<FILE-date="2018/01/27/19">

<article-nb="2018/01/27/19-1">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Cette série narre de manière irrésistible les débuts de l’humoriste américain Pete Holmes, qui joue son propre rôle (sur OCS à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

TV – « Crashing », les aventures tragicomiques d’un humoriste

Notre choix du soir. Cette série narre de manière irrésistible les débuts de l’humoriste américain Pete Holmes, qui joue son propre rôle (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    27.01.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS à la demande

La série I’m Dying Up Here (2017), créée par David Flebotte, faisait le portrait du « comedy club » tenu, à Los Angeles, par la légendaire Mitzi Shore. Là y débutèrent nombre d’artistes de stand-up, dont Jim Carrey, l’un des coproducteurs de cette série que Canal+ tient toujours à disposition sur son site de replay (jusqu’au 19 mars).
On voyait quelle était la dureté implacable du métier de comedian (les humoristes de « stand up », debout devant un simple micro) : il n’y a pas plus effrayant que le silence embarrassé du public suivant une blague qui ne marche pas ; il n’y a pas plus terrible que les saillies cruelles que lancent certains, dans la salle, à ceux qui, sur l’estrade, n’ont pas l’heur de les faire se gondoler.
C’est évidemment le cas de Pete Holmes, dans Crashing, une autre série sise dans le milieu (new-yorkais cette fois) des comédiens de stand-up plus ou moins confirmés. Pete Holmes, qui a conçu cette série, avec le concours de Judd Apatow (réalisateur de son pilote), joue son propre rôle, en lui donnant d’évidents et savoureux traits caricaturaux.
Ce grand gaillard un peu mou, tel qu’on le rencontre dans le ­premier épisode de la saison 1 – disponible, ainsi que les deux premiers de la saison 2, sur OCS GO à la demande – ennuie un peu tout le monde par sa gentillesse un peu niaise et son charisme à peu près du niveau de celui d’une huître.
Attachant, naïf et immature
Son couple en fait les frais : son épouse – incarnée par Lauren Lapkus, au physique à la Olive Oyl si reconnaissable – s’ennuie au lit et compense la chose par des séances tantriques avec un baba cool chevelu. Pete les trouve au lit expérimentant « le petit pont » ou la « brouette thaïlandaise » et s’enfuit, horrifié.
Il a pour fardeau supplémentaire d’être chrétien, de n’avoir couché qu’avec sa femme et de ne pas boire d’alcool : toutes choses qui ne sont pas l’ordinaire de son milieu professionnel. Un magicien, adepte de l’explication raisonnée de la création du monde, lui fait douter de sa foi.
Un collègue compatissant, qui a de nombreuses heures de route au compteur, le transbahute dans un club de comédie de banlieue où le public, ivre et bruyant, n’aime que l’humour à gros traits et à gros mots. Pas trop le genre de Pete. Il va finir par boire et fumer de l’herbe, avec des résultats et des conséquences plus ou moins heureuses. Grâce à l’entremise généreuse de Sarah Silverman (qui, à l’instar d’autres humoristes américains, joue son propre rôle dans Crashing), Pete devient chauffeur de salle dans l’une des plus importantes émissions de la matinée sur une grande chaîne.

   


La saison 2 reprend les aventures du grand dadais, moins benêt qu’on l’a connu, mais toujours secoué par les événements plus ou moins catastrophiques auxquels le confronte le vent de la vie. Mais Pete est plus que jamais attachant, toujours naïf et immature (il tombe amoureux d’une collègue qui, ivre, en a fait sa proie d’une nuit, etc.).
Crashing – à ne pas confondre avec une autre série, britannique, du même nom mais sans rapport avec celle-ci – fait partie de ces récits qui, avec de petits riens, parviennent à faire un grand tout. Un peu à la manière de Louie, la merveilleuse série de Louis C.K. dont on espère qu’OCS ne la mettra pas au rancart après les ennuis de son créateur, accusé de harcèlement sexuel…
Crashing, saison 2, série créée par Pete Holmes. Avec Pete Holmes, Lauren Lapkus, Artie Lange, T. J. Miller, Sarah Silverman, George Basil (Etats-Unis, 2017-2018, 16 × 30 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-2">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La compositrice et pianiste publie un deuxième album, « Pas de géant ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les variations de la chanteuse Camille Bertault

La compositrice et pianiste publie un deuxième album, « Pas de géant ».



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 13h59
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Quelques jours avant la mise en vente de son album Pas de géant (Okeh/Sony Music), le 19 janvier, Camille Bertault découvre les premiers exemplaires tels qu’ils seront commercialisés. Sur la pochette, un autocollant porte la mention « La révélation de l’année ». Elle s’en amuse. « On n’est qu’à mi-janvier… » A 31 ans, elle a déjà à son actif des années de pianiste, de comédienne, d’écriture de textes, de chanteuse, un premier album En vie (Sunnyside Records), publié en avril 2016. Mais pas de fausse modestie, l’appréciation destinée à attirer les acheteurs lui fait plaisir. « Avant et pendant l’enregistrement, nous avons travaillé comme des fous. Et je suis très, très, très contente du résultat. » 
Pas de géant est un album « avec plein de tiroirs dans lesquels on trouve mon rapport à la musique classique, au jazz, à la chanson ». Un disque joueur, original, réalisé avec soin. Dix jours d’enregistrement, une durée rare pour un disque à dominante jazz, signe du soutien de la major du disque Sony. Aux Studios de la Seine, à Paris, en mars 2017, avec une dizaine de musiciens français et américains, dont le saxophoniste Stéphane Guillaume, l’accordéoniste Daniel Mille, le pianiste Dan Tepfer et, partageant avec Camille Bertault les arrangements, le trompettiste et claviériste Michael Leonhart.
Ecriture directe
Dans certains morceaux, elle se raconte, usant d’une écriture souvent directe – « Je veux que l’on me comprenne ». Elle évoque sa découverte de New York, « la ville qui me donne envie de m’améliorer, je sais, ça fait un peu cliché », dans Nouvelle York, qui ouvre l’album ; comment avance sa transcription par la voix du solo de Giant Steps du saxophoniste John Coltrane, dans Là où tu vas ; il y a aussi la recherche de l’inspiration avec Entre les deux immeubles ou Suite au prochain numéro ; elle dit son goût pour les...




                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-3">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Près de cinquante après sa création, l’émission qui fait s’affronter des bédéastes sur des jeux graphiques revient sur une jeune chaîne culturelle, Museum (à 15 h 00)
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

TV - « Tac au tac », le dessin en direct

Près de cinquante après sa création, l’émission qui fait s’affronter des bédéastes sur des jeux graphiques revient sur une jeune chaîne culturelle, Museum (à 15 h 00)



Le Monde
 |    27.01.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Potet








                        


Emission sur Museum à 15 h 00



En 1969, une émission ­promise à la vénération ­ultérieure fait irruption à la télévision française : « Tac au tac », un divertissement du producteur Jean Frapat mettant aux prises des auteurs de bande dessinée. Le principe : réunis devant une grande feuille de papier, des dessinateurs s’affrontent, feutres en main, à travers un certain nombre de jeux graphiques dont le plus ­fameux est un cadavre exquis réalisé en direct. Tout le gratin de la BD de l’époque y participera, jusqu’à l’arrêt de l’émission en 1975. Les Franquin, Gotlib, Druillet, Fred, Uderzo, Morris, Pratt, Bretécher, Topor… Seul Hergé, parmi les grands, boudera l’exercice.
Quatre décennies plus tard, revoilà « Tac au tac ». Laurent ­Frapat, le fils du créateur (décédé en 2014), a mis entre parenthèses son métier – réalisateur de films animaliers – pour redonner vie à l’émission. Dans un décor aussi immaculé que les feuilles du ­paperboard qu’ils vont devoir noircir, des bédéastes d’au­jourd’hui se mesurent au cours des mêmes épreuves, appelées « cadavre exquis », « piège et parade », « escalade » ou « fresque ».
Exercice d’improvisation
Laurent Frapat a tourné 20 émissions de trente minutes qu’il aurait aimé vendre à une chaîne à forte audience. Faute d’y arriver, il s’est rabattu sur la jeune chaîne culturelle Museum, uniquement disponible dans les offres Canal (via Free et Orange).
Diffusés en première partie de soirée du lundi au vendredi depuis début janvier, les épisodes le seront à nouveau, dans leur intégralité, pendant le week-end du 27 au 28 janvier, à l’occasion du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

   


Nul besoin d’être un lecteur assidu du genre pour se délecter de cet exercice d’improvisation au parfum surréaliste. Ainsi, François Boucq croque son personnage ­fétiche, l’agent d’assurances ­Jérôme Moucherot, sautillant sur le dos d’un crocodile ; partiellement dissimulée derrière un ­cache de papier, la langue de l’animal devient alors un serpent sous le crayon de Jean Mulatier, puis une crosse de hockey sur glace avec Achdé. Rassemblés autour de six cases blanches, Philippe Dupuy, David Prudhomme et ­Dominique Bertail flirtent, eux, avec l’abstraction pour composer un strip commencé par… la fin.
Si l’imagination relâchée des auteurs invités participe pour beaucoup à la réussite de cette renaissance, l’exécution de dessins en direct, sans filet, s’avère toujours aussi fascinante pour le ­téléspectateur, quarante ans plus tard. La BD, un art télévisuel ?



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-4">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le saxophoniste François Corneloup évoque le groupe né au festival Sons d’hiver, qui dure jusqu’au 17 février.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ursus Minor, la musique au corps-à-corps

Le saxophoniste François Corneloup évoque le groupe né au festival Sons d’hiver, qui dure jusqu’au 17 février.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 14h08
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

Figure emblématique de Sons d’hiver, le contrebassiste américain William Parker écrit ceci : « Le jazz est mort, mais a-t-il jamais existé ? » Si c’est comme le dieu de Nietzsche, l’horizon est dégagé. Du duo au big band, William Parker est un artificier. Il tient ferme la ligne des radicaux de la musique noire et serait à Wynton Marsalis ce que Ruffin est à Gattaz.
Vendredi 26 janvier, à l’Espace culturel André Malraux (ECAM) du Kremlin-Bicêtre, son dialogue avec Alexandre Pierrepont, inventeur du pontage politico-musical The Bridge, a traité un sujet brûlant : « Musique et engagement social ». Après quoi, en deux concerts, il a ouvert en grand les portes de Sons d’hiver. Parmi les 31 groupes, celui qui fait figure de groupe maison, inventé ici, Ursus Minor (Tony Hymas, Grego Simmons, guitare, Stockley Williams, drums, Crescent Moon, le rappeur de Minneapolis, et François Corneloup), a joué et composé pour la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Le militantisme comme pratique musicale
Toujours prêt, depuis 1985 (année où il intègre la Compagnie Lubat) à improviser sur Musique et engagement social, Corneloup est un des acteurs musicaux les plus lucides. Né en 1963 dans une famille de militants syndicaux épris de culture, il a tôt fait du militantisme sa pratique musicale : « Prendre l’instrument a tout naturellement suivi. J’y apprends que l’engagement social ne s’accomplit pas dans un studio ni sur scène, mais là où est la lutte sociale : rue, piquet de grève, planning familial, cité, ghetto, prison, école, dispensaire, hôpital… Ce n’est pas l’engagement revendiqué par l’artiste qui fait de son œuvre une révolution. C’est son travail. »
« Dans les collectifs que j’ai pratiqués, j’ai croisé les personnalités qui m’ont bâti : dans la complicité comme dans les désaccords radicaux »
Rugbyman (sport collectif), gaillard, sérieux, il s’exprime en solo comme en big band : avec lyrisme,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-5">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Rentrée de la BD : la sélection des meilleurs albums

Découvrez les titres choisis par la rédaction du « Monde », tandis que le Festival de la bande dessinée d’Angoulême bat son plein (jusqu’au 28 janvier).



Le Monde
 |    27.01.2018 à 09h01
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 14h36
    |

            Frédéric Potet, 
                                Anne Favalier, 
Pauline Croquet et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« Journal d’Italie, tome 2. Hong Kong, Osaka »
de David B., Delcourt, « Shampooing », 144 p., 15,50 €.
« Etre un passant et manger le monde pour le dessiner ensuite. » Dans le premier tome de son Journal d’Italie (Delcourt, 2010), ­David B. dessinait les rêveries ésotériques inspirées de ses flâneries dans Trieste, Venise, Parme ou Bologne. L’auteur de L’Ascension du Haut Mal (L’Association, 1996-2003) pousse ses promenades occultes jusqu’à Hongkong et Osaka. Les canyons de béton de l’ancienne colonie britannique, les galeries commerciales du port japonais lui suggèrent des histoires horrifiques et merveilleuses de triades et de fantômes, de tengus et de yokaïs. Une ode somptueuse à l’errance et au monde des esprits, nourrie de mythes asiatiques, d’estampes japonaises, de récits et de rêves. An. F.

« Des chauves-souris, des singes et des hommes »
de Barroux (dessin) et Paule Constant, Gallimard, « Bande dessinée », 80 p., 18 € (en librairie le 2 février).
Un « thriller médical », c’est ainsi que Paule Constant décrit son roman Des chauves-souris, des singes et des hommes (Gallimard, 2016), qui raconte le début de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, en 2014. Barroux, illustrateur de livres pour enfants, a découpé ce récit pour y accoler ses dessins naïfs, en renouvelant la lecture. Les couleurs vibrantes – jaune, bleu, vert des journées africaines, ocre et rouge profonds de la nuit, grisaille de l’Europe où s’achève l’histoire – rythment le voyage meurtrier du virus, d’un village isolé de Guinée, en lisière de forêt, jusqu’à la ville au bord de la rivière, et au monde. Un conte terrible et magnifique. An. F.

« Bouncer, tome 10. L’or maudit »
de Boucq, Glénat, 80 p., 18 €.
Le cow-boy manchot, dit le Bouncer, est de retour. Il doit cette fois retrouver une enfant kidnappée...




                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-6">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

De Monsieur Poulpe à François Gabart : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h41
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Les calembours de Monsieur Poulpe, le portrait intime du marathonien des mers François Gabart et un documentaire sur les théories du complot prisées par les djihadistes : voilà notre sélection hebdomadaire de replays.
« Crac Crac », les coquineries de Monsieur Poulpe

Monsieur Poulpe a choisi un nom qui n’est pas facile à porter. Mais on s’y est fait, et lui aussi. D’ailleurs, ses mines flapies, ses yeux un peu tombants et sa gaillarde mollesse lui donnent, quand il le veut, des mines de grand mollusque amical.
Membre fondateur du Studio Bagel, racheté en 2013 par Canal+, il s’est depuis illustré sur la chaîne par abonnement, survivant à la purge qui a secoué la maison. On ne l’aimait guère en duo avec Alison Wheeler, dans la dernière mouture du « Grand Journal », pilotée par Antoine de Caunes. Mais, dans « L’Emission d’Antoine », toujours menée par de Caunes, on l’avait trouvé bien meilleur.
Parfait disciple de son mentor, Monsieur Poulpe fréquente le même humour décalé, grevé de coquineries et de mauvais calembours. Les coquineries sont même la matière de sa nouvelle émission mensuelle sur Canal+, « Crac Crac », dont le titre dit tout ou presque. C’est olé-olé, sans qu’il y ait de quoi fouetter un chat ou se relever la nuit. On se sera amusé, dans l’émission de janvier, du faux tournage de film porno politique avec, à la réalisation, Poulpe et la journaliste belge Charline Vanhoenacker. Et l’on aura beaucoup ri à la déclinaison « sexy » de la légendaire et tordante série « Message à caractère informatif ». Renaud Machart
« Crac Crac », présenté par Monsieur Poulpe (2017-2018). Sur Canalplay
Dans l’intimité de François Gabart

   


Le 17 décembre 2017, François Gabart battait le ­record du tour du monde en solitaire en 42 jours, 16 heures et 40 minutes. Soit 6 jours et 10 heures de moins que le précédent, détenu par le navigateur Thomas Coville. Cette performance n’aurait pu être accomplie sans les longs mois de préparation sportive et technique qui l’ont précédée, ainsi que nous le fait découvrir le journaliste ­Manuel Herrero.
Tout commence en mars 2017, à Lorient, où est entreposée, dans un hangar, la formule 1 des mers de François Gabart. Ce ­dernier profite de l’hiver, période de trêve des navigateurs, pour faire, avec ses équipes, le ­contrôle technique de son ­bateau. Un trimaran (bateau à trois coques) immense. Trente-deux mètres de long pour 23 de large et 35 de hauteur.
La visite n’est qu’un préambule. Car vient le moment de la remise à l’eau du multicoque et le début des entraînements, le vainqueur du Vendée Globe 2012-2013 devant participer avec son équipage à la course The Bridge 2017, qui voit plusieurs multicoques affronter le Queen-Mary 2 (l’un des plus grands paquebots du monde), dans une épreuve reliant Saint-Nazaire à New York. Au-delà du quotidien d’un grand sportif, c’est le portrait d’un homme de 34 ans que ­Manuel Herrero parvient à dresser dans son documentaire, à travers notamment des images d’archives et des témoignages. Mathieu Ait Lachkar
François Gabart, l’étoffe d’un champion, de Manuel Herrero (Fr., 2017, 55 min). Sur MyCanal
Les alibis de la terreur décryptés



Rudy Reichstadt est sur tous les fronts. Membre de l’Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean-Jaurès, le politologue anime depuis 2007 le site Conspirary Watch, où il passe aux cribles, pour mieux les démonter, les théories du complot. Il poursuit ici ce combat, en cosignant avec Georges Benayoun un documentaire éclairant sur la façon dont le djihadisme utilise et nourrit les thèses complotistes pour justifier la terreur.
Car ainsi que l’explique l’historien Pierre-André Taguieff : « Le terrorisme a besoin de justification, de légitimation comme les totalitarismes. (…) Même les djihadistes recherchent du sens et veulent un monde ordonné où leur crime puisse avoir un sens et une valeur de rédemption. » Et ce sens, les djihadistes l’ont trouvé dans la théorie du complot judéo-croisé contre l’islam. A ce mythe d’un complot islamophobe s’est ajouté celui « plus attractif car plus moderne » d’un « terrorisme fabriqué » qui, sous des dehors pseudo-scientifiques, vise à mettre en doute les versions officielles.
S’appuyant largement sur des entretiens avec des spécialistes de ces questions (Pierre-André Taguieff, Soufiane Zitouni, Gérald Bronner), sur des témoignages de victimes d’attentats (ou de leurs proches) pour qui ces discours niant la réalité s’apparentent à une double peine, ce film dense, illustré de vidéos de propagande, s’offre comme un outil civique de résistance. Christine Rousseau
Complotisme, les alibis de la terreur, de Rudy Reichstadt et Georges Benayoun (Fr., 2017, 60 min). Sur Francetv.fr



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-7">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Sous ses airs de Joconde, la comédienne sait tout jouer, y compris la partition durassienne de « La Douleur », adaptée au cinéma par Emmanuel Finkiel.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                
                                       
édition abonné


Un apéro avec Mélanie Thierry : « Je serai toujours une banlieusarde »


                      Sous ses airs de Joconde, la comédienne sait tout jouer, y compris la partition durassienne de « La Douleur », adaptée au cinéma par Emmanuel Finkiel.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h40
    |

            Laurent Carpentier








                              

                        

Ça a mal commencé. Je tenais ouverte la porte de la salle de cinéma où démarrait l’avant-première du film La Douleur, adapté du roman autobiographique de Marguerite Duras, que le réalisateur, Emmanuel Finkiel, et toute son équipe (Benjamin ­Biolay, Benoît Magimel, Grégoire Leprince-Ringuet…) venaient de présenter. Ils sortaient un à un, elle n’arrivait pas… Enfin, elle vint. Les yeux furieux, colère contenue, m’arrachant la porte pour la fermer impérieusement : « Y a du bruit, ce n’est pas possible. » Emotion intense de la première projection, Marguerite Duras veut regarder le début du film. Parce que là, ce soir, comme sur l’écran, Mélanie Thierry est cela et rien d’autre : Marguerite Duras.

On a pris le boulevard, direction le Harry’s Bar, rue Daunou, où elle a ses habitudes quand elle est dans le quartier de l’Opéra. « Je suis une nerveuse, dit-elle en commandant une bière. Je suis une banlieusarde, je n’arriverai jamais à le gommer. Tout à l’heure, cela m’a exaspérée, cette porte ouverte. Si on me cherche un peu, je redeviens celle-là. »
Un parfum de star
Il y a du monde, des Américains, des yuppies sortie de bureau, deux garçons de café de bonne tenue, en blanc. On nous regarde. Son look sans doute. Elle était en promo toute la journée. Talons aigus comme des aiguilles et décolleté vaporeux. Habits de travail qui ne la mettent pas à l’aise. Et puis, elle a beau s’en défendre, elle porte sur elle ce mystère qui est le parfum des stars.
L’idée lui paraît saugrenue : « J’ai l’air mystérieuse parce que je suis muette. Tout de moi reste à imaginer. » Elle parle comme à elle-même : « J’ai beaucoup de mal à m’exprimer. C’est pourquoi je me donne à mes rôles, à travers eux j’ai l’impression qu’on peut mieux me comprendre. Dans un personnage, on donne toujours une part de soi. Duras me permet d’assumer une dureté, d’assumer un égoïsme, une autorité, quelque chose de “pas aimable”. Quand...




<article-nb="2018/01/27/19-8">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
Découvrir l’application


                        

« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 31)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 07h03
   





                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-9">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine réagit à la publication de la lettre ouverte de l’écrivain Alain Mabanckou à Emmanuel Macron sur la langue française.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤         

Point de vue

Véronique Tadjo : « Il est grand temps d’inscrire la littérature du Sud dans l’imaginaire francophone occidental »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine réagit à la publication de la lettre ouverte de l’écrivain Alain Mabanckou à Emmanuel Macron sur la langue française.

Par                Véronique Tadjo



LE MONDE
              datetime="2018-01-26T18:21:49+01:00"

        Le 26.01.2018 à 18h21

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-01-27T16:23:36+01:00"

        Mis à jour le 27.01.2018 à 16h23






    
L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, à Paris, en juillet 2015.
Crédits : JOËL SAGET/AFP


Tribune. Pour ceux qui parlent le français en Afrique, la question de la francophonie restera pendant encore longtemps primordiale. De nos jours, les Africains représentent à peu près la moitié du nombre total des francophones dans le monde, un chiffre qui ne cessera d’augmenter dans les décennies à venir du fait de l’énorme croissance démographique du continent. Dans ce sens-là, la lettre ouverte au président Macron du célèbre écrivain franco-congolais Alain Mabanckou publiée sur le site de L’Obs le 15 janvier a le mérite de dynamiser le débat.
Cependant, j’aimerais revenir sur plusieurs points soulevés dans la lettre. En premier, pour répondre à son affirmation que la langue française se porte bien en Afrique, je dirai tout le contraire, c’est-à-dire qu’elle se porte mal et même très mal. Pas en nombre de locuteurs « officiels », mais plutôt en termes de niveau de langue. Nombre d’enseignants sur le terrain vous le diront, la maîtrise de la langue française a tellement baissé qu’elle menace l’avenir de ceux qui l’ont adoptée comme langue seconde, langue officielle ou langue de travail.
Situation désastreuse
Comment des élèves africains peuvent-ils apprendre les mathématiques, les matières scientifiques ou littéraires alors qu’ils ne possèdent pas les outils linguistiques pour suivre les cours qui leur sont dispensés ? Et qui dispensent ces cours ? Dans le primaire et le secondaire, les maîtres et les professeurs peinent eux-mêmes à s’exprimer correctement. Cette situation désastreuse a un impact négatif sur nos institutions universitaires qui voient arriver des jeunes incapables d’intégrer les concepts de base.
Certes, des enseignants se battent envers et contre tout pour former quelques étudiants de bonne volonté, mais ce n’est pas suffisant. Les nombreuses crises politiques, économiques et militaires, ainsi que le manque d’ouvrages pédagogiques et de bibliothèques dignes de ce nom ont complètement sapé le système éducatif en français qui a besoin d’une réforme profonde si l’on veut donner aux jeunes Africains des chances de réussir dans la vie.

        Lire aussi :
         

                Colonisation, francophonie… Les temps forts du discours de Macron à Ouagadougou



Concernant la question de la traduction, il est bien connu que, dans l’industrie du livre en France, il se publie beaucoup plus de traductions de l’anglais vers le français, que dans le monde anglophone, où l’intérêt est moindre. Les écrivains, universitaires et scientifiques franco-français font les frais de cette situation. Réussir une carrière universitaire, littéraire ou artistique exige une bonne connaissance de la langue anglaise. Il faudrait donc une volonté plus grande de la part des éditeurs français et francophones pour occuper le marché international.
Quant à la Francophonie « institutionnelle », je suis d’accord qu’elle doit en effet faire son mea culpa car elle n’a pas répondu aux attentes des pays émergents. La Françafrique doit disparaître pour laisser place à de nouvelles relations d’entente. Mais cette admission d’échec se retourne également contre nous. Avons-nous fait assez pour exiger de nos dirigeants plus de transparence, le respect des institutions démocratiques et la construction du bien-être social ? La question est de savoir si nous serons un jour prêts à prendre les rênes de notre destin.
« Un dialogue des langues »
La francophonie en tant qu’espace de solidarité reste une possibilité qu’il serait imprudent de jeter dans les poubelles de l’Histoire. Nous avons des problèmes communs requérant l’énergie de tous pour arriver à des solutions durables. Je pense, par exemple, à la question environnementale qui nous touche tous en cela qu’elle menace la planète entière. Mais alors que l’Afrique est responsable de seulement 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, trente-six pays en Afrique subsaharienne sont parmi les cinquante pays les plus meurtris par le climat avec pour conséquence des catastrophes écologiques, sanitaires et alimentaires, sans parler des mouvements de population. Cette injustice ne pourra être combattue qu’à l’échelle mondiale, grâce à des actions concertées.

        Lire aussi :
         

                Leïla Slimani devrait être nommée représentante du président pour la francophonie



« Il faut instaurer un dialogue des cultures, nous rappelle Musanji Ngalasso-Mwatha, et d’abord un dialogue des langues, dans des conditions à la fois réalistes et acceptables, en évitant la diffusion à sens unique, appauvrissante pour tous. Dans tous les cas, la véritable coopération entre les peuples trouve son fondement dans le respect mutuel, l’échange équitable et la solidarité agissante. »
Il est grand temps d’inscrire la littérature du Sud dans l’imaginaire du monde francophone occidental qui inclut, entre autres, le Canada, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg. Quant à la littérature française, elle a sa propre histoire et ses propres canons. Les écrivains africains, tout en partageant la même langue, ont des préoccupations et une vision du monde qui leur sont particulières. La littérature écrite en français n’a pas besoin de se réclamer de la littérature française pour exister. C’est cette différence qu’il faut célébrer avant tout, car là se trouve la vraie francophonie débarrassée de son passé colonial.
Véronique Tadjo, née d’un père ivoirien et d’une mère française, est écrivaine, universitaire et peintre. Son dernier titre, En compagnie des hommes, a été publié aux éditions Don Quichotte en 2017.


<article-nb="2018/01/27/19-10">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le rap français connaît un phénomène de « congolisation » qui s’étend à la pop. Les artistes hexagonaux célèbrent tous azimuts la fierté de leurs racines africaines.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤         

La playlist de Binetou : La révolution afro de la scène musicale française



LE MONDE
              datetime="2018-01-26T17:50:09+01:00"

        Le 26.01.2018 à 17h50

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-01-26T17:54:41+01:00"

        Mis à jour le 26.01.2018 à 17h54






Durée : 05:58 | 


Les sonorités africaines ont très tôt fait partie du paysage musical français. En 1988, Yéké Yéké de Mory Kanté marque le triomphe du funk mandingue et, en 1997, le collectif Bissa Na Bisso confirme cette volonté de la jeunesse afrodescendante française de valoriser son africanité dans la musique. Il sera suivi des titres du rappeur Mokobé, du phénomène LobogiGT et du succès de l’album Racine carrée de Stromae. Mais, depuis trois ans, une véritable révolution afromusicale est en marche dans le rap et la pop qui prend le nom de « congolisation ». Les artistes phares de ce renouveau musical sont Dadju, Niska, Naza, MHD, Maitre Gims, Booba ou encore Aya Nakumura grâce aux talents des beatmakers comme Dany Synthé ou DSK on The Beat.
Retrouvez sur Spotify les vingt titres de l’année qui évoquent cette révolution par Binetou Sylla : http://spoti.fi/2Bvy3qz
Binetou Sylla est directrice de Syllart Records, un label de musiques africaines et afro-latines basé à Paris, créé par Ibrahima Sylla en 1978. Elle décrypte pour Le Monde Afrique les nouvelles tendances musicales africaines et nous fait redécouvrir les artistes emblématiques du continent.


                

                     « Pays de merde » : l’Union africaine dénonce la « haine » de Donald Trump

                

                     Lemine Ould M. Salem raconte l’histoire secrète du djihad

                

                     Liberia : l’ancien footballeur George Weah investi président dans un stade de 35 000 personnes


<article-nb="2018/01/27/19-11">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ A écouter cette semaine : un récital piano lumineux, un duo violoncelle et piano virtuose, les thèmes de « Bullitt » et « Dirty Harry » épurés…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Sélection albums : Ludmila Berlinskaya, Johannes Brahms, Lalo Schifrin…

A écouter cette semaine : un récital piano lumineux, un duo violoncelle et piano virtuose, les thèmes de « Bullitt » et « Dirty Harry » épurés…



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h59
   





                        


Ludmila Berlinskaya Reminiscenza Ludwig van Beethoven : Sonate n° 30. Nikolaï Medtner : Sonata Reminiscenza. Robert Schumann : Kreisleriana. Maurice Ravel : Valses nobles et sentimentales

   


Ludmila Berlinskaya affiche une hauteur de vue exceptionnelle dans ce programme aux allures de variations à grande échelle qui élargit la perception des œuvres tout en respectant le style de chaque compositeur. La pianiste russe débute son récital avec l’autorité qu’il faut pour imposer la singularité beethovénienne sans en altérer le mystère et la fantaisie. Avec Nikolaï Medtner (1879-1951), l’exploration tentaculaire est encore de mise ; cette fois, dans le domaine du souvenir, brûlant et caressant comme le flot schumannien qui suit. Après trois averses orageuses (de notes), un arc-en-ciel (de timbres) non moins spectaculaire (quels doigts !) signé Ravel pour conclure ce disque en tous points lumineux. Pierre Gervasoni
1 CD Melodyia.
Jean-Guihen Queyras et Alexandre Tharaud Johannes Brahms Sonate pour violoncelle et piano en mi mineur n° 1 op. 38 et Sonate pour violoncelle et piano en fa majeur n° 2 op. 99. Danses hongroises n° 4, n° 1, n° 5 (Livre 1) et n° 7 (Livre 2), n° 14 et n° 11 (Livre 3)

   


Le charme agit dès les premières mesures de la première Sonate pour violoncelle et piano op. 38, comme si ces deux-là s’étaient trouvés de toute éternité. Il y a d’abord le violoncelle, sensuel et sensitif de Jean-Guihen Queyras, d’une pureté violente, qui rappelle à quel point ce musicien est l’un des tout meilleurs de sa génération. Puis il y a le piano inventif et fervent d’Alexandre Tharaud, qui aborde la musique comme un naufragé une terre nouvelle, faite de jeu et d’aventure. Les deux aiment la confidence, les choses secrètes, la non-désignation. Leur Brahms se teinte parfois de couleurs fauréennes, parfois les touches et l’archet se confondent dans un grand souffle de vie incantatoire. Mais il sait aussi se livrer, puiser au profond du vivant, passer de l’inexpugnable mais ferme nostalgie aux sursauts battants du cœur. Et quel legato altier, quel art du chant chez Queyras, quand Tharaud se fait maître magicien, habillant la polyphonie de vertiges de brume ou de lumière. Comme rarement, un seul souffle, un seul esprit. Quant aux transcriptions des Danses hongroises finement réalisées par les deux compères, elles ne boudent aucun plaisir, du coup de talon de la danse aux épanchements avec juste ce qu’il faut de sentimental. Une magnifique et magistrale réussite d’emblée au sommet de la discographie. Marie-Aude Roux
1 CD Erato/Warner Classics.
Jean-Michel Bernard Plays Lalo Schifrin

   


Pianiste, compositeur et arrangeur, Lalo Schifrin est d’abord connu pour ses nombreuses musiques de films, en particulier durant les années 1960 et 1970, et de séries télévisées. Une musique le plus souvent à vocation spectaculaire, jouée en grand ensemble, instruments à vents en avant. C’est en petite formation (claviers, trompette, saxophone, rythmique et sur certains morceaux une flûte, une guitare…) que le pianiste Jean-Michel Bernard aborde dans Plays Lalo Schifrin, quelques-uns des thèmes de Schifrin. La qualité des arrangements rend l’ampleur des originaux, leur aspect jazz développé dans des parties solistes. Outre Mannix, Bullitt, Dirty Harry ou Mission : impossible, on retrouvera ici des versions particulièrement réussies de la ballade mélancolique pour Luke la main froide de Stuart Rosenberg, de l’inquiétant motif utilisé pour Les Félins de René Clément et du dynamique thème du Kid de Cincinnati de Norman Jewison. Sylvain Siclier
1 CD Cristal Records/Sony Music.
Tarek Yamani Peninsular

   


Tarek Yamani est pianiste. Piano et clavier électrique mènent donc la danse dans cet album racé. Installé à New York, Tarek Yamani est libanais. Les modes orientaux courent dans ses doigts autant que le jazz, son terrain de jeu. Sa musique affiche une tonicité rythmique remarquable. C’est celle de la musique khaliji, la musique du golfe persique qu’il est allé étudier à Dubaï où il a enregistré cet album, le troisième à paraître sous son nom. Jaillissant des peaux et des cymbales (les percussionnistes Wahid Mubarak et Ahmad Abdel Rahim, le batteur Khaled Yassine), des cordes du piano et de la contrebasse (Elie Afif), les rythmes font écho au temps où des esclaves africains furent amenés dans la péninsule arabique. Certains surprennent par leur parenté avec des rythmes afro-cubains, conférant à certaines compositions une réelle touche latino. Patrick Labesse
1 CD Edict Records/L’Autre Distribution.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-12">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Notre choix du soir. Ce thriller psychologique se distingue par son atmosphère et la qualité de son interprétation (sur Numéro 23 à 20 h 55).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

TV – « Les Oubliées » : le combat d’un gendarme obstiné

Notre choix du soir. Ce thriller psychologique se distingue par son atmosphère et la qualité de son interprétation (sur Numéro 23 à 20 h 55).



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h45
    |

            Sylvie Kerviel








                        


Série sur Numéro 23 à 20 h 55

Depuis le début des ­années 1990, six jeunes filles ont disparu près de Boulogne-sur-Mer, dans la région des Hauts-de-France. Six jeunes filles graciles à la longue chevelure blonde. A chaque fois, leurs habits, lavés et soigneusement repassés, ont été retrouvés pliés et enveloppés dans un sac en plastique transparent, sur un banc public. Dans chaque paquet, entre les vêtements, une statuette en porcelaine blanche représentant la Vierge Marie.
« Oubliées », ces disparues ne le sont pas pour le capitaine Christian Janvier (Jacques Gamblin), hanté par ces affaires sur lesquelles il enquête depuis quinze ans. Lâché par sa hiérarchie, qui ­estime que l’acharnement du gendarme à tirer au clair ces ­histoires est devenu obsessionnel, Janvier continue néanmoins son combat. Les portraits des six jeunes filles sont affichés sur le mur en face de son bureau. ­Chaque jour, il les scrute et les ­observe, remonte mentalement le fil des enquêtes dans l’espoir de trouver l’élément qui le mènera au coupable et lui permettra de se libérer de ces visages.
« Je comprends qu’à force de les voir depuis quinze ans on soit un peu space », s’exclame d’ailleurs le jeune officier (Fabien Aïssa ­Busetta) qui débarque un matin dans le bureau du capitaine pour le seconder dans l’enquête, alors qu’une septième jeune fille « âgée de 18 ans, blonde à la peau claire », est portée disparue. « Space, je suis space, moi ? », ­rétorque Janvier. « Je ne sais pas, c’est ce que tout le monde dit », ­répond la nouvelle recrue.
Un capitaine un peu « spécial »
De fait, solitaire, guère expansif et sujet à des « absences », le capitaine est un peu « spécial ». C’est une chance pour une série de mettre en scène une telle complexité, la durée autorisant l’étude approfondie d’un personnage. « Dans beaucoup d’affaires criminelles, on retrouve souvent un homme seul, qui enquête depuis plusieurs années sur une affaire et qui s’est mis en danger dans sa vie personnelle et professionnelle. C’est ce que j’avais envie de raconter, expliquait Hervé Hadmar, en 2008, lors de la première diffusion des Oubliées. La figure du flic bourru, mal rasé, solitaire, qui rentre chez lui pour avaler une pizza froide et boire une bière, on la connaît par cœur. Je préférais mettre en scène un gendarme, un militaire, qui a reçu une formation pour maîtriser la situation, mais qui finalement se perd. »
A l’écran quasiment à chaque plan, Jacques Gamblin, visage émacié, regard profond, incarne avec justesse cet homme obstiné, possédé par son enquête. A son côté, Fabien Aïssa Busetta campe un « bleu » maladroit et un peu gauche, mais dont le côté rationnel contrebalance les aspects lunaires de son acolyte.

   


Cette série qu’Hervé Hadmar a réalisée – et coécrite avec Marc Herpoux – se distingue par la qualité de sa réalisation (belle image froide aux tons bleutés), de son scénario et de son interprétation. Elle est également servie par une bande musicale subtile signée Eric Demarsan (Le Cercle rouge et L’Armée des ombres, de Jean-Pierre Melville, Section spéciale, de ­Costa-Gavras). Les Oubliées est un thriller psychologique qui tient en haleine jusqu’à la toute fin du sixième et dernier épisode.
Les Oubliées, série créée par Hervé Hadmar et Marc Herpoux. Avec Jacques Gamblin, Fabien Aïssa Busetta, Arsène Jiroyan (Fr., 2007, 6 × 52 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-13">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La cuvette en or (18 carats), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Donald Trump refuse le trône doré de Maurizio Cattelan

La cuvette en or (18 carats), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h41
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

L’œuvre d’art de Maurizio Cattelan, une cuvette de toilettes en or massif, n’aurait pas déparé dans l’intérieur de Donald Trump. Après tout, le président des Etats-Unis a déjà fait installer des robinets et des lavabos plaqués or 24 carats dans son jet à 100 millions de dollars. Mais il a refusé d’installer l’œuvre America dans ses appartements privés de la Maison Blanche. Peut-être à cause de son horreur des microbes ? La cuvette en or (18 carats seulement), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes lorsqu’elle a été exposée au Guggenheim, dans les toilettes « genre neutre » du ­cinquième étage du musée new-yorkais…
Cette histoire, telle qu’elle est dévoilée dans le quotidien Washington Post, a d’abord commencé autour d’un Van Gogh. Il est d’usage pour les présidents américains d’emprunter des œuvres d’art pour orner leurs appartements de la Maison Blanche – le couple Obama avait ainsi choisi Mark Rothko and Jasper Johns. Le couple Trump avait jeté son dévolu sur un Paysage enneigé (1888) peint par Vincent Van Gogh à Arles et détenu par le Guggenheim.

« Un prêt à long terme »
Mais la conservatrice en chef du musée, Nancy Spector, a refusé, arguant que le tableau était en route pour Bilbao. Elle a proposé de le remplacer par les toilettes en or de Maurizio Cattelan, sous forme d’« un prêt à long terme ». La conservatrice a ­précisé : « Il s’agit, bien sûr, d’une œuvre extrêmement précieuse et quelque peu fragile, mais nous fournirions toutes les instructions pour son installation et son entretien. » La Maison Blanche n’a pas donné suite à son courriel. La conservatrice, connue pour ses prises de position sur les réseaux sociaux, avait déjà ­salué l’élection de Donald Trump par une œuvre d’art, en publiant ce jour-là sur son compte Instagram une photo prise par Robert Mapplethorpe d’un drapeau américain déchiqueté par le vent.
L’artiste Mauricio ­Catte­lan, auteur...




                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-14">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ « Paysage enneigé » de Van Gogh n’étant pas disponible, la directrice artistique du Musée Guggenheim a proposé une œuvre satirique de Maurizio Cattelan : des toilettes en or 18 carats.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/01/27/19-15">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Sélection livre : les musiques de l’Algérie par le chanteur Taoufik Bestandji

Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h32
    |

                            Patrick Labesse








                        


S’il existe des publications sur les musiques de l’Algérie, un livre faisant le tour de la question restait à écrire. Le musicien et chanteur algérien Taoufik Bestandji, installé en France depuis plus de vingt-cinq ans, spécialiste du malouf, la musique arabo-andalouse de Constantine, sa ville natale, s’est mis au travail. Conçu à partir de ses notices de disques, augmentées et organisées dans un ordre raisonné, cet ouvrage ne prétend pas à l’exhaustivité. Des composantes contemporaines n’y sont pas abordées, telles que les musiques actuelles sous influences occidentales (pop-rock, reggae, jazz, hip-hop, électro…). Ce petit livre n’en reste pas moins utile pour découvrir la richesse musicale de l’Algérie.
« La musique rurbaine »
L’auteur y aborde ce qu’il nomme « le fait musical berbère » aussi bien que la musique des Touareg, les musiques et danses des Berbères-Chaouia du massif de l’Aurès comme celles du grand Sahara (« mixage de l’élément arabe, notamment hilalien, et de l’élément africain »), avant de s’arrêter sur « la musique rurbaine », celle « qui intègre et reflète les phénomènes d’acculturation liés notamment à l’installation de populations allogènes à la périphérie des grandes villes ». Toute musique dite asri (littéralement, « moderne ») relève selon lui de cette catégorie, notamment le raï dans les années 1990. En faisant allusion à la musique des communautés non musulmanes, Taoufik Bestandji insiste aussi sur le rôle essentiel qu’ont joué les juifs dans la musique des cités algériennes.
Reposant sur le concept de noubas, des suites vocales et instrumentales, l’arabo-andalou, né dans l’Andalousie musulmane a donné naissance à des genres annexes tels le hawzi, le mahjouz et le chaâbi, « le genre musical le plus populaire d’Alger et de ses environs ». Taoufik Bestandji consacre encore de longs passages au malouf, l’arabo-andalou de Constantine. Arrière-petit-fils de Cheikh Abdelkrim Bestandji, qui enseigna cet art à Raymond Leyris (le futur Cheikh Raymond, tué par balle le 22 juin 1961), il est lui-même reconnu comme un des maîtres du malouf.

   


L’Algérie en musique, de Taoufik Bestandji, L’Harmattan, 123 p., 14,50 €.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-16">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Notre choix du soir. Manuel Herrero a suivi le quotidien du navigateur, de sa préparation autour du monde en solitaire, jusqu’à son arrivée en décembre (sur Planète + A & E à 21 heures).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

TV – « François Gabart, l’étoffe d’un champion »

Notre choix du soir. Manuel Herrero a suivi le quotidien du navigateur, de sa préparation autour du monde en solitaire, jusqu’à son arrivée en décembre (sur Planète + A & E à 21 heures).



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h30
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        


Documentaire sur Planète + A & E à 21 heures

   


Le 17 décembre 2017, François Gabart battait le ­record du tour du monde en solitaire en 42 jours, 16 heures et 40 minutes. Soit 6 jours et 10 heures de moins que le précédent, détenu par le navigateur Thomas Coville. Cette performance n’aurait pu être accomplie sans les longs mois de préparation sportive et technique qui l’ont précédée, ainsi que nous le fait découvrir le journaliste ­Manuel Herrero.
Dans le cockpit du skippeur
Tout commence à Lorient en mars 2017 où est entreposée, dans un hangar, la formule 1 des mers de François Gabart. Ce ­dernier profite de l’hiver, période de trêve des navigateurs, pour faire, avec ses équipes, le ­contrôle technique de son ­bateau. Un trimaran (bateau à trois coques) immense. Trente-deux mètres de long pour 23 de large et 35 de hauteur.
Autrefois, un tel engin se pilotait avec un équipage. François Gabart, lui, s’y colle tout seul. La tâche est rude, puisqu’une telle embarcation navigue à une ­vitesse de 25 à 30 nœuds en moyenne, soit un peu moins de 60 km/h (en langage terrien). Ces données précisées, nous voilà embarqués, avec le skipper, dans le cockpit où il cuisine et tourne la majeure partie de ses vidéos ainsi que dans la cabine où il dort, très peu selon lui.

   


La visite n’est qu’un préambule. Car vient le moment de la remise à l’eau du multicoque et le début des entraînements. Le vainqueur du Vendée Globe 2012-2013 devant participer avec son équipage à la course The Bridge 2017, qui voit plusieurs multicoques affronter le Queen-Mary 2 (l’un des plus grands paquebots du monde), dans une épreuve reliant Saint-Nazaire à New York.
Au-delà du quotidien d’un grand sportif, c’est le portrait d’un homme de 34 ans que ­Manuel Herrero parvient à dresser dans son documentaire, à travers notamment des images d’archives et des témoignages, dont celui de Michel Desjoyeaux, juré de François Gabart à l’époque où il intègre en 2008 le ­centre d’entraînement Finistère course au large. Une amitié ­naîtra d’ailleurs entre les deux hommes, sur terre comme en mer, jusqu’à ce que l’élève finisse par dépasser le maître. Sans rien altérer.
François Gabart, l’étoffe d’un champion, de Manuel Herrero (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-17">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La Brussels Art Fair se tient jusqu’au 4 février avec 134 antiquaires et marchands de tableaux.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


De l’antiquité à l’art contemporain, le bazar chic de la Brafa de Bruxelles

La Brussels Art Fair se tient jusqu’au 4 février avec 134 antiquaires et marchands de tableaux.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 16h28
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

La rencontre des rois mages et une toile monochrome lacérée sur le même stand, c’est ça, la Brafa. La première est un tableau de l’école de Bernardino Pinturicchio (1454-1513), la seconde est de Lucio Fontana (1899-1968) et elles sont toutes deux proposées à la vente par la galerie Tornabuoni, qui affirme ainsi sa spécialisation dans l’art italien. Quant à la spécificité de la Brafa (Brussels Art Fair), c’est de ne point en avoir : les 134 antiquaires et marchands de tableaux présents jusqu’au 4 février dans les halls de Tour et Taxis à Bruxelles mélangent allègrement les genres, de l’Antiquité classique à l’art contemporain, des arts premiers à la bande dessinée. Un grand ­bazar, mais très chic, où l’humour – on est en Belgique – n’est pas absent, comme dans cette sculpture crapuleuse à souhait de Wang Du chez Albert Baronian, ou ces tableaux de Geluck, le père du Chat, chez Huberty & Breyne.

On évitera toutefois d’y emmener les enfants, sauf à devoir ­répondre à la question : « Qu’est-ce qu’ils font, les gens dans l’assiette ? » lorsqu’ils découvriront chez Bagot, antiquaire venu de Barcelone, cet exceptionnel kylix, une coupe à boire grecque, céramique à figures rouges du Ve siècle avant notre ère, représentant une très gaillarde scène de sodomie. Ou à cette autre : « Qu’est-ce qu’il y a derrière les rideaux ? », lorsque les bambins seront confrontés aux vitrines occultées de Christo, une pièce ancienne rarement montrée. La réponse est « on ne sait pas » : c’est ce qui fait tout l’intérêt de l’œuvre, mais ce n’est pas ce que les enfants souhaitent entendre…
Une ambiance décontractée
C’est cette diversité et cette ambiance décontractée – on est aux antipodes de l’atmosphère compassée ordinairement de mise en ce type de manifestations, les parisiennes surtout – qui font le succès de la foire de Bruxelles, laquelle, fondée en 1956, croît régulièrement, passant ces cinq ­dernières années de 41 000 à...




                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-18">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A la Comédie-Française, Chloé Dabert s’empare d’une des pièces testamentaires de l’auteur.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une mise en scène surprenante dans la maison lagarcienne

A la Comédie-Française, Chloé Dabert s’empare d’une des pièces testamentaires de l’auteur.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 18h03
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Elles sont là, cinq femmes, seules dans la maison avec un jeune homme qui, à peine réapparu, est déjà presque disparu, un homme jeune encore, revenu là, à l’heure de mourir, dans cette maison qu’il avait fuie et où ne restent que les femmes, la grand-mère, la mère et les trois sœurs. C’est L’Aînée, ainsi nommée dans la pièce, qui parle d’abord : « J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne./Je regardais le ciel comme je le fais toujours, comme je l’ai toujours fait. (…)/J’étais là, debout, et j’attendais que la pluie vienne, qu’elle tombe sur la campagne, les champs et les bois et nous apaise./J’attendais./Est-ce que je n’ai pas toujours attendu ? »
Ainsi commence-t-elle, cette pièce qui est une des plus belles de tout le répertoire contemporain, et une des trois œuvres testamentaires, avec Juste la fin du monde et Le Pays lointain, écrites par Jean-Luc Lagarce avant de mourir du sida, en 1995, à l’âge de 38 ans. Ainsi commence-t-elle, dans la somptuosité d’une langue unique, celle d’un auteur au sens plein du terme qui, avec les années, n’a cessé de s’imposer à l’égal d’un Tchekhov de notre temps.
Un beau quintette d’actrices : Cécile Brune, Clotilde de Bayser, Suliane Brahim, Jennifer Decker et Rebecca Marder
Aujourd’hui, Jean-Luc Lagarce est redécouvert par une nouvelle génération de metteurs en scène. Sans parler du film réalisé par ­Xavier Dolan à partir de Juste la fin du monde, qui n’a que peu en commun avec l’esprit de la pièce, on peut voir cette saison en France Le Pays lointain, mis en scène par Clément Hervieu-­Léger, jeune sociétaire de la troupe de la Comédie-Française.
A la Comédie-Française justement, dans sa salle du Vieux-Colombier, c’est une des metteuses en scène qui monte, Chloé ­Dabert, 41 ans (elle présentera Iphigénie au prochain Festival d’Avignon), qui aborde les rivages lagarciens. Avec une vision bien personnelle, et un beau quintette...




                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-19">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’édition 2018 du Festival d’Angoulême met à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


BD : manga, la French connection

L’édition 2018 du Festival d’Angoulême met à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 06h39
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

Jamais Angoulême n’a autant révéré le manga. Si le Festival international de la bande dessinée (FIBD) a, par le passé, rendu hommage à quelques grands maîtres du genre ou même récompensé le génial Katsuhiro Otomo (Akira) en lui attribuant un Grand Prix en 2015, l’édition 2018 de la manifestation, qui se tient jusqu’au dimanche 28 janvier, affiche une programmation d’une ambition sans précédent à l’égard du 9e art nippon, avec des expositions consacrées au « dieu du manga », Osamu Tezuka (Astro Boy), à Naoki Urasawa (Le Monde du 26 janvier) ou à la série à succès Fairy Tail.


Un choix artistique qui accompagne une véritable tendance de fond et qui fait de la France le deuxième marché du manga derrière le Japon. En témoignent des chiffres 2017 qualifiés d’« exceptionnels », « peut-être même record », par de nombreux acteurs de ce secteur en pleine effervescence. Il s’est vendu 15 millions de BD japonaises l’an dernier dans l’Hexagone, pour un chiffre d’affaires global de plus de 115 millions d’euros et une progression des volumes de ventes, pour la troisième année consécutive, de 9,8 %. Sur les cinquante albums de bande dessinée les plus vendus en 2017 dans le pays, dix-huit sont des mangas.

D’abord publié de façon sporadique dans des fanzines et des magazines spécialisés, le manga fait son apparition en France au début des années 1990 avec Akira, le chef-d’œuvre SF de Katsuhiro Otomo, qui offre à la BD japonaise son premier rayonnement en Occident. La télévision, à travers la diffusion de dessins animés japonais comme Cobra, Dragon Ball ou Nicky Larson, a continué d’aiguiser l’appétit des lecteurs français. Le genre ne cessera de s’enraciner jusqu’à représenter un tiers des BD éditées sur le territoire aujourd’hui.

L’audience du manga s’étend actuellement bien au-delà de la sphère jeunesse et adolescente....




                        

                        


<article-nb="2018/01/27/19-20">
<filnamedate="20180127"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180127"><AAMMJJHH="2018012719">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Manga : de Paris à Tokyo, l’art de l’acclimatation

Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h19
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

L’année 2018 sera-t-elle celle de la création originale de mangas ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs éditeurs français, qui espèrent faire prospérer les talents qu’ils ont dénichés. Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences : les maisons françaises négocient avec les ayants droit japonais l’exploitation des séries sur leur territoire. De plus en plus, cependant, certaines essaient de passer outre ce système en éditant leurs propres artistes et séries.

C’est notamment le cas de l’éditeur Ki-oon qui, dès son lancement, en 2004, a parié sur des auteurs de manga non publiés au Japon et collabore directement avec une dizaine d’auteurs nippons. « Une partie des auteurs japonais ne collent pas à 100 % aux goûts locaux, mais ils peuvent intéresser un lectorat européen. Le premier mangaka indépendant que l’on a recruté est Tetsuya Tsutsui, avec Duds Hunt. Il avait été rejeté par les éditeurs japonais, notamment parce que le héros de son histoire était le méchant », explique ­Ahmed Agne, le fondateur de Ki-oon. Le pari s’est avéré fructueux : une dizaine d’années plus tard, et de façon inédite, Shueisha, une prestigieuse maison d’édition japonaise, approchera Ki-oon pour obtenir les droits d’exploitation de Prophecy, une autre série de Tetsuya Tsutsui.

Mais c’est aussi du côté des auteurs français de manga que les éditeurs cherchent désormais. Une vague de mangakas nationauxa commencé à émerger, certes difficilement, dans les années 2000, qui prend actuellement de l’ampleur. Reno Lemaire a été le premier à s’illustrer avec Dreamland (paru en 2006 chez Pika Edition), ­récit fantastique d’un adolescent montpelliérain qui rejoint le monde des rêves à la nuit tombée.
Le public ne considère plus systématiquement qu’un bon manga doive impérativement venir du Japon
Aujourd’hui, alors que le public ne considère plus systématiquement...




                        

                        

