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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ « Les animaux n’ont jamais eu accès au circuit de visite du parc, il n’y a jamais eu de contact avec le public ni avec les soigneurs », selon l’établissement.
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Des babouins s’échappent de leur enclos, le zoo de Vincennes évacué

« Les animaux n’ont jamais eu accès au circuit de visite du parc, il n’y a jamais eu de contact avec le public ni avec les soigneurs », selon l’établissement.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h02
    |

            Audrey Garric








                        



   


Ce n’est pas la scène d’ouverture de La Planète des singes, mais un incident survenu au zoo de Vincennes. « Cinquante singes se sont échappés de leur enclos pour se balader en liberté dans le parc animalier », indique Le Parisien vendredi 26 janvier. En réalité, selon l’établissement de la capitale, le groupe de babouins, repérés par un soigneur dans la matinée, « a dû sortir un moment dans un couloir de service avant d’être remis à l’intérieur des grilles ». Quatre animaux ont cependant réussi à rejoindre un autre espace non accessible au public dans les coulisses du grand rocher, qui domine le parc. Ils étaient en cours de capture vendredi en milieu d’après-midi.

Suite à une échappée de #babouins dans le Grand rocher, la situation a été mise sous contrôle : l'ensemble du group… https://t.co/P3ZEDQ3hdy— zoodeparis (@Zoo de Paris)


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De quoi susciter un affolement dans l’établissement et une forte agitation sur les réseaux sociaux. Le zoo a immédiatement déclenché un « plan de secours », en alertant la brigade des sapeurs-pompiers, la police nationale et la préfecture. Les visiteurs ont été évacués pour la journée, tandis que les personnels ont été confinés. Une procédure de capture des animaux a enfin été lancée. « Une quarantaine de policiers et de pompiers spécialisés ont été mobilisés, dont trois tireurs avec des fusils hypodermiques », précise Le Parisien.
« Les singes n’ont jamais eu accès au circuit de visite du parc, il n’y a jamais eu de contact avec le public ni avec les soigneurs », assure de son côté le parc, qui a accueilli 750 000 visiteurs en 2016 et abrite près de 2 000 animaux. Tout en reconnaissant que ces primates, « surtout stressés », peuvent représenter un danger. L’établissement, qui fait partie du Muséum national d’histoire naturelle, ne peut dans l’immédiat expliquer l’origine de cet incident.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Les opposants à l’aéroport avaient commencé lundi le nettoyage de la route, invitant leurs soutiens et les riverains à les aider.
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Notre-Dame-des-Landes : la « route des chicanes » est « dégagée »

Les opposants à l’aéroport avaient commencé lundi le nettoyage de la route, invitant leurs soutiens et les riverains à les aider.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 13h30
   





                        


La « route des chicanes » traversant la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, est « dégagée », a annoncé vendredi 26 janvier la préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein. « La route est dégagée, les fossés sont dégagés », a-t-elle constaté, en faisant quelques pas sur la route. « Ce dégagement est réalisé. Ça a demandé beaucoup d’efforts, de beaucoup de monde, mais c’est réalisé. C’est un signe de bonne volonté. »
Mme Klein faisait partie vendredi matin d’un convoi de quatre véhicules. Elle était accompagnée du directeur général de la gendarmerie nationale, Richard Lizurey, d’élus locaux et de membres du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).
Des blindés de la gendarmerie étaient stationnés à l’extrémité de la route sur laquelle des banderoles proclamaient « Zone à défendre. Résistance et sabotage » ou « Yes Chicane ». Des militants, dont beaucoup avaient le visage dissimulé, avaient pris place sur le bas-côté pour « saluer » le convoi, certains montrant leurs fesses à son passage.
Après l’abandon du projet d’aéroport, l’exécutif avait exigé le nettoyage avant la fin de la semaine de la route départementale 281. « On va pouvoir passer au dialogue. Le premier ministre a donné des indications : ça reste des terres agricoles mais ne peuvent y vivre que les agriculteurs qui s’inscrivent dans l’Etat de droit », a déclaré la préfète vendredi.

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Un nettoyage amorcé lundi
Les opposants avaient commencé lundi le nettoyage de la « route des chicanes », invitant leurs soutiens et les riverains à les aider, mais en tenant la presse à l’écart pendant toute la durée du chantier.
Le déblayage s’est fait non sans tension au sein du mouvement très hétérogène des opposants à l’aéroport, notamment au niveau du Lama fâché, un « lieu de vie » installé sur la route, qu’une minorité refusait de démonter, selon plusieurs sources.
Interdite à la circulation par le conseil départemental de Loire-Atlantique depuis novembre 2012, la route de 4,5 km allant de Vigneux-de-Bretagne à Notre-Dame-des-Landes était obstruée sur environ 3 kilomètres par divers obstacles (pneus, épaves de véhicules, barricades en tout genre) et était « gardée » quasi en permanence depuis des cabanes et miradors.

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Débat autour des travaux
Le dégagement de cet axe, symbolique quant au retour à l’Etat de droit, avait été exigé par le gouvernement la semaine dernière lors de l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport. L’exécutif en a fait un préalable aux futures discussions sur la redistribution des 1 650 hectares de terres qui conserveront leur vocation agricole.
La préfète avait promis de venir « rouler et marcher » sur cette route.
Les travaux de réfection de la chaussée prendront « une dizaine de jours » avant que la route soit rouverte à la circulation, avait annoncé la préfecture en début de semaine. Les services de l’Etat ont chiffré le montant de ces travaux à 600 000 euros.
Le président (PS) du conseil départemental, Philippe Grosvalet, gestionnaire de la route, a, lui, prévenu qu’il ne la rendrait à l’usage des riverains qu’après avoir pu y faire « un diagnostic » et « au moins six à huit semaines de travaux ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La Seine qui continue de monter, devrait atteindre son plus haut niveau durant le week-end, habitants et pouvoirs publics s’organisent pour éviter tout dégât majeur.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Les diplômes consacrés à la protection de l’environnement, au développement durable ou aux énergies nouvelles ont essaimé. Ils répondent aux souhaits d’une génération préoccupée par les enjeux ­environnementaux et sociétaux et aux besoins des industriels.
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De plus en plus de cursus « verts », pour répondre à la demande des étudiants

Les diplômes consacrés à la protection de l’environnement, au développement durable ou aux énergies nouvelles ont essaimé. Ils répondent aux souhaits d’une génération préoccupée par les enjeux ­environnementaux et sociétaux et aux besoins des industriels.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h30
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26.01.2018 à 16h28
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                            Jean-Claude Lewandowski








                        



   


Il suffit de parcourir la liste des mastères spécialisés des grandes écoles : la thématique « verte » fait florès sur les campus. Une bonne quarantaine de programmes traitent en effet d’environnement, de ­développement durable, de transition énergétique… Sans compter les nombreux MSc (Masters of Science), « DU » (diplômes universitaires) et autres masters consacrés à ces questions.
« Cet engouement répond d’abord à une demande des ­étudiants. La jeune génération est très préoccupée par les enjeux ­environnementaux et sociétaux », observe Patricia ­Arlabosse, chargée d’un master international « biomasse et valorisation des ­déchets » à l’Ecole des mines ­d’Albi-Carmaux. Il est vrai aussi que les débouchés sont de plus en plus nombreux.
Au cœur des débats
« Ces sujets sont désormais un axe de développement important pour les entreprises, constate Jasha Oosterbaan, directrice de l’Institut supérieur d’ingénierie et de gestion de l’environnement (Isige) de l’Ecole des ­mines-ParisTech, qui chapeaute trois mastères spécialisés. Résultat, nous avons de plus en plus de candidats de bon niveau, et ­d’entreprises prêtes à les recruter pour piloter des projets. »

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De multiples raisons, dit-elle, incitent un nombre croissant d’étudiants ou de jeunes diplômés à s’intéresser à ces sujets. « Il y a chez les jeunes un fort intérêt croissant pour les sujets liés à l’environnement, au développement durable, à l’économie circulaire. Ils ont l’idée que c’est l’avenir de notre société qui se joue, dit-elle. D’autant que ces préoccupations sont très présentes dans les ­débats de société. »
Les écoles d’ingénieurs sont, bien sûr, en pointe sur ces sujets, qui comportent une dimension technologique prépondérante.
« Je m’intéressais depuis longtemps au milieu maritime », ­explique ainsi Julie Marcille, ­diplômée en 2016 de l’Ecole ­nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications (Enseeiht) à Toulouse. Une façon, pour elle, de « contribuer à améliorer la ­société », explique cette passionnée d’énergies marines, un thème abordé dans son cursus.
Faute de parvenir à décrocher un emploi dans ce domaine, la jeune femme s’est tournée vers le mastère spécialisé (MS) « énergies marines renouvelables », ­copiloté par l’IMT Atlantique, l’Ecole nationale supérieure de techniques avancées (Ensta) ­Bretagne et l’Ecole navale.
« Nous abordons tous les aspects du sujet : les ressources, les ­technologies, l’impact environnemental, les questions juridiques… La présence de nombreux intervenants industriels fait de ce MS une vraie porte d’entrée », ajoute-t-elle, très confiante pour la suite.

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A travers la multitude des ­programmes, toutes les facettes de la problématique environnementale sont traitées : le financement des projets, les énergies nouvelles, la construction durable (Ecole supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction de Caen), l’éco-innovation (Institut catholique d’arts et ­métiers ou aux Mines de ­Saint-Etienne), les marchés de l’énergie (CentraleSupélec), la ­sécurité (Mines d’Alès), l’eau, les forêts, la gestion des équipements… De quoi répondre à toutes les attentes des candidats.
Ouverture sur le management
Les écoles d’ingénieurs sont, bien sûr, en pointe sur ces sujets, qui comportent une dimension technologique prépondérante. Mais la plupart d’entre elles prévoient aussi une ouverture ­significative sur le management et les aspects sociétaux.
D’autant que leurs cursus ne sont pas réservés aux seuls ­diplômés scientifiques : en général, ils accueillent aussi une ­proportion significative d’autres profils – manageurs ou diplômés de Sciences Po, à titre d’exemple – ­désireux d’élargir leur bagage.
De leur côté, les business ­schools sont loin d’être absentes de ces sujets, mais avec un ­enseignement plus tourné vers le management, le financement des projets et la réflexion sur les enjeux de ­société. Les deux ­types d’établissements offrent ainsi deux approches complémentaires.

« Le Monde » organise son 13e salon des masters et mastères spécialisés, samedi 27 janvier 2018
Avec la réforme de la sélection en master, qui s’effectue principalement à l’entrée du M1, il est important de se renseigner en amont sur les critères d’admission dans les différents cursus. Le 13e Salon des masters et mastères spécialisés du groupe Le Monde, organisé samedi 27 janvier aux Dockes - cité de la mode et du design à Paris, sera l’occasion d’assister à six conférences animées par la rédaction et de rencontrer près d’une centaine d’établissements – grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, universités et Instituts d’administration des entreprises (IAE) –, qui présenteront quelque 3 000 programmes, toutes spécialités confondues. L’entrée sera gratuite, la préinscription est recommandée pour éviter l’attente à l’entrée.
Plus d’informations sur salondesmasters.com
Consultez également notre dossier spécial consacré aux masters, mastères spécialisés et MSc, sur LeMonde.fr/masters-ms, et à paraître dans Le Monde daté du jeudi 25 janvier.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Au confluent de la Seine et de l’Yerres, certains habitants du Val-de-Marne avaient déjà payé cher les crues de juin 2016.
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Deuxième vague d’inondations en dix-sept mois à Villeneuve-Saint-Georges

Au confluent de la Seine et de l’Yerres, certains habitants du Val-de-Marne avaient déjà payé cher les crues de juin 2016.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h21
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            Rémi Barroux (Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), envoyé spécial)








                        



   


Comme un bref moment de répit avant une probable aggravation de la situation vendredi dans la soirée et samedi. Dans la salle du Centre opérationnel départemental (COD) du Val-de-Marne, à Créteil, un point d’actualisation sur les crues de la Seine et de la Marne s’est tenu jeudi 25 janvier, en début d’après-midi. Au point de mesure d’Alfortville, sur la Seine, la cote est alors de 2,96 mètres, mais elle pourrait monter jusqu’à 3,70 m durant le week-end. Elle n’avait pas dépassé 3,65 m durant la crue du printemps 2016.
Au poste de Gournay, sur la Seine moyenne, le niveau atteignait 5,28 m jeudi matin, mais devait encore progresser. Atteindra-t-il son record de 2016 de 6,99 m ? Personne ne se risque ici à un pronostic. La situation est cependant différente d’il y a vingt mois. Lente, la montée des eaux permet aux autorités d’anticiper et aux habitants de mieux se préparer.

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Dans la salle du COD, tout le monde guette les bulletins de Vigicrues. Pour l’heure, la situation semble sous contrôle. La dizaine de participants recense les différentes mesures déjà prises : évacuation de malades, surveillance renforcée pour les établissements de santé, les écoles.
Les transports fonctionnent encore, seule la ligne C du RER étant coupée à Paris. Et l’importante gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges ne semble pas menacée. Environ 400 abonnés sont déjà privés d’électricité, 4 000 foyers seraient potentiellement concernés par une montée plus importante des eaux, selon le représentant d’Enedis.
« Aide aux déplacements »
Au cabinet du préfet, on explique que « sur les 10 000 personnes qui pourraient être affectées dans le pire des scénarios, au-delà des niveaux de 2016, moins d’un tiers sont touchées ». Touchées, mais très peu ont été évacuées. Sur les trois gymnases équipés (lits, vivres…) pour accueillir les personnes ayant choisi de quitter leur domicile de Villeneuve-Saint-Georges, seule la moitié était remplie.
« Dans les centres d’accueil, nous avons des couvertures, des kits d’hygiène pour les femmes et les hommes, et une soixantaine de volontaires sont mobilisés depuis le début de la semaine », annonce cependant Philippe Garcia-Marotta, le président de la Croix-Rouge du Val-de-Marne.
« Nous hébergeons 180 personnes, mais beaucoup d’autres sont parties dans leurs familles. On a privilégié une politique d’aide aux déplacements plutôt que l’évacuation », précise Sylvie Altman, la maire (PCF) de Villeneuve-Saint-Georges, ville de 30 000 habitants traversée par la Seine et l’Yerres.

   


Rue du Château, Samy, Alexandre et Vincent, trois employés municipaux (qui n’ont pas voulu préciser leurs noms), attendent leurs « clients » assis dans une barque. Bateliers d’occasion – ils sont respectivement plombier, livreur-magasinier ou polyvalent pour la mairie –, ils sont hélés par un couple qui veut quitter sa maison pour rejoindre la terre ferme.
Après un rapide aller-retour, sur quelque deux cents mètres de rue inondée, tandis que l’eau dépasse juste la ceinture, Monji Ben Zrig et son épouse sont déposés au sec. « Ras le bol, ça fait deux fois en deux ans. Déjà en 2016, on a dû jeter toute la cuisine. On a tout refait mais tout est encastré, on ne peut rien démonter pour mettre à l’abri », peste cet habitant, qui a acheté en 2001.

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« Eviter l’arrivée des rats »
A deux rues de là, la situation est plus chaotique. Les débris sont portés par les eaux. « Depuis 7 heures du matin, on essaye de nettoyer, il faut éviter l’arrivée des rats, comme en 2016 », explique Séverine Lebœuf. Sa maison est à quelques mètres seulement de la nappe d’eau. Dans quelques heures, elle l’aura atteinte.
Un attroupement s’est formé : des voisins constatent l’arrivée de l’eau, des policiers municipaux viennent s’enquérir de la situation, des agents d’Enedis étudient la nécessité de couper ou non l’électricité, tandis que débarque la brigade fluviale.
Robert Nguyen essaye de les convaincre de le conduire dans leur puissant Zodiac au bout du quartier, quasiment au bord de l’Yerres. C’est là, rue Blandin, que l’Association caodaïste en France, une religion répandue au Vietnam, a son local. « Nous ne sommes pas là pour ça, notre tâche c’est la sécurisation et l’évacuation des personnes encore chez elles », dit l’un des fonctionnaires, avant de céder devant l’insistance de l’ancien.
Comme la plupart des 1 200 habitants de ce quartier de Belleplace-Blandin, à la confluence de la Seine et de l’Yerres, Philippe Maertens confie son amertume. « Cela fait trente ans que j’habite ici et je n’avais jamais vu une goutte d’eau avant 2016. J’ai déjà pris cher cette année-là : sur 120 000 euros de dégâts que j’avais fait expertiser, l’assurance ne m’en a donné que 20 000 », raconte le quadragénaire, occupé à pomper le puisard de son jardin.
Comme nombre de ses voisins, il relaie les rumeurs sur des tentatives de pillage. Au COD de Créteil, un responsable de la préfecture précise avoir donné consigne à la police d’être bien visible, mais aucune plainte n’avait encore été déposée, jeudi soir.
Politique de rachat des maisons
La surveillance est générale. Et les entreprises ne sont pas en reste. Sur l’échelle qui plonge dans les eaux ocre de la darse du port de Villeneuve-le-Roi, juste en face de Villeneuve-Saint-Georges, la marque indique, jeudi matin, 32,70 mètres (au-dessus du niveau de la mer).
« L’eau rentre sur le site à partir de 34 mètres. Lors de la crue de 2016, on avait atteint 33,70 m, c’était chaud », se souvient Stéphane Rouchy, directeur adjoint du Groupement pétrolier du Val-de-Marne. Ce site classé « Seveso seuil haut » dispose d’une capacité d’environ 80 000 mètres cubes de stockage d’essence et de fuel et fournit 10 % environ de l’approvisionnement de l’Ile-de-France.
« Nous allons vider tous les séparateurs [des bacs qui permettent de stocker les pétroles qui se seraient écoulés des pipes] pour éviter toute pollution et, si l’eau atteint 34 m, nous viderons aussi les cuves enterrées », annonce M. Rouchy.

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Partout, l’expérience de 2016 sert de repère. « Nous avions subi une crue très rapide, alors que nous avons eu le temps, cette fois, d’informer et d’alerter les habitants », explique Sylvie Altman. Mais cela ne suffit pas, il faut continuer la politique de rachat des maisons en bord de rivière, poursuit-elle.
Avec l’aide de l’Agence de l’eau et du conseil départemental, la mairie a déjà acquis une vingtaine d’habitations. Et, quand certains habitants se plaignent d’un prix de rachat trop bas et refusent de vendre, la maire rétorque que la procédure continuera : « A l’amiable ou bien en passant par une déclaration d’utilité publique, ce qui prendra un peu plus de temps. »
Cette nouvelle crue la pousse à accélérer. Il faut rendre à la nature une partie des berges, cela servira de zone d’expansion, professe la maire de Villeneuve-Saint-Georges.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Après de nouvelles estimations vendredi, la crue de la Seine pourrait bien ne pas être aussi importante que la précédente.
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Crue : les prévisions à Paris revues à la baisse

Après de nouvelles estimations vendredi, la crue de la Seine pourrait bien ne pas être aussi importante que la précédente.



Le Monde
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La crue de la Seine pourrait ne pas atteindre les niveaux de 2016. Au plus fort de la montée des eaux, le fleuve parisien pourrait atteindre entre 5,80 mètres et 6 mètres ce week-end. Un niveau revu à la baisse, vendredi 26 janvier. De précédentes estimations envisageaient une crue supérieure à 6,10 m comme cela avait été le cas en 2016.

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« On avait tablé entre 5,80 m et 6,20 m. Plus on se rapproche de l’événement, plus on arrive à réduire cette incertitude et on serait plutôt maintenant entre 5,80 m et 6 m », a déclaré à l’Agence France-Presse François Duquesne, directeur de l’organisme de prévisions des crues Vigicrues.
Le niveau de la Seine, qui monte très lentement depuis plusieurs jours, atteignait 5,60 m vers 12 heures au pont d’Austerlitz.
Le tronçon central de la ligne C du RER à Paris est fermé au moins jusqu’au 31 janvier. Les musées du Louvre et d’Orsay ont pris leurs précautions et les ministères se préparent à un repli éventuel sur des sites de secours. Certaines voies sur berges déjà inondées sont interdites à la circulation et les Voies navigables de France ont interdit la navigation sur toute la Seine amont, Paris inclus.
« On est pas forcément au bout »
Les « ondes de crues » qui se sont formées sur les bassins amont de la Marne et de la Seine « sont en train de remonter tout doucement vers Paris, elles atteindront la capitale ce week-end, avec un “pic de crue très très plat”, entre samedi mi-journée et dimanche matin », a-t-il précisé.

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Alors qu’un nouveau front pluvieux a réalimenté jeudi, les cours d’eau du bassin de la Seine, M. Duquesne se dit « rassuré », « ils vont venir soutenir le niveau d’eau mais pas l’accroître ». Toutefois, Marc Mortureux, directeur de la prévention des risques au ministère de la transition écologique tempère ces nouvelles annonces, et reste attentif au niveau de l’eau à Paris : « Ça descendra très lentement, et que s’il repleut beaucoup à partir du milieu de la semaine prochaine, ce que je ne sais pas à ce stade, on n’est pas forcément au bout. »
« Pas de panique »
En Ile-de-France, 395 personnes ont été évacuées, principalement dans le Val-de-Marne. Un millier d’abonnés sur 6,2 millions sont privés d’électricité, et ce chiffre pourrait passer à 14 000 d’ici au week-end, selon le secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu.
Dans le bassin de la Seine, l’Yonne était toujours confrontée vendredi à des « crues importantes », selon la préfecture, qui a fait état d’une quarantaine de routes départementales coupées et d’un groupe scolaire fermé à Vincelles, près d’Auxerre. Dans les jours qui viennent, d’autres communes, notamment en aval de Paris, pourraient être touchées.
Au niveau national, plus de dix départements étaient encore jeudi en vigilance orange crues-inondations, principalement autour du bassin de la Seine, et dans une moindre mesure de la Saône, les deux cours d’eau qui restent sous surveillance après les décrues amorcées sur le Rhin ou le Doubs.
En raison des nouvelles précipitations, une partie du Loing a été replacé en vigilance orange vendredi par Vigicrues. Mais « on est très loin des inondations cataclysmiques qu’avaient connues des communes du Loing, Montargis, Nemours, en 2016. Pas de panique », a noté M. Duquesne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ En matière de bio, toutes les certifications ne se valent pas.
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Qui dit label ne dit pas forcément vin bio


                      En matière de bio, toutes les certifications ne se valent pas.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 10h53
    |

                            Ophélie Neiman







AB/Eurofeuille
Le logo Agriculture biologique désignait, jusqu’en 2012, un vin issu de 95 % de raisins cultivés sans produits chimiques ni OGM. Il n’était valable qu’en France. Depuis février 2012, il est facultatif, remplacé par le logo européen, surnommé « Eurofeuille », que l’on retrouve dans tous les pays de l’Union. Il ajoute aux règles sur la terre un cahier des charges sur la vinification et certifie désormais un « vin biologique ». C’est le logo le plus répandu en France.
Terra Vitis
Ce label certifie depuis 2002 une agriculture plus contraignante que l’agriculture conventionnelle, sans pour autant être biologique : l’agriculture raisonnée. Elle s’engage à limiter l’impact de l’activité agricole sur l’environnement, avec un minimum de produits chimiques, sans effectuer de cures préventives sur les vignes. Elle assure également une traçabilité des traitements.
Demeter
Marque de certification internationale créée en 1932, Demeter labellise les vins en biodynamie. Le cahier des charges est plus strict que le règlement bio européen. Il autorise moins d’intrants sur les cultures et durant la vinification, et exige de respecter les techniques biodynamiques spécifiques. A noter que deux mentions sont possibles sur l’étiquetage : « vin Demeter » et « vin issu de raisins Demeter ».
Biodyvin
Créé en 1995, ce label désigne les membres du Syndicat international des vignerons en culture biodynamique. Ils ne sont que 135, mais le nombre croît régulièrement, malgré des exigences plus drastiques que Demeter. Techniquement très proche, Biodyvin impose en plus un contrôle annuel par l’organisme Ecocert, ainsi qu’une dégustation d’agrément. Une haute qualité gustative des vins est exigée.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Alors que la Seine devrait connaître son pic de crue samedi, en aval, la ville des Yvelines s’organise pour faire face à de nouvelles inondations, moins de deux ans après la dernière crue.
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Résignés, les habitants de Poissy se préparent à une crue « pire qu’en 2016 »

Alors que la Seine devrait connaître son pic de crue samedi, en aval, la ville des Yvelines s’organise pour faire face à de nouvelles inondations, moins de deux ans après la dernière crue.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 10h13
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


En plein cœur de la rue principale, ils sont plusieurs, jeudi 25 janvier au matin, à regarder, résignés, les litres d’eau qui s’échappent de l’une des six pompes d’évacuation. Les habitants de l’île de Migneaux, à Poissy (Yvelines), savent que c’est là le signe que plus rien n’empêchera les eaux de la Seine d’envahir l’avenue qui serpente entre la centaine de maisons de cette frange de terre coincée entre deux bras du fleuve. « Elles nous ont permis d’évacuer un mètre d’eau et nous ont fait gagner cinq jours, mais maintenant la Seine est trop haute pour que le système fonctionne », explique Jean-Philippe Gaudin, directeur du centre technique municipal et habitant de l’île.
En quelques heures, la rue se transforme en cours d’eau, emprunté par de rares « îliens » équipés de bottes, voire de combinaisons. Sur les trottoirs, les barques remplacent les voitures. La scène devient presque habituelle à Poissy ; trop habituelle, à en croire certains. « Ces dernières années, il y a une accélération. Avant 2016, on n’avait rien eu depuis quinze ans… Là ça fait beaucoup », déplore Jean-Philippe alors que la deuxième crue importante en moins de deux ans touche la ville.
Jeudi, alors que la montée des eaux s’accélérait, la certitude de ne vivre qu’une répétition de 2016 s’est peu à peu amenuisée. « Le nombre d’appels au numéro d’urgence a particulièrement augmenté aujourd’hui, les gens s’inquiètent de savoir jusqu’où l’eau va monter », expliquent les hôtesses chargées de leur répondre à la mairie.
Pour Arnaud Guérin, directeur hygiène et sécurité de la ville, l’accalmie prévue pour le week-end n’aura pas lieu :
« La Seine monte encore à Paris. Ils vont devoir évacuer tout ça, et c’est nous qui sommes en aval. La crue continuera jusqu’en début de semaine prochaine, et on devrait dépasser les niveaux de 2016. »

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          La montée des eaux de la Seine et de la Marne menace l’Ile-de-France



« Nous sommes bien entraînés »
Mais sur l’île de Migneaux, où les habitants ont connu une dizaine de crues en quarante ans, l’organisation est bien huilée. Sur cette île de trois cents habitants, zone la plus inondable de la ville, les caves ont été vidées et les riverains ont ouvert leur jardin afin de créer un chemin balisé accessible à tous sur le point le plus haut de l’île, où le fleuve envahit les jardins mais laisse encore les habitants circuler. « On est rodés », lance, souriant, Claude Boutineau, qui vit sur l’île depuis quarante-cinq ans.

   


Rodées, les équipes de la mairie le sont également. Lors de la réunion de la cellule de crise, jeudi matin, le sang-froid et l’organisation étaient de mise. « Nous sommes bien entraînés », assure le maire, Karl Olive (Les Républicains), pour qui la crue de juin 2016 a « permis à Poissy d’établir des processus de gestion de crise particulièrement efficaces ». 

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          Inondations : en région parisienne, « le financement n’est pas encore à la mesure du problème »



L’installation du système de pompage d’eau (…) ne nécessite plus que huit heures
La police municipale relève le niveau de l’eau toutes les heures grâce à une échelle de crue propre à la ville. Sur l’île de Migneaux, l’installation du système de pompage d’eau, qui prenait encore trois jours il y a deux ans, ne nécessite désormais plus que huit heures. 
Alors que le préfet ne l’exige que depuis vingt-quatre heures, la municipalité a déjà lancé depuis deux semaines le plan communal de sauvegarde, qui permet de coordonner les actions des acteurs communaux en cas de crise. Des tracts sont édités et distribués quotidiennement aux habitants concernés par le risque d’inondation pour les informer des solutions mises en place par la mairie.
Le plan d’évacuation a été lancé mardi. Un centre d’hébergement d’urgence de douze lits a été ouvert dans un gymnase de Poissy, et la mairie dispose si nécessaire de 1 500 places dans des bâtiments publics ; soit suffisamment pour accueillir tous les habitants potentiellement concernés. Mais le maire n’est pas inquiet. En 2016, seules deux personnes avaient quitté leurs maisons, et, mis à part une personne âgée, personne ne s’y est résolu pour l’heure. « Ils savent qu’ils vivent en zone inondable, cela ne leur fait pas peur », assure l’édile.
« En janvier, du jamais-vu »
Sur l’île, une résidente confirme : « Nos maisons sont surélevées, on ne craint rien dans les parties habitables. » Mais elle n’exclut pas pour autant de quitter son domicile :
« Nous partirons si on nous coupe l’électricité, on est quand même en plein mois de janvier ! »
En effet, si la crue actuelle surprend à Poissy, c’est par son caractère prématuré, qui rend d’autant moins prévisible le comportement du fleuve. Sur les berges de Seine, Olivier Grémillet, propriétaire d’un des principaux restaurants de la ville, L’Esturgeon, travaille au-dessus de l’eau depuis 1986. Résigné mais dépité, il désigne sa cave et sa salle de séminaire, inondées depuis deux jours. Il le sait déjà, comme en 2016, « tout est à refaire », et les pertes se chiffrent en dizaines de millier d’euros.
« Le problème, c’est qu’une crue au mois de janvier, je n’en ai jamais vu. J’espère que ça ne veut pas dire que l’eau va rester plus longtemps ou qu’on doit s’attendre à pire sur les mois de mars et avril », s’inquiète-t-il. Vendredi matin, à plus de vingtquatre heures du pic, l’eau était montée de 5,02 mètres à Poissy, à deux centimètres de son niveau d’il y a deux ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Véritable dépression qui touche 3 % à 5 % de la population, le TAS ne doit pas être confondu avec un sentiment de « blues hivernal », plus diffus et beaucoup moins grave.
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Dépression hivernale : qu’est-ce que le « trouble affectif saisonnier » ?

Véritable dépression qui touche 3 % à 5 % de la population, le TAS ne doit pas être confondu avec un sentiment de « blues hivernal », plus diffus et beaucoup moins grave.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 10h21
   





                        


A quelques exceptions près – dont Dax, Nice, Biarritz ou… Colmar –, le mois de janvier a été moins ensoleillé que la moyenne des trente dernières années (la « normale ») : depuis le mois de décembre 2017, le déficit de soleil à l’échelle du pays est de l’ordre de 30 % à 50 %. Le mois de janvier est même le plus humide depuis 1900, avec cinq fois plus de précipitations que la normale.
Un boulevard pour les opérations marketing, type Blue Monday, qui surfent sur le sentiment de « blues hivernal ». Si l’influence de la baisse de luminosité est avérée entre novembre et mars, notamment sur le sommeil, le syndrome dépressif est très différent d’un cafard diffus.
En outre, le lien de causalité entre manque de lumière et dépression serait plutôt ténu d’un point de vue scientifique. Le point sur ce qu’est véritablement le trouble affectif saisonnier (TAS).
1. Ne pas confondre dépression et « coup de blues »
Le trouble affectif saisonnier (seasonal affective disorder, ou SAD, en anglais) est la conséquence d’un manque de lumière, déréglant la production :
de mélatonine – le manque de lumière augmente la production de cette hormone, et donne envie de dormir ;de sérotonine – le même phénomène diminue l’activité de ce neurotransmetteur (petite cellule qui assure la transmission des messages d’un neurone à l’autre) impliqué à la fois dans la régulation du sommeil et de l’humeur.
A la différence d’une dépression « classique », le TAS se caractérise par un appétit accentué, en particulier pour le sucre, et une léthargie profonde (augmentation du temps de sommeil et somnolence en journée) ; les médecins relèvent davantage un ralentissement ou une difficulté à faire des choses que l’arrivée d’idées noires.
Peu à voir, donc, avec une déprime ou une mélancolie hivernales, ce qui ne veut pas pour autant dire que ces dernières n’existent pas. Une association canadienne spécialisée dans les troubles de l’humeur définit le winter blues comme une forme atténuée de la dépression hivernale, qui toucherait environ 15 % de la population canadienne, quand la forme plus sévère du TAS concernerait environ 2 % à 6 % des Canadiens à un moment ou un autre de leur vie – des taux qui coïncident avec ceux relevés au Royaume-Uni.
2. Comment la lumière joue-t-elle sur le cerveau ?
Nécessaire à la vision, la lumière remplit aussi des fonctions non visuelles chez l’homme, notamment la mise à l’heure de son horloge biologique. Après avoir pénétré dans l’œil, les rayons lumineux atteignent la rétine. Le message lumineux est transformé en message électrique et envoyé au cerveau. Arrivé là-haut, il est interprété par le noyau suprachiasmatique qui prend la mesure de l’intensité lumineuse extérieure.
Ce noyau envoie ensuite une commande d’hormone, la mélatonine, qui régule les cycles du sommeil et influence notre humeur. Chez les sujets sensibles, la baisse de la luminosité hivernale déclenche un dérèglement de l’horloge interne et perturbe la sécrétion de mélatonine et de sérotonine.
Cependant, outre que le lien entre dépression saisonnière et lumière n’est pas prouvé scientifiquement (des études ont conclu que le rapport de causalité entre latitude et prévalence n’est pas clair et que, s’il existe, il est assez faible), il n’est pas non plus possible de conclure à l’efficacité de la luminothérapie en dehors de tout effet placebo.
3. Une maladie encore trop peu connue
S’il n’est étudié que depuis les années 1980, le trouble affectif saisonnier peut être diagnostiqué grâce à un questionnaire de saisonnalité qui a été conçu par le psychiatre américain Norman Rosenthal en 1984. Il s’agit, pour aller vite, de noter de 0 (pas d’évolution) à 4 (changement très marqué) l’évolution de six facteurs : la durée du sommeil, l’activité sociale, l’humeur, le poids, l’appétit, le niveau d’énergie. Un score supérieur à 10 peut induire une dépression saisonnière, un diagnostic que seul un médecin peut délivrer.
Au final, la prévalence de la dépression saisonnière varie entre 0,4 % et 10 %, selon les études. En France, le TAS est largement sous-diagnostiqué et méconnu. Du côté des pouvoirs publics, le site Info-depression.fr se contente de reconnaître que des épisodes dépressifs peuvent être saisonniers, mais que « cette forme est cependant assez rare ». Une étude réalisée dans le Nord atteignait 14 %, mais l’échantillon de personnes étudiées est beaucoup trop faible (129 sujets) pour faire sens.
Le TAS est un concept « populaire » qui demande à être reprécisé, tranche la psychiatre Claire Lewandowski dans un article du Vidal, dictionnaire des médicaments à destination des prescripteurs. Elle rappelle que plusieurs études ont semé le doute à partir des années 1990 aux Etats-Unis et en Islande. En réalité, quand la saisonnalité intervient, c’est comme « sous-groupe » de la dépression.

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                Les questions (pas si) bêtes que vous vous posez sur les maladies en hiver



« L’origine de la dépression est le plus souvent multifactorielle. (…) D’où l’importance de la prise en compte systématique d’autres facteurs que la saisonnalité dans une démarche de diagnostic, prise en charge et suivi d’une dépression ou d’un trouble bipolaire », insiste le docteur Lewandowski. Maladie psychiatrique la plus fréquente, la dépression reste une entité clinique mal connue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ « Le Monde » révèle le contenu de l’audition du constructeur automobile allemand. Entendu comme témoin assisté, son représentant nie « avoir trompé les acquéreurs ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/01/2018
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Dieselgate : Volkswagen conteste la compétence de la justice française

« Le Monde » révèle le contenu de l’audition du constructeur automobile allemand. Entendu comme témoin assisté, son représentant nie « avoir trompé les acquéreurs ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h50
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Ce mardi 28 mars 2017, il y a foule dans le bureau du vice-président Nicolas Aubertin, au pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris. Entouré de ses collègues Carole Ramet et Sylvie Mouchel, assisté d’un greffier et d’une interprète en langue allemande, le juge chargé d’instruire en France l’affaire du « dieselgate » a convoqué Volkswagen AG. Soupçonné d’avoir truqué ses moteurs pour satisfaire aux tests d’homologation antipollution, le géant allemand de l’automobile est visé par une information judiciaire pour tromperie aggravée. Il a dépêché l’un des responsables de son service juridique, Philip Haarmann, pour répondre à la convocation de la justice française. Ce mardi matin, ce dernier arrive flanqué de cinq avocats : Mes Nicolas Huc-Morel, Daniel Krause, Dimitri Lecat, Charles Fahrner et Joseph Vogel.
Entendu en qualité de témoin assisté, statut utilisé lorsqu’il n’existe pas d’indices suffisants pour une mise en examen, et qui donne accès au dossier judiciaire et à l’assistance d’un avocat, M. Haarmann n’a pas l’intention de répondre aux questions des juges : « Nous avons préparé une déclaration en français que nous vous remettons. » Il n’en dira pas plus. Le Monde a eu accès à ce document de deux pages qui constitue la défense du groupe Volkswagen dans le dossier du dieselgate.

La maison-mère cherche tout à d’abord à disculper sa filiale française : « Volkswagen Group France est un simple importateur sur le territoire français et ne prend à ce titre nullement part au processus de fabrication, de test ou d’homologation des véhicules. » L’enquête semble confirmer cette hypothèse. « Les investigations ne permettent pas d’établir que Volkswagen Group France avait connaissance de la fraude », constate l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), dans un procès-verbal que Le Monde a pu consulter.
VW...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Alors que le niveau de la Seine continue de monter en région parisienne, il existe des leviers pour gérer le trop-plein d’eau de manière naturelle et durable.
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Sept solutions pour se protéger des crues ou les limiter

Alors que le niveau de la Seine continue de monter en région parisienne, il existe des leviers pour gérer le trop-plein d’eau de manière naturelle et durable.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 21h29
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 09h55
    |

            Audrey Garric et 
Martine Valo








                        



   


Routes inondées, musées en alerte, Franciliens les pieds dans l’eau ou évacués… Le niveau de la Seine continuait de monter, vendredi 26 janvier, en région parisienne. Le pic de la crue devrait être atteint samedi, avec une hauteur comprise entre 5,80 mètres et 6,20 mètres. Un niveau comparable à celui de juin 2016 (6,10 m) mais très loin de l’épisode historique de 1910 (8,62 m). Comment l’Ile-de-France se prépare-t-elle à la survenue de ces événements amenés à devenir plus intenses ? Des leviers existent pour gérer le trop-plein d’eau de manière naturelle et durable.
Repenser la villeRepenser la gestion de risqueRevoir les pratiques agricolesFavoriser les zones humidesCréer des bassins de rétentionAméliorer la prévision scientifiqueSensibiliser les populations
Repenser la ville
Les zones déjà inondées ne doivent pas être reconstruites à l’identique. Il s’agit de bâtir des quartiers résilients, dans lesquels « on ne vit plus contre l’eau mais avec l’eau », avance Magali Reghezza-Zitt, géographe et maîtresse de conférence à l’Ecole normale supérieure. La ville de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), par exemple, a inauguré en 2011 de nouvelles constructions avec des niveaux surélevés, des habitations au premier étage tandis que le rez-de-chaussée laisse passer l’eau, des chemins permettent de circuler en hauteur. « Ces quartiers nouveaux sont trop peu nombreux », regrette toutefois Ludovic Faytre, responsable des études risques majeurs et aménagement à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France.
La vulnérabilité des métropoles aux inondations tient beaucoup à leur dépendance à de multiples réseaux interconnectés : transports bien sûr, mais aussi électricité pour les faire fonctionner, eau potable, égouts, déchets… « Le traitement des déchets de l’agglomération parisienne est très centralisé, explique l’expert. Or les trois principaux sites se trouvent tous au bord de l’eau, à Ivry, Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux. De même, les dépôts d’hydrocarbures y sont tous situés en zone inondable. »

        Lire :
         

          Paris se prépare à la future crue du siècle



« Ces réseaux critiques sont essentiels à l’activité économique et s’avèrent générateurs de coûts colossaux lorsqu’ils sont endommagés », complète Magali Reghezza-Zitt. Il est ainsi essentiel de travailler sur leur continuité en cas de crise et d’installer, dans la mesure du possible, les nouvelles infrastructures – métro, transformateurs électriques – hors d’atteinte.

   


Repenser la gestion de risque
En Ile-de-France comme ailleurs, l’actuelle densification urbaine se traduit par des constructions en zone inondable, notamment sur d’anciennes friches industrielles réaménagées. « Les fleuves comportent un risque mais ils font aussi partie du patrimoine de la ville, analyse M. Faytre. Nous disons qu’il faut composer avec cela et donc réfléchir davantage à la gestion de la crise lorsqu’elle se produit, et à l’après-crise aussi. »
Faut-il évacuer toute une population ou aménager des accès protégés pour permettre à certains de rester chez eux ? Ces réflexions-là manquent, alors que près de la moitié des logements de l’agglomération sont exposés à un risque d’aléa fort à très fort, c’est-à-dire à une élévation d’un mètre du niveau des cours d’eau.
En 2016, la préfecture de police de Paris avait organisé un exercice grandeur nature de gestion de crise, « EU Sequana 2016 », pour tester la réactivité de tous les acteurs concernés face à une inondation majeure.
Revoir les pratiques agricoles
Le ruissellement accru de l’eau n’est pas seulement la conséquence de l’urbanisation galopante. « La moitié des terres sont agricoles en France, or elles sont bien souvent devenues imperméables par la surexploitation des sols, qui les a rendues aussi dures que du béton », estime Jacques Caplat, de l’association Agir pour l’environnement.
« Couvrir les parcelles de végétaux en hiver et organiser une vraie rotation des cultures peut permettre à la fois de laisser l’eau s’infiltrer grâce au système racinaire et de la stocker, car l’humus se gorge comme une éponge. » 
Les préoccupations de cet agronome spécialiste du bio ne semblent pas partagées par Christophe Dion, chef du service conseil innovation de la chambre d’agriculture d’Ile-de-France. La situation, explique celui-ci, n’a rien à voir avec celle de 2016, où les crues s’étaient produites peu avant le moment des récoltes. « Nous sommes en plein hiver et seules les cultures comme le colza et le blé, plantés à l’automne, vont être affectées », expose-t-il.
En réponse au retour rapide des crues, la profession serait-elle prête à revoir ses pratiques ? « Elle pourrait réserver des zones inondables au bord des cours d’eau moyennant des indemnisations, avance-t-il. Sinon, la priorité d’un exploitant reste d’évacuer l’eau le plus rapidement de ses parcelles. »
Favoriser les zones humides
La préservation des zones humides est essentielle pour limiter les risques et les conséquences des crues. Les marais, tourbières, berges de rivières ou les plans d’eau dans les jardins privés et publics fonctionnent comme des éponges en absorbant les trop-pleins et en limitant les ruissellements, à l’origine des inondations. Chaque hectare de zone humide peut stocker jusqu’à 15 000 m3 d’eau.
Or, la France n’en compte plus que 3 %, tant elles ont été massivement artificialisées. « On a drainé ces espaces et imperméabilisé des terres pour construire des projets immobiliers ou des infrastructures, ce qui empêche la régulation naturelle des cours d’eau, regrette Marine Le Moal, coordinatrice du réseau eau et milieux aquatiques à l’association France Nature Environnement. Il est important que la nature réintègre la ville, en la revégétalisant et en restaurant les zones humides. »
La commune de La Teste-de-Buch, en Gironde, a par exemple entrepris de détruire les polders sur certains prés-salés, permettant ainsi à ces étendues artificielles gagnées sur l’eau de se remplir à nouveau au gré des marées. Marseille est également engagée dans un vaste plan pour végétaliser des zones jusqu’à présent occupées par du béton ou du bitume.
Créer des bassins de rétention
En région parisienne, la décision d’aménager quatre lacs de rétention en amont de la capitale remonte aux années 1950. Ils servent non seulement en cas de crues, mais ils livrent aussi de 60 % à 80 % de l’eau qui manquerait sinon à la Seine entre juin et novembre. Deux d’entre eux sont actuellement au maximum de leur capacité. « En cas de fortes pluies dans les prochains jours, la situation pourrait devenir inquiétante », avance Jean-François Magnin, de l’établissement Seine Grands lacs. La solution pourrait être une cinquième retenue d’eau, qui permettrait de retenir alternativement l’eau de la Seine et de l’Yonne. Le projet est à l’étude.
Améliorer la prévision scientifique
Au-delà de la prévention des crues, l’autre enjeu réside dans la prévision des précipitations assurée, au premier chef, par le réseau de 31 radars hydrométéorologiques qui maillent le territoire français. « Leurs ondes électromagnétiques mesurent le cumul d’eau qui tombe au sol, ainsi que sa nature (pluie, glace, neige) et sa vitesse de déplacement », explique Pascal Brovelli, directeur adjoint scientifique à la direction de la prévision de Météo France. Ces observations radar, réalisées à une résolution de 1 km2, permettent d’élaborer des prévisions jusqu’à une échéance de quarante-cinq heures.

   


Ces bulletins sont ensuite transmis aux 450 prévisionnistes et hydrologues de Vigicrues, un service du ministère de la transition écologique, qui analysent pluies, niveaux des cours d’eau (à l’aide de 3 000 stations de mesure sur le terrain), humidité ou nature des sols. « Nous disposons de modèles pour traduire les volumes des pluies en débit et en hauteur d’eau et connaître les temps de propagation d’un endroit à l’autre et la concomitance des événements », explique Bruno Janet, à la direction de Vigicrues. Alors que des relais téléphoniques avaient été inondés lors de la crue de 2016, la fiabilité des réseaux de mesure et de transmission des informations a depuis été améliorée.
Sensibiliser les populations
Les populations sont appelées à se tenir informées grâce en particulier aux bulletins de Vigicrues, qui classent les alertes en quatre niveaux de vigilance : vert, jaune, orange et rouge. Son site est actualisé deux à quatre fois par jour. Les maires délivrent de leur côté des consignes de prudence aux habitants. Il existe également des applications pour smartphones et tablettes (telles que My Predict ou Visov) qui peuvent alerter et conseiller en temps réel.
« Il y a encore des progrès à faire, car parfois les messages sont trop généraux et les populations se retrouvent démunies, notamment dans les territoires peu habitués aux inondations », prévient Magali Reghezza-Zitt.



                            


                        

                        


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Les coraux, malades du plastique

Les déchets polluant les océans multiplient par vingt les risques de pathologies pour les récifs, selon une étude internationale.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 20h09
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Menacés par le réchauffement climatique, l’acidification des océans, les méthodes de pêche destructives ou le tourisme de masse, les coraux le sont aussi, à grande échelle, par les déchets plastiques polluant les mers. C’est ce que met en évidence une étude internationale publiée, vendredi 26 janvier, dans la revue Science. Selon ses auteurs, ces détritus flottants multiplient par vingt les risques, pour les récifs, de développer diverses maladies pouvant conduire à leur dépérissement.
Les mers du globe sont devenues, on le sait, des dépotoirs à ciel ouvert. Chaque année y sont déversées près de 10 millions de tonnes de plastique, selon l’estimation donnée en février 2017 par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Mais les effets de cette pollution sur les écosystèmes marins, en particulier sur les coraux, sont encore mal connus. Or, ces animaux sont particulièrement vulnérables. Si le phénomène de blanchissement – dont une récente étude a montré que les épisodes se multipliaient – est souvent mis en avant, d’autres maladies les affectent également.

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Joleah Lamb (département d’écologie et de biologie évolutive de l’Université Cornell à Ithaca, Etats-Unis) et ses collègues ont plongé, pour pêcher des informations, dans la zone Asie-Pacifique, qui concentre plus de la moitié des formations coralliennes de la planète. Durant trois ans, de 2011 à 2014, ils ont étudié près de 125 000 coraux issus de 159 récifs, dans les eaux de quatre pays : la Birmanie, la Thaïlande, l’Indonésie et l’Australie.
Graves pathologies
Il apparaît qu’un tiers des récifs est souillé par de gros débris plastiques – d’un diamètre supérieur à cinq centimètres –, à des niveaux variables. Les plus fortes concentrations sont observées en Indonésie, près des côtes de Bali et de la Papouasie occidentale (25 débris en moyenne par section de 100 m2), et les plus faibles dans les eaux australiennes (de 0,4 à 3 débris), avec des valeurs intermédiaires dans le golfe de Thaïlande (11) et près de l’archipel birman des Mergui (6). Les auteurs estiment qu’au total, les ensembles coralliens de cette zone sont jonchés de quelque 11 milliards de morceaux de plastique. Au rythme actuel de rejet de ces résidus dans le milieu marin, leur nombre pourrait atteindre plus de 15 milliards en 2025.

   


La conclusion la plus importante de leurs travaux est que cette pollution massive induit de graves pathologies. Selon leurs observations, alors que les récifs exempts de plastiques n’ont qu’un peu plus de 4 % de risque de développer une maladie, la probabilité grimpe à 89 % pour ceux qui en sont recouverts.
Les auteurs se sont penchés plus spécialement sur trois affections, la « maladie d’érosion du squelette », la « maladie de la bande blanche » et la « maladie des bandes noires », qui provoquent toutes trois la dégénérescence des tissus des animaux. Et qui, précisent-ils, sont associées à « une mortalité rapide des coraux ».
Le mécanisme de ces effets délétères reste à explorer, ajoutent les chercheurs. Ils font néanmoins l’hypothèse que les bactéries charriées par les fragments de plastique colonisent et affaiblissent les formations coralliennes, lorsqu’ils entrent en contact avec elles. Des travaux récents ont du reste établi que le manque de lumière et d’oxygène – résultante du dépôt de films plastiques sur les coraux – favorise la propagation d’agents pathogènes.

   


« Il s’agit d’une étude solide, qui s’appuie sur un très large échantillonnage. Elle est la première à faire le lien entre certaines maladies des coraux et les déchets plastiques », commente Christine Ferrier-Pagès, directrice de recherche au Centre scientifique de Monaco et spécialiste d’écophysiologie corallienne, qui n’a pas participé à ce travail. Elle suggère une autre voie de contamination possible : « Les coraux sont des organismes filtreurs, explique-t-elle. Or, des publications ont montré qu’ils sont attirés par le goût des plastiques frais, peut-être en raison des additifs chimiques qui s’y trouvent. Il se peut ainsi que des bactéries soient disséminées dans leur cavité gastrique par ingestion de particules de plastique. »
Les fragiles coraux ne sont pas seuls en péril. Les récifs sont en effet des oasis de biodiversité abritant environ un tiers des espèces marines connues, qui y trouvent refuge et nourriture. En outre, ils fournissent de précieux services à plus de 275 millions de personnes, dont ils assurent la subsistance directe grâce à la pêche, ou qu’ils protègent contre l’érosion des côtes. Ajoutons, s’il faut un argument monétaire pour convaincre de la nécessité de cesser de transformer les océans en poubelles, que la valeur de ces services a été évaluée à quelque 300 milliards d’euros par an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.
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Après l’abandon du nouvel aéroport, Nantes solde l’héritage Ayrault

La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 20h09
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



   


Mercredi 17 janvier, à l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), elle a crié à la « trahison du grand ouest » et au « déni de démocratie ». Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes, veut désormais organiser le « rebond » de la métropole. Samedi 20 janvier, elle a réuni les acteurs-clés de l’économie, du tourisme, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Objectif : définir les priorités du territoire comme la nécessité de renforcer la connexion TGV avec Paris, l’aménagement d’une liaison ferroviaire Nantes-Rennes digne de ce nom, le financement d’un tramway desservant l’aéroport existant de Nantes-Atlantique… Pour le reste, Johanna Rolland n’a pas eu envie d’épiloguer sur les atermoiements du quinquennat Hollande, ni sur ceux de son ex-mentor Jean-Marc Ayrault qui, avant son passage à Matignon, a régné sur la ville durant près d’un quart de siècle.

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Laurence Garnier, conseillère municipale LR ayant déjà annoncé sa candidature pour 2020, sonne, elle, volontiers la charge : « L’abandon de l’aéroport, c’est quand même l’échec d’Ayrault. Quand il a été nommé premier ministre, on s’est tous dit que c’était positif pour ce dossier. Mais il a réussi l’exploit de ne rien faire. Surtout, au plan local, il avait ouvert une brèche en s’alliant avec les écologistes : ça a toujours fait planer une ambiguïté. »
« Sage décision »
Le coup d’arrêt de Notre-Dame-des-Landes « marque la fin de l’ère Ayrault », selon Pascale Chiron, élue écologiste et troisième adjointe, avant de se souvenir : « Ce dossier a pourri l’ambiance au quotidien. » « Ayrault a été un très grand maire, assure Ronan Dantec, ancien adjoint, aujourd’hui sénateur écologiste. Mais il n’a jamais eu très envie de débattre de la question de l’aéroport. Il a relancé le projet quand il s’est aperçu que le plan d’exposition au bruit menaçait de planter l’urbanisation du quartier de l’Ile de Nantes. Une fois l’obstacle levé, il n’y avait plus besoin de cet équipement. Je ne comprends pas pourquoi il s’est entêté. »
Alain Gralepois, ex-premier secrétaire fédéral du PS en Loire-Atlantique, juge que l’arbitrage rendu par Edouard Philippe est une « sage décision ». Le débat sur l’aéroport, dit-il, est passé sous l’éteignoir au sein du PS local. « Peut-être pour des raisons de solidarité, avance M. Gralepois. Moins on en parlait, mieux c’était. Seuls les membres de la commission paysanne agricole du PS ont tenté de mettre le sujet sur la table. Mais c’est resté sans suite. Comme si l’affaire était classée. » « Moi, on ne m’a jamais dit de mettre la pédale douce sur ce thème », nuance Bassem Asseh, adjoint au maire chargé du dialogue citoyen.

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Avant même la décision du gouvernement, François de Rugy, écologiste rallié au macronisme auquel des élus de tous bords prêtent des ambitions municipales à Nantes, raillait les incantations des « gloires » locales.
« M. Retailleau [ex-président des Pays de la Loire et actuel président du groupe LR au Sénat] semble oublier que son ami François Fillon a été premier ministre pendant cinq ans, confie le président de l’Assemblée depuis 2007, élu avec le soutien du PS. Or, c’est durant cette période que la ZAD s’est enkystée. M. Ayrault, lui, a été juge et partie. En définitive, quand Hollande a stoppé l’opération d’évacuation de la ZAD en 2012, il a demandé à M. Ayrault de prendre un peu de recul. La mise en place d’une commission du dialogue a été actée et M. Ayrault n’a pas démissionné : c’est donc qu’il était d’accord avec l’arbitrage du président. »
« Nouvelle page »
« Objectivement, un premier ministre a énormément de responsabilités, note une voix importante du PS en Loire-Atlantique. L’enjeu de la France est plus important que tout. Mais il ne faut pas que Jean-Marc la ramène. Le dossier s’est enlisé quand il a été nommé à Matignon. Pour mettre fin à la grève de la faim des opposants à l’aéroport, il a promis de ne pas débuter immédiatement les travaux. »
« C’est la fin des années Ayrault, observe Ronan Dantec. Le logiciel d’aménagement de l’époque était un modèle de survie. Nantes venait de perdre ses chantiers navals, il s’agissait de concentrer les activités sur l’agglomération. Aujourd’hui, le territoire va bien, son attractivité n’est plus à démontrer. C’est le moment de jouer la carte du développement des villes moyennes. » Pascale Chiron, qui a recueilli 14,5 % des suffrages au premier tour du scrutin municipal en 2014 avant de fusionner avec la liste de Johanna Rolland, se projette elle aussi dans l’avenir : « Ce qui importe, c’est la nouvelle page que l’on va écrire. C’est un peu tôt pour savoir si chacun va s’y retrouver. Il faut aller de l’avant, ne pas traîner et jouer collectif. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Des habitants ont pris en main le destin de Buiksloterham, un quartier de friches portuaires dans la capitale. Ils veulent en faire un laboratoire pour une ville durable et décentralisée.
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A Amsterdam, le quartier qui veut « pirater la ville »

Des habitants ont pris en main le destin de Buiksloterham, un quartier de friches portuaires dans la capitale. Ils veulent en faire un laboratoire pour une ville durable et décentralisée.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h10
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


A priori, l’endroit n’a rien de séduisant. Docks déserts, entrepôts abandonnés, terrains vagues sablonneux… Le quartier de Buiksloterham, dans la partie nord d’Amsterdam, a connu ses heures de gloire au milieu du XXe siècle, lorsqu’il abritait des usines et des hangars de construction d’avions et des chantiers navals. Déserté depuis une vingtaine d’années, il renaît aujourd’hui de ses cendres, et est devenu, en l’espace de cinq ans, l’un des lieux les plus en vue de la capitale des Pays-Bas.
S’agit-il là d’une énième histoire de gentrification d’un ex-quartier industriel, colonisé par des jeunes et des familles en quête d’espace et de logements moins chers ? Certainement, mais pas seulement. Les habitants ont fait de cette zone un laboratoire urbain où ils testent de nouvelles manières de construire leur logement, de consommer ou de partager des ressources. Une sorte de village écologique et technologique, face de la gare centrale d’Amsterdam, qui veut inventer une nouvelle manière de vivre, très décentralisée, qui s’affranchit des grandes infrastructures municipales d’eau ou d’énergie et prône le retour à l’ultralocal.
Pour prendre le pouls de Buiksloterham, direction son quartier général : De Ceuvel, un village pour start-up et de travailleurs indépendants installés depuis trois ans dans un ancien chantier naval. Là, une douzaine de péniches remontées sur la terre ferme ont été transformées en bureaux ou en espaces de coworking, « où l’on essaie d’appliquer, à tous les niveaux, les principes de l’économie circulaire [le recyclage, la récupération des ressources et l’autoproduction écologique] », explique Chandra van der Bande, l’un des fondateurs du site, consultant dans une agence spécialisée en numérique et développement durable.

   


Production d’énergie et « joliette »
Et cela commence par l’énergie. De Ceuvel produit son électricité verte grâce à ses panneaux solaires installés sur les toits. Un système de batteries stocke le trop-plein, et des écrans permettent d’observer en temps réel l’énergie produite et consommée dans chaque « bateau ». Objectif : limiter le recours, le plus possible, au réseau électrique central.
De Ceuvel est aussi en train de créer un réseau local d’énergie à l’échelle du quartier, adossé à une monnaie virtuelle, la « joliette », sécurisée par une blockchain. Pour Chandra van der Bande, qui accueille régulièrement des visiteurs de Corée, du Japon, d’Espagne, de Taïwan :
« L’idée, c’est de permettre à tous les habitants d’échanger, vendre ou acheter l’énergie qu’ils produisent. La monnaie a aussi vocation à être utilisée entre les habitants du quartier, pour échanger des biens ou des services. »

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                Les monnaies locales, leviers de la transition écologique



Car le site de De Ceuvel est ouvert au public, à la manière d’un démonstrateur de la ville durable. Pour accueillir les visiteurs, un « hôtel écologique » a ouvert dans quatre péniches amarrées à un quai. Un marché bio s’y tient toutes les semaines, un restaurant végétarien tout en bois où est servi une cuisine réalisée « à base des produits issus de circuits courts ». Les fourneaux tournent au biogaz créé par un méthaniseur qui « exploite les déchets des toilettes ». Une serre a été aménagée sur les toits, avec potager et « des cultures en aquaponie », c’est-à-dire utilisant les déchets des poissons comme engrais naturel.
Des plantes ont été disséminées sur tout le site pour dépolluer les sols de ses éléments toxiques, selon les préceptes de la phytoremédiation. Pour que le site fonctionne normalement, les membres de De Ceuvel – une cinquantaine de personnes – ont mis en place « un service communautaire » afin que chaque membre « donne un peu de son temps pour des travaux manuels, pour animer une formation, aider lors d’un festival ou créer une œuvre d’art ».
Un premier projet immobilier abandonné
Si elle en est presque caricaturale, cette petite communauté, pionnière de cette ex-zone malfamée d’Amsterdam, n’est pas la seule à s’y être installée. D’autres ont suivi. Pour comprendre, il faut revenir en arrière. Tout a commencé avec la crise de 2008, qui touche brutalement le secteur de l’immobilier néerlandais. Les grands projets des promoteurs immobiliers imaginés pour Buiksloterham sont stoppés en cours de route, laissant des constructions abandonnées.

   


C’est alors que des résidents d’Amsterdam – architectes, ingénieurs, activistes de l’environnement – se rassemblent. Ils décident de prendre en main le développement de cette zone, et d’en faire un quartier régi par les principes de l’économie circulaire, avec des maisons ou des petits immeubles en autoconstruction. La mairie, propriétaire des terrains, soutient le projet. Leurs réunions débouchent en mars 2015 sur le manifeste « Buiksloterham circulaire », signé par une vingtaine de parties prenantes.
Dans ce document figurent les préceptes qui guident la construction du quartier : le recyclage, l’autoproduction d’énergie, l’objectif zéro déchet, les infrastructures zéro émission, l’implication des habitants à tous les niveaux de décision, la mixité des usages des bâtiments (habitations et bureaux), l’utilisation du numérique pour fédérer la communauté…
Le développement du quartier connaît une poussée d’accélération en 2015. Cet automne-là, une centaine de personnes posent leur tente ou leur caravane pendant trois semaines dans une zone sablonneuse du quartier, afin d’obtenir des lots de terrains appartenant à la ville, et y bâtir leur propre maison, selon leurs principes.
Ainsi, Buiksloterham devient une référence internationale en matière de développement urbain dit « résilient » – avec un système de financement moins sensible aux aléas de la finance internationale. « Ce sont des vrais gens qui fabriquent des maisons avec du véritable argent, avec l’aide de leur famille ou d’entrepreneurs locaux », constate l’architecte et chercheur en urbanisme Matthijs Bouw, qui note que ces modèles d’aménagement par les futurs utilisateurs présentent d’autres avantages par rapport aux projets pilotés par des promoteurs : plus grande diversité des usages, qualité des infrastructures supérieures, plans plus flexibles.
« L’implication plus grande des gens qui vont vivre dans le quartier donne naissance, de manière logique à des quartiers plus aimés. »
Comprendre le fonctionnement d’une ville
Frank Alsema, qui travaille dans le milieu du numérique et se définit comme le « curateur urbain » de Buiksloterham, ne dit pas le contraire : « Notre ambition, avec ce quartier, c’est de pirater la ville, dans le sens où nous voulons qu’il appartienne vraiment aux habitants. L’idée, c’est que nous puissions avoir une maîtrise et une influence sur nos infrastructures d’eau, d’électricité, de mobilité ou de récupération des déchets. Que nous puissions, entre voisins, échanger des biens ou des services, partager une voiture, construire nos maisons. »
Les outils numériques y contribuent. Les groupes What’s App thématiques cimentent la communauté. « On en a un consacré aux techniques de constructions écologiques », illustre M. Alsema. Des chercheurs du projet de recherche Buiksloterham Hackable City testent aussi sur les habitants des jeux pour comprendre le fonctionnement d’une ville, un système de monitoring de l’environnement.

   


Frank Alsema a fait partie des chanceux qui ont pu racheter un terrain à la mairie suite à « l’opération camping » de 2015. Pour 180 000 euros, il a acquis une parcelle de deux cents mètres carrés, où il termine la construction une maison de trois étages, pour un coût de 800 000 euros. Celle-ci a été presque entièrement construite à partir de matériaux en partie recyclés.
« J’ai fait du reverse design : la construction de la maison s’est adaptée à ce que j’avais récupéré. L’escalier a été trouvé sur Internet et racheté à un concessionnaire automobile. Les tuiles de la façade viennent du toit d’une église, les grilles ont été récupérées dans un hôpital », raconte le propriétaire, fier de montrer son potager sur le toit, ses panneaux solaires, sa pompe à chaleur, la serre qui accueillera bientôt de la marijuana, qu’il mettra en vente pour un usage médical.
« Générer un complément de revenu »
Rien n’est laissé au hasard : le dispositif de récupération de la pluie pour les plantes, le double système d’évacuation des eaux usées, le bac pour le compost, la douche dotée d’un échangeur solaire pour récupérer la chaleur de l’eau ruisselante… Une aile indépendante a été aménagée afin de louer des chambres meublées « à des expatriés », afin « de permettre à la maison de générer un complément de revenu », explique Frank Alsema, qui souhaite aussi organiser, dans son salon, des expositions et des événements à destination des habitants.
Aujourd’hui, M. Alsema connaît presque tout le monde à Buiksloterham, qui ne rassemble que quelques centaines de personnes. Mais le quartier devrait rapidement grossir. Une école a été construite. Des promoteurs néerlandais, remis sur pied depuis la crise, recommencent aussi à réinvestir dans le quartier, tandis que la mairie y construit des logements sociaux.
Surtout, un nouveau mini-village va voir le jour cette année, imaginé par une agence locale, Schoonschip, il sera composé d’une trentaine de maisons flottantes qui partageront des équipements et des infrastructures. Une entreprise récupérera les eaux usées des habitants pour en extraire les phosphates (utilisés dans l’industrie), fabriquer du biogaz et de la chaleur. Une manière d’aller encore plus loin dans l’autonomie énergétique à petite échelle. Car pour les « habitants-hackeurs » de Buiksloterham, pas de doutes, la ville du futur sera décentralisée.

        Un événement du « Monde » :
         

          Habiter durablement les villes, une conférence à  Nancy le 13 février


La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du Monde organisée à Nancy, mardi 13 février, de 8 h 30 à 10 h 30. Inscriptions ici. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Inondations : en région parisienne, « le financement n’est pas encore à la mesure du problème »

Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h23
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


La Seine n’en finit plus de grimper. Le pic, attendu samedi 27 janvier, pourrait atteindre, voire dépasser, celui du printemps 2016 avec 6,10 mètres d’eau. Depuis ce dernier épisode de crues, des initiatives importantes ont été engagées afin de prévenir le risque d’inondation majeure à Paris et dans la région Ile-de-France, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié le 23 janvier.
Mais si « l’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir », note Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE et auteur du rapport, « on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures ». 
Depuis les crues de 2016, qu’est-ce qui a changé dans la gestion du risque d’inondation à Paris et sur le bassin de la Seine ?
Charles Baubion : Il y a une dynamique indéniable qui s’est mise en place il y a environ cinq ans, et qui s’est amplifiée à la suite des crues de 2016. L’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir, grâce notamment à une sensibilisation du grand public. Ce qui est positif, c’est qu’on sent que les conditions sont réunies pour passer à la vitesse supérieure.
Aujourd’hui, le constat est que Paris reste relativement bien protégé, tandis que la métropole francilienne dans son ensemble l’est moins. Pour améliorer la situation, il y a des projets intéressants qui sont à l’étude. Des moyens supplémentaires ont aussi été débloqués, avec notamment 88 millions d’euros supplémentaires consacrés au sujet sur quatre ans, mais ce n’est pas encore à la hauteur des enjeux économiques de ce risque.
Qu’est-ce qui fait encore défaut ?
En termes de gouvernance, ce qui manque encore, c’est un leadership politique, une structure capable d’assumer la stratégie et de la conduire sur le long terme. L’échelle du Grand Paris serait une option intéressante pour établir ce genre de structure, dans une région aussi complexe administrativement que la région Ile-de-France. Par exemple, les départements gèrent les digues, les mairies sont responsables de la sécurité, il y a aussi la préfecture, etc.
Dans l’ensemble, il y a des bonnes volontés, mais on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures. Il n’y a, par exemple, toujours pas de quartier résilient aux inondations, malgré les volontés affichées par la Mairie de Paris, notamment sur la future zone d’aménagement concerté Bercy-Charenton.
On attend encore des applications concrètes. A cet égard, le village olympique, dont l’emplacement est situé en zone inondable, pourrait être une manière de montrer nos capacités d’innovations, et permettre à la France d’en faire une vitrine pour montrer que faire des constructions pérennes ne présente par de surcoûts si élevés.
De manière générale, il faut rappeler qu’il est moins coûteux d’investir avant une catastrophe que de réparer derrière. Car c’est le dernier volet de ce qui fait défaut : le financement n’est pas encore à la mesure du problème.
Comment expliquer ce retard pris par la métropole parisienne ?
Des villes européennes comme Oslo et Francfort ont fait des efforts très importants en termes de prévention du risque d’inondations. La ville de Tokyo, elle, s’est dotée d’infrastructures lui permettant de répondre à un risque de crues très important, de l’ordre de celles qui n’arrivent que tous les deux cents ans.
Dans la région parisienne, on avait oublié le risque d’inondations depuis 1955, parce qu’il n’y a quasiment pas eu d’épisodes de crues en soixante ans. Les plans de prévention du risque au niveau national et les moyens alloués se sont donc concentrés sur d’autres enjeux, comme la prévention dans le sud de la France, où les épisodes d’inondations sont très soudains et peuvent avoir des répercussions lourdes vue la densité de l’habitat. De même, le littoral atlantique avait été une priorité nationale, notamment après l’épisode de la tempête Xynthia en 2010.
A Paris, les inondations sont plus lentes, donc moins violentes en termes humains, ce qui a conduit à mettre ce risque un peu de côté. Les conséquences économiques d’une crue majeure pourraient pourtant être désastreuses.
Les chiffrages réalisés par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dans son rapport évoquent une fourchette de 3 milliards à 30 milliards d’euros de conséquences économiques, que recoupent ces chiffres ?
Nous nous sommes basés sur trois scénarios, tous adossés à la crue de 1910. Le premier, avec une hypothèse à 80 % du débit de 1910, donnerait lieu à une crise majoritairement contenue. Avec une hauteur de 7,32 mètres à Austerlitz, il y aurait 100 000 personnes affectées, deux semaines de perturbations, et environ 3 milliards d’euros de dommages, pour les particuliers, les entreprises (stocks, structures, etc.), et les infrastructures publiques (eau, électricité, etc.).
Le deuxième scénario, avec 100 % du débit de 1910, mais une hauteur de 8,12 mètres à Austerlitz, donne déjà des débordements importants en banlieue, 600 000 personnes affectées, un mois de perturbation et environ 14 milliards de dommages.
Enfin, le dernier scénario, qui projette une crue 15 % plus importante que 1910, c’est un million de personnes directement affectées et 5 millions indirectement (coupures d’électricité, d’eau, etc.), des mois de perturbation, et 30 milliards de dommages. Sans compter qu’il y aurait également des conséquences macroéconomiques, avec la perte d’un tiers du produit intérieur brut (PIB), jusqu’à 400 000 pertes d’emploi, et des conséquences lourdes sur les finances publiques pour plusieurs années.
Pour rappel, en 2016, les crues avaient déjà coûté près de 1,4 milliard d’euros. On était à quelques centimètres de fermer le RER A ; ce qui aurait eu des conséquences beaucoup plus lourdes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ La mise en place de droits de douane sur les panneaux solaires pourrait faire perdre des milliers d’emplois aux Etats-Unis et retarder le développement des renouvelables
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Donald Trump va-t-il tuer le solaire américain ?

La mise en place de droits de douane sur les panneaux solaires pourrait faire perdre des milliers d’emplois aux Etats-Unis et retarder le développement des renouvelables



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 09h06
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

En annonçant, lundi 22 janvier, qu’il approuvait des droits de douane de 30 % sur les panneaux solaires fabriqués en dehors des Etats-Unis, Donald Trump a ébranlé un secteur en pleine expansion.
L’industrie mondiale des panneaux solaires a été littéralement écrasée par les entreprises chinoises ces dix dernières années, qui ont su proposer des prix extrêmement bas tout en augmentant progressivement la qualité du matériel vendu.
Selon l’administration Trump, la Chine produit aujourd’hui 71 % des panneaux solaires dans le monde et 60 % des cellules photovoltaïques – même si une partie de la production chinoise est en réalité délocalisée en Malaisie ou au Vietnam.
Un marché en pleine expansion
Le président américain répond ainsi directement à la requête de Suniva et SolarWorld, deux fabricants en difficulté qui dénoncent une multiplication par six des importations chinoises en cinq ans, ayant conduit à un effondrement des prix. Les opposants à cette décision ne se privent pas de souligner que les deux entreprises en question sont les filiales américaines de groupes étrangers – chinois et allemand en l’occurrence.

L’administration Trump estime que cette décision va permettre de protéger des emplois américains et qu’elle incarne à merveille la ligne « America First » défendue par la Maison Blanche. « Vous allez avoir des gens qui vont retrouver du boulot et nous allons faire enfin nos propres produits. Ça faisait longtemps », a ainsi lancé le président.
Mais l’association des industriels américains du secteur solaire (SEIA) estime que cette décision pourrait coûter 23 000 emplois. Selon elle, le choix du président Trump va « aboutir au report ou à l’annulation de milliards de dollars d’investissements dans le secteur solaire ».
« Une destruction nette d’emplois »
Selon plusieurs analystes, la croissance du solaire aux Etats-Unis pourrait diminuer de 10 % à 15 %. Son développement spectaculaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La Seine continue de monter à Paris, une partie de la banlieue a les pieds dans l’eau, de nouvelles pluies sont prévues pour jeudi.
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L’Allemagne ne sait plus quoi faire de ses emballages en plastique

Depuis le 1er janvier, la Chine a interdit l’importation de certains déchets.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h27
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis quelques jours, en Allemagne, une odeur de mauvaise conscience émane des conteneurs qui garnissent les arrière-cours des immeubles. Les Allemands, très habitués à trier scrupuleusement leurs ordures dans cinq bacs différents, ont découvert l’envers du décor du recyclage. En effet, depuis le 1er janvier, la Chine a fermé ses frontières aux ordures du monde.
L’Allemagne est le troisième producteur européen de ces emballages plastiques, derrière l’Irlande et l’Estonie. Au total, les pays de l’Union en consomment chaque année 25 millions de tonnes, dont 30 % seulement sont récupérées pour recyclage. Dans sa stratégie de lutte contre les déchets plastiques, présentée mardi 16 janvier, la Commission européenne s’est donné pour objectif que, d’ici à 2030, tous les emballages plastiques utilisés sur le marché européen soient recyclables. Bruxelles souhaite aussi voir diminuer l’utilisation de plastique à usage unique et de microplastique. « Si nous ne changeons pas la façon dont nous produisons et utilisons le plastique, il y aura dans nos océans en 2050 plus de plastique que de poissons, a déclaré le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans. La seule solution à long terme est de réduire les déchets plastiques en les recyclant et en les réutilisant davantage. »

Mais l’arrêt des importations de déchets par la Chine montre bien les limites du recyclage, même dans un pays où le tri est ancré depuis longtemps dans les habitudes, comme l’Allemagne. Selon Eurostat, chaque Allemand utilise 37,4 kilos d’emballages plastiques par an – soit 20 % de plus que la moyenne européenne –, dont 49 % seulement sont recyclés. Ce pourcentage doit passer progressivement à 63 % en 2019, selon une loi votée en 2017. Le pays a développé son industrie du recyclage dès les années 1970.
Problème : bien que le taux de recyclage augmente, la production réelle de déchets ne baisse pas. Avec la croissance du commerce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Une dizaine de marins empêchaient jeudi matin les camions de charger les poissons à Boulogne-sur-Mer. Les pêcheurs ont également bloqué le trafic des ferrys au départ des ports de Calais et Dunkerque.
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Pêche électrique : levée des barrages à l’entrée du port de Calais

Une dizaine de marins empêchaient jeudi matin les camions de charger les poissons à Boulogne-sur-Mer. Les pêcheurs ont également bloqué le trafic des ferrys au départ des ports de Calais et Dunkerque.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 08h47
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h36
   





                        


Les fileyeurs qui bloquaient le port de Calais jeudi 25 janvier pour protester contre la pêche électrique ont levé leurs barrages peu après 17 heures, les pêcheurs ayant obtenu de rencontrer vendredi un conseiller ministériel.
La quinzaine de bateaux, venus de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque, se sont déplacés pour libérer les jetées du port qu’ils obstruaient depuis le matin. Les fileyeurs boulonnais et dunkerquois se dirigeaient vers leurs ports respectifs.
Jusque-là, le trafic des car-ferrys des compagnies P & O et DFDS était fortement perturbé à Calais et Douvres (Grande-Bretagne) à cause de l’action du côté français.
« Aujourd’hui on est au bout du bout. Tout le monde a le sentiment d’être abandonné », expliquait plus tôt dans la journée Stéphane Pinto, vice-président du comité régional des pêches. « Avant la pêche électrique, les marins vivaient très bien de ce métier. » Dès 5 h 30, avec une dizaine de ses confrères, il faisait brûler des cageots en polystyrène et des palettes à l’entrée de la gare de marée pour empêcher les camions de charger les poissons.

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                Les ONG dénoncent la position de Bruxelles sur la pêche électrique



« La pêche électrique nous a bien foutus en l’air »
Les pêcheurs du littoral protestent contre la pêche électrique, pratiquée par des navires néerlandais en mer du Nord. « On demande des mesures d’accompagnement d’urgence à l’État français et une aide financière rapide », a déclaré à Calais Christian Dubois, du comité régional des pêches, réclamant 30 000 euros par bateau sur trois ans. « Contre la pêche électrique, il est trop tard. Les Hollandais ont ravagé la mer et il n y a plus de poissons. Il faudrait 4 à 5 ans pour que la ressource se reconstitue sur nos côtes », a-t-il ajouté.
La pêche électrique consiste à utiliser des filets spéciaux pour envoyer des décharges et capturer plus facilement les poissons plats, comme les soles. Jonathan, un patron de pêche à Boulogne, estime ne « plus voir de soles » et ajoute, « On a l’impression que la pêche électrique nous a bien foutus en l’air ». Il proteste contre les conditions de vie « très dures pour les hommes », et des salaires « au ras des pâquerettes ». 
Cette méthode de pêche très décriée n’est autorisée qu’à titre expérimental par l’UE, mais l’ONG Bloom a récemment accusé les Pays-Bas de ne pas respecter les quotas et les règles imposées par l’Europe. A l’heure actuelle, au sud de la mer du Nord, 84 navires néerlandais pratiquent la pêche électrique. La France n’a pas recours à cette méthode.
« Destructrice »
Mi-janvier, le Parlement européen a pris position contre la pêche électrique dans l’Union européenne, une pratique jugée « destructrice » pour les fonds marins, par ses détracteurs. Elle était autorisée à titre expérimental depuis 2007 en mer du Nord.

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                Pêche électrique : des ONG accusent la Commission européenne



La Commission a, elle, défendu jusqu’au bout sa proposition de supprimer la restriction imposée aux flottes des Etats membres. Au sud de la mer du Nord, 84 navires néerlandais pratiquent la pêche électrique, et la Belgique a demandé une dérogation pour trois navires, ce qui représente moins de 0,1 % de la flotte européenne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ La Seine monte toujours mais la situation est « aujourd’hui maîtrisée » par la Ville de Paris, a affirmé Anne Hidalgo jeudi.
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Inondations : montée de la Seine au ralenti, des évacuations en région parisienne

La Seine monte toujours mais la situation est « aujourd’hui maîtrisée » par la Ville de Paris, a affirmé Anne Hidalgo jeudi.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 06h05
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 20h22
   





                        



   


Rues et routes inondées, navigation interdite, péniches et musées sous surveillance… La crue de la Seine continuait au ralenti jeudi 25 janvier en région parisienne où quelques centaines d’habitants les pieds dans l’eau ont été évacués.
A Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), une des communes les plus touchées au confluent de l’Yerres et de la Seine, une eau de couleur maron où flottent des déchets a envahi les rues de certains quartiers. En bateau à moteur, la brigade fluviale aide les habitants à récupérer des affaires chez eux.
En Ile-de-France, 395 personnes ont été évacuées, principalement dans le Val-de-Marne. Un millier d’abonnés sur 6,2 millions sont privés d’électricité et ce chiffre pourrait passer à 14 000 d’ici au week-end, selon le secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu.
Au niveau national, plus de dix départements étaient encore jeudi en vigilance orange en raison de risques de crue et d’inondation, principalement autour du bassin de la Seine, et dans une moindre mesure de la Saône, les deux cours d’eau qui restent sous surveillance après les décrues amorcées sur le Rhin ou le Doubs.
La pluie particulièrement abondante ces dernières semaines a repris jeudi après une accalmie, mais cela ne devrait pas changer les prévisions de crue de la Seine, selon Vigicrues.
Situation « maîtrisée », selon Anne Hidalgo
« On attend le maximum de crue ce week-end, avec une hauteur entre 5,80 m et 6,20 m », a précisé Bruno Janet, expert de l’organisme de surveillance des crues. Un niveau comparable à juin 2016 (6,10 m) mais très loin de la crue historique de 1910 (8,62 m).
Jeudi vers 18 heures, le niveau de la Seine atteignait 5,51 m au pont d’Austerlitz et les conséquences se faisaient déjà sentir. La situation est « aujourd’hui maîtrisée » par la Ville de Paris et ses partenaires, qui ont bien « anticipé » et « coordonné » leur action, guidés par leur « expérience » de la crue de 2016, a voulu rassurer la maire de Paris, Anne Hidalgo.
« L’eau continue de monter » de manière « relativement lente » et « le pic devrait être atteint samedi ou dimanche » à 6,10 ou 6,20 m, a déclaré la maire de Paris à l’issue d’une réunion de la cellule de crise mise en place par la municipalité.
Le tronçon central de la ligne C du RER à Paris est fermé au moins jusqu’au 31 janvier. Sur les voies de la station Musée-d’Orsay, des agents de la SNCF démontaient jeudi les dispositifs électriques des aiguillages pour les protéger de l’eau qui remonte du sous-sol.
Les musées du Louvre et d’Orsay ont pris leurs précautions pour protéger les œuvres. Face à la montée des eaux, les ministères se préparent à un repli éventuel sur des sites de secours. Les propriétaires de péniche s’inquiètent, et les Voies navigables de France ont interdit la navigation notamment sur toute la Seine amont, Paris inclus, laissant ainsi les bateaux-mouches au chômage technique.
D’autres communes
Dans les jours qui viennent, d’autres communes, comme Créteil ou des zones en aval de Paris pourraient être touchées « au fur et à mesure de la montée des eaux », a indiqué Marc Mortureux, directeur de la prévention des risques au ministère de la transition écologique.
Le point maximum de la crue attendu pour le week-end sera probablement « très plat, progressif » et il est donc « probable que le niveau de la Seine reste assez haut pendant encore plusieurs jours la semaine prochaine », a-t-il ajouté.
L’Yonne était toujours confrontée jeudi à des « crues importantes », selon la préfecture, précisant que la décrue était ralentie par les nouvelles précipitations.
Autre point d’attention, la Saône, qui voit arriver les eaux du Doubs, placé lundi en vigilance rouge. Le pic de crue était « en passe » d’être atteint à Chalon-sur-Saône jeudi en fin d’après-midi, selon Vigicrues.
A l’origine de ce phénomène, des précipitations importantes, sur des sols gorgés d’eau. Le bimestre décembre-janvier est ainsi l’un des trois les plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France. Et une nouvelle perturbation traversait la France jeudi.
Un épisode neigeux « remarquable en quantité et en durée » est d’autre part attendu sur le Massif central, selon Météo-France qui a placé sept départements en vigilance orange « neige-verglas ».
En mars 2016, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) avait réalisé une vidéo illustrant les conséquences d’une inondation sur le territoire des bords de Seine en amont de la capitale :




                            


                        

                        

