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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le rap français connaît un phénomène de « congolisation » qui s’étend à la pop. Les artistes hexagonaux célèbrent tous azimuts la fierté de leurs racines africaines.
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La playlist de Binetou : La révolution afro de la scène musicale française



LE MONDE
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        Le 26.01.2018 à 17h50

     •
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        Mis à jour le 26.01.2018 à 17h54






Durée : 05:58 | 


Les sonorités africaines ont très tôt fait partie du paysage musical français. En 1988, Yéké Yéké de Mory Kanté marque le triomphe du funk mandingue et, en 1997, le collectif Bissa Na Bisso confirme cette volonté de la jeunesse afrodescendante française de valoriser son africanité dans la musique. Il sera suivi des titres du rappeur Mokobé, du phénomène LobogiGT et du succès de l’album Racine carrée de Stromae. Mais, depuis trois ans, une véritable révolution afromusicale est en marche dans le rap et la pop qui prend le nom de « congolisation ». Les artistes phares de ce renouveau musical sont Dadju, Niska, Naza, MHD, Maitre Gims, Booba ou encore Aya Nakumura grâce aux talents des beatmakers comme Dany Synthé ou DSK on The Beat.
Retrouvez sur Spotify les vingt titres de l’année qui évoquent cette révolution par Binetou Sylla : http://spoti.fi/2Bvy3qz
Binetou Sylla est directrice de Syllart Records, un label de musiques africaines et afro-latines basé à Paris, créé par Ibrahima Sylla en 1978. Elle décrypte pour Le Monde Afrique les nouvelles tendances musicales africaines et nous fait redécouvrir les artistes emblématiques du continent.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A écouter cette semaine : un récital piano lumineux, un duo violoncelle et piano virtuose, les thèmes de « Bullitt » et « Dirty Harry » épurés…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Sélection albums : Ludmila Berlinskaya, Johannes Brahms, Lalo Schifrin…

A écouter cette semaine : un récital piano lumineux, un duo violoncelle et piano virtuose, les thèmes de « Bullitt » et « Dirty Harry » épurés…



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h59
   





                        


Ludmila Berlinskaya Reminiscenza Ludwig van Beethoven : Sonate n° 30. Nikolaï Medtner : Sonata Reminiscenza. Robert Schumann : Kreisleriana. Maurice Ravel : Valses nobles et sentimentales

   


Ludmila Berlinskaya affiche une hauteur de vue exceptionnelle dans ce programme aux allures de variations à grande échelle qui élargit la perception des œuvres tout en respectant le style de chaque compositeur. La pianiste russe débute son récital avec l’autorité qu’il faut pour imposer la singularité beethovénienne sans en altérer le mystère et la fantaisie. Avec Nikolaï Medtner (1879-1951), l’exploration tentaculaire est encore de mise ; cette fois, dans le domaine du souvenir, brûlant et caressant comme le flot schumannien qui suit. Après trois averses orageuses (de notes), un arc-en-ciel (de timbres) non moins spectaculaire (quels doigts !) signé Ravel pour conclure ce disque en tous points lumineux. Pierre Gervasoni
1 CD Melodyia.
Jean-Guihen Queyras et Alexandre Tharaud Johannes Brahms Sonate pour violoncelle et piano en mi mineur n° 1 op. 38 et Sonate pour violoncelle et piano en fa majeur n° 2 op. 99. Danses hongroises n° 4, n° 1, n° 5 (Livre 1) et n° 7 (Livre 2), n° 14 et n° 11 (Livre 3)

   


Le charme agit dès les premières mesures de la première Sonate pour violoncelle et piano op. 38, comme si ces deux-là s’étaient trouvés de toute éternité. Il y a d’abord le violoncelle, sensuel et sensitif de Jean-Guihen Queyras, d’une pureté violente, qui rappelle à quel point ce musicien est l’un des tout meilleurs de sa génération. Puis il y a le piano inventif et fervent d’Alexandre Tharaud, qui aborde la musique comme un naufragé une terre nouvelle, faite de jeu et d’aventure. Les deux aiment la confidence, les choses secrètes, la non-désignation. Leur Brahms se teinte parfois de couleurs fauréennes, parfois les touches et l’archet se confondent dans un grand souffle de vie incantatoire. Mais il sait aussi se livrer, puiser au profond du vivant, passer de l’inexpugnable mais ferme nostalgie aux sursauts battants du cœur. Et quel legato altier, quel art du chant chez Queyras, quand Tharaud se fait maître magicien, habillant la polyphonie de vertiges de brume ou de lumière. Comme rarement, un seul souffle, un seul esprit. Quant aux transcriptions des Danses hongroises finement réalisées par les deux compères, elles ne boudent aucun plaisir, du coup de talon de la danse aux épanchements avec juste ce qu’il faut de sentimental. Une magnifique et magistrale réussite d’emblée au sommet de la discographie. Marie-Aude Roux
1 CD Erato/Warner Classics.
Jean-Michel Bernard Plays Lalo Schifrin

   


Pianiste, compositeur et arrangeur, Lalo Schifrin est d’abord connu pour ses nombreuses musiques de films, en particulier durant les années 1960 et 1970, et de séries télévisées. Une musique le plus souvent à vocation spectaculaire, jouée en grand ensemble, instruments à vents en avant. C’est en petite formation (claviers, trompette, saxophone, rythmique et sur certains morceaux une flûte, une guitare…) que le pianiste Jean-Michel Bernard aborde dans Plays Lalo Schifrin, quelques-uns des thèmes de Schifrin. La qualité des arrangements rend l’ampleur des originaux, leur aspect jazz développé dans des parties solistes. Outre Mannix, Bullitt, Dirty Harry ou Mission : impossible, on retrouvera ici des versions particulièrement réussies de la ballade mélancolique pour Luke la main froide de Stuart Rosenberg, de l’inquiétant motif utilisé pour Les Félins de René Clément et du dynamique thème du Kid de Cincinnati de Norman Jewison. Sylvain Siclier
1 CD Cristal Records/Sony Music.
Tarek Yamani Peninsular

   


Tarek Yamani est pianiste. Piano et clavier électrique mènent donc la danse dans cet album racé. Installé à New York, Tarek Yamani est libanais. Les modes orientaux courent dans ses doigts autant que le jazz, son terrain de jeu. Sa musique affiche une tonicité rythmique remarquable. C’est celle de la musique khaliji, la musique du golfe persique qu’il est allé étudier à Dubaï où il a enregistré cet album, le troisième à paraître sous son nom. Jaillissant des peaux et des cymbales (les percussionnistes Wahid Mubarak et Ahmad Abdel Rahim, le batteur Khaled Yassine), des cordes du piano et de la contrebasse (Elie Afif), les rythmes font écho au temps où des esclaves africains furent amenés dans la péninsule arabique. Certains surprennent par leur parenté avec des rythmes afro-cubains, conférant à certaines compositions une réelle touche latino. Patrick Labesse
1 CD Edict Records/L’Autre Distribution.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Ce thriller psychologique se distingue par son atmosphère et la qualité de son interprétation (sur Numéro 23 à 20 h 55).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

TV – « Les Oubliées » : le combat d’un gendarme obstiné

Notre choix du soir. Ce thriller psychologique se distingue par son atmosphère et la qualité de son interprétation (sur Numéro 23 à 20 h 55).



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h45
    |

            Sylvie Kerviel








                        


Série sur Numéro 23 à 20 h 55

Depuis le début des ­années 1990, six jeunes filles ont disparu près de Boulogne-sur-Mer, dans la région des Hauts-de-France. Six jeunes filles graciles à la longue chevelure blonde. A chaque fois, leurs habits, lavés et soigneusement repassés, ont été retrouvés pliés et enveloppés dans un sac en plastique transparent, sur un banc public. Dans chaque paquet, entre les vêtements, une statuette en porcelaine blanche représentant la Vierge Marie.
« Oubliées », ces disparues ne le sont pas pour le capitaine Christian Janvier (Jacques Gamblin), hanté par ces affaires sur lesquelles il enquête depuis quinze ans. Lâché par sa hiérarchie, qui ­estime que l’acharnement du gendarme à tirer au clair ces ­histoires est devenu obsessionnel, Janvier continue néanmoins son combat. Les portraits des six jeunes filles sont affichés sur le mur en face de son bureau. ­Chaque jour, il les scrute et les ­observe, remonte mentalement le fil des enquêtes dans l’espoir de trouver l’élément qui le mènera au coupable et lui permettra de se libérer de ces visages.
« Je comprends qu’à force de les voir depuis quinze ans on soit un peu space », s’exclame d’ailleurs le jeune officier (Fabien Aïssa ­Busetta) qui débarque un matin dans le bureau du capitaine pour le seconder dans l’enquête, alors qu’une septième jeune fille « âgée de 18 ans, blonde à la peau claire », est portée disparue. « Space, je suis space, moi ? », ­rétorque Janvier. « Je ne sais pas, c’est ce que tout le monde dit », ­répond la nouvelle recrue.
Un capitaine un peu « spécial »
De fait, solitaire, guère expansif et sujet à des « absences », le capitaine est un peu « spécial ». C’est une chance pour une série de mettre en scène une telle complexité, la durée autorisant l’étude approfondie d’un personnage. « Dans beaucoup d’affaires criminelles, on retrouve souvent un homme seul, qui enquête depuis plusieurs années sur une affaire et qui s’est mis en danger dans sa vie personnelle et professionnelle. C’est ce que j’avais envie de raconter, expliquait Hervé Hadmar, en 2008, lors de la première diffusion des Oubliées. La figure du flic bourru, mal rasé, solitaire, qui rentre chez lui pour avaler une pizza froide et boire une bière, on la connaît par cœur. Je préférais mettre en scène un gendarme, un militaire, qui a reçu une formation pour maîtriser la situation, mais qui finalement se perd. »
A l’écran quasiment à chaque plan, Jacques Gamblin, visage émacié, regard profond, incarne avec justesse cet homme obstiné, possédé par son enquête. A son côté, Fabien Aïssa Busetta campe un « bleu » maladroit et un peu gauche, mais dont le côté rationnel contrebalance les aspects lunaires de son acolyte.

   


Cette série qu’Hervé Hadmar a réalisée – et coécrite avec Marc Herpoux – se distingue par la qualité de sa réalisation (belle image froide aux tons bleutés), de son scénario et de son interprétation. Elle est également servie par une bande musicale subtile signée Eric Demarsan (Le Cercle rouge et L’Armée des ombres, de Jean-Pierre Melville, Section spéciale, de ­Costa-Gavras). Les Oubliées est un thriller psychologique qui tient en haleine jusqu’à la toute fin du sixième et dernier épisode.
Les Oubliées, série créée par Hervé Hadmar et Marc Herpoux. Avec Jacques Gamblin, Fabien Aïssa Busetta, Arsène Jiroyan (Fr., 2007, 6 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La cuvette en or (18 carats), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Donald Trump refuse le trône doré de Maurizio Cattelan

La cuvette en or (18 carats), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h41
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

L’œuvre d’art de Maurizio Cattelan, une cuvette de toilettes en or massif, n’aurait pas déparé dans l’intérieur de Donald Trump. Après tout, le président des Etats-Unis a déjà fait installer des robinets et des lavabos plaqués or 24 carats dans son jet à 100 millions de dollars. Mais il a refusé d’installer l’œuvre America dans ses appartements privés de la Maison Blanche. Peut-être à cause de son horreur des microbes ? La cuvette en or (18 carats seulement), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes lorsqu’elle a été exposée au Guggenheim, dans les toilettes « genre neutre » du ­cinquième étage du musée new-yorkais…
Cette histoire, telle qu’elle est dévoilée dans le quotidien Washington Post, a d’abord commencé autour d’un Van Gogh. Il est d’usage pour les présidents américains d’emprunter des œuvres d’art pour orner leurs appartements de la Maison Blanche – le couple Obama avait ainsi choisi Mark Rothko and Jasper Johns. Le couple Trump avait jeté son dévolu sur un Paysage enneigé (1888) peint par Vincent Van Gogh à Arles et détenu par le Guggenheim.

« Un prêt à long terme »
Mais la conservatrice en chef du musée, Nancy Spector, a refusé, arguant que le tableau était en route pour Bilbao. Elle a proposé de le remplacer par les toilettes en or de Maurizio Cattelan, sous forme d’« un prêt à long terme ». La conservatrice a ­précisé : « Il s’agit, bien sûr, d’une œuvre extrêmement précieuse et quelque peu fragile, mais nous fournirions toutes les instructions pour son installation et son entretien. » La Maison Blanche n’a pas donné suite à son courriel. La conservatrice, connue pour ses prises de position sur les réseaux sociaux, avait déjà ­salué l’élection de Donald Trump par une œuvre d’art, en publiant ce jour-là sur son compte Instagram une photo prise par Robert Mapplethorpe d’un drapeau américain déchiqueté par le vent.
L’artiste Mauricio ­Catte­lan, auteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ « Paysage enneigé » de Van Gogh n’étant pas disponible, la directrice artistique du Musée Guggenheim a proposé une œuvre satirique de Maurizio Cattelan : des toilettes en or 18 carats.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/01/26/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Sélection livre : les musiques de l’Algérie par le chanteur Taoufik Bestandji

Ce spécialiste du malouf propose une approche de la diversité des expressions musicales algériennes.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h32
    |

                            Patrick Labesse








                        


S’il existe des publications sur les musiques de l’Algérie, un livre faisant le tour de la question restait à écrire. Le musicien et chanteur algérien Taoufik Bestandji, installé en France depuis plus de vingt-cinq ans, spécialiste du malouf, la musique arabo-andalouse de Constantine, sa ville natale, s’est mis au travail. Conçu à partir de ses notices de disques, augmentées et organisées dans un ordre raisonné, cet ouvrage ne prétend pas à l’exhaustivité. Des composantes contemporaines n’y sont pas abordées, telles que les musiques actuelles sous influences occidentales (pop-rock, reggae, jazz, hip-hop, électro…). Ce petit livre n’en reste pas moins utile pour découvrir la richesse musicale de l’Algérie.
« La musique rurbaine »
L’auteur y aborde ce qu’il nomme « le fait musical berbère » aussi bien que la musique des Touareg, les musiques et danses des Berbères-Chaouia du massif de l’Aurès comme celles du grand Sahara (« mixage de l’élément arabe, notamment hilalien, et de l’élément africain »), avant de s’arrêter sur « la musique rurbaine », celle « qui intègre et reflète les phénomènes d’acculturation liés notamment à l’installation de populations allogènes à la périphérie des grandes villes ». Toute musique dite asri (littéralement, « moderne ») relève selon lui de cette catégorie, notamment le raï dans les années 1990. En faisant allusion à la musique des communautés non musulmanes, Taoufik Bestandji insiste aussi sur le rôle essentiel qu’ont joué les juifs dans la musique des cités algériennes.
Reposant sur le concept de noubas, des suites vocales et instrumentales, l’arabo-andalou, né dans l’Andalousie musulmane a donné naissance à des genres annexes tels le hawzi, le mahjouz et le chaâbi, « le genre musical le plus populaire d’Alger et de ses environs ». Taoufik Bestandji consacre encore de longs passages au malouf, l’arabo-andalou de Constantine. Arrière-petit-fils de Cheikh Abdelkrim Bestandji, qui enseigna cet art à Raymond Leyris (le futur Cheikh Raymond, tué par balle le 22 juin 1961), il est lui-même reconnu comme un des maîtres du malouf.

   


L’Algérie en musique, de Taoufik Bestandji, L’Harmattan, 123 p., 14,50 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Notre choix du soir. Manuel Herrero a suivi le quotidien du navigateur, de sa préparation autour du monde en solitaire, jusqu’à son arrivée en décembre (sur Planète + A & E à 21 heures).
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TV – « François Gabart, l’étoffe d’un champion »

Notre choix du soir. Manuel Herrero a suivi le quotidien du navigateur, de sa préparation autour du monde en solitaire, jusqu’à son arrivée en décembre (sur Planète + A & E à 21 heures).



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h30
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        


Documentaire sur Planète + A & E à 21 heures

   


Le 17 décembre 2017, François Gabart battait le ­record du tour du monde en solitaire en 42 jours, 16 heures et 40 minutes. Soit 6 jours et 10 heures de moins que le précédent, détenu par le navigateur Thomas Coville. Cette performance n’aurait pu être accomplie sans les longs mois de préparation sportive et technique qui l’ont précédée, ainsi que nous le fait découvrir le journaliste ­Manuel Herrero.
Dans le cockpit du skippeur
Tout commence à Lorient en mars 2017 où est entreposée, dans un hangar, la formule 1 des mers de François Gabart. Ce ­dernier profite de l’hiver, période de trêve des navigateurs, pour faire, avec ses équipes, le ­contrôle technique de son ­bateau. Un trimaran (bateau à trois coques) immense. Trente-deux mètres de long pour 23 de large et 35 de hauteur.
Autrefois, un tel engin se pilotait avec un équipage. François Gabart, lui, s’y colle tout seul. La tâche est rude, puisqu’une telle embarcation navigue à une ­vitesse de 25 à 30 nœuds en moyenne, soit un peu moins de 60 km/h (en langage terrien). Ces données précisées, nous voilà embarqués, avec le skipper, dans le cockpit où il cuisine et tourne la majeure partie de ses vidéos ainsi que dans la cabine où il dort, très peu selon lui.

   


La visite n’est qu’un préambule. Car vient le moment de la remise à l’eau du multicoque et le début des entraînements. Le vainqueur du Vendée Globe 2012-2013 devant participer avec son équipage à la course The Bridge 2017, qui voit plusieurs multicoques affronter le Queen-Mary 2 (l’un des plus grands paquebots du monde), dans une épreuve reliant Saint-Nazaire à New York.
Au-delà du quotidien d’un grand sportif, c’est le portrait d’un homme de 34 ans que ­Manuel Herrero parvient à dresser dans son documentaire, à travers notamment des images d’archives et des témoignages, dont celui de Michel Desjoyeaux, juré de François Gabart à l’époque où il intègre en 2008 le ­centre d’entraînement Finistère course au large. Une amitié ­naîtra d’ailleurs entre les deux hommes, sur terre comme en mer, jusqu’à ce que l’élève finisse par dépasser le maître. Sans rien altérer.
François Gabart, l’étoffe d’un champion, de Manuel Herrero (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La Brussels Art Fair se tient jusqu’au 4 février avec 134 antiquaires et marchands de tableaux.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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De l’antiquité à l’art contemporain, des arts premiers à la BD, le bazar chic de la Brafa

La Brussels Art Fair se tient jusqu’au 4 février avec 134 antiquaires et marchands de tableaux.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h54
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

La rencontre des rois mages et une toile monochrome lacérée sur le même stand, c’est ça, la Brafa. La première est un tableau de l’école de Bernardino Pinturicchio (1454-1513), la seconde est de Lucio Fontana (1899-1968) et elles sont toutes deux proposées à la vente par la galerie Tornabuoni, qui affirme ainsi sa spécialisation dans l’art italien. Quant à la spécificité de la Brafa (Brussels Art Fair), c’est de ne point en avoir : les 134 antiquaires et marchands de tableaux présents jusqu’au 4 février dans les halls de Tour et Taxis à Bruxelles mélangent allègrement les genres, de l’Antiquité classique à l’art contemporain, des arts premiers à la bande dessinée. Un grand ­bazar, mais très chic, où l’humour – on est en Belgique – n’est pas absent, comme dans cette sculpture crapuleuse à souhait de Wang Du chez Albert Baronian, ou ces tableaux de Geluck, le père du Chat, chez Huberty & Breyne.

On évitera toutefois d’y emmener les enfants, sauf à devoir ­répondre à la question : « Qu’est-ce qu’ils font, les gens dans l’assiette ? » lorsqu’ils découvriront chez Bagot, antiquaire venu de Barcelone, cet exceptionnel kylix, une coupe à boire grecque, céramique à figures rouges du Ve siècle avant notre ère, représentant une très gaillarde scène de sodomie. Ou à cette autre : « Qu’est-ce qu’il y a derrière les rideaux ? », lorsque les bambins seront confrontés aux vitrines occultées de Christo, une pièce ancienne rarement montrée. La réponse est « on ne sait pas » : c’est ce qui fait tout l’intérêt de l’œuvre, mais ce n’est pas ce que les enfants souhaitent entendre…
Une ambiance décontractée
C’est cette diversité et cette ambiance décontractée – on est aux antipodes de l’atmosphère compassée ordinairement de mise en ce type de manifestations, les parisiennes surtout – qui font le succès de la foire de Bruxelles, laquelle, fondée en 1956, croît régulièrement, passant ces cinq ­dernières années de 41 000 à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ A la Comédie-Française, Chloé Dabert s’empare d’une des pièces testamentaires de l’auteur.
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Une mise en scène surprenante dans la maison lagarcienne

A la Comédie-Française, Chloé Dabert s’empare d’une des pièces testamentaires de l’auteur.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 18h03
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Elles sont là, cinq femmes, seules dans la maison avec un jeune homme qui, à peine réapparu, est déjà presque disparu, un homme jeune encore, revenu là, à l’heure de mourir, dans cette maison qu’il avait fuie et où ne restent que les femmes, la grand-mère, la mère et les trois sœurs. C’est L’Aînée, ainsi nommée dans la pièce, qui parle d’abord : « J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne./Je regardais le ciel comme je le fais toujours, comme je l’ai toujours fait. (…)/J’étais là, debout, et j’attendais que la pluie vienne, qu’elle tombe sur la campagne, les champs et les bois et nous apaise./J’attendais./Est-ce que je n’ai pas toujours attendu ? »
Ainsi commence-t-elle, cette pièce qui est une des plus belles de tout le répertoire contemporain, et une des trois œuvres testamentaires, avec Juste la fin du monde et Le Pays lointain, écrites par Jean-Luc Lagarce avant de mourir du sida, en 1995, à l’âge de 38 ans. Ainsi commence-t-elle, dans la somptuosité d’une langue unique, celle d’un auteur au sens plein du terme qui, avec les années, n’a cessé de s’imposer à l’égal d’un Tchekhov de notre temps.
Un beau quintette d’actrices : Cécile Brune, Clotilde de Bayser, Suliane Brahim, Jennifer Decker et Rebecca Marder
Aujourd’hui, Jean-Luc Lagarce est redécouvert par une nouvelle génération de metteurs en scène. Sans parler du film réalisé par ­Xavier Dolan à partir de Juste la fin du monde, qui n’a que peu en commun avec l’esprit de la pièce, on peut voir cette saison en France Le Pays lointain, mis en scène par Clément Hervieu-­Léger, jeune sociétaire de la troupe de la Comédie-Française.
A la Comédie-Française justement, dans sa salle du Vieux-Colombier, c’est une des metteuses en scène qui monte, Chloé ­Dabert, 41 ans (elle présentera Iphigénie au prochain Festival d’Avignon), qui aborde les rivages lagarciens. Avec une vision bien personnelle, et un beau quintette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’édition 2018 du Festival d’Angoulême a mis à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.
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BD : manga, la French connection

L’édition 2018 du Festival d’Angoulême a mis à l’honneur le 9e art nippon avec une programmation d’une ambition sans précédent.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h19
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

Jamais Angoulême n’a autant révéré le manga. Si le Festival international de la bande dessinée (FIBD) a, par le passé, rendu hommage à quelques grands maîtres du genre ou même récompensé le génial Katsuhiro Otomo (Akira) en lui attribuant un Grand Prix en 2015, l’édition 2018 de la manifestation, qui se tient jusqu’au dimanche 28 janvier, affiche une programmation d’une ambition sans précédent à l’égard du 9e art nippon, avec des expositions consacrées au « dieu du manga », Osamu Tezuka (Astro Boy), à Naoki Urasawa (Le Monde du 26 janvier) ou à la série à succès Fairy Tail.


Un choix artistique qui accompagne une véritable tendance de fond et qui fait de la France le deuxième marché du manga derrière le Japon. En témoignent des chiffres 2017 qualifiés d’« exceptionnels », « peut-être même record », par de nombreux acteurs de ce secteur en pleine effervescence. Il s’est vendu 15 millions de BD japonaises l’an dernier dans l’Hexagone, pour un chiffre d’affaires global de plus de 115 millions d’euros et une progression des volumes de ventes, pour la troisième année consécutive, de 9,8 %. Sur les cinquante albums de bande dessinée les plus vendus en 2017 dans le pays, dix-huit sont des mangas.

D’abord publié de façon sporadique dans des fanzines et des magazines spécialisés, le manga fait son apparition en France au début des années 1990 avec Akira, le chef-d’œuvre SF de Katsuhiro Otomo, qui offre à la BD japonaise son premier rayonnement en Occident. La télévision, à travers la diffusion de dessins animés japonais comme Cobra, Dragon Ball ou Nicky Larson, a continué d’aiguiser l’appétit des lecteurs français. Le genre ne cessera de s’enraciner jusqu’à représenter un tiers des BD éditées sur le territoire aujourd’hui.

L’audience du manga s’étend actuellement bien au-delà de la sphère jeunesse et adolescente....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.
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Manga : de Paris à Tokyo, l’art de l’acclimatation

Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h19
    |

            Pauline Croquet








                        



                                


                            

L’année 2018 sera-t-elle celle de la création originale de mangas ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs éditeurs français, qui espèrent faire prospérer les talents qu’ils ont dénichés. Le marché hexagonal de la BD nippone repose ­encore en très grande majorité sur le principe des licences : les maisons françaises négocient avec les ayants droit japonais l’exploitation des séries sur leur territoire. De plus en plus, cependant, certaines essaient de passer outre ce système en éditant leurs propres artistes et séries.

C’est notamment le cas de l’éditeur Ki-oon qui, dès son lancement, en 2004, a parié sur des auteurs de manga non publiés au Japon et collabore directement avec une dizaine d’auteurs nippons. « Une partie des auteurs japonais ne collent pas à 100 % aux goûts locaux, mais ils peuvent intéresser un lectorat européen. Le premier mangaka indépendant que l’on a recruté est Tetsuya Tsutsui, avec Duds Hunt. Il avait été rejeté par les éditeurs japonais, notamment parce que le héros de son histoire était le méchant », explique ­Ahmed Agne, le fondateur de Ki-oon. Le pari s’est avéré fructueux : une dizaine d’années plus tard, et de façon inédite, Shueisha, une prestigieuse maison d’édition japonaise, approchera Ki-oon pour obtenir les droits d’exploitation de Prophecy, une autre série de Tetsuya Tsutsui.

Mais c’est aussi du côté des auteurs français de manga que les éditeurs cherchent désormais. Une vague de mangakas nationauxa commencé à émerger, certes difficilement, dans les années 2000, qui prend actuellement de l’ampleur. Reno Lemaire a été le premier à s’illustrer avec Dreamland (paru en 2006 chez Pika Edition), ­récit fantastique d’un adolescent montpelliérain qui rejoint le monde des rêves à la nuit tombée.
Le public ne considère plus systématiquement qu’un bon manga doive impérativement venir du Japon
Aujourd’hui, alors que le public ne considère plus systématiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ « Only the Sound Remains », quatrième opéra de la compositrice finlandaise, a été acclamé au Palais Garnier.
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Lyrique : Kaija Saariaho, première du nô

« Only the Sound Remains », quatrième opéra de la compositrice finlandaise, a été acclamé au Palais Garnier.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h24
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Créé en mars 2016 à Amsterdam (dans une production qu’Erato vient de publier en DVD), l’opéra Only the Sound Remains, de Kaija ­Saariaho, a été ovationné lors de sa première française, mardi 23 janvier au Palais Garnier. La partition de la compositrice finlandaise, née en 1952, repose sur un livret d’Ezra Pound et d’Ernest Fenollosa réunissant deux pièces du théâtre nô.
Deux fables qui tournent l’une et l’autre autour de la lune, du vent et des tourments de la nature humaine. Dans chaque histoire, un homme est confronté à une créature de l’au-delà. La première, Always Strong (« toujours fort »), s’attache à la figure de Tsunemasa, courtisan mort au combat. Un prêtre entretient sa ­mémoire en priant près du luth que l’empereur avait offert à son favori. Tsunemasa lui apparaît sous une forme trouble dont « il ne subsiste que le son » (Only the Sound Remains), après une douloureuse dialectique de l’ombre et de la lumière.
Le second volet du diptyque, Feather Mantle (« manteau de plumes »), relate les mésaventures d’un pêcheur qui veut s’approprier la cape de la Tennin (un esprit lunaire), avant d’y renoncer au profit d’une danse de plaisir.
« Mime en scène »
Aucun décor pour encadrer ces face-à-face, juste une immense toile hachurée de noir par Julie Mehretu. Appelé à rougir ou à verdir en fonction des humeurs surnaturelles (lumières de James F. Ingalls), cet écran parfois translucide sert idéalement la mise en scène de Peter Sellars, ou plutôt sa « mime en scène », tant il utilise les jeux de mains.
De la simple suggestion (maniement du luth ou de la barque) à l’action pénétrante (quand l’esprit de Tsunemasa prend littéralement possession du corps du prêtre), le mime connaît de nombreuses variations. Evoqué par la peinture, souligné par la direction d’acteurs et démultiplié par les éclairages, le geste se trouve au cœur de l’expression musicale.
Ce principe de l’éclosion, intimiste...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le rocker et vidéaste portugais nous dévoile les influences musicales et cinématographiques à l’origine de son nouvel album, « Misfit ».
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La Youtubothèque de The Legendary Tigerman

Le rocker et vidéaste portugais nous dévoile les influences musicales et cinématographiques à l’origine de son nouvel album, « Misfit ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h48
    |

            Franck Colombani (propos recueillis par)








                        



   


La série « YouTubothèque » invite des artistes à choisir leurs œuvres favorites sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube. Une carte blanche permettant de s’ouvrir à leurs différentes influences, qu’elles soient musicales, cinématographiques, littéraires, voire au-delà de la sphère culturelle.

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Le musicien portugais Paulo Furtado, aka The Legendary Tigerman, garde toujours dans sa manche plusieurs cartes à jouer. Le meneur du groupe de rock Wraygunn, formé voilà près de 20 ans, poursuit parallèlement une carrière solo où il s’épanouit dans un blues garage, rêche et sauvage, en homme orchestre jouant simultanément de la guitare, de l’harmonica et de la batterie. Pour son sixième album solo, le multi-instrumentiste, également vidéaste à ses heures, a éprouvé le besoin de travailler en équipe, dans un projet mêlant musique et expérience visuelle, en collaboration étroite avec la photographe Rita Lino et le réalisateur Pedro Maia.
En mai 2016, tous trois ont donc atterri en Californie avec l’idée de filmer leur périple de douze jours dans le désert. C’est lors de ce road-trip que Furtado a composé l’album. Celui-ci, inspiré en parti par le livre How to Disappear Completely and Never Be Found de Dave Richmond, raconte le voyage initiatique d’un personnage fictif, Misfit, « qui voulait se perdre dans le désert et ne plus exister ». Les onze compositions ont été enregistrées avec un batteur et un saxophoniste dans le parc de Joshua Tree, dans le légendaire studio Rancho de la Luna de Dave Catching (membre des Eagles of Death Metal), connu pour être le repaire des Queens of the Stone Age. L’album a ensuite été peaufiné à Paris, avec l’aide du producteur français Johnny Hostile (Savages) qui s’est chargé d’y apporter une touche européenne. Tous ces éléments procurent à l’album une identité singulière, qui paradoxalement revient toujours aux fondamentaux du rock n’roll.



1. « Rumble Fish » gang fight scene

The Legendary Tigerman : La scène de combat de gangs, tirée du long-métrage Rumble Fish de Francis Ford Coppola, est l’une de mes scènes préférées de ce film. J’adore comment la scène est construite jusqu’à la tension maximale. Et la bande-son est vraiment incroyable. J’ai écrit la chanson Motorcycle Boy en hommage au film, ainsi que les personnages de Rusty James, Motorcycle Boy & Patty. Et bien sûr la chanson The Motorcycle Boy Reigns.
2. « The Joshua Tree Diaries », épisode 1

Le premier des trois chapitres issus de notre série The Joshua Tree Diaries. Ce sont des réflexions et des images tirés du temps que nous avons passé au parc national de Joshua Tree en Californie, lorsque nous avons enregistré l’album au studios Rancho de La Luna de Dave Catching. Nous avons passé des journées formidables là-bas. Dave nous a fait nous sentir comme à la maison, et nous nous sommes concentrés sur les chansons de Misfit presque 24 heures sur 24.
3. Anna Calvi - « Ghost Rider » (reprise Suicide)

Etant moi-même un grand fan du groupe Suicide, et ayant aussi interprété quelques fois sur scène cette chanson, j’adore cette reprise. Une très belle réinvention de ce classique indémodable, avec ces incroyables synthés et sons de guitare. Bien joué, jeune fille!
4. Savages - « Adore »

Deux de mes artistes français préférés sont Johnny Hostile et Jehnny Beth. Le son de leur groupe Savages, à la fois puissant et intimiste, neuf et old school, a été l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi Johnny afin de mixer et co-produire mon nouve album Misfit. Ce sont des gens adorables qui travaillent dur, c’est donc toujours inspirant d’être à leurs côtés.
5. « The Misfits »  - Bande-annonce film

L’un des plus beaux films de tous les temps, The Misfits de John Huston, a eu une influence évidente sur mon film Fade Into Nothing et, bien sûr, mon album Misfit. Le film propose une belle intrigue qui traite de la condition humaine et de la fin d’une époque, ainsi qu’une belle réflexion sur une qualité assez rare de nos jours, mais qui peut encore parfois être trouvée dans le rock’n’roll : lecran.
The Legendary Tigerman, Misfit (Jive Epic) 1CD + DVD
En concert le 26 janvier à Guyancourt, la Batterie ; le 27 à Bain-de-Bretagne (Festival du Schmoul) ; le 28 à Ris-Orangis (Le Plan) ; le 29 à Paris (Point Ephémère) ; le 2 février à Bron (Jack Jack) ; le 3 à Castres (Lo Bolegason) ; le 4 à Marseille (Le Molotov) www.thelegendarytigerman.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La projection de « The Patriot », un documentaire contesté sur le hackeur franco-israélien, a suscité débats et vives réactions au Festival international de la création audiovisuelle de Biarritz.
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Au FIPA, un documentaire sur le hackeur Ulcan fait polémique

La projection de « The Patriot », un documentaire contesté sur le hackeur franco-israélien, a suscité débats et vives réactions au Festival international de la création audiovisuelle de Biarritz.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 13h40
    |

                            Mathieu Ait Lachkar et 
                            Camille Langlade








                        



A l’ouverture de la 31e édition du Festival international de la création audiovisuelle (FIPA) de Biarritz, mardi 23 janvier, une feuille volante accompagnait l’agenda des projections de la semaine. Dessus : le nouveau synopsis du documentaire The Patriot, consacré au hackeur sioniste franco-israélien Gregory Chelli, plus connu sous le nom de Ulcan.
La première description du film diffusée par le FIPA avait fait « frémir » les journalistes Pierre Haski (Rue89), Daniel Schneidermann (Arrêt sur Images) et Denis Sieffert (Politis), au point de vouloir s’en expliquer dans une lettre ouverte publiée le 16 janvier, sur le site de Politis. Tous trois reprochaient au festival de présenter l’« hacktiviste » comme « un hackeur sioniste militant » livrant « une guerre virtuelle et sans merci aux leaders du mouvement antisémite français. »
Un portrait un peu vite tracé pour les journalistes, qui ont eux-mêmes été victimes de Ulcan, dont l’une des marques de fabrique est le swatting, autrement dit le fait d’envoyer la police chez les personnes prises pour cible. « Ces quelques lignes contiennent une diffamation infamante contre toutes les victimes d’Ulcan présentées comme “antisémites” », peut-on également lire dans la lettre. Sans pour autant demander la déprogrammation du film, les signataires réclamaient, outre le changement de description du documentaire, l’organisation d’un débat avant ou après la projection.

   


C’est donc dans ce contexte que le public biarrot a assisté, jeudi 25, à la diffusion du documentaire polémique réalisé par Daniel Sivan. Hormis son titre mélioratif, The Patriot pose question ; beaucoup lui reprochant notamment de mettre en exergue les faits et gestes de Ulcan et son narcissisme démesuré, sans plus de contextualisation et de mise à distance. Le propos n’est ainsi que rarement nuancé et/ou clarifié.
Conçu comme une succession d’extraits de vidéos Youtube, le documentaire joue avec les codes du genre. Du coup, le téléspectateur navigue à travers le film comme s’il surfait sur internet. Pour illustrer l’antisémitisme en France le réalisateur s’appuie, entre les diatribes de Dieudonné et d’Alain Soral notamment, sur la vidéo du journaliste israélien Zvika Klein, qui s’était filmé en 2015 marchant dans Paris avec une kippa sur la tête. A l’époque, plusieurs médias, dont « Envoyé Spécial », avaient pointé du doigt les incohérences et le montage sélectif du journaliste.
Un manque de distanciation
Pour ses détracteurs, le documentaire apparaît surtout comme un portrait bienveillant de Gregory Chelli, érigé au rang de véritable « justicier » des temps modernes luttant contre l’antisémitisme. Un traitement de faveur « insupportable » pour Pierre Haski. Le cofondateur de Rue89, qui avoue regretter, aujourd’hui, d’avoir participé au documentaire, considère que l’antisémitisme est un sujet bien trop grave pour être traité par le seul prisme du hackeur. De son côté, le producteur de The Patriot, Zafrir Kochanovsky, également présent lors du débat, se défend de toute volonté hagiographique : « On voulait simplement travailler sur les hackeurs et on a trouvé Gregory Chelli. En aucun cas on a voulu en faire un héros. »
Un héros dont l’hubris est toutefois contrebalancé par le témoignage de Benoît Le Corre, journaliste à Rue89, dont le père est mort d’un infarctus en octobre 2014, après avoir été victime de plusieurs canulars téléphoniques orchestrés par Gregory Chelli. Cette affaire poussera d’ailleurs le parquet de Paris à ouvrir deux informations judiciaires, l’une pour « violences volontaires », l’autre pour « accès frauduleux à un système de traitement automatique de données ».
Un Ulcan toujours plus détaché
Ce témoignage utilisé comme conclusion du documentaire aurait nuancé le propos. A la place, le film continue de faire la part belle à un Ulcan toujours plus détaché. Celui-ci ira jusqu’à citer Vladimir Jabotinsky, un des pères fondateurs de la droite sioniste israélienne : « Juif, fier, noble et cruel. »
La présidente du Fipa, Anne Georget, a avoué quant à elle avoir pris connaissance du personnage lors de la programmation du documentaire. Pour elle, ce qui ressort du film c’est que « d’où qu’elle vienne, la haine est atroce ».
Présenté hors compétition dans le cadre d’un focus consacré cette année à la production audiovisuelle israélienne, The Patriot entache quelque peu l’effort de paix mis en avant dans plusieurs des réalisations émanant de ce pays. En début de semaine, des cinéastes internationaux et des professionnel-le-s de l’audiovisuel ont adressé une lettre ouverte aux organisateurs du FIPA pour protester contre son choix de s’associer avec le gouvernement israélien qui intensifie, selon eux, « l’occupation, la colonisation et le nettoyage ethnique du peuple palestinien. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Samedi 27 janvier, afin de fédérer le public autour du concours, la chaîne confie aux téléspectateurs le soin d’élire le candidat qui représentera la France à Lisbonne.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

La partition de France 2 pour réenchanter l’Eurovision

Samedi 27 janvier, afin de fédérer le public autour du concours, la chaîne confie aux téléspectateurs le soin d’élire le candidat qui représentera la France à Lisbonne.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h23
    |

            Christine Rousseau








                        



Ils ne sont désormais plus que huit candidats à espérer décrocher leur billet pour ­Lisbonne où se tiendra, le 12 mai, le 63e concours de l’Euro­vision. Huit jeunes artistes à rêver d’inscrire, quarante-deux ans après Marie Myriam, leur nom au palmarès du célèbre télécrochet qui réunit, chaque année, près de 200 millions de téléspectateurs. Faisant de cet événement l’un des plus regardés au monde avec les JO et la Coupe du monde du football. Reste que, avant de tenter de séduire le public européen, il leur faudra d’abord ­convaincre les téléspectateurs de France 2 ­appelés à voter, samedi 27 janvier, lors de la finale de « Destination Eurovision ».

Inédit et ambitieux, ce mini-concours, lancé le 13 janvier, marque la volonté de la chaîne non seulement de fédérer le public autour d’un spectacle longtemps moqué et décrié, mais aussi de modifier l’image à l’étranger d’une France « mauvaise perdante », plus prompte à critiquer le concours qu’à se donner les moyens de le gagner.

Même si la mobilisation des Français pour l’Eurovision (20 à 25 % de part d’audience) demeure très en deçà de celle des Suédois (85 %) des Belges (60 %) ou des Espagnols (40 %), France Télévisions espère bien profiter du regain d’intérêt suscité, en 2016, par Amir, qui a permis à la France, après quelques années dans les profondeurs du classement, de se hisser dans le top 10, et de booster les audiences. Avec près de 5 millions de téléspectateurs, l’Eurovision a fait jeu égal avec la finale « The Voice » – diffusée sur TF1 –, le 14 mai 2016. « Amir a été réellement un déclencheur. Il a démontré que l’on pouvait se battre de nouveau à armes égales avec les autres pays. Surtout, il a réussi à capter un public plus large, plus jeune. C’était donc le bon moment pour lancer cette sélection nationale », explique Cyril Giraudbit, ­directeur délégué à l’antenne de France 2, qui souligne le travail ­accompli par ses prédécesseurs pour redynamiser l’Eurovision.

Notamment à partir de 2015, lorsque le concours est passé de France 3 à France 2. Un transfert payant puisque le programme, après avoir connu, lors des éditions 2013 et 2014, ses pires audiences en dix ans, les a doublées d’un coup en réunissant 4,4 millions de téléspectateurs. Et cela malgré le choix de Lisa Angell – qui terminera avant-dernière.
Trois soirées
De cette piètre épopée, Nathalie André, ex-directrice des divertis­sements de France 2, se souvient du peu d’entrain de la plupart des maisons de disques – « Je m’entendais dire, t’es gentille Nathalie, mais l’Eurovision, on s’en fiche » – et des efforts déployés pour diffuser en télévision comme en radio la chanson de Lisa Angell. « Malgré tout, nous sommes parvenus à réveiller les Français et, finalement, tout le monde, puisque l’année suivante, les labels et les majors tels que Sony ou Warner nous faisaient des propositions », parmi lesquelles Amir, passé par « The Voice ». « On a bénéficié de cette notoriété, concède Nathalie André, mais aussi d’un titre fort [J’ai cherché] qui, dès la première écoute, a ­convaincu les gens de l’Eurovision que nous étions de retour. »

Afin d’affirmer véritablement ce retour dans le concert des nations, France Télévisions a donc décidé de se mettre au diapason de l’Europe, en optant, comme la majorité des pays, pour une sélection nationale ouverte à tous où les ­téléspectateurs font entendre leur voix. Un choix défendu depuis deux ans par Edoardo Grassi, chef de la délégation française. « Quand j’ai soumis l’idée à Nathalie André, il était encore trop tôt. Nous sortions d’une période marquée par des ­résultats médiocres qui avaient nourri le désamour du public. Or, avant de produire des émissions de sélection, il fallait moderniser l’image de l’Eurovision », explique cet europhile bercé depuis l’enfance par le Festival de San Remo et fan du Melodifestivalen suédois. « Ce sont des sélections de qualité au sein desquelles n’importe quel artiste qui en sort vainqueur peut potentiellement gagner ou, tout du moins, obtenir un bon classement à l’Eurovision », précise Edoardo Grassi.

Après avoir confié à ITV Studio France le soin de produire trois soirées reprenant les codes de l’Eurovision (avec deux demi-finales arbitrées par un jury inter­national et un jury français, et une finale arbitrée par le public), France 2 a ouvert en juin 2017 un casting national. Celui-ci a ­attiré près de 1 500 candidatures – bien plus que n’en espérait la chaîne, selon Cyril Giraudbit – auxquelles se sont ajoutées cinquante autres en provenance des majors et label indépendants.

« Toutes les maisons de disques ont participé, nous adressant aussi des titres originaux, confirme Matthieu Grelier, directeur des programmes de ITV, qui explicite ses choix. Nous voulions un artiste ­susceptible de résister à la pression, de la diversité dans les styles, une fraîcheur musicale, mais aussi des chansons suffisamment fortes pour exister au-delà du concours. » Certains des titres sont signés par Zazie, Maître Gims ou Grand Corps Malade.

Sur les 200 artistes présélectionnés, 18 ont été retenus par un ­comité d’écoute comprenant des membres d’ITV et des dirigeants de France Télévisions. Mais cette ultime sélection n’a pas manqué de soulever des critiques, notamment sur la présence de candidats issus de télécrochets comme « The Voice », produit par ITV.
« Des artistes en devenir »
« C’est une fausse polémique, se défend Edoardo Grassi. Il y a plus de 1 000 artistes qui sont passés par cette émission depuis sa création en 2011 et bon nombre d’entre eux ont signé dans des maisons de disques, il était difficile de les esquiver. L’idée était de trouver des personnalités talentueuses qui puissent fédérer un public, indépendamment de leur parcours. » Rappelant que 7 sur 18 en sont issus (dont 3 désormais en finale), Matthieu Grelier précise que d’autres pays européens n’hésitent pas à envoyer des candidats issus de télécrochets à l’Eurovision, quand ce ne sont pas des programmes tel « Rising Star » en Israël ou « Operacion Triunfo » qui servent de sélection nationale. Avant d’ajouter : « Proposer en prime time des chansons inédites interprétées par des artistes en ­devenir est un vrai pari qui démontre que la France prend au sérieux l’Eurovision, en y consacrant des moyens, une exposition et un travail de recherche. »

        Lire aussi :
         

                Christer Björkman : « C’est une première étape pour raviver la tradition de l’Eurovision »



Si l’on ne sait pas encore qui, de Lixandro Cuxi, du duo Madame Monsieur ou encore de Malo obtiendra les faveurs du public, un vainqueur est déjà connu : ITV Studio France, qui verra s’affronter samedi soir deux de ses productions. A savoir « The Voice », de retour sur TF1, et « Destination Eurovision », dont l’avenir pourrait dépendre de cette « battle ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Membre du jury de « Destination Eurovision », le chef de la délégation suédoise salue l’initiative de France 2 de mettre en place en place une sélection nationale.
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Christer Björkman : « C’est une première étape pour raviver la tradition de l’Eurovision »

Membre du jury de « Destination Eurovision », le chef de la délégation suédoise salue l’initiative de France 2 de mettre en place en place une sélection nationale.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 12h19
    |

            Christine Rousseau








                        



   


Grande figure de l’Eurovision, ­Christer Björkman a représenté la Suède en 1992, avant de diriger, en 2002, le Melodifestivalen : véritable institution, cette sélection nationale a vu émerger les gagnants de 2012 et 2015. Il a également produit le concours de l’Eurovision en Suède (2013, 2016) et en Ukraine (2017). En tant que chef de la délégation suédoise, il a été choisi pour être l’un des jurés de « Destination Eurovision ». Entretien.
Avec cette sélection nationale, jugez-vous que la France se dote des moyens pour remporter le concours ?
J’espère, et je pense, qu’il s’agit d’une première étape en vue de reconstruire et de raviver la tradition de l’Eurovision en France. L’expérience d’autres pays européens montre que, pour y parvenir, l’implication et la participation des téléspectateurs sont essentielles. Proposer une émission consacrée à la sélection ne manquera pas de stimuler l’intérêt tout en améliorant l’image du concours. Néanmoins, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il faudra du temps et de la régularité. Se donner les moyens de gagner exige un investissement.
La sélection interne qui a prévalu ­explique-t-elle les échecs répétés ­de la France ?
Non, il y a d’autres facteurs. A mes yeux, « Destination Eurovision » a deux objectifs importants. Le premier est, bien sûr, de gagner de temps en temps, tout en visant toujours le top 10. Le second est de créer une plate-forme permettant de lancer de nouveaux tubes sur les marchés locaux. Si l’on s’en sert bien, l’outil est excellent. Dès que, des tubes émergeront sur le marché français grâce à ce concours, la machine se mettra en branle : les radios diffuseront les chansons, on découvrira de nouveaux artistes, des stars reconnues commenceront à s’y intéresser, des compositeurs renommés voudront y prendre part, et ainsi de suite.
Est-ce le meilleur moyen de fédérer le public autour du candidat et de l’Eurovision ?
On peut toujours créer un engouement momentané autour d’une star importante, comme Patricia Kaas en 2009, mais c’est éphémère. Il faut alors recommencer de zéro. La seule façon d’instituer un succès durable est d’instaurer une relation avec les téléspectateurs. Il faut les amener à croire au concept, gagner leur confiance, leur donner le sentiment d’être entendus et partie prenante. Créer un besoin qui se muera progressivement en tradition.
En quoi est-ce important d’adjoindre au vote du public celui d’un jury international ?
Je crois sincèrement que c’est ainsi qu’il faut procéder. C’est la méthode que nous employons en Suède, et elle a fait ses preuves. Il est en effet indispensable que votre public se reconnaisse dans la candidature. Il doit prendre part à la sélection. Mais il est tout aussi important d’être conscient que, au bout du compte, ce n’est pas le public français qui votera le soir du concours.
Quels sont les atouts de la chanson française et de ses artistes ?
La langue et un sens de l’esthétique impeccable. Le français est la plus belle langue du monde. Surtout lorsqu’elle est chantée. Elle est absolument irrésistible. Il n’est pas nécessaire de comprendre les ­paroles pour être sensible à l’émotion que véhicule la langue elle-même.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Si Emmanuel Macron vante la francophonie, les actes peinent à suivre, comme l’illustrent les querelles au sein de l’Alliance française, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
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« Sur la francophonie, des mots à la réalité, il y a un gouffre »

Si Emmanuel Macron vante la francophonie, les actes peinent à suivre, comme l’illustrent les querelles au sein de l’Alliance française, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h27
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Emmanuel Macron adore exalter la francophonie et faire la promotion de notre langue. A la foire du livre de Francfort, à Ouagadougou, Alger ou Pékin, ou devant les Français de l’étranger. Il prophétise que le français sera demain « la première langue d’Afrique » et « peut-être du monde ». Pour y arriver, l’Etat lance une consultation populaire vendredi 26 janvier par le biais de la plate-forme Monidéepourlefrançais.fr. Suivra une conférence internationale les 14 et 15 février à Paris. Et le président annoncera en mars un « grand plan » pour la francophonie.
Mais des mots à la réalité, il y a un gouffre. Déjà sur les symboles. Macron vante le français mais il a surtout donné des entretiens en anglais aux télévisions étrangères, et il en rajoute avec ses slogans « choose France » ou « France is back ». Il aurait pu créer un ministère mais il a préféré nommer l’écrivaine Leïla Slimani « Madame francophonie », sans budget ni bureau.
Prenons les chiffres. Avec 275 millions de locuteurs, le français est la sixième langue parlée dans le monde – derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol, l’arabe et l’hindi. Ce chiffre pourrait tripler d’ici trente ans. Mais dans le même temps, le français perd de son influence dans les secteurs clés – l’université, l’entreprise, les sciences, le tourisme, le sport et la culture. Là, l’anglais écrase tout. Demain l’enjeu sera l’Afrique, qui absorbe déjà plus de la moitié des locuteurs, et demain peut-être 80 %.
Mille-feuille institutionnel
Or il faut batailler pour que le français reste dans la course. D’autres le font. En dix ans, constate Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice LR des Français de l’étranger, dans une tribune au FigaroVox du 9 janvier, la Chine a ouvert cinq cents Instituts Confucius dans le monde. D’autres pays investissent dans leur langue. La France ? Les crédits sont rognés depuis quinze ans, y compris pour 2018. Nombre d’Instituts français, chargés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Alors qu’une exposition est consacrée à Titeuf, cette année à Angoulême, le dessinateur suisse a ouvert au « Monde » les portes de son antre secret.
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La fabrique de 
Titeuf


        




Zep n’a jamais quitté le canton de Genève où il est né, il y a cinquante ans. Après avoir longtemps dominé la cour de récréation d’une école de la commune de Carouge, son atelier occupe désormais le dernier étage d’une grande demeure située au bord du Rhône. C’est là, dans ce vaste grenier aux poutres apparentes, éclairé par les rais du soleil traversant les vasistas, que le dessinateur conçoit et réalise les histoires de Titeuf. Zep a développé un artisanat « mixte » qui mêle techniques traditionnelles (feutre, aquarelle…) et procédés numériques (tablette graphique, scans…). Si le milieu de la bande dessinée grouille d’incorrigibles retardataires, le Suisse a la réputation de toujours livrer ses planches à l’heure. « Ça doit être dans mes gènes. Même quand j’ai l’impression d’être en retard, je termine toujours à la date fixée », confie-t-il. Zep nous a ouvert la porte de son repaire.
Ce reportage photographique est à retrouver dans les pages du hors-série du Monde « Titeuf, 25 ans et toutes ses dents » (122 pages, 8,50 €), publié à l’occasion de l’exposition qui est consacrée au personnage fétiche de Zep au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.
Photos d’Arantxa Cedillo














L’idée
Toute histoire de Titeuf commence sur des petits carnets que Zep emporte partout avec lui, notamment quand il est en voyage. Comme de nombreux auteurs de bande dessinée, il « écrit et dessine en même temps », au gré d’une technique narrative éprouvée. Le rendu « est hyper rudimentaire mais j’ai besoin, dès le départ, de représenter des attitudes et des expressions », confie-t-il. Sortis d’une pointe de stylo en mode « patte de mouche », saynètes et dialogues sont illisibles pour le quidam : « Je ne veux pas qu’on puisse lire par-dessus mon épaule quand je suis dans le train. » Environ 40 % de ce qui est couché dans ces carnets ne sera jamais utilisé par la suite.





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Le story-board
Longtemps réalisé sur papier, aujourd’hui sur palette graphique, le story-board permet de mettre en place les personnages, les décors, les phylactères, et plus généralement la mise en scène. Zep envoie ensuite ce brouillon à son éditeur et agent, Jean-Claude Camano, afin d’obtenir son avis. « Cette phase permet de vérifier si un gag marche ou pas. Il arrive parfois qu’une idée que je trouve très drôle dans mon carnet au départ ne fonctionne pas du tout au stade du story-board », explique le dessinateur.





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Le crayonné
Zep réalise ensuite le crayonné de la future planche. Il le fait aux mêmes dimensions que la page de l’album imprimé, afin de voir ce qui sera lisible aux yeux du lecteur. Autrefois réalisé sur papier et à la mine de plomb, ce crayonné est exécuté désormais avec un stylet sur une palette numérique. « L’avantage est qu’on peut recommencer à l’infini sans avoir à gommer et risquer de trouer ses pages à force de passer et repasser la gomme », dit-il amusé.





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L’encrage
Afin de pouvoir ajouter davantage de détails, Zep a agrandi son crayonné, soit à la photocopieuse (quand il travaille sur papier), soit à l’ordinateur (quand il travaille sur palette). Placé sur une table lumineuse, le crayonné va alors lui servir d’indication pour l’encrage définitif, réalisé sur une nouvelle feuille grâce aux effets de transparence. Le dessinateur utilise depuis toujours les mêmes feutres à pointe fine, qui ont la particularité de résister à l’eau et à la lumière.





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La colorisation
S’il a adopté un logiciel aux teintes innombrables, Zep continue de coloriser certaines planches de ses albums – deux ou trois en moyenne – à l’ancienne, c’est-à-dire à l’aquarelle liquide de marque Ecoline, bien connue des étudiants aux Beaux-Arts. Il ne travaille qu’avec trois couleurs primaires : le jaune citron, le magenta et le bleu céleste cyan. Un quatrième flacon a toutefois rejoint sa palette : le violet outremer, « afin de colorier directement le tee-shirt de Titeuf ».





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Le chemin de fer
Ses pages terminées, ou quasi, Zep les dispose au sol, dans son atelier, afin de réaliser le « chemin de fer » de son album. « Le but est de voir si les gags s’enchaînent bien, s’il ne manque rien pour le lecteur qui les découvrira les uns à la suite des autres », explique-t-il. Réalisée conjointement et à distance avec Jean-Claude Camano, l’opération peut conduire à la disparition pure et simple de certaines pages. Et à l’ajout de nouvelles. La première planche du dernier album (A fond le slip !), dans laquelle sont remis en scène plusieurs personnages secondaires de la série (les filles, les parents, la maîtresse…), a par exemple été refaite quinze fois.





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La pause guitare
Dans son atelier, quand il ne dessine pas, Zep joue de la guitare, son autre passion. Membre de plusieurs groupes de rock en Suisse (Zep’n’Greg, Blük Blük, Alice in Kernerland), ce fan inconditionnel de Bob Dylan a composé une chanson pour Johnny Hallyday que celui-ci a chanté dans l’adaptation de Titeuf au cinéma, et a illustré les pochettes de disque de plusieurs chanteurs, comme Bill Deraime, Henri Dès ou Jean-Jacques Goldman, avec qui il a partagé un morceau sur scène, lors d’un concert.





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 Texte
Jean-Philippe Rémy
 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Lors de la saison 2018-2019, l’institution fêtera les 350 ans de l’Académie royale de musique, créée par Louis XIV.
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A l’Opéra de Paris, le répertoire français à l’honneur

Lors de la saison 2018-2019, l’institution fêtera les 350 ans de l’Académie royale de musique, créée par Louis XIV.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 09h25
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

« Moderne depuis 1669. » Le slogan de la prochaine saison de l’Opéra de Paris annonce la couleur : 2019 se déroulera en effet sous le signe d’un double anniversaire, les 350 ans de la vénérable Académie royale de musique, créée le 28 juin 1669 par Louis XIV, et les 30 ans du tout jeune Opéra Bastille. Une occasion en or pour redessiner la carte de Tendre de la « Grande Boutique ». « Nous sommes d’un côté les garants de la préservation du patrimoine et les témoins de l’histoire de l’Opéra, affirme Stéphane Lissner, directeur de l’Opéra de Paris ; de l’autre, ouverts à la création, aux autres formes d’art et au dialogue, que ce soit avec les institutions culturelles ou les mutations de notre société. » C’est pourquoi, en plus des spectacles, l’Opéra de Paris proposera expositions, conférences, master classes et rencontres, en collaboration avec le Musée d’Orsay, le Centre Pompidou-Metz, la Bibliothèque nationale de France, le Centre Pompidou à Paris, le Collège de France, ainsi que de nombreux théâtres en région.

La programmation annoncée dépassera d’ailleurs le cadre habituel de 2018-2019 pour englober le début de la saison suivante, jusqu’à fin 2019 – soit au total 23 titres lyriques, dont 11 nouvelles productions. A tout seigneur, tout honneur : au répertoire français, la part du lion, avec deux piliers attendus du grand opéra à la française : Les Huguenots, de Meyerbeer (mis en scène par Andreas Kriegenburg) – l’un des titres les plus représentés entre 1875 et 1939 – et Les Troyens, de Berlioz (mise en scène de Dmitri Tcherniakov), dont la version de Pier Luigi Pizzi avait inauguré l’Opéra Bastille en 1990. Les Indes galantes, de Rameau (mise en scène de Clément Cogitore), compléteront le tableau versant baroque, tandis que la première mondiale de Bérénice, de Michael Jarrell (mis en scène par Claus Guth), s’inscrira dans la lignée des créations à l’Opéra de Paris autour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La directrice de la danse à l’Opéra national de Paris a prévu 184 ballets, d’ici à la fin de l’année 2019.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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A l’Opéra de Paris, la course de fond d’Aurélie Dupont

La directrice de la danse à l’Opéra national de Paris a prévu 184 ballets, d’ici à la fin de l’année 2019.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 09h24
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 09h25
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Cette saison 2018-2019 extra-longue, conçue par Aurélie Dupont, directrice de la danse à l’Opéra national de Paris, a la saveur d’une course de fond qui emporte spectateurs et danseurs dans un même élan jusqu’à fin… 2019. Du souffle donc, une énergie profonde, pour un trajet musclé par un désir d’exploration permanente et d’émotion inattendue.

Avec 184 ballets au total, dont 124 au Palais Garnier et 60 à l’Opéra Bastille, le menu chorégraphique de la troupe s’annonce aussi consistant que piquant. « Je n’avais pas envie de rendre un hommage académique à notre histoire et à son héritage que je respecte et transmets, précise Aurélie Dupont. Je me suis plutôt appuyée sur cette école française et ces ­artistes comme, par exemple, les chorégraphes Serge Lifar ou Roland Petit pour me projeter vers l’avenir. Plutôt qu’un feu d’artifice pendant toute une saison, j’ai rêvé d’un bouquet final permanent.»
Rêvons donc. Le réveillon du 31 décembre 2019 se fêtera en compagnie du Jeune Homme et la Mort, ballet mythique créé en 1946 par Roland Petit, Jean Cocteau et Jean Babilée.
Il sera la cerise sur l’énorme pièce montée composée, entre autres, de quatre créations spécialement conçues pour la compagnie, de quatre entrées au répertoire (de l’Israélien Ohad Naharin et du duo Sol Leon et Paul Lightfoot) ainsi que de reprises inoxydables pour solidifier la technique des interprètes.
Du beau monde sur les plateaux
« Un beau et grand rôle doit venir au bon moment dans la vie, ni trop jeune ni trop vieux, affirme Aurélie Dupont. Découvrir un personnage qu’on ne connaît pas et devant lequel on se sent perdu, vulnérable et fragile, fait aussi partie de l’apprentissage. » Elle tente ainsi de distinguer les danseurs au moment pile où tout leur potentiel peut s’exprimer dans des personnages de haute complexité, en particulier ceux des monuments comme Cendrillon, Le Lac des Cygnes, dans...




                        

                        

