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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Julie Battilana et Anne-Claire Pache, professeures à Harvard et à l’Essec doutent de la possibilité d’assigner aux entreprises une mission « sociale et environnementale » sans changement culturel majeur.
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« Des organisations tournées vers la maximisation du profit ne changeront pas du jour au lendemain »

Dans une tribune au « Monde », Julie Battilana et Anne-Claire Pache, professeures à Harvard et à l’Essec doutent de la possibilité d’assigner aux entreprises une mission « sociale et environnementale » sans changement culturel majeur.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h51
    |

Julie Battilana (Professeure de business administration à Harvard Business School et professeure d’innovation sociale à Harvard Kennedy School) et ...







                        



                                


                            

Tribune. En ce début d’année 2018, la question de la refonte du modèle de l’entreprise est au cœur du débat public des deux côtés de l’Atlantique. Le gouvernement français vient de lancer, au travers d’une mission interministérielle, le chantier d’une réforme juridique de l’objet des sociétés à but lucratif, afin d’y intégrer la responsabilité sociale et environnementale.
Ce faisant, la France emboîte le pas d’autres pays, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Italie, qui ont déjà créé de nouveaux statuts juridiques pour les entreprises soucieuses d’atteindre des objectifs non seulement financiers, mais aussi sociaux et environnementaux.
Au même moment, aux Etats-Unis, Larry Fink, cofondateur et président de BlackRock, l’un des plus puissants groupes d’investissement au monde, signait une lettre ouverte aux dirigeants d’entreprises, les appelant à intégrer la poursuite d’objectifs sociaux et environnementaux à celle des objectifs financiers de leurs entreprises. L’investisseur américain, dont la société gère plus de 6 000 milliards de dollars, ouvre ainsi la porte à une prise en compte systématique des données de performance financière, sociale et environnementale dans les décisions d’investissement.
Passer du discours à l’action
Si ces annonces sont suivies d’effet, l’année 2018 pourrait marquer une inflexion majeure dans l’évolution du capitalisme, qui s’éloignerait résolument du paradigme de maximisation de la seule valeur financière pour les actionnaires.
Mais, ne soyons pas naïfs. Parler de cette évolution et l’appeler de nos vœux ne suffira pas à la faire advenir. L’évolution dont il est question est un changement radical qui nécessite un changement de mentalité et de comportement de l’ensemble des acteurs de notre système économique. L’Etat a bien sûr un rôle clef à jouer dans la réforme du statut juridique des sociétés, en partenariat avec les partenaires sociaux. De même les investisseurs comme M. Fink...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Selon le cabinet Canalys, 459 millions d’unités ont été écoulées en 2017, soit 4% de moins que l’année précédente. Les ventes ont chuté au dernier trimestre.
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Le marché des smartphones recule pour la première fois en Chine

Selon le cabinet Canalys, 459 millions d’unités ont été écoulées en 2017, soit 4% de moins que l’année précédente. Les ventes ont chuté au dernier trimestre.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h41
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Le marché chinois des smartphones a connu en 2017 sa première année de recul. Selon les chiffres publiés jeudi 25 janvier par le cabinet d’études Canalys, 459 millions d’unités ont été écoulées, soit 4 % de moins qu’en 2016. Une contraction qui s’explique notamment par la chute de 14 % des ventes au dernier trimestre.
« Ce ralentissement s’est produit plus vite que nous ne l’avions prévu », commente Mo Jia, analyste chez Canalys, alors que plusieurs observateurs notent un début de saturation du marché. Déjà fin décembre, le DigiTimes, un journal spécialisé dans le secteur de la technologie basé à Taïwan, avait fait état de stocks qui s’accumulaient chez les principaux constructeurs chinois, obligeant ces derniers à réduire la production.

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                Smartphones : avec Honor, Huawei joue la carte jeune



Dans ce contexte morose, Huawei a réussi à asseoir encore davantage sa position de numéro un dans le pays au dernier trimestre. Avec des livraisons en hausse de 9 % (24 millions d’unités), il a réussi à distancer ses principaux concurrents Oppo (19 millions, –16 %) et Vivo (17 millions, – 7 %). Ses bons résultats sont en partie à mettre au crédit de Honor, la marque pour les jeunes de Huawei. Apple réussit également un trimestre encourageant, dans un pays où il peine à s’imposer. L’intérêt suscité par l’iPhone X, sorti en novembre, lui permet de se hisser à la quatrième place du classement.

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                La Chine, un marché crucial pour Apple



Pour l’année 2018, Canalys ne prévoit pas de rebond du secteur. « Le déclin du marché chinois va avoir un effet préjudiciable sur les constructeurs, qui se sont jusque-là concentrés sur le marché domestique. Cela va affecter leurs finances, leur rentabilité, et limiter leur capacité à se développer à l’étranger, posant à terme la question de leur survie », anticipe un analyste du cabinet, qui prédit une consolidation du marché autour des plus gros constructeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La chute du diesel menace le site, spécialisé dans ce type de moteurs, du premier employeur privé de l’Aveyron. La direction souhaite conclure avec les salariés un accord de compétitivité avant avril.
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Bosch envisage d’investir 14 millions d’euros pour son site menacé à Rodez

La chute du diesel menace le site, spécialisé dans ce type de moteurs, du premier employeur privé de l’Aveyron. La direction souhaite conclure avec les salariés un accord de compétitivité avant avril.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h24
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 18h37
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


La sévère chute des ventes de véhicules diesel sonne-elle le glas de l’usine Bosch de Rodez (Aveyron), un site où les 1 600 salariés travaillent sur la production de pièces exclusivement pour cette technologie ? Rien n’est encore écrit. Vendredi 26 janvier, l’état-major de l’équipementier allemand s’est déplacé à Onet-le-Chateau afin d’expliquer son projet.
Pour lui, la survie de l’usine dépendra à moyen terme de l’adoption d’un accord de compétitivité négocié d’ici le mois d’avril avec les élus syndicaux du site. En contrepartie d’un nouvel investissement de modernisation du site de 14 millions d’euros, pour pérenniser l’une des deux lignes de production d’injecteurs, la direction demande l’adoption d’un accord de compétititivité d’ici le mois d’avril.
« Un message très négatif »
Un message que les syndicats ne semblent pas vouloir entendre. Ces derniers regrettent que Bosch ne se soit engagé ni sur la production ni sur le maintien du personnel à moyen-terme. « On a eu un message très négatif », a ainsi indiqué Pascal Raffanel (CFE-CGC) au nom de l’intersyndicale.

        Lire l’analyse:
         

          Chez Bosch à Rodez, l’Etat veut éviter un nouveau GM&S



De fait, pour simplement survivre, la direction cherche, de source syndicale, une baisse du temps de travail conséquente, voire une révision à la baisse du dispositif de RTT, non compensée. De même, un dispositif de chômage partiel pourrait être réactivé, comme lors de la crise financière.
« L’idée est de sauvegarder un peu moins de 1 600 postes sur les trois prochaines années, le temps de trouver de nouveaux produits, hors diesel, à affecter au site », confie un observateur du dossier.
Contacts avec Safran et Airbus
« Nous travaillons depuis 2017 à une diversification du site, notamment avec l’aide d’un cabinet de conseil. Pour l’instant, plusieurs secteurs ont été identifiés pour réutiliser le savoir-faire local comme l’aéronautique ou les équipements médicaux. Cependant, rien n’a pour l’instant abouti », confie-t-on chez Bosch. Des contacts auraient été récemment établis avec Safran et Airbus.
Dans un communiqué, le ministre de l’économie Bruno Le Maire a apporté vendredi « son plein soutien au groupe Bosch et aux salariés pour accompagner cette transition, identifier des activités d’avenir et favoriser leur localisation à Rodez. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le cinquième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : une meilleure collaboration, de nouvelles tâches et des pistes pour la télémédecine.
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Philippe Héno, médecin à l’heure du numérique

Le cinquième portrait de la série « le numérique a changé mon métier » : une meilleure collaboration, de nouvelles tâches et des pistes pour la télémédecine.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h03
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            
« Le Monde » a voulu savoir comment des métiers très variés étaient impactés par la digitalisation et le développement des outils numériques. Nous sommes ainsi allés à la rencontre d’une dizaine de personnes pour savoir comment le numérique avait transformé leurs pratiques professionnelles. Elles témoigneront aussi de leur adaptation, plus ou moins facile, et comment elles voient leur avenir professionnel. Après les portraits du vigneron Jonathan Ducourt, de l’enseignante Sandrine Babinet, de la directrice d’hôtel Anita Steinmann, du charpentier Colin Vernet, le médecin Philippe Héno se raconte. 

Si le cœur de métier d’un médecin est toujours de soigner, les conditions d’exercice ont bien évolué avec le développement du numérique. Philippe Héno, 54 ans, ancien médecin militaire et cardiologue, témoigne de ces transformations. « Le numérique a modifié beaucoup de choses, à la fois dans les rapports entre professionnels mais également dans les relations avec les patients », analyse-t-il.

Grâce aux outils numériques, les médecins peuvent désormais s’échanger très facilement des données, par mail ou par SMS. « On m’envoie régulièrement des électrocardiogrammes pour avis ou interprétation. Ceci permet une meilleure collaboration entre professionnels de santé », indique Philippe Héno.
« Cela interfère avec mon métier »
Par ailleurs, le numérique facilite considérablement l’accès à la connaissance pour le médecin. « Je peux maintenant consulter les travaux de la Société française ou internationale de cardiologie, les revues numériques de médecine, des cas similaires de pathologies… Auparavant, je devais les commander à la bibliothèque universitaire la plus proche de chez moi. Cela prenait du temps, c’était compliqué et il fallait se déplacer. Cette immédiateté de la connaissance est indéniablement un plus pour le médecin, et ce, dans l’intérêt de ses patients », contate Philippe Héno.
En revanche,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Pour l’historien spécialiste des Etats-Unis Pap Ndiaye, les femmes, les édiles des grandes villes, les mouvements noirs et étudiants sont, malgré leur difficulté à se faire entendre ou à s’organiser, les piliers de la contestation anti-Trump.
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Pap Ndiaye : « Trump partira un jour, mais c’est maintenant qu’il faut transformer le pays »

Pour l’historien spécialiste des Etats-Unis Pap Ndiaye, les femmes, les édiles des grandes villes, les mouvements noirs et étudiants sont, malgré leur difficulté à se faire entendre ou à s’organiser, les piliers de la contestation anti-Trump.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h28
    |

Nicolas Truong (propos recueillis)







                        



                                


                            
Historien, spécialiste des Etats-Unis, Pap Ndiaye est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po). Auteur de l’ouvrage Les Noirs américains. En marche pour l’égalité (Gallimard, 2009) et, avec Andrew Diamond, d’Histoire de Chicago (Fayard, 2013), il analyse l’état des forces des quatre composantes de la société civile qui résistent à Trump.

Pourquoi les grandes villes, comme Chicago, par exemple, sont-elles aux avant-postes de la résistance à la politique de Donald Trump ?
Cela est d’abord un effet de leur sociologie politique : les grandes métropoles ont voté massivement pour Hillary Clinton en novembre 2016, parfois dans des proportions plus grandes encore que pour Obama en 2012. Trump n’a rassemblé que 12,5 % des voix à Chicago, 20 % à New York, 22 % à Los Angeles, et son impopularité s’est encore accentuée depuis.
Comme à Londres, il y est pratiquement non grata. Ces villes rassemblent une population plus éduquée, plus jeune et plus minoritaire que la moyenne nationale : elles concentrent les composantes centrales de l’électorat démocrate. Ce sont aussi des villes dont les populations, les activités et les intérêts sont très liés au reste du monde. Elles sont donc particulièrement hostiles à la politique de repli et de fermeture du pouvoir fédéral.
Les maires ont bien saisi le mécontentement, souvent l’exaspération, de leurs concitoyens, et ils le traduisent en actes politiques, en s’opposant frontalement à Trump sur deux sujets essentiels : l’environnement et la politique d’immigration. Sur l’environnement, la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat a activé la résistance des grandes villes et des Etats très urbanisés. Lorsque Trump a lancé qu’il avait été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh (Pennsylvanie)et non ceux de Paris, le maire de Pittsburgh lui a sèchement répondu en indiquant que sa ville suivrait l’accord de Paris, comme des centaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Ces informations, devenues précieuses, font la richesse des géants du Net. Pourtant, ceux qui les fournissent n’en tirent aucun profit.
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Et si chacun vendait ses données personnelles sur Internet ?

Ces informations, devenues précieuses, font la richesse des géants du Net. Pourtant, ceux qui les fournissent n’en tirent aucun profit.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h37
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            
A l’heure du big data et de l’intelligence artificielle, les données personnelles sont devenues l’or noir du XXIe siècle. Ceux qui les exploitent, à commencer par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) en retirent des revenus considérables (4,7 milliards de dollars, soit 3,6 milliards d’euros au dernier trimestre pour Facebook, 6,7 milliards pour Alphabet, la maison-mère de Google). Ceux qui les fournissent, c’est-à-dire chacun de nous, n’en tirent aucun profit. C’est en partant de ce constat que le think tank libéral Génération libre propose dans un rapport publié jeudi 25 janvier d’inverser le rapport de force en permettant aux citoyens de vendre leurs données personnelles.

L’idée n’est pas nouvelle, mais elle semble connaître un regain d’intérêt. Aux Etats-Unis, elle est notamment défendue par le scientifique et essayiste Jaron Lanier, qui l’avait exposée dans son livre Who Owns The Future dès 2012. Mi-janvier, l’hebdomadaire libéral The Economist rendait encore compte de ses travaux dans un article intitulé : « Les entreprises d’Internet devraient-elles payer pour les données que les utilisateurs leur donnent actuellement gracieusement ? » En France, quelques jours plus tôt, c’est un socialiste, Julien Dray, qui réclamait sur BFM une taxation des GAFA afin de distribuer « une dotation universelle de 50 000 euros pour chacun d’entre nous, à partir de 18 ans »… 
Si Gaspard Koenig, le fondateur de Génération libre, partage avec l’élu socialiste la conviction que la manne générée par le big data ne peut pas être confisquée par une poignée de compagnies, le modèle de redistribution qu’il propose est radicalement différent. Contrairement à une solution qu’il juge « socialiste », « collectiviste », plus proche d’un impôt, le projet du think tank français repose à l’inverse sur la liberté de choix individuel.
« Nos données valent plus que la gratuité qu’on nous donne...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Concurrencés par les grandes enseignes qui multiplient les supérettes, les épiciers arabes traditionnels mettent la clé sous la porte. Presque en silence, une figure populaire disparaît des centres-villes.
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L’« arabe du coin », une épicerie en péril 
                  
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Le Monde
 |
                  26.01.2018 à 14h07
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h28


Concurrencés par les grandes enseignes qui multiplient les supérettes, les épiciers arabes traditionnels mettent la clé sous la porte. Presque en silence, une figure populaire disparaît des centres-villes.

Par                             Lorraine de Foucher





                     
Au 79 rue de Rochechouart, dans le neuvième arrondissement de Paris. La devanture du magasin semble avoir été composée par la main facétieuse du peintre Arcimboldo. Un festival de fleurs, de raisins suspendus, d’oranges et de kakis entassés et entourés d’une enseigne jaune floquée « Alimentation générale ».
L’artiste à l’origine de cette composition, sans cesse photographiée par les touristes de la butte Montmartre toute proche, est ce jour-là engoncé dans une doudoune sans manches, une casquette Adidas sur la tête. Il ramasse une grappe qui s’est échappée du tableau.
« J’ai le vice de la vitrine dans le sang, je ne peux pas m’empêcher de vouloir faire de jolies présentations. Ça, c’est celle d’hiver, j’essaye de changer avec la météo, explique-t-il en faisant ensuite défiler les quatre saisons sur son téléphone portable. Je vais à Rungis et j’achète ce qui m’inspire pour décorer, c’est important de bien présenter, pour l’arabe du coin », sourit Lahoussine Abalhaoune, 47 ans, dont vingt et un à la tête de son épicerie.

Sa vitrine est aussi flamboyante que son moral est maussade. A l’intérieur, l’épicier a poursuivi son chef-d’œuvre, catégorie art du rangement : on dirait une cabine de spationaute, où chaque centimètre carré d’étagère a été optimisé. A côté des bouteilles de spiritueux sont accrochés des brosses à dents et des bonbons, on ne sait jamais, le tout pouvant constituer le pack type d’une soirée un peu arrosée.
Lahoussine ouvre sa caisse, il est 19 heures : « Regarde, je n’ai gagné que 25 euros depuis 14 heures. C’est rien du tout, j’ai perdu 70 % de mon chiffre d’affaires. Je gagne 250 euros par jour, 400 euros les dimanches, alors qu’avant, le dimanche, c’était le grand jour : au moins 1 000 euros. »
Son épouse, Hafida, arrive essoufflée. Elle est désormais aide-soignante en gériatrie à l’hôpital Bichat, dans le dix-huitième arrondissement. Le bus était hors service, elle a fait tout...





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L’« arabe du coin », une épicerie en péril
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Plus rapide, moins cher : la supériorité du réseau français n’est pas à démontrer. Mais les trains anglais, souvent décriés, affichent une fréquentation en hausse… malgré les appels pressants à la nationalisation.
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Transport ferroviaire : petite leçon britannique pour la SNCF

Plus rapide, moins cher : la supériorité du réseau français n’est pas à démontrer. Mais les trains anglais, souvent décriés, affichent une fréquentation en hausse… malgré les appels pressants à la nationalisation.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h19
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Pour un passager français qui arrive à Londres par l’Eurostar, la seule ligne de train à grande vitesse du Royaume-Uni, le constat est vite fait. Si, au lieu de tourner à gauche, à la sortie de la gare de Saint-Pancras, vers le métro londonien, vous prenez à droite, en direction des départs vers Sheffield, vous vous trouverez face à des locomotives diesel fumantes, qui se traînent sur une voie non électrifiée vers le nord de l’Angleterre. Pour rallier Sheffield, à 270 kilomètres de là, il faut compter deux heures et quart et environ cent euros pour un départ immédiat. Un Paris-Angers parcourt vingt kilomètres de plus en une heure de moins, pour seulement quatre-vingts euros. CQFD : plus rapide, moins cher, la supériorité du réseau ferroviaire français n’est pas à démontrer.
Le débat politique en Grande-Bretagne semble d’ailleurs prouver les difficultés actuelles du rail. Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, a promis de renationaliser les trains s’il arrivait au pouvoir, une idée très populaire. Et ne demandez pas à Stephen Trigg ce qu’il pense des trains de banlieue de Londres : ne supportant plus les wagons archibondés et l’abonnement annuel de 3 600 livres (4 100 euros) jusqu’à Redhill, à 30 kilomètres de la capitale britannique, ce passager a pris la tête d’une association locale de voyageurs. « Notre ligne est à la limite de l’effondrement permanent. Le moindre problème de signalisation et les retards s’accumulent. »
Une « success story »
Derrière cette impression chaotique, la réalité apparaît pourtant beaucoup plus nuancée. « Depuis vingt ans, les trains britanniques sont une “success story” », estime même Michael Holden, directeur de l’agence de consultants Coledale Consulting, qui a autrefois dirigé deux exploitants ferroviaires britanniques. Les statistiques sont effectivement de son côté. Depuis la seconde guerre mondiale, il n’y a jamais eu autant de passagers dans les trains britanniques. Après s’être effondré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ L’engouement des consommateurs pour les vins bio se confirme et profite à l’ensemble de la filière.
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L’irrésistible ascension du vin bio


                      L’engouement des consommateurs pour les vins bio se confirme et profite à l’ensemble de la filière.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 13h53
    |

            Michel Guerrin







Depuis que Le Monde publie ses propres suppléments sur le vin, il y a près de trois ans, nous évoquons régulièrement, dans nos reportages et nos dégustations, des propriétés et des bouteilles cultivées en bio ou en biodynamie. Pour la première fois, nous consacrons un numéro entier à ce phénomène – comme un symbole, le premier de l’année 2018. Plusieurs raisons à cela.

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                Vin bio, un marché en pleine expansion



D’abord, l’engouement. Le vignoble ­bio reste modeste, mais il a quadruplé en huit ans. Le nombre d’exploitations augmente aussi. Surtout dans les régions sèches et ensoleillées (soit le grand sud de la France), propices à cette culture, mais aussi dans le Bordelais, dans la Loire ou en Alsace, où nombre de vignerons prouvent que c’est possible.

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                Meilleur ? Plus cher ? Bon pour la santé ? Le vin bio en 10 questions



Dans le même temps, des enquêtes pointent du doigt les deux régions de France où les pesticides sont les plus utilisés – c’est la question numéro 1 –, la Champagne et le Bordelais, deux régions de vins célèbres. Il est impossible de faire comme si de rien n’était.
Une qualité en hausse
Et puis le bio soulève nombre de questions pour le consommateur. Ce dernier s’interroge sur les bienfaits de ce vin (pour la santé du vigneron, des habitants autour et de celui qui le boit) et il se perd aussi entre les labels. Il est vrai qu’il n’est pas facile de faire la différence entre les vins traditionnels, les vins bio, ceux cultivés en biodynamie et les vins naturels. Aussi, nous essayons de répondre à dix questions-clés dans une longue enquête, en essayant d’être le plus précis et le plus ouvert possible.

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                Millésime Bio, le salon mondial du vin bio



Nous sommes aussi allés, dans le ­Bordelais, à la rencontre d’une famille de vignerons qui croit ferme au bio dans une région qui dit faire des efforts, mais ne le montre pas assez, pour l’instant. Nous avons également dégusté, à l’aveugle, 200 bouteilles bio, pour retenir une sélection, ô combien difficile, tant l’immense majorité était de qualité. Eh oui, il y a de magnifiques découvertes à faire !

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                Notre sélection de vins bio


Nous avons, enfin, une excellente raison de publier ce numéro aujourd’hui. Il coïncide avec la tenue, du 29 au 31 janvier, du salon Millésime Bio, à Montpellier. Le plus important rendez-vous de ce genre en France : 1 000 exposants du monde entier, 5 000 acheteurs potentiels, là encore de tous pays. Ce salon est réservé aux professionnels, mais sa vitalité dit bien le courant qui porte le vin bio.



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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les mystères du Grand Paris (6/10). Pour Martin Vanier, géographe et professeur à l’Ecole d’urbanisme de Paris, l’aménagement urbain de la région capitale est en panne d’idées.
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Martin Vanier : « Il faut craindre le prêt-à-penser de l’urbanisme convenable »

Les mystères du Grand Paris (6/10). Pour Martin Vanier, géographe et professeur à l’Ecole d’urbanisme de Paris, l’aménagement urbain de la région capitale est en panne d’idées.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h30
    |

                            Jean-Pierre Gonguet








                        



   


L’idée d’aménagement du territoire est-elle encore possible dans une métropole comme celle du Grand Paris ?
La pensée aménagiste, légitime dans les années 50, n’a plus de sens aujourd’hui. C’est en région parisienne que son essoufflement a été le plus spectaculaire. Dès que l’on veut relancer la machine à projets, on évoque, pieusement, la phrase mythique du général de Gaulle qui, survolant la région parisienne, lance au préfet : « Delouvrier, mettez-moi de l’ordre dans ce bordel ! » On en est toujours là en 2018. Dans l’impossibilité de se saisir d’un problème d’aménagement autrement qu’en repartant là où on l’avait laissé à la fin des années 60.
Le sens de l’action publique n’est-il pas pourtant de mettre de l’ordre, en particulier dans une métropole qui s’étale ?
Pas forcément. On pense toujours qu’il faut avoir un grand dessein pour ordonnancer l’espace urbain avec, en Ile-de-France, les grandes figures de l’aménagisme francilien : « rééquilibrer l’Est et l’Ouest », « fabriquer du polycentrisme », « désenclaver », etc. On réfléchit toujours comme si le régalien avait encore une puissante capacité de transformation par l’objet technique salvateur. On pense que si l’on investit 35 milliards dans le Grand Paris Express, il va forcément se passer quelque chose. C’est certain, mais quoi au fond ? Bien malin qui peut dire comment va réagir le système complexe qu’est la région métropolitaine.
Pourquoi la classe politique n’arrive-t-elle pas à produire une vision à la hauteur des nouveaux enjeux métropolitains ?
Le système politique ne peut tout simplement pas la produire. Pas de la manière dont il fonctionne. Du maire au député, ceux qui fabriquent l’architecture de nos représentations restent les héritiers de ce qui s’est forgé laborieusement au XIXe siècle. Personne n’imagine qu’un élu puisse être autre chose qu’un élu de territoire avec son périmètre souverain. Cette forme de complaisance politique collective à l’égard de ce vieux machin qu’est le territoire et qu’on adore invoquer au nom de la République perdure. La société politique est assez étanche à d’autres modes de fonctionnement, d’autres logiciels, d’autres systèmes de valeurs. C’est de là que viennent cette détestation grandissante de la ville et ce rêve de retourner aux places de village, même au cœur de la métropole. La France réagit à cette mondialisation dont elle ne veut pas avec une invocation surmultipliée au local, à l’autonomie, aux circuits courts, à l’entre-soi. Mais chacun sait parfaitement que c’est exactement l’inverse qui se déploie. Le problème est culturel, très ancré dans ce pays, qui cultive la nostalgie de son rapport à un cadre collectif stabilisé.
Paris est une ville monde qui doit s’adapter à la mondialisation. Cela peut-il faire peur à certains, à ceux qui ne supportent pas l’idée d’une mondialisation heureuse ?
Bien sûr. Un pays qui cultive le souvenir de sa puissance et doit pourtant entrer dans un jeu mondial où il n’y a plus de souveraineté mais des partages de souveraineté est évidemment saisi de vertige. C’est encore plus vertigineux dans la métropole parisienne, qui est l’expression même de la mondialisation. La métropolisation, c’est la mondialisation. Dans le Grand Paris plus qu’ailleurs. Les Franciliens veulent fuir ce paroxysme de cosmopolitisme avec ses 200 nationalités différentes, échapper à la mondialisation ? Pas de chance, ils sont assis dessus.
Comment peut-on penser l’aménagement de Paris dans la mondialisation ?
« Arrêter l’étalement urbain », « densifier l’existant »… Ce discours n’est plus à la hauteur des exigences de notre système urbain en réseau. Le défi de l’aménagement, c’est de faire système. De permettre à chacun d’y trouver sa place et de pouvoir y évoluer : un système de mobilité, un système d’emploi, un système résidentiel. Face à une pensée anti-système de plus en plus violente, il faut montrer que le système change, devient plus juste, plus émancipateur, plus durable. L’action publique, les collectivités, les investisseurs publics et privés, les grandes autorités qui font le Grand Paris Express ne devraient avoir qu’une obsession : faire système. Et cela veut dire que ce que l’on met au cœur de toute action, c’est l’impératif de coordination. Dans l’informatique, on sait ce que « faire système » veut dire, parce qu’il n’y a pas d’objet intelligent qui ne soit connecté à d’autres. L’action publique devrait s’en inspirer davantage.
Faire système, c’est changer d’échelle ?
La prise de hauteur est essentielle pour réfléchir à une nouvelle organisation de l’aire urbaine. Un point de vue un peu démiurgique permet de trouver la façon de gérer ce que personne ne saisit quotidiennement dans toute sa dimension. De cela dépend notre capacité à faire émerger un désir de ville, des idéaux de ville qui valent de Villeneuve-Saint-Georges à Issy-les-Moulineaux. Pour l’instant, dans les débats autour des gares du Grand Paris Express, le premier contact dans la petite couronne est très dur : « Quelle est cette ville que vous nous imposez ? » demandent constamment les citoyens. L’opération d’aménagement autour de la station Rosa Parks et du boulevard Macdonald est assez exemplaire : énormément de moyens financiers, quelques très belles réalisations, mais cela en fait-il un morceau de ville auquel on a envie de s’attacher ? Ce n’est pas raté, mais est-ce un modèle de transformation de la ville qui donne envie ? On cherche le modèle de ville de la zone dense, mais, pour l’instant, je ne vois guère de propositions.
Les élus, l’Etat seraient trop focalisés sur le transport et la mobilité, mais pas sur la ville qui va avec ?
La mobilité est indispensable. Elle ne suffit pas. Il faut penser la manière dont les lieux deviennent interdépendants à travers le réseau d’aménités, leurs besoins d’entrants et de sortants, à travers les questions de l’économie circulaire, de la gestion de l’énergie ou des parcours résidentiels. Mille sujets et flux qui ne peuvent évidemment se résumer à un transport, fût-il génial. En fait, ce sont les grands opérateurs de service publics ou privés d’énergie, de déchets, de tous grands systèmes techniques d’information qui fabriquent réellement la métropole. Ils sont les seuls à avoir une pensée systémique de la métropole. Mais cela ne fait en aucun cas un projet urbain.
Cela signifie-t-il que la production de la ville est en train de se privatiser, faute d’argent public et de gouvernance adéquate ?
Mais l’essentiel de la production de la ville a toujours été privé ! Ces belles villes dont nous faisons des modèles d’urbanisme et d’intelligence résultent des investissements de grandes familles d’affaires ou de commerce qui souhaitaient des espaces de vie et de reproduction sociale qui leur convenaient. Ceci dit, le pouvoir a un devoir de structuration symbolique de l’ensemble, un pouvoir décisif sur l’espace public, une fonction monumentale essentielle. Et de son côté le marché peut très bien être bassement routinier, sans audace aucune. Au fond, ce qu’il faut craindre pour la production de la métropole parisienne, c’est moins la mainmise du privé, une gouvernance faiblarde, un public trop ceci ou un privé trop cela, qu’une culture contemporaine de l’urbain sans visée transformatrice, sans innovation, sans nouvelles utopies, où régnerait un prêt-à-penser de l’urbanisme convenable.
Cet article fait partie d’une série de dix chroniques autour du Grand Paris Express, publiées sur la chaîne Smart Cities du Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Faute de parvenir à empêcher les expulsions locatives dans leur commune, six édiles de Seine-Saint-Denis veulent que l’obligation de trouver des solutions de relogement revienne aux préfets.
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Ces maires qui réclament que les préfets relogent les locataires expulsés

Faute de parvenir à empêcher les expulsions locatives dans leur commune, six édiles de Seine-Saint-Denis veulent que l’obligation de trouver des solutions de relogement revienne aux préfets.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h49
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h29
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



   


Sanglés dans leur écharpe tricolore, les élus de six villes de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, Bondy, Bagnolet, La Courneuve, Stains et Villetaneuse) sont venus, jeudi 25 janvier, défendre la légalité de leur arrête municipal anti-expulsion locative. Pour l’occasion, la petite salle d’audience du tribunal administratif de Montreuil était comble, avec la députée communiste Marie-George Buffet et des militants de la Confédération nationale du logement, venus en renfort.
C’est une bataille que ces maires mènent depuis 2010. Chaque année, ils publient un arrêté pour interdire les expulsions locatives dans leur commune. Tout aussi régulièrement, le tribunal administratif saisi par le préfet invalide cette mesure, arguant qu’un maire ne peut s’immiscer dans l’exécution d’une décision de justice, en l’occurrence celle qui a prononcé l’expulsion du locataire.
Cette fois, ces maires communistes pensent avoir trouvé la parade. Leurs six arrêtés, tous publiés entre la fin mars et le début avril 2017, précisent qu’une fois la personne expulsée, le préfet doit s’assurer de son relogement.
« Nous n’empêchons pas l’expulsion mais réclamons le relogement des personnes ainsi placées dans des situations indignes », affirme Azzedine Taïbi, le maire (PCF) de Stains.
Dans sa commune, les expulsions manu militari se multiplient : 75 ont eu lieu en 2017, contre 45 en 2016. « Lors des commissions de prévention des expulsions, le sous-préfet se montre de plus en plus intransigeant et n’accorde plus de délais », poursuit l’édile. Il s’agit d’économiser les deniers publics, car dans les cas de refus d’accorder le concours de la force publique, l’Etat doit indemniser les propriétaires lésés. « Mais cela coûte beaucoup plus cher de payer l’hôtel à une famille, avec le risque de déscolariser les enfants que de réquisitionner un logement vacant », remarque M. Taïbi.
« Cette fois, nous avons le droit de notre côté »
La nouvelle version des arrêtés municipaux ne semble pas avoir convaincu le rapporteur public, Laurent Buisson, qui, devant le président du tribunal, a réclamé leur annulation, invoquant les mêmes motifs que les années précédentes. « Les municipalités ont essayé de contourner la difficulté mais l’intention est la même, celle d’interdire les expulsions », a-t-il argumenté. « Mais il ne s’agit pas de juger des intentions, mais de faire du droit », a vivement rétorqué Me Roland Weyl, le défenseur des communes.

        Lire aussi :
         

                Plusieurs expulsions locatives traumatisantes illustrent l’absence d’une prévention efficace



« Cette fois nous avons le droit de notre côté : l’expulsion peut avoir lieu mais une fois à la rue le préfet doit reloger, a plaidé l’avocat. Manifestement le préfet n’a pas lu ces nouveaux arrêtés ni entendu le président de la République qui, en juillet 2017, a déclaré à Orléans, que d’ici la fin de l’année 2017, il ne voulait plus voir personne dans les rues. Le préfet veut-il laisser les gens dehors ? » Me Roland Weyl a aussi rappelé la valeur constitutionnelle du droit au logement et invoquant le pacte des Nations Unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, dont l’article 11 enjoint aux Etats de mettre à l’abri et d’assurer un logement suffisant à toute personne et sa famille.
Les délibérés seront prononcés les 7 et 8 février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Comment préserver sa totale liberté d’expression sur les réseaux sociaux, sans prendre de risque avec son employeur.
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Facebook : se garder de ses collègues ?

Comment préserver sa totale liberté d’expression sur les réseaux sociaux, sans prendre de risque avec son employeur.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h36
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Avec plus de 2 milliards de personnes connectées dans le monde, Facebook est un phénomène sociétal. Mais aussi un lieu virtuel où des salariés se mettent en scène, y compris dans des vidéos déchaînées peu compatibles avec le motif de leur arrêt-maladie (Cour d’appel d’Aix, 22 décembre 2017). Ils s’y expriment très librement, dans un joyeux mélange privé/professionnel.
En effet leurs « amis » sont parfois de vagues collègues, mais aussi des clients ou des fournisseurs. Et l’emballement est fréquent dans certains groupes privés comptant plusieurs milliers de collaborateurs de la même entreprise, faisant parfois de l’ombre aux syndicats en matière revendicative. Le problème est que, si les paroles (du café du commerce) s’envolent, les écrits restent !
800 euros de dommages-intérêts
Mais comment un employeur peut-il être au courant d’éventuels dérapages ?
L’arrêt rendu par la Cour de cassation le 20 décembre 2017 l’explique : un manager ayant eu vent de critiques acerbes sur le compte Facebook privé d’une collaboratrice demande à l’un de ses salariés de s’y connecter avec son téléphone portable professionnel, et y trouve des dérapages qu’il fait immédiatement constater par huissier.
La cour confirme, sans surprise, l’inopposabilité des propos ainsi que les 800 euros de dommages-intérêts touchés pour atteinte à la vie privée : « Le procès-verbal établi à la demande de l’employeur rapportant des informations extraites du compte Facebook du salarié obtenues à partir du téléphone portable d’un de ses collègues, informations réservées aux personnes autorisées, l’employeur ne peut y accéder sans porter une atteinte disproportionnée et déloyale à la vie privée de l’intéressé. »
Rien de vraiment nouveau en matière civile – pas pénale – depuis l’arrêt du 16 janvier 1991 : « La loyauté qui doit présider aux relations de travail interdit le recours par l’employeur à des artifices et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le Français Jean-Marc Chery va succéder à l’Italien Carlo Bozzoti à la tête de l’un des derniers fabricants de semiconducteurs européens.
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STMicroelectronics : alternance franco-italienne

Le Français Jean-Marc Chery va succéder à l’Italien Carlo Bozzoti à la tête de l’un des derniers fabricants de semiconducteurs européens.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h23
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. On utilise ces puces des centaines de fois par jour, mais leur fabricant reste dans l’ombre. Le grand public se soucie peu du sort de STMicroelectronics qui est pourtant la première société d’électronique française et la seule présente dans le CAC 40. Sa valeur boursière, de 17 milliards d’euros, dépasse celle de Bouy­gues, de PSA ou de Carrefour. Sa spécialité, les puces pour smartphones et automobiles, n’attire pas la lumière. La passation de pouvoir annoncée jeudi 25 janvier entre son président du directoire actuel, Carlo Bozotti, et son successeur, Jean-Marc Chery, s’est donc déroulée sans bruit.
Cette entreprise de 40 000 personnes et 8,3 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros) de chiffre d’affaires partage avec Airbus le privilège d’être contrôlée par deux Etats européens, la France et l’Italie. D’où sa structure juridique baroque, proche de celle de l’avionneur, avec un statut de droit néerlandais, un siège social en Suisse et des résultats présentés en dollars.

Comme Airbus, elle est le fruit d’un compromis subtil, née en 1987 du mariage de deux petits concurrents européens, le français Thomson Semiconducteurs et l’italien SGS. Les deux pays, qui contrôlent 27,5 % du capital à eux deux, ne tiennent pas à lâcher les rênes d’un des derniers fabricants européens de composants électronique face à l’hégémonie américaine et asiatique.
Bagarre feutrée
A l’instar de la compagnie aéronautique, sa gouvernance est largement compliquée par l’impératif d’équilibre entre les intérêts des deux nations. Affaire de géographie, d’emploi et de souveraineté. Ce qui n’augure rien de bon en termes de bonne gestion. Maintien, voir doublon des sites dont les implantations sont autant le résultat de préoccupation d’aménagement du territoire que d’efficacité industrielle.
Pas étonnant donc que la question de la nomination du patron se résume à une épreuve de force franco-italienne. En 2016, après six ans de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le terme « slasher » désigne des personnes qui, par obligation ou par choix, cumulent plusieurs métiers. En France, il y en aurait 4,5 millions, soit 16 % des actifs. ils sont encore trop souvent perçus « comme des touche-à-tout, des personnes instables », selon Marielle Barbe.
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Bienvenue dans l’ère de la pluriactivité

Le terme « slasher » désigne des personnes qui, par obligation ou par choix, cumulent plusieurs métiers. En France, il y en aurait 4,5 millions, soit 16 % des actifs. ils sont encore trop souvent perçus « comme des touche-à-tout, des personnes instables », selon Marielle Barbe.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h27
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Dans le cinéma, un slasher est un film d’horreur de série Z mettant en scène les meurtres d’un psychopathe. Dans le monde du travail, le terme ne désigne pas les aventures d’un tueur en série, mais des personnes qui, par obligation ou par choix, cumulent plusieurs métiers, en référence au slash (/), le signe typographique. Aux Etats-Unis, un best-seller leur a même été consacré : One person/Multiple Careers. A New Model for Work/Life Success, de Marci Alboher, qui a popularisé le terme outre-Atlantique.
En France, d’après une étude réalisée en 2016 par le Salon des micro-entreprises, il y aurait 4,5 millions de slasheurs, soit 16 % des actifs. 60 % le seraient par choix. Mais ils sont encore trop souvent perçus « comme des touche-à-tout, des personnes instables ayant des difficultés à s’engager », regrette Marielle Barbe, qui se définit comme une slasheuse pleinement assumée et heureuse. Consultante/communicante/coach/formatrice/conceptrice-rédactrice, elle vient d’ajouter un « slash » à son arc en publiant Profession slasheur.
Alors qu’elle comptait écrire un essai pour décrypter le phénomène des slasheurs et faire bouger les lignes dans l’entreprise, Marielle Barbe a revu sa copie « en choisissant d’écrire un livre pour les principaux intéressés », à savoir les slasheurs par choix. Car, même si cette tendance s’affirme, elle « continue à entendre tous les jours des slasheurs confier leur difficulté à trouver leur place dans un monde du travail qui fonctionne encore trop en mode mono, alors qu’ils ont envie de s’exprimer en stéréo ».
Une boîte à outils
Conçu comme une boîte à outils, l’ouvrage accompagne les principales étapes de l’évolution d’un slasheur, à commencer par son son « coming out ». De nombreux témoignages viennent enrichir et appuyer les propos de l’auteure. Les slasheurs sont, pour elle, « les acteurs majeurs d’une révolution silencieuse mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les représentants de l’Hexagone au Forum économique mondial assurent que la France a « retrouvé sa crédibilité ».
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A Davos, les Français savourent la fin du French bashing

Les représentants de l’Hexagone au Forum économique mondial assurent que la France a « retrouvé sa crédibilité ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 14h05
    |

            Isabelle Chaperon








                        



   


Quelle différence ! Autant les Français rasaient les murs à Davos en 2017, à la veille d’élections incertaines, autant cette année, ils bombent le torse. « La France a retrouvé sa crédibilité. Elle est attendue et écoutée. Tous nos interlocuteurs nous disent : allez-vous continuer ? », a assuré le ministre de l’économie Bruno Le Maire, jeudi 26 janvier.
Les Français ne sont pas les seuls à le dire. « Pour la première fois depuis longtemps, je sens de l’optimisme provenant à la fois de France et des investisseurs regardant la France », commente le britannique Paul Rawlinson, président du cabinet d’avocats d’affaires international Baker McKenzie.
L’« effet Macron » compte pour beaucoup. Comme l’arrivée au pouvoir de leur premier ministre Justin Trudeau avait galvanisé les Canadiens qui déambulaient, sourire aux lèvres, dans les couloirs du Forum économique mondial en janvier 2016. Le président français a réalisé un joli coup en interceptant les patrons internationaux sur la route de Davos, lundi 22 janvier, pour leur vanter les réformes en France. « Il est compétent, il rentre dans les détails, il est assez impressionnant », observe Jamie Dimon, le PDG de la banque américaine JP Morgan, l’un des 140 dirigeants d’entreprises invités à Versailles.
« Votre président est génial »
Mercredi, le discours d’Emmanuel Macron à Davos a été aussi très apprécié. « C’était un discours plein d’ambition et d’humanité, qui veut engager les entreprises. C’est très inspirant », souligne Sylvain Dhenin, managing partner pour l’Europe de l’Ouest du cabinet de recrutement Heidrick & Struggles. « Je me suis même senti proche de lui. Je trouve qu’il a une simplicité, une capacité à connecter avec les gens, même dans sa gestuelle », s’extasie Zunaid Ahmed Palak, jeune ministre des postes et des télécoms du Bangladesh, qui dit avoir « beaucoup appris » en observant le président français.
Même au cocktail organisé par la ville de Francfort, en compétition avec Paris pour attirer les futurs exilés du Brexit, les participants – presque tous Allemands – se montraient élogieux. « Je suis une grande fan. Emmanuel Macron apporte un vent de fraîcheur en Europe. J’ai beaucoup aimé quand il a insisté sur les valeurs de liberté et de justice que nous partageons en Europe », se réjouit Saskia Bruysten, une Berlinoise qui promeut l’entrepreneuriat social, en association avec le Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus.
Pas étonnant si l’équipe France se sent gonflée à bloc. « J’ai assisté à quatre tables rondes ce matin. A chaque fois son nom a été évoqué », racontait Elizabeth Ducottet, PDG de l’entreprise familiale de dispositifs médicaux Thuasne. « Les Américains, les Européens, les Asiatiques, nous disent tous : “votre président est génial”. Forcément, on est fiers ! », lance Gérard Mestrallet, le président d’Engie. La blague du moment à Davos : « pour une fois qu’un président français parle mieux anglais que le président américain ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Une décision de la Commission européenne, passée inaperçue, pourrait chambouler le modèle économique du sport en France, en donnant une part plus importante encore au « sport business », estiment les avocats Gauthier Martin et Yves Wehrli dans une tribune au « Monde ».
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Une décision de la Commission européenne « brèche mortelle dans l’unité du sport français »

Une décision de la Commission européenne, passée inaperçue, pourrait chambouler le modèle économique du sport en France, en donnant une part plus importante encore au « sport business », estiment les avocats Gauthier Martin et Yves Wehrli dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h16
    |

Gauthier Martin (Avocat au cabinet Clifford Chance) et Yves Wehrli (Avocat et directeur (managing partner) du cabinet d’avocats Clifford Chance)







                        



                                


                            

Passée relativement inaperçue jusqu’à présent, une décision de la Commission européenne pourrait avoir des conséquences potentiellement majeures pour le modèle sportif français, au moment où la France se réjouit des succès de la qualification de son équipe nationale aux demi-finales de l’Euro de handball.
Dans une décision rendue le 8 décembre 2017 et prise à l’initiative de la commissaire chargée de la politique de la concurrence, la Commission s’est en effet prononcée sur un litige d’apparence anodine entre deux patineurs néerlandais et l’Union internationale de patinage (UIP). En substance, la Commission a reproché à l’UIP d’interdire aux athlètes affiliés à ses fédérations nationales membres de participer, sous peine de sanctions très sévères, à des compétitions organisées par des opérateurs indépendants de l’UIP.
La Commission a estimé que l’UIP ne pouvait pas, pour la défense de ses propres intérêts commerciaux, empêcher l’émergence de compétitions indépendantes au détriment des intérêts des sportifs désireux d’y prendre part et des organisateurs concernés. Les règles de l’UIP ayant cet effet relèvent, selon la Commission, des pratiques anticoncurrentielles et doivent être bannies.
Bien que la décision ne soit pas encore publiée et qu’à ce stade la prudence s’impose, sa portée, de l’aveu même de la Commission, dépasse le cas de la seule UIP et concerne toutes les fédérations nationales et internationales. Sans remettre en cause leur place centrale, la Commission entend ainsi rappeler qu’elles ne peuvent imposer des restrictions qui ont pour effet d’empêcher l’émergence de compétitions concurrentes si ces restrictions ne sont pas justifiées et proportionnées au regard des objectifs légitimes du sport, tels que la protection de la santé et la sécurité des athlètes notamment.
Service public
Le raisonnement vaut aussi a fortiori pour les ligues sportives, émanation des fédérations plus particulièrement en charge de l’organisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Jeudi, les discussions entre organisations d’employeurs et de salariés se sont enlisées sur l’encadrement des contrats courts.
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Réforme de l’assurance-chômage : le texte patronal critiqué par les syndicats

Jeudi, les discussions entre organisations d’employeurs et de salariés se sont enlisées sur l’encadrement des contrats courts.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 12h01
    |

            Bertrand Bissuel








                        


Engagés, depuis deux semaines, dans des discussions sur la réforme de l’assurance-chômage, les partenaires sociaux viennent d’observer l’un des rites les plus importants d’une négociation interprofessionnelle : celui au cours duquel est présenté le « texte-martyr ». Généralement, le cérémonial se déroule de la façon suivante : le patronat jette dans la fosse aux lions une première proposition de compromis que les représentants des syndicats raturent abondamment.
C’est ce qui s’est passé, jeudi 25 janvier, durant une rencontre plénière entre organisations d’employeurs et de salariés. Les premières ont dévoilé un projet d’accord dont l’un des volets – consacré à la lutte contre la précarité – a été très critiqué par les centrales syndicales.
Sur cette thématique, la copie du patronat mentionne tout d’abord que « près de 80 % » des CDD d’un mois ou moins sont concentrés dans quatre secteurs : l’intérim, l’hôtellerie-restauration, l’action sociale et médico-sociale, le monde du spectacle et de l’audiovisuel. Le texte recommande ensuite d’ouvrir des négociations de branche afin d’identifier les « moyens » susceptibles de favoriser « l’installation durable dans l’emploi ». En cas d’accord, des « objectifs quantitatifs mesurables » sont fixés. Les discussions doivent être conclues le 31 décembre 2018, au plus tard.
Ces idées n’ont « pas rencontré un succès fou », a relaté Jean-François Foucard (CFE-CGC), avec un joli sens de l’euphémisme. « Notoirement insatisfaisant, voire provocateur », a lancé Véronique Descacq (CFDT). « Enfumage », a abondé Denis Gravouil (CGT). « Il n’y a rien, c’est vide », s’est indigné Eric Courpotin (CFTC).
Trois autres séances de négociations
Les syndicats ont dénoncé l’absence de mécanismes contraignants à l’encontre des entreprises où le turn-over dans les effectifs reste élevé. Ils se sont également étranglés à la lecture d’un des alinéas du texte patronal : celui-ci suggère d’indiquer, dans les documents remis par l’employeur à la fin d’un contrat, « les situations [où] un salarié refuse la proposition qui lui est faite de poursuivre son activité ».
« Je suis assez scandalisé par l’écriture de cet article qui essaie de faire porter la responsabilité de la précarité sur les salariés », a déclaré Michel Beaugas (FO).
Faux procès, a objecté Alexandre Saubot (Medef) : le but est d’« apprécier la réalité des comportements ».

        Lire aussi :
         

                Le patronat met la pression sur l’exécutif



Trois autres séances de négociations sont prévues, la dernière devant se tenir le 15 février, en principe. Elles ne seront pas de trop pour tenter de rapprocher les points de vue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Grâce à sa première levée de fonds, la société, condamnée en mars 2017 par la justice française, accélère son déploiement en France et à l’international. Elle vise Londres et le pourtour méditerranéen.
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Heetch renaît et lève 16,5 millions d’euros pour développer son service de transport VTC

Grâce à sa première levée de fonds, la société, condamnée en mars 2017 par la justice française, accélère son déploiement en France et à l’international. Elle vise Londres et le pourtour méditerranéen.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h54
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Elle a survécu ! Heetch, la société de transport entre particuliers condamnée lourdement par le tribunal correctionnel de Paris, le 2 mars 2017 pour « organisation illégale d’un système de mise en relation avec des personnes se livrant au transport routier à titre onéreux », revit en tant que société de VTC fonctionnant avec des conducteurs professionnels.
Après quelques semaines de suspension d’activité, les clients sont restés fidèles et l’entreprise, née en Ile-de-France, a réussi à attirer pas moins de 8 000 chauffeurs, grâce à la marge de 15 % qu’elle prélève sur chaque trajet. C’est la plus basse du marché, au niveau de celle de Txfy, alors que la plate-forme Uber se rémunère à hauteur de 25 % sur chaque course.
Après neuf mois d’exercice sous ce nouveau régime, l’entreprise revendique environ 100 000 trajets par semaine. Ce qui a poussé la PME à augmenter ses effectifs, de 60 à 85 personnes. Désormais, Teddy Pellerin, son patron, veut poursuivre sa renaissance. Vendredi 26 janvier, la jeune société a annoncé une levée de fonds de 16,5 millions d’euros auprès de ses fonds actionnaires actuels, les français Alven et Via ID, mais également auprès du fonds britannique Felix, des français Idinvest et InnovAllianz, le fonds stratégique d’Allianz France.
Un côté décontracté
« Le marché des VTC est plus concurrentiel que le marché où nous proposions du transport entre particuliers essentiellement la nuit et les week-ends, mais les volumes sont bien plus importants », relève Teddy Pellerin. En quelques mois, la plate-forme de mise en relation s’est hissée dans le peloton de tête des services de VTC, derrière Uber, mais au coude-à-coude avec Txfy et Chauffeur privé.
Heetch tire parti d’une marque désormais bien connue, non seulement en banlieue parisienne, où son côté décontracté et humain a séduit depuis longtemps, mais aussi par toute la population, du fait de la médiatisation de sa comparution devant la justice début 2017. « On aurait mieux voulu éviter le procès, une publicité somme toute négative, mais c’est vrai que cela a mis un peu en lumière l’entreprise », convient M. Pellerin.
Avec l’argent levé, la société entend accélérer. « Nous souhaitons avant tout renforcer nos équipes techniques pour améliorer notre produit et augmenter significativement notre part de marché en France pour challenger Uber », assure M. Pellerin.
Dans l’Hexagone, la société est déjà présente, outre Paris, à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nice. La société veut rapidement se déployer à Montpellier, Strasbourg et Toulouse. A terme, elle espère détenir 15 à 20 % du marché, deux fois plus qu’actuellement.
Ensuite, cap sur l’international. Déjà installé à Bruxelles, Stockholm et Milan, Heetch a demandé sa licence pour offrir son service à Londres, le plus grand marché européen. L’entrée du fonds britannique Felix, qui légitimise la société au Royaume-Uni, n’est pas étranger à cette initiative.
Montée en gamme au Maroc
La société se développe également dans un autre royaume, cette fois au sud de la Méditerranée : le Maroc. Pas question cette fois d’offrir du transport entre particuliers, comme le propose déjà Uber ou l’un de ses concurrents dans le monde arabe, Careem. Heetch s’est associé aux conducteurs de taxi, et à leurs représentants – il a signé avec 19 des 20 syndicats de taxis marocains – pour mettre à disposition sa plate-forme de mise en relation.
« En France, à notre création, nous cherchions à proposer une offre très populaire et alternative aux taxis et VTC, jugés à l’époque trop chers par les jeunes, rappelle M. Pellerin. Au Maroc, où le taxi est très populaire et relativement abordable, nous aidons cette profession à se digitaliser. Pour nos clients, nous les aidons à trouver des taxis sûrs et de bonne qualité. » C’est une sorte de montée en gamme.
Après Casablanca, Heetch vise plusieurs autres villes marocaines. « Puis, ajoute le patron, pourquoi pas d’autres villes du pourtour méditerranéen comme Tunis, Le Caire, ou plus au sud, en Afrique subsaharienne. » Désormais, Heetch en a les moyens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Si quelques leçons techniques ont été retenues, les comportements et les attentes implicites n’ont pas réellement changé dans le secteur bancaire, constate l’économiste Gunther Capelle-Blancard, dans une tribune au « Monde ».
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Dix ans après l’affaire Kerviel : « Il faut en finir avec la culture du secret »

Si quelques leçons techniques ont été retenues, les comportements et les attentes implicites n’ont pas réellement changé dans le secteur bancaire, constate l’économiste Gunther Capelle-Blancard, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h58
    |

                            Gunther Capelle-Blancard (Professeur à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et au Laboratoire d’excellence en régulation financière-LabEx ReFi)








                        



                                


                            

Tribune. Le 24 janvier 2008, le monde financier apprend avec stupeur que la Société générale vient de réaliser une perte de 5 milliards d’euros à la suite des positions spéculatives de l’un de ses tradeurs, Jérôme Kerviel. C’est alors la plus grosse perte de trading jamais enregistrée. Dix ans après, l’affaire est encore dans les mémoires, car les rebondissements ont été nombreux.
En 2010, Kerviel est condamné en première instance à cinq ans de prison et au remboursement de la perte de 5 milliards d’euros à la Société générale, qui, malgré des carences graves de son système de contrôle interne, est dédouanée. Mais, en 2014, la Cour de cassation annule les dommages et intérêts, arguant que les fautes commises par la banque ont concouru à la fraude.
En 2016, les prud’hommes condamnent la Société générale à verser 450 000 euros à Jérôme Kerviel pour licenciement « sans cause réelle ni sérieuse », tandis que la cour d’appel de Versailles ramène les dommages et intérêts à 1 million d’euros. Dans le même temps, la Société générale est déclarée fautive. L’administration fiscale a en conséquence engagé une procédure de redressement fiscal en vue de récupérer les 2,2 milliards de déductions d’impôts dont la banque a bénéficié à la suite des pertes.
L’affaire Société générale, quelques mois après le début de la crise des crédits subprimes, avait marqué le début d’une série d’événements qui ont jeté un énorme discrédit sur le secteur financier : faillite de Lehman Brother, escroquerie de Bernard Madoff, manipulation des indices interbancaires, scandales à répétition liés aux paradis fiscaux, etc. Au-delà du débat judiciaire sur le partage des responsabilités, qui est loin d’être clos, on peut légitimement se demander ce qui a changé en dix ans.
Des pertes de trading supérieures à 100 millions de dollars
Certes, les procédures de contrôle interne des banques ont été renforcées. Pour autant, une demi-douzaine de pertes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.
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L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi divise Davos

La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h29
    |

            Isabelle Chaperon (Davos, Suisse, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Si le bal des chefs d’Etat domine les agendas du 48e Forum économique mondial qui s’achève vendredi 26 janvier, l’invité vedette cette année à Davos (Suisse) n’est ni le président américain Donald Trump ni son homologue français Emmanuel Macron, mais bien l’intelligence artificielle.
De jeunes entrepreneurs brillants, venus du monde entier, se relaient pour faire des démonstrations, smartphone en main. Marc Benioff, le PDG de l’éditeur de logiciels Salesforce, explique que sa plate-forme d’intelligence artificielle maison, baptisée « Einstein », participe tous les lundis comme un « membre virtuel » à la réunion de son comité de direction.
Dans les boutiques de la ville transformées en « lab » par les entreprises partenaires du Forum, dans les tables rondes, dans les dîners, il n’est question que de « machine learning » ou de « deep tech ». Mais Davos n’est pas le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Cet étalage s’accompagne d’un débat angoissant : cette nouvelle révolution industrielle va-t-elle conduire au chômage une grande partie de la population et aggraver encore les inégalités ? Sur ce point, les avis divergent.
« Les gens ont peur de perdre leur travail  »
Le constat initial, pourtant, semble bien partagé : les percées technologiques récentes accélèrent de façon brutale le phénomène d’automatisation engagé depuis des décennies. Si la grande distribution propose depuis longtemps des caisses automatiques, c’est bien l’intelligence artificielle qui a permis à Amazon d’ouvrir à Seattle, lundi 22 janvier, le premier point de vente sans aucune caisse.
Les voitures sans pilote, les algorithmes qui gèrent le service après-vente, les scanners qui posent un diagnostic médical, voilà autant d’innovations, déjà opérationnelles ou qui le seront dans un avenir proche, ayant vocation à se substituer à des employés humains.
« Depuis la première révolution industrielle, les gens ont peur de perdre leur...




                        

                        

