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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Alors que neuf millions de personnes souffrent d’isolement, le gouvernement veut poursuivre le combat engagé par la députée travailliste Jo Cox, assassinée en 2016.
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Au Royaume-Uni, une « ministre de la solitude » pour lutter contre l’isolement social

Alors que neuf millions de personnes souffrent d’isolement, le gouvernement veut poursuivre le combat engagé par la députée travailliste Jo Cox, assassinée en 2016.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 17h43
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Alors que le Brexit a commencé à plonger le Royaume-Uni dans un certain isolement diplomatique, le pays a décidé de lutter contre un nouveau fléau social : la solitude. Theresa May a nommé, mercredi 17 janvier, une secrétaire d’Etat chargée des personnes isolées et confié ces fonctions à Tracey Crouch, ministre des sports. Neuf millions de personnes (sur une population de 65,6 millions) souffrent de solitude au Royaume-Uni selon la Croix-Rouge et 200 000 personnes âgées affirment n’avoir parlé à aucun ami ou proche dans le mois précédent. La première ministre a affirmé vouloir « prendre des mesures contre la solitude endurée par les personnes âgées, ceux qui ont perdu des êtres chers, les gens qui n’ont personne à qui parler ».
La mobilisation gouvernementale sur ce sujet traduit la volonté de poursuivre le combat engagé par Jo Cox, la députée travailliste assassinée à 41 ans, le 16 juin 2016, dix jours avant le référendum sur le Brexit, par un sympathisant d’extrême droite devant une bibliothèque municipale où elle rencontrait ses électeurs. Alarmée par l’étendue du phénomène, Jo Cox avait créé une commission parlementaire sur la solitude qui avait recommandé la nomination d’un ministre ad hoc.

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                Joe Cox et les démons refoulés de l’Angleterre



La fondation qui perpétue sa mémoire a poursuivi ce travail en publiant, en décembre, un rapport qui a évalué à neuf millions le nombre de personnes isolées et estimé que l’altération à la santé liée à la solitude équivaut au fait de fumer quinze cigarettes par jour. Aux Etats-Unis, un ancien ministre de la santé, Vivek Murthy, écrit dans la Harvard Business Review que le fléau est associé à « un plus grand risque de maladies cardio-vasculaires, de maladies neurodégénératives, de dépression et d’anxiété » et devrait être combattu sur les lieux de travail.
Quantifier le phénomène
La nouvelle « ministre de la solitude » britannique doit mettre au point une méthode statistique pour quantifier le phénomène et aider financièrement les associations à multiplier les initiatives destinées à briser l’isolement. Il existe déjà des groupes comme Men in Sheds (partage de compétences et formation entre hommes âgés), Pies and Pints (repas du troisième âge dans des pubs) ou Knit and Natter (tricot et papotage). De même que des Alzheimer cafés, réunions mensuelles de personnes affectées par la maladie.
Les critiques ont fait remarquer qu’un gouvernement qui provoquait la fermeture de nombreuses bibliothèques publiques et de centres sociaux, du fait de sa politique d’austérité, était mal placé pour prétendre lutter contre la solitude. La frénésie des Britanniques pour les livraisons à domicile qui évitent de fréquenter les magasins et les restaurants est aussi débattue, de même que le rôle pervers des réseaux sociaux. « La solitude est une construction culturelle, une affaire de mode de vie. C’est l’enfant de l’union entre l’analphabétisme social et le paradigme néolibéral », écrit Stewart Dakers, qui tient une chronique sur le troisième âge dans le Guardian. 
Plus inattendu, un autre éclairage a été donné par Kim Leadbeater, sœur cadette de Jo Cox. Alors que la députée assassinée a laissé le souvenir d’une femme rayonnante, confiante et ouverte, sa sœur a expliqué les raisons intimes de sa croisade contre la solitude. Jeune fille issue d’une famille populaire du nord de l’Angleterre, Jo Cox avait souffert d’isolement lors de ses études dans la très huppée université de Cambridge et téléphonait souvent à sa sœur Kim pour en parler. Elle avait aussi traversé des périodes de blues, après la naissance de son premier enfant, lorsqu’elle s’était retrouvée seule dans la journée avec le bébé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Depuis vingt-sept ans, l’utilisation de la dénomination « Macédoine » par l’ancienne république yougoslave est un sujet de litige avec la Grèce.
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D’où vient le contentieux gréco-macédonien ?

Depuis vingt-sept ans, l’utilisation de la dénomination « Macédoine » par l’ancienne république yougoslave est un sujet de litige avec la Grèce.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 15h14
    |

                            Eddie Rabeyrin








                        



   


Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, devait rencontrer, mercredi 24 janvier, son homologue macédonien Zoran Zaev au Forum de Davos, dans leur tentative de régler le contentieux sur le nom de l’ancienne république yougoslave. Dimanche 21 janvier à Thessalonique, principale ville de la région grecque de Macédoine, un rassemblement à l’initiative d’organisations nationalistes a réuni réuni plus de 90 000 personnes. Les manifestants protestaient contre le maintien du nom « Macédoine » dans l’appellation de la jeune république voisine, poursuivant ainsi une vieille querelle qui, depuis bientôt trois décennies, empoisonne les relations entre Skopje et Athènes.
A l’origine du contentieux
Le différend gréco-macédonien concernant le nom du pays est apparu au moment de l’indépendance de la République de Macédoine en 1991. Jusque-là, la dénomination « Macédoine » ne posait pas de problème à la Grèce car il ne s’agissait que d’un Etat au sein de la République fédérale de Yougoslavie.
Mais, en devenant un Etat souverain, la Macédoine s’est également mise à revendiquer l’héritage historique et culturel qui est associé à la région, avec des références à Alexandre le Grand ainsi qu’à son père Philippe II, qui font partie de la mémoire grecque. Athènes craint aussi des visées territoriales de Skopje sur le nord de la Grèce, qui abrite une part importante de la Macédoine historique. « Les Grecs ont eu l’impression qu’on leur volait une partie de leur capital symbolique, auquel ils ont conscience de devoir beaucoup. Leur Etat s’est lui aussi construit à partir d’une référence à l’Antiquité, qui leur a permis de bénéficier de l’appui de l’Occident », rappelle Georges Prévélakis, géopoliticien spécialisé dans la question des Balkans.
La Grèce a donc tout fait pour bloquer la reconnaissance de l’Etat macédonien. Si bien que ce dernier a dû rejoindre l’ONU sous un nom « provisoire » : l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM). C’est d’ailleurs cette dénomination que la plupart des pays européens, tels que la France et l’Allemagne, utilisent pour désigner le pays. Il est en revanche reconnu sous le nom de « Macédoine » par les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni.
Au-delà de son aspect symbolique, le contentieux a des conséquences très concrètes pour le jeune Etat. En effet, la Grèce a placé le pays sous embargo de février 1994 à octobre 1995, et ce dernier n’a été levé qu’après que la Macédoine a accepté de changer son drapeau, sur lequel figurait le soleil de Vergina, symbole des rois macédoniens. Depuis, Athènes met son veto à l’entrée de la Macédoine dans l’Union Européenne et dans l’OTAN.
La construction d’une identité nationale
Comme beaucoup de ses voisins des Balkans, la Macédoine abrite une population multi-ethnique. Les deux principales composantes en sont les Slaves orthodoxes (deux tiers de la population) et les musulmans albanais (environ un quart), auxquelles s’ajoutent d’autres ethnies minoritaires comme les Turcs, les Roms et les Serbes.
« L’Etat avait besoin de trouver un référence identitaire qui permette de construire une mythologie nationale. Celle-ci est plus ou moins artificielle, mais, en se référant à la Macédoine antique, elle permet de dépasser la contradiction entre les deux principales identités [les Slaves et les Albanais] et de s’appuyer sur le territoire », analyse Georges Prévélakis.
Au pouvoir entre 2006 et 2016, le gouvernement de droite de Nikola Gruevski avait cultivé la veine nationaliste en lançant un programme de construction de monuments et statues d’Alexandre le Grand ou Philippe II, exacerbant les tensions avec Athènes. « Cette référence fonctionne mieux auprès des Slaves que des Albanais, juge M. Prévélakis. Mais ces derniers ne se comportent pas de façon monolithique : certains sont en faveur de l’unité du pays tandis que d’autres peuvent être tentés par le projet de la Grande Albanie. » 
Bientôt un réglement du contentieux ?
L’arrivée au pouvoir en mai 2017 d’un premier ministre social-démocrate, Zoran Zaev, a changé la donne. Les parties grecques et macédoniennes semblent aujourd’hui décidées à trouver une solution. Les émissaires des deux pays se sont rencontrés mercredi 17 janvier à New York sous l’égide de l’ONU pour en discuter.

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                La délicate intégration économique des Balkans occidentaux



« Il y a une forte pression des Américains sur M. Tsipras pour régler cette affaire. L’urgence vient de la proximité du Moyen-Orient déstabilisé et de la stratégie lente de poussée vers le sud de la Russie », estime M.Prévélakis. Mais le premier ministre grec de gauche radicale se heurte à l’opposition de son partenaire de coalition, le ministre de la défense, Panos Kammenos, président des Grecs indépendants.
Un règlement du contentieux gréco-macédonien pourrait débloquer l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN et l’Union européenne. Les discussions, sous l’égide de l’émissaire onusien Matthew Nimetz, portent sur des propositions autour d’un nom mixte tel que « Macédoine du Nord » ou  « Nouvelle Macédoine ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Carmen Reinhart estime que la BCE devra en 2018 ne pas surestimer la pérennité et l’ampleur de la reprise, et aussi résister à la pression de plus en plus forte exercée par l’Allemagne en faveur d’une normalisation plus agressive.
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Banque centrale européenne : les vraies raisons de la « normalisation »

Dans cette chronique, l’économiste Carmen Reinhart estime que la BCE devra en 2018 ne pas surestimer la pérennité et l’ampleur de la reprise, et aussi résister à la pression de plus en plus forte exercée par l’Allemagne en faveur d’une normalisation plus agressive.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h00
    |

Carmen Reinhart (Professeure de finance internationale à la Kennedy School of Government de l’Université Harvard)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. La « normalisation » de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui a annoncé la diminution de ses achats d’actifs financiers de 60 milliards à 30 milliards d’euros à partir de janvier, n’est sans doute pas motivée par le niveau d’inflation dans la zone euro : celui-ci reste bien inférieur à sa valeur cible de 2 %, et l’attente en matière d’inflation reste nettement en dessous de cette valeur, même si elle a légèrement augmenté récemment et s’est accompagnée d’une remontée de la confiance. Selon la BCE elle-même, la hausse des prix ne devrait pas atteindre 2 % de sitôt.
Alors qu’en Allemagne, le chômage est inférieur à 4 %, il est encore de 9 % en moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne
S’agit-il alors d’anticiper la croissance à venir ? La BCE a en effet révisé à la hausse ses prévisions de croissance. On pourrait donc croire que le taux d’intérêt « naturel » (hors inflation) augmente parallèlement à la production réelle, qui elle-même se rapprocherait de la production potentielle dans une grande partie de la zone euro.
Néanmoins, selon les prévisions de l’OCDE pour 2017 et 2018, « l’écart de production » (entre production réelle et potentielle) de la plupart des pays de la zone euro, à l’exception de l’Allemagne et de l’Irlande essentiellement, montre que subsiste une marge de progression souvent importante. Alors qu’en Allemagne, le chômage est maintenant inférieur à 4 % – son niveau le plus bas depuis la réunification –, il est encore de 9 % en moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne. Dans ces conditions, il est trop tôt pour considérer que la crainte d’une surchauffe de la zone euro est la principale cause de la normalisation de la politique monétaire.
La règle de Taylor
Cette normalisation pourrait avoir d’autres causes que la BCE préfère ne pas dévoiler, par exemple la stabilité bancaire et financière. La menace que font peser des taux d’intérêt trop bas trop longtemps sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’entreprise est accusée d’avoir versé d’énormes sommes à son client Apple pour qu’il ne s’approvisionne pas auprès de ses rivaux.
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Bruxelles inflige au groupe américain Qualcomm une amende de près d’un milliard d’euros

L’entreprise est accusée d’avoir versé d’énormes sommes à son client Apple pour qu’il ne s’approvisionne pas auprès de ses rivaux.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 17h58
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Margrethe Vestager a encore frappé. Et fort : mercredi 24 janvier, la commissaire à la concurrence a annoncé une amende de près d’un milliard d’euros (997 millions d’euros) à l’encontre du géant américain de composants électroniques Qualcomm, accusé d’avoir versé d’énormes sommes à son client Apple pour qu’il ne s’approvisionne pas auprès de ses rivaux. Des pratiques considérées comme un abus de position dominante, en contradiction avec les règles de l’Union européenne (UE) sur les pratiques anticoncurrentielles.
« Qualcomm a illégalement évincé ses concurrents », a déclaré la Danoise. Selon la commissaire, Qualcomm « a versé des milliards de dollars » à Apple pour s’assurer sa fidélité, le contrat entre les deux géants du numérique courant sur 2011-2016.
« Ces paiements n’étaient pas de simples réductions de prix, mais étaient effectués à la condition qu’Apple utilise exclusivement les puces de Qualcomm dans tous ses iPhone et ses iPad. Cela signifie qu’aucun rival ne pouvait lutter contre Qualcomm sur ce marché, peu importe la qualité de leurs produits », a expliqué Mme Vestager, mercredi.
L’amende représente plus de 4 % du chiffre d’affaires 2017 du groupe américain. « J’espère qu’elle sera dissuasive », a précisé la commissaire. Elle sera directement versée au budget de l’UE, comme c’est le cas dans les affaires d’abus de position dominante en Europe.
Le fabricant a annoncé sa volonté de faire appel. « Nous sommes certains que cet accord [avec Apple] n’enfreint pas les règles de la concurrence de l’Union européenne », a déclaré Donald Rosenberg, vice-président de Qualcomm.
Enquête ouverte en 2015
Le 12 octobre, les autorités taïwanaises avaient déjà imposé une amende record de plus de 770 millions de dollars au constructeur, pour atteinte à la concurrence et manipulation de prix dans une autre enquête, lancée en 2015.

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                Qualcomm condamné pour abus de position dominante en Chine



A Bruxelles, une enquête avait également été ouverte en 2015 par la Commission. Qualcomm est de loin le premier fournisseur de circuits intégrés pour les smartphones. La Commission s’est intéressée tout particulièrement à une gamme de produits : des systèmes de processeurs LTE, du nom de la norme de téléphonie de troisième et quatrième générations, pour réseaux 3G et 4G. Sur ce créneau particulièrement porteur, la multinationale détenait une part de marché écrasante, de l’ordre de 90 %, entre 2011 et 2016. selon Bruxelles.
Intel est également présent sur ce marché, mais comme d’autres concurrents de Qualcomm, il s’est vu barrer l’accès à Apple, un client pourtant majeur, qui représentait environ un tiers de la demande mondiale pour ces composants sur la période du contrat avec Qualcomm, selon la Commission. Le fabricant des iPhone et des iPad n’a commencé à se fournir auprès d’Intel qu’à partir du moment où le contrat avec Qualcomm est arrivé à expiration, courant 2016.
« Se faire concurrence sur la base du mérite »
« Les multinationales en position dominante doivent se faire concurrence sur la base du mérite. C’est aussi simple que cela », a asséné Mme Vestager, se réjouissant néanmoins que ce marché ultraconcentré des composants pour smartphones soit « davantage concurrentiel aujourd’hui ».
Avec cette nouvelle condamnation, Mme Vestager prouve à nouveau qu’elle n’a pas froid aux yeux. Depuis qu’elle est en poste (fin 2014) à Bruxelles, elle a redonné à la politique concurrentielle de l’Union tout son lustre. A son actif, notamment, trois enquêtes pour abus de position dominante, et une amende contre le géant Google pour violation des règles de la concurrence contre Google. Ou encore l’obligation faite à Apple de rembourser pour 13 milliards d’euros d’aides d’Etat à l’Irlande, et les condamnations d’Amazon et de Starbucks, également pour aides d’Etat, respectivement du Luxembourg et des Pays-Bas.
Son aura est telle que son nom revient avec insistance, aujourd’hui, pour prendre la tête de la présidence de la Commission fin 2019, à la fin du mandat de Jean-Claude Juncker. La Danoise, issue de la famille libérale européenne, refuse de confirmer si elle sera candidate à ce poste. Elle s’est contentée de souhaiter un deuxième mandat à la concurrence, dans le quotidien économique belge L’Echo du 16 janvier : « Avec un deuxième mandat, je sens qu’on peut faire des choses fantastiques. » « C’est un superbe poste », a-t-elle insisté, mercredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les travaillistes pro-européens contestent la ligne de Jeremy Corbyn et souhaitent que le Royaume-Uni reste dans le marché unique européen.
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Brexit : l’ambiguïté du Labour  de plus en plus critiquée

Les travaillistes pro-européens contestent la ligne de Jeremy Corbyn et souhaitent que le Royaume-Uni reste dans le marché unique européen.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h16
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Dans la partie de poker menteur du Brexit, le Parti travailliste de Jeremy Corbyn n’est pas le dernier à jouer sur les mots. Logiquement, le Labour devrait se poser en grand parti anti-Brexit. Suivant sa consigne, les deux tiers de ses électeurs ont voté pour rester dans l’Union européenne au référendum de juin 2016 et l’immense majorité de ses députés pourfendent le Brexit. Pourtant, le parti est loin de s’y opposer frontalement, de peur de désespérer ses partisans pro-Brexit, souvent résidents des quartiers populaires dans les villes du nord de l’Angleterre.
De fait, les deux tiers des circonscriptions tenues par le Labour ont voté majoritairement pour le Brexit. « Nous ne pouvons pas contourner le résultat du référendum et dire aux gens que leur décision était stupide, explique Emily Thornberry, ministre des affaires étrangères du  « cabinet fantôme » Labour. Notre devoir est maintenant d’unir le pays, de rassembler les 52 % et les 48 %. Nous devons quitter l’UE mais nous n’avons pas besoin d’aller très loin. » 
Pourtant, au sein même du Labour, des voix s’élèvent pour sortir de la confusion et infléchir le message de la formation dans un sens proeuropéen. Le dilemme se concentre sur la question du maintien ou non du Royaume-Uni dans le marché unique. Les proeuropéens y sont favorables, au nom de la préservation des liens avec le continent et de l’emploi, que l’instauration de droits de douane compromettrait.

Mais Jeremy Corbyn l’a répété sur ITV le 14 janvier : pour lui, sortir de l’Union européenne suppose de sortir du marché unique. Le vieux militant d’extrême gauche ne porte pas l’Union dans son cœur. Ambigu, il se pose en leader d’un parti qui accepte le Brexit mais, s’il arrivait au pouvoir, négocierait un accord commercial offrant « exactement les mêmes avantages » que le marché unique après le Brexit.
Possibles surprises
Le rejet du marché unique par le chef du Labour a déclenché l’ire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les présidents du Bundestag et de l’Assemblée nationale appellent à renforcer la zone euro.
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Schäuble et de Rugy : « Plus la France est forte, mieux c’est pour l’Allemagne et pour l’Europe »

Les présidents du Bundestag et de l’Assemblée nationale appellent à renforcer la zone euro.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 10h42
   





                        



                                


                            

Le Bundestag et l’Assemblée ont célébré, lundi 22 janvier, le 55e anniversaire du traité de l’Elysée. Pour leurs présidents respectifs, Wolfgang Schäuble (CDU) et François de Rugy (La République en marche), le rapprochement en cours entre la France et l’Allemagne peut permettre la relance du projet européen.
Ces derniers mois, l’initiative vient surtout de Paris ou de Bruxelles pour relancer l’Europe. L’Allemagne est-elle encore une force de proposition ?
Wolfgang Schäuble : Après d’intenses débats, le congrès du SPD a voté, dimanche, en faveur de négociations de coalition. Nous attendons avec confiance la formation d’un exécutif capable d’agir. La capacité d’initiative d’un gouvernement réduit à gérer les affaires courantes est en effet limitée. Il est dès lors très bien qu’Emmanuel Macron ait pu assurer un leadership fort en France. La jalousie n’existe pas dans notre relation avec nos amis français. Notre conviction est la suivante : plus la France est forte, mieux c’est pour l’Allemagne et pour l’Europe. Je crois que l’inverse est vrai aussi. Cela a été un argument important pour convaincre le SPD de former le gouvernement.
François de Rugy : J’ai connu des périodes où le contraire prévalait. Nous ne pouvions pas aller de l’avant, car la France était trop faible, aussi bien économiquement que sur la scène européenne. Le président Macron dispose aujourd’hui d’une légitimité indiscutable, le débat sur l’Europe ayant été mené pendant la campagne électorale. Au second tour, il s’est imposé contre Marine Le Pen, qui défendait une vision diamétralement opposée. Même sans coalition, j’ai pu constater que les propositions faites à Paris influencent les discussions à Berlin. Je ne doute pas que nous recevrons une réponse positive de la part du prochain gouvernement. Le FDP [le parti libéral allemand] était sur une ligne beaucoup plus prudente en tant que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’ancien infirmier Ivo Poppe avoue avoir euthanasié « vingt personnes au maximum » entre 1978 et 1996.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

A Bruges, la mémoire sélective du « diacre de la mort »

L’ancien infirmier Ivo Poppe avoue avoir euthanasié « vingt personnes au maximum » entre 1978 et 1996.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 11h21
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



   


Au premier jour de son procès d’assises, Ivo Poppe, baptisé « le diacre flamand de la mort », a glacé le public des assises de Bruges, en Belgique. Cet ancien infirmier, spécialisé dans l’accompagnement des mourants, a avoué, lundi 22 janvier, qu’il avait tué « vingt personnes au maximum » entre 1978 et 2011. En 1996, il est aussi devenu diacre, une fonction d’assistance au prêtre, assumée en principe par une personne dont les qualités morales ont été unanimement reconnues.
Ivo Poppe, 61 ans, crâne dégarni et lourd chandail de laine sur les épaules, a été longuement interrogé par le président, Bart Meganck, qui s’est étonné de sa mémoire sélective. L’accusé se souvient, en effet, de nombreux détails sur son métier à l’hôpital Saint-Joris de Menin, près de la frontière française, de séjours dans les Ardennes, du numéro d’une chambre, mais pas du nombre de patients qu’il a euthanasiés. Ou de leur nom. Il sait seulement qu’il a commis « des erreurs », en n’impliquant pas ses collègues lorsqu’une personne était gravement malade ou en phase terminale.
« Sottises »
En 2013, il s’est rendu chez un psychiatre, invoquant des troubles du sommeil et une dépression. Il a affirmé au médecin qu’il avait tué « des dizaines de personnes ». Mardi 23 janvier, les enquêteurs chargés de l’affaire ont produit devant la cour les photos de 55 patients, âgés de 60 à 90 ans, morts dans des conditions potentiellement suspectes. Leurs noms figuraient dans l’agenda du suspect au moment de son arrestation, en mai 2014. C’est l’une des rares preuves matérielles produites lors des investigations.
Ivo Poppe aurait délibérément exagéré le nombre de ses victimes parce qu’il avait un besoin urgent de soins, affirme-t-il aujourd’hui. « Quand on va chez le médecin, on ne lui dit pas que l’on a seulement 37,5 °C de fièvre », argumente-t-il. Le premier psychiatre qui l’a reçu a prévenu la justice, qui a lancé une enquête au cours de laquelle le diacre a reconnu d’autres « sottises ». Par exemple, sur la méthode qu’il utilisait pour tuer les grabataires ou sur le décès de la grand-mère d’un de ses collègues.
Ses souvenirs ne sont précis que pour quelques cas. La mort provoquée de deux de ses oncles, de son beau-père, ou de sa propre mère, en 2011. Il jugeait insupportable, explique-t-il, que cette dernière ait à souffrir après s’être consacrée aux autres tout au long de son existence.
Dieu, « un juge, un maître d’école »
Les audiences devraient durer toute la semaine et permettre au jury d’apprécier l’état mental de l’accusé, sur la base du témoignage de plusieurs psychiatres. Ivo Poppe affirme que le fait qu’il assume une fonction dans l’Eglise l’a transformé, le soumettant désormais à l’autorité de Dieu, « un juge, un maître d’école ».
La Belgique s’est dotée en 2002 d’une loi dépénalisant l’euthanasie dans certains cas. Et à certaines conditions, dont le fait que le patient doit exprimer une demande préalable, ou être conscient et capable pour le faire. Il doit être dans « une situation médicale sans issue » ou souffrir « de manière constante, insupportable et inapaisable ».
L’euthanasie reste punissable si elle n’est pas accomplie par un médecin ou si les conditions de la loi ne sont pas respectées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Exilé en Belgique depuis la fin d’octobre, Carles Puigdemont a été proposé, lundi, comme candidat à la présidence de la région, mais il risque d’être arrêté s’il rentre en Espagne.
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Catalogne : Madrid empêchera le retour de Puigdemont, même « en ULM ou en bateau »

Exilé en Belgique depuis la fin d’octobre, Carles Puigdemont a été proposé, lundi, comme candidat à la présidence de la région, mais il risque d’être arrêté s’il rentre en Espagne.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h47
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 22h31
   





                        


Le gouvernement espagnol est bien décidé à ne pas laisser Carles Puigdemont redevenir président de la région de Catalogne. Le ministre de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, a assuré mardi 23 janvier que les forces de l’ordre étaient sur le qui-vive « partout » dans le pays pour empêcher que l’indépendantiste rentre incognito, « en hélicoptère, ULM ou bateau », voire « dans le coffre d’une voiture », a-t-il précisé.
Exilé en Belgique depuis la fin d’octobre, Carles Puigdemont a été proposé lundi comme candidat à la présidence de la région, mais il risque d’être arrêté et placé en détention provisoire pour « rébellion », « sédition » et « malversation de fonds » s’il rentre en Espagne. Mardi, il a exprimé son souhait de pouvoir rentrer en Catalogne sans être arrêté.
Interrogé sur la possibilité qu’il passe la frontière incognito pour se faire investir président par le Parlement catalan, le ministre de l’intérieur a répondu à la télévision publique espagnole TVE : « Nous travaillons pour que cela ne puisse pas se produire, aux frontières et à l’intérieur des frontières, partout. » Avec des experts de la garde civile et de la police nationale, « nous allons travailler intensément – matin, midi et soir » pour qu’il ne puisse entrer en secret, a-t-il insisté.

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L’investiture à distance en débat
Menacé par la justice, Carles Puigdemont entendait, s’il ne être investi à distance, depuis Bruxelles. Il n’est en effet pas recherché par la justice espagnole en Belgique, notamment pour éviter des divergences d’interprétation entre magistrats belges et espagnols sur la gravité des délits qui lui sont reprochés, dont la rébellion. Madrid s’oppose fermement à ce que M. Puigdemont soit élu en étant absent de Barcelone.
« Mon intention dans les prochains jours, c’est de contribuer à la restauration démocratique », de sorte que le résultat des élections catalanes soit respecté, a déclaré M. Puigdemont depuis Copenhague. « Le meilleur signal en ce sens serait que je puisse rentrer sans aucun risque pour faire face au débat parlementaire », a-t-il ajouté.

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« Qu’il se rende »
Le débat d’investiture au Parlement catalan doit avoir lieu le 31 janvier, mais ses modalités font toujours l’objet de négociations. Les services juridiques du Parlement sont également opposés à une investiture, mais le président indépendantiste, Roger Torrent, assure que « la décision finale revient au bureau du Parlement et elle est politique ». Il a demandé à s’entretenir avec le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, pour trouver une solution avant le 31 janvier.
Le ministre de l’intérieur, interrogé mardi sur le cas de M. Puigdemont, s’est montré plus ferme : « Qu’il se rende. Sinon, qu’un autre soit candidat à la présidence » du gouvernement catalan.
Les indépendantistes ont remporté la majorité des sièges au Parlement à l’issue des élections régionales anticipées du 21 décembre, convoquées après la dissolution du Parlement par Madrid et la mise sous tutelle de la région, en réponse à une proclamation unilatérale d’indépendance de la Catalogne. Voulues par le gouvernement de Mariano Rajoy, elles ont vu le Parti populaire du premier ministre s’effondrer, et le parti libéral unioniste Ciudadanos arriver en tête.

Une vidéo montrant Puigdemont embrassant le drapeau espagnol devenue virale
Une vidéo montrant l’indépendantiste catalan Carles Puigdemont en train d’embrasser le drapeau espagnol sur l’insistance d’un passant a fait le tour des réseaux sociaux, mardi 23 janvier en Espagne. Sur cette vidéo qui aurait été tournée au cours de la visite à Copenhague de M. Puigdemont, on peut voir un jeune homme qui s’approche de lui au moment où il boit un café dans un centre commercial.

Un español increpa a Puigdemont en Copenhague y le insta a besar la bandera de España. https://t.co/CipoAP5f71— LaVanguardia (@La Vanguardia)


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L’homme tend vers M. Puigdemont un drapeau espagnol rouge et jaune en lui disant : « J’ai là un drapeau espagnol, Puigdemont, je sais que vous l’aimez. Prenez-le et embrassez-le, s’il vous plaît ! » Souriant, M. Puigdemont répond qu’il n’a « aucun problème » avec le drapeau espagnol et l’embrasse deux fois. L’homme l’interpelle alors : « Et à propos de l’indépendance ? Ce n’est pas un problème ? », avant d’avertir l’ancien président de la Catalogne : « une prison espagnole vous attend. »
M. Puigdemont a partagé la vidéo sur son compte Twitter en l’accompagnant du message « un jour, ils comprendront que nous n’avons aucun problème avec l’Espagne ou son drapeau ». « La bataille est contre ceux qui exercent le pouvoir d’une manière despotique », assure-t-il. Très partagée sur les réseaux sociaux, la vidéo a suscité de nombreux commentaires en Espagne.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La justice italienne s’acharne contre Medhanie Tesfamariam Behre, accusé d’être un cruel trafiquant d’êtres humains, alors que tout indique qu’il y a erreur sur la personne.
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Reportage

A Palerme, le procès d’un Erythréen tourne à l’absurde

La justice italienne s’acharne contre Medhanie Tesfamariam Behre, accusé d’être un cruel trafiquant d’êtres humains, alors que tout indique qu’il y a erreur sur la personne.

Par                Antoine Harari (Palerme, Sicile)



LE MONDE
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        Le 23.01.2018 à 12h13

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        Mis à jour le 23.01.2018 à 12h17






    
Medhanie Tesfamariam Behre lors de son extradition du Soudan vers la Sicile en juin 2016.
Crédits : HO / AFP


Tête baissée, regard fuyant, Medhanie semble groggy à son entrée dans la salle d’audience du tribunal de Palerme, lundi 22 janvier. Pour le procureur Calogero Ferrara, il est le « Général » Medhanie Mered, l’un des plus dangereux trafiquants d’êtres humains de la planète. Pour la défense, en revanche, il s’agit d’une dramatique erreur judiciaire. Depuis dix-huit mois, l’avocat Michele Calantropo a tenté par tous les moyens de démontrer que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas Medhanie Yedego Mered, et que les deux Erythréens n’ont en commun que leur prénom.

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L’accusation s’emmêle les pinceaux
« Jusqu’à aujourd’hui, l’accusation n’a pas été en mesure de fournir le moindre témoin qui corrobore son hypothèse. De notre côté, nous avons produit des examens qui montrent que les deux voix ne sont pas les mêmes, un test ADN et une infinité de documents et témoins qui prouvent que la personne emprisonnée est innocente », explique-t-il.
Pour l’avocat, l’obstination du procureur serait motivée par « les intérêts de la politique migratoire européenne ». Il fait ici référence au processus de Khartoum qui vise à établir une collaboration sur la question migratoire entre l’Union européenne (UE) et plusieurs pays d’Afrique orientale. En effet, reconnaître publiquement que la police soudanaise, responsable de l’arrestation, aurait fait une erreur, entraînerait probablement un refroidissement des relations avec l’UE.

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Fruit d’une collaboration entre les différentes polices européennes et soudanaise, l’opération Glauco a permis l’arrestation de Medhanie en juin 2016. De fait, le procureur « Gerry » Ferrara appelle comme premier témoin Roy Godding, officier de liaison de la National Crime Unit du Royaume-Uni, qui a participé à l’enquête. Se basant sur les écoutes téléphoniques du trafiquant et le profil Facebook de Medhanie, Roy Godding soutient la thèse du procureur italien.
Cependant, très vite, le fonctionnaire britannique s’emmêle les pinceaux et déclare ne pas avoir su, jusqu’en mai 2016, où se trouvait le trafiquant Mered. Or, suite à une lettre produite par la défense, il apparaît qu’en janvier 2016 déjà, il écrivait à Calogero Ferrara que Mered se trouvait à Khartoum. Dans la même missive, il enjoignait le procureur d’accélérer l’arrestation, estimant que Mered pourrait quitter le Soudan avant la fin de l’hiver. Pour la défense, le trafiquant avait en fait déjà fui et se trouvait à Dubaï au moment de la capture de Medhanie.
Larmes et tressaillement
Une version que partage Meron Estefanos, deuxième témoin à être entendu à la barre. Spécialisée dans la traque de passeurs, cette militante et journaliste érythréenne est régulièrement sollicitée par les polices hollandaise et suédoise en qualité d’experte. Lors de son audition, elle se souvient de sa première conversation téléphonique avec Mered, en 2010. « C’était un soir, très tard. Il m’a demandé pourquoi je salissais son nom dans mon émission de radio. Selon lui, il ne commettait aucun crime, mais rendait un service. Il s’est vanté [d’avoir fait passer en Europe] plus de 13 000 personnes par an », raconte-t-elle. Alors qu’elle poursuit sa déposition, le procureur Ferrara s’emporte et remet en cause sa qualité d’experte. Elevant la voix, il demande à Meron Estefanos de justifier ses recherches et de prouver sa collaboration avec Europol. Exaspérée, elle cite plusieurs rapports qu’elle a écrits sur le sujet, avant de s’exclamer : « Il y a des dizaines de personnes qui m’envoient des photos du véritable trafiquant depuis que vous avez arrêté Medhanie. Je pourrais vous dire où il est en ce moment même si vous le souhaitiez ! » Etonnement général. Pourtant, personne ne lui demande de préciser ses dires.

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Après Meron Estefanos, c’est au tour de Robert de témoigner. Installé aujourd’hui en Suède, cet Erythréen raconte à la cour sa rencontre avec le trafiquant Mered. Parti d’Ethiopie, il croise sa route à Khartoum. Alors qu’il traverse le désert depuis la Libye, il est vendu par Mered à des tribus bédouines. Torturé pendant neuf mois, il est finalement sauvé par une ONG égyptienne qui le renvoie en Ethiopie. Il décide alors de retenter la traversée. Arrivé à Khartoum, il retombe sur le même Mered qui s’étonne de le revoir en vie. Cette fois-ci, il parviendra jusqu’en Europe. Lorsque l’avocat de la défense lui demande s’il a déjà vu son client, Robert se retourne lentement en direction de Medhanie avant de secouer négativement la tête. En revanche, quand Michele Calantropo lui présente la photo utilisée pour l’arrestation du trafiquant, il ne peut s’empêcher de tressaillir. Alors qu’il reconnaît l’homme sur le cliché, des larmes coulent sur son visage.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Jawad Bendaoud comparaît à Paris, à partir de mercredi, pour « recel de terroristes ». Il risque un maximum de six ans de prison et 90 000 euros d’amende.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/01/2018
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Début du procès de Jawad Bendaoud, le « logeur des terroristes » du 13-Novembre

Jawad Bendaoud comparaît à Paris, à partir de mercredi, pour « recel de terroristes ». Il risque un maximum de six ans de prison et 90 000 euros d’amende.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 15h52
    |

            Franck Johannès








                        



   


C’est le premier procès des attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 139 morts, mais sans doute son volet le moins décisif : la 16e chambre correctionnelle de Paris juge, à partir de mercredi 24 janvier, Jawad Bendaoud, le logeur à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) de deux des tueurs, en compagnie de deux complices.
Il est poursuivi pour « recel de terroristes » et a, finalement, échappé aux assises : les six juges d’instruction ont la conviction qu’il se doutait qu’il logeait des terroristes, mais ne savait rien de leurs futurs projets d’attentat. Il risque un maximum de six ans de prison et 90 000 euros d’amende – une peine doublée parce qu’il était en récidive.
Le jeune homme, 31 ans, avait connu une pénible heure de gloire le jour de son interpellation, le 18 novembre 2015, lorsque le RAID – l’unité d’intervention de la police nationale – avait donné l’assaut à Saint-Denis. « J’ai appris que c’était chez moi, avait dit Jawad Bendaoud à BFM-TV, j’étais pas au courant que c’était des terroristes. On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service. » La vidéo, parodiée mille fois, avait tourné en boucle sur Internet. Jawad, « c’est celui dont on a ri après avoir trop pleuré », avait résumé l’un de ses avocats, Xavier Nogueras.

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Les tueurs du 13-Novembre étaient dix : trois au Bataclan, tués pendant l’assaut ; quatre au Stade de France, dont Salah Abdeslam, le seul rescapé, incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne) ; et trois qui avaient tiré sur des terrasses de café au cœur de Paris. Deux hommes de ce dernier commando avaient pu s’enfuir : Abdelhamid Abaaoud – pour les policiers, le cerveau des attentats – et Chakib Akrouh.
En quête d’un abri
Les enquêteurs ont retrouvé la trace des fugitifs le 16 novembre, lorsqu’une femme est venue expliquer qu’elle connaissait celle qui cachait l’un des terroristes : une certaine Hasna Aït Boulahcen, une fille un peu perdue, un jour habillée en rappeuse, un jour en niqab.
Hasna avait reçu la veille un appel de Belgique, on lui avait dit qu’« un frère » avait besoin de se cacher quarante-huit heures, et que c’était « en rapport avec ce qu’on voyait à la télévision ». L’homme a rappelé plusieurs fois et donné une adresse, rue de la Bergerie, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Hasna et la jeune témoin y sont aussitôt allées et ont tout de suite reconnu le cousin d’Hasna, Abdelhamid Abaaoud. Hasna avait d’ailleurs une vidéo de lui où il traînait des cadavres derrière son 4 x 4.
Rentrée chez elle, Hasna multiplie les coups de fil pour abriter les fuyards. Sans trop de prudence. Elle a même dit à un conseiller emploi et logement, « j’ai vu mon cousin, il est passé à la télé, il est recherché »
Abaaoud reconnaît volontiers devant les filles qu’il a participé aux attentats et qu’il entend bien recommencer – selon les enquêteurs, il entendait avec Akrouh se faire exploser deux ou trois jours plus tard à La Défense. Il dit à sa cousine qu’il a besoin d’une planque, de deux costumes et de chaussures. Rentrée chez elle, Hasna multiplie les coups de fil pour abriter les fuyards. Sans trop de prudence. Elle a même dit à un conseiller emploi et logement, « j’ai vu mon cousin, il est passé à la télé, il est recherché ».
Elle appelle, bien sûr, « Mouss » – Mohamed Soumah –, qui a un petit faible pour elle. Il lui conseille de joindre Jawad Bendaoud pour la planque. Mouss a l’air assez au courant des soucis de la jeune femme et lui dit « de ne pas trop dormir » : « tu as des trucs à faire, n’oublie pas » – chercher un mandat pour Abaaoud à la poste, acheter des couvertures et un téléphone portable. Mouss n’aime pas trop Jawad. Ils se sont connus en 2011 en prison à Val-de-Reuil (Eure), et Mouss l’accuse de ne jamais lui avoir remboursé l’argent qu’il lui avait prêté. Mais Jawad a un logement, rue du Corbillon, à Saint-Denis. Un squat, en fait, dont il a expulsé les occupants, avant de prendre simplement le contrôle des lieux.
Installation des deux fuyards
Jawad Bendaoud, le 17 novembre, donne son accord. Il dit qu’il est à Troyes et n’en rentrera que dans la soirée – il était, en fait, chez lui, et pas trop en état de bouger, après avoir pris sept grammes de cocaïne. Hasna, qui est depuis la veille sur écoute, continue à téléphoner de tous côtés. A Mouss, à Jawad, à son frère Youssef (21 contacts en trois heures) – un frère dont « l’appétence pour les thèses djihadistes », écrivent les juges, lui vaut de comparaître, mercredi, avec Jawad et Mouss. Elle appelle souvent aussi le correspondant belge, qui s’avérera être Mohamed Belkaïd, tué le 15 mars 2016 dans la région de Bruxelles, alors qu’il se trouvait avec Salah Abdeslam.
Hasna doit aller toucher le mandat de 750 euros et déménager les deux terroristes, Mouss lui donne le numéro d’un taxi plus discret qu’officiel. Et à 20 h 10, le 17 novembre, Hasna arrive à Aubervilliers, où se cachent les deux terroristes. La police est déjà là et surveille discrètement l’endroit.
Il y a un petit buisson devant la maison. Et de derrière ce « buisson conspiratif » sortent Akrouh et Abaaoud avec un petit sac. Hasna, un peu paniquée, appelle son taxi clandestin, qui ne peut pas venir tout de suite, elle cherche un autre numéro, se rabat sur un VTC. La course a coûté 20 euros, l’un des hommes a sorti une grosse liasse de billets. Vers 22 h 30, les deux fuyards sont installés. Mouss passerait bien la nuit avec Hasna, mais elle préfère rester avec le cousin. Et le RAID se prépare à intervenir.
Assaut violent
L’assaut débute à 4 heures du matin, le 18 novembre, et il est violent. Les policiers tirent 1 500 cartouches, les terroristes, qui n’ont qu’un pistolet semi-automatique, onze balles. La ceinture d’Akrouh explose, le plancher du 3e étage s’effondre. On retrouvera les corps d’Hasna et des deux terroristes dans les décombres, un étage plus bas.
Jawad Bendaoud, après six jours en garde à vue, est d’abord mis en examen pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes », puis voit son délit requalifié : si Mouss, Mohamed Soumah et lui « ont contribué à fournir un hébergement à deux individus dont ils ne pouvaient ignorer qu’ils étaient des terroristes », relèvent les juges, « leur adhésion au projet terroriste n’est pas démontrée ».
Jawad, déjà condamné cinq fois – la dernière, le 5 novembre 2008, à huit ans pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » – est écroué, à l’isolement, depuis le 24 novembre 2015. Il a comparu depuis trois fois pour trafic de cocaïne, pour, à bout de nerfs, avoir mis le feu à sa cellule et menacé de mort des policiers.

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Mouss, détenu depuis le 5 décembre 2015 et déjà condamné quinze fois, est poursuivi comme Jawad pour « recel de terroristes » et risque aussi six ans de prison. Youssef Aït Boulahcen, jamais condamné, est, lui, poursuivi pour non-dénonciation de crime et risque cinq ans. Plus de 300 victimes ou familles de victimes se sont constituées parties civiles, ce qui explique que tribunal ait prévu trois semaines d’audience.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, candidate à l’élection présidentielle, annonce son intention de créer un parti libéral « inexistant en Russie depuis dix ans »
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En Russie, Ksenia Sobtchak tente de s’affirmer en opposante numéro un à Vladimir Poutine

La fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, candidate à l’élection présidentielle, annonce son intention de créer un parti libéral « inexistant en Russie depuis dix ans »



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 11h48
    |

            Isabelle Mandraud (Kaliningrad, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ksenia Sobtchak touche au but. La candidate à l’élection présidentielle russe a réuni les cent mille signatures de citoyens, nécessaires pour concourir au scrutin du 18 mars, mais se garde bien de crier victoire dans cette première étape. « En dépit de tout, en dépit de l’énorme travail que nous avons accompli, si “on” a décidé que vous ne participerez pas, vous ne participerez pas, explique-t-elle. C’est comme la roulette russe. » L’exemple d’Alexeï Navalny, 41 ans, principal opposant au Kremlin écarté de la course pour des condamnations qu’il réfute, en témoigne.
A 36 ans, la fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak, mentor politique de Vladimir Poutine, se présente elle aussi dans le rôle de l’opposante, sous l’étiquette « contre tous », avec une fermeté qui étonne. Soutenue par de riches donateurs qu’elle refuse pour l’instant de nommer – mais qui lui ont permis de récolter déjà plus de 80 millions de roubles (1,1 million d’euros) –, cette journaliste, ex-vedette de télévision, mène campagne en passant outre blâmes et quolibets qui tentent de la dépeindre comme une marionnette du Kremlin. « Non, Poutine n’est pas mon parrain », répète-t-elle à l’envi.
« 35 degrés de différence entre nous »
« “Une blonde”, oui, je connais tout ça… Mais je suis prête à le supporter », assure Ksenia Sobtchak. Bien que créditée d’à peine plus de 1 % des intentions de vote dans les sondages, elle multiplie les déplacements sur le terrain, sans ménager ses critiques contre le pouvoir. Partout, elle dénonce un système verrouillé et corrompu, et prône la discussion pour sortir de la situation provoquée par l’annexion de la Crimée en « violation du droit international ».
A Moscou, elle a déposé une plainte au parquet pour protester contre la surreprésentation dans les médias du chef de l’Etat, candidat à sa succession. A Tomsk, en Sibérie, elle le parodie en plongeant dans un trou de glace par...




                        

                        


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Paradis fiscaux : huit pays dont le Panama retirés de la liste noire de l’UE

Le conseil des ministres des finances de l’Union européenne avait validé en décembre une liste noire de 17 pays, à la suite de plusieurs scandales d’évasion fiscale.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 16h25
   





                        


Les ministres des finances de l’Union européenne (UE) ont retiré huit pays de leur liste noire des paradis fiscaux, dont le Panama, lors d’une réunion mardi 23 janvier à Bruxelles, a annoncé le conseil des ministres dans un communiqué.
Ces huit pays sont le Panama, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, les îles de la Grenade et la Barbade. Il ne reste par conséquent plus que 9 pays sur cette liste noire, établie le 5 décembre par le conseil des ministres des finances de l’UE.

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Pour chacun des huit pays retirés, les autorités ont fourni des engagements « par des lettres signées à un très haut niveau », selon le communiqué. Ils sont désormais placés sur la liste « grise » d’une quarantaine de juridictions ayant pris des engagements forts à changer leurs pratiques ou législations. Ils feront l’objet d’un suivi.
Une liste répondant aux scandales
Restent désormais dans la liste « noire » les Samoa, les Samoa américaines, l’île de Guam, Bahreïn, les îles Marshall, la Namibie, les Palaos, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago. Cette liste avait été établie en 2015 par la Commission européenne, dans la foulée de multiples scandales d’évasion fiscale. Une liste « Hurricane » d’îles touchées par des ouragans en 2017 et auxquelles un délai supplémentaire a été donné avait également été constituée.
Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a appelé à « rester vigilants pour que les 55 juridictions de la liste grise passent de la parole aux actes ». La Commission européenne compte par ailleurs « continuer à examiner les contremesures et sanctions les plus pertinentes au niveau communautaire » pour les pays blacklistés.

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« La liste noire fonctionne », a estimé le ministre des finances bulgare, Vladislav Goranov, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union pour six mois. Car, a-t-il expliqué, les pays concernés « ont travaillé dur pour s’engager à réformer leur politique fiscale ».
Même son de cloche de la part du ministre des finances français, Bruno Le Maire, qui a réagi sur Twitter : « Liste noire des paradis fiscaux : la pression européenne a apporté ses premiers résultats ! »
Le Panama se félicite
De leur côté, le Panama et la Tunisie se sont félicitées d’avoir quitté le petit cercle des pays blacklistés. « Notre engagement est d’assurer les plus hauts standards en termes de transparence financière », a promis Juan Carlos Varela, président du Panama.
« Grâce à un travail important de dialogue (…) et une forte mobilisation du gouvernement, on est arrivés à dépasser ce quiproquo, cet accident de parcours dans notre relation (avec l’UE) et c’est une très bonne chose », a affirmé le secrétaire d’Etat tunisien au commerce extérieur, Hichem Ben Ahmed.
L’eurodéputée verte Eva Joly et Oxfam ont regretté que certains pays européens ne puissent figurer sur la liste noire, affirmant que « l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas ou Malte ne remplissent même pas les critères de l’UE ».




                            


                        

                        


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édition abonné


« M. Puigdemont est l’unique candidat pouvant obtenir la confiance du Parlement catalan »

Le nouveau président du Parlement catalan, Roger Torrent, demande un règlement politique de la crise.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h53
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le nouveau président du Parlement catalan, l’indépendantiste Roger Torrent, issu de la Gauche républicaine (ERC), a annoncé, lundi 22 janvier, qu’il présenterait la candidature de Carles Puigdemont à la présidence de la Généralité (le gouvernement catalan), lors du débat d’investiture qui doit avoir lieu avant le 31 janvier. Il explique au Monde cette décision, prise alors que l’ancien président catalan s’est installé en Belgique pour fuir la justice espagnole, après avoir organisé un référendum sur l’indépendance, jugé illégal, le 1er octobre 2017.

Pourquoi avoir décidé de présenter Carles Puigdemont à l’investiture, alors qu’il se trouve en Belgique ?
Il ne serait pas compréhensible que je ne le présente pas comme candidat à la présidence de la Généralité puisque, après avoir parlé à tous les groupes politiques représentés au Parlement de Catalogne, il s’est avéré être le seul candidat ayant une possibilité d’être investi par la Chambre par une majorité de députés [les partis indépendantistes y disposent depuis les élections du 21 décembre de 70 des 135 députés].
Les services juridiques du Parlement catalan estiment qu’une investiture à distance n’est pas possible. Allez-vous en tenir compte ?
Les services juridiques ont pour fonction d’analyser le règlement du Parlement. Leur opinion est très importante mais ce n’est qu’une opinion. La décision finale revient au bureau du Parlement et elle est politique. Or, Carles Puigdemont a pu se présenter aux élections du 21 décembre, sans aucune restriction. Il n’a pas été interdit d’exercer une fonction publique. C’est un député comme les autres, susceptible d’être choisi comme président de la Généralité. Je suis conscient de la situation personnelle et judiciaire du président Puigdemont. Ce que je demande, c’est une solution politique. C’est pour cette raison que j’ai demandé à m’entretenir avec le premier ministre,...




                        

                        


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Grèce : la zone euro valide le déboursement d’une aide

Les ministres des finances ont souligné les progrès réalisés mais veulent que toutes les « actions préalables » demandées soient achevées pour débloquer la prochaine tranche d’aide.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 03h03
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 07h01
   





                        



   


La zone euro a donné lundi 22 janvier son accord de principe au déboursement d’une nouvelle tranche d’aide à la Grèce et se dit maintenant prête à discuter d’un allégement de sa dette, à quelques mois de la fin du programme de soutien dont bénéficie Athènes depuis 2015. « Les gens sont maintenant convaincus que les choses ont changé et commencent à parler de l’avenir et de la sortie du programme », s’est félicité le ministre grec des finances, Euclide Tsakalotos, dont le pays est toujours sous le coup d’une dette colossale de 180 % du PIB.
L’aide validée lundi, d’un montant de 6,7 milliards d’euros, a été accordée par les ministres des finances de la zone euro après avoir constaté qu’Athènes avait mis en œuvre l’essentiel des réformes réclamées en échange de ce soutien.
Le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, a cependant souligné que le déboursement de cette somme ne serait effectif qu’une fois que les dernières mesures encore en suspens auront été adoptées.
En bonne voie
Selon le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, « 95 des 110 » réformes économiques et sociales réclamées ont pour l’instant été adoptées par la Grèce. Leur mise en œuvre a cependant suscité grèves et manifestations dans le pays. La plus décriée d’entre elles consiste en un durcissement du droit de grève. Ces mesures étaient réclamées dans le cadre d’un troisième programme d’aide à la Grèce, lancé à l’été 2015 sous l’égide de l’Union européenne, qui prévoit des crédits d’un montant maximum de 86 milliards d’euros. Sur ce total, 40,2 milliards ont déjà été déboursés.
Ce programme court jusqu’au mois d’août et Athènes espère ensuite être en mesure de se financer à nouveau entièrement sur les marchés. La tranche d’aide doit être versée en deux fois : d’abord de 5,7 milliards d’euros dans la seconde moitié de février, puis un milliard d’euros en avril.
Cet argent doit permettre à la Grèce « de couvrir le service de la dette, de payer des arriérés » et aussi de commencer à constituer « un matelas financier » pour la période post-programme, a souligné M. Centeno.
Allégement de la dette
Ce déboursement a été obtenu par la Grèce avec beaucoup moins de difficulté que le précédent, de 8,5 milliards d’euros, qui n’avait été accordé qu’après de longs mois de négociations. Il constitue une « étape » importante vers la « sortie du programme » grec, « sur laquelle nous devons travailler d’ici cet été », a insisté M. Moscovici.
Un tout dernier versement, dont le montant n’a pas encore été décidé, devrait avoir lieu en juin, en échange de nouvelles réformes. Mais M. Centeno a surtout annoncé que la zone euro allait pouvoir « dans l’avenir débuter le travail technique sur des mesures d’allégement de la dette grecque », appelées de ses vœux par Athènes, mais qui fait face aux réticences de plusieurs pays, Allemagne en tête.
Les Européens étudieront en particulier un mécanisme, proposé par la France, qui lie le remboursement de la dette au niveau de la croissance grecque : si celle-ci était décevante, l’allégement de la dette serait plus important, mais si elle est conforme aux attentes, rien ne bouge.
Sous perfusion
Ces discussions devraient s’ouvrir dans les semaines à venir, peut-être même dès février. « Je trouve ça extrêmement encourageant que nous puissions, je l’espère bientôt, mettre cette crise totalement derrière nous », a affirmé M. Moscovici.
La Grèce vit depuis 2010 sous perfusion de prêts internationaux consentis par les Européens et le FMI en échange de purges successives d’austérité et de dérégulation qui ont fait fondre d’un quart le PIB et propulsé le chômage à un niveau record dans la zone euro.
Le pays a cependant vu sa croissance redevenir positive en 2017, à 1,6 % du PIB après plusieurs années de récession. La Commission européenne anticipe une croissance de 2,5 % en 2018 et 2019.



                            


                        

                        


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La flambée de l’immobilier creuse les inégalités en Europe

En France, le coût du logement est excessif dans le budget de 20 % des locataires et de 29,4 % des propriétaires.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h04
    |

            Jérôme Porier








                        



   


L’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) a publié le 21 janvier une étude sur le logement en Europe, réalisée à partir de chiffres collectés en 2016. Premier constat, les prix immobiliers ont augmenté quasiment partout en Europe cette année-là en raison d’une hausse de la demande de logements, conséquence de taux historiquement bas et d’une amélioration de la conjoncture économique depuis 2014.
Le renchérissement de l’immobilier est en grande partie responsable de la hausse des inégalités partout en Europe. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la part des dépenses consacrée par les foyers à leur logement (loyer, crédit, charges…) dans leur budget a ainsi augmenté de 20,3 % en 2000 à 24,4 % en 2016. La France figure parmi les pays où ce niveau est le plus élevé : 26,4 % en 2016 contre 23,2 % en 2000.

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Malgré des conditions d’emprunt avantageuses, la hausse des prix a affecté la solvabilité des ménages modestes. Un nombre croissant d’habitants sacrifient plus de 40 % de leur budget au logement, atteignant donc un « coût excessif », selon la norme internationale.
Dans les pays de l’OCDE, 15 % des locataires et 10 % des propriétaires, avec un prêt en cours, sont dans cette situation de « coût excessif ». En France, 20 % des locataires et 29,4 % des propriétaires sont dans une telle situation.

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Le marché européen de l’immobilier résidentiel, explique l’IEIF, est particulièrement sensible aux variables économiques comme la croissance économique et le niveau des taux d’intérêt. La corrélation entre la croissance des prix résidentiels dans l’Union européenne et celle du PIB atteint même 83 % au cours des dix dernières années (source : Deloitte).
« Ces variables conditionnent le pouvoir d’achat des ménages et leur niveau de confiance. Ils anticipent l’évolution des prix selon le contexte plus ou moins favorable de l’environnement économique. Malgré la reprise, les niveaux tendanciellement attendus de la croissance du PIB, devraient limiter l’inflation des prix des logements à moyen terme au niveau national », estime Charles-Henri de Marignan, responsable du pôle immobilier direct à l’IEIF.
Selon cet organisme de recherche indépendant, les politiques monétaires de la Banque centrale européenne (BCE) et des autres banques centrales de l’Union européenne (UE) ne devraient donc pas imposer de tour de vis monétaire brutal en 2018, ce qui permettra d’éviter un effondrement de la demande.



                            


                        

                        


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Compte rendu

L’ancien vice-président de l’Angola jugé pour corruption au Portugal

Le procès de Manuel Vicente, accusé d’avoir corrompu le procureur portugais Orlando Figueira, est source de tensions entre Luanda et Lisbonne.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-22T15:03:40+01:00"

        Le 22.01.2018 à 15h03






    
Manuel Vicente à l’ONU, à New York, le 22 septembre 2016.
Crédits : DOMINICK REUTER / AFP


Source de tensions diplomatiques entre le Portugal et l’Angola, le procès pour corruption impliquant l’ancien vice-président angolais Manuel Vicente s’est ouvert en son absence lundi 22 janvier à Lisbonne, alors que Luanda s’estime « offensé » par son ancienne puissance coloniale.
Il y a cinq ans déjà, les premières informations publiées dans la presse portugaise sur une enquête visant plusieurs hauts responsables angolais, dont M. Vicente, avaient jeté un froid dans les rapports entre ces deux pays, pourtant très liés au plan économique.
Manuel Vicente, qui était à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol à l’époque des faits présumés, est accusé par le ministère public portugais d’avoir corrompu le procureur Orlando Figueira, en lui versant la somme de 763 500 euros pour que ce dernier classe deux enquêtes ouvertes en 2011, dans lesquelles il était soupçonné de blanchiment d’argent.

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Tout en niant les imputations faites à son encontre, l’ancien dirigeant angolais de 61 ans ne s’est jamais présenté devant la justice portugaise car les autorités de son pays refusent de donner suite aux commissions rogatoires adressées depuis Lisbonne pour lui signifier son inculpation, arguant qu’il dispose d’une immunité pour avoir occupé le poste de vice-président entre 2012 et 2017.
« Une offense »
Afin d’éviter que M. Vicente soit jugé par contumace, une hypothèse sur laquelle le tribunal pourrait se prononcer lundi, ses avocats portugais et la justice angolaise ont demandé que la partie de l’affaire qui le concerne soit transférée vers Angola, à l’abri des conventions signées par les deux pays dans le cadre de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).
« La séparation de la procédure concernant Manuel Vicente nous semble inévitable. S’il n’est pas ici aujourd’hui c’est parce qu’il ne peut pas. L’immunité n’est pas un privilège personnel, c’est une affaire d’Etat », a déclaré son avocat, Rui Patricio, à l’arrivée au tribunal où il représentait aussi l’homme d’affaires Armindo Pires, accusé d’avoir agi comme l’intermédiaire de M. Vicente.

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Le ministère public portugais a cependant rejeté la demande de transfert du dossier, en faisant valoir que « les autorités angolaises ne donneraient pas suite à la procédure ou, du moins, ne donnent pas de garanties qu’elles le feraient ». Cette décision a été très mal reçue par le nouveau président angolais Joao Lourenço. « Nous considérons cela comme une offense et nous n’accepterons pas d’être traités ainsi », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 8 janvier.
« Pour que les relations entre l’Angola et le Portugal reviennent au niveau d’un passé récent, nous voulons un geste : remettre la procédure à l’Angola », a prévenu le chef d’Etat arrivé au pouvoir en septembre 2017.
En attendant que la justice portugaise trouve une issue à cette impasse, la presse locale s’inquiétait d’une éventuelle escalade diplomatique, qui pourrait pousser l’Angola à suspendre sa participation à la CPLP ou à réduire ses importations en provenance du Portugal, qui a dans son ancienne colonie son huitième marché extérieur.
« Une question de souveraineté »
Dès son discours d’investiture, le président Joao Lourenço avait sciemment omis le Portugal lorsqu’il avait énuméré les partenaires stratégiques de l’Angola. « C’était un message très significatif car, jusque-là, le Portugal jouait le rôle de porte d’entrée en Europe », explique Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House.
« Les Angolais ont décidé de diversifier leurs relations pour ne plus dépendre autant du Portugal », où a beaucoup investi l’entourage de l’ancien président José Eduardo dos Santos, qui a quitté le pouvoir après avoir régné sans partage sur le pays pendant trente-huit ans.
Mais, d’après M. Vines, la sensibilité de Luanda au sujet du procès de Manuel Vicente découle « surtout d’une question de souveraineté et d’une volonté de ne pas voir trop de linge sale angolais s’étaler dans les médias et les salles d’audience portugaises ». L’Angola est classé 164e sur 176 pays au dernier classement de l’ONG Transparency International sur la corruption.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’économie planétaire devrait progresser de 3,9 % cette année et la suivante, après 3,7 % en 2017, selon les prévisions du Fonds monétaire international publiées lundi.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

La croissance mondiale va encore accélérer en 2018 et 2019, selon le FMI

L’économie planétaire devrait progresser de 3,9 % cette année et la suivante, après 3,7 % en 2017, selon les prévisions du Fonds monétaire international publiées lundi.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 15h09
    |

            Marie de Vergès








                        



   


L’économie mondiale est lancée sur de bons rails et sa croissance devrait encore accélérer. Dans ses dernières prévisions, publiées lundi 22 janvier, le Fonds monétaire international (FMI) estime que le produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait progresser de 3,9 % en 2018 et 2019, après 3,7 % en 2017. Ces chiffres ont tous été révisés à la hausse depuis les perspectives publiées à l’automne par l’institution de Washington (+ 0,2 point de pourcentage pour cette année et l’an prochain, et + 0,1 point pour 2017).
Une reprise qui se raffermit
Ces derniers mois, la croissance a accéléré dans quelque 120 pays, constituant les trois quarts du PIB mondial. Il s’agit de la reprise la plus large et synchronisée depuis 2010, note le FMI, qui souligne des performances bien meilleures qu’attendu en Asie et en Europe.
Cet élan devrait se renforcer en 2018 et 2019, sur fond de conditions financières favorables et de reprise de l’investissement. La zone euro devrait progresser plus vite que prévu à 2,2 % en 2018 et 2 % en 2019 (1,9 % en France les deux années). La croissance sera particulièrement dynamique aux Etats-Unis, à 2,7 % cette année et 2,5 % la suivante. Ces derniers pronostics ont été largement revus à la hausse dans la foulée de la réforme fiscale américaine (respectivement + 0,4 et + 0,6 point de pourcentage). L’accélération de l’activité sur le territoire américain aura des répercussions positives pour les partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Réforme fiscale américaine : des effets à double tranchant
A court terme, le FMI prévoit que la réforme fiscale américaine, votée avant Noël, stimule l’activité. D’ici à 2020, ce programme de baisses d’impôts – qui ne devrait pas être compensé par des coupes dans les dépenses – devrait faire gonfler le PIB américain de 1,2 %. Mais le Fonds met en exergue un « produit dérivé » de cette réforme : l’accélération de la demande interne qui en résultera devrait accroître les importations et, de ce fait, creuser le déficit de la balance commerciale américaine. Un effet ambivalent alors que le président américain Donald Trump n’a cessé de fustiger les excédents commerciaux qu’entretiennent certains de leurs partenaires vis-à-vis des Etats-Unis (Chine, Mexique, Allemagne)…
Le déficit budgétaire va aussi s’aggraver et nécessiter, à l’avenir, des ajustements. Cumulé à la nature temporaire des dispositions fiscales, l’effet de la réforme sur la croissance devrait être négatif à compter de 2022.
Des risques qui persistent
Des risques continuent à peser sur la croissance à moyen terme. Le FMI cite, notamment, la menace d’une correction sur les marchés, si l’inflation et les taux d’intérêt aux Etats-Unis remontent plus vite que prévu. Un retour de bâton qui exposerait particulièrement les économies les plus endettées. A l’inverse, des conditions financières demeurant très favorables encourageraient la prise de risques, au nom de la recherche de rendement. Le Fonds met ainsi en garde contre « l’accumulation de vulnérabilités au sein du système financier ».
Au moment où les Etats-Unis, le Mexique et le Canada renégocient leur accord de libre-échange, l’Alena, et où l’Union européenne discute du Brexit, le FMI met aussi en garde contre le risque de nouvelles barrières commerciales.
Une fenêtre de tir pour les réformes
La reprise de la croissance « offre une opportunité idéale pour [mener] des réformes », insiste le FMI. Les pistes de travail sont nombreuses. Les dirigeants sont exhortés à engager des réformes structurelles pour accroître la croissance potentielle et la rendre plus inclusive. Le FMI appelle aussi à renforcer la résilience du système financier et à œuvrer en faveur de la coopération multilatérale, « vitale pour sécuriser la reprise mondiale ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.
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Le discret Mario Centeno, nouveau capitaine de l’eurozone

Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h00
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Il a ouvert un compte Twitter quelques heures après sa désignation, le 4 décembre 2017, et a recruté pour gérer sa communication un talentueux compatriote, ancien journaliste habitué du corps de presse bruxellois. De surcroît, il a fait son premier déplacement officiel en marquant les bons arrêts : rencontre avec le président français Emmanuel Macron, puis avec son ministre des finances, Bruno Le Maire, à Paris, mi-janvier, et visite dans la foulée chez Peter Altmaier, son homologue allemand, à Berlin.
Mario Centeno, le nouveau président de l’Eurogroupe, devait présider sa première réunion des dix-neuf ministres des finances de l’eurozone, lundi 22 janvier. S’attendait-il à cette consécration, lui le quasi-novice en politique et ministre des finances du Portugal depuis novembre 2015 ? A 51 ans, ce discret économiste a dû sentir la pression sur ses épaules : par la magie des alliances politico-diplomatiques européennes, il se retrouve à la tête du gouvernement officieux de l’eurozone.

Costume cintré, mains dans les poches, très à l’aise face aux caméras, son prédécesseur, Jeroen Dijsselbloem, aurait bien rempilé pour un troisième mandat, si cela avait été possible. Le fringant ministre des finances néerlandais avait réussi à se faire respecter de ses pairs et à se démarquer – un peu – de Wolf­gang Schäuble, l’ancien ministre des finances allemand, à l’écrasante présence. Avec son large sourire toujours accroché aux lèvres, son abondante chevelure poivre et sel, son air timoré et un peu embarrassé, Mario Centeno inaugure une nouvelle ère à Bruxelles.
Ce fan du Benfica Lisbonne vient d’un gouvernement de gauche et d’un pays qui, à l’instar de la Grèce, échappa de peu à la faillite durant la crise, alors que, jusqu’à présent, une règle implicite de l’entre-soi bruxellois voulait que le président de l’Eurogroupe fût issu d’un Etat classé « triple A » par les agences de notation financière.
Va-t-il pour autant dynamiter ce club,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’ancien leadeur du parti Nigel Farage songe à créer un parti rival, afin de relancer la campagne en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.
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Brexit : le parti europhobe UKIP est au bord de l’implosion

L’ancien leadeur du parti Nigel Farage songe à créer un parti rival, afin de relancer la campagne en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 12h11
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le Brexit lamine le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, extrême droite), mais son ancien leadeur charismatique, Nigel Farage, pourrait en profiter pour créer une nouvelle formation europhobe. Dimanche 21 janvier, les instances dirigeantes du UKIP ont voté à l’unanimité (moin s sa propre voix) la défiance envers leur chef, Henry Bolton, un ancien officier de l’armée britannique de 54 ans dont la vie conjugale tumultueuse fait le bonheur des tabloïds.

Elu en septembre 2017 à la tête du UKIP, M. Bolton a quitté son épouse et leurs deux enfants pour Jo Marney, 25 ans, mannequin et militante du parti. L’histoire a quitté la rubrique des potins début janvier lorsque le Mail on Sunday a révélé le contenu de SMS envoyés par cette dernière à un ami. La maîtresse du leadeur UKIP y estimait que le prochain mariage du prince Harry avec l’actrice américaine Meghan Markle allait « souiller [leur] famille royale ». Le père de la jeune femme est blanc, sa mère est noire.
Même au UKIP, pareil racisme a du mal à passer et Henry Bolton a annoncé à la mi-janvier qu’il avait rompu avec son amie. L’ennui est que le même Mail a publié jeudi des photos du couple attablé dans un bar à vin londonien et se caressant. En dépit du vote de défiance de dimanche, M. Bolton a annoncé qu’il n’avait nullement l’intention de démissionner. « Je crois n’avoir rien fait de mal », s’est-il expliqué. Formellement, un vote des adhérents doit intervenir dans le mois à venir si M. Bolton ne se résout pas à jeter l’éponge.
Avenir hypothétique
Mais l’avenir du parti, dont le Brexit a longtemps été la raison d’exister, semble désormais hypothétique. Henry Bolton est le troisième dirigeant du UKIP depuis que Nigel Farage a démissionné, voici dix-huit mois, au lendemain du référendum. En deux ans, le parti a dégringolé de 12,6 % des voix à 1,8 % et n’a cessé d’être agité par des querelles intestines.

Profitant...




                        

                        

