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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Ces sanctions portent sur neuf entités, 16 individus et six navires, accusés d’aider le régime communiste de Pyongyang à développer son programme nucléaire.
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Washington adopte de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord et ses soutiens

Ces sanctions portent sur neuf entités, 16 individus et six navires, accusés d’aider le régime communiste de Pyongyang à développer son programme nucléaire.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 18h00
   





                        



   


Les Etats-Unis ont adopté de nouvelles sanctions contre des entreprises, des individus et des navires nord-coréens ainsi que deux sociétés commerciales chinoises, a précisé le département du Trésor dans un communiqué, mercredi 24 janvier.
« Conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, le gouvernement américain cible les acteurs illicites en Chine, en Russie et ailleurs, qui travaillent pour le compte des réseaux financiers nord-coréens, et demande leur expulsion des territoires où ils résident », a affirmé Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor.
Ces sanctions portent sur neuf entités, 16 individus et six navires, accusés d’aider le régime communiste de Pyongyang à développer son programme nucléaire. Parmi les entités sanctionnées figurent deux maisons de commerce, basées en Chine, impliquées dans l’exportation de métaux et autres marchandises utilisées par l’industrie de défense nord-coréenne.

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Des responsables du Parti du travail de Corée qui opèrent en Chine, en Russie et en Abkhazie, région sécessionniste de Géorgie, sont également sanctionnés. Les pays concernés sont appelés à expulser les personnes sanctionnées.
Face aux ambitions nucléaires nord-coréennes, principal défi international aux yeux de Washington, la stratégie américaine consiste à convaincre le monde de pousser Pyongyang au dialogue par des sanctions draconiennes.
Un haut responsable américain a averti, mercredi, les autorités de Hongkong qu’elles devaient agir contre le commerce avec la Corée du Nord et faire respecter les sanctions de l’ONU. Dans un entretien accordé à l’agence de presse Reuters, mercredi 17 janvier, le président Trump a accusé la Russie d’aider la Corée du Nord à se soustraire aux sanctions internationales, en lui fournissant les matériaux que la Chine ne livre plus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les noms des premiers sportifs russes de premier plan qui ne seront pas autorisés à y participer ont commencé à filtrer. Les instances sportives russes sont furieuses. Le Comité international olympique (CIO) justifie sa décision.
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Jeux olympiques d’hiver 2018 : de « sérieux indices » de dopage justifient la mise à l’écart des sportifs russes, pour le CIO

Les noms des premiers sportifs russes de premier plan qui ne seront pas autorisés à y participer ont commencé à filtrer. Les instances sportives russes sont furieuses. Le Comité international olympique (CIO) justifie sa décision.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 17h43
   





                        


A deux semaines des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, les noms des premiers sportifs russes de premier plan qui ne seront pas autorisés à y participer ont commencé à filtrer. Ces annonces ont déclenché la fureur des instances sportives russes, mais elles ont été défendues, mercredi 24 janvier, par le Comité international olympique (CIO).
Pour le président du CIO, Thomas Bach, les mises à l’écart sont justifiées par l’addition de plusieurs éléments, et ne veulent pas dire que les athlètes concernées ont été pris en flagrant délit. Il a détaillé le processus lors d’une conférence téléphonique, citée par l’AFP :
« Si tel athlète n’est pas sur la liste, alors le panel indépendant a de sérieux indices par différentes sources, par différents moyens (…) qui ne lui permettent pas de dire qu’il n’y a pas de soupçon sérieux. Il peut y avoir un soupçon, il peut même y avoir une procédure en cours, il peut y avoir beaucoup de facteurs qui n’ont pas conduit à satisfaire le panel ». 
Quant aux informations sur lesquelles se base le CIO, cela peut être, selon M. Bach :
Le passeport biologique de l’athlèteLe profil stéroïdien de l’athlèteDes analyses sur les données récupérées au laboratoire de Moscou,Des anomalies au niveau de l’ADN dans certains échantillons qui laisseraient supposer une manipulationDes éléments provenant du rapport McLaren sur un système de dopage institutionnalisé (Richard McLaren est le juriste canadien qui a dévoilé le système de dopage russe organisé entre 2011 et 2015 ; la Russie, en tant que nation, a été suspendue des JO d’hiver pour cette raison).

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C’est un panel du CIO qui décide en effet quels athlètes russes jugés « propres » pourront ou non participer aux Jeux olympiques d’hiver. A sa tête, l’ex-ministre française des sports, Valérie Fourneyron, avait déjà déclaré que les sportifs qui seraient écartés n’étaient « pas nécessairement » dopés.
« Nous voulions être absolument certains qu’il n’y ait pas le moindre doute ni la moindre suspicion à propos de l’un des athlètes qui seront invités ».
Cette liste noire, qui doit être publiée en totalité le 26 janvier, comprend d’ores et déjà des sportifs de haut rang comme le sextuple champion olympique de short-track Viktor Ahn, le champion olympique de biathlon Anton Shipulin, le champion du monde de ski de fond Sergei Ustyugov et la patineuse Ksenia Stolbova, sacrée vice-championne d’Europe la semaine dernière.
Selon une source proche de l’enquête menée par Richard McLaren, contactée par Le Monde, c’est bien les échantillons de ces sportifs recueillis lors des JO Sotchi en 2014, manipulés depuis, qui justifient leur mise à l’écart.
En Russie, instances sportives et athlètes de premier rang ont critiqué la décision du CIO. Le président de la fédération de patinage de vitesse Alexeï Kravtsov s’est, par exemple, dit « indigné par la décision injuste du panel du CIO d’exclure presque tous nos leaders sportifs des JO », qualifiant le CIO de « despote et tyran ».

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La possibilité d’un boycott des JO d’hiver avait déjà été évoquée dans certaines sphères du pouvoir après l’exclusion du pays. L’option avait finalement été écartée par le président russe, Vladimir Poutine. Mercredi, elle est redevenue d’actualité. Au Kremlin, le porte-parole Dmitri Peskov a réagi en expliquant que « le plus important, c’est de garder la tête froide ». « Il est important d’éviter l’emploi de mots comme boycott. Il faut discuter avec le Comité international olympique et défendre leurs droits dans la mesure du possible », a-t-il souligné.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Depuis le forum de Davos, le président qui a renversé Robert Mugabe, a assuré vouloir des élections « libres, justes, crédibles ».
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Compte rendu

Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa promet une présidentielle « avant juillet »

Depuis le forum de Davos, le président qui a renversé Robert Mugabe, a assuré vouloir des élections « libres, justes, crédibles ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-24T17:37:24+01:00"

        Le 24.01.2018 à 17h37






    
Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa au forum de Davos, en Suisse, le 24 janvier 2018.
Crédits : DENIS BALIBOUSE / REUTERS


Les élections présidentielle et parlementaires prévues cette année au Zimbabwe devraient être organisées « avant juillet », a annoncé le nouveau président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa mercredi 24 janvier lors du Forum économique mondial de Davos (Suisse).
« Le mois prochain, je serai en mesure d’annoncer la date des élections », a déclaré M. Mnangagwa, qui a succédé en novembre à Robert Mugabe.

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« Cette fois-ci, le Zimbabwe sera ouvert et transparent », a-t-il assuré. « Nous voulons des élections libres, justes, crédibles et qui ne soient pas entachées de violence ».
« Si nous perdons les élections, c’est fini [pour nous]. Quel que soit le parti qui remporte les élections, il prendra les rênes du pouvoir », a-t-il assuré. Les précédentes élections au Zimbabwe sous l’ère Mugabe ont été le théâtre de fraudes et de nombreuses violences.
Rôle prépondérant des militaires dans le gouvernement
Ancien vice-président et bras droit de Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa a été investi candidat de son parti, la Zanu-PF, qui domine la vie politique au Zimbabwe depuis l’indépendance en 1980. En dépit des assurances répétées du candidat, ses critiques doutent de sa réelle volonté de mener des élections transparentes et pacifiques, rappelant qu’il a été l’un des exécuteurs de la répression ordonnée pendant l’ère Mugabe.

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Ils mettent aussi en avant le rôle prépondérant accordé à des militaires dans son gouvernement. Le nouveau chef de l’Etat a ainsi nommé l’ancien chef d’état-major de l’armée, Constantino Chiwenga, à la vice-présidence.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’ex premier ministre tunisien critique la politique budgétaire du gouvernement qui a entraîné des manifestations dans tout le pays.
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Entretien

Mehdi Jomaa : « Les dirigeants actuels de la Tunisie manquent de vision »

L’ex premier ministre tunisien critique la politique budgétaire du gouvernement qui a entraîné des manifestations dans tout le pays.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-24T17:10:26+01:00"

        Le 24.01.2018 à 17h10

     •
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          datetime="2018-01-24T17:23:51+01:00"

        Mis à jour le 24.01.2018 à 17h23






                        

Crédits : FETHI BELAID / AFP


                    

Mehdi Jomaa, 55 ans, est l’ancien chef du gouvernement « technocrate » qui a gouverné la Tunisie de février 2014 à janvier 2015, après la grave crise de 2013 où le pays frôla la guerre civile. Fondateur du parti Al-Badil Ettounsi (Alternative tunisienne), Mehdi Jomaa explore, avec d’autres chefs de petites formations, les voies d’une alternative à l’actuelle coalition gouvernementale formée par Nidaa Tounès (« moderniste ») et Ennahda (« islamiste »). Dans un entretien au Monde Afrique, il dénonce le « manque de vision » de cette coalition bâtie, selon lui, autour d’« un partage du pouvoir ».
La Tunisie a été récemment en proie à une poussée de fièvre sociale, déclenchée par les hausses de prix inscrites dans le budget de 2018. L’approuvez-vous ?
Cette tension sociale m’inquiète. Malheureusement, elle était prévisible. Nous savions que la situation n’allait pas en s’arrangeant. Au plan politique, la Tunisie a progressé. Il y a eu la Constitution de 2014 puis les élections. Mais on devait travailler sur la robustesse de ce processus par l’économique et le social. Car la révolution de 2011, ce n’est pas seulement la liberté, c’est aussi la quête de la dignité, en particulier de la jeunesse qui veut avoir des perspectives sociales et économiques. Il existe un énorme potentiel dans notre pays. Et pourtant cela bloque.

Où est le problème ?
Le leadership actuel ne dispose pas d’une vision claire de l’avenir du pays. Or pour réussir une transformation, il faut savoir quelle Tunisie nous souhaitons avoir dans vingt ou trente ans. On l’a bien vu quand la loi de finances a été discutée en fin d’année. Il ne s’agit pas à mes yeux d’une loi équitable. On ne relance pas l’économie par plus de taxes et de pressions sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est déjà fatigué, par plus de ponction fiscale sur l’entreprise et plus particulièrement le secteur formel. Cette loi de finances...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Alors que neuf millions de personnes souffrent d’isolement, le gouvernement veut poursuivre le combat engagé par la députée travailliste Jo Cox, assassinée en 2016.
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Au Royaume-Uni, une « ministre de la solitude » pour lutter contre l’isolement social

Alors que neuf millions de personnes souffrent d’isolement, le gouvernement veut poursuivre le combat engagé par la députée travailliste Jo Cox, assassinée en 2016.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 17h43
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Alors que le Brexit a commencé à plonger le Royaume-Uni dans un certain isolement diplomatique, le pays a décidé de lutter contre un nouveau fléau social : la solitude. Theresa May a nommé, mercredi 17 janvier, une secrétaire d’Etat chargée des personnes isolées et confié ces fonctions à Tracey Crouch, ministre des sports. Neuf millions de personnes (sur une population de 65,6 millions) souffrent de solitude au Royaume-Uni selon la Croix-Rouge et 200 000 personnes âgées affirment n’avoir parlé à aucun ami ou proche dans le mois précédent. La première ministre a affirmé vouloir « prendre des mesures contre la solitude endurée par les personnes âgées, ceux qui ont perdu des êtres chers, les gens qui n’ont personne à qui parler ».
La mobilisation gouvernementale sur ce sujet traduit la volonté de poursuivre le combat engagé par Jo Cox, la députée travailliste assassinée à 41 ans, le 16 juin 2016, dix jours avant le référendum sur le Brexit, par un sympathisant d’extrême droite devant une bibliothèque municipale où elle rencontrait ses électeurs. Alarmée par l’étendue du phénomène, Jo Cox avait créé une commission parlementaire sur la solitude qui avait recommandé la nomination d’un ministre ad hoc.

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                Joe Cox et les démons refoulés de l’Angleterre



La fondation qui perpétue sa mémoire a poursuivi ce travail en publiant, en décembre, un rapport qui a évalué à neuf millions le nombre de personnes isolées et estimé que l’altération à la santé liée à la solitude équivaut au fait de fumer quinze cigarettes par jour. Aux Etats-Unis, un ancien ministre de la santé, Vivek Murthy, écrit dans la Harvard Business Review que le fléau est associé à « un plus grand risque de maladies cardio-vasculaires, de maladies neurodégénératives, de dépression et d’anxiété » et devrait être combattu sur les lieux de travail.
Quantifier le phénomène
La nouvelle « ministre de la solitude » britannique doit mettre au point une méthode statistique pour quantifier le phénomène et aider financièrement les associations à multiplier les initiatives destinées à briser l’isolement. Il existe déjà des groupes comme Men in Sheds (partage de compétences et formation entre hommes âgés), Pies and Pints (repas du troisième âge dans des pubs) ou Knit and Natter (tricot et papotage). De même que des Alzheimer cafés, réunions mensuelles de personnes affectées par la maladie.
Les critiques ont fait remarquer qu’un gouvernement qui provoquait la fermeture de nombreuses bibliothèques publiques et de centres sociaux, du fait de sa politique d’austérité, était mal placé pour prétendre lutter contre la solitude. La frénésie des Britanniques pour les livraisons à domicile qui évitent de fréquenter les magasins et les restaurants est aussi débattue, de même que le rôle pervers des réseaux sociaux. « La solitude est une construction culturelle, une affaire de mode de vie. C’est l’enfant de l’union entre l’analphabétisme social et le paradigme néolibéral », écrit Stewart Dakers, qui tient une chronique sur le troisième âge dans le Guardian. 
Plus inattendu, un autre éclairage a été donné par Kim Leadbeater, sœur cadette de Jo Cox. Alors que la députée assassinée a laissé le souvenir d’une femme rayonnante, confiante et ouverte, sa sœur a expliqué les raisons intimes de sa croisade contre la solitude. Jeune fille issue d’une famille populaire du nord de l’Angleterre, Jo Cox avait souffert d’isolement lors de ses études dans la très huppée université de Cambridge et téléphonait souvent à sa sœur Kim pour en parler. Elle avait aussi traversé des périodes de blues, après la naissance de son premier enfant, lorsqu’elle s’était retrouvée seule dans la journée avec le bébé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Des internautes ont rendu hommage en tricotant au futur enfant de Jacinda Ardern, la première ministre de Nouvelle-Zélande, des vêtements, qui vont être envoyés à des œuvres caritatives.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Depuis vingt-sept ans, l’utilisation de la dénomination « Macédoine » par l’ancienne république yougoslave est un sujet de litige avec la Grèce.
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D’où vient le contentieux gréco-macédonien ?

Depuis vingt-sept ans, l’utilisation de la dénomination « Macédoine » par l’ancienne république yougoslave est un sujet de litige avec la Grèce.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 15h14
    |

                            Eddie Rabeyrin








                        



   


Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, devait rencontrer, mercredi 24 janvier, son homologue macédonien Zoran Zaev au Forum de Davos, dans leur tentative de régler le contentieux sur le nom de l’ancienne république yougoslave. Dimanche 21 janvier à Thessalonique, principale ville de la région grecque de Macédoine, un rassemblement à l’initiative d’organisations nationalistes a réuni réuni plus de 90 000 personnes. Les manifestants protestaient contre le maintien du nom « Macédoine » dans l’appellation de la jeune république voisine, poursuivant ainsi une vieille querelle qui, depuis bientôt trois décennies, empoisonne les relations entre Skopje et Athènes.
A l’origine du contentieux
Le différend gréco-macédonien concernant le nom du pays est apparu au moment de l’indépendance de la République de Macédoine en 1991. Jusque-là, la dénomination « Macédoine » ne posait pas de problème à la Grèce car il ne s’agissait que d’un Etat au sein de la République fédérale de Yougoslavie.
Mais, en devenant un Etat souverain, la Macédoine s’est également mise à revendiquer l’héritage historique et culturel qui est associé à la région, avec des références à Alexandre le Grand ainsi qu’à son père Philippe II, qui font partie de la mémoire grecque. Athènes craint aussi des visées territoriales de Skopje sur le nord de la Grèce, qui abrite une part importante de la Macédoine historique. « Les Grecs ont eu l’impression qu’on leur volait une partie de leur capital symbolique, auquel ils ont conscience de devoir beaucoup. Leur Etat s’est lui aussi construit à partir d’une référence à l’Antiquité, qui leur a permis de bénéficier de l’appui de l’Occident », rappelle Georges Prévélakis, géopoliticien spécialisé dans la question des Balkans.
La Grèce a donc tout fait pour bloquer la reconnaissance de l’Etat macédonien. Si bien que ce dernier a dû rejoindre l’ONU sous un nom « provisoire » : l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM). C’est d’ailleurs cette dénomination que la plupart des pays européens, tels que la France et l’Allemagne, utilisent pour désigner le pays. Il est en revanche reconnu sous le nom de « Macédoine » par les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni.
Au-delà de son aspect symbolique, le contentieux a des conséquences très concrètes pour le jeune Etat. En effet, la Grèce a placé le pays sous embargo de février 1994 à octobre 1995, et ce dernier n’a été levé qu’après que la Macédoine a accepté de changer son drapeau, sur lequel figurait le soleil de Vergina, symbole des rois macédoniens. Depuis, Athènes met son veto à l’entrée de la Macédoine dans l’Union Européenne et dans l’OTAN.
La construction d’une identité nationale
Comme beaucoup de ses voisins des Balkans, la Macédoine abrite une population multi-ethnique. Les deux principales composantes en sont les Slaves orthodoxes (deux tiers de la population) et les musulmans albanais (environ un quart), auxquelles s’ajoutent d’autres ethnies minoritaires comme les Turcs, les Roms et les Serbes.
« L’Etat avait besoin de trouver un référence identitaire qui permette de construire une mythologie nationale. Celle-ci est plus ou moins artificielle, mais, en se référant à la Macédoine antique, elle permet de dépasser la contradiction entre les deux principales identités [les Slaves et les Albanais] et de s’appuyer sur le territoire », analyse Georges Prévélakis.
Au pouvoir entre 2006 et 2016, le gouvernement de droite de Nikola Gruevski avait cultivé la veine nationaliste en lançant un programme de construction de monuments et statues d’Alexandre le Grand ou Philippe II, exacerbant les tensions avec Athènes. « Cette référence fonctionne mieux auprès des Slaves que des Albanais, juge M. Prévélakis. Mais ces derniers ne se comportent pas de façon monolithique : certains sont en faveur de l’unité du pays tandis que d’autres peuvent être tentés par le projet de la Grande Albanie. » 
Bientôt un réglement du contentieux ?
L’arrivée au pouvoir en mai 2017 d’un premier ministre social-démocrate, Zoran Zaev, a changé la donne. Les parties grecques et macédoniennes semblent aujourd’hui décidées à trouver une solution. Les émissaires des deux pays se sont rencontrés mercredi 17 janvier à New York sous l’égide de l’ONU pour en discuter.

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                La délicate intégration économique des Balkans occidentaux



« Il y a une forte pression des Américains sur M. Tsipras pour régler cette affaire. L’urgence vient de la proximité du Moyen-Orient déstabilisé et de la stratégie lente de poussée vers le sud de la Russie », estime M.Prévélakis. Mais le premier ministre grec de gauche radicale se heurte à l’opposition de son partenaire de coalition, le ministre de la défense, Panos Kammenos, président des Grecs indépendants.
Un règlement du contentieux gréco-macédonien pourrait débloquer l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN et l’Union européenne. Les discussions, sous l’égide de l’émissaire onusien Matthew Nimetz, portent sur des propositions autour d’un nom mixte tel que « Macédoine du Nord » ou  « Nouvelle Macédoine ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Plus de 60 000 Philippins ont dû être évacués des environs immédiats du volcan Mayon, entré en éruption mardi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Aux Philippines, des milliers de personnes fuient la menace du volcan Mayon

Plus de 60 000 Philippins ont dû être évacués des environs immédiats du volcan Mayon, entré en éruption mardi.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 13h25
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 13h33
   





                        



   


L’évacuation de milliers d’habitants se poursuit aux Philippines aux abords du Mayon, le volcan le plus actif du pays, qui est entré en éruption mardi 23 janvier et crache actuellement des fontaines de lave et d’épaisses colonnes de fumée.

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L’agence volcanologique philippine avait mis en garde lundi contre une « éruption dangereuse imminente » du Mayon, deux semaines après qu’il a recommencé à gronder. L’alerte a été maintenue par les autorités à 4, un cran au-dessous du degré maximal, après cinq épisodes supplémentaires « intenses mais sporadiques » d’éjection de fontaines de lave sur une période de dix-neuf heures depuis mardi, avec des durées variant de sept minutes à plus d’une heure.
Ces fontaines, d’une hauteur de 500 à 600 mètres, ont produit des nuages de cendres de 3 à 5 km de hauteur, a précisé l’Institut philippin de vulcanologie et de sismologie.

   


Plus de 60 000 habitants ont déjà fui la zone d’évacuation décrétée par les autorités autour du cratère, d’après la Croix-Rouge philippine.
Les milliers de personnes évacuées en quelques jours dans 46 camps de fortune s’entassent désormais dans des écoles et des abris bondés, où les gens dorment par terre et où un W.-C. est partagé par 50 personnes. « Le nombre d’évacués s’est gonflé depuis que la zone d’évacuation a été élargie » lundi à neuf kilomètres, a déclaré Rose Rivero, administratrice régionale de la Croix-Rouge. Selon les données de répartition géographique de la population rendues disponibles par la NASA, 600 000 personnes habitent dans les 15 kilomètres autour du cratère du Mayon, à proximité immédiate du volcan.

   


Il s’agit pour la plupart de paysans et de leur famille. Ils survivent grâce aux vivres que leur fournissent les autorités et les associations. « Si on se réfère à l’histoire des éruptions du Mayon, il faudra trois ou quatre mois avant qu’ils ne puissent rentrer chez eux », a ajouté Mme Rivero.
Les écoles ont été fermées dans 17 communes des provinces d’Albay et Camarines Sur. Une cinquantaine de vols ont été annulés en raison de l’éjection des cendres volcaniques, qui sont notamment retombées sur Guinobatan, une ville de 82 000 habitants située au sud-ouest du Mayon.

I am not scaring everyone but these are some of the most recent pictures I got from my fellow Bicolano/s. Zero visibility na sa Ligao/Guinobatan. Iringat tabi an gabos. Stay indoors and wear your facemasks. #PrayForAlbay pic.twitter.com/61q1cWrsbH— KNR Jonaxx ☄ (@KamponNgReyna) 22 janvier 2018


Le Mayon, l’un des plus beaux et des plus actifs volcans philippins
Célèbre aux Philippines pour la quasi-perfection de son cône, ce strato-volcan (c’est-à-dire un volcan constitué grâce aux coulées de lave successives) est situé à quelque 330 km au sud-est de Manille et culmine à 2 460 mètres.
Il a connu 51 éruptions au cours des 400 dernières années, dont la dernière remonte à 2014. En 1814, plus de 1 200 personnes périrent sous des flots de lave qui avaient notamment rasé la ville de Cagsawa, à l’exception du clocher d’une église devenu une attraction touristique majeure.
Des touristes américains, européens et sud-coréens se pressaient dans la région pour admirer l’éruption, selon les hôteliers du cru.

   


« Ils veulent voir ça de plus près », a déclaré Nics Ortonio, réceptionniste à l’Oriental Hotel, un établissement quatre étoiles de Legazpi. Des aéroports de la région ont été fermés et certaines routes sont impraticables en raison de la cendre. Le port de masque et de lunettes de protection est conseillé aux habitants.
Les Philippines se situent sur la ceinture de feu du Pacifique, zone où se rencontrent des plaques tectoniques, ce qui produit une fréquente activité sismique et volcanique.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Libéré en octobre 2017, l’écrivain, critique du Parti communiste chinois, a été à nouveau interpellé le 20 janvier alors qu’il se rendait à l’ambassade de Suède à Pékin.
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L’éditeur Gui Minhai à nouveau arrêté par les autorités chinoises

Libéré en octobre 2017, l’écrivain, critique du Parti communiste chinois, a été à nouveau interpellé le 20 janvier alors qu’il se rendait à l’ambassade de Suède à Pékin.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h45
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



   


Des cinq libraires et éditeurs hongkongais « disparus » entre octobre 2015 et janvier 2016, et réapparus des mois plus tard aux mains de divers services de sécurité chinois, Gui Minhai, ressortissant suédois, avait été le dernier à être partiellement libéré, en octobre 2017. Selon ses proches, il ne devait pas quitter sa ville natale de Ningbo, où sa mère réside.

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Il a été à nouveau arrêté samedi 20 janvier, alors qu’il était accompagné de deux diplomates suédois et se rendait à Pékin pour un rendez-vous médical à l’ambassade de Suède. Selon sa fille basée à Londres, Angela Gui, une dizaine de policiers en civil seraient montés à bord du train pour l’emmener peu avant l’arrivée à Pékin. Depuis, ses proches sont sans nouvelles de lui. Le gouvernement suédois a convoqué l’ambassadeur chinois à Stockholm et a réclamé sa libération immédiate. « Les autorités chinoises nous ont assuré à de nombreuses reprises que M. Gui Minhai était libre (...) et que nous pouvions avoir tous les contacts que nous souhaitions avec notre concitoyen », indique le communiqué du gouvernement suédois.
Dans l’attente d’un procès
Selon le témoignage publié dans le South China Morning Post de Woo Chih-wai, un employé de Causeway Bay Books, la maison d’édition à l’origine de toute l’affaire, Gui Minhai était dans l’attente d’un hypothétique procès lié aux ventes de livres publiés par sa maison d’édition à Hongkong et interdits en Chine. Le procès aurait dû avoir lieu avant le 19e congrès du Parti communiste chinois, qui s’est tenu en octobre 2017. « Sa femme, qui vit en Allemagne, a pu aller le voir, mais pas sa fille Angela. Il se rendait peut-être à l’ambassade de Suède à Pékin pour y être protégé », a ajouté Woo Chih-wai.
Pourtant, toujours selon Woo Chih-wai, Gui Minhai avait pu se rendre plusieurs fois à Shanghaï pour des formalités administratives. « Il nous semble que ces voyages avaient été pré-approuvés. » Un autre proche, le poète chinois en exil Bei Ling, qui n’a pas été en contact direct avec Gui, a également affirmé au même journal qu’après sa libération en octobre, il avait fait part à un écrivain chinois basé à Shanghaï, qu’il avait appelé d’une cabine téléphonique, de son intention de renouveler son passeport suédois. « L’impression parmi ses amis était qu’il allait être autorisé à partir », a déclaré Bei Ling.
La porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Hua Chunying, a indiqué, mardi 23 janvier, que « n’importe quel étranger en Chine, y compris les membres du corps consulaire ou diplomatique, ne devaient pas violer des lois internationales ou la loi chinoise ». Elle a précisé que cette affaire n’était pas gérée par les affaires étrangères chinoises. « Renseignez-vous auprès des services concernés », a-t-elle suggéré aux journalistes lors du point presse du ministère.
« Aveux » forcés
Historien de formation, écrivain et poète, Gui Minhai fit son troisième cycle à l’université de Göteborg (Suède) à partir de 1988. Il obtint la nationalité suédoise en 1992 à la suite du massacre de la place Tiananmen (1989). Il s’intéressa ensuite au gouvernement chinois et à la vie de certains hommes politiques importants. Depuis 2008, l’entrée en Chine lui était refusée. En 2012, il cofonda une petite maison d’édition à Hongkong, Mighty Current, laquelle racheta la librairie Causeway Bay Bookstore en 2014.
Après sa première disparition, alors qu’il était en Thaïlande, il était réapparu pour faire des « aveux » (forcés) selon lesquels il aurait tué une jeune femme au cours d’un accident de voiture en 2003 et s’était rendu à la police chinoise de son plein gré afin d’être jugé. Alors qu’officieusement, ses soucis sont largement imputés à des informations compromettantes dont il disposerait, notamment sur les piliers du gouvernement chinois, le contenu des livres vendus par sa librairie est généralement qualifié de « commérages ».
A Hongkong, l’épisode dit des « libraires disparus » a été le premier cas flagrant d’une opération de grande ampleur de la police chinoise visant des citoyens hongkongais critiques du Parti communiste chinois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Après la condamnation à mort d’une djihadiste allemande, les avocats de deux Françaises interpellent le président Macron sur leur sort.
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édition abonné


Les Français détenus en Irak face au risque de la peine capitale

Après la condamnation à mort d’une djihadiste allemande, les avocats de deux Françaises interpellent le président Macron sur leur sort.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 12h45
    |

            Soren Seelow, 
                                Cécile Boutelet (à Berlin) et 
Hélène Sallon








                        



                                


                            
La condamnation à mort en Irak, jeudi 18 janvier selon la presse allemande, d’une djihadiste allemande – une première pour une ressortissante européenne – éclaire d’un jour nouveau la situation des Français aux mains des autorités irakiennes. Si Paris souligne régulièrement la légitimité de Bagdad à juger les combattants étrangers arrêtés sur son sol, la question de la peine capitale, prévue par le droit irakien, met la France au défi de faire respecter ses valeurs et ses engagements internationaux.
Selon les informations du Monde, une vingtaine de familles françaises – quarante adultes et soixante enfants – sont aujourd’hui détenues par les forces kurdes de Syrie, qui n’appliquent pas la peine de mort. Cinq à six familles de Français membres de l’organisation Etat islamique (EI) ont par ailleurs été arrêtées en Irak, dont les adultes sont en revanche passibles de la pendaison s’ils viennent à être jugés par la justice irakienne.
Le cas de deux Françaises a été documenté : Melina B., 27 ans, originaire de Seine-et-Marne, est emprisonnée à Bagdad avec son dernier enfant âgé de quelques mois, les trois premiers ont été rapatriés en France. Djamila B., 28 ans, originaire de la région lilloise, est également détenue avec sa petite fille née sur place. Un troisième cas concerne une Tchétchène ayant obtenu l’asile politique en France. Selon une source diplomatique, elle aurait cependant perdu ce droit en rejoignant les rangs de l’EI.
Les avocats William Bourdon et Martin Pradel, qui défendent respectivement Melina B. et Djamila B., ont envoyé un courrier, mardi 23 janvier, au président de la République afin d’interpeller celui-ci sur le sort de leurs clientes à la lumière du précédent allemand. Rappelant les engagements internationaux de la France pour l’abolition de la peine de mort, un objectif qualifié de « combat civilisationnel » par Emmanuel Macron devant la Cour européenne des droits de l’homme, le 1er novembre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’amiral Laurent Isnard explique les enseignements que le commandement des opérations spéciales a tirés des interventions en Irak, en Syrie et au Sahel et réclame plus de moyens, notamment des hélicoptères et des drones.
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Contre-terrorisme : la mue des forces spéciales françaises

L’amiral Laurent Isnard explique les enseignements que le commandement des opérations spéciales a tirés des interventions en Irak, en Syrie et au Sahel et réclame plus de moyens, notamment des hélicoptères et des drones.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h43
    |

            Nathalie Guibert








                        



   


Happées par deux fronts majeurs, le combat contre l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie d’un côté, la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel de l’autre, les forces spéciales françaises sont contraintes d’accélérer leur mue. Le contre-terrorisme a déjà changé leur visage, assure l’amiral Laurent Isnard, à la tête du commandement des opérations spéciales (COS) depuis fin 2016, et qui s’exprime dans le cadre de la préparation de la future loi de programmation militaire pour la période 2019-2025. Le projet passera en conseil des ministres le 8 février.

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Intenses, les opérations menées depuis trois ans « ont accru les compétences des opérateurs », souligne l’amiral Isnard. Au Sahel, « l’ennemi est excellent, discret, motivé, capable de partir de façon très disséminée avant de se regrouper, puis de mener un combat d’infanterie de haut niveau », explique-t-il au Monde. Le COS, avec son opération « Sabre », engage le feu toutes les semaines dans des raids. « Avec cette expérience du combat d’infanterie à un contre un, le niveau de nos opérateurs a dépassé celui des anciens, estime ce responsable, ils ont acquis une grande maîtrise de la force, une capacité de tir sélectif et dans toute la gamme. »
« Une guerre du renseignement »
En Irak et en Syrie, la guerre tient de « la combinaison de Stalingrad et de Twitter », précise l’amiral dans le compte rendu de sa toute première audition à l’Assemblée nationale, publié lundi 22 janvier. « L’adversaire met en œuvre tous les champs de confrontation – guerre urbaine lourde, artillerie, drones, cyber, risques radiologiques, biologiques ou chimiques, propagande. »
Deuxième enseignement, le contre-terrorisme conduit à projeter les forces spéciales dans la durée. En amont des crises, l’amiral évoque des opérations relevant de la prévention, « qui appellent une très basse visibilité des actions », en Afrique de l’Ouest par exemple. Ensuite, la formation de forces partenaires, comme elle fut lancée à Erbil auprès des Kurdes, puis à Bagdad auprès de l’armée irakienne, est vue comme « un moyen de se faire accepter sur le terrain » avant un engagement plus lourd. Quand la France décide de s’engager davantage, ces missions se prolongent par un appui direct aux forces locales : ce fut le cas auprès de la Division d’or – les forces spéciales – irakienne notamment pour des actions de guidage aérien de frappes lors de la reprise de Mossoul.
Au Sahel, indique au Monde le responsable militaire, « Sabre sera utile tant qu’il restera des terroristes à neutraliser ». Les commandos assurent un rôle de force de réaction rapide, quand les unités conventionnelles, françaises ou locales, déploient des opérations planifiées. « Nous sommes capables d’intervenir en une heure, à partir du moment où un groupe a été détecté, avec l’analyse en direct du renseignement au centre des opérations de l’état-major à Paris, en lien avec le président de la République. »
Dans ce cadre, de nouveaux moyens sont nécessaires pour mener ce qui est d’abord, selon l’amiral Isnard, « une guerre du renseignement ». Des avions légers de reconnaissance seront acquis dans la prochaine loi de programmation, ainsi que des moyens de communication à très longue distance par satellite.
Le COS semble aussi avoir convaincu le ministère d’investir rapidement dans des drones de moyenne endurance (100 kilomètres de portée et six heures de vol) capables d’emporter des armements de faible charge. Des spécialistes du cyber seront recrutés. Parce qu’il suit des groupes armés mobiles au travers le monde et transmet ce qu’il collecte aux services de renseignement, le COS a aussi, selon l’amiral, « une carte à jouer comme plate-forme locale, pour accueillir des personnels de nos différents services voire de services alliés ».
Effectif suffisant
Reste que ces unités d’élite n’échappent pas aux problèmes d’équipement des armées, craignant même un « décrochage ». La livraison des nouveaux véhicules terrestres, prévue pour répondre à un besoin jugé « urgent » début 2017, subit plus de deux ans de retard. « J’ai besoin d’hélicoptères », dit le patron des forces spéciales. Les besoins de drones de longue endurance et leurs moyens de guerre électronique sont complétés par les Etats-Unis. « Il s’agit d’assurer notre autonomie stratégique vis-à-vis des Américains », plaide-t-il. De même, « en matière logistique, on note la fragilité de nos lignes d’approvisionnement et la dépendance aux moyens externalisés, en particulier le recours au fret aérien ».
Pour rester « agile », selon le nouveau mantra en vigueur dans les armées, les forces spéciales visent 250 millions d’euros d’investissement sur les sept prochaines années, « un millième du budget annuel de la défense », a plaidé l’amiral devant les députés. « Je milite pour qu’on innove davantage dans tous les domaines », dit-il, en souhaitant pouvoir déroger aux marchés publics pour acheter des matériels légers existant déjà sur catalogue. Le choix d’aller vite a été retenu pour riposter aux drones transformés en roquettes par l’EI à Mossoul : des prototypes de fusils brouilleurs et des systèmes de détection ont été directement testés par le COS sur le terrain.

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Avec 4 300 opérateurs dont 600 déployés en opérations extérieures, réservistes compris, les forces spéciales estiment avoir l’effectif suffisant. Elles ont recruté 1 000 soldats au cours des cinq dernières années. « Je n’ai pas de problèmes de recrutement, le défi, ce sera de garder les personnels, admet l’amiral Isnard, car le rythme effréné dans l’emploi est problématique. » Depuis trois ans, ces opérations ont tué deux militaires et en ont blessé vingt-six autres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’entreprise est accusée d’avoir versé d’énormes sommes à son client Apple pour qu’il ne s’approvisionne pas auprès de ses rivaux.
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Bruxelles inflige au groupe américain Qualcomm une amende de près d’un milliard d’euros

L’entreprise est accusée d’avoir versé d’énormes sommes à son client Apple pour qu’il ne s’approvisionne pas auprès de ses rivaux.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 17h58
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Margrethe Vestager a encore frappé. Et fort : mercredi 24 janvier, la commissaire à la concurrence a annoncé une amende de près d’un milliard d’euros (997 millions d’euros) à l’encontre du géant américain de composants électroniques Qualcomm, accusé d’avoir versé d’énormes sommes à son client Apple pour qu’il ne s’approvisionne pas auprès de ses rivaux. Des pratiques considérées comme un abus de position dominante, en contradiction avec les règles de l’Union européenne (UE) sur les pratiques anticoncurrentielles.
« Qualcomm a illégalement évincé ses concurrents », a déclaré la Danoise. Selon la commissaire, Qualcomm « a versé des milliards de dollars » à Apple pour s’assurer sa fidélité, le contrat entre les deux géants du numérique courant sur 2011-2016.
« Ces paiements n’étaient pas de simples réductions de prix, mais étaient effectués à la condition qu’Apple utilise exclusivement les puces de Qualcomm dans tous ses iPhone et ses iPad. Cela signifie qu’aucun rival ne pouvait lutter contre Qualcomm sur ce marché, peu importe la qualité de leurs produits », a expliqué Mme Vestager, mercredi.
L’amende représente plus de 4 % du chiffre d’affaires 2017 du groupe américain. « J’espère qu’elle sera dissuasive », a précisé la commissaire. Elle sera directement versée au budget de l’UE, comme c’est le cas dans les affaires d’abus de position dominante en Europe.
Le fabricant a annoncé sa volonté de faire appel. « Nous sommes certains que cet accord [avec Apple] n’enfreint pas les règles de la concurrence de l’Union européenne », a déclaré Donald Rosenberg, vice-président de Qualcomm.
Enquête ouverte en 2015
Le 12 octobre, les autorités taïwanaises avaient déjà imposé une amende record de plus de 770 millions de dollars au constructeur, pour atteinte à la concurrence et manipulation de prix dans une autre enquête, lancée en 2015.

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                Qualcomm condamné pour abus de position dominante en Chine



A Bruxelles, une enquête avait également été ouverte en 2015 par la Commission. Qualcomm est de loin le premier fournisseur de circuits intégrés pour les smartphones. La Commission s’est intéressée tout particulièrement à une gamme de produits : des systèmes de processeurs LTE, du nom de la norme de téléphonie de troisième et quatrième générations, pour réseaux 3G et 4G. Sur ce créneau particulièrement porteur, la multinationale détenait une part de marché écrasante, de l’ordre de 90 %, entre 2011 et 2016. selon Bruxelles.
Intel est également présent sur ce marché, mais comme d’autres concurrents de Qualcomm, il s’est vu barrer l’accès à Apple, un client pourtant majeur, qui représentait environ un tiers de la demande mondiale pour ces composants sur la période du contrat avec Qualcomm, selon la Commission. Le fabricant des iPhone et des iPad n’a commencé à se fournir auprès d’Intel qu’à partir du moment où le contrat avec Qualcomm est arrivé à expiration, courant 2016.
« Se faire concurrence sur la base du mérite »
« Les multinationales en position dominante doivent se faire concurrence sur la base du mérite. C’est aussi simple que cela », a asséné Mme Vestager, se réjouissant néanmoins que ce marché ultraconcentré des composants pour smartphones soit « davantage concurrentiel aujourd’hui ».
Avec cette nouvelle condamnation, Mme Vestager prouve à nouveau qu’elle n’a pas froid aux yeux. Depuis qu’elle est en poste (fin 2014) à Bruxelles, elle a redonné à la politique concurrentielle de l’Union tout son lustre. A son actif, notamment, trois enquêtes pour abus de position dominante, et une amende contre le géant Google pour violation des règles de la concurrence contre Google. Ou encore l’obligation faite à Apple de rembourser pour 13 milliards d’euros d’aides d’Etat à l’Irlande, et les condamnations d’Amazon et de Starbucks, également pour aides d’Etat, respectivement du Luxembourg et des Pays-Bas.
Son aura est telle que son nom revient avec insistance, aujourd’hui, pour prendre la tête de la présidence de la Commission fin 2019, à la fin du mandat de Jean-Claude Juncker. La Danoise, issue de la famille libérale européenne, refuse de confirmer si elle sera candidate à ce poste. Elle s’est contentée de souhaiter un deuxième mandat à la concurrence, dans le quotidien économique belge L’Echo du 16 janvier : « Avec un deuxième mandat, je sens qu’on peut faire des choses fantastiques. » « C’est un superbe poste », a-t-elle insisté, mercredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le pouvoir congolais se félicite de ce revirement de la justice française sur un litige financier qui l’oppose à un homme d’affaires libanais.
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Compte rendu

La Cour de cassation invalide la saisie en France d’avoirs du Congo-Brazzaville

Le pouvoir congolais se félicite de ce revirement de la justice française sur un litige financier qui l’oppose à un homme d’affaires libanais.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-24T12:22:07+01:00"

        Le 24.01.2018 à 12h22






    
Le président congolais Denis Sassou-Nguesso, à Rome, en novembre 2009.
Crédits : POOL New / REUTERS


La Cour de cassation a invalidé, le 10 janvier, la saisie en France d’avoirs du Congo, dans un litige qui oppose depuis plus de vingt ans Brazzaville à un homme d’affaires libanais, a-t-on appris, mardi 23 janvier, de source judiciaire.
La plus haute juridiction judiciaire française avait pourtant pris une décision inverse le 30 juin 2016. « C’est un revirement spectaculaire qui était très attendu par la République du Congo. Les biens diplomatiques ou les créances fiscales ne pourront plus être saisis sur le territoire français. Cet arrêt sonne le glas de la procédure de saisie des biens régaliens du Congo », s’est félicité, auprès de l’AFP, Me Kevin Grossmann, avocat du Congo.

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                Mohsen Hojeij, l’homme qui peut faire sauter le Congo



Des saisies avaient été pratiquées à la demande de la société de BTP Commisimpex, pilotée par l’homme d’affaire libanais Mohsen Hojeij, pour recouvrer dans un premier temps près de 168 millions d’euros. La justice française, qui avait jusqu’alors validé cette procédure, s’appuyait sur une « renonciation » à son « immunité d’exécution » consentie en 1993 par le Congo, dont les avoirs en France auraient sans cela été protégés.
L’affaire, qualifiée de « Ioukos à l’africaine », tant sa complexité rappelle le contentieux interminable autour de l’ancien numéro un du pétrole russe, remonte au début des années 1980.
Plus d’un milliard d’euros
Mohsen Hojeij, alors proche du président Denis Sassou-Nguesso, avait décroché plusieurs contrats entre 1983 et 1986 : construction d’un pont, d’un village… Mais, en 1986, après l’effondrement des cours du brut, la situation du pays s’était détériorée et seule une partie de la facture avait été réglée. Depuis lors, M. Hojeij a multiplié les recours pour récupérer son argent, la somme due ne cessant de gonfler pour atteindre aujourd’hui plus d’un milliard d’euros, selon Me Grossmann. Pour l’instant, seuls 6 millions d’euros ont été prélevés sur des comptes de l’ambassade du Congo et de sa délégation permanente à l’Unesco, selon l’avocat.

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                La fortune du clan Sassou-Nguesso dans le viseur de la justice américaine



Dans son nouvel arrêt, la Cour de cassation estime que le simple renoncement d’un Etat à son « immunité d’exécution » ne suffit pas pour prélever des fonds sur « des comptes utilisés dans l’exercice d’une mission diplomatique des Etats étrangers ». Il faut en plus une « renonciation expresse et spéciale des Etats concernés », ce qui n’est pas ici le cas.
Se fondant sur la loi Sapin 2 qui a conforté en 2016 cette exigence, les juges ont estimé que si cette loi récente ne peut pas s’appliquer à ce litige, « l’objectif de cohérence et de sécurité juridique impose de revenir à la jurisprudence » précédente « confortée par la nouvelle loi ».
La Cour de cassation avait jusqu’en 2011 et 2013 refusé de valider les saisies en France de biens appartenant à des Etats étrangers en l’absence d’une renonciation spécifique de ces Etats.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les 130 femmes présentes étaient toutes des hôtesses recrutées qui avaient pour consigne de porter des vêtements spécifiques et d’interagir avec les invités.
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A Londres, harcèlement et sexisme lors d’un dîner de charité mondain réservé aux hommes

Les 130 femmes présentes étaient toutes des hôtesses recrutées qui avaient pour consigne de porter des vêtements spécifiques et d’interagir avec les invités.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
24.01.2018 à 15h52
   





                        


C’est le Financial Times qui relate cette soirée, à contre-courant de l’actualité et des débats sur les violences faites aux femmes qui ont cours dans de nombreux pays. Jeudi 18 janvier, 360 personnalités politiques, chefs d’entreprise et stars du show-business étaient réunis dans un hôtel londonien pour le Presidents Club, un prestigieux dîner de charité annuel généralement gardé secret.
Selon le quotidien britannique, cet événement attirant exclusivement des hommes lève des fonds pour des hôpitaux ou diverses causes, en vendant des prix particuliers – comme un déjeuner avec le ministre des affaires étrangères Boris Johnson –, a lieu derrière des portes fermées à la presse depuis trente-trois ans. Les 130 femmes présentes étaient toutes des hôtesses recrutées, et avaient reçu consigne de porter des vêtements spécifiques.

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« Touchées contre leur gré »
Deux journalistes du Financial Times se sont rendues à la soirée organisée au Dorchester Hotel, en se faisant passer pour des hôtesses, et rapportent de très nombreux comportements sexistes et situations de harcèlement et d’agressions sexuelles :
« Au cours de ces six heures, de très nombreuses hôtesses ont été touchées contre leur gré, et reçu des commentaires grossiers ainsi que des invitations répétées à aller dîner dans des chambres privées du Dorchester. (…) Une hôtesse raconte qu’un des invités lui a montré son pénis. »
Une jeune hôtesse âgée de 19 ans explique au Financial Times avoir reçu des avances d’un homme de 70 ans : il lui a demandé si elle était une prostituée. La brochure de la soirée avertissait les invités qu’ils ne devaient en aucun cas harceler sexuellement ni les hôtesses ni les autres invités.
Alors que de nombreux élus britanniques ont été accusés de harcèlement sexuel depuis la naissance du mouvement #metoo et la libération de la parole sur les violences sexuelles, un commentateur sportif prenait la parole au cours du dîner de charité pour célébrer « l’événement le moins politiquement correct de l’année ».
Les prix aux enchères participaient également de cette ambiance : « Une nuit dans un strip-club de Soho, et un bon pour de la chirurgie esthétique appelant à “épicer vos femmes”. » Depuis sa création, ce dîner annuel a réuni plus de 20 millions de livres (environ 23 millions d’euros), 2 millions rien qu’au cours de la soirée du 18 janvier.
Des hôtesses surveillées
Lors de leur recrutement, les hôtesses étaient prévenues de la nature de l’événement et leurs téléphones portables étaient confisqués et mis à l’abri pendant la durée de la soirée. Selon le quotidien britannique, une surveillance des recrues avait été mise en place pour la soirée : « Les femmes qui passaient trop de temps [aux toilettes] étaient signalées et ramenées dans la salle de bal. Un agent de sécurité était à la porte et décomptait le temps. » Elles étaient invitées à interagir davantage avec les invités par des salariés de l’agence de recrutement, Artista, si elles apparaissaient trop en retrait.
L’hôtel Dorchester a assuré appliquer une tolérance zéro à l’égard du harcèlement sexuel, et l’organisation du dîner de charité s’est dit « consternée » par les comportements rapportés par le Financial Times. « Ce comportement est totalement inacceptable », a fait savoir le Presidents Club.
« C’est un exemple terrifiant d’hommes riches agissant en toute impunité », a jugé dans le Guardian la députée travailliste Jess Phillips. La députée des libéraux-démocrates Jo Swinson a parlé d’accusations qui « retournent l’estomac ». La commission parlementaire britannique pour les femmes et l’égalité a, elle, appelé à un renforcement législatif pour empêcher que ce genre de comportements se reproduise.

Le malaise de Theresa May
Ces révélations ont coûté sa place, mercredi, à un membre du ministère de l’éducation et conduit la première ministre, Theresa May, à exprimer son « malaise ». David Meller, un des coprésidents du club organisateur de cette soirée privée, siégeait depuis juin 2013 au sein d’une commission non exécutive dépendant du ministère. Sa démission a été annoncée au Parlement par Anne Milton, secrétaire d’Etat à l’éducation. « Il me semble tout à fait extraordinaire qu’au XXIe siècle, des allégations de ce genre fassent encore surface », a-t-elle dit lors d’un débat parlementaire. D’après le Financial Times, David Meller copréside avec le promoteur immobilier Bruce Ritchie le Club des présidents.
Le porte-parole de Theresa May a confié, pour sa part, que « la lecture de cet article ce matin avait mis la première ministre mal à l’aise ».
Le Foreign Office, qui avait offert pour ces enchères un déjeuner avec Boris Johnson, n’a fait, pour sa part, aucun commentaire.
L’un de ses bénéficiaires des fonds levés, le Great Ormond Street Hospital, un hôpital pour enfants de la capitale britannique, a annoncé qu’il restituerait les précédents dons émanant du Presidents Club.
Le groupe publicitaire WPP, qui réservait traditionnellement une table lors de cette soirée, a déclaré, pour sa part, qu’il ne s’y associerait plus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le témoignage de la gymnaste, entrée dans l’histoire lors des Jeux de 1976 à Montréal, donne un aperçu des années de misère et de privations qu’a endurées le peuple roumain sous l’ère Ceausescu.
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Les vérités de Nadia Comaneci

Le témoignage de la gymnaste, entrée dans l’histoire lors des Jeux de 1976 à Montréal, donne un aperçu des années de misère et de privations qu’a endurées le peuple roumain sous l’ère Ceausescu.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h47
    |

            Elisabeth Pineau








                        



                                


                            

Livre. De ses années à vivre épiée sous le régime Ceausescu, Nadia Comaneci a longtemps gardé le verbe rare, contrôlé. « Parler ne m’intéressait même plus et encore moins exprimer ce que je pensais », raconte-elle dans Lettres à une jeune gymnaste, son autobiographie traduite pour la première fois en français. La gymnaste, entrée dans l’histoire lors des Jeux de 1976 à Montréal, a refusé des années durant de s’épancher sur sa carrière et de se remémorer certains épisodes enfouis dans sa mémoire, « soulagée de ne pas avoir à [s]’en souvenir ». Aussi cet ouvrage a-t-il une visée cathartique.
Nadia Comaneci y relate son enfance « heureuse » à Onesti, un village des Carpates, au sein d’une famille modeste. A 6 ans, elle intègre l’école expérimentale de gym dirigée par l’entraîneur Bela Karolyi et sa femme, se pliant quotidiennement à quatre à six heures de travail acharné. Paradoxalement, elle combat les idées reçues la réduisant à un automate : elle n’a « jamais considéré la gymnastique comme un sacrifice », ni vécu la discipline comme « une torture ».
Conçu sous forme de réponses aux questions que serait tentée de lui adresser une jeune athlète, le style épistolaire est simple, voire simpliste. Elle aborde tour à tour la pression, les dégâts physiques et psychologiques que peut infliger le sport de haut niveau en donnant le sentiment d’avoir été épargnée par les travers qui y sont généralement associés. « Je ne dis pas que tous les entraîneurs se comportent bien ou que peu de jeunes filles ont des troubles de l’alimentation (…). Je dis simplement que je n’ai jamais eu à gérer ce genre de choses. » 
« Tout ça n’est que fantasmes »
Son récit des Jeux de 1976 – où elle fut la première gymnaste dans l’histoire olympique à obtenir la note maximale de 10 – souligne un détachement, encore des années après, à l’égard d’un événement qui l’a dépassée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’ancienne source de WikiLeaks, désormais candidate aux sénatoriales américaines, a participé à un événement organisé par Mike Cernovich, un des soutiens de Donald Trump.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Chelsea Manning sommée de s’expliquer sur sa présence à un rassemblement d’extrême droite

L’ancienne source de WikiLeaks, désormais candidate aux sénatoriales américaines, a participé à un événement organisé par Mike Cernovich, un des soutiens de Donald Trump.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h44
   





                        



   


L’ancienne lanceuse d’alerte de WikiLeaks a-t-elle commis un faux pas ? Chelsea Manning, qui a annoncé le 14 janvier se porter candidate à l’investiture démocrate aux prochaines sénatoriales américaines, a été aperçue à un rassemblement d’extrême droite à New York, dimanche 21 janvier dans la soirée. Ses soutiens l’ont sommée de s’expliquer sur cet épisode. Il s’agissait selon elle d’une manœuvre, a-t-elle twitté le lendemain :
« Je suis candidate parce que notre monde devrait être meilleur pour tous, toujours. Les fascistes-l’alt-right ne méritent aucune tribune, nous nous opposons fermement à eux. J’ai saisi une occasion de collecter des renseignements sur eux parce que l’idéologie qu’ils colportent menace tout le monde. »

im running b/c our world should be better for everyone, always 🌍🌏🌎
— xychelsea (@Chelsea E. Manning)


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L’événement, baptisé « A Night for freedom », était organisé par Mike Cernovich, influente figure de l’extrême droite américaine, dite « alt-right », pour fêter la première année de Donald Trump à la Maison Blanche. Celui-ci décrit cette soirée comme « un rassemblement de patriotes et de dissidents politiques lassés des rassemblements mainstreams ». Mike Cernovich a notamment été un des principaux relais de la théorie conspirationniste du PizzaGate, selon laquelle une pizzeria de Washington servirait de lieu de réunion à un réseau pédophile proche du Parti démocrate. Masculiniste, il s’est également investi en 2015 dans la récupération du GamerGate, un mouvement de joueurs de jeu vidéo antiprogressiste, dont une partie a grossi le corps de l’alt-right.
Mike Cernovich s’est félicité que Chelsea Manning soit passée à son rassemblement :
« Oui, j’ai littéralement serré la main à Chelsea Manning ce soir, la gauche flippe, ce n’était pas grand-chose. C’était une énorme fête, folle. Je suis ravi qu’elle soit passée. Tout le monde est bienvenu quand il s’agit de faire la fête avec moi. »
L’ancienne lanceuse d’alerte de WikiLeaks, emprisonnée en 2013 pour avoir transmis à l’organisation des milliers de documents secrets de l’armée américaine, puis graciée en 2017 par Barack Obama, s’était une première fois justifiée le soir même sur Twitter. Elle expliquait alors « avoir appris en prison que la meilleure façon de se confronter à [ses] ennemis, c’est de leur faire face sur leur territoire. »
« Le bénéfice du doute »
La présence de Chelsea Manning à ce rassemblement a suscité des commentaires irrités dans son propre camp, qui s’inquiète d’éventuelles amitiés. La militante américaine Linda Sarsour, qui se bat pour les droits des musulmans aux Etats-Unis, a qualifié une photo de la lanceuse d’alerte au milieu de militants d’extrême droite de « pire du pire ».
En décembre, l’ancienne lanceuse d’alerte de WikiLeaks avait déjà été photographiée en compagnie de militants d’extrême droite, comme le journaliste du média conspirationniste The Rebel, Jack Posobiec. Celui-ci avait été parmi les premiers à relayer les « Macron Leaks », ces documents volés à l’entourage d’Emmanuel Macron durant l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française, en mai dernier.
Le journaliste de The Intercept Glenn Greenwald, célèbre pour avoir publié les révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden en 2013, a quant à lui pris sa défense :
« Il est 100 % légitime de se poser des questions, mais quelqu’un avec son histoire – elle a été en prison sept ans pour avoir rendu publics des crimes de guerre américains, supporté des abus qualifiés d’inhumains par l’ONU et défendu les droits des trans alors qu’elle était enfermée dans une prison militaire – mérite le bénéfice du doute sur le fait qu’elle ne soit pas une fasciste. »
Depuis fin 2016, WikiLeaks est accusé par de nombreux commentateurs d’avoir fait le jeu de Donald Trump lors de la campagne présidentielle 2016 en publiant de nombreux documents contre Hillary Clinton. Son cofondateur, Julian Assange, est visé par une enquête aux Etats-Unis depuis 2010, date à laquelle WikiLeaks a publié les documents transmis par Chelsea Manning. Celle-ci assurait toutefois le 18 janvier au Guardian ne plus être en contact avec Julian Assange depuis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Horst Koehler compte organiser des « discussions bilatérales » entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario pour ce conflit qui dure depuis des décennies.
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Compte rendu

L’émissaire de l’ONU au Sahara occidental va réunir les parties à Berlin

Horst Koehler compte organiser des « discussions bilatérales » entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario pour ce conflit qui dure depuis des décennies.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-24T11:38:13+01:00"

        Le 24.01.2018 à 11h38






    
Horst Koehler, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, au camp de réfugiés de Roubani près de Tindouf, le 18 octobre 2017.
Crédits : RYAD KRAMDI / AFP


L’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Koehler, a invité les chefs de la diplomatie marocaine, algérienne, mauritanienne et le responsable du Front Polisario à Berlin pour des discussions sur cette région disputée, a indiqué mardi 23 janvier un porte-parole de l’ONU.
« L’émissaire personnel du Secrétaire Général prévoit en janvier et février d’organiser des discussions bilatérales avec les parties et les pays voisins », précise le communiqué. Aucune date n’a encore été communiquée pour les consultations.

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                « Le Maroc est en train de modifier sa stratégie sur le Sahara occidental »



Depuis sa nomination en août dernier, l’ancien président allemand Horst Koehler s’efforce de relancer les pourparlers entre le Maroc et le Front Polisario en conflit dans cette région au sud du royaume chérifien, lutte qui dure depuis des décennies.
Regain de tensions
L’annonce de ces consultations coïncide avec un regain de tensions dans la région. Le Maroc accuse notamment le Polisario, soutenu par l’Algérie, de mener des incursions dans la zone tampon de Sahara occidental située à la frontière avec la Mauritanie. Les tensions ont été alimentées récemment par un rapport critique de la Cour de justice de l’Union européenne, estimant que l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc était « invalide » car « l’exploitation halieutique des eaux adjacentes au Sahara occidental (…) ne respecte pas le droit du peuple de ce territoire à l’autodétermination ».

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                Sahara occidental : à la Cour de justice de l’UE, une victoire symbolique pour le Front Polisario



Le Maroc s’était dit indigné par la « position extrémiste » du rapport et son « interprétation scandaleusement politique », soulignant les « retombées sociales et économiques » de l’accord de pêche sur la population locale.
Vaste étendue désertique avec 1 100 km de côte atlantique au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n’a pas été réglé : le Maroc en contrôle 80 %, le Front Polisario 20 %, séparés par un mur et une zone tampon contrôlée par les Casques bleus de l’ONU.
Le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination pouvant conduire à l’indépendance, mais le Maroc rejette toute autre solution que l’autonomie sous sa souveraineté.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’ex-chef d’état-major Sami Anan a été arrêté trois jours après avoir annoncé sa candidature à la présidentielle de mars.
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Le président égyptien Sissi se débarrasse d’un rival militaire

L’ex-chef d’état-major Sami Anan a été arrêté trois jours après avoir annoncé sa candidature à la présidentielle de mars.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h23
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

L’exercice démocratique est un pari risqué en Egypte. L’ancien chef d’état-major de l’armée Sami Anan l’a appris à ses dépens, mardi 23 janvier. Trois jours après avoir annoncé sa candidature à l’élection présidentielle du 26 mars, face au président sortant Abdel Fattah Al-Sissi, le général à la retraite a été arrêté, accusé par l’institution militaire d’incitation à la division entre les forces armées et le peuple, et de falsification de documents officiels. Débarrassé de ce rival, dont la popularité croissante auprès des déçus du pouvoir commençait à inquiéter, le président Sissi est plus que jamais assuré d’être reconduit pour un second mandat au terme d’une élection en forme de plébiscite.
Les ambitions présidentielles du général Anan, 69 ans, étaient connues depuis longtemps. Chef d’état-major de l’armée de 2005 jusqu’à sa mise à l’écart par le président islamiste Mohamed Morsi en 2012, M. Anan s’était porté candidat en 2014 avant de se retirer au profit d’Abdel Fattah Al-Sissi, qui lui avait succédé à la tête de l’armée. Bien des observateurs pensaient, jusqu’à sa déclaration de candidature, samedi, qu’il renoncerait cette fois encore. Avant lui, trois candidats à la présidentielle avaient déjà été écartés ou avaient dû renoncer à se présenter, dont l’ex-premier ministre et général de l’armée de l’air Ahmed Chafiq. Seuls le patron du club de football de Zamalek, Mortada Mansour, et l’avocat de gauche Khaled Ali, dont la candidature est incertaine en raison d’ennuis judiciaires, sont encore susceptibles de se présenter avant la date limite de dépôt des candidatures, le 29 janvier.
« Intrusions »
Dans sa vidéo de candidature, partagée sur Facebook, Sami Anan disait vouloir corriger « les mauvaises politiques » menées depuis la destitution par M. Sissi, alors chef de l’armée, du président Morsi à l’été 2013. Il y dénonçait la détérioration des conditions de vie et « l’érosion » des capacités de l’Etat dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les travaillistes pro-européens contestent la ligne de Jeremy Corbyn et souhaitent que le Royaume-Uni reste dans le marché unique européen.
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Brexit : l’ambiguïté du Labour  de plus en plus critiquée

Les travaillistes pro-européens contestent la ligne de Jeremy Corbyn et souhaitent que le Royaume-Uni reste dans le marché unique européen.



Le Monde
 |    24.01.2018 à 11h16
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Dans la partie de poker menteur du Brexit, le Parti travailliste de Jeremy Corbyn n’est pas le dernier à jouer sur les mots. Logiquement, le Labour devrait se poser en grand parti anti-Brexit. Suivant sa consigne, les deux tiers de ses électeurs ont voté pour rester dans l’Union européenne au référendum de juin 2016 et l’immense majorité de ses députés pourfendent le Brexit. Pourtant, le parti est loin de s’y opposer frontalement, de peur de désespérer ses partisans pro-Brexit, souvent résidents des quartiers populaires dans les villes du nord de l’Angleterre.
De fait, les deux tiers des circonscriptions tenues par le Labour ont voté majoritairement pour le Brexit. « Nous ne pouvons pas contourner le résultat du référendum et dire aux gens que leur décision était stupide, explique Emily Thornberry, ministre des affaires étrangères du  « cabinet fantôme » Labour. Notre devoir est maintenant d’unir le pays, de rassembler les 52 % et les 48 %. Nous devons quitter l’UE mais nous n’avons pas besoin d’aller très loin. » 
Pourtant, au sein même du Labour, des voix s’élèvent pour sortir de la confusion et infléchir le message de la formation dans un sens proeuropéen. Le dilemme se concentre sur la question du maintien ou non du Royaume-Uni dans le marché unique. Les proeuropéens y sont favorables, au nom de la préservation des liens avec le continent et de l’emploi, que l’instauration de droits de douane compromettrait.

Mais Jeremy Corbyn l’a répété sur ITV le 14 janvier : pour lui, sortir de l’Union européenne suppose de sortir du marché unique. Le vieux militant d’extrême gauche ne porte pas l’Union dans son cœur. Ambigu, il se pose en leader d’un parti qui accepte le Brexit mais, s’il arrivait au pouvoir, négocierait un accord commercial offrant « exactement les mêmes avantages » que le marché unique après le Brexit.
Possibles surprises
Le rejet du marché unique par le chef du Labour a déclenché l’ire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le patrouilleur français assure l’opération « Corymbe », dont l’objectif est de diminuer l’insécurité maritime du Sénégal jusqu’à l’Angola.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤         

Reportage

A bord du « Lavallée », qui traque les pirates et défend les intérêts français dans le golfe de Guinée

Le patrouilleur français assure l’opération « Corymbe », dont l’objectif est de diminuer l’insécurité maritime du Sénégal jusqu’à l’Angola.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-01-24T10:54:17+01:00"

        Le 24.01.2018 à 10h54






    
Sur le pont du Lavallée, patrouilleur de haute mer de la marine française, au large du Sénégal, le 8 décembre 2017.
Crédits : Matteo Maillard


Tout vibre. De la carène aux antennes. Une bête d’acier se met en branle. Au grondement sourd des turbines, une nuée de goélands se met à virevolter autour du navire gris larguant les amarres dans la vapeur d’or du couchant. Derrière, une brume mêlée de sable et de pollution enveloppe le port de Dakar. Le patrouilleur de haute mer Lavallée quitte la ville. Il élance ses 80 mètres de long vers le sud, pour un dernier déploiement.
En ce soir de décembre, la 140e mission de l’opération « Corymbe » vient de démarrer. Du Sénégal à l’Angola, le navire militaire français parcourra pendant plus de trois mois 5 700 kilomètres de côtes, faisant 17 escales. L’objectif de la mission est double : « Diminuer l’insécurité maritime et défendre les intérêts français dans le golfe de Guinée », annonce la commandante Stéphanie Rivière, une Réunionnaise de 33 ans. Depuis 1990, cinq fois par an, frégates et patrouilleurs de la marine française se relaient le long des côtes d’Afrique de l’Ouest afin d’assurer une présence militaire permanente.

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Car les défis sont nombreux dans cette région du globe. Piraterie, banditisme, trafics illégaux, pollution et surtout pêche illicite dans des eaux possédant parmi les plus importantes ressources halieutiques au monde – un butin qui attire notamment de nombreux chalutiers chinois qui épuisent les fonds marins – sont autant de menaces à la stabilité économique des Etats du voisinage.
« Diplomatie économique »
« “Corymbe” est un pion en dehors du territoire, explique le colonel Philippe Troistorff, chef de la mission de coopération et de défense à l’ambassade de France à Dakar. C’est une façon de participer à la puissance et au rayonnement français dans une zone où nous avons d’importantes proximités culturelles, historiques et économiques avec les populations. »
L’Afrique de l’Ouest est un bassin d’implantation pour de nombreuses entreprises françaises, parmi lesquelles le groupe Bolloré, l’un des premiers armateurs mondiaux, qui possède dans le golfe de Guinée et les pays avoisinants onze concessions portuaires et une dizaine de ports secs privés ou en partenariat public. La présence continue d’un bâtiment de marine est un outil stratégique dans la protection des axes de transit des navires de commerce français. Un élément de la « diplomatie économique » défendue par Paris, mais pas seulement. « Un bâtiment au large est aussi une plate-forme mobile pouvant servir à l’évacuation de ressortissants en cas de crise dans un des pays de la région », soutient le colonel Troistorff.

    
L’ambassadeur de France à Dakar salue un officier de la marine gambienne à Banjul, le 8 décembre 2017.
Crédits : Matteo Maillard


D’abord stratégique, la mission « Corymbe » est aussi diplomatique. La première escale du Lavallée a lieu à Banjul, en Gambie. Aucun navire militaire français n’y avait accosté depuis 2009. En cause, des tensions entre l’ex-dictateur Yahya Jammeh et la présidence Hollande, qui, en 2013, avait décidé de fermer son antenne diplomatique dans le pays. Avec la chute du régime, en janvier 2017, les relations se sont réchauffées et, en novembre, Paris a décidé de rouvrir son antenne diplomatique. Lors de son escale, le Lavallée reçoit les premiers échanges formels entre Christophe Bigot, ambassadeur de France à Dakar, et le nouveau gouvernement gambien.

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La nuit est tombée sur le pont du navire. A l’intérieur, des lumières rouges éclairent les travées. Au poste de commandement, l’obscurité est de mise afin de limiter la signature lumineuse du navire. On guette la mer au radar, au sonar, à l’infrarouge, mais surtout à l’œil nu. « Rien de tel pour se positionner précisément par rapport aux bâtiments alentour », confie la commandante Rivière.
Car, dans le golfe de Guinée, la vigilance humaine est primordiale. Les systèmes de détection électroniques, très efficaces face aux bateaux de commerce et de guerre, signalent moins bien les petites embarcations de pêche en bois qui naviguent dans ces eaux sombres. D’autant qu’ici « les pirogues ne sont pas éclairées et les pêcheurs agitent au dernier moment une lampe torche pour avertir de leur présence », raconte la commandante.

    
La commandante du « Lavallée », Stéphanie Rivière, à bord du patrouilleur, au large du Sénégal, le 8 décembre 2017.
Crédits : Matteo Maillard


Si les actes de piraterie sont rares au large du Sénégal, la mission peut s’intensifier à l’approche du Nigeria, du Togo ou de la Guinée équatoriale. « Le golfe de Guinée n’est pas une zone ou nous faisons face à un Etat failli, comme en Somalie, avance le capitaine de frégate Nicolas Bourguignat, officier de liaison auprès de la marine sénégalaise. S’ils ont diminué, les actes illicites existent toujours. On trouve des coupeurs de routes maritimes, des bateaux déroutés, parfois des prises d’otages. C’est une zone qui gagne en importance stratégique, notamment avec la multiplication des découvertes de gisements de gaz et les nombreuses plates-formes pétrolières. Nous nous efforçons donc de former continuellement les marines locales à protéger leurs eaux territoriales par elles-mêmes. »
Car la mission « Corymbe » est aussi une mission de soutien et de formation des marines africaines. « Notre vocation n’est pas d’intervenir directement contre les activités illicites dans la zone que nous parcourons, mais d’être un appui aux forces locales, explique Stéphanie Rivière. Après, si l’on rencontrait une activité de piraterie sur notre chemin, nous pourrions être amenés à intervenir. » Avec sa tourelle de 100 mm, ses quatre mitrailleuses 12.7 et ses deux canons de 20 mm, le patrouilleur de haute mer a un effet dissuasif certain sur les embarcations tentées de hisser le pavillon noir.

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A quelques milles nautiques des côtes gambiennes, le soleil s’est levé sur le Lavallée, laissant traîner un brouillard au-dessus de la houle. Les 90 membres d’équipage se préparent à l’approche du port de Banjul.
« “Corymbe”, c’est des yeux, de l’humanitaire, de la police, de la formation et de la coopération, souligne le colonel Troistorff. Cela permet aussi à la France de conserver son autonomie dans l’évaluation des menaces dans cette région d’avenir. » Mais « Corymbe » ne fait pas tout. « C’est une tête d’épingle dans le golfe de Guinée. Nous ne sommes pas non plus en mesure de répondre à toutes les difficultés que présente une zone aussi vaste. »
Son étape gambienne accomplie, le Lavallée poursuit sa mission vers le sud. La dernière pour ce navire après trente-sept années de service. Quand il rentrera à Brest, dans quelques mois, il sera désarmé, son équipage éparpillé. Certains prendront alors peut-être leur poste sur un navire flambant neuf afin de perpétuer la mission « Corymbe », qui, elle, n’est pas près de s’achever.

