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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Il arrive, très rarement, que des tumeurs disparaissent toutes seules, sans le moindre traitement.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Le cinquième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : une meilleure collaboration, de nouvelles tâches et des pistes pour la télémédecine.
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Philippe Héno, médecin à l’heure du numérique

Le cinquième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : une meilleure collaboration, de nouvelles tâches et des pistes pour la télémédecine.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            
« Le Monde » a voulu savoir comment des métiers très variés étaient impactés par la digitalisation et le développement des outils numériques. Nous sommes ainsi allés à la rencontre d’une dizaine de personnes pour savoir comment le numérique avait transformé leurs pratiques professionnelles. Elles témoigneront aussi de leur adaptation, plus ou moins facile, et comment elles voient leur avenir professionnel. Après les portraits du vigneron Jonathan Ducourt, de l’enseignante Sandrine Babinet, de la directrice d’hôtel Anita Steinmann, du charpentier Colin Vernet, le médecin Philippe Héno se raconte. 

Si le cœur de métier d’un médecin est toujours de soigner, les conditions d’exercice ont bien évolué avec le développement du numérique. Philippe Héno, 54 ans, ancien médecin militaire et cardiologue, témoigne de ces transformations. « Le numérique a modifié beaucoup de choses, à la fois dans les rapports entre professionnels mais également dans les relations avec les patients », analyse-t-il.

Grâce aux outils numériques, les médecins peuvent désormais s’échanger très facilement des données, par mail ou par SMS. « On m’envoie régulièrement des électrocardiogrammes pour avis ou interprétation. Ceci permet une meilleure collaboration entre professionnels de santé », indique Philippe Héno.
« Cela interfère avec mon métier »
Par ailleurs, le numérique facilite considérablement l’accès à la connaissance pour le médecin. « Je peux maintenant consulter les travaux de la Société française ou internationale de cardiologie, les revues numériques de médecine, des cas similaires de pathologies… Auparavant, je devais les commander à la bibliothèque universitaire la plus proche de chez moi. Cela prenait du temps, c’était compliqué et il fallait se déplacer. Cette immédiateté de la connaissance est indéniablement un plus pour le médecin, et ce, dans l’intérêt de ses patients », contate Philippe Héno.
En revanche,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Contrôlé par magnétisme, un minirobot est capable de marcher, ramper et nager. Les chercheurs de l’Institut Max-Planck souhaitent l’utiliser dans un but médical.
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Au menu : la lévitation par ultrasons, les caméléons sont fluorescents, des médicaments contre le rhume discrètement interdits de publicité, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.
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L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi divise Davos

La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h29
    |

            Isabelle Chaperon (Davos, Suisse, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Si le bal des chefs d’Etat domine les agendas du 48e Forum économique mondial qui s’achève vendredi 26 janvier, l’invité vedette cette année à Davos (Suisse) n’est ni le président américain Donald Trump ni son homologue français Emmanuel Macron, mais bien l’intelligence artificielle.
De jeunes entrepreneurs brillants, venus du monde entier, se relaient pour faire des démonstrations, smartphone en main. Marc Benioff, le PDG de l’éditeur de logiciels Salesforce, explique que sa plate-forme d’intelligence artificielle maison, baptisée « Einstein », participe tous les lundis comme un « membre virtuel » à la réunion de son comité de direction.
Dans les boutiques de la ville transformées en « lab » par les entreprises partenaires du Forum, dans les tables rondes, dans les dîners, il n’est question que de « machine learning » ou de « deep tech ». Mais Davos n’est pas le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Cet étalage s’accompagne d’un débat angoissant : cette nouvelle révolution industrielle va-t-elle conduire au chômage une grande partie de la population et aggraver encore les inégalités ? Sur ce point, les avis divergent.
« Les gens ont peur de perdre leur travail  »
Le constat initial, pourtant, semble bien partagé : les percées technologiques récentes accélèrent de façon brutale le phénomène d’automatisation engagé depuis des décennies. Si la grande distribution propose depuis longtemps des caisses automatiques, c’est bien l’intelligence artificielle qui a permis à Amazon d’ouvrir à Seattle, lundi 22 janvier, le premier point de vente sans aucune caisse.
Les voitures sans pilote, les algorithmes qui gèrent le service après-vente, les scanners qui posent un diagnostic médical, voilà autant d’innovations, déjà opérationnelles ou qui le seront dans un avenir proche, ayant vocation à se substituer à des employés humains.
« Depuis la première révolution industrielle, les gens ont peur de perdre leur...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ La profession attire de moins en moins et certains patients doivent parfois attendre jusqu’à un an pour obtenir un premier rendez-vous.
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La pédopsychiatrie, un secteur sinistré

La profession attire de moins en moins et certains patients doivent parfois attendre jusqu’à un an pour obtenir un premier rendez-vous.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 14h43
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Du côté des jeunes patients, des délais d’attente inadmissibles pour une première consultation et un manque de lits d’hospitalisation. Du côté des pédopsychiatres, une crise démographique et universitaire, qui rend la spécialité de moins en moins attrayante. La psychiatrie des enfants et des adolescents est « sinistrée », selon le sénateur (La République en marche) et médecin Michel Amiel, rapporteur en mai 2017 d’un volumineux rapport d’information parlementaire sur la psychiatrie des mineurs en France.

Le repérage et la prise en charge précoce des troubles psy des jeunes sont considérés comme une priorité. Mais au regard de la forte hausse des besoins due notamment au décrochage scolaire, au harcèlement ou aux traumatismes liés aux attentats, « le nombre de structures de prise en charge et leurs effectifs ont très peu augmenté », constate ce rapport.
Les CMP (centres médico-psychologiques) et CMPP (centres médico-psychopédagogiques), bien souvent structures d’entrée dans le parcours de soins psychiatriques, sont engorgés. Le délai pour une première consultation dépasse un an dans certains départements, désespérant familles et professionnels.
« On a des demandes de 2016 auxquelles on n’a pas répondu. On a honte. On voit tous les dégâts qu’on aurait pu éviter, les souffrances qu’on aurait pu atténuer », témoigne une pédopsychiatre exerçant dans un CMP de province.
Le nombre de lits d’hospitalisation en pédopsychiatrie est en augmentation depuis 2001, mais les capacités sont encore trop limitées, avec de fortes inégalités territoriales, souligne le rapport. Le délai d’obtention d’une place en hôpital de jour – l’essentiel des prises en charge hospitalières des mineurs – est lui aussi jugé important.
Désaffection indéniable
Quant au nombre de pédopsychiatres inscrits en tant que tels au conseil de l’ordre des médecins, il a été divisé par deux en dix ans. De 1 235 en 2007, il est passé à 593 en 2017,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Alors que le premier lancement de l’année avait donné lieu à une « perte de contact » avec le satellite, l’opérateur luxembourgeois a annoncé vendredi que la connexion avait été établie et que l’un des deux appareils était « en bonne santé ».
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                

Ariane 5 : deux satellites mis en orbite… mais pas au bon endroit

Alors que le premier lancement de l’année avait donné lieu à une « perte de contact » avec le satellite, l’opérateur luxembourgeois a annoncé vendredi que la connexion avait été établie et que l’un des deux appareils était « en bonne santé ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 06h53
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 11h37
   





                        


Les deux satellites de télécommunications, embarqués à bord du lanceur européen Ariane 5 qui a décollé jeudi 25 janvier de la Guyane, ont été mis en orbite… Mais, fait rare, pas au bon endroit. Arianespace, contacté par l’Agence France-Presse (AFP), espérait toutefois un futur « repositionnement grâce à leur système de propulsion ». « Les dernières nouvelles étaient rassurantes après de fortes inquiétudes », a ajouté la société.
Vendredi, l’opérateur luxembourgeois a annoncé que l’un des deux satellites lancés par Ariane 5, le SES-14, était « en bonne santé » et devrait pouvoir rejoindre l’orbite visée dans quelques mois.

SES announces it has successfully established connection with SES-14 and that the spacecraft is in good health and… https://t.co/9PRQPIvvcO— SES_Satellites (@SES)


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« SES-14 est en bonne santé et en route, en dépit de l’anomalie. »
La veille, l’opérateur et l’agence spatiale s’étaient fait une grosse frayeur. En effet, pour le premier lancement de l’année : peu après le début de l’opération, le PDG d’Arianespace annonçait, de la salle Jupiter du centre spatial de Kourou, une « anomalie » et faisait état d’une « perte de contact avec le lanceur ». Une perte de contact, « d’un peu plus de neuf minutes » après le décollage et « quelques secondes après l’allumage de l’étage supérieur ». Celle-ci a duré « de la 9e à la 37e minute de la mission ».

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                Le constructeur d’Ariane 6 plaide pour une « préférence européenne » en matière spatiale



A partir de ce moment-là, « la deuxième station » de contrôle de la mission « située à Natal, au Brésil, n’a pas acquis la télémétrie du lanceur », notait encore Arianespace. La situation a été la même à la station d’Ascencion, sur une île de l’Atlantique sud (censée recueillir des données 13 minutes et 36 secondes après le décollage), à celle de Libreville au Gabon (18 minutes et 19 secondes après son décollage) et à celle proche de la ville de Malindi au Kenya (22 minutes et 56 secondes après le décollage).

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Ariane 5 avait normalement décollé à 19 h 20 jeudi, heure de Guyane (23 h 20 à Paris), en embarquant deux satellites de télécommunications, SES-14 pour l’opérateur luxembourgeois SES et Al Yah 3 pour Yahsat, l’opérateur des Emirats arabes unis. Le satellite SES-14 héberge en outre une charge scientifique pour le programme d’exploration de la NASA intitulé GOLD (Global-scale Observation of the Limb and Disk), un programme qui doit notamment permettre, depuis une orbite géostationnaire, de reconstituer toutes les demi-heures une image complète du disque terrestre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Un fossile vieux de 180 000 ans trouvé sur le mont Carmel est le plus vieux représentant de notre espèce connu hors du berceau africain de l’humanité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/01/2018
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Découverte en Israël du plus ancien « Homo sapiens » hors d’Afrique

Un fossile vieux de 180 000 ans trouvé sur le mont Carmel est le plus vieux représentant de notre espèce connu hors du berceau africain de l’humanité.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 20h07
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 06h37
    |

            Hervé Morin








                        



   


Quand l’homme moderne, alias Homo sapiens, est-il sorti d’Afrique ? La présence de fossiles appartenant à notre espèce dans les grottes israéliennes de Skhul et Qafzeh, datés respectivement de 90 000 et 120 000 ans, donnait une fourchette assez large. Mais la découverte d’une demi-mâchoire datant d’environ 180 000 ans, dans la grotte toute proche de Misliya, sur le mont Carmel, elle aussi attribuée à un sapiens, montre que les excursions vers le Levant ont été bien plus précoces qu’on ne l’avait envisagé.
« Cela double presque l’ancienneté de ces premières migrations hors d’Afrique, se réjouit l’anthropologue Israël Hershkovitz (université de Tel-Aviv), responsable des fouilles. Et cela signifie aussi que les périodes d’interaction avec les autres représentants du genre Homo qui étaient déjà hors d’Afrique ont été bien plus longues qu’on le croyait. » Avec l’annonce en 2017 de la découverte au Maroc, sur le site de Djebel Irhoud, d’un représentant de notre lignée vieux de 315 000 ans, l’heure est encore une fois à repousser dans le temps et dans l’espace l’emprise de notre espèce sur la planète.

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                La découverte qui bouleverse l’histoire d’« Homo sapiens »




   


Le fossile de Misliya ne paie pas de mine : un fragment de maxillaire supérieur gauche et les dents associées. Pas de crâne complet ou d’os de membres. L’étude de ces restes a cependant pris un temps considérable : la fouille de cette grotte a débuté en 2001. Le fossile a été trouvé dès la saison suivante. Mais l’équipe internationale constituée pour analyser ces restes, les dater et les replacer dans leur contexte archéologique, a pris toutes les précautions avant de publier ses résultats, vendredi 26 janvier dans la revue Science.
« On a dû retravailler l’article, faire plus d’analyses pour convaincre les personnes chargées de la relecture du manuscrit, indique Israël Hershkovitz. Une de nos réponses faisait 54 pages, pour justifier les conclusions de notre article qui n’en fait que trois… »
La datation a été confiée à trois laboratoires, en France, en Israël et en Australie, qui ont travaillé avec des méthodes différentes. Toutes convergent vers 180 000 ans, hormis la datation directe d’une dent, qui pointe 70 000 ans. « Cette datation à l’uranium-thorium dépend de la capture de l’uranium par les dents, qui sont un peu comme des éponges, mais le problème est qu’on ne peut savoir si elles ont absorbé cet uranium en une seule fois ou de façon progressive, explique Hélène Valadas, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (Gif-sur-Yvette), qui a participé à ces datations. En revanche, la même méthode est bien plus fiable pour la croûte minérale qui entourait le fossile et qui, elle, est datée de 185 000 ans. »
« Sens du confort »
L’ancienneté de Misliya-1 – le nom officiel du fossile – ne fait donc pas de doute. Son appartenance à une version archaïque de notre espèce non plus : la forme des dents ne permet en aucun cas de le confondre avec un néandertalien « ou d’autres homininés du Pléistocène moyen d’Europe, et elle le place du côté des humains modernes et proche de celui du Djebel Irhoud », écrivent les chercheurs.

   


Comment vivaient ces hommes, abrités dans ces grottes ? Ils avaient le sens du confort, note l’archéologue Mina Weinstein-Evron (Université d’Haïfa) à propos de traces de végétaux entremêlés qui font penser « à des matelas ». « Ils chassaient les gazelles, les aurochs, les sangliers et on a retrouvé des coquilles d’œufs d’autruche. On peut imaginer des récipients, ou des grosses omelettes, souligne-t-elle. Des outils pointus étaient utilisés pour extraire des tubercules. Il y a aussi des coquillages mais on ignore s’ils n’ont pas été amenés là par des oiseaux. Comme dessert, il y avait des baies. Bref, ils profitaient au maximum de leur environnement. »
Que signifie leur présence précoce dans ces marges africaines ? « Cette découverte apporte de l’eau au moulin d’un modèle qui émerge actuellement sur la sortie d’Afrique de notre espèce, qui s’appuie à la fois sur des données génétiques et climatiques », se réjouit Jean-Jacques Hublin (Institut Max Planck, Leipzig, et Collège de France), codécouvreur des fossiles du Djebel Irhoud. Côté génétique, certaines analyses d’ADN ancien suggèrent que des premiers croisements entre H. sapiens et son cousin Néandertal, présent antérieurement aussi dans la région du Levant, auraient pu intervenir entre 220 000 et 460 000 ans. Dans ce cas, « les fossiles d’Homo sapiens de Misliya, Skuhl et Qafzeh pourraient représenter des excursions relativement tardives de notre espèce hors d’Afrique », estime Chris Stringer et Julia Galway-Witham (Muséum d’histoire naturelle de Londres) dans un commentaire publié dans Science : d’autres sapiens, encore à découvrir, les auraient précédés.
Des périodes de « Sahara vert »
Côté climat, des périodes de « Sahara vert », où la région du Proche-Orient était moins aride, se sont succédé au cours des derniers 500 000 ans. « Peut-être y a-t-il eu une sortie d’Afrique lors d’un de ces épisodes verts il y a 300 000 ans, puis plus récemment, mais que ces sorties n’ont pas été entièrement couronnées de succès jusqu’à une période récente », avance Jean-Jacques Hublin. En effet, Homo sapiens n’est présent en Europe qu’à partir de 50 000 ans, peu avant la disparition de Néandertal.

   


Pour Israël Hershkovitz, épisodes verts ou pas, « Israël n’a jamais été vide, en tout cas sur la zone côtière, où il y a toujours eu suffisamment de ressources pour subsister ». Si Homo sapiens n’est arrivé que tardivement en Europe, c’est qu’il n’était pas adapté au climat plus froid qui y régnait : « Pourquoi y aller, alors que la route était ouverte vers l’est, où le climat était plus favorable ? » Cela pourrait expliquer la présence de 47 dents humaines vieilles de 120 000 ans dans la grotte de Daoxian, en Chine, annoncée en 2015.

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                Des Chinois « modernes » vieux de plus 80 000 ans



L’étude des pierres taillées retrouvées à Misliya est un autre élément intéressant. Il s’agit d’outils de type Levallois, produits par débitage d’éclats prédéterminés. On en a trouvé au Djebel Irhoud (315 000 ans), dans d’autres sites africains plus anciens, mais aussi en Europe (Arménie) à la même époque. Cette même technologie a-t-elle été inventée spontanément et simultanément dans plusieurs endroits, dans un phénomène de convergence évolutive, ou bien y a-t-il eu des échanges techniques, comportementaux, à la faveur du corridor israélien ? « On n’a pas encore trouvé d’outils Levallois de plus de 250 000 ans en Israël même », rappelle Israël Herchkovitz. Or, des fossiles datés de ces mêmes niveaux temporels ont été découverts à Misliya, révèle-t-il. Mais il est encore trop tôt pour dire à quelle espèce du genre Homo ils appartiennent. A suivre, donc…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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Un algorithme coopératif et communicant

Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h00
    |

                            Paul Seabright (Professeur de sciences économiques à lInstitut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            
Recherches. Les prouesses de l’intelligence artificielle sont louées quotidiennement dans les médias, et l’on pourrait croire que les algorithmes essaient de dépasser les êtres humains dans tous les domaines de nos activités. En fait, la majorité des recherches en intelligence artificielle essaient de reproduire et de perfectionner des compétences que l’on peut mettre directement au service de l’être humain (comme avec la robotique) ou qui servent dans les combats à somme nulle (comme les échecs, le poker ou le go).
Rares sont les projets qui travaillent sur les compétences utiles pour les tâches qui mêlent le conflit et la coopération, où il y a des bénéfices à la coopération, mais des conflits sur la répartition de ces bénéfices. Pourtant ces tâches sont au cœur de la société humaine, notamment dans le domaine de l’échange économique.
Une étude qui vient de paraître s’adresse directement à ce défi passionnant (« Cooperating with machines », par Jacob Crandall, Mayada Oudah, Jean Tennom, Fatimah Ishowo-Oloko, Sherief Abdallah, Jean-François Bonnefon, Manuel Cebrian, Azim Shariff, Michael A. Goodrich et Iyad Rahwan, Nature Communication 9/233, 2018, lien vers PDF en anglais).
Expériences économiques
Les auteurs ont cherché à construire des algorithmes capables d’agir de manière coopérative autant avec d’autres algorithmes qu’avec des êtres humains. Leur tâche a été compliquée par le fait que la coopération humaine est facilitée par d’autres qualités que l’intelligence purement cognitive – surtout l’empathie, l’intuition, la sensibilité aux normes et à la communication.
Lors des expériences, les sujets humains arrivent plus facilement à coopérer lorsqu’ils ont la possibilité de communiquer entre eux, même si cette communication ne les engage en rien. En serait-il autant pour les algorithmes ? La réponse a été positive.
Les chercheurs ont mis en place des expériences économiques sous forme de jeux répétés...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Bâtis par les meilleurs artistes, les palais et villas traduisent la richesse d’une cité qui fut l’un des carrefours du commerce Orient-Occident au tournant de notre ère.
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Archéologie : Pétra, « la  Dubaï  de l’époque »

Bâtis par les meilleurs artistes, les palais et villas traduisent la richesse d’une cité qui fut l’un des carrefours du commerce Orient-Occident au tournant de notre ère.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h29
    |

            Florence Evin








                        



   


APétra, en Jordanie, comme à Persépolis en Iran ou à Athènes en Grèce, les recherches ­archéologiques renouvellent la connaissance des centres urbains antiques. Le grand élan des premières fouilles au Proche-Orient, au XIXe siècle, visait la sauvegarde du monumental, palais et sanctuaires. ­Depuis les années 1980, les archéologues s’intéressent, aussi, au vernaculaire, à la vie quotidienne des habitants. Comme l’illustrent les fouilles à Pétra, capitale nabatéenne d’un royaume indépendant au IVe siècle avant notre ère, devenue ­romaine en 106. On connaît sa nécropole spectaculaire, aux tombes rupestres à fronton sculptées tels des palais dans la roche rouge du cirque montagneux qui enserre le centre-ville. Aujourd’hui, c’est son habitat, jusque-là peu étudié, qui mobilise les scientifiques.

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« Avec les équipes internationales sur le terrain, notamment française, allemande, italienne, américaine, finlandaise et jordanienne, c’est un site qui bouge », souligne Laurent Tholbecq, professeur chargé de la chaire d’archéologie des provinces romaines, à l’Université ­libre de Bruxelles, responsable de la mission française à Pétra. « C’est une ville comme les autres avec toutes ses fonctions, un ­habitat domestique, des ­bâtiments publics » et des édifices cultuels.
Au sud-est, en surplomb, accessible par un cheminement d’escaliers, a été mis au jour « un petit sanctuaire tribal ou familial, la chapelle d’Obodas Ier, avec une statue de ce roi divinisé, daté de l’an 20. Toutes les tribus ont un dieu, rappelleLaurent Tholbecq.Cent trente-troissignatures et des restes de banquets attestent de sa fréquentation jusqu’au IIe siècle. »
La manne, c’est l’encens
Plusieurs centaines d’inscriptions ont été relevées sur le site par Laïla Nehmé, directrice de recherche au CNRS. L’archéologue épigraphiste a cartographié, sous 3 300 numéros, les monuments de Pétra. En 2015, c’est le complexe thermal de Jabal Khubthah, en partie rupestre, ­situé en à-pic sur le théâtre de la ville, qui a été fouillé. Le modèle en 3D des vestiges, réalisé par la mission française et le laboratoire ArScAn, est un plan carré à sept pièces, avec bassins froid et chaud, alimentés par deux citernes ­reliées à deux aqueducs.

   


Forteresse naturelle, Pétra occupe une plaine intérieure de 1,5 kilomètre de large sur 1 kilomètre de long. La cité a survécu près de mille ans grâce à trois sources actives toute l’année et une gestion pointue de la distribution de l’eau. Les fouilles récentes révèlent « une ville riche, avec des villas décorées de peintures murales, de stucs, aux sols en marbre, équipées de citernes, de bains privés et de chauffage, qui rappellent celles de Pompéi », note l’architecte Thibaud Fournet (CNRS) de l’Institut français du Proche-Orient, à Amman. Lequel travaille sur le quartier romano-nabatéen « extrêmement luxueux ».

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« C’est la Dubaï de l’époque, avec ses ­palais de marbre italien bâtis par les meilleurs artistes venus d’Alexandrie et d’ailleurs, dans un mélange baroque ­mariant l’Occident et l’Orient, au confort exubérant très m’as-tu-vu, s’emporte ­Thibaud Fournet. Le vocabulaire architectural gréco-romain est enrichi à tous les étages de merlons et peint de toutes les couleurs avec des guirlandes d’or. » Chaque maison possède une pièce spectaculaire articulée autour d’une cour équipée de banquettes. Les Nabatéens prennent leurs repas couchés, comme les Romains qui ont adopté la pratique orientale.
Charlène Bouchaud, archéo-botaniste au CNRS, a identifié les graines qui sont à la base de l’alimentation – orge, blé, vigne, olivier, lentilles et pois. Figues, ­grenades et pistaches s’avèrent plus rares, comme les noix et les dattes. Le charbon de bois provient du ­genévrier, du pin et du chêne. Pétra contrôle le commerce Orient-Occident, entre Akaba sur la mer Rouge et le port de Gaza en Méditerranée. Elle assure le transport caravanier des aromates, des épices et du bitume de la mer Rouge. La manne, c’est l’encens, provenant du ­Yémen, qui se vend à prix d’or à Rome, comme en Egypte ou en Mésopotamie. Cette gomme issue de la résine du Boswellia sacra sert aux fumigations dans les temples et aux rituels religieux des divers cultes et civilisations du ­Proche-Orient et de l’Occident.

   


Depuis 2015, la mission française ­explore un complexe thermal situé à 7 kilomètres au sud, découvert par Léon de Laborde en 1828, au débouché d’une piste caravanière. Précisément au confluent du Wadi Sabra et du Wadi ­Arabah, donnant accès à la fois à la mer Rouge et à la Méditerranée. Les récents relevés de Thibaud Fournet ont identifié un temple avec son téménos (la cour ­sacrée), mais aussi des bains et un théâtre rupestre. Il s’agirait d’un complexe « situé au point d’arrivée des grandes ­caravanes à Pétra, servant aux fêtes religieuses et commerciales des Bédouins, suggère Laurent Tholbecq. Le sanctuaire est un lieu neutre, dans lequel les tribus en conflit peuvent se réunir. En Jordanie, le droit officiel et le droit coutumier perdurent. » En 2018, les prochaines fouilles diront si son utilisation date de l’arrivée d’une garnison au IIIe siècle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Si l’agriculture a sédentarisé les hommes, la hiérarchisation de la société et l’activité économique ont contribué à créer les grandes cités. Dont certaines ne sont plus aujourd’hui que des ruines ensevelies.
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Et l’humanité inventa la ville

Si l’agriculture a sédentarisé les hommes, la hiérarchisation de la société et l’activité économique ont contribué à créer les grandes cités. Dont certaines ne sont plus aujourd’hui que des ruines ensevelies.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h28
    |

            Pierre Barthélémy








                        



   


Il y a dix ans, en 2007, l’humanité a franchi un cap dans une relative indifférence. Cette année-là, les démographes ont annoncé que, pour la première fois de l’histoire, plus de la moitié des Homo sapiens vivaient en ville. Ces chercheurs notaient qu’au cours des trois décennies précédentes le nombre d’agglomérations comptant entre 500 000 et 10 millions d’habitants avait doublé, passant de 420 à 849. Ils prévoyaient aussi que le mouvement allait se poursuivre : nous devrions être 5 milliards d’urbains en 2030.
Une étude prospective publiée en 2012 dans PNAS, les comptes rendus de l’Académie des sciences américaine, expliquait qu’entre le début du XXIe siècle et 2030 l’espace dévolu aux villes augmenterait de 1,2 million de kilomètres carrés dans le monde. Chaque jour qui passe, 110 kilomètres carrés de la Terre – soit un peu plus de la superficie de Paris – se transforment en morceaux de ville. L’étude annonçait ainsi une explosion urbaine en Afrique, principalement dans cinq grandes régions : autour du Nil en Egypte, dans le golfe de Guinée, sur les rives nord du lac Victoria, dans le nord du Nigeria – pays le plus peuplé du continent et en forte croissance démographique – et dans la région de la capitale éthiopienne Addis-Abeba. Se dessine aussi, en Chine, un cordon côtier urbanisé de 1 800 kilomètres de long, entre Hangzhou et Shenyang… La ville, aujourd’hui, semble la norme de plus en plus évidente, voire inévitable, de l’habitat humain.

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Après tout, notre civilisation ne s’inspire-t-elle pas de grandes cités (Athènes, Rome) ? Nous avons tous en tête et pour références les splendeurs et la puissance des civilisations mésopotamienne, égyptienne, grecque, qui semblent être surgies comme par miracle du néant. Sans jamais nous poser vraiment la question de leur apparition, du processus par lequel l’humanité inventa la ville.
Banques alimentaires
Comme le reconnaît Jean Guilaine, professeur au Collège de France et auteur du récent ouvrage Les Chemins de la protohistoire. Quand l’Occident s’éveillait (7000-2000 avant notre ère), publié chez Odile Jacob (251 p., 25 euros), « il existe une propension chez les antiquisants à considérer la genèse des phénomènes comme une phase de gestation sans intérêt et à n’évoquer les cultures classiques que lorsqu’elles sont au sommet de leur éclat. Or, précisément, ce sont les processus de “fabrication” de ces civilisations qui sont captivants car c’est le moment où tout se joue, où “la mayonnaise prend” ».
Pascal Butterlin est professeur d’archéologie du Proche-Orient ancien à l’université Paris-I et directeur de la mission archéologique française de Mari (Syrie). Quand on lui demande ce qui a provoqué la naissance des toutes premières villes dans cette Mésopotamie du IVe millénaire avant notre ère qu’il connaît si bien, il a cette réponse inattendue : « La question qu’on est en droit de se poser, c’est davantage “pourquoi cela a-t-il mis si longtemps avant de se produire ?” » Selon lui, tout indique en effet que les sociétés néolithiques du Proche-Orient où, depuis environ 10 000 av. J.-C., l’invention de l’agriculture et de l’élevage s’est accompagnée de la sédentarisation des populations et d’une explosion démographique, « géraient déjà des problèmes qui seront ceux des villes, avec des sites rassemblant des milliers de personnes sur plusieurs hectares ». Jean Guilaine note ainsi que, dès le néolithique, « Abu ­Hureyra en Syrie, Aïn Ghazal en Jordanie au VIIIe millénaire, Çatal Hüyük en ­Turquie au VIIe millénaire dépassent les 10 hectares mais restent des villages ».
La révolution urbaine ne se déclenche donc pas dès lors qu’on atteint une certaine superficie ou une masse critique de population. Pas de processus mécanique et linéaire, fait remarquer Pascal Butterlin : « Aucun village néolithique n’est devenu une ville sans de lourdes phases d’abandon, qui ont parfois duré des millénaires… »
Un lieu où s’exprime la domination de la plèbe par quelques-uns. Le phénomène, historiquement, a un caractère universel troublant
En réalité, pour que la mayonnaise prenne – pour réemployer l’expression de Jean Guilaine, alors que Pascal Butterlin parle de « cristallisation » –, il faut être arrivé à une certaine organisation sociale, résultat d’un long travail de fermentation… des germes de l’inégalité entre humains. Quand Jean Guilaine dresse le portrait-robot d’une ville antique, il explique qu’il s’agit du lieu qui « rassemble une population déjà découpée socialement – élites gouvernantes/dominés – avec des spécialistes – producteurs, artisans, marchands, administratifs, etc. L’élite vit dans des résidences spécifiques, les palais. Des constructions d’envergure – enceinte, fortifications, portes monumentales – délimitent la ville tandis que des bâtiments de prestige à usage religieux ou institutionnel contribuent à la cohésion identitaire et à l’“ordre social”. Les puissants contrôlent les échanges à moyenne ou longue distance, les villes fonctionnant en réseau ». La ville comme lieu où s’expriment de manière privilégiée l’inégalité sociale et la domination de la plèbe par quelques-uns ? Le phénomène, historiquement, a un caractère universel troublant.
Après la Mésopotamie et l’Egypte au IVe millénaire av. J.-C., « des villes apparaissent, en toute indépendance, sur l’Indus au IIIe millénaire, en Chine au IIe millénaire, rappelle Jean Guilaine. En Amérique du Sud, de grands centres cérémoniels sont bâtis vers le IIIe millénaire ». « Toutes ces émergences, poursuit le professeur au Collège de France, sont plus ou moins liées à de rapides accélérations vers une pyramide sociale renforcée et la nécessité pour le “souverain” de mobiliser à son service une administration – pour collecter l’impôt –, une police – pour maintenir l’ordre –, un clergé – pour gérer le spirituel –, le tout pour accroître sa domination. Le phénomène urbain éclôt lorsque s’agrègent plusieurs facteurs faisant système. »

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Quoi de mieux, pour décrire la maturation et la conjonction de ces facteurs, que de se replonger dans l’avènement de la première ville, Ourouk. Découvert au milieu du XIXe siècle, le site archéologique se trouve dans le sud de l’Irak. Au néolithique, c’est la basse Mésopotamie, et l’agriculture, dans cette région aride, n’est possible qu’avec un système d’irrigation, qui induit déjà un travail communautaire. Les chenaux de l’Euphrate apportent l’eau aux champs mais permettent aussi de transporter le grain vers les centres de stockage. Pascal Butterlin évoque la notion de « banques alimentaires : des silos gardés et protégés où les familles laissent leurs biens ». Car bien avant la révolution urbaine, il y a eu, vers 7000 av. J.-C., « la révolution céramique, poursuit le chercheur. En plus de nouvelles pratiques culinaires et alimentaires, elle conduit à deux choses importantes : elle permet tout d’abord le stockage des grains et l’invention de la richesse ; et ensuite elle permet l’apparition d’une nouvelle forme de sécurité, le scellement ».
Laine, vignes et « fast-food »
Lorsqu’une famille confie une jarre aux gardiens du silo, elle la ferme et la cachette avec son sceau. Elle peut ainsi la récupérer plus tard avec l’assurance que c’est la sienne et la garantie que rien n’y a été pris. « Chaque empreinte est une opération administrative, souligne Pascal Butterlin. C’est la première étape vers la bureaucratisation… » Et aussi vers l’écriture, formidable outil de gestion des populations et des ressources. L’écriture, explique Jean Guilaine, « permet d’archiver des données, de comptabiliser des matériaux, d’énoncer des règles, d’afficher des propriétés. A une époque où s’amplifient la taille et le nombre d’habitants des agglomérations, la circulation des individus et des biens, l’écriture est un moyen de communication qui accompagne la naissance des villes et des Etats ». La ville, c’est aussi là où se trouvent les scribes et une étape vers l’ère historique…
Autre bouleversement qui fait de cette cité sumérienne un centre hors normes, une nouvelle révolution agricole. Pascal Butterlin cite notamment quatre changements : l’apparition de l’araire à semoir ; « une révolution des fibres avec une généralisation du tissage de la laine », en lieu et place du lin, ce qui implique d’importants élevages de moutons ; « la domestication de la vigne » ; « l’invention de la bière, qui sera un des éléments-clés des rations alimentaires ». Autant de produits qui permettent d’asseoir le pouvoir économique d’Ourouk. Celle-ci vend ses tissus de laine, son vin, et importe du bois, rare dans le delta de l’Euphrate, ou du cuivre, venu d’Iran, au moment où l’on entre dans l’âge des métaux.

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A Ourouk, la transition vers la ville se voit aussi aux assiettes. Ou plutôt aux bols et écuelles grossiers que les potiers se mettent à fabriquer en très grandes quantités grâce à des tours rapides – autre innovation majeure. « On passe d’une société de repas pris en commun à une mentalité “fast-food”, constate ­Pascal Butterlin. Le fonctionnement économique repose désormais sur la distribution massive de rations alimentaires dans ces bols à bords biseautés. Les marques d’identité liées à des clans disparaissent. C’est une société où les gens travaillent pour de grosses institutions centrales. » Le chercheur insiste sur le fait que « le développement de la cité d’Ourouk est quelque chose d’inouï. Elle fait au minimum 250 hectares au IVe millénaire – soit la taille d’Athènes du temps de Périclès – et 590 hectares au début du IIIe millénaire. Il n’y a rien de comparable à l’époque, nulle part sur la planète ».
La vision linéaire qui mène du petit village au gros puis à la ville « est trop simple »
Des canalisations et une gestion élaborée de l’eau, l’utilisation massive du bitume, la construction avec des briques standardisées, un centre monumental – le secteur de l’Eanna – avec une concentration de grandes maisons de réception… Comme le fait remarquer Jean Guilaine, dans cette première ville de l’humanité, « les bâtiments publics sont construits “en dur”, en pierre et en briques, et ils sont souvent décorés, ceci pour en imposer au spectateur, jouer sur son psychisme, l’impressionner pour lui faire respecter un certain ordre établi. Des bâtiments de prestige font l’objet d’une magnificence particulière par leurs dimensions et la qualité de leur appareil : lieux de résidence des gouvernants, bâtiments communautaires, édifices institutionnels, sanctuaires. Ces lieux authentifient la puissance sociale de leurs gestionnaires ».

   


Cette « hiérarchie du bâti », pour reprendre l’expression des archéologues, est aussi une marque distinctive de la ville. L’architecture comme expression de la puissance, donc. Bien plus tard, au Ve siècle av. J.-C., « les Athéniens vont concentrer des moyens considérables pour donner à la ville un visage correspondant à leur critère de beauté, raconte Roland Etienne, ancien directeur de l’Ecole française d’Athènes. Il ne leur suffisait pas d’avoir créé un empire, il fallait attester qu’Athènes l’emportait aussi par ses trésors architecturaux et ses chefs-d’œuvre de l’art plastique sur toutes les cités de la Grèce. Le décor met en valeur l’autochtonie d’Athènes, la supériorité des Grecs sur les Barbares, la politique panhellénique et les victoires d’Athènes qui lui donnent droit à l’hégémonie ».
Phénomène d’« involution »
Dans notre partie du globe terrestre, la révolution des villes semble se cantonner aux rivages de la Méditerranée orientale, même si les Grecs, à partir du VIIIe siècle av. J.-C., commencent à essaimer vers l’ouest. Pour Jean ­Guilaine, l’idée que le modèle urbain est ignoré en Occident jusqu’à son importation « doit être très nuancée ». En effet, au moment où les Phocéens fondent Marseille, en 600 av. J.-C., voient le jour dans le monde celtique « des agglomérations permanentes, sortes de chefs-lieux économiques, placés sous le contrôle politique de dominants qui règnent sur des territoires étendus. On parle de “résidences princières” pour les désigner ». Le poids social de leurs gouvernants se lit dans les tombes et dans la splendeur du mobilier qu’on y retrouve, comme c’est le cas pour la sépulture de la célèbre « dame de Vix » (Côte-d’Or) ou celle de Lavau (Aube), dont la découverte a été annoncée en 2015. « On peut les considérer comme les premières villes de l’Europe tempérée, poursuit Jean Guilaine. Plus tard, vers les IIe-Ier siècles avant notre ère, certains oppida gaulois sont de véritables villes, sièges de pouvoirs politiques, places fortes, importants marchés où s’opèrent des transactions diverses favorisées par l’usage de la monnaie. »
Si l’histoire et l’archéologie montrent le caractère mondial du phénomène urbain, la vie des villes n’est pas pour autant un long fleuve tranquille. Ainsi, dans l’exemple gaulois, les « résidences princières » se sont dissoutes avant que de nouvelles agglomérations ne se reforment. Comme le rapporte Jean Guilaine, la vision linéaire qui mène du petit village au gros puis à la ville « est trop simple. En Ukraine, au IVe millénaire av. J.-C., il existe de très gros villages de plusieurs centaines de maisons et de plusieurs milliers d’habitants, comme Talianki (450 hectares) et Maidanetske (270 hectares), qui disparaissent sans descendance. Dans le Sud ibérique, au IIIe millénaire, de grosses agglomérations, comme Valencina de la Concepcion, près de Séville, qui faisait plus de 400 hectares, connaîtront le même sort. Sans doute les élites qui les géraient n’ont-elles pu maintenir indéfiniment les systèmes politico-économiques qui assuraient leur reproduction ». Autre exemple cité par le professeur au Collège de France, celui des cités du Levant sud, dans l’actuel Israël, qui se disloquent vers 2000 av. J.-C. et dont les populations retournent à la ruralité ou à une vie plus nomade.

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Ce phénomène de régression pouvant aller jusqu’à la disparition porte le nom d’« involution ». Le processus, souligne Jean Guilaine, peut aussi s’appliquer aux Etats eux-mêmes : « Vers 1200 avant notre ère, l’empire hittite, le nouvel empire égyptien, les royaumes mycéniens vont rapidement décliner, et les circuits commerciaux qui les interconnectaient se dissoudre. Toutes les institutions et les organisations sociales sont fragiles si, pour des raisons diverses, les rouages qui assurent leur fonctionnement se grippent. Une leçon à méditer aujourd’hui. »
Du temps de son apogée, la ville d’Ourouk abritait probablement plusieurs dizaines de milliers de personnes. Elle avait exporté son modèle, créé des colonies en Syrie et en Iran. Si l’on ignore toujours qui la dirigeait au IVe millénaire av. J.-C. et si son développement, de l’aveu même de Pascal Butterlin, « reste énigmatique », elle se trouvait au cœur d’un réseau d’une quinzaine de micro-Etats reliés entre eux par « une unité culturelle inouïe, tant sur le plan des images, des symboles que des référents », sans oublier l’écriture. Puis se sont succédé des phases de domination étrangère et d’indépendance, des périodes d’abandon et de regain. Avant qu’Ourouk soit définitivement délaissée par les hommes dans les premiers siècles de notre ère. La première ville de l’histoire avait brillé pendant des millénaires, elle est retournée au quasi-néant, lentement recouverte par les sables du désert.



                            


                        

                        


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La collection archéologie

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Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h25
   





                        



   


1 - Pétra
Les majestueux tombeaux, délicatement sculptés dans les montagnes du désert en Jordanie, sont les vestiges les plus spectaculaires de Pétra, la capitale du royaume nabatéen qui, aux débuts de l’ère chrétienne, devint l’étape-clé des routes caravanières reliant l’Orient à l’Occident.
3,99 €, en vente le mercredi 24 janvier

   


2 - Athènes
Après son saccage par les Perses, Athènes connut, sous le gouvernement de Périclès (Ve siècle avant J-C), une période de splendeur sans précédent et entreprit un ambitieux programme de reconstruction. L’Acropole, réaménagée avec l’aide du grand sculpteur Phidias, incarne cette renaissance architecturale qui permit à la ville de renouer avec sa vocation de capitale du monde grec.
9,99 €, en vente le mercredi 31 janvier

   


3 - Pompéi
L’éruption du Vésuve de 79 apr. J.-C. détruisit toute trace de vie à Pompéi, une ville prospère du sud de l’Italie dont les temples, les rues, les commerces et les maisons restèrent enfouis sous les cendres pendant des siècles, avant d’être enfin redécouverts.
9,99 €, en vente le mercredi 7 février

   


4 - Palmyre
Oasis isolée au milieu du désert syrien, Palmyre devint, pendant les trois premiers siècles de l’ère chrétienne, une cité prospère grâce au commerce caravanier, allant, sous le règne de l’ambitieuse Zénobie, jusqu’à défier l’autorité de Rome et s’ériger en empire, certes éphémère, mais d’une étendue considérable.
9,99 €, en vente le mercredi 14 février

   


5 - Rome
Le Colisée, le Panthéon, les forums impériaux, les marchés et la colonne Trajane… Aux Ier et IIe siècles, une incroyable fièvre bâtisseuse s’empare de Rome. Sous cette impulsion, la ville aux sept collines se dote d’un urbanisme à la hauteur de son statut de capitale du plus grand empire de l’Antiquité.
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6 - Angkor
Capitale du royaume khmer, dans l’actuel Cambodge, Angkor est un site unique au monde dont la surface atteignit en son temps 1 000 km2 et la population 750 000 habitants. Des temples aujourd’hui dispersés dans la jungle témoignent de la splendeur de cette ville qui domina le Sud-Est asiatique aux XIIe et XIIIe siècles.
9,99 €, en vente le mercredi 28 février

   


7 - Persépolis
C’est avec Persépolis que l’Empire achéménide a trouvé la représentation la plus aboutie de sa grandeur. Majestueuse et solennelle, la cité édifiée par le roi perse Darius Ier abritait des palais et des temples d’une beauté éblouissante sur une terrasse créée artificiellement au pied de la montagne sacrée de Mithra.
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8 - Chichén Itzá 
Chichén Itzá est le fruit du génie des savants mayas. Ces architectes et astronomes ont su donner à cette ville du Yucatán maya, dédiée au dieu Kukulcán et dominée par son énigmatique pyramide, une perfection formelle et symbolique saisissante.
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9 - Louxor et Karnak 
Voici plus de 3 500 ans, en instituant le culte du dieu Amon, les pharaons du Nouvel Empire convertirent la petite ville de Thèbes – l’actuelle Louxor – en nouvelle capitale de l’Egypte et la dotèrent de temples d’une beauté hors du commun.
9,99 €, envente le mercredi 21 mars

   


10 - Ephèse 
L’antique cité grecque d’Ephèse, principal port d’Asie Mineure, fut aussi un important centre religieux. C’est là que s’élevait l’une des sept merveilles du monde, le temple d’Artémis. Devenue capitale de la province romaine d’Asie, la cité prospéra et compta jusqu’à 250 000 habitants.
9,99 €, en vente le mercredi 28 mars



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ L’ancien président de l’université Paris-XIII, défenseur des médecines naturelles, est mort le 10 janvier à Paris à l’âge de 86 ans.
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La mort du professeur de médecine Pierre Cornillot

L’ancien président de l’université Paris-XIII, défenseur des médecines naturelles, est mort le 10 janvier à Paris à l’âge de 86 ans.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h10
    |

            Paul Benkimoun








                        


                                                        
Symbole iconoclaste, salué par les uns pour avoir ouvert les portes de l’université aux « médecines naturelles » et honni par les autres pour les mêmes raisons, le professeur Pierre Cornillot, ancien président de l’université Paris-XIII, est mort le 10 janvier à Paris. Médecin et biologiste des hôpitaux, Pierre Cornillot avait obtenu son doctorat en 1959 avant d’être nommé agrégé de biochimie en 1962. Maître de conférence à la faculté de médecine de Paris, il fonde la faculté de santé, médecine et biologie humaine de Bobigny, d’abord au sein de la faculté de médecine Xavier-Bichat, puis autonome au début des années 1970. Il en sera le doyen de 1968 à 1987.
Pendant cette période, il crée en 1982 le Département universitaire des médecines naturelles (Dumenat), au sein duquel vont être mis sur pied des enseignements donnant lieu à un diplôme universitaire d’homéopathie, d’acupuncture, d’auriculothérapie, d’ostéopathie, de naturothérapie, de mésothérapie – ouverts à tous les personnels de santé – et de phytothérapie – ouvert à tous. En 2013, le doyen Jean-Luc Dumas remettra en cause une bonne partie de ces cursus, qui auront donc fonctionné durant trente ans.
Le 8 décembre 1987, Pierre Cornillot est élu président de l’université Paris-Nord (Paris-XIII) pour un mandat de cinq ans. En 1999, avec Bérangère Amal, qui enseigne cette discipline au sein du Dumenat, il fonde l’Association médicale pour la promotion de la phytothérapie.
« Procès en sorcellerie »
Il crée également et dirige de 1993 à 2001 l’Institut universitaire professionnalisé (IUP) ville et santé sur le campus de Bobigny, en tant que département autonome de l’université Paris-XIII. En 2004, il s’oppose au président de cette université, Alain Neuman, qui décide de remettre en cause l’autonomie de gestion de ce qu’il appelle une zone de non-droit en dissolvant l’IUP et en transférant ses filières dans les facultés relevant de Paris-XIII.
Le site Clés de santé, qui vante les mérites...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Cette affection neurodégénérative se caractérise par des défauts de communication entre neurones. Une équipe française a mis au point un cerveau de poche qui permet d’étudier leurs inter­actions.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Une étude internationale montre comment une simple hausse de 10 % du réseau de pistes cyclables aurait un impact statistiquement significatif sur la mortalité.
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Pédaler pour sauver 10 000 vies par an

Une étude internationale montre comment une simple hausse de 10 % du réseau de pistes cyclables aurait un impact statistiquement significatif sur la mortalité.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h41
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Imaginez une molécule qui sauve la vie de quelque 10 000 personnes en Europe, chaque année. L’Agence européenne du médicament l’approuverait probablement avec une procédure accélérée, et les questions du remboursement et du prix se ­résoudraient, peut-être après d’âpres négociations entre laboratoires et autorités de santé. A défaut, les associations de patients ou d’usagers ne manqueraient pas de monter au créneau, pour exiger d’avoir accès au plus vite à un traitement aussi efficace.
Maintenant, remplacez le mot « molécule » par « densification du réseau de pistes cyclables » et voyons si le même raisonnement peut s’appliquer. Pour cela, partons d’une étude internationale, ­publiée le 15 janvier dans la revue Preventive Medicine par des chercheurs du Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal).
Ce travail s’inscrit dans le projet Physical Activity Through Sustainable Transport Approaches (Pasta), un programme financé par l’Union européenne (UE) qui vise à montrer « comment la promotion de la mobilité active – marche et vélo – conduit à une population en meilleure santé, plus active physiquement, tout en permettant des économies ».
Vies potentiellement épargnées
Pour évaluer le nombre de vies potentiellement épargnées par une politique urbaine favorisant les déplacements à vélo, Natalie Mueller et ses collègues se sont intéressés à 167 villes de onze pays européens. La longueur de leur réseau cyclable et sa densité ont été estimées, ainsi que la part de l’utilisation de la bicyclette pour les trajets quotidiens.
Dans sept de ces cités participant au projet Pasta (Barcelone, Londres, Rome…), les chercheurs ont testé quatre scénarios pour quantifier l’évolution de la part de trajets à vélo, selon que la longueur du ­réseau cyclable augmenterait de 10 %, 50 % ou 100 %. Dans une bouffée d’optimisme réjouissante, ils ont même envisagé l’hypothèse – c’est le quatrième ­scénario...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’universitaire américain Jared Diamond revient sur la méfiance paradoxale qu’ont toujours inspirée les savants aux Etats-Unis.
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Aux Etats-Unis, « un gouvernement d’une hostilité sans égale envers la science »

Dans une tribune au « Monde », l’universitaire américain Jared Diamond revient sur la méfiance paradoxale qu’ont toujours inspirée les savants aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 10h39
    |

Jared Diamond (professeur de géographie à l’université de Californie, Los Angeles)







                        



                                


                            

Tribune. L’administration Trump a récemment ordonné au Center for Disease Control (CDC, Centre pour le contrôle des maladies), l’agence fédérale de santé et de recherche biomédicale, de retirer de toute demande de financement des mots dont les vertus, auparavant, ne faisaient pas débat.
Cette liste de mots nouvellement proscrits a suscité colère et stupéfaction, non seulement parce que ce diktat gouvernemental représente un acte de censure du langage contrevenant aux principes de la démocratie, mais aussi parce que les mots eux-mêmes sont, pour certains, d’une importance capitale pour le contrôle des maladies, pour la démocratie américaine et les valeurs républicaines conservatrices.
Quels sont ces vilains vocables ? La liste comprend le mot « vulnérable » – mais le CDC a bien sûr pour mission d’identifier ces maladies, auxquelles les Américains sont vulnérables. Un autre vilain mot est « diversité » – mais un contrôle efficace des maladies suppose de reconnaître que les gens ne sont pas vulnérables de la même façon aux maladies : il y a une grande diversité de vulnérabilités. Par exemple, le cancer de l’ovaire touche les femmes et non les hommes ; la maladie d’Alzheimer les personnes âgées et non les tout-petits ; quant au cancer de la peau, il touche bien plus les Américains à peau claire que ceux à peau foncée.
Un autre vilain mot à proscrire est « droit ». Mais la célèbre deuxième phrase de notre Déclaration d’indépendance de 1776 stipule que « nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables (…) Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits ». Autant dire que notre nation fut fondée sur la croyance en certains droits, et sur l’idée acceptée par tous que le gouvernement américain a pour principale mission de les garantir.
Ironie particulière
Il est désormais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Une équipe chinoise a réussi à engendrer deux macaques identiques en utilisant le transfert de noyau mis en œuvre en 1996 pour créer la célèbre brebis.
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Premier clonage de primates selon la technique employée pour la brebis Dolly

Une équipe chinoise a réussi à engendrer deux macaques identiques en utilisant le transfert de noyau mis en œuvre en 1996 pour créer la célèbre brebis.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 20h09
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 10h07
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Ce pourrait être une information banale dans le carnet rose : « Qiang Sun et Muming Poo sont heureux de vous faire part de la naissance, à Shanghaï, des jumeaux Zhong Zhong et Hua Hua. » Mais, ce que ces deux chercheurs seniors développent dans un article publié jeudi 24 janvier dans la revue Cell n’est ni plus ni moins que le premier clonage réussi de deux primates, en utilisant la même méthode que celle qui avait permis la naissance, le 5 juillet 1996 à Edimbourg (Royaume-Uni), de la brebis Dolly. Les scientifiques chinois espèrent pouvoir produire des lignées d’animaux génétiquement identiques utilisables à des fins de recherche.
La naissance de Dolly, morte le 14 février 2003, avait produit l’effet d’un séisme, tant sur le plan de la percée scientifique que sur celui des débats éthiques qu’elle suscitait. Pour la première fois, des chercheurs étaient parvenus à faire naître un animal en bonne santé, réplique génétique à l’identique de sa mère, sans passer par la reproduction sexuée. Depuis, vingt-trois espèces de mammifères différentes ont fait l’objet d’un clonage de ce type, de la souris au chameau en passant par le cheval et le cochon.
Pour faire naître Dolly, l’équipe écossaise de Ian Wilmut avait transféré un noyau prélevé sur une cellule différenciée adulte dans un ovocyte de brebis préalablement débarrassé de son propre noyau. Contrairement à une cellule adulte, qui contient une paire de chaque chromosome, l’ovocyte n’en compte qu’un jeu. Ce n’est qu’après la fécondation par un spermatozoïde que l’œuf se retrouve pourvu d’un patrimoine génétique complet. C’est aussi à ce résultat qu’aboutit le transfert nucléaire.
Reprogrammation
Cependant, les différentes tentatives d’appliquer ce procédé à des primates non humains n’avaient pas donné lieu à une descendance viable. En octobre 1999, des chercheurs de l’Oregon (Etats-Unis) avaient bien fait naître une femelle singe rhésus, nommée Tetra, mais en recourant à une...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Cet essai captivant offre une épopée scientifique dans les ruses du monde animal et végétal.
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La nature triche et trompe

Cet essai captivant offre une épopée scientifique dans les ruses du monde animal et végétal.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h00
    |

                            Guillaume Rizza








                        



                                


                            
Le livre. Il vit dans les eaux tropicales de l’océan Pacifique, se déplace en petits groupes et possède, tant qu’il est jeune, une ­tache noire caractéristique au niveau de la nageoire dorsale : Pomacentrus amboinensis, de la famille des « poissons demoiselles », ruse ainsi face à son prédateur. La ­fonction de ces taches – les ocelles – est de ­« semer la confusion pour éviter une attaque, l’avant [les yeux] et l’arrière deviennent difficiles à distinguer », raconte Martin Stevens dans son livre Les Ruses de la nature. Professeur à l’université d’Exeter au Royaume-Uni, il étudie les stratégies comportementales des animaux et des végétaux.
C’est le cœur de l’ouvrage : l’auteur traque les cas de duperie et les coups de bluff de plantes ou d’animaux qui se défendent, élèvent leurs petits, se nourrissent, séduisent ou copulent. Il rattache ce large éventail de situations courantes à des études et des travaux biologiques menés aux quatre coins du monde, pour en tirer un constat à la fois drôle et rassurant : les animaux et les plantes, eux aussi, trichent et trompent tous les jours.
Apparentes énigmes
De mystères, il n’en est dès lors pas question, puisque à chaque fois des explications sont données sur ces cas en apparence énigmatiques. On apprend ainsi comment la ­vipère de la mort (Acanthophis antarcticus) ruse en agitant « l’extrémité de sa queue, tandis que le reste de son corps demeure parfaitement immobile pour attirer à elle des victimes imaginant que cette queue remuante est une proie », ou comment l’araignée bolas, « merveilleux exemple de la spécialisation du ­mimétisme agressif », attire ses proies avec un leurre odorant simulant l’odeur des ­papillons femelles et capture de cette façon ses congénères mâles. Un mimétisme qui peut être aussi acoustique, collectif ou même batésien – du nom de son découvreur, Henry Walter Bates – lorsqu’une...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Le traitement massif et automatiques des données, à l’aide d’algorithmes, peut permettre aux médias de vérifier des informations et repérer les tentatives de manipulation.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤ 
<article-nb="2018/01/26/19-20">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Une unité mixte de recherche mathématique franco-britannique vient d’être inaugurée à Londres. Elle porte le nom d’un savant français émigré à Londres après la révocation de l’édit de Nantes.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
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La science, internationale et universelle

Une unité mixte de recherche mathématique franco-britannique vient d’être inaugurée à Londres. Elle porte le nom d’un savant français émigré à Londres après la révocation de l’édit de Nantes.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 11h27
    |

                            Etienne Ghys (Mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Carte blanche. La science doit être internationale même pendant les périodes politiquement difficiles. Cela est particulièrement vrai pour les mathématiques qui n’ont pas besoin de matériel lourd et se développent en grande partie à travers des discussions entre collègues. Les courriers électroniques et Skype ne remplacent pas les ­contacts directs. Le Brexit a été ressenti comme une terrible nouvelle par la communauté scientifique. Les Britanniques craignent que leurs universités n’attirent moins les étudiants européens, et les scientifiques européens ont peur que les séjours de longue durée au Royaume-Uni ne soient compliqués pour des raisons administratives.
Comme pour répondre (très partiellement) à cette difficulté, une unité mixte ­internationale (UMI) dans le domaine des mathématiques a été inaugurée à Londres le 15 janvier. Il s’agit d’un laboratoire géré ­conjointement par l’Imperial College et l’INSMI (Institut national des sciences mathématiques et leurs interactions : le CNRS adore les acronymes). Le CNRS peut y attribuer des crédits ou du personnel, comme dans les autres laboratoires français. La nouvelle UMI, le laboratoire Abraham-de-Moivre, est la première de ce genre en Angleterre et vient s’ajouter à 36 autres un peu partout sur la planète, dont 9 en mathématiques.
Le nom choisi pour ce nouveau laboratoire illustre bien notre histoire mathématique commune. Abraham de Moivre est né en 1667 à Vitry-le-François. De confession protestante, la révocation de l’édit de Nantes en 1685 le force à émigrer à Londres. Un peu plus tard, il prendra la nationalité anglaise, sera élu à la Royal Society, et deviendra un ami de Newton. Son nom est associé à l’un des résultats les plus importants de la théorie des probabilités, qu’on appelle parfois théorème de Moivre-Laplace, ou, de manière plus neutre, le théorème central limite, mais qu’on attribue aussi à (l’Allemand) Gauss. Comme souvent, une idée, surtout si elle est essentielle,...




                        

                        

