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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Le slogan « L’imagination au pouvoir » est devenu un mantra d’entreprise, affirme l’universitaire dans une tribune au « Monde ». C’est pourquoi il faut refuser la fausse alternative entre révolution néolibérale et conservatisme social.
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Judith Revel : « Se réapproprier la révolution »

Le slogan « L’imagination au pouvoir » est devenu un mantra d’entreprise, affirme l’universitaire dans une tribune au « Monde ». C’est pourquoi il faut refuser la fausse alternative entre révolution néolibérale et conservatisme social.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h34
    |

Judith Revel (Professeure des universités au département de philosophie (Laboratoire Sophiapol) à l’université Paris-Nanterre)







                        



                                


                            

Tribune. Les Français n’ont pas toujours bonne mémoire, mais certaines formules survivent à l’effacement des événements auxquels elles sont liées. C’est le cas de « l’imagination au pouvoir », énoncé drapeau de 1968. Déclaration de guerre aussi : une guerre de mots et d’images, de gestes et de pratiques, de cheveux soudainement longs, de désirs libérés, d’indignation devant l’injustifiable, d’espoirs joyeux, d’envie de liberté et de justice. Une guerre qui avait en haine la vraie guerre (le Vietnam – mais le souvenir de la seconde guerre mondiale n’était pas si lointain, et celle d’Algérie venait à peine de se terminer) et qui s’opposait à toutes les formes d’autorité : celle des parents sur les enfants, des hommes sur les femmes, du premier monde sur le second et le troisième, de la bourgeoisie sur la classe ouvrière, de la culture « haute » sur les formes d’expression populaire, de l’Eglise sur les mœurs, de l’Etat sur les citoyens, de l’université sur les savoirs, de la famille sur les choix personnels.

Une partie de la jeunesse se dressait contre une génération qui avait permis Vichy puis la défense sanglante d’un monde colonial qui avait tourné à la guerre civile et dont la France sortait à peine. Changeons le monde, envahissons les rues et les places – nous, hommes et femmes de bonne volonté, ouvriers et étudiants, immigrés et Français, qui n’avons pas demandé à hériter de ce dont se sont rendus responsables ceux qui nous ont précédés. Il s’agissait d’expérimenter de nouvelles manières d’être ensemble, de nouveaux modes de vie.
Précieuses différences
On réduit souvent les événements de Mai à une révolution hédoniste et libertaire, sexuelle et artistique, apanage de quelques milliers d’étudiants parisiens privilégiés ; on y voit les prémices de cet individualisme libéral qui est aujourd’hui notre lot, chacun voulant faire valoir ses propres désirs, son propre plaisir, ici, tout de suite, au détriment de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le 20 janvier, à Londres, une journaliste a raconté sur Twitter comment une autre femme lui a permis de se défaire d’un homme trop entreprenant. Un tweet vite devenu viral.
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Le « relou » et les « femmes géniales »

Le 20 janvier, à Londres, une journaliste a raconté sur Twitter comment une autre femme lui a permis de se défaire d’un homme trop entreprenant. Un tweet vite devenu viral.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h10
    |

                            Charlotte Herzog








                        



   


« Liberté, égalité, sororité » : c’est ainsi que Ségolène Royale, alors candidate socialiste à l’élection présidentielle en 2007, avait rebaptisé la formule républicaine, lors de son discours prononcé à la veille de la journée internationale des femmes. Ce réveil sororal a également résonné fort lors du discours salutaire et engagé d’Oprah Winfrey aux Golden Globes. Entre ses vibrantes lignes, elle intimait de placer la sororité au cœur du nouveau combat féministe. C’est précisément cette voie qu’a empruntée l’histoire d’Amna Saleem, journaliste écossaise auteure d’un tweet qui a mis à l’honneur la solidarité féminine.
Le 20 janvier, cette jeune femme, originaire de Glasgow, a raconté un petit bout de sa soirée dans l’un de ses bars préférés, à Londres : une autre femme, qu’elle ne connaissait pas, lui a permis de se sortir d’une situation pénible – et bien connue – avec un homme lourd qui n’a pas compris ce que « non » voulait dire.

   


Ce tweet d’un peu plus de deux cents signes, conclu par un « Women are great » (« les femmes sont géniales »), est très vite devenu viral. Car, dans cette histoire pénible et banale, des milliers de femmes se sont reconnues, réagissant en y ajoutant leurs propres mésaventures et leurs confrontations à diverses lourdeurs commises à leur égard par des hommes (des hommes, pas les hommes).
« Il m’a collée toute la soirée »
Il y a eu celle qui ne savait plus vraiment quoi faire :
« Un soir dans un bar, j’ai demandé à un mec de laisser ma copine tranquille. Après je me suis sentie un peu mal de lui avoir dit ça (ce qui était ridicule, puisque j’avais été polie). Du coup, je lui ai offert une bière en lui disant que je ne voulais pas l’offenser. Il m’a collée toute la soirée. C’était bizarre. Je me suis dit : “Okay, s’il me paie un verre, il me colle toute la soirée. Et si je lui paie un verre, il me colle toute la soirée. Très bizarre”. »
Il y a également eu celle qui a essayé d’inverser les rôles, pour voir :
« Je ne comprends pas pourquoi un non n’est pas suffisant. Pourquoi tu voudrais “convaincre” quelqu’un d’être avec toi plutôt que de préférer un vrai oui enthousiaste ? Je détesterais être ce genre de personne qui prétend ne pas remarquer que quelqu’un ne veut pas de ma compagnie. Moi, quand je drague, je veux un vrai putain de oui. Pas un “mmh oui”. »
Il y a encore eu celle qui a tenté un #TraduisonsLes :
« Comment ? Ton propriétaire te laisse sortir dehors sans être accompagnée ? Ce n’est pas réglementaire au “code des hommes”. » 
Des réactions d’hommes
Les hommes n’ont pas été en reste pour réagir. Le premier d’entre eux est venu glaner quelques conseils pour bien faire : comment pouvaient-ils (les hommes) intervenir, eux aussi, dans le cas où ils seraient témoins d’une telle situation, sans que cela ne soit mal interprété par le grossier personnage en action, et que la mise au point ne tourne à la bagarre ?
Puis un autre a eu envie de raconter un peu ce qui lui était arrivé :
« Un jour, dans un bus, j’ai remarqué qu’une femme lisait le même livre que moi. Je voulais aller la voir, pour lui dire “hey ! Il est cool ce livre, non ?” Et puis je me suis ravisé en me disant que, peut-être, je lui foutrais les jetons. »
En réponse, il a été exhorté à surtout prendre en considération la réaction de la femme à qui il s’adresse : comprendre les mots, le ton, le regard, rien de bien sorcier finalement.
Un autre homme a pris part à ce grand rassemblement en rappelant que « tous les hommes ne sont pas des pervers », qu’il y en a beaucoup de « bons », qui agiront aussi pour faire « bouger la société dans le sens du respect, de l’empathie et de l’égalité ».
Mettre en lumière la sororité
Sous le tweet initial s’est ainsi instauré un véritable débat. Certes loin d’être nouveau – il a déjà eu lieu un million de fois. Mais décemment mené et entretenu. Tour à tour par des hommes et des femmes.
Les premiers ont pu dire qu’ils se sentaient injustement visés :
« Je trouve ça cool, cette solidarité entre femmes, mais d’un point de vue masculin, ça sonne trop souvent comme une critique envers les hommes plutôt qu’un éloge des femmes. Et ce genre d’histoire pose le sexe masculin comme un problème en général, alors que ça ne devrait pas. »
En face, des femmes ont usé de patience et de pédagogie pour expliquer encore et encore ce qu’était le harcèlement ou la sororité, « pour qu’un jour elles n’aient plus à le faire ». L’une d’elle a osé une comparaison :
« Je déteste les hommes qui ne comprennent pas la définition de “non”. Ils la comprennent quand c’est leur boss ou un flic qui leur dit. C’est juste qu’ils ne la prennent pas en considération quand ça vient d’une femme. »
Une autre a tenté une métaphore :
« Imagine si à chaque fois que quelqu’un dit “les librairies sont géniales, soutenez votre librairie de quartier”, quelqu’un d’autre intervient en disant “pour être honnête, tous les autres magasins aussi sont géniaux”. Tous les magasins sont peut-être géniaux, mais l’éloge de départ ne les concernait pas. »
Mais, rappelons-le, dans l’histoire initiale, il n’était pas question d’attaquer les hommes, mais juste de mettre en lumière la sororité.

   


« “Les femmes sont géniales” est une phrase qui se suffit à elle-même. Nul besoin d’impliquer les hommes. Célébrons la sororité, point. »

   


« “Women are great” est une phrase qui n’avait pas besoin d’être rééquilibrée. Elle peut exister toute seule. Personne n’a dit que les hommes étaient des merdes et qu’ils ne nous aidaient jamais. C’était juste une histoire sur une femme qui est géniale. »

   


« Pour une fois, j’aurais bien aimé lire la réponse d’un mec qui aurait juste dit : “Oui, c’est vrai que les femmes sont géniales. C’est merveilleux que vous soyez solidaires entre vous. Désolé que les mecs soient des trous du cul”. »
L’histoire du tweet d’Amna Saleem a également fait jaillir des questions et des réflexions aussi absurdes (« Mais pourquoi lisiez-vous un livre dans un bar ? »), qu’un tantinet agaçantes (« Pourquoi ne lui avez-vous pas dit simplement d’aller se faire voir ? »). Celles-ci ne font qu’augmenter la nécessité de continuer à être solidaires, combatives et patientes, comme le souhaite Amna dans un article qu’elle a publié trois jours après son tweet.
Mais cette histoire, c’est aussi celle de femmes qui ont raconté comment des hommes avaient été géniaux avec elles, même si le fait de dire que les femmes sont géniales, n’a pas besoin d’être rapporté au fait que les hommes le sont aussi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Dans le sillage de l’affaire Weinstein, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont fortement augmenté l’an dernier en France, selon les chiffres publiés jeudi par le ministère de l’intérieur.
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« L’effet Weinstein » sur les plaintes pour violences sexuelles en France

Dans le sillage de l’affaire Weinstein, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont fortement augmenté l’an dernier en France, selon les chiffres publiés jeudi par le ministère de l’intérieur.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 17h37
    |

            Marianne Boyer et 
                                Mathilde Costil








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.
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Après l’abandon du nouvel aéroport, Nantes solde l’héritage Ayrault

La maire de Nantes, Johanna Rolland, se garde de critiquer son prédécesseur mais d’autres élus égratignent l’ancien premier ministre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 17h07
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



   


Mercredi 17 janvier, à l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), elle a crié à la « trahison du grand ouest » et au « déni de démocratie ». Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes, veut désormais organiser le « rebond » de la métropole. Samedi 20 janvier, elle a réuni les acteurs-clés de l’économie, du tourisme, de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Objectif : définir les priorités du territoire comme la nécessité de renforcer la connexion TGV avec Paris, l’aménagement d’une liaison ferroviaire Nantes-Rennes digne de ce nom, le financement d’un tramway desservant l’aéroport existant de Nantes-Atlantique… Pour le reste, Johanna Rolland n’a pas eu envie d’épiloguer sur les atermoiements du quinquennat Hollande, ni sur ceux de son ex-mentor Jean-Marc Ayrault qui, avant son passage à Matignon, a régné sur la ville durant près d’un quart de siècle.

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Laurence Garnier, conseillère municipale LR ayant déjà annoncé sa candidature pour 2020, sonne, elle, volontiers la charge : « L’abandon de l’aéroport, c’est quand même l’échec d’Ayrault. Quand il a été nommé premier ministre, on s’est tous dit que c’était positif pour ce dossier. Mais il a réussi l’exploit de ne rien faire. Surtout, au plan local, il avait ouvert une brèche en s’alliant avec les écologistes : ça a toujours fait planer une ambiguïté. »
« Sage décision »
Le coup d’arrêt de Notre-Dame-des-Landes « marque la fin de l’ère Ayrault », selon Pascale Chiron, élue écologiste et troisième adjointe, avant de se souvenir : « Ce dossier a pourri l’ambiance au quotidien. » « Ayrault a été un très grand maire, assure Ronan Dantec, ancien adjoint, aujourd’hui sénateur écologiste. Mais il n’a jamais eu très envie de débattre de la question de l’aéroport. Il a relancé le projet quand il s’est aperçu que le plan d’exposition au bruit menaçait de planter l’urbanisation du quartier de l’Ile de Nantes. Une fois l’obstacle levé, il n’y avait plus besoin de cet équipement. Je ne comprends pas pourquoi il s’est entêté. »
Alain Gralepois, ex-premier secrétaire fédéral du PS en Loire-Atlantique, juge que l’arbitrage rendu par Edouard Philippe est une « sage décision ». Le débat sur l’aéroport, dit-il, est passé sous l’éteignoir au sein du PS local. « Peut-être pour des raisons de solidarité, avance M. Gralepois. Moins on en parlait, mieux c’était. Seuls les membres de la commission paysanne agricole du PS ont tenté de mettre le sujet sur la table. Mais c’est resté sans suite. Comme si l’affaire était classée. » « Moi, on ne m’a jamais dit de mettre la pédale douce sur ce thème », nuance Bassem Asseh, adjoint au maire en charge du dialogue citoyen.

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Avant même la décision du gouvernement, François de Rugy, écologiste rallié au macronisme auquel des élus de tous bords prêtent des ambitions municipales à Nantes, raillait les incantations des « gloires » locales.
« M. Retailleau [ex-président des Pays de la Loire et actuel président du groupe LR au Sénat] semble oublier que son ami François Fillon a été premier ministre pendant cinq ans, confie le président de l’Assemblée élu, depuis 2007, avec le soutien du PS. Or, c’est durant cette période que la ZAD s’est enkystée. M. Ayrault, lui, a été juge et partie. En définitive, quand Hollande a stoppé l’opération d’évacuation de la ZAD en 2012, il a demandé à M. Ayrault de prendre un peu de recul. La mise en place d’une commission du dialogue a été actée et M. Ayrault n’a pas démissionné : c’est donc qu’il était d’accord avec l’arbitrage du président. »
« Nouvelle page »
« Objectivement, un premier ministre a énormément de responsabilités, note une voix importante du PS en Loire-Atlantique. L’enjeu de la France est plus important que tout. Mais il ne faut pas que Jean-Marc la ramène. Le dossier s’est enlisé quand il a été nommé à Matignon. Pour mettre fin à la grève de la faim des opposants à l’aéroport, il a promis de ne pas débuter immédiatement les travaux. »
« C’est la fin des années Ayrault, observe Ronan Dantec. Le logiciel d’aménagement de l’époque était un modèle de survie. Nantes venait de perdre ses chantiers navals, il s’agissait de concentrer les activités sur l’agglomération. Aujourd’hui, le territoire va bien, son attractivité n’est plus à démontrer. C’est le moment de jouer la carte du développement des villes moyennes. » Pascale Chiron, qui a recueilli 14,5 % des suffrages au premier tour du scrutin municipal en 2014 avant de fusionner avec la liste de Johanna Rolland, se projette elle aussi dans l’avenir : « Ce qui importe, c’est la nouvelle page que l’on va écrire. C’est un peu tôt pour savoir si chacun va s’y retrouver. Il faut aller de l’avant, ne pas traîner et jouer collectif. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ La mairie de Rennes va demander la modification d’une circulaire de 2014 qui interdit le tilde ou l’apostrophe dans les prénoms.
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Peut-on donner n’importe quel prénom à ses enfants ?

La mairie de Rennes va demander la modification d’une circulaire de 2014 qui interdit le tilde ou l’apostrophe dans les prénoms.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 17h36
    |

                            Aurélia Abdelbost








                        


Après Fañch au printemps, c’est le prénom Derc’hen qui a été refusé par l’état civil de Rennes, en août 2017. Mardi 23 janvier, la maire de la ville, Nathalie Appéré (PS), a annoncé qu’elle allait agir pour défendre les prénoms bretons et demander la modification d’une circulaire de 2014 qui exclut la transcription dans l’état civil du tilde ou de l’apostrophe.
Que dit la loi ?
Selon la circulaire du 23 juillet 2014, « les parents peuvent choisir les prénoms de leurs enfants, pouvant à cet égard faire usage d’une orthographe non traditionnelle » selon deux conditions :
seul l’alphabet romain peut être utilisé ;les seuls signes dits « diacritiques » admis sont les points, tréma, accents et cédilles (ce qui exclut le tilde et l’apostrophe).
Mais, au-delà de l’orthographe, pas question de laisser le champ libre aux idées saugrenues de certains parents. L’officier d’Etat qui enregistre les prénoms est tenu d’avertir le procureur de la République si :
le prénom nuit à l’intérêt de l’enfant car il est ridicule ou grossier (par exemple : Nutella, Titeuf ou Fraise ont été refusés) ;le prénom méconnaît le droit d’un tiers à voir protégé son nom de famille, autrement dit, il est interdit de choisir comme prénom le nom de famille d’une autre personne.
Quand un prénom est refusé, le juge peut exiger des parents qu’ils en soumettent un nouveau. A défaut, il est en mesure d’en attribuer un lui-même.
Prénoms bretons : qu’est-ce qui pose problème ?
Les prénoms Derc’hen et Fañch ont été refusés
Il est courant dans les prénoms bretons de trouver des apostrophes ou des tildes, qui sont associés à des prononciations particulières. Ainsi « c’h » ne se prononce pas « che » comme en français, mais comme la jota en Espagne (un « r » guttural). Ce qui pose problème. En août 2017, l’état civil de Rennes a refusé le prénom Derc’hen car l’apostrophe ne fait pas partie des signes admis dans la circulaire de 2014. Et au printemps 2017, le prénom Fañch, avec un tilde, avait déjà été rejeté (une affaire qui devrait être jugée en appel dans l’année).

L’unité de la République n’est pas soluble dans une apostrophe. La circulaire de juillet 2014 sur les prénoms doit… https://t.co/7dA8sCrUpD— nathalieappere (@Nathalie Appéré)


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A la suite de la demande de Nathalie Appéré, le procureur général de la ville a déclaré que cette question serait réexaminée avec le ministère de la justice au nom du « risque de rupture d’égalité ». Car les prénoms Tu’iuvea, N’néné, D’Jessy ou N’Gussan ont, eux, été acceptés à Rennes, alors même que la circulaire de 2014 était déjà en vigueur.
Est-il possible de changer de prénom et de nom ?
Imaginons que votre prénom, malgré les précautions établies par l’Etat, vous porte préjudice, alors il est possible de le changer, à condition de pouvoir justifier d’un « intérêt légitime » (s’il est ridicule, par exemple).
Changer de nom de famille est aussi possible pour les mêmes raisons, si l’on porte le même nom qu’une personne célèbre avec une mauvaise réputation, par exemple, ou encore :
pour éviter l’extinction d’un nom de famille ;si vous utilisez un autre nom depuis longtemps et qu’il vous identifie publiquement ;si vos frères et sœurs portent des noms différents et que vous voulez tous porter le même nom.
Modifier son nom n’est pas gratuit, puisqu’il faut d’abord publier son identité dans le Journal officiel de la République française pour un montant de 110 euros et faire de même dans un journal local.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Aucun agent de la force publique ne « reçoit, ni n’a reçu, d’instructions contraires à la déontologie », déclare Fabien Sudry, dans un courrier diffusé sur Twitter.
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Méthodes policières à Calais : le préfet du Pas-de-Calais réplique à Yann Moix

Aucun agent de la force publique ne « reçoit, ni n’a reçu, d’instructions contraires à la déontologie », déclare Fabien Sudry, dans un courrier diffusé sur Twitter.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h20
   





                        


Fabien Sudry, le préfet du Pas-de-Calais, répond vivement, jeudi 25 janvier, sur Twitter, à l’écrivain et chroniqueur Yann Moix qui, dans une tribune publiée dans Libération, critique le comportement des forces de l’ordre à Calais.
Sous le titre « Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés », l’auteur dénonce des « actes de barbarie » à l’encontre des migrants, photos et vidéo à l’appui. Il accuse Emmanuel Macron d’ordonner aux forces de l’ordre des « actions souillant la dignité de l’homme », comme l’usage de gaz, dans ce qu’il qualifie de « protocole de la bavure ».
Les associations intervenant auprès des migrants à Calais dénoncent également régulièrement des violences policières.
« Deux Yann Moix » pour le préfet du Pas-de-Calais
« Cette accusation est d’une telle gravité que je ne comprends pas pourquoi vous refusez de saisir la justice et de lui confier vos enregistrements pour que la vérité soit établie », lui répond Fabien Sudry. Aucun agent de la force publique, souligne-t-il, ne « reçoit, ni n’a reçu, d’instructions contraires à la déontologie ».

#Calais #Migrants @libe Ci-dessous la réponse de Fabien SUDRY à Yann MOIX https://t.co/b8MyD0aMh4— Prefet62 (@Préfet Pas-de-Calais)


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« Il y a à l’évidence deux Yann Moix », écrit le préfet. « Le premier, à qui j’ai parlé au téléphone, m’expliquait en s’excusant qu’il avait été “outrancier” sur le plateau d’“On n’est pas couché” (…) et mentionnait que “quelques pourcentages seulement” des images qu’il avait filmées montraient ce qu’il appelait des “violences policières” », explique M. Sudry, se référant au documentaire de M. Moix devant être diffusé en mai, et dont certaines images sont déjà accessibles.
« Le second, auteur d’un brûlot dans Libération, semble découvrir qu’il est très légitimement fait usage proportionné de gaz lacrymogène à chaque fois que cela est nécessaire pour empêcher l’intrusion de migrants dans le tunnel sous la Manche ou dans le port de Calais (…) ou pour protéger les transporteurs routiers », poursuit le préfet, qui dit avoir demandé que les images en question soient « soigneusement examinées pour déterminer les faits » dénoncés. « Il choisit de ne pas dire un mot du dispositif humanitaire mis en place par l’Etat à Calais (…) et ne prend pas la peine de donner la parole aux élus du Calaisis », écrit encore M. Sudry.
« Si le premier Yann Moix a raison, alors le second a tort. Si le premier Yann Moix dit vraiment en privé ce qu’il pense, alors le second Yann Moix écrit en public ce qu’il sait ne pas être la vérité », en conclut le représentant de l’Etat.
Images de 2016
Il affirme aussi que certaines images présentées « comme des preuves de violences policières aujourd’hui semblent montrer en réalité des opérations de maintien de l’ordre » du temps de la « jungle » de Calais, démantelée en octobre 2016. Réfutant « les accusations les plus graves » portant sur « les violences physiques contre les migrants », M. Sudry dénonce des « affirmations infamantes pour les forces de l’ordre ».
Jeudi, Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, a également réagi sur Europe 1 aux propos de Yann Moix l’assimilant au ministre de la « matraque et de la barbarie » : « C’est dur. (...) Quelqu’un pourrait faire un film vu de l’autre côté, il y a toujours deux faces que l’on peut montrer, et il verrait que nos policiers, nos gendarmes travaillent dans des conditions extrêmement difficiles et que les CRS quelques fois sont véritablement à bout », a-t-il aussi déclaré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Jean-Charles Froment, professeur de droit public, estime que les gardiens de prisons reproduisent les contradictions de l’Etat sur la fonction qu’il assigne à la prison.
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Prisons : « Les surveillants sont à la recherche d’une identité professionnelle »

Jean-Charles Froment, professeur de droit public, estime que les gardiens de prisons reproduisent les contradictions de l’Etat sur la fonction qu’il assigne à la prison.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h50
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


Alors que le conflit des surveillants de prison prend un caractère exceptionnel avec notamment de nombreux « dépôts de clés », Jean-Charles Froment, professeur de droit public et auteur de nombreux articles scientifiques sur le fonctionnement des prisons et ses réformes successives, replace ce conflit dans l’histoire de la pénitentiaire. Selon l’actuel directeur de Sciences Po Grenoble, les gardiens reproduisent les contradictions de l’Etat sur la fonction qu’il assigne à la prison.
Le Monde : En quoi le conflit de janvier 2018 diffère des précédents ?
Jean-Charles Froment : Depuis vingt ans, il y a une concurrence syndicale propice à la surenchère entre l’UFAP, FO et la CGT. Une telle situation existe dans d’autres domaines de la fonction publique, mais pour l’administration pénitentiaire c’est quelque chose qui ne lui était pas du tout naturel. Jusqu’à la fin des années 1980, un syndicat hégémonique, en l’occurrence FO, était quasiment en situation de cogestion et les mouvements étaient beaucoup plus contrôlés. Depuis, les équilibres ont éclaté et la gestion des relations sociales dans la pénitentiaire ne s’en est jamais réellement sortie.

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          Nicole Belloubet en difficulté face à un conflit hors normes



Est-ce l’explication du caractère hors norme du mouvement en cours ?
Quand je remets en perspective les mouvements de ces cinquante dernières années, je ne le trouve pas si hors norme que cela. On a eu plusieurs accès de colère des personnels pénitentiaires sous la Ve République. Le statut spécial accordé aux surveillants en 1958 faisait suite à une importante grève en 1957. En échange de la suppression de leur droit de grève, les surveillants avaient obtenu une sur-indiciation financière. Puis il y a eu les grands mouvements de la fin des années 1980, avec trois grandes grèves en 1988, 1989 et 1992. Tous ces conflits ont été marqués par les mêmes logiques, notamment du point de vue des revendications statutaires. La constante est la référence au statut des gardiens de la paix dans la fonction publique.
Mais le métier de surveillant a évolué et les préoccupations avec…
Le contexte évolue et les arguments changent, mais sur le fond, les surveillants sont toujours à la recherche d’une identité professionnelle. Ils se sentent incapables de la trouver en dehors d’une référence à l’extérieur, celle de la police. La mémoire collective n’a jamais réussi à échapper à une contradiction entre leurs deux pôles d’attraction. Leur métier est d’abord rattaché à la justice, avec en particulier une dimension de relations humaines au quotidien et de suivi dans l’exécution d’une peine. Ils sont très attachés à cette mission, mais ont du mal à construire leur identité dessus.
L’attraction vers le ministère de l’intérieur, au nom de la mission de sécurité qu’ils exercent, a toujours été très forte. Ils reproduisent les contradictions de l’Etat sur la fonction qu’il assigne à la prison. L’opinion publique elle-même est schizophrénique à l’égard des surveillants. Elle est prompte à entretenir l’image du maton, soupçonné de tous les maux possibles de violence et de corruption, et d’appeler dans le même temps la justice à davantage de sévérité avec la prison, tenue pour seule sanction légitime. Ce regard négatif que leur renvoie la société est très dur à vivre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Le bus scolaire, qui transportait 45 enfants et 4 accompagnateurs, s’est couché sur le flanc droit après qu’une voiture lui a refusé la priorité.
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Des collégiens blessés dans un accident de bus dans le Gers

Le bus scolaire, qui transportait 45 enfants et 4 accompagnateurs, s’est couché sur le flanc droit après qu’une voiture lui a refusé la priorité.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h55
   





                        


Vingt-six collégiens d’une classe de troisième ont été blessés, dont trois très grièvement, dans un accident entre un car scolaire et une voiture jeudi 25 janvier après-midi sur une route nationale du Gers à Eauze.
Le bus scolaire, qui transportait 45 élèves du collège Jean-Rostand d’Eauze et quatre accompagnateurs, s’est couché sur le flanc droit après qu’une voiture lui a refusé la priorité vers 13 heures, a précisé à l’Agence France-Presse le lieutenant-colonel Jean-Christophe Sansonnet, responsable du groupement de gendarmerie du Gers.
Le choc s’est produit sur un croisement qui fait la jonction entre la nationale 524 et la RD 931, signale La Dépêche. « Le choc a été amorti du fait que le bus s’est couché dans un champ humide », a précisé à France 3 Michel Gabas, maire d’Eauze. Au moment de l’accident, le bus revenait d’un forum d’orientation à Vic Fezensac (Gers), a précisé la gendarmerie.
Vingt-six adolescents, âgés de 14 à 15 ans, ont été blessés, ainsi que le conducteur du véhicule, une Clio. Parmi les blessés, trois enfants ont été placés en urgence absolue pour des blessures à l’abdomen, dont deux ont été transportés par hélicoptère vers Toulouse, a précisé le commandant en second. Le troisième blessé grave a été évacué vers l’hôpital d’Auch. 
Le plan NOVI (« nombreuses victimes ») a été activé par la préfète du Gers. En milieu d’après-midi, toutes les victimes étaient sorties des véhicules et avaient été prises en charge, a précisé la préfecture. Les familles des collégiens sont accueillies à Eauze au hall d’exposition.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.
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Inondations : en région parisienne, « le financement n’est pas encore à la mesure du problème »

Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h23
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


La Seine n’en finit plus de grimper. Le pic, attendu samedi 27 janvier, pourrait atteindre, voire dépasser, celui du printemps 2016 avec 6,10 mètres d’eau. Depuis ce dernier épisode de crues, des initiatives importantes ont été engagées afin de prévenir le risque d’inondation majeure à Paris et dans la région Ile-de-France, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié le 23 janvier.
Mais si « l’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir », note Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE et auteur du rapport, « on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures ». 
Depuis les crues de 2016, qu’est-ce qui a changé dans la gestion du risque d’inondation à Paris et sur le bassin de la Seine ?
Charles Baubion : Il y a une dynamique indéniable qui s’est mise en place il y a environ cinq ans, et qui s’est amplifiée à la suite des crues de 2016. L’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir, grâce notamment à une sensibilisation du grand public. Ce qui est positif, c’est qu’on sent que les conditions sont réunies pour passer à la vitesse supérieure.
Aujourd’hui, le constat est que Paris reste relativement bien protégé, tandis que la métropole francilienne dans son ensemble l’est moins. Pour améliorer la situation, il y a des projets intéressants qui sont à l’étude. Des moyens supplémentaires ont aussi été débloqués, avec notamment 88 millions d’euros supplémentaires consacrés au sujet sur quatre ans, mais ce n’est pas encore à la hauteur des enjeux économiques de ce risque.
Qu’est-ce qui fait encore défaut ?
En termes de gouvernance, ce qui manque encore, c’est un leadership politique, une structure capable d’assumer la stratégie et de la conduire sur le long terme. L’échelle du Grand Paris serait une option intéressante pour établir ce genre de structure, dans une région aussi complexe administrativement que la région Ile-de-France. Par exemple, les départements gèrent les digues, les mairies sont responsables de la sécurité, il y a aussi la préfecture, etc.
Dans l’ensemble, il y a des bonnes volontés, mais on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures. Il n’y a, par exemple, toujours pas de quartier résilient aux inondations, malgré les volontés affichées par la Mairie de Paris, notamment sur la future zone d’aménagement concerté Bercy-Charenton.
On attend encore des applications concrètes. A cet égard, le village olympique, dont l’emplacement est situé en zone inondable, pourrait être une manière de montrer nos capacités d’innovations, et permettre à la France d’en faire une vitrine pour montrer que faire des constructions pérennes ne présente par de surcoûts si élevés.
De manière générale, il faut rappeler qu’il est moins coûteux d’investir avant une catastrophe que de réparer derrière. Car c’est le dernier volet de ce qui fait défaut : le financement n’est pas encore à la mesure du problème.
Comment expliquer ce retard pris par la métropole parisienne ?
Des villes européennes comme Oslo et Francfort ont fait des efforts très importants en termes de prévention du risque d’inondations. La ville de Tokyo, elle, s’est dotée d’infrastructures lui permettant de répondre à un risque de crues très important, de l’ordre de celles qui n’arrivent que tous les deux cents ans.
Dans la région parisienne, on avait oublié le risque d’inondations depuis 1955, parce qu’il n’y a quasiment pas eu d’épisodes de crues en soixante ans. Les plans de prévention du risque au niveau national et les moyens alloués se sont donc concentrés sur d’autres enjeux, comme la prévention dans le sud de la France, où les épisodes d’inondations sont très soudains et peuvent avoir des répercussions lourdes vue la densité de l’habitat. De même, le littoral atlantique avait été une priorité nationale, notamment après l’épisode de la tempête Xynthia en 2010.
A Paris, les inondations sont plus lentes, donc moins violentes en termes humains, ce qui a conduit à mettre ce risque un peu de côté. Les conséquences économiques d’une crue majeure pourraient pourtant être désastreuses.
Les chiffrages réalisés par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dans son rapport évoquent une fourchette de 3 milliards à 30 milliards d’euros de conséquences économiques, que recoupent ces chiffres ?
Nous nous sommes basés sur trois scénarios, tous adossés à la crue de 1910. Le premier, avec une hypothèse à 80 % du débit de 1910, donnerait lieu à une crise majoritairement contenue. Avec une hauteur de 7,32 mètres à Austerlitz, il y aurait 100 000 personnes affectées, deux semaines de perturbations, et environ 3 milliards d’euros de dommages, pour les particuliers, les entreprises (stocks, structures, etc.), et les infrastructures publiques (eau, électricité, etc.).
Le deuxième scénario, avec 100 % du débit de 1910, mais une hauteur de 8,12 mètres à Austerlitz, donne déjà des débordements importants en banlieue, 600 000 personnes affectées, un mois de perturbation et environ 14 milliards de dommages.
Enfin, le dernier scénario, qui projette une crue 15 % plus importante que 1910, c’est un million de personnes directement affectées et 5 millions indirectement (coupures d’électricité, d’eau, etc.), des mois de perturbation, et 30 milliards de dommages. Sans compter qu’il y aurait également des conséquences macroéconomiques, avec la perte d’un tiers du produit intérieur brut (PIB), jusqu’à 400 000 pertes d’emploi, et des conséquences lourdes sur les finances publiques pour plusieurs années.
Pour rappel, en 2016, les crues avaient déjà coûté près de 1,4 milliard d’euros. On était à quelques centimètres de fermer le RER A ; ce qui aurait eu des conséquences beaucoup plus lourdes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La Seine continue de monter à Paris, une partie de la banlieue a les pieds dans l’eau, de nouvelles pluies sont prévues pour jeudi.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Ils sont légion, ces « intrus en politique », à commencer par les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui partagent avec d’autres minorités le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.
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édition abonné


Etre discriminé(e) en politique

Ils sont légion, ces « intrus en politique », à commencer par les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui partagent avec d’autres minorités le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h32
    |

            Jean-Baptiste de Montvalon








                        



                                


                            

Livre. « Qui s’est invité dans un groupe, chez quelqu’un, sans avoir qualité pour y être admis, pour y être invité » : tels sont les « intrus », nous dit le Larousse. Des importuns qui s’introduisent illégitimement là où on ne les a pas conviés. L’espace politique, où l’on traite des affaires publiques, qui concernent l’ensemble des citoyens, devrait tous les accueillir – ou les représenter ; « sans distinction d’origine, de race ou de religion », selon les termes qui figurent à l’article premier de la Constitution.
Or ils sont légion, ces « intrus en politique », auxquels l’historienne Mathilde Larrère – maître de conférences à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, chroniqueuse sur les sites Arrêt sur image et Mediapart –, et Aude Lorriaux, journaliste spécialisée dans les discriminations, ont consacré – et sans doute implicitement dédié – cet ouvrage.
Ils sont légion. « Ils »… A commencer par « elles », les femmes, longtemps exclues de la sphère publique, qui – pour celles d’entre elles qui sont parvenues tant bien que mal à s’y faire une place – partagent avec d’autres groupes discriminés (en raison de la couleur de leur peau, de leurs origines sociales, de leurs orientations sexuelles), le sentiment d’être entrées par effraction dans cet « aréopage d’hommes blancs » et fortunés, qui le leur font bien comprendre.

Ce livre, fruit d’une longue enquête et d’analyses fouillées, vaut d’abord pour les témoignages de femmes et de membres de ces minorités que les auteures – « autrices », préféreraient-elles qu’on les appelle – ont recueillis, au fil de plus d’une trentaine d’entretiens avec des responsables politiques de tous bords, parmi lesquels les anciennes ministres Najat Vallaud-Belkacem, Laurence Rossignol et Cécile Duflot.
« Stigmates »
Les un(e) s et les autres disent, chacun avec ses mots, les « stigmates » dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ En 2017, les ménages ont eu davantage recours au crédit. Pour 2018, les intentions de souscription d’un nouveau prêt se maintiennent à un niveau élevé.
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Les Français s’endettent un peu plus

En 2017, les ménages ont eu davantage recours au crédit. Pour 2018, les intentions de souscription d’un nouveau prêt se maintiennent à un niveau élevé.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 15h35
    |

            Jérôme Porier








                        


En 2017, le taux de détention des crédits par les ménages s’est nettement redressé pour atteindre 47,8 % (contre 46,4 % en 2016), avec près de 8 millions de ménages ayant contracté un nouveau crédit dans l’année, selon le dernier rapport de l’Observatoire des crédits aux ménages (OCM).
Sous l’effet combiné d’un dynamisme de la demande et de conditions de crédits toujours très favorables, la proportion des ménages détenant un crédit immobilier est passée de 30,7 % en 2016 à 30,8 % en 2017. La part des ménages qui accèdent à la propriété atteint l’un des niveaux les plus élevés depuis le début des années 2000.
Hausse des crédits à la consommation
L’OCM observe également un net rebond de la demande de crédits à la consommation, avec un taux de détention passant de 25,5 % à 27,2 %. Depuis 2009, les souscripteurs de ces crédits ont nettement évolué en raison du recul de l’usage des cartes de crédit des magasins et des grandes surfaces. Les sommes ainsi prêtées ont financé des projets d’équipements (auto, moto, équipement ménager) et d’amélioration du cadre de vie (travaux d’amélioration des logements).

        Lire aussi :
         

                Le Livret A a subi une décollecte de 360 millions d’euros en 2017



Autre constat, les Français seraient un peu plus optimistes sur le plan financier. Selon l’OCM, 62,9 % des ménages estiment que leur situation financière s’est améliorée ou stabilisée. De même, la part des ménages estimant que le poids de leurs charges de remboursement est « supportable ou très supportable » culmine à 86 % en 2017, contre 85 % en 2016.
Pour 2018, les intentions de souscription d’un crédit immobilier (5 %) et d’un crédit à la consommation (3,9 %) se maintiennent à un niveau élevé, selon l’OCM.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Gilbert Cuzou, ex-membre de l’équipe de campagne du candidat socialiste, avait été exclu de son groupe politique après l’ouverture d’une enquête préliminaire, en octobre.
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Un proche de Benoît Hamon placé en garde à vue pour viol

Gilbert Cuzou, ex-membre de l’équipe de campagne du candidat socialiste, avait été exclu de son groupe politique après l’ouverture d’une enquête préliminaire, en octobre.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h04
   





                        



   


Gilbert Cuzou, conseiller régional d’Ile-de-France et ancien membre de l’équipe de campagne de Benoît Hamon, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour agressions sexuelles et viol, a appris l’Agence France-presse jeudi 25 janvier de source proche du dossier, confirmant une information de Libération.
M. Cuzou, 34 ans, est visé par cinq plaintes de militantes du Parti socialiste (PS) qui ont participé de près ou de loin à la campagne pour l’élection présidentielle de Benoît Hamon. Sa garde à vue, qui a débuté mardi, était toujours en cours jeudi matin, a précisé cette source.
Après le dépôt de deux premières plaintes une enquête préliminaire avait été ouverte, en octobre. Gilbert Cuzou avait alors été exclu de son groupe politique (Alternative écologique et sociale, AES) au conseil régional, alors qu’il avait intégré la formation quelques jours plus tôt.

        Lire :
         

          La crise à l’UNEF et au MJS déteint sur Benoît Hamon



Campagne des législatives
« Les faits décrits sont graves. (…) Cette exclusion durera le temps que la justice se prononce », avait expliqué à l’époque le président du groupe AES, Mounir Satouri. Depuis, trois autres femmes ont porté plainte, dont une pour viol, pour des faits qui se seraient déroulés en juin 2017 pendant la campagne des élections législatives.
« Dans toutes les organisations dans lesquelles il y a des relations de pouvoir et des hiérarchies, on sait qu’aujourd’hui il existe des faits de harcèlement et potentiellement d’agressions sexuelles, et je ne souhaite pas que [le mouvement de dénonciation] retombe », a réagi jeudi sur France 2 Benoît Hamon, qui a fondé le mouvement Génération.s après sa défaite à la présidentielle.
Sollicité par l’Agence France-Presse, Me Philippe Ohayon, l’avocat de M. Cuzou, a mis en garde contre toute précipitation dans cette affaire. « Attention à ne pas jeter en pâture un présumé innocent alors que l’enquête est en cours », a rappelé M. Ohayon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie Sofiane Aboura estime que la crise pénitentiaire met en lumière les limites d’une approche purement répressive et judiciaire.
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Délinquance : « Faire cohabiter deux visions politiques tout à fait réconciliables »

Dans une tribune au « Monde », le professeur d’économie Sofiane Aboura estime que la crise pénitentiaire met en lumière les limites d’une approche purement répressive et judiciaire.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h53
    |

Sofiane Aboura (Professeur d’économie à l’université Paris-XIII-Sorbonne-Paris-Cité)







                        



                                


                            
Tribune. La préparation d’ici à fin février du « plan pénitentiaire global » demandé par Emmanuel Macron le 15 janvier aux ministres concernés est l’occasion de s’interroger sur les politiques publiques de lutte contre la délinquance. D’ordinaire, ces politiques opèrent par l’intermédiaire de deux grands leviers. Le premier correspond aux ressources mises à la disposition de la police et de la justice, comme par exemple l’actuel projet de construction de 15 000 places de prison, couplé à une amélioration des conditions de travail des personnels. Le second correspond au degré de sévérité de la décision judiciaire.
l’activité de délinquance influe sur les politiques publiques, mais celles-ci influent à leur tour sur la délinquance
Mais s’il est probable que la fermeté de la réponse pénale importe pour fixer dans l’esprit de chacun le niveau de sanction encouru, il n’est pas certain que le durcissement continu des textes réduise d’autant le phénomène de la délinquance, tout simplement parce que le délinquant n’a pas nécessairement la faculté de bien capter le signal de dissuasion émis par le législateur.
De plus, cet effet n’est pas aisé à mesurer, car l’activité de délinquance influe sur les politiques publiques (nouveaux moyens et nouveaux pouvoirs conférés, ou non, à la police et à l’administration pénitentiaire, nouveaux plafonds ou planchers des peines infligées par la justice), mais celles-ci influent à leur tour sur la délinquance. Autrement dit, la cause et la conséquence finissent par se confondre.

Au-delà de cette dimension régalienne, certes indispensable au bon fonctionnement de la société, il peut donc être intéressant d’évoquer une autre dimension possible des politiques publiques de lutte contre la délinquance, qui serait, elle, issue d’une grille d’analyse économique initialement formulée par le Prix Nobel d’économie 1992, l’universitaire américain Gary Becker (1930-2014). Celui-ci envisageait la délinquance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Robin Reda n’a pas apprécié de se faire sermonner par la présidente de la commission des lois. Celle-ci n’a pas manqué de réagir face à ses « réflexions misogynes ».
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Les syndicats d’enseignants et de proviseurs restent dans l’expectative, certains pointant le risque d’un « diplôme maison ».
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Réforme du bac : trois semaines de concertation avant l’arbitrage du ministre de l’éducation

Les syndicats d’enseignants et de proviseurs restent dans l’expectative, certains pointant le risque d’un « diplôme maison ».



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h47
    |

                            Mattea Battaglia








                        


La communauté éducative avait compté les jours jusqu’à la remise, mercredi 24 janvier, du rapport Mathiot pour un baccalauréat rénové. Voilà qu’a débuté un nouveau compte à rebours : c’est le 14 février que seront présentées, en conseil des ministres, les grandes lignes de la réforme.

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                Des propositions-chocs pour réformer le baccalauréat



Entre-temps, une concertation éclair de trois semaines avec les représentants du monde éducatif est prévue – et ce alors même que l’universitaire Pierre Mathiot a déjà mené une centaine d’auditions. « Rien n’est acté aujourd’hui », a martelé le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, lors d’une conférence de presse organisée mercredi. Rien, si ce n’est, à la rentrée 2018, deux changements présentés comme « minimes » en classe de seconde : un « test de positionnement » en début d’année, portant notamment sur l’expression écrite et orale en français, et une « importance plus forte » donnée à l’orientation.

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                Un « grand oral » au bac serait-il discriminant ?



Le plus difficile reste à faire : sur les modalités de l’instauration du contrôle continu – cet enjeu sur lequel tous les projets de réforme antérieurs ont achoppé –, le rapport Mathiot n’a fait qu’ouvrir des pistes. « La balle est dans le camp du ministre », reconnaissent bon nombre de syndicats, qui attendent d’être reçus, Rue de Grenelle, à compter du 29 janvier. Du côté du SGEN-CFDT, du SE-UNSA comme du SNALC, on reconnaît des « points positifs » qui n’empêchent ni les critiques ni les inquiétudes.
Une « bonne base de travail »
Pour la fédération Sud Education, on s’oriente vers un « diplôme maison, cassant la valeur nationale du bac ». Le SNES-FSU, majoritaire, continue, lui, d’appeler à la mobilisation : pour ses représentants, le rapport préconise de « faire du lycée une petite université, faisant fi de la maturité des lycéens – notamment des plus défavorisés –, mais aussi de l’organisation pratique des établissements ».
M. Blanquer joue la prudence concernant le lycée, qui serait radicalement transformé (disparition des filières L, S et ES, organisation par semestres…) si l’on s’en tenait au rapport Mathiot : le ministre a annoncé la saisine du Conseil supérieur des programmes pour tenir compte des remarques émises pendant la consultation par les associations disciplinaires. Une réforme passant par les contenus plutôt que par le cadre, comme lui enjoint le syndicat de chefs d’établissement SNPDEN-UNSA ? Tout en saluant, sur le baccalauréat, une « bonne base de travail », ces proviseurs plaident en faveur de « simples ajustements » au lycée. « Des polémiques autour de modifications organisationnelles ou des grilles horaires n’alimenteraient aucun progrès », assurent-ils.
Si elle est menée à terme, la réforme interviendra quasiment en parallèle de celle sur l’entrée à l’université, portée par la ministre Frédérique Vidal. Sa mise en œuvre, progressive, concernera la seconde en septembre, la première à la rentrée 2019 et la terminale en 2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Capacité à prendre des risques, compétences en marketing… des initiatives tentent de valoriser l’expérience des dealeurs pour les aider à s’en sortir.
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Les vendeurs de cannabis, des salariés comme les autres ?

Capacité à prendre des risques, compétences en marketing… des initiatives tentent de valoriser l’expérience des dealeurs pour les aider à s’en sortir.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 15h12
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Ce n’est pas le genre d’expérience que l’on peut inscrire sur un CV ni faire valoir lors d’un entretien d’embauche. Pourtant, Sofiane (le prénom a été modifié), 17 ans, est un patron avant l’âge. Il n’est pas encore sorti de l’adolescence qu’il s’exprime déjà comme un homme d’affaires aguerri. Faussement nonchalant, les mains dans les poches de son survêtement siglé d’un blanc immaculé, il parle « recrutement », « stratégie marketing » et « fidélisation du consommateur ».
En quelques années, il a gravi les échelons de son organisation du Val-de-Marne à une vitesse record, passant de livreur de sandwichs à « bras droit » du « big boss » chargé du management, de la comptabilité et des importations. Une succession de postes qu’il a occupés à temps plein depuis l’arrêt de ses études, en classe de 3e. Mais sa carrière s’est arrêtée net un matin d’avril 2017, lorsque les policiers ont enfoncé la porte du domicile de sa mère. Son interpellation s’est soldée par un séjour de quatre mois à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).
Sofiane dirigeait un « four », un point « chaud » de deal de résine et d’herbe de cannabis, réalisant un chiffre d’affaires de 6 000 euros par jour en moyenne et employant une trentaine de personnes. « Faire tourner un trafic de stups, c’est comme gérer une société, lance-t-il. Donnez-moi les clés de n’importe quelle entreprise et je vous garantis des bénéfices. » Son aplomb masque mal une réalité dont il a conscience : son ascension fulgurante dans le deal ne lui ouvrira pas les portes du CAC 40.
Savoir-faire comptable et commercial
« Certains dealeurs sont pourtant très ingénieux et développent de vraies capacités, souligne Karima Esseki, éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse. Mais ce n’est pas comme ça que la société les voit. » Face à une politique répressive que beaucoup jugent inefficace, certaines initiatives...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ La ministre de la justice a demandé des sanctions contre les surveillants grévistes.
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Prisons : Nicole Belloubet en difficulté face à un conflit hors normes

La ministre de la justice a demandé des sanctions contre les surveillants grévistes.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 13h32
    |

            Jean-Baptiste Jacquin et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            

« Ça se termine toujours à l’Elysée, affirme un ancien directeur de l’administration pénitentiaire, parce qu’à un moment, les syndicats de surveillants ne savent pas s’arrêter et ne gèrent plus le conflit. » Le mouvement de protestation des surveillants lancé au lendemain de l’agression, le 11 janvier, de trois d’entre eux à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a pris une dimension exceptionnelle avec certaines prisons littéralement désertées par les hommes en bleu qui n’ont pourtant pas le droit de grève. Banal mouvement social au début, ce conflit a désormais des conséquences majeures sur la sécurité de certains établissements pénitentiaires sensibles et fait figure de test à haut risque pour le gouvernement d’Edouard Philippe.
Mais, « à ce stade », comme a pris soin de le préciser de façon étonnamment ambiguë Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, lors du compte rendu du conseil des ministres du mercredi 24 janvier, « les discussions sont conduites par la garde des sceaux ». La ministre de la justice, Nicole Belloubet, se retrouve sur la sellette. Sa capacité à négocier une sortie de crise est scrutée de près à Matignon et à l’Elysée, qui lui apportent leur soutien, tandis que l’opposition a choisi ce moment pour tirer à boulets rouges sur cette ministre non issue du sérail politique.
Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale a dénoncé mercredi sa « froideur technocratique », tandis que le vice-président du parti Les Républicains, Damien Abad, juge que la ministre « s’est démonétisée ». Certains ont demandé sa démission, comme Renaud Muselier, président LR de la région PACA.

« Décisions fortes »
S’il est un reproche qui peut être adressé à cette professeure de droit public de 62 ans, ancien membre du Conseil constitutionnel, c’est celui de n’avoir pas vu venir l’ampleur du mouvement. Ses propositions sur la sécurité à Vendin-le-Vieil formulées le mardi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Cette proposition du rapport rendu mercredi par Pierre Mathiot concentre les interrogations.
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Un « grand oral » au bac serait-il discriminant ?

Cette proposition du rapport rendu mercredi par Pierre Mathiot concentre les interrogations.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h44
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
Le « grand oral » est l’une des pièces maîtresses du rapport Mathiot pour la réforme du baccalauréat. Lors de sa remise, mercredi 24 janvier, le ministre de l’éducation nationale a lui-même insisté sur l’intérêt de la proposition : « L’oral est une compétence que tout le monde doit avoir dans sa vie de citoyen », a-t-il souligné.

La nouvelle épreuve du « grand oral » portera sur un travail réalisé en première et en terminale, seul ou en groupe, sur un thème donné convoquant au moins une des deux disciplines choisies par l’élève en « majeure » (une des évolutions proposées). Il est possible qu’une « banque nationale » de thèmes soit mise en place, comme pour les actuels travaux personnels encadrés (TPE). Le jury serait composé de deux enseignants de lycée et d’une personne extérieure.
Donner aux jeunes Français de meilleures armes à l’oral est a priori une intention louable, et, pourtant, cette épreuve semble concentrer toutes les interrogations. Il est vrai que le mot fait penser au « grand O » qui sanctionne les cinq années d’études dans les instituts d’études politiques. Il rappelle aussi le grand oral de l’ENA, ou encore la « leçon » à l’oral de l’agrégation. Ces épreuves solennelles sont caractéristiques des filières d’excellence.
L’oral ne favorisera-t-il pas les enfants des milieux les plus favorisés, ceux qui ont bénéficié d’un bain culturel permettant l’éloquence, la création de liens entre les disciplines et le recul sur ses propres savoirs ? Ou, au contraire, peut-il valoriser ceux qui pèchent à l’écrit, mais se révèlent quand ils parlent ? L’enjeu sera d’éviter les écueils, déjà soulevés.

D’abord, il semble qu’il faille nuancer le mythe de l’oral comme épreuve « de la bourgeoisie ». Certes, le baccalauréat – à une époque où il était loin d’être démocratique – a d’abord été une épreuve orale, comme le rappelle l’historien Pierre Albertini, spécialiste de l’école en France. Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Cette formation prévue depuis 2013 pour sensibiliser à la discrimination entre les filles et les garçons peine à trouver sa place dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE). Dans la pratique, peu d’enseignants en ont bénéficié.
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Les enseignants sont peu formés à l’égalité entre les sexes

Cette formation prévue depuis 2013 pour sensibiliser à la discrimination entre les filles et les garçons peine à trouver sa place dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE). Dans la pratique, peu d’enseignants en ont bénéficié.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h41
    |

                            Isabelle Dautresme








                        



                                


                            

Françoise Vouillot, maîtresse de conférence en psychologie de l’orientation et présidente de la commission de lutte contre les stéréotypes du Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes (HCE), en est convaincue : « Les enseignants ne peuvent pas lutter contre la division sexuée de l’orientation s’ils n’ont pas eux-mêmes été préalablement formés à ces questions. » Or, très peu le sont. C’est ce qui ressort d’un rapport du HCE publié en février 2017, intitulé : « Formation à l’égalité filles-garçons : faire des personnels enseignants et d’éducation les moteurs de l’apprentissage et de l’expérience de l’égalité ».

Si, depuis la loi de refondation de l’école de 2013, l’éducation à l’égalité fait partie intégrante de la formation initiale des personnels de l’éducation, dans les faits, elle peine à trouver sa place. Toujours selon le HCE, seulement la moitié des personnes qui travaillent dans les établissements scolaires bénéficient d’une formation à l’égalité. Pour les futurs enseignants, celle-ci reste le plus souvent optionnelle et surtout très variable d’une ESPE à l’autre.
« Une école sur deux considère avoir formé 100 % de ses étudiants pour un volume horaire variant de 2 à 57 heures annuelles », peut-on lire dans le rapport. Quant à la formation continue, elle est quasiment inexistante, seulement 1 % des journées de formation porte sur cette thématique. « Le nombre d’heures qui doit être consacré à la question de l’égalité filles-garçons et le contenu de la formation ne sont pas précisés dans les textes. En l’absence de cadre contraignant, chaque ESPE fait comme bon lui semble », constate Françoise Vouillot.
Manque de formateurs
Et, en la matière, beaucoup se contentent du minimum, tant les freins à la mise en place d’une telle formation sont nombreux. Parmi eux : le manque de formateurs experts de cette thématique et la priorité donnée à la laïcité et à la lutte contre les inégalités sociales....




                        

                        

