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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Un hebdomadaire a retrouvé un recueil de textes faisant l’apologie du IIIe Reich appartenant à la confrérie étudiante que dirige Udo Landbauer.
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Un candidat autrichien aux élections régionales critiqué pour des chants nazis

Un hebdomadaire a retrouvé un recueil de textes faisant l’apologie du IIIe Reich appartenant à la confrérie étudiante que dirige Udo Landbauer.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 18h27
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

En Autriche, on peut être le candidat d’un parti de gouvernement à la présidence d’une grande région tout en dirigeant une corporation étudiante fidèle à certains chants nazis. C’est le cas d’Udo Landbauer, 31 ans, tête de liste du Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite) en vue des élections en Basse-Autriche (Nord-Est) dimanche 28 janvier.
L’hebdomadaire Falter a révélé le scandale, mardi 23 janvier, en retrouvant un recueil de textes faisant l’apologie du IIIe Reich et appartenant à Germania zu Wiener Neustadt, un cercle qui rassemble des militants d’extrême droite rencontrés sur les bancs de la faculté. Les extraits qu’il donne de l’ouvrage sont clairement antisémites. « Mettez les gaz, vous, vieux Germains, on peut passer le septième million », peut-on par exemple lire, en référence aux six millions de juifs exterminés pendant la seconde guerre mondiale.

Ces paroles tombent clairement sous le coup de la loi et le parquet a ouvert une enquête, alors que le bal annuel controversé de ces corporations, organisé par le FPÖ, devait se tenir vendredi 26 janvier au soir. Une manifestation pour protester contre le retour de cette formation – fondée par d’anciens nazis – au gouvernement le 20 décembre 2017, en coalition avec les conservateurs-chrétiens, est également prévue.
Les représentants de la communauté juive d’Autriche ont boycotté jeudi la commémoration de l’Holocauste qui avait été organisée par le Parlement pour ne pas croiser les nouveaux ministres d’extrême droite. Et le président écologiste Alexander Van der Bellen est sorti de sa réserve. « Tous les membres de cette corporation devaient savoir ce qu’il y avait dans ce recueil de chansons », a-t-il affirmé en faisant allusion à la défense de M. Landbauer, qui jure n’avoir jamais eu connaissance de l’existence d’un tel ouvrage et a annoncé la suspension de son adhésion à Germania.
L’élu est soutenu par le vice-chancelier Heinz-Christian...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Pour le ministre des affaires étrangères angolais Manuel Domingos Augusto, l’institution doit « se moderniser » et sortir de sa « léthargie ».
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Entretien

« L’Union africaine doit être plus audacieuse »

Pour le ministre des affaires étrangères angolais Manuel Domingos Augusto, l’institution doit « se moderniser » et sortir de sa « léthargie ».

Joan Tilouine (Addis-Abeba, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-26T17:58:06+01:00"

        Le 26.01.2018 à 17h58






    
Manuel Domingos Augusto aux Nations unies en 2017.
Crédits : ONU/Rick Bajornas


L’Angola n’a pas eu le temps de se remettre du départ de José Eduardo dos Santos, qui a dirigé le pays d’une main de fer durant 38 ans. Depuis son investiture en septembre 2017, le nouveau président Joao Lourenço a multiplié les annonces de réformes et les coups d’éclat en limogeant des caciques de l’ancien régime, dont les enfants dos Santos qui avaient le contrôle sur une importante partie de l’économie nationale.

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Sur le plan de la diplomatie africaine, négligée par l’ancien chef d’Etat, cette puissance régionale préoccupée par la crise politique en cours chez son voisin congolais entend jouer un rôle plus important à l’échelle du continent, selon le ministre des affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto, présent à Addis-Abeba pour le 30e sommet de l’Union africaine (UA) qui doit se tenir dimanche 29 et lundi 30 janvier.
L’Angola vient d’obtenir, à Addis-Abeba, un siège au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Pourquoi cette candidature ?
Manuel Domingos Augusto De par notre histoire, nous avons acquis une expérience en matière de résolution des conflits. Depuis la fin de la longue guerre civile [1975-2002], la diplomatie angolaise met tout en œuvre pour assurer une certaine stabilité dans la région où les crises politiques et les conflits ne manquent pas. Intégrer à nouveau le Conseil de paix et de sécurité, où nous avons déjà siégé à deux reprises, est une opportunité pour partager cette expérience et en faire profiter le reste de l’Afrique.
En tant que membre de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), partagez-vous les critiques formulées par ce bloc régional à l’encontre de la réforme institutionnelle de l’UA et plus particulièrement sur les méthodes du président Paul Kagamé ?
Nous soutenons la réforme. La proposition d’instaurer une taxe de 0,2 % sur les importations venant d’autres continents est un détail. Sur le fond, l’Angola reconnaît que l’UA a besoin de s’autofinancer et de moderniser ses institutions pour les rendre plus efficaces. Certains reprochent à Paul Kagamé le manque de concertation. Mais pourquoi s’asseoir à 55 pour des palabres sans fin ? Il faut une UA plus moderne et plus audacieuse, qui soit parfois représentée par des pays leaders qui parlent au nom de l’Afrique.

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L’UA ne peut pas rester dans la léthargie. Le président Joao Lourenço, qui s’est entretenu le 24 janvier avec Paul Kagamé à Davos, va le dire lors du sommet des chefs d’Etat de l’UA. La dernière fois qu’un président angolais a participé à un sommet de l’UA remonte à 2010. C’est la démonstration d’une rupture et d’une volonté de l’Angola de revenir sur le devant de la scène politique africaine.
Quelle est la position de l’Angola sur la crise politique en cours en République démocratique du Congo (RDC), où le président Joseph Kabila, dont le dernier mandat s’est achevé le 19 décembre 2016, se maintient au pouvoir ?
La RDC est la mère de toutes les crises car ce qui s’y passe affecte toute la région des Grands-Lacs. C’est toujours pour nous une source de préoccupation que de voir la crise politique se superposer à une prolifération de milices et de mouvements rebelles. Nous pensons qu’il y a clairement une priorité : la tenue des élections le 23 décembre 2018, date fixée par la Commission électorale.

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Ce scrutin présidentiel mettra-t-il fin à la longue crise politique ?
Il ne mettra pas un terme à tous les problèmes de la RDC, mais il constituera une étape importante pour sa stabilité. Il faut la légitimation d’un nouveau gouvernement. Le mandat de Joseph Kabila est terminé. Il doit donc partir dans le cadre d’un processus démocratique.
Pour l’instant, je constate que le président Kabila n’a pas clairement déclaré qu’il comptait quitter le pouvoir. Les élections à venir sont une étape et un défi logistique autant que financier, car leur budget s’élève à près de 500 millions de dollars [402,3 millions d’euros]. La décision de Joseph Kabila d’autofinancer le budget électoral peut néanmoins susciter quelques doutes.
Quelles étaient les préoccupations du président angolais, Joao Lourenço, et de son homologue du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, lors de la réunion tripartite qui s’est tenue le 9 décembre 2017 à Brazzaville ?
Ils se sont parlé franchement. Les chefs d’Etat du Congo-Brazzaville et d’Angola ont clairement dit qu’ils étaient disposés à contribuer à mettre un terme à la crise politique en RDC. Un second mini-sommet sera prochainement organisé à Kinshasa. Après deux mandats, l’Angola a quitté la présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands-Lacs en octobre 2017. Désormais, c’est le Congo-Brazzaville qui préside cette organisation, même si, dans ce dernier pays, il y a des difficultés politiques qui nous préoccupent et que nous tentons de résoudre avec le président Denis Sassou-Nguesso.

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Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, candidat à la présidentielle censée se tenir avant juillet, a été reçu le 12 janvier par Joao Lourenço. Chacun dans leur style, ils ont conquis le pouvoir et succèdent à des « dinosaures », Robert Mugabe et José Eduardo dos Santos, tout en restant dans le cadre de partis-Etats issus de mouvements de libération. La Zanu-PF et le MPLA sont-ils en train d’opérer leur mue ?
Je crois que ces remplacements sont naturels et que ces partis se modernisent, à leur rythme. Les départs de Robert Mugabe et José Eduardo dos Santos me semblent être des séquences logiques. Et une nouvelle génération de leaders, pas forcément jeunes d’ailleurs, émerge au sein de ces partis libérateurs. Ils préservent des structures héritées des mouvements de libération devenus des partis politiques forts tout en assurant des transitions. Ce qui permet de résoudre des crises sans intervention extérieure. Les liens entre la Zanu-PF et le MPLA, de même qu’avec d’autres mouvements de libération d’Afrique australe, perdurent pour toujours car tous sont motivés par le maintien de la paix. La SADC est d’ailleurs la région la plus stable du continent.

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En Angola, le président sortant, José Eduardo dos Santos, va-t-il se maintenir à la tête du MPLA ?
Il avait annoncé quitter la vie politique en 2018. Nous sommes en 2018. José Eduardo dos Santos est un homme de parole. Il va donc quitter la présidence du MPLA après avoir convoqué un congrès extraordinaire du parti. C’est un processus normal.
Le parti est-il divisé entre des partisans minoritaires de M. dos Santos et ceux qui soutiennent M. Lourenço ?
Le parti n’est pas divisé mais il y a des divergences d’opinion sur les méthodes de Joao Lourenço. Il a rapidement entamé des réformes et les gens ne s’y attendaient pas. Or la mauvaise situation économique nécessitait des prises de décision rapides.
Quelles sont les priorités pour redresser le pays ?
Il est urgent de créer un nouveau climat d’affaires. L’Angola veut attirer des investisseurs étrangers et rompre avec des pratiques d’autrefois comme la corruption et l’évasion massive des capitaux à l’étranger. Nous sommes attachés à l’idée d’ouvrir le pays et de faciliter l’accès à son économie en fournissant par exemple des visas à l’arrivée. L’Angola qui s’était finalement isolé, doit se reconnecter pleinement à l’économie globale. Au Forum de Davos, le président Lourenço s’est entretenu avec Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, pour expliquer ses réformes et son ambition. Car la transition qui s’est opérée en Angola a surpris tout le monde. Dans le bon sens. Et il faut en profiter pour renouer avec des partenaires qui avaient fini par tourner le dos à l’Angola.

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L’Union africaine a déclaré 2018 année de la lutte contre la corruption. Comment comptez-vous lutter contre ce fléau qui a pris des proportions démesurées sous l’ancien régime dos Santos ?
Les plus riches qui ont placé leurs capitaux en dehors de l’Angola doivent les ramener. Ce n’est pas négociable. On souhaite leur donner une chance en rapatriant tous leurs fonds et leurs actifs dans notre pays. Nos services vont renforcer la coopération avec des partenaires étrangers pour mener des enquêtes et négocier le rapatriement des fonds. Nous n’épargnerons personne et je crois qu’il est temps de prendre des mesures qui semblent dures mais qui pourraient être historiques. Contrairement à ce que certains pensent, Isabel dos Santos [nommée à la tête de la société pétrolière nationale, Sonangol, en 2016] n’a pas été limogée car elle est la fille de l’ancien chef d’Etat. Sa gestion et ses résultats n’étaient pas satisfaisants et certains opérateurs pétroliers s’apprêtaient à quitter le pays.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La cuvette en or (18 carats), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes.
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Donald Trump refuse le trône doré de Maurizio Cattelan

La cuvette en or (18 carats), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 17h41
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

L’œuvre d’art de Maurizio Cattelan, une cuvette de toilettes en or massif, n’aurait pas déparé dans l’intérieur de Donald Trump. Après tout, le président des Etats-Unis a déjà fait installer des robinets et des lavabos plaqués or 24 carats dans son jet à 100 millions de dollars. Mais il a refusé d’installer l’œuvre America dans ses appartements privés de la Maison Blanche. Peut-être à cause de son horreur des microbes ? La cuvette en or (18 carats seulement), qui fonctionne, a déjà été utilisée par plus de 100 000 personnes lorsqu’elle a été exposée au Guggenheim, dans les toilettes « genre neutre » du ­cinquième étage du musée new-yorkais…
Cette histoire, telle qu’elle est dévoilée dans le quotidien Washington Post, a d’abord commencé autour d’un Van Gogh. Il est d’usage pour les présidents américains d’emprunter des œuvres d’art pour orner leurs appartements de la Maison Blanche – le couple Obama avait ainsi choisi Mark Rothko and Jasper Johns. Le couple Trump avait jeté son dévolu sur un Paysage enneigé (1888) peint par Vincent Van Gogh à Arles et détenu par le Guggenheim.

« Un prêt à long terme »
Mais la conservatrice en chef du musée, Nancy Spector, a refusé, arguant que le tableau était en route pour Bilbao. Elle a proposé de le remplacer par les toilettes en or de Maurizio Cattelan, sous forme d’« un prêt à long terme ». La conservatrice a ­précisé : « Il s’agit, bien sûr, d’une œuvre extrêmement précieuse et quelque peu fragile, mais nous fournirions toutes les instructions pour son installation et son entretien. » La Maison Blanche n’a pas donné suite à son courriel. La conservatrice, connue pour ses prises de position sur les réseaux sociaux, avait déjà ­salué l’élection de Donald Trump par une œuvre d’art, en publiant ce jour-là sur son compte Instagram une photo prise par Robert Mapplethorpe d’un drapeau américain déchiqueté par le vent.
L’artiste Mauricio ­Catte­lan, auteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ « Paysage enneigé » de Van Gogh n’étant pas disponible, la directrice artistique du Musée Guggenheim a proposé une œuvre satirique de Maurizio Cattelan : des toilettes en or 18 carats.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Un collectif d’historiens britanniques dénonce, dans une tribune au « Monde », la nostalgie nationaliste qui sévit dans leur pays. Ils y voient l’origine d’un fantasme néfaste qui fait croire à un avenir radieux une fois que le pays sera sorti de l’Union européenne.
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Brexit : « L’amour de la patrie n’exclut pas la solidarité européenne »

Un collectif d’historiens britanniques dénonce, dans une tribune au « Monde », la nostalgie nationaliste qui sévit dans leur pays. Ils y voient l’origine d’un fantasme néfaste qui fait croire à un avenir radieux une fois que le pays sera sorti de l’Union européenne.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 16h30
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Dans sa tribune parue dans Le Monde du 23 novembre 2017 (« Non, le Brexit n’est pas seulement l’expression du nationalisme anglais »), Robert Tombs explique que le vote en faveur du Brexit aurait été l’expression d’une « certaine confiance anglaise » et « fondamentalement un vote de confiance dans les institutions démocratiques nationales ».
Malheureusement, il y a confiance et il y a témérité. En 1961, le prédécesseur de Mme May, M. Harold Macmillan, croyait pouvoir adhérer à la Communauté économique européenne (CEE), « mais », selon l’expression du général de Gaulle, « suivant ses propres conditions. » On sait ce qu’il est devenu de cette tentative.
Aujourd’hui, les Britanniques font l’inverse, en tentant de sortir de l’Union européenne (UE), mais toujours suivant leurs propres conditions, en l’occurrence un accord de libre-échange sur mesure. Il est permis de croire que cette deuxième entreprise ne réussira pas mieux que la première, et pour la même raison : la « confiance » démesurée des chefs britanniques en leur capacité de faire plier leurs partenaires européens.
Pur fantasme
L’illustration, s’il en fallait encore une, est offerte par la visite du président Macron le 18 janvier [sommet franco-britannique à Sandhurst]. Certes, nos deux pays ont signé quelques accords bilatéraux sur la coopération militaire en Estonie et au Mali, et la (troublante) cogestion de la frontière à Calais. Mais sur la relation britannique avec l’Europe, M. Macron s’est montré tout aussi ferme que le général de Gaulle : pas question d’un accord commercial qui porterait atteinte au marché unique. On voit donc que l’ambition britannique d’un traitement de faveur relève, non pas de la robuste confiance, mais du pur fantasme.
D’où vient cet excès de confiance, si nuisible aux intérêts britanniques ?
D’une part, un nationalisme britannique impérial, océanique qui se vante d’avoir...




                        

                        


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Reportage

Au Zimbabwe, l’ombre des tueries de Gukurahundi plane sur le nouveau pouvoir

Selon des chiffres avancés par les historiens, environ 20 000 civils ont été tués entre 1983 et 1984 dans la région du Matabeleland.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 26.01.2018 à 16h26

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        Mis à jour le 26.01.2018 à 17h06






    
Noboth Moyo, 41 ans, fut témoin des massacres de Gukurahundi.
Crédits : ZINYANGE AUNTONY / AFP


Jochonia Moyo cueille des herbes sauvages pour « se purifier », de peur que sa visite dans l’ancien camp de détention de Bhalagwe au Zimbabwe ne lui porte malheur. Ici, en 1984, il a été battu à coups de gourdin et contraint de frapper d’autres prisonniers politiques. « Je me rappelle parfaitement ce 8 mars 1984, quand ils m’ont arrêté et amené à Bhalagwe », raconte le sexagénaire. « Pendant notre sommeil, les soldats nous urinaient dessus et certains nouveaux détenus étaient obligés de lécher le sang des femmes qui avaient leurs règles. »
Le tort de Jochonia Moyo ? Avoir participé il y a près de quarante ans, juste après l’indépendance du Zimbabwe, à des réunions du parti Zapu alors que le nouveau maître du pays, Robert Mugabe, voulait instaurer un parti unique. Entre 1983 et 1984, environ 20 000 civils – responsables et partisans de la Zapu mais pas seulement – ont été tués dans la région du Matabeleland (sud-ouest), selon les chiffres avancés par les historiens.
« La période la plus noire de l’histoire post-coloniale »
Emmerson Mnangagwa et le général Perence Shiri figurent au premier rang des exécuteurs de la sanglante répression ordonnée par Robert Mugabe, affirment les experts. Le premier a succédé fin 2017 à Robert Mugabe à la présidence du Zimbabwe. Le second a été promu ministre de l’agriculture. Le « camarade Bob » a été poussé vers la sortie après trente-sept ans au pouvoir mais « les coupables des massacres de Gukurahundi sont toujours au pouvoir », s’indigne Mbuso Fuzwayo, de l’association de défense des victimes Ibetshu Likazulu.

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Au début des années 1980, Emmerson Mnangagwa était le conseiller sécurité du chef de l’Etat et, à ce titre, en charge des services de renseignement du Zimbabwe (CIO), explique Stuart Doran, historien et auteur du livre Kingdom, Power, Glory consacré aux tueries de Gukurahundi. Avant le coup d’envoi de la répression, c’est le CIO, affirme-t-il, qui a méthodiquement récolté les noms et adresses des responsables de la Zapu qui devaient être éliminés.
Le général Shiri, commandant de la 5e brigade de l’armée, a lui supervisé « les massacres indiscriminés de civils dans le Matabeleland », ajoute Stuart Doran. « Ce fut la période la plus noire de l’histoire post-coloniale » du Zimbabwe. Jochonia Moyo a miraculeusement échappé aux tueries. Charles Thomas aussi. Mais au prix de cauchemars qui les hantent encore. « Il y avait cette femme enceinte de neuf mois », se rappelle précisément Charles Thomas, « la 5e brigade l’a accusée de porter le bébé d’un dissident ». « Ils l’ont éventrée avec une baïonnette (…), ils ont fait cuire le foetus et obligé la famille à danser et chanter autour du feu. Puis ils l’ont contrainte à manger le fœtus ». La famille a refusé, et deux des grands-parents ont été froidement abattus.
« C’est le diable »
Monica Ndlovu, elle, a perdu son père à Bhalagwe, ainsi que son innocence : « J’étais une jeune femme sans défense, eux avaient des armes. Ils venaient dans nos cellules, nous ordonnaient d’aller nous doucher. Et ensuite, à tour de rôle, ils nous violaient », confie-t-elle. « Des fois, j’aimerais tant que ce soit comme de la boue qu’on peut facilement nettoyer avec de l’eau, mais ce n’est pas possible. Je garderai à tout jamais ces images dans ma tête. »
Eux, c’est la 5e brigade de l’armée du Zimbabwe, entraînée en Corée du Nord. « C’est le diable qui, depuis l’enfer, l’a envoyée », lance Monica, aujourd’hui âgée de 61 ans. Pendant des années, les massacres sont restés un tabou. Le risque d’être arrêté était trop grand.

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Mais depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmerson Mnangagwa en novembre 2017, la parole se libère, un peu. Le poids du silence est trop lourd à porter, expliquent des victimes, qui rappellent que le nouveau président obéissait alors aux ordres de Robert Mugabe.
Des familles de victimes ont récemment pu défiler librement à Bulawayo (sud-ouest). Elles brandissaient des cercueils en carton pour demander l’exhumation de leurs proches et des obsèques dignes de ce nom. Une manifestation impensable il y a encore quelques mois.
« Ses mains sont couvertes de sang »
« On ne demandera jamais à Mnangagwa de présenter ses excuses. (…) Ses mains sont couvertes de sang », assure Patricia Tshabalala, vêtue de noir en hommage à ses proches victimes de la répression. « On doit ré-enterrer les dépouilles de nos proches qui ont été tués », insiste l’actuel chef de la Zapu, Dumiso Dabengwa, emprisonné et torturé pendant les tueries.
Dans le camp de Bhalagwe à l’abandon, Jochonia Moyo indique l’emplacement d’une fosse commune. Pas très loin, de nombreux cadavres gisent encore dans des mines abandonnées d’Antelope, affirment des villageois et des experts. Plus de trente ans après, aucun monument officiel ne rend hommage aux milliers de victimes. Et la région du Matabeleland reste sous-développée, constate David Coltart, auteur de La Lutte continue : cinquante ans de tyrannie au Zimbabwe.

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Tout au long de son règne, Robert Mugabe est resté très discret sur la question. Il a reconnu en 1999 un « moment de folie ». Sans s’étaler davantage. « Pour que Mnangagwa et Shiri soient crédibles aux yeux de la communauté internationale, ils doivent présenter des excuses pour leur rôle » dans Gukurahundi, estime David Coltart.
Emmerson Mnangagwa vient d’exclure de le faire. « Ce qui s’est produit a eu lieu. On a mis en place une commission pour se pencher sur le problème », a-t-il expliqué au Forum économique de Davos, reconnaissant cependant que cet épisode tragique représentait une « tache » dans l’histoire du Zimbabwe.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le président des Etats-Unis a tout de même profité de l’occasion pour s’en prendre à la presse, qualifiée de « méchante » et « fausse ».
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« L’Amérique d’abord, mais pas l’Amérique seule », promet Donald Trump à Davos

Le président des Etats-Unis a tout de même profité de l’occasion pour s’en prendre à la presse, qualifiée de « méchante » et « fausse ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h33
   





                        


C’est dans un discours consensuel que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a promis vendredi 26 janvier au monde « l’amitié » et « la coopération » des Etats-Unis, dans son discours au Forum économique mondial de Davos. Reprenant son slogan de campagne, il a assuré que « l’Amérique d’abord ne signifie pas l’Amérique seule » dans un discours destiné à rassurer les partenaires commerciaux et diplomatiques des Etats-Unis.
« Je suis là pour représenter les intérêts du peuple américain et pour affirmer l’amitié et la coopération des Etat-Unis pour construire un monde meilleur », a-t-il déclaré. « Nous sommes en faveur du libre-échange, mais il doit être juste, et il doit être réciproque », a encore dit le chef d’Etat, alors que Davos redoutait qu’il ne se livre à l’une de ses habituelles diatribes protectionnistes.

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                A Davos, les Français savourent la fin du French bashing



Nouvelle attaque contre les médias
Le président des Etats-Unis a tout de même été hué après s’en être pris à la presse lors d’une courte séance de questions-réponses : « J’ai toujours eu une très bonne presse quand j’étais homme d’affaires. Ce n’est qu’en devenant un homme politique que j’ai réalisé à quel point la presse peut être méchante et fausse ».
En 2017, Davos, grand rendez-vous du libre-échange et du multilatéralisme, avait été douché par le discours très agressif du nouveau président américain lors de sa cérémonie d’investiture.

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                A Davos, Donald Trump en tournée de dédicace avec les patrons européens



« Si vous ne vous faites pas le représentant de commerce de votre entreprise ou de votre pays, ça ne marche pas », a dit Donald Trump aux chefs d’entreprise européens avec lesquels il a dîné jeudi soir en marge du Forum économique mondial. « Le vrai message, c’est que nous voulons une grande prospérité et une grande paix », a-t-il ajouté.
Donald Trump a aussi surpris beaucoup de monde en confiant à la chaîne CNBC être prêt à adhérer au Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son acronyme en anglais), alors qu’il avait claqué la porte il y a tout juste un an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Pour l’historien spécialiste des Etats-Unis Pap Ndiaye, les femmes, les édiles des grandes villes, les mouvements noirs et étudiants sont, malgré leur difficulté à se faire entendre ou à s’organiser, les piliers de la contestation anti-Trump.
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Pap Ndiaye : « Trump partira un jour, mais c’est maintenant qu’il faut transformer le pays »

Pour l’historien spécialiste des Etats-Unis Pap Ndiaye, les femmes, les édiles des grandes villes, les mouvements noirs et étudiants sont, malgré leur difficulté à se faire entendre ou à s’organiser, les piliers de la contestation anti-Trump.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h28
    |

Nicolas Truong (propos recueillis)







                        



                                


                            
Historien, spécialiste des Etats-Unis, Pap Ndiaye est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po). Auteur de l’ouvrage Les Noirs américains. En marche pour l’égalité (Gallimard, 2009) et, avec Andrew Diamond, d’Histoire de Chicago (Fayard, 2013), il analyse l’état des forces des quatre composantes de la société civile qui résistent à Trump.

Pourquoi les grandes villes, comme Chicago, par exemple, sont-elles aux avant-postes de la résistance à la politique de Donald Trump ?
Cela est d’abord un effet de leur sociologie politique : les grandes métropoles ont voté massivement pour Hillary Clinton en novembre 2016, parfois dans des proportions plus grandes encore que pour Obama en 2012. Trump n’a rassemblé que 12,5 % des voix à Chicago, 20 % à New York, 22 % à Los Angeles, et son impopularité s’est encore accentuée depuis.
Comme à Londres, il y est pratiquement non grata. Ces villes rassemblent une population plus éduquée, plus jeune et plus minoritaire que la moyenne nationale : elles concentrent les composantes centrales de l’électorat démocrate. Ce sont aussi des villes dont les populations, les activités et les intérêts sont très liés au reste du monde. Elles sont donc particulièrement hostiles à la politique de repli et de fermeture du pouvoir fédéral.
Les maires ont bien saisi le mécontentement, souvent l’exaspération, de leurs concitoyens, et ils le traduisent en actes politiques, en s’opposant frontalement à Trump sur deux sujets essentiels : l’environnement et la politique d’immigration. Sur l’environnement, la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat a activé la résistance des grandes villes et des Etats très urbanisés. Lorsque Trump a lancé qu’il avait été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh (Pennsylvanie)et non ceux de Paris, le maire de Pittsburgh lui a sèchement répondu en indiquant que sa ville suivrait l’accord de Paris, comme des centaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Alors qu’une fusillade éclatait à 100 mètres de l’école, Rocío Romero, prétextant une simulation, a demandé aux élèves de chanter et a filmé la scène. La vidéo a fait le tour du Web et l’enseignante est devenue une héroïne.
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Au Mexique, une institutrice fait chanter les enfants pour les protéger des balles


                      Alors qu’une fusillade éclatait à 100 mètres de l’école, Rocío Romero, prétextant une simulation, a demandé aux élèves de chanter et a filmé la scène. La vidéo a fait le tour du Web et l’enseignante est devenue une héroïne.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 15h16
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








   


Allongés sur le ventre, des enfants de 7 ou 8 ans chantent une comptine dans une école de l’Etat de Sonora, à Ciudad Obregón, dans le nord-ouest du Mexique. A l’extérieur, des tirs retentissent. « C’est une simulation », rassure l’institutrice d’une voix calme tout en filmant sa classe avec son téléphone portable. Ce 12 janvier, la fusillade est pourtant à balles réelles. Elle fera deux morts à cent mètres de l’établissement. La vidéo, postée sur les réseaux sociaux, est vite devenue virale dans un pays où la lutte contre la violence des cartels de la drogue entre dans les programmes scolaires.
25 000 assassinats en 2017
« Les enfants ne se sont aperçus de rien », a raconté dans les médias l’enseignante, Rocío Romero, qui a envoyé la vidéo à leurs parents pour les tranquilliser. « L’un d’eux l’a sans doute postée sur le Web », a commenté l’institutrice, qualifiée depuis d’« héroïne » par les internautes. 2017 a été l’année la plus violente depuis vingt ans au Mexique avec plus de 25 000 assassinats. Dans l’Etat de Sonora, un des théâtres de la guerre des cartels, les homicides ont augmenté de 10 % en un an.



Pour protéger les élèves de cette violence, qui ne connaît pas de trêve durant les heures de classe, le ministère mexicain de l’éducation distribue, depuis cinq ans, aux professeurs de primaire un protocole d’actions en cas d’affrontements armés aux abords des écoles. Cette année, le programme a été étendu aux collèges et aux lycées. A côté des mathématiques ou de l’espagnol, les élèves apprennent ainsi les gestes qui sauvent lors d’une attaque : « s’allonger sur le sol, loin des portes et des fenêtres », « garder le silence », « éteindre son téléphone portable », « ne pas entrer en contact avec les agresseurs ». Autant de recommandations listées par le document du ministère qui livre aussi des indications si des hommes armés pénètrent dans l’établissement. Les professeurs et les élèves sont alors sommés de « rester dans leur classe », d’« éteindre les lumières », de « fermer la porte à clé et la bloquer avec une chaise ou une table », puis de « compter les présents ».

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                La guerre des cartels au Mexique est le conflit le plus mortel après la Syrie



Dans les écoles des Etats les plus touchés par la violence, la police organise aussi des simulations de fusillade. La vidéo de l’une d’entre elles, diffusée en octobre sur le Net, a provoqué une polémique. Certains internautes dénonçaient l’instauration d’une ambiance angoissante au sein des établissements alors que d’autres soulignaient la nécessité de préparer les enfants aux risques d’attaque. « Chanter une comptine ne fait pas partie du protocole », a souligné Rocío Romero. L’institutrice a également confié avoir « été félicitée par des parents pour avoir détourné l’attention de leurs enfants ». Mais ses élèves, eux, lui ont « reproché de leur avoir menti sur la réalité de la fusillade ».



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Artisans de la victoire du président américain, ces milliardaires agissent dans l’ombre pour imposer leur vision ultranationaliste de l’Amérique. Leur dernier fait d’armes ? L’éviction de Stephen Bannon de Breitbart News pour avoir attaqué Donald Trump dans un livre.
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Les Mercer, bonne fortune de Donald Trump 
                  
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Le Monde
 |
                  26.01.2018 à 14h05


Artisans de la victoire du président américain, ces milliardaires agissent dans l’ombre pour imposer leur vision ultranationaliste de l’Amérique. Leur dernier fait d’armes ? L’éviction de Stephen Bannon de Breitbart News pour avoir attaqué Donald Trump dans un livre.

Par             Gilles Paris (Washington, correspondant)





                     
La rareté se fait rare, c’est ce qui donne du poids à la parole des Mercer. Un glacial communiqué leur a suffi pour rompre, le 4 janvier, avec l’ancien conseiller stratégique de Donald Trump, Stephen Bannon, qui avait accompagné depuis cinq ans leur entrée dans le monde exclusif des mégadonateurs de la campagne. Les mots ont tranché les liens du passé comme un couperet.
Le président avait condamné celui qui lui prédisait une chute inéluctable dans le livre Le Feu et la Fureur. Trump à la Maison Blanche, de Michael Wolff (à paraître en France le 22 février chez Robert Laffont). Les Mercer ont exécuté leur sentence. Quatre jours plus tard, Stephen Bannon était invité à quitter Breitbart News, dont ils sont propriétaires. A la tête du site ultranationaliste depuis cinq ans, il en avait fait le navire amiral de son projet de purification du Parti républicain.

La rareté, pour Robert Mercer, 71 ans, a été érigée depuis longtemps en système. Dans un article publié par le Wall Street Journal en 2010, il se disait déjà heureux de pouvoir mener sa vie « sans avoir à dire quoi que ce soit à personne ». En 2014, recevant un prix, il avait ajouté que, pour lui, « parler une heure » à cette occasion, « c’est plus qu’habituellement en un mois ».
La discrétion pour politique
Lorsque Donald Trump, élu, est venu remercier ses généreux donateurs le 3 décembre 2016, à l’occasion du bal costumé annuel donné, depuis 2009, dans leur demeure luxueuse de Long Island, il a assuré avoir eu la plus longue conversation de sa vie avec le milliardaire à qui il avait arraché « deux mots ». Un hommage remarqué à celui qui fuit les médias comme la peste et qui a avancé des mois durant sous les radars de la politique américaine.
Lorsque les grandes manœuvres s’engagent au sein du Parti républicain dès le lendemain des élections de mi-mandat de 2014, les regards se tournent mécaniquement vers le Kansas et Wichita,...





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Au sein de la prestigieuse institution britannique, singularités et traditions ont une fonction essentielle, témoigne dans sa chronique Noé Michalon, étudiant en master.
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« L’université d’Oxford, une magnifique machine mémorielle »

Au sein de la prestigieuse institution britannique, singularités et traditions ont une fonction essentielle, témoigne dans sa chronique Noé Michalon, étudiant en master.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 14h01
    |

                            Noé Michalon








                        



   


Chronique d’Oxford. Diplômé de Sciences Po, Noé Michalon tient une chronique pour Le Monde Campus, afin de raconter son année à l’université d’Oxford, où il suit un master en études africaines.
Janvier 2018, dans la nuit de dimanche à lundi. Les rues sont aussi vides que glaciales. Même les cyclistes, si nombreux d’ordinaire dans la ville, ne se risquent pas à chevaucher leur monture à la selle craquelée par le gel. C’est la veille de la rentrée, et en rejoignant à une heure pourtant bien tardive la bibliothèque de mon collège, je constate que plusieurs salles de lecture sont encore peuplées d’étudiants.
Je retrouve mes collègues qui poursuivent des études variées, tant d’histoire de l’art que de neurochirurgie ou encore de littérature britannique. Malgré la longue pause hivernale qui s’achève, nous faisons tous le constat d’avoir été victimes d’une indécrottable procrastination, et nous nous échinons depuis une semaine sur les dissertations et autres examens que nous aurions pu entamer ces trente derniers jours. Les fléaux de la vie étudiante sont universels.
Rien n’est laissé au hasard
Alors que je me concentre sur mon travail, le détail des procédures à suivre pour rendre ma dissertation, qui frémit encore d’impatience et d’inquiétude au moment où j’écris ces lignes, tient en cinq pages étonnamment détaillées. Tout est précisément calibré, de la taille et du type de police d’écriture (une consigne assez banale dans toute université), à la manière dont le document doit être relié, imprimé en deux exemplaires et stocké dans une clé USB, le tout à fourrer dans une enveloppe géante, dans laquelle insérer également une plus petite enveloppe contenant une Declaration of Authorship, promettant-jurant-crachant que ce travail est le fruit de notre seul labeur soigné sauf-lorsque-mentionné-autrement.
Moi qui étais plutôt coutumier, en France, des e-mails envoyés à 23 h 57 – je vous laisse déduire l’heure limite de rendu – ces salamalecs me font réfléchir sur un point singulier de cette université, à retrouver probablement dans d’autres institutions : ici, rien n’est laissé au hasard, tout est fait pour que notre passage entre ces murs de vieilles pierres de taille soit gravé dans la mémoire.
Avec plus de huit cents ans d’histoire, le rapport de force entre passé, présent et futur à Oxford est évidemment biaisé, quand bien même certains collèges et départements de recherche s’équipent en machines dernier cri ou en buildings de verre. Tout, ici, est tourné vers le passé, ou plutôt vers la mémoire. On vient étudier à Oxford en grande partie pour faire partie de l’histoire incroyable de ce campus, et l’administration nous aide à en prendre conscience.
Masse de travail
Si l’on continue de nous faire porter des tenues d’un autre âge – au demeurant élégantes – pour les grandes occasions, et si on continue précisément à organiser ces grandes occasions, ce n’est pas seulement pour perpétuer des traditions centenaires. Après tout, les étudiants de la Sorbonne semblent avoir conservé peu d’anciennes coutumes malgré l’ancienneté de leur institution. Je vois plutôt dans les si nombreuses singularités d’Oxford, à multiplier par les autres traits distinctifs de ses 38 colleges, un moyen de rythmer un quotidien scolastique qui peut parfois friser le monastique.
Car ne nous y trompons pas, en dépit d’une vie sociale et associative animée, malgré l’immense communauté étudiante de la ville, c’est presque une lapalissade que de qualifier d’importante la masse de travail qui nous attend ici. « Préparez-vous à passer l’une des années les plus chargées de votre vie. Ce vendredi représente votre dernier jour de repos avant un beau jour de juillet », nous avait lancé le directeur de notre programme le jour de la rentrée. Une phrase qu’on peut entendre en première année de beaucoup de filières. J’attendais donc de voir, et j’ai vu. Avec ses trimestres courts de huit semaines et ses montagnes de lectures à (vraiment) lire pour chaque cours, l’institution promet peu d’ennui aux étudiants. Mais il faut bien que leurs souvenirs ne se limitent pas aux heures passées dans les bibliothèques, si belles soient-elles.
Heures mondaines et studieuses
Ce n’est donc pas un hasard si une batterie de photographes officiels est venue nous illuminer de ses flashs dès le jour de la cérémonie de matriculation, quelques jours après la rentrée. C’est non seulement une affaire profitable – puisque les jolis clichés étaient ensuite à retrouver en vente en ligne, dans tous les types de format –, mais aussi une manière de marquer d’une pierre blanche le passage dans cette institution.
Je m’en rends compte à présent, l’une de mes précédentes chroniques, sur la perte de la notion du temps ressentie à Oxford, soulignait en fait la conséquence de cette politique mémorielle. Si les trimestres ont un autre nom, si heures mondaines et studieuses sont confondues, c’est pour que tout le temps qui s’écoule ici soit stocké dans une même unité, dans un même dossier dans notre mémoire.

        Lire aussi :
         

                « A Oxford, l’on perd la notion du temps »



Soucieux de vérifier ma théorie dans une démarche disruptive de fact-checking à en faire pâlir les Décodeurs, j’interroge de ce pas Maya, une amie américaine assise à la même table que moi, et qui semble aussi en retard que moi dans son devoir pour le lendemain. Elle opine du chef. « Je pense à tous ces clubs exclusifs et sélects qui entretiennent des traditions et des règles étranges », ajoute cette étudiante en médecine qui a pris une année de césure pour « tendrement » étudier les sciences sociales (oui, elle a dit « tendrement »). Les amis qui m’ont rendu visite dans cette ville en sont témoins, il n’est pas un seul lieu à Oxford qui n’ait son anecdote, son alumnus célèbre ou ses on-dit.
Touristes de long terme
Et le nombre de traditions semble proportionnel au prestige qu’on veut donner au lieu. Ainsi de l’All Souls College, le plus réputé de tous, dont l’examen d’entrée est parfois qualifié de « plus difficile au monde », avec un seul mot en guise d’énoncé et un élève admis sur 80. D’ailleurs, le sujet de l’an passé était « Et », nous raconta par un jour automnal une guide de la ville. Et par le simple fait de répéter cette légende, voilà une couche de vernis que je rajoute à l’histoire déjà bien lustrée de cette université. C’est aussi ce même collège qui organise, une fois tous les cent ans, une ronde de ses anciens élèves autour de ses augustes murailles, guidés par leur doyen porté sur une chaise, pour partir à la recherche d’un col-vert perdu dans une faille spatio-temporelle.
Il est d’ailleurs amusant de constater que ce mécanisme mémoriel est assez similaire à celui du tourisme. Sans rien enlever à l’excellence de l’enseignement et à la qualité des conditions d’études, nous sommes aussi, en étudiant ici, des sortes de touristes de long terme. Nous venons étudier à Oxford pour en garder un souvenir à jamais, souvenir matérialisé par des événements à ne pas manquer et des robes universitaires que nous garderons toute notre vie sans pouvoir les porter nulle part ailleurs que dans cette ville. Comme le col-vert susmentionné, nous nous mettons dans une faille spatio-temporelle. Une faille aussi magnifique que formatrice.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Alors que le pays se prépare à un scrutin présidentiel sans surprise fin mars, l’écrivain, très critique vis-à-vis du gouvernement, estime que la révolution de 2011 se poursuit de manière souterraine, malgré la répression policière et le musellement des médias.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Alaa Al-Aswany : « En Egypte, le même régime militaire est au pouvoir depuis 1952 »

Alors que le pays se prépare à un scrutin présidentiel sans surprise fin mars, l’écrivain, très critique vis-à-vis du gouvernement, estime que la révolution de 2011 se poursuit de manière souterraine, malgré la répression policière et le musellement des médias.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 13h37
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 16h31
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            
Mondialement connu depuis le roman L’Immeuble Yacoubian (Actes Sud, 2006), l’écrivain égyptien Alaa Al-Aswany est un commentateur engagé de la vie politique de son pays. Fervent soutien de la révolution du 25 janvier 2011 qui a renversé le président Hosni Moubarak, ce dentiste francophone de 60 ans – il exerce toujours dans la banlieue du Caire – est aujourd’hui une voix critique du président Abdel Fattah Al-Sissi. Cette opposition lui vaut d’être censuré dans les médias égyptiens. Son dernier roman, Al-Goumhouria ka’enna (« La République comme si », Dar Al-Adab, Beyrouth, 2017, à paraître en français chez Actes Sud), a été interdit en Egypte.

L’élection présidentielle de mars devrait, sans surprise, conduire à la réélection du président Abdel Fattah Al-Sissi. Quel bilan faites-vous de son premier mandat ?
Alaa Al-Aswany Je ne suis pas certain que l’on puisse parler d’élection quand le candidat de l’Etat monopolise tout, des médias à la police et à l’armée. Les autres candidats n’ont aucune chance. On l’a bien vu avec le retrait de la candidature du général Ahmed Chafik, victime de pressions, et l’arrestation du général Sami Anan.
Je suis par principe contre la dictature. Il faut tirer les leçons de l’histoire. Chaque dictature a débuté en apportant des projets qui amélioraient la vie des gens, mais a connu une fin catastrophique. Tous les Egyptiens ne partagent pas cette vision. Nombreux peuvent pardonner le fait qu’un seul monopolise le pouvoir s’il apporte des changements positifs à la société. C’était le cas avec Nasser [président de 1956 à 1970], le fondateur de la dictature égyptienne, qui est très populaire en Egypte.
Dans son Discours de la servitude volontaire, Etienne de La Boétie décrit comment, dans un pays qui vit sous la dictature, privé de liberté, émerge toujours une nouvelle génération qui a des rêves, comme les jeunes Arabes qui ont fait la révolution...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Une enquête a été ouverte contre l’ex-chef de l’Etat, alors qu’une journaliste dit avoir été victime d’un viol de la part d’un « personnage important de la vie nationale ».
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En Colombie, l’ancien président Alvaro Uribe accusé de viol

Une enquête a été ouverte contre l’ex-chef de l’Etat, alors qu’une journaliste dit avoir été victime d’un viol de la part d’un « personnage important de la vie nationale ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 13h04
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        


« Elle est dans sa chambre d’hôtel. Son chef frappe à la porte. Elle ouvre. Il la viole. » Le 19 janvier, dans les pages du quotidien colombien El Espectador, la journaliste Claudia Morales raconte un viol. Le sien. Les faits, précise-t-elle, remontent à plusieurs années. Son agresseur est « un personnage important de la vie nationale » dont elle choisit de taire le nom. Claudia Morales défend « le droit au silence » des victimes de harcèlement sexuel.
Le débat est lancé et le CV de Claudia Morales passé au crible. Sur les réseaux sociaux, les spéculations vont bon train, la liste des employeurs de Claudia circule et le nom de l’ancien président de la République Alvaro Uribe s’y détache. Mercredi 24, un Tweet du journaliste américain Jon Lee Anderson a converti la rumeur en information internationale. «#Yotambien est l’équivalent latino-américain du #MeToo. Buzz médiatique en Colombie sur les viols qu’aurait commis l’ex-président Alvaro Uribe », écrit le célèbre reporter.
M. Uribe dénonce alors une « grossière attaque politique ». « J’ai toujours été décent avec les femmes », a-t-il écrit sur son compte Twitter. A sa demande, la liste des voyages officiels auxquels Claudia Morales a participé a été rendue publique. Figure de proue de la droite dure, M. Uribe briguera aux législatives de mars un nouveau mandat de sénateur et entend peser sur la présidentielle de juin.
« Peur de parler »
Aujourd’hui âgée de 48 ans, Claudia Morales est une journaliste reconnue, au tempérament combatif. De 2003 à 2004, elle a travaillé pour le service de presse de la présidence de la République. « Depuis que la campagne #MeToo a commencé, je sentais le besoin de parler du sujet. Mais j’avais peur », écrit-elle dans sa chronique. Elle s’est finalement décidée à le faire, au vu de l’avalanche de critiques reçues par Marcela Gonzalez, une femme violentée en décembre 2017 par son mari blogueur, qui a finalement retiré sa plainte.
« Moi aussi j’aurais aimé qu’elle la maintienne. Mais qui sommes-nous pour la juger ? », interroge la journaliste. « Mon agresseur, vous le voyez et l’écoutez tous les jours », a-t-elle indiqué, à l’occasion d’une interview radio. Mais, craignant pour son intégrité et celle de sa fille, elle maintient la ligne du silence. « Claudia sait qu’elle n’a aucun moyen de prouver les faits qu’elle dénonce », explique une de ses proches, sans se prononcer sur l’identité du coupable.
« Rien n’oblige Claudia Morales à rompre son silence, ni même le doute immense qui plane sur le fait de savoir si Alvaro Uribe l’a violée. Mais un éclaircissement de sa part nous éviterait cette désagréable discussion et nous aiderait à revenir au vrai sujet qui est celui du pouvoir et du harcèlement sexuel », considère le journaliste Daniel Pacheco.
Pourquoi Claudia Morales refuse-t-elle de donner le nom de son agresseur ? « Parce que je ne suis pas Salma Hayek et qu’ici, en Colombie, nous n’avons pas une justice comparable à celle qui existe aux Etats Unis », a-t-elle affirmé à la radio. Plus de 18 000 plaintes pour viol ont été déposées en Colombie en 2017. Plus de 90 % ont été classées sans suite.
Sur la base du témoignage incomplet de Claudia Morales, le parquet s’est saisi d’office. L’enquête a été confiée au bureau des délits sexuels de Bogota.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les agences des Nations unies et les ONG présentes dans le pays subissent depuis des mois les effets négatifs des sanctions internationales sur leurs activités.
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Les sanctions onusiennes menacent l’aide humanitaire en Corée du Nord

Les agences des Nations unies et les ONG présentes dans le pays subissent depuis des mois les effets négatifs des sanctions internationales sur leurs activités.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h33
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            
Il est un domaine où les sanctions internationales visant la Corée du Nord font sentir leur effet, c’est l’action humanitaire. Difficultés pour obtenir du matériel ou des médicaments bloqués en douanes, transporteurs chinois qui se dérobent pour ne pas être dans le collimateur des autorités, complications pour les transferts des fonds destinés à financer les programmes… Autant de contraintes qui retardent la mise en œuvre de projets et conduisent parfois à leur suspension.

Les agences onusiennes, comme les six ONG européennes présentes sur place, mettent en garde depuis des mois contre les effets négatifs des sanctions sur leurs activités. Le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l’homme, Tomas Ojea Quintana, a demandé en octobre 2017 une évaluation de « l’impact négatif involontaire » des sanctions sur la population. « Nous devons faire face au problème nucléaire, mais pondérer les moyens pour atteindre ce but », a-t-il ainsi déclaré au Washington Post. Selon Tapan Mishra, coordinateur permanent des activités onusiennes à Pyongyang et représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les sanctions sont devenues une « grave préoccupation ». Au point que l’ONG Save the Children a suspendu ses projets.
Réhabilitation d’hôpitaux
« Les sanctions compliquent fortement notre action mais, dans notre cas, ne nous empêchent pas encore d’agir en faveur de populations qui ont un grand besoin d’assistance », fait valoir Shanti Moratti, responsable Asie-Caraïbes à Première urgence internationale. Présente en Corée du Nord depuis 2002, l’ONG française travaille à la réhabilitation d’hôpitaux ainsi qu’à des projets de sécurité alimentaire et de nutrition dont la construction de chèvreries afin de produire un yaourt de soja et de lait destiné à augmenter l’apport protéiné à 3 400 enfants de la province de Hwanghae du Sud.
Dans le cas de Triangle Génération humanitaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Affichant un « monolithisme idéologique » et un patriotisme sans faille, la RPDC résiste aux sanctions internationales. Mais l’ouverture progressive de son économie la rend plus vulnérable aux pressions extérieures. Au point de faire fléchir le régime ? Ce pas n’a pas encore été franchi.
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Corée du Nord : la cuirasse du régime à l’épreuve des sanctions

Affichant un « monolithisme idéologique » et un patriotisme sans faille, la RPDC résiste aux sanctions internationales. Mais l’ouverture progressive de son économie la rend plus vulnérable aux pressions extérieures. Au point de faire fléchir le régime ? Ce pas n’a pas encore été franchi.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h31
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant) et 
Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            
Quel est l’effet des sanctions décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies à la suite des essais balistiques et nucléaires nord-coréens lors de l’année 2017 ? Leur renforcement a-t-il conduit le dirigeant Kim Jong-un à plus de souplesse et à la reprise du dialogue avec la Corée du Sud à la faveur des Jeux olympique d’hiver de Pyeongchang (Corée du Sud), auxquels participeront des athlètes nord-coréens ? Soulignant dans son message du Nouvel An les progrès accomplis en matière nucléaire et balistique par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Jong-un avait annoncé au pays qu’il devait se préparer à affronter des « difficultés dans la vie quotidienne ».

Les sanctions ? « Cela fait des décennies que nous vivons avec », entend-on souvent à Pyongyang sur un ton mi-fataliste, mi-ironique. Les restrictions font partie du quotidien des Nord-Coréens, avec de fortes disparités dans la manière dont elles sont ressenties entre la capitale et la province, mais aussi entre ceux qui « nagent dans le courant » d’une économie plus dynamique qu’on le pense et la majorité de la population qui peine à joindre les deux bouts.
Une « nouvelle bourgeoisie rouge »
Pour l’instant, selon un résident étranger à Pyongyang, les sanctions se font peu sentir dans la vie quotidienne : le prix de l’essence augmente, mais les magasins sont fournis en marchandises importées, et les habitants vaquent normalement à leurs occupations. La RPDC n’est plus un pays aussi fermé sur lui-même que par le passé. Elle demeure une forteresse idéologique, mais l’évolution vers une économie de facto de marché, qui s’est accélérée depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, en 2011, a rendu le pays « plus dépendant de ses échanges extérieurs et donc plus vulnérable aux sanctions », estime Kim Byung-yeon, de l’université de Séoul, auteur d’Unveiling the North Korean Economy : Collapse and Transition (« L’économie nord-coréenne dévoilée :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Après l’abandon des poursuites de la justice suédoise l’an dernier, le fondateur de WikiLeaks pourrait retrouver la liberté si Londres accède à sa requête.
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Julian Assange demande au Royaume-Uni la levée du mandat d’arrêt à son encontre

Après l’abandon des poursuites de la justice suédoise l’an dernier, le fondateur de WikiLeaks pourrait retrouver la liberté si Londres accède à sa requête.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h18
   





                        



   


Julian Assange a déposé devant la justice britannique une requête, qui sera examinée vendredi 26 janvier, en vue d’obtenir la levée du mandat d’arrêt britannique émis à son encontre pour non-respect de ses engagements en matière de liberté conditionnelle.

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S’il obtient gain de cause, le cofondateur de WikiLeaks pourrait quitter l’ambassade d’Equateur à Londres, où il s’est réfugié depuis le 19 juin 2012 pour éviter d’être extradé vers la Suède, où il était accusé de viol.
Après qu’il eut lancé neuf recours différents (soit en première instance, soit en appel, soit devant la Cour suprême) auprès de la justice suédoise, cette dernière a finalement abandonné les poursuites le 19 mai 2017. Mais l’Australien, âgé de 46 ans, reste menacé d’une arrestation par la justice britannique.

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« Il demande la levée de son mandat d’arrêt car les Suédois ont confirmé l’annulation de leur demande d’extradition, a expliqué un porte-parole du CPS (Crown Prosecution Service), le ministère public de la Couronne. Il demande donc que son mandat d’arrêt soit également annulé. »
Prié de dire si Julian Assange pourrait sortir libre de l’ambassade d’Equateur en cas de levée du mandat d’arrêt, le porte-parole a répondu : « En théorie, oui, ce serait notre interprétation. »

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                Comprendre la situation de Julian Assange en huit questions



En décembre, l’Equateur a annoncé avoir naturalisé M. Assange, ce qui a permis aux Equatoriens de demander, le 20 décembre à Londres, le statut d’agent diplomatique pour le fondateur de WikiLeaks. Ceci lui aurait permis de sortir de l’ambassade sans être arrêté par la police britannique. Le Royaume-Uni avait rejeté la requête le lendemain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Une décision de la Commission européenne, passée inaperçue, pourrait chambouler le modèle économique du sport en France, en donnant une part plus importante encore au « sport business », estiment les avocats Gauthier Martin et Yves Wehrli dans une tribune au « Monde ».
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Une décision de la Commission européenne « brèche mortelle dans l’unité du sport français »

Une décision de la Commission européenne, passée inaperçue, pourrait chambouler le modèle économique du sport en France, en donnant une part plus importante encore au « sport business », estiment les avocats Gauthier Martin et Yves Wehrli dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h16
    |

Gauthier Martin (Avocat au cabinet Clifford Chance) et Yves Wehrli (Avocat et directeur (managing partner) du cabinet d’avocats Clifford Chance)







                        



                                


                            

Passée relativement inaperçue jusqu’à présent, une décision de la Commission européenne pourrait avoir des conséquences potentiellement majeures pour le modèle sportif français, au moment où la France se réjouit des succès de la qualification de son équipe nationale aux demi-finales de l’Euro de handball.
Dans une décision rendue le 8 décembre 2017 et prise à l’initiative de la commissaire chargée de la politique de la concurrence, la Commission s’est en effet prononcée sur un litige d’apparence anodine entre deux patineurs néerlandais et l’Union internationale de patinage (UIP). En substance, la Commission a reproché à l’UIP d’interdire aux athlètes affiliés à ses fédérations nationales membres de participer, sous peine de sanctions très sévères, à des compétitions organisées par des opérateurs indépendants de l’UIP.
La Commission a estimé que l’UIP ne pouvait pas, pour la défense de ses propres intérêts commerciaux, empêcher l’émergence de compétitions indépendantes au détriment des intérêts des sportifs désireux d’y prendre part et des organisateurs concernés. Les règles de l’UIP ayant cet effet relèvent, selon la Commission, des pratiques anticoncurrentielles et doivent être bannies.
Bien que la décision ne soit pas encore publiée et qu’à ce stade la prudence s’impose, sa portée, de l’aveu même de la Commission, dépasse le cas de la seule UIP et concerne toutes les fédérations nationales et internationales. Sans remettre en cause leur place centrale, la Commission entend ainsi rappeler qu’elles ne peuvent imposer des restrictions qui ont pour effet d’empêcher l’émergence de compétitions concurrentes si ces restrictions ne sont pas justifiées et proportionnées au regard des objectifs légitimes du sport, tels que la protection de la santé et la sécurité des athlètes notamment.
Service public
Le raisonnement vaut aussi a fortiori pour les ligues sportives, émanation des fédérations plus particulièrement en charge de l’organisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates ont scellé le 12 janvier un accord de 28 pages, visant à la fois à éviter de nouvelles élections, et débloquer la crise ouverte depuis le scrutin du 24 septembre.
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Allemagne : les négociations pour former un gouvernement reprennent

Les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates ont scellé le 12 janvier un accord de 28 pages, visant à la fois à éviter de nouvelles élections, et débloquer la crise ouverte depuis le scrutin du 24 septembre.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 12h06
   





                        


La chancelière allemande Angela Merkel s’est déclarée « optimiste », vendredi 26 janvier, en lançant la dernière ligne droite des négociations pour former « rapidement » un gouvernement en Allemagne, après quatre mois de blocages.
« Nous allons faire en sorte de négocier rapidement. Je crois que les gens attendent désormais que nous nous dirigions vers la formation d’un gouvernement », entre son camp conservateur et les sociaux-démocrates du SPD, a dit la chancelière peu avant le début des discussions. La formation d’un nouvel exécutif dans le pays ne veut pas dire « seulement un nouveau départ pour l’Allemagne, mais aussi un nouveau départ pour l’Europe », a souligné Mme Merkel.
Le président du SPD Martin Schulz a, pour sa part, insisté sur la nécessité pour une éventuelle coalition d’avoir un programme clairement proeuropéen face aux tendances isolationnistes des Etats-Unis de Donald Trump. L’objectif doit être « de faire à nouveau de l’Allemagne un leader européen », a-t-il dit.
Les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates ont scellé le 12 janvier un accord de 28 pages visant à la fois à éviter de nouvelles élections, et débloquer la crise ouverte depuis le scrutin du 24 septembre. Angela Merkel souhaite en finir le 11 février au plus tard, mais des sujets de discorde demeurent.

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                En Allemagne, entre Angela Merkel et Martin Schulz, une coalition par défaut



Trois grands points disputés
Conservateurs et sociaux-démocrates ne s’accordent pas sur l’immigration, tout d’abord. Les conservateurs ont imposé l’essentiel de leurs positions, proposant notamment une limite au nombre de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis chaque année, et une reprise bridée du regroupement familial pour les réfugiés, victoire en demi-teinte pour le SPD. Les sociaux-démocrates demandent également une réduction des inégalités face à l’assurance-maladie et moins de flexibilité sur le marché du travail.
L’accord décidé en janvier entre le SPD, le CSU et la CDU s’était attiré des critiques de toute part : l’extrême droite a jugé la politique migratoire pas assez sévère, les Verts se sont dits déçus du volet environnemental, et la gauche radicale a dénoncé le caractère « injuste » de la politique sociale esquissée.

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                Allemagne : les sociaux-démocrates approuvent le principe d’une coalition avec Merkel



Pas le droit à l’erreur
L’impatience grandit dans le pays et à l’extérieur, quatre mois après un scrutin législatif marqué par la percée de l’extrême droite et le repli des grands partis traditionnels, qui n’a pas permis de dégager une majorité claire à la chambre des députés. Une première tentative entre conservateurs, libéraux et écologistes a échoué en novembre. Angela Merkel n’a plus droit à l’erreur cette fois avec les sociaux-démocrates.
Contrainte de diriger depuis octobre un gouvernement gérant seulement les affaires courantes, la chancelière a reconnu mercredi au forum de Davos que l’absence de « gouvernement stable » la privait de moyens d’action.
Considérée, il y a encore peu, comme la dirigeante la plus puissante d’Europe, voire du monde dans certains médias des Etats-Unis, Angela Merkel, accaparée par ses problèmes internes et la controverse autour des migrants, a vu son image se tenir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Si quelques leçons techniques ont été retenues, les comportements et les attentes implicites n’ont pas réellement changé dans le secteur bancaire, constate l’économiste Gunther Capelle-Blancard, dans une tribune au « Monde ».
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Dix ans après l’affaire Kerviel : « Il faut en finir avec la culture du secret »

Si quelques leçons techniques ont été retenues, les comportements et les attentes implicites n’ont pas réellement changé dans le secteur bancaire, constate l’économiste Gunther Capelle-Blancard, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h58
    |

                            Gunther Capelle-Blancard (Professeur à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et au Laboratoire d’excellence en régulation financière-LabEx ReFi)








                        



                                


                            

Tribune. Le 24 janvier 2008, le monde financier apprend avec stupeur que la Société générale vient de réaliser une perte de 5 milliards d’euros à la suite des positions spéculatives de l’un de ses tradeurs, Jérôme Kerviel. C’est alors la plus grosse perte de trading jamais enregistrée. Dix ans après, l’affaire est encore dans les mémoires, car les rebondissements ont été nombreux.
En 2010, Kerviel est condamné en première instance à cinq ans de prison et au remboursement de la perte de 5 milliards d’euros à la Société générale, qui, malgré des carences graves de son système de contrôle interne, est dédouanée. Mais, en 2014, la Cour de cassation annule les dommages et intérêts, arguant que les fautes commises par la banque ont concouru à la fraude.
En 2016, les prud’hommes condamnent la Société générale à verser 450 000 euros à Jérôme Kerviel pour licenciement « sans cause réelle ni sérieuse », tandis que la cour d’appel de Versailles ramène les dommages et intérêts à 1 million d’euros. Dans le même temps, la Société générale est déclarée fautive. L’administration fiscale a en conséquence engagé une procédure de redressement fiscal en vue de récupérer les 2,2 milliards de déductions d’impôts dont la banque a bénéficié à la suite des pertes.
L’affaire Société générale, quelques mois après le début de la crise des crédits subprimes, avait marqué le début d’une série d’événements qui ont jeté un énorme discrédit sur le secteur financier : faillite de Lehman Brother, escroquerie de Bernard Madoff, manipulation des indices interbancaires, scandales à répétition liés aux paradis fiscaux, etc. Au-delà du débat judiciaire sur le partage des responsabilités, qui est loin d’être clos, on peut légitimement se demander ce qui a changé en dix ans.
Des pertes de trading supérieures à 100 millions de dollars
Certes, les procédures de contrôle interne des banques ont été renforcées. Pour autant, une demi-douzaine de pertes...




                        

                        


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En Egypte, une présidentielle atrophiée

Editorial. Après les islamistes, après les révolutionnaires, c’est dans son propre camp que le président-maréchal Al-Sissi fait taire toute voix dissidente.



Le Monde
 |    26.01.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
26.01.2018 à 13h13
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Elle va être longue cette campagne présidentielle en Egypte ! Deux mois nous séparent de son premier tour, qui se tiendra du 26 au 28 mars : une éternité en l’absence de véritable compétition.
Alors que les prétendants à la magistrature suprême ont jusqu’au 29 janvier pour déposer leur dossier de candidature, un cinquième candidat potentiel a été contraint de jeter l’éponge. Jeudi 25 janvier, jour anniversaire de la révolution de 2011, l’avocat Khaled Ali, célèbre pour son implication dans le domaine des droits de l’homme et déjà candidat en 2012, a annoncé son retrait. Depuis l’annonce de sa candidature, il y a trois mois, trop de menaces et d’obstacles s’étaient accumulés contre lui et ses partisans, a-t-il expliqué.
Avant Khaled Ali, quatre autres impétrants ont été empêchés ou dissuadés. L’ex-premier ministre et général à la retraite Ahmed Chafik avait été expulsé, en décembre 2017, des Emirats arabes unis, où il vivait, et avait annoncé son intention de se présenter. Après une mystérieuse disparition de vingt-quatre heures à son arrivée au Caire, il avait renoncé au terme de ce qui ressemble fort à une opération d’intimidation.

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Puis le colonel Ahmed Konsowa, autre candidat déclaré, a été condamné, en décembre 2017, à six ans de prison pour « comportement nuisant aux exigences du système militaire ».
Le 15 janvier, c’était au tour de Mohamed Anouar Al-Sadate, le neveu de l’ancien président égyptien Sadate, d’annoncer son forfait. Enfin et surtout, l’ex-chef d’état-major de l’armée, Sami Anan, a été arrêté le 23 janvier, trois jours après l’annonce de sa candidature. Accusé d’incitation à la division entre les forces armées et le peuple, et de falsification de documents officiels, il sera jugé par un tribunal militaire.

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En dehors de Khaled Ali, tous ces hommes étaient des piliers de l’ancien régime d’Hosni Moubarak. Ahmed Chafik a été le dernier premier ministre du raïs déchu en février 2011, et Sami Anan, son chef d’état-major de 2005 à 2012. L’un comme l’autre, ainsi que le colonel Ahmed Konsowa, appartiennent à l’establishment militaire, qui dirige l’Egypte depuis 1952, à l’exception de la courte présidence de l’islamiste Mohamed Morsi, seul dirigeant librement élu de l’Egypte moderne. Aucun d’entre eux, donc, ne menaçait les orientations idéologiques du régime du président Abdel Fattah Al-Sissi.
Un signe de la fébrilité du régime
C’est d’autant plus inquiétant. Après les islamistes, après les révolutionnaires, c’est dans son propre camp que le président-maréchal Al-Sissi fait taire toute voix dissidente. C’est un signe de la fébrilité du régime plus que de sa force. Et cette répression tous azimuts, si elle ne lui attire aucune critique de ses partenaires étrangers, ne va pas renforcer sa stature internationale. A l’heure du bilan de son premier mandat, le président, auteur du coup d’Etat de 2013 qui avait renversé M. Morsi, sait que ses réalisations sont insuffisantes, essentiellement dans le domaine de l’économie alors que la réduction des subventions de l’Etat aux produits de base et la chute de la livre égyptienne touchent durement les classes populaires.

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Le seul enjeu du scrutin présidentiel plébiscitaire qui s’annonce en Egypte est désormais la participation. Il y a quatre ans, il avait fallu ajouter un troisième jour de scrutin pour atteindre péniblement le taux officiel de 47,5 %, probablement truqué. Plus que jamais, la révolution de 2011 s’efface, comme un lointain mirage.



                            


                        

                        

