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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Notre chroniqueur appelle à l’abandon de la hiérarchie artificielle entre « créateurs français de premier rang » et « supplétifs francophones ».
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Chronique

« Emmanuel Macron a-t-il vraiment un projet francophone ? »

Notre chroniqueur appelle à l’abandon de la hiérarchie artificielle entre « créateurs français de premier rang » et « supplétifs francophones ».

Par                                            Abdourahman Waberi




LE MONDE
              datetime="2018-01-25T18:45:21+01:00"

        Le 25.01.2018 à 18h45






    
Emmanuel Macron (g) et le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré (d) à l’école Lagm Taaba de Ouagadougou, le 28 novembre 2017.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Chronique. Le spectre d’une langue française moribonde continue de hanter le monde francophone. Il revient cycliquement sous une forme ou sous une autre. Mais, disons-le d’entrée de jeu, c’est très bien. Ajoutons ceci : tous les écrivains, les artistes, les enseignants, et plus généralement, tous les usagers de cet idiome devraient en faire leur affaire. Car les usages et les déclinaisons de la langue française, ses fruits, son aura et ses politiques ne concernent pas uniquement les locataires de l’Elysée, les académiciens ou encore les fonctionnaires de l’Organisation internationale de la francophonie. Cette question, désormais planétaire et pas seulement française, est notre affaire à tous. Ses réussites sont les nôtres, son supposé recul aussi !
Rupture d’une tradition
L’inquiétude court dans les cercles politiques parisiens : la langue de Booba, de Virginie Despentes et d’Ahmadou Kourouma serait menacée par l’anglais mais également par d’autres langues comme l’espagnol, l’arabe ou le mandarin. Et chaque président français de dégainer son remède. Le président Emmanuel Macron a choisi l’écrivaine d’origine marocaine Leïla Slimani, prix Goncourt 2016, comme sa représentante personnelle. Fort bien. De son côté, la native de Rabat affirme vouloir promouvoir la langue française et remplir cette mission à titre bénévole. Mais ce que l’entourage du président Macron et l’auteur de Chanson douce (Gallimard, 2016) passent sous silence, c’est le fait que le poste de secrétaire d’Etat ou ministre délégué à la Francophonie a été supprimé. Alain Decaux, Jacques Toubon et Xavier Darcos n’ont plus de successeur.

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Ainsi l’Elysée rompt avec une tradition inaugurée par Jacques Chirac en 1986 et en même temps prétend donner une nouvelle impulsion à la francophonie que la représentante compte bien, je la cite, « déringardiser ». Signalons également qu’à Francfort, en octobre 2017, où la France était l’invitée d’honneur, pour la première fois depuis 28 ans, de la plus grande manifestation littéraire européenne, le président de la République a raté une belle occasion pour déringardiser, justement, la francophonie. Certes, il y a vanté la grandeur de la langue de Nerval et son aura européenne, mais il n’a cité que des auteurs hexagonaux ou européens. La Foire était dédiée à la création de langue française mais c’est finalement le parisianisme qui a eu le dernier mot. Et ce corporatisme-là n’attire pas les foules, ni outre-Rhin ni ailleurs dans le monde. C’est vraiment dommage, il ne s’est rien passé à Francfort, m’a confié Pierre Astier, un agent littéraire qui a suivi de près ce dossier.
L’avenir de la langue française se joue en grande partie sur le continent africain. C’est pourquoi le locataire de l’Elysée, quelle que soit sa couleur politique, tente d’attirer les créateurs de langue française. Mieux, il essaie de les enrôler sous sa bannière pour illustrer et défendre la grandeur de la France. Comme hier les tirailleurs africains, les créateurs usant de la langue de Césaire et de Dib doivent se tenir en réserve toute l’année et attendre patiemment la deuxième ou troisième semaine de mars, dédiée à la Francophonie, pour partager leurs particularismes culturels avec les Français de France. C’est cette vieille idée de la Francophonie, un terme terriblement polymorphe et glissant, que les créateurs ont rejeté. En nommant sa représentante personnelle (je souligne l’adjectif à dessein), le président semble renouer avec cette vision patrimoniale du passé. C’est cette vision que j’avais rejetée hier et que je rejette aujourd’hui.
Une vision surannée
En 2006, dans le journal Libération, et en 2007, dans ma contribution écrite au Manifeste pour une littérature-monde (Gallimard), qui réunissait plusieurs dizaines d’écrivains de tous les continents, je faisais un sort à cette vision surannée qui veut consacrer une hiérarchie artificielle entre des créateurs français de premier rang et des supplétifs dits francophones. Rappelons enfin qu’en dehors de Paris, ailleurs dans le monde de New York à Tokyo, de Mexico à Istanbul, les œuvres dites francophones sont traduites et étudiées dans les meilleures facultés ou exposées dans de grands musées.

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                Djibouti : « Les dictatures jouissent d’une grande impunité pour peu qu’elles soient utiles et stables »



Sollicité à son tour par le président Macron pour « contribuer aux travaux de réflexion » que ce dernier souhaite « engager autour de la langue française et de la Francophonie », l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou a bien fait de décliner l’offre et de dénoncer les relations nauséabondes que la Francophonie « institutionnelle » et Paris entretiennent avec les régimes autocratiques en Afrique. Si l’on veut construire un véritable projet audacieux et attractif, ouvert et inclusif, politiquement engagé et libertaire à la fois, il faut tout reprendre à zéro. Tout reconstruire.
Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l’actuelle République de Djibouti. Il vit entre Paris et les Etats-Unis, où il a enseigné les littératures francophones aux Claremont Colleges (Californie). Il est aujourd’hui professeur à la George-Washington University. Auteur, entre autres, d’Aux Etats-Unis d’Afrique (éd. J.-C. Lattès, 2006) et de La Divine Chanson (éd. Zulma, 2015). En 2000, Abdourahman Waberi avait écrit un ouvrage à mi-chemin entre fiction et méditation sur le génocide rwandais, Moisson de crânes (ed. Le Serpent à plumes), qui vient d’être traduit en anglais, Harvest of Skulls (Indiana University Press, 2017).


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le slogan « L’imagination au pouvoir » est devenu un mantra d’entreprise, affirme l’universitaire dans une tribune au « Monde ». C’est pourquoi il faut refuser la fausse alternative entre révolution néolibérale et conservatisme social.
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Judith Revel : « Se réapproprier la révolution »

Le slogan « L’imagination au pouvoir » est devenu un mantra d’entreprise, affirme l’universitaire dans une tribune au « Monde ». C’est pourquoi il faut refuser la fausse alternative entre révolution néolibérale et conservatisme social.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h34
    |

Judith Revel (Professeure des universités au département de philosophie (Laboratoire Sophiapol) à l’université Paris-Nanterre)







                        



                                


                            

Tribune. Les Français n’ont pas toujours bonne mémoire, mais certaines formules survivent à l’effacement des événements auxquels elles sont liées. C’est le cas de « l’imagination au pouvoir », énoncé drapeau de 1968. Déclaration de guerre aussi : une guerre de mots et d’images, de gestes et de pratiques, de cheveux soudainement longs, de désirs libérés, d’indignation devant l’injustifiable, d’espoirs joyeux, d’envie de liberté et de justice. Une guerre qui avait en haine la vraie guerre (le Vietnam – mais le souvenir de la seconde guerre mondiale n’était pas si lointain, et celle d’Algérie venait à peine de se terminer) et qui s’opposait à toutes les formes d’autorité : celle des parents sur les enfants, des hommes sur les femmes, du premier monde sur le second et le troisième, de la bourgeoisie sur la classe ouvrière, de la culture « haute » sur les formes d’expression populaire, de l’Eglise sur les mœurs, de l’Etat sur les citoyens, de l’université sur les savoirs, de la famille sur les choix personnels.

Une partie de la jeunesse se dressait contre une génération qui avait permis Vichy puis la défense sanglante d’un monde colonial qui avait tourné à la guerre civile et dont la France sortait à peine. Changeons le monde, envahissons les rues et les places – nous, hommes et femmes de bonne volonté, ouvriers et étudiants, immigrés et Français, qui n’avons pas demandé à hériter de ce dont se sont rendus responsables ceux qui nous ont précédés. Il s’agissait d’expérimenter de nouvelles manières d’être ensemble, de nouveaux modes de vie.
Précieuses différences
On réduit souvent les événements de Mai à une révolution hédoniste et libertaire, sexuelle et artistique, apanage de quelques milliers d’étudiants parisiens privilégiés ; on y voit les prémices de cet individualisme libéral qui est aujourd’hui notre lot, chacun voulant faire valoir ses propres désirs, son propre plaisir, ici, tout de suite, au détriment de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ En mai 1968, les insurgés disaient : « Soyons réalistes, demandons l’impossible. » Il s’agit aujourd’hui, insiste le philosophe dans une tribune au « Monde », d’imaginer une société où pourraient vivre ceux dont les vies sont devenues impossibles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Frédéric Worms : « Imaginons un monde vivable »

En mai 1968, les insurgés disaient : « Soyons réalistes, demandons l’impossible. » Il s’agit aujourd’hui, insiste le philosophe dans une tribune au « Monde », d’imaginer une société où pourraient vivre ceux dont les vies sont devenues impossibles.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h41
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Frédéric Worms (Professeur de philosophie contemporaine à l'Ecole normale supérieure, rue d'Ulm, à Paris)







                        



                                


                            

Tribune. « L’imagination au pouvoir. » La formule n’a pas le même sens aujourd’hui qu’en 1968… Mais il faut d’abord comprendre quel sens elle pouvait bien avoir alors. Et comprendre que, même en « 68 », et même parmi les philosophes les plus emblématiques de 1968, cela n’allait pas de soi. Car, disons-le tout net : ce cri est (sinon un cri du peuple), à coup sûr un cri « sartrien ».
Le premier livre de Sartre, en 1936, ne s’appelait-il pas déjà L’imagination ? Pour le philosophe, c’est très simple : l’imagination, c’est la liberté, ce qui nous arrache au réel, ce qui prouve que l’homme n’est pas une chose, mais le sujet d’une histoire, et même un sujet qui crée son histoire, avec ses idées, ses refus, ses projets, et d’abord celui de l’émancipation. Le pouvoir qui cherche à opprimer la liberté réprimera donc toujours l’imagination, et la seule manière de s’émanciper, c’est de libérer l’imagination.

La littérature n’est pas seulement un art. Comme la politique, elle invente un présent et elle ouvre un avenir. Elles sont inséparables. Et les murs de Paris, en mai 1968, sont sartriens. Mais pas seulement ! On entend alors une critique radicale de l’imagination, et de Sartre, par les philosophes structuralistes, qui passent par une critique du pouvoir, de son langage mais aussi de ses images. On entend aussi Foucault, qui critiquera l’illusion de s’émanciper du pouvoir.
N’est-ce pas cela, l’autre face de 1968, la recherche certes d’une émancipation, mais cette fois par la critique de l’imagination, de la subjectivité, et même de la liberté supposée pure, et par une critique de l’intrusion du pouvoir dans notre imagination ? Faudrait-il pour autant choisir entre ces deux aspects de 68 ? Faudrait-il critiquer globalement la supposée « pensée 68 » (mais laquelle ?) comme certains le firent dès 1986, annonçant ainsi le tournant réactionnaire que l’historien des idées Daniel Lindenberg, qui vient de disparaître,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le slogan de Mai 68 est le thème de la troisième édition de la manifestation, qui a lieu jeudi 25 janvier : des événements organisés en France et partout dans le monde pour proposer aux citoyens d’inventer la société dans laquelle ils veulent vivre.
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L’imagination au pouvoir de la Nuit des idées

Le slogan de Mai 68 est le thème de la troisième édition de la manifestation, qui a lieu jeudi 25 janvier : des événements organisés en France et partout dans le monde pour proposer aux citoyens d’inventer la société dans laquelle ils veulent vivre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h31
    |

Nicolas Truong







                        



   


C’est à croire que les nuits sont plus belles que nos jours. Qu’elles sont propices aux pensées chuchotées, aux manifestes proclamés, aux savants apartés. Que les nocturnes favorisent les dialogues impromptus, les sages exposés ou les idées déjantées. Et que le public averti aime déambuler dans les palais dorés ou les friches aménagées, les librairies ou les musées, afin d’écouter, débattre et échanger. Tel est le pari de cette troisième Nuit des idées, qui débutera le 25 janvier. Organisée par l’Institut français, la manifestation se déroulera dans toute la France – avec plus de 50 événements dans une centaine de villes – et partout dans le monde, avec plus de 150 rencontres qui auront lieu dans 70 pays.

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                Judith Revel : « Se réapproprier la révolution »



Fort du succès des deux premières éditions, la Nuit des idées a choisi cette année un thème qui est également un slogan de Mai 68 : « L’imagination au pouvoir ». D’où l’envie d’interroger quelques-uns des participants sur l’actualité d’une formule, l’intempestivité d’un énoncé. Le risque consisterait à transformer un mot d’ordre libertaire en un slogan publicitaire, explique la philosophe Judith Revel. Car notre modernité retourne les images de Mai et ses slogans comme un gant. Une contre-révolution, un Mai 68 à l’envers en reprend même la grammaire, mais dans son versant réactionnaire, à l’image de ces politiques autoritaires qui se propagent à l’échelle planétaire.
Diffuser le savoir
Peut-être faut-il être plus modeste qu’il y a cinquante ans, ou alors beaucoup plus « fou », déclare le philosophe Frédéric Worms. Et de demander non pas « l’impossible », comme sur les murs de la Sorbonne il y a cinquante ans, mais de rendre le monde possible et enfin vivable à tous ceux qui en sont exclus. Car, à l’heure de Calais et des failles climatiques, nous devons « inventer des façons de vivre dans un monde abîmé », écrit l’essayiste Marielle Macé qui, en croisant les métamorphoses d’Ovide et les métaphores de Mai, cherche à élargir la politique aux sans-voix et aux sans-droits, c’est-à-dire à l’humanité précaire, mais aussi aux bêtes, aux fleuves et aux forêts.

        Tribune :
         

          Frédéric Worms : « Imaginons un monde vivable »



Mais il ne faut pas s’y tromper. Cette nuit des idées n’est pas une commémoration déguisée. Mis à part l’université de Nanterre, qui mobilise sa communauté sur le sujet, la plupart des institutions se saisissent de la formule pour questionner la puissance de l’image, comme ce sera le cas dans la prestigieuse salle Labrouste de la Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art, à Paris. Intervenante d’honneur au Quai d’Orsay, à l’invitation du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, auteure d’Americanah (Gallimard, 2015) mais aussi de Chère Ijeawele, ou Un manifeste pour une éducation féministe (Gallimard, 2017), sera l’intervenante d’honneur et l’ambassadrice de la 3e Nuit des idées. Une façon de saluer les pouvoirs de l’imagination – ici littéraire – tout comme l’actualité du féminisme, dont 1968 fut un flambeau.
« Ce qu’il y a d’intéressant dans votre action, c’est qu’elle met l’imagination au pouvoir », disait Jean-Paul Sartre à Daniel Cohn-Bendit, en plein cœur des événements de 68. Mais donner du pouvoir à l’imagination consiste également à diffuser massivement le savoir.
C’est pour cette raison que nous republions un court extrait d’un entretien que Michel Foucault avait donné au Monde en 1980 et qui, loin de la « ritournelle de la décadence », loue le « désir de savoir » du public. Dans une interview d’une extraordinaire actualité, l’icône de la « pensée 68 » n’entonne pas la critique des médias – figure imposée du penseur engagé – mais rêve au contraire d’un « nouvel âge de la curiosité » qui multiplierait les canaux de diffusion et de partage des savoirs.
Place donc au pouvoir de l’imagination qui est aussi un pouvoir de dire non. Place à la force – d’ouverture et de résistance – des idées. Car pour beaucoup, ces nuits sont autant de façons de rester debout alors que l’on voudrait tout le monde couché.

Nuit des idées : le désir de savoir, « l’imagination au pouvoir »
La Nuit des idées invite, le 25 janvier, en France et dans 70 pays penseurs et citoyens, à échanger, débattre et prendre la parole autour du thème « L’imagination au pouvoir ». Le programme ainsi que la retransmission des rencontres en France et à l’étranger sont à retrouver sur le site de l’événement : Lanuitdesidees.com Ce dossier a été réalisé en partenariat avec l’Institut français.
Des intellectuels ont déjà donné leur point de vue sur le thème de cette édition :


La Nuit des idées invite, le 25 janvier, en France et dans 70 pays penseurs et citoyens, à échanger, débattre et prendre la parole autour du thème « L’imagination au pouvoir ». Le programme ainsi que la retransmission des rencontres en France et à l’étranger sont à retrouver sur le site de l’événement : Lanuitdesidees.com Ce dossier a été réalisé en partenariat avec l’Institut français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Comme la prose de Mai 68, souligne l’essayiste dans une tribune au « Monde », « Les Métamorphoses » du poète latin donnent priorité au désir et au devenir.
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édition abonné


Marielle Macé : « Ovide  en Mai, à Sivens, à Lampedusa… »

Comme la prose de Mai 68, souligne l’essayiste dans une tribune au « Monde », « Les Métamorphoses » du poète latin donnent priorité au désir et au devenir.



Le Monde
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Tribune. Année 2018 : les 50 ans de Mai… et les 2 000 ans d’Ovide, l’auteur des Métamorphoses récemment retraduites par Marie Cosnay (Editions de l’Ogre, 2017). Les Métamorphoses sont le grand poème d’un monde jamais arrêté, toujours neuf, peuplé d’êtres mobiles et changeants, pris dans une course infinie, animés de désirs et d’audaces immenses. A mes yeux, cet anniversaire éclaire l’autre, le ravive et l’intensifie.
Je laisse derrière nous les ironiques, que rien ne touchera, et pour fêter 1968 je me tourne donc vers Ovide afin d’entendre dans son poème quelque chose comme le chant de Mai : un chant qui donne la priorité au désir (au désir qui peut tout et qui brave tout), un chant qui enseigne que l’imagination se pratique à même la vie, un chant qui est capable de soutenir en nous l’emportement politique de Mai, son goût des transformations, son attente d’autres façons de vivre, d’autres quotidiens, d’autres liens, ses luttes par amour de la vie et pour l’amour de la vie.
Pendant les journées de 1968, la mort n’était vraiment « pas au rendez-vous », comme le rappelle Jean-Christophe Bailly dans Un arbre en mai (Seuil, coll. « Fiction & Cie », 80 pages, 10 euros). « Les événements de Mai 68, ajoute-t-il, se résument dans ce geste, ou ce symbole : avoir planté un arbre, ou plein de petits arbres qui devaient former une forêt frémissante à la surface d’un pays engoncé. » Une forêt frémissante : Les Métamorphoses honorent cela, à tout jamais. Ovide chante la vie qui jamais ne se fixe, toujours déclose, la vie qui est toujours une autre vie ; il chante les corpora nova, ces formes changées en corps nouveaux, toujours renouvelés – le devenir, l’impermanence, la chance (mais aussi la charge, et là vient la politique) que chacun peut avoir de gagner une autre façon d’être, une autre vie.
attention et patience
Le sociologue Luc Boltanski a eu un jour l’audace...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans un entretien donné au « Monde » il y a vingt-huit ans, le philosophe expliquait que le « désir de savoir » croît « à mesure qu’on veut bourrer les crânes ». Nous en republions ici un extrait.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Michel Foucault, en 1980 : « L’esprit est une substance réactive »

Dans un entretien donné au « Monde » il y a vingt-huit ans, le philosophe expliquait que le « désir de savoir » croît « à mesure qu’on veut bourrer les crânes ». Nous en republions ici un extrait.



Le Monde
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Christian Delacampagne







                        



                                


                            


En janvier 1980, l’auteur de Surveiller et punir. Naissance de la prison (Gallimard, 1975) accorde un entretien à Christian Delacampagne, à condition qu’il soit publié sans nom d’auteur. L’interview paraîtra ainsi le 6 avril 1980 dans Le Monde sous le titre « Le philosophe masqué » ; le secret de Michel Foucault sera longtemps conservé. Nous en republions un extrait parce qu’il reflète assez bien l’esprit de curiosité qui anime toujours un public avide de savoir et passionné par la vie des idées.
Permettez-moi de vous demander d’abord pourquoi vous avez choisi l’anonymat ?
(…) Par nostalgie du temps où, étant tout à fait inconnu, ce que je disais avait quelques chances d’être entendu. Avec le lecteur éventuel, la surface de contact était sans rides. Les effets du livre rejaillissaient en des lieux imprévus et dessinaient des formes auxquelles je n’avais pas pensé. Le nom est une facilité. Je proposerai un jeu : celui de l’« année sans nom ». Pendant un an, on éditerait des livres sans nom d’auteur. Les critiques devraient se débrouiller avec une production entièrement anonyme. Mais, j’y songe, peut-être n’auraient-ils rien à dire : tous les auteurs attendraient l’année suivante pour publier leurs livres…
« On ne me fera jamais croire qu’un livre est mauvais parce qu’on a vu son auteur à la télévision. Mais jamais non plus qu’il est bon pour cette seule raison »
Pensez-vous que les intellectuels, aujourd’hui, parlent trop ? Qu’ils nous encombrent de leurs discours à tout propos et plus souvent hors de propos ?
Le mot d’intellectuel me paraît étrange. D’intellectuels, je n’en ai jamais rencontré. J’ai rencontré des gens qui écrivent des romans, et d’autres qui soignent des malades. Des gens qui font des études économiques et d’autres qui composent de la musique électronique. J’ai rencontré des gens qui enseignent, des gens qui peignent et des gens dont je n’ai pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Ils sont légion, ces « intrus en politique », à commencer par les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui partagent avec d’autres minorités le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.
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Etre discriminé(e) en politique

Ils sont légion, ces « intrus en politique », à commencer par les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui partagent avec d’autres minorités le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h32
    |

            Jean-Baptiste de Montvalon








                        



                                


                            

Livre. « Qui s’est invité dans un groupe, chez quelqu’un, sans avoir qualité pour y être admis, pour y être invité » : tels sont les « intrus », nous dit le Larousse. Des importuns qui s’introduisent illégitimement là où on ne les a pas conviés. L’espace politique, où l’on traite des affaires publiques, qui concernent l’ensemble des citoyens, devrait tous les accueillir – ou les représenter ; « sans distinction d’origine, de race ou de religion », selon les termes qui figurent à l’article premier de la Constitution.
Or ils sont légion, ces « intrus en politique », auxquels l’historienne Mathilde Larrère – maître de conférences à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, chroniqueuse sur les sites Arrêt sur image et Mediapart –, et Aude Lorriaux, journaliste spécialisée dans les discriminations, ont consacré – et sans doute implicitement dédié – cet ouvrage.
Ils sont légion. « Ils »… A commencer par « elles », les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui – pour celles d’entre elles qui sont parvenues tant bien que mal à s’y faire une place – partagent avec d’autres groupes discriminés (en raison de la couleur de leur peau, de leurs origines sociales, de leurs orientations sexuelles), le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.

Ce livre, fruit d’une longue enquête et d’analyses fouillées, vaut d’abord pour les témoignages de femmes et de membres de ces minorités que les auteures – « autrices », préféreraient-elles qu’on les appelle – ont recueillis, au fil de plus d’une trentaine d’entretiens avec des responsables politiques de tous bords, parmi lesquels les anciennes ministres Najat Vallaud-Belkacem, Laurence Rossignol et Cécile Duflot.
« Stigmates »
Les un(e) s et les autres disent, chacun avec ses mots, les « stigmates » dont...




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Pour Pierre-Louis Rémy, ancien administrateur du transporteur ferroviaire, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la SNCF ne pourra surmonter ses difficultés qu’en abandonnant sa culture du cloisonnement, de la règle et de la hiérarchie.
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La crise de la SNCF s’explique aussi par « son mode de management »

Pour Pierre-Louis Rémy, ancien administrateur du transporteur ferroviaire, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la SNCF ne pourra surmonter ses difficultés qu’en abandonnant sa culture du cloisonnement, de la règle et de la hiérarchie.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h03
    |

Pierre-Louis Rémy (Inspecteur général des affaires sociales honoraire)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, la SNCF a souvent fait la une de l’actualité… pour ses pannes et ses retards. Les explications données concernent en général la vétusté, réelle, du réseau et la difficulté, structurelle, d’assurer des opérations de maintenance en conservant l’indispensable circulation des trains.
Tout cela est pertinent. Mais il est étrange qu’un autre facteur ne soit (presque) jamais mis en avant : l’organisation du travail et le mode de management de cette entreprise, pourtant essentiel.

En effet les fonctions y sont très cloisonnées : les conducteurs ; les contrôleurs ; les agents des gares ; la maintenance ; les travaux… Combien de fois, posant une question à un agent, reçoit-on cette réponse : ce n’est pas de mon ressort, demandez à X ou Y. Et, contrairement à ce que certains imaginent, cette situation n’est pas confortable pour le personnel. Car il n’est pas agréable de se sentir impuissant devant un problème, plus encore face à des usagers inévitablement tendus et déconcertés par cette impuissance.
Le poids de la culture technique des ingénieurs
Ce cloisonnement a des racines historiques dans une organisation fondée sur le métier, avec une hiérarchie implicite entre eux. Il a été encouragé par les stratégies syndicales, plus à l’aise dans la mise en avant de revendications par métiers. Et il a été un objectif délibéré des directions de l’entreprise, de façon presque continue. L’autonomisation des différentes entités, exploitation, gares, infrastructures, dans le contexte de l’ouverture à la concurrence européenne, a conforté cette situation.
A cela s’ajoute le rôle central de la règle, du règlement, censé prévoir les différentes situations et les réponses à leur apporter, qui est également un outil de coordination dans l’univers cloisonné de la société. Ceci s’explique sans doute par le poids de la culture technique des ingénieurs dans la direction de la SNCF, prépondérant jusqu’à une période récente,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.
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Un algorithme coopératif et communicant

Dans sa chronique, l’économiste Paul Seabright s’appuie sur une étude récente qui démontre que les algorithmes les plus efficaces sont ceux à qui l’on donne, en plus de la capacité à apprendre, celle de communiquer.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h00
    |

                            Paul Seabright (Professeur de sciences économiques à lInstitut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            
Recherches. Les prouesses de l’intelligence artificielle sont louées quotidiennement dans les médias, et l’on pourrait croire que les algorithmes essaient de dépasser les êtres humains dans tous les domaines de nos activités. En fait, la majorité des recherches en intelligence artificielle essaient de reproduire et de perfectionner des compétences que l’on peut mettre directement au service de l’être humain (comme avec la robotique) ou qui servent dans les combats à somme nulle (comme les échecs, le poker ou le go).
Rares sont les projets qui travaillent sur les compétences utiles pour les tâches qui mêlent le conflit et la coopération, où il y a des bénéfices à la coopération, mais des conflits sur la répartition de ces bénéfices. Pourtant ces tâches sont au cœur de la société humaine, notamment dans le domaine de l’échange économique.
Une étude qui vient de paraître s’adresse directement à ce défi passionnant (« Cooperating with machines », par Jacob Crandall, Mayada Oudah, Jean Tennom, Fatimah Ishowo-Oloko, Sherief Abdallah, Jean-François Bonnefon, Manuel Cebrian, Azim Shariff, Michael A. Goodrich et Iyad Rahwan, Nature Communication 9/233, 2018, lien vers PDF en anglais).
Expériences économiques
Les auteurs ont cherché à construire des algorithmes capables d’agir de manière coopérative autant avec d’autres algorithmes qu’avec des êtres humains. Leur tâche a été compliquée par le fait que la coopération humaine est facilitée par d’autres qualités que l’intelligence purement cognitive – surtout l’empathie, l’intuition, la sensibilité aux normes et à la communication.
Lors des expériences, les sujets humains arrivent plus facilement à coopérer lorsqu’ils ont la possibilité de communiquer entre eux, même si cette communication ne les engage en rien. En serait-il autant pour les algorithmes ? La réponse a été positive.
Les chercheurs ont mis en place des expériences économiques sous forme de jeux répétés...




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie Sofiane Aboura estime que la crise pénitentiaire met en lumière les limites d’une approche purement répressive et judiciaire.
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Délinquance : « Faire cohabiter deux visions politiques tout à fait réconciliables »

Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie Sofiane Aboura estime que la crise pénitentiaire met en lumière les limites d’une approche purement répressive et judiciaire.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h53
    |

Sofiane Aboura (Professeur d’économie à l’université Paris-XIII-Sorbonne-Paris-Cité)







                        



                                


                            
Tribune. La préparation d’ici à fin février du « plan pénitentiaire global » demandé par Emmanuel Macron le 15 janvier aux ministres concernés est l’occasion de s’interroger sur les politiques publiques de lutte contre la délinquance. D’ordinaire, ces politiques opèrent par l’intermédiaire de deux grands leviers. Le premier correspond aux ressources mises à la disposition de la police et de la justice, comme par exemple l’actuel projet de construction de 15 000 places de prison, couplé à une amélioration des conditions de travail des personnels. Le second correspond au degré de sévérité de la décision judiciaire.
l’activité de délinquance influe sur les politiques publiques, mais celles-ci influent à leur tour sur la délinquance
Mais s’il est probable que la fermeté de la réponse pénale importe pour fixer dans l’esprit de chacun le niveau de sanction encouru, il n’est pas certain que le durcissement continu des textes réduise d’autant le phénomène de la délinquance, tout simplement parce que le délinquant n’a pas nécessairement la faculté de bien capter le signal de dissuasion émis par le législateur.
De plus, cet effet n’est pas aisé à mesurer, car l’activité de délinquance influe sur les politiques publiques (nouveaux moyens et nouveaux pouvoirs conférés, ou non, à la police et à l’administration pénitentiaire, nouveaux plafonds ou planchers des peines infligées par la justice), mais celles-ci influent à leur tour sur la délinquance. Autrement dit, la cause et la conséquence finissent par se confondre.

Au-delà de cette dimension régalienne, certes indispensable au bon fonctionnement de la société, il peut donc être intéressant d’évoquer une autre dimension possible des politiques publiques de lutte contre la délinquance, qui serait, elle, issue d’une grille d’analyse économique initialement formulée par le Prix Nobel d’économie 1992, l’universitaire américain Gary Becker (1930-2014). Celui-ci envisageait la délinquance...




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le régime actuel d’asile européen commun, et plus particulièrement le règlement de Dublin, doit être reformé, estime le commissaire aux affaires intérieures et à la migration, Dimitris Avramopoulos. Les règles doivent être harmonisées au sein de l’Union.
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Il faut « un régime d’asile européen fort, équitable et humain »

Le régime actuel d’asile européen commun, et plus particulièrement le règlement de Dublin, doit être reformé, estime le commissaire aux affaires intérieures et à la migration, Dimitris Avramopoulos. Les règles doivent être harmonisées au sein de l’Union.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h06
    |

Dimitris Avramopoulos (Commissaire européen chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté)







                        



                                


                            

Tribune. Si l’Europe est apparue divisée sur la manière de gérer les flux migratoires, chacun reconnaît le besoin d’un régime d’asile fort, efficace et humain. Un régime équitable à l’égard de l’Union européenne et de ses citoyens, à l’égard des migrants et des réfugiés, ainsi qu’à l’égard des pays d’origine et de transit.
Grâce à nos efforts collectifs, nos frontières extérieures sont mieux protégées et le nombre de migrants arrivant dans des conditions irrégulières dans l’Union européenne est désormais inférieur aux chiffres de 2014 ; avant le pic de la crise migratoire. Des milliers de personnes ayant besoin d’une protection ont été relocalisées et réinstallées à travers l’Europe, et les conditions d’accueil des migrants dans les pays tiers se sont améliorées grâce à l’aide que nous leur avons apportée.
Décourager les abus
Nous devons poursuivre cette politique et renforcer encore nos frontières extérieures. En même temps, nous devons être conscients que des personnes vont continuer à chercher refuge en Europe du fait de l’instabilité dans notre voisinage. Si l’Union européenne souhaite remplir son obligation juridique et morale d’offrir l’asile aux personnes qui en ont besoin, de manière efficace et humaine, le régime actuel d’asile européen commun, et notamment le règlement de Dublin, doit être reformé.

La réforme du système d’asile, qui est actuellement discutée, doit permettre de décider rapidement du pays en charge de l’examen d’une demande d’asile et garantir qu’en cas de crise, la responsabilité ne reposera pas sur un seul pays ou sur quelques pays seulement. Laisser chaque demandeur choisir son pays de destination met à mal le fonctionnement de nos régimes d’asile ainsi que la libre circulation dans l’espace Schengen.
Harmoniser les règles en matière d’asile découragera aussi les mouvements secondaires, la présentation de demandes d’asile multiples ainsi que les abus. Ainsi notre objectif est...




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Si la reprise économique réussit aux industriels, comme ceux de l’automobile et du bâtiment, beaucoup de secteurs sortent très abîmés de la crise. D’où la persistance du chômage.
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Le réveil de l’industrie

Si la reprise économique réussit aux industriels, comme ceux de l’automobile et du bâtiment, beaucoup de secteurs sortent très abîmés de la crise. D’où la persistance du chômage.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h49
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. lls ont beau se lever en pleine nuit, turbiner sans pause jusqu’aux petites heures du matin pour nous concocter la baguette du petit-déjeuner, les boulangers sont dans le pétrin. Ce symbole du labeur urbain, étanche à toutes les crises, existentiel au paysage parisien, est en petite forme au moment même où le reste de la France redresse la tête.
Selon le cabinet Altares, les défaillances d’entreprises sont tombées à un plus bas depuis 2008 (55 175), mais pas dans ce petit secteur d’activité. Cent trente sept boutiques ont fermé le rideau en 2017, soit 37 % de plus que l’année précédente. En revanche, tout semble aller pour le mieux du côté de l’industrie manufacturière, éternelle moribonde des statistiques nationales. Dans ce domaine, les faillites et autre redressements judiciaires ont largement décru, à l’exception du textile-habillement.
Etrange époque qui voit se relever des bannis quand des secteurs que l’on croyait immuables plongent inexorablement. Le sort des artisans boulangers reflète la grande détresse de la filière agroalimentaire, autrefois reine de France. Sans parler de la situation des éleveurs de bovins et autres vaches laitières dont près de 300 ont mis la clé sous la porte en 2017, soit plus de 20 % de plus qu’en 2016.
La reprise économique, qui profite à l’ensemble de l’Europe et se fait sentir fortement en France depuis la rentrée de septembre, a relancé la machine des grands industriels comme l’automobile ou le bâtiment avec des répercussions sensibles sur les entreprises les plus petites. En revanche, dix ans de crise dans un contexte de guerre des prix mondiale ont détruit inexorablement des pans entiers de l’activité, notamment dans l’industrie.
Embaucher au pays du chômage de masse
Cette reprise nette se produit dans un champ de ruines. Comme le souligne l’économiste Elie Cohen, la dégradation du tissu se lit dans les chiffres du commerce extérieur : plus l’économie s’améliore, plus...




                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Le gouvernement a annoncé, jeudi, qu’il envisageait de modifier la loi réprimant la consommation de cannabis et optait pour une amende forfaitaire.
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Cannabis : l’étonnant conservatisme des autorités françaises

Editorial. Le gouvernement a annoncé, jeudi, qu’il envisageait de modifier la loi réprimant la consommation de cannabis et optait pour une amende forfaitaire.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 13h35
   





                        


Editorial du « Monde ». Depuis trente ans, les rapports de parlementaires ou d’experts se sont succédé avec une belle régularité. Tous ont fait le même constat, qui confine à l’absurde.
En effet, la France est l’un des pays développés qui disposent des législations les plus sévères contre le trafic et l’usage de stupéfiants en général et de cannabis en particulier. Depuis la loi de 1970, la consommation de cannabis est un délit pénal, passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. Cette législation répressive est justifiée par un impératif de santé publique : la consommation précoce de cannabis, surtout si elle est régulière, est dangereuse, elle ralentit le développement intellectuel et accentue les risques de troubles psychiques.
Pourtant, nous sommes (avec le Danemark) le pays européen où l’usage du cannabis est le plus répandu. Pas moins de 17 millions de personnes l’ont déjà expérimenté, dont un collégien sur dix et deux lycéens sur cinq. En 2016, l’on comptait 5 millions d’« usagers », dont 1,4 million de « réguliers ». En 2016 toujours, quelque 140 000 personnes ont été interpellées pour usage de stupéfiants, un peu plus de 3 000 ont été condamnées à des peines de prison, dont à peine 1 300 de prison ferme.
La crainte d’être accusé de laxisme
Comme les précédents, le rapport que deux députés viennent de remettre au gouvernement conclut donc que la prohibition n’a en rien empêché la banalisation – et la « dépénalisation de fait » – de la consommation de cannabis. Inefficace, la législation répressive en vigueur est, en outre, aussi chronophage que coûteuse pour la police et la justice. Et elle n’a pas manqué de favoriser le développement d’un marché clandestin de type mafieux.

        Lire aussi :
         

                Enquête sur les petites mains du deal de cannabis



Mais comme la plupart de leurs prédécesseurs, les deux rapporteurs, Eric Poulliat (La République en marche) et Robin Reda (Les Républicains), apparaissent bien embarrassés et frileux au moment de formuler des propositions pour sortir de l’impasse. Paradoxalement, c’est le député de droite qui est le plus fidèle à la promesse faite par le candidat Macron il y a un an : il préconise d’infliger aux consommateurs de cannabis une contravention forfaitaire (de quatrième ou de cinquième classe), ce qui conduirait à une dépénalisation puisque la qualification de délit serait abandonnée. En revanche, le député de la majorité propose lui aussi une amende forfaitaire, mais dans le cadre pénal de la loi de 1970. Sans surprise, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, vient d’approuver cette seconde option, la plus restrictive.
Alors que plusieurs Etats européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas…) et une trentaine d’Etats des Etats-Unis ont progressivement dépénalisé la consommation de cannabis, alors que d’autres (comme la Californie depuis début janvier) ont franchi le pas d’une légalisation de l’usage récréatif du cannabis, l’attitude des autorités françaises apparaît donc étonnamment conservatrice. Aux antipodes de la philosophie libérale prônée, d’une manière générale, par le chef de l’Etat.

        Lire aussi :
         

                Cannabis : le gouvernement opte pour une amende délictuelle pour les usagers



Tout se passe comme si la crainte d’être accusé de laxisme interdisait toute réflexion progressiste en la matière. Renoncer à modifier la loi de 1970 et son interdit moralisateur revient, en effet, à pérenniser tous les travers de la situation actuelle, à laisser prospérer le marché clandestin du cannabis (au lieu de le contrôler et de le réguler) et à se dispenser d’une véritable politique de prévention. Regrettable pusillanimité.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/25/19-14">
<filnamedate="20180125"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180125"><AAMMJJHH="2018012519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Si Theresa May est disposée à conserver le maximum des règles, normes et standards de l’UE, elle est toutefois prisonnière de ses propres lignes rouges, estime, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« Le Royaume-Uni s’est rarement senti aussi proche de l’UE »

Si Theresa May est disposée à conserver le maximum des règles, normes et standards de l’UE, elle est toutefois prisonnière de ses propres lignes rouges, estime, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h22
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. « Aucun homme n’est une île, complet en soi-même/tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble » – « No man is an island entire of itself/every man is a piece of the continent, a part of the main ». 
Les brexiters en chef Boris Johnson et autres Michael Gove devraient relire John Donne, le grand poète anglais post-élisabéthain (1572-1631). Dans la 17eMéditation d’un de ses recueils les plus célèbres, Donne dit le malheur de la séparation. S’apprêtant à se couper de l’Union européenne, à ne plus être « une partie de l’ensemble », le Royaume-Uni est d’humeur chagrine. Il mouronne. Parce que, paradoxalement, il s’est rarement senti aussi proche de l’UE. Si l’on avait le cœur à rire, on relèverait que la première ministre conservatrice, Theresa May, vient d’ajouter au portefeuille de Tracey Crouch, ministre chargée du sport et de la société civile, la mission de lutter contre « la solitude » !

Aux conditions de Bruxelles, le Royaume uni et l’UE se sont entendus sur les termes du divorce en décembre 2017. Mais les Britanniques ne sont pas pressés. Serait-ce que les taraude le tourment du regret ? Dernière vague de sondages : 52 % d’entre eux jugent que le vote pro-Brexit de juin 2016 a été « une erreur » (« Le Monde » du 11/12/2017).
Un solide consensus droite-gauche
« Gardez-nous au plus près », dit-on à Londres à l’adresse de Bruxelles. La plupart des responsables du pays réclament de rester dans le marché unique et dans l’union douanière. Cela va du patronat aux agriculteurs, de Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, à la centrale syndicale TUC, en passant par une majorité d’élus conservateurs. Il y a là un solide consensus droite-gauche, certes ignoblement élitiste, pour célébrer ce que l’UE a de plus abouti et qui lui donne son poids international : un marché unifié et régulé de 500 millions de consommateurs ; un tarif extérieur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Analyse. L’alourdissement de la fiscalité du tabac et des taxes environnementales va davantage pénaliser les ménages les plus modestes. Pour la journaliste Audrey Tonnelier, le gouvernement, qui a fait du pouvoir d’achat son cheval de bataille, devra en tenir compte.
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Fiscalité verte : un « sujet explosif » pour l’exécutif

Analyse. L’alourdissement de la fiscalité du tabac et des taxes environnementales va davantage pénaliser les ménages les plus modestes. Pour la journaliste Audrey Tonnelier, le gouvernement, qui a fait du pouvoir d’achat son cheval de bataille, devra en tenir compte.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 10h30
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Analyse. L’étiquette de « président des riches » colle à la peau d’Emmanuel Macron. L’examen du budget, marqué par une baisse drastique de la fiscalité du capital – suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital –, a donné aux oppositions l’occasion de dénoncer l’iniquité des mesures fiscales et sociales de la nouvelle majorité. Un sujet est pourtant passé sous les radars de la polémique : celui de l’alourdissement de fiscalité du tabac et des taxes environnementales. Or il est loin d’être anodin pour le portefeuille des Français, notamment les plus modestes.
En 2018, la fiscalité sur les carburants et l’énergie devraient rapporter 3,7 milliards d’euros à l’Etat
Au 1er janvier, la fiscalité sur les carburants et l’énergie a été relevée : hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, de celle sur le gaz naturel et alignement progressif de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. En 2018, ces dispositifs doivent rapporter 3,7 milliards d’euros à l’Etat. Quant au prix du paquet de cigarettes, il augmentera de 3 euros en moyenne d’ici à 2020, avec une prochaine hausse en mars.
En moyenne, cette année, « les mesures de soutien au pouvoir d’achat [suppression progressive de la taxe d’habitation, allégement de la fiscalité du capital, crédit d’impôt pour l’emploi de personnes à domicile…] seront plus que contrebalancées par une augmentation de la fiscalité [environnementale et sur le tabac] », souligne l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans sa dernière étude, parue mi-janvier. En 2018, le niveau de vie des 5 % de foyers les plus pauvres devrait être amputé de 1,4 % sous l’effet conjugué de ces deux prélèvements.
Passe d’armes
Le gouvernement explique que ces mesures fiscales visent autant, sinon plus, à faire évoluer les habitudes des contribuables qu’à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Audrey Tonnelier estime que l’entreprise de réhabilitation de la marque France menée par l’exécutif, si elle ne porte pas ses fruits tout de suite, a cependant une chance d’aboutir à des résultats concrets.
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Macron et la « diplomatie économique »

Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Audrey Tonnelier estime que l’entreprise de réhabilitation de la marque France menée par l’exécutif, si elle ne porte pas ses fruits tout de suite, a cependant une chance d’aboutir à des résultats concrets.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 10h03
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Tendance France. C’est un proche d’Emmanuel Macron qui le soulignait, avant le sommet « Choose France », organisé par le chef de l’Etat au château de Versailles, lundi 22 janvier. « Autrefois, il y avait l’agenda économique d’un côté, le temps de la diplomatie de l’autre. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant. Nous avons besoin que les agendas se rapprochent pour répondre aux défis auxquels nous faisons face – inégalités, dérèglement climatique, gouvernance mondiale. »

Comme souvent à l’arrivée d’un nouveau gouvernement, il y a une part de raccourci dans ces propos. La « diplomatie économique » n’est pas née avec l’arrivée à l’Elysée de M. Macron. Au début du mandat de François Hollande, à la mi-2012, Laurent Fabius avait repris la main sur ces questions avec la création, au sein du ministère des affaires étrangères, d’une direction des entreprises. Placer les ambassadeurs à la tête de l’« équipe de France de l’export », organiser des journées portes ouvertes en direction des PME… cela faisait partie de la feuille de route du Quai d’Orsay. En 2014, M. Fabius avait même obtenu du premier ministre, Manuel Valls, que lui soient rattachés le commerce extérieur et le tourisme. Au grand dam de Bercy.

Quant aux « conseils stratégiques de l’attractivité », ils réunissaient chaque année, sous le précédent quinquennat, des dirigeants de groupe étrangers à l’Elysée, même s’ils étaient plutôt une vingtaine que cent quarante, comme lundi, et que les annonces d’investissements se mesuraient davantage en millions qu’en milliards d’euros. En 2016, le nombre de projets d’investissements étrangers dans l’Hexagone avait progressé de 30 %, en lien avec la reprise économique et les mesures proentreprises (CICE, pacte de responsabilité), selon la dernière étude du cabinet EY.
Question d’image
En dépit de ces efforts, la France demeure à la traîne de ses voisins, notamment de l’Allemagne. En 2017, elle ne représentait plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Selon Isabelle Falque-Pierrotin, sa présidente, la CNIL préfère accompagner les entreprises dans leur mise en conformité avec la loi.
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« Le but de la CNIL n’est pas la sanction tous azimuts »

Selon Isabelle Falque-Pierrotin, sa présidente, la CNIL préfère accompagner les entreprises dans leur mise en conformité avec la loi.





Le Monde
 |    25.01.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h02
    |

            Franck Johannès et 
Martin Untersinger





                        
Isabelle Falque-Pierrotin, conseillère d’Etat, est membre de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) depuis 2004 et sa présidente depuis 2011. Elle explique pourquoi, en matière de protection des données, seule l’union des pays d’Europe permet de faire face aux géants du numérique et donnera à la CNIL les moyens de relever efficacement les ­défis de demain.
Petite structure de contrôle des fichiers d’Etat il y a quarante ans, la CNIL doit aujourd’hui composer avec une vie ­quotidienne entièrement numérique…
Cela montre que le législateur de 1978 était bien inspiré, puisqu’il a mis en place une institution appuyée sur une procédure et des principes ­assez simples, mais très robustes. Ces principes se sont coulés dans l’évolution des besoins, ­l’Internet, la biométrie… Ils ont même inspiré d’autres législations dans des pays francophones ou en Amérique du Sud.

La CNIL a été capable, à partir de ses principes fondateurs, de réinventer sans cesse son métier. En 1978, à notre création, nous étions un « réglementeur » de fichiers publics, nous sommes aujourd’hui un régulateur de la donnée : il s’agit de trouver un équilibre entre les différents usages de la donnée, la protection des droits des personnes, l’innovation, la ­sécurité et les modèles économiques. Cette capacité à se réinventer en permanence est, je crois, l’une des caractéristiques de la commission.
Les Français vous semblent-ils sensibilisés aux problèmes du numérique ?
La maturation des usages et des comportements est évidente depuis quelques années, on le constate à la fois dans les sondages et dans les études : les gens sont très avides de vie numérique, mais ils expriment aussi avec crainte un besoin de maîtrise de leurs données. Ils paramètrent leurs profils Facebook, mettent en place des bloqueurs de publicité, complexifient leurs mots de passe…
Grâce au RGPD, la sanction pourra atteindre 4 % du chiffre...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans « L’Armée imaginaire », François Cadiou révise avec une joie iconoclaste nombre d’idées reçues sur l’histoire de Rome au Ier siècle av. J.-C.
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Histoire. La légion romaine ne s’est pas défaite en un siècle

Dans « L’Armée imaginaire », François Cadiou révise avec une joie iconoclaste nombre d’idées reçues sur l’histoire de Rome au Ier siècle av. J.-C.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 10h11
    |

                            Vincent Azoulay (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
L’Armée imaginaire. Les soldats prolétaires dans les légions romaines au dernier siècle de la République, de François Cadiou, Les Belles Lettres, « Mondes anciens », 486 p., 29,50 €.

Des figurines en plomb aux livres d’histoire érudits, les légionnaires romains occupent une place centrale dans l’imaginaire guerrier de l’Occident. C’est peu de dire que ces soldats sont précédés par leur réputation : ne furent-ils pas les fers de lance de la conquête du monde méditerranéen par Rome, entre le IIIe et le Ier siècle av. J.-C. ? Efficaces et disciplinés, ils auraient toutefois basculé du côté obscur au cours de ce siècle, le dernier de la République.
C’est alors que les Romains seraient passés d’une armée de conscription, recrutée parmi les citoyens disposant d’une certaine fortune, à une troupe d’engagés volontaires, appartenant aux couches les plus humbles de la société. Cette évolution sociologique aurait abouti à l’émergence d’une armée professionnalisée, dépourvue de tout idéal civique : loyaux à leurs chefs plus qu’à la République, ces soldats prolétaires auraient même joué un rôle moteur dans l’avènement de l’Empire.
Une véritable leçon de critique documentaire
Dans L’Armée imaginaire, livre magistral, François Cadiou, professeur d’histoire antique à l’université de Bordeaux, met en pièces cette représentation misérabiliste de légions romaines supposément composées de « déchets sociaux » – selon l’expression pleine de mépris de Jérôme Carcopino (1881-1970). Si cet ouvrage universitaire est truffé de termes latins et doté d’un lourd appareil de notes, il frappe par la clarté de son argumentation.
Traquant les présupposés de ses prédécesseurs et la circularité de leurs raisonnements, l’auteur offre aux lecteurs une véritable leçon de critique documentaire. Il attire notamment l’attention sur les problèmes soulevés par le caractère souvent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Philosophia naturalis », de Lucien X. Polastron.
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Figures libres. Folâtrer dans le cosmos

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Philosophia naturalis », de Lucien X. Polastron.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 10h12
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Philosophia naturalis ou De l’intelligence du monde, de Lucien X. Polastron, Klincksieck, « De natura rerum », 180 p., 17 €.
Beaucoup s’attaquent aux idées verticalement – façon falaise abrupte, escalade en force, doigts crispés. A mesure qu’ils argumentent, on entend le cliquetis des mousquetons et des harnais. Ils ont la varappe conceptuelle laborieuse, assurent la moindre prise. Et, bien sûr, à tout lecteur embarqué dans l’escalade, il est demandé de ne pas ménager, lui non plus, ses efforts.
D’autres, au contraire, batifolent, déambulent en souriant dans les bibliothèques et les œuvres, parcourent les routes de la philosophie comme autant de sous-bois ou de sentes herbeuses. Ceux-là ont volontiers la promenade négligente, du moins en apparence. Ils distraient, c’est évident, mais pour mieux donner à penser. Je crois bien que Lucien Xavier Polastron se rattache à cette tribu d’essayistes narrateurs, qui préfèrent les chemins de traverse aux ascensions douloureuses.
Voilà un voyageur inhabituel. En effet, il n’est pas seulement écrivain et journaliste, mais aussi calligraphe, sinisant, arabisant, historien et jardinier – sans oublier qu’il préside à vie le Club des objecteurs de conduite, destiné à rassembler les hommes et femmes « définitivement hostiles à tenir le volant d’une automobile ». La noble institution fut fondée en 1962, année où notre homme avait juste 18 ans.
On lui doit une quinzaine de livres, notamment Le Papier. 2 000 ans d’histoire et de savoir-faire (Imprimerie nationale Editions, 1999), une étude qui fait référence, plusieurs ouvrages sur les calligraphies chinoise et japonaise, et d’inclassables essais comme Livres en feu. Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques (Denoël, 2004), ou encore Une brève histoire de tous les livres (Actes Sud, 2014).
Ironie du style
Cette fois, avec Philosophia naturalis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Un collectif d’une trentaine de militantes et de militants juge que l’égalité hommes-femmes, dans la société mais aussi au sein du Parti socialiste, doit être au cœur du congrès d’Aubervilliers des 7 et 8 avril.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« La lutte contre les violences faites aux femmes et du combat pour l’égalité réelle doit être au centre de la refondation du PS »

Un collectif d’une trentaine de militantes et de militants juge que l’égalité hommes-femmes, dans la société mais aussi au sein du Parti socialiste, doit être au cœur du congrès d’Aubervilliers des 7 et 8 avril.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 07h01
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Depuis plusieurs mois, les dénonciations de harcèlements et d’agressions sexuelles se sont multipliées. Elles ont mis en lumière des comportements intolérables à l’intérieur même de notre formation politique. Ces révélations ne sont que la partie visible d’une situation inégalitaire, dont les racines sont sociales et culturelles et les sources d’alimentation multiples.
Les inégalités symboliques, politiques, monétaires ou domestiques que subissent les femmes sont doublement à l’origine de ces violences : relevant de tous les aspects professionnels et citoyens de leur vie de femme, elles alimentent un état qui se voudrait de fait ; parfois contestées dans leur réalité, ces inégalités nourrissent une position de faiblesse des femmes, notamment vis-à-vis de leur agresseur. Elles entravent leur parole et leurs initiatives, contestent leurs libertés et contrarient la quête d’une égalité réelle.
Des féminismes
Des courants féministes se sont fait les hérauts de ces combats depuis de nombreuses décennies. Les débats issus des courants #MeToo et #BalanceTonPorc ont montré qu’il n’existait pas un féminisme mais des féminismes. En souhaitant s’emparer de ce sujet, un parti politique ne doit pas se substituer à ces luttes ou encore moins s’accaparer leurs sujets. Il est néanmoins de la responsabilité d’un parti progressiste et socialiste de les considérer comme prioritaires et d’apporter des réponses politiques à des injustices sociales.
Le prochain congrès d’Aubervilliers des 7 et 8 avril ne peut passer à côté de la question de l’égalité femmes-hommes. Les militantes et les militants ne comprendraient pas que notre formation, ébranlée comme elle l’a été, n’en tire toutes les conséquences.
Cette prise de conscience passe avant tout par la formation de nos militants, cadres et élus. En effet, pour mieux protéger les potentielles victimes, il est nécessaire de pouvoir prendre en compte les signaux faibles de la maltraitance. Pour agir contre...




                        

                        

