<FILE-date="2018/01/26/19">

<article-nb="2018/01/26/19-1">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Julie Battilana et Anne-Claire Pache, professeures à Harvard et à l’Essec doutent de la possibilité d’assigner aux entreprises une mission « sociale et environnementale » sans changement culturel majeur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Des organisations tournées vers la maximisation du profit ne changeront pas du jour au lendemain »

Dans une tribune au « Monde », Julie Battilana et Anne-Claire Pache, professeures à Harvard et à l’Essec doutent de la possibilité d’assigner aux entreprises une mission « sociale et environnementale » sans changement culturel majeur.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h51
    |

Julie Battilana (Professeure de business administration à Harvard Business School et professeure d’innovation sociale à Harvard Kennedy School) et ...







                        



                                


                            

Tribune. En ce début d’année 2018, la question de la refonte du modèle de l’entreprise est au cœur du débat public des deux côtés de l’Atlantique. Le gouvernement français vient de lancer, au travers d’une mission interministérielle, le chantier d’une réforme juridique de l’objet des sociétés à but lucratif, afin d’y intégrer la responsabilité sociale et environnementale.
Ce faisant, la France emboîte le pas d’autres pays, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l’Italie, qui ont déjà créé de nouveaux statuts juridiques pour les entreprises soucieuses d’atteindre des objectifs non seulement financiers, mais aussi sociaux et environnementaux.
Au même moment, aux Etats-Unis, Larry Fink, cofondateur et président de BlackRock, l’un des plus puissants groupes d’investissement au monde, signait une lettre ouverte aux dirigeants d’entreprises, les appelant à intégrer la poursuite d’objectifs sociaux et environnementaux à celle des objectifs financiers de leurs entreprises. L’investisseur américain, dont la société gère plus de 6 000 milliards de dollars, ouvre ainsi la porte à une prise en compte systématique des données de performance financière, sociale et environnementale dans les décisions d’investissement.
Passer du discours à l’action
Si ces annonces sont suivies d’effet, l’année 2018 pourrait marquer une inflexion majeure dans l’évolution du capitalisme, qui s’éloignerait résolument du paradigme de maximisation de la seule valeur financière pour les actionnaires.
Mais, ne soyons pas naïfs. Parler de cette évolution et l’appeler de nos vœux ne suffira pas à la faire advenir. L’évolution dont il est question est un changement radical qui nécessite un changement de mentalité et de comportement de l’ensemble des acteurs de notre système économique. L’Etat a bien sûr un rôle clef à jouer dans la réforme du statut juridique des sociétés, en partenariat avec les partenaires sociaux. De même les investisseurs comme M. Fink...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-2">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Un collectif d’historiens britanniques dénonce, dans une tribune au « Monde », la nostalgie nationaliste qui sévit dans leur pays. Ils y voient l’origine d’un fantasme néfaste qui fait croire à un avenir radieux une fois que le pays sera sorti de l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Brexit : « L’amour de la patrie n’exclut pas la solidarité européenne »

Un collectif d’historiens britanniques dénonce, dans une tribune au « Monde », la nostalgie nationaliste qui sévit dans leur pays. Ils y voient l’origine d’un fantasme néfaste qui fait croire à un avenir radieux une fois que le pays sera sorti de l’Union européenne.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h30
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Dans sa tribune parue dans Le Monde du 23 novembre 2017 (« Non, le Brexit n’est pas seulement l’expression du nationalisme anglais »), Robert Tombs explique que le vote en faveur du Brexit aurait été l’expression d’une « certaine confiance anglaise » et « fondamentalement un vote de confiance dans les institutions démocratiques nationales ».
Malheureusement, il y a confiance et il y a témérité. En 1961, le prédécesseur de Mme May, M. Harold Macmillan, croyait pouvoir adhérer à la Communauté économique européenne (CEE), « mais », selon l’expression du général de Gaulle, « suivant ses propres conditions. » On sait ce qu’il est devenu de cette tentative.
Aujourd’hui, les Britanniques font l’inverse, en tentant de sortir de l’Union européenne (UE), mais toujours suivant leurs propres conditions, en l’occurrence un accord de libre-échange sur mesure. Il est permis de croire que cette deuxième entreprise ne réussira pas mieux que la première, et pour la même raison : la « confiance » démesurée des chefs britanniques en leur capacité de faire plier leurs partenaires européens.
Pur fantasme
L’illustration, s’il en fallait encore une, est offerte par la visite du président Macron le 18 janvier [sommet franco-britannique à Sandhurst]. Certes, nos deux pays ont signé quelques accords bilatéraux sur la coopération militaire en Estonie et au Mali, et la (troublante) cogestion de la frontière à Calais. Mais sur la relation britannique avec l’Europe, M. Macron s’est montré tout aussi ferme que le général de Gaulle : pas question d’un accord commercial qui porterait atteinte au marché unique. On voit donc que l’ambition britannique d’un traitement de faveur relève, non pas de la robuste confiance, mais du pur fantasme.
D’où vient cet excès de confiance, si nuisible aux intérêts britanniques ?
D’une part, un nationalisme britannique impérial, océanique qui se vante d’avoir...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-3">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Pour l’historien spécialiste des Etats-Unis Pap Ndiaye, les femmes, les édiles des grandes villes, les mouvements noirs et étudiants sont, malgré leur difficulté à se faire entendre ou à s’organiser, les piliers de la contestation anti-Trump.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pap Ndiaye : « Trump partira un jour, mais c’est maintenant qu’il faut transformer le pays »

Pour l’historien spécialiste des Etats-Unis Pap Ndiaye, les femmes, les édiles des grandes villes, les mouvements noirs et étudiants sont, malgré leur difficulté à se faire entendre ou à s’organiser, les piliers de la contestation anti-Trump.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h28
    |

Nicolas Truong (propos recueillis)







                        



                                


                            
Historien, spécialiste des Etats-Unis, Pap Ndiaye est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po). Auteur de l’ouvrage Les Noirs américains. En marche pour l’égalité (Gallimard, 2009) et, avec Andrew Diamond, d’Histoire de Chicago (Fayard, 2013), il analyse l’état des forces des quatre composantes de la société civile qui résistent à Trump.

Pourquoi les grandes villes, comme Chicago, par exemple, sont-elles aux avant-postes de la résistance à la politique de Donald Trump ?
Cela est d’abord un effet de leur sociologie politique : les grandes métropoles ont voté massivement pour Hillary Clinton en novembre 2016, parfois dans des proportions plus grandes encore que pour Obama en 2012. Trump n’a rassemblé que 12,5 % des voix à Chicago, 20 % à New York, 22 % à Los Angeles, et son impopularité s’est encore accentuée depuis.
Comme à Londres, il y est pratiquement non grata. Ces villes rassemblent une population plus éduquée, plus jeune et plus minoritaire que la moyenne nationale : elles concentrent les composantes centrales de l’électorat démocrate. Ce sont aussi des villes dont les populations, les activités et les intérêts sont très liés au reste du monde. Elles sont donc particulièrement hostiles à la politique de repli et de fermeture du pouvoir fédéral.
Les maires ont bien saisi le mécontentement, souvent l’exaspération, de leurs concitoyens, et ils le traduisent en actes politiques, en s’opposant frontalement à Trump sur deux sujets essentiels : l’environnement et la politique d’immigration. Sur l’environnement, la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat a activé la résistance des grandes villes et des Etats très urbanisés. Lorsque Trump a lancé qu’il avait été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh (Pennsylvanie)et non ceux de Paris, le maire de Pittsburgh lui a sèchement répondu en indiquant que sa ville suivrait l’accord de Paris, comme des centaines...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-4">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Comment préserver sa totale liberté d’expression sur les réseaux sociaux, sans prendre de risque avec son employeur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Facebook : se garder de ses collègues ?

Comment préserver sa totale liberté d’expression sur les réseaux sociaux, sans prendre de risque avec son employeur.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h36
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Avec plus de 2 milliards de personnes connectées dans le monde, Facebook est un phénomène sociétal. Mais aussi un lieu virtuel où des salariés se mettent en scène, y compris dans des vidéos déchaînées peu compatibles avec le motif de leur arrêt-maladie (Cour d’appel d’Aix, 22 décembre 2017). Ils s’y expriment très librement, dans un joyeux mélange privé/professionnel.
En effet leurs « amis » sont parfois de vagues collègues, mais aussi des clients ou des fournisseurs. Et l’emballement est fréquent dans certains groupes privés comptant plusieurs milliers de collaborateurs de la même entreprise, faisant parfois de l’ombre aux syndicats en matière revendicative. Le problème est que, si les paroles (du café du commerce) s’envolent, les écrits restent !
800 euros de dommages-intérêts
Mais comment un employeur peut-il être au courant d’éventuels dérapages ?
L’arrêt rendu par la Cour de cassation le 20 décembre 2017 l’explique : un manager ayant eu vent de critiques acerbes sur le compte Facebook privé d’une collaboratrice demande à l’un de ses salariés de s’y connecter avec son téléphone portable professionnel, et y trouve des dérapages qu’il fait immédiatement constater par huissier.
La cour confirme, sans surprise, l’inopposabilité des propos ainsi que les 800 euros de dommages-intérêts touchés pour atteinte à la vie privée : « Le procès-verbal établi à la demande de l’employeur rapportant des informations extraites du compte Facebook du salarié obtenues à partir du téléphone portable d’un de ses collègues, informations réservées aux personnes autorisées, l’employeur ne peut y accéder sans porter une atteinte disproportionnée et déloyale à la vie privée de l’intéressé. »
Rien de vraiment nouveau en matière civile – pas pénale – depuis l’arrêt du 16 janvier 1991 : « La loyauté qui doit présider aux relations de travail interdit le recours par l’employeur à des artifices et...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-5">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le Français Jean-Marc Chery va succéder à l’Italien Carlo Bozzoti à la tête de l’un des derniers fabricants de semiconducteurs européens.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


STMicroelectronics : alternance franco-italienne

Le Français Jean-Marc Chery va succéder à l’Italien Carlo Bozzoti à la tête de l’un des derniers fabricants de semiconducteurs européens.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h23
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. On utilise ces puces des centaines de fois par jour, mais leur fabricant reste dans l’ombre. Le grand public se soucie peu du sort de STMicroelectronics qui est pourtant la première société d’électronique française et la seule présente dans le CAC 40. Sa valeur boursière, de 17 milliards d’euros, dépasse celle de Bouy­gues, de PSA ou de Carrefour. Sa spécialité, les puces pour smartphones et automobiles, n’attire pas la lumière. La passation de pouvoir annoncée jeudi 25 janvier entre son président du directoire actuel, Carlo Bozotti, et son successeur, Jean-Marc Chery, s’est donc déroulée sans bruit.
Cette entreprise de 40 000 personnes et 8,3 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros) de chiffre d’affaires partage avec Airbus le privilège d’être contrôlée par deux Etats européens, la France et l’Italie. D’où sa structure juridique baroque, proche de celle de l’avionneur, avec un statut de droit néerlandais, un siège social en Suisse et des résultats présentés en dollars.

Comme Airbus, elle est le fruit d’un compromis subtil, née en 1987 du mariage de deux petits concurrents européens, le français Thomson Semiconducteurs et l’italien SGS. Les deux pays, qui contrôlent 27,5 % du capital à eux deux, ne tiennent pas à lâcher les rênes d’un des derniers fabricants européens de composants électronique face à l’hégémonie américaine et asiatique.
Bagarre feutrée
A l’instar de la compagnie aéronautique, sa gouvernance est largement compliquée par l’impératif d’équilibre entre les intérêts des deux nations. Affaire de géographie, d’emploi et de souveraineté. Ce qui n’augure rien de bon en termes de bonne gestion. Maintien, voir doublon des sites dont les implantations sont autant le résultat de préoccupation d’aménagement du territoire que d’efficacité industrielle.
Pas étonnant donc que la question de la nomination du patron se résume à une épreuve de force franco-italienne. En 2016, après six ans de...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-6">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Une décision de la Commission européenne, passée inaperçue, pourrait chambouler le modèle économique du sport en France, en donnant une part plus importante encore au « sport business », estiment les avocats Gauthier Martin et Yves Wehrli dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une décision de la Commission européenne « brèche mortelle dans l’unité du sport français »

Une décision de la Commission européenne, passée inaperçue, pourrait chambouler le modèle économique du sport en France, en donnant une part plus importante encore au « sport business », estiment les avocats Gauthier Martin et Yves Wehrli dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h16
    |

Gauthier Martin (Avocat au cabinet Clifford Chance) et Yves Wehrli (Avocat et directeur (managing partner) du cabinet d’avocats Clifford Chance)







                        



                                


                            

Passée relativement inaperçue jusqu’à présent, une décision de la Commission européenne pourrait avoir des conséquences potentiellement majeures pour le modèle sportif français, au moment où la France se réjouit des succès de la qualification de son équipe nationale aux demi-finales de l’Euro de handball.
Dans une décision rendue le 8 décembre 2017 et prise à l’initiative de la commissaire chargée de la politique de la concurrence, la Commission s’est en effet prononcée sur un litige d’apparence anodine entre deux patineurs néerlandais et l’Union internationale de patinage (UIP). En substance, la Commission a reproché à l’UIP d’interdire aux athlètes affiliés à ses fédérations nationales membres de participer, sous peine de sanctions très sévères, à des compétitions organisées par des opérateurs indépendants de l’UIP.
La Commission a estimé que l’UIP ne pouvait pas, pour la défense de ses propres intérêts commerciaux, empêcher l’émergence de compétitions indépendantes au détriment des intérêts des sportifs désireux d’y prendre part et des organisateurs concernés. Les règles de l’UIP ayant cet effet relèvent, selon la Commission, des pratiques anticoncurrentielles et doivent être bannies.
Bien que la décision ne soit pas encore publiée et qu’à ce stade la prudence s’impose, sa portée, de l’aveu même de la Commission, dépasse le cas de la seule UIP et concerne toutes les fédérations nationales et internationales. Sans remettre en cause leur place centrale, la Commission entend ainsi rappeler qu’elles ne peuvent imposer des restrictions qui ont pour effet d’empêcher l’émergence de compétitions concurrentes si ces restrictions ne sont pas justifiées et proportionnées au regard des objectifs légitimes du sport, tels que la protection de la santé et la sécurité des athlètes notamment.
Service public
Le raisonnement vaut aussi a fortiori pour les ligues sportives, émanation des fédérations plus particulièrement en charge de l’organisation...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-7">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Si quelques leçons techniques ont été retenues, les comportements et les attentes implicites n’ont pas réellement changé dans le secteur bancaire, constate l’économiste Gunther Capelle-Blancard, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dix ans après l’affaire Kerviel : « Il faut en finir avec la culture du secret »

Si quelques leçons techniques ont été retenues, les comportements et les attentes implicites n’ont pas réellement changé dans le secteur bancaire, constate l’économiste Gunther Capelle-Blancard, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h58
    |

                            Gunther Capelle-Blancard (Professeur à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et au Laboratoire d’excellence en régulation financière-LabEx ReFi)








                        



                                


                            

Tribune. Le 24 janvier 2008, le monde financier apprend avec stupeur que la Société générale vient de réaliser une perte de 5 milliards d’euros à la suite des positions spéculatives de l’un de ses tradeurs, Jérôme Kerviel. C’est alors la plus grosse perte de trading jamais enregistrée. Dix ans après, l’affaire est encore dans les mémoires, car les rebondissements ont été nombreux.
En 2010, Kerviel est condamné en première instance à cinq ans de prison et au remboursement de la perte de 5 milliards d’euros à la Société générale, qui, malgré des carences graves de son système de contrôle interne, est dédouanée. Mais, en 2014, la Cour de cassation annule les dommages et intérêts, arguant que les fautes commises par la banque ont concouru à la fraude.
En 2016, les prud’hommes condamnent la Société générale à verser 450 000 euros à Jérôme Kerviel pour licenciement « sans cause réelle ni sérieuse », tandis que la cour d’appel de Versailles ramène les dommages et intérêts à 1 million d’euros. Dans le même temps, la Société générale est déclarée fautive. L’administration fiscale a en conséquence engagé une procédure de redressement fiscal en vue de récupérer les 2,2 milliards de déductions d’impôts dont la banque a bénéficié à la suite des pertes.
L’affaire Société générale, quelques mois après le début de la crise des crédits subprimes, avait marqué le début d’une série d’événements qui ont jeté un énorme discrédit sur le secteur financier : faillite de Lehman Brother, escroquerie de Bernard Madoff, manipulation des indices interbancaires, scandales à répétition liés aux paradis fiscaux, etc. Au-delà du débat judiciaire sur le partage des responsabilités, qui est loin d’être clos, on peut légitimement se demander ce qui a changé en dix ans.
Des pertes de trading supérieures à 100 millions de dollars
Certes, les procédures de contrôle interne des banques ont été renforcées. Pour autant, une demi-douzaine de pertes...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-8">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Si Emmanuel Macron vante la francophonie, les actes peinent à suivre, comme l’illustrent les querelles au sein de l’Alliance française, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Sur la francophonie, des mots à la réalité, il y a un gouffre »

Si Emmanuel Macron vante la francophonie, les actes peinent à suivre, comme l’illustrent les querelles au sein de l’Alliance française, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h27
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Emmanuel Macron adore exalter la francophonie et faire la promotion de notre langue. A la foire du livre de Francfort, à Ouagadougou, Alger ou Pékin, ou devant les Français de l’étranger. Il prophétise que le français sera demain « la première langue d’Afrique » et « peut-être du monde ». Pour y arriver, l’Etat lance une consultation populaire vendredi 26 janvier par le biais de la plate-forme Monidéepourlefrançais.fr. Suivra une conférence internationale les 14 et 15 février à Paris. Et le président annoncera en mars un « grand plan » pour la francophonie.
Mais des mots à la réalité, il y a un gouffre. Déjà sur les symboles. Macron vante le français mais il a surtout donné des entretiens en anglais aux télévisions étrangères, et il en rajoute avec ses slogans « choose France » ou « France is back ». Il aurait pu créer un ministère mais il a préféré nommer l’écrivaine Leïla Slimani « Madame francophonie », sans budget ni bureau.
Prenons les chiffres. Avec 275 millions de locuteurs, le français est la sixième langue parlée dans le monde – derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol, l’arabe et l’hindi. Ce chiffre pourrait tripler d’ici trente ans. Mais dans le même temps, le français perd de son influence dans les secteurs clés – l’université, l’entreprise, les sciences, le tourisme, le sport et la culture. Là, l’anglais écrase tout. Demain l’enjeu sera l’Afrique, qui absorbe déjà plus de la moitié des locuteurs, et demain peut-être 80 %.
Mille-feuille institutionnel
Or il faut batailler pour que le français reste dans la course. D’autres le font. En dix ans, constate Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice LR des Français de l’étranger, dans une tribune au FigaroVox du 9 janvier, la Chine a ouvert cinq cents Instituts Confucius dans le monde. D’autres pays investissent dans leur langue. La France ? Les crédits sont rognés depuis quinze ans, y compris pour 2018. Nombre d’Instituts français, chargés...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-9">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Après les islamistes, après les révolutionnaires, c’est dans son propre camp que le président-maréchal Al-Sissi fait taire toute voix dissidente.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

En Egypte, une présidentielle atrophiée

Editorial. Après les islamistes, après les révolutionnaires, c’est dans son propre camp que le président-maréchal Al-Sissi fait taire toute voix dissidente.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 13h13
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Elle va être longue cette campagne présidentielle en Egypte ! Deux mois nous séparent de son premier tour, qui se tiendra du 26 au 28 mars : une éternité en l’absence de véritable compétition.
Alors que les prétendants à la magistrature suprême ont jusqu’au 29 janvier pour déposer leur dossier de candidature, un cinquième candidat potentiel a été contraint de jeter l’éponge. Jeudi 25 janvier, jour anniversaire de la révolution de 2011, l’avocat Khaled Ali, célèbre pour son implication dans le domaine des droits de l’homme et déjà candidat en 2012, a annoncé son retrait. Depuis l’annonce de sa candidature, il y a trois mois, trop de menaces et d’obstacles s’étaient accumulés contre lui et ses partisans, a-t-il expliqué.
Avant Khaled Ali, quatre autres impétrants ont été empêchés ou dissuadés. L’ex-premier ministre et général à la retraite Ahmed Chafik avait été expulsé, en décembre 2017, des Emirats arabes unis, où il vivait, et avait annoncé son intention de se présenter. Après une mystérieuse disparition de vingt-quatre heures à son arrivée au Caire, il avait renoncé au terme de ce qui ressemble fort à une opération d’intimidation.

        Lire aussi :
         

                De retour en Egypte, le candidat qui défiait Sissi renonce soudainement à l’élection présidentielle



Puis le colonel Ahmed Konsowa, autre candidat déclaré, a été condamné, en décembre 2017, à six ans de prison pour « comportement nuisant aux exigences du système militaire ».
Le 15 janvier, c’était au tour de Mohamed Anouar Al-Sadate, le neveu de l’ancien président égyptien Sadate, d’annoncer son forfait. Enfin et surtout, l’ex-chef d’état-major de l’armée, Sami Anan, a été arrêté le 23 janvier, trois jours après l’annonce de sa candidature. Accusé d’incitation à la division entre les forces armées et le peuple, et de falsification de documents officiels, il sera jugé par un tribunal militaire.

        Lire aussi :
         

                Le président égyptien Sissi se débarrasse d’un rival militaire



En dehors de Khaled Ali, tous ces hommes étaient des piliers de l’ancien régime d’Hosni Moubarak. Ahmed Chafik a été le dernier premier ministre du raïs déchu en février 2011, et Sami Anan, son chef d’état-major de 2005 à 2012. L’un comme l’autre, ainsi que le colonel Ahmed Konsowa, appartiennent à l’establishment militaire, qui dirige l’Egypte depuis 1952, à l’exception de la courte présidence de l’islamiste Mohamed Morsi, seul dirigeant librement élu de l’Egypte moderne. Aucun d’entre eux, donc, ne menaçait les orientations idéologiques du régime du président Abdel Fattah Al-Sissi.
Un signe de la fébrilité du régime
C’est d’autant plus inquiétant. Après les islamistes, après les révolutionnaires, c’est dans son propre camp que le président-maréchal Al-Sissi fait taire toute voix dissidente. C’est un signe de la fébrilité du régime plus que de sa force. Et cette répression tous azimuts, si elle ne lui attire aucune critique de ses partenaires étrangers, ne va pas renforcer sa stature internationale. A l’heure du bilan de son premier mandat, le président, auteur du coup d’Etat de 2013 qui avait renversé M. Morsi, sait que ses réalisations sont insuffisantes, essentiellement dans le domaine de l’économie alors que la réduction des subventions de l’Etat aux produits de base et la chute de la livre égyptienne touchent durement les classes populaires.

        Lire aussi :
         

                En Egypte, « des parents n’envoient plus leurs enfants à l’école »



Le seul enjeu du scrutin présidentiel plébiscitaire qui s’annonce en Egypte est désormais la participation. Il y a quatre ans, il avait fallu ajouter un troisième jour de scrutin pour atteindre péniblement le taux officiel de 47,5 %, probablement truqué. Plus que jamais, la révolution de 2011 s’efface, comme un lointain mirage.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-10">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi divise Davos

La révolution 4.0 et ses effets sur l’emploi ont été au cœur des débat du Forum économique mondial qui s’achève vendredi.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h29
    |

            Isabelle Chaperon (Davos, Suisse, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Si le bal des chefs d’Etat domine les agendas du 48e Forum économique mondial qui s’achève vendredi 26 janvier, l’invité vedette cette année à Davos (Suisse) n’est ni le président américain Donald Trump ni son homologue français Emmanuel Macron, mais bien l’intelligence artificielle.
De jeunes entrepreneurs brillants, venus du monde entier, se relaient pour faire des démonstrations, smartphone en main. Marc Benioff, le PDG de l’éditeur de logiciels Salesforce, explique que sa plate-forme d’intelligence artificielle maison, baptisée « Einstein », participe tous les lundis comme un « membre virtuel » à la réunion de son comité de direction.
Dans les boutiques de la ville transformées en « lab » par les entreprises partenaires du Forum, dans les tables rondes, dans les dîners, il n’est question que de « machine learning » ou de « deep tech ». Mais Davos n’est pas le Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Cet étalage s’accompagne d’un débat angoissant : cette nouvelle révolution industrielle va-t-elle conduire au chômage une grande partie de la population et aggraver encore les inégalités ? Sur ce point, les avis divergent.
« Les gens ont peur de perdre leur travail  »
Le constat initial, pourtant, semble bien partagé : les percées technologiques récentes accélèrent de façon brutale le phénomène d’automatisation engagé depuis des décennies. Si la grande distribution propose depuis longtemps des caisses automatiques, c’est bien l’intelligence artificielle qui a permis à Amazon d’ouvrir à Seattle, lundi 22 janvier, le premier point de vente sans aucune caisse.
Les voitures sans pilote, les algorithmes qui gèrent le service après-vente, les scanners qui posent un diagnostic médical, voilà autant d’innovations, déjà opérationnelles ou qui le seront dans un avenir proche, ayant vocation à se substituer à des employés humains.
« Depuis la première révolution industrielle, les gens ont peur de perdre leur...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-11">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ La profession attire de moins en moins et certains patients doivent parfois attendre jusqu’à un an pour obtenir un premier rendez-vous.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La pédopsychiatrie, un secteur sinistré

La profession attire de moins en moins et certains patients doivent parfois attendre jusqu’à un an pour obtenir un premier rendez-vous.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 14h43
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Du côté des jeunes patients, des délais d’attente inadmissibles pour une première consultation et un manque de lits d’hospitalisation. Du côté des pédopsychiatres, une crise démographique et universitaire, qui rend la spécialité de moins en moins attrayante. La psychiatrie des enfants et des adolescents est « sinistrée », selon le sénateur (La République en marche) et médecin Michel Amiel, rapporteur en mai 2017 d’un volumineux rapport d’information parlementaire sur la psychiatrie des mineurs en France.

Le repérage et la prise en charge précoce des troubles psy des jeunes sont considérés comme une priorité. Mais au regard de la forte hausse des besoins due notamment au décrochage scolaire, au harcèlement ou aux traumatismes liés aux attentats, « le nombre de structures de prise en charge et leurs effectifs ont très peu augmenté », constate ce rapport.
Les CMP (centres médico-psychologiques) et CMPP (centres médico-psychopédagogiques), bien souvent structures d’entrée dans le parcours de soins psychiatriques, sont engorgés. Le délai pour une première consultation dépasse un an dans certains départements, désespérant familles et professionnels.
« On a des demandes de 2016 auxquelles on n’a pas répondu. On a honte. On voit tous les dégâts qu’on aurait pu éviter, les souffrances qu’on aurait pu atténuer », témoigne une pédopsychiatre exerçant dans un CMP de province.
Le nombre de lits d’hospitalisation en pédopsychiatrie est en augmentation depuis 2001, mais les capacités sont encore trop limitées, avec de fortes inégalités territoriales, souligne le rapport. Le délai d’obtention d’une place en hôpital de jour – l’essentiel des prises en charge hospitalières des mineurs – est lui aussi jugé important.
Désaffection indéniable
Quant au nombre de pédopsychiatres inscrits en tant que tels au conseil de l’ordre des médecins, il a été divisé par deux en dix ans. De 1 235 en 2007, il est passé à 593 en 2017,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-12">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Paul Younès, directeur général de l’Union financière de France (UFF), préconise, dans une tribune au « Monde », l’extension obligatoire des plans d’épargne retraite collective à toutes les entreprises.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Mettre en place un fonds de pension à la française »

Paul Younès, directeur général de l’Union financière de France (UFF), préconise, dans une tribune au « Monde », l’extension obligatoire des plans d’épargne retraite collective à toutes les entreprises.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 17h42
    |

Paul Younès (Directeur général de l’Union financière de France)







                        



                                


                            

Tribune. Si le désamour des Français pour les marchés financiers est un fait bien établi (à peine 20 % détiennent des actions malgré leur rentabilité sur le long terme) et si les taux d’intérêt restent encore un problème mathématique insoluble pour beaucoup, tout comme le fonctionnement des marchés boursiers ou même celui du système des retraites, la conjoncture est aujourd’hui propice à une réorientation de l’épargne des Français vers l’économie productive.
En premier lieu, l’optimisme des Français, la confiance des chefs d’entreprises et la croissance économique sont en hausse. Le PIB de la France a progressé de 0,5 % au troisième trimestre 2017 et devrait augmenter de 1,9 % sur l’ensemble de l’année en 2017.
Nous assistons ensuite à la fin du règne des fonds en euros. Véritable spécificité française, ils ont longtemps dissuadé les Français de prendre des risques ; ses rendements moribonds devraient s’établir à 1,5 % en moyenne pour 2017.
Troisième raison : la mise en place de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui soustrait les valeurs mobilières de cet impôt, peut créer une mobilisation de capitaux vers d’autres marchés que l’immobilier.

Enfin, les Français sont de plus en plus préoccupés par leur retraite : près de trois seniors actifs sur quatre redoutent de percevoir une retraite insuffisante (enquête IFOP pour l’Union financière de France publiée en janvier 2018) et pourraient être sensibles à de nouveaux types de financement.
Or, pour que les Français aient une retraite décente, il leur faut du rendement et pour obtenir ce rendement, il faut que l’investissement de l’épargne se fasse dans les entreprises. Encore faut-il que les gérants d’actifs puissent disposer de temps et donc d’une épargne bloquée à moyen ou long terme. Enfin, soyons lucides, pour que les Français acceptent de bloquer leur épargne, il leur faut une offre irréfutable !
L’épargne retraite collective (Perco)...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-13">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le juriste Bertrand du Marais et le banquier Stanislas Ordody préconisent la création dans le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) de nouvelles modalités d’investissement qui orienteraient enfin l’épargne vers l’activité productive.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Il faut corriger « la mauvaise allocation des ressources d’épargne »

Dans une tribune au « Monde », le juriste Bertrand du Marais et le banquier Stanislas Ordody préconisent la création dans le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) de nouvelles modalités d’investissement qui orienteraient enfin l’épargne vers l’activité productive.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 11h02
    |

Stanislas Ordody (Cadre de banque) et Bertrand du Marais (Juriste et président du Forum sur les institutions, le droit, l’économie et la société)







                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement mène actuellement deux réformes, de fait étroitement liées.
D’une part, en supprimant l’impôt sur la fortune (ISF) sur les actions et les titres mobiliers, il souhaite orienter les investissements vers le financement en capital des entreprises et espère ainsi susciter des projets nouveaux.
D’autre part, le futur plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), sur lequel il a lancé la concertation en novembre 2017, a pour objectif de faire passer les PME à l’échelle mondiale. Le document du 21 décembre 2017, qui restitue cette concertation (voir www.pacte-entreprises.gouv.fr) procède à un constat objectif et sans concession pour le modèle d’intermédiation financière actuel : la mauvaise allocation des ressources d’épargne au détriment du financement des entreprises et un « logiciel inadapté des acteurs du financement », notamment pour « évaluer les risques », conduiraient finalement à « un environnement trop peu propice au financement des entreprises ».

Force est en effet de reconnaître qu’en matière de financement, en particulier des PME et des très petites entreprises, il faut faire preuve d’inventivité et d’audace face aux risques et à la crise économique qu’affronte notre pays. Le contexte actuel – tout à fait exceptionnel dans l’histoire de l’économie mondiale en combinant taux d’intérêts nuls, voire négatifs et croissance atone – exige en effet de changer de paradigme.
Tout signe de moins-value en capital continue de hanter les investisseurs et les décourage de placer l’épargne disponible dans les entreprises. Les dispositions de la récente loi du 9 décembre 2016, dite « Sapin 2 », qui permet entre autres d’interdire les retraits des contrats d’assurance-vie, témoignent aussi de l’inquiétude des autorités de régulation.
Adopter un « principe de partage des profits et des pertes »
Pour réussir ses deux paris, le...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-14">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Kenneth Weinstein, directeur du think tank proche des néoconservateurs Hudson Institute, remarque que Donald Trump veut sortir le pays de l’inaction de son prédécesseur, Barack Obama.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Kenneth Weinstein : « Trump veut restaurer la crédibilité de la puissance américaine »

Dans une tribune au « Monde », Kenneth Weinstein, directeur du think tank proche des néoconservateurs Hudson Institute, remarque que Donald Trump veut sortir le pays de l’inaction de son prédécesseur, Barack Obama.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 11h06
    |

Kenneth Weinstein (directeur du think tank américain Hudson Institute (Washington))







                        



                                


                            
Tribune. La première année de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis a suscité des interrogations chez nos alliés, comme au sein de la communauté d’experts des think tanks de Washington. Aucun président depuis la seconde guerre mondiale n’est en effet arrivé au pouvoir avec une expérience si éloignée de la bulle washingtonienne et une vision si opposée à celle de ses prédécesseurs en matière de politique étrangère. Cependant, la personnalité et le style hétérodoxes du président ne doivent pas empêcher un examen sérieux, loin des cris d’orfraie et des postures partisanes, du bilan et des priorités stratégiques de cette administration après un an au pouvoir.
Quelle est la vision du monde de l’administration Trump ? Elle est certes multiple. Le président est connu pour ses critiques anciennes des accords de libre-échange et son impatience vis-à-vis d’un partage de fardeau déséquilibré avec les alliés, une critique déjà exprimée par Barack Obama.
Certains conseillers du président représentent une vision assez classique du leadership américain défendu par les républicains : Rex Tillerson, secrétaire d’Etat, apporte un pragmatisme issu du monde des affaires, tandis que les trois généraux entourant le président, James Mattis, le secrétaire à la défense, John Kelly, le directeur de cabinet et H.R. McMaster, le conseiller à la sécurité nationale, assurent une expérience considérable, en particulier au Moyen-Orient.
Des rivaux géopolitiques prioritaires
Ce qui caractérise la présidence Trump en politique étrangère est une volonté de restaurer la crédibilité de la puissance américaine dans un monde concurrentiel où les rivalités géopolitiques prennent le plus souvent le pas sur les opportunités de coopération. Rivaux géopolitiques, au premier rang desquels se trouvent la Chine et la Russie, acteurs révisionnistes comme l’Iran et la Corée du Nord : l’administration a clairement défini ses priorités.
Cette doctrine est exprimée...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-15">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La ministre de la santé annonce un plan comportant des mesures de formation, des hausses de tarifs et la création d’indicateurs de qualité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Agnès Buzyn : « Il faut préserver les moyens de la psychiatrie »

La ministre de la santé annonce un plan comportant des mesures de formation, des hausses de tarifs et la création d’indicateurs de qualité.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 15h33
    |

            François Béguin, 
Sandrine Cabut et 
Laetitia Clavreul








                        



                                


                            

La ministre de la santé Agnès Buzyn présente, vendredi 26 janvier, un plan de douze mesures d’urgence en faveur de la psychiatrie. Dans un entretien au Monde, elle livre son constat sur ce secteur, « paupérisé » et « en souffrance » : « En psychiatrie, il y a le pire et le meilleur. »
Plusieurs grèves ont eu lieu ces derniers mois dans les hôpitaux psychiatriques pour dénoncer les conditions de travail et la dégradation de l’accueil des patients. Y a-t-il une « crise » de la psychiatrie ?
C’est une discipline qui s’est paupérisée et sur laquelle il n’y a pas eu un vrai investissement depuis des années. Pourtant les besoins sont en constante augmentation, parce que la société est de plus en plus dure, qu’il y a plus d’addictions, moins d’accompagnement des familles…
On peut dénoncer des conditions de travail parfois très dures, ainsi que des conditions d’hospitalisation parfois dégradées, mais il faut être attentif à ne pas généraliser les situations dramatiques que l’on peut observer dans certains endroits. Ce serait dévaloriser le travail formidable qui est fait dans beaucoup d’établissements de santé mentale. En psychiatrie, il y a le pire et le meilleur.

Qu’allez-vous faire face à un tel constat ?
Ces cinq dernières années, il y a eu six rapports sur la situation de la psychiatrie. Les constats et les recommandations étaient souvent les mêmes. Je me suis dit qu’il n’était donc pas nécessaire d’en commander un nouveau. Les douze mesures d’urgence que je présente aujourd’hui sont issues des propositions formulées en décembre par l’ensemble des représentants de la psychiatrie française.
Il me semble important de donner un signal de prise en compte de cette souffrance générale, des professionnels et des malades. Ce faisant, je veux parvenir à déstigmatiser ces derniers, et rendre leur dignité à ceux qui sont pris en charge dans des conditions déplorables....




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-16">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Les deux scénaristes et dessinateurs nous proposent deux strips pour illustrer le 45e festival angoumoisin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
      

Angoulême de jour, Angoulême de nuit, par Ruppert et Mulot

Les deux scénaristes et dessinateurs nous proposent deux strips pour illustrer le 45e festival angoumoisin.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 12h04
   





                        



   



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-17">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Mathieu Potte-Bonneville est philosophe, ­responsable du pôle « idées et savoirs » à l’Institut français, et coordinateur de la Nuit des idées.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mathieu Potte-Bonneville : « La Nuit des idées permet de construire des scènes où on se parle »

Mathieu Potte-Bonneville est philosophe, ­responsable du pôle « idées et savoirs » à l’Institut français, et coordinateur de la Nuit des idées.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 07h31
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 09h20
    |

                            Catherine Portevin








                        



                                


                            

Comment avez-vous pensé la Nuit des idées ?
J’avais auparavant organisé avec l’Institut français, ou aidé à organiser, des nuits des philosophes à l’étranger avec à chaque fois un succès extraordinaire. A Rabat et Casablanca par exemple, il avait fallu monter en catastrophe des chapiteaux pour accueillir les 9 000 personnes. A Buenos Aires, l’anthropologue Marc Augé, c’était les Rolling Stones ovationné par 20 000 spectateurs. Je savais donc que le public était là. Le principe, c’est créer une Fête de la pensée comme il y a une Fête de la musique : penser est une fête.
La première édition, en 2016, n’a eu lieu qu’en France, sous les dorures du Quai d’Orsay. A partir de 2017, nous avons lancé l’invitation à participer à tous les Instituts français du monde, avec un thème unique que chaque lieu pouvait interpréter à sa façon, le tout ­fédéré par un site Internet in progress, qui a permis parfois de susciter des rapprochements, par exemple l’idée d’une Petite Nuit des idées, pour les enfants, avec la ­médiathèque Louise-Michel du 20e arrondissement en duplex avec celles de Marrakech, de Dublin et de Dakar.
De quelles expériences vous êtes-vous inspiré ?
D’abord, nous avons pris acte du fait que les lieux du débat public se sont déplacés de l’université vers des scènes vivantes. Ensuite, qu’il y a aujourd’hui une aspiration au décloisonnement des disciplines et des savoirs pour faire dialoguer chercheurs, créateurs, écrivains. Enfin, cette Nuit des idées est aussi l’occasion pour que les pensées françaises et étrangères se rencontrent à parts égales. Pour l’inauguration de la Nuit 2018, nous ­avions invité l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, qui est à la fois une star internationale et pas très repérée en France – trouver des gens très connus pas connus, c’est le Graal du programmateur ! Dès que nous avons annoncé cette rencontre sur ­Internet, les réservations ont été...




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-18">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Conversations, déambulations, horaires décalés, lieux surprenants… Autour de « l’imagination au pouvoir », ­la troisième Nuit des idées, organisée par l’Institut français dans le monde ­entier, jeudi 25 janvier, a témoigné ­d’un renouveau des formes du débat public.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nuit des idées : penser est une fête

Conversations, déambulations, horaires décalés, lieux surprenants… Autour de « l’imagination au pouvoir », ­la troisième Nuit des idées, organisée par l’Institut français dans le monde ­entier, jeudi 25 janvier, a témoigné ­d’un renouveau des formes du débat public.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 07h27
    |

                            Catherine Portevin








                        



                                


                            

Ce fut une belle nuit, qui s’est achevée ce matin du 26 janvier. Une nuit de paroles, de débats, de conférences, de palabres, de déambulations, depuis la Rotonde de ­Stalingrad jusqu’au Quai d’Orsay à Paris, du Théâtre national de Bretagne, à Rennes, au MuCEM, à Marseille, mais aussi à New York, Hongkong, Moscou, Buenos Aires, Caracas, Dakar, Tunis, Ramallah, Alexandrie, Londres… De 18 heures à 3 heures (heure de Paris), avec un bon millier d’intellectuels mobilisés dans cent vingt-sept villes et cinquante-huit pays, La Nuit des idées, lancée par l’Institut français pour la troisième année, a fait carton plein. Sur le thème « L’imagination au pouvoir », le bruissement des pensées et des savoirs a construit, cinquante ans après Mai 68, les ­petits matins des possibles plutôt que l’attente des grands soirs.
Le succès de la manifestation révèle de façon spectaculaire un regain d’appétit pour les idées autant qu’un renouveau des formes du débat public, de ses lieux, de ses acteurs et de ses thèmes. Ce sont toutes ces nouvelles expériences que La Nuit des idées a su capter. Car outre les festivals pionniers, comme CitéPhilo à Lille, feu Mode d’emploi avec la Villa Gillet, à Lyon (redimensionné sous le titre « La Chose publique ») ou les Rendez-vous de l’histoire de Blois, fleurissent depuis quelques années des festivals consacrés aux sciences humaines – Philosophia, à Saint-Emilion (Gironde), La Manufacture d’idées, à Hurigny (Saône-et-Loire), ­L’Histoire à venir, à Toulouse, Nous autres à Nantes… – ou au débat d’idées (voir le succès du Monde Festival). Des agoras hybrides s’ouvrent, à la fois galeries, bars, salles de spectacle, maisons de quartier, telle La Colonie, à Paris, fondée par l’artiste Kader Attia et devenue en quelques années le lieu phare des ­études post-coloniales.
Partout, artistes et chercheurs multiplient les approches, les idées ­descendent des estrades, montent sur les planches, s’exposent au musée, se discutent dans les rues, s’invitent...



                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-19">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Soixante-treize ans après la libération du camp, Piotr M. A. Cywiński, le directeur du musée d’Auschwitz, dans une tribune au « Monde », déplore que la communauté internationale semble ne tirer aucune leçon de la Shoah.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Notre monde vit comme si la tragédie de la Shoah et des camps de concentration et d’extermination ne lui avaient rien appris »

Soixante-treize ans après la libération du camp, Piotr M. A. Cywiński, le directeur du musée d’Auschwitz, dans une tribune au « Monde », déplore que la communauté internationale semble ne tirer aucune leçon de la Shoah.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 09h07
    |

Piotr M. A. Cywiński (Directeur du musée d'Etat d'Auschwitz)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a 73 ans, le 27 janvier 1945, les sept derniers milliers de prisonniers du camp d’Auschwitz furent libérés par l’Armée rouge. Peu avant de fuir, les Allemands firent sauter les dernières chambres à gaz et les crématoires encore en fonction. Ils étaient arrivés à évacuer plus de cent mille prisonniers vers l’intérieur de l’Allemagne, qu’ils continuèrent à soumettre au travail forcé. Ceux qui ont survécu allaient garder, tout au long de leur vie, le regard de ceux qui avaient trouvé la mort.
Aujourd’hui, Primo Levi, Elie Wiesel, Władysław Bartoszewski, Israel Gutman, Simone Weil, Imre Kertész et combien d’autres ne sont plus parmi nous ! Nous autres, générations d’après-guerre, sommes de plus en plus seuls à porter le fardeau de leur expérience et l’on ne saurait nier que ce fardeau est toujours aussi lourd. Je ne parle pas seulement des faits. Notre monde tout entier vit comme si la tragédie de la Shoah et des camps de concentration et d’extermination ne lui avaient rien appris.

Le monde devait pourtant changer de visage après la guerre. Des institutions ont été mises en place afin de gérer le dialogue et la coopération, ne serait-ce que l’Organisation des Nations unies. En Europe occidentale, le rapprochement entre des Etats, des nations et des sociétés, a pris une ampleur inégalée pour devenir l’Union européenne : un organisme constitué à partir du marché commun qui, au lieu des anciens modèles de coexistence élaborés autour d’un équilibre illusoire des pouvoirs, a adopté comme principes fondateurs la coopération et l’interdépendance toujours plus profondes des Etats membres.
Un vent nouveau d’œcuménisme
Un cadre législatif nouveau est retenu pour les crimes contre l’humanité et l’ONU a institué la définition du crime de génocide. On a reconnu le rôle des organisations non gouvernementales dont le développement après 1945 a renforcé l’influence de la société civile sur les institutions publiques....




                        

                        


<article-nb="2018/01/26/19-20">
<filnamedate="20180126"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180126"><AAMMJJHH="2018012619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Pierre Dupuy, philosophe et professeur à l’université Stanford, affirme que Trump manie mal la dissuasion nucléaire. Selon lui, un accident pourrait plonger le monde dans l’enfer.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jean-Pierre Dupuy : « Trump n’a rien compris à la dissuasion nucléaire »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Pierre Dupuy, philosophe et professeur à l’université Stanford, affirme que Trump manie mal la dissuasion nucléaire. Selon lui, un accident pourrait plonger le monde dans l’enfer.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 11h12
    |

                            Jean-Pierre Dupuy (Philosophe, professeur à l’université Stanford, Californie)








                        



                                


                            
Tribune. Donald Trump est comme un garçon de 9 ans dont la main serait juste posée sur le bouton nucléaire. Il dispose d’un jouet formidable, l’arsenal le plus puissant du monde. Pourquoi diable ne s’en servirait-il pas quand il se trouve nargué par ce leadeur communiste paranoïaque qui menace de réduire l’île américaine de Guam en cendres radioactives ? Trump, lui, d’un coup d’un seul, peut rayer la Corée du Nord de la carte du monde.
On a cru que l’escalade verbale entre Kim Jong-un et Donald Trump avait atteint un tel sommet que seul un échange réciproque de frappes atomiques pourrait calmer les nerfs des protagonistes, au prix de millions de morts. On a oublié que la guerre froide n’avait pas débouché sur une apocalypse en dépit de, ou, selon la théorie, grâce à des échanges de menaces non moins extrêmes.
Mélange de rationalité et de folie
C’est entendu, Trump a un bien plus gros organe que Kim. Le fait qu’il s’en vante montre qu’il n’a rien compris à la dissuasion. Certes, le statut de grande puissance implique aujourd’hui l’accession à la toute-puissance illusoire de l’arme atomique. Des pays comme l’Iran et la Corée du Nord en sont bien persuadés, la France n’étant pas en reste, cela lui valant de siéger au Conseil de sécurité de l’ONU. Mais la taille de l’arsenal ne devrait en principe rien faire à l’affaire. Si vous pouvez déjà détruire la terre cent fois, à quoi bon vouloir faire mieux ? La dissuasion est le grand égalisateur. Le plus faible peut encore causer des dommages irréparables chez l’ennemi. C’est la base de la doctrine française.

Très peu de gens en vérité ont compris en quoi consistait la dissuasion nucléaire, en particulier sous sa forme pure, dénommée à juste titre MAD, pour Mutually Assured Destruction (« destruction mutuelle assurée »). Mélange paroxystique de rationalité et de folie, MAD (« fou » en anglais) implique que chaque partenaire menace son ou ses adversaires de représailles...




                        

                        

