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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le conseil national du parti Les Républicains, samedi, a été le théâtre d’une passe d’armes entre Valérie Pécresse et le président du parti de droite.
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Au conseil national de LR, Laurent Wauquiez face à la fragile unité de son parti

Le conseil national du parti Les Républicains, samedi, a été le théâtre d’une passe d’armes entre Valérie Pécresse et le président du parti de droite.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 18h20
    |

            Olivier Faye








                        


L’heure n’est pas encore à la sérénité chez Les Républicains (LR). Le conseil national du parti de droite, qui se réunissait, samedi 27 janvier, à Paris, pour la première fois depuis l’élection de Laurent Wauquiez comme président de LR, a été le théâtre d’une passe d’armes entre ce dernier et ses opposants internes, Valérie Pécresse en tête.
Alors que le président du conseil national, l’ancien centriste Jean Leonetti, s’exprimait à la tribune, la présidente de la région Ile-de-France a fait une entrée remarquée dans l’auditorium de la Maison de la Mutualité, sous les acclamations de ses partisans, qui se trouvaient dans son sillage.

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Cette mise en scène n’a pas manqué d’agacer M. Leonetti, tout comme une partie de la salle, qui a hué Mme Pécresse. Laurent Wauquiez est alors monté à la tribune pour tenter de calmer les esprits, et faire applaudir sa rivale. « Ces huées, c’est mauvais pour Wauquiez », commentait après coup un proche de la présidente de la région Ile-de-France. « Sans l’intervention de Laurent, elle sortait avec le goudron et les plumes », estimait de son côté un soutien de M. Wauquiez.
De fait, le discours prononcé à la tribune par Mme Pécresse, quelques minutes plus tard, n’a pas contribué à calmer les esprits. Présentant la candidature de son mouvement, Libres, pour qu’il devienne parti associé de LR, l’ancienne conseillère de Jacques Chirac a soulevé de nouvelles huées en assurant qu’« aujourd’hui, il y a deux droites ». « Il y a une droite plus conservatrice et une droite plus progressiste. Une droite plus protectionniste et une droite plus ouverte. Une droite plus eurosceptique et une droite plus européenne », a estimé celle qui revendique de fédérer la droite modérée au sein de LR face à M. Wauquiez.
Le ton très droitier de Wauquiez
Une fois encore, le président de LR est remonté à la tribune dans la foulée. « Il y a une droite. Elle peut être diverse, mais il y a une droite, une seule droite », a-t-il martelé. Ce qui ne l’a pas empêché de défendre la cause du mouvement de Mme Pécresse auprès du conseil national, ajoutant, doucereux : « sa voix est attendue quand elle travaille dans une équipe commune, et qu’elle ne tire pas contre son camp ». « Venir ainsi provoquer les cadres et les élus, c’est juste un non-sens », considère de son côté un proche de M. Wauquiez, raillant une « stratégie politique incohérente » de la part de Mme Pécresse et un « naufrage ». « C’est l’ego qui domine », juge quant à elle Lydia Guirous, porte-parole de LR.

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Dans son propre discours, prononcé en conclusion de la journée, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a quant à lui assumé un ton franchement droitier, fidèle à sa campagne interne pour prendre la présidence de LR, à l’automne 2017. « Je n’ai pas changé et je ne changerai pas », a-t-il d’ailleurs assumé. « Il faut réduire de façon drastique l’immigration, avant qu’il ne soit trop tard », a assuré l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui revendique de partir à la conquête des électeurs du Front national.
Fustigeant sans relâche la politique du gouvernement, il a estimé qu’« Emmanuel Macron capitule face à l’insécurité ». « Il n’y a plus d’autorité, il n’y a plus de crainte, il n’y a plus de respect. Aujourd’hui, ce sont les voyous qui imposent leur loi, a-t-il ajouté. Et que fait le gouvernement Philippe ? Rien. » À ce volet « régalien », le président de LR a aussi ajouté un volet « social », jurant vouloir sien le mot de « justice ». « Ce n’est pas un mot qui appartient à la gauche », a-t-il avancé. Et d’assurer vouloir pérenniser l’assurance maladie et s’emparer du sujet du handicap.
Pendant ce temps-là, le juppéiste Maël de Calan, ancien adversaire de M. Wauquiez dans la course à la présidence de LR, a enchaîné de son côté les déclarations auprès des journalistes pour se plaindre de la faible place qui lui a été accordée au sein des instances du parti. « On va structurer une forme d’opposition en interne, qui pèse un gros tiers », prévient-il. « Deux trois essayent de faire un petit buzz à l’extérieur, personne ne l’entend à l’intérieur », réplique Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais. Les réjouissances ne font décidément que commencer pour Laurent Wauquiez.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Selon nos informations, le parquet de Paris a rouvert une enquête sur une accusation de viol visant Gérald Darmanin pour des faits datant de 2009, que l’intéressé conteste catégoriquement.
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Edouard Philippe maintient sa confiance à Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol

Selon nos informations, le parquet de Paris a rouvert une enquête sur une accusation de viol visant Gérald Darmanin pour des faits datant de 2009, que l’intéressé conteste catégoriquement.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 16h52
   





                        



   


Gérald Darmanin, ministre des comptes publics visé par une plainte pour viol, conserve « toute la confiance » d’Edouard Philippe, a assuré samedi 27 janvier Matignon dans un communiqué envoyé à plusieurs médias.
« La justice est à nouveau saisie et elle doit pouvoir travailler en toute indépendance. Le premier ministre tient à rappeler d’une part que les règles fixant l’appartenance au gouvernement sont connues et d’autre part que M. Darmanin a toute sa confiance. »
Selon des informations du Monde, le parquet de Paris a rouvert une enquête sur une accusation de viol visant Gérald Darmanin pour des faits datant de 2009 que l’intéressé conteste catégoriquement. Cette décision fait suite à l’envoi en janvier d’un nouveau courrier par la plaignante, Sophie Spatz, qui accuse M. Darmanin de l’avoir violée alors qu’elle sollicitait de l’aide dans une affaire judiciaire.

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                L’accusation d’une femme contre Gérald Darmanin



Une enquête rouverte le 22 janvier
Selon l’avocat du ministre, Mathias Chicheportich, ces accusations « ne traduisent qu’une intention de nuire ». En juin 2017, M. Darmanin, âgé aujourd’hui de 35 ans, avait déjà déposé une plainte en dénonciation calomnieuse dans cette affaire.
Le 15 janvier, c’est le ministre lui-même qui avait révélé avoir fait l’objet au printemps 2017 d’une enquête préliminaire à la suite d’une lettre l’accusant, selon lui, « d’abus de faiblesse, d’abus de pouvoir, voire de viol ». Cette enquête avait d’abord été close en juillet 2017, la plaignante n’ayant pas répondu aux convocations des enquêteurs qui souhaitaient l’entendre.
Mais cette femme, âgée de 46 ans selon nos informations, a relancé les investigations en janvier en adressant un nouveau courrier au parquet de Paris. L’enquête, confiée à la police judiciaire, a été rouverte le 22 janvier et la plaignante a été entendue le 25.  
Interrogé en janvier sur sa réputation de « dragueur lourd », le ministre avait reconnu « avoir pu être léger », « avoir envoyé des SMS un peu lourds » et « avoir pris des vents ».
Dans le texte communiqué samedi à plusieurs médias, Matignon indique que « M. Darmanin a été d’une totale transparence vis-à-vis des faits ». « Il a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et avait déjà répondu aux questions d’un autre quotidien français qui enquêtait sur les mêmes faits, rapporté au premier ministre l’accusation dont il faisait l’objet et avait révélé lui-même l’affaire sur Franceinfo et constaté que l’affaire avait été classée. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le « tout sauf Zeman » de son rival, le pro-européen Jiri Drahos, n’aura pas suffi à faire de l’ombre au président populiste sortant.
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Le président tchèque prorusse Milos Zeman largement réélu

Le « tout sauf Zeman » de son rival, le pro-européen Jiri Drahos, n’aura pas suffi à faire de l’ombre au président populiste sortant.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 18h49
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


L’arithmétique aurait dû offrir une large victoire au candidat proeuropéen Jir Drahos. Mais la politique n’est pas affaire de sciences et le président tchèque sortant prorusse, Milos Zeman, a été reconduit par les électeurs, samedi 27 janvier, avec 51,4 % des suffrages.
Quatre candidats du premier tour avaient pourtant accordé leur soutien au chimiste retraité âgé de 68 ans, peu charismatique et issu de la société civile, qui pensait pouvoir capitaliser sur le rejet que suscite le chef de l’État, en mauvaise santé et adepte des alcools forts, chez une partie des électeurs. Il n’a pas réussi à rassembler suffisamment et ne recueille que 48,6 % des voix dans ce pays d’Europe centrale qui compte 10,5 millions d’habitants et a rejoint l’Otan, tout comme l’Union européenne.

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Plébiscité dans les villes moyennes et les campagnes
« Les cinq prochaines années seront mobilisées par le travail et je m’en réjouis », a affirmé M. Zeman après l’annonce de sa victoire. « Je promets de travailler autant qu’avant. » Le président doit sa victoire aux villes moyennes et aux campagnes, où les personnes touchant les revenus les plus bas l’ont plébiscité. M. Drahos, lui, a fait le plein des voix dans la capitale et chez les plus diplômés.
« Jiri Drahos n’a pas vraiment tendu la main aux électeurs des candidats du premier tour qui avaient appelé à voter pour lui et c’est une erreur », affirme le politologue Jiri Pehe. « Il semble que certains d’entre eux aient préféré rester chez eux ou même aient voté pour le président sortant. Par ailleurs, le manque d’expérience politique de M. Drahos lui a sans doute fait perdre des points pendant les deux débats télévisés, au cours desquels il n’a pas été très bon. »
Les Tchèques ont préféré s’en remettre à ce qu’ils connaissent : avant de s’afficher aux côtés de Donald Trump, jusqu’à vouloir que Prague reconnaisse à son tour Jérusalem comme étant la capitale d’Israel, Milos Zeman, 73 ans, a été l’une des figures de la transition de 1989.

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                En Moravie, les Tchèques « d’en bas » votent Zeman



Rejet de l’immigration et de l’islam
Gros fumeur, il est marié à son ancienne secrétaire, de plus de vingt ans sa cadette et a l’insulte facile lorsqu’il s’agit de ses opposants. Il a fait émerger la sociale-démocratie dans le pays, avant de présider le parlement et de diriger le gouvernement entre 1998 et 2002. Il a ensuite été le premier président élu au suffrage universel direct, en 2013, rassemblant 54,8 % des suffrages.
Depuis, il s’est rapproché de la Russie – soutenant par exemple l’annexion de la Crimée par Moscou – et de la Chine. Il a misé toute sa campagne sur le rejet de l’immigration et de l’islam, s’opposant à l’adoption de quotas obligatoires de réfugiés. Car selon lui, l’afflux de migrants vers l’Europe est une « invasion » organisée par les frères musulmans. Il a aussi soufflé le chaud et le froid, concernant l’adoption par son pays de la monnaie commune : la République tchèque compte toujours en couronnes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Invisible depuis la France, cette éclipse sera observable en Asie, en Océanie et également en Amérique du Nord.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Artisans de la victoire du président américain, ces milliardaires agissent dans l’ombre pour imposer leur vision ultranationaliste de l’Amérique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤             
Les Mercer, bonne fortune de Donald Trump 
                  
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Le Monde
 |
                  26.01.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 17h10


Artisans de la victoire du président américain, ces milliardaires agissent dans l’ombre pour imposer leur vision ultranationaliste de l’Amérique.

Par             Gilles Paris (Washington, correspondant)





                     
La rareté se fait rare, c’est ce qui donne du poids à la parole des Mercer. Un glacial communiqué leur a suffi pour rompre, le 4 janvier, avec l’ancien conseiller stratégique de Donald Trump, Stephen Bannon, qui avait accompagné depuis cinq ans leur entrée dans le monde exclusif des mégadonateurs de la campagne. Les mots ont tranché les liens du passé comme un couperet.
Le président avait condamné celui qui lui prédisait une chute inéluctable dans le livre Le Feu et la Fureur. Trump à la Maison Blanche, de Michael Wolff (à paraître en France le 22 février chez Robert Laffont). Les Mercer ont exécuté leur sentence. Quatre jours plus tard, Stephen Bannon était invité à quitter Breitbart News, dont ils sont propriétaires. A la tête du site ultranationaliste depuis cinq ans, il en avait fait le navire amiral de son projet de purification du Parti républicain.

La rareté, pour Robert Mercer, 71 ans, a été érigée depuis longtemps en système. Dans un article publié par le Wall Street Journal en 2010, il se disait déjà heureux de pouvoir mener sa vie « sans avoir à dire quoi que ce soit à personne ». En 2014, recevant un prix, il avait ajouté que, pour lui, « parler une heure » à cette occasion, « c’est plus qu’habituellement en un mois ».
La discrétion pour politique
Lorsque Donald Trump, élu, est venu remercier ses généreux donateurs le 3 décembre 2016, à l’occasion du bal costumé annuel donné, depuis 2009, dans leur demeure luxueuse de Long Island, il a assuré avoir eu la plus longue conversation de sa vie avec le milliardaire à qui il avait arraché « deux mots ». Un hommage remarqué à celui qui fuit les médias comme la peste et qui a avancé des mois durant sous les radars de la politique américaine.
Lorsque les grandes manœuvres s’engagent au sein du Parti républicain dès le lendemain des élections de mi-mandat de 2014, les regards se tournent mécaniquement vers le Kansas et Wichita,...





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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Après sa défaite face à Lyon, le Paris Saint Germain se rassure face à Montpellier, grace aux buts de Cavani, désormais meilleur buteur de l’histoire du club, Neymar et Di Maria.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Sous ses airs de Joconde, la comédienne sait tout jouer, y compris la partition durassienne de « La Douleur », adaptée au cinéma par Emmanuel Finkiel.
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Un apéro avec Mélanie Thierry : « Je serai toujours une banlieusarde »


                      Sous ses airs de Joconde, la comédienne sait tout jouer, y compris la partition durassienne de « La Douleur », adaptée au cinéma par Emmanuel Finkiel.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h40
    |

            Laurent Carpentier








                              

                        

Ça a mal commencé. Je tenais ouverte la porte de la salle de cinéma où démarrait l’avant-première du film La Douleur, adapté du roman autobiographique de Marguerite Duras, que le réalisateur, Emmanuel Finkiel, et toute son équipe (Benjamin ­Biolay, Benoît Magimel, Grégoire Leprince-Ringuet…) venaient de présenter. Ils sortaient un à un, elle n’arrivait pas… Enfin, elle vint. Les yeux furieux, colère contenue, m’arrachant la porte pour la fermer impérieusement : « Y a du bruit, ce n’est pas possible. » Emotion intense de la première projection, Marguerite Duras veut regarder le début du film. Parce que là, ce soir, comme sur l’écran, Mélanie Thierry est cela et rien d’autre : Marguerite Duras.

On a pris le boulevard, direction le Harry’s Bar, rue Daunou, où elle a ses habitudes quand elle est dans le quartier de l’Opéra. « Je suis une nerveuse, dit-elle en commandant une bière. Je suis une banlieusarde, je n’arriverai jamais à le gommer. Tout à l’heure, cela m’a exaspérée, cette porte ouverte. Si on me cherche un peu, je redeviens celle-là. »
Un parfum de star
Il y a du monde, des Américains, des yuppies sortie de bureau, deux garçons de café de bonne tenue, en blanc. On nous regarde. Son look sans doute. Elle était en promo toute la journée. Talons aigus comme des aiguilles et décolleté vaporeux. Habits de travail qui ne la mettent pas à l’aise. Et puis, elle a beau s’en défendre, elle porte sur elle ce mystère qui est le parfum des stars.
L’idée lui paraît saugrenue : « J’ai l’air mystérieuse parce que je suis muette. Tout de moi reste à imaginer. » Elle parle comme à elle-même : « J’ai beaucoup de mal à m’exprimer. C’est pourquoi je me donne à mes rôles, à travers eux j’ai l’impression qu’on peut mieux me comprendre. Dans un personnage, on donne toujours une part de soi. Duras me permet d’assumer une dureté, d’assumer un égoïsme, une autorité, quelque chose de “pas aimable”. Quand...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ La tentative de rejoindre la Française Elisabeth Revol et le Polonais Tomek Mackiewicz, bloqués à 7 000 m sur un des plus hauts sommets pakistanais, a échoué, samedi, à cause du brouillard.
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Deux alpinistes européens en difficulté dans l’Himalaya

La tentative de rejoindre la Française Elisabeth Revol et le Polonais Tomek Mackiewicz, bloqués à 7 000 m sur un des plus hauts sommets pakistanais, a échoué, samedi, à cause du brouillard.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 17h32
   





                        



   


Deux alpinistes, Elisabeth Revol, une Française âgée de 37 ans, et Tomasz Mackiewicz, un Polonais de 43 ans, sont bloqués depuis vendredi 26 janvier sur le Nanga Parbat, au Pakistan, un des plus hauts sommets de l’Himalaya, à plus de 7 000 mètres d’altitude. D’une hauteur de 8 126 mètres, le Nanga Parbat est la neuvième plus haute montagne au monde.
Tomasz Mackiewicz serait dans un état critique, atteint de cécité des neiges et de mal de l’altitude. Avec Elisabeth Revol, ils tentent pour la troisième fois ensemble, de gravir ce sommet en hiver. Tous deux sont des alpinistes chevronnés, aguerris aux conditions hivernales.
Deux hélicoptères et quatre bénévoles
La solidarité s’est organisée dès les premières informations concernant les difficultés des deux alpinistes vendredi. Une collecte a été lancée sur un site de crowfunding, Gofundme.com, afin de réunir les fonds nécessaires à l’organisation d’un sauvetage par hélicoptère. Jusqu’à ce que le ministère des affaires étrangères polonais intervienne et fasse le relais avec les autorités pakistanaises. Deux hélicoptères de l’armée pakistanaise ont été mobilisés et quatre alpinistes polonais, qui effectuaient une ascension non loin, ont accepté bénévolement de se détourner pour participer aux opérations.

At 13:40 Pakistani time (9:40 Polish), two helicopters took four Polish climbers for rescue in #NangaParbat. Keep y… https://t.co/GCQeWrz7dV— EverestToday (@Everest Today)


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Samedi matin, Karrar Haidri, un haut responsable de la Fédération alpine pakistanaise, a fait savoir que les sauveteurs étaient prêts à transporter par voie aérienne les deux alpinistes européens bloqués. Les quatre volontaires polonais ont ensuite être transportés au camp de base de Nanga Parbat, à 5 000 m, pour ensuite grimper à la rencontre d’Elisabeth Revol – qui aurait débuté sa descente et se trouverait autour de 6 000 m – et de Tomasz Mackiewicz, resté à 7 000 .
Le mauvais temps, avec une température de moins 60 °C à la hauteur où les grimpeurs sont coincés, et le brouillard ont jusqu’alors empêché les hélicoptères de localiser les deux alpinistes. La nuit tombant au Pakistan, un hélicoptère devrait à nouveau décoller à 9 heures du matin heure locale, selon l’opérateur d’expédition au Pakistan. En attendant, la cordée de quatre alpinistes progresse au sol.

Only a Miracle can save Tomek-Rescue Operation to commence in full swing. https://t.co/jxndGApp6d #NangaParbat https://t.co/GvhNJ2ycen— EverestToday (@Everest Today)


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Samedi, la chaîne confie aux téléspectateurs le soin d’élire le candidat qui représentera la France à Lisbonne afin de fédérer le public autour du concours.
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La partition de France 2 pour réenchanter l’Eurovision

Samedi, la chaîne confie aux téléspectateurs le soin d’élire le candidat qui représentera la France à Lisbonne afin de fédérer le public autour du concours.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 17h11
    |

            Christine Rousseau








                        



Ils ne sont désormais plus que huit candidats à espérer décrocher leur billet pour ­Lisbonne où se tiendra, le 12 mai, le 63e concours de l’Euro­vision. Huit jeunes artistes à rêver d’inscrire, quarante-deux ans après Marie Myriam, leur nom au palmarès du célèbre télécrochet qui réunit, chaque année, près de 200 millions de téléspectateurs. Faisant de cet événement l’un des plus regardés au monde avec les JO et la Coupe du monde du football. Reste que, avant de tenter de séduire le public européen, il leur faudra d’abord ­convaincre les téléspectateurs de France 2 ­appelés à voter, samedi 27 janvier, lors de la finale de « Destination Eurovision ».

Inédit et ambitieux, ce mini-concours, lancé le 13 janvier, marque la volonté de la chaîne non seulement de fédérer le public autour d’un spectacle longtemps moqué et décrié, mais aussi de modifier l’image à l’étranger d’une France « mauvaise perdante », plus prompte à critiquer le concours qu’à se donner les moyens de le gagner.

Même si la mobilisation des Français pour l’Eurovision (20 à 25 % de part d’audience) demeure très en deçà de celle des Suédois (85 %) des Belges (60 %) ou des Espagnols (40 %), France Télévisions espère bien profiter du regain d’intérêt suscité, en 2016, par Amir, qui a permis à la France, après quelques années dans les profondeurs du classement, de se hisser dans le top 10, et de booster les audiences. Avec près de 5 millions de téléspectateurs, l’Eurovision a fait jeu égal avec la finale « The Voice » – diffusée sur TF1 –, le 14 mai 2016. « Amir a été réellement un déclencheur. Il a démontré que l’on pouvait se battre de nouveau à armes égales avec les autres pays. Surtout, il a réussi à capter un public plus large, plus jeune. C’était donc le bon moment pour lancer cette sélection nationale », explique Cyril Giraudbit, ­directeur délégué à l’antenne de France 2, qui souligne le travail ­accompli par ses prédécesseurs pour redynamiser l’Eurovision.

Notamment à partir de 2015, lorsque le concours est passé de France 3 à France 2. Un transfert payant puisque le programme, après avoir connu, lors des éditions 2013 et 2014, ses pires audiences en dix ans, les a doublées d’un coup en réunissant 4,4 millions de téléspectateurs. Et cela malgré le choix de Lisa Angell – qui terminera avant-dernière.
Trois soirées
De cette piètre épopée, Nathalie André, ex-directrice des divertis­sements de France 2, se souvient du peu d’entrain de la plupart des maisons de disques – « Je m’entendais dire, t’es gentille Nathalie, mais l’Eurovision, on s’en fiche » – et des efforts déployés pour diffuser en télévision comme en radio la chanson de Lisa Angell. « Malgré tout, nous sommes parvenus à réveiller les Français et, finalement, tout le monde, puisque l’année suivante, les labels et les majors tels que Sony ou Warner nous faisaient des propositions », parmi lesquelles Amir, passé par « The Voice ». « On a bénéficié de cette notoriété, concède Nathalie André, mais aussi d’un titre fort [J’ai cherché] qui, dès la première écoute, a ­convaincu les gens de l’Eurovision que nous étions de retour. »

Afin d’affirmer véritablement ce retour dans le concert des nations, France Télévisions a donc décidé de se mettre au diapason de l’Europe, en optant, comme la majorité des pays, pour une sélection nationale ouverte à tous où les ­téléspectateurs font entendre leur voix. Un choix défendu depuis deux ans par Edoardo Grassi, chef de la délégation française. « Quand j’ai soumis l’idée à Nathalie André, il était encore trop tôt. Nous sortions d’une période marquée par des ­résultats médiocres qui avaient nourri le désamour du public. Or, avant de produire des émissions de sélection, il fallait moderniser l’image de l’Eurovision », explique cet europhile bercé depuis l’enfance par le Festival de San Remo et fan du Melodifestivalen suédois. « Ce sont des sélections de qualité au sein desquelles n’importe quel artiste qui en sort vainqueur peut potentiellement gagner ou, tout du moins, obtenir un bon classement à l’Eurovision », précise Edoardo Grassi.

Après avoir confié à ITV Studio France le soin de produire trois soirées reprenant les codes de l’Eurovision (avec deux demi-finales arbitrées par un jury inter­national et un jury français, et une finale arbitrée par le public), France 2 a ouvert en juin 2017 un casting national. Celui-ci a ­attiré près de 1 500 candidatures – bien plus que n’en espérait la chaîne, selon Cyril Giraudbit – auxquelles se sont ajoutées cinquante autres en provenance des majors et label indépendants.

« Toutes les maisons de disques ont participé, nous adressant aussi des titres originaux, confirme Matthieu Grelier, directeur des programmes de ITV, qui explicite ses choix. Nous voulions un artiste ­susceptible de résister à la pression, de la diversité dans les styles, une fraîcheur musicale, mais aussi des chansons suffisamment fortes pour exister au-delà du concours. » Certains des titres sont signés par Zazie, Maître Gims ou Grand Corps Malade.

Sur les 200 artistes présélectionnés, 18 ont été retenus par un ­comité d’écoute comprenant des membres d’ITV et des dirigeants de France Télévisions. Mais cette ultime sélection n’a pas manqué de soulever des critiques, notamment sur la présence de candidats issus de télécrochets comme « The Voice », produit par ITV.
« Des artistes en devenir »
« C’est une fausse polémique, se défend Edoardo Grassi. Il y a plus de 1 000 artistes qui sont passés par cette émission depuis sa création en 2011 et bon nombre d’entre eux ont signé dans des maisons de disques, il était difficile de les esquiver. L’idée était de trouver des personnalités talentueuses qui puissent fédérer un public, indépendamment de leur parcours. » Rappelant que 7 sur 18 en sont issus (dont 3 désormais en finale), Matthieu Grelier précise que d’autres pays européens n’hésitent pas à envoyer des candidats issus de télécrochets à l’Eurovision, quand ce ne sont pas des programmes tel « Rising Star » en Israël ou « Operacion Triunfo » qui servent de sélection nationale. Avant d’ajouter : « Proposer en prime time des chansons inédites interprétées par des artistes en ­devenir est un vrai pari qui démontre que la France prend au sérieux l’Eurovision, en y consacrant des moyens, une exposition et un travail de recherche. »

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Si l’on ne sait pas encore qui, de Lixandro Cuxi, du duo Madame Monsieur ou encore de Malo obtiendra les faveurs du public, un vainqueur est déjà connu : ITV Studio France, qui verra s’affronter samedi soir deux de ses productions. A savoir « The Voice », de retour sur TF1, et « Destination Eurovision », dont l’avenir pourrait dépendre de cette « battle ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Delphine Batho a décidé d’engager une épreuve de force avec son parti. Olivier Faure semble favori pour devenir le prochain premier secrétaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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Incertitudes et tensions au PS avant le dépôt des motions pour le congrès

Delphine Batho a décidé d’engager une épreuve de force avec son parti. Olivier Faure semble favori pour devenir le prochain premier secrétaire.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 09h51
    |

            Abel Mestre








                        


Feu sur le quartier général. C’est peu ou prou l’état d’esprit de Delphine Batho avant le Conseil national du Parti socialiste (PS) du samedi 27 janvier. C’est là que doivent être enregistrés les textes d’orientation présentés par les candidats à la tête du parti. Et Mme Batho compte bien perturber l’ordonnancement des choses. Elle devait déposer ce que jadis on appelait une « motion », contrevenant avec les règles fixées par le PS.
Depuis plusieurs jours, la députée des Deux-Sèvres vilipende son parti, le qualifiant tour à tour de « mafia » et d’organisation « où la tricherie a été érigée en système ». Mme Batho soupçonne des irrégularités lors du vote concernant les modalités d’organisation du congrès, approuvées par les militants. L’ancienne ministre avait dénoncé un « coup d’Etat statutaire » et déposé un référé le 19 janvier. Elle estimait être empêchée d’être candidate. Le tribunal de grande instance de Paris l’a débouté de toutes ses demandes jeudi 25 janvier, donnant raison au parti.

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Au cœur de la fronde menée par Mme Batho, le nombre de seize parrainages (5 % du Conseil national) désormais nécessaires pour pouvoir déposer un texte d’orientation. Pour elle, peu importe le jugement du tribunal, elle présentera tout de même un texte d’orientation samedi, sans les signatures obligatoires.
« Je représente une candidature libre qui n’est pas celle d’un courant. Je ne veux pas avoir les seize parrainages, je ne propose pas la création d’un nouveau courant ou d’un nouveau clan, a-t-elle précisé jeudi lors d’une conférence de presse. Je n’envisage nullement de quitter le PS. Je n’ai rien à perdre, je suis blindée. »
Rachid Temal, le coordinateur du PS, essaye de son côté de calmer les choses : « Le jugement est très clair, nous avons respecté nos textes. J’appelle Delphine Batho à être respectueuse vis-à-vis des militants et de sortir des prétoires. » Que se passera-t-il samedi, lorsqu’elle déposera son texte d’orientation ? « Rien, répond le sénateur du Val-d’Oise. Son texte ne sera pas enregistré et la vie continue. »
La méfiance est de mise
Ces tensions avec Delphine Batho ne sont pas les seules difficultés que va devoir affronter le PS d’ici son congrès des 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). La méfiance est de mise entre les trois candidats issus de la majorité (Olivier Faure, Luc Carvounas et Stéphane Le Foll) où aucun rapprochement n’est, pour l’heure, envisagé. « On n’arrive même pas à caler un déjeuner avec les trois députés, se désole un membre de la direction. Le niveau de suspicion est hallucinant. »
La situation pourrait devenir encore plus illisible si Julien Dray, proche de François Hollande, décidait à se déclarer candidat à la tête du PS à la toute dernière minute. Pour l’instant, l’ancien responsable de la Gauche socialiste hésite à se lancer.

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Surtout, les choses commencent à se décanter et tous les socialistes constatent qu’Olivier Faure est le favori. Le président du groupe Nouvelle Gauche de l’Assemblée nationale voit se multiplier les soutiens de courants et de personnalités socialistes, réussissant à rassembler un spectre large, allant de Martine Aubry aux « strauss-kahno-rocardiens », et faisant de lui une sorte de point d’équilibre dans un parti traversé par une profonde crise d’identité. Certains candidats craignent même un raz-de-marée en sa faveur. « On pense qu’il réunira environ les deux tiers du Conseil national », prédit-on dans l’entourage de l’un de ses adversaires.
Certaines fédérations qui pourraient faire basculer l’élection du premier secrétaire penchent également en sa faveur. Il s’agit notamment des fédérations de Paris, du Nord, de Haute-Garonne et du Morbihan. « Comme la base électorale est réduite, le poids des fédérations s’en trouve augmenté, note un fin connaisseur du PS. Mais il y a aussi un ras-le-bol à la base. Les militants peuvent aussi ne pas respecter les consignes. » Le jeu est donc − un peu − ouvert malgré tout.
Que vont faire les hamonistes ?
Quelques incertitudes demeurent. Elles concernent deux courants, dont les spécialistes de la « vieille maison » ne savent pas encore vers quel candidat ils iront. Les hamonistes « maintenus », tout d’abord. Les amis de Benoît Hamon, restés dans le parti, hésitent entre soutenir Luc Carvounas − l’ancien lieutenant de Manuel Valls − ou Emmanuel Maurel, représentant de l’aile gauche du PS. Ils donneront leur préférence samedi matin. Le député du Val-de-Marne, qui adopte un discours de plus en plus à gauche depuis la campagne présidentielle, a les faveurs des cadres hamonistes. Mais la base, elle, est plus volatile.
Une tribune du courant hamoniste est parue mercredi sur le site de L’Obs, mais sans se prononcer sur un nom. Le texte se bornant à demander « de la clarté, de la lucidité et des idées neuves », un « devoir d’inventaire » sur le quinquennat Hollande et une « opposition sans ambiguïté » à Emmanuel Macron. M. Carvounas y a répondu, tendant ainsi la main aux camarades de l’ancien candidat à la présidentielle.

Dans une tribune publiée hier dans @lobs, dans le cadre de la préparation du prochain #CongrèsPS, de nombreux camar… https://t.co/brMDxs1wLo— luccarvounas (@Luc Carvounas)


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Pas sûr pour autant que les voix hamonistes soient à même de changer l’issue du vote : beaucoup de militants de ce courant ont suivi Benoît Hamon dans la constitution du Mouvement du 1er-juillet – devenu Génération. s depuis le 2 décembre 2017 –, et les troupes sont réduites en interne.
Enfin, les partisans de Jean-Christophe Cambadélis, ancien premier secrétaire, sont perdus. Les « Cambas » − c’est leur surnom − avaient un candidat naturel en la personne de Rachid Temal. Las ! Il ne s’est finalement pas porté candidat. L’idée est donc maintenant qu’il soit numéro deux du parti, poste qu’il a occupé à partir de 2015, sous le mandat de M. Cambadélis. Mais M. Temal pourrait faire les frais de la volonté de renouvellement, affichée notamment par Olivier Faure. Au PS, plus qu’ailleurs, il faut que tout change pour que rien ne change.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Un véhicule piégé a explosé samedi dans le centre de la capitale afghane. C’est le troisième attentat en Afghanistan en une semaine.
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Kaboul : 95 morts et plus de 150 blessés dans une attaque revendiquée par les talibans

Un véhicule piégé a explosé samedi dans le centre de la capitale afghane. C’est le troisième attentat en Afghanistan en une semaine.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 17h15
   





                        



   


L’explosion d’une ambulance piégée dans le centre de Kaboul a tué 95 personnes samedi 27 janvier et fait 158 blessés, selon le dernier bilan communiqué par le ministère afghan de la santé. L’attaque a été revendiquée rapidement par les talibans sur le service de messagerie WhatsApp. « Un martyr a fait sauter sa voiture piégée près du ministère de l’intérieur où se trouvaient de nombreuses forces de police », écrit Zabihullah Mujahid, un porte-parole des fondamentalistes.
« C’est un massacre », a affirmé sur Twitter Dejan Panic, coordinateur de l’ONG italienne Emergency spécialisé en chirurgie de guerre, qui a décompté au moins « sept morts et 70 blessés » dans son hôpital. La photo qui accompagne son message montre de très nombreuses victimes allongées dans les couloirs et sous les préaux de l’établissement.
Niveau d’alerte extrême
L’explosion, d’une très forte intensité, s’est produite devant l’un des barrages protégeant l’accès à une avenue qui conduit à plusieurs institutions : des bureaux du ministère de l’intérieur, le siège de la police, la délégation de l’Union européenne et le lycée pour filles Malalai. « Le kamikaze a utilisé une ambulance pour passer les barrages. Il a indiqué au premier contrôle qu’il acheminait un patient vers l’hôpital Jamuriat [voisin], a expliqué le porte-parole adjoint du ministère de l’intérieur. Au second barrage, il a été identifié et il a fait détoner sa charge. » Un énorme panache de fumée blanche a recouvert la capitale afghane immédiatement après.
Le niveau d’alerte est extrême en ce moment à Kaboul, particulièrement dans le centre et le quartier diplomatique dont la plupart des ambassades et institutions étrangères ont été placées en lock down (« sorties interdites »).

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                Afghanistan : au moins 22 personnes sont mortes lors de l’attaque d’un hôtel de luxe à Kaboul



L’attentat est le troisième en Afghanistan en une semaine, après l’attaque de l’hôtel Intercontinental de Kaboul, samedi 20 janvier, revendiqué par les talibans et celle mercredi des locaux de Save the Children à Jalalabad (est), revendiqué par l’organisation djihadiste Etat islamique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz, qui a formé une coalition avec l’extrême droite, et la chancelière allemande Angela Merkel ont mis en garde contre le retour de l’antisémitisme.
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Journée de l’Holocauste : l’Autriche et l’Allemagne sonnent l’alarme

Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz, qui a formé une coalition avec l’extrême droite, et la chancelière allemande Angela Merkel ont mis en garde contre le retour de l’antisémitisme.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 17h50
   





                        


A l’occasion samedi de la Journée internationale à la mémoire des victimes de l’Holocauste, les autorités de l’Autriche et de l’Allemagne ont, chacune de leur côté, lancé un appel à la vigilance.
Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz, critiqué par la gauche pour avoir formé une coalition avec l’extrême droite, a rappelé la « responsabilité historique particulière » de l’Autriche dans le génocide des juifs. « Les Autrichiens ont aussi été des acteurs et ont été associés aux crimes atroces de la Shoah, a-t-il tweeté. Nous portons une responsabilité historique particulière, que le nouveau gouvernement reconnaît clairement. »
Ce rappel intervient alors que l’Autriche, annexée par le Troisième Reich en mars 1938, s’est longtemps considérée comme la « première victime du nazisme ». En réalité, le pays avait accueilli avec enthousiasme l’Anschluss d’Adolf Hitler, un Autrichien de naissance, et avait été pleinement intégré à l’appareil militaire et répressif nazi.
Incidents liés à l’antisémitisme en Autriche
Les propos de M. Kurz, qui a formé en décembre un gouvernement en coalition avec le parti d’extrême droite FPÖ, s’inscrivent également dans un contexte de multiplication des incidents en lien avec l’antisémitisme et le nazisme en Autriche.
Le parquet a ainsi mis en examen cette semaine quatre membres d’une corporation pangermaniste après la révélation de l’existence d’un corpus de chants nazis au sein de leur cellule locale. Ces chants ont provoqué une vague d’indignation dans le pays, d’autant plus vive que la cellule concernée compte parmi ses dirigeants la tête de liste FPÖ à des élections régionales prévues en Basse-Autriche dimanche, Udo Landbauer.

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                Un candidat autrichien aux élections régionales critiqué pour des chants nazis



Le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, patron du FPÖ et lui-même membre d’une corporation pangermaniste, a condamné vendredi « toute forme d’antisémitisme » à l’ouverture du Bal des corporations, un rendez-vous prisé des figures d’extrême droite européennes, auquel ce parti convie chaque année à Vienne.
Quelque 8 000 manifestants, selon la police, ont manifesté sans incident notable pour protester contre la tenue de ce bal et dénoncer la présence du FPÖ au gouvernement. La communauté juive d’Autriche a boycotté la cérémonie officielle de commémoration au Parlement, ne souhaitant pas rencontrer des dirigeants du FPÖ, parti créé par d’anciens nazis.
Merkel met en garde contre la montée de l’antisémitisme
En Allemagne, Angela Merkel a elle aussi marqué ce jour, en dénonçant la résurgence de l’antisémitisme dans son pays, et en qualifiant de « honte » la nécessité de continuer à faire protéger les bâtiments juifs.
Il reste plus que jamais nécessaire de se souvenir des millions de victimes de la Shoah car « l’antisémitisme, le racisme et la haine de l’autre en général sont davantage d’actualité que cela n’a été le cas dans le passé », a déclaré samedi la chancelière allemande dans son podcast hebdomadaire.

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                L’Europe craint un regain d’antisémitisme



Les autorités sont préoccupées par les signes d’une montée de l’antisémitisme en Allemagne, venant d’une part des milieux d’extrême droite, mais aussi – phénomène plus nouveau – de certains immigrés originaires de pays musulmans où la haine des juifs est largement propagée. Une récente manifestation en plein centre de Berlin pendant laquelle des drapeaux israéliens ont été brûlés, en signe de protestation contre la volonté des Etats-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, a suscité un fort émoi en Allemagne.
Créée par l’ONU en 2005, la Journée internationale à la mémoire des victimes de l’Holocauste est célébrée chaque année le 27 janvier, date de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz en 1945.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Vigicrues a abaissé samedi en vigilance « jaune » plusieurs tronçons de cours d’eau du Bassin parisien en amont de la capitale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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Le pic de crue de la Seine, attendu dans la nuit de dimanche, devrait être moins élevé qu’attendu

Vigicrues a abaissé samedi en vigilance « jaune » plusieurs tronçons de cours d’eau du Bassin parisien en amont de la capitale.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 05h23
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 17h26
   





                        



   


Le pic de crue de la Seine, attendu ce week-end à Paris, devrait être moins élevé qu’attendu. A la station du pont d’Austerlitz, à la mi-journée, la Seine était à 5,70 m, contre 5,62 m vendredi vers 17 heures. Sept gares parisiennes du RER C, en bordure du fleuve, restaient fermées samedi.
Vigicrues a affiné sa prévision dans l’après-midi : environ 5,95 m, dans la nuit de dimanche à lundi, soit moins que la crue de juin 2016 (6,10 m) et très loin de la crue historique de 1910 (8,62 m).
A la station du pont d’Austerlitz, samedi après 16 heures, la Seine était à 5,73 m. L’eau marron clair atteignait samedi les cuisses du Zouave du pont de l’Alma. Non loin, les bateaux-mouches, interdits de navigation, restaient à quai, et seuls les sapeurs-pompiers circulaient. Des voies sur berges immergées, n’émergeaient que des rangées d’arbres, quelques panneaux et des poubelles flottant à la surface de l’eau.
« La montée est un petit peu plus lente que prévu (…) Pour monter comme pour redescendre, maintenant ça va être très lent », a déclaré une porte-parole de Vigicrues, Rachel Puechberty. D’après elle, le niveau le plus haut pour la Seine devrait persister « une douzaine d’heures » à Paris dimanche et lundi, avant le début une lente décrue.

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En amont de la capitale, la situation s’améliorait petit à petit. L’organisme de surveillance a abaissé en vigilance « jaune », contre « orange » auparavant, plusieurs tronçons de cours d’eau du Bassin parisien : Seine amont (département de l’Aube), Yonne aval (Yonne et Seine-et-Marne) et Armançon (Aube, Côte-d’Or et Yonne). « En aval de Paris, sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra jusqu’en début de semaine », a ajouté l’organisme de surveillance.

« Franche accalmie »
Les inquiétudes liées à un nouveau front pluvieux semblent être écartées : « Après évacuation des dernières pluies dans le Sud-Est, une franche accalmie au niveau des précipitations est attendue sur l’Hexagone. Celle-ci devrait durer plusieurs jours. » 
A l’origine de ce phénomène de crues, qui touche diverses régions de la France, des pluies importantes sur des sols gorgés d’eau. Le bimestre décembre-janvier est l’un des trois plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo France. Dix départements sont toujours en vigilance orange inondations.

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Le Bureau de recherches géologiques (BRGM) surveille de son côté la situation de nappes phréatiques proches de leur maximum, qui, près de la Marne, l’Yonne et à l’aval de Paris, pourraient localement encore ralentir les décrues, si les eaux souterraines devaient rejoindre la surface.
Les musées du Louvre et d’Orsay ont pris leurs précautions et les ministères se préparent à un repli éventuel sur des sites de secours. Les Voies navigables de France ont interdit la navigation, notamment sur toute la Seine amont, Paris inclus.
Sept gares du RER C toujours fermées
En tout, 1 000 personnes ont été évacuées en Ile-de-France, a annoncé la préfecture de police samedi. Et un peu moins de 1 500 foyers sur 6,2 millions sont privés d’électricité, selon Enedis, gestionnaire du réseau.
En Seine-et-Marne, douze communes étaient touchées par des restrictions d’usage d’eau potable. Dans les Yvelines, le centre hospitalier de Meulan-Les Mureaux, où étaient soignés 86 patients, a été évacué vendredi soir.
Côté transports, sept gares parisiennes du RER C, en bordure du fleuve, restaient fermées jusqu’à nouvel ordre. Ni les gares ni les voies ne sont inondées mais les travaux de sécurisation ne permettent pas aux trains de circuler.

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Les prévisions sont moins pluvieuses pour la semaine à venir.
Une cellule d’urgence pour les entreprises frappées par les inondations a été mise en place par la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi d’Ile-de-France, que l’on peut contacter à l’adresse e-mail idf.continuite-eco@direccte.gouv.fr.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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Au procès de Jawad Bendaoud : Curly, mobylette et « droit au silence »

Dans une ambiance tendue, l’homme qui a hébergé deux des terroristes du 13-Novembre a été questionné par les parties civiles.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 21h57
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 13h49
    |

            Franck Johannès








                        



   


L’ambiance s’est singulièrement tendue, vendredi 26 janvier, au troisième jour du procès de Jawad Bendaoud, l’homme qui a hébergé deux des terroristes survivants des tueries du 13 novembre 2015. C’était au tour des parties civiles d’interroger les trois prévenus – les parties civiles, les familles des victimes pour l’essentiel, sont 500, leurs avocats 80, mais ils se sont résignés à ce qu’une vingtaine d’entre eux seulement interviennent. En vain, jusqu’ici. Les avocats s’ingénient à poser des questions interminables, en précisant naturellement que « la question est simple », et s’attirent en retour un torrent de paroles de Jawad Bendaoud, qui répond à côté et répète en boucle qu’il ne savait simplement pas que les deux hommes qu’il devait loger pendant trois jours étaient des terroristes. Personne, pour l’heure, n’est parvenu à prouver le contraire.
Jawad Bendaoud agace et fait rire, même si le procès ne s’y prête guère, mais c’est assurément un personnage – un personnage de stand-up. Un bagout incroyable, un sens certain de la formule, et un débit comparable à celui de la Seine ces jours derniers.
« On va s’expliquer d’homme à homme »
La passe d’armes avec Me Georges Holleaux a été la plus sévère. L’avocat a cru habile de l’amadouer en lui disant qu’il lui semblait être un homme « énergique, pas violent, intelligent, qui semble avoir du cran » : Jawad Bendaoud l’a laissé venir. Puis Me Holleaux l’a longuement interrogé sur ses rapports avec ses enfants, avec qui il n’habite pas vraiment. Il en a deux, Adam, 8 ans, la prunelle de ses yeux, et la fille de sa compagne, qu’il considère comme sa fille.
« Je n’ai aucun problème avec mes enfants, je les emmène au McDo, je leur achète des glaces, s’est lancé le jeune homme, je leur achète des vêtements, il y a pas un jour où je leur achète pas leurs Granola, leurs Pepito… Ma fille elle veut des Curly, elle les a tous les jours. » 
Il s’est interrompu d’un coup, avant d’enchaîner. « Vous êtes un voleur de mobylette ! Vous essayez de dire quoi ? Parce que moi, je vais venir vous voir au cabinet, on va s’expliquer d’homme à homme… »
Me Mehana Mouhou, autre avocat des parties civiles, a jugé utile de tempêter contre « ces menaces » ; la présidente, Isabelle Prévost-Desprez, qui tient à préserver le fragile équilibre de l’audience, a suspendu une heure les débats, et s’est levée en marmonnant, « maintenant ce sont les avocats qui font n’importe quoi », et elle a convoqué Me Mouhou pour lui expliquer qui dirigeait l’audience.

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L’histoire de la mobylette est une obscure allusion aux déclarations d’un avocat à la télé, qui l’aurait accusé d’être un voleur de mobylette : Jawad Bendaoud est à l’isolement depuis vingt-sept mois, et n’est pas descendu en promenade depuis le 6 novembre 2016, soit quatorze mois. Il passe ses journées et une partie de ses nuits devant BFM-TV ou i-Télé. Avec une haute opinion des journalistes. « Ils sont bizarres, je comprends pourquoi Macron il laisse les journalistes sur le paillasson quand il va visiter une usine. » Bendaoud a fini par s’excuser, Me Holleaux a assuré qu’il n’avait jamais fait de mobylette et l’affaire en est restée là.
Jawad Bendaoud en a profité pour faire amende honorable auprès de la présidente, à qui il avait dit la veille qu’elle ne l’impressionnait pas. « J’ai pas voulu vous manquer de respect. Tranquille, madame, y a rien entre nous. » « Je confirme, a souri la présidente, il n’y a rien entre nous. » En gage de bonne volonté, elle a accepté de baisser la haute vitre du box des prévenus de 20 cm, pour que les avocats puissent parler à leurs clients à hauteur d’homme.
« Je suis fini ! Qui va m’embaucher ? »
Mais Jawad Bendaoud a montré du doigt les avocats, et dit, « lui là, et lui et lui… c’est fini, je réponds pas. Finish. Droit au silence. » Il en est bien incapable. Et son droit au silence consiste à parler autant, mais assis, en distribuant quelques gracieusetés. A Me Holleaux : « Essayez pas de bidouiller la salle. Il prend les gens pour des cons, c’est quoi ce délire ? ! » « Vous cherchez quoi ? On a l’impression que vous êtes perché sur un arbre et qu’on va avoir du mal à vous faire redescendre. On dirait que vous êtes atteint psychologiquement. » Youssef Aït Boulahcen, accusé seulement de non-dénonciation de crime, met ses mains sur les oreilles et a le teint de plus en plus gris.

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Sur le fond, le débat n’avance guère. Jawad Bendaoud se répète, « je refais la scène, même à 80 ans avec Alzheimer, j’aurais pas oublié » ; se lamente, avec des métaphores choisies – « y a des gens à ma place, ils se seraient coupé les testicules, les auraient mis dans une barquette et ils auraient dit “tiens mes couilles” ». Mais il reste sur ses positions : « Moi j’aurais préféré être dans la place de celui qui dénonce les terroristes que celle de celui qui prend 50 euros et se fait lyncher partout ».
Il a d’ailleurs des arguments sérieux : « Pourquoi je vais mentir ? Je suis fini ! Que je sorte ou pas, je suis fini. Qui va m’embaucher ? J’avais le projet de faire un nouveau point de vente de cocaïne. Qui va s’associer avec moi maintenant ? » Suite des débats lundi.



                            


                        

                        


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Tibéhirine : les moines assassinés en 1996 reconnus martyrs en vue de leur béatification

Les sept moines trappistes français font partie d’un groupe de dix-neuf « martyrs » tués en Algérie entre 1994 et 1996 qui vont être béatifiés.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 12h13
   





                        



   


Les sept moines de Tibéhirine assassinés en Algérie en 1996 ont été reconnus martyrs en vue de leur béatification, selon un décret publié samedi 27 janvier par le Vatican. Les sept moines trappistes français font partie d’un groupe de dix-neuf « martyrs » tués en Algérie entre 1994 et 1996 – dont l’ancien évêque d’Oran Pierre Claverie – qui vont être béatifiés.
Les frères Christian, Bruno, Christophe, Célestin, Luc, Paul et Michel, enlevés dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas, à 80 km au sud d’Alger, avaient entre 45 ans et 82 ans. Le destin tragique de ces moines, emportés par la violence, avait inspiré le film du Français Xavier Beauvois, Des hommes et des dieux (2010). Grand Prix du Festival de Cannes, le film a connu un succès international.
Béatification et canonisation s’inscrivent dans une tradition séculaire et le Vatican affirme qu’une canonisation ou une béatification est une affaire interne à l’Eglise, qui se veut tout aussi ahistorique qu’apolitique.

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Une affaire toujours non élucidée
D’un point de vue judiciaire, les circonstances de la mort des sept moines trappistes, enlevés et décapités en pleine guerre civile algérienne, restent controversées et l’affaire otage des relations franco-algériennes. Selon le récit officiel, les religieux ont été tués par le Groupe islamique armé (GIA), mais cette version a été régulièrement dénoncée, certains accusant l’armée algérienne d’être impliquée dans leur disparition.
Il aura fallu attendre octobre 2014 pour que le juge antiterroriste Marc Trévidic puisse se rendre sur place accompagné d’experts afin de participer à l’exhumation des têtes des moines, les seules parties de leurs corps qui ont été retrouvées. Mais ce n’est qu’en juin 2016 que ces prélèvements ont été transmis aux enquêteurs français pour déterminer si les religieux ont été décapités avant ou après leur mort. La seconde hypothèse remettant en cause la piste d’assassinats commis par le Groupe islamique armé (GIA).

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Fondé en 1938, le monastère de Tibéhirine n’accueille plus de communauté monastique, mais des croyants qui continuent à faire vivre le lieu, « une communauté chrétienne dans un océan d’islam ».



                            


                        

                        


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Manga : de Paris à Tokyo, l’art de l’acclimatation

Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h19
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

L’année 2018 sera-t-elle celle de la création originale de mangas ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs éditeurs français, qui espèrent faire prospérer les talents qu’ils ont dénichés. Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences : les maisons françaises négocient avec les ayants droit japonais l’exploitation des séries sur leur territoire. De plus en plus, cependant, certaines essaient de passer outre ce système en éditant leurs propres artistes et séries.

C’est notamment le cas de l’éditeur Ki-oon qui, dès son lancement, en 2004, a parié sur des auteurs de manga non publiés au Japon et collabore directement avec une dizaine d’auteurs nippons. « Une partie des auteurs japonais ne collent pas à 100 % aux goûts locaux, mais ils peuvent intéresser un lectorat européen. Le premier mangaka indépendant que l’on a recruté est Tetsuya Tsutsui, avec Duds Hunt. Il avait été rejeté par les éditeurs japonais, notamment parce que le héros de son histoire était le méchant », explique ­Ahmed Agne, le fondateur de Ki-oon. Le pari s’est avéré fructueux : une dizaine d’années plus tard, et de façon inédite, Shueisha, une prestigieuse maison d’édition japonaise, approchera Ki-oon pour obtenir les droits d’exploitation de Prophecy, une autre série de Tetsuya Tsutsui.

Mais c’est aussi du côté des auteurs français de manga que les éditeurs cherchent désormais. Une vague de mangakas nationauxa commencé à émerger, certes difficilement, dans les années 2000, qui prend actuellement de l’ampleur. Reno Lemaire a été le premier à s’illustrer avec Dreamland (paru en 2006 chez Pika Edition), ­récit fantastique d’un adolescent montpelliérain qui rejoint le monde des rêves à la nuit tombée.
Le public ne considère plus systématiquement qu’un bon manga doive impérativement venir du Japon
Aujourd’hui, alors que le public ne considère plus systématiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La Française, championne du monde en titre, s’est illustrée sur le slalom géant suisse, dernière épreuve avant les jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud.
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Tessa Worley remporte le slalom de Lenzerheide

La Française, championne du monde en titre, s’est illustrée sur le slalom géant suisse, dernière épreuve avant les jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud.



Le Monde
 |    27.01.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 15h32
   





                        



   


La Française Tessa Worley, championne du monde en titre, a remporté samedi 27 janvier le slalom géant de Lenzerheide, en Suisse. C’est la dernière épreuve avant les Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, qui auront lieu du 9 au 25 février.
A un peu plus de deux semaines du géant olympique (12 février), Worley décroche au meilleur moment sa première victoire de la saison, le 12e succès de sa carrière. L’Allemande Viktoria Rebensburg (2e) et la Slovène Mete Hrovat (3e) complètent le podium.
L’Américaine Mikaela Shiffrin a pris la 7e place à près de deux secondes de Worley, mais conserve très largement la tête du classement général de la Coupe du monde de ski alpin avec une avance de 799 points sur Rebensburg.
Au coude-à-coude avec Rebensburg
La skieuse du Grand-Bornand avait réalisé le meilleur temps de la première manche sur une piste exigeante à l’ombre, avec un mur très pentu dans les premières portes qui a surpris de nombreuses géantistes.
Avec une demi-seconde d’avance sur la Bavaroise avant le second passage sur la piste Beltrametti, Worley avait un petit matelas d’avance, mais a dû s’employer pour conserver moins d’un dixième d’avance au final.

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Rebensburg, lauréate à trois reprises cet hiver en géant, occupe toujours la première place au classement de la Coupe du monde de la spécialité, mais voit Worley revenir à 32 points, alors qu’il restera deux courses à disputer après Pyeongchang.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La multiplication des attaques adressées aux arbitres professionnels rejaillit sur les 25 000 préposés au sifflet qui officient chaque week-end en France.
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Football amateur : le sacerdoce du sifflet

La multiplication des attaques adressées aux arbitres professionnels rejaillit sur les 25 000 préposés au sifflet qui officient chaque week-end en France.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 07h00
    |

                            Corentin Lesueur (Houlgate, envoyé spécial)








                        



   


La pluie glacée qui balaie la Normandie n’a pas découragé les apprentis musiciens. En cercle sur un terrain boueux du centre sportif d’Houlgate (Calvados), ils apprivoisent leurs sifflets en une symphonie désagréable. Attentif aux dissonances de la troupe, Mikael Lesage ne tarde pas à distiller ses premières corrections. Il appartient à la poignée de virtuoses de l’instrument strident chargés de diriger chaque semaine les rencontres de Ligue 1.
Le quadragénaire était l’invité, samedi 20 janvier, d’une session de formation organisée par le district du Calvados et réunissant une vingtaine d’aspirants arbitres, âgés de 15 à 35 ans, une semaine après « l’affaire Tony Chapron » – du nom de l’homme en noir coupable d’un croc-en-jambe sur un joueur et depuis devenu le défouloir des réseaux sociaux.

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Opposant le frustrant devoir de réserve pour éconduire les friands de polémiques, Mikael Lesage dépeint une mission vouant qui l’accepte aux gémonies du ballon rond. Qu’il s’échine dans l’anonymat d’un terrain de campagne ou devant l’objectif implacable des caméras.
« Arbitrer, c’est être seul contre tous, surtout dans un monde paranoïaque où ceux qui ont un pouvoir de décision dérangent. Vous devrez être calmes et irréprochables. Le moindre comportement déviant ou inadapté vous condamnera. »
« Seul contre tous »
Dans la petite salle de classe du complexe sportif d’Houlgate, les 17 lois du jeu qui régissent la pratique du football se succèdent sur le tableau blanc. Pas le temps de s’étendre sur des règles dont l’application au plus haut niveau alimente chaque semaine les discussions de comptoir. Le but n’est pas tant de former des bataillons d’hommes et de femmes en noir capables de déclamer les mesures du terrain que de les préparer à officier sous la pression des clubs et des spectateurs.
« L’arbitre doit s’imposer et se faire respecter dès son arrivée sur le lieu de la rencontre, explique Christophe Lepleux, chargé d’animer cette formation. Sa première poignée de main, la propreté de sa tenue et le relationnel avec les dirigeants des deux côtés conditionneront sa maîtrise du match. »
« Rien n’est plus important que le premier coup de sifflet, abonde Mikael Lesage. Il doit être incisif, net, pour donner le ton et interpeller l’environnement. Si vous êtes timides, c’est foutu. »
Devant leur aîné, les élèves font tous vœux d’arbitrage. Beaucoup doivent pourtant leur séjour à Houlgate à la pression de leurs clubs respectifs. Chaque structure doit, en effet, compter en son sein un nombre minimum d’arbitres, sous peine de sanctions financières et de limitation des mutations, l’équivalent amateur des transferts de joueurs professionnels.
Quotas et dessous-de-table
« On ne se fait pas d’illusion : sur la vingtaine, deux ou trois sont là de leur propre chef. Les autres ont été poussés à venir par leur club », euphémise Dominique de la Cotte, président de la commission des arbitres du Calvados. Plusieurs apprentis ne cachent pas être venus pour « donner un coup de main » à leurs clubs, qui ont jusqu’au 31 janvier pour se mettre en conformité avec les quotas d’arbitres.
Tout en convenant de la nécessité de ces contraintes pour assurer la formation d’un nombre suffisant de « sifflets », Dominique de la Cotte regrette l’émergence d’un football amateur à deux vitesses. Face aux parents pauvres du district, tenus de former des arbitres pour éviter l’attaque au portefeuille, se dresseraient des clubs locaux prêts à ouvrir les cordons de leur bourse pour débaucher ceux du voisin. « Des dessous-de-table sont versés chaque année, partout en France, confirme, un brin désabusé, le dirigeant. Les clubs ne respectant par les quotas de la Fédération préféreront toujours donner l’argent à un arbitre qu’à la ligue. »
A raison d’une soixantaine d’euros par match, quelques-uns voient dans le sifflet un complément de salaire non négligeable. On est loin pourtant des émoluments touchés par les arbitres professionnels. Comptant parmi les 11 arbitres F1-Elite (plus haut niveau national), Mikael Lesage toucherait chaque mois un salaire mensuel de 6 200 euros, auquel s’ajoute une indemnité de 3 000 euros par match de Ligue 1 dirigé.
L’obole promise ne calme l’appréhension de certains, refroidis par la chronique des menaces, insultes et agressions recensées chaque semaine sur les pelouses françaises. Lors de la saison 2016-2017, 41 % des violences ou des incivilités recensées dans le football amateur visaient des arbitres, soit plus de 4 000 incidents.

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« On ne peut pas éduquer les parents »
Venu présenter la protection juridique offerte par l’Union nationale des arbitres de football, dont il dirige l’antenne locale, Michaël Hergault se prévaut d’un « district du Calvados Bisounours, avec un seul incident grave en dix ans ». Il confie avoir été lui-même victime d’une agression : « Un coup de pied, à quinze minutes de la fin d’un match sans enjeu. »
Résultat : sept ans de suspension pour le coupable et un traumatisme encore vivace chez sa victime : « Psychologiquement, j’ai eu beaucoup de mal à reprendre le sifflet. Je me méfiais de tout. Dès qu’un arbitre se fait attaquer, je revois ma propre agression. »
Après la salle de classe, le terrain. Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) recevait Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) dimanche 21 janvier, en Régional 2 (deuxième échelon régional parisien). Sous une pluie battante, Mehdi Bouguerra, président du club local, se réjouit de la bonne tenue d’un match entre deux prétendants à la montée. Les arbitres ? « Je les admire, moi, je ne pourrais pas. Trop violent. »
En 2017, le père d’un jeune joueur de Champigny est entré sur la pelouse, avant d’assener un coup à l’arbitre. « Ç’a été jusqu’à la préfecture, regrette Mehdi Bouguerra. On peut éduquer nos équipes, nos encadrants, mais pas les parents. Ce type d’acte, impossible à anticiper, nous fait passer pour un club de voyous. »
Le mauvais exemple des professionnels
Pas de père violent ce dimanche sur le synthétique du parc du Tremblay, les interpellations adressées à l’arbitre se limitant à quelques « T’es nul, rentre chez toi » et autre « Va t’acheter des lunettes ». Posté sur une petite butte, Telmo Ferreira, dissèque chaque intervention du préposé au sifflet. Observateur en arbitrage pour la ligue de Paris, il procède à la troisième et dernière évaluation annuelle d’Ahmed, qui préfère taire son nom.
« Les agressions sont bien plus présentes chez les jeunes qu’en séniors, constate Telmo Ferreira à la mi-temps. L’exemple vient d’en haut. Quand un joueur s’en prend à un arbitre durant un match télévisé, son geste rejaillit le week-end suivant en amateurs. »
Ne recensant que quelques « invectives » et « propos grossiers » au rayon des agressions subies en quinze ans d’arbitrage, Ahmed ne s’estime « jamais à l’abri du fait de jeu anodin qui peut tout faire péter ». « La première de nos qualités doit être le courage, reprend-il. L’environnement se révèle parfois très hostile. »
Un dirigeant de Champigny frappe à la porte du vestiaire réservé au trio arbitral pour lui faire signer la feuille de match. Avant de partir, il revient dans un sourire sur les agitations de fin de match.
« Désolé, m’sieur l’arbitre ! Vous savez comment c’est : dans le feu de l’action, on se chauffe. Mais c’est pas contre vous. Et puis on le sait : sans vous, pas de foot ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Quatorze soldats ont été tués lors de l’attaque, survenue tôt samedi matin.
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Compte rendu

Mali : attaque contre un camp militaire dans le nord du pays

Quatorze soldats ont été tués lors de l’attaque, survenue tôt samedi matin.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 27.01.2018 à 14h35

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        Mis à jour le 27.01.2018 à 16h17





Au moins quatorze soldats maliens ont été tués samedi 27 janvier lors d’une attaque contre leur camp militaire dans le nord du Mali, a annoncé l’armée malienne en évoquant une action de « terrorisme ».
« Les FAMa [Forces armées maliennes] ont été attaquées tôt ce matin aux environs de 4 heures à Soumpi (Tombouctou). Les FAMa déplorent 14 morts, 18 blessés et des dégâts matériels », indique l’armée malienne sur sa page Facebook.

    

Crédits : 


Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a annoncé avoir annulé son déplacement au sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba pour se rendre à Boni samedi.

KOULOUBA| 27 janvier 2018- Aéroport Ambodedjo de #Sevaré, 10h50#Mopti centre du #Mali. Le PDT #IBK à bord de l’héli… https://t.co/RaWmvJlC3B— PresidenceMali (@Presidence Mali)


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L’attaque contre le camp de Soumpi survient deux jours après la mort de 26 civils, dont des mères et leurs bébés, tués par l’explosion d’une mine à Boni, dans le centre du Mali, selon un bilan des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait « [condamné] de la manière la plus ferme une attaque terroriste barbare et lâche », à propos de l’incident de jeudi.
Retards dans l’application de l’accord de paix
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida. Ces groupes en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit toujours actuellement sous le nom d’opération « Barkhane ».
En juin 2015, le gouvernement malien a signé un accord de paix avec des coalitions de groupes armés non djihadistes. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature de ce texte censé isoler définitivement les djihadistes, mais dont l’application accumule les retards.
Le Conseil de sécurité de l’ONU, unanime, a sommé mercredi les signataires de l’accord de paix de 2015 d’en relancer l’application, sous peine de sanctions d’ici à la fin du mois de mars. Il a évoqué « un besoin pressant de fournir aux populations du Nord et d’autres régions du Mali des dividendes tangibles et visibles de la paix » avant les élections prévues cette année.

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Depuis 2015, les attaques se sont étendues dans le centre et le sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger. Face à la dégradation de la situation aux confins de ces trois pays, le G5 Sahel a réactivé en 2017, avec le soutien de la France, son projet de force conjointe antidjihadiste, inauguré en novembre 2015. Outre le Mali, le G5 Sahel comprend la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ A la tête d’un parti qui ne compte pas de « wauquiézistes », le président du parti Les Républicains s’appuie sur quelques élus de sa région et une petite garde rapprochée de collaborateurs
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/01/2018
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La « galaxie » Wauquiez, une nébuleuse encore en formation

A la tête d’un parti qui ne compte pas de « wauquiézistes », le président du parti Les Républicains s’appuie sur quelques élus de sa région et une petite garde rapprochée de collaborateurs



Le Monde
 |    27.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
27.01.2018 à 13h00
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Plus d’un mois après l’élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti Les Républicains (LR), en décembre 2017, un membre de la nouvelle direction de LR se montre effaré : « J’ai sous-estimé à quel point Laurent pouvait être diabolisé en interne. »
Le patron du parti de la rue de Vaugirard suscite une détestation peu commune au sein de sa famille politique, et ce de longue date. Soupçonné de vouloir jeter des ponts vers le Front national, réputé « brutal », capable d’envoyer, selon certains témoignages, des rafales de SMS pour mettre des « coups de pression », le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a longtemps semblé cheminer en solo au sein de son parti. Son courant, la Droite sociale, lancé en 2010, s’est depuis désagrégé.
Et l’adjectif « wauquiéziste » n’est presque jamais utilisé pour qualifier un élu. « Il n’y a pas de wauquiézistes historiques, confirme un dirigeant de LR. Pendant longtemps, il n’a pas jugé bon de former une écurie. Mais depuis un an, il a compris la nécessité de se créer des fidélités, politiques comme de la société civile. » La « galaxie » Wauquiez commence donc à être visible à l’œil nu, alors que ce dernier devait présider, samedi 27 janvier, son premier conseil national.
Les élus
Pour l’instant, son noyau dur – « très restreint », souligne un cadre de LR – se niche principalement en Auvergne-Rhône-Alpes. On y retrouve le sénateur de l’Ardèche, Mathieu Darnaud, qui est également un proche du président du Sénat, Gérard Larcher. Mais aussi les députés de la Loire et du Rhône Dino Cinieri et Patrice Verchère, qui épaulent M. Wauquiez au conseil régional. Dans cette assemblée, le quadragénaire peut compter sur le soutien appuyé de son premier vice-président, Etienne Blanc. L’Auvergnat Brice Hortefeux, député européen et lieutenant historique de Nicolas Sarkozy, le supporte également.

Depuis un an, l’ancien ministre entretient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Tunisie, où vas-tu ? (2/6). Formé à l’école du « père de la nation » Habib Bourguiba, l’actuel président, âgé de 91 ans, se pose en champion du « prestige » de l’Etat. Au risque d’affaiblir l’inspiration parlementaire de la Constitution post-révolution.
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Analyse

En Tunisie, Béji Caïd Essebsi et la tentation du présidentialisme

Tunisie, où vas-tu ? (2/6). Formé à l’école du « père de la nation » Habib Bourguiba, l’actuel président, âgé de 91 ans, se pose en champion du « prestige » de l’Etat. Au risque d’affaiblir l’inspiration parlementaire de la Constitution post-révolution.

Par                                            Mohamed Haddad et 
Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 26.01.2018 à 18h55

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        Mis à jour le 27.01.2018 à 10h10






    
Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, en tenue traditionnelle au palais de Carthage le 25 juillet 2017.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Elle trône, superbe, conquérante, en surplomb des terrasses de cafés de l’avenue qui porte son nom. La statue équestre de Habib Bourguiba a regagné en mai 2016 le cœur de Tunis et le « père de la nation », tout de bronze coulé, pointe à nouveau son bras vers la Médina toute proche. La symbolique de ce retour au bercail du héros de l’indépendance n’a pas fini de faire sentir ses effets sur la scène politique tunisienne.
Quand Béji Caïd Essebsi, l’actuel chef de l’Etat, a pris cette initiative, la plupart des observateurs n’y ont vu qu’une juste réparation. Il ne s’agissait rien tant que de laver l’affront qu’avait infligé au « commandant suprême » son héritier infidèle, Zine El-Abidine Ben Ali, qui avait exilé en 1988 – un an après son « coup d’Etat médical » contre un Bourguiba vieillissant – l’auguste icône au port de la Goulette, au nord de Tunis. Depuis la révolution de 2011, qui avait mis à bas le dictateur Ben Ali, il n’était que temps de réhabiliter le fondateur de la Tunisie moderne dans tout son panache.

        Présentation de notre série
         

          Tunisie, où vas-tu ?



L’affaire pourtant ne se résumait pas à de la simple muséographie urbaine. Au-delà de la statue elle-même, elle signalait le retour d’une certaine conception du pouvoir qui constitue le logiciel historique de Béji Caïd Essebsi, élu à la présidence de la République à la fin 2014 avec pour mandat de restaurer le « prestige » d’un Etat affaibli par les turbulences post-révolutionnaires.
Associé aux sphères du pouvoir d’avant 2011
Agé de 91 ans, M. Essebsi, avocat de formation, fut dans sa jeunesse un militant du Néo-Destour, l’avant-garde du mouvement national tunisien, avant de débuter une carrière dans l’appareil sécuritaire du nouvel Etat tunisien formé au lendemain de l’indépendance en 1956. Habib Bourguiba, auquel il consacra plus tard une biographie (Habib Bourguiba : le bon grain et l’ivraie, Sud Editions, 2009), est son héros, sa référence. Il mûrit à son école, gravissant tous les échelons d’une brillante carrière : directeur de la sûreté nationale, ministre de l’intérieur, ministre de la défense, ministre des affaires étrangères. Et cette école-là n’est pas celle de la démocratie. Elle est celle du culte du pouvoir personnel, elle est celle de la cour et de ses intrigues. Au lendemain de l’éviction en 1987 de Bourguiba par Ben Ali, qui incarne alors la jeunesse et l’ouverture avant de se dévoyer dans l’autocratie mafieuse, M. Essebsi prend du champ, dépité par les offenses répétées à l’héritage bourguibiste. Loin de rejoindre l’opposition démocratique, il reste toutefois associé aux sphères du pouvoir d’avant 2011.

    
A Tunis, le 1er juin 2016, le président tunisien Béji Caïd Essebsi devant la statue réinstallée du « père de la nation », Habib Bourguiba, que Ben Ali avait fait déboulonner en 1988 après sa prise de pouvoir par coup d’Etat.
Crédits : FETHI BELAID/AFP


Tel est l’homme qui aujourd’hui préside aux destinées de la Tunisie. Il fait partie de cette frange de l’élite traditionnelle qui, pas trop compromise avec le proche entourage de Ben Ali, a habilement surfé sur la révolution de 2011 pour en canaliser le cours, lui éviter les chambardements radicaux. Les démocrates tunisiens inquiets de la poussée islamiste l’ont soutenu quand il a fondé en 2012 le parti Nidaa Tounès, point de ralliement des laïcs et modernistes soucieux de défendre le progressisme sociétal – en particulier les droits des femmes – hérité de l’ère bourguibienne.
Mais voilà que ces mêmes démocrates s’alarment aujourd’hui, comme en témoigne cet « Appel du 17 décembre 2017 » diffusé à l’occasion du septième anniversaire du déclenchement de la révolution à Sidi-Bouzid et dans lequel un millier de signataires dénonçaient l’« offensive antidémocratique et réactionnaire » du pouvoir actuel. Certes, cet Appel visait avant tout le condominium dirigeant formé par l’alliance entre Nidaa Tounès (« moderniste ») et Ennahda (« islamiste »), réconciliés après s’être âprement combattus, mais Béji Caïd Essebsi était clairement ciblé dans le texte. Il lui est reproché sa tentation d’un « retour au présidentialisme ».
Il y a là comme une anomalie, une bizarrerie. Depuis l’adoption en janvier 2014 de la nouvelle Constitution de la Tunisie post-révolutionnaire – votée dans une vive émotion à la quasi-unanimité de l’Assemblée constituante d’alors –, il était largement admis que la Tunisie venait de clore ses querelles institutionnelles, centrées notamment sur la place de l’islam dans l’Etat, pour s’attaquer enfin aux immenses défis économiques et sociaux en souffrance : la fracture socio-territoriale entre le littoral et l’arrière-pays, le chômage des jeunes, etc.

        Premier épisode
         

          Le consensus politique tunisien, étouffoir des idéaux de la révolution de jasmin



Etait-ce un malentendu ? Au vu des actes et des propos du président Essebsi, il apparaît en effet que la question institutionnelle n’est pas soldée. Le chef de l’Etat continue de la poser. Il ne s’agit pas à ses yeux de remettre en cause le compromis historique sur les relations entre Etat et religion – affaire réglée autour de la préservation de l’« Etat civil » – mais d’interroger l’équilibre entre inspirations parlementaire et présidentielles du texte fondamental. Et c’est là que sa filiation avec le bourguibisme prend tout son sens.
Frustration à l’égard de la Constitution
De toute évidence, la Constitution de 2014 ne plaît pas au chef de l’Etat. Il trahit d’ailleurs à intervalles réguliers sa frustration. Dans un entretien accordé le 6 septembre 2017 au quotidien francophone La Presse, il s’en était pris avec virulence à un certain nombre de contre-pouvoirs – les « instances indépendantes » prévues par la Constitution pour s’occuper des élections, de la justice transitionnelle, de la lutte anticorruption etc. – qui abusent à ses yeux de leurs prérogatives au point de « menacer l’existence de l’Etat ». Sans la nommer expressément, le chef de l’Etat visait surtout l’Instance vérité et dignité, chargée de la justice transitionnelle dont il n’a jamais apprécié le travail de divulgation des abus et des crimes des régimes autoritaires passés.
Au-delà, il était allé jusqu’à exhorter à « revoir la nature du système politique » et à « rectifier les insuffisances du système constitutionnel » sources de « paralysie », ce que les commentateurs avaient interprété comme un appel à une révision constitutionnelle. Devant l’émotion soulevée par ses propos, le chef de l’Etat avait ensuite rectifié le tir. « On ne change pas de Constitution tous les quatre matins », avait-il déclaré au Monde le 18 décembre 2017. Mais il exprimait clairement sa préférence : « Je suis pour un système présidentiel bien contrôlé pour éviter la dérive présidentialiste que nous avons connue sous Bourguiba et Ben Ali. »

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Le problème est que la Constitution de 2014 n’a pas instauré un « système présidentiel », mais un régime mixte dont la dimension parlementaire est très marquée. Selon la lettre, le chef de gouvernement est doté de très larges pouvoirs, supérieurs même à ceux du chef de l’Etat. Or, dans la pratique quotidienne, la hiérarchie est inversée : le président de la République, qui tire sa légitimité de son élection au suffrage universel, exerce un ascendant indubitable sur le premier ministre.
Depuis l’entrée en vigueur de la Constitution, les titulaires de cette fonction n’ont jamais été des poids lourds politiques, handicap qui a facilité les empiétements présidentiels. Autant Habib Essid (janvier 2015-août 2016) que son successeur, Youssef Chahed, sont des technocrates, non élus, peu enclins à défendre l’intégralité de leurs prérogatives constitutionnelles.
Et s’ils ont essayé – et parfois réussi – de préserver leur autonomie face aux exigences de Nidaa Tounès, le parti arrivé en tête des législatives de 2014, ils ont dû s’incliner à chaque fois qu’un conflit les a opposés au palais de Carthage, le siège de la présidence de la République situé au nord de Tunis. Du reste, c’est le chef de l’Etat lui-même qui choisit les premiers ministres avant de les pousser à la sortie, comme cela avait été le cas avec Habib Essid, coupable de lui avoir trop résisté. Quant à Youssef Chahed, le palais de Carthage ne manque pas de lui rappeler, dès qu’une tension se manifeste, à qui il doit son poste. « C’est le président qui a créé M. Chahed », glisse un proche de M. Essebsi. Dès lors, comment un tel chef de gouvernement pourrait-il avoir l’outrecuidance de s’émanciper ?
« Tout chamboulé »
« Ce qui se passe est ahurissant, s’inquiète Hatem M’rad, professeur de sciences politiques. M. Essebsi a tout chamboulé pour tout ramener à lui. Il y a une Constitution formelle et il y a une autre Constitution politique sur le terrain. » L’un des exemples de ce déplacement du centre de gravité politique de la Kasbah (le siège du gouvernement au centre de Tunis) à Carthage est la formation en 2017 sous l’autorité du chef de l’Etat d’un Conseil national de sécurité s’occupant non seulement de questions régaliennes – prérogatives incontestables du président de la République – mais aussi plus étrangement de la santé, de l’éducation, de l’environnement… Faut-il y voir un « gouvernement bis » ?
A Carthage, on justifie cette présidentialisation de la géographie du pouvoir par l’urgence de régler des problèmes brûlants : lutte contre le terrorisme, relance de l’économie, etc. « Au tout début, en 2015, on a laissé faire le gouvernement, confie un proche du chef de l’Etat. Mais cela n’a pas marché. Face aux problèmes qui s’accumulaient, les gens disaient : “Mais où est donc le président ?” Nous avons dû intervenir par défaut. Il fallait remplir un vide. » Présidentialisation contrainte ? Ou plutôt culture du pouvoir héritée du passé de M. Essebsi ?

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Cette théorie de la présidentialisation « par défaut », imposée par la prétendue incurie des autres institutions, serait toutefois plus convaincante si Carthage avait vraiment laissé s’épanouir les autres pôles de pouvoir. Quand l’entourage du président s’indigne de la « faillite » du « régime des partis », qui risquerait de précipiter « la chute de la démocratie », il oublie de préciser que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) n’a jamais été en état de travailler correctement. « Il y a une volonté politique évidente d’empêcher que l’Assemblée exerce véritablement son rôle de contrôle de l’exécutif et d’initiateur de la loi », s’alarme un analyste.
L’ARP n’est ainsi toujours pas dotée de son autonomie administrative et financière, pourtant prévue par la Constitution. Ce déficit de volonté politique d’organiser la séparation des pouvoirs se confirme par ailleurs dans les blocages entravant la mise en place de la Cour constitutionnelle. « En l’absence d’un contrôle de constitutionnalité, on ne peut pas parler de réelle démocratie », s’inquiète Raoudha Karafi, présidente de l’Association des magistrats tunisiens.
Face à un bloc exécutif qui a du mal à se départir d’une conception traditionnelle du pouvoir, les députés commencent à se rebiffer. Ils cherchent ainsi à créer des commissions d’enquête autant qu’il est possible, comme l’illustre le récent projet d’un élu d’examiner les dégâts de l’industrie extractive. Et ils interpellent de plus en plus le gouvernement. En l’espace d’un an, ils lui ont adressé deux fois plus de questions orales et écrites. Jusqu’où ira cette résistance parlementaire ? Parviendra-t-elle à donner raison aux optimistes qui n’ont vu dans le retour de Bourguiba sur son cheval au cœur de Tunis qu’un simple symbole de fierté nationale, et rien de plus ?

Sommaire de notre série Tunisie, où vas-tu ?

        Premier épisode
         

          Le consensus politique tunisien, étouffoir des idéaux de la révolution de jasmin



        Présentation de notre série
         

          Tunisie, où vas-tu ?


Sept ans après la révolution de 2011 en Tunisie, Le Monde Afrique dresse un bilan de la transition démocratique.





