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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Après l’avoir décrit, mercredi, comme un « mauvais maire », le président de la Région Sud-PACA a dénoncé, jeudi 25 janvier, « l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ».
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A Marseille, Renaud Muselier attaque encore Jean-Claude Gaudin

Après l’avoir décrit, mercredi, comme un « mauvais maire », le président de la Région Sud-PACA a dénoncé, jeudi 25 janvier, « l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ».



Le Monde
 |    25.01.2018 à 18h09
    |

                            Gilles Rof (Correspondant à Marseille)








                        



   


Renaud Muselier ne demandera pas à Jean-Claude Gaudin, le maire Les Républicains (LR) de Marseille et président de la métropole, de se retirer et d’abandonner ses mandats avant leurs termes, en 2020. « Je ne lui demanderai pas parce qu’il ne lâchera jamais », a répondu, jeudi 25 janvier, le président LR de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, à une question du Monde face à un parterre de journalistes. « Mais, s’il reste, qu’il le fasse au moins au service d’un projet et pas de microrapiéçages politiques », a poursuivi l’ancien premier adjoint de M. Gaudin, élu en sa compagnie en 1995, à la mairie de Marseille.
La veille, sur l’antenne de Public Sénat, Renaud Muselier avait lancé une violente diatribe contre son ex-partenaire politique, estimant qu’il avait été « un mauvais maire » pour Marseille et qu’il avait effectué « deux mandats de trop ». Jeudi, après avoir dressé le bilan de ses neuf premiers mois à la tête de la région Sud-PACA, M. Muselier a poursuivi son offensive.
« Je n’ai rien contre Jean-Claude Gaudin. J’aime Jean-Claude Gaudin. Mais j’ai un problème majeur avec le maire de Marseille », a-t-il insisté.
« Je déteste l’immobilisme »
Ce problème, pour M. Muselier, est avant tout incarné par « l’immobilisme » qu’il perçoit dans la gestion de sa ville. « Je déteste l’immobilisme. C’est un choix politique de gestion, d’administration… Ce n’est pas le mien. Je travaille avec le maire de Nice, je vois comment Nice évolue. Je travaille avec Toulon (…) Nous n’arrivons pas à travailler avec la mairie de Marseille et la métropole. Marseille mérite mieux », a-t-il dénoncé longuement.
En guise d’exemples, le président de la région Sud-PACA s’est étonné qu’aucun dossier déposé par la ville de Marseille n’ait réussi à être éligible aux financements européens – « 1 milliard d’euros en 2018 » – ou que M.Gaudin n’arrive pas à trouver un créneau pour signer avec lui le protocole de la dotation de 120 millions d’euros que la région a voté pour soutenir la métropole. « Vous voulez que je me taise devant ces dysfonctionnements ? », a-t-il demandé, avant de dénoncer « la petite musique du tout va bien ».
La double charge de Renaud Muselier sur le bilan de Jean-Claude Gaudin, qui vit son quatrième mandat à la tête de la ville, a des causes profondes. Le président de la région, qui a, un temps, quitté la politique, n’a jamais véritablement digéré le fait que M. Gaudin ne facilite pas la transition et ne lui cède pas son fauteuil après deux mandats. M. Muselier garde aussi une violente rancœur d’avoir vu le poste de président de la métropole marseillaise lui échapper en 2008, alors qu’il possédait la majorité des élus. Un cuisant échec dans lequel il voit encore la main habile de son aîné.
L’épisode Bruno Gilles a laissé des traces
Récemment, Renaud Muselier a mal vécu un épisode plus personnel. A l’automne dernier, Jean-Claude Gaudin a soudainement décrit Bruno Gilles, sénateur très proche de M. Muselier, comme celui qu’il aimerait bien voir lui succéder. Quelques semaines plus tard, M. Gilles a été hospitalisé pour de lourds problèmes cardiaques. Une pathologie que le président de la région, également médecin, estime liée à la brusque pression politique mise sur son ami. « [Jean-Claude Gaudin] nous a expliqué qu’il nommait Bruno, mon meilleur ami. Il l’a mis dans une situation difficile et je lui en veux beaucoup pour cette raison », a-t-il glissé jeudi, évoquant pour la première fois en public cet épisode.
Si la guerre est ouvertement déclarée, Renaud Muselier se positionne-t-il pour autant comme un candidat potentiel à la mairie de Marseille ? La question n’est pas tranchée. « Je suis président de la région Sud-PACA jusqu’en 2021 et j’entends bien le rester… Mais j’aime particulièrement ma ville », s’est-il contenté de répondre. Dans son entourage, on jaugeait jeudi avec plaisir le peu de réactions des élus marseillais face à aux attaques. « Pas grand-chose sur les réseaux sociaux, pas de déclarations outrées, notait le directeur de cabinet Jean-Philippe Ansaldi. On dirait que Renaud a ouvert la porte à une protestation que beaucoup partagent. » Si le président de la majorité LR-UDI-MoDem au conseil municipal de Marseille, Yves Moraine a évoqué des « paroles à la limite de la diffamation », l’heure était à la discrétion du côté des élus LR marseillais dont beaucoup siègent à la fois à la région et au conseil municipal. « Je n’ai pas pour habitude de répondre aux insultes, aux injures et aux outrances », a réagi Jean-Claude Gaudin sur Twitter.

Je n'ai pas pour habitude dans ma vie publique de répondre aux insultes, aux injures et aux outrances surtout lorsq… https://t.co/erMfA6NKMj— jcgaudin (@Jean-Claude GAUDIN)


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.
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Après l’abandon du nouvel aéroport, Nantes solde l’héritage Ayrault

La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 17h07
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



   


Mercredi 17 janvier, à l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), elle a crié à la « trahison du grand ouest » et au « déni de démocratie ». Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes, veut désormais organiser le « rebond » de la métropole. Samedi 20 janvier, elle a réuni les acteurs-clés de l’économie, du tourisme, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Objectif : définir les priorités du territoire comme la nécessité de renforcer la connexion TGV avec Paris, l’aménagement d’une liaison ferroviaire Nantes-Rennes digne de ce nom, le financement d’un tramway desservant l’aéroport existant de Nantes-Atlantique… Pour le reste, Johanna Rolland n’a pas eu envie d’épiloguer sur les atermoiements du quinquennat Hollande, ni sur ceux de son ex-mentor Jean-Marc Ayrault qui, avant son passage à Matignon, a régné sur la ville durant près d’un quart de siècle.

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Laurence Garnier, conseillère municipale LR ayant déjà annoncé sa candidature pour 2020, sonne, elle, volontiers la charge : « L’abandon de l’aéroport, c’est quand même l’échec d’Ayrault. Quand il a été nommé premier ministre, on s’est tous dit que c’était positif pour ce dossier. Mais il a réussi l’exploit de ne rien faire. Surtout, au plan local, il avait ouvert une brèche en s’alliant avec les écologistes : ça a toujours fait planer une ambiguïté. »
« Sage décision »
Le coup d’arrêt de Notre-Dame-des-Landes « marque la fin de l’ère Ayrault », selon Pascale Chiron, élue écologiste et troisième adjointe, avant de se souvenir : « Ce dossier a pourri l’ambiance au quotidien. » « Ayrault a été un très grand maire, assure Ronan Dantec, ancien adjoint, aujourd’hui sénateur écologiste. Mais il n’a jamais eu très envie de débattre de la question de l’aéroport. Il a relancé le projet quand il s’est aperçu que le plan d’exposition au bruit menaçait de planter l’urbanisation du quartier de l’Ile de Nantes. Une fois l’obstacle levé, il n’y avait plus besoin de cet équipement. Je ne comprends pas pourquoi il s’est entêté. »
Alain Gralepois, ex-premier secrétaire fédéral du PS en Loire-Atlantique, juge que l’arbitrage rendu par Edouard Philippe est une « sage décision ». Le débat sur l’aéroport, dit-il, est passé sous l’éteignoir au sein du PS local. « Peut-être pour des raisons de solidarité, avance M. Gralepois. Moins on en parlait, mieux c’était. Seuls les membres de la commission paysanne agricole du PS ont tenté de mettre le sujet sur la table. Mais c’est resté sans suite. Comme si l’affaire était classée. » « Moi, on ne m’a jamais dit de mettre la pédale douce sur ce thème », nuance Bassem Asseh, adjoint au maire en charge du dialogue citoyen.

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Avant même la décision du gouvernement, François de Rugy, écologiste rallié au macronisme auquel des élus de tous bords prêtent des ambitions municipales à Nantes, raillait les incantations des « gloires » locales.
« M. Retailleau [ex-président des Pays de la Loire et actuel président du groupe LR au Sénat] semble oublier que son ami François Fillon a été premier ministre pendant cinq ans, confie le président de l’Assemblée élu, depuis 2007, avec le soutien du PS. Or, c’est durant cette période que la ZAD s’est enkystée. M. Ayrault, lui, a été juge et partie. En définitive, quand Hollande a stoppé l’opération d’évacuation de la ZAD en 2012, il a demandé à M. Ayrault de prendre un peu de recul. La mise en place d’une commission du dialogue a été actée et M. Ayrault n’a pas démissionné : c’est donc qu’il était d’accord avec l’arbitrage du président. »
« Nouvelle page »
« Objectivement, un premier ministre a énormément de responsabilités, note une voix importante du PS en Loire-Atlantique. L’enjeu de la France est plus important que tout. Mais il ne faut pas que Jean-Marc la ramène. Le dossier s’est enlisé quand il a été nommé à Matignon. Pour mettre fin à la grève de la faim des opposants à l’aéroport, il a promis de ne pas débuter immédiatement les travaux. »
« C’est la fin des années Ayrault, observe Ronan Dantec. Le logiciel d’aménagement de l’époque était un modèle de survie. Nantes venait de perdre ses chantiers navals, il s’agissait de concentrer les activités sur l’agglomération. Aujourd’hui, le territoire va bien, son attractivité n’est plus à démontrer. C’est le moment de jouer la carte du développement des villes moyennes. » Pascale Chiron, qui a recueilli 14,5 % des suffrages au premier tour du scrutin municipal en 2014 avant de fusionner avec la liste de Johanna Rolland, se projette elle aussi dans l’avenir : « Ce qui importe, c’est la nouvelle page que l’on va écrire. C’est un peu tôt pour savoir si chacun va s’y retrouver. Il faut aller de l’avant, ne pas traîner et jouer collectif. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Deux patrons, Louis Gallois et Pierre-André de Chalendar, un économiste Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient mardi les invités du Club de l’économie.
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Quatre regards pour une nouvelle politique industrielle

Deux patrons, Louis Gallois et Pierre-André de Chalendar, un économiste Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient mardi les invités du Club de l’économie.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h30
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Escande








                        



                                


                            
Deux patrons, Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA, et Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, un économiste, Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient les invités du Club de l’économie, mardi 23 janvier : quatre regards sur les échecs de la politique industrielle française, et quatre pistes pour changer la donne.

Elie Cohen : « Nous avons renoncé à une politique industrielle »
Nous avons renoncé depuis très longtemps à une politique industrielle. Ce qui a bien marché, le « colbertisme high-tech », était lié à une configuration politico-industrielle très particulière, avec des dispositifs fondés sur la commande publique, la préférence nationale, des grands projets d’équipement, la création de champions nationaux dans le ferroviaire, le nucléaire, l’aéronautique, etc.
Depuis qu’on a abandonné ce modèle, on ne sait plus à quel saint se vouer. On cherche à poursuivre une politique de grands projets, mais au niveau européen. Cependant, il n’y a que Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, pour dire que la cession des chantiers de l’Atlantique à l’italien Fincantieri, le démantèlement jusqu’au dernier morceau de l’ancienne Compagnie générale d’électricité et la cession d’Alstom à Siemens constituent des « progrès majeurs ». La deuxième vision insiste sur les écosystèmes territoriaux. Une troisième approche dit : « Le problème, c’est le financement. » Une autre, encore, se focalise sur l’organisation de notre système de recherche.
Le problème, c’est qu’avec des moyens limités et la multiplication d’objectifs, nous sommes sous-critique [inefficaces] dans la plupart des politiques. D’autant que chaque gouvernement veut rebattre les cartes. Tout cela suscite beaucoup d’agitation, beaucoup de rapports, et, à l’arrivée, on ne s’est pas véritablement attaqué au problème. 
Pierre-André de Chalendar : « L’écart de coûts avec l’Allemagne reste très...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La présidente (LR) de la région, Valérie Pécresse, avait déclaré vouloir mettre « le gouvernement devant ses responsabilités » en supprimant cette aide.
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Ile-de-France : la justice annule la fin de l’aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière

La présidente (LR) de la région, Valérie Pécresse, avait déclaré vouloir mettre « le gouvernement devant ses responsabilités » en supprimant cette aide.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h12
   





                        


Le tribunal administratif de Paris a annulé, jeudi 25 janvier, la décision de la région Ile-de-France adoptée en février 2016 par le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) de supprimer l’aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat.
Le tribunal a estimé que cette décision du STIF était « entachée d’une erreur de droit », selon un communiqué. Plusieurs recours avaient été déposés, dont celui du conseiller du groupe Alternative écologiste et sociale (AES) et administrateur du STIF, Pierre Serne, qui a salué dans un communiqué « une victoire qui invalide une des mesures les plus démagogiques de Valérie Pécresse depuis son arrivée à la tête de la région Ile-de-France et du STIF ». « Plus de 117 000 Franciliens pourront donc très bientôt récupérer leurs droits à une aide tarifaire, le jugement étant à exécution immédiate », ajoute le communiqué du groupe.

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          L’Ile-de-France supprime une aide aux sans-papiers



La région fait appel
La région Ile-de-France, dans un communiqué, estime de son côté que cette réduction tarifaire « est une prime à l’illégalité » et fait appel de cette décision. Le syndicat va demander « que cet appel soit suspensif, car le coût annuel de cette réduction se montait en 2015 à 43 millions d’euros, un chiffre appelé à croître compte tenu de la situation migratoire francilienne actuelle, ce qui représente l’équivalent du budget que la région consacre chaque année au financement du logement social », précise la région.
Le tribunal administratif rappelle dans son jugement que le code des transports « prévoit que les personnes dont les ressources sont inférieures à un plafond bénéficient d’une réduction tarifaire d’au moins 50 % sur leurs titres de transport », et que la région appliquait cette disposition depuis 2001, permettant aux personnes attestant de ressources inférieures au plafond de bénéficier de réduction tarifaire dans les transports, à hauteur de 75 %.
La décision du STIF, qui exclut les étrangers en situation irrégulière, méconnaît « les dispositions de l’article L.1113-1 du code des transports », qui « ne subordonnent, en effet, le bénéfice de la réduction tarifaire qu’à une seule condition de ressources, et non à une condition de régularité du séjour en France », dit le tribunal.
Une mesure jugée « injuste et xénophobe »
Valérie Pécresse, a fait savoir la semaine dernière, lors des vœux du groupe LR de la région Ile-de-France, qu’elle « mettrai[t] le gouvernement devant ses responsabilités ». « On ne peut pas dire que les immigrés en situation irrégulière ont vocation à rentrer chez eux et, en même temps, leur donner des primes pour qu’ils restent chez nous », avait-elle dit, estimant qu’il y avait « une contradiction totale dans la loi ».
Selon Me Tewfik Bouzenoune, conseiller de Pierre Serne, « cette décision dépasse largement l’Ile-de-France, puisqu’elle vise toutes les autorités organisatrices des transports en France qui ont exclu les étrangers en situation irrégulière du bénéfice de la tarification sociale ».

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Pour Céline Malaisé, présidente du groupe Front de gauche, « il faut se féliciter de cette décision, qui met fin à une mesure très injuste et xénophobe de Valérie Pécresse. Cette dernière doit maintenant prendre toutes les dispositions pour rétablir cette aide tarifaire au plus vite ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Florence Portelli et Maël de Calan, candidats à la présidence du parti en décembre 2017, reprochent le comportement « stalinien » du président de LR et laissent entendre qu’ils pourraient claquer la porte.
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La contestation gronde chez Les Républicains contre Wauquiez

Florence Portelli et Maël de Calan, candidats à la présidence du parti en décembre 2017, reprochent le comportement « stalinien » du président de LR et laissent entendre qu’ils pourraient claquer la porte.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h41
    |

            Olivier Faye








                        



   


La fronde contre Laurent Wauquiez prend corps au sein du parti Les Républicains (LR). Mécontents de la place qui leur a été réservée dans la commission nationale d’investiture du parti, et de celle qui devrait leur être accordée dans la future composition du bureau politique, Florence Portelli et Maël de Calan ont décidé d’unir leurs forces contre le président de LR. Et laissent entendre qu’ils pourraient claquer la porte s’ils ne sont pas entendus.
Les deux participants à l’élection interne de décembre 2017 contre M. Wauquiez ont organisé une conférence de presse commune, jeudi 25 janvier, à Paris. L’occasion pour l’un, Maël de Calan, de dénoncer le « signal d’exclusion » envoyé par le nouveau patron de la formation de droite, et pour l’autre, Florence Portelli, de s’en prendre à un « parti autocrate et monolithique ». « Si Laurent Wauquiez est le premier stalinien de l’histoire de la droite, ce sera sans moi », a-t-elle prévenu.
« Je ne resterai pas dans une famille politique qui ne tient pas sa parole », Vincent Jeanbrun, maire de l’Haÿ-les-Roses
La veille, les deux responsables ont envoyé un courrier commun au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour lister leurs griefs. « Le 12 décembre, écrivent-ils dans cette lettre, nous nous sommes rencontrés à ta demande. (…) Tu as pris l’engagement que nous serions représentés au sein des instances en proportion de nos scores [16,11 % pour Mme Portelli, 9,25 % pour M. de Calan]. » Mais, lors de la réunion du bureau politique, mardi 23 janvier, M. Wauquiez a affirmé devoir rogner sur leurs places pour en accorder aux proches du président du Sénat, Gérard Larcher, et à ceux du président du groupe des sénateurs LR, Bruno Retailleau.

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« Il nous a expliqué que de l’eau a coulé sous les ponts », a raconté M. de Calan, qui reproche à M. Wauquiez de « construire sur le mensonge » et de « privilégier les combinaisons entre barons à l’équilibre démocratique ». Présent à ses côtés, Vincent Jeanbrun, maire de l’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), s’est dit pour sa part « bien décidé à en découdre avec Laurent Wauquiez ». « Je ne resterai pas dans une famille politique qui ne tient pas sa parole », a ajouté M. Jeanbrun, qui assume de lancer un « ultimatum » au président de LR.
Les départs de cadres et d’élus se multiplient
C’est bien cette menace qui pèse de manière générale sur les épaules de Laurent Wauquiez, alors qu’une partie de la droite modérée estime ne plus avoir de place au sein de LR. Depuis des semaines, les départs de cadres et d’élus se multiplient, notamment en réaction à l’élection de l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy. Questionnée sur son souhait de rester ou non au sein de sa famille politique si la situation devait s’enliser, Mme Portelli a lâché, laconique : « Ça, on verra. » « Si demain Laurent Wauquiez continue à rétrécir ce parti, il signe son arrêt de mort », a précisé de son côté M. de Calan.

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« Avec Florence, nous avons encore de vraies divergences », a ajouté ce dernier, un juppéiste, à propos de la maire de Taverny (Val-d’Oise), ancienne porte-parole de la campagne présidentielle de François Fillon. Mais les deux ex-candidats ont en commun de vouloir peser. Le premier réunira d’ailleurs ses proches, samedi 27 janvier, en marge du conseil national de LR, organisé salle de la Mutualité, à Paris. Il a demandé à prendre la parole lors de l’événement. La seconde séchera le rendez-vous.
« On ne peut pas peser si on n’est pas représentés, souligne M. de Calan. Je ne suivrai pas un chef de clan, on a vocation à réunir les chapelles dans une grande cathédrale. » Et d’ajouter, cruel : « Sinon, on prévient la Miviludes [la mission interministérielle de prévention et de lutte contre les dérives sectaires]. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Deux patrons, Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA,et Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, un économiste,Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient les invités du Club de l’économie, mardi 23 janvier.Ils ont débattu sur l’état de l’industrie française et son avenir
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Peut-on encore sauver l’industrie française

Deux patrons, Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA,et Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, un économiste,Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient les invités du Club de l’économie, mardi 23 janvier.Ils ont débattu sur l’état de l’industrie française et son avenir



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h00
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Escande








                        



                                


                            

La reprise économique dévoile un tissu industriel trop faible pour répondre à la demande et incapable de trouver sur le marché les compétences dont il a besoin. Entre charges trop élevées et qualité insuffisante, les avis convergent sur l’urgence d’un sursaut par le numérique.
Les carnets de commandes sont pleins, l’investissement repart, le moral est au beau fixe. Le constatez-vous dans vos entreprises ?
Louis Gallois. Pour PSA, l’année 2018 va être solide. Alors que nous pensions que le marché de l’automobile pouvait arriver à un plateau en Europe, il a continué à progresser. Les usines tournent à plein en quatre équipes, sept jours sur sept. Pour avoir une 3008, il faut trois mois d’attente, ce que les clients supportent mal.
Pierre-André de Chalendar. Pour la première fois depuis plus de six ans, au troisième trimestre, les ventes ont augmenté autant en France, et même un peu plus, que dans le reste de l’Europe. Et en ce qui concerne les PME de la construction, qui sont nos clientes, elles ont longtemps refusé d’embaucher, préférant allonger leur carnet de commandes de plus de 20 % en un an. Depuis le mois de septembre [2017], elles ont repris les embauches, en anticipation de l’effet des ordonnances sur le travail.
La reprise est donc solide ?
Elie Cohen. Décembre sera à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire industrielle du pays. C’est la première fois depuis dix-sept ans que l’on cesse de détruire de l’emploi et que l’activité dans ce secteur repart de l’avant. Nous terminons l’année 2017 avec une croissance de la production manufacturière de 4,4 %. De plus, nous assistons à une accélération de l’investissement qui n’était pas attendue, compte tenu de la suppression des mesures d’aide à l’amortissement.
Mais deux éléments ternissent ce tableau. Le premier, c’est le commerce extérieur. Il se dégrade de tous côtés....




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-7">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Ils sont légion, ces « intrus en politique », à commencer par les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui partagent avec d’autres minorités le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.
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Etre discriminé(e) en politique

Ils sont légion, ces « intrus en politique », à commencer par les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui partagent avec d’autres minorités le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h32
    |

            Jean-Baptiste de Montvalon








                        



                                


                            

Livre. « Qui s’est invité dans un groupe, chez quelqu’un, sans avoir qualité pour y être admis, pour y être invité » : tels sont les « intrus », nous dit le Larousse. Des importuns qui s’introduisent illégitimement là où on ne les a pas conviés. L’espace politique, où l’on traite des affaires publiques, qui concernent l’ensemble des citoyens, devrait tous les accueillir – ou les représenter ; « sans distinction d’origine, de race ou de religion », selon les termes qui figurent à l’article premier de la Constitution.
Or ils sont légion, ces « intrus en politique », auxquels l’historienne Mathilde Larrère – maître de conférences à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, chroniqueuse sur les sites Arrêt sur image et Mediapart –, et Aude Lorriaux, journaliste spécialisée dans les discriminations, ont consacré – et sans doute implicitement dédié – cet ouvrage.
Ils sont légion. « Ils »… A commencer par « elles », les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui – pour celles d’entre elles qui sont parvenues tant bien que mal à s’y faire une place – partagent avec d’autres groupes discriminés (en raison de la couleur de leur peau, de leurs origines sociales, de leurs orientations sexuelles), le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.

Ce livre, fruit d’une longue enquête et d’analyses fouillées, vaut d’abord pour les témoignages de femmes et de membres de ces minorités que les auteures – « autrices », préféreraient-elles qu’on les appelle – ont recueillis, au fil de plus d’une trentaine d’entretiens avec des responsables politiques de tous bords, parmi lesquels les anciennes ministres Najat Vallaud-Belkacem, Laurence Rossignol et Cécile Duflot.
« Stigmates »
Les un(e) s et les autres disent, chacun avec ses mots, les « stigmates » dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Gilbert Cuzou, ex-membre de l’équipe de campagne du candidat socialiste, avait été exclu de son groupe politique après l’ouverture d’une enquête préliminaire, en octobre.
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Un proche de Benoît Hamon placé en garde à vue pour viol

Gilbert Cuzou, ex-membre de l’équipe de campagne du candidat socialiste, avait été exclu de son groupe politique après l’ouverture d’une enquête préliminaire, en octobre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h04
   





                        



   


Gilbert Cuzou, conseiller régional d’Ile-de-France et ancien membre de l’équipe de campagne de Benoît Hamon, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour agressions sexuelles et viol, a appris l’Agence France-presse jeudi 25 janvier de source proche du dossier, confirmant une information de Libération.
M. Cuzou, 34 ans, est visé par cinq plaintes de militantes du Parti socialiste (PS) qui ont participé de près ou de loin à la campagne pour l’élection présidentielle de Benoît Hamon. Sa garde à vue, qui a débuté mardi, était toujours en cours jeudi matin, a précisé cette source.
Après le dépôt de deux premières plaintes une enquête préliminaire avait été ouverte, en octobre. Gilbert Cuzou avait alors été exclu de son groupe politique (Alternative écologique et sociale, AES) au conseil régional, alors qu’il avait intégré la formation quelques jours plus tôt.

        Lire :
         

          La crise à l’UNEF et au MJS déteint sur Benoît Hamon



Campagne des législatives
« Les faits décrits sont graves. (…) Cette exclusion durera le temps que la justice se prononce », avait expliqué à l’époque le président du groupe AES, Mounir Satouri. Depuis, trois autres femmes ont porté plainte, dont une pour viol, pour des faits qui se seraient déroulés en juin 2017 pendant la campagne des élections législatives.
« Dans toutes les organisations dans lesquelles il y a des relations de pouvoir et des hiérarchies, on sait qu’aujourd’hui il existe des faits de harcèlement et potentiellement d’agressions sexuelles, et je ne souhaite pas que [le mouvement de dénonciation] retombe », a réagi jeudi sur France 2 Benoît Hamon, qui a fondé le mouvement Génération.s après sa défaite à la présidentielle.
Sollicité par l’Agence France-Presse, Me Philippe Ohayon, l’avocat de M. Cuzou, a mis en garde contre toute précipitation dans cette affaire. « Attention à ne pas jeter en pâture un présumé innocent alors que l’enquête est en cours », a rappelé M. Ohayon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie Sofiane Aboura estime que la crise pénitentiaire met en lumière les limites d’une approche purement répressive et judiciaire.
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Délinquance : « Faire cohabiter deux visions politiques tout à fait réconciliables »

Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie Sofiane Aboura estime que la crise pénitentiaire met en lumière les limites d’une approche purement répressive et judiciaire.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h53
    |

Sofiane Aboura (Professeur d’économie à l’université Paris-XIII-Sorbonne-Paris-Cité)







                        



                                


                            
Tribune. La préparation d’ici à fin février du « plan pénitentiaire global » demandé par Emmanuel Macron le 15 janvier aux ministres concernés est l’occasion de s’interroger sur les politiques publiques de lutte contre la délinquance. D’ordinaire, ces politiques opèrent par l’intermédiaire de deux grands leviers. Le premier correspond aux ressources mises à la disposition de la police et de la justice, comme par exemple l’actuel projet de construction de 15 000 places de prison, couplé à une amélioration des conditions de travail des personnels. Le second correspond au degré de sévérité de la décision judiciaire.
l’activité de délinquance influe sur les politiques publiques, mais celles-ci influent à leur tour sur la délinquance
Mais s’il est probable que la fermeté de la réponse pénale importe pour fixer dans l’esprit de chacun le niveau de sanction encouru, il n’est pas certain que le durcissement continu des textes réduise d’autant le phénomène de la délinquance, tout simplement parce que le délinquant n’a pas nécessairement la faculté de bien capter le signal de dissuasion émis par le législateur.
De plus, cet effet n’est pas aisé à mesurer, car l’activité de délinquance influe sur les politiques publiques (nouveaux moyens et nouveaux pouvoirs conférés, ou non, à la police et à l’administration pénitentiaire, nouveaux plafonds ou planchers des peines infligées par la justice), mais celles-ci influent à leur tour sur la délinquance. Autrement dit, la cause et la conséquence finissent par se confondre.

Au-delà de cette dimension régalienne, certes indispensable au bon fonctionnement de la société, il peut donc être intéressant d’évoquer une autre dimension possible des politiques publiques de lutte contre la délinquance, qui serait, elle, issue d’une grille d’analyse économique initialement formulée par le Prix Nobel d’économie 1992, l’universitaire américain Gary Becker (1930-2014). Celui-ci envisageait la délinquance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Robin Reda n’a pas apprécié de se faire sermonner par la présidente de la commission des lois. Celle-ci n’a pas manqué de réagir face à ses « réflexions misogynes ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ 
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Selon la chroniqueuse Françoise Fressoz, le président de la République se trouve confronté, en dehors de son gouvernement, à une droite identitaire tentée par l’extrémisme et à une droite prête au dialogue représentée par Gérard Larcher.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                   
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Macron et les trois droites

Selon la chroniqueuse Françoise Fressoz, le président de la République se trouve confronté, en dehors de son gouvernement, à une droite identitaire tentée par l’extrémisme et à une droite prête au dialogue représentée par Gérard Larcher.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h19
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            
Chronique. Face à Emmanuel Macron, il y a trois droites. La première, c’est la droite de gouvernement, celle qui a accepté au lendemain de la présidentielle de se fondre dans le macronisme à partir du raisonnement que les clivages anciens étaient dépassés. Contre le populisme devenu l’adversaire numéro un, le combat qu’elle mène est de faire émerger un social-libéralisme à la française profondément ancré dans l’Europe.
Cette droite-là a la satisfaction de faire : son carnet de réformes est bien rempli, sa mission est de les dérouler en évitant la sortie de route. Edouard Philippe, devenu démineur en chef, s’y emploie avec un évident plaisir. La contrepartie est une loyauté sans faille au chef de l’Etat qui a recomposé à sa main le paysage politique. Cela peut se payer de quelques frustrations, notamment du côté de Bercy, où Bruno Le Maire élève parfois la voix pour rappeler d’où il vient… Par exemple dans le débat sur la suppression de la taxe d’habitation : « Pas d’impôt nouveau pour la remplacer », prévient-il.

Peur de l’autre
La deuxième droite, incarnée par Laurent Wauquiez, est oppositionnelle. Elle fait le pari que le clivage gauche-droite n’est pas mort et que le président de la République échouera, comme naguère Valéry Giscard d’Estaing, à rassembler deux Français sur trois. Cette droite-là a beau être volontariste, elle souffre de deux écueils : elle a besoin de temps pour renouveler en profondeur son logiciel devenu inopérant, du fait de la stupéfiante défaite de 2017 puis de son éclatement. Elle risque, en outre, à tout moment, de sombrer dans l’extrémisme parce que le macronisme, campé au centre de l’échiquier politique, a pour effet de la repousser jusqu’aux frontières de l’extrême droite, là où fleurissent les thèmes de l’identité malheureuse, de la peur de l’autre et du rejet de l’Europe.


La troisième droite est celle qui se revendique comme telle mais ne rechigne pas au dialogue....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Plus d’un millier de suggestions, plus ou moins fantasques, ont déjà été déposées pour ce texte visant à favoriser la croissance des entreprises.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                   
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Invités à se prononcer sur la loi Pacte, les internautes se lâchent

Plus d’un millier de suggestions, plus ou moins fantasques, ont déjà été déposées pour ce texte visant à favoriser la croissance des entreprises.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h10
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Lentement mais sûrement, les compteurs grimpent. 3 237 participants, 6 208 contributions, 28 654 votes à l’heure où nous mettons sous presse. Dix jours après son lancement, le 15 janvier, la consultation publique en ligne consacrée au Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) fait des petits. « D’accord », « pas d’accord », « mitigé »… les citoyens-internautes ne se contentent de donner leur avis sur les 31 propositions retenues par Bercy. Plus d’un millier de suggestions, plus ou moins fantasques, ont d’ores et déjà été déposées.
Au ministère de l’économie, d’où le projet est piloté, on est « plutôt content ». Pacte est le grand chantier de Bruno Le Maire pour 2018. Une loi, ne cesse-t-il de répéter, destinée à « faire grandir les entreprises en associant mieux les salariés à leurs résultats ». Le projet doit être soumis au conseil des ministres à la mi-mars. Des binômes de parlementaires et de chefs d’entreprise missionnés par le gouvernement ont planché dessus tout l’automne. La consultation publique sur le site pacte-entreprises.gouv.fr en est le prolongement jusqu’au 5 février. Une « méthode originale », veut croire le ministre de l’économie, qui s’est engagé à recevoir les contributeurs les plus actifs.
Contre le plan d’épargne en actions pour les jeunes
Qu’en ressort-il, à mi-parcours ? D’abord, que les articles les plus votés et les plus commentés sont aussi ceux qui ont le plus longtemps figuré… en haut du site. En tête, la proposition visant à « rendre 100 % des démarches administratives accessibles en ligne en 30 minutes » recueille plus d’un millier d’avis positifs. On n’en compte qu’une centaine concernant la « procédure de rétablissement professionnel »
Le site a beau être épuré, agréable à utiliser, il est évident que les curieux prennent rarement la peine de le visiter intégralement. Pour rééquilibrer la consultation, Bercy a suggéré au prestataire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le Parlement européen vote en commission le principe d’une liste paneuropéenne pour 27 eurodéputés.
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Listes transnationales pour les élections européennes  : une première étape franchie pour Macron

Le Parlement européen vote en commission le principe d’une liste paneuropéenne pour 27 eurodéputés.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h45
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            
La partie n’est pas gagnée. Mais la proposition controversée d’Emmanuel Macron de créer des listes transnationales pour les élections européennes de 2019 a franchi une première étape, importante, mardi 23 janvier, avec un vote favorable (très net) de la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen.
Au moment du divorce avec le Royaume-Uni, en mars 2019, 27 des 73 sièges d’eurodéputés britanniques « libérés » par le Brexit reviendraient à ces listes transnationales, constituées d’Européens choisis au sein d’une circonscription unique, aux dimensions de l’Union. Le président français, qui s’était fait suggérer cette idée par Daniel Cohn-Bendit au moment du Brexit, alors qu’il était encore ministre de l’économie, avait lancé ce projet lors de son discours de la Sorbonne, en septembre 2017.
Il s’agit d’une vieille revendication des fédéralistes européens, censée renforcer chez les citoyens du continent leur sentiment d’appartenance à l’Union. Les opposants aux listes transnationales, comme l’eurodéputé juppéiste Alain Lamassoure, dénonçaient au contraire une fausse bonne idée, « qui va éloigner les électeurs de leurs élus ». Si une majorité des conservateurs du Parti populaire européen (PPE) étaient sur cette ligne, la plupart d’entre eux ont pourtant cédé aux arguments macroniens, lors du vote de mardi. Le Belge Guy Verhofstadt, chef de file des libéraux au Parlement (ALDE), n’aurait pas ménagé sa peine pour les convaincre.

Obtenir l’aval unanime des Etats membres
« C’est une étape importante vers la concrétisation de la proposition du président de permettre aux citoyens de voter, à côté de députés élus sur des listes nationales, pour les mêmes parlementaires européens partout en Europe », se félicitait-on à l’Elysée, dans la foulée du vote. Le principe des listes transnationales doit encore être confirmé en séance plénière à Strasbourg, le 7 février. Surtout, il doit obtenir l’aval unanime des Etats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Les stratèges de l’Elysée réfléchissent aux moyens de contourner le Sénat si nécessaire.
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Les armes de Macron en cas de blocage sur la révision constitutionnelle

Les stratèges de l’Elysée réfléchissent aux moyens de contourner le Sénat si nécessaire.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h17
    |

            Solenn de Royer et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            
Les grandes manœuvres peuvent commencer. Emmanuel Macron sait désormais à quoi s’en tenir sur les intentions de Gérard Larcher. Reçu mardi 23 janvier à l’Elysée, le président du Sénat a présenté au chef de l’Etat les conclusions de son rapport sur la réforme constitutionnelle, qui contient les fameuses « lignes rouges » que M. Larcher ne souhaite pas franchir, dont la limitation du nombre de mandats consécutifs des parlementaires ou encore, excepté à certaines conditions, la réduction du nombre de sénateurs.
A l’Elysée, où l’on répète que la réforme devra être ficelée avant l’été, on préfère croire que le consensus reste possible. « Tout est sur la table, on va voir dans quelle mesure les points de vue peuvent converger », résume un conseiller du palais, qui parle d’un chantier « work in progress ».
« C’est le jeu politique normal, se rassure un autre conseiller de l’exécutif. Le président du Sénat nous met la pression, mais lui aussi a la pression. Il sait qu’il y a une attente très forte dans l’opinion sur la réduction du nombre de parlementaires ou la limitation du cumul dans le temps. »
M. Macron a plusieurs options pour faire passer sa réforme, dont la voie classique : un vote des deux assemblées dans les mêmes termes, suivi d’un vote des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès. En cas de blocage du Sénat, ou si le vote aux trois cinquièmes semble trop périlleux (la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy était passée à une voix près en 2008), le président a la possibilité de passer par la voie référendaire, par le biais de l’article 89 ou de l’article 11 de la Constitution. « Si le président devait être impopulaire dans quelques mois, l’arme du référendum serait un danger, met en garde un député macroniste. Dans le cas contraire, il peut tenter un coup contre les conservatismes. »
Parer à d’éventuels chantages ou blocages
Jusqu’à présent, l’Elysée a toujours assuré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Analyse. L’alourdissement de la fiscalité du tabac et des taxes environnementales va davantage pénaliser les ménages les plus modestes. Pour la journaliste Audrey Tonnelier, le gouvernement, qui a fait du pouvoir d’achat son cheval de bataille, devra en tenir compte.
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Fiscalité verte : un « sujet explosif » pour l’exécutif

Analyse. L’alourdissement de la fiscalité du tabac et des taxes environnementales va davantage pénaliser les ménages les plus modestes. Pour la journaliste Audrey Tonnelier, le gouvernement, qui a fait du pouvoir d’achat son cheval de bataille, devra en tenir compte.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 10h30
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Analyse. L’étiquette de « président des riches » colle à la peau d’Emmanuel Macron. L’examen du budget, marqué par une baisse drastique de la fiscalité du capital – suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital –, a donné aux oppositions l’occasion de dénoncer l’iniquité des mesures fiscales et sociales de la nouvelle majorité. Un sujet est pourtant passé sous les radars de la polémique : celui de l’alourdissement de fiscalité du tabac et des taxes environnementales. Or il est loin d’être anodin pour le portefeuille des Français, notamment les plus modestes.
En 2018, la fiscalité sur les carburants et l’énergie devraient rapporter 3,7 milliards d’euros à l’Etat
Au 1er janvier, la fiscalité sur les carburants et l’énergie a été relevée : hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, de celle sur le gaz naturel et alignement progressif de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. En 2018, ces dispositifs doivent rapporter 3,7 milliards d’euros à l’Etat. Quant au prix du paquet de cigarettes, il augmentera de 3 euros en moyenne d’ici à 2020, avec une prochaine hausse en mars.
En moyenne, cette année, « les mesures de soutien au pouvoir d’achat [suppression progressive de la taxe d’habitation, allégement de la fiscalité du capital, crédit d’impôt pour l’emploi de personnes à domicile…] seront plus que contrebalancées par une augmentation de la fiscalité [environnementale et sur le tabac] », souligne l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans sa dernière étude, parue mi-janvier. En 2018, le niveau de vie des 5 % de foyers les plus pauvres devrait être amputé de 1,4 % sous l’effet conjugué de ces deux prélèvements.
Passe d’armes
Le gouvernement explique que ces mesures fiscales visent autant, sinon plus, à faire évoluer les habitudes des contribuables qu’à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Audrey Tonnelier estime que l’entreprise de réhabilitation de la marque France menée par l’exécutif, si elle ne porte pas ses fruits tout de suite, a cependant une chance d’aboutir à des résultats concrets.
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Macron et la « diplomatie économique »

Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Audrey Tonnelier estime que l’entreprise de réhabilitation de la marque France menée par l’exécutif, si elle ne porte pas ses fruits tout de suite, a cependant une chance d’aboutir à des résultats concrets.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 10h03
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Tendance France. C’est un proche d’Emmanuel Macron qui le soulignait, avant le sommet « Choose France », organisé par le chef de l’Etat au château de Versailles, lundi 22 janvier. « Autrefois, il y avait l’agenda économique d’un côté, le temps de la diplomatie de l’autre. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant. Nous avons besoin que les agendas se rapprochent pour répondre aux défis auxquels nous faisons face – inégalités, dérèglement climatique, gouvernance mondiale. »

Comme souvent à l’arrivée d’un nouveau gouvernement, il y a une part de raccourci dans ces propos. La « diplomatie économique » n’est pas née avec l’arrivée à l’Elysée de M. Macron. Au début du mandat de François Hollande, à la mi-2012, Laurent Fabius avait repris la main sur ces questions avec la création, au sein du ministère des affaires étrangères, d’une direction des entreprises. Placer les ambassadeurs à la tête de l’« équipe de France de l’export », organiser des journées portes ouvertes en direction des PME… cela faisait partie de la feuille de route du Quai d’Orsay. En 2014, M. Fabius avait même obtenu du premier ministre, Manuel Valls, que lui soient rattachés le commerce extérieur et le tourisme. Au grand dam de Bercy.

Quant aux « conseils stratégiques de l’attractivité », ils réunissaient chaque année, sous le précédent quinquennat, des dirigeants de groupe étrangers à l’Elysée, même s’ils étaient plutôt une vingtaine que cent quarante, comme lundi, et que les annonces d’investissements se mesuraient davantage en millions qu’en milliards d’euros. En 2016, le nombre de projets d’investissements étrangers dans l’Hexagone avait progressé de 30 %, en lien avec la reprise économique et les mesures proentreprises (CICE, pacte de responsabilité), selon la dernière étude du cabinet EY.
Question d’image
En dépit de ces efforts, la France demeure à la traîne de ses voisins, notamment de l’Allemagne. En 2017, elle ne représentait plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le député européen Arnaud Danjean revient sur la prochaine loi de programmation militaire 2019-2025, qui sera présentée en conseil des ministres le 8 février.
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« Les orientations choisies par Emmanuel Macron pour les armées sont équilibrées »

Le député européen Arnaud Danjean revient sur la prochaine loi de programmation militaire 2019-2025, qui sera présentée en conseil des ministres le 8 février.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 09h15
    |

            Nathalie Guibert








                        



   


Dévoilées vendredi 19 janvier à Toulon, les grandes orientations décidées par Emmanuel Macron pour la prochaine loi de programmation militaire 2019-2025 – qui sera présentée le 8 février en conseil des ministres – sont bonnes, à condition que les engagements budgétaires soient vraiment au rendez-vous, estime le député européen (groupe PPE) Arnaud Danjean. Expert des sujets de défense, il a piloté la « revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017 » à la demande du chef de l’Etat.

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Face à « l’ère de grandes turbulences » qu’a décrite la « revue stratégique », le président a annoncé qu’il voulait d’abord « consolider les armées » et « les projeter vers l’avenir ». Comment jugez-vous les orientations prises ?
Il y avait deux points auxquels nous prêtions beaucoup d’attention lors de la préparation de la « revue stratégique » et que le président a traités.
Le premier est le rééquilibrage des cinq grandes fonctions stratégiques de l’outil de défense : dissuasion, protection, connaissance-anticipation, intervention, prévention. Cela implique notamment des investissements très concrets, en vue de poursuivre la montée en puissance de la « connaissance et anticipation », c’est-à-dire des moyens pour le renseignement. Pour l’heure, la France a des lacunes qui ont des conséquences très directes sur son autonomie stratégique : il lui manque des avions légers de reconnaissance, des drones, des équipements satellitaires.
Le deuxième point, qui n’était pas forcément évident, et sur lequel le chef d’état-major, François Lecointre, avait insisté, c’est le besoin de régénérer les armées, ce que nous avons traduit par la « soutenabilité » du modèle. Cela concerne les conditions de vie du soldat, jusqu’à ses équipements, et la modernisation des matériels. La prise en compte de la condition militaire était très importante. Si on avait augmenté le budget sans que les soldats en sentent l’impact sur leur quotidien, l’effort aurait été vain. Conforter le soutien est extrêmement important pour durer.
Quand de l’argent frais arrive dans les armées, la tentation habituelle est d’aller vers des équipements très sophistiqués, sur le « haut du spectre » (frégates, blindés lourds…). Les militaires avaient insisté pour que la modernisation signifie consolidation, et le président a annoncé des patrouilleurs, des blindés médians. Cela pouvait être un point de friction, car quand un nouveau pouvoir arrive, il peut avoir la tentation d’annoncer des choses très spectaculaires. Le président a choisi de garder un modèle complet, avec des orientations équilibrées.
Il promet une augmentation de l’effort militaire de plus de 11,5 milliards d’euros d’ici à 2023, est-ce crédible ?
On ne peut qu’être satisfait, par rapport aux tendances inverses des deux précédents quinquennats. Le point de vigilance très important, maintenant, va être la sincérité des engagements budgétaires, jusqu’au bout. Prévoir une « marche » de 3 milliards d’euros en 2023, après le quinquennat, jette un peu de suspicion. Les précédents sont fâcheux, il y a toujours eu une explosion de la loi de programmation au bout de deux ans. Où ira se « venger » Bercy ? Comment gérer la compétition avec les autres ministères moins privilégiés ? Sur les réformes prévues, notamment au sujet de l’indisponibilité des matériels aéronautiques, il va vraiment falloir que le ministère des armées démontre des améliorations concrètes.
Est-ce une bonne chose que le président évoque à peine les « contrats opérationnels », c’est-à-dire le volume d’opérations que les armées doivent réaliser ? Ils étaient largement dépassés, ce qui nourrissait le débat sur la surchauffe des armées…
Il n’y a plus, dans la « revue stratégique » ni dans le discours du président, d’obsession du contrat opérationnel. Il y avait beaucoup de prises de bec entre les armées, et entre les armées et les politiques, sur ce sujet, les premières disant qu’on les avait engagées en opérations 30 % au-delà des ressources qui leur étaient allouées.
La tentation, quand le budget augmente, est d’augmenter aussi les contrats, en disant que les armées doivent faire plus. Emmanuel Macron garde le contrat constant, soit « outre les missions permanentes, être capable de s’engager dans la durée et simultanément sur trois théâtres d’opérations, avec la capacité d’assumer le rôle de nation-cadre sur un théâtre et d’être un contributeur majeur au sein d’une coalition ».
François Hollande avait eu un peu facilement recours à l’armée, il y a eu une fuite en avant opérationnelle. On injecte maintenant de l’argent à contrat constant, donc l’effort va aller à la consolidation des armées. La référence permanente du président est celle d’une approche globale avec la diplomatie, le développement et les armées, inscrites dans ce panorama. La fonction de prévention des crises par les armées est confortée, ce qui signifiera une utilisation optimale des forces prépositionnées à l’étranger et dans les DOM-COM.
Le volontarisme européen tous azimuts du président est-il crédible ?
Quelques mois après son discours de la Sorbonne, et après la « revue stratégique » qui insiste sur la coopération, il va falloir passer à la vitesse supérieure. Paris doit d’abord faire de la pédagogie : nos partenaires n’ont pas encore compris le sens de toutes les initiatives lancées, il y a encore beaucoup de questions et de doutes. Les chancelleries et les états-majors commencent à se parler, mais, à Bruxelles, mes collègues parlementaires n’ont encore rien vu venir.

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Ensuite, il faut entrer dans la mise en œuvre. Nos partenaires ont compris qu’on était prêt à s’affranchir des cadres institutionnels pour mettre de la flexibilité dans les coopérations européennes. Cela plaît beaucoup aux Britanniques, moins aux Allemands. De plus, on dit qu’on sera tout à la fois les bons élèves de l’OTAN, de l’UE, et prêts à faire plein de choses en dehors : il va falloir faire des choix, on ne pourra pas alimenter à bon niveau tous ces partenariats. Il faut des réponses aux vraies questions posées sur les dossiers du futur système de combat aérien, du drone européen, du blindé du futur, quant au choix des industriels, du pays leader.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Un collectif d’une trentaine de militantes et de militants juge que l’égalité hommes-femmes, dans la société mais aussi au sein du Parti socialiste, doit être au cœur du congrès d’Aubervilliers des 7 et 8 avril.
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« La lutte contre les violences faites aux femmes et du combat pour l’égalité réelle doit être au centre de la refondation du PS »

Un collectif d’une trentaine de militantes et de militants juge que l’égalité hommes-femmes, dans la société mais aussi au sein du Parti socialiste, doit être au cœur du congrès d’Aubervilliers des 7 et 8 avril.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h01
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Depuis plusieurs mois, les dénonciations de harcèlements et d’agressions sexuelles se sont multipliées. Elles ont mis en lumière des comportements intolérables à l’intérieur même de notre formation politique. Ces révélations ne sont que la partie visible d’une situation inégalitaire, dont les racines sont sociales et culturelles et les sources d’alimentation multiples.
Les inégalités symboliques, politiques, monétaires ou domestiques que subissent les femmes sont doublement à l’origine de ces violences : relevant de tous les aspects professionnels et citoyens de leur vie de femme, elles alimentent un état qui se voudrait de fait ; parfois contestées dans leur réalité, ces inégalités nourrissent une position de faiblesse des femmes, notamment vis-à-vis de leur agresseur. Elles entravent leur parole et leurs initiatives, contestent leurs libertés et contrarient la quête d’une égalité réelle.
Des féminismes
Des courants féministes se sont fait les hérauts de ces combats depuis de nombreuses décennies. Les débats issus des courants #MeToo et #BalanceTonPorc ont montré qu’il n’existait pas un féminisme mais des féminismes. En souhaitant s’emparer de ce sujet, un parti politique ne doit pas se substituer à ces luttes ou encore moins s’accaparer leurs sujets. Il est néanmoins de la responsabilité d’un parti progressiste et socialiste de les considérer comme prioritaires et d’apporter des réponses politiques à des injustices sociales.
Le prochain congrès d’Aubervilliers des 7 et 8 avril ne peut passer à côté de la question de l’égalité femmes-hommes. Les militantes et les militants ne comprendraient pas que notre formation, ébranlée comme elle l’a été, n’en tire toutes les conséquences.
Cette prise de conscience passe avant tout par la formation de nos militants, cadres et élus. En effet, pour mieux protéger les potentielles victimes, il est nécessaire de pouvoir prendre en compte les signaux faibles de la maltraitance. Pour agir contre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Livre. Dans son essai « Dans ce clair-obscur surgissent les monstres », le commissaire européen aux affaires économiques et financières et homme de gauche Pierre Moscovici revient sur trente-cinq années de combats et de choix politiques.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
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Requiem pour une gauche défunte

Livre. Dans son essai « Dans ce clair-obscur surgissent les monstres », le commissaire européen aux affaires économiques et financières et homme de gauche Pierre Moscovici revient sur trente-cinq années de combats et de choix politiques.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h01
    |

            Alain Beuve-Méry








                        



                                


                            

Livre. Pierre Moscovici est définitivement un honnête homme. À 60 ans, et alors que son mandat de commissaire européen aux affaires économiques et financières court encore jusqu’en novembre 2019, il éprouve le besoin de se retourner sur ses trente-cinq années de vie publique. Il se livre à un examen de conscience des choix politiques qu’il a fait, des combats qu’il a menés, des hommes qu’il a suivis ou regardé : Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande et Emmanuel Macron. Il est en revanche trop jeune pour avoir bien connu François Mitterrand.
« Ce quinquennat fut bien celui des réussites inconnues ou méconnues, et d’échecs qui tuent », écrit-il d’emblée. Tout est dit ou presque. En 2012, le Parti socialiste a tous les leviers du pouvoir en main, y compris le Sénat. Cinq ans plus tard, c’est un vaste champ de ruines et les valeurs de la gauche sont en lambeaux. Ce spectacle lui semble vertigineux et improbable. Pour Pierre Moscovici, il reste d’ailleurs de son expérience gouvernementale comme ministre de l’économie et des finances (mai 2012-Mai 2014), une blessure non cicatrisée : l’affaire Cahuzac, « ce mensonge d’Etat » qui a durablement terni l’image de la gauche.
Avènement d’un nouveau « moment européen »
Dans ces conditions, l’Union européenne demeure sa planche de salut et l’actuel commissaire explique comment la révolution de la transparence financière qu’il a menée au sein de la commission Juncker rendrait aujourd’hui impossible la défense pratiquée alors par Jérôme Cahuzac, grâce à la mise en place de l échange automatique d’information. Il montre aussi comment l’actuelle Commission œuvre à bas bruit pour l’avènement d’un nouveau « moment européen », auquel Emmanuel Macron et Angel Merkel, soutenu par le SPD pourront donner l’élan politique. C’est d’après lui le seul moyen de faire reculer les populismes qui demeurent une menace en Europe.
Pour Pierre Moscovici la lutte contre les inégalités...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ L’élu des Yvelines a présenté mercredi quarante propositions. Il s’oppose fermement au non-cumul des mandats dans le temps.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/01/2018
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Révision constitutionnelle : le président du Sénat Gérard Larcher affiche sa fermeté face à Macron

L’élu des Yvelines a présenté mercredi quarante propositions. Il s’oppose fermement au non-cumul des mandats dans le temps.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h18
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
Il a montré sa volonté d’instaurer un vrai rapport de force avec Emmanuel Macron. Le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, a affiché de sérieuses réserves vis-à-vis de la révision constitutionnelle voulue par le président de la République, mercredi 24 janvier, en présentant les quarante propositions de son institution. D’emblée, l’élu des Yvelines a donné le ton, en indiquant qu’il n’était pas prêt à soutenir une telle réforme si elle « devait se résumer, in fine, à un artifice politique sans lendemain qui affaiblirait le rôle du Parlement ou qui fragiliserait la représentation des territoires ».
Appelant à ne pas « céder à une vague d’antiparlementarisme ou de populisme », il a confirmé les points de blocage, qui subsistent pour la majorité sénatoriale, dominée par la droite. Ils concernent deux axes phares : la réduction du nombre de parlementaires et la limitation à trois du nombre de mandats consécutifs pour les élus locaux et les parlementaires. M. Larcher a réaffirmé avec force son opposition à ces deux mesures voulues par M. Macron et défendues par le président (La République en marche) de l’Assemblée nationale, François de Rugy, jugeant qu’elles « ne résoudront pas la crise politique ».
Concernant le premier point, il entend limiter les sièges de parlementaires à supprimer. Alors que M. de Rugy propose que le nombre de députés soit ramené de 577 à 400 – dont 100 élus à la proportionnelle – et celui des sénateurs de 348 à 240, M. Larcher plaide, lui, pour maintenir 264 sénateurs. Et il juge « trop » élevée la dose de proportionnelle de 30 % voulue par M. de Rugy pour l’élection des députés, estimant plus acceptable un taux autour de 15 %. Au nom de la « juste représentation des territoires », il estime également « indispensable » la présence d’« au moins un député et un sénateur par département ».
Sur le second point, il s’est montré catégorique : « La limitation...




                        

                        

