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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La direction du groupe outre-Quiévrain a annoncé que 1 233 postes pourraient être supprimés dans le pays, soit près de 11 % des effectifs. Cette annonce a déclenché des arrêts de travail immédiats dans certains magasins.
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En Belgique, le Syndicat des employés et cadres dénonce un « carnage social » chez Carrefour

La direction du groupe outre-Quiévrain a annoncé que 1 233 postes pourraient être supprimés dans le pays, soit près de 11 % des effectifs. Cette annonce a déclenché des arrêts de travail immédiats dans certains magasins.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h21
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Quarante-huit heures après l’annonce, par Alexandre Bompard, de son traitement de choc pour redresser Carrefour (suppression de 2 400 emplois au siège, plan de sauvegarde de l’emploi pour le personnel des 273 ex-magasins Dia avec l’objectif de reclasser « au moins » la moitié des 2 100 salariés), la direction de Carrefour Belgique a fait savoir, jeudi 25 janvier, que 1 233 postes pourraient être supprimés dans le pays, soit près de 11 % des effectifs. Cette annonce a déclenché des arrêts de travail immédiats dans des magasins, en plusieurs endroits.

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Deux des 45 hypermarchés du groupe fermeront d’ici au moins de juin, tandis que trois autres seront transformés en supermarchés. Au total, 1 053 travailleurs des hypermarchés devraient être licenciés, et 180 employés au siège du groupe, à Evere (région de Bruxelles-Capitale).
La direction a assuré que les 443 supermarchés et les 296 magasins Express (des enseignes de proximité) ne seraient pas concernés par ces mesures. Carrefour Belgique a même évoqué l’ouverture d’une trentaine de nouveaux supermarchés dans le courant de 2018, ainsi que la création de 70 points de retrait pour le commerce en ligne. Le groupe prévoit aussi une extension des heures d’ouverture, couplée à une révision des conditions de travail. « A la baisse », selon la Centrale nationale des employés (chrétienne).
« C’est un carnage social », juge pour sa part le Syndicat des employés et cadres (socialiste). Le Parti du travail (gauche radicale) dénonce la démarche d’un groupe qui a réalisé 65 millions d’euros de bénéfices dans le royaume en 2016 et jouit des avantages fiscaux octroyés par les autorités aux multinationales.
« Manque de clarté »
Soumis à la pression de l’opposition et « en contact » avec la direction de Carrefour, le gouvernement fédéral a promis un soutien aux travailleurs et à leur famille. A la Chambre des députés, où se tenait une séance jeudi après-midi, les ministres se sont vu reprocher d’avoir autorisé des licenciements plus rapides qu’avant.
« Votre impuissance est patente », a lancé le député écologiste Georges Gilkinet. Son collègue socialiste, Jean-Marc Delizée, a mentionné « l’inutilité » des baisses de cotisations sociales promues par le gouvernement du libéral Charles Michel afin de défendre l’emploi.

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Aux organisations syndicales, qui fustigent le « manque de clarté » de son plan de transformation, la direction belge, à l’instar de celle du groupe, a expliqué qu’il était indispensable de réduire les coûts, tout en investissant dans le numérique et le bio. Objectif : relever « de nouveaux défis » dans un secteur particulièrement concurrentiel en Belgique, où les enseignes généralistes souffrent face aux chaînes à bas coût et aux magasins spécialisés.
L’un des principaux concurrents belges de Carrefour, la chaîne Delhaize, a fusionné en 2015 avec le Néerlandais Ahold et les allemands Aldi et Lidl grappillent sans cesse des parts sur un marché qui reste toutefois dominé par un acteur national : Colruyt Group.
Carrefour Belgique, qui représente 5 % du chiffre d’affaires du groupe, à 4,375 milliards d’euros, n’en est pas à sa première restructuration dans le royaume. En 2010, l’entreprise avait procédé à une vaste réorganisation qui avait entraîné la disparition de 1 700 emplois et 14 magasins.
Crainte d’un désengagement complet
Dix ans après avoir racheté la chaîne GB, Carrefour détenait alors près de 25 % des parts du marché belge et employait 15 000 personnes, dont les deux tiers à temps partiel. Les syndicats redoutaient un désengagement complet et soulignaient le risque d’une revente de toutes les activités belges. Seule une partie de celles-ci a finalement été cédée.
A l’époque, la direction parlait des projets « considérables » pour la modernisation des activités dans un pays où le groupe avait concentré une partie de ses activités financières, ce qui lui aurait rapporté plusieurs dizaines de millions d’euros.

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Il y a huit ans, Carrefour était déficitaire dans le royaume et quatre dirigeants s’étaient succédé à la tête du groupe en l’espace d’une décennie. Ils avaient régulièrement dénoncé le niveau des salaires, trop élevé d’après eux, dans le pays, mais n’avaient pas élaboré de véritable stratégie. Les quotidiens s’en prenaient, de leur côté, à « l’arrogance » de dirigeants français arrivés en « conquérants » mais coupables, surtout, d’avoir sous-estimé la concurrence.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Toujours plus nombreux à s’expatrier, les Français sont aussi plus nombreux à travailler en contrat local, indique le Baromètre Humanis-Lepetitjournal.com. Les entreprises prennent de moins en moins en charge la couverture sociale de ces salariés.
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Protection sociale : les Français expatriés de moins en moins couverts

Toujours plus nombreux à s’expatrier, les Français sont aussi plus nombreux à travailler en contrat local, indique le Baromètre Humanis-Lepetitjournal.com. Les entreprises prennent de moins en moins en charge la couverture sociale de ces salariés.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h57
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Partir pour revenir, mais à quelles conditions ? Les Français qui choisissent l’expatriation sont toujours plus nombreux, ils partent de plus en plus loin, et leur protection sociale se dégrade. Ce sont les principales leçons tirées du « Baromètre Expatriés 2018 », réalisé par le mutualiste Humanis et Lepetitjournal.com, et publié jeudi 18 janvier. Un expatrié sur deux (53 %) n’a pas de couverture retraite au-delà du régime local obligatoire, un sur cinq (20 %) n’a pas de couverture santé et près d’un sur deux (47 %) n’a pas de couverture prévoyance (invalidité, veuvage). Ce qui prépare un appauvrissement assuré à leur retour en France.
Près de 1 500 expatriés français implantés sur les cinq continents ont été interrogés entre le 14 novembre et le 1er décembre 2017 pour cette 6e édition du Baromètre Humanis. Les résultats ont été redressés pour respecter la structure de la population du 1,8 million de Français de l’étranger inscrits au registre du ministère des affaires étrangères, sur une population totale d’expatriés évaluée entre 2 et 2,5 millions de personnes par le même ministère.
les raisons de cette évolution ? Les Français plus nombreux à s’expatrier (en hausse annuelle de 4,6 % au dernier bilan) sont aussi de plus en plus nombreux à travailler en contrat local : 85 % des expatriés salariés sont en « contrat local » (69 % avec une entreprise locale, 16 % avec une filiale). C’est 3 points de pourcentage de plus en un an et 6 de plus en deux ans. Et 21 % travaillent en indépendants, le double d’il y a dix ans.
Des bonus « couverture sociale »
Ce qui n’est pas sans conséquence sur leur protection sociale. « Cette tendance de fond qui s’accélère s’accompagne d’une baisse de la prise en charge de la couverture sociale par l’entreprise », explique Séverine Emery, directrice des activités internationales du groupe Humanis. En 2018, seuls 25 % des expatriés étaient pris en charge par leur employeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Deux patrons, Louis Gallois et Pierre-André de Chalendar, un économiste Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient mardi les invités du Club de l’économie.
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Quatre regards pour une nouvelle politique industrielle

Deux patrons, Louis Gallois et Pierre-André de Chalendar, un économiste Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient mardi les invités du Club de l’économie.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h30
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Escande








                        



                                


                            
Deux patrons, Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA, et Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, un économiste, Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient les invités du Club de l’économie, mardi 23 janvier : quatre regards sur les échecs de la politique industrielle française, et quatre pistes pour changer la donne.

Elie Cohen : « Nous avons renoncé à une politique industrielle »
Nous avons renoncé depuis très longtemps à une politique industrielle. Ce qui a bien marché, le « colbertisme high-tech », était lié à une configuration politico-industrielle très particulière, avec des dispositifs fondés sur la commande publique, la préférence nationale, des grands projets d’équipement, la création de champions nationaux dans le ferroviaire, le nucléaire, l’aéronautique, etc.
Depuis qu’on a abandonné ce modèle, on ne sait plus à quel saint se vouer. On cherche à poursuivre une politique de grands projets, mais au niveau européen. Cependant, il n’y a que Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, pour dire que la cession des chantiers de l’Atlantique à l’italien Fincantieri, le démantèlement jusqu’au dernier morceau de l’ancienne Compagnie générale d’électricité et la cession d’Alstom à Siemens constituent des « progrès majeurs ». La deuxième vision insiste sur les écosystèmes territoriaux. Une troisième approche dit : « Le problème, c’est le financement. » Une autre, encore, se focalise sur l’organisation de notre système de recherche.
Le problème, c’est qu’avec des moyens limités et la multiplication d’objectifs, nous sommes sous-critique [inefficaces] dans la plupart des politiques. D’autant que chaque gouvernement veut rebattre les cartes. Tout cela suscite beaucoup d’agitation, beaucoup de rapports, et, à l’arrivée, on ne s’est pas véritablement attaqué au problème. 
Pierre-André de Chalendar : « L’écart de coûts avec l’Allemagne reste très...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Si ce microsecteur continue d’embaucher en France, il affronte une concurrence internationale redoutable.
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Le Canada truste les effets spéciaux du cinéma

Si ce microsecteur continue d’embaucher en France, il affronte une concurrence internationale redoutable.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h41
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            
Les effets spéciaux, nés avec le cinéma en 1895 pour éviter de décapiter l’actrice qui jouait la reine d’Ecosse dans un court-métrage d’Alfred Clark, restent porteurs mais fragiles en France. Ce microsecteur propose toujours des emplois ultraqualifiés. Frais émoulus d’écoles reconnues, bon nombre de jeunes professionnels et d’intermittents prendront le train jeudi 25 et vendredi 26 janvier pour aller vanter leurs talents au Paris Images Digital Summit à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise). Les principaux recruteurs de la place parisienne – Mikros Image, Mathematic, Trimaran, Cube Creative… – ainsi que des sociétés belges et britanniques cherchent à pourvoir 200 postes.
Une demande importante dans un domaine qui ne compte, selon une étude du Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) et d’Audiens à paraître vendredi 26 janvier, que 3 300 emplois dans l’Hexagone… Ce regain d’intérêt s’explique par une volonté politique. Le CNC a renforcé les aides sélectives et automatiques pour les créateurs et les utilisateurs d’effets spéciaux, tout en améliorant les incitations fiscales (de 20 à 30 %) proposées aux producteurs. Un plan ad hoc pour relancer la demande dans ce petit secteur du cinéma exposé à une compétition sans merci avec le Canada.
« La concurrence mondiale dans les effets spéciaux vient de la dématérialisation des images que l’on peut envoyer par fichiers à l’autre bout du monde », explique Gilles Gaillard, directeur général de Mikros Image. La Belgique a attiré les producteurs internationaux avec des incitations fiscales et des aides régionales très alléchantes dès 2006. Le Canada s’y est lancé en 2010 avec une politique très agressive pour fidéliser les productions américaines. Au Québec, le chiffre d’affaires des effets spéciaux s’envole chaque année de 27 %. Il a atteint 187,7 millions d’euros en 2016, grâce à 187 films et séries dont Star Wars, Rogue One ou le dernier opus de Pirates des Caraïbes.
Soixante-dix-sept...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Des habitants ont pris en main le destin de Buiksloterham, un quartier de friches portuaires dans la capitale. Ils veulent en faire un laboratoire pour une ville durable et décentralisée.
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A Amsterdam, le quartier qui veut « pirater la ville »

Des habitants ont pris en main le destin de Buiksloterham, un quartier de friches portuaires dans la capitale. Ils veulent en faire un laboratoire pour une ville durable et décentralisée.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h10
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


A priori, l’endroit n’a rien de séduisant. Docks déserts, entrepôts abandonnés, terrains vagues sablonneux… Le quartier de Buiksloterham, dans la partie nord d’Amsterdam, a connu ses heures de gloire au milieu du XXe siècle, lorsqu’il abritait des usines et des hangars de construction d’avions et des chantiers navals. Déserté depuis une vingtaine d’années, il renaît aujourd’hui de ses cendres, et est devenu, en l’espace de cinq ans, l’un des lieux les plus en vue de la capitale des Pays-Bas.
S’agit-il là d’une énième histoire de gentrification d’un ex-quartier industriel, colonisé par des jeunes et des familles en quête d’espace et de logements moins chers ? Certainement, mais pas seulement. Les habitants ont fait de cette zone un laboratoire urbain où ils testent de nouvelles manières de construire leur logement, de consommer ou de partager des ressources. Une sorte de village écologique et technologique, face de la gare centrale d’Amsterdam, qui veut inventer une nouvelle manière de vivre, très décentralisée, qui s’affranchit des grandes infrastructures municipales d’eau ou d’énergie et prône le retour à l’ultralocal.
Pour prendre le pouls de Buiksloterham, direction son quartier général : De Ceuvel, un village pour start-up et de travailleurs indépendants installés depuis trois ans dans un ancien chantier naval. Là, une douzaine de péniches remontées sur la terre ferme ont été transformées en bureaux ou en espaces de coworking, « où l’on essaie d’appliquer, à tous les niveaux, les principes de l’économie circulaire [le recyclage, la récupération des ressources et l’autoproduction écologique] », explique Chandra van der Bande, l’un des fondateurs du site, consultant dans une agence spécialisée en numérique et développement durable.

   


Production d’énergie et « joliette »
Et cela commence par l’énergie. De Ceuvel produit son électricité verte grâce à ses panneaux solaires installés sur les toits. Un système de batteries stocke le trop-plein, et des écrans permettent d’observer en temps réel l’énergie produite et consommée dans chaque « bateau ». Objectif : limiter le recours, le plus possible, au réseau électrique central.
De Ceuvel est aussi en train de créer un réseau local d’énergie à l’échelle du quartier, adossé à une monnaie virtuelle, la « joliette », sécurisée par une blockchain. Pour Chandra van der Bande, qui accueille régulièrement des visiteurs de Corée, du Japon, d’Espagne, de Taïwan :
« L’idée, c’est de permettre à tous les habitants d’échanger, vendre ou acheter l’énergie qu’ils produisent. La monnaie a aussi vocation à être utilisée entre les habitants du quartier, pour échanger des biens ou des services. »

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Car le site de De Ceuvel est ouvert au public, à la manière d’un démonstrateur de la ville durable. Pour accueillir les visiteurs, un « hôtel écologique » a ouvert dans quatre péniches amarrées à un quai. Un marché bio s’y tient toutes les semaines, un restaurant végétarien tout en bois où est servi une cuisine réalisée « à base des produits issus de circuits courts ». Les fourneaux tournent au biogaz créé par un méthaniseur qui « exploite les déchets des toilettes ». Une serre a été aménagée sur les toits, avec potager et « des cultures en aquaponie », c’est-à-dire utilisant les déchets des poissons comme engrais naturel.
Des plantes ont été disséminées sur tout le site pour dépolluer les sols de ses éléments toxiques, selon les préceptes de la phytoremédiation. Pour que le site fonctionne normalement, les membres de De Ceuvel – une cinquantaine de personnes – ont mis en place « un service communautaire » afin que chaque membre « donne un peu de son temps pour des travaux manuels, pour animer une formation, aider lors d’un festival ou créer une œuvre d’art ».
Un premier projet immobilier abandonné
Si elle en est presque caricaturale, cette petite communauté, pionnière de cette ex-zone malfamée d’Amsterdam, n’est pas la seule à s’y être installée. D’autres ont suivi. Pour comprendre, il faut revenir en arrière. Tout a commencé avec la crise de 2008, qui touche brutalement le secteur de l’immobilier néerlandais. Les grands projets des promoteurs immobiliers imaginés pour Buiksloterham sont stoppés en cours de route, laissant des constructions abandonnées.

   


C’est alors que des résidents d’Amsterdam – architectes, ingénieurs, activistes de l’environnement – se rassemblent. Ils décident de prendre en main le développement de cette zone, et d’en faire un quartier régi par les principes de l’économie circulaire, avec des maisons ou des petits immeubles en autoconstruction. La mairie, propriétaire des terrains, soutient le projet. Leurs réunions débouchent en mars 2015 sur le manifeste « Buiksloterham circulaire », signé par une vingtaine de parties prenantes.
Dans ce document figurent les préceptes qui guident la construction du quartier : le recyclage, l’autoproduction d’énergie, l’objectif zéro déchet, les infrastructures zéro émission, l’implication des habitants à tous les niveaux de décision, la mixité des usages des bâtiments (habitations et bureaux), l’utilisation du numérique pour fédérer la communauté…
Le développement du quartier connaît une poussée d’accélération en 2015. Cet automne-là, une centaine de personnes posent leur tente ou leur caravane pendant trois semaines dans une zone sablonneuse du quartier, afin d’obtenir des lots de terrains appartenant à la ville, et y bâtir leur propre maison, selon leurs principes.
Ainsi, Buiksloterham devient une référence internationale en matière de développement urbain dit « résilient » – avec un système de financement moins sensible aux aléas de la finance internationale. « Ce sont des vrais gens qui fabriquent des maisons avec du véritable argent, avec l’aide de leur famille ou d’entrepreneurs locaux », constate l’architecte et chercheur en urbanisme Matthijs Bouw, qui note que ces modèles d’aménagement par les futurs utilisateurs présentent d’autres avantages par rapport aux projets pilotés par des promoteurs : plus grande diversité des usages, qualité des infrastructures supérieures, plans plus flexibles.
« L’implication plus grande des gens qui vont vivre dans le quartier donne naissance, de manière logique à des quartiers plus aimés. »
Comprendre le fonctionnement d’une ville
Frank Alsema, qui travaille dans le milieu du numérique et se définit comme le « curateur urbain » de Buiksloterham, ne dit pas le contraire : « Notre ambition, avec ce quartier, c’est de pirater la ville, dans le sens où nous voulons qu’il appartienne vraiment aux habitants. L’idée, c’est que nous puissions avoir une maîtrise et une influence sur nos infrastructures d’eau, d’électricité, de mobilité ou de récupération des déchets. Que nous puissions, entre voisins, échanger des biens ou des services, partager une voiture, construire nos maisons. »
Les outils numériques y contribuent. Les groupes What’s App thématiques cimentent la communauté. « On en a un consacré aux techniques de constructions écologiques », illustre M. Alsema. Des chercheurs du projet de recherche Buiksloterham Hackable City testent aussi sur les habitants des jeux pour comprendre le fonctionnement d’une ville, un système de monitoring de l’environnement.

   


Frank Alsema a fait partie des chanceux qui ont pu racheter un terrain à la mairie suite à « l’opération camping » de 2015. Pour 180 000 euros, il a acquis une parcelle de deux cents mètres carrés, où il termine la construction une maison de trois étages, pour un coût de 800 000 euros. Celle-ci a été presque entièrement construite à partir de matériaux en partie recyclés.
« J’ai fait du reverse design : la construction de la maison s’est adaptée à ce que j’avais récupéré. L’escalier a été trouvé sur Internet et racheté à un concessionnaire automobile. Les tuiles de la façade viennent du toit d’une église, les grilles ont été récupérées dans un hôpital », raconte le propriétaire, fier de montrer son potager sur le toit, ses panneaux solaires, sa pompe à chaleur, la serre qui accueillera bientôt de la marijuana, qu’il mettra en vente pour un usage médical.
« Générer un complément de revenu »
Rien n’est laissé au hasard : le dispositif de récupération de la pluie pour les plantes, le double système d’évacuation des eaux usées, le bac pour le compost, la douche dotée d’un échangeur solaire pour récupérer la chaleur de l’eau ruisselante… Une aile indépendante a été aménagée afin de louer des chambres meublées « à des expatriés », afin « de permettre à la maison de générer un complément de revenu », explique Frank Alsema, qui souhaite aussi organiser, dans son salon, des expositions et des événements à destination des habitants.
Aujourd’hui, M. Alsema connaît presque tout le monde à Buiksloterham, qui ne rassemble que quelques centaines de personnes. Mais le quartier devrait rapidement grossir. Une école a été construite. Des promoteurs néerlandais, remis sur pied depuis la crise, recommencent aussi à réinvestir dans le quartier, tandis que la mairie y construit des logements sociaux.
Surtout, un nouveau mini-village va voir le jour cette année, imaginé par une agence locale, Schoonschip, il sera composé d’une trentaine de maisons flottantes qui partageront des équipements et des infrastructures. Une entreprise récupérera les eaux usées des habitants pour en extraire les phosphates (utilisés dans l’industrie), fabriquer du biogaz et de la chaleur. Une manière d’aller encore plus loin dans l’autonomie énergétique à petite échelle. Car pour les « habitants-hackeurs » de Buiksloterham, pas de doutes, la ville du futur sera décentralisée.

        Un événement du « Monde » :
         

          Habiter durablement les villes, une conférence à  Nancy le 13 février


La ville et l’habitat durables seront au centre d’une rencontre du Monde organisée à Nancy, mardi 13 février, de 8 h 30 à 10 h 30. Inscriptions ici. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ La présidente (LR) de la région, Valérie Pécresse, avait déclaré vouloir mettre « le gouvernement devant ses responsabilités » en supprimant cette aide.
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Ile-de-France : la justice annule la fin de l’aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière

La présidente (LR) de la région, Valérie Pécresse, avait déclaré vouloir mettre « le gouvernement devant ses responsabilités » en supprimant cette aide.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h12
   





                        


Le tribunal administratif de Paris a annulé, jeudi 25 janvier, la décision de la région Ile-de-France adoptée en février 2016 par le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) de supprimer l’aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat.
Le tribunal a estimé que cette décision du STIF était « entachée d’une erreur de droit », selon un communiqué. Plusieurs recours avaient été déposés, dont celui du conseiller du groupe Alternative écologiste et sociale (AES) et administrateur du STIF, Pierre Serne, qui a salué dans un communiqué « une victoire qui invalide une des mesures les plus démagogiques de Valérie Pécresse depuis son arrivée à la tête de la région Ile-de-France et du STIF ». « Plus de 117 000 Franciliens pourront donc très bientôt récupérer leurs droits à une aide tarifaire, le jugement étant à exécution immédiate », ajoute le communiqué du groupe.

        Lire :
         

          L’Ile-de-France supprime une aide aux sans-papiers



La région fait appel
La région Ile-de-France, dans un communiqué, estime de son côté que cette réduction tarifaire « est une prime à l’illégalité » et fait appel de cette décision. Le syndicat va demander « que cet appel soit suspensif, car le coût annuel de cette réduction se montait en 2015 à 43 millions d’euros, un chiffre appelé à croître compte tenu de la situation migratoire francilienne actuelle, ce qui représente l’équivalent du budget que la région consacre chaque année au financement du logement social », précise la région.
Le tribunal administratif rappelle dans son jugement que le code des transports « prévoit que les personnes dont les ressources sont inférieures à un plafond bénéficient d’une réduction tarifaire d’au moins 50 % sur leurs titres de transport », et que la région appliquait cette disposition depuis 2001, permettant aux personnes attestant de ressources inférieures au plafond de bénéficier de réduction tarifaire dans les transports, à hauteur de 75 %.
La décision du STIF, qui exclut les étrangers en situation irrégulière, méconnaît « les dispositions de l’article L.1113-1 du code des transports », qui « ne subordonnent, en effet, le bénéfice de la réduction tarifaire qu’à une seule condition de ressources, et non à une condition de régularité du séjour en France », dit le tribunal.
Une mesure jugée « injuste et xénophobe »
Valérie Pécresse, a fait savoir la semaine dernière, lors des vœux du groupe LR de la région Ile-de-France, qu’elle « mettrai[t] le gouvernement devant ses responsabilités ». « On ne peut pas dire que les immigrés en situation irrégulière ont vocation à rentrer chez eux et, en même temps, leur donner des primes pour qu’ils restent chez nous », avait-elle dit, estimant qu’il y avait « une contradiction totale dans la loi ».
Selon Me Tewfik Bouzenoune, conseiller de Pierre Serne, « cette décision dépasse largement l’Ile-de-France, puisqu’elle vise toutes les autorités organisatrices des transports en France qui ont exclu les étrangers en situation irrégulière du bénéfice de la tarification sociale ».

        Lire aussi :
         

                Non, la région Ile-de-France n’a pas « voté 75 % de réduction du passe Navigo pour les clandestins »



Pour Céline Malaisé, présidente du groupe Front de gauche, « il faut se féliciter de cette décision, qui met fin à une mesure très injuste et xénophobe de Valérie Pécresse. Cette dernière doit maintenant prendre toutes les dispositions pour rétablir cette aide tarifaire au plus vite ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ La mise en place de droits de douane sur les panneaux solaires pourrait faire perdre des milliers d’emplois aux Etats-Unis et retarder le développement des renouvelables
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Donald Trump va-t-il tuer le solaire américain ?

La mise en place de droits de douane sur les panneaux solaires pourrait faire perdre des milliers d’emplois aux Etats-Unis et retarder le développement des renouvelables



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h23
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

En annonçant, lundi 22 janvier, qu’il approuvait des droits de douane de 30 % sur les panneaux solaires fabriqués en dehors des Etats-Unis, Donald Trump a ébranlé un secteur en pleine expansion.
L’industrie mondiale des panneaux solaires a été littéralement écrasée par les entreprises chinoises ces dix dernières années, qui ont su proposer des prix extrêmement bas tout en augmentant progressivement la qualité du matériel vendu.
Selon l’administration Trump, la Chine produit aujourd’hui 71 % des panneaux solaires dans le monde et 60 % des cellules photovoltaïques – même si une partie de la production chinoise est en réalité délocalisée en Malaisie ou au Vietnam.
Un marché en pleine expansion
Le président américain répond ainsi directement à la requête de Suniva et SolarWorld, deux fabricants en difficulté qui dénoncent une multiplication par six des importations chinoises en cinq ans, ayant conduit à un effondrement des prix. Les opposants à cette décision ne se privent pas de souligner que les deux entreprises en question sont les filiales américaines de groupes étrangers – chinois et allemand en l’occurrence.

L’administration Trump estime que cette décision va permettre de protéger des emplois américains et qu’elle incarne à merveille la ligne « America First » défendue par la Maison Blanche. « Vous allez avoir des gens qui vont retrouver du boulot et nous allons faire enfin nos propres produits. Ça faisait longtemps », a ainsi lancé le président.
Mais l’association des industriels américains du secteur solaire (SEIA) estime que cette décision pourrait coûter 23 000 emplois. Selon elle, le choix du président Trump va « aboutir au report ou à l’annulation de milliards de dollars d’investissements dans le secteur solaire ».
« Une destruction nette d’emplois »
Selon plusieurs analystes, la croissance du solaire aux Etats-Unis pourrait diminuer de 10 % à 15 %. Son développement spectaculaire...




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Deux patrons, Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA,et Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, un économiste,Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient les invités du Club de l’économie, mardi 23 janvier.Ils ont débattu sur l’état de l’industrie française et son avenir
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Peut-on encore sauver l’industrie française

Deux patrons, Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA,et Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, un économiste,Elie Cohen, et un sociologue et ingénieur, Pierre Veltz, étaient les invités du Club de l’économie, mardi 23 janvier.Ils ont débattu sur l’état de l’industrie française et son avenir



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h00
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Escande








                        



                                


                            

La reprise économique dévoile un tissu industriel trop faible pour répondre à la demande et incapable de trouver sur le marché les compétences dont il a besoin. Entre charges trop élevées et qualité insuffisante, les avis convergent sur l’urgence d’un sursaut par le numérique.
Les carnets de commandes sont pleins, l’investissement repart, le moral est au beau fixe. Le constatez-vous dans vos entreprises ?
Louis Gallois. Pour PSA, l’année 2018 va être solide. Alors que nous pensions que le marché de l’automobile pouvait arriver à un plateau en Europe, il a continué à progresser. Les usines tournent à plein en quatre équipes, sept jours sur sept. Pour avoir une 3008, il faut trois mois d’attente, ce que les clients supportent mal.
Pierre-André de Chalendar. Pour la première fois depuis plus de six ans, au troisième trimestre, les ventes ont augmenté autant en France, et même un peu plus, que dans le reste de l’Europe. Et en ce qui concerne les PME de la construction, qui sont nos clientes, elles ont longtemps refusé d’embaucher, préférant allonger leur carnet de commandes de plus de 20 % en un an. Depuis le mois de septembre [2017], elles ont repris les embauches, en anticipation de l’effet des ordonnances sur le travail.
La reprise est donc solide ?
Elie Cohen. Décembre sera à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire industrielle du pays. C’est la première fois depuis dix-sept ans que l’on cesse de détruire de l’emploi et que l’activité dans ce secteur repart de l’avant. Nous terminons l’année 2017 avec une croissance de la production manufacturière de 4,4 %. De plus, nous assistons à une accélération de l’investissement qui n’était pas attendue, compte tenu de la suppression des mesures d’aide à l’amortissement.
Mais deux éléments ternissent ce tableau. Le premier, c’est le commerce extérieur. Il se dégrade de tous côtés....




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Pour Pierre-Louis Rémy, ancien administrateur du transporteur ferroviaire, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la SNCF ne pourra surmonter ses difficultés qu’en abandonnant sa culture du cloisonnement, de la règle et de la hiérarchie.
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La crise de la SNCF s’explique aussi par « son mode de management »

Pour Pierre-Louis Rémy, ancien administrateur du transporteur ferroviaire, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la SNCF ne pourra surmonter ses difficultés qu’en abandonnant sa culture du cloisonnement, de la règle et de la hiérarchie.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h03
    |

Pierre-Louis Rémy (Inspecteur général des affaires sociales honoraire)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, la SNCF a souvent fait la une de l’actualité… pour ses pannes et ses retards. Les explications données concernent en général la vétusté, réelle, du réseau et la difficulté, structurelle, d’assurer des opérations de maintenance en conservant l’indispensable circulation des trains.
Tout cela est pertinent. Mais il est étrange qu’un autre facteur ne soit (presque) jamais mis en avant : l’organisation du travail et le mode de management de cette entreprise, pourtant essentiel.

En effet les fonctions y sont très cloisonnées : les conducteurs ; les contrôleurs ; les agents des gares ; la maintenance ; les travaux… Combien de fois, posant une question à un agent, reçoit-on cette réponse : ce n’est pas de mon ressort, demandez à X ou Y. Et, contrairement à ce que certains imaginent, cette situation n’est pas confortable pour le personnel. Car il n’est pas agréable de se sentir impuissant devant un problème, plus encore face à des usagers inévitablement tendus et déconcertés par cette impuissance.
Le poids de la culture technique des ingénieurs
Ce cloisonnement a des racines historiques dans une organisation fondée sur le métier, avec une hiérarchie implicite entre eux. Il a été encouragé par les stratégies syndicales, plus à l’aise dans la mise en avant de revendications par métiers. Et il a été un objectif délibéré des directions de l’entreprise, de façon presque continue. L’autonomisation des différentes entités, exploitation, gares, infrastructures, dans le contexte de l’ouverture à la concurrence européenne, a conforté cette situation.
A cela s’ajoute le rôle central de la règle, du règlement, censé prévoir les différentes situations et les réponses à leur apporter, qui est également un outil de coordination dans l’univers cloisonné de la société. Ceci s’explique sans doute par le poids de la culture technique des ingénieurs dans la direction de la SNCF, prépondérant jusqu’à une période récente,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.
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Un algorithme coopératif et communicant

Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h00
    |

                            Paul Seabright (Professeur de sciences économiques à lInstitut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            
Recherches. Les prouesses de l’intelligence artificielle sont louées quotidiennement dans les médias, et l’on pourrait croire que les algorithmes essaient de dépasser les êtres humains dans tous les domaines de nos activités. En fait, la majorité des recherches en intelligence artificielle essaient de reproduire et de perfectionner des compétences que l’on peut mettre directement au service de l’être humain (comme avec la robotique) ou qui servent dans les combats à somme nulle (comme les échecs, le poker ou le go).
Rares sont les projets qui travaillent sur les compétences utiles pour les tâches qui mêlent le conflit et la coopération, où il y a des bénéfices à la coopération, mais des conflits sur la répartition de ces bénéfices. Pourtant ces tâches sont au cœur de la société humaine, notamment dans le domaine de l’échange économique.
Une étude qui vient de paraître s’adresse directement à ce défi passionnant (« Cooperating with machines », par Jacob Crandall, Mayada Oudah, Jean Tennom, Fatimah Ishowo-Oloko, Sherief Abdallah, Jean-François Bonnefon, Manuel Cebrian, Azim Shariff, Michael A. Goodrich et Iyad Rahwan, Nature Communication 9/233, 2018, lien vers PDF en anglais).
Expériences économiques
Les auteurs ont cherché à construire des algorithmes capables d’agir de manière coopérative autant avec d’autres algorithmes qu’avec des êtres humains. Leur tâche a été compliquée par le fait que la coopération humaine est facilitée par d’autres qualités que l’intelligence purement cognitive – surtout l’empathie, l’intuition, la sensibilité aux normes et à la communication.
Lors des expériences, les sujets humains arrivent plus facilement à coopérer lorsqu’ils ont la possibilité de communiquer entre eux, même si cette communication ne les engage en rien. En serait-il autant pour les algorithmes ? La réponse a été positive.
Les chercheurs ont mis en place des expériences économiques sous forme de jeux répétés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ A Markham, dans la banlieue de Toronto, cette voiture au moteur surpuissant est fabriquée avec des méthodes aux antipodes de l’industrie fordiste.
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Au Canada, l’usine des nouvelles Ford GT produit, à l’ancienne, 250 bolides par an

A Markham, dans la banlieue de Toronto, cette voiture au moteur surpuissant est fabriquée avec des méthodes aux antipodes de l’industrie fordiste.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h47
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Des établis en bois, de lourds étaux usés, des tournevis manuels, des ouvriers allongés à même le sol s’affairant sous la caisse. Et un calme inhabituel pour une usine automobile. Nous sommes à Markham, dans la banlieue de Toronto, au Canada, dans la fabrique des nouvelles Ford GT. Un lieu exclusif qui produit 250 voitures par an. Pas une de plus. L’exact contraire de l’industrie fordiste.
Soudain, dans le vaste atelier, le rugissement du surpuissant moteur V6 de l’une des voitures, testée sur le banc à rouleaux, déchire le silence. Car la Ford GT est avant tout un incroyable bolide, un pur-sang taillé pour la course et en même temps accessible à la vente : deux places au ras du sol, coque en carbone, 647 chevaux, 350 km/h et la bagatelle d’un demi-million de dollars (environ 400 000 euros) pour avoir le droit d’en posséder une.
Plus exclusive encore qu’une Ferrari
Ford a fait de la niche des voitures bodybuildées – les muscle cars, comme disent les Américains – un succès rentable pour l’entreprise : du renouveau de la Mustang (dans des proportions industrielles et à un prix moins stratosphérique) à la Ford GT, plus exclusive encore qu’une Ferrari.

Il faut quasiment supplier Ford pour posséder sa GT. Les aficionados ont dû envoyer une lettre de motivation rien que pour espérer avoir le droit d’acquérir la voiture de leurs rêves. Un véhicule dont le sex-appeal a été encore renforcé par sa victoire aux 24 Heures du Mans dans la catégorie « grand touring » (GT), lors du retour de Ford à la compétition, en 2016.
Et la marque américaine a fait des déçus. Plus de 6 500 demandes lui ont été adressées et, à ce jour, seulement 500 clients ont été sélectionnés, soit la production jusqu’à la fin de cette année. L’ouverture du processus de commandes pour les 500 prochaines n’a pas encore commencé.
Une « supercar » produite par un équipementier canadien
Retour dans l’usine de Markham. Ici pas de chaîne mobile en continu,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Une fois encore, le faible goût pour la transparence du géant laitier est montré du doigt, cette fois par les parlementaires français.
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Quand Lactalis publiait ses comptes… il y a un an, en Italie

Une fois encore, le faible goût pour la transparence du géant laitier est montré du doigt, cette fois par les parlementaires français.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h34
    |

            Laurence Girard








                        



   


La non-publication des comptes de Lactalis reste au cœur des débats autour du géant laitier. La question a encore été abordée, mercredi 24 janvier, au Sénat comme à l’Assemblée nationale. Pourtant, il y a un an, quasiment jour pour jour, Lactalis avait déposé ses comptes. Mais en… italien. Un exercice obligé, qui avait échappé à nombre d’observateurs.
En effet, en février 2017, l’entreprise de Laval (Mayenne) lançait une nouvelle offre publique d’achat (OPA) sur l’italien Parmalat. L’enjeu pour le flibustier : 2,26 % du capital. Une paille pour le numéro un mondial des produits laitiers. Mais, en réalité, une poutre. Car ces quelques pourcents étaient nécessaires pour atteindre le seuil fatidique des 90 %, nécessaire pour pouvoir retirer la proie italienne de la cote. Un enjeu de taille pour l’entreprise dirigée par Emmanuel Besnier, un dirigeant qui n’a pas l’habitude de rendre des comptes. Encore moins d’en publier.

        Lire aussi :
         

                Affaire Lactalis : une première plainte contre les services de l’Etat



Un exercice rare
Pour lancer son offre d’achat, Lactalis a dû se contraindre à lever le voile sur les chiffres. Un exercice rare. Le précédent remontait à 2011, lorsque le groupe de Laval s’était justement lancé dans une OPA hostile contre Parmalat. A l’époque, les chiffres concernaient l’exercice 2010. L’entreprise affichait alors un chiffre d’affaires de 10,4 milliards d’euros et un bénéfice net de 308 millions d’euros.
Cette fois, Lactalis a publié les données 2014 et 2015. Boulimique, le propriétaire des marques Président, Société, Lactel ou Galbani a grossi. En 2015, son chiffre d’affaires atteignait 16,8 milliards d’euros. Pour un résultat opérationnel de 1,17 milliard d’euros et un résultat net de 432 millions d’euros. Soit une marge opérationnelle de 6 % et une marge nette de 2,5 %. Loin de la marge opérationnelle de Danone, estimée à 13,8 % en 2016. Plutôt comparable à celle d’une autre entreprise agroalimentaire familiale française, Bonduelle. L’endettement, lui, se chiffrait à 2,8 milliards d’euros.
Las. L’OPA n’a pas été couronnée de succès et Parmalat reste cotée à Milan. L’entreprise de Laval, elle, n’est guère prête à renouveler cet exercice de transparence. Son porte-parole, Michel Nalet, l’a redit, mercredi 24 janvier. Auditionné par la commission des Affaires économiques du Sénat, il a toutefois reconnu qu’il ne contestait pas la nécessité de déposer ses comptes auprès du tribunal de commerce, mais qu’il s’opposait à la publication de ces données, arguant de la nécessaire protection vis-à-vis de ses concurrents.
Culte du secret
Depuis l’affaire des laits infantiles contaminés aux salmonelles dans son usine de Craon (Mayenne), qui a été révélée le 2 décembre, Lactalis est sous pression. La loi Sapin 2 a renforcé les sanctions pour les entreprises qui refusent de publier leur compte. Elle donne aussi le pouvoir au président de l’Observatoire des prix et des marges alimentaires de saisir le tribunal de commerce pour obtenir les informations. Ce qui a été fait en mars 2017. Pour l’instant sans succès à Laval.

        Lire aussi :
         

                Lactalis, les raisons d’un scandale sanitaire



M. Nalet s’est dit prêt à collaborer avec l’Observatoire des prix et des marges. Des députés, ont déposé, mardi un amendement dans le cadre du projet de loi sur « le droit à l’erreur », pour durcir encore les sanctions vis-à-vis des entreprises qui entretiennent le culte du secret. D’autres élus ont annoncé la création d’une commission d’enquête parlementaire pour tenter d’y voir clair, dans cette affaire de contamination aux salmonelles, qui a éclaboussé, Lactalis, la grande distribution, mais aussi les services de l’Etat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Plus d’un millier de suggestions, plus ou moins fantasques, ont déjà été déposées pour ce texte visant à favoriser la croissance des entreprises.
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Invités à se prononcer sur la loi Pacte, les internautes se lâchent

Plus d’un millier de suggestions, plus ou moins fantasques, ont déjà été déposées pour ce texte visant à favoriser la croissance des entreprises.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h10
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            Elise Barthet








                        



                                


                            

Lentement mais sûrement, les compteurs grimpent. 3 237 participants, 6 208 contributions, 28 654 votes à l’heure où nous mettons sous presse. Dix jours après son lancement, le 15 janvier, la consultation publique en ligne consacrée au Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) fait des petits. « D’accord », « pas d’accord », « mitigé »… les citoyens-internautes ne se contentent de donner leur avis sur les 31 propositions retenues par Bercy. Plus d’un millier de suggestions, plus ou moins fantasques, ont d’ores et déjà été déposées.
Au ministère de l’économie, d’où le projet est piloté, on est « plutôt content ». Pacte est le grand chantier de Bruno Le Maire pour 2018. Une loi, ne cesse-t-il de répéter, destinée à « faire grandir les entreprises en associant mieux les salariés à leurs résultats ». Le projet doit être soumis au conseil des ministres à la mi-mars. Des binômes de parlementaires et de chefs d’entreprise missionnés par le gouvernement ont planché dessus tout l’automne. La consultation publique sur le site pacte-entreprises.gouv.fr en est le prolongement jusqu’au 5 février. Une « méthode originale », veut croire le ministre de l’économie, qui s’est engagé à recevoir les contributeurs les plus actifs.
Contre le plan d’épargne en actions pour les jeunes
Qu’en ressort-il, à mi-parcours ? D’abord, que les articles les plus votés et les plus commentés sont aussi ceux qui ont le plus longtemps figuré… en haut du site. En tête, la proposition visant à « rendre 100 % des démarches administratives accessibles en ligne en 30 minutes » recueille plus d’un millier d’avis positifs. On n’en compte qu’une centaine concernant la « procédure de rétablissement professionnel »
Le site a beau être épuré, agréable à utiliser, il est évident que les curieux prennent rarement la peine de le visiter intégralement. Pour rééquilibrer la consultation, Bercy a suggéré au prestataire...




                        

                        


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L’Allemagne ne sait plus quoi faire de ses emballages en plastique

Depuis le 1er janvier, la Chine a interdit l’importation de certains déchets.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h27
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis quelques jours, en Allemagne, une odeur de mauvaise conscience émane des conteneurs qui garnissent les arrière-cours des immeubles. Les Allemands, très habitués à trier scrupuleusement leurs ordures dans cinq bacs différents, ont découvert l’envers du décor du recyclage. En effet, depuis le 1er janvier, la Chine a fermé ses frontières aux ordures du monde.
L’Allemagne est le troisième producteur européen de ces emballages plastiques, derrière l’Irlande et l’Estonie. Au total, les pays de l’Union en consomment chaque année 25 millions de tonnes, dont 30 % seulement sont récupérées pour recyclage. Dans sa stratégie de lutte contre les déchets plastiques, présentée mardi 16 janvier, la Commission européenne s’est donné pour objectif que, d’ici à 2030, tous les emballages plastiques utilisés sur le marché européen soient recyclables. Bruxelles souhaite aussi voir diminuer l’utilisation de plastique à usage unique et de microplastique. « Si nous ne changeons pas la façon dont nous produisons et utilisons le plastique, il y aura dans nos océans en 2050 plus de plastique que de poissons, a déclaré le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans. La seule solution à long terme est de réduire les déchets plastiques en les recyclant et en les réutilisant davantage. »

Mais l’arrêt des importations de déchets par la Chine montre bien les limites du recyclage, même dans un pays où le tri est ancré depuis longtemps dans les habitudes, comme l’Allemagne. Selon Eurostat, chaque Allemand utilise 37,4 kilos d’emballages plastiques par an – soit 20 % de plus que la moyenne européenne –, dont 49 % seulement sont recyclés. Ce pourcentage doit passer progressivement à 63 % en 2019, selon une loi votée en 2017. Le pays a développé son industrie du recyclage dès les années 1970.
Problème : bien que le taux de recyclage augmente, la production réelle de déchets ne baisse pas. Avec la croissance du commerce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Reine des gros 4 × 4, le constructeur américain doit accélérer dans l’innovation pour prendre le virage de la révolution automobile et faire face à ses fragilités. Un choc culturel.
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Ford veut s’émanciper de sa dépendance aux pick-up

Reine des gros 4 × 4, le constructeur américain doit accélérer dans l’innovation pour prendre le virage de la révolution automobile et faire face à ses fragilités. Un choc culturel.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h01
    |

                            Éric Béziat (Detroit (Etats-Unis)








                        



                                


                            
En France, il ferait figure de monstre automobile, avec ses trois tonnes, sa calandre de deux mètres de large et son moteur V8 qui aspire 16 litres d’essence tous les 100 kilomètres. Aux Etats-Unis, c’est le plus banal des véhicules. Le pick-up Ford F-150 a été pour la 41e année d’affilée, en 2017, le modèle le plus vendu en Amérique du Nord. Il s’est encore écoulé l’an dernier à 900 000 exemplaires, une de ses meilleures performances depuis douze ans.
Avec de tels titres de gloire, ce mastodonte a largement contribué aux résultats mondiaux de Ford, publiés mercredi 24 janvier. Si le bénéfice opérationnel avant impôts de la division automobile est conséquent (7,26 milliards de dollars soit 5,8 milliards d’euros), c’est dû exclusivement à la performance de l’entreprise en Amérique du Nord.
Pour le reste, l’année n’a pas été plus flamboyante que cela : un chiffre d’affaires de l’activité auto en hausse de 3 %, s’établissant à 145,7 milliards de dollars, mais des ventes globales à l’étale (6,6 millions de véhicules) et une rentabilité opérationnelle en perte de vitesse (5 % en baisse de 1,7 point de pourcentage).
Quant à 2018, le millésime s’annonce difficile, préviennent les dirigeants. En cause : le coût croissant des matières premières et les fluctuations des monnaies, mais aussi – et de plus en plus – la hausse des investissements dans les véhicules autonomes et les services à la mobilité.
Les gloires du passé
De la robustesse des pick-up aux incertitudes de la voiture connectée, voilà qui résume les forces et les faiblesses de Ford, sixième constructeur mondial. Mais cette société n’est pas comme les autres. Elle est l’entreprise qui, sous l’impulsion de son génial fondateur, a inventé, il y a un peu plus de cent ans, l’industrie automobile telle que nous la connaissons.
Et c’est au fond la question clé : Ford, qui prétend posséder le gène de l’innovation, est-il capable de rompre avec sa propre tradition pour s’inventer...




                        

                        


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Le réveil de l’industrie

Si la reprise économique réussit aux industriels, comme ceux de l’automobile et du bâtiment, beaucoup de secteurs sortent très abîmés de la crise. D’où la persistance du chômage.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h49
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. lls ont beau se lever en pleine nuit, turbiner sans pause jusqu’aux petites heures du matin pour nous concocter la baguette du petit-déjeuner, les boulangers sont dans le pétrin. Ce symbole du labeur urbain, étanche à toutes les crises, existentiel au paysage parisien, est en petite forme au moment même où le reste de la France redresse la tête.
Selon le cabinet Altares, les défaillances d’entreprises sont tombées à un plus bas depuis 2008 (55 175), mais pas dans ce petit secteur d’activité. Cent trente sept boutiques ont fermé le rideau en 2017, soit 37 % de plus que l’année précédente. En revanche, tout semble aller pour le mieux du côté de l’industrie manufacturière, éternelle moribonde des statistiques nationales. Dans ce domaine, les faillites et autre redressements judiciaires ont largement décru, à l’exception du textile-habillement.
Etrange époque qui voit se relever des bannis quand des secteurs que l’on croyait immuables plongent inexorablement. Le sort des artisans boulangers reflète la grande détresse de la filière agroalimentaire, autrefois reine de France. Sans parler de la situation des éleveurs de bovins et autres vaches laitières dont près de 300 ont mis la clé sous la porte en 2017, soit plus de 20 % de plus qu’en 2016.
La reprise économique, qui profite à l’ensemble de l’Europe et se fait sentir fortement en France depuis la rentrée de septembre, a relancé la machine des grands industriels comme l’automobile ou le bâtiment avec des répercussions sensibles sur les entreprises les plus petites. En revanche, dix ans de crise dans un contexte de guerre des prix mondiale ont détruit inexorablement des pans entiers de l’activité, notamment dans l’industrie.
Embaucher au pays du chômage de masse
Cette reprise nette se produit dans un champ de ruines. Comme le souligne l’économiste Elie Cohen, la dégradation du tissu se lit dans les chiffres du commerce extérieur : plus l’économie s’améliore, plus...




                        

                        


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Le ciel s’assombrit encore pour General Electric

La Securities and Exchange Commission, le gendarme de la Bourse américaine enquête sur le conglomérat qui accuse une perte de 6,2 milliards de dollars en 2017.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h45
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
John Flannery savait-il, en prenant la direction de General Electric (GE) début août, à quel point ce fleuron de l’industrie américaine était mal en point ? Et jusqu’où il lui faudrait administrer la purge pour guérir le malade sans le tuer ? Depuis six mois, ce pur produit maison entré chez GE en 1987 a déclenché une avalanche de mauvaises nouvelles qui s’abat sur les salariés et les actionnaires. Il veut solder l’ère de son prédécesseur, Jeff Immelt, qui avait lui-même succédé au mythique Jack Welch en septembre 2001 : licenciements, cessions d’activités, coupes claires dans les dépenses de fonctionnement, réduction du dividende… Avec, en toile de fond, le scénario d’un éclatement du conglomérat qui n’est plus tabou.
Pour l’heure, rien n’y a fait. En un an, la capitalisation de GE a fondu de 45 %, quand l’indice Dow Jones des trente premières valeurs industrielles gagnait 30 %. Sans surprise, le PDG du conglomérat de Boston a annoncé, mercredi 24 janvier, de mauvais résultats 2017 : une perte nette de 6,2 milliards de dollars (5 milliards d’euros) en 2017, contre 8,2 milliards de dollars de profits un an plus tôt, et un recul du chiffre d’affaires de 1,3 %, à 122 milliards. Puis une autre déconvenue, qui a immédiatement entraîné une nouvelle baisse de l’action : la Securities and Exchange Commission, le gendarme de la Bourse américaine, a ouvert une enquête après que GE a annoncé devoir provisionner 15 milliards de plus pour des contrats d’assurance hérités du passé. En outre, il devra s’expliquer sur la façon dont il a comptabilisé les revenus des contrats à long terme dans l’énergie.
Plusieurs facteurs expliquent ce mauvais exercice du géant qui emploie près de 300 000 personnes dans 130 pays : une charge de 6,2 milliards de dollars liée à ses activités dans l’assurance pour personnes âgées, reliquat d’une activité pourtant cédée en 2004-2006 ; une autre de 3,5 milliards pour payer le rapatriement aux Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Après Moscou et Davos, Mauricio Macri arrive vendredi à Paris pour plaider la cause d’une économie qui renoue avec la croissance, dans un climat social tendu.
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Le président argentin se rend en France pour tenter d’attirer les investisseurs

Après Moscou et Davos, Mauricio Macri arrive vendredi à Paris pour plaider la cause d’une économie qui renoue avec la croissance, dans un climat social tendu.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h34
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

Ignacia Aguire a du mal à se faire à l’idée que ses deux filles iront à l’école publique, en mars, pour la rentrée scolaire dans l’hémisphère austral. « Avec de grands efforts, je les avais envoyées jusqu’ici dans un collège privé pour leur épargner les grèves à répétition des enseignants du public, explique-t-elle. Mais c’est devenu insoutenable avec les augmentations des mensualités du collège. » « La hausse généralisée des prix, en particulier alimentaires, a grignoté mon budget », poursuit cette employée domestique, dont le salaire a, pourtant, été revalorisé, en deux fois, de 24 % au total, en 2017.
« Tout augmente de façon vertigineuse, renchérit Jorge, son mari. Eau, gaz, électricité, transports, médicaments et jusqu’à 60 % de hausse pour les couvertures médicales privées. » Cet électricien de 40 ans est employé dans la construction, au noir, comme 40,8 % des travailleurs argentins. Un taux inchangé depuis des décennies.
L’inflation, cauchemar des Argentins
La hausse des prix reste le cauchemar des Argentins. A l’arrivée au pouvoir, en décembre 2015, de Maurico Macri, libéral de droite, l’inflation dépassait 40 %. Elle a été ramenée à 24,8 % l’an dernier. C’est encore loin de l’objectif de 17 % fixé pour 2017 par le gouvernement, qui espère limiter la valse des étiquettes à 15 % en 2018. Un impératif pour parvenir à la « pauvreté zéro » promise par M. Macri pendant sa campagne électorale. Il en est loin : 28,6 % des 41 millions d’Argentins, et 38 % des enfants, vivent même en situation de pauvreté intense, selon le dernier rapport de l’Université catholique argentine.
Malgré les premiers résultats engrangés par Mauricio Macri, les investissements étrangers restent timides
Réduire l’inflation, la pauvreté et le déficit budgétaire – 3,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2017 –, tout en maîtrisant l’endettement du pays, constituent les grands défis macroéconomiques du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Une étude du Fonds monétaire international met en exergue la montée des inégalités entre les jeunes et les plus âgés.
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En Europe, le fossé économique se creuse entre les générations, avertit le FMI

Une étude du Fonds monétaire international met en exergue la montée des inégalités entre les jeunes et les plus âgés.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h06
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Dans le débat lancinant sur l’explosion des inégalités, l’Europe fait généralement figure d’élève modèle – ou, tout du moins, de région la moins inégalitaire au monde. Une image conquise grâce à son généreux modèle social, qui a permis que l’écart entre les plus riches et les moins aisés s’y creuse moins qu’ailleurs.
Ce constat doit pourtant être nuancé, selon le Fonds monétaire international (FMI) : dans une étude publiée mercredi 24 janvier, l’institution multilatérale souligne que, si l’inégalité de revenus est, en moyenne, restée stable dans l’Union européenne (UE) depuis 2007, elle s’est, en revanche, nettement accrue entre les générations.
Les jeunes plus exposés au risque de pauvreté
« La population en âge de travailler, en particulier les plus jeunes, est laissée pour compte, commente, dans un post de blog, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Si rien n’est fait, c’est toute une génération qui risque de ne jamais se relever. » La Française a présenté, mercredi, les résultats de cette étude au Forum économique mondial de Davos, qu’elle copréside cette année, autour du thème : « Construire un avenir commun dans un monde fracturé ».

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Depuis la crise financière, les revenus des 65 ans et plus ont augmenté de 10 %. A contrario, ceux des plus jeunes (18-24 ans) ont stagné. Un phénomène largement corrélé au chômage qui les a touchés plus durement que le reste de la population. Tandis que le taux de chômage au sein de l’UE tourne désormais autour de 7,3 %, un jeune actif européen sur cinq (20 %) est à la recherche d’un emploi, rappelle Mme Lagarde. Ces parcours heurtés aboutissent fréquemment à des postes moins bien rémunérés et plus précaires.
Avant la crise financière, la pauvreté touchait de façon comparable les générations. Mais les jeunes y sont aujourd’hui nettement plus exposés : un sur quatre fait face à un tel risque, avec un revenu inférieur à 60 % du revenu médian. En outre, ils n’ont souvent pas encore accumulé un patrimoine leur permettant de se prémunir contre d’éventuelles pertes de revenus. Selon l’étude, les 16-34 ans détiennent moins de 5 % de la richesse nette des Européens. Ils sont aussi les plus endettés.
Les auteurs du rapport mettent en exergue le rôle des dispositifs de protection sociale dans ces inégalités intergénérationnelles. « Ils protègent efficacement les revenus réels des personnes âgées des effets de la crise mais n’offrent qu’une assistance limitée aux jeunes sans emploi », est-il écrit. Qui plus est, les récents efforts d’assainissement budgétaire ont davantage entamé les programmes d’aide à la population active que les dépenses de retraite.
Un brevet de bonne conduite pour l’Allemagne
La reprise économique pourrait contribuer à atténuer la tendance. Mais le FMI exhorte les dirigeants à venir en renfort. Un effort jugé indispensable pour éviter les répercussions économiques, sociales et politiques lourdes qu’impliquerait une exclusion durable des jeunes.
Parmi les pistes de réformes, le Fonds suggère des réductions de charges ou des crédits d’impôt pour les bas salaires, pour inciter à l’embauche des jeunes. Il préconise aussi d’investir continûment dans l’éducation et la formation pour rapprocher l’offre et la demande de travail. Au passage, l’Allemagne se voit décerner un brevet de bonne conduite pour son système axé sur l’apprentissage. Depuis 2011, la première économie européenne détient le plus faible taux de chômage des jeunes sur le Vieux Continent.

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A rebours de ses dogmes d’autrefois, le FMI propose aussi d’accroître la progressivité de l’impôt et de rééquilibrer la charge fiscale entre les générations. « Il ne s’agit pas d’opposer une génération à une autre, insiste Mme Lagarde. Construire une économie qui fonctionne pour les jeunes permet de poser des fondations solides pour tous. Des jeunes gens aux carrières fructueuses peuvent contribuer à renforcer les filets sociaux. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ En janvier puis en février 2017, l’hebdomadaire « Tribune de Lyon » publie deux articles élogieux sur une étude de notaires. Le second est titré « Dominique B., le notaire qui décoiffe ». Ces publications, assimilées à de la publicité, valent à l’officier ministériel une sanction de rappel à l’ordre.
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