceux qui « ne sont pas faits pour étudier en classe préparatoire »
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Intégrer une grande école sans prépa grâce aux admissions parallèles

Les écoles de commerce et d’ingénieurs recrutent une partie de leurs élèves après un bac + 2 à + 4. Une manière de diversifier les profils, y compris socialement, et de faire une place à ceux qui « ne sont pas faits pour étudier en classe préparatoire »



Le Monde
 |    16.01.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
28.01.2018 à 16h23
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            Eric Nunès








                        


« C’est le meilleur choix de ma vie », assure Quentin Darmaillac. Après quatre mois passés en classe préparatoire aux grandes écoles de commerce, il a abandonné : « J’étais perdu », confesse-t-il. Doté d’un bac ES, Quentin se réoriente alors vers un institut universitaire de technologie (IUT), obtient son DUT de technique de commercialisation et intègre, après un concours en admissions parallèles, Kedge Business School, à Bordeaux. Aujourd’hui, le jeune homme, passionné de hand-ball, a un pied dans le management d’une des plus célèbres marques de sport au monde.
Selon les derniers chiffres de la Conférence des grandes écoles (CGE), environ 60 % des étudiants qui intègrent une école de management ou d’ingénieurs ne sont pas passés par une classe préparatoire. Jean-François Fiorina, directeur adjoint de Grenoble Ecole de management, reconnaît : « Les admissions parallèles apportent de la diversité, des talents qui se révèlent au fur et à mesure de la progression dans les études. »
Pourquoi faire le choix d’un parcours moins linéaire que la classique « voie royale » des prépas ? Parce que tout le monde, « même parmi les élèves les plus brillants scolairement, n’est pas fait pour étudier en classe préparatoire », souligne Chantal Dardelet, directrice du centre égalité des chances de l’Essec et animatrice du groupe ouverture sociale de la CGE. Multiplier les voies d’entrée possibles, c’est offrir des opportunités à des étudiants aux profils variés.
Un remède à « la consanguinité des profils »
Les admissions parallèles sont un remède à « la consanguinité des profils dans nos classes », assène Didier Degny, directeur des programmes de l’école d’ingénieurs Esiee : « Elles permettent d’ouvrir les grands établissements à d’autres jeunes que des fils de cadres dirigeants et d’enseignants. »
Alors que la classe préparatoire est considérée comme une clé d’insertion professionnelle par les familles aisées, « l’obtention d’un diplôme intermédiaire rassure beaucoup celles qui sont plus modestes », témoigne également Mme Dardelet. Car le corollaire d’un cursus long est le financement. Cinq années d’études, c’est la perspective d’« un retour sur investissement plus tardif », poursuit-elle. Une première étape, en deux ou trois ans, atténue la pression sur les épaules de l’étudiant et de sa famille, et lui permet de prendre conscience de ses capacités et des opportunités que lui ouvriront des études plus longues.
Ensuite, en ouvrant leurs portes au-delà des 40 000 places que fournissent les classes préparatoires, les grandes écoles augmentent le nombre d’étudiants susceptibles de suivre leurs formations et renforcent ainsi leur modèle économique. Elles répondent aussi à la demande des entreprises. Si la qualité des élèves issus des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) est unanimement reconnue, d’autres profils sont également attendus par un monde professionnel en perpétuel mouvement. « Les entreprises ont besoin de profils atypiques, celui de l’étudiant scolaire et brillant ne répond pas seul à leurs besoins », constate Nathalie Hector, directrice des programmes de Kedge Business School, qui recrutera, en 2018, 600 élèves de classes préparatoires et 760 étudiants en admissions parallèles, à l’issue d’un bac + 2, + 3 ou + 4.
Qualité de l’enseignement
Du brassage des compétences naît également la qualité de l’enseignement. Quentin Darmaillac, l’amateur de hand qui a goûté à la classe prépa avant de faire le choix d’un IUT, témoigne : « Lorsque les étudiants issus de différents horizons se retrouvent dans la même classe, on constate que ceux issus de classe préparatoire savent mieux structurer leur travail. Ils ont des facilités en mathématiques qu’ils peuvent transposer en comptabilité, en finance, en gestion budgétaire. Mais ceux issus d’un BTS ou d’un IUT ont déjà derrière eux de nombreux mois de stages en entreprise. Ils ont appris à travailler collectivement et comprennent mieux les rouages du collectif. Or, il faut du savoir, mais il faut aussi du savoir-être. »
Se confronter à des approches différentes est également un plus pour les étudiants. « La multiplicité des parcours de chacun entraîne des confrontations multiculturelles enrichissantes », observe Mme Hector. Un constat que partage Didier Degny au sein de son école d’ingénieurs : « Les élèves issus de classes préparatoires sont plus forts en science fondamentale, alors que les élèves en provenance d’IUT ont des connaissances techniques. Cela crée une dynamique pédagogique intéressante. »
Il demeure toutefois que toutes les grandes écoles n’ont pas la même exigence en matière de sélectivité. « Il faut que la promesse d’un accès privilégié à l’emploi soit conservée », rappelle M. Fiorina. A titre d’exemple, l’Essec a proposé 395 places aux élèves de prépa à la rentrée 2017, et un peu plus d’une cinquantaine à des étudiants français et internationaux, à travers les admissions sur titres. Pour la grande école francilienne, pas question de franchir la porte avec un BTS. Les candidats doivent être déjà titulaires d’une équivalence bac + 4 pour intégrer l’école en master 1 (bac + 4 également). Triés sur le volet, ils doivent convaincre l’école de la pertinence de leur projet de management, quelle que soit leur provenance ou leur formation initiale : économie-gestion, sciences, sciences humaines, pharmacie… C’est ce mélange d’étudiants aux parcours et aux compétences multiples qui doit produire l’alchimie de l’excellence.
HEC, aux tout premiers rangs mondiaux des « business schools » selon les classements internationaux, demeure, elle aussi, surtout fidèle aux classes préparatoires. « C’est grâce à ce concours que nous avons créé la qualité d’HEC », souligne Julien Manteau, directeur de la stratégie et du développement : « Nous sommes toujours impressionnés par les élèves que nous recrutons à travers les classes préparatoires ; leurs qualités d’analyse, de synthèse, de conceptualisation sont bluffantes. »
A l’exception de passerelles ouvertes pour quelques dizaines d’élèves par des partenariats avec Sciences Po, Paris-I en droit et quelques écoles d’ingénieurs, la voie royale des prépas constitue la meilleure chance pour un étudiant français d’intégrer cette grande école. « Mais il existe d’autres écoles et des bonnes, insiste Quentin Darmaillac, et pour les rejoindre, il ne faut pas hésiter à choisir les admissions parallèles. »

Tout savoir sur les admissions parallèles pour intégrer une grande école à bac + 2, + 3 ou + 4
Toutes les grandes écoles de commerce et d’ingénieurs recrutent-elles en admissions parallèles ? Celles-ci sont-elles un plus sûr moyen qu’une classe prépa d’accéder à de telles études ? Les admis sur titres s’intègrent-ils facilement dans les établissements puis sur le marché du travail ? Voici nos principaux articles parus sur ce thème :

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        Décryptage :
         

          De l’université vers les grandes écoles, une voie royale négligée




        Zoom :
         

          Les grandes écoles les plus prestigieuses recrutent peu hors des prépas




        Compte-rendu :
         

          Ecoles de commerce : « Si on veut être PDG du CAC 40, mieux vaut faire une prépa »




        Enquête :
         

          Dans les grandes écoles, « prépa » et « admis sur titres », camarades et rivaux




        Témoignages :
         

          Ils ont intégré Polytechnique, Normale Sup et HEC par une voie détournée




        Témoignage :
         

          O21. « Après un bac techno et un BTS, j’ai travaillé d’arrache pied pour entrer à l’EM Lyon »




        Témoignage :
         

          « Mon BTS m’a permis d’intégrer une école de commerce »



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