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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.
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Après l’abandon du nouvel aéroport, Nantes solde l’héritage Ayrault

La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 17h07
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



   


Mercredi 17 janvier, à l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), elle a crié à la « trahison du grand ouest » et au « déni de démocratie ». Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes, veut désormais organiser le « rebond » de la métropole. Samedi 20 janvier, elle a réuni les acteurs-clés de l’économie, du tourisme, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Objectif : définir les priorités du territoire comme la nécessité de renforcer la connexion TGV avec Paris, l’aménagement d’une liaison ferroviaire Nantes-Rennes digne de ce nom, le financement d’un tramway desservant l’aéroport existant de Nantes-Atlantique… Pour le reste, Johanna Rolland n’a pas eu envie d’épiloguer sur les atermoiements du quinquennat Hollande, ni sur ceux de son ex-mentor Jean-Marc Ayrault qui, avant son passage à Matignon, a régné sur la ville durant près d’un quart de siècle.

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Laurence Garnier, conseillère municipale LR ayant déjà annoncé sa candidature pour 2020, sonne, elle, volontiers la charge : « L’abandon de l’aéroport, c’est quand même l’échec d’Ayrault. Quand il a été nommé premier ministre, on s’est tous dit que c’était positif pour ce dossier. Mais il a réussi l’exploit de ne rien faire. Surtout, au plan local, il avait ouvert une brèche en s’alliant avec les écologistes : ça a toujours fait planer une ambiguïté. »
« Sage décision »
Le coup d’arrêt de Notre-Dame-des-Landes « marque la fin de l’ère Ayrault », selon Pascale Chiron, élue écologiste et troisième adjointe, avant de se souvenir : « Ce dossier a pourri l’ambiance au quotidien. » « Ayrault a été un très grand maire, assure Ronan Dantec, ancien adjoint, aujourd’hui sénateur écologiste. Mais il n’a jamais eu très envie de débattre de la question de l’aéroport. Il a relancé le projet quand il s’est aperçu que le plan d’exposition au bruit menaçait de planter l’urbanisation du quartier de l’Ile de Nantes. Une fois l’obstacle levé, il n’y avait plus besoin de cet équipement. Je ne comprends pas pourquoi il s’est entêté. »
Alain Gralepois, ex-premier secrétaire fédéral du PS en Loire-Atlantique, juge que l’arbitrage rendu par Edouard Philippe est une « sage décision ». Le débat sur l’aéroport, dit-il, est passé sous l’éteignoir au sein du PS local. « Peut-être pour des raisons de solidarité, avance M. Gralepois. Moins on en parlait, mieux c’était. Seuls les membres de la commission paysanne agricole du PS ont tenté de mettre le sujet sur la table. Mais c’est resté sans suite. Comme si l’affaire était classée. » « Moi, on ne m’a jamais dit de mettre la pédale douce sur ce thème », nuance Bassem Asseh, adjoint au maire en charge du dialogue citoyen.

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Avant même la décision du gouvernement, François de Rugy, écologiste rallié au macronisme auquel des élus de tous bords prêtent des ambitions municipales à Nantes, raillait les incantations des « gloires » locales.
« M. Retailleau [ex-président des Pays de la Loire et actuel président du groupe LR au Sénat] semble oublier que son ami François Fillon a été premier ministre pendant cinq ans, confie le président de l’Assemblée élu, depuis 2007, avec le soutien du PS. Or, c’est durant cette période que la ZAD s’est enkystée. M. Ayrault, lui, a été juge et partie. En définitive, quand Hollande a stoppé l’opération d’évacuation de la ZAD en 2012, il a demandé à M. Ayrault de prendre un peu de recul. La mise en place d’une commission du dialogue a été actée et M. Ayrault n’a pas démissionné : c’est donc qu’il était d’accord avec l’arbitrage du président. »
« Nouvelle page »
« Objectivement, un premier ministre a énormément de responsabilités, note une voix importante du PS en Loire-Atlantique. L’enjeu de la France est plus important que tout. Mais il ne faut pas que Jean-Marc la ramène. Le dossier s’est enlisé quand il a été nommé à Matignon. Pour mettre fin à la grève de la faim des opposants à l’aéroport, il a promis de ne pas débuter immédiatement les travaux. »
« C’est la fin des années Ayrault, observe Ronan Dantec. Le logiciel d’aménagement de l’époque était un modèle de survie. Nantes venait de perdre ses chantiers navals, il s’agissait de concentrer les activités sur l’agglomération. Aujourd’hui, le territoire va bien, son attractivité n’est plus à démontrer. C’est le moment de jouer la carte du développement des villes moyennes. » Pascale Chiron, qui a recueilli 14,5 % des suffrages au premier tour du scrutin municipal en 2014 avant de fusionner avec la liste de Johanna Rolland, se projette elle aussi dans l’avenir : « Ce qui importe, c’est la nouvelle page que l’on va écrire. C’est un peu tôt pour savoir si chacun va s’y retrouver. Il faut aller de l’avant, ne pas traîner et jouer collectif. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Des habitants ont pris en main le destin de Buiksloterham, un quartier de friches portuaires dans la capitale. Ils veulent en faire un laboratoire pour une ville durable et décentralisée.
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A Amsterdam, le quartier qui veut « pirater la ville »

Des habitants ont pris en main le destin de Buiksloterham, un quartier de friches portuaires dans la capitale. Ils veulent en faire un laboratoire pour une ville durable et décentralisée.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h10
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


A priori, l’endroit n’a rien de séduisant. Docks déserts, entrepôts abandonnés, terrains vagues sablonneux… Le quartier de Buiksloterham, dans la partie nord d’Amsterdam, a connu ses heures de gloire au milieu du XXe siècle, lorsqu’il abritait des usines et des hangars de construction d’avions et des chantiers navals. Déserté depuis une vingtaine d’années, il renaît aujourd’hui de ses cendres, et est devenu, en l’espace de cinq ans, l’un des lieux les plus en vue de la capitale des Pays-Bas.
S’agit-il là d’une énième histoire de gentrification d’un ex-quartier industriel, colonisé par des jeunes et des familles en quête d’espace et de logements moins chers ? Certainement, mais pas seulement. Les habitants ont fait de cette zone un laboratoire urbain où ils testent de nouvelles manières de construire leur logement, de consommer ou de partager des ressources. Une sorte de village écologique et technologique, face de la gare centrale d’Amsterdam, qui veut inventer une nouvelle manière de vivre, très décentralisée, qui s’affranchit des grandes infrastructures municipales d’eau ou d’énergie et prône le retour à l’ultralocal.
Pour prendre le pouls de Buiksloterham, direction son quartier général : De Ceuvel, un village pour start-up et de travailleurs indépendants installés depuis trois ans dans un ancien chantier naval. Là, une douzaine de péniches remontées sur la terre ferme ont été transformées en bureaux ou en espaces de coworking, « où l’on essaie d’appliquer, à tous les niveaux, les principes de l’économie circulaire [le recyclage, la récupération des ressources et l’autoproduction écologique] », explique Chandra van der Bande, l’un des fondateurs du site, consultant dans une agence spécialisée en numérique et développement durable.

   


Production d’énergie et « joliette »
Et cela commence par l’énergie. De Ceuvel produit son électricité verte grâce à ses panneaux solaires installés sur les toits. Un système de batteries stocke le trop-plein, et des écrans permettent d’observer en temps réel l’énergie produite et consommée dans chaque « bateau ». Objectif : limiter le recours, le plus possible, au réseau électrique central.
De Ceuvel est aussi en train de créer un réseau local d’énergie à l’échelle du quartier, adossé à une monnaie virtuelle, la « joliette », sécurisée par une blockchain. Pour Chandra van der Bande, qui accueille régulièrement des visiteurs de Corée, du Japon, d’Espagne, de Taïwan :
« L’idée, c’est de permettre à tous les habitants d’échanger, vendre ou acheter l’énergie qu’ils produisent. La monnaie a aussi vocation à être utilisée entre les habitants du quartier, pour échanger des biens ou des services. »

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Car le site de De Ceuvel est ouvert au public, à la manière d’un démonstrateur de la ville durable. Pour accueillir les visiteurs, un « hôtel écologique » a ouvert dans quatre péniches amarrées à un quai. Un marché bio s’y tient toutes les semaines, un restaurant végétarien tout en bois où est servi une cuisine réalisée « à base des produits issus de circuits courts ». Les fourneaux tournent au biogaz créé par un méthaniseur qui « exploite les déchets des toilettes ». Une serre a été aménagée sur les toits, avec potager et « des cultures en aquaponie », c’est-à-dire utilisant les déchets des poissons comme engrais naturel.
Des plantes ont été disséminées sur tout le site pour dépolluer les sols de ses éléments toxiques, selon les préceptes de la phytoremédiation. Pour que le site fonctionne normalement, les membres de De Ceuvel – une cinquantaine de personnes – ont mis en place « un service communautaire » afin que chaque membre « donne un peu de son temps pour des travaux manuels, pour animer une formation, aider lors d’un festival ou créer une œuvre d’art ».
Un premier projet immobilier abandonné
Si elle en est presque caricaturale, cette petite communauté, pionnière de cette ex-zone malfamée d’Amsterdam, n’est pas la seule à s’y être installée. D’autres ont suivi. Pour comprendre, il faut revenir en arrière. Tout a commencé avec la crise de 2008, qui touche brutalement le secteur de l’immobilier néerlandais. Les grands projets des promoteurs immobiliers imaginés pour Buiksloterham sont stoppés en cours de route, laissant des constructions abandonnées.

   


C’est alors que des résidents d’Amsterdam – architectes, ingénieurs, activistes de l’environnement – se rassemblent. Ils décident de prendre en main le développement de cette zone, et d’en faire un quartier régi par les principes de l’économie circulaire, avec des maisons ou des petits immeubles en autoconstruction. La mairie, propriétaire des terrains, soutient le projet. Leurs réunions débouchent en mars 2015 sur le manifeste « Buiksloterham circulaire », signé par une vingtaine de parties prenantes.
Dans ce document figurent les préceptes qui guident la construction du quartier : le recyclage, l’autoproduction d’énergie, l’objectif zéro déchet, les infrastructures zéro émission, l’implication des habitants à tous les niveaux de décision, la mixité des usages des bâtiments (habitations et bureaux), l’utilisation du numérique pour fédérer la communauté…
Le développement du quartier connaît une poussée d’accélération en 2015. Cet automne-là, une centaine de personnes posent leur tente ou leur caravane pendant trois semaines dans une zone sablonneuse du quartier, afin d’obtenir des lots de terrains appartenant à la ville, et y bâtir leur propre maison, selon leurs principes.
Ainsi, Buiksloterham devient une référence internationale en matière de développement urbain dit « résilient » – avec un système de financement moins sensible aux aléas de la finance internationale. « Ce sont des vrais gens qui fabriquent des maisons avec du véritable argent, avec l’aide de leur famille ou d’entrepreneurs locaux », constate l’architecte et chercheur en urbanisme Matthijs Bouw, qui note que ces modèles d’aménagement par les futurs utilisateurs présentent d’autres avantages par rapport aux projets pilotés par des promoteurs : plus grande diversité des usages, qualité des infrastructures supérieures, plans plus flexibles.
« L’implication plus grande des gens qui vont vivre dans le quartier donne naissance, de manière logique à des quartiers plus aimés. »
Comprendre le fonctionnement d’une ville
Frank Alsema, qui travaille dans le milieu du numérique et se définit comme le « curateur urbain » de Buiksloterham, ne dit pas le contraire : « Notre ambition, avec ce quartier, c’est de pirater la ville, dans le sens où nous voulons qu’il appartienne vraiment aux habitants. L’idée, c’est que nous puissions avoir une maîtrise et une influence sur nos infrastructures d’eau, d’électricité, de mobilité ou de récupération des déchets. Que nous puissions, entre voisins, échanger des biens ou des services, partager une voiture, construire nos maisons. »
Les outils numériques y contribuent. Les groupes What’s App thématiques cimentent la communauté. « On en a un consacré aux techniques de constructions écologiques », illustre M. Alsema. Des chercheurs du projet de recherche Buiksloterham Hackable City testent aussi sur les habitants des jeux pour comprendre le fonctionnement d’une ville, un système de monitoring de l’environnement.

   


Frank Alsema a fait partie des chanceux qui ont pu racheter un terrain à la mairie suite à « l’opération camping » de 2015. Pour 180 000 euros, il a acquis une parcelle de deux cents mètres carrés, où il termine la construction une maison de trois étages, pour un coût de 800 000 euros. Celle-ci a été presque entièrement construite à partir de matériaux en partie recyclés.
« J’ai fait du reverse design : la construction de la maison s’est adaptée à ce que j’avais récupéré. L’escalier a été trouvé sur Internet et racheté à un concessionnaire automobile. Les tuiles de la façade viennent du toit d’une église, les grilles ont été récupérées dans un hôpital », raconte le propriétaire, fier de montrer son potager sur le toit, ses panneaux solaires, sa pompe à chaleur, la serre qui accueillera bientôt de la marijuana, qu’il mettra en vente pour un usage médical.
« Générer un complément de revenu »
Rien n’est laissé au hasard : le dispositif de récupération de la pluie pour les plantes, le double système d’évacuation des eaux usées, le bac pour le compost, la douche dotée d’un échangeur solaire pour récupérer la chaleur de l’eau ruisselante… Une aile indépendante a été aménagée afin de louer des chambres meublées « à des expatriés », afin « de permettre à la maison de générer un complément de revenu », explique Frank Alsema, qui souhaite aussi organiser, dans son salon, des expositions et des événements à destination des habitants.
Aujourd’hui, M. Alsema connaît presque tout le monde à Buiksloterham, qui ne rassemble que quelques centaines de personnes. Mais le quartier devrait rapidement grossir. Une école a été construite. Des promoteurs néerlandais, remis sur pied depuis la crise, recommencent aussi à réinvestir dans le quartier, tandis que la mairie y construit des logements sociaux.
Surtout, un nouveau mini-village va voir le jour cette année, imaginé par une agence locale, Schoonschip, il sera composé d’une trentaine de maisons flottantes qui partageront des équipements et des infrastructures. Une entreprise récupérera les eaux usées des habitants pour en extraire les phosphates (utilisés dans l’industrie), fabriquer du biogaz et de la chaleur. Une manière d’aller encore plus loin dans l’autonomie énergétique à petite échelle. Car pour les « habitants-hackeurs » de Buiksloterham, pas de doutes, la ville du futur sera décentralisée.

        Un événement du « Monde » :
         

          Habiter durablement les villes, une conférence à  Nancy le 13 février


La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du Monde organisée à Nancy, mardi 13 février, de 8 h 30 à 10 h 30. Inscriptions ici. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.
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Inondations : en région parisienne, « le financement n’est pas encore à la mesure du problème »

Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h23
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


La Seine n’en finit plus de grimper. Le pic, attendu samedi 27 janvier, pourrait atteindre, voire dépasser, celui du printemps 2016 avec 6,10 mètres d’eau. Depuis ce dernier épisode de crues, des initiatives importantes ont été engagées afin de prévenir le risque d’inondation majeure à Paris et dans la région Ile-de-France, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié le 23 janvier.
Mais si « l’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir », note Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE et auteur du rapport, « on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures ». 
Depuis les crues de 2016, qu’est-ce qui a changé dans la gestion du risque d’inondation à Paris et sur le bassin de la Seine ?
Charles Baubion : Il y a une dynamique indéniable qui s’est mise en place il y a environ cinq ans, et qui s’est amplifiée à la suite des crues de 2016. L’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir, grâce notamment à une sensibilisation du grand public. Ce qui est positif, c’est qu’on sent que les conditions sont réunies pour passer à la vitesse supérieure.
Aujourd’hui, le constat est que Paris reste relativement bien protégé, tandis que la métropole francilienne dans son ensemble l’est moins. Pour améliorer la situation, il y a des projets intéressants qui sont à l’étude. Des moyens supplémentaires ont aussi été débloqués, avec notamment 88 millions d’euros supplémentaires consacrés au sujet sur quatre ans, mais ce n’est pas encore à la hauteur des enjeux économiques de ce risque.
Qu’est-ce qui fait encore défaut ?
En termes de gouvernance, ce qui manque encore, c’est un leadership politique, une structure capable d’assumer la stratégie et de la conduire sur le long terme. L’échelle du Grand Paris serait une option intéressante pour établir ce genre de structure, dans une région aussi complexe administrativement que la région Ile-de-France. Par exemple, les départements gèrent les digues, les mairies sont responsables de la sécurité, il y a aussi la préfecture, etc.
Dans l’ensemble, il y a des bonnes volontés, mais on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures. Il n’y a, par exemple, toujours pas de quartier résilient aux inondations, malgré les volontés affichées par la Mairie de Paris, notamment sur la future zone d’aménagement concerté Bercy-Charenton.
On attend encore des applications concrètes. A cet égard, le village olympique, dont l’emplacement est situé en zone inondable, pourrait être une manière de montrer nos capacités d’innovations, et permettre à la France d’en faire une vitrine pour montrer que faire des constructions pérennes ne présente par de surcoûts si élevés.
De manière générale, il faut rappeler qu’il est moins coûteux d’investir avant une catastrophe que de réparer derrière. Car c’est le dernier volet de ce qui fait défaut : le financement n’est pas encore à la mesure du problème.
Comment expliquer ce retard pris par la métropole parisienne ?
Des villes européennes comme Oslo et Francfort ont fait des efforts très importants en termes de prévention du risque d’inondations. La ville de Tokyo, elle, s’est dotée d’infrastructures lui permettant de répondre à un risque de crues très important, de l’ordre de celles qui n’arrivent que tous les deux cents ans.
Dans la région parisienne, on avait oublié le risque d’inondations depuis 1955, parce qu’il n’y a quasiment pas eu d’épisodes de crues en soixante ans. Les plans de prévention du risque au niveau national et les moyens alloués se sont donc concentrés sur d’autres enjeux, comme la prévention dans le sud de la France, où les épisodes d’inondations sont très soudains et peuvent avoir des répercussions lourdes vue la densité de l’habitat. De même, le littoral atlantique avait été une priorité nationale, notamment après l’épisode de la tempête Xynthia en 2010.
A Paris, les inondations sont plus lentes, donc moins violentes en termes humains, ce qui a conduit à mettre ce risque un peu de côté. Les conséquences économiques d’une crue majeure pourraient pourtant être désastreuses.
Les chiffrages réalisés par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dans son rapport évoquent une fourchette de 3 milliards à 30 milliards d’euros de conséquences économiques, que recoupent ces chiffres ?
Nous nous sommes basés sur trois scénarios, tous adossés à la crue de 1910. Le premier, avec une hypothèse à 80 % du débit de 1910, donnerait lieu à une crise majoritairement contenue. Avec une hauteur de 7,32 mètres à Austerlitz, il y aurait 100 000 personnes affectées, deux semaines de perturbations, et environ 3 milliards d’euros de dommages, pour les particuliers, les entreprises (stocks, structures, etc.), et les infrastructures publiques (eau, électricité, etc.).
Le deuxième scénario, avec 100 % du débit de 1910, mais une hauteur de 8,12 mètres à Austerlitz, donne déjà des débordements importants en banlieue, 600 000 personnes affectées, un mois de perturbation et environ 14 milliards de dommages.
Enfin, le dernier scénario, qui projette une crue 15 % plus importante que 1910, c’est un million de personnes directement affectées et 5 millions indirectement (coupures d’électricité, d’eau, etc.), des mois de perturbation, et 30 milliards de dommages. Sans compter qu’il y aurait également des conséquences macroéconomiques, avec la perte d’un tiers du produit intérieur brut (PIB), jusqu’à 400 000 pertes d’emploi, et des conséquences lourdes sur les finances publiques pour plusieurs années.
Pour rappel, en 2016, les crues avaient déjà coûté près de 1,4 milliard d’euros. On était à quelques centimètres de fermer le RER A ; ce qui aurait eu des conséquences beaucoup plus lourdes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ La mise en place de droits de douane sur les panneaux solaires pourrait faire perdre des milliers d’emplois aux Etats-Unis et retarder le développement des renouvelables
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Donald Trump va-t-il tuer le solaire américain ?

La mise en place de droits de douane sur les panneaux solaires pourrait faire perdre des milliers d’emplois aux Etats-Unis et retarder le développement des renouvelables



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h23
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

En annonçant, lundi 22 janvier, qu’il approuvait des droits de douane de 30 % sur les panneaux solaires fabriqués en dehors des Etats-Unis, Donald Trump a ébranlé un secteur en pleine expansion.
L’industrie mondiale des panneaux solaires a été littéralement écrasée par les entreprises chinoises ces dix dernières années, qui ont su proposer des prix extrêmement bas tout en augmentant progressivement la qualité du matériel vendu.
Selon l’administration Trump, la Chine produit aujourd’hui 71 % des panneaux solaires dans le monde et 60 % des cellules photovoltaïques – même si une partie de la production chinoise est en réalité délocalisée en Malaisie ou au Vietnam.
Un marché en pleine expansion
Le président américain répond ainsi directement à la requête de Suniva et SolarWorld, deux fabricants en difficulté qui dénoncent une multiplication par six des importations chinoises en cinq ans, ayant conduit à un effondrement des prix. Les opposants à cette décision ne se privent pas de souligner que les deux entreprises en question sont les filiales américaines de groupes étrangers – chinois et allemand en l’occurrence.

L’administration Trump estime que cette décision va permettre de protéger des emplois américains et qu’elle incarne à merveille la ligne « America First » défendue par la Maison Blanche. « Vous allez avoir des gens qui vont retrouver du boulot et nous allons faire enfin nos propres produits. Ça faisait longtemps », a ainsi lancé le président.
Mais l’association des industriels américains du secteur solaire (SEIA) estime que cette décision pourrait coûter 23 000 emplois. Selon elle, le choix du président Trump va « aboutir au report ou à l’annulation de milliards de dollars d’investissements dans le secteur solaire ».
« Une destruction nette d’emplois »
Selon plusieurs analystes, la croissance du solaire aux Etats-Unis pourrait diminuer de 10 % à 15 %. Son développement spectaculaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ La Seine continue de monter à Paris, une partie de la banlieue a les pieds dans l’eau, de nouvelles pluies sont prévues pour jeudi.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Depuis le 1er janvier, la Chine a interdit l’importation de certains déchets.
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L’Allemagne ne sait plus quoi faire de ses emballages en plastique

Depuis le 1er janvier, la Chine a interdit l’importation de certains déchets.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h27
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis quelques jours, en Allemagne, une odeur de mauvaise conscience émane des conteneurs qui garnissent les arrière-cours des immeubles. Les Allemands, très habitués à trier scrupuleusement leurs ordures dans cinq bacs différents, ont découvert l’envers du décor du recyclage. En effet, depuis le 1er janvier, la Chine a fermé ses frontières aux ordures du monde.
L’Allemagne est le troisième producteur européen de ces emballages plastiques, derrière l’Irlande et l’Estonie. Au total, les pays de l’Union en consomment chaque année 25 millions de tonnes, dont 30 % seulement sont récupérées pour recyclage. Dans sa stratégie de lutte contre les déchets plastiques, présentée mardi 16 janvier, la Commission européenne s’est donné pour objectif que, d’ici à 2030, tous les emballages plastiques utilisés sur le marché européen soient recyclables. Bruxelles souhaite aussi voir diminuer l’utilisation de plastique à usage unique et de microplastique. « Si nous ne changeons pas la façon dont nous produisons et utilisons le plastique, il y aura dans nos océans en 2050 plus de plastique que de poissons, a déclaré le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans. La seule solution à long terme est de réduire les déchets plastiques en les recyclant et en les réutilisant davantage. »

Mais l’arrêt des importations de déchets par la Chine montre bien les limites du recyclage, même dans un pays où le tri est ancré depuis longtemps dans les habitudes, comme l’Allemagne. Selon Eurostat, chaque Allemand utilise 37,4 kilos d’emballages plastiques par an – soit 20 % de plus que la moyenne européenne –, dont 49 % seulement sont recyclés. Ce pourcentage doit passer progressivement à 63 % en 2019, selon une loi votée en 2017. Le pays a développé son industrie du recyclage dès les années 1970.
Problème : bien que le taux de recyclage augmente, la production réelle de déchets ne baisse pas. Avec la croissance du commerce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Une dizaine de marins empêchaient jeudi matin les camions de charger les poissons à Boulogne-sur-Mer. Les pêcheurs ont également bloqué le trafic des ferrys au départ des ports de Calais et Dunkerque.
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Pêche électrique : levée des barrages à l’entrée du port de Calais

Une dizaine de marins empêchaient jeudi matin les camions de charger les poissons à Boulogne-sur-Mer. Les pêcheurs ont également bloqué le trafic des ferrys au départ des ports de Calais et Dunkerque.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 08h47
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h36
   





                        


Les fileyeurs qui bloquaient le port de Calais jeudi 25 janvier pour protester contre la pêche électrique ont levé leurs barrages peu après 17 heures, les pêcheurs ayant obtenu de rencontrer vendredi un conseiller ministériel.
La quinzaine de bateaux, venus de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque, se sont déplacés pour libérer les jetées du port qu’ils obstruaient depuis le matin. Les fileyeurs boulonnais et dunkerquois se dirigeaient vers leurs ports respectifs.
Jusque-là, le trafic des car-ferrys des compagnies P & O et DFDS était fortement perturbé à Calais et Douvres (Grande-Bretagne) à cause de l’action du côté français.
« Aujourd’hui on est au bout du bout. Tout le monde a le sentiment d’être abandonné », expliquait plus tôt dans la journée Stéphane Pinto, vice-président du comité régional des pêches. « Avant la pêche électrique, les marins vivaient très bien de ce métier. » Dès 5 h 30, avec une dizaine de ses confrères, il faisait brûler des cageots en polystyrène et des palettes à l’entrée de la gare de marée pour empêcher les camions de charger les poissons.

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« La pêche électrique nous a bien foutus en l’air »
Les pêcheurs du littoral protestent contre la pêche électrique, pratiquée par des navires néerlandais en mer du Nord. « On demande des mesures d’accompagnement d’urgence à l’État français et une aide financière rapide », a déclaré à Calais Christian Dubois, du comité régional des pêches, réclamant 30 000 euros par bateau sur trois ans. « Contre la pêche électrique, il est trop tard. Les Hollandais ont ravagé la mer et il n y a plus de poissons. Il faudrait 4 à 5 ans pour que la ressource se reconstitue sur nos côtes », a-t-il ajouté.
La pêche électrique consiste à utiliser des filets spéciaux pour envoyer des décharges et capturer plus facilement les poissons plats, comme les soles. Jonathan, un patron de pêche à Boulogne, estime ne « plus voir de soles » et ajoute, « On a l’impression que la pêche électrique nous a bien foutus en l’air ». Il proteste contre les conditions de vie « très dures pour les hommes », et des salaires « au ras des pâquerettes ». 
Cette méthode de pêche très décriée n’est autorisée qu’à titre expérimental par l’UE, mais l’ONG Bloom a récemment accusé les Pays-Bas de ne pas respecter les quotas et les règles imposées par l’Europe. A l’heure actuelle, au sud de la mer du Nord, 84 navires néerlandais pratiquent la pêche électrique. La France n’a pas recours à cette méthode.
« Destructrice »
Mi-janvier, le Parlement européen a pris position contre la pêche électrique dans l’Union européenne, une pratique jugée « destructrice » pour les fonds marins, par ses détracteurs. Elle était autorisée à titre expérimental depuis 2007 en mer du Nord.

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La Commission a, elle, défendu jusqu’au bout sa proposition de supprimer la restriction imposée aux flottes des Etats membres. Au sud de la mer du Nord, 84 navires néerlandais pratiquent la pêche électrique, et la Belgique a demandé une dérogation pour trois navires, ce qui représente moins de 0,1 % de la flotte européenne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Les bassins de la Seine, du Doubs et de la Saône sont en alerte. Les nouvelles pluies pourraient ralentir la décrue.
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Inondations : quatorze départements toujours en vigilance orange

Les bassins de la Seine, du Doubs et de la Saône sont en alerte. Les nouvelles pluies pourraient ralentir la décrue.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 06h05
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 15h38
   





                        



   


La Seine, renforcée par ses affluents, continue de monter à Paris, une partie de la banlieue a les pieds dans l’eau, et les nouvelles pluies jeudi 25 janvier pourraient ralentir la décrue dans les différentes régions touchées par les inondations à travers le pays.
Quatorze départements situés dans le quart nord-est étaient dans la journée de jeudi toujours en vigilance orange crues-inondations, autour du bassin de la Seine, du Doubs et de la Saône. Le Rhône, l’Isère et la Loire, ainsi que plusieurs autres départements sont, en revanche, repassés en jaune.
Dans la soirée de mercredi, une nouvelle perturbation a abordé le nord-ouest du pays. Les pluies associées devaient être faibles dans un premier temps, pour ensuite se renforcer jeudi en traversant le pays et en progressant vers le sud-est. Ce nouvel épisode pourrait venir contrarier les décrues amorcées et éventuellement faire repartir à la hausse les niveaux de certains cours d’eau, selon Vigicrues.

   


RER C fermé jusqu’au 31 janvier
Une nouvelle portion de la Seine est passée en vigilance orange. Vigicrues souligne que « les niveaux à Paris resteront orientés à la hausse jusqu’à ce week-end » où on attend un niveau maximal comparable à celui atteint lors de la crue de juin 2016 (6,10 m), peut-être un petit peu au-dessus (6,20 m). Mais toujours très loin de la crue historique de 1910 (8,63 m).

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Le tronçon central de la ligne C du RER à Paris, fermé depuis mercredi, le restera au moins jusqu’au 31 janvier inclus, a annoncé la SNCF. Des spécialistes ont dû fermer les baies de ventilation de son tunnel pour le protéger de la montée des eaux.
Le Louvre, qui en 2016 avait dû par précaution mettre ses réserves à l’abri, a fermé le niveau bas du département des Arts de l’islam au moins jusqu’à dimanche. Les musées d’Orsay et de l’Orangerie ont également déclenché leur plan de protection contre les inondations, acheminant du matériel et aménageant des zones de repli.
Deuxième bimestre le plus pluvieux depuis 1900
Les prévisionnistes regardaient également de près l’évolution de la Marne. « En aval de la confluence avec la Marne, les hauteurs seront comparables à 2016 », selon Joël Hoffman, directeur adjoint de Vigicrues. Dans l’Yonne, la préfecture parle de « crues importantes » et les débordements « se poursuivent et vont s’amplifier », notamment dans le centre du département.
La France a vécu le deuxième bimestre décembre-janvier le plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo France. Le cumul pluviométrique depuis le 1er décembre a, dans certaines régions, atteint le double de la normale, comme à Paris (183 mm).
Face à la montée des eaux, les Voies navigables de France ont interdit la navigation sur toute la Seine amont jusqu’à Paris inclus, sur les canaux de la Marne, une partie de la Saône et de la Moselle. Le Rhin, entièrement fermé à la navigation, a été rouvert mercredi au sud de Strasbourg.
Dans le département du Doubs, en vigilance rouge lundi après les débordements des rivières Loue et Doubs, le pic de crue a été atteint à Montbéliard et Besançon. Mais la crue se propage, entraînant une hausse des niveaux de la Saône après la confluence.
En mars 2016, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) avait réalisé une vidéo illustrant les conséquences d’une inondation sur le territoire des bords de Seine en amont de la capitale :




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Une étude de l’OMS met en lumière les disparités régionales : en Afrique subsaharienne, cette opération est très peu pratiquée ; elle est courante en Amérique latine.
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Le recours aux césariennes trop rare ou trop courant selon les pays

Une étude de l’OMS met en lumière les disparités régionales : en Afrique subsaharienne, cette opération est très peu pratiquée ; elle est courante en Amérique latine.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 01h27
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 09h24
   





                        



   


Trop rares dans certains pays, trop courantes dans d’autres. Une enquête coordonnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et publiée par la revue médicale British Medical Journal (BMJ) jeudi 24 janvier, examine le recours à la césarienne dans le monde. L’étude porte sur 72 pays de 2010 à 2014 et exclut les plus riches de la planète.

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« Il y avait de larges inégalités entre les pays, avec des taux nationaux [de césariennes] variant de 0,6 % au Soudan du Sud à 58,9 % en République dominicaine », ont précisé ses auteurs.
En Afrique subsaharienne, cette opération est très peu pratiquée, par exemple au Tchad (1,5 % des naissances), au Burkina Faso (2,1 %) en Côte d’Ivoire (3,1 %) ou en République démocratique du Congo (5,5 %). Elle est très pratiquée dans des pays comme l’Egypte (55,5 %), l’Argentine (43,1 %) et la Colombie (36,9 %).

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Globalement, plus les femmes sont pauvres, plus elles accouchent par voie basse. Les césariennes sont plus répandues « chez les sous-groupes plus aisés, ce qui indique souvent qu’on en abuse ».
Traduction des inégalités sociales
Dans beaucoup de pays, les inégalités sociales se traduisent directement dans le type d’accouchement. En République dominicaine par exemple, parmi les 20 % de femmes les plus riches, 81 % donnent naissance par césarienne. Parmi les 20 % les moins riches, elles ne sont que 41 %.
Les raisons de ces écarts sont « complexes », d’après les auteurs. Là où les césariennes sont trop rares, cela semble dû à « une pénurie de personnel médical qualifié et d’infrastructures de santé, des coûts pour la parturiente, ou des croyances culturelles sur la valeur et les dangers » de cette opération.

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Là où elles sont trop fréquentes, les auteurs évoquent de nombreux facteurs, structurels (comme les incitations financières ou la peur des risques juridiques) ou personnels (crainte de la douleur, des séquelles, questions de statut social).
D’après l’OMS, un taux normal de césariennes, d’un point de vue médical, se situe entre 10 % et 15 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ L’avenir de la grande distribution se pense peut-être aussi par des modèles qui font aujourd’hui plus sens pour les consommateurs.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Il faut imaginer dès aujourd’hui ce que serait le futur du principal opérateur électrique français, dans la logique d’une stratégie de transition énergétique, explique l’économiste, dans une tribune au « Monde ».
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Jean Matouk : « L’avenir d’EDF mérite débat »

Il faut imaginer dès aujourd’hui ce que serait le futur du principal opérateur électrique français, dans la logique d’une stratégie de transition énergétique, explique l’économiste, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h00
    |

                            Jean Matouk (Economiste)








                        



                                


                            
Tribune. Face aux lobbys nucléaires, ni le chef de l’Etat ni son ministre de l’environnement, Nicolas Hulot, n’ont osé brosser ce que pourrait être, au-delà de la fermeture de la centrale de Fessenheim, l’avenir d’EDF dans le cas où l’on se résoudrait enfin à déployer toutes les formes d’énergie renouvelable et à viser la quasi-fin du nucléaire de fission à horizon de deux ou trois décennies. Cela mérite pourtant débat. Pour exploiter toutes ces sources, et résoudre du même coup la question de l’intermittence répétée à satiété par les « nucléocrates », c’est en effet à une nouvelle organisation spatiale de la production et de la distribution d’électricité qu’il faut songer.

L’idée de base d’une transition durable, c’est produire le plus possible le plus près possible du lieu de consommation. Comme pour l’alimentation ! Par conséquent, sur des territoires de l’ordre du village ou du canton, toutes les sources potentielles d’électricité renouvelables devraient être clairement recensées, puis exploitées par la fameuse vague d’investissements de la transition écologique, y compris, rappelons-le, l’isolation thermique de tous les habitats. Dans les régions côtières, nombreuses en France, l’éolien en mer fixe ou flottant et l’hydraulien font partie de la panoplie. La programmation devrait évidemment tenir compte des intermittences moyennes.
Le financement des grandes infrastructures est resté l’apanage des banquiers et des assureurs. Il est quasiment fermé aux particuliers
On peut très bien imaginer que tous ces investissements soient financés par un appel direct public à l’épargne oisive de chaque région. Le financement des grandes infrastructures est resté l’apanage des banquiers et des assureurs. Il est quasiment fermé aux particuliers. On peut donc imaginer que cette épargne soit collectée dans chaque région, soit par des branches régionales issues d’un EDF démembré, soit par une Caisse régionale de l’énergie qui, à l’instar de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Plus de 75 000 Philippins ont dû être évacués des environs immédiats du volcan Mayon, entré en éruption mardi.
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Aux Philippines, des milliers de personnes fuient la menace du volcan Mayon

Plus de 75 000 Philippins ont dû être évacués des environs immédiats du volcan Mayon, entré en éruption mardi.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 13h25
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h08
   





                        



   


L’évacuation de milliers d’habitants se poursuit aux Philippines aux abords du Mayon, le volcan le plus actif du pays, qui est entré en éruption mardi 23 janvier et crache actuellement des fontaines de lave et d’épaisses colonnes de fumée.

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L’agence volcanologique philippine avait mis en garde lundi contre une « éruption dangereuse imminente » du Mayon, deux semaines après qu’il a recommencé à gronder. L’alerte a été maintenue par les autorités à 4, un cran au-dessous du degré maximal, après cinq épisodes supplémentaires « intenses mais sporadiques » d’éjection de fontaines de lave sur une période de dix-neuf heures depuis mardi, avec des durées variant de sept minutes à plus d’une heure.
Ces fontaines, d’une hauteur de 500 à 600 mètres, ont produit des nuages de cendres de 3 à 5 km de hauteur, a précisé l’Institut philippin de vulcanologie et de sismologie.

   


Environ 75 450 habitants ont déjà fui la zone d’évacuation décrétée par les autorités, qui s’étend à neuf kilomètres autour du cratère, d’après la Croix-Rouge philippine.
Malgré le danger, « certains ne veulent pas partir mais les autorités locales les forcent à évacuer », a indiqué Akim Berces, un officier de la protection civile régionale. Les « services de sécurité sont déjà en train de parler des façons de faire respecter le no man’s land », a-t-il confié. L’officier a également indiqué qu’une zone d’évacuation spécialement réservée aux bovins, cochons, chèvres et autres poulets a été mise en place. « Il y a un endroit pour les animaux ».
Les milliers de personnes évacuées en quelques jours dans 46 camps de fortune s’entassent désormais dans des écoles et des abris bondés, où les gens dorment par terre et où un W.-C. est partagé par 50 personnes. « Le nombre d’évacués s’est gonflé depuis que la zone d’évacuation a été élargie » lundi à neuf kilomètres, a déclaré Rose Rivero, administratrice régionale de la Croix-Rouge. Selon les données de répartition géographique de la population rendues disponibles par la NASA, 600 000 personnes habitent dans les 15 kilomètres autour du cratère du Mayon, à proximité immédiate du volcan.

   


Il s’agit pour la plupart de paysans et de leur famille. Ils survivent grâce aux vivres que leur fournissent les autorités et les associations. « Si on se réfère à l’histoire des éruptions du Mayon, il faudra trois ou quatre mois avant qu’ils ne puissent rentrer chez eux », a ajouté Mme Rivero.
Les écoles ont été fermées dans 17 communes des provinces d’Albay et Camarines Sur. Une cinquantaine de vols ont été annulés en raison de l’éjection des cendres volcaniques, qui sont notamment retombées sur Guinobatan, une ville de 82 000 habitants située au sud-ouest du Mayon.

I am not scaring everyone but these are some of the most recent pictures I got from my fellow Bicolano/s. Zero visibility na sa Ligao/Guinobatan. Iringat tabi an gabos. Stay indoors and wear your facemasks. #PrayForAlbay pic.twitter.com/61q1cWrsbH— KNR Jonaxx ☄ (@KamponNgReyna) 22 janvier 2018


Le Mayon, l’un des plus beaux et des plus actifs volcans philippins
Célèbre aux Philippines pour la quasi-perfection de son cône, ce strato-volcan (c’est-à-dire un volcan constitué grâce aux coulées de lave successives) est situé à quelque 330 km au sud-est de Manille et culmine à 2 460 mètres.
Il a connu 51 éruptions au cours des 400 dernières années, dont la dernière remonte à 2014. En 1814, plus de 1 200 personnes périrent sous des flots de lave qui avaient notamment rasé la ville de Cagsawa, à l’exception du clocher d’une église devenu une attraction touristique majeure.
Des touristes américains, européens et sud-coréens se pressaient dans la région pour admirer l’éruption, selon les hôteliers du cru.

   


« Ils veulent voir ça de plus près », a déclaré Nics Ortonio, réceptionniste à l’Oriental Hotel, un établissement quatre étoiles de Legazpi. Des aéroports de la région ont été fermés et certaines routes sont impraticables en raison de la cendre. Le port de masque et de lunettes de protection est conseillé aux habitants.
Les Philippines se situent sur la ceinture de feu du Pacifique, zone où se rencontrent des plaques tectoniques, ce qui produit une fréquente activité sismique et volcanique.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Dans son rapport, publié mercredi, l’institut Cyclope prévoit une hausse du cours des matières premières de 6 % en 2018 après 15 % en moyenne l’année dernière.
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Après un rebond marqué en 2017, la croissance des prix des matières premières devrait ralentir

Dans son rapport, publié mercredi, l’institut Cyclope prévoit une hausse du cours des matières premières de 6 % en 2018 après 15 % en moyenne l’année dernière.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h12
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

En 2017, le cobalt a fait couler beaucoup d’encre. Ce minerai s’est distingué en faisant l’objet d’une des plus fortes spéculations, son prix s’envolant de 70 %. Moins médiatique, le charbon à coke a, lui, carrément flambé, avec un prix moyen en hausse de 83 %. Pas de doute. Un vent haussier a soufflé sur les cours des matières premières en 2017. Selon les données publiées par l’institut Cyclope, mercredi 24 janvier, ils ont bénéficié d’une hausse moyenne de 15 % sur l’ensemble de l’année. Pour 2018, la tendance devrait se poursuivre mais avec un léger tassement, la prévision de l’institut tablant sur une progression de 6 %.
Toutefois, comme le souligne Cyclope, ce rebond des prix mondiaux des principales matières premières échangées dans le monde intervient après un recul de 10 % en 2016. Et malgré ce retour en grâce, on reste, le plus souvent, encore loin des sommets atteints lors du « choc » des années 2007-2014. Pour expliquer cette meilleure fortune, Philippe Chalmin, professeur à l’université de Paris-Dauphine et fondateur de Cyclope, évoque d’abord « l’histoire de l’énergie centrée autour du pétrole ».
Après bien des avatars, la mise en place de quotas décrétés par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avec le soutien de ses alliés dont la Russie, a produit des effets. Aidée, il est vrai, par l’effondrement vénézuélien. La réduction de production de 1,2 million de barils/jour a été respectée. Et le prix du Brent est reparti à la hausse, repassant la cote des 60 dollars le baril, une première depuis 2015.

Hausse des métaux
Les autres sources d’énergie ont aussi connu une belle année. A l’exemple du charbon. « Alors que l’on affirme de COP en COP [conférence sur le climat] que le charbon c’est fini, la demande a été soutenue », affirme M. Chalmin. Les importations chinoises, en particulier pour la sidérurgie, y sont pour beaucoup. Le gaz naturel, propulsé lui aussi à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Avec un mois de janvier anormalement pluvieux, le pic attendu pour samedi pourrait atteindre, voire dépasser, celui du printemps 2016. Démonstration en infographies.
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La Seine va-t-elle dépasser son niveau de juin 2016 ?

Avec un mois de janvier anormalement pluvieux, le pic attendu pour samedi pourrait atteindre, voire dépasser, celui du printemps 2016. Démonstration en infographies.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 06h41
    |

            Sylvie Gittus








                        



   


En raison des forts cumuls de pluie de ces derniers jours sur le bassin amont de la Seine, le niveau des eaux continue de monter, le pic attendu pour samedi 27 janvier pourrait atteindre, voire dépasser, celui du printemps 2016 avec 6,10 mètres d’eau.

   



   


Des lacs réservoirs pas encore saturés
Les quatre lacs réservoirs en amont de la Seine, dont la fonction est d’écrêter les crues hivernales en retenant une partie de l’eau, ont capté plus d’eau que prévu (633 millions de mètres cubes contre 362 millions préconisés dans les objectifs théoriques). Leur capacité maximale n’est cependant pas encore atteinte, leur taux de remplissage oscillant entre 72 % et 90 % au 23 janvier.

   


Un mois de janvier anormalement pluvieux
Selon Météo France, l’hiver 2017-2018 se caractérise par un temps très perturbé avec de fréquents passages pluvieux (neigeux en montagne). Le cumul pluviométrique du 1er décembre 2017 au 21 janvier a atteint le double de la normale à Paris, où les 183 millimètres tombés représentent la deuxième valeur la plus élevée après 213 millimètres durant l’hiver 1935-1936 pour la même période.
Ces excédents se retrouvent dans l’ensemble des stations du bassin de la Seine.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ La feuille de route en préparation a pour but de « diminuer rapidement les substances les plus préoccupantes ».
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édition abonné


Le plan du gouvernement pour réduire les pesticides

La feuille de route en préparation a pour but de « diminuer rapidement les substances les plus préoccupantes ».



Le Monde
 |    24.01.2018 à 10h47
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Le gouvernement a présenté, le 18 janvier, son plan d’action pour réduire la dépendance de l’agriculture française aux pesticides. Le projet doit faire l’objet d’une concertation censée aboutir, à la fin du premier trimestre, à une feuille de route sur le sujet. Celle-ci repose sur quatre priorités : « Diminuer rapidement l’utilisation des substances les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement », « renforcer la recherche sur les impacts des produits phytosanitaires sur les populations », « accompagner la recherche d’alternatives » pour le monde agricole et « renforcer le plan Ecophyto 2 ».
Ce dernier a été lancé en 2015 en remplacement d’un premier programme Ecophyto, lancé en 2008 et qui devait conduire à une baisse de moitié du recours aux pesticides à l’horizon 2018. A trois ans de cette échéance, aucune baisse d’utilisation n’ayant été obtenue – les usages de phytosanitaires avaient au contraire augmenté –, une deuxième phase Ecophyto 2 a été mise en place pour repousser l’échéance à 2025. Le gouvernement souhaite donc renforcer les mesures destinées à réduire globalement le recours aux « phytos », il entend aussi cibler plus particulièrement les substances présentant le plus de danger.

Campagnes de surveillance
L’initiative des pouvoirs publics se fonde notamment sur un rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales, du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux et du Conseil général de l’environnement et du développement durable, rendu en décembre 2017, qui préconise d’agir vis-à-vis des « substances les plus préoccupantes qui demeurent sur le marché ». Si celles-ci restent en circulation, précise le rapport, c’est que le cadre juridique européen « laisse persister des substances reconnues dangereuses dans l’attente du renouvellement de leur approbation ». En d’autres termes, le règlement européen de 2009 permet aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Les partisans comme les adversaires du projet d’aéroport se sont réclamés de l’intérêt général, dont la définition elle-même fait débat, explique le professeur de philosophie Thomas Schauder.
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Notre-Dame-des-Landes : à la recherche de l’intérêt général

Les partisans comme les adversaires du projet d’aéroport se sont réclamés de l’intérêt général, dont la définition elle-même fait débat, explique le professeur de philosophie Thomas Schauder.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 10h32
   





                        



   


Chronique Phil’ d’actu. La semaine dernière a été marquée par la décision du gouvernement d’abandonner le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et par les réactions qu’elle a suscitées : la déception et la colère des uns, le soulagement et la joie des autres. Dans ces réactions, deux expressions sont beaucoup revenues : le « déni de démocratie » et « l’intérêt général ». Je laisse de côté la première, vous renvoyant à l’excellente vidéo qui lui a été consacrée sur la chaîne Youtube Le Mock.
Il est intéressant de voir que les deux camps antagonistes se sont réclamés de l’intérêt général pour justifier l’abandon ou le maintien du projet. Par exemple, dans l’émission « C à vous » (France 5, 17 janvier), l’écologiste Noël Mamère affirmait, en substance, que l’intérêt général consistait dans la préservation du site et dans une agriculture respectueuse de l’environnement, tandis que l’éditorialiste Jean-Michel Aphatie se rangeait au point de vue de l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault : l’intérêt général, exprimé par la consultation de juin 2016, résidait dans les retombées économiques de l’aéroport.
D’où nous voyons que la notion d’« intérêt général » ne va pas de soi, ni dans son contenu ni dans sa forme. Or la définir et trouver des moyens de l’exprimer sont les enjeux essentiels de toute démocratie.
 Un peu d’histoire
Si la notion de « bien commun » est employée depuis le début de la philosophie politique, elle prend une importance particulière à partir de la Renaissance, avant d’être progressivement remplacée par celle d’« intérêt général » au XVIIIe siècle. Ces concepts émergent ou reviennent dans des périodes où l’autorité politique ne va plus de soi, où on interroge sa légitimité, où on remet en cause l’arbitraire de la force ou le droit divin. On retrouve des traces de cette interrogation en France, par exemple, sous la plume d’Etienne de La Boétie (1530-1563) :
« […] je désirerais seulement qu’on me fît comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui, que de le contredire. » (Discours de la servitude volontaire, 1576).
Pour les penseurs du politique, il s’agit donc de trouver un fondement solide à l’autorité du souverain ainsi qu’un critère permettant de mesurer ses actions (même si certains philosophes, comme Blaise Pascal dont nous parlions la semaine dernière, continuent à penser que le pouvoir est essentiellement arbitraire et qu’il n’est pas bienvenu de le remettre en cause). Emerge alors l’idée que le bon souverain est celui qui agit pour le bien de son peuple tout entier, et non pour lui-même ou une partie de ses sujets. C’est ainsi qu’on va distinguer l’« intérêt général », au singulier, des « intérêts particuliers », au pluriel.
 Un problème de définition
Cependant, tout n’est pas résolu, car il reste à savoir ce que c’est que cet intérêt général. Sa définition est au cœur de vifs débats en philosophie politique entre les penseurs utilitaristes, inspirés par John Locke (1632-1704), pour lesquels il s’agit de « maximiser » le bonheur individuel du plus grand nombre possible, et des penseurs comme Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), pour qui l’intérêt général correspond à un idéal supérieur à la somme des intérêts particuliers (idéal qui sera formalisé dans la notion de droits de l’homme). Prenons l’exemple de la « présomption d’innocence » (malmenée en ces temps d’état d’urgence) : il vaut mieux que cent coupables soit relâchés plutôt qu’un seul innocent soit injustement condamné. Paradoxalement, c’est ce qui est conforme à l’intérêt général, alors même que, d’un point de vue strictement statistique, cela soit négligeable.
La discussion sur Notre-Dame-des-Landes me paraît rejouer ce débat vieux de plus de deux siècles. Car, finalement, tout le problème consiste en ce que, dans une démocratie, chaque citoyen et chaque groupe particulier pense, souvent de bonne foi, détenir la véritable définition de l’intérêt général. Comment savoir lequel a raison ? Dans notre République, c’est par le vote qu’est censée s’exprimer la « volonté générale », c’est-à-dire le fait de vouloir le bien commun et non son bien personnel.
 Le vote ne suffit pas
Or on voit bien qu’il est arbitraire de déclarer que le vote est l’expression de la volonté générale. D’abord, quelle forme le vote doit-il adopter ? L’élection du Président de la République et de nos représentants à l’Assemblée Nationale ? Le référendum ? Encore faut-il se mettre d’accord sur la formulation de la question posée. Ensuite, qui vote ? Rappelons que le suffrage universel est un phénomène récent et que le droit de vote des étrangers hante le débat politique depuis trente ans. De toute manière, voter n’est-il pas l’expression d’un point de vue particulier à un moment donné, lequel peut être amené par la suite à évoluer ? Enfin, le vote désigne l’expression de la majorité des votants. Est-elle bien identique à la volonté générale, toujours conforme à l’intérêt général ? N’oublions jamais que le parti nazi (NSDAP) a obtenu une écrasante majorité des suffrages en 1933, que les sondages en 1981 étaient favorables à la peine de mort et j’en passe…
Rousseau avait déjà mis en lumière ce paradoxe :
« […] la volonté générale est toujours droite et tend toujours à l’utilité publique : mais il ne s’ensuit pas que les délibérations du peuple aient toujours la même rectitude. On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours […]. Il y a souvent de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale ; celle-ci ne regarde qu’à l’intérêt commun, l’autre regarde à l’intérêt privé, et n’est qu’une somme de volontés particulières […] » (Du contrat social, 1762)
Cette distinction entre « volonté de tous » et « volonté générale » est particulièrement intéressante, parce qu’elle nous indique que personne ne détient la vérité absolue en matière de politique. Finalement, même l’unanimité ne nous dit pas ce qu’est le bien. Et ce pour une raison très simple : l’individu ne peut pas être parfaitement objectif. Nous sommes des êtres de passions, de préjugés, souvent égoïstes et toujours ignorants. A une époque où les gouvernants répètent sans relâche qu’il faut « faire de la pédagogie », nous voici rendus attentifs au problème de l’éducation politique qui nous permettrait de tendre vers la volonté générale, à faire abstraction de notre point de vue particulier pour penser au commun.
 Il n’y a pas de « vérité » en démocratie
Alors, dans l’affaire Notre-Dame-des-Landes, qui a raison et qui a tort ? Il est impossible de répondre à cette question. Les arguments ne manquent pas des deux côtés. Le problème est qu’il n’existe pas (et ne peut exister) d’« étalon » pour mesurer l’intérêt général. La question s’était déjà posée pour le référendum d’indépendance de la Catalogne, pour le Brexit et, en fait, pour tout débat actuel ou inactuel. Définir l’intérêt général est l’enjeu de toute démocratie. C’est ce qui fait sa faiblesse, car les régimes autoritaires n’ont pas besoin de s’encombrer de débats, par définition sans fin (aucune décision ne peut valoir définitivement en démocratie). Mais c’est aussi ce qui fait sa force, car la démocratie fait le pari de l’intelligence collective et de la valeur fondamentale de la discussion.
Pour conclure, il me faut prêcher pour ma paroisse à l’heure où se discute la réforme du lycée et du baccalauréat, et où se pose la question de rendre la philosophie plus ou moins optionnelle : une démocratie a besoin de philosophie, notamment dans la formation des futurs citoyens. La politique n’est pas affaire d’adhésion seulement (comme le disait très justement Paul Valéry : « Il n’y a que les huîtres et les sots qui adhèrent » !), elle est d’abord un problème, qui ne nécessite pas tant une solution qu’une compréhension. Et c’est cela le rôle fondamental de la philosophie. C’est pourquoi il est urgent, aujourd’hui, de la revaloriser et de donner les moyens de l’enseigner correctement.
Un peu de lecture ? - Etienne de La Boétie, Le Discours de la servitude volontaire, Payot & Rivages, 2002. - Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, GF Flammarion, 2012.

A propos de l’auteur de la chronique

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Thomas Schauder est professeur de philosophie. Il a enseigné en classe de terminale en Alsace et en Haute-Normandie. Il travaille actuellement à l’Institut universitaire européen Rachi, à Troyes (Aube). Il est aussi chroniqueur pour le blog Pythagore et Aristoxène sont sur un bateau. Il a regroupé, sur une page de son site, l’intégralité de ses chroniques Phil d’actu, publiées chaque mercredi sur Le Monde.fr/campus.








                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 23/01/2018
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La montée des eaux de la Seine et de la Marne menace l’Ile-de-France

Météo France a placé 23 départements en vigilance orange pour les crues sur l’ensemble du territoire. Le grand quart Nord-Est est particulièrement touché.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 07h40
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Des routes coupées, des rez-de-chaussée inondés, des égouts qui débordent : après un mois de janvier particulièrement pluvieux, une partie de la France a les pieds dans l’eau. Mercredi 24 janvier au matin, Météo France maintenait vingt-trois départements en vigilance orange pour les inondations, en particulier dans le quart nord-est, et une cinquantaine en vigilance jaune.
Malgré une accalmie des précipitations, mardi, la région parisienne est menacée à son tour : le niveau de la Seine a presque atteint les 5 mètres dans la soirée de mardi au point de mesure de Paris-Austerlitz. Le fleuve pourrait monter samedi jusqu’à 6,20 mètres, dépassant de 10 centimètres le niveau historique de la crue de juin 2016. La progression devrait être régulière, on attend ainsi 5,10 mètres à 5,40 mètres mercredi, puis 5,40 à 5,70 mètres jeudi, explique Jérôme Goellner, à la tête de la direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (Driee).
Le passage de la vigilance crue au niveau orange a été décidé, mardi à 16 heures, en présence des secrétaires d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Brune Poirson et Sébastien Lecornu. Ce classement qualifie un « risque de crue génératrice de débordements importants susceptibles d’avoir un impact significatif sur la vie collective et la sécurité des biens et des personnes ».
Dès mercredi, la SNCF a pris la décision d’interrompre le trafic sur la ligne C du RER entre Javel et Paris-Austerlitz et entre avenue Henri-Martin et Paris-Austerlitz. Sur cette même ligne du RER, sept gares resteront fermées jusqu’à la fin de la crue : Saint-Michel-Notre-Dame, Musée-d’Orsay, Invalides, Pont-de-l’Alma, Champ-de-Mars, Avenue-du-Président-Kennedy et Boulainvilliers.
Mobilisation
La situation est prise très au sérieux. Depuis mardi, des réunions entre les différents opérateurs de réseaux (téléphone, électricité, eau, transports) sont régulièrement organisées à la Préfecture de Paris, afin de s’assurer que les services rendus soient affectés le moins possible par la montée des eaux et que la mobilisation soit effective. Par ailleurs, des agents de la Driee ont aussi contacté les entreprises classées à risque pour s’assurer que toutes disposaient bien d’un « plan de continuité d’activités », prévu en cas de situation de risque majeur.
La montée des eaux affecte tout particulièrement la Marne (à la différence de 2016) et la Seine, menaçant des régions très urbanisées. A Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), où trois gymnases ont été requis pour accueillir la population, la maire, Sylvie Altman (PC), attendait mercredi matin le renfort de camions militaires pour aider à la circulation dans les rues menacées par les inondations. La commune, déjà durement frappée en 2016, est concernée à la fois par la montée de la Seine et de l’Yerres. Dans le département de Seine-et-Marne, vingt-quatre routes étaient partiellement coupées, selon la préfecture, et une école au sud de Meaux a été évacuée.
A Paris, dans les locaux de la Driee, l’effervescence devant les écrans affichant la montée des eaux grâce à 85 capteurs répartis sur les principales rivières rappelait des scènes déjà vues en 2016. Cette année-là, les crues de la fin mai et de début juin dans une quinzaine de départements, dont la majorité en Ile-de-France, avaient causé la mort de quatre personnes. Le montant des dégâts avait dépassé le milliard d’euros, soit « le deuxième événement le plus coûteux » enregistré depuis la création du régime des catastrophes naturelles, après la tempête Xynthia en 2010, selon un rapport d’experts remis au gouvernement en mars 2017. La Fédération française de l’assurance évoque, de son côté, le chiffre de 1,4 milliard d’euros.
La situation reste préoccupante dans le tout pays, car, note Météo France, « les conditions météorologiques et hydrologiques en janvier ont entraîné des cumuls de pluie importants sur des sols saturés, avec aussi des chutes de neige abondantes ». Les pluies les plus soutenues se sont produites en Bourgogne-Franche-Comté et en Ile-de-France. « Selon les relevés de Paris-Montsouris, ce bimestre, décembre et janvier, est le deuxième le plus pluvieux depuis 1900 », a précisé Jérôme Goellner, de la DRIEE. Il aurait plu, en janvier, cinq fois plus que d’habitude.
Effort à faire sur l’urbanisation
« Sur les dix-sept services de prévision des crues, au niveau national, seize sont mobilisés vingt-quatre heures sur vingt-quatre », précise Marc Mortureux, à la tête de la direction générale de la prévention des risques. Les départements des Alpes étaient, eux, classés en vigilance jaune pour le risque avalanche, l’Isère cumulant à la fois les risques crue et avalanche.
L’essentiel des inondations étaient concentrées dans le Doubs en début de semaine. La Loue a été placée en vigilance rouge, avec par exemple un mètre d’eau enregistré au centre de la commune d’Ornans, tandis que l’Ognon et le Doubs sont montés aussi. L’important niveau d’eau constaté à Pontarlier et à Morteau devrait atteindre Besançon mercredi. Dans le Jura voisin, qui a connu un épisode de vigilance rouge, la situation semble stabilisée, mais de nombreuses routes restent coupées et la région a subi quelques glissements de terrain.
Selon l’OCDE, une crue comparable à celle de 1910 pourrait affecter jusqu’à 5 millions de citoyens
En Alsace, de nombreuses routes sont impraticables. En Normandie, les niveaux restent soutenus dans certains cours d’eau comme l’Epte. Le Rhône est en vigilance orange au sud de Lyon, comme un tronçon de la Garonne en aval de Toulouse, dans le Lot-et-Garonne, où la plaine entre Marmande et Tonneins est complètement inondée.
Hasard du calendrier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a présenté, mardi, dans les locaux de la Driee, son « évaluation des progrès » réalisés depuis la publication d’une étude en 2014 sur la gestion du risque d’inondation de la Seine en Ile-de-France. D’après l’organisation internationale, des améliorations ont été observées, notamment après les crues du printemps 2016.
« Aujourd’hui, de nombreux acteurs, Etat, collectivités territoriales, entreprises, s’intéressent à cette problématique. C’est une bonne base pour continuer, mais il faut passer à la vitesse supérieure », précise Charles Baubion, expert en gouvernance des risques de l’OCDE. Un effort doit être fait sur l’urbanisation, « aucun quartier résilient n’ayant encore été construit », note-t-il. Les enjeux sont de taille. Selon l’OCDE, « une inondation comparable à la crue de 1910 pourrait affecter jusqu’à 5 millions de citoyens et causer jusqu’à 30 milliards d’euros de dommage directs ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le niveau de certains fleuves comme la Seine continue de monter dangereusement, privant notamment Paris et sa banlieue de RER C, dont la ligne restera fermée jusqu’au 31 janvier.
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Une grande partie de la France toujours sous la menace des crues

Le niveau de certains fleuves comme la Seine continue de monter dangereusement, privant notamment Paris et sa banlieue de RER C, dont la ligne restera fermée jusqu’au 31 janvier.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 23h54
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 19h51
   





                        



   


Le niveau de nombreux cours d’eau, dont la Seine, montait encore, mercredi 24 janvier, un phénomène de crues exceptionnel par son étendue géographique, de l’est du pays jusqu’à Paris qui doit encore durer plusieurs jours. Quinze départements situés dans le quart nord-est étaient mercredi en fin de journée en vigilance orange crues-inondations, autour du bassin de la Seine, du Doubs et de la Saône.
Une nouvelle portion de la Seine est passée en vigilance orange. En revanche, le Rhône, l’Isère et la Loire, ainsi que plusieurs autres départements sont repassés en jaune.
Des pluies venues de la Manche sont de nouveau attendues jeudi. Elles « vont contrarier la décrue » mais ne seront « pas suffisantes », cependant, pour générer de nouvelles ondes de crues, note Vigicrues.
A Paris, la Seine continuait sa montée et était mercredi après-midi à plus de 5,20 m. Elle devrait atteindre un pic dans la nuit de vendredi à samedi, à des niveaux comparables à la crue de juin 2016 (6,10 m), peut-être un petit peu au-dessus (6,20 m). Mais toujours très loin de la crue historique de 1910 (8,63 m).
Le RER C fermé jusqu’au 31 janvier
Le tronçon central de la ligne C du RER à Paris restera fermé jusqu’au 31 janvier inclus, a annoncé, mercredi soir, la SNCF. Les sept gares intra-muros – Saint-Michel-Notre-Dame, Musée-d’Orsay, Invalides, Champ-de-Mars, Avenue-du-Président-Kennedy et Boulainvilliers – resteront donc fermées pour une semaine encore.
« A Paris, hors les berges, les conséquences devraient être les mêmes qu’en 2016 », avec surtout un risque d’infiltrations, selon Jérôme Goellner, patron des services de l’Etat en charge de l’environnement dans la région (DRIEE).
Mercredi, les propriétaires de péniches étaient sur le pied de guerre. « Le gros risque, c’est que le bateau passe au-dessus du quai », expliquait Arnaud Séité, directeur de la péniche le Marcounet, au pont Marie. « Je veux juste que la passerelle ne tombe pas à l’eau », affirmait Brice Lejeune, sur sa péniche amarrée près du pont de la Concorde.
Le Louvre, qui, en 2016, avait dû par précaution mettre ses réserves à l’abri, a fermé le niveau bas du département des arts de l’Islam au moins jusqu’à dimanche. Les Musées d’Orsay et de l’Orangerie ont également déclenché leur plan de protection contre les inondations, acheminant du matériel et aménageant des zones de repli.
La Marne scrutée de près
Les prévisionnistes regardaient de près l’évolution de la Marne. « En aval de la confluence avec la Marne, les hauteurs seront comparables à 2016 », selon Joël Hoffman, directeur adjoint de Vigicrues. « On surveille la partie Yonne aval, Joigny, Pont-sur-Marne… »
Dans l’Yonne, la préfecture parle de « crues importantes » et les débordements « se poursuivent et vont s’amplifier », notamment dans le centre du département. Mercredi, 70 routes départementales étaient inondées, dont une trentaine coupées.
A l’origine de ce phénomène national, des précipitations importantes, sur des sols gorgés d’eau. La France a vécu le 2e bimestre décembre-janvier le plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo France.
Le cumul pluviométrique depuis le 1er décembre a, dans certaines régions, atteint le double de la normale, comme à Paris (183 mm).
Ce phénomène est, malgré tout, « relativement classique pour l’hiver. Mais son étendue lui donne un caractère exceptionnel », note Marc Mortureux, directeur de la prévention des risques au ministère de la transition écologique.
Navigation interdite
Face à la montée des eaux, les Voies navigables de France ont interdit la navigation sur toute la Seine amont jusqu’à Paris inclus, sur les canaux de la Marne, une partie de la Saône et de la Moselle, a fait savoir son directeur général, Thierry Guimbaud. Le Rhin, entièrement fermé à la navigation, mardi, a, en revanche, été rouvert au sud de Strasbourg.
Le pic de crue du Rhin a, en effet, été atteint mardi soir et la décrue amorcée, selon la préfecture, pour qui la décision de remplir un polder de 600 hectares avait « fait son œuvre en arrêtant la crue » et stockant quelque 7 millions de m3 d’eau.
Dans le département du Doubs, en vigilance rouge lundi après les débordements des rivières Loue et Doubs, le pic de crue a été atteint à Montbéliard et Besançon. Mais la crue du Doubs se propage, entraînant une hausse des niveaux de la Saône après la confluence, met en garde Vigicrues. Dans le grand bassin du Rhône, en amont de Lyon, le Rhône et l’Ain sont, désormais, en décrue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ La température moyenne annuelle de 13,4 °C a dépassé la normale de 0,8 °C, « plaçant 2017 au 5e rang des années les plus chaudes », affirme Météo France.
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L’année 2017 en France, marquée par la chaleur et le manque de précipitations

La température moyenne annuelle de 13,4 °C a dépassé la normale de 0,8 °C, « plaçant 2017 au 5e rang des années les plus chaudes », affirme Météo France.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h11
   





                        



   


« Grande douceur et peu de précipitations » : l’année 2017 a été la cinquième la plus chaude depuis 1900, a précisé Météo France, mardi 23 janvier.
Ces températures élevées associées à un fort déficit de précipitations font de 2017, « à l’instar de 2003, 2011 et 2015, une des années associant de manière remarquable chaleur et sécheresse sur la période 1959-2017 », commente ainsi Météo France dans son Bilan climatique 2017. La température moyenne annuelle de 13,4 °C a dépassé la normale de 0,8 °C, « plaçant 2017 au 5e rang des années les plus chaudes ».
Trois mois « particulièrement chauds »
Hormis « les mois de janvier et de septembre qui ont été plus frais que la normale », février, mars et juin ont été « particulièrement chauds », avec des températures en moyenne plus de 2 °C au-dessus des normales, et le printemps et l’été « ont même été les deuxièmes plus chauds jamais observés depuis 1900 ».
Plusieurs épisodes de forte chaleur ont, en particulier, été observés pendant l’été. Une vague de chaleur « remarquable par sa précocité et son intensité » a ainsi touché tout le pays mi-juin, avec un 21 juin qui s’est avéré la journée la plus chaude de l’été (moyenne de 26,4 °C). La Provence, la Côte d’Azur et la Corse ont subi une canicule fin juillet-début août, avec, par exemple, 43,1 °C atteints, le 5 août, à Saint-Christol-lès-Alès (Gard).
L’ensoleillement a été, de son côté, conforme à la normale sur la majeure partie du pays. Le soleil a été particulièrement « généreux » en avril et en octobre avec des records battus, notamment en octobre à Lyon (199 heures), à Bastia (247 heures) et Nice (263 heures).
Fort déficit de précipitations
En plus de cette chaleur, l’année 2017 a été marquée par un fort déficit de précipitations sur une grande partie du pays. « En moyenne sur la France, le déficit a dépassé 10 %, plaçant 2017 parmi les années les plus sèches sur la période 1959-2017 », note Météo France, qui souligne que ce déficit a dépassé 50 % en avril et octobre.
Chaleur et déficit pluviométrique ont causé « une sécheresse des sols superficiels exceptionnelle » sur le Sud-Est et en Corse. De mai à novembre, les précipitations ont ainsi été « quasi absentes sur les régions méditerranéennes ».
Résultat : « En région Provence-Alpes-Côte d’Azur et sur le Gard, la pluviométrie cumulée entre mai et novembre a été la plus faible sur la période 1959-2017 avec un déficit moyen de plus de 60 %. »
Malgré tout, autre événement marquant de 2017, la Corse a enregistré des pluies intenses et des neiges abondantes en janvier et février. L’île a connu pendant l’hiver 2016-2017 un « enneigement record » sur les reliefs.



                            


                        

                        


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Gaz à effet de serre : la France sur la mauvaise pente

Les émissions de CO2 de l’Hexagone ont progressé en 2016, dépassant de 3,6 % l’objectif de la stratégie nationale bas carbone. Nicolas Hulot souhaite corriger cette dérive.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 16h43
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


C’est un mauvais signal de la part d’un pays affichant volontiers son exemplarité dans la lutte contre le dérèglement climatique. Les émissions de gaz à effet de serre de la France, qui étaient déjà reparties à la hausse en 2015 – après une baisse quasi ininterrompue depuis la fin des années 1990 –, ont à nouveau progressé en 2016. C’est ce que révèlent les résultats présentés lundi 22 janvier par Nicolas Hulot, à l’occasion de ses vœux à la presse. Un constat qui, estime le ministre de la transition écologique et solidaire, « ne nous laisse aucun répit » sur le front du climat.
La contre-performance est d’autant plus notable que la France s’est dotée, en novembre 2015, d’une stratégie nationale bas carbone (SNBC). Celle-ci décline, dans les différents secteurs d’activité économique, les niveaux d’émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser pour se placer sur une trajectoire conduisant au « facteur 4 », c’est-à-dire à la division par quatre de ces émissions à l’horizon 2050. Cet objectif, annoncé dès 2003 et inscrit dans la loi de transition énergétique de 2015, a été remplacé par celui, encore plus ambitieux, de « neutralité carbone », que vise le plan climat annoncé par M. Hulot en juillet 2017.

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Selon les estimations fournies par le ministère, les émissions nationales ont atteint 463 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq) en 2016, soit 3,6 % de plus que le plafond indicatif fixé par la SNBC, qui était de 447 Mt CO2 éq.

   


Ces rejets sont imputables pour l’essentiel aux secteurs des transports (29 %), de l’agriculture (20 %), du bâtiment (19 %) et de l’industrie (18 %), la production d’énergie pesant pour 11 % et le traitement des déchets pour 4 %.

   


Le dérapage par rapport à la feuille de route de la SNBC est particulièrement important dans le domaine du bâtiment (le dépassement y est de 11 %) et celui des transports (+ 6 %). Il est plus modéré pour l’agriculture (+ 3 %), tandis que le secteur de l’industrie est à peu près en phase avec les objectifs nationaux. De son côté, la production d’énergie obtient un bon résultat, avec des émissions inférieures de 8 % à l’objectif (en dépit d’une hausse par rapport à 2015).
Le ministère avance plusieurs explications à cette dérive globale. Il met en avant des « éléments conjoncturels », tels que « le faible prix des produits pétroliers, qui incite à la consommation », ou « l’indisponibilité de certaines centrales nucléaires, qui a provoqué un recours accru aux centrales thermiques à énergie fossile pour la production d’électricité ». Toutefois, M. Hulot considère que, pour le bâtiment et les transports notamment, « les politiques publiques nécessitent des renforcements très substantiels pour atteindre l’ambition voulue ».
La fin des passoires thermiques
C’est le sens, indique-t-il, de plusieurs chantiers de long terme prévus dans son plan climat, comme « une augmentation accélérée du prix du carbone sur le quinquennat », la « fin de la vente de véhicules émetteurs de gaz à effet de serre en 2040 », ou encore, s’agissant des bâtiments résidentiels et tertiaires, « la fin des passoires thermiques en dix ans avec 4 milliards d’euros dédiés à la rénovation énergétique ».
Au printemps 2017, le Conseil général de l’environnement et du développement durable avait déjà prévenu que les engagements de la France en matière de gaz à effet de serre nécessitaient, pour être tenus, « une intensification des efforts dans tous les domaines ».

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C’est d’autant plus vrai que les indicateurs publiés par le ministère portent sur les seules émissions nationales associées aux biens et aux services produits sur le territoire français, et non pas sur « l’empreinte carbone » totale, qui intègre, elle, les rejets carbonés générés dans d’autres pays par les biens et les services importés. La prise en compte de ces flux cachés accroît de près de moitié le bilan carbone réel de l’Hexagone. Alors qu’en s’en tenant aux émissions nationales, chaque Français est à l’origine de moins de 7 tonnes de CO2 par an, son empreinte carbone véritable est en fait supérieure à 10 tonnes. Un niveau identique à celui de... 1995.

   


Il y a donc urgence à inverser la courbe. La stratégie nationale bas carbone doit être révisée fin 2018 pour fixer, annonce le ministère, « une nouvelle trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre », compatible avec l’objectif de neutralité carbone au milieu du siècle.



                            


                        

                        

