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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le ministère de la justice, qui reçoit jeudi les syndicats des gardiens de prison pour leur présenter un projet d’accord, a annoncé plusieurs mesures pour éteindre la crise.
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Prison : les nouvelles propositions du gouvernement remises aux syndicats

Le ministère de la justice, qui reçoit jeudi les syndicats des gardiens de prison pour leur présenter un projet d’accord, a annoncé plusieurs mesures pour éteindre la crise.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h36
   





                        


Alors que le ministère de la justice reçoit à tour de rôle, jeudi 25 janvier, les syndicats pour leur présenter un nouveau « projet d’accord », le gouvernement a présenté plusieurs mesures pour répondre aux demandes des surveillants, au onzième jour de cette mobilisation d’ampleur inédite.
Ces mesures s’articulent en quatre points :
Gestion des détenus radicalisés
Doublement de la capacité d’évaluation des détenus radicalisés pour atteindre 250 détenus par an. Pour cela, un quartier spécifique sera mis en place.
Le gouvernement annonce aussi la création de 1 500 places dans des quartiers « totalement étanches » pour gérer à part les profils « dangereux ou prosélytes ».
Sécurité des surveillants
Renouvellement et acquisition de matériel pour les agents (gilets pare-balles discrets, alarmes individuelles, chaussures Magnum, etc.) et pour les prisons (passe-menottes, arrêtoirs de porte, etc.), renforcement des fouilles (fouilles inopinées de cellules, par exemple).
Recrutements
1 100 emplois supplémentaires seront créés sur quatre ans (2018-2021), en plus des recrutements déjà prévus par l’administration pénitentiaire. L’ouverture de postes aux concours ne suffisant pas à garantir qu’ils seront pourvus, le gouvernement instaurera un « dispositif de fidélisation » bénéficiant d’un financement de 6 millions d’euros.
Indemnités les agents
L’indemnité de charge pénitentiaire (ICP), une prime annuelle, passera de 400 euros pour 1 400 euros. La prime de sujétion spéciale, dont bénéficient les employés de la fonction publique qui encourent des risques, sera revalorisée de deux points, dont un la première année (un point représente 1 % de la rémunération brute mensuelle). La prime de dimanche et jours fériés sera, elle, portée de 26 à 36 euros.
Les syndicats consultent leurs adhérents :
La CGT-Pénitentiaire a d’ores et déjà annoncé qu’il ne signerait pas les propositions présentées par le ministère. « Les adhérents de la CGT [ont débattu] de ce projet » et le « non » l’a emporté à une très large majorité, explique le syndicat dans un communiqué. « L’essentiel n’y est pas », estime la CGT en déplorant l’absence de « reconnaissance des missions de service public des personnels de surveillance dans [leur] statut ». Le syndicat réitère sa demande que « soit actée dans le relevé de conclusion l’obtention de la catégorie B avec la fusion des grades de surveillants/brigadier et premier/major pour l’ensemble des personnels qui composent le corps d’encadrement et d’application ».
UFAP-UNSA : Notant des « avancées » par rapport au projet d’accord présenté ce week-end et rejeté par les surveillants, Jean-François Forget, le secrétaire national de l’UFAP-UNSA, a ajouté que le gouvernement ne semblait pas prêt à aller plus loin. « [La ministre de la justice] nous a précisé qu’au nom du premier ministre et en son nom, le gouvernement ne pourra pas aller au-delà des propositions qui nous sont remises », a-t-il dit, se refusant à « tout commentaire » avant d’avoir consulté ses militants. Il a promis une réponse d’ici à vendredi midi.
SNP Force Ouvrière : « On a dit à la ministre qu’on était loin de ce que réclamait la base », a de son côté déploré le secrétaire général de SNP Force ouvrière, Emmanuel Baudin, « mais on va quand même consulter la base parce que ce sont eux qui décident ».
La chancellerie s’est refusée à toute déclaration alors que les discussions se poursuivaient dans l’après-midi avec les deux autres grands syndicats de surveillants, FO-Pénitentiaire et la CGT-Pénitentiaire.
Dans l’après-midi, le présient de la République Emmanuel Macron a apporté son « plein » soutien à la ministre de la justice Nicole Belloubet.

        Lire son portrait :
         

          Nicole Belloubet, une technicienne face à la crise des prisons



Une crise qui s’envenime
Plus de dix jours après avoir commencé, la crise touche désormais également les détenus. Jeudi l’un d’eux a déposé un recours pour dénoncer les conséquences du mouvement des gardiens sur sa détention.

        Lire :
         

          Les prisons proches du « point de rupture » après dix jours de mouvement social



Dans toute la France, de très nombreux centres pénitentiaires restaient bloqués :
à Fleury-Mérogis (Essonne), le plus grand centre pénitentiaire d’Europe, une barricade de palettes et de pneus a été montée devant l’entrée de la maison d’arrêt des hommes par la trentaine de surveillants présents ;la prison de Nanterre était quant à elle totalement bloquée par une trentaine d’agents rassemblés ;dans le centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne), les agents ont « déposé les clés », a annoncé à l’AFP Martial Delabroye, représentant Force ouvrière (FO), précisant que « les grévistes sont à l’intérieur, mais personne n’a pris le travail » ;à Nice, la situation était tendue jeudi matin où l’intersyndicale bloque à nouveau la maison d’arrêt. « Le directeur est passé menacer de sanctions disciplinaires huit responsables de l’UFAP-UNSA et de la CGT », a déclaré Johann Bataillé, élu UFAP-UNSA.
La veille, l’administration pénitentiaire avait demandé aux directeurs de prison d’appliquer désormais des sanctions contre les surveillants qui bloquent les prisons. Une déclaration qui n’a « fait que mettre de l’huile sur le feu », selon Thibault Capelle, délégué FO présent à Fleury-Mérogis. Quand les surveillants ont appris cette demande de sanctions, « ça leur a juste mis un peu plus la rage », a-t-il ajouté.

« Aucune douche depuis neuf jours » : un détenu saisit la justice
Un détenu du centre de Moulins-Yzeure (Allier) a déposé un recours en justice au tribunal administratif de Clermont-Ferrand pour dénoncer les conséquences des blocages de surveillants sur les personnes incarcérées, a annoncé jeudi 15 janvier l’Observatoire international des prisons (OIP).
Selon le document que l’AFP a pu consulter, le détenu indique que « depuis neuf jours », il n’a pu prendre « aucune douche », « n’a pas eu droit à des promenades » et que les poubelles de sa cellule ne sont pas collectées. Les blocages se poursuivaient dans plusieurs prisons tandis qu’un nouveau « projet d’accord » devait être présenté dans la matinée aux syndicats par le ministère de la justice.
« A la moindre grève dans les transports en commun, on parle de prise d’otage des usagers, là on a une grève qui a des effets désastreux sur les détenus, avec des problèmes de soin, d’hygiène, de formation », a commenté son avocat, Sylvain Gauché.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.
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Inondations : en région parisienne, « le financement n’est pas encore à la mesure du problème »

Depuis 2016, une dynamique s’est engagée mais les réalisations tardent encore, selon Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h23
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


La Seine n’en finit plus de grimper. Le pic, attendu samedi 27 janvier, pourrait atteindre, voire dépasser, celui du printemps 2016 avec 6,10 mètres d’eau. Depuis ce dernier épisode de crues, des initiatives importantes ont été engagées afin de prévenir le risque d’inondation majeure à Paris et dans la région Ile-de-France, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié le 23 janvier.
Mais si « l’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir », note Charles Baubion, expert en gestion des risques de l’OCDE et auteur du rapport, « on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures ». 
Depuis les crues de 2016, qu’est-ce qui a changé dans la gestion du risque d’inondation à Paris et sur le bassin de la Seine ?
Charles Baubion : Il y a une dynamique indéniable qui s’est mise en place il y a environ cinq ans, et qui s’est amplifiée à la suite des crues de 2016. L’ensemble des acteurs a pris conscience qu’il fallait agir, grâce notamment à une sensibilisation du grand public. Ce qui est positif, c’est qu’on sent que les conditions sont réunies pour passer à la vitesse supérieure.
Aujourd’hui, le constat est que Paris reste relativement bien protégé, tandis que la métropole francilienne dans son ensemble l’est moins. Pour améliorer la situation, il y a des projets intéressants qui sont à l’étude. Des moyens supplémentaires ont aussi été débloqués, avec notamment 88 millions d’euros supplémentaires consacrés au sujet sur quatre ans, mais ce n’est pas encore à la hauteur des enjeux économiques de ce risque.
Qu’est-ce qui fait encore défaut ?
En termes de gouvernance, ce qui manque encore, c’est un leadership politique, une structure capable d’assumer la stratégie et de la conduire sur le long terme. L’échelle du Grand Paris serait une option intéressante pour établir ce genre de structure, dans une région aussi complexe administrativement que la région Ile-de-France. Par exemple, les départements gèrent les digues, les mairies sont responsables de la sécurité, il y a aussi la préfecture, etc.
Dans l’ensemble, il y a des bonnes volontés, mais on attend encore de voir des réalisations côté urbanisme et infrastructures. Il n’y a, par exemple, toujours pas de quartier résilient aux inondations, malgré les volontés affichées par la Mairie de Paris, notamment sur la future zone d’aménagement concerté Bercy-Charenton.
On attend encore des applications concrètes. A cet égard, le village olympique, dont l’emplacement est situé en zone inondable, pourrait être une manière de montrer nos capacités d’innovations, et permettre à la France d’en faire une vitrine pour montrer que faire des constructions pérennes ne présente par de surcoûts si élevés.
De manière générale, il faut rappeler qu’il est moins coûteux d’investir avant une catastrophe que de réparer derrière. Car c’est le dernier volet de ce qui fait défaut : le financement n’est pas encore à la mesure du problème.
Comment expliquer ce retard pris par la métropole parisienne ?
Des villes européennes comme Oslo et Francfort ont fait des efforts très importants en termes de prévention du risque d’inondations. La ville de Tokyo, elle, s’est dotée d’infrastructures lui permettant de répondre à un risque de crues très important, de l’ordre de celles qui n’arrivent que tous les deux cents ans.
Dans la région parisienne, on avait oublié le risque d’inondations depuis 1955, parce qu’il n’y a quasiment pas eu d’épisodes de crues en soixante ans. Les plans de prévention du risque au niveau national et les moyens alloués se sont donc concentrés sur d’autres enjeux, comme la prévention dans le sud de la France, où les épisodes d’inondations sont très soudains et peuvent avoir des répercussions lourdes vue la densité de l’habitat. De même, le littoral atlantique avait été une priorité nationale, notamment après l’épisode de la tempête Xynthia en 2010.
A Paris, les inondations sont plus lentes, donc moins violentes en termes humains, ce qui a conduit à mettre ce risque un peu de côté. Les conséquences économiques d’une crue majeure pourraient pourtant être désastreuses.
Les chiffrages réalisés par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dans son rapport évoquent une fourchette de 3 milliards à 30 milliards d’euros de conséquences économiques, que recoupent ces chiffres ?
Nous nous sommes basés sur trois scénarios, tous adossés à la crue de 1910. Le premier, avec une hypothèse à 80 % du débit de 1910, donnerait lieu à une crise majoritairement contenue. Avec une hauteur de 7,32 mètres à Austerlitz, il y aurait 100 000 personnes affectées, deux semaines de perturbations, et environ 3 milliards d’euros de dommages, pour les particuliers, les entreprises (stocks, structures, etc.), et les infrastructures publiques (eau, électricité, etc.).
Le deuxième scénario, avec 100 % du débit de 1910, mais une hauteur de 8,12 mètres à Austerlitz, donne déjà des débordements importants en banlieue, 600 000 personnes affectées, un mois de perturbation et environ 14 milliards de dommages.
Enfin, le dernier scénario, qui projette une crue 15 % plus importante que 1910, c’est un million de personnes directement affectées et 5 millions indirectement (coupures d’électricité, d’eau, etc.), des mois de perturbation, et 30 milliards de dommages. Sans compter qu’il y aurait également des conséquences macroéconomiques, avec la perte d’un tiers du produit intérieur brut (PIB), jusqu’à 400 000 pertes d’emploi, et des conséquences lourdes sur les finances publiques pour plusieurs années.
Pour rappel, en 2016, les crues avaient déjà coûté près de 1,4 milliard d’euros. On était à quelques centimètres de fermer le RER A ; ce qui aurait eu des conséquences beaucoup plus lourdes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La mairie de Rennes va demander la modification d’une circulaire de 2014 qui interdit le tilde ou l’apostrophe dans les prénoms.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Peut-on donner n’importe quel prénom à ses enfants ?

La mairie de Rennes va demander la modification d’une circulaire de 2014 qui interdit le tilde ou l’apostrophe dans les prénoms.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 17h36
    |

                            Aurélia Abdelbost








                        


Après Fañch au printemps, c’est le prénom Derc’hen qui a été refusé par l’état civil de Rennes, en août 2017. Mardi 23 janvier, la maire de la ville, Nathalie Appéré (PS), a annoncé qu’elle allait agir pour défendre les prénoms bretons et demander la modification d’une circulaire de 2014 qui exclut la transcription dans l’état civil du tilde ou de l’apostrophe.
Que dit la loi ?
Selon la circulaire du 23 juillet 2014, « les parents peuvent choisir les prénoms de leurs enfants, pouvant à cet égard faire usage d’une orthographe non traditionnelle » selon deux conditions :
seul l’alphabet romain peut être utilisé ;les seuls signes dits « diacritiques » admis sont les points, tréma, accents et cédilles (ce qui exclut le tilde et l’apostrophe).
Mais, au-delà de l’orthographe, pas question de laisser le champ libre aux idées saugrenues de certains parents. L’officier d’Etat qui enregistre les prénoms est tenu d’avertir le procureur de la République si :
le prénom nuit à l’intérêt de l’enfant car il est ridicule ou grossier (par exemple : Nutella, Titeuf ou Fraise ont été refusés) ;le prénom méconnaît le droit d’un tiers à voir protégé son nom de famille, autrement dit, il est interdit de choisir comme prénom le nom de famille d’une autre personne.
Quand un prénom est refusé, le juge peut exiger des parents qu’ils en soumettent un nouveau. A défaut, il est en mesure d’en attribuer un lui-même.
Prénoms bretons : qu’est-ce qui pose problème ?
Les prénoms Derc’hen et Fañch ont été refusés
Il est courant dans les prénoms bretons de trouver des apostrophes ou des tildes, qui sont associés à des prononciations particulières. Ainsi « c’h » ne se prononce pas « che » comme en français, mais comme la jota en Espagne (un « r » guttural). Ce qui pose problème. En août 2017, l’état civil de Rennes a refusé le prénom Derc’hen car l’apostrophe ne fait pas partie des signes admis dans la circulaire de 2014. Et au printemps 2017, le prénom Fañch, avec un tilde, avait déjà été rejeté (une affaire qui devrait être jugée en appel dans l’année).

L’unité de la République n’est pas soluble dans une apostrophe. La circulaire de juillet 2014 sur les prénoms doit… https://t.co/7dA8sCrUpD— nathalieappere (@Nathalie Appéré)


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A la suite de la demande de Nathalie Appéré, le procureur général de la ville a déclaré que cette question serait réexaminée avec le ministère de la justice au nom du « risque de rupture d’égalité ». Car les prénoms Tu’iuvea, N’néné, D’Jessy ou N’Gussan ont, eux, été acceptés à Rennes, alors même que la circulaire de 2014 était déjà en vigueur.
Est-il possible de changer de prénom et de nom ?
Imaginons que votre prénom, malgré les précautions établies par l’Etat, vous porte préjudice, alors il est possible de le changer, à condition de pouvoir justifier d’un « intérêt légitime » (s’il est ridicule, par exemple).
Changer de nom de famille est aussi possible pour les mêmes raisons, si l’on porte le même nom qu’une personne célèbre avec une mauvaise réputation, par exemple, ou encore :
pour éviter l’extinction d’un nom de famille ;si vous utilisez un autre nom depuis longtemps et qu’il vous identifie publiquement ;si vos frères et sœurs portent des noms différents et que vous voulez tous porter le même nom.
Modifier son nom n’est pas gratuit, puisqu’il faut d’abord publier son identité dans le Journal officiel de la République française pour un montant de 110 euros et faire de même dans un journal local.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Entre stress du « métier », violence du milieu et salaires de misère, de jeunes recrues racontent leur quotidien. Le business du cannabis emploie plus de 200 000 personnes en France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/01/2018
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Enquête sur les petites mains du deal de cannabis

Entre stress du « métier », violence du milieu et salaires de misère, de jeunes recrues racontent leur quotidien. Le business du cannabis emploie plus de 200 000 personnes en France.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h50
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

C’est indiqué en gras et en lettres capitales sur l’affichette postée sur la Toile : « On recherche guetteur. » « Profil recherché : jeune, physionomiste, maîtrise du deux-roues appréciée, respectueux envers les clients et les clientes », décrit la petite annonce avec barres d’immeubles et feuilles de chanvre en arrière-plan. « Horaires de travail : de 10 heures à 22 heures (adaptés aux horaires de vente). Prix : 100 euros/jour ». Comme s’il s’agissait d’une banale offre d’emploi.
Le trafic de cannabis est un business – presque – comme un autre, un modèle de néolibéralisme avec ses grandes entreprises et ses PME, ses stratégies marketing habiles et son management impitoyable, ses patrons grassement rétribués et ses petites mains sous-payées. Mais sans syndicat. En France, il représente la moitié du marché des stupéfiants.

Selon le rapport publié fin 2016 par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) et intitulé « Estimation des marchés des drogues illicites en France », il réalise à lui seul un chiffre d’affaires annuel de 1,1 milliard d’euros et compte plus de 240 000 personnes. Presque autant que La Poste.
Un poids lourd de l’économie française, en somme, qui opère en toute illégalité mais recrute à tour de bras « des armées de larbins qui triment pour moins que le smic », dénonce un médiateur d’une cité des Yvelines. Le chercheur Nacer Lalam, coauteur du rapport de l’INHESJ, les appelle « le prolétariat du cannabis », dont les revenus ne font, le plus souvent, qu’assurer la survie. « Comme dans les entreprises normales, les patrons s’enrichissent, pas les employés », résume un officier de police judiciaire des Hauts-de-Seine.
Un « boulot très ennuyeux et stressant »
On l’appellera Marvin. Il a 22 ans et vend du shit dans un quartier de l’est de Paris depuis deux ans. Ce soir de janvier, frigorifié dans son petit blouson noir zippé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Florence Portelli et Maël de Calan, candidats à la présidence du parti en décembre 2017, reprochent le comportement « stalinien » du président de LR et laissent entendre qu’ils pourraient claquer la porte.
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La contestation gronde chez Les Républicains contre Wauquiez

Florence Portelli et Maël de Calan, candidats à la présidence du parti en décembre 2017, reprochent le comportement « stalinien » du président de LR et laissent entendre qu’ils pourraient claquer la porte.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h41
    |

            Olivier Faye








                        



   


La fronde contre Laurent Wauquiez prend corps au sein du parti Les Républicains (LR). Mécontents de la place qui leur a été réservée dans la commission nationale d’investiture du parti, et de celle qui devrait leur être accordée dans la future composition du bureau politique, Florence Portelli et Maël de Calan ont décidé d’unir leurs forces contre le président de LR. Et laissent entendre qu’ils pourraient claquer la porte s’ils ne sont pas entendus.
Les deux participants à l’élection interne de décembre 2017 contre M. Wauquiez ont organisé une conférence de presse commune, jeudi 25 janvier, à Paris. L’occasion pour l’un, Maël de Calan, de dénoncer le « signal d’exclusion » envoyé par le nouveau patron de la formation de droite, et pour l’autre, Florence Portelli, de s’en prendre à un « parti autocrate et monolithique ». « Si Laurent Wauquiez est le premier stalinien de l’histoire de la droite, ce sera sans moi », a-t-elle prévenu.
« Je ne resterai pas dans une famille politique qui ne tient pas sa parole », Vincent Jeanbrun, maire de l’Haÿ-les-Roses
La veille, les deux responsables ont envoyé un courrier commun au président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour lister leurs griefs. « Le 12 décembre, écrivent-ils dans cette lettre, nous nous sommes rencontrés à ta demande. (…) Tu as pris l’engagement que nous serions représentés au sein des instances en proportion de nos scores [16,11 % pour Mme Portelli, 9,25 % pour M. de Calan]. » Mais, lors de la réunion du bureau politique, mardi 23 janvier, M. Wauquiez a affirmé devoir rogner sur leurs places pour en accorder aux proches du président du Sénat, Gérard Larcher, et à ceux du président du groupe des sénateurs LR, Bruno Retailleau.

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« Il nous a expliqué que de l’eau a coulé sous les ponts », a raconté M. de Calan, qui reproche à M. Wauquiez de « construire sur le mensonge » et de « privilégier les combinaisons entre barons à l’équilibre démocratique ». Présent à ses côtés, Vincent Jeanbrun, maire de l’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), s’est dit pour sa part « bien décidé à en découdre avec Laurent Wauquiez ». « Je ne resterai pas dans une famille politique qui ne tient pas sa parole », a ajouté M. Jeanbrun, qui assume de lancer un « ultimatum » au président de LR.
Les départs de cadres et d’élus se multiplient
C’est bien cette menace qui pèse de manière générale sur les épaules de Laurent Wauquiez, alors qu’une partie de la droite modérée estime ne plus avoir de place au sein de LR. Depuis des semaines, les départs de cadres et d’élus se multiplient, notamment en réaction à l’élection de l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy. Questionnée sur son souhait de rester ou non au sein de sa famille politique si la situation devait s’enliser, Mme Portelli a lâché, laconique : « Ça, on verra. » « Si demain Laurent Wauquiez continue à rétrécir ce parti, il signe son arrêt de mort », a précisé de son côté M. de Calan.

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                En désaccord avec la ligne de Laurent Wauquiez, Nora Berra quitte LR



« Avec Florence, nous avons encore de vraies divergences », a ajouté ce dernier, un juppéiste, à propos de la maire de Taverny (Val-d’Oise), ancienne porte-parole de la campagne présidentielle de François Fillon. Mais les deux ex-candidats ont en commun de vouloir peser. Le premier réunira d’ailleurs ses proches, samedi 27 janvier, en marge du conseil national de LR, organisé salle de la Mutualité, à Paris. Il a demandé à prendre la parole lors de l’événement. La seconde séchera le rendez-vous.
« On ne peut pas peser si on n’est pas représentés, souligne M. de Calan. Je ne suivrai pas un chef de clan, on a vocation à réunir les chapelles dans une grande cathédrale. » Et d’ajouter, cruel : « Sinon, on prévient la Miviludes [la mission interministérielle de prévention et de lutte contre les dérives sectaires]. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Dans le sillage de l’affaire Weinstein, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont fortement augmenté l’an dernier en France, selon les chiffres publiés jeudi par le ministère de l’intérieur.
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« L’effet Weinstein » sur les plaintes pour violences sexuelles en France

Dans le sillage de l’affaire Weinstein, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont fortement augmenté l’an dernier en France, selon les chiffres publiés jeudi par le ministère de l’intérieur.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 17h37
    |

            Marianne Boyer et 
                                Mathilde Costil








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Les stratèges de l’Elysée réfléchissent aux moyens de contourner le Sénat si nécessaire.
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édition abonné


Les armes de Macron en cas de blocage sur la révision constitutionnelle

Les stratèges de l’Elysée réfléchissent aux moyens de contourner le Sénat si nécessaire.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h17
    |

            Solenn de Royer et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            
Les grandes manœuvres peuvent commencer. Emmanuel Macron sait désormais à quoi s’en tenir sur les intentions de Gérard Larcher. Reçu mardi 23 janvier à l’Elysée, le président du Sénat a présenté au chef de l’Etat les conclusions de son rapport sur la réforme constitutionnelle, qui contient les fameuses « lignes rouges » que M. Larcher ne souhaite pas franchir, dont la limitation du nombre de mandats consécutifs des parlementaires ou encore, excepté à certaines conditions, la réduction du nombre de sénateurs.
A l’Elysée, où l’on répète que la réforme devra être ficelée avant l’été, on préfère croire que le consensus reste possible. « Tout est sur la table, on va voir dans quelle mesure les points de vue peuvent converger », résume un conseiller du palais, qui parle d’un chantier « work in progress ».
« C’est le jeu politique normal, se rassure un autre conseiller de l’exécutif. Le président du Sénat nous met la pression, mais lui aussi a la pression. Il sait qu’il y a une attente très forte dans l’opinion sur la réduction du nombre de parlementaires ou la limitation du cumul dans le temps. »
M. Macron a plusieurs options pour faire passer sa réforme, dont la voie classique : un vote des deux assemblées dans les mêmes termes, suivi d’un vote des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès. En cas de blocage du Sénat, ou si le vote aux trois cinquièmes semble trop périlleux (la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy était passée à une voix près en 2008), le président a la possibilité de passer par la voie référendaire, par le biais de l’article 89 ou de l’article 11 de la Constitution. « Si le président devait être impopulaire dans quelques mois, l’arme du référendum serait un danger, met en garde un député macroniste. Dans le cas contraire, il peut tenter un coup contre les conservatismes. »
Parer à d’éventuels chantages ou blocages
Jusqu’à présent, l’Elysée a toujours assuré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Trente ans après sa mort, son influence sur le secteur du manga reste considérable. Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême lui rend hommage à travers une rétrospective inédite.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ La présidente (LR) de la région, Valérie Pécresse, avait déclaré vouloir mettre « le gouvernement devant ses responsabilités » en supprimant cette aide.
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Ile-de-France : la justice annule la fin de l’aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière

La présidente (LR) de la région, Valérie Pécresse, avait déclaré vouloir mettre « le gouvernement devant ses responsabilités » en supprimant cette aide.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h12
   





                        


Le tribunal administratif de Paris a annulé, jeudi 25 janvier, la décision de la région Ile-de-France adoptée en février 2016 par le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) de supprimer l’aide aux transports pour les étrangers en situation irrégulière bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat.
Le tribunal a estimé que cette décision du STIF était « entachée d’une erreur de droit », selon un communiqué. Plusieurs recours avaient été déposés, dont celui du conseiller du groupe Alternative écologiste et sociale (AES) et administrateur du STIF, Pierre Serne, qui a salué dans un communiqué « une victoire qui invalide une des mesures les plus démagogiques de Valérie Pécresse depuis son arrivée à la tête de la région Ile-de-France et du STIF ». « Plus de 117 000 Franciliens pourront donc très bientôt récupérer leurs droits à une aide tarifaire, le jugement étant à exécution immédiate », ajoute le communiqué du groupe.

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          L’Ile-de-France supprime une aide aux sans-papiers



La région fait appel
La région Ile-de-France, dans un communiqué, estime de son côté que cette réduction tarifaire « est une prime à l’illégalité » et fait appel de cette décision. Le syndicat va demander « que cet appel soit suspensif, car le coût annuel de cette réduction se montait en 2015 à 43 millions d’euros, un chiffre appelé à croître compte tenu de la situation migratoire francilienne actuelle, ce qui représente l’équivalent du budget que la région consacre chaque année au financement du logement social », précise la région.
Le tribunal administratif rappelle dans son jugement que le code des transports « prévoit que les personnes dont les ressources sont inférieures à un plafond bénéficient d’une réduction tarifaire d’au moins 50 % sur leurs titres de transport », et que la région appliquait cette disposition depuis 2001, permettant aux personnes attestant de ressources inférieures au plafond de bénéficier de réduction tarifaire dans les transports, à hauteur de 75 %.
La décision du STIF, qui exclut les étrangers en situation irrégulière, méconnaît « les dispositions de l’article L.1113-1 du code des transports », qui « ne subordonnent, en effet, le bénéfice de la réduction tarifaire qu’à une seule condition de ressources, et non à une condition de régularité du séjour en France », dit le tribunal.
Une mesure jugée « injuste et xénophobe »
Valérie Pécresse, a fait savoir la semaine dernière, lors des vœux du groupe LR de la région Ile-de-France, qu’elle « mettrai[t] le gouvernement devant ses responsabilités ». « On ne peut pas dire que les immigrés en situation irrégulière ont vocation à rentrer chez eux et, en même temps, leur donner des primes pour qu’ils restent chez nous », avait-elle dit, estimant qu’il y avait « une contradiction totale dans la loi ».
Selon Me Tewfik Bouzenoune, conseiller de Pierre Serne, « cette décision dépasse largement l’Ile-de-France, puisqu’elle vise toutes les autorités organisatrices des transports en France qui ont exclu les étrangers en situation irrégulière du bénéfice de la tarification sociale ».

        Lire aussi :
         

                Non, la région Ile-de-France n’a pas « voté 75 % de réduction du passe Navigo pour les clandestins »



Pour Céline Malaisé, présidente du groupe Front de gauche, « il faut se féliciter de cette décision, qui met fin à une mesure très injuste et xénophobe de Valérie Pécresse. Cette dernière doit maintenant prendre toutes les dispositions pour rétablir cette aide tarifaire au plus vite ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Dans un dossier spécial, « Le Monde » revient sur l’histoire et les enjeux de l’autorité des données personnelles, dont le champ d’action s’est beaucoup élargi.
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Après quarante ans d’existence, la CNIL face à de nouveaux défis

Dans un dossier spécial, « Le Monde » revient sur l’histoire et les enjeux de l’autorité des données personnelles, dont le champ d’action s’est beaucoup élargi.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h01
   





                        



   


La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) fête ses 40 ans. Chargée de veiller à la protection des données personnelles des Français, elle n’a cessé de voir son champ de compétence s’élargir à mesure que la société s’est informatisée et qu’Internet s’est imposé dans toutes ses sphères. A l’occasion de cet anniversaire, Le Monde revient dans un dossier spécial sur l’histoire et les missions de cet organisme, mais aussi et surtout sur les nouveaux défis qu’il doit aujourd’hui relever.
A quoi sert la CNIL ?
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) est le régulateur des données personnelles. « Elle accompagne les professionnels dans leur mise en conformité et aide les particuliers à maîtriser leurs données personnelles et exercer leurs droits », peut-on lire sur son site. La CNIL est notamment chargée de faire appliquer la loi du 6 janvier 1978 « relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ». Elle reçoit des plaintes, contrôle des organismes qu’elle peut sanctionner, et donne également des avis. « La CNIL, par construction, est un contre-pouvoir, explique sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin, au Monde. Elle donne des avis, mais elle n’est pas toujours entendue… Ce qui ne signifie pas que ses avis sont inutiles. »
L’organisme est né après un article du Monde alertant sur la création par le gouvernement français du fichier Safari en 1974, visant à ficher les individus. A l’aube de l’informatisation de la société, cette affaire avait fait grand bruit et conduit le gouvernement de Raymond Barre à créer la CNIL en 1978, pour encadrer les fichiers informatiques.

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                La CNIL résiste et persiste



Que dit la loi sur les données personnelles ?
La loi informatique et libertés de 1978 encadre l’usage des données personnelles. Elle impose aux entreprises souhaitant utiliser les données personnelles des Français d’obtenir au préalable leur consentement et de se montrer claires sur leurs intentions. La loi garantit au citoyen le droit de s’opposer à la collecte de ses données, et de faire supprimer les données le concernant.
La loi informatique et libertés pose dans son article 1er que « l’informatique doit être au service de chaque citoyen (…). Elle ne doit porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ». Pour cela, la loi définit cinq grands principes à respecter en cas d’exploitation des données personnelles : définir les objectifs du fichier, vérifier la pertinence des données, limiter leur conservation, respecter le droit des personnes et sécuriser les données.

        Jouez à notre quiz :
         

          Données personnelles : connaissez-vous vos droits ?



En quarante ans, comment a évolué la mission de la CNIL ?
Initialement conçue pour encadrer les fichiers créés par l’Etat, la CNIL doit désormais composer avec la multiplication des fichiers engendrés par l’informatisation et le développement d’Internet. Aujourd’hui, le numérique est partout, de la carte bancaire à la biométrie, la géolocalisation, les réseaux sociaux et les objets connectés. Qui plus est, la gratuité de nombreux services en ligne se paie d’une constante marchandisation des données.

        Lire la tribune :
         

          « Le numérique, un nouveau processus civilisateur »



La loi informatique et libertés, relativement flexible, reste encore pertinente à l’heure actuelle, même si elle a subi quelques ajustements ces dernières années. En revanche, la CNIL n’a pas grandi à la même mesure que la collecte des données personnelles qu’elle doit encadrer. La commission vivote avec un petit budget, moins de la moitié de celui du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

        Lire l’interview de sa présidente :
         

          Isabelle Falque-Pierrotin : « Le but de la CNIL n’est pas la sanction tous azimuts »



Quels sont les nouveaux dangers pour les données personnelles ?
Après l’explosion du numérique et d’Internet, d’autres technologies, qui commencent à s’imposer dans notre quotidien, annoncent encore d’autres défis à venir pour la protection des données. Ainsi des objets connectés et des programmes d’intelligence artificielle (IA). Les premiers récoltent plus de données que jamais sur leurs utilisateurs ; les seconds en consomment des masses considérables pour fonctionner – et les deux ne font parfois qu’un, comme dans le cas des enceintes « intelligentes ».

        Lire la tribune :
         

          Notre vie privée, un concept négociable



Leur développement pourrait entrer en conflit avec certains principes de la loi de 1978. Elle impose par exemple une minimisation de la collecte des données, ainsi qu’une limitation de la durée de leur conservation. Or, les technologies d’intelligence artificielle ont par exemple souvent besoin d’une immense quantité de données conservées sur le long terme pour fonctionner.

        Lire nos explications :
         

          Objets connectés, données sensibles



Quelle est l’efficacité de la CNIL ?
Côté chiffres, le nombre de contrôles effectués par la Commission a été multiplié par dix entre 2002 et 2016 – sans que cela ne produise davantage de sanctions. La tendance est à la hausse aussi en ce qui concerne les plaintes : rien qu’entre 2014 et 2015 la hausse est de 36 %. Pour la seule année 2016, la CNIL a répondu à 166 565 appels, enregistré 7 703 plaintes, rendu 3 078 décisions.
Parmi les dernières délibérations, la Commission a infligé une sanction pécuniaire de 150 000 euros à Facebook le 17 mai 2017 (délibération n° SAN – 2017-006 du 27 avril 2017) pour avoir procédé « à la combinaison massive des données personnelles des internautes à des fins de ciblage publicitaire ».
Mais sur la durée de son existence, c’est avec l’Etat que la lutte a été la plus féroce. La CNIL a par exemple réussi à poser des limites à la surveillance policière lors de l’informatisation de la carte nationale d’identité et la constitution du système Schengen. En outre, elle a systématiquement interdit les traitements discriminatoires, limité le système Gamin du ministère de la santé, qui visait à sélectionner « les enfants à risques », et généralisé les droits d’accès.
Trois domaines ont cependant donné du fil à retordre à la CNIL : l’administration fiscale, qui a accès à des fichiers centraux qui ne lui sont, a priori, pas destinés ; le secteur bancaire, qui a multiplié les recours contre la Commission ; et la police. Il a fallu attendre plus de dix ans pour que les principaux fichiers de la police et de la défense soient régularisés.

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                Quarante ans de Commission nationale de l’informatique et des libertés en trois graphiques



Que contient le futur règlement européen sur les données personnelles ?
A l’issue d’un intense lobbying, l’Union européenne a adopté le 27 avril 2016 le règlement général sur la protection des données (RGPD). Remplaçant une directive de 1995, qui avait été diversement interprétée dans chaque pays européen. Ce texte ambitieux définira, à partir du 25 mai, des règles uniques concernant les données personnelles de plus d’un ­demi-milliard d’habitants. Il remplacera, en France, la loi de 1978 sur les données personnelles.
S’il n’en change pas les grands principes, il apporte cependant quelques modifications, à commencer par la sanction encourue par les entreprises ne respectant par le RGPD : elle pourra atteindre 4 % de leur chiffre d’affaires mondial.

        Lire nos explications :
         

          Un nouveau règlement européen contraignant



Les entreprises devront aussi être plus transparentes vis-à-vis des consommateurs et des internautes. Elles devront aussi avertir les personnes concernées si leurs données se révèlent compromises à la suite d’un piratage ou d’une faille de sécurité. Les citoyens européens auront également un droit à la « portabilité » de leurs données, c’est-à-dire que les entreprises devront permettre à leurs utilisateurs de récupérer leurs données personnelles afin qu’ils puissent les transférer à un autre service.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Après l’avoir décrit, mercredi, comme un « mauvais maire », le président de la Région Sud-PACA a dénoncé, jeudi 25 janvier, « l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ».
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A Marseille, Renaud Muselier attaque encore Jean-Claude Gaudin

Après l’avoir décrit, mercredi, comme un « mauvais maire », le président de la Région Sud-PACA a dénoncé, jeudi 25 janvier, « l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ».



Le Monde
 |    25.01.2018 à 18h09
    |

                            Gilles Rof (Correspondant à Marseille)








                        



   


Renaud Muselier ne demandera pas à Jean-Claude Gaudin, le maire Les Républicains (LR) de Marseille et président de la métropole, de se retirer et d’abandonner ses mandats avant leurs termes, en 2020. « Je ne lui demanderai pas parce qu’il ne lâchera jamais », a répondu, jeudi 25 janvier, le président LR de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, à une question du Monde face à un parterre de journalistes. « Mais, s’il reste, qu’il le fasse au moins au service d’un projet et pas de microrapiéçages politiques », a poursuivi l’ancien premier adjoint de M. Gaudin, élu en sa compagnie en 1995, à la mairie de Marseille.
La veille, sur l’antenne de Public Sénat, Renaud Muselier avait lancé une violente diatribe contre son ex-partenaire politique, estimant qu’il avait été « un mauvais maire » pour Marseille et qu’il avait effectué « deux mandats de trop ». Jeudi, après avoir dressé le bilan de ses neuf premiers mois à la tête de la région Sud-PACA, M. Muselier a poursuivi son offensive.
« Je n’ai rien contre Jean-Claude Gaudin. J’aime Jean-Claude Gaudin. Mais j’ai un problème majeur avec le maire de Marseille », a-t-il insisté.
« Je déteste l’immobilisme »
Ce problème, pour M. Muselier, est avant tout incarné par « l’immobilisme » qu’il perçoit dans la gestion de sa ville. « Je déteste l’immobilisme. C’est un choix politique de gestion, d’administration… Ce n’est pas le mien. Je travaille avec le maire de Nice, je vois comment Nice évolue. Je travaille avec Toulon (…) Nous n’arrivons pas à travailler avec la mairie de Marseille et la métropole. Marseille mérite mieux », a-t-il dénoncé longuement.
En guise d’exemples, le président de la région Sud-PACA s’est étonné qu’aucun dossier déposé par la ville de Marseille n’ait réussi à être éligible aux financements européens – « 1 milliard d’euros en 2018 » – ou que M.Gaudin n’arrive pas à trouver un créneau pour signer avec lui le protocole de la dotation de 120 millions d’euros que la région a voté pour soutenir la métropole. « Vous voulez que je me taise devant ces dysfonctionnements ? », a-t-il demandé, avant de dénoncer « la petite musique du tout va bien ».
La double charge de Renaud Muselier sur le bilan de Jean-Claude Gaudin, qui vit son quatrième mandat à la tête de la ville, a des causes profondes. Le président de la région, qui a, un temps, quitté la politique, n’a jamais véritablement digéré le fait que M. Gaudin ne facilite pas la transition et ne lui cède pas son fauteuil après deux mandats. M. Muselier garde aussi une violente rancœur d’avoir vu le poste de président de la métropole marseillaise lui échapper en 2008, alors qu’il possédait la majorité des élus. Un cuisant échec dans lequel il voit encore la main habile de son aîné.
L’épisode Bruno Gilles a laissé des traces
Récemment, Renaud Muselier a mal vécu un épisode plus personnel. A l’automne dernier, Jean-Claude Gaudin a soudainement décrit Bruno Gilles, sénateur très proche de M. Muselier, comme celui qu’il aimerait bien voir lui succéder. Quelques semaines plus tard, M. Gilles a été hospitalisé pour de lourds problèmes cardiaques. Une pathologie que le président de la région, également médecin, estime liée à la brusque pression politique mise sur son ami. « [Jean-Claude Gaudin] nous a expliqué qu’il nommait Bruno, mon meilleur ami. Il l’a mis dans une situation difficile et je lui en veux beaucoup pour cette raison », a-t-il glissé jeudi, évoquant pour la première fois en public cet épisode.
Si la guerre est ouvertement déclarée, Renaud Muselier se positionne-t-il pour autant comme un candidat potentiel à la mairie de Marseille ? La question n’est pas tranchée. « Je suis président de la région Sud-PACA jusqu’en 2021 et j’entends bien le rester… Mais j’aime particulièrement ma ville », s’est-il contenté de répondre. Dans son entourage, on jaugeait jeudi avec plaisir le peu de réactions des élus marseillais face à aux attaques. « Pas grand-chose sur les réseaux sociaux, pas de déclarations outrées, notait le directeur de cabinet Jean-Philippe Ansaldi. On dirait que Renaud a ouvert la porte à une protestation que beaucoup partagent. » Si le président de la majorité LR-UDI-MoDem au conseil municipal de Marseille, Yves Moraine a évoqué des « paroles à la limite de la diffamation », l’heure était à la discrétion du côté des élus LR marseillais dont beaucoup siègent à la fois à la région et au conseil municipal. « Je n’ai pas pour habitude de répondre aux insultes, aux injures et aux outrances », a réagi Jean-Claude Gaudin sur Twitter.

Je n'ai pas pour habitude dans ma vie publique de répondre aux insultes, aux injures et aux outrances surtout lorsq… https://t.co/erMfA6NKMj— jcgaudin (@Jean-Claude GAUDIN)


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le bus scolaire, qui transportait 45 enfants et 4 accompagnateurs, s’est couché sur le flanc droit après qu’une voiture lui a refusé la priorité.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Des collégiens blessés dans un accident de bus dans le Gers

Le bus scolaire, qui transportait 45 enfants et 4 accompagnateurs, s’est couché sur le flanc droit après qu’une voiture lui a refusé la priorité.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 16h55
   





                        


Vingt-six collégiens d’une classe de troisième ont été blessés, dont trois très grièvement, dans un accident entre un car scolaire et une voiture jeudi 25 janvier après-midi sur une route nationale du Gers à Eauze.
Le bus scolaire, qui transportait 45 élèves du collège Jean-Rostand d’Eauze et quatre accompagnateurs, s’est couché sur le flanc droit après qu’une voiture lui a refusé la priorité vers 13 heures, a précisé à l’Agence France-Presse le lieutenant-colonel Jean-Christophe Sansonnet, responsable du groupement de gendarmerie du Gers.
Le choc s’est produit sur un croisement qui fait la jonction entre la nationale 524 et la RD 931, signale La Dépêche. « Le choc a été amorti du fait que le bus s’est couché dans un champ humide », a précisé à France 3 Michel Gabas, maire d’Eauze. Au moment de l’accident, le bus revenait d’un forum d’orientation à Vic Fezensac (Gers), a précisé la gendarmerie.
Vingt-six adolescents, âgés de 14 à 15 ans, ont été blessés, ainsi que le conducteur du véhicule, une Clio. Parmi les blessés, trois enfants ont été placés en urgence absolue pour des blessures à l’abdomen, dont deux ont été transportés par hélicoptère vers Toulouse, a précisé le commandant en second. Le troisième blessé grave a été évacué vers l’hôpital d’Auch. 
Le plan NOVI (« nombreuses victimes ») a été activé par la préfète du Gers. En milieu d’après-midi, toutes les victimes étaient sorties des véhicules et avaient été prises en charge, a précisé la préfecture. Les familles des collégiens sont accueillies à Eauze au hall d’exposition.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le « père des pauvres » a été reconnu coupable de corruption à l’unanimité. Les juges ont alourdi sa peine d’un tiers, à douze ans et un mois de prison.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/01/2018
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Brésil : condamné, l’ancien président Lula vise toujours la présidence

Le « père des pauvres » a été reconnu coupable de corruption à l’unanimité. Les juges ont alourdi sa peine d’un tiers, à douze ans et un mois de prison.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 20h34
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 12h18
    |

            Claire Gatinois (Porto Alegre (Brésil), envoyée spéciale)








                        



   


Bravache et le torse en sueur, galvanisé par les manifestants qui scandent son nom, Luiz Inacio Lula da Silva clamait encore son innocence à Porto Alegre, dans le sud du Brésil, la veille de son jugement. Le président iconique du Brésil de 2003 à 2010, âgé de 72 ans, pestait contre une « élite perverse » qui n’aurait jamais digéré l’ascension du gamin pauvre du Nordeste jusqu’à la plus haute marche du pouvoir. Puis, mercredi 24 janvier, quelques heures après sa condamnation en appel, « Lula » défiait à nouveau la justice qui venait de le mettre à terre, en affirmant à Sao Paulo, devant des milliers de personnes réunies sur la place de la République : « Maintenant, je veux être candidat à la présidence. »
Les trois juges du tribunal de deuxième instance de Porto Alegre ont décidé à l’unanimité, ce jour-là, de le déclarer coupable et d’alourdir la sentence prononcée six mois plus tôt par le juge anticorruption Sergio Moro. Accusé de « corruption passive » et de « blanchiment d’argent », Lula a vu sa condamnation à neuf ans et six mois de prison transformée en une peine de douze ans et un mois, applicable après examen d’éventuels recours. Il était accusé de s’être vu offrir un appartement en triplex dans une station balnéaire en guise de pot-de-vin. « On vit une tragédie, la tragédie de la corruption », a expliqué le juge Joao Pedro Gebran Neto.
Aux abords du tribunal, la foule de militants pleurait. « C’est une affaire Dreyfus ! On ne condamne pas seulement Lula mais l’espoir du peuple brésilien », s’étrangle Claudir Nespolo, de la Centrale unique des travailleurs (CUT) de Rio Grande do Sul, syndicat lié au Parti des travailleurs (PT, gauche) de l’ancien président.
Les plaies rouvertes
A quelques kilomètres de là, le Mouvement du Brésil libre (MBL, droite) célébrait « la victoire de l’éthique sur l’immoralité ». « Personne n’est au-dessus de la loi », souriait Kim Kataguiri, à la tête du MBL, s’apprêtant à monter sur le char du « CarnaLula », un carnaval fêtant le crépuscule de l’ex-chef de l’Etat.
A Sao Paulo, Rio de Janeiro, Salvador de Bahia et dans diverses capitales régionales, l’opposition entre les anti et les pro-Lula rouvrait aussi les plaies d’un Brésil déchiré en deux camps irréconciliables. A en croire les militants de gauche, le procès de Lula ne serait que le deuxième acte du « coup d’Etat » amorcé par la destitution de la présidente Dilma Rousseff, sa successeure (2011-2016). Un « putsch » orchestré par les vieilles élites avec l’appui d’une partie du système judiciaire pour empêcher leur idole, Lula, de défendre les droits des miséreux.
Une thèse moquée par les anti-PT. « Rien de ce qui a à voir avec Lula n’est authentique, sincère, véridique. (…) Le soi-disant “frère” des pauvres est millionnaire », écrit l’éditorialiste José Roberto Guzzo dans une tribune publiée le 24 janvier dans la revue conservatrice Veja.
A son comble, l’émoi du pays est lié aux conséquences politiques de la sentence. En vertu de la loi « Ficha Limpa » (« casier propre »), le verdict est à même de barrer la candidature de Lula à l’élection présidentielle de 2018. Ce serait une demi-mort pour cet homme dont l’existence se confond avec celle du PT, né sous la dictature militaire (1964-1985).
« Plus personne n’est innocent »
Mais le vieux lion de la politique, crédité de 36 % des intentions de vote, ne renonce pas. Jeudi 25, le PT devait officialiser la candidature du héros de la gauche brésilienne. Et à défaut de vouloir réviser le jugement, sa défense peut déposer un recours visant à éclaircir certains points de la condamnation et suspendre la décision pendant quelques mois. Assez pour que le favori des sondages fasse campagne en attendant que le Tribunal supérieur électoral (TSE) valide ou non sa candidature.

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                L’ancien président brésilien Lula joue au tribunal son avenir politique



A quelques mois du scrutin présidentiel prévu en octobre, le TSE pourrait-il se montrer indulgent envers le condamné ? Lula l’increvable bénéficie du soutien de célébrités, d’intellectuels et d’une partie de la population qui lui voue un culte quasi religieux et se fiche de son casier judiciaire. Venue d’une petite ville à quatre heures de route de Porto Alegre, Deniset Ramos, une agricultrice de 32 ans, confesse : « Lula innocent ? Plus personne n’est innocent. Mais Lula est le seul qui aide le peuple. » « Les autres passent au-dessus de la justice et même s’il a volé, il n’est pas le seul ! », complète son amie, Franciele Oliveira Douglas.
La popularité de Lula grandit quand celle du juge Sergio Moro s’effrite. Hier adulé, le magistrat chargé de l’opération « Lava Jato » (« lavage express »), qui a mis au jour en 2014 les pratiques de corruption de l’ensemble de la classe politique, est désormais suspecté de s’être acharné sur Lula et la gauche, après avoir transformé ses enquêtes en « reality shows » judiciaires. « L’image de la justice est abîmée. Ce procès, rempli d’erreurs, est une aberration. Le juge Moro est devenu une superstar, il s’est prêté au jeu médiatique. C’est inconcevable », estime Eugenio Aragao, juriste et ministre de la justice sous le gouvernement de Dilma Rousseff.
Dans les faits, « Lava Jato » attaque l’ensemble du spectre politique et, pour la première fois dans l’histoire de la jeune démocratie, a mis des puissants derrière les barreaux. Ainsi de l’ancien président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, architecte de la destitution de Dilma Rousseff et membre du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, historiquement au centre, désormais adepte d’une politique de droite), condamné à quinze ans de prison. Ou de l’ex-gouverneur de l’Etat de Rio, Sergio Cabral (PMDB), apparu chevilles et poignets menottés lors de son transfert vers un pénitencier de l’Etat du Parana.
Mais la gauche enrage : le président Michel Temer (PMDB lui aussi), suspecté de « participation à une organisation criminelle », « corruption passive » et « obstruction à la justice », a pu barrer les enquêtes le visant grâce au soutien du Congrès. Aecio Neves, adversaire du PT, continue de siéger au Sénat en dépit de lourdes charges. « Pas moins de 45 sénateurs sur 81 doivent répondre d’accusations criminelles auprès de la Cour suprême. Aucun n’est en prison. Il semble étrange que la justice ne soit rendue que contre un homme de gauche, favori de la présidentielle », commente Sylvio Costa, à la tête du site Congresso em Foco, qui scrute l’actualité parlementaire.
De l’avis même des ennemis de l’ancien président, il semble désormais préférable de vaincre Lula dans les urnes que devant les tribunaux, sous peine de voir le pays s’embraser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Toujours plus nombreux à s’expatrier, les Français sont aussi plus nombreux à travailler en contrat local, indique le Baromètre Humanis-Lepetitjournal.com. Les entreprises prennent de moins en moins en charge la couverture sociale de ces salariés.
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Protection sociale : les Français expatriés de moins en moins couverts

Toujours plus nombreux à s’expatrier, les Français sont aussi plus nombreux à travailler en contrat local, indique le Baromètre Humanis-Lepetitjournal.com. Les entreprises prennent de moins en moins en charge la couverture sociale de ces salariés.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 16h57
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Partir pour revenir, mais à quelles conditions ? Les Français qui choisissent l’expatriation sont toujours plus nombreux, ils partent de plus en plus loin, et leur protection sociale se dégrade. Ce sont les principales leçons tirées du « Baromètre Expatriés 2018 », réalisé par le mutualiste Humanis et Lepetitjournal.com, et publié jeudi 18 janvier. Un expatrié sur deux (53 %) n’a pas de couverture retraite au-delà du régime local obligatoire, un sur cinq (20 %) n’a pas de couverture santé et près d’un sur deux (47 %) n’a pas de couverture prévoyance (invalidité, veuvage). Ce qui prépare un appauvrissement assuré à leur retour en France.
Près de 1 500 expatriés français implantés sur les cinq continents ont été interrogés entre le 14 novembre et le 1er décembre 2017 pour cette 6e édition du Baromètre Humanis. Les résultats ont été redressés pour respecter la structure de la population du 1,8 million de Français de l’étranger inscrits au registre du ministère des affaires étrangères, sur une population totale d’expatriés évaluée entre 2 et 2,5 millions de personnes par le même ministère.
les raisons de cette évolution ? Les Français plus nombreux à s’expatrier (en hausse annuelle de 4,6 % au dernier bilan) sont aussi de plus en plus nombreux à travailler en contrat local : 85 % des expatriés salariés sont en « contrat local » (69 % avec une entreprise locale, 16 % avec une filiale). C’est 3 points de pourcentage de plus en un an et 6 de plus en deux ans. Et 21 % travaillent en indépendants, le double d’il y a dix ans.
Des bonus « couverture sociale »
Ce qui n’est pas sans conséquence sur leur protection sociale. « Cette tendance de fond qui s’accélère s’accompagne d’une baisse de la prise en charge de la couverture sociale par l’entreprise », explique Séverine Emery, directrice des activités internationales du groupe Humanis. En 2018, seuls 25 % des expatriés étaient pris en charge par leur employeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Dès le mois de mai, entreprises et administrations auront  l’obligation de faire appel à des « data protection officer », ce qui renforce l’attrait des formations spécialisées en droit des données.
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Le big data, nouvel horizon des études de droit

Dès le mois de mai, entreprises et administrations auront  l’obligation de faire appel à des « data protection officer », ce qui renforce l’attrait des formations spécialisées en droit des données.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h48
    |

                            Agathe Charnet








                        



   


En cours, j’aime comparer la construction du droit numérique au Far West ! Des juges itinérants parcouraient l’Amérique pour créer des règles de droit. Face à une technologie nouvelle, les juristes élaborent le droit au fur et à ­mesure des problèmes qu’ils ­rencontrent. Et commencent à trouver des solutions ! », explique William Gilles, coresponsable du master 2 « droit des données, des administrations numériques et des gouvernements ouverts » de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne.

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                A Valenciennes, la fabrique des hackeurs éthiques



Au sein de ce cursus très sélectif, les futurs juristes sont amenés à faire face à la révolution des données et aux évolutions du droit français comme européen face au big data, la collecte et l’exploitation de données de masse. « L’enjeu est de réfléchir à un modèle d’optimisation au ­niveau juridique des différents droits, de façon à protéger le ­producteur, l’utilisateur et la ­libre ­circulation de la donnée », affirme William Gilles.
Pour Patricia Del Carmen, diplômée du master de la Sorbonne en 2017 et désormais consultante dans la protection des données personnelles, ce master a été l’occasion d’une prise de conscience accrue. « La donnée est le nouveau pétrole de notre économie, mais il faut apprendre à la maîtriser, explique cette passionnée de nouvelles technologies de 53 ans. La protection de nos données est un droit fondamental ! »
Conformité et transparence
Le 25 mai, l’Union européenne appliquera justement le règlement sur la protection des données personnelles. Il comporte notamment l’obligation, pour certaines entreprises et administrations, de faire appel à un « data protection officer » (DPO) pour assurer la bonne gestion de leurs données, redéfinir leur stratégie et faire le lien avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

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                Données personnelles : un nouveau règlement européen contraignant



Une actualité qui attire massivement étudiants comme recruteurs dans ce domaine et ouvre de nouveaux débouchés pour les masters français consacrés au big data. « Nous constatons clairement un nombre croissant de postulants. Ce n’est plus un sujet de spécialistes, mais un enjeu économique et sociétal. Six mois après le diplôme, 100 % de nos étudiants travaillent dans le secteur ! », se ­réjouit Isabelle Laurioz, du mastère spécialisé « management et protection des données à caractère personnel » de l’Institut ­supérieur d’électronique de Paris (ISEP), créé en 2007 et premier cursus du genre en France.
« Le droit de la donnée n’est plus un droit administratif, un brin rébarbatif, mais un domaine où on doit à la fois être polyvalent et stratégique. La data est au cœur du monde des affaires. » Célia Zolynski, responsable du master « droit du numérique » de Paris-Saclay
« On a des boulevards devant nous, renchérit Célia Zolynski, responsable du master “droit du numérique” de l’université Paris-Saclay. En ce qui concerne les DPO, les besoins explosent et il y a énormément d’opportunités dans le secteur commercial et la FinTech. » Afin d’être opérationnels dans un secteur en constante évolution, les juristes du master 2 « propriété intellectuelle et droit des affaires numériques » reçoivent des cours de cybersécurité et de cryptologie en parallèle à leur enseignement en droit de la concurrence ou droit du travail et nouvelles technologies.
« Le droit de la donnée a beaucoup changé, décrit Célia Zolynski. Ce n’est plus un droit administratif, un brin rébarbatif, mais un domaine où on doit à la fois être polyvalent et stratégique. La data est désormais au cœur du monde des affaires. » Une conception largement partagée par Jérôme Deroulez, avocat spécialiste de la protection des données et de la blockchain (technologie de stockage et de transmission des données sans organe de contrôle). « Les juristes de demain seront hybrides, affirme-t-il. Autant capables d’analyser la conformité juridique de la gestion des données que de discuter avec les responsables de la sécurité informatique. » Et si « ce droit neuf suscite des vocations », c’est aussi parce qu’il soulève des questionnements éthiques et citoyens.
C’est dans le but de protéger ses concitoyens que Gonzalo Anover Vacalopoulos, 29 ans, s’est tourné vers le mastère spécialisé de l’ISEP. « Les gens ne se rendent pas compte de l’impact que la donnée peut avoir sur leur vie, martèle l’étudiant. Il suffit de surfer sur un site pour être aussitôt bombardé de publicités. Il faut que les sociétés fassent la lumière sur les renseignements qu’elles ont sur les gens ! » Le jeune homme souhaite travailler à la mise en conformité des entreprises : « Le plus important, c’est la transparence vis-à-vis des clients. Je veux que les internautes soient maîtres de leurs données. »

« Le Monde » organise son 13e salon des masters et mastères spécialisés, samedi 27 janvier 2018
Avec la réforme de la sélection en master, qui s’effectue principalement à l’entrée du M1, il est important de se renseigner en amont sur les critères d’admission dans les différents cursus. Le 13e Salon des masters et mastères spécialisés du groupe Le Monde, organisé samedi 27 janvier aux Dockes - cité de la mode et du design à Paris, sera l’occasion d’assister à six conférences animées par la rédaction et de rencontrer près d’une centaine d’établissements – grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, universités et Instituts d’administration des entreprises (IAE) –, qui présenteront quelque 3 000 programmes, toutes spécialités confondues. L’entrée sera gratuite, la préinscription est recommandée pour éviter l’attente à l’entrée.
Plus d’informations sur salondesmasters.com
Consultez également notre dossier spécial consacré aux masters, mastères spécialisés et MSc, sur LeMonde.fr/masters-ms, et à paraître dans Le Monde daté du jeudi 25 janvier.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le rapport Mathiot propose un baccalauréat réduit à cinq épreuves et un lycée réorganisé autour d’enseignements « majeurs » et « mineurs » choisis par l’élève.
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Réforme du bac : nos réponses à vos questions

Le rapport Mathiot propose un baccalauréat réduit à cinq épreuves et un lycée réorganisé autour d’enseignements « majeurs » et « mineurs » choisis par l’élève.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 15h22
   





                        


A la suite de l’annonce des propositions présentées dans le rapport Mathiot, mercredi 24 janvier, une de nos journalistes chargées de l’éducation au Monde, Violaine Morin, a répondu en chat à vos questions sur la réforme du lycée, et plus particulièrement du baccalauréat.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Comment Jean-Michel Blanquer travaille et s’entoure pour repenser l’école



Visiteur : Quelles sont les propositions qui seraient mises en œuvre dès la session 2018 ? Violaine Morin : La réforme concernerait le bac 2021, donc les élèves actuellement en troisième qui arriveront en seconde à la rentrée 2018. Comme les délais sont courts, le ministre a précisé que, sous réserve d’être adoptés après concertation avec les syndicats (mi-février), les changements seraient d’abord très légers pour les élèves en seconde en 2018. On prévoit par exemple d’y introduire le temps de préparation à l’oral et d’information sur l’orientation. Les vrais changements interviendront en septembre 2019, lorsque la première cohorte arrivera en 1re et sera donc la première génération à choisir ses matières majeures et mineures.
Visiteur : Dans les projets évoqués, l’histoire-géo a l’air de faire figure de parent pauvre avec un seul couplage possible avec l’économie. Comment expliquer cela ? 
D’abord, l’histoire-géo fait obligatoirement partie du tronc commun, pour tous les élèves, sur les trois années de lycée. Donc elle fait partie des matières qui au contraire seront maintenues quels que soient les choix des élèves. Ensuite, pour les couples de majeures proposés, nous n’avons pas détaillé toutes les possibilités envisagées par le rapport Mathiot comprenant de l’histoire, le rapport mentionnant histoire-géo/SES (sciences économiques et sociales) et la possibilité de proposer un couple littérature/histoire-géo. Par ailleurs, gardez en tête que les lycées pourront sans doute proposer des « majeures d’établissement », dont l’histoire pourrait faire partie. On peut très bien imaginer qu’un lycée souhaite préparer les élèves aux études d’humanités (prépa littéraire, licence d’histoire, licence de lettres…) et propose des majeures français/histoire puis philo/histoire !
Visiteur : Certains lycées pourront-ils proposer quatre épreuves écrites à l’examen, et non deux, comme annoncé dans les médias (par exemple, maths-physique et français-anglais) ?
Il y a en fait cinq épreuves à l’examen :
Français écrit et oral (en 1re)Majeure 1 à l’écrit (après Pâques de l’année de terminale)Majeure 2 à l’écrit (idem)Philosophie à l’écrit (mi-juin)Grand oral (fin juin)
Visiteur : Quel serait le contenu et le fonctionnement des mineures ?
Les mineures font partie du nouveau système modulaire, qui détermine des matières « majeures » et des matières « mineures » au choix de l’élève selon des couples prédéfinis au niveau national ou dans l’établissement.
Pour ce qui est des « mineures », elles apparaissent dès le deuxième semestre de seconde, où l’on choisit une matière « mineure », et une matière mineure optionnelle.
Pour l’année de seconde, l’élève peut choisir en mineure toutes les matières qu’il n’a pas choisies en majeures :
SESPhysique-chimieSVTSciences de l’ingénieur et technologieLittérature
Il peut également choisir l’une des matières suivantes, qui remplacent les enseignements d’exploration, dont la disponibilité dépend des offres de son lycée :
Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion :
Méthodes et pratiques scientifiquesInformatique et sciences du numériqueCréation et innovation technologiqueArts appliqués…
En mineure optionnelle, l’élève peut choisir :
Langues et civilisations anciennesLangue vivanteEnseignements artistiques et culturelsEPSSection européenneArts du cirqueCréation et culture du design
Deux enseignements « mineurs » obligatoires et un enseignement mineur optionnel en première et terminale :
Le rapport propose qu’une, ou les deux mineures, vienne en complément logique de la majeure pour dessiner un parcours de spécialité (littéraire, scientifique, sciences sociales, etc.). Mais il propose aussi que la mineure vienne créer une ouverture vers un domaine très différent. Cela devra être arbitré en fonction du degré de conviction de l’élève dans la ou les voies auxquelles il se destine. Avoir une mineure qui n’a rien à voir avec les majeures permet d’éviter le « tunnel » maths-physique-SVT auquel se soumettent aujourd’hui 52 % des bacheliers, dont certains n’ont pas du tout l’intention de poursuivre des études de sciences (40 % d’entre eux)…
Visiteur : Dans les projets, il semblerait que l’on puisse changer d’option (ou de mineure) de semestre en semestre. Comment cela fonctionnera-t-il ? Pourrait-on alors avoir des élèves qui auraient suivi trois semestres et d’autres un seul ?
Oui en effet, le « droit à l’erreur » pour le lycéen fait partie des principes préconisés par le rapport Mathiot. Un élève pourra changer l’une de ses deux majeures entre la première et la terminale, et de même, il pourra faire évoluer ses mineures au cours de son parcours. Pour que cela soit possible, il faut envisager un programme semestrialisé, de façon à ce que les élèves puissent étudier entre un et quatre semestres, selon leur choix. Il faut aussi imaginer (attention révolution) des classes bi-niveaux ! Exemple : mettre ensemble des premières et des terminales qui ont à leur actif le même nombre de semestres dans telle ou telle matière. En revanche, il ne sera pas possible de prendre en terminale une mineure optionnelle qui n’aura pas été suivie en 1re (les mineures optionnelles correspondant, en fait, aux actuelles options type arts, section européenne, etc.).
Visiteur : Les travaux personnels encadrés sont-ils maintenus en première ou pas ?
Les travaux personnels encadrés ne font pas partie des nouvelles pistes envisagées par le rapport Mathiot. Par contre, il serait excessif de dire qu’ils « disparaissent » puisque les TPE ont inspiré le nouveau format du grand oral, sur lequel les élèves travailleront dès la première avec un projet pluridisciplinaire préparé sur deux ans (projet arrêté au début de la terminale).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Quatorze bûcherons avaient été froidement tués par des hommes armés le 6 janvier dans cette province rebelle du sud du Sénégal.
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Compte rendu

Casamance : le « planificateur » et des auteurs de la tuerie ont été arrêtés

Quatorze bûcherons avaient été froidement tués par des hommes armés le 6 janvier dans cette province rebelle du sud du Sénégal.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 25.01.2018 à 15h42

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        Mis à jour le 25.01.2018 à 16h21






    
Lors de l’enterrement d’une victime de la tuerie de la forêt de Bayotte, au cimetière de Zinguinchor, au Sénégal, le 7 janvier 2018.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Un homme soupçonné d’avoir « planifié » le massacre de quatorze jeunes venus chercher du bois en Casamance (sud du Sénégal) le 6 janvier et quinze personnes ayant participé à la tuerie font partie des vingt-quatre suspects actuellement détenus, ont indiqué jeudi 25 janvier des responsables de l’enquête. « Celui qui avait planifié l’opération a été placé en garde à vue avec quinze [autres personnes] ayant pris une part active » à la tuerie, a déclaré le procureur de Ziguinchor, Alioune Abdoulaye Sylla, lors d’un point de presse.

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L’enquête a conclu à « une implication directe des personnes arrêtées » depuis une dizaine de jours, a précisé le colonel Issa Diack, chef de la section recherche de la gendarmerie. Quatorze hommes partis chercher du bois dans la forêt protégée de Bayotte, proche de Ziguinchor, principale ville de la région, avaient été rassemblés puis tués froidement par des hommes armés le 6 janvier.
Depuis, l’armée a multiplié les opérations de ratissage dans les forêts des alentours, où se pratique la coupe illicite de bois précieux comme le teck et où une rébellion armée, divisée en plusieurs factions rivales, lutte pour l’indépendance depuis trente-cinq ans.
Une faction rebelle accusée
Seize personnes, dont un journaliste local, ont été inculpées le 19 janvier d’association de malfaiteurs, assassinat, participation à un mouvement insurrectionnel et détention d’armes sans autorisation. Puis huit autres le week-end dernier. « Il résulte que l’attaque du 6 janvier a été planifiée et exécutée par une personne pour le compte de deux villages » et qu’elle « a été menée sous les ordres d’un lieutenant d’une faction » rebelle, a expliqué le procureur de Ziguinchor lors de son point de presse.

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« La synthèse des informations recueillies a mené vers des pistes qui convergent vers la localité et le cantonnement d’une base », a ajouté M. Sylla, sans donner plus de détails sur le village ou la faction rebelle concernés. « Une partie des armes, munitions et tenues seraient venues des bases » d’un cantonnement rebelle, a-t-il ajouté.
Le journal sénégalais Sud Quotidien avait rapporté mercredi que les arrestations s’étaient déroulées dans le village de Toubacouta, frontalier de la Guinée-Bissau, à une dizaine de kilomètres au sud de Ziguinchor.


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Rallye : Sébastien Ogier trace sa route à l’ombre

Le Français se lance dans la conquête d’un sixième titre mondial jeudi 25 janvier, à Monte-Carlo.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 14h26
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


Il est des sujets de portrait dont les envolées, les esclandres ou autres polémiques fournissent à l’auteur les bons mots qui rythmeront l’article et en assureront la reprise sur les réseaux sociaux. Pas avec Sébastien Ogier. Planté dans le fauteuil moelleux d’un grand hôtel parisien, à quelques heures du raout annuel organisé par la Fédération internationale de l’automobile au château de Versailles, en décembre, le trentenaire répond placidement. Revenant sans effusion sur son parcours. Comme surpris d’être sollicité pour un entretien et de l’intérêt potentiel de ses réponses.
Le Gapençais a pourtant de quoi pavoiser. A 34 ans, il a conquis en octobre un cinquième sacre mondial d’affilée en rallye, faisant de lui le deuxième pilote le plus titré de son sport, derrière Sébastien Loeb et ses neuf couronnes. Loeb justement. Difficile de trouver un article ou entretien consacré à Ogier sans une comparaison avec son glorieux aîné.
Une référence étouffante dont « l’héritier » prend soin de s’écarter : « Sébastien [Loeb] ? Un modèle. Quand j’ai commencé c’était l’exemple à suivre, une inspiration. Mais j’ai tracé depuis mon propre chemin. » « Il est sur une bonne lancée, il peut y arriver [atteindre les neuf titres mondiaux]. Mais, par modestie, il ne le dit pas », taquine poliment son prédécesseur.
Apprentissage au fer rouge
Difficile, pourtant, de ne pas repenser à leur cohabitation mouvementée chez Citroën, en 2011. Jeune fougueux pétri de talent, Ogier se permet de défier le maître dans son propre garage. Résultat : cinq victoires de chaque côté et des consignes d’équipe favorisant un énième titre de l’Alsacien. « L’autre Sébastien » prendra la tangente. Quitte à passer une saison loin du barnum du WRC à préparer l’arrivée de Volkswagen en rallye, qui lui offrira ses quatre premiers titres mondiaux (de 2013 à 2016).
« La victoire d’un Tricolore avec une voiture française a forcément un goût particulier. Mais ça ne m’a pas empêché de vivre d’autres belles aventures », balaie aujourd’hui le pilote, soucieux de ne pas s’étendre sur une période dont on perçoit encore les réminiscences. A peine reconnaît-il une « saison qui s’est mal terminée » et des « tensions politiques difficiles à gérer ». « Nous avons compris que nous ne pratiquions pas qu’un sport, mais aussi un business, complète Julien Ingrassia, son copilote. On a vécu un apprentissage au fer rouge. »
Sacré champion du monde l’an passé avec M-Sport, Ogier est le premier couronné au volant d’une voiture privée depuis Ari Vatanen (Finlande), en 1981. Un exploit, au sein d’une structure incapable – normalement – de rivaliser avec les constructeurs engagés en WRC (Citroën, Hyundai, Toyota). Comme un nouveau pied de nez à la carrière linéaire de Loeb, qui n’a jamais quitté Citroën, son cadet avait rejoint l’écurie britannique à l’aube de la saison 2017, contraint par le départ surprise de Volkswagen.
« M-Sport a certes moins de moyens que les autres, mais l’équipe dispose d’un boss qui ne ménage pas ses efforts et met tout son cœur dans son entreprise », explique-t-il. « Quand un quadruple champion du monde vous rejoint, il rend chacun meilleur, réplique Malcolm Wilson, le “boss”. Nous n’avions jamais eu un pilote aussi fort, aussi professionnel. »
Citroën éconduit

   


Absent envahissant, Loeb s’est de nouveau rappelé aux nouvelles du désormais quintuple champion du monde durant l’hiver. Surclassé la saison passée – quatrième avec deux fois moins de points que M-Sport –, Citroën rêvait d’étrenner son ancien duo tricolore sur quelques manches du calendrier, Loeb s’offrant une pige de trois rallyes en 2018.
S’il promet avoir définitivement tourné la page des bisbilles franco-françaises, Ogier a fait fi des appels du pied de la marque aux chevrons durant la dernière intersaison : « Ils ne m’ont pas montré les signes suffisants de motivation. Le blocage est plus humain que financier : personne n’a exprimé la même envie que M-Sport. » S’interrogeant sur un possible retrait des rallyes, le jeune papa a finalement rempilé avec l’écurie dirigée par Malcom Wilson, rebaptisée M-Sport Ford après l’annonce en janvier d’un soutien renforcé du constructeur américain.
« Pour le garder à nos côtés, nous devions prouver à Sébastien notre capacité de rester compétitifs et d’apporter les évolutions nécessaires à la voiture, développe celui qui a fondé M-Sport en 1979. A l’inverse, la prolongation d’Ogier a motivé le retour de Ford, qui revient avec d’importantes ressources techniques. »
Riche d’une armoire à trophées parmi les plus chargées du sport français, objet d’une admiration unanime de ses concurrents, sacré avec deux équipes différentes – ce que Loeb n’a jamais tenté –, Ogier ne bénéficie pas en France de la popularité normalement acquise à une telle performance.
« On n’est pas dans la jet-set »
Première victime d’une discipline à la médiatisation limitée ? Manque de charisme préjudiciable pour attirer caméras et sponsors ? Ombre d’un prédécesseur dont il n’a pas encore atteint les records ? Lui plaide pour une « banalisation regrettable dans le pays des victoires en rallye » couplée à une discrétion naturelle – et cultivée. « J’ai pour objectif d’être reconnu dans mon sport, pas de devenir une superstar, recadre le principal intéressé. Je ne cours pas après les sollicitations, il y a déjà suffisamment de contraintes. J’apprécie d’avoir parfois une vie lambda. »
Moins diplomate, Julien Ingrassia, son compagnon d’habitacle, se réjouit de ne pas compter parmi la « jet-set, comme ces footballeurs qui se mettent en caleçon pour célébrer le moindre but, reléguant au second plan l’investissement et les sacrifices qui leur ont permis d’atteindre l’excellence. L’époque est aussi à l’immédiateté. Tout va vite désormais, les notions de héros et de star à travers les âges ont disparu ».
A défaut de partir à l’assaut des records, lui qui promet n’avoir plus que quelques saisons à courir, Ogier se lancera dans la conquête d’un sixième titre de suite le 25 janvier, à Monte-Carlo. « Ce rallye est mon premier souvenir de sport auto, se remémore le natif de Gap. J’allais aussi avec mon père voir le Grand Prix de Monaco. Mais seulement les essais du jeudi : c’était gratuit et nous n’avions pas les moyens d’assister à la course. »
A Monte-Carlo, le Français ne courra pas véritablement à domicile, installé désormais en Suisse. Un déménagement dont il assume les motivations : « Je suis parti pour des raisons fiscales. J’avais l’impression d’y être poussé, les solutions [fiscales] proposées en France n’étant pas adaptées aux carrières sportives, très courtes. » Un déménagement similaire à celui effectué quelques années auparavant par Loeb. Sébastien Ogier n’est décidément jamais bien loin de son compatriote.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Cette formation prévue depuis 2013 pour sensibiliser à la discrimination entre les filles et les garçons peine à trouver sa place dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE). Dans la pratique, peu d’enseignants en ont bénéficié.
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Les enseignants sont peu formés à l’égalité entre les sexes

Cette formation prévue depuis 2013 pour sensibiliser à la discrimination entre les filles et les garçons peine à trouver sa place dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE). Dans la pratique, peu d’enseignants en ont bénéficié.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 11h41
    |

                            Isabelle Dautresme








                        



                                


                            

Françoise Vouillot, maîtresse de conférence en psychologie de l’orientation et présidente de la commission de lutte contre les stéréotypes du Haut Conseil à l’égalité femmes-hommes (HCE), en est convaincue : « Les enseignants ne peuvent pas lutter contre la division sexuée de l’orientation s’ils n’ont pas eux-mêmes été préalablement formés à ces questions. » Or, très peu le sont. C’est ce qui ressort d’un rapport du HCE publié en février 2017, intitulé : « Formation à l’égalité filles-garçons : faire des personnels enseignants et d’éducation les moteurs de l’apprentissage et de l’expérience de l’égalité ».

Si, depuis la loi de refondation de l’école de 2013, l’éducation à l’égalité fait partie intégrante de la formation initiale des personnels de l’éducation, dans les faits, elle peine à trouver sa place. Toujours selon le HCE, seulement la moitié des personnes qui travaillent dans les établissements scolaires bénéficient d’une formation à l’égalité. Pour les futurs enseignants, celle-ci reste le plus souvent optionnelle et surtout très variable d’une ESPE à l’autre.
« Une école sur deux considère avoir formé 100 % de ses étudiants pour un volume horaire variant de 2 à 57 heures annuelles », peut-on lire dans le rapport. Quant à la formation continue, elle est quasiment inexistante, seulement 1 % des journées de formation porte sur cette thématique. « Le nombre d’heures qui doit être consacré à la question de l’égalité filles-garçons et le contenu de la formation ne sont pas précisés dans les textes. En l’absence de cadre contraignant, chaque ESPE fait comme bon lui semble », constate Françoise Vouillot.
Manque de formateurs
Et, en la matière, beaucoup se contentent du minimum, tant les freins à la mise en place d’une telle formation sont nombreux. Parmi eux : le manque de formateurs experts de cette thématique et la priorité donnée à la laïcité et à la lutte contre les inégalités sociales....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Une dizaine de marins empêchaient jeudi matin les camions de charger les poissons à Boulogne-sur-Mer. Les pêcheurs ont également bloqué le trafic des ferrys au départ des ports de Calais et Dunkerque.
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Pêche électrique : levée des barrages à l’entrée du port de Calais

Une dizaine de marins empêchaient jeudi matin les camions de charger les poissons à Boulogne-sur-Mer. Les pêcheurs ont également bloqué le trafic des ferrys au départ des ports de Calais et Dunkerque.



Le Monde
 |    25.01.2018 à 08h47
 • Mis à jour le
25.01.2018 à 18h36
   





                        


Les fileyeurs qui bloquaient le port de Calais jeudi 25 janvier pour protester contre la pêche électrique ont levé leurs barrages peu après 17 heures, les pêcheurs ayant obtenu de rencontrer vendredi un conseiller ministériel.
La quinzaine de bateaux, venus de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque, se sont déplacés pour libérer les jetées du port qu’ils obstruaient depuis le matin. Les fileyeurs boulonnais et dunkerquois se dirigeaient vers leurs ports respectifs.
Jusque-là, le trafic des car-ferrys des compagnies P & O et DFDS était fortement perturbé à Calais et Douvres (Grande-Bretagne) à cause de l’action du côté français.
« Aujourd’hui on est au bout du bout. Tout le monde a le sentiment d’être abandonné », expliquait plus tôt dans la journée Stéphane Pinto, vice-président du comité régional des pêches. « Avant la pêche électrique, les marins vivaient très bien de ce métier. » Dès 5 h 30, avec une dizaine de ses confrères, il faisait brûler des cageots en polystyrène et des palettes à l’entrée de la gare de marée pour empêcher les camions de charger les poissons.

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                Les ONG dénoncent la position de Bruxelles sur la pêche électrique



« La pêche électrique nous a bien foutus en l’air »
Les pêcheurs du littoral protestent contre la pêche électrique, pratiquée par des navires néerlandais en mer du Nord. « On demande des mesures d’accompagnement d’urgence à l’État français et une aide financière rapide », a déclaré à Calais Christian Dubois, du comité régional des pêches, réclamant 30 000 euros par bateau sur trois ans. « Contre la pêche électrique, il est trop tard. Les Hollandais ont ravagé la mer et il n y a plus de poissons. Il faudrait 4 à 5 ans pour que la ressource se reconstitue sur nos côtes », a-t-il ajouté.
La pêche électrique consiste à utiliser des filets spéciaux pour envoyer des décharges et capturer plus facilement les poissons plats, comme les soles. Jonathan, un patron de pêche à Boulogne, estime ne « plus voir de soles » et ajoute, « On a l’impression que la pêche électrique nous a bien foutus en l’air ». Il proteste contre les conditions de vie « très dures pour les hommes », et des salaires « au ras des pâquerettes ». 
Cette méthode de pêche très décriée n’est autorisée qu’à titre expérimental par l’UE, mais l’ONG Bloom a récemment accusé les Pays-Bas de ne pas respecter les quotas et les règles imposées par l’Europe. A l’heure actuelle, au sud de la mer du Nord, 84 navires néerlandais pratiquent la pêche électrique. La France n’a pas recours à cette méthode.
« Destructrice »
Mi-janvier, le Parlement européen a pris position contre la pêche électrique dans l’Union européenne, une pratique jugée « destructrice » pour les fonds marins, par ses détracteurs. Elle était autorisée à titre expérimental depuis 2007 en mer du Nord.

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La Commission a, elle, défendu jusqu’au bout sa proposition de supprimer la restriction imposée aux flottes des Etats membres. Au sud de la mer du Nord, 84 navires néerlandais pratiquent la pêche électrique, et la Belgique a demandé une dérogation pour trois navires, ce qui représente moins de 0,1 % de la flotte européenne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ La classe africaine (7). Ouvert fin 2014, l’institut Confucius de Kampala séduit de plus en plus d’étudiants attirés par les opportunités qu’offre la Chine, premier investisseur étranger dans le pays.
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Reportage

En Ouganda, « c’est un très gros atout de pouvoir s’exprimer en mandarin » pour travailler

La classe africaine (7). Ouvert fin 2014, l’institut Confucius de Kampala séduit de plus en plus d’étudiants attirés par les opportunités qu’offre la Chine, premier investisseur étranger dans le pays.

Par                                            Gaël Grilhot (contributeur Le Monde Afrique, Kampala)




LE MONDE
              datetime="2018-01-25T15:41:29+01:00"

        Le 25.01.2018 à 15h41






    
Le professeur Lin vérifie le niveau de connaissance de ses élèves à l’institut Confucius, à l’université de Makerere (Kampala), le 7 décembre 2017.
Crédits : Gaël Grilhot


Derrière le petit pavillon de l’institut Confucius de Kampala, au sein du campus verdoyant de Makerere, un bâtiment préfabriqué a été installé au milieu d’un jardin. Sous l’œil bienveillant du philosophe chinois, dont deux portraits encadrent le tableau noir, une vingtaine d’étudiants ougandais tentent de répondre au contrôle de connaissances en mandarin. Même s’ils ne font partie que d’un cycle d’apprentissage court, les élèves maîtrisent déjà les fondamentaux de la prononciation et possèdent pas mal de vocabulaire.

        Présentation de notre série
         

          La classe africaine



Jeune, petites lunettes cerclées posées sur un visage poupon, le professeur Lin, lui-même étudiant en anglais (la langue nationale ougandaise), est arrivé il y a peu de sa province du Hunan. « Nous nous entendons parfaitement avec les élèves, affirme-t-il enthousiaste. Ils m’ont donné un nom local, Opio Mutumba Sekyio, dont je suis très fier. Et certains d’entre eux se trouvent également un nom chinois. » Mais le professeur Lin sait parfaitement que les étudiants ne viennent pas ici uniquement pour tisser des liens d’amitié avec les ressortissants chinois. « La plupart sont là pour leur carrière, reprend le professeur Lin. Pour travailler avec les entrepreneurs ou les industriels chinois, c’est un très gros atout de pouvoir s’exprimer en mandarin. »
« Je veux avoir des Chinois sous mes ordres »
La Chine est le premier investisseur direct étranger en Ouganda, avec près de 4 milliards de dollars par an. Travaux publics, chemins de fer, commerce, et bientôt pétrole : les entreprises de l’Empire du milieu ont depuis longtemps pénétré le marché ougandais. La mise en place de l’institut Confucius fin 2014, en partenariat avec l’université chinoise de Xiangtan, entend renforcer encore plus les relations entre les deux pays. Benjamin, la vingtaine, inscrit en master, ne cache d’ailleurs pas ses ambitions. « Je veux faire du business, travailler avec les Chinois, et même avoir des Chinois sous mes ordres », affirme cet étudiant qui a opté pour une formation longue.

    

Crédits : Infographie "Le Monde"


« Ils sont près de 4 000 chaque année à suivre ces formations courtes de deux mois, avec possibilité de progresser par étapes, jusqu’à six niveaux », affirme Oswald Ndoleriire, linguiste et directeur ougandais de l’institut. Un quadruplement des effectifs en trois ans, qui témoigne de l’intérêt suscité par la discipline. « Quatre-vingts étudiants sont par ailleurs inscrits pour obtenir un bachelor degree [équivalent à une licence de trois ans] en sciences sociales. Ceux-là combinent le plus souvent le chinois avec d’autres matières », comme l’économie, la gestion ou l’ingénierie. La finalité de l’institut est avant tout de former des professionnels opérationnels.
A l’institut, l’atmosphère est à la révision. Les examens sont proches. Par petits groupes, des élèves revoient leurs cours sur des tableaux. Un peu réservée mais très souriante, Wang Xiaojuan avait déjà une expérience de trois ans dans l’enseignement aux Philippines quand elle a accepté de prendre un poste à l’institut Confucius de Kampala. Lorsqu’on l’interroge sur les capacités de ses élèves, elle répond avec une petite moue amusée : « Ils y mettent beaucoup de volonté ! » Avant d’ajouter : « Certains arrivent même à avoir un très bon niveau, et sont capables d’avoir une conversation courante. »

        Episode 6
         

          A l’école des « codeurs » kényans



Pour les plus doués, l’apprentissage du mandarin peut mener très loin. « Après le bachelor degree, certains d’entre eux passent un autre examen », le HSK, poursuit Hong Yong Hong, l’homologue chinois d’Oswald Ndoleriire à l’institut. Ce test de niveau, reconnu à l’international, est dispensé par l’institut depuis 2017. Grâce à ce test, « près d’une trentaine d’élèves sont sélectionnés chaque année, pour effectuer une formation supplémentaire en immersion en Chine ». Un séjour tous frais payés (hormis le billet) par la République populaire, destiné à renforcer leurs connaissances, mais aussi à former des professeurs locaux.
Développement de la sensibilisation
Pour Edward Kirumira, le principal de la faculté des sciences sociales de l’université de Makerere, qui abrite l’institut Confucius, pouvoir apporter une formation de ce type est évidemment un plus « pour la réputation de l’université ». Reste que le niveau demeure assez faible, et le nombre d’étudiants qui réussissent le HSK est encore largement insuffisant. Le ministère de l’éducation travaille à une introduction du chinois dans le secondaire. « C’est important d’avoir déjà une sensibilisation, explique Edward Kirumira, afin de ne pas devoir s’attarder sur les bases en première année. »
L’ambition est partagée par le Centre national des programmes ougandais, qui a déjà autorisé que des cours soient dispensés dans quelques écoles secondaires à Kampala, et qui souhaite approfondir l’expérience. Mais ce projet risque fort de se heurter à un principe de réalité, alors que d’autres langues prioritaires, comme le swahili (indispensable dans la région), doivent également être impérativement développées. Sans oublier celles d’autres partenaires émergents en Ouganda, comme la France, qui renforcent de plus en plus leur présence.

Sommaire de notre série La classe africaine

        Episode 7
         

          En Ouganda, « c’est un très gros atout de pouvoir s’exprimer en mandarin » pour travailler



        Episode 6
         

          A l’école des « codeurs » kényans



        Episode 5
         

          Des universités kényanes prestigieuses mais déconnectées du marché de l’emploi



        Episode 4
         

          Le pari financier raté des écoles Bridge en Afrique



        Episode 3
         

          Au Kenya et en Ouganda, les écoles bon marché Bridge dans la tourmente



        Episode 2
         

          L’Ethiopie mise sur la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour s’industrialiser



        Premier épisode
         

          Enseignement supérieur : en Ethiopie, la quantité prime sur la qualité



        Présentation de notre série
         

          La classe africaine


De l’Ethiopie au Sénégal, douze pays ont été parcourus pour raconter les progrès et les besoins de l’éducation sur le continent.











