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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Christophe Gay et Sylvie Landriève, animateurs d’un think tank sur la mobilité du futur, invitent, dans une tribune au « Monde », à participer à un « débat citoyen » dans cinq villes de France le samedi 27 janvier sur l’irruption prochaine des « véhicules autonomes ».
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« Lançons dès maintenant un débat sur la voiture autonome »

Christophe Gay et Sylvie Landriève, animateurs d’un think tank sur la mobilité du futur, invitent, dans une tribune au « Monde », à participer à un « débat citoyen » dans cinq villes de France le samedi 27 janvier sur l’irruption prochaine des « véhicules autonomes ».



Le Monde
 |    24.01.2018 à 18h10
    |

Christophe Gay et Sylvie Landriève (Directeurs du Forum Vies Mobiles, think tank de la mobilité soutenu par SNCF)







                        



                                


                            

Tribune. Alors que les pouvoirs publics lancent depuis quelques années des plans pour lutter contre la voiture ou pour diminuer son utilisation lorsqu’elle est inutile, beaucoup prédisent l’arrivée – plus ou moins rapide mais inéluctable – des véhicules autonomes dans nos vies. Les annonces successives sur les premières expérimentations et les applications potentielles de la technologie capturent même littéralement l’imaginaire de la mobilité du futur qui sera alors fluide, accessible, sécurisée et propre.
Pourtant, que ce soit en ville, à la campagne, sur les routes ou dans les airs, le développement de la voiture autonome n’est en rien une solution évidente. Elle ne permettra une refonte profonde de notre système de déplacement et de nos modes de vie qu’en remettant en question le système automobile actuel.

On sait aujourd’hui qu’en France le transport est la première source d’émission de gaz à effet de serre et que plus de la moitié de ces émissions sont imputables à la voiture particulière. Une prise de conscience a également eu lieu sur le fait que son usage massif a pour conséquence une dégradation du cadre de vie en ville (congestion, bruit, occupation de l’espace, accidents) et qu’il participe à la pollution locale et aux problèmes de santé qui l’accompagnent.
Effet positif sur l’accidentologie
La voiture a su capter une part très importante de l’espace public (routes, places de stationnement, parkings…) et reléguer les autres modes (marche, vélo…) et usages (jeux, flânerie…) sur une portion congrue de la chaussée. Elle en a même chassé les usagés les plus fragiles comme les enfants et les personnes âgées ou à mobilité réduite. La force du « système automobile » tel qu’on le connaît aujourd’hui tient d’ailleurs au cercle vicieux qu’il induit comme l’a montré l’économiste et urbaniste Frédéric Héran : « il y a trop de circulation pour que mes enfants aillent à l’école à pied, donc je les y conduis en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
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Des journalistes et des ONG dénoncent des « poursuites bâillons » de la part du groupe Bolloré

Dans une tribune, publiée mercredi, des journalistes et des ONG dénoncent les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 18h13
    |

                            Collectif








                        


Des sociétés de journalistes (dont celle du Monde), des journalistes et des organisations non gouvernementales (ONG) dénoncent, dans une tribune publiée mercredi 24 janvier, les poursuites systématiques dont ils font l’objet quand ils s’intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.
La publication de cette tribune survient alors que doit avoir lieu, ce jeudi, un procès qui oppose trois publications (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct) à la holding luxembourgeoise Socfin. Cette société, propriétaire de plantations en Afrique et en Asie, dont le groupe Bolloré détient un peu plus de 38 % du capital, les accuse de diffamation.
Voici le texte de cette tribune.
« Face aux poursuites bâillons de Bolloré : nous ne nous tairons pas ! »
« Ce jeudi 25 janvier, s’ouvre un procès contre trois journaux (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct), attaqués en diffamation par la holding luxembourgeoise Socfin et sa filiale camerounaise Socapalm, fortement liées au groupe Bolloré, Vincent Bolloré [président-directeur général du groupe Bolloré] lui-même siégeant au sein de leur conseil d’administration.
Les plaignants leur reprochent des articles relatant les mobilisations de villageois et d’agriculteurs ouest-africains voisins d’exploitations gérées par ces deux sociétés. Alors qu’hier encore, le tribunal de grande instance de Paris déboutait la société Bolloré dans une énième plainte en diffamation contre le journal Les Inrocks, le procès de demain marque une nouvelle étape dans les poursuites judiciaires lancées par le magnat breton et ses partenaires contre des médias, des organisations non gouvernementales ou des journalistes, qui ont évoqué les coulisses de ses activités économiques et commerciales en Afrique, ses liens avec la holding luxembourgeoise Socfin et les conséquences des acquisitions de terre à grande échelle.
Depuis 2009, plus d’une vingtaine de procédures en diffamation ont ainsi été lancées par Bolloré ou la Socfin en France et à l’étranger – pour contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse – contre des articles, des reportages audiovisuels, des rapports d’organisations non gouvernementales, et même un livre.
France Inter, France Culture, France Info, France 2, Bastamag, Le Monde, Les Inrocks, Libération, Mediapart, L’Obs, Le Point, Rue89, Greenpeace, React, Sherpa… Une cinquantaine de journalistes, d’avocats, de photographes, de responsables d’ONG et de directeurs de médias ont été visés par Bolloré et ses partenaires.
Au vu de leur ampleur, nous estimons que ces poursuites judiciaires s’apparentent à des “poursuites bâillons”. Ces procédures lancées par des grandes entreprises multinationales sont en train de devenir la norme. Apple, Areva, Vinci ou Veolia ont récemment attaqué en justice des organisations non gouvernementales ou des lanceurs d’alerte.
En multipliant les procédures judiciaires dans des proportions inédites – quitte à les abandonner en cours de route –, le groupe Bolloré en a fait une mesure de rétorsion quasi automatique dès lors que sont évoquées publiquement ses activités africaines. Ces attaques en justice contre les journalistes viennent s’ajouter à d’autres types d’entraves à la liberté de la presse dont est désormais coutumier le groupe Bolloré.
En 2014, son agence de communication Havas avait par exemple tenté de supprimer plus de 7 millions d’euros de publicité au journal Le Monde, à la suite d’une enquête sur les activités de Vincent Bolloré en Côte d’Ivoire. Sans oublier la déprogrammation ou la censure de plusieurs documentaires que Canal+ (groupe Vivendi) devait diffuser.
Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de grands groupes économiques comme le groupe Bolloré. Objectif : les dissuader d’enquêter et les réduire au silence, pour que le “secret des affaires”, quand celles-ci ont des conséquences potentiellement néfastes, demeure bien gardé.
C’est l’intérêt général et la liberté d’expression qui sont ainsi directement attaqués. Les communautés locales, les journalistes, les associations, les avocats, ou les lanceurs d’alerte : tous les maillons de la chaîne des défenseurs de droits sont visés par ces poursuites.
Nous, collectifs, journalistes, médias, organisations non gouvernementales, apportons notre soutien aux journalistes et aux organisations qui comparaîtront les 25 et 26 janvier, et à tous les acteurs poursuivis dans le cadre de ces poursuites bâillons.
Des réformes devront être proposées en France pour imiter d’autres pays comme le Québec, ou certains Etats des Etats-Unis ou d’Australie, vers un renforcement de la liberté d’expression et une meilleure protection des victimes de ces poursuites bâillons. Informer n’est pas un délit ! On ne se taira pas. »
Médias et organisations signataires :
Abaca Press, ActionAid France, AFASPA 95, Alternatives économiques, Association de la presse judiciaire, Attac France, Bastamag, Bondy Blog, collectif Informer n’est pas un délit, collectif On ne se taira pas, Collectif des associations citoyennes, CRID, France Libertés, GRAIN, Greenpeace France, Les Jours, Mediapart, Prix Albert Londres, Ritimo, ReAct, Reporters sans frontières, Sherpa, Survie, La Télé libre, Union syndicale Solidaires,
Sociétés des journalistes ou des rédacteurs signataires : 
AFP, BFM-TV, Challenges, Les Echos, Europe 1, France 2, France 3, Le Monde, L’Humanité, Libération, L’Obs, Mediapart, M6, Premières Lignes, Radio France, RMC, RTL, Télérama, TF1, TV5Monde, La Vie.
Journalistes signataires :
Jean-Pierre Canet (journaliste), Benoît Collombat (journaliste, Radio France), Nadia Djabali (journaliste), Samuel Forey (journaliste, prix Albert Londres 2017, L’Ebdo), Raphaël Garrigos (journaliste, Les Jours), Simon Gouin (journaliste, Bastamag), Maureen Grisot (journaliste), Elodie Guéguen (journaliste, Radio France), Pierre Haski (journaliste, Rue 89), Thomas Horeau (journaliste, France 2), Dan Israel (journaliste, Mediapart), Erik Kervellec (directeur de la rédaction, France Info), Geoffrey Le Guilcher (Les Inrocks), John-Paul Lepers (journaliste, La Télé Libre), Julien Lusson (ancien directeur de publication, Bastamag), Jacques Monin (journaliste, Radio France), Jean-Baptiste Naudet (journaliste, L’Obs), Nicolas Poincaré (journaliste, Europe 1), Martine Orange (journaliste, Mediapart), Fanny Pigeaud (journaliste), Matthieu Rénier (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2), Isabelle Ricq (photographe), Jean-Baptiste Rivoire (journaliste, Canal+), Isabelle Roberts (journaliste, Les Jours), Agnès Rousseaux (journaliste, Bastamag), Ivan du Roy (journaliste, Bastamag), David Servenay (journaliste), David Thomson (journaliste, Prix Albert Londres 2017, RFI), Nicolas Vescovacci (journaliste), Tristan Waleckx (journaliste, prix Albert Londres 2017, France 2).



                            


                        

                        


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Entretien

Mehdi Jomaa : « Les dirigeants actuels de la Tunisie manquent de vision »

L’ex premier ministre tunisien critique la politique budgétaire du gouvernement qui a entraîné des manifestations dans tout le pays.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 24.01.2018 à 17h10

     •
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        Mis à jour le 24.01.2018 à 17h23






                        

Crédits : FETHI BELAID / AFP


                    

Mehdi Jomaa, 55 ans, est l’ancien chef du gouvernement « technocrate » qui a gouverné la Tunisie de février 2014 à janvier 2015, après la grave crise de 2013 où le pays frôla la guerre civile. Fondateur du parti Al-Badil Ettounsi (Alternative tunisienne), Mehdi Jomaa explore, avec d’autres chefs de petites formations, les voies d’une alternative à l’actuelle coalition gouvernementale formée par Nidaa Tounès (« moderniste ») et Ennahda (« islamiste »). Dans un entretien au Monde Afrique, il dénonce le « manque de vision » de cette coalition bâtie, selon lui, autour d’« un partage du pouvoir ».
La Tunisie a été récemment en proie à une poussée de fièvre sociale, déclenchée par les hausses de prix inscrites dans le budget de 2018. L’approuvez-vous ?
Cette tension sociale m’inquiète. Malheureusement, elle était prévisible. Nous savions que la situation n’allait pas en s’arrangeant. Au plan politique, la Tunisie a progressé. Il y a eu la Constitution de 2014 puis les élections. Mais on devait travailler sur la robustesse de ce processus par l’économique et le social. Car la révolution de 2011, ce n’est pas seulement la liberté, c’est aussi la quête de la dignité, en particulier de la jeunesse qui veut avoir des perspectives sociales et économiques. Il existe un énorme potentiel dans notre pays. Et pourtant cela bloque.

Où est le problème ?
Le leadership actuel ne dispose pas d’une vision claire de l’avenir du pays. Or pour réussir une transformation, il faut savoir quelle Tunisie nous souhaitons avoir dans vingt ou trente ans. On l’a bien vu quand la loi de finances a été discutée en fin d’année. Il ne s’agit pas à mes yeux d’une loi équitable. On ne relance pas l’économie par plus de taxes et de pressions sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est déjà fatigué, par plus de ponction fiscale sur l’entreprise et plus particulièrement le secteur formel. Cette loi de finances...



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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Signée d’un des plus grands esprits du XXe siècle, Prix Nobel de littérature 1981, voici « Le Livre contre la mort », hallucinante insurrection contre la Camarde, cette injustice.
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Elias Canetti veut en finir avec la mort

Signée d’un des plus grands esprits du XXe siècle, Prix Nobel de littérature 1981, voici « Le Livre contre la mort », hallucinante insurrection contre la Camarde, cette injustice.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 17h00
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Le Livre contre la mort (Das Buch gegen den Tod), d’Elias Canetti, traduit de l’allemand par Bernard Kreiss, Albin Michel, « Les grandes traductions », 494 p., 25 € (en librairie le 1er février).

Qu’un livre d’Elias Canetti (1905-1994) vous saisisse, et il ne vous quittera plus. La prose au couperet du Prix Nobel de littérature 1981, son humour hérité d’un des maîtres qu’il s’est donné, le satiriste viennois Karl Kraus (1874-1936), les figures grimaçantes, réelles ou fictionnelles qui fourmillent dans son œuvre, poussant le genre du grotesque à un niveau comparable, dans la littérature germanophone, à celui d’un Rabelais, tout cela pénètre l’existence du lecteur et s’insinue jusque dans ses rêves. La fascination exercée est à la mesure de cette écriture qui a investi une infinité de domaines.
Car doit-on appeler Canetti seulement un romancier, lui qui, à 30 ans, publia une unique fiction en forme de chef-d’œuvre, Auto-da-fé (Gallimard, 1968) ? Est-il plutôt un ethnologue ou un philosophe, l’auteur de Masse et Puissance, paru au début des années 1960 (Gallimard, 1966), sombre tableau des relations intimes qu’entretiennent le pouvoir et le meurtre, que certains iront jusqu’à comparer à la Phénoménologie de l’esprit de Hegel ? Au vu des cinq volumes qui composent son autobiographie, se range-t-il dans la catégorie des mémorialistes ou des diaristes de génie ? Tout à la fois, et il faut ajouter qu’il fut poète et dramaturge. Il reste assurément l’un des plus grands esprits du XXe siècle dont, en homme de gauche sceptique, il a inlassablement observé et enregistré les convulsions, depuis les ­révoltes ouvrières des années 1920, en Autriche, jusqu’à la première guerre du Golfe et à celles qui ravagèrent l’ex-Yougoslavie, dans les années 1990.
Notes, aphorismes, formes brèves
A côté de Masse et Puissance, il méditait, au moins depuis 1942, un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Il faut imaginer dès aujourd’hui ce que serait le futur du principal opérateur électrique français, dans la logique d’une stratégie de transition énergétique, explique l’économiste, dans une tribune au « Monde ».
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Jean Matouk : « L’avenir d’EDF mérite débat »

Il faut imaginer dès aujourd’hui ce que serait le futur du principal opérateur électrique français, dans la logique d’une stratégie de transition énergétique, explique l’économiste, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h00
    |

                            Jean Matouk (Economiste)








                        



                                


                            
Tribune. Face aux lobbys nucléaires, ni le chef de l’Etat ni son ministre de l’environnement, Nicolas Hulot, n’ont osé brosser ce que pourrait être, au-delà de la fermeture de la centrale de Fessenheim, l’avenir d’EDF dans le cas où l’on se résoudrait enfin à déployer toutes les formes d’énergie renouvelable et à viser la quasi-fin du nucléaire de fission à horizon de deux ou trois décennies. Cela mérite pourtant débat. Pour exploiter toutes ces sources, et résoudre du même coup la question de l’intermittence répétée à satiété par les « nucléocrates », c’est en effet à une nouvelle organisation spatiale de la production et de la distribution d’électricité qu’il faut songer.

L’idée de base d’une transition durable, c’est produire le plus possible le plus près possible du lieu de consommation. Comme pour l’alimentation ! Par conséquent, sur des territoires de l’ordre du village ou du canton, toutes les sources potentielles d’électricité renouvelables devraient être clairement recensées, puis exploitées par la fameuse vague d’investissements de la transition écologique, y compris, rappelons-le, l’isolation thermique de tous les habitats. Dans les régions côtières, nombreuses en France, l’éolien en mer fixe ou flottant et l’hydraulien font partie de la panoplie. La programmation devrait évidemment tenir compte des intermittences moyennes.
Le financement des grandes infrastructures est resté l’apanage des banquiers et des assureurs. Il est quasiment fermé aux particuliers
On peut très bien imaginer que tous ces investissements soient financés par un appel direct public à l’épargne oisive de chaque région. Le financement des grandes infrastructures est resté l’apanage des banquiers et des assureurs. Il est quasiment fermé aux particuliers. On peut donc imaginer que cette épargne soit collectée dans chaque région, soit par des branches régionales issues d’un EDF démembré, soit par une Caisse régionale de l’énergie qui, à l’instar de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Carmen Reinhart estime que la BCE devra en 2018 ne pas surestimer la pérennité et l’ampleur de la reprise, et aussi résister à la pression de plus en plus forte exercée par l’Allemagne en faveur d’une normalisation plus agressive.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Banque centrale européenne : les vraies raisons de la « normalisation »

Dans cette chronique, l’économiste Carmen Reinhart estime que la BCE devra en 2018 ne pas surestimer la pérennité et l’ampleur de la reprise, et aussi résister à la pression de plus en plus forte exercée par l’Allemagne en faveur d’une normalisation plus agressive.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h00
    |

Carmen Reinhart (Professeure de finance internationale à la Kennedy School of Government de l’Université Harvard)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. La « normalisation » de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui a annoncé la diminution de ses achats d’actifs financiers de 60 milliards à 30 milliards d’euros à partir de janvier, n’est sans doute pas motivée par le niveau d’inflation dans la zone euro : celui-ci reste bien inférieur à sa valeur cible de 2 %, et l’attente en matière d’inflation reste nettement en dessous de cette valeur, même si elle a légèrement augmenté récemment et s’est accompagnée d’une remontée de la confiance. Selon la BCE elle-même, la hausse des prix ne devrait pas atteindre 2 % de sitôt.
Alors qu’en Allemagne, le chômage est inférieur à 4 %, il est encore de 9 % en moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne
S’agit-il alors d’anticiper la croissance à venir ? La BCE a en effet révisé à la hausse ses prévisions de croissance. On pourrait donc croire que le taux d’intérêt « naturel » (hors inflation) augmente parallèlement à la production réelle, qui elle-même se rapprocherait de la production potentielle dans une grande partie de la zone euro.
Néanmoins, selon les prévisions de l’OCDE pour 2017 et 2018, « l’écart de production » (entre production réelle et potentielle) de la plupart des pays de la zone euro, à l’exception de l’Allemagne et de l’Irlande essentiellement, montre que subsiste une marge de progression souvent importante. Alors qu’en Allemagne, le chômage est maintenant inférieur à 4 % – son niveau le plus bas depuis la réunification –, il est encore de 9 % en moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne. Dans ces conditions, il est trop tôt pour considérer que la crainte d’une surchauffe de la zone euro est la principale cause de la normalisation de la politique monétaire.
La règle de Taylor
Cette normalisation pourrait avoir d’autres causes que la BCE préfère ne pas dévoiler, par exemple la stabilité bancaire et financière. La menace que font peser des taux d’intérêt trop bas trop longtemps sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Livre. La philosophe et psychanalyste Elsa Godart pose, dans son dernier essai, un regard incisif sur notre rapport déséquilibré aux nouvelles technologies, devenues, pour elle, des « dispositifs d’aliénation sociale ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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La psychanalyse face à l’hypermodernité

Livre. La philosophe et psychanalyste Elsa Godart pose, dans son dernier essai, un regard incisif sur notre rapport déséquilibré aux nouvelles technologies, devenues, pour elle, des « dispositifs d’aliénation sociale ».



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 14h16
    |

                            Clémence Ducasse








                        



                                


                            

Livre. Consumérisme effréné, injonction au bonheur et à la jouissance immédiate, libération des marchés, hyperindividualisme… Dans son nouvel essai, Elsa Godart fait le constat d’une modernité monstrueuse, reflet d’une époque qui est celle du « toujours plus » et de la démesure. « Les comportements individuels comme ceux du collectifs sont entraînés dans ce mouvement de surenchère, d’excès où la tentation de l’extrême se fait toujours plus forte » affirme-t-elle.
Cette critique n’est pas nouvelle : en 2004, Gilles Lipovetsky évoquait déjà une forme de surenchère permanente dans son livre Les Temps Hypermodernes (Grasset). Notre monde est entré dans ce qu’il appelait l’« hypermodernité », une modernité « élevée à la puissance superlative » qui s’érige sur les débris de la postmodernité, concept dépassé, pris dans une spirale infernale à laquelle aucune sphère de notre société ne semble échapper.

Déjà auteur d’une vingtaine d’ouvrages, Elsa Godart s’interroge cette fois sur le rôle de la psychanalyse face aux nouveaux malaises suscités par cette modernité de l’extrême, dominée par la culture du résultat et les logiques de rentabilité. Si cette discipline semble en perte de vitesse, affaiblie par l’explosion des psychothérapies en tout genre et par la multitude de discours sur le développement personnel, l’hypermodernité lui offre une occasion nouvelle de se réinventer.
« Psychopathologie de la vie hypermoderne »
Pour Godart, le potentiel de la psychanalyse réside dans sa capacité à servir de « discours de désaliénation » dans un monde de plus en plus objectivant qui semble réduire l’homme à un algorithme. En clair, la psychanalyse doit nous aider à réenchanter notre monde. Cet argument peut paraître éculé, mais l’intérêt du livre d’Elsa Godart n’est pas là.
En effet, la psychanalyste élabore une « psychopathologie de la vie hypermoderne » – plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Les technologies de l’information nous obligent à revoir nos comportements et notre éthique, explique l’historien des religions Milad Doueihi dans une tribune au « Monde ». Se pose alors la question de notre autonomie face à l’automatisation.
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« Le numérique, un nouveau processus civilisateur »

Les technologies de l’information nous obligent à revoir nos comportements et notre éthique, explique l’historien des religions Milad Doueihi dans une tribune au « Monde ». Se pose alors la question de notre autonomie face à l’automatisation.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 13h19
    |

Milad Doueihi (Philosophe, historien des religions et spécialiste du numérique)







                        



                                


                            

Tribune. Dans un texte retraçant sa vie et son œuvre, le sociologue Norbert Elias observe que « nous sommes des barbares modernes ». J’ai envie de dire que nous sommes plutôt aujourd’hui des sauvages modernes soumis à un nouveau processus civilisateur, le numérique. Mais des sauvages qui ne sont plus les habitants de contrées lointaines ni de continents inconnus. Bien au contraire, c’est l’ensemble des habitants du globe, des simples citoyens aux geeks eux-mêmes, qui sont confrontés aux mutations portées par le numérique.
Dans un tel contexte, l’histoire de la CNIL nous offre une illustration précieuse de l’évolution de nos rapports avec l’information et surtout des transformations de l’environnement numérique lui-même. Nul besoin de rappeler ici le changement du statut des ­ « fichiers », ni même de l’identité, à l’ère des traces et des données massives, pour ne rien dire des frontières, de la vie privée.
Tournant éthique
Nous avons certes beaucoup d’explications sur ce qui a changé depuis l’arrivée du premier Net, suivi du Web et maintenant des plates-formes dites « sociales ». On constate un fait marquant : au-delà des enjeux économiques reste pour certains une angoisse face à cette réalité émergente, une condition qui nous impose un point de vue inhabituel, car il nous semble parfois perdre le contrôle et la maîtrise de nos vies, de nos destins et de notre avenir. Pour d’autres, il s’agit bien d’une nouvelle aventure du genre humain dans son évolution et dans sa capacité à s’adapter et à changer.
Le plus frappant, c’est bien le tournant éthique dans nos rapports avec le numérique. Ethique appliquée comme dans le cas des voitures autonomes, éthique ambiante comme dans le cas des objets connectés, et j’en passe. Comme si l’éthique était devenue indissociable des traces et des données. Face aux tout-puissants algorithmes, à une intelligence artificielle censée dépasser l’humain, ce sont bien les questions de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le témoignage de la gymnaste, entrée dans l’histoire lors des Jeux de 1976 à Montréal, donne un aperçu des années de misère et de privations qu’a endurées le peuple roumain sous l’ère Ceausescu.
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Les vérités de Nadia Comaneci

Le témoignage de la gymnaste, entrée dans l’histoire lors des Jeux de 1976 à Montréal, donne un aperçu des années de misère et de privations qu’a endurées le peuple roumain sous l’ère Ceausescu.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h47
    |

            Elisabeth Pineau








                        



                                


                            

Livre. De ses années à vivre épiée sous le régime Ceausescu, Nadia Comaneci a longtemps gardé le verbe rare, contrôlé. « Parler ne m’intéressait même plus et encore moins exprimer ce que je pensais », raconte-elle dans Lettres à une jeune gymnaste, son autobiographie traduite pour la première fois en français. La gymnaste, entrée dans l’histoire lors des Jeux de 1976 à Montréal, a refusé des années durant de s’épancher sur sa carrière et de se remémorer certains épisodes enfouis dans sa mémoire, « soulagée de ne pas avoir à [s]’en souvenir ». Aussi cet ouvrage a-t-il une visée cathartique.
Nadia Comaneci y relate son enfance « heureuse » à Onesti, un village des Carpates, au sein d’une famille modeste. A 6 ans, elle intègre l’école expérimentale de gym dirigée par l’entraîneur Bela Karolyi et sa femme, se pliant quotidiennement à quatre à six heures de travail acharné. Paradoxalement, elle combat les idées reçues la réduisant à un automate : elle n’a « jamais considéré la gymnastique comme un sacrifice », ni vécu la discipline comme « une torture ».
Conçu sous forme de réponses aux questions que serait tentée de lui adresser une jeune athlète, le style épistolaire est simple, voire simpliste. Elle aborde tour à tour la pression, les dégâts physiques et psychologiques que peut infliger le sport de haut niveau en donnant le sentiment d’avoir été épargnée par les travers qui y sont généralement associés. « Je ne dis pas que tous les entraîneurs se comportent bien ou que peu de jeunes filles ont des troubles de l’alimentation (…). Je dis simplement que je n’ai jamais eu à gérer ce genre de choses. » 
« Tout ça n’est que fantasmes »
Son récit des Jeux de 1976 – où elle fut la première gymnaste dans l’histoire olympique à obtenir la note maximale de 10 – souligne un détachement, encore des années après, à l’égard d’un événement qui l’a dépassée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ A l’occasion du Forum économique mondial de Davos, un collectif de chefs d’entreprise et d’experts, parmi lesquels Isabelle Kocher, Clara Gaymard, Gilles Schnepp et Geneviève Férone Creuzet, dans une tribune au « Monde », appelle à l’invention d’un capitalisme renouvelé et responsable.
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« Une nouvelle répartition des missions entre Etats et entreprises se profile »

A l’occasion du Forum économique mondial de Davos, un collectif de chefs d’entreprise et d’experts, parmi lesquels Isabelle Kocher, Clara Gaymard, Gilles Schnepp et Geneviève Férone Creuzet, dans une tribune au « Monde », appelle à l’invention d’un capitalisme renouvelé et responsable.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 13h04
    |

un collectif de chefs d'entreprise et d'experts







                        



                                


                            
Tribune. Plus de trois mille représentants d’une centaine de pays animent ces jours-ci les débats du Forum économique mondial, à Davos, pour « créer un avenir commun dans un monde fracturé », thème retenu cette année. Davos 2018 est coprésidé par sept femmes, parmi lesquelles Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie et, notamment, administratrice de l’Institut du capitalisme responsable (ICR), think tank animé par les signataires de ce texte.
Les états nouent des partenariats avec les entreprises désireuses de s’impliquer davantage dans les domaines de la responsabilité
Nous sommes conscients de l’état du monde et des nombreuses menaces auxquelles les nations peinent à trouver des réponses. Les acteurs politiques « éclairés » ont besoin d’alliés solides. L’entreprise et la société civile pourraient constituer cet appui. Si l’entreprise ne représente certes pas l’intérêt général, la durabilité de son modèle de croissance la légitime comme partenaire efficace.
Une nouvelle répartition des missions se profile. Les Etats, qui voient leurs ressources financières se raréfier, continuent à réguler mais ils modifient leur mode d’intervention. Pour faire avancer les grandes causes environnementales ou sociales, ils nouent des partenariats avec les entreprises désireuses de s’impliquer davantage dans les domaines de la responsabilité. Les Etats peuvent s’en remettre à leurs savoir-faire, leurs capacités à innover, à déceler et financer les technologies et les talents. L’impulsion politique reste indispensable mais, avec l’entreprise, elle a trouvé un moteur décisif. Quand l’impulsion d’entreprises pionnières débouche sur la généralisation d’initiatives efficaces pour la société, l’Etat doit intervenir dans un second temps pour les inscrire dans un cadre réglementaire pérenne.
Une image souvent médiocre de l’entreprise
L’engagement des entreprises nécessite cependant l’inflexion de deux tendances majeures. D’abord, cet engagement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Le gouvernement a tardé à prendre la mesure du mécontentement des personnels pénitentiaires, en grève depuis dix jours. Mais les propositions formulées lors des négociations ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.
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Prisons : une crise lancinante

Editorial. Le gouvernement a tardé à prendre la mesure du mécontentement des personnels pénitentiaires, en grève depuis dix jours. Mais les propositions formulées lors des négociations ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 10h45
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le conflit social dans les prisons françaises est dans l’impasse. Après dix jours de blocage des établissements pénitentiaires, ce qui en fait le plus long mouvement depuis vingt-cinq ans, les négociations entre les syndicats de surveillants et la ministre de la justice, Nicole Belloubet, ont échoué, mardi 23 janvier. Cette protestation, qui a pris par surprise le gouvernement, n’a pourtant rien d’étonnant au regard de l’état du système carcéral.

        Lire aussi :
         

                Prisons : les syndicats se disent « prêts à négocier » sous certaines conditions



La surpopulation (69 714 détenus pour 59 165 places) et la vétusté de beaucoup d’établissements ont fini par générer des conditions de détention indignes pour les uns et un environnement de travail dégradé pour les autres. Le cercle vicieux est implacable. La promiscuité est un terreau favorable à la violence, qui elle-même appelle une discipline brutale, entretenant ­incompréhension et mépris de part et d’autre des barreaux.
Dans de telles conditions, la partie valorisante du métier de surveillant, l’accompagnement personnalisé des détenus, disparaît au profit du rôle de porteur de clés uniquement là pour gérer les allées et venues des cellules vers la cour de promenade ou les parloirs. Ce huis clos où la tension est permanente se trouve généralement loin des regards. Il s’est construit avec l’assentiment tacite d’une société qui cherche avant tout à ne plus entendre parler de ceux qu’elle a condamnés, entraînant dans un même sort ceux qu’elle a chargés de les surveiller.

        Lire aussi :
         

                En chiffres : surveillant de prison, un métier exposé



Il a suffi d’une étincelle, l’agression, le 11 janvier, par un détenu djihadiste de trois surveillants du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), pour mobiliser une profession qui réclame légitimement plus de moyens pour mieux se protéger et plus de considération pour mieux exercer son métier.
Si le phénomène de la radicalisation en prison constitue la nouveauté de ce conflit social et même s’il s’amplifie, il ne concerne qu’une minorité de surveillants. Le nombre de personnes détenues pour des faits liés au terrorisme est passé de 241 à 505 en deux ans, tandis que 1 500 détenus de droit commun sont considérés comme radicalisés. Le djihadisme en prison est un problème complexe, dont on n’a pas encore véritablement pris la mesure, mais il n’est qu’une des facettes d’une crise structurelle du système carcéral français.
Pas de baguette magique
Celle-ci ne se réglera pas d’un coup de baguette magique. Les prisons souffrent d’un sous-investissement chronique. Le plan en cours de construction de 15 000 places sera étalé jusqu’en 2025. Il aura donc un impact marginal sur les capacités d’ici à la fin du quinquennat. Parallèlement, le développement des peines alternatives à la prison n’aura d’effet qu’à long terme, tant la révolution culturelle à mener sur ce plan s’annonce difficile.
Reste que le gouvernement a tardé à prendre la mesure du mécontentement. Il était temps que des négociations s’ouvrent sur les questions d’effectifs pour combler les postes vacants ; de sécurité, en durcissant les règles concernant les fouilles des détenus et en améliorant les équipements de sécurité ; de rémunération, enfin, afin de rendre ce métier un peu plus attrayant. L’écart entre les revendications des gardiens et les propositions du gouvernement est proportionnel au désintérêt de la société dans son ensemble pour l’univers carcéral. Les rapprocher ne sera que la première étape d’un processus plus ambitieux pour rendre enfin nos prisons un peu moins indignes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Analyse. Pour la journaliste Isabelle Rey-Lefebvre, le projet Macron n’est pas seulement d’organiser une péréquation entre organismes riches et pauvres, mais surtout de les transformer tous en entreprises à structure capitalistique, avec des actionnaires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Macron, le président qui voulait privatiser les HLM

Analyse. Pour la journaliste Isabelle Rey-Lefebvre, le projet Macron n’est pas seulement d’organiser une péréquation entre organismes riches et pauvres, mais surtout de les transformer tous en entreprises à structure capitalistique, avec des actionnaires.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 17h06
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Analyse. Depuis son élection, Emmanuel Macron a, à plusieurs reprises, sonné la charge contre le logement social : « J’ai deux problèmes avec les HLM. Il y a trop d’organismes, près de 800, et il faut opérer un regroupement en deux à trois ans. Ensuite, il n’y a pas de bonne circulation du capital, justifiait-il, le 6 octobre 2017, devant les professionnels du bâtiment. Il y a des organismes qui ont des trésors et ne construisent pas, tandis que d’autres n’ont pas du tout d’argent. Alors, annonçait-il, on va un peu baisser les loyers et les APL [aide personnalisée au logement] et, après une analyse honnête, on va recapitaliser les organismes fragilisés. »
Les efforts réclamés au secteur sont conséquents, puisqu’ils les privent de 7 % des recettes (22 milliards d’euros de loyers perçus par an)
Lors d’un entretien télévisé sur TF1, le 17 octobre, il réitérait ses critiques : « Il faut changer le logiciel dans le secteur du logement social. On met de la dépense publique, légitime dans le secteur HLM, on continuera à le faire, mais on met aussi beaucoup de dépenses publiques pour solvabiliser les ménages qui sont dans ces logements. On est le pays en Europe qui est quasiment le moins efficace pour le traitement des mal-logés ! Le gouvernement va demander aux acteurs du logement social d’un peu baisser les loyers (…), en face, on va baisser d’autant les APL. »
La première étape devait conduire à réduire les aides au logement et les loyers HLM, à hauteur de 1,5 milliard d’euros, mesure actée dans la loi de finances pour 2018. Après de rudes négociations, le prélèvement payé par les bailleurs sociaux a été étalé sur trois ans, à raison de 800 millions d’euros en 2018, 800 autres en 2019 et 1,5 milliard à partir de 2020. Les efforts réclamés au secteur sont conséquents, puisqu’ils les privent de 7 % des recettes (22 milliards d’euros de loyers perçus par an) et de 70 % de leurs investissements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ « Titeuf, 25 ans et toutes ses dents », un hors-série du « Monde », 122 pages, 8,50 €, en kiosques sur Boutique.lemonde.fr.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Titeuf, le succès insolent

« Titeuf, 25 ans et toutes ses dents », un hors-série du « Monde », 122 pages, 8,50 €, en kiosques sur Boutique.lemonde.fr.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 12h01
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Hors-série. En 2003, le magazine Lire faisait sa couverture avec l’interrogation suivante : « Pour ou contre Titeuf ». Dans un dossier de quinze pages, le magazine interrogeait parents, enfants, enseignants, psychanalystes, linguistes, sans conclure vraiment. Le Monde, lui, a choisi « son camp » en publiant, en 2015, une planche bouleversante où le père de Titeuf faisait mourir son héros pour protester contre le drame des réfugiés syriens, et en consacrant aujourd’hui son nouveau hors-série « Une vie, une œuvre » au héros imaginé par Philippe Chappuis, alias Zep.
Au regard de l’histoire récente de la bande dessinée, Titeuf peut être vu comme une anomalie. Né au début des années 1990, le personnage a connu un succès insolent au cours des deux décennies suivantes, qui sont celles de l’avènement du roman graphique, de l’autofiction dessinée et de la BD du réel (reportages, documentaires, biographie…).
La créature de Zep n’a pas grand-chose à voir avec ces sous-genres, qui sont autant de symptômes de la vitalité renouvelée du 9e art. Série d’humour conçue sous la forme de gags en une planche, Titeuf s’avère être plutôt une BD « à l’ancienne », qui n’aurait pas juré à l’époque où le médium s’adressait uniquement aux enfants, auxquels étaient alors proposés des héros qui étaient soit des aventuriers, soit des enfants eux-mêmes.
« Novlangue titeufienne »
Si l’écolier à l’incoiffable mèche blonde, en quinze albums, a pu traverser à contre-courant les tendances éditoriales sans jamais quitter le classement des meilleures ventes, c’est parce qu’il a su dépasser le rôle dans lequel on a eu tendance à l’enfermer, celui d’un cancre grossier, expert en bévues.
Le génie de Zep est d’avoir su utiliser la candeur de son personnage pour questionner la société à travers un certain nombre de grands thèmes comme l’intolérance à l’écologie, la religion, la place des handicapés ou le pouvoir de l’argent. Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Une unité mixte de recherche mathématique franco-britannique vient d’être inaugurée à Londres. Elle porte le nom d’un savant français émigré à Londres après la révocation de l’édit de Nantes.
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La science, internationale et universelle

Une unité mixte de recherche mathématique franco-britannique vient d’être inaugurée à Londres. Elle porte le nom d’un savant français émigré à Londres après la révocation de l’édit de Nantes.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 11h27
    |

                            Etienne Ghys (Mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Carte blanche. La science doit être internationale même pendant les périodes politiquement difficiles. Cela est particulièrement vrai pour les mathématiques qui n’ont pas besoin de matériel lourd et se développent en grande partie à travers des discussions entre collègues. Les courriers électroniques et Skype ne remplacent pas les ­contacts directs. Le Brexit a été ressenti comme une terrible nouvelle par la communauté scientifique. Les Britanniques craignent que leurs universités n’attirent moins les étudiants européens, et les scientifiques européens ont peur que les séjours de longue durée au Royaume-Uni ne soient compliqués pour des raisons administratives.
Comme pour répondre (très partiellement) à cette difficulté, une unité mixte ­internationale (UMI) dans le domaine des mathématiques a été inaugurée à Londres le 15 janvier. Il s’agit d’un laboratoire géré ­conjointement par l’Imperial College et l’INSMI (Institut national des sciences mathématiques et leurs interactions : le CNRS adore les acronymes). Le CNRS peut y attribuer des crédits ou du personnel, comme dans les autres laboratoires français. La nouvelle UMI, le laboratoire Abraham-de-Moivre, est la première de ce genre en Angleterre et vient s’ajouter à 36 autres un peu partout sur la planète, dont 9 en mathématiques.
Le nom choisi pour ce nouveau laboratoire illustre bien notre histoire mathématique commune. Abraham de Moivre est né en 1667 à Vitry-le-François. De confession protestante, la révocation de l’édit de Nantes en 1685 le force à émigrer à Londres. Un peu plus tard, il prendra la nationalité anglaise, sera élu à la Royal Society, et deviendra un ami de Newton. Son nom est associé à l’un des résultats les plus importants de la théorie des probabilités, qu’on appelle parfois théorème de Moivre-Laplace, ou, de manière plus neutre, le théorème central limite, mais qu’on attribue aussi à (l’Allemand) Gauss. Comme souvent, une idée, surtout si elle est essentielle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ En réaction aux propos tenus dans le « M Le magazine du Monde » par Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil, les deux anciens de la Ligue communiste révolutionnaire défendent le message et les valeurs de Mai 68 dans une tribune au « Monde ».
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Alain Krivine et Alain Cyroulnik : « Eh bien non, nous n’allons pas enterrer Mai 68 »

En réaction aux propos tenus dans le « M Le magazine du Monde » par Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil, les deux anciens de la Ligue communiste révolutionnaire défendent le message et les valeurs de Mai 68 dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 11h55
    |

Alain Krivine (Ancien dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire) et Alain Cyroulnik (Membre du collectif Ensemble, ancien membre du bureau p...







                        



                                


                            
Tribune. Dans quelques mois, on va fêter les 50 ans de Mai 68. Plusieurs dizaines de livres sont déjà parus et d’autres se préparent. « M Le magazine du Monde »(du 6 janvier) vient même de nous avertir que Daniel Cohn-Bendit et Romain Goupil préparent un film pour la télévision…

Entre Sarkozy qui voulait « liquider une bonne fois pour toutes l’héritage de Mai 68 » et ceux qui veulent le réduire à une révolution culturelle et sexuelle qui aurait modernisé nos mœurs, il y a surtout l’envie d’effacer dans la mémoire sociale ce que représente, pour les générations qui l’ont fait et celles qui ont suivi, la dimension subversive de ce qui reste la plus grande grève générale de l’histoire sociale française, dans l’héritage de la Commune de Paris ou de la grève de 1936 ! Une volonté d’écrire un roman historique français débarrassé de la lutte des classes et des massacres coloniaux, où il ne resterait plus que Charlemagne, Saint Louis, Jeanne d’Arc sur le bûcher, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle et… « Jupiter Macron ».

Ce dernier hésite à fêter 68. Il hésite entre la manif ouvrière du 13 mai ou le défilé réactionnaire du 30 mai. Mais pourquoi ne pas fêter, tant qu’il y est, les deux en même temps puisqu’il n’y a plus ni gauche ni droite ? Et puis, il a avec lui Cohn-Bendit et Goupil, ou, comme le dit Le Monde, « De Mai 68 à Macron, ou le parcours d’une génération ».
Une des plus grandes grèves de notre histoire
Eh bien non… Nous ne sommes pas pour « fêter ce 68-là » car nous ne sommes pas pour enterrer ce qui fut l’une des plus grandes grèves de notre histoire. N’en déplaise à Dany, qui réunissait toute la droite au Parlement européen par sa gouaille et un libéralisme qui n’avait plus rien à voir avec 68, ou Romain, qui se flatte de « s’être bien marré » et d’avoir tout abandonné : « Je ne supporte plus ­de voir un militant politique. C’est comme les anciens alcooliques,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Fiscalité, données personnelles, obsolescence programmée… Les géants du Net sont sous le feu des critiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/01/2018
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« Longtemps les chouchous de Davos, les Big Tech se retrouvent en position d’accusés »

Fiscalité, données personnelles, obsolescence programmée… Les géants du Net sont sous le feu des critiques.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 11h02
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au "Monde", envoyée spéciale à Davos, Suisse)








                        



                                


                            
Chronique. On sent comme un petit vent de panique sur les hauteurs de Davos (Suisse). L’économie mondiale a repris des couleurs, les barons de la finance relèvent la tête, Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne (BCE), ne vient même plus dispenser ses sages sentences pour rassurer les marchés sur l’état de l’euro – la monnaie unique va bien, merci. Mais quel est donc ce malaise insidieux qui vient troubler la fête ?
Certains l’ont baptisé, en anglais, le techlash, contraction du mot backlash, ou retour de bâton, et de technologie, puisque c’est elle la cible. Pas toute la technologie, bien sûr. Ceux qui sont sur la sellette depuis un peu plus d’un an, ce sont les géants américains de l’Internet, les « Big Tech », ceux que l’on surnomme GAFA en France (Google, Apple, Facebook, Amazon) et, depuis peu, les FANG en anglais (Facebook, Amazon, Netflix, Google).
Longtemps, ils ont été les chouchous de Davos, où étaient mises en valeur les promesses infinies qu’offraient leurs innovations pour le bienfait de l’humanité, sans parler des niveaux mirobolants atteints par leur capitalisation boursière. Ces deux ou trois dernières années, les interrogations suscitées par l’impact de l’accélération des avancées technologiques sur la société et le monde du travail se sont faites un peu plus pressantes dans les débats du Forum économique mondial.
Algorithmes malfaisants et « fake news »
Mais aujourd’hui, les Big Tech se retrouvent carrément en position d’accusés. Sur la fiscalité, l’utilisation des données personnelles, l’obsolescence programmée des produits, les phénomènes d’addiction dont les dirigeants de la Silicon Valley prennent soin de préserver leurs enfants tout en les encourageant dans le reste du monde, les algorithmes malfaisants, l’exploitation des contenus des médias traditionnels, les critiques ne cessent de pleuvoir.
Ajoutez à ces maux ceux des « fake news » et des interférences venues...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Antonio Casilli et Paola Tubaro, chercheurs, soulignent que la défense de nos informations personnelles ne doit pas exclure celle des droits des travailleurs de la donnée.
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Notre vie privée, un concept négociable

Dans une tribune au « Monde », Antonio Casilli et Paola Tubaro, chercheurs, soulignent que la défense de nos informations personnelles ne doit pas exclure celle des droits des travailleurs de la donnée.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 06h00
   





                        



                                


                            

Tribune. L’idée que nous nous faisons de la vie privée a profondément changé ces dernières années. Lorsque, en 1890, les juristes américains Samuel Warren et Louis Brandeis définissaient the right to privacy comme « le droit d’être laissé en paix », ils ignoraient qu’un siècle plus tard, cette définition n’aurait pas de sens pour 4 milliards d’êtres humains connectés. Nous n’assistons pas à sa fin, mais à la transformation de la notion héritée de la tradition étasunienne. Pour ceux d’entre nous qui sont activement en quête de correspondants, d’amis, de partenaires sur un réseau numérique, le souci de défendre nos informations personnelles d’ingérences extérieures se révèle accessoire par rapport au droit de savoir combien de personnes exactement les possèdent et quel usage en est fait.
Nos informations ne sont plus « chez nous ». Elles sont disséminées sur les profils Facebook de nos amis, dans les bases de données des commerçants qui tracent nos transactions, dans les boîtes noires algorithmiques qui captent le trafic Internet pour les services de renseignement. Il n’y a rien de plus collectif qu’une donnée personnelle. La question est donc moins de la protéger de l’action d’intrus qui cherchent à en pénétrer la profondeur que d’harmoniser une pluralité d’acteurs sociaux qui veulent y avoir accès.
Exit la notion de privacy comme pénétration qui était à la base de la loi Informatique et libertés de 1978, place à celle de privacy comme négociation. Communiquer des informations personnelles ou même sensibles à des tiers divers et variés fait désormais partie de l’expérience quotidienne de tout individu, que ce soit pour accéder à des biens commerciaux ou à des services publics. Il s’agit par exemple de consulter son compte Ameli, de vérifier un itinéraire sur son GPS, parfois d’organiser une rencontre sur Tinder ou de mesurer sa performance sportive par un bracelet connecté. Auparavant, le consentement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les signataires de « la tribune des 100 », dont font partie Catherine Deneuve et Catherine Millet, dénoncent les atteintes à la liberté des artistes. Ce que demandent ces professionnels de l’art, c’est à ce qu’on ne critique pas l’art, note l’historien de l’art Paul Bernard-Nouraud, dans une tribune au « Monde ».
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« Sous couvert de réclamer pour les artistes le droit de tout oser, leurs défenseurs s’accordent celui de dire n’importe quoi »

Les signataires de « la tribune des 100 », dont font partie Catherine Deneuve et Catherine Millet, dénoncent les atteintes à la liberté des artistes. Ce que demandent ces professionnels de l’art, c’est à ce qu’on ne critique pas l’art, note l’historien de l’art Paul Bernard-Nouraud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 18h21
    |

Paul Bernard-Nouraud (Historien d'art)







                        



                                


                            

Tribune. Un immense frisson parcourt depuis quelque temps la bourgeoisie d’art française. La dénonciation des viols, des agressions sexuelles et des atteintes quotidiennes à la dignité des femmes est à ses yeux le symptôme d’un rigorisme ambiant qui attente en définitive à son domaine en propre, à son bien : l’art. On voudrait l’exproprier, la déposséder. Pour le moment, seul l’art moderne et contemporain est concerné, mais ce sera bientôt tout l’art, c’est certain, que des foules de philistins et de zélotes, s’engouffrant dans la brèche des scandales sexuels, voudront soumettre à inventaire. Pareil retour à l’ordre s’est déjà vu.
Mais cette fois la bourgeoisie d’art française a décidé de réagir. Saisis tout à coup d’une même inquiétude, conservateurs, historiens et critiques d’art s’organisent. Il y a tant à faire. D’abord, il faut sauver Egon Schiele des mains des pudibonds Saxons, puis exfiltrer Balthus de celles des puritains. Il faudra sous peu songer à offrir asile à Poussin, à abriter Boucher, et puis Gauguin, et même à cacher Picasso, puisqu’aucun génie n’est dorénavant plus en sûreté nulle part.
Le cas Céline, sur lequel on croyait que régnait jusqu’à présent une jurisprudence précaire, est un nouveau coup de semonce. Bien sûr c’est un salaud, mais renoncer à imprimer ses ordures est une concession de Gallimard faite aux vandales qui lèsent l’humanité de tout un pan de son histoire et de sa littérature.

A Orsay, on ne regarde désormais plus sans angoisse les toiles orientalistes. Et si quelque association antiraciste, qui n’entend naturellement rien à l’art, exigeait qu’on les décroche ? Et si des féministes, aveugles, comme on sait, à la beauté véritable, elles qui saccagèrent la Vénus au miroir, de Vélasquez, en 1914, si leurs émules s’apercevaient que nombre d’académiciens ont peint les femmes comme des objets sexuels, et même certains enfants, orientaux notamment ?
Inconséquence et désinvolture
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Invitée à s’exprimer au World Economic Forum de Davos, Winnie Byanyima, directrice générale de l’ONG Oxfam, entend y dénoncer les inégalités, mais aussi indiquer que des réformes sont possibles.
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« Un monde où 82 % des richesses créées en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches »

Invitée à s’exprimer au World Economic Forum de Davos, Winnie Byanyima, directrice générale de l’ONG Oxfam, entend y dénoncer les inégalités, mais aussi indiquer que des réformes sont possibles.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 15h56
    |

Winnie Byanyima (Directrice générale d’Oxfam International)







                        



                                


                            

Tribune. Lorsque nous sommes enfants, on nous explique rarement que ce qui est récompensé dans la vie c’est la richesse, et non le travail ou le talent.
Ce serait pour moi un déchirement que de devoir annoncer à nos jeunes enfants que la bataille contre les inégalités de richesses est perdue d’avance. Comment leur expliquer que ce monde d’injustices, nous avons tous en partie contribué à le construire ? Un monde où 82 % des richesses créées l’an passé ont bénéficié aux 1 % les plus riches de la population.
Rien. Zéro
Dans le même temps, les 3,7 milliards de personnes constituant la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’ont vu aucune augmentation de leur richesse en 2017. Rien. Zéro. Le monde appartient aux plus fortunés, et il n’y a nulle part où cette injustice est plus criante qu’au travail.
Partout dans le monde, les grandes entreprises tirent les salaires et les conditions de travail vers le bas pour maximiser les rendements pour leurs actionnaires. Elles jouent de leur pouvoir et de leur influence pour biaiser les règles en leur faveur, coûte que coûte.

Nombre de nos Etats ne se contentent pas de laisser faire, ils y contribuent activement. Dans leur course effrénée à la croissance du PIB, ils réduisent la fiscalité des entreprises et privent la main-d’œuvre de ses droits et de la protection à laquelle elle aspire.
Résultat ? Des femmes dans des usines de confection bondées et surchauffées au Bangladesh, payées une misère pour coudre les vêtements que nous achetons à bas prix. Des personnels d’entretien qui font le ménage dans des chambres d’hôtel luxueuses et n’osent pas signaler le harcèlement sexuel dont ils font l’objet, par crainte de perdre leur emploi.
Une main-d’œuvre de l’industrie volaillère aux Etats-Unis, le pays le plus riche du monde, contrainte de porter des couches car elle n’est pas autorisée à prendre des pauses pour aller aux toilettes.
Actionnaires et...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le succès des ventes en ligne contraint la grande distribution à proposer aux consommateurs d’autres expériences et d’autres valeurs que d’acheter le moins cher possible, explique la spécialiste en marketing Elodie Huré, dans une tribune au « Monde ».
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« Pour garder leur attractivité, les points de vente physiques doivent se positionner comme des lieux de sortie et d’interactions »

Le succès des ventes en ligne contraint la grande distribution à proposer aux consommateurs d’autres expériences et d’autres valeurs que d’acheter le moins cher possible, explique la spécialiste en marketing Elodie Huré, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h52
    |

Elodie Huré (Professeur à Rennes School of Business)







                        



                                


                            

Tribune. Cinq milliards de commandes effectuées par les abonnés en 2017, tel est le bilan dévoilé début janvier par les dirigeants d’Amazon. Au même moment, Carrefour est à la peine, avec une chute des ventes malmenant sa valeur en Bourse. Alexandre Bompard, le PDG de l’enseigne, doit annoncer une nouvelle stratégie le 23 janvier.
Les analystes sont sceptiques, et on peut les comprendre. Car l’urgence est là. Amazon a montré sa force de frappe en matière d’e-commerce, mais, à l’instar du chinois Alibaba, l’enseigne a commencé aussi à investir dans les commerces physiques (rachat de Whole Foods en juin 2017). L’objectif de ces deux géants du Net est parfaitement clair : réinventer l’expérience des courses à l’ère numérique, et rafler la mise. Si Carrefour, longtemps fleuron du commerce de détail hexagonal, ne réagit pas, son avenir est fortement compromis.

Nos recherches montrent que la fonction utilitaire des lieux de vente physiques a cessé d’être la raison principale de l’intérêt des consommateurs à leur égard (« Understanding Omni-Channel Shopping Value : a Mixed-Method Study », de Claire-Lise Ackermann, Elodie Huré et Karine Picot-Coupey, Journal of Retailing and Consumer Services n° 39, novembre 2017). Grâce à la commodité que procure le fait de pouvoir acheter n’importe quoi, n’importe quand et de n’importe où, l’e-commerce a gagné sur ce terrain.
Lieux de sortie et d’interactions
Mais ces recherches mettent aussi en évidence, a contrario, que les clients continuent à vouloir se déplacer en magasin, parce qu’ils espèrent y passer des moments agréables et y faire des rencontres, deux fonctions auparavant secondaires.
Cette évolution est apparue clairement au moment où le concept des « drive » s’est popularisé. Nous avons constaté que l’intérêt pour les marchés de plein-vent et les petits commerçants s’était alors renforcé. Les clients se débarrassaient en quelques clics et en un coup de voiture...




                        

                        

