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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Cet essai captivant offre une épopée scientifique dans les ruses du monde animal et végétal.
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La nature triche et trompe

Cet essai captivant offre une épopée scientifique dans les ruses du monde animal et végétal.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h00
    |

                            Guillaume Rizza








                        



                                


                            
Le livre. Il vit dans les eaux tropicales de l’océan Pacifique, se déplace en petits groupes et possède, tant qu’il est jeune, une ­tache noire caractéristique au niveau de la nageoire dorsale : Pomacentrus amboinensis, de la famille des « poissons demoiselles », ruse ainsi face à son prédateur. La ­fonction de ces taches – les ocelles – est de ­« semer la confusion pour éviter une attaque, l’avant [les yeux] et l’arrière deviennent difficiles à distinguer », raconte Martin Stevens dans son livre Les Ruses de la nature. Professeur à l’université d’Exeter au Royaume-Uni, il étudie les stratégies comportementales des animaux et des végétaux.
C’est le cœur de l’ouvrage : l’auteur traque les cas de duperie et les coups de bluff de plantes ou d’animaux qui se défendent, élèvent leurs petits, se nourrissent, séduisent ou copulent. Il rattache ce large éventail de situations courantes à des études et des travaux biologiques menés aux quatre coins du monde, pour en tirer un constat à la fois drôle et rassurant : les animaux et les plantes, eux aussi, trichent et trompent tous les jours.
Apparentes énigmes
De mystères, il n’en est dès lors pas question, puisque à chaque fois des explications sont données sur ces cas en apparence énigmatiques. On apprend ainsi comment la ­vipère de la mort (Acanthophis antarcticus) ruse en agitant « l’extrémité de sa queue, tandis que le reste de son corps demeure parfaitement immobile pour attirer à elle des victimes imaginant que cette queue remuante est une proie », ou comment l’araignée bolas, « merveilleux exemple de la spécialisation du ­mimétisme agressif », attire ses proies avec un leurre odorant simulant l’odeur des ­papillons femelles et capture de cette façon ses congénères mâles. Un mimétisme qui peut être aussi acoustique, collectif ou même batésien – du nom de son découvreur, Henry Walter Bates – lorsqu’une...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Le traitement massif et automatiques des données, à l’aide d’algorithmes, peut permettre aux médias de vérifier des informations et repérer les tentatives de manipulation.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Une unité mixte de recherche mathématique franco-britannique vient d’être inaugurée à Londres. Elle porte le nom d’un savant français émigré à Londres après la révocation de l’édit de Nantes.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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La science, internationale et universelle

Une unité mixte de recherche mathématique franco-britannique vient d’être inaugurée à Londres. Elle porte le nom d’un savant français émigré à Londres après la révocation de l’édit de Nantes.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 11h27
    |

                            Etienne Ghys (Mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Carte blanche. La science doit être internationale même pendant les périodes politiquement difficiles. Cela est particulièrement vrai pour les mathématiques qui n’ont pas besoin de matériel lourd et se développent en grande partie à travers des discussions entre collègues. Les courriers électroniques et Skype ne remplacent pas les ­contacts directs. Le Brexit a été ressenti comme une terrible nouvelle par la communauté scientifique. Les Britanniques craignent que leurs universités n’attirent moins les étudiants européens, et les scientifiques européens ont peur que les séjours de longue durée au Royaume-Uni ne soient compliqués pour des raisons administratives.
Comme pour répondre (très partiellement) à cette difficulté, une unité mixte ­internationale (UMI) dans le domaine des mathématiques a été inaugurée à Londres le 15 janvier. Il s’agit d’un laboratoire géré ­conjointement par l’Imperial College et l’INSMI (Institut national des sciences mathématiques et leurs interactions : le CNRS adore les acronymes). Le CNRS peut y attribuer des crédits ou du personnel, comme dans les autres laboratoires français. La nouvelle UMI, le laboratoire Abraham-de-Moivre, est la première de ce genre en Angleterre et vient s’ajouter à 36 autres un peu partout sur la planète, dont 9 en mathématiques.
Le nom choisi pour ce nouveau laboratoire illustre bien notre histoire mathématique commune. Abraham de Moivre est né en 1667 à Vitry-le-François. De confession protestante, la révocation de l’édit de Nantes en 1685 le force à émigrer à Londres. Un peu plus tard, il prendra la nationalité anglaise, sera élu à la Royal Society, et deviendra un ami de Newton. Son nom est associé à l’un des résultats les plus importants de la théorie des probabilités, qu’on appelle parfois théorème de Moivre-Laplace, ou, de manière plus neutre, le théorème central limite, mais qu’on attribue aussi à (l’Allemand) Gauss. Comme souvent, une idée, surtout si elle est essentielle,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/24/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Seize ans après la découverte, au Tchad, du crâne du plus ancien hominidé, son fémur n’a, très bizarrement, fait l’objet d’aucune publication scientifique…
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤ 
<article-nb="2018/01/24/19-5">
<filnamedate="20180124"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180124"><AAMMJJHH="2018012419">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La HAS a publié des recommandations sur la prise en charge de cette maladie féminine méconnue, qui doit être personnalisée, pluridisciplinaire et coordonnée.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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L’endométriose va être mieux combattue

La HAS a publié des recommandations sur la prise en charge de cette maladie féminine méconnue, qui doit être personnalisée, pluridisciplinaire et coordonnée.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h36
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
En mars 2016, le grand public découvrait une affection ­féminine répandue mais taboue, l’endométriose. C’était à la suite d’une campagne nationale sur cette maladie. Son slogan : « Les règles, c’est naturel, pas la douleur. » L’endométriose, en ­effet, se traduit souvent – pas toujours – par des douleurs intenses lors des règles. « C’est un reflux des règles qui, au lieu de s’évacuer par le vagin, remontent, s’échappent et inondent le bassin. Ce sang ­contient des cellules vivantes qui vont coloniser d’autres organes : les trompes, les ovaires, la vessie, le rectum… parfois même les poumons », explique le docteur Erick Petit. Ce radiologue a fondé, en 2007, l’un des premiers centres consacrés à cette maladie, dans le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph.
Un diagnostic difficile
« L’endométriose reste difficile à diagnostiquer et à traiter car c’est une maladie profonde », résume le professeur Xavier Fritel, chirurgien gynécologue au CHU de ­Poitiers. Pour clarifier les modalités de sa prise en charge, de nouvelles recommandations ont été publiées le 16 janvier par la Haute Autorité de santé (HAS), avec le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Ses trois maîtres mots : la coordination de la prise en charge, son individualisation et l’information des patientes.
Les précédentes recommandations dataient de 2006. Les nouvelles prennent en compte des progrès réalisés dans trois domaines. « L’imagerie permet un diagnostic plus précoce ou la détection de lésions plus petites. Grâce à la chirurgie sous cœlioscopie, on peut enlever les lésions en épargnant les tissus sains. Et la préservation de la fertilité est désormais prise en compte d’emblée », explique ­Xavier Fritel, qui a participé à ces nouvelles recommandations.
Fait notable, les inspiratrices de ces recommandations ont été les associations de patientes. Leur ­démarche illustre un mouvement de fond qui anime le monde de la santé :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Cet informaticien de 57 ans prend la tête du plus grand organisme de recherche européen, qui, selon son prédécesseur, vient de traverser des années « difficiles ».
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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Antoine Petit, nouveau patron « optimiste » du CNRS

Cet informaticien de 57 ans prend la tête du plus grand organisme de recherche européen, qui, selon son prédécesseur, vient de traverser des années « difficiles ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h33
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Antoine Petit, à 57 ans, va changer de dimension. Mercredi 24 janvier, lors du conseil des ministres, il devait être confirmé pour succéder au chimiste Alain Fuchs comme président du CNRS.
Ce qui propulse cet informaticien de la tête de l’Inria, l’organisme de recherche sur les questions du numérique, à celle d’une institution treize fois plus grosse. Le CNRS est en effet le plus important et le plus divers des organismes de recherche, avec 31 600 employés (dont 10 700 chercheurs) et 3,2 milliards de budget (à 77 % assuré par l’Etat). Son nom avait déjà circulé pour succéder à Arnold Migus, en 2010. « Je suis plus prêt aujourd’hui qu’à l’époque. ­L’Inria m’a servi d’expérience », indique l’intéressé, toujours souriant.
Il connaît déjà bien ce « vaisseau amiral de la recherche française », comme il le dit. Son grand-père maternel, Jean Maitron, ancien instituteur et très connu pour son Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, y a travaillé comme historien. Son père, physicien, a dirigé l’un des instituts du CNRS. Lui-même y a été détaché de son poste d’enseignant-chercheur de l’université Paris-Sud en informatique entre 1991 et 1993.
Sa spécialité est la vérification du fonctionnement des logiciels par des preuves mathématiques. « J’étais passionné de maths, et c’est tout ce que je savais faire, avec le rugby, raconte le futur président, qui a pratiqué ce sport jusqu’à 35 ans dans la section rugby du club parisien US Métro. L’informatique que j’ai pratiquée est très proche des maths, en fait. »
Il retrouve le CNRS de 2004 à 2006, quand il est nommé, par le directeur général du CNRS, directeur interrégional pour la région Sud-Ouest. Mais l’organisme entre alors en crise avec la démission du président du CNRS, Bernard Meunier, et le limogeage de son directeur général, Bernard Larrouturou. L’épisode ­débouchera sur la fusion des deux postes de direction, avec depuis 2010 un...




                        

                        


<article-nb="2018/01/24/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Pour le psychiatre Antoine Pelissolo, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’insuffisance budgétaire met le système sous tension et entraîne des inégalités territoriales de prise en charge inacceptables
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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En psychiatrie, certains secteurs connaissent « des conditions matérielles et humaines déplorables »

Pour le psychiatre Antoine Pelissolo, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’insuffisance budgétaire met le système sous tension et entraîne des inégalités territoriales de prise en charge inacceptables



Le Monde
 |    23.01.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 15h05
    |

Antoine Pelissolo (Chef du service de psychiatrie de l’hôpital Albert-Chenevier, à Créteil, dans le Val-de-Marne)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’égalité des citoyens devant les soins psychiatriques est très mal respectée, à cause surtout d’une organisation initialement vertueuse et ambitieuse, celle de la sectorisation de la santé mentale. Depuis les années 1960, les principes fondateurs du secteur psychiatrique étaient de moderniser le vieux système asilaire pour favoriser les prises en charge au plus près des lieux de vie, en offrant à chacun un accès à des soins complets. Nous avons tous un « secteur psychiatrique » de rattachement, dépendant de notre adresse, qui a l’obligation de nous accueillir pour des consultations ou des hospitalisations si nécessaire.
Cinquante ans après, hélas, ce système ne répond plus aux besoins et aux objectifs d’équité. La faute d’abord au manque criant de moyens à l’échelle nationale, du fait des restrictions budgétaires globales et de la faible considération sociétale à l’égard de la psychiatrie. Mais la rigidité de la sectorisation est à l’origine de dysfonctionnements chroniques. Les secteurs pris individuellement sont trop petits et leurs moyens trop limités pour ­répondre à l’étendue de leurs missions : prévention, prises en charge en urgence, ­consultations au long cours, centres de recours pour des pathologies résistantes, réinsertion, etc. Les secteurs des grands établissements spécialisés peuvent mutualiser leurs moyens pour construire ces parcours de soins, mais ceux qui se trouvent isolés au sein d’un hôpital général ne le peuvent pas.
e siècle
La seconde source d’inégalité est liée au mode d’allocation des budgets. La psychiatrie reste la seule spécialité non régie par la tarification à l’activité (T2A), mais par un système de dotation annuelle forfaitaire. On pourrait s’en réjouir quand on sait les effets pervers de la T2A à l’hôpital : parasitage des soins...




                        

                        


<article-nb="2018/01/24/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Les grandes cités de l’antiquité ressuscitées, une collection de livres « Le Monde », en kiosque chaque semaine.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                

L’archéologie, une magnifique machine à remonter le temps

Les grandes cités de l’antiquité ressuscitées, une collection de livres « Le Monde », en kiosque chaque semaine.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 07h33
    |

            Pierre Barthélémy








                        


Longtemps, l’archéologie a été considérée comme une petite sœur voire une simple auxiliaire de l’histoire : pour schématiser, les vestiges sortant du sol n’étaient là que pour confirmer, conforter ce que disaient les traités des Anciens ou les chroniques médiévales. Pour schématiser toujours, l’archéologue, c’était aussi cette figure à la Indiana Jones qui déterrait, à la pelle ou à la brosse à dents, les monuments et les beaux objets de jadis, lesquels faisaient les joies des collectionneurs et des antiquaires.
Fort heureusement, la discipline s’est affranchie de ces deux stéréotypes. Cela s’est fait tout d’abord en explorant des strates du passé plus anciennes, celles de la préhistoire, qui, par définition, ne se confrontaient à aucun texte. Refaire le geste du tailleur de pierre du paléolithique, révéler les pratiques funéraires de nos très lointains ancêtres, reconstituer les ultimes années de Neandertal, raconter la révolution agricole qui s’est produite bien avant l’invention de l’écriture, c’était aussi prouver que l’archéologie était une magnifique machine à remonter le temps.
Boîte à outils
Elle a aussi montré sa capacité à s’intéresser à ce que les textes ne disaient pas, à décrire ce quotidien méconnu de ceux qui n’étaient pas sous les feux de l’histoire, les gens de peu, les gens du peuple, comment ils vivaient, comment ils mouraient. Ce qu’ils mangeaient en fouillant leurs dépotoirs, ce dont ils souffraient en analysant les squelettes des nécropoles, quels étaient les objets de leur quotidien modeste, etc. Pour recomposer ce passé matériel, l’archéologie a puisé dans la boîte à outils des autres sciences : la dendrochronologie ou le carbone 14 pour la datation, la zoologie pour l’étude des restes animaux, l’anthropologie pour celle des ossements humains, mais aussi l’analyse des sédiments, des pollens, des graines calcinées lors des incendies… Les chercheurs sont même capables de réquisitionner des sciences encore plus « dures », comme on l’a vu récemment avec la pyramide de Khéops au sein de laquelle un grand espace vide a été détecté grâce à des méthodes empruntées à la physique des particules…
Ainsi que le souligne la collection de livres sur les grands sites archéologiques que Le Monde vous propose et dont la parution commence ce 23 janvier, la discipline a aussi adopté ces technologies du XXIe siècle que sont la numérisation et la modélisation 3D pour reconstituer les monuments qui nous sont arrivés à l’état de ruines et qui, parfois, se devinent aujourd’hui plus qu’ils ne se voient.
Ou ceux qui ne sont plus visibles du tout, détruits par des guerres, des idéologues ou des fanatiques : les bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan, la vieille ville d’Alep, certains monuments de Palmyre… Comme l’écrivait en 2015 Irina Bokova, alors directrice générale de l’Unesco, « l’archéologie est davantage qu’une science indispensable à la compréhension de notre humanité : c’est un acte militant dans la volonté d’opposer la connaissance à la folie destructrice ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Une étude menée en Malaisie suggère que les capacités olfactives des êtres humains sont liées à leur mode de vie.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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Les chasseurs-cueilleurs ont les mêmes compétences pour les odeurs et les couleurs

Une étude menée en Malaisie suggère que les capacités olfactives des êtres humains sont liées à leur mode de vie.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 06h34
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Le scénario a longtemps fait consensus. En se dressant sur ses deux jambes, l’espèce humaine avait fait le choix de la vision au détriment de l’olfaction. La faiblesse de notre odorat se voulait donc universelle. Conséquence naturelle, là où notre vocabulaire visuel semble sans limite, le lexique se rapportant aux odeurs paraît presque vide. On évoque une senteur de banane, de chocolat…
Et les Jahai sont arrivés. Ces chasseurs-cueilleurs de Malaisie disposent d’une bonne douzaine de mots pour qualifier ce qu’éprouve leur nez. Des termes pour nous inconnus, sauf peut-être celui de « moisi ». Testés par des scientifiques avec de nombreux produits allant de la cannelle à la fumée et du dissolvant au savon, les Jahai ont montré une même aisance à nommer l’odeur qu’à répondre à un test de couleur. Le groupe témoin occidentalisé séchait pour sa part lamentablement à reconnaître les échantillons placés sous ses narines.
Mais à quoi fallait-il attribuer cette compétence : à la langue, à l’environnement ou au mode de subsistance ? Un lexique se rapportant à l’odorat a bien été mis en évidence chez des chasseurs-cueilleurs du Gabon, de Thaïlande et du Mexique. « Mais cela ne prouvait rien », indique la psychologue néerlandaise Asifa Majid. Avec la linguiste suédoise Nicole Kruspe, elle a voulu trancher la question.
Toutes deux ont donc reproduit l’expérience, présentant seize odeurs et 80 couleurs, à deux groupes ethniques voisins, parlant deux langues asliennes proches de celle des Jahai et vivant dans une zone de la forêt tropicale humide malaisienne particulièrement riche en parfums – pas moins de 850 espèces d’orchidées.
Priorité aux yeux pour des raisons de communication
La revue Current Biology en publie les résultats. Les chasseurs-cueilleurs Semaq Beri ont montré « les mêmes compétences pour les odeurs que pour les couleurs », poursuit Asifa Majid. A l’inverse, peut-on lire dans l’article, les Semalai, des...




                        

                        


<article-nb="2018/01/24/19-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Les cas d’overdose au fentanyl, un antidouleur puissant, se multiplient aux Etats-Unis et au Canada.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤ 
<article-nb="2018/01/24/19-11">
<filnamedate="20180124"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180124"><AAMMJJHH="2018012419">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Près de 500 000 Français ont bénéficié depuis une dizaine d’années d’une réduction du volume de l’estomac. Si les bienfaits sont avérés, le nécessaire suivi des patients n’est pas toujours assuré.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                   
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Obésité : les dérives de la chirurgie bariatrique

Près de 500 000 Français ont bénéficié depuis une dizaine d’années d’une réduction du volume de l’estomac. Si les bienfaits sont avérés, le nécessaire suivi des patients n’est pas toujours assuré.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 06h35
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Depuis plusieurs années, la chirurgie de l’obésité a le vent en poupe. Le nombre d’interventions de chirurgie bariatrique (issu du grec baros, poids) a été multiplié par plus de trois entre 2006 et 2017, avec près de 450 000 personnes opérées sur cette période, selon le site de l’Assurance-maladie. Mais est-on allé trop loin ? Opère-t-on trop en France ? Si la chirurgie reste, dans le cas de l’obésité ­sévère, la méthode qui donne les résultats les plus ­ durables et les plus significatifs, ce n’est pas non plus une baguette magique. Elle est aujourd’hui sous la loupe des autorités sanitaires.
La France constitue en effet un paradoxe. Si l’obésité touche 17 % environ de la population adulte (40 % sont en surpoids), ces taux sont moindres que dans d’autres pays industrialisés. Pourtant, l’Hexagone ­figure parmi les pays qui opèrent le plus de l’obésité dans le monde, avec quatre fois plus d’opérations qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni, mais moins qu’en Suède ou en Belgique, proportionnellement parlant.
Cette situation suscite des interrogations des autorités sanitaires sur la pertinence de cette stratégie. En préparation depuis des mois, une mission de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), chargée de réaliser un état des lieux de cette chirurgie, doit remettre dans les prochains jours ses conclusions au ministère de la santé. De même, les derniers indicateurs des établissements de santé demandés par la Haute Autorité de santé (HAS) montrent des ­ résultats parfois préoccupants. Les données de l’Assurance-maladie, auxquelles nous avons eu accès, sont également contrastées. L’Académie de médecine vient de publier un rapport sur la prise en charge.

« Controverse »
Cette technique, réalisée principalement par voie naturelle, a émergé il y a une vingtaine d’années. Dès 1954, des chirurgiens de Minneapolis (Minnesota, Etats-Unis) ont expérimenté sur l’animal, puis chez l’homme, une dérivation drastique du circuit...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ L’impact psychologique de la chirurgie est trop rarement pris en compte, la consultation à ce sujet se ­réduisant parfois à quelques minutes.
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Obésité : la chirurgie a des répercussions psychologiques négligées

L’impact psychologique de la chirurgie est trop rarement pris en compte, la consultation à ce sujet se ­réduisant parfois à quelques minutes.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 17h52
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
« Je retourne à la piscine où je n’allais plus depuis tant et tant d’années, par peur du regard des autres », dit cet homme opéré au CHU de Rouen. Pour beaucoup de patients, la chirurgie de l’obésité a permis une nouvelle vie. Mais son retentissement psychologique n’est pas toujours bien appréhendé. On constate une « amélioration majeure de l’humeur et de la qualité de vie tant que dure la perte de poids et qu’elle se maintient, de même qu’une meilleure image corporelle et de l’estime de soi », note Olivier Ziegler, diabétologue-nutritionniste, coordinateur du Centre spécialisé de l’obésité de Nancy (CHRU Nancy).

Mais tout n’est pas si simple. « Cela a été très difficile pour moi de m’habituer à ce nouveau corps qui subit tant de transformations », dit Yolande Pontonnier, présidente de l’association Vers un nouveau regard. Opérée il y a onze ans avec la technique du bypass, elle a perdu 50 kg. Mais avoue qu’elle a dû ­subir plusieurs chirurgies réparatrices pour « affronter » ce nouveau corps. « Les médecins n’ont pas le temps de parler de ce qu’ils considèrent parfois comme des détails. » C’est entre autres pour cela qu’elle a créé, avec Danièle Longue, cette association en 2013. Pour expliquer aux patients ce long parcours de la chirurgie.
Regret du corps « carapace »
La plupart des patients obèses n’aiment pas leur corps obèse, si loin du corps prétendument idéal qui répond à la « norme ». Pour autant, « alors que c’est ce que je souhaite depuis tant d’années, la perte du poids estpsychologiquement difficile », dit Florence, opérée il y a cinq ans, qui a perdu 50 kilos en quelques mois. Notamment à cause de l’angoisse de reprendre des kilos. Certains patients vont même jusqu’à ­regretter ce « ventre carapace, cette protection, cette bouée »… « L’aspect psychologique est fondamental », insiste Anne-Sophie Joly, elle-même opérée, présidente du Collectif national des associations d’obèses...




                        

                        


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Obésité : l’impact de la chirurgie reconnue dans le diabète

La chirurgie bariatrique a fait la preuve de son efficacité métabolique avec une amélioration spectaculaire du diabète de type 2, parfois même avant la perte de poids.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 17h52
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
C’est une tendance lourde au niveau mondial. Les indications pour la chirurgie bariatrique sont en train d’être étendues à des personnes moins obèses, mais diabétiques. Ce traitement était initialement réservé aux patients dont l’indice de masse corporelle (IMC) dépassait 40 kg/m2 (ou 35 lorsqu’une ou plusieurs maladies sont associées) et dont l’état était susceptible d’être amélioré par la chirurgie. Mais la part des personnes opérées avec un IMC situé entre 30 et 35 est passée de 29 % en 2011 à 35 % en 2015 (selon les chiffres de l’Assurance-maladie).
La chirurgie bariatrique a fait la preuve de son efficacité métabolique avec une amélioration spectaculaire du diabète de type 2, parfois même avant la perte de poids. Un enjeu quand on sait que la prévalence du diabète a doublé en trente ans dans le monde, selon le Lancet, avec 445 millions de personnes touchées – en France, cela représente 5 % de la population.
Dès 1925, puis dans les années 1940, l’amélioration de la glycémie était rapportée comme un effet ­secondaire de la gastrectomie, comme l’indiquait le chirurgien et chercheur Laurent Genser (hôpital la Pitié-Salpêtrière), lors d’une séance à l’Académie nationale de chirurgie en novembre 2016.
Risques cardio-vasculaires
Plus récemment, une méta-analyse, qui a recensé une quinzaine d’études randomisées (94 000 patients obèses), a montré que la chirurgie était toujours plus efficace qu’un traitement médicamenteux, et ce, indépendamment de la sévérité de l’obésité et du taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) initiale, reflet de la glycémie. En outre, la chirurgie diminue le risque cardio-vasculaire.
Mais qu’en est-il sur la durée ? Si les études montrent qu’un an après entre 60 % et 80 % des diabètes sont soignés, seulement 30 % à 40 % des personnes sont en rémission à cinq ans. L’étude suédoise SOS (pour swedish obese subjects) avait en effet montré que 72 % des patients avec un diabète de type 2 opérés étaient...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Il n’y a pas eu d’embrasement généralisé, mais une extension de la violence de proche en proche dans les banlieues pauvres.
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Les émeutes de 2005 vues comme une épidémie de grippe

Il n’y a pas eu d’embrasement généralisé, mais une extension de la violence de proche en proche dans les banlieues pauvres.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h50
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
Les violences urbaines de 2005, qui ont secoué les banlieues françaises pendant trois semaines, se sont propagées sur le territoire comme une épidémie de grippe. C’est ce qu’est parvenue à identifier et modéliser une équipe pluridisciplinaire de sept chercheurs, réunissant des sociologues, des physiciens, des mathématiciens et un informaticien.
Les résultats de leurs travaux ont été publiés le 8 janvier dans la revue Scientific Reports, du groupe Nature. Les auteurs montrent que ces émeutes, « les plus longues et les plus étendues géographiquement d’Europe contemporaine », ont agi comme un virus, contaminant des émeutiers de proche en proche, et se déplaçant sur de longues distances sans que les émeutiers eux-mêmes ne se déplacent : parties de Clichy-sous-Bois, où deux jeunes garçons sont morts électrocutés alors qu’ils cherchaient à échapper à un contrôle de police, elles ont peu à peu gagné d’autres communes d’Ile-de-France.

Il n’y a donc pas eu d’embrasement généralisé ni simultané mais une « diffusion sur la base d’une proximité géographique » qui a généré « une sorte de vague d’émeutes autour de Paris », peut-on lire dans l’article.
Effet de proximité
« Les gens sont influencés par ce qui se passe près de chez eux. La tendance à rejoindre l’émeute est d’autant plus grande qu’il y a des émeutes à proximité. Cela produit un déplacement de la vague, c’est assez étonnant, explique l’un des auteurs, le physicien Jean-Pierre Nadal, du CNRS et de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Alors qu’à l’époque, on avait l’impression que les émeutes se déroulaient un peu partout et en même temps, en fait elles durent deux ou trois jours à un endroit, ­elles se renforcent, puis elles décroissent de manière douce, même à ­Clichy-sous-Bois. Cela a fonctionné comme une ola dans un stade. »

Cette observation relativise l’impact des moyens de communication modernes :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Les Etats généraux de la bioéthique ont commencé le 18 janvier. L’objectif est de débattre des sujets qui feront l’objet d’une loi prévue pour l’automne.
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PMA, GPA, fin de vie, « Crispr-Cas9 »… un lexique pour comprendre le débat sur la bioéthique

Les Etats généraux de la bioéthique ont commencé le 18 janvier. L’objectif est de débattre des sujets qui feront l’objet d’une loi prévue pour l’automne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h08
    |

                            Aurélia Abdelbost








                        


Tous les sept ans, débattre de grands sujets de société qui nous concernent tous. Depuis 2004, la loi de bioéthique, votée en 1994, doit être révisée régulièrement. Elle l’a été en 2011 et l’est désormais maintenant pour 2018.
Avant que le Parlement se prononce à l’automne sur ces sujets délicats, une grande concertation est lancée jusqu’à cet été, avec des débats dans chaque région (liste disponible dans cet article). De l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires et aux couples de femmes à l’accompagnement de la fin de vie en milieu hospitalier, le programme des Etats généraux est large. Voici un petit lexique pour comprendre les débats et y participer.




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La procréation médicalement assistée ou assistance médicale à la procréation (AMP) désigne les techniques médicales consistant à manipuler les gamètes (spermatozoïdes et/ou ovules) pour aider un couple avec des problèmes d'infertilité à concevoir un enfant.La PMA comprend deux techniques :l'insémination artificielle : on introduit artificiellement le sperme dans l'utérus de la femme pour féconder son ovule ;la fécondation in vitro (FIV), qui consiste à recueillir ovules et spermatozoïdes, à procéder à une fécondation artificielle en dehors de l'appareil producteur, puis d'introduire les embryons obtenus dans l'utérus de la femme. Un diagnostic préimplantatoire (DPI) permet alors d'étudier l'ADN des embryons afin de détecter d'éventuelles anomalies génétiques ou chromosomiques.La PMA est légale pour les couples hétérosexuels dont l'infertilité est médicalement constatée. En 2015, ce dispositif a concerné 3,1 % des naissances, selon le dernier rapport de l'Agence de biomédecine.Lire : La PMA en 8 questionsLa secrétaire d'Etat, Marlène Schiappa a annoncé, en septembre 2017, que l'ouverture de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes serait proposée par le gouvernement dans la révision de la loi sur la bioéthique. Et le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) avait donné un avis positif en juin 2017.Le principal argument des opposants à la généralisation de la PMA est qu'elle ouvrira les portes à la gestation pour autrui (GPA) car les couples d'hommes pourraient demander qu'elle soit légalisée par équité avec les couples de femmes.",
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La gestation pour autrui (GPA) correspond à une technique d'aide médicale à la procréation. Un embryon est introduit dans l'utérus d'une mère porteuse qui, à la fin de la gestation, remet l'enfant au couple de parents « intentionnels ». La GPA peut concerner les couples homosexuels ou hétérosexuels, en cas d'infertilité féminine liée à une malformation de l'utérus par exemple.Selon les pays qui l'autorisent, la mère porteuse peut recevoir ou non une indemnisation. Il est autorisé de payer la mère porteuse aux Etats-Unis mais au Royaume-Uni par exemple, les « parents intentionnels » n'ont pas le droit de la rémunérer et peuvent uniquement couvrir les frais liés à la grossesse.La GPA est illégale en France selon le principe d'indisponibilité du corps humain selon lequel le corps ne peut pas faire l'objet d'un contrat. Néanmoins, sept pays européens l'autorisent comme le Royaume-Uni, la Belgique ou la Pologne.Lire : PMA, GPA, quel pays autorise quoi ? La GPA n'est pour l'instant pas officiellement inclue dans les débats des Etats généraux de la bioéthique. Néanmoins, 110 signataires, dont Elisabeth Badinter, ont signé une tribune dans Le Monde, le 16 janvier 2018, pour demander qu'elle le soit.",
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Cette technique consiste à faire prélever ses ovules et à les conserver grâce à la vitrification (congélation ultrarapide), idéalement avant 35 ans, en vue d'une utilisation ultérieure. Ce procédé permet donc de pallier l'infertilité liée à l'âge. Après 40 ans, la conservation est largement déconseillée car la qualité des ovules se dégrade avec l'âge.L'autoconservation des ovocytes est interdite en France sauf dans certains cas restreints :les femmes dont la fertilité risque d'être prématurément altérée, en cas d'endométriose (maladie qui touche l'endomètre, le tissu qui recouvre l'utérus) ou d'insuffisance ovarienne prématurée (baisse de la production d'ovocytes qui provoque une ménopause précoce) ;les femmes qui suivent un traitement qui risque de les rendre infertiles, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie ;pour les femmes sans enfant donneuses d'ovules qui souhaitent en conserver pour elles-mêmes, selon un arrêté du 24 décembre 2015, afin d'encourager les dons d'ovocytes, insuffisants.Cette technique coûteuse est néanmoins légale en Belgique, en Espagne ou encore aux Etats-Unis.Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) est contre sa généralisation mais l'Académie de médecine, qui se prononce régulièrement sur les questions de santé publique, s'y est déclarée favorable en juin 2017. Elle a souligné que souvent, les femmes qui ont recours à ce procédé le font en attendant d'avoir un partenaire stable. Selon le rapport de l'Insee de 2015, l'âge moyen des femmes qui donnent naissance à leur premier enfant est de 28,5 ans et de 31 à 32,6 ans pour leur deuxième enfant. Un âge qui ne cesse d'augmenter.",
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Aussi appelé « couteau suisse », Crispr-Cas9 est un procédé qui permet de couper et de remplacer un fragment de la molécule d'ADN très précisément, grâce à une enzyme spécialisée appelée Cas9, qui fonctionne comme une « paire de ciseaux ». Mise au point en 2012 par la Française Emmanuelle charpentier et l'Américaine Jennifer Doudna, la méthode ouvre un large champs de possibilités. Elle pourrait permettre de soigner des maladies génétiques, d'autant plus qu'elle est relativement simple et peu coûteuse.En août 2017, une équipe internationale de chercheurs a réussi à supprimer une mutation génétique responsable d'une maladie cardiaque dans des embryons humains grâce à cette méthode, avant d'interrompre leur développement. En 2016, en Chine, une étude était menée sur des patients atteints du cancer du poumon. Les chercheurs ont injecté des cellules dont l'ADN avait été modifié par le biais de Crispr-Cas9.Au-delà des éventuels effets secondaires, cette méthode, qui relève de l'eugénisme (les techniques visant à améliorer le patrimoine génétique humain), soulève un débat éthique.",
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La loi Claeys-Leonetti  de janvier 2016 instaure un droit à la « sédation profonde et continue jusqu'au décès » pour les malades en phase terminale et prévoit que les soins soient arrêtés en cas d' « obstination déraisonnable », « lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », afin d'éviter l'acharnement thérapeutique. La sédation peut être demandée :par le patient dont le pronostic vital est engagé à court terme et dont la souffrance est insupportable ;par le médecin, lorsque le patient n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté et qu'il ne s'y est pas opposé dans ses directives anticipées ou, à défaut, s'il n'a pas fait part de ses vœux à ses proches.La décision de l'arrêt des soins est prise collégialement.Dans le cadre de cette loi, trois décisions majeures ont été rendues par la justice. La dernière en date concerne Inès, 14 ans, dans le coma depuis juin 2017. Le Conseil d'Etat a autorisé l'arrêt des soins, le 6 janvier 2018, contre l'avis des parents qui ont décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). A l'inverse, le 8 mars 2017, le Conseil d'Etat avait décidé qu'un hôpital de Marseille avait tort de vouloir mettre un terme aux soins de Marwa, une petite fille de 15 mois lourdement handicapée.Le débat public avait été lancé avec l'affaire très médiatisée de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis 2008, alors que l'avis des parents, opposés à l'arrêt des soins, allait à l'encontre de celui de sa femme. Après une bataille judiciaire, en juillet 2017, la plus haute juridiction administrative a jugé illégal de suspendre la procédure d'examen de l'interruption des traitements. C'est le médecin de Vincent Lambert qui devra se prononcer sur l'arrêt des soins.",
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Aussi appelé « aide au suicide », le suicide médicalement assisté consiste à donner au patient, qui subit des souffrances mentales ou physiques intolérables, les substances létales nécessaires pour qu'il puisse mettre fin à sa vie. Le médecin accompagne le patient dans la procédure mais c'est bien ce dernier qui s'injecte les substances létales, contrairement à l'euthanasie, qui fait intervenir une tierce personne.Cette pratique est légale dans cinq Etats des Etats-Unis, au Canada, en Suisse, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Belgique mais pas en France, où seule la « sédation profonde et continue jusqu'au décès » est autorisée. ",
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"titre": "Euthanasie active",
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L'euthanasie active implique qu'une tierce personne, un médecin, mette fin à la vie d'un patient en lui administrant une substance létale. Elle est autorisée aux Pays-Bas par exemple, la souffrance du patient doit être due à une maladie incurable, « insupportable et sans perspective d'amélioration ».Ce n'est pas légal en France puisque seule la sédation est admise, pour soulager une personne dont le pronostic vital est engagé à court terme et non pas l'administration de substances létales.L'euthanasie passive consiste à arrêter des soins ou à retirer des instruments qui permettent de maintenir en vie une personne.",
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"titre": "Intelligence artificielle",
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Elles répondent à nos questions et sont même capables d'humour. Les technologies comme Siri ou encore Google Home sont capables de simuler le fonctionnement de l'esprit humain, autrement dit, elles sont dotées d'intelligence artificielle. Un domaine en pleine expansion.Au-delà des applications dans le domaine des loisirs, les innovations sont nombreuses et pourraient révolutionner les transports, avec les voitures autonomes par exemple, ou bien le secteur de la santé, comme pour diagnostiquer les patients. Aux Etats-Unis, un logiciel controversé a même été créé pour aider les juges à évaluer les risques de récidive d'un condamné.Protection de la vie privée et des données personnelles, conséquences sociales, l'intelligence artificielle soulève des angoisses, comme dans le domaine de l'emploi. Mais la peur que les travailleurs soient remplacés par des robots doit être relativisée. Si en 2013, des chercheurs ­d'Oxford estimaient que 47 % des ­emplois américains seraient menacés dans les 10 à 20 ans à venir, trois ans plus tard, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) affirmait que seuls 9 % des ­emplois étaient menacés.Lire en édition abonnés : Enquête au cœur de l'intelligence artificielle, ses promesses et ses périls",
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<article-nb="2018/01/24/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées depuis le début des relevés thermométriques.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤ 
<article-nb="2018/01/24/19-17">
<filnamedate="20180124"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180124"><AAMMJJHH="2018012419">
<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des scientifiques australiens assurent que le rapace propage volontairement des incendies en transportant des branches incandescentes.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
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Le milan noir, oiseau pyromane

Des scientifiques australiens assurent que le rapace propage volontairement des incendies en transportant des branches incandescentes.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 06h39
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Le milan noir n’a jamais déchaîné la passion des ornithologues. Pas aussi majestueux que l’aigle ni aussi rapide que le faucon, présent un peu partout sur la planète, Amérique exceptée, ce rapace migrateur, bien que protégé en Europe, ne pointe pas sur la liste des espèces les plus menacées. Même son « noir » tiendrait plutôt du brun. Tout juste lui accorde t-on une capacité particulièrement développée à s’adapter à toute sorte de nourriture, des charognes de poissons aux déchets alimentaires, des rongeurs aux petits oiseaux. Avec une spécialité : profiter des incendies pour attraper les gros insectes.
L’article publié par une équipe australienne pourrait bien transformer le volatile en vedette. Dans le Journal of Ethnobiology, elle annonce que trois espèces de rapaces ont appris à maîtriser le feu, ou plus précisément à le déplacer pour s’en servir. Les scientifiques ont rassemblé quelque vingt observations, provenant de divers lieux d’un vaste territoire de 2 500 km sur 1 000 km au nord de l’Australie. Et ils sont formels : comme son cousin le milan siffleur et son plus lointain parent le faucon brun, le milan noir se saisit de branches incandescentes pour allumer des incendies à distance et s’ouvrir une nouvelle zone de chasse.

Comme aiment à le souligner les auteurs, cette découverte… n’en est pas tout à fait une. Depuis des siècles, les mythes aborigènes donnaient ce pouvoir au rapace. « Les rangers aborigènes qui font face aux feux de brousse prenaient déjà en compte le risque causé par les rapaces », insiste l’article. En 2016, Bob Gosford, ornithologue au Central Land Council d’Alice Spring, s’était, du reste, appuyé sur leurs témoignages pour lancer une première fois son annonce. Mais de nombreux biologistes étaient restés sceptiques, notamment sur le caractère intentionnel de l’opération.
Cette fois, les observations rassemblées « ne laissent aucun doute », assurent les auteurs. Elles...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
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Un test sanguin pour détecter plusieurs cancers

En identifiant des marqueurs génétiques mais aussi protéiques circulant dans le sang, des chercheurs australo-américains ont mis au point un outil de détection prometteur.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 19h31
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Détecter une tumeur maligne, à un stade précoce et avant qu’elle n’ait disséminé dans l’organisme sous forme de métastases, semble indispensable pour réduire le nombre des décès dus à un cancer. Joshua Cohen (Johns Hopkins University, Baltimore) et ses collègues décrivent dans l’hebdomadaire Science du 19 janvier un test sanguin baptisé Cancer SEEK, qui identifierait avec une sensibilité importante huit types de cancer. L’un des éléments les plus innovants de ce travail est le recours à une combinaison de marqueurs, génétiques mais aussi protéiques, afin d’élargir le spectre de détection.
« Le Graal pour les chercheurs en oncogénétique, c’est la mise au point d’un test universel détectant tous les cancers, en particulier à un stade précoce. Depuis trois ou quatre ans, d’énormes avancées ont été accomplies avec l’apparition de tests fondés sur l’analyse de l’ADN tumoral circulant. En France, quelques équipes, dont la nôtre, travaillent sur le sujet », explique le professeur Thierry Frebourg (Département de médecine génomique et de médecine personnalisée, CHU de Rouen), qui n’a pas participé à cette publication. C’est aussi le cas de l’équipe parisienne de Pierre Laurent-Puig, professeur d’oncologie (Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris) qui a développé une méthode libre de droits de test sanguin pour la détection des tumeurs malignes du poumon et du pancréas.
Biopsie liquide
Des portions d’ADN sont libérées dans la circulation sanguine par des cellules malignes en train de mourir, d’où le terme également utilisé de « biopsie liquide » pour les détecter. Cet ADN circulant se présente sous la forme de petits fragments, ne dépassant pas 100 ou 150 paires de bases. Pour les besoins de l’analyse, ces fragments sont amplifiés, d’où leur nom d’amplicons.
L’identification de mutations dans l’ADN tumoral circulant peut servir à détecter un cancer à un stade précoce, où la tumeur n’est pas encore repérable par les méthodes classiques,...




                        

                        


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