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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
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Des journalistes et des ONG dénoncent des « poursuites bâillons » de la part du groupe Bolloré

Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 15h44
    |

                            Collectif








                        


Des sociétés de journalistes (dont celle du Monde), des journalistes et des organisations non gouvernementales (ONG) dénoncent, dans une tribune publiée mercredi 24 janvier, les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
La publication de cette tribune survient alors que doit avoir lieu, ce jeudi, un procès qui oppose trois publications (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct) à la holding luxembourgeoise Socfin. Cette société, propriétaire de plantations en Afrique et en Asie, dont le groupe Bolloré détient un peu plus de 38 % du capital, les accuse de diffamation.
Voici le texte de cette tribune.
« Face aux poursuites bâillons de Bolloré : nous ne nous tairons pas ! »
« Ce jeudi 25 janvier, s’ouvre un procès contre trois journaux (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct), attaqués en diffamation par la holding luxembourgeoise Socfin et sa filiale camerounaise Socapalm, fortement liées au groupe Bolloré, Vincent Bolloré [président-directeur général du groupe Bolloré] lui-même siégeant au sein de leur conseil d’administration.
Les plaignants leur reprochent des articles relatant les mobilisations de villageois et d’agriculteurs ouest-africains voisins d’exploitations gérées par ces deux sociétés. Alors qu’hier encore, le tribunal de grande instance de Paris déboutait la société Bolloré dans une énième plainte en diffamation contre le journal Les Inrocks, le procès de demain marque une nouvelle étape dans les poursuites judiciaires lancées par le magnat breton et ses partenaires contre des médias, des organisations non gouvernementales ou des journalistes, qui ont évoqué les coulisses de ses activités économiques et commerciales en Afrique, ses liens avec la holding luxembourgeoise Socfin et les conséquences des acquisitions de terre à grande échelle.
Depuis 2009, plus d’une vingtaine de procédures en diffamation ont ainsi été lancées par Bolloré ou la Socfin en France et à l’étranger – pour contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse – contre des articles, des reportages audiovisuels, des rapports d’organisations non gouvernementales, et même un livre.
France Inter, France Culture, France Info, France 2, Bastamag, Le Monde, Les Inrocks, Libération, Mediapart, L’Obs, Le Point, Rue89, Greenpeace, React, Sherpa… Une cinquantaine de journalistes, d’avocats, de photographes, de responsables d’ONG et de directeurs de médias ont été visés par Bolloré et ses partenaires.
Au vu de leur ampleur, nous estimons que ces poursuites judiciaires s’apparentent à des “poursuites bâillons”. Ces procédures lancées par des grandes entreprises multinationales sont en train de devenir la norme. Apple, Areva, Vinci ou Veolia ont récemment attaqué en justice des organisations non gouvernementales ou des lanceurs d’alerte.
En multipliant les procédures judiciaires dans des proportions inédites – quitte à les abandonner en cours de route –, le groupe Bolloré en a fait une mesure de rétorsion quasi automatique dès lors que sont évoquées publiquement ses activités africaines. Ces attaques en justice contre les journalistes viennent s’ajouter à d’autres types d’entraves à la liberté de la presse dont est désormais coutumier le groupe Bolloré.
En 2014, son agence de communication Havas avait par exemple tenté de supprimer plus de 7 millions d’euros de publicité au journal Le Monde, à la suite d’une enquête sur les activités de Vincent Bolloré en Côte d’Ivoire. Sans oublier la déprogrammation ou la censure de plusieurs documentaires que Canal+ (groupe Vivendi) devait diffuser.
Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de grands groupes économiques comme le groupe Bolloré. Objectif : les dissuader d’enquêter et les réduire au silence, pour que le “secret des affaires”, quand celles-ci ont des conséquences potentiellement néfastes, demeure bien gardé.
C’est l’intérêt général et la liberté d’expression qui sont ainsi directement attaqués. Les communautés locales, les journalistes, les associations, les avocats, ou les lanceurs d’alerte : tous les maillons de la chaîne des défenseurs de droits sont visés par ces poursuites.
Nous, collectifs, journalistes, médias, organisations non gouvernementales, apportons notre soutien aux journalistes et aux organisations qui comparaîtront les 25 et 26 janvier, et à tous les acteurs poursuivis dans le cadre de ces poursuites bâillons.
Des réformes devront être proposées en France pour imiter d’autres pays comme le Québec, ou certains Etats des Etats-Unis ou d’Australie, vers un renforcement de la liberté d’expression et une meilleure protection des victimes de ces poursuites bâillons. Informer n’est pas un délit ! On ne se taira pas. »
Médias et organisations signataires :
Abaca Press, ActionAid France, AFASPA 95, Alternatives économiques, Association de la presse judiciaire, Attac France, Bastamag, Bondy Blog, collectif Informer n’est pas un délit, collectif On ne se taira pas, Collectif des associations citoyennes, CRID, France Libertés, GRAIN, Greenpeace France, Les Jours, Mediapart, Prix Albert Londres, Ritimo, ReAct, Reporters sans frontières, Sherpa, Survie, La Télé libre, Union syndicale Solidaires,
Sociétés des journalistes ou des rédacteurs signataires : 
AFP, BFM-TV, Challenges, Les Echos, Europe 1, France 2, France 3, Le Monde, L’Humanité, Libération, L’Obs, Mediapart, M6, Premières Lignes, Radio France, RMC, RTL, Télérama, TF1, TV5Monde, La Vie.
Journalistes signataires :
Jean-Pierre Canet (journaliste), Benoît Collombat (journaliste, Radio France), Nadia Djabali (journaliste), Samuel Forey (journaliste, prix Albert Londres 2017, L’Ebdo), Raphaël Garrigos (journaliste, Les Jours), Simon Gouin (journaliste, Bastamag), Maureen Grisot (journaliste), Elodie Guéguen (journaliste, Radio France), Pierre Haski (journaliste, Rue 89), Thomas Horeau (journaliste, France 2), Dan Israel (journaliste, Mediapart), Erik Kervellec (directeur de la rédaction, France Info), Geoffrey Le Guilcher (Les Inrocks), John-Paul Lepers (journaliste, La Télé Libre), Julien Lusson (ancien directeur de publication, Bastamag), Jacques Monin (journaliste, Radio France), Jean-Baptiste Naudet (journaliste, L’Obs), Nicolas Poincaré (journaliste, Europe 1), Martine Orange (journaliste, Mediapart), Fanny Pigeaud (journaliste), Matthieu Rénier (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2), Isabelle Ricq (photographe), Jean-Baptiste Rivoire (journaliste, Canal+), Isabelle Roberts (journaliste, Les Jours), Agnès Rousseaux (journaliste, Bastamag), Ivan du Roy (journaliste, Bastamag), David Servenay (journaliste), David Thomson (journaliste, Prix Albert Londres 2017, RFI), Nicolas Vescovacci (journaliste), Tristan Waleckx (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.
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Présidence de Radio France : le CSA rendra sa décision à la fin du mois

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h20
   





                        



   


Le sort de Mathieu Gallet à la présidence de Radio France sera connu mercredi 31 janvier, date à laquelle le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devrait annoncer sa décision, dans le cadre de la procédure qu’il a lancée mercredi 17 janvier à son encontre.
Cette procédure, prévue par la loi (le CSA ayant pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l’audiovisuel public), a été lancée à la suite de la condamnation de M. Gallet, le 15 janvier, à 20 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis pour « favoritisme » lorsque celui-ci présidait l’Institut national de l’audiovisuel, entre 2010 et 2014. M. Gallet a depuis annoncé faire appel.
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait appelé le CSA, le 17 janvier, à « tirer les conséquences » du jugement, estimant qu’un « dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable ». Le président du CSA, Olivier Schrameck, avait souligné fin novembre qu’une éventuelle condamnation du patron de Radio France constituerait une situation qui n’avait « pas de précédent ».

        Lire :
         

          L’exécutif met le CSA en difficulté



Entre-temps, les sept membres du CSA auditionneront Mathieu Gallet, le lundi 29 janvier à 11 heures. Le régulateur précise qu’il prendra connaissance des contributions écrites qui lui seraient adressées avant ce mercredi, pour qu’elles soient transmises à Mathieu Gallet dès réception. Le vote du 31 janvier devrait se dérouler à la majorité simple.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Pour les producteurs de contenus, sur Facebook, pousser le lecteur à s’indigner est devenu le moyen le plus sûr d’atteindre son public. Ce qui n’est pas sans risque pour la pratique journalistique, analyse le chef du pôle vidéo du « Monde » Olivier Clairouin.
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Réseaux sociaux : la pente glissante de l’indignation permanente

Pour les producteurs de contenus, sur Facebook, pousser le lecteur à s’indigner est devenu le moyen le plus sûr d’atteindre son public. Ce qui n’est pas sans risque pour la pratique journalistique, analyse le chef du pôle vidéo du « Monde » Olivier Clairouin.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 11h32
    |

            Olivier Clairouin








                        



                                


                            
ANALYSE. Même s’il semble aujourd’hui moins les porter dans son cœur, Facebook a tout fait ces dernières années pour attirer les médias dans ses filets. Mise en avant des contenus vidéos, subventions massives pour produire des Facebook Live (vidéos en direct), « Instant articles » (un format spécial réservé aux médias)…
Objectif : donner à l’utilisateur tout ce dont il peut avoir besoin, dont des contenus d’actualité, pour qu’il ne quitte jamais la plate-forme. Résultat : en France, plus d’un tiers des personnes s’informent désormais en priorité sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur Facebook. Ce qui a un impact très concret sur la manière dont les rédactions produisent leurs contenus.
Une grammaire adaptée à Facebook
Prenons l’exemple de la vidéo : interviews face caméra, déclaration ou image forte dans les trois premières secondes pour retenir l’attention, phrases courtes et percutantes incrustées directement dans l’image, musique rythmée et animations à gogo, formats de type édito en vertical…
Les vidéos publiées en ligne n’ont, dans leur grammaire, plus rien à voir avec celles publiées il y a à peine deux ans. Inventé et codifié par les médias dont la stratégie économique repose entièrement sur les réseaux sociaux (ni NowThis, ni Brut n’ont de sites Internet), ce modèle a depuis été imité par l’intégralité des médias en ligne. Et, parfois, moqué pour son manque de profondeur :

Parce que leur morphologie s’est adaptée aux contraintes du réseau social, ces contenus sont incontestablement plus « efficaces » que leurs prédécesseurs pour capter l’attention de l’internaute. Mais ils incarnent aussi une nouvelle logique : celle qui vise en priorité à être liké, commenté et partagé directement sur le réseau social, davantage qu’à être lu sur un site tiers.
Or rien ne provoque mieux cet effet que l’indignation. Comme le relève Molly Crockett, professeure en psychologie à l’université...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Trois questions au philosophe Jocelyn Benoist.
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Les « fake news » sont-elles de vrais mensonges ?

Trois questions au philosophe Jocelyn Benoist.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Jocelyn Benoist, spécialiste de Husserl et de phénoménologie, est professeur de philosophie à l’université Paris-I-Sorbonne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont récemment L’Adresse du réel (Vrin, 2017).
Comment le philosophe que vous êtes définirait-il les « fake news » ? Quel est leur statut au regard de la vérité ?
L’idée de fausse nouvelle est vieille comme le monde. Le phénomène des « fake news », au sens où on l’entend aujourd’hui, semble en revanche lié au fonctionnement de nouveaux canaux de production et de circulation de l’information, ou de ce qui se fait passer pour de l’information. Il renvoie à une configuration déterminée du savoir et du non-savoir, sur laquelle il faudrait interroger le sociologue et l’historien.
« En un certain sens, on pourrait soutenir qu’avec les réseaux sociaux, ce sont toutes les “news” qui sont “fake”, ou disons “nouvelles fabriquées”, en vertu de leur statut même »
Une question conceptuelle qu’on peut se poser est de savoir si l’intention de tromper est essentielle à ce qu’on appelle aujourd’hui « fake news ». Ou bien, en dehors même d’une telle intention, une simple erreur, du fait du mode de diffusion viral propre aux nouveaux médias, ne peut-elle acquérir un tel statut ? La fausseté à elle seule, certainement, ne suffit pas. Les « fake news » ne vivent que de leur participation à l’horizon des « news ». Il faudrait donc réfléchir aux vicissitudes de la catégorie de « nouvelles », de l’invention du journalisme jusqu’aux nouveaux médias, les réseaux sociaux induisant finalement l’illusion d’un monde où, tendanciellement, l’événement, c’est la nouvelle elle-même. Dès lors, il n’est pas toujours facile de faire le tri et de séparer ce qui est « fake news » et ce qui ne l’est pas. En un certain sens, on pourrait soutenir qu’avec les réseaux sociaux, ce sont toutes les « news » qui sont « fake », ou disons « nouvelles fabriquées », en vertu de leur statut même.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Des discussions sont actuellement en cours entre le directeur de la fiction du producteur Banijay et le groupe public pour remplacer Xavier Couture.
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France Télévisions : Takis Candilis pressenti comme directeur des programmes

Des discussions sont actuellement en cours entre le directeur de la fiction du producteur Banijay et le groupe public pour remplacer Xavier Couture.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 16h01
   





                        


L’ancien président de Lagardère Studios, Takis Candilis, est pressenti pour devenir directeur des programmes et de la stratégie de France Télévisions. Selon l’entreprise d’audiovisuel public, des discussions sont actuellement en cours. Le Figaro a affirmé, vendredi 19 janvier, que M. Candilis avait été désigné pour remplacer Xavier Couture, qui est partance pour se consacrer à des « projets personnels », notamment la création d’un institut d’études des médias.

        Lire aussi :
         

                Xavier Couture, numéro deux de France Télévisions, va quitter le groupe



Venu de l’opérateur Orange, ancien directeur d’antenne de TF1 dans les années 1990, M. Couture avait été recruté par Delphine Ernotte en octobre 2016 pour redresser les audiences, mais également pour son expérience dans le numérique.
En septembre 2016, Takis Candilis, qui dirigeait jusqu’alors Lagardère Studios, était devenu directeur de la fiction de Banijay, qui produit notamment l’émission de télévision « Touche pas à mon poste » et la série « Versailles ». Il a travaillé à TF1 entre 1999 et 2008.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Les deux médias ont suspendu leur partenariat avec l’émission présentée par Frédéric Haziza, qui a fait son retour à l’antenne après une plainte pour agression sexuelle.
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« Le Monde » et Franceinfo se retirent de l’émission « Questions d’info », sur LCP

Les deux médias ont suspendu leur partenariat avec l’émission présentée par Frédéric Haziza, qui a fait son retour à l’antenne après une plainte pour agression sexuelle.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 16h14
   





                        



   


Le Monde et Franceinfo, deux médias partenaires de l’émission « Questions d’info », sur LCP, ont suspendu leur collaboration à cette émission. La direction du Monde met en avant « la dégradation du climat interne à LCP, illustrée par le vote récent d’une motion de défiance ».
Une motion de défiance a en effet été adoptée par la rédaction de LCP pour protester contre la réintégration à l’antenne de Frédéric Haziza. Le journaliste avait été suspendu le 21 novembre à la suite de la plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour une agression sexuelle qui serait survenue en 2014. La direction a décidé de réintégrer le journaliste après qu’un rapport interne a conclu qu’il n’y avait eu aucun « geste inapproprié » de la part du journaliste depuis 2014, date à laquelle il avait été sanctionné en interne pour ces faits.
De son côté, Franceinfo a nié tout lien avec les allégations contre le présentateur, invoquant pour justifier son retrait, « le temps que les choses s’apaisent pour LCP », le départ du Monde, tout comme un « contexte perturbé et perturbant », lié selon la radio au renouvellement en cours de la présidence de la chaîne. « Nous estimons que les conditions du partenariat ne sont plus remplies puisque Le Monde est parti », dit-on à Franceinfo.
« Le Point » en renfort, l’AFP maintient sa participation
L’actuelle présidente de LCP-AN (La Chaîne parlementaire Assemblée nationale), Marie-Eve Malouines, dont le mandat s’achève en juin et qui est candidate à sa propre succession, a confirmé que les deux médias seraient remplacés par l’hebdomadaire Le Point. « Nous avons été mis devant le fait accompli », a-t-elle déclaré, précisant que Le Monde avait annoncé son retrait en fin de semaine dernière, et Franceinfo au début de cette semaine. Cependant, l’émission sera bien diffusée ce jeudi, a-t-elle dit. Pour sa part, la direction de l’AFP a fait savoir que l’agence de presse maintenait sa participation à l’émission.
« Questions d’info », une interview d’une personnalité politique diffusée chaque jeudi à 20 h 30, animée par des journalistes des quatre médias partenaires, a été lancée en 2004-2005 par LCP et Franceinfo.
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Mise à jour du 18 janvier à 16 heures : Franceinfo n’a pas mis fin au partenariat avec LCP mais a simplement suspendu sa participation, comme la chaîne nous l’a fait savoir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ La radio du groupe Lagardère, Europe 1, a notamment connu son plus bas historique en novembre-décembre 2017, selon la dernière vague Médiamétrie de mesure de l’audience.
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Audiences : RTL en tête, les radios généralistes en baisse, sauf France Inter

La radio du groupe Lagardère, Europe 1, a notamment connu son plus bas historique en novembre-décembre 2017, selon la dernière vague Médiamétrie de mesure de l’audience.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 18h34
    |

            François Bougon








                        



   


L’institut Médiamétrie a rendu public, jeudi 18 janvier, les chiffres d’audience de novembre et décembre 2017 pour la radio. Toutes les généralistes, sauf France Inter, ont souffert d’une actualité moins intense qu’il y a un an (élections présidentielles américaines et françaises).
Pour sa part, Europe 1 poursuit sa descente et passe à la septième place toutes catégories confondues. Dans un contexte troublé par la condamnation en justice de son président Mathieu Gallet, Radio France peut se targuer de bons résultats.
Europe 1 à son plus bas historique, dépassé par France Bleu
Malgré l’arrivée d’une nouvelle équipe à l’été 2017, emmenée par l’ancien numéro deux de Radio France Frédéric Schlesinger, et le matinalier de France Inter, Patrick Cohen, la radio du groupe Lagardère continue de chuter. Avec 6,6 % en audience cumulée (contre 8,1 % sur la même période en 2016), elle est dépassée par France Bleu (7 %, stable sur un an), le réseau public des antennes locales.
RTL occupe la première place avec 12,1 % (- 0,6 point). Pour Christopher Baldelli, vice-président du directoire du groupe M6 et chargé de l’information et de la radio, « c’est la fin d’une très belle année avec chaque jour 6 548 000 auditeurs ». « RTL, qui se positionne pour s’adresser à tout le monde, marche sur ses deux pieds, à la fois l’information et les programmes », explique-t-il.

        Lire aussi :
         

                Europe 1 poursuit sa dégringolade



France Inter, seule généraliste à progresser
Avec une audience cumulée de 11,3 % (contre 11,2 % en novembre-décembre 2016), France Inter, est la seule radio généraliste à progresser. D’où la satisfaction de Laurence Bloch, sa directrice : « France Inter reste la première matinale de France, Marc Fauvelle, aux commandes du 8 heures, l’homme le plus écouté de France. Nous sommes la seule généraliste en hausse, ce qui montre la solidité et la clarté de la grille. »

[ MEDIAMETRIE ]  1ère matinale de France sur tous les indicateurs avec 3 841 000 auditeurs 🔝. #AudiencesRadio 126 0… https://t.co/av0K90HS8m— franceinter (@France Inter)


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Plus largement, les chiffres sont bons pour Radio France. Dans un contexte troublé après la condamnation en justice de son président Mathieu Gallet à un an de prison avec sursis pour favoritisme lorsqu’il était président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), c’est un motif de réconfort. D’ailleurs, M. Gallet, accompagné de Laurent Guimier, directeur délégué aux antennes et aux contenus de Radio France, a rendu visite, jeudi, à la matinale de France Inter, qui, emmenée par Nicolas Demorand et Léa Salamé, est donc la première de France avec 1,857 million d’auditeurs.
« Depuis quatre ans, on a un média radio qui a perdu 700 000 auditeurs, alors que nous en gagnons près d’1,5 million », souligne M. Guimier, qui met en avant la « complémentarité des antennes ». Ainsi, malgré une actualité moins forte, France Info reste stable, à 8,5 % (-0,4 point). Vincent Giret, son directeur, se réjouit du « pari réussi de la matinale » après le recrutement de Bruce Toussaint pour remplacer à la rentrée Fabienne Sintès, partie sur France Inter.

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Avec ses 44 antennes, France Bleu, le réseau local du service public désormais en sixième position, poursuit également sa relance après avoir créé de nouveaux rendez-vous dans sa matinale. « Dans un univers complexe, nous gagnons en part d’audience (+ 0,3 point à 6,3 %). Ce qui fait notre force, c’est la proximité, la force du réseau France Bleu c’est son maillage », juge Eric Revel, son directeur depuis novembre 2016.
Score historique pour France Culture
France Culture atteint un score historique à 2,5 % (+ 0,2 point). « C’est un seuil symbolique important. Cela représente une augmentation d’audience de 9 %, soit 100 000 auditeurs », déclare Sandrine Treiner, sa directrice depuis août 2015. « C’est de notre projet exigeant dévolu aux savoirs que nous tirons notre succès. » Outre la matinale, les tranches 14h-17h et 18h-20h ont été repensées, avec pour la première une émission consacrée à l’économie. Pour la seconde, les débats ont été privilégiés.
RMC solide troisième
RMC (7,4 %, - 0,7 point) conforte sa troisième place chez les généralistes, derrière RTL et France Inter. « Une année historique », juge Cécilia Ragueneau, directrice de RMC, filiale de NextRadioTV (Altice). Elle met en avant la stratégie bimédia, avec trois émissions diffusées également sur la télévision (BFM TV), notamment l’interview politique de Jean-Jacques Bourdin le matin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Pour la première fois, la radio du groupe Lagardère a été dépassée par France Bleu en novembre et décembre 2017, selon la dernière vague de mesure d’audience Médiamétrie. Un plus bas historique.
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Europe 1 poursuit sa dégringolade

Pour la première fois, la radio du groupe Lagardère a été dépassée par France Bleu en novembre et décembre 2017, selon la dernière vague de mesure d’audience Médiamétrie. Un plus bas historique.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 12h12
    |

            François Bougon








                        



   


Pour Europe 1, qui affiche l’ambition de devenir la radio d’une France qui a confiance en elle et qui positive, le coup est rude. La dernière vague de mesure de l’audience, réalisée par Médiamétrie et portant sur novembre et décembre 2017, confirme la dégringolade : créditée de 6,6 % en audience cumulée, elle est dépassée, pour la première fois, par France Bleu (7 %), le réseau des locales de Radio France, et occupe la septième place. « On n’est pas loin de céder à l’abattement. L’humiliation suprême, c’est de passer derrière France Bleu », dit un journaliste, dépité.
L’année 2017 n’a donc pas permis à la radio de la rue François-Ier de rebondir malgré l’arrivée durant l’été d’une nouvelle équipe, emmenée par l’ancien numéro deux de Radio France, Frédéric Schlesinger, et le journaliste de la matinale de France Inter, Patrick Cohen. Si Europe 1 reste encalminée, loin derrière RTL (12,1 %),Christopher Baldelli, vice-pré­sident du directoire du groupe M6 et chargé de l’information et de la radio, célèbre une « très belle ­année avec chaque jour 6 548 000 auditeurs ». Arrivent ensuite France Inter (11,3 %), RMC (7,4 %) et France Bleu.
« Un projet au long cours »
Cependant, le vice-PDG de la station du groupe Lagardère, Frédéric Schlesinger – qui avait préparé le terrain dans une interview ­récente au Monde en affirmant n’attendre rien de bon de ces chiffres – ne se laisse pas démonter. L’heure du renouveau viendra, jure-t-il, grâce à une grille profondément transformée.

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« J’ai un projet au long cours, qui permettra à Europe 1 de renouer avec la croissance », souligne-t-il, ajoutant : « Tout le monde est troublé de voir ces résultats difficiles, mais je reste convaincu que cette radio va retrouver des niveaux importants. »

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Cette vision optimiste n’est pas partagée par tous au sein de la ­rédaction. La greffe ne semble pas avoir pris avec les nouveaux responsables, qui ont modifié près de 90 % de la grille.
La veille de la publication de ces chiffres d’audience, Le Canard enchaîné faisait état de discussions entre Lagardère et TF1 en vue d’une cession d’Europe 1, alourdissant encore le climat.
Les changements apportés après les chiffres décevants de septembre-octobre (audience cumulée de 7,2 %, près d’un point de moins qu’à la rentrée 2016) ne sont pas forcément compris. Ce sont des « ajustements », insiste M. Schlesinger, avec Patrick ­Cohen désormais aux commandes du journal de 8 heures et l’arrivée de Laurent Bazin, un ancien de RTL, pour la présentation de celui de 18 heures.
La veille de la publication de ces chiffres d’audience, la parution dans Le Canard enchaîné d’un article faisant état de discussions entre Lagardère et TF1 en vue d’une cession d’Europe 1 a encore alourdi le climat. « Arnaud Lagardère a un nouveau projet : céder Europe 1, dont l’audience ne ­parvient pas à remonter et qui ne permet pas d’améliorer la rentabilité du groupe », écrivait l’hebdomadaire satirique.
Si, en interne, des pertes de plusieurs millions d’euros en 2017 sont évoquées, la direction, elle, se refuse à tout commentaire. Les deux groupes ont cependant démenti toute prise de contact au sujet de la radio. « Le groupe Lagardère n’a jamais envisagé de se séparer d’Europe 1. Affirmer le contraire serait sans fondement », a indiqué à l’AFP le porte-parole de Lagardère. « C’est une non-information », nous-a-t-il confirmé. Même son de cloche du côté de TF1.
Arnaud Lagardère n’est jamais venu
Le groupe Lagardère a toujours affirmé qu’Europe 1 était « sanctuarisée », c’est-à-dire invendable, tout comme le JDD et Paris Match, alors qu’Arnaud Lagardère avait évoqué en novembre d’éventuelles cessions d’actifs. Il n’a pas cependant précisé quelle branche de son groupe était concernée par ce projet (médias, édition, voyage et distribution, sport et divertissement).

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Néanmoins, juge un salarié, une vente pourrait constituer une voie de salut après des années difficiles, alors que le climat n’a cessé de se dégrader. Au sein de la rédaction, certains relèvent que, malgré les engagements de M. Lagardère de s’impliquer directement en devenant président, il n’est jamais venu dans les locaux.
« Arnaud Lagardère vend par appartements ; il finira par vendre », commente un autre salarié. Frédéric Schlesinger insiste : « On retrouvera 9 % avant juin 2020. Ça va être un long chemin, difficile, mais on tient un concept fort et une offre éditoriale claire. » Rester positif malgré la tempête.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.
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« La vie du journaliste pakistanais Taha Siddiqui est en danger, la France doit l’aider »

Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h37
    |

un collectif de journalistes







                        



                                


                            

Tribune. Sa vie n’a tenu qu’à un loquet de portière non verrouillé. Mercredi 10 janvier, notre ami et confrère, le journaliste pakistanais Taha Siddiqui se rend à l’aéroport d’Islamabad en taxi, un trajet tout ce qu’il y a de plus banal sur l’un des axes les plus sécurisés du pays. C’est pourtant là que deux Toyota lui coupent la route et qu’en surgissent une dizaine d’hommes, certains armés de Kalachnikov. En pleine circulation et en plein jour.
Le journaliste comprend immédiatement qu’il est victime d’une tentative d’enlèvement. Connu pour dénoncer sur les réseaux sociaux les abus de tous bords, des talibans à l’armée pakistanaise, le reporter se sait menacé. Au mois de mai dernier, il avait même porté plainte contre une des officines de sécurité du ministère de l’Intérieur pour tentative d’intimidations. Une première dans l’histoire du journalisme au Pakistan.

A l’époque un agent du gouvernement lui avait clairement fait comprendre qu’il fallait qu’il cesse de critiquer la sacro-sainte armée. Aujourd’hui, le reporter n’a aucun doute. Ses agresseurs font partie des « agences pakistanaises », ces forces de sécurité de l’ombre qui instaurent un climat de peur sur le pays et étouffent la moindre contestation.
Hommes de main
Roué de coups et menacé de prendre une balle dans la jambe, Taha est forcé de monter en voiture pour une destination inconnue. Ce fin connaisseur des méthodes des hommes de mains pakistanais sait ce qui l’attend : tortures et souvent exécution sommaire. Le pays a un lourd passé en la matière. Rien qu’en 2017, trois autres journalistes et six activistes ont été attaqués. Ceux qui ont eu la chance de ressurgir vivants de leur « disparition » n’ont jamais fait de déclaration quant à l’identité de leurs ravisseurs.
la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu au Pakistan
Voilà comment la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Suivant l’exemple de leurs consœurs du « Parisien », 65 femmes du quotidien régional dénoncent, dans un texte rendu public mercredi, leur absence au sein des postes de direction et les disparités salariales.
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Les femmes journalistes de « La Provence » en colère

Suivant l’exemple de leurs consœurs du « Parisien », 65 femmes du quotidien régional dénoncent, dans un texte rendu public mercredi, leur absence au sein des postes de direction et les disparités salariales.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h33
    |

            François Bougon








                        



   


Le mouvement de protestation lancé la semaine dernière par les femmes journalistes du Parisien ne cesse d’inspirer leurs consœurs. Après L’Obs, c’est le quotidien La Provence qui est touché : sur les 65 femmes de la rédaction – sur un effectif total de 166 journalistes –, 60 ont signé un texte pour dénoncer la situation dans le journal, dont l’homme d’affaires Bernard Tapie détient la majorité aux côtés de la société belge Avenir Développement. Il a été rendu public mercredi 17 janvier.

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« A La Provence, c’est pareil… sauf que c’est pire », écrivent-elles, déplorant leur absence à la direction et à la rédaction en chef, tout comme les disparités salariales. « Elles ont 28, 35, 43 ou 50 ans, elles démontrent chaque jour leur engagement, leur compétence, leur expertise et leur sérieux. Est-il encore besoin de le préciser ? Pourtant, elles n’accèdent pas aux carrières (et aux salaires) de leurs confrères. Des postes auxquels, d’ailleurs, elles ne peuvent pas même postuler, vu qu’il n’y a jamais d’appel à candidatures », soulignent ces femmes qui sont soutenues par les syndicats SNJ et CGT.

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« Il y a un malaise et un ras-le-bol »
Avant de s’interroger : « Au-delà de l’injustice qui nous est faite, quel exemple d’égalité et de progrès donnons-nous à nos lectrices, à nos lecteurs ? A la société à laquelle nous nous adressons chaque jour dans nos colonnes ? La pluralité des regards n’est-elle pas un atout pour un journal qui bataille pour sa survie ? »
« Il y a un malaise et un ras-le-bol à La Provence, a expliqué au Monde une des initiatrices. Chaque fin d’année, c’est le moment des augmentations salariales et, cette année encore, les hommes se sont largement augmentés. C’est une période qui recrée de l’amertume. » Contacté par Le Monde, Franz-Olivier Giesbert, le directeur éditorial, n’a pas souhaité s’exprimer dans nos colonnes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.
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Prison ferme pour cinq journalistes en Turquie

Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h30
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Pour avoir manifesté leur solidarité avec le quotidien d’opposition pro-kurde Özgür Gündem, cinq journalistes ont été condamnés à des peines de prison ferme, mardi 16 janvier, par un tribunal d’Istanbul.
Ragip Duran, journaliste francophone qui fut longtemps le correspondant de Libération à Istanbul, Ayse Düzkan, Mehmet Ali Çelebi et Hüseyin Bektas ont été condamnés à un an et demi de détention. « Ils n’ont pas manifesté assez de remords », a estimé la Cour dans ses attendus. Le rédacteur en chef du quotidien, Hüseyin Akyol, a lui été condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement.
Absents lors de l’audience, les accusés étaient représentés par leurs avocats qui ont fait appel des condamnations. A Paris, la Société des journalistes et du personnel de Libération a dénoncé un « jugement inique ».
Les cinq journalistes ont été condamnés pour « propagande terroriste » en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat turc depuis plus de trente ans. Selon les autorités turques, Özgür Gündem est un des porte-voix de la rébellion armée kurde, perçue comme « terroriste » par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis.
« L’une des plus grandes geôles »
Depuis sa fondation en 1992, Özgür Gündem a été interdit à plusieurs reprises, ses locaux ont même été détruits par une explosion en décembre 1994. Avant d’être fermé par décret-loi en octobre 2016, le quotidien pro-kurde a subi des pressions judiciaires.
En signe de soutien, la profession a lancé une campagne en faveur du pluralisme des médias. De mai à août 2016, une veille journalistique a été établie avec la participation de personnalités en vue, dont la militante des droits de l’homme Sebnem Korur Fincanci et le représentant local de Reporters sans frontières (RSF), Erol Önderoglu. Les volontaires se chargeaient symboliquement du travail d’édition pendant une journée, en signe de solidarité.
Cette marque de solidarité leur a coûté cher. En juin, trois des « veilleurs » – Sebnem Korur Fincanci, Erol Önderoglu et Ahmet Nesin – ont été incarcérés pendant dix jours. Ils ont ensuite été libérés mais leur procès se poursuit. La prochaine audience aura lieu le 18 avril devant la 13e chambre du palais de Justice de Caglayan, celle-là même qui vient de condamner les cinq journalistes. Ils risquent jusqu’à quatorze ans de prison.

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Pas moins de 122 journalistes sont derrière les barreaux en ce moment en Turquie, pays décrit par Reporters sans frontières (RSF) comme « l’une des plus grandes geôles du monde » pour les professionnels des médias. Ils risquent de lourdes condamnations, jusqu’à la réclusion à perpétuité pour certains. Et 520 autres journalistes qui comparaissent libres pourraient les rejoindre à tout moment en 2018. Au classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2017, la Turquie occupe la 155e place (sur 180), en net recul par rapport à 2005 quand le pays occupait la 98e place.
Préoccupante avant le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, la situation des médias est devenue critique. A la faveur de l’état d’urgence imposé le 20 juillet 2016 et régulièrement reconduit depuis, les journalistes critiques du gouvernement sont visés par les purges. Plus de 150 médias ont été fermés dans la foulée du coup d’Etat raté.
« Politique draconienne »
La condamnation des cinq journalistes survient en pleine controverse entre la Cour constitutionnelle et le gouvernement au sujet de la libération de deux chroniqueurs, Mehmet Altan, 65 ans, et Sahin Alpay, 73 ans. Emprisonnés juste après le coup d’Etat manqué car accusés de collusion avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu’Ankara accuse d’avoir fomenté le coup d’état raté, les deux hommes ont présenté un recours individuel devant la Cour.
Jeudi 11 janvier, par onze voix contre six, les juges de la Cour constitutionnelle ont ordonné leur remise en liberté conditionnelle. La plus haute juridiction turque a dénoncé « la violation de la liberté d’expression et de la presse et la violation du droit à la sécurité et à la liberté ». Les défenseurs de la profession ont alors pensé que la décision allait ouvrir un précédent et que de nombreux journalistes injustement incarcérés allaient être libérés.
Mais cinq heures après la décision de la Cour, deux tribunaux d’Istanbul ont refusé d’en tenir compte et se sont prononcé, au contraire, pour le maintien des deux journalistes en détention.
L’exécutif s’en est mêlé. La Cour constitutionnelle a « dépassé les limites de ses pouvoirs législatifs et constitutionnels », a annoncé peu après sur son compte Twitter le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, dénonçant une « mauvaise décision ». « La justice turque a pour seule référence la politique draconienne imposée par le gouvernement en matière de sécurité nationale. La défense des libertés individuelles n’est pas sa priorité », déplore Erol Önderoglu, le représentant de RSF en Turquie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Une enquête pour atteinte à la vie privée a été ouverte par le parquet de Paris après la diffusion d’une vidéo intime de la célébrité par un utilisateur de Snapchat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/01/2018
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Pris à partie sur les réseaux sociaux, le snapchatteur et youtubeur Jeremstar s’explique

Une enquête pour atteinte à la vie privée a été ouverte par le parquet de Paris après la diffusion d’une vidéo intime de la célébrité par un utilisateur de Snapchat.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 06h35
    |

            Alexandre Piquard et 
Martin Untersinger








                        


Le célèbre snapchatteur, youtubeur et figure de téléréalité française Jeremstar – Jérémy Gisclon de son vrai nom – est dans la tourmente. Après avoir vu une de ses vidéos intimes, publiée sur les réseaux sociaux, il a été mêlé à de graves accusations visant l’un de ses proches.
Il y a quelques jours, un utilisateur de Snapchat utilisant le pseudonyme Aqababe a accusé Jeremstar de lui avoir volé une information concernant des participants aux « Anges », une émission de téléréalité, et publiée initialement sur son compte. En représailles, il a publié ce qu’il présente comme une vidéo intime de Jeremstar.
Enquête ouverte par le parquet de Paris
Après un temps de silence, Jeremstar a publié, mercredi 17 janvier, en fin d’après-midi sur son compte Twitter, un communiqué dans lequel il se dit « profondément bouleversé par les événements qui se sont produits ces derniers jours ».
Il a qualifié la diffusion de sa vidéo intime « d’odieu[se] » et annonce avoir « pris les mesures nécessaires pour qu’il soit puni en vertu de la loi ». Une enquête a été ouverte, mercredi 17 janvier par le parquet de Paris, à la suite d’une plainte de l’avocat de la célébrité, pour atteinte à l’intimité de la vie privée, selon une source judiciaire, confirmant une information de 20 Minutes. Elle a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne.
Parallèlement et dans de multiples messages sur les réseaux sociaux, Aqababe a aussi relayé et formulé de graves accusations à l’encontre d’un proche de la célébrité, Pascal Cardonna, connu des fans de Jeremstar pour apparaître fréquemment dans les vidéos de ce dernier sous le pseudonyme de « Babybel ».
« J’ignorais absolument l’existence de ces témoignages », affirme Jeremstar dans son communiqué. « Je n’ai absolument rien à voir avec sa vie intime et suis totalement étranger aux imputations dont il fait l’objet, à supposer qu’elles soient démontrées », explique-t-il encore, en référence à des allégations prêtant à M. Cardonna l’habitude d’utiliser sa proximité avec Jeremstar pour obtenir des faveurs sexuelles de la part des fans de ce dernier. « On m’accuse d’avoir facilité les supposés agissements de Pascal Cardonna. Je nie. On m’accuse d’y avoir participé. Je nie », martèle Jeremstar.
Pascal Cardonna a, de son côté, annoncé à l’Agence France-presse avoir porté plainte « pour diffamation et atteinte à la vie privée » auprès du procureur de la République de Nîmes. Il a dénoncé des « attaques diffamatoires et mensongères », avant de préciser : « ma vie privée n’a rien à voir avec mon personnage [Babybel] sur les réseaux sociaux ».
La célébrité mise en retrait d’une émission de C8
Quelques heures auparavant, on apprenait que Jeremstar avait été mis en retrait des « Terriens du dimanche », l’émission de C8 animée par Thierry Ardisson à laquelle il participe depuis la rentrée. « D’un commun accord avec Jeremstar, C8 suspend son activité sur l’antenne. C8 reste très attentif à l’évolution de la situation », a fait savoir la filiale de Canal+.
En voyant la polémique monter sur les réseaux sociaux, la chaîne a appelé Jeremstar dès lundi soir pour prendre une « mesure de précaution ». Il a été décidé que les conditions n’étaient pas réunies pour garder à l’antenne le blogueur, qui doit se défendre dans ce dossier, explique une source proche de la chaîne. A C8, on se dit attentif à cette affaire aux accusations graves, tout en estimant ne pas avoir les moyens d’en connaître la véracité à ce stade.
Radio France, où travaille Pascal Cardonna, a expliqué par communiqué avoir « pris connaissance sur les réseaux sociaux d’accusations très graves ». Si ces faits étaient avérés, ils seraient condamnables, ajoute la radio, tout en précisant qu’ils relèvent « de la sphère privée ». M. Cardonna est depuis 2008 « coordinateur numérique » du réseau France Bleu pour la région Sud. Il est en poste à Nîmes et n’apparaît pas à l’antenne, note Radio France, dont la direction juridique et les ressources humaines sont mobilisées.
Jeremstar a également annulé une séance de dédicaces à Pau. « Dans ce contexte, cela aurait pu être dangereux, quelqu’un pourrait venir avec de mauvaises intentions », ont expliqué les organisateurs au quotidien Sud Ouest.
Jeremstar s’est fait connaître en chroniquant sur son site de nombreuses émissions de téléréalité et en participant à certaines. Il est aujourd’hui une figure de tout premier plan sur les réseaux sociaux, et tout spécialement sur le réseau social Snapchat. Il rassemble au total une audience de plusieurs millions de personnes, essentiellement des adolescents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Ni maintien ni destitution immédiatement : le Conseil supérieur de l’audiovisuel se prononcera dans les prochains jours sur le cas du PDG de Radio France.
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Affaire Mathieu Gallet : le CSA choisit une voie médiane

Ni maintien ni destitution immédiatement : le Conseil supérieur de l’audiovisuel se prononcera dans les prochains jours sur le cas du PDG de Radio France.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 14h11
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Face à la forte pression qui pesait sur ses épaules, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a choisi une voie intermédiaire : mercredi 17 janvier, l’autorité a annoncé qu’elle allait voter pour déterminer si Mathieu Gallet peut rester président de Radio France, mais seulement après avoir examiné la situation pendant plusieurs jours. 
« Ni maintien ni destitution immédiatement », semble-t-elle ainsi répondre, après la condamnation en justice de Mathieu Gallet, le 15 janvier, à un an de prison avec sursis pour favoritisme lorsqu’il était président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Selon nos informations, le vote, inédit, du CSA devrait se tenir dans la semaine du 22 janvier, au plus tard la semaine suivante. Les sept conseillers se prononceront à la majorité simple. Ils peuvent refuser de mettre fin au mandat.
L’audition de tierces parties
Concrètement, l’autorité a « décidé de mettre en œuvre l’article 47-5 de la loi du 30 septembre 1986 modifiée », qui prévoit les modalités de retrait du mandat du président de Radio France (ou de France Télévisions ou de France Médias Monde). Celui de M. Gallet court en principe jusqu’en mai 2019. Le CSA précise que sa décision sera rendue « le plus rapidement possible dans le respect du contradictoire et notamment après la communication du jugement rendu à l’égard de M. Mathieu Gallet ». En effet, le texte intégral de la décision du tribunal correctionnel de Créteil n’a pas encore été publié par le greffe.
L’autorité choisit de donner la possibilité à Mathieu Gallet d’être entendu. Elle est aussi ouverte à l’audition, à leur demande, de tierces parties, par exemple, les syndicats de Radio France. Le CSA n’était pas obligé d’agir ainsi et il aurait pu voter dès ce mercredi la fin du mandat. En effet, la seule indication donnée par la loi est que la « décision motivée » doit se fonder sur « des critères de compétence et d’expérience ».
De bons résultats d’audience
En prenant le temps de mener des auditions, le CSA ouvre la porte aux arguments de la défense, espèrent les partisans de M. Gallet. Le contexte interne à Radio France, où le président fait l’objet d’un soutien tacite, pourrait jouer en sa faveur : depuis lundi, la plupart des syndicats et les administrateurs n’ont pas demandé son départ. Pour beaucoup, la réforme de l’audiovisuel public annonce une période troublée dans laquelle le maintien du président est préférable.

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De plus, Radio France peut s’appuyer sur de nouveaux bons résultats d’audience. Selon les chiffres publiés jeudi 18 janvier, sur la période novembre-décembre 2017, France Inter obtient 11,3 points d’audience cumulée et reste première sur la matinale malgré le départ de Patrick Cohen, France Bleu (7 points) passe devant Europe 1, Franceinfo recule légèrement, mais reste à un haut niveau à 8,5 points, alors que France Culture bat son record à 2,5 points.
« Ce serait formidable que Mathieu Gallet reste », glisse la directrice de France Inter Laurence Bloch, jointe pour commenter ces résultats. Pour tenter de rassurer ses troupes, le président de Radio France devait s’exprimer lors la traditionnelle prise de parole organisée le jour des résultats d’audience, jeudi après-midi.
Des relations tendues avec l’exécutif
Toutefois, il est possible de faire de la décision du CSA une lecture plus négative pour Mathieu Gallet. L’autorité a balayé l’argument répété depuis lundi par ses avocats : il a le droit à la présomption d’innocence, car il a fait appel du jugement. Plutôt que de se placer sur le fond de l’affaire, le CSA estime devoir évaluer si la situation de M. Gallet lui permet de diriger sereinement Radio France.
Si la situation interne à Radio France est favorable à son président, les relations tendues qu’il entretient désormais avec le gouvernement pourraient pousser à son départ. En effet, Françoise Nyssen, la ministre de la culture, a appelé le CSA, le 16 janvier, à « tirer les conséquences » du jugement. Or, ce ministère exerce une tutelle directe sur les entités d’audiovisuel public, comme Radio France, et décide notamment de leur budget. La situation pourrait-elle contraindre M. Gallet à démissionner ? Ce dernier a totalement exclu cette idée jusqu’ici.

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Une période d’incertitudes
Politiquement, le CSA, en ouvrant une procédure, prend le risque de sembler se plier aux injonctions de l’exécutif, qui, selon certains, remet en cause l’indépendance de l’audiovisuel public. Mais l’autorité écarte aussi le reproche selon lequel elle ne contrôle pas assez l’action des présidents d’audiovisuel public qu’elle a nommés elle-même, à l’image de M. Gallet, en 2014. Le président Emmanuel Macron a formulé une telle critique, pour justifier son souhait de retirer au CSA son pouvoir de nomination pour le confier aux conseils d’administration des entreprises concernées.
Si le CSA devait voter la fin du mandat de M. Gallet, une période d’incertitudes s’ouvrirait. A court terme, il serait suppléé par le « doyen d’âge » du conseil d’administration. Mais, ensuite, son successeur serait-il nommé par le CSA, malgré les réserves du gouvernement ? C’est le plus probable. Même si la procédure est assez longue : environ six mois en 2014 pour Mathieu Gallet, soit deux mois et demi pour la nomination, plus « trois à quatre mois » prévus par la loi avant l’entrée en fonctions.
Or, Mme Nyssen cherche à faire voter « rapidement » une loi qui réforme le mode de nomination… Auquel cas, le mandat de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, risquerait d’être aussi remis en jeu plus tôt que prévu. Et d’autant plus si l’exécutif décide de créer une structure commune à Radio France et France Télévisions… L’audiovisuel public est confronté chaque jour à davantage de questions.

Radio France : Frédérique Pfrunder, potentielle présidente intérimaire
Si le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) mettait fin au mandat de Mathieu Gallet, le président de Radio France serait temporairement remplacé par Frédérique Pfrunder, membre du conseil d’administration depuis mai 2014. Nommée par l’association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), celle-ci est déléguée générale du « mouvement association », une structure de promotion de l’activité des associations en France. Les statuts de Radio France évoquent « le doyen en âge des administrateurs nommés par le conseil supérieur de l’audiovisuel ». Mais il y a une limite d’âge à 65 ans. Le président intérimaire ne pourrait donc pas être Jean-Luc Vergne, 69 ans, président de BGE, un réseau d’aide aux entrepreneurs, comme écrit précédemment. Ni Michèle Reiser, 68 ans, productrice.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel doit se prononcer à la majorité sur le sort du président de Radio France condamné pour favoritisme à un an de prison avec sursis.
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Affaire Mathieu Gallet : l’exécutif met le CSA en difficulté

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel doit se prononcer à la majorité sur le sort du président de Radio France condamné pour favoritisme à un an de prison avec sursis.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h40
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) se préparait à une réunion inédite, voire historique, mercredi 17 janvier : l’autorité devait examiner le cas de Mathieu Gallet, condamné pour favoritisme à un an de prison avec sursis, afin de déterminer s’il peut poursuivre son mandat de président à Radio France. La pression est très forte sur les épaules des sept conseillers qui, s’ils prennent une décision mercredi, doivent se prononcer à la majorité. La possible destitution d’un dirigeant n’a jamais été ainsi débattue et de plus, un élément extérieur ajoute une tension exceptionnelle : la ministre de la culture, Françoise Nyssen, a explicitement appelé le CSA à « tirer les conséquences » du jugement. « Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable », a-t-elle déclaré au Monde.
Le modèle du CSA, « caduc » selon Macron

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Après des premières déclarations plus modérées puis un temps d’attente, la ministre et l’exécutif ont décidé de durcir le ton. Selon nos informations, la position de Mme Nyssen est soutenue par Matignon et par l’Elysée, pour qui la ministre de la culture porte la parole de tout l’exécutif dans ce dossier. En adoptant une position dure, l’exécutif peut espérer plusieurs bénéfices politiques : d’abord, il fait le choix de l’opinion, estimant que l’exigence d’exemplarité est forte. De plus, alors que certains jugeaient le gouvernement hostile à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, et bienveillant envers M. Gallet, il rééquilibre largement les choses.

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Mais, surtout, le gouvernement met la pression sur le CSA : il renvoie à l’autorité la responsabilité de trancher ce dossier très sensible. Or, Emmanuel Macron a clairement annoncé qu’il souhaitait réformer « le modèle du CSA », jugé « caduc », comme il l’a rappelé en décembre devant des députés, selon l’hebdomadaire Télérama. L’audiovisuel est « le seul secteur où celui qui nomme des gens ne leur demande aucun compte », a-t-il argumenté. Si le CSA ne démettait pas M. Gallet, ce serait donc une raison de plus de lui retirer son pouvoir de nomination des dirigeants d’audiovisuel public, pour le confier aux conseils d’administration des entreprises.

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Mme Nyssen veut une loi « rapidement »
D’ailleurs, Mme Nyssen a profité des circonstances pour accélérer mardi l’agenda : « Cette condamnation en première instance nous invite à penser la transformation indispensable de l’audiovisuel public et plaide pour une loi sur l’audiovisuel public qui soit déposée rapidement », a-t-elle déclaré à l’AFP. La ministre milite donc désormais officiellement pour une « petite loi », par exemple dès le printemps. Ce texte pourrait mettre fin aux mandats de Mme Ernotte et de M. Gallet et relancer des nominations. Voire créer une structure commune à Radio France et à France Télévisions, si le gouvernement fait ce choix.
Mis au défi, le CSA pourrait toutefois choisir de maintenir Mathieu Gallet. Ce dernier a invoqué la présomption d’innocence et fait appel de sa condamnation. Mardi, lors de ses réunions successives avec les administrateurs de Radio France, les directeurs d’antenne puis les syndicats, il a recueilli un relatif soutien tacite. La fédération FO Médias a demandé sa démission, mais le virulent élu Sud de Radio France Jean-Paul Quennesson, « peu soupçonnable de complaisance envers M. Gallet, serviteur zélé des plans d’économies du gouvernement », se dit « choqué » que Mme Nyssen « foule aux pieds la présomption d’innocence et l’indépendance de l’audiovisuel public ». Ce dernier principe, souvent invoqué par le président de l’autorité administrative indépendante, Olivier Schrameck, ne manquera pas d’être un élément important des débats du conseil.
Timing paradoxal
Pour le CSA, le timing de cette affaire est très particulier : prévu de longue date, le renouvellement du mandat de Mathieu Gallet, qui s’achève en mai 2019, devait être le premier à se faire selon les nouvelles modalités voulues par le gouvernement. Il était donc prévu que le conseil d’administration de Radio France, remanié par la loi, prenne la décision, et non plus le CSA. Paradoxalement, si ce dernier démet Mathieu Gallet, il devra probablement nommer son successeur selon « l’ancienne » méthode, pour un mandat très court. A moins que le gouvernement ne fasse voter une loi avant la décision, ce qui semble difficile.
L’agenda et la situation juridique sont confus. Dans le cas, inédit, où le président de Radio France serait démis, il serait suppléé par le « doyen d’âge » du conseil d’administration, parmi les membres nommés par le CSA, en principe Jean-Luc Vergne, ex-directeur des ressources humaines de grandes entreprises et président de BGE, réseau d’aide aux entrepreneurs. Dans le cas contraire, l’exécutif aura face à lui deux dirigeants plutôt affaiblis, à Radio France et à France Télévisions, au moment de mener sa grande réforme du secteur. Dans tous les cas, l’audiovisuel public rentre dans une zone non balisée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ La société d’investissement de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton, consacrée aux médias, devient le leader de la fiction télé en France.
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Le fonds d’investissement Mediawan achète trois sociétés de production télévisée

La société d’investissement de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton, consacrée aux médias, devient le leader de la fiction télé en France.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h15
    |

                            Sidahmed Chikhbled








                        



   


C’est un grand coup que vient de frapper la société d’investissement Mediawan. Le groupe de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton a annoncé, mardi 16 janvier, les acquisitions de Mon voisin productions, Makever et du pôle télévision d’EuropaCorp. Il devient ainsi le leadeur français dans l’univers de la fiction devant le groupe Lagardère (en termes d’heures de fictions produites en « prime time »).
Ces achats sont le fruit d’une stratégie d’acquisitions menée depuis la création, en 2015, du fonds consacré aux médias, avec notamment, en mars 2016, le rachat, pour 270 millions d’euros, du distributeur AB Group, qui a produit les séries « Hélène et les garçons » ou « Section de recherches ».
80 % d’EuropaCorp Télévision

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Mediawan va acquérir 60 % de Mon voisin productions, société créée en 2008 et productrice, entre autres, de « Dix pour cent », série à succès de France 2, ou de films comme Perfect Mothers (2013), d’Anne Fontaine. Le groupe a aussi déclaré être en négociations exclusives avec Makever en vue de racheter 77 % de son capital. La société produit de nombreuses franchises comme « Kaboul Kitchen », diffusée sur Canal +, ou « Cherif » (France 2).
Mediawan a enfin acquis 80 % d’EuropaCorp Télévision (sans les séries américaines), une filiale d’EuropaCorp, l’entreprise de Luc Besson. La vente de cette activité intervient dans une période compliquée pour la société de production, qui a annoncé, lundi 15 janvier, la suppression d’un quart de ses effectifs en France pour « mener à bien sa stratégie de recentrage sur [son] cœur de métier ».

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Entreprise de diversification
Le catalogue acquis comprend des fictions comme « Taxi Brooklyn » ou « XIII », ainsi qu’une douzaine de projets en cours comme « Arthur et les Minimoys » et « Les Rivières pourpres », projets provenant essentiellement de l’univers de Luc Besson.
L’ensemble de ces acquisitions, d’un montant qui avoisinerait les 40 millions d’euros, devrait se finaliser au premier trimestre. Mediawan devient ainsi « le premier producteur de fiction en volume en France », a déclaré Pierre Antoine Capton, avec, potentiellement, 69 heures de fictions diffusées en prime. Le groupe devance le géant Lagardère Studios, qui produit 66 heures de fiction en prime, et à qui l’on doit « Joséphine, ange gardien » et « Nos chers voisins ».
Mediawan continue donc son entreprise de diversification, après avoir acheté CC & C en juillet 2017, spécialiste de films documentaires comme Apocalypse, et acquis, en décembre 2017, le studio d’animation On kids & family.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ « Le Média », plate-forme soutenue notamment par des proches de Mélenchon, s’est lancé lundi avec son premier « 20 heures ». Un exercice classique, même si le choix des sujets tranche avec celui des grandes télévisions.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
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« Le Média » : la gauche alternative a son journal télévisé

« Le Média », plate-forme soutenue notamment par des proches de Mélenchon, s’est lancé lundi avec son premier « 20 heures ». Un exercice classique, même si le choix des sujets tranche avec celui des grandes télévisions.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 22h42
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 07h26
    |

            François Bougon








                        



   


« C’est le grand soir ! », s’est enthousiasmé, lundi 15 janvier, un des « socios » (abonnés qui ont versé au moins 55 euros) du nouveau média alternatif de gauche Le Média, quelques minutes avant le premier journal télévisé de 20 heures, diffusé en accès libre.
Mais ce fut d’abord une déconvenue technique. Pour ceux qui étaient restés sagement sur le site lemediatv.fr, il fut impossible de visionner le programme. Trop de monde ? « Mauvais début. J’ai été incapable de me connecter ou de voir quoi que ce soit sur ce site. Et je ne dois pas être seul. Pas cool du tout », s’est ému un autre socio.

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Pendant ce temps, sur TF1, Gilles Bouleau annonçait ses titres : « Adieu APB, bonjour Parcoursup », « Comment supprimer les passages à niveau dangereux ? », « Tout savoir sur l’intelligence artificielle », « La folie des repas livrés à domicile »… Sur France 2, Anne-Sophie Lapix promettait des sujets sur les ventes records du groupe Renault grâce à l’Asie, sur la taxe d’habitation en France et sur de nouveaux Calais en perspective.
Peu révolutionnaire
Pour profiter de ceux du Média, il a fallu migrer sur YouTube et Facebook. Après avoir déclaré « Nous sommes le 15 janvier 2018. Le “20 heures” s’est échappé de la télé, vous regardez le tout premier journal du Média », Aude Rossigneux les a présentés : l’inégalité salariale, les récentes manifestations en Iran – « un presque printemps » – et les « exilés » en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), là où des militants aident les réfugiés dans la région de la Roya.

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Outre le choix des titres, la deuxième différence marquante avec les autres chaînes est l’absence, faute de moyens, de reportages : pendant les trente minutes que dure le journal, on voit surtout des « têtes parlantes » en studio, dont le discours est entrecoupé de deux interviews de militants, celle de Sophie Binet, dirigeante confédérale de la CGT chargée de l’égalité hommes-femmes, puis celle d’Henri Rossi, président de la Ligue des droits de l’homme en PACA. A Beyrouth, le correspondant nous parle de l’Iran depuis son balcon…

Second sujet mag du journal du Média avec @claudeelkhal : les manifestations en Iran #LeLancement #LeMedia https://t.co/FirVdVfzkI— LeMediaTV (@Le Média)


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Si le journal télé du Média a voulu s’échapper de la télévision classique, en revendiquant en particulier son engagement contre les politiques gouvernementales, il n’a pas pour autant inventé de nouveaux formats. Ce « 20 heures » reste peu révolutionnaire dans la forme et s’avère plutôt austère. Il n’a néanmoins pas échappé à l’autopromotion avec l’interview en plateau d’un « socio », l’humoriste et scénariste Bruno Gaccio, qui s’était fait connaître avec « Les Guignols de l’info » : « J’attends que vous soyez en éveil et en explication du monde », a-t-il dit, après avoir remarqué : « Vous pourriez être ce qu’est Le Monde diplomatique par rapport à un gratuit. »
En tout cas, le tunnel de brèves du début, avec quelques illustrations vidéo et photos de l’Agence France-Presse (AFP), n’a pas été du goût de tous les spectateurs : « L’impression de voir un bulletin radio filmé », a tranché un socio. Les plus militants, eux, ont été comblés.



                            


                        

                        


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Favoritisme à l’INA : Mathieu Gallet condamné à un an de prison avec sursis

Jugé en tant qu’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel, l’actuel président de Radio France fait appel du jugement.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 07h18
    |

            Alexandre Piquard








                        


Le jugement est lourd : l’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel Mathieu Gallet a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, lundi 15 janvier. L’actuel président de Radio France était jugé pour « favoritisme », soupçonné d’avoir commandé environ 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu’il présidait l’INA. Le tribunal a plutôt suivi les conclusions du parquet, qui avait requis dix-huit mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende, lors d’une longue audience tenue le 16 novembre.
Une décision contestée en appel par M. Gallet
Contacté par Le Monde, l’avocat de Mathieu Gallet, Christophe Ingrain, annonce sa volonté de contester le jugement : 
« Nous faisons immédiatement appel pour que la cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense. Compte tenu des conditions dans lesquelles l’enquête et l’audience se sont déroulées, la décision du tribunal n’est pas une surprise. »
Dans leur plaidoirie, les avocats de Mathieu Gallet avaient tenté d’obtenir la nullité de la procédure en arguant que la procureure de la République de Créteil, Amélie Cladière, se serait montrée « partiale » et aurait commis des erreurs : par exemple en imposant à un personnage public une garde à vue superflue, en n’interrogeant pas certains acteurs-clés ou en envoyant deux citations à comparaître successives.
Les avocats avaient même porté plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête car, selon eux, l’enquête pour favoritisme n’était pas officiellement close quand, le 23 juin dernier, les agences de presse ont appris auprès du parquet le renvoi en correctionnelle de Mathieu Gallet.
Deux contrats de conseil au cœur de l’affaire
Lors de l’audition, Mathieu Gallet avait plaidé la méconnaissance de certains usages des établissements publics, assurant qu’« avant [son] arrivée à l’INA, [il] n’avai [t] jamais été confronté à ces questions de marché public ». A l’audience s’étaient affrontées deux cultures : d’un côté, l’habitude, courante dans le secteur privé, d’avoir recours à des consultants extérieurs pour mener des audits, accompagner des projets ou dispenser des conseils en communication. De l’autre, le souci de la dépense de l’argent de l’Etat, avec notamment les procédures de marchés publics.
Deux contrats étaient concernés. Le premier avait été signé avec le cabinet de conseil Roland Berger en 2013, pour accompagner la fusion des directions des archives et du dépôt légal. Un premier marché a été passé avec appel d’offres, mais il a été suivi d’un avenant puis d’un « marché complémentaire », pour un montant total de 290 000 euros, ce qui aurait pu justifier une procédure « d’appel d’offres européen ».
Selon l’accusation, l’INA dirigé par Mathieu Gallet a « saucissonné » le marché pour éviter cette procédure plus contraignante et pour le confier à Roland Berger, qui avait déjà travaillé pour l’INA en 2010. La défense avait rétorqué que seize candidats avaient été mis en concurrence, puis cinq offres formelles longuement examinées. Et que les avenants et le marché complémentaire avaient été rendus nécessaires, car la réforme s’était révélée « difficile » à mener.
Le second contrat n’avait, lui, pas fait l’objet d’une mise en concurrence. Il s’agissait de prestations commandées à Balises, la société du consultant Denis Pingaud : pour 5 000 euros par mois, soit un total de 130 000 euros, ce qui aurait dû déclencher un appel d’offres, selon la procureure. M. Gallet a justifié le choix d’un conseiller qu’il connaissait depuis 2008 et a assuré s’être « reposé sur les équipes en place », qui n’auraient pas demandé la mise en concurrence de ce contrat. « Cela a été fait » à Radio France, a ajouté M. Gallet, qui est ensuite devenu président de cette entreprise de l’audiovisuel public : une société de M. Pingaud y a obtenu un contrat de douze mois, ensuite soumis à un appel d’offres.
Mathieu Gallet n’entend pas démissionner de Radio France
Cette affaire pose la question des conséquences pour Mathieu Gallet : ce jugement peut-il gêner son action à Radio France ou obérer son avenir ? De façon préventive, le président de Radio France, interrogé par Le Monde, avait exclu de démissionner en cas de condamnation, lors d’un entretien recueilli mi-décembre : « Mon mandat court jusqu’en mai 2019 et je resterai pleinement investi jusque-là. »

        Lire l’entretien avec Mathieu Gallet :
         

          « Rapprocher des structures, est-ce être plus fort ou être plus lourd ? »



Le dossier est délicat. Dans la majorité issue de l’élection d’Emmanuel Macron, l’action de Mathieu Gallet semble faire l’objet d’une certaine bienveillance. Les choix budgétaires et les expressions de l’exécutif ont davantage ciblé le groupe France Télévisions de Delphine Ernotte que Radio France.
Joint par Le Monde, le ministère de la culture préfère prudemment renvoyer vers le Conseil supérieur de l’audiovisuel, seule autorité à pouvoir mettre fin à son mandat :
« C’est d’abord à Mathieu Gallet qu’il revient d’apprécier les éventuelles conséquences de la décision. La loi donne actuellement au seul CSA le pouvoir de nommer et de défaire les mandats. Dans ce cadre, toute intervention de l’exécutif serait critiquable. L’audiovisuel public est dans une situation spécifique : ses dirigeants doivent bénéficier de garanties d’indépendance par rapport à l’exécutif. »
Et dans un communiqué diffusé lundi soir, Mme Nyssen « réaffirme son attachement au respect des règles de la commande publique et à l’exemplarité des dirigeants des établissements et des entreprises publiques ». « Ces exigences sont le fondement indispensable de la confiance de nos concitoyens dans l’action publique », ajoute la ministre de la culture.
Quelles conséquences ?
« Le mandat des présidents (…) peut leur être retiré, par décision motivée », prise par le CSA « à la majorité des membres qui le composent », dit la loi de novembre 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public. Selon nos informations, le Conseil ne devrait pas se pencher sur le cas Gallet avant au minimum mercredi, jour de sa prochaine session plénière.
Pour arguer en faveur du maintien de M. Gallet, il pourrait être mis en avant que les faits ne concernent pas Radio France mais son entreprise précédente. Par ailleurs, le fait que Mathieu Gallet ait fait appel pourrait pousser le CSA à différer sa décision.
La réaction des syndicats sera scrutée. Philippe Ballet, président de l’UNSA (quatrième syndicat de la maison), ne demande pas le départ de M. Gallet : « Doit-il démissionner ? Non, vu qu’il a fait appel. » Il regrette toutefois que « la décision conteste un peu la légitimité du président à la tête de Radio France, à un moment où la relation et le rapport de force avec la tutelle sont importants » en raison de la réforme de l’audiovisuel public annoncée par le gouvernement.
Alors que la procédure de renouvellement du mandat de Mathieu Gallet devrait, en principe, être enclenchée à la fin de 2018, l’exécutif envisage, auparavant, de changer le mode de nomination pour le confier au conseil d’administration des entreprises concernées. De plus, le gouvernement imagine de créer une structure pilotant à la fois Radio France et France Télévisions, ce qui supposerait de nommer un dirigeant unique dès le courant de 2018. Un poste auquel Mathieu Gallet pourrait, en principe, se porter candidat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Leur « candidature collective » à un poste de direction pour protester contre l’absence de féminisation à la tête du journal a inspiré leurs consœurs de « L’Obs »
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/01/2018
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Le mouvement des femmes journalistes du « Parisien » fait tache d’huile

Leur « candidature collective » à un poste de direction pour protester contre l’absence de féminisation à la tête du journal a inspiré leurs consœurs de « L’Obs »



Le Monde
 |    15.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 09h50
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            
Une boutade entre collègues au Parisien est en train de se transformer en un mot d’ordre contagieux. Lors d’un déjeuner à la cantine, mardi 9 janvier, des journalistes femmes du quotidien détenu par le groupe LVMH se sont mises à discuter de l’appel à candidatures ouvert pour un nouveau poste au sein de la direction de la rédaction afin de s’occuper des éditions du dimanche. « On va encore avoir un mec », a lancé l’une. « Pourquoi ne pas déposer une candidature collective ? », a répondu une autre.
Le mouvement était enclenché. Alors qu’elles comptaient rassembler seulement une trentaine de noms, leur initiative a fait tache d’huile. Finalement, elles ont été 77 à signer ce texte pour déposer, jeudi, une « candidature de principe ». « De principe, car mon profil ne correspond peut-être pas au poste actuellement ouvert. En revanche, de nombreuses femmes en ont pleinement les qualifications. Des femmes aujourd’hui absentes, à ce niveau de la hiérarchie de notre journal, dont la charge est de donner le cap aux équipes, à travers ses choix éditoriaux », ont-elles écrit dans leur e-mail.
La veille, elles avaient appris la nomination d’un homme comme quatrième adjoint de Stéphane Albouy, le directeur des rédactions : Jean-Baptiste Isaac, un journaliste venu du Figaro. L’annonce a renforcé leur détermination à faire bouger les choses. « Il y a des femmes à l’avant-dernier étage de la fusée, mais pas au dernier. Il y a un plafond de verre », déplore l’une des instigatrices du texte. Actuellement, cinq hommes se trouvent à la tête de la rédaction en chef nationale, cinq aussi dirigent celle des éditions départementales et deux le magazine du week-end. Le seul poste de responsabilité éditoriale au plus haut niveau occupé par une femme se trouve à La Parisienne, le magazine féminin… Nettement insuffisant, jugent les « 77 », alors que l’affaire Weinstein – du nom du producteur américain Harvey...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Le groupe de Patrick Drahi s’apprête à revendre ses nombreux droits de retransmission du football, assombrissant les perspectives de croissance des revenus des clubs français.
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Le quotidien britannique connaît un succès d’audience planétaire – deux lecteurs sur trois sont hors du Royaume-Uni – mais est un gouffre financier.
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A la recherche d’un modèle économique, le « Guardian » se mue en tabloïd

Le quotidien britannique connaît un succès d’audience planétaire – deux lecteurs sur trois sont hors du Royaume-Uni – mais est un gouffre financier.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 11h53
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

A trois ans du bicentenaire de sa création, le Guardian passe lundi 15 janvier au format tabloïd, symbole de la crise financière que traverse le quotidien britannique. Après le grand format de ses origines, puis depuis 2005 le format « berlinois » (le même que celui du Monde), le passage à cette petite taille sonne comme le glas de l’ère papier.
Le Guardian symbolise le paradoxe des journaux au XXIe siècle. En vingt ans, ce journal britannique de diffusion moyenne est devenu un succès planétaire, lu désormais par 150 millions de visiteurs uniques par mois sur Internet (moins que le Daily Mail, le journal dont le site est le plus lu au monde, à 230 millions de visiteurs uniques, mais plus que le New York Times, à 90 millions).

Mais dans le même temps, la diffusion papier du quotidien s’est effondrée de 60 % en dix ans, à 150 000 exemplaires par jour. Ses finances sont dans un état déplorable : le groupe a accusé une perte opérationnelle de 45 millions de livres (50 millions d’euros) l’an dernier (avril 2016 à mars 2017), après un gouffre de 69 millions de livres l’année précédente. Son choix de laisser l’accès au site entièrement gratuit a creusé un trou béant. « Le modèle économique [de la publicité sur Internet] est en train de s’effondrer », reconnaissait en novembre Katharine Viner, sa rédactrice en chef, dans une longue tribune sur les valeurs du journal.
Des journalistes influents mais moins riches
Pour les journalistes, cette évolution mène à un curieux paradoxe : ils sont à la fois plus influents et moins riches. « Dans les années 1990, quand j’étais correspondant à Paris, je recevais des appels de mon chef de service me demandant d’utiliser plus de notes de frais, d’inviter plus de contacts au restaurant, se rappelle Jon Henley, qui a rejoint la rédaction en 1993. Tout ça est fini depuis bien longtemps. Mais aujourd’hui, quand j’appelle...




                        

                        

