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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).
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Rentrée de la BD : la sélection des meilleurs albums

Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h01
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 14h36
    |

            Frédéric Potet, 
                                Anne Favalier, 
Pauline Croquet et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« Journal d’Italie, tome 2. Hong Kong, Osaka »
de David B., Delcourt, « Shampooing », 144 p., 15,50 €.
« Etre un passant et manger le monde pour le dessiner ensuite. » Dans le premier tome de son Journal d’Italie (Delcourt, 2010), ­David B. dessinait les rêveries ésotériques inspirées de ses flâneries dans Trieste, Venise, Parme ou Bologne. L’auteur de L’Ascension du Haut Mal (L’Association, 1996-2003) pousse ses promenades occultes jusqu’à Hongkong et Osaka. Les canyons de béton de l’ancienne colonie britannique, les galeries commerciales du port japonais lui suggèrent des histoires horrifiques et merveilleuses de triades et de fantômes, de tengus et de yokaïs. Une ode somptueuse à l’errance et au monde des esprits, nourrie de mythes asiatiques, d’estampes japonaises, de récits et de rêves. An. F.

« Des chauves-souris, des singes et des hommes »
de Barroux (dessin) et Paule Constant, Gallimard, « Bande dessinée », 80 p., 18 € (en librairie le 2 février).
Un « thriller médical », c’est ainsi que Paule Constant décrit son roman Des chauves-souris, des singes et des hommes (Gallimard, 2016), qui raconte le début de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, en 2014. Barroux, illustrateur de livres pour enfants, a découpé ce récit pour y accoler ses dessins naïfs, en renouvelant la lecture. Les couleurs vibrantes – jaune, bleu, vert des journées africaines, ocre et rouge profonds de la nuit, grisaille de l’Europe où s’achève l’histoire – rythment le voyage meurtrier du virus, d’un village isolé de Guinée, en lisière de forêt, jusqu’à la ville au bord de la rivière, et au monde. Un conte terrible et magnifique. An. F.

« Bouncer, tome 10. L’or maudit »
de Boucq, Glénat, 80 p., 18 €.
Le cow-boy manchot, dit le Bouncer, est de retour. Il doit cette fois retrouver une enfant kidnappée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 31)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 07h03
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.
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Sélection livre : les musiques de l’Algérie par le chanteur Taoufik Bestandji

Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h32
    |

                            Patrick Labesse








                        


S’il existe des publications sur les musiques de l’Algérie, un livre faisant le tour de la question restait à écrire. Le musicien et chanteur algérien Taoufik Bestandji, installé en France depuis plus de vingt-cinq ans, spécialiste du malouf, la musique arabo-andalouse de Constantine, sa ville natale, s’est mis au travail. Conçu à partir de ses notices de disques, augmentées et organisées dans un ordre raisonné, cet ouvrage ne prétend pas à l’exhaustivité. Des composantes contemporaines n’y sont pas abordées, telles que les musiques actuelles sous influences occidentales (pop-rock, reggae, jazz, hip-hop, électro…). Ce petit livre n’en reste pas moins utile pour découvrir la richesse musicale de l’Algérie.
« La musique rurbaine »
L’auteur y aborde ce qu’il nomme « le fait musical berbère » aussi bien que la musique des Touareg, les musiques et danses des Berbères-Chaouia du massif de l’Aurès comme celles du grand Sahara (« mixage de l’élément arabe, notamment hilalien, et de l’élément africain »), avant de s’arrêter sur « la musique rurbaine », celle « qui intègre et reflète les phénomènes d’acculturation liés notamment à l’installation de populations allogènes à la périphérie des grandes villes ». Toute musique dite asri (littéralement, « moderne ») relève selon lui de cette catégorie, notamment le raï dans les années 1990. En faisant allusion à la musique des communautés non musulmanes, Taoufik Bestandji insiste aussi sur le rôle essentiel qu’ont joué les juifs dans la musique des cités algériennes.
Reposant sur le concept de noubas, des suites vocales et instrumentales, l’arabo-andalou, né dans l’Andalousie musulmane a donné naissance à des genres annexes tels le hawzi, le mahjouz et le chaâbi, « le genre musical le plus populaire d’Alger et de ses environs ». Taoufik Bestandji consacre encore de longs passages au malouf, l’arabo-andalou de Constantine. Arrière-petit-fils de Cheikh Abdelkrim Bestandji, qui enseigna cet art à Raymond Leyris (le futur Cheikh Raymond, tué par balle le 22 juin 1961), il est lui-même reconnu comme un des maîtres du malouf.

   


L’Algérie en musique, de Taoufik Bestandji, L’Harmattan, 123 p., 14,50 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ L’édition 2018 du Festival d’Angoulême met à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.
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BD : manga, la French connection

L’édition 2018 du Festival d’Angoulême met à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 06h39
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

Jamais Angoulême n’a autant révéré le manga. Si le Festival international de la bande dessinée (FIBD) a, par le passé, rendu hommage à quelques grands maîtres du genre ou même récompensé le génial Katsuhiro Otomo (Akira) en lui attribuant un Grand Prix en 2015, l’édition 2018 de la manifestation, qui se tient jusqu’au dimanche 28 janvier, affiche une programmation d’une ambition sans précédent à l’égard du 9e art nippon, avec des expositions consacrées au « dieu du manga », Osamu Tezuka (Astro Boy), à Naoki Urasawa (Le Monde du 26 janvier) ou à la série à succès Fairy Tail.


Un choix artistique qui accompagne une véritable tendance de fond et qui fait de la France le deuxième marché du manga derrière le Japon. En témoignent des chiffres 2017 qualifiés d’« exceptionnels », « peut-être même record », par de nombreux acteurs de ce secteur en pleine effervescence. Il s’est vendu 15 millions de BD japonaises l’an dernier dans l’Hexagone, pour un chiffre d’affaires global de plus de 115 millions d’euros et une progression des volumes de ventes, pour la troisième année consécutive, de 9,8 %. Sur les cinquante albums de bande dessinée les plus vendus en 2017 dans le pays, dix-huit sont des mangas.

D’abord publié de façon sporadique dans des fanzines et des magazines spécialisés, le manga fait son apparition en France au début des années 1990 avec Akira, le chef-d’œuvre SF de Katsuhiro Otomo, qui offre à la BD japonaise son premier rayonnement en Occident. La télévision, à travers la diffusion de dessins animés japonais comme Cobra, Dragon Ball ou Nicky Larson, a continué d’aiguiser l’appétit des lecteurs français. Le genre ne cessera de s’enraciner jusqu’à représenter un tiers des BD éditées sur le territoire aujourd’hui.

L’audience du manga s’étend actuellement bien au-delà de la sphère jeunesse et adolescente....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.
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Manga : de Paris à Tokyo, l’art de l’acclimatation

Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h19
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

L’année 2018 sera-t-elle celle de la création originale de mangas ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs éditeurs français, qui espèrent faire prospérer les talents qu’ils ont dénichés. Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences : les maisons françaises négocient avec les ayants droit japonais l’exploitation des séries sur leur territoire. De plus en plus, cependant, certaines essaient de passer outre ce système en éditant leurs propres artistes et séries.

C’est notamment le cas de l’éditeur Ki-oon qui, dès son lancement, en 2004, a parié sur des auteurs de manga non publiés au Japon et collabore directement avec une dizaine d’auteurs nippons. « Une partie des auteurs japonais ne collent pas à 100 % aux goûts locaux, mais ils peuvent intéresser un lectorat européen. Le premier mangaka indépendant que l’on a recruté est Tetsuya Tsutsui, avec Duds Hunt. Il avait été rejeté par les éditeurs japonais, notamment parce que le héros de son histoire était le méchant », explique ­Ahmed Agne, le fondateur de Ki-oon. Le pari s’est avéré fructueux : une dizaine d’années plus tard, et de façon inédite, Shueisha, une prestigieuse maison d’édition japonaise, approchera Ki-oon pour obtenir les droits d’exploitation de Prophecy, une autre série de Tetsuya Tsutsui.

Mais c’est aussi du côté des auteurs français de manga que les éditeurs cherchent désormais. Une vague de mangakas nationauxa commencé à émerger, certes difficilement, dans les années 2000, qui prend actuellement de l’ampleur. Reno Lemaire a été le premier à s’illustrer avec Dreamland (paru en 2006 chez Pika Edition), ­récit fantastique d’un adolescent montpelliérain qui rejoint le monde des rêves à la nuit tombée.
Le public ne considère plus systématiquement qu’un bon manga doive impérativement venir du Japon
Aujourd’hui, alors que le public ne considère plus systématiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ Alors qu’une exposition est consacrée à Titeuf, cette année à Angoulême, le dessinateur suisse a ouvert au « Monde » les portes de son antre secret.
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La fabrique de 
Titeuf


        




Zep n’a jamais quitté le canton de Genève où il est né, il y a cinquante ans. Après avoir longtemps dominé la cour de récréation d’une école de la commune de Carouge, son atelier occupe désormais le dernier étage d’une grande demeure située au bord du Rhône. C’est là, dans ce vaste grenier aux poutres apparentes, éclairé par les rais du soleil traversant les vasistas, que le dessinateur conçoit et réalise les histoires de Titeuf. Zep a développé un artisanat « mixte » qui mêle techniques traditionnelles (feutre, aquarelle…) et procédés numériques (tablette graphique, scans…). Si le milieu de la bande dessinée grouille d’incorrigibles retardataires, le Suisse a la réputation de toujours livrer ses planches à l’heure. « Ça doit être dans mes gènes. Même quand j’ai l’impression d’être en retard, je termine toujours à la date fixée », confie-t-il. Zep nous a ouvert la porte de son repaire.
Ce reportage photographique est à retrouver dans les pages du hors-série du Monde « Titeuf, 25 ans et toutes ses dents » (122 pages, 8,50 €), publié à l’occasion de l’exposition qui est consacrée au personnage fétiche de Zep au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.
Photos d’Arantxa Cedillo














L’idée
Toute histoire de Titeuf commence sur des petits carnets que Zep emporte partout avec lui, notamment quand il est en voyage. Comme de nombreux auteurs de bande dessinée, il « écrit et dessine en même temps », au gré d’une technique narrative éprouvée. Le rendu « est hyper rudimentaire mais j’ai besoin, dès le départ, de représenter des attitudes et des expressions », confie-t-il. Sortis d’une pointe de stylo en mode « patte de mouche », saynètes et dialogues sont illisibles pour le quidam : « Je ne veux pas qu’on puisse lire par-dessus mon épaule quand je suis dans le train. » Environ 40 % de ce qui est couché dans ces carnets ne sera jamais utilisé par la suite.





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Le story-board
Longtemps réalisé sur papier, aujourd’hui sur palette graphique, le story-board permet de mettre en place les personnages, les décors, les phylactères, et plus généralement la mise en scène. Zep envoie ensuite ce brouillon à son éditeur et agent, Jean-Claude Camano, afin d’obtenir son avis. « Cette phase permet de vérifier si un gag marche ou pas. Il arrive parfois qu’une idée que je trouve très drôle dans mon carnet au départ ne fonctionne pas du tout au stade du story-board », explique le dessinateur.





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Le crayonné
Zep réalise ensuite le crayonné de la future planche. Il le fait aux mêmes dimensions que la page de l’album imprimé, afin de voir ce qui sera lisible aux yeux du lecteur. Autrefois réalisé sur papier et à la mine de plomb, ce crayonné est exécuté désormais avec un stylet sur une palette numérique. « L’avantage est qu’on peut recommencer à l’infini sans avoir à gommer et risquer de trouer ses pages à force de passer et repasser la gomme », dit-il amusé.





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L’encrage
Afin de pouvoir ajouter davantage de détails, Zep a agrandi son crayonné, soit à la photocopieuse (quand il travaille sur papier), soit à l’ordinateur (quand il travaille sur palette). Placé sur une table lumineuse, le crayonné va alors lui servir d’indication pour l’encrage définitif, réalisé sur une nouvelle feuille grâce aux effets de transparence. Le dessinateur utilise depuis toujours les mêmes feutres à pointe fine, qui ont la particularité de résister à l’eau et à la lumière.





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La colorisation
S’il a adopté un logiciel aux teintes innombrables, Zep continue de coloriser certaines planches de ses albums – deux ou trois en moyenne – à l’ancienne, c’est-à-dire à l’aquarelle liquide de marque Ecoline, bien connue des étudiants aux Beaux-Arts. Il ne travaille qu’avec trois couleurs primaires : le jaune citron, le magenta et le bleu céleste cyan. Un quatrième flacon a toutefois rejoint sa palette : le violet outremer, « afin de colorier directement le tee-shirt de Titeuf ».





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Le chemin de fer
Ses pages terminées, ou quasi, Zep les dispose au sol, dans son atelier, afin de réaliser le « chemin de fer » de son album. « Le but est de voir si les gags s’enchaînent bien, s’il ne manque rien pour le lecteur qui les découvrira les uns à la suite des autres », explique-t-il. Réalisée conjointement et à distance avec Jean-Claude Camano, l’opération peut conduire à la disparition pure et simple de certaines pages. Et à l’ajout de nouvelles. La première planche du dernier album (A fond le slip !), dans laquelle sont remis en scène plusieurs personnages secondaires de la série (les filles, les parents, la maîtresse…), a par exemple été refaite quinze fois.





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La pause guitare
Dans son atelier, quand il ne dessine pas, Zep joue de la guitare, son autre passion. Membre de plusieurs groupes de rock en Suisse (Zep’n’Greg, Blük Blük, Alice in Kernerland), ce fan inconditionnel de Bob Dylan a composé une chanson pour Johnny Hallyday que celui-ci a chanté dans l’adaptation de Titeuf au cinéma, et a illustré les pochettes de disque de plusieurs chanteurs, comme Bill Deraime, Henri Dès ou Jean-Jacques Goldman, avec qui il a partagé un morceau sur scène, lors d’un concert.





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 Texte
Jean-Philippe Rémy
 
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Les deux scénaristes et dessinateurs nous proposent deux strips pour illustrer le 45e festival angoumoisin.
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Angoulême de jour, Angoulême de nuit, par Ruppert et Mulot

Les deux scénaristes et dessinateurs nous proposent deux strips pour illustrer le 45e festival angoumoisin.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 12h04
   





                        



   



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Nous publions ce vendredi le dernier strip de cette série signée Winshluss.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 25/01/2018
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Le dernier homme sur Terre (s’appelle Patrick), par Winshluss (épisode 49)

Nous publions ce vendredi le dernier strip de cette série signée Winshluss.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 07h15
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ Le monde des pixels s’est souvent inspiré des codes et du savoir-faire de l’animation. Rétrospective en dix dates marquantes.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

De « Donkey Kong » à « Dragon Ball FighterZ », quand les jeux vidéo imitent les dessins animés

Le monde des pixels s’est souvent inspiré des codes et du savoir-faire de l’animation. Rétrospective en dix dates marquantes.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 13h33
    |

            William Audureau








                        



   


Le mur entre jeu vidéo et animation ne penche plus, il tombe. Avec la sortie de Dragon Ball FighterZ sur consoles et PC vendredi 26 janvier, spectaculaire adaptation de l’animé culte de la Toei, le monde de la manette se rapproche encore un peu plus d’un des univers qui l’a le plus influencé, bien plus encore que le cinéma : le dessin animé.
« Donkey Kong »
(Nintendo, 1981, arcade)

Un an après Pac-Man, Nintendo lance le premier personnage de jeu vidéo humain reconnaissable et entièrement animé, Mario. Le jeu devait initialement mettre en scène Popeye : dès le départ, les dessins animés étaient sa référence. Son papa, Shigeru Miyamoto, est lui-même un passionné de manga et dessinateur de flipbooks, une expertise qui lui a bien servi pour imaginer son héros charpentier. Popeye sera finalement adapté en 1982. Deux ans plus tard, Nintendo débauchera Hiroshi Ikeda et Yoichi Kotabe, deux vétérans de la Toei, pour l’épauler.
« Dragon’s Lair »
(Cinematronics, 1983, arcade)

Cette fois, le jeu vidéo se fait littéralement dessin animé (interactif), avec Dragon’s Lair, supervisé par un ancien artiste de Disney, Don Bluth. Ce dernier est rien moins que le réalisateur de Peter et Elliott le dragon (1977) et le dessinateur des personnages de Robin des bois (1973). Il accouche d’une aventure envoutante visuellement mais élitiste manette en main : chaque séquence animée comporte un piège préenregistré, et se finit par une mort abrute si le joueur ne réagit pas au bon moment.
« Street Fighter II »
(Capcom, 1991, arcade)

Le célèbre jeu de combat de Capcom ne se contente pas de codifier un genre : avec ses personnages gigantesques pour l’époque, leurs innombrables coups découpés plan par plan, et des réglages subtils concernant les moments où un combattant est vulnérable, il fait de l’animation l’élément-clé de l’action et le nerf de la guerre. Par la suite, les jeux de combat en 2D se démarqueront par leur impressionnante sophistication en la matière, voire leurs animations fastueuses, de Vampire Savior en 1996 à Skullgirls en 2012 en passant par Guilty Gear en 1998.
« Aladdin »
(Virgin Interactive, 1993, Mega Drive)

En plein âge d’or de la plateforme, l’animation des jeux en temps réel fait un bond de géant. L’adaptation d’Aladdin sur Mega Drive marque la première collaboration étroite entre Disney, alors en pleine renaissance, et un développeur occidental, Virgin Interactive. En dépit de la concurrence foisonnante, il s’impose immédiatement comme une nouvelle référence grâce au naturel, à la fluidité et à la précision de la gestuelle du héros. Son programmeur, l’irlandais Dave Perry, enchaînera avec le délirant Earthworm Jim.
« Rayman »
(Ubisoft, 1995, PlayStation/Jaguar/PC)

Alors que le format CD libère les artistes des contraintes des consoles à cartouches, le jeu de plateforme français Rayman marque la rencontre féconde entre des bidouilleurs touche-à-tout, comme Michel Ancel, et de nombreux animateurs talentueux. Parmi eux, David Gilson, futur animateur sur le Tarzan de Disney (1999) ; Christian Volckman, récompensé en 1999 pour le court-métrage Maaz et réalisateur en 2006 de Renaissance ; et Kamal Aitmihoub, animateur sur l’adaptation du Chat du rabbin (2011).
« Toonstruck  »
(Virgin Interactive, 1996, PC)

Dans le mélange des genres, Toonstruck va très loin. Ce jeu d’aventure en point & click à la mode des LucasArts s’inspire du film Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, en mêlant acteur en prise réelle – ici Christopher Lloyd de Retour vers le futur – et dessin animé. Le tout... dans un jeu vidéo. Pour cela, il recourt à une technique baptisée FMV (pour full-motion video), des séquences vidéo préénregistrées, mêlées à des décors et personnages dessinés à la main. Unique, encore aujourd’hui.
« The Legend of Zelda : Wind Waker »
(Nintendo, 2003, GameCube)

Avec ses formes polygonales et ses reliefs, la 3D semble avoir sonné le glas des jeux vidéo « façon dessin animé », au profit d’inspirations cinématographiques. C’était sans compter le cell-shading, une technique de programmation permettant de donner à ses personnages des contours et des ombrages plats, façon bédé. Intronisée en 2000 avec Jet Set Radio, elle est réappropriée par Nintendo pour The Legend of Zelda : Wind Waker, jeu d’aventure à l’esthétique directement inspirée du prestigieux studio Ghibli (Porco Rosso, Le voyage de Chihiro). Une oeuvre à rapprocher de Ni no kuni, jeu de rôle de 2010 coréalisé par... le studio Ghibli lui-même.
« Soldats inconnus »
(Ubisoft, 2014, PS3/Xbox 360/PC)

Plus proche de C’était la guerre des tranchées de Tardi que du jeu hollywoodien Call of Duty, le jeu de guerre développé par Ubisoft Montpellier marque les esprits pour sa grâce et son originalité. Grâce à l’UbiArt Framework, un outil permettant d’intégrer directement des dessins réalisés sur tablette dans un jeu, il met en valeur le coup de crayon de Paul Tumelaire et de son équipe de dessinateurs, comme l’auteur italien de bédé Luca Erbetta.
« Cuphead »
(Studio MHDR, 2017, PC/Xbox One)

Grand animateur de l’actualité de l’année 2017, Cuphead est une déclaration d’amour évidente et assumée à l’âge d’or américain de l’animation, entre 1928 et 1937, de Steamboat Willie à Felix the Cat. Il est à ce jour le plus impressionnant hommage rendu par un jeu vidéo à cette période, et, possiblement, le plus beau jeu vidéo jamais réalisé en termes d’animation.
« Dragon Ball FighterZ »
(Bandai Namco, 2018, PlayStation 4/PC/Xbox One)

Dragon Ball FighterZ, ou la réunion du meilleur de tous les mondes. Réalisé en cell shading pour l’effet 2D, découpé plan par plan avec la minutie et le dynamisme qui caractérise les jeux de combat en vue de coupe, il est l’adaptation directe d’un dessin animé japonais culte, auquel il emprunte la mise en scène, les voix originales et nombre de séquences entières.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ L’Américaine, écrivaine prolifique et primée à de nombreuses reprises, est décédée le 22 janvier à l’âge de 88 ans.
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L’auteure de science-fiction Ursula K. Le Guin est morte

L’Américaine, écrivaine prolifique et primée à de nombreuses reprises, est décédée le 22 janvier à l’âge de 88 ans.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h31
    |

Xavier Mauméjean (écrivain)







                        



                                


                            

L’auteure de science-fiction, Ursula Kroeber Le Guin, qui s’est éteinte le 22 janvier à Portland (Oregon), à l’âge de 88 ans, a été élevée dans un riche environnement intellectuel, entourée de ses parents Alfred et Theodora Kroeber, anthropologues spécialisés dans les cultures amérindiennes et militants actifs pour la reconnaissance de leurs droits.
Née le 21 octobre 1929 à Berkeley, en Californie, elle effectue ses études à la Berkeley High School, puis au Radcliffe College, où elle approfondit sa passion des écrivains français et italiens de la Renaissance, avant d’obtenir, en 1952, un doctorat en littérature à l’université de Columbia, pour une thèse consacrée à l’idée de la mort chez Ronsard. L’année suivante, lors d’un séjour universitaire à Paris, elle épouse Charles Alfred Le Guin, étudiant américain en histoire. Tandis que son mari poursuit ses études, Ursula Le Guin travaille comme secrétaire ou enseigne le français. Le couple a deux filles, Elizabeth née en 1957 et Caroline deux ans après. La famille multiplie les déménagements, Ursula Le Guin écrit poèmes et romans qui demeurent pour la plupart inédits.
Des prix prestigieux
Au début des années 1960, l’auteure soumet des nouvelles à la revue Fantastic Stories of Imagination que dirige Cele Goldsmith, authentique découvreuse de talents. L’éditrice la publie. Les deux femmes – figures isolées dans la science-fiction de l’époque, largement masculine – deviendront amies. En 1964, année de naissance de son troisième enfant, Theodore, Ursula Le Guin se lance dans l’écriture de ses premiers romans de science-fiction. Paraissent en 1966 et 1967 Le Monde de Rocannon (Livre de Poche, 2003) et Planète d’exil (Livre de Poche, 2003), volumes fondateurs du « Cycle de l’Ekumen », qui privilégie une approche éthique et ethnologique du Planet Opera.
Suit en 1968 Le Sorcier de Terremer (Livre de poche 2008), volume initial de la trilogie « Terremer »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ Trente ans après sa mort, son influence sur le secteur du manga reste considérable. Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême lui rend hommage à travers une rétrospective inédite.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Le travail extrêmement précis du mangaka est exposé au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.
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BD : Naoki Urasawa, le cinéaste de papier

Le travail extrêmement précis du mangaka est exposé au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 08h12
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h20
    |

            Frédéric Potet (Angoulême (Charente)








                        



                                


                            
A l’âge de 8 ans, Naoki Urasawa a vu deux films à la télévision ­japonaise qui ont irrémédiablement impressionné sa rétine : Le Salaire de la peur (1953), d’Henri-Georges Clouzot, et Le Trou (1960), de Jacques ­Becker. Le mangaka n’avait pas revu ce dernier lorsque, avant de faire ses valises pour Angoulême, il a eu envie de revisionner ce récit de l’évasion d’un groupe de détenus de la prison de la Santé. François Truffaut avait qualifié de chef-d’œuvre ce huis clos carcéral alliant intensité dramatique et puissance documentaire. « Je crois que la dramaturgie et la narration que j’utilise dans mes livres viennent de là. Ma mémoire a gardé un souvenir très vif de ce film, que je m’étonne d’ailleurs d’avoir vu et compris alors que j’étais si jeune », confie le dessinateur de 58 ans, à la veille du 45e Festival international de la bande dessinée (FIBD) ­d’Angoulême (25- 28 janvier), où une rétrospective lui est consacrée.

On s’attendait plutôt à ce que le créateur de 20th Century Boys, Monster et Pluto (trois de ses principales séries à succès) cite Alfred Hitchcock ou Akira Kurosawa, tant les références et les clins d’œil à ces deux géants du 7e art abondent dans ses histoires. Urasawa n’en fait que vaguement mention, préférant évoquer Jacques Tati et confirmer son inclination pour les rôles secondaires auxquels il confère des psychologies étudiées et des fonctions assez peu subalternes.
Riche en originaux (450 au total), l’exposition charentaise montre notamment des esquisses et des story-boards du ­mangaka : les visages des personnages y sont dotés d’expressions très précises, malgré la dimension préparatoire de ces phases de travail. Là est, sans doute, la plus grande force d’Urasawa, de figurer par le dessin une panoplie très vaste de sentiments qu’il est plus facile de représenter à l’écran que par le trait, comme le doute ou l’introspection qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Avec « Ceux d’ici », l’écrivain signe le premier roman significatif sur les Etats-Unis de Trump. Il l’a pourtant terminé quelques mois avant l’élection…
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La grande rancœur américaine de Jonathan Dee

Avec « Ceux d’ici », l’écrivain signe le premier roman significatif sur les Etats-Unis de Trump. Il l’a pourtant terminé quelques mois avant l’élection…



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Ceux d’ici (The Locals), de Jonathan Dee, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Elisabeth Peellaert, Plon, « Feux croisés », 416 p., 21,90 €.

N’était son aboutissement formel, on pourrait jurer que Ceux d’ici a été écrit à toute allure, après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine – le roman de ­Jonathan Dee est paru aux Etats-Unis en août 2017. On l’imagine, en tout cas, en lisant cette histoire d’une petite ville du Massachusetts où un milliardaire new-yorkais s’installe après le 11-Septembre ; il en devient bientôt le maire, supprimant les impôts, payant de sa poche les feux de circulation à réparer et les caméras de surveillance qu’il fait installer partout, passant par-dessus les processus démocratiques locaux, trop lents, pas assez efficaces…
Difficile de ne pas voir d’échos avec le 45e président des Etats-Unis. Mais Jonathan Dee refuse de « [se] faire passer pour plus malin » qu’il n’est. L’auteur, de passage à Paris, le reconnaît : « Comme tout le monde ou à peu près, j’ai pensé jusqu’à la nuit de l’élection que l’entrée de Trump à la Maison Blanche était impossible. » Si l’écrivain a eu un modèle en tête, il est plutôt à chercher du côté de ­Michael Bloomberg, maire de New York entre 2002 et 2013 : « Il incarne cette tendance des Américains à révérer les hommes immensément riches qui s’engagent en politique, sous le prétexte absurde qu’ils ne seraient pas corruptibles et ne s’intéresseraient pas à l’argent… A New York, on prêtait une expertise sociale à Bloomberg parce qu’il était si riche, ce qui est fou. Mais l’élection de Trump a poussé cette croyance à un degré horrifiant. » En tout état de cause, Jonathan Dee avait écrit l’essentiel de son roman quand eut lieu la convention républicaine officialisant la candidature de Trump : il a fini d’écrire Ceux d’ici un mois plus tard, en août 2016. Il avait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ Dans les nouvelles de « Votre message a été envoyé », l’écrivain américain fait le procès drôle et déconcertant du Net, de la malbouffe, des ateliers d’écriture et de la pornographie.
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Les quatre maux de la modernité selon Joshua Cohen

Dans les nouvelles de « Votre message a été envoyé », l’écrivain américain fait le procès drôle et déconcertant du Net, de la malbouffe, des ateliers d’écriture et de la pornographie.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Votre message a été envoyé (Four New Messages), de Joshua Cohen, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Annie-France Mistral, Le Nouvel Attila, 218 p., 18 €.

On peut avoir moins de 40 ans, être tenu pour une étoile montante de la culture radicale américaine, et cependant trouver à la fois désespérant et comique le spectacle offert par notre modernité tardive. Tel est le cas de Joshua Cohen, qui s’était fait remarquer avec son Paradis des autres (Le Nouvel Attila, 2014). Dans cette fable philosophico-délirante, un enfant israélien, tué dans un attentat-suicide, se retrouvait, à la suite de l’étreinte mortelle avec son bourreau, fourvoyé dans l’Eden islamique. Ce second livre traduit en français, Votre message a été envoyé, délaisse les problématiques religieuses ou géopolitiques, mais pas la provocation. Il entreprend ainsi de fouailler notre époque et les quatre maux qui, selon lui, la rongent : l’horreur numérique, la junk food (en l’occurrence McDonald’s), la pornographie et… les ateliers d’écriture, dont l’empire s’exerce désormais jusque dans les universités les plus paumées du Middle West !
Mille trouvailles verbales
Cette fresque grinçante, composée de quatre longues nouvelles, souvent très drôles, est soutenue par une inventivité jamais prise en défaut. Elle confine à l’écriture expérimentale, mais sans jamais lâcher la main du lecteur. Cohen adore se payer de mots, au point qu’on a l’impression que ce sont le langage et les mille trouvailles verbales qui dictent les intrigues. On ne peut que saluer l’art de la traductrice, Annie-France Mistral, qui a su reproduire ce flux continu de calembours, d’allitérations (« dégueulis grumeleux de cogitations »), d’expressions cocasses et de termes savants (« leucosélophobie », ou syndrome de la page blanche), supposant parfois de lire le texte, un Littré à portée de la main. Si le premier récit – une histoire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Avec « Fugitive parce que reine », bouleversant premier roman autobiographique, l’écrivaine rend un juste hommage à une femme excessive en tout.
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Violaine Huisman rend son humanité à sa mère

Avec « Fugitive parce que reine », bouleversant premier roman autobiographique, l’écrivaine rend un juste hommage à une femme excessive en tout.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Fugitive parce que reine, de Violaine Huisman, Gallimard, 256 p., 19 €.

A la chute du mur de ­Berlin, à laquelle elle assiste devant un poste de télévision, le 9 novembre 1989, la petite fille âgée de 10 ans ne comprend pas grand-chose, « malgré les efforts de pédagogie du speaker ». Au même moment, une autre chute la laisse interdite : celle de sa mère, qu’elle avait jusque-là admirée « avec un ravissement ébloui », et qui a sombré au point de devoir être internée de force. L’enfant peut d’autant moins saisir ce qui lui arrive que la seule explication livrée par les adultes est une locution mystérieuse, qui lui restera en tête « tout attachée » : « Ta-mère-est-maniaco-dépressive. » Fugitive parce que reine, le premier roman de Violaine Huisman, détache les mots, déplie les phrases et les souvenirs, les faits et les mythes familiaux, pour comprendre le mal qui rongea sa mère et faire de cette femme excessive en tout, splendide et pathétique, morte il y a quelques années ­ – vingt après la chute du mur de Berlin – un portrait bouleversant, terriblement vivant.
Une langue à la fougue sombre et sans pathos
Un portrait, surtout, à la constante recherche de la justesse, dans l’écriture et dans le regard. La première partie, qui s’ouvre sur un incipit long de vingt-huit lignes, centré sur cette chute du mur de Berlin survenue en plein désastre personnel, est consacrée aux souvenirs de Violaine Huisman. Employant une langue à la fougue sombre et sans pathos, non dénuée d’humour, attachée à ne surtout pas se plaindre, elle y évoque son enfance et son adolescence auprès de cette mère qui lui inspirait émerveillement, pitié, tendresse, dégoût ou crainte, mais un amour infini.
Elle raconte les moments de gaieté et puis l’hébétement où la plongent, après son internement, les médicaments ; elle décrit la cigarette en permanence au bout des doigts (vitres fermées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ « Le Récit interrompu », courte fiction crépusculaire de l’écrivain italien Mario Pomilio (1921-1990), séduit par sa justesse et son intensité.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Le vieil homme et la littérature

« Le Récit interrompu », courte fiction crépusculaire de l’écrivain italien Mario Pomilio (1921-1990), séduit par sa justesse et son intensité.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
    |

                            Florence Courriol-Seita (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Récit interrompu (Una lapide in via del Babuino), de Mario Pomilio, traduit de l’italien par Christophe Carraud, Editions de la revue Conférence, 76 p., 12 €.

Presque trente ans après sa mort, c’est à une nouvelle méditation sur les affres de la création littéraire que nous convie l’auteur italien Mario Pomilio (1921-1990). Au fil de ce court Récit interrompu, moins d’une centaine de pages – mais combien sensibles et délicieuses –, l’auteur du Cinquième Evangile (Fayard, 1977) nous entraîne dans les méandres de l’esprit d’un écrivain âgé et malade qui retrouve l’ébauche d’un texte jamais achevé. Ce récit gravitait autour de la personnalité du prince Jérôme Napoléon (1822-1891), cousin germain de Napoléon III, venu finir ses années d’exil dans un vieil hôtel de la via del Babuino, à Rome.
Paradoxe de l’art du récit
Le narrateur avait vu en son personnage un double et comme la « métaphore d’un écrivain qui avait manqué au moins la moitié de son destin ». Cette redécouverte est l’occasion pour lui de sonder avec une acuité inédite le paradoxe de l’art du récit, « qui ne peut atteindre la vérité qu’à la condition de la falsifier » mais qui, dans son « illusion de réduire l’existant à des signes », fait subir aux « expressions, même les plus déchirantes, même celles qui sur le moment étaient le plus imprégnées de vérité (…), un raccourcissement d’inévidence, comme si elles étaient soustraites aux imminences du vécu et valaient désormais pour leur matière ».
Tout en interrogeant sa relation à son personnage, le narrateur de Mario Pomilio explore les raisons mystérieuses du jaillissement créatif. Mais aussi, à l’inverse, de son tarissement – la main qui se rétracte et, face à la « dure intransigeance des lois de l’expression », face aux interdits du langage devant la syntaxe du cœur et les affleurements de la vie mentale, renonce,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Léopold III de Belgique croise Hergé sur les rives d’un lac Léman trop beau pour être vrai ? Le scénario d’une œuvre de fiction, bien sûr.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Patrick Roegiers tourne en Suisse

Léopold III de Belgique croise Hergé sur les rives d’un lac Léman trop beau pour être vrai ? Le scénario d’une œuvre de fiction, bien sûr.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Le Roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur, de Patrick Roegiers, Grasset, 300 p., 20 €.
Est-ce bien Jean Paulhan qui, dans son Guide d’un petit voyage en Suisse, paru chez Gallimard en 1947, imaginait l’immense et beau pays que ferait la Suisse si on la dépliait ? Peut-être. Mais elle y perdrait en hauteur, remarqueraient de concert les deux personnages principaux du roman-ciné que publie Patrick Roegiers. Roman-ciné, puisqu’on comprend au bout de quelques scènes alpestres que le livre que l’on lit se veut le script du tournage en cours d’un film de studio. Cimes majestueuses, ciel sans nuages, bords de lac admirables, tout était donc entièrement fictif ?
Peu importe, puisque entre-temps les deux compères nous ont entraînés dans leurs promenades au bord du lac, dialoguant et se racontant avec pudeur, non sans que leurs propos rapportés y trouvent un petit goût de Bouvard et Pécuchet : « C’est un endroit magnifique./ – La Suisse n’est pas qu’un panorama./ – C’est un pays splendide./ – J’y resterais bien tout l’été. »
Ces deux badauds désœuvrés qui jouent face caméra leurs propres rôles ne sont pourtant pas n’importe qui ; il y a loin qu’on puisse les traiter de copistes quand bien même tous deux, en cet été 1948, ont matière à rectifier quelques données biographiques. Le premier à être entré sur le plateau (on croyait encore à la beauté naturelle du lac Léman par « une splendide journée d’été ») est un homme déprimé, qui hésite à quitter sa femme, Geneviève, et voudrait bien oublier les désagréments que lui a valu sa collaboration au supplément jeunesse du quotidien bruxellois Le Soir durant l’occupation allemande. Il s’agirait de rebondir dans de nouvelles aventures de Tintin, mais où trouver le ressort et la force de remettre les pendules à l’heure, sinon en Suisse ?
« Déçu en bien »
Voilà donc Hergé explorant les bords du lac où il tombe nez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Romans, nouvelles, essais… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 26 janvier 2018.
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Livres en bref

Romans, nouvelles, essais… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 26 janvier 2018.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
    |

                            Jean-Louis Jeannelle (Spécialiste des études littéraires et collaborateur du « Monde des livres »), 
                            Etienne Anheim (Historien et collaborateur du « Monde des livres »), 
                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Virginia Bart (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Elena Balzamo (Collaboratrice du « Monde des livres »), 
                            Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres ») et 
                            Florence Noiville








                        



                                


                            Essai. L’aventure Rimbaud
Arthur Rimbaud ou l’éclatant désastre, de Pierre Brunel, Champ Vallon, « Les classiques », 248 p., 18 €.
« Je ne crois pas à l’“illisibilité” de Rimbaud. » Ce credo, Pierre Brunel (auteur d’éditions et de travaux de référence sur le poète) l’a brillamment mis en œuvre dans cet essai publié une première fois en 1983, où il saisit l’œuvre en son entier, depuis les travaux du collégien jusqu’aux recueils Une saison en enfer et Illuminations. Car bien que (ou précisément parce que) fragmentaire à l’extrême, la poésie rimbaldienne doit être envisagée comme une aventure : celle qui consiste à précipiter la débâcle du monde comme il va puis, face à l’impossibilité d’un départ absolu permettant d’accéder à la « vraie vie », à pratiquer ce que Pierre Brunel nomme une « poétique du pire ». De ce désastre de l’écriture, Rimbaud sut dégager une langue unique, dont le sens est moins hermétique que « retenu » – irréductible et néanmoins éclatant. J.-L. J.
Roman. 30 ans en 2018
Millénium Blues, de Faïza Guène, Fayard, 234 p., 19 €.
Millénium blues, le cinquième roman de Faïza Guène, se lit comme un double journal. D’abord celui de Zouzou, issue de la petite classe moyenne, qui se lance dans la vie entre pragmatisme et rêves de romance. Elle choisit donc un métier aux débouchés sûrs, l’aide à la personne, mais tombe amoureuse d’Eddy, un acteur volage. Son récit s’inscrit dans la chronique plus large du tournant du XXIe siècle et de ses premiers jalons historiques, du ­Mondial de 1998 aux attentats de 2015. Emerge ainsi, dans une langue vivante et drôle, un portrait personnel des « millennials », génération transitoire entre ceux qui ont connu l’insouciance des « trente glorieuses » et les très jeunes adolescents nés avec Internet et le terrorisme. L’occasion d’une forme d’inventaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Avocate, l’héroïne de « Clientèle » se bat pour des salariés abusivement licenciés. Heureusement, elle a la tendresse des siens.
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Le petit manuel de douce déraison pour survivre en milieu hostile de Cécile Reyboz

Avocate, l’héroïne de « Clientèle » se bat pour des salariés abusivement licenciés. Heureusement, elle a la tendresse des siens.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 17h21
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Pour celui-ci, on a invoqué un « désalignement culturel avec les valeurs de l’entreprise ». A celle-là, on a reproché « une insuffisance professionnelle, caractérisée par un manque de proactivité ». Il en est aussi que l’on taxe de mauvaises relations avec leur « performance partner », et d’autres dont on trouve l’attitude « dérangeante et inappropriée ».
Ces jargonnantes formules sont aujourd’hui autant de motifs de licenciement. Mise à pied, rupture de contrat. Ça vous tombe sur la tête, que vous vous y attendiez ou pas. « Hélas, on dit bien vrai. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », se lamente Martine, la servante des Femmes savantes, de Molière, lorsque sa maîtresse Philaminte la chasse au prétexte que son langage de campagnarde ne fait qu’« offenser la grammaire ».
La romancière Cécile Reyboz est, à la ville, avocate spécialisée dans le droit du travail. Son nouveau livre, Clientèle, s’ancre profondément dans sa réalité professionnelle. Un quotidien fait de rencontres avec des gens déboussolés, envahis de tristesse ou secoués de colère. Il y a des doux, des résignés, des révoltés, des cyniques, des négligents, des acharnés paranoïdes et quelques fieffés menteurs aussi.
A tous ceux-là qui cherchent réparation, qui veulent être consolés ou vengés, il s’agit d’expliquer ce que la loi autorise, ce que veulent les juges. Et faire comprendre que, pour obtenir gain de cause, il faut réunir des preuves, recueillir des témoignages : « De quoi transformer l’histoire en dossier, de quoi formuler une plainte précise et plaider. » Convertir en propos rigoureux le sentiment d’injustice, les souffrances. Drôle de métier.
C’est la réalité qui est tordue
Depuis son premier roman, Chanson pour bestioles (Actes Sud, 2008), Cécile Reyboz tend à nous raconter que ce ne sont pas les miroirs qui sont déformants mais la réalité qui est tordue. Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ La chronique de Pénélope Bagieu, à propos de « Fétiche », de Mikkel Orsted Sauzet.
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C’est graphique. Révolutionnaire

La chronique de Pénélope Bagieu, à propos de « Fétiche », de Mikkel Orsted Sauzet.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h15
    |

                            Pénélope Bagieu (Dessinatrice)








                        



                                


                            
Fétiche, de Mikkel Orsted Sauzet, Presque Lune, « Lune froide », 202 p., 25 €.

Mikkel Orsted ­Sauzet est né de parents français et danois, et s’est installé entre les deux pays, en Belgique, pour étudier la BD puis publier son premier album Fétiche, aux éditions Presque Lune.
A la fin du XVIIIe siècle, alors qu’ici, on coupe la tête des rois, un autre chapitre de l’histoire de France est sur le point de s’écrire. Portée par les mêmes idéaux de liberté et d’égalité, c’est une révolution que l’on aime moins évoquer, même si elle va elle aussi donner naissance à une république : celle des esclaves d’Haïti. C’est l’histoire de l’une d’entre elles, exploitée par les colons français dans les champs de canne à sucre et les bordels, que l’auteur conte, en la liant à trois instantanés de cette révolte. Trois actes sans paroles, comme ces esclaves qui n’ont pas de voix, mais rythmés par le tambour et les coups de fouet, la colère qui gronde plus fort à chaque page.
Toute l’histoire est dessinée au stylo Bic rouge uniquement, et cette couleur seule suffit à tout raconter : les traces de coups de fouet, les poupées vaudoues, le marquage au fer, la douleur, la haine. Cela commence par le sang de cette esclave qui se cache loin de la plantation pour accoucher seule d’un bébé à la peau claire, une petite fille avec laquelle elle essaiera immédiatement de se jeter du haut d’une falaise. Mais l’enfant est « sauvée » par le fouetteur d’esclaves indigène, et ramenée parmi les siens, pour connaître le même destin que sa mère. Elle est confiée à une nourrice de substitution, entourée de ses enfants, qui se détourne du bébé blanc au moment de la mettre à son sein. La petite grandit dans cette geôle d’esclaves enchaînés, que le propriétaire de la plantation utilise aussi comme maison close pour les autres colons. De courtes séquences de sa vie, brutales et denses, dévoilent ensuite son...




                        

                        

