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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Les signataires de « la tribune des 100 », dont font partie Catherine Deneuve et Catherine Millet, dénoncent les atteintes à la liberté des artistes. Ce que demandent ces professionnels de l’art, c’est à ce qu’on ne critique pas l’art, note l’historien de l’art Paul Bernard-Nouraud, dans une tribune au « Monde ».
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« Sous couvert de réclamer pour les artistes le droit de tout oser, leurs défenseurs s’accordent celui de dire n’importe quoi »

Les signataires de « la tribune des 100 », dont font partie Catherine Deneuve et Catherine Millet, dénoncent les atteintes à la liberté des artistes. Ce que demandent ces professionnels de l’art, c’est à ce qu’on ne critique pas l’art, note l’historien de l’art Paul Bernard-Nouraud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 18h21
    |

Paul Bernard-Nouraud (Historien d'art)







                        



                                


                            

Tribune. Un immense frisson parcourt depuis quelque temps la bourgeoisie d’art française. La dénonciation des viols, des agressions sexuelles et des atteintes quotidiennes à la dignité des femmes est à ses yeux le symptôme d’un rigorisme ambiant qui attente en définitive à son domaine en propre, à son bien : l’art. On voudrait l’exproprier, la déposséder. Pour le moment, seul l’art moderne et contemporain est concerné, mais ce sera bientôt tout l’art, c’est certain, que des foules de philistins et de zélotes, s’engouffrant dans la brèche des scandales sexuels, voudront soumettre à inventaire. Pareil retour à l’ordre s’est déjà vu.
Mais cette fois la bourgeoisie d’art française a décidé de réagir. Saisis tout à coup d’une même inquiétude, conservateurs, historiens et critiques d’art s’organisent. Il y a tant à faire. D’abord, il faut sauver Egon Schiele des mains des pudibonds Saxons, puis exfiltrer Balthus de celles des puritains. Il faudra sous peu songer à offrir asile à Poussin, à abriter Boucher, et puis Gauguin, et même à cacher Picasso, puisqu’aucun génie n’est dorénavant plus en sûreté nulle part.
Le cas Céline, sur lequel on croyait que régnait jusqu’à présent une jurisprudence précaire, est un nouveau coup de semonce. Bien sûr c’est un salaud, mais renoncer à imprimer ses ordures est une concession de Gallimard faite aux vandales qui lèsent l’humanité de tout un pan de son histoire et de sa littérature.

A Orsay, on ne regarde désormais plus sans angoisse les toiles orientalistes. Et si quelque association antiraciste, qui n’entend naturellement rien à l’art, exigeait qu’on les décroche ? Et si des féministes, aveugles, comme on sait, à la beauté véritable, elles qui saccagèrent la Vénus au miroir, de Vélasquez, en 1914, si leurs émules s’apercevaient que nombre d’académiciens ont peint les femmes comme des objets sexuels, et même certains enfants, orientaux notamment ?
Inconséquence et désinvolture
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Dans son documentaire, Claude Lanzmann met en lumière les récits de femmes rescapées de la Shoah (sur Arte à 20 h 50).
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TV – « Les Quatre Sœurs »

Notre choix du soir. Dans son documentaire, Claude Lanzmann met en lumière les récits de femmes rescapées de la Shoah (sur Arte à 20 h 50).



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 18h11
    |

            Isabelle Regnier








                        


Documentaire sur Arte à 20 h 50

Des trois cents heures d’entretiens qu’il avait réalisées avec des survivants des camps nazis, Claude Lanzmann avait tiré Shoah, film monument de neuf heures trente sorti en 1985, qui transforma la compréhension de l’histoire de l’extermination des juifs d’Europe. Depuis, il n’a cessé d’extraire de nouveaux films de ce matériau, mettant en lumière des histoires qui expriment la nature impensable de ce que futcet épisode tragique– la révolte des prisonniers du camp d’extermination de Sobibor (Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures, 2001), le combat du résistant polonais Jan Karski, qui tenta en vain d’éveiller la conscience de Roosevelt et de dignitaires américains sur la réalité de la Shoah (Le Rapport Karski, 2010), la responsabilité de Benjamin Mur­melstein, président du conseil juif du ghetto de Theresienstadt, qui revient sur les dilemmes moraux vertigineux qui furent alors les siens (Le Dernier des injustes, 2013, qu’Arte rediffuse à 23 h 20).
Présenté en première européenne à la Viennale, en octobre 2017, Les Quatre Sœurs est un quatuor féminin. Quatre films ­reposant chacun sur le témoignage d’une rescapée de la Shoah. Il y a d’abord la douce Ruth Elias, Tchèque d’origine dont le récit ­incroyablement riche en rebondissements s’avérera le plus éprouvant de tous, laissant affleurer au fil des chants à l’accordéon qu’elle offre en guise de ­respiration un instinct de vie ­exceptionnel, qui finira broyé par l’impitoyable Josef Mengele, médecin SS à Auschwitz.

La vieille paysanne polonaise Ada Lichtman raconte, elle, sa déportation à Sobibor après quelques mois passés aux premières loges de ce qu’on a appelé la « Shoah par balles », fusillades massives de juifs. Affectée au nettoyage des vêtements des déportés, elle était aussi chargée de remettre à neuf les poupées des enfants juifs que les soldats du camp venaient récupérer pour leur progéniture.
Dans le récit que Paula Biren fait de son adolescence au ghetto de Lodz, en Pologne – elle eut la chance d’être envoyée dans une ferme où elle mangera à sa faim –, avant d’être affectée à la police du ghetto, c’est la culpabilité des survivants qui est interrogée, et mise en perspective avec celle des puissances occidentales qui ont laissé prospérer la machine de mort ­nazie. Ces questions sont aussi au cœur du récit d’Hanna Marton, Transylvanienne d’origine. Elle échappa à la solution finale à la ­faveur d’une négociation entre Adolf Eichmann et Rudolf Kastner, qui aboutit à la constitution d’un convoi d’un peu plus de 1 600 juifs qui seront exfiltrés en Palestine contre de l’argent.
Lanzmann met ici en lumière la part féminine du martyre des déportés. Ruth Elias et Paula Biren figuraient dans le film d’origine, mais leurs interventions étaient courtes, au service d’un récit plus vaste, sur le fonctionnement de la machine de mort. Les histoires de jeunes filles, de viols, d’enfants, de bébés qui arrivent avec elles, l’inscription des dilemmes moraux, de la douleur, de la culpabilité, de la révolte, de la colère, dans des voix, dans des gestes, sur des visages ­féminins, étaient restées hors champ. En prenant acte de ce vide, Les Quatre Sœurs vient le combler, comme à point nommé.
Les Quatre Sœurs, de Claude Lanzmann (Fr., 2017, 89 min et 52 min). Les derniers volets seront diffusés mardi 30 janvier à 20 h 50.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Un documentaire éclairant sur la façon dont le djihadisme utilise et nourrit les thèses complotistes pour justifier la terreur (sur France 3 à 23 h 20).
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TV – « Complotisme, les alibis de la terreur »

A voir aussi ce soir. Un documentaire éclairant sur la façon dont le djihadisme utilise et nourrit les thèses complotistes pour justifier la terreur (sur France 3 à 23 h 20).



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 17h53
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 3 à 23 h 20



Rudy Reichstag est sur tous les fronts. Membre de l’Observatoire des radicalités politiques à la fondation Jean Jaurès, le politologue anime depuis 2007 le site Conspirary Watch. où il passe aux cribles, pour mieux les démonter, les théories du complot. Ce soir, c’est sur France 3, qu’il poursuit ce combat, en cosignant avec Georges Benayoun, auteur notamment de L’Assassinat d’Ilan Halimi (2014), un documentaire éclairant sur la façon dont le djihadisme utilise et nourrit les thèses complotistes pour justifier la terreur. Car ainsi que l’explique le philosophe Jacob Rogozinski : « Le terrorisme a besoin de justification, de légitimation comme les totalitarismes (…) même les djihadistes recherchent du sens et veulent un monde ordonné où leur crime puisse avoir un sens et une valeur de rédemption ». Et ce sens, les djihadistes l’ont trouvé dans la théorie du complot judéo-croisé contre l’Islam. Théorie qui a repris toute sa vigueur avec les attaques du 11 septembre 2001 avant de s’intensifier en France à partir de 2012 et les vagues d’attentats terroristes qui suivirent. A ce mythe d’un complot islamophobe – qui pose le coupable en victime – s’est donc ajouté celui « plus attractif car plus moderne » d’un « terrorisme fabriqué », qui sous des dehors pseudo-scientifiques, vise à mettre en doute les versions officielles. Ce négationnisme se déploie au sein d’une complosphère qui, des frères Ramadan à Mathieu Kassovitz, d’Alain Soral à Michel Collon, en passant par Thierry Meyssan, trouve des relais aussi bien sur la toile que sur le petit écran.

   


Renforcées par un contexte de désinformation et de discrédit des politiques, ces thèses trouvent un écho favorable auprès des plus jeunes. « Communautarisme, identitarisme, victimisme, complotisme, antisémitisme sont cinq discours extrêmement présents qui tous réunis, sont particulièrement explosifs et donnent un individu mûr pour entrer dans le djihadisme », explique Amélie Boukhobza, psychologue clinicienne en charge de jeunes radicalisés
S’appuyant largement sur des entretiens avec des spécialistes de ces questions (Pierre-André Taguieff, Soufiane Zitouni, Gérald Bronner), sur des témoignages de victimes d’attentats (ou de leurs proches) pour qui ces discours niant la réalité s’apparentent à une double peine, ce film dense, illustré de vidéo de propagande, s’offre par son décryptage comme un outil civique de résistance.
Complotisme, les alibis de la terreur, de Rudy Reichstag et Georges Benayoun (Fr., 2017, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Second rôle à la « gueule » cabossée souvent remarqué, le comédien a joué pour certains des plus grands réalisateurs français. Il est décédé dimanche 21 janvier à l’âge de 73 ans.
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La mort de l’acteur Yves Afonso

Second rôle à la « gueule » cabossée souvent remarqué, le comédien a joué pour certains des plus grands réalisateurs français. Il est décédé dimanche 21 janvier à l’âge de 73 ans.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h18
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 17h49
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

Il fallait vraiment faire preuve de légèreté pour ne voir en lui qu’une doublure de Jean-Paul Belmondo, auquel il fut trop souvent et injustement rapporté tout au long de sa carrière. Yves Afonso, mort le 21 janvier à l’âge de 73 ans, était pourtant l’une des présences les plus poétiques et fantasques du cinéma français, réputé pour sa capacité à habiter pleinement cette place ingrate du cinéma, celle des « seconds rôles », en sachant leur donner et de l’âme et du corps.
Avec son physique sportif, sa « gueule » cabossée de boxeur, sa voix rocailleuse, il semblait voué aux rôles populaires, mais avait en vérité développé une mobilité éruptive et sentimentale, qui n’est pas sans évoquer celle des grands acteurs du cinéma muet.
Né le 13 février 1944 à Saulieu, en Côte-d’Or, Yves Afonso est le fils d’un maçon d’origine portugaise. Au début des années 1960, il exerce, à Paris, divers petits métiers d’artisanat ou de manutention. Il se lie alors d’amitié avec Laszlo Szabo, comédien et metteur en scène hongrois, qui donne alors des cours au Théâtre de Poche Montparnasse et le présente à Antoine Bourseiller, le directeur de l’établissement. Ce dernier lui offre un rôle dans sa mise en scène du Métro fantôme, de LeRoi Jones, et l’intègre à sa troupe. C’est sur les planches du même théâtre que Jean-Luc Godard le repère un soir et décide de l'engager dans la foulée pour jouer dans l’un de ses films.
Inoubliable chez Godard
Ses quatre apparitions devant la caméra du jeune prodige de la Nouvelle Vague seront brèves mais inoubliables : il se poignarde devant Jean-Pierre Léaud dans Masculin Féminin (1966), agonise la même année sous les yeux d’Anna Karina dans Made in USA (« Paula, tu m’as dérobé ma jeunesse »), joue le poète Gros-Poucet dans Week-end (1967), revient en étudiant révolutionnaire dans Vladimir et Rosa (1970), le tout formant une série de performances fulgurantes.
Avec les années...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Figure de la contre-culture, Nicanor Parra est mort, mardi, à l’âge de 103 ans.
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Le poète chilien Nicanor Parra est mort

Figure de la contre-culture, Nicanor Parra est mort, mardi, à l’âge de 103 ans.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 17h36
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            

Le Chilien Nicanor Parra, poète, artiste, enseignant, figure de la contre-culture, est mort à Las Cruces, à 120 km de Santiago du Chili, mardi 23 janvier, à l’âge de 103 ans.
Connu pour ses « antipoèmes » à l’apparente simplicité, il a longtemps incarné l’intellectuel en marge de toutes les chapelles et systèmes de pensée, en dépit de son engagement social et environnemental. « Je ne suis ni de droite ni de gauche, simplement je romps avec tout », écrit-il en 1972.
Nicanor Segundo Parra Sandoval est né le 5 septembre 1914, à San Fabian de Alico, au sud du Chili, dans une famille nombreuse et modeste, liée à la culture populaire. Il est le frère aîné de Violeta Parra, célèbre chanteuse et compositrice. Seul de la fratrie à faire des études supérieures, à l’université du Chili, à Santiago, il choisit les mathématiques et la physique, qu’il enseignera par la suite. Du point de vue littéraire, il est autodidacte.
« Poésie antidogmatique »
En 1937, son premier recueil, Cancionero sin nombre (« Chansonnier sans nom », non traduit), évoque le Romancero gitano, de Federico Garcia Lorca. Malgré un accueil favorable, le jeune provincial emprunte une autre voie, favorisée par les auteurs qu’il découvre à l’occasion de voyages aux Etats-Unis (1943) et en Grande-Bretagne (1949). Après Walt Whitman, les poètes anglais le stimulent, Kafka et la psychanalyse le bouleversent.
La poésie a valu au Chili deux prix Nobel de littérature, Gabriela Mistral (1889-1957) et Pablo Neruda (1904-1973). L’ombre lyrique et épique de ce dernier n’a pas écrasé les vocations. Les avant-gardes, transposées par Vicente Huidobro (1893-1948), et le surréalisme, représenté par le groupe Mandragora (1938-1952), trouvent des niches au pied de la cordillère.
Nicanor Parra, lui, défie les augures avec ses « antipoèmes », une « poésie antidogmatique ». Il resignifie « les mots de la tribu » grâce à un humour ravageur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Ce pionnier de l’afro-beat et figure historique de l’anti-apartheid s’est éteint à Johannesburg à l’âge de 78 ans.
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Mort du trompettiste sud-africain Hugh Ramopolo Masekela

Ce pionnier de l’afro-beat et figure historique de l’anti-apartheid s’est éteint à Johannesburg à l’âge de 78 ans.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 18h08
    |

                            Francis Marmande








                        



   


Le trompettiste sud-africain Hugh Ramopolo Masekela (4 avril 1939-23 janvier 2018) est mort des suites de « ce cancer dont on ne meurt pas », le cancer de la prostate. Il avait 78 ans, transmettait une énergie vitale très réjouissante et portait beau.
En 2015, il avait participé au Jour du Jazz. Pour le reste, il n’est pas impossible qu’une des dernières fois qu’on l’ait vu, à l’insu de tous et dans l’ignorance du public, ce soit au légendaire Caveau de la Huchette de Dany Doriz, ce temple de la danse et du jazz traditionnel. Lequel, de Ferré, Brassens ou Ted Curson, au tournage de Lalaland, en passant par Panama Francis, aura accueilli la terre entière. Insituable autant que brillant, Hugh Masekela s’y sentait chez lui. Un de ses albums s’intitule Home is Where the Music Is (1972).

        Lire aussi le compte-rendu :
         

          La gaieté dansante d’Hugh Masekela



Trevor Huddleston, un curé natif de Bedford, œuvrait contre l’apartheid dans les townships. Masekela a du souffle, du corps, le saint homme lui offre une trompette. Les prêtres ont ce genre de prescience. Nous sommes en 1954. La trompette avait appartenu à Louis Armstrong. Hugh, qui venait de voir un western, s’exclama : « Hugh ! Je me sens comme un poisson dans l’eau. » En 1960, il quitte les délices de l’apartheid pour rejoindre la Guildhall School of Music and Drama à Londres. Et, de là, file à New York City, où Harry Belafonte, Dizzy Gillespie et Miles Davis l’accueillent comme le frère qu’il est. Solidarité aussi politique que musicale.
« Versatile »
En 1962, grande consécration, Trumpet Africa paraît sous son nom. Est-ce l’album où il figure en photo, dignement juché sur un éléphant ? Grazing in the Grass (1968) se faufile dans les palmarès et passe, dans le dernier virage, devant le Jumping Jack Flash des Rolling Stones.
La beauté de sa sonorité, sa puissance, quelque chose de bleu qui vient d’avant le jazz, sa courtoisie et son caractère exubérant, en font un musicien qu’appellent les jeunes loups (les Byrds, Paul Simon) et parfois les jeunes renards. Doué pour le succès, il fréquente les top lists de la musique pop (Up, Up and Away). Sa voix, ses interventions cuivrées (trompette, bugle, trombone, cornet) préfigurent en douce l’afro-jazz. Très disponible et musicalement intelligent (versatile, en américain, tout aussi latin que le « versatile » français, n’a pas sa connotation négative).
En 1987, Bring Him Back Home précède de cinq ans la libération de Nelson Mandela, dont la composition est devenue l’hymne de soutien officiel
A l’instar d’Abdullah Ibrahim (« Dollar » Brand), adoubé par Duke Ellington ; du Blanc Chris McGregor, à la tête de sa très noire légion de Brotherhood of Breath (« la fraternité du souffle » : quel intitulé, messeigneurs !), Hugh Masekela est un infatigable ambassadeur de la lutte antiapartheid. En 1987, Bring Him Back Home précède de cinq ans la libération de Nelson Mandela, dont la composition est devenue l’hymne de soutien officiel. Comme de bien entendu, dès la libération du pays, c’est Johnny Clegg, ce Valentin le Désossé pour surboums versaillaises, dit sans gêne par l’idéologie mondiale le « Zoulou blanc », qui ramasse la mise.
Est-ce en son honneur que Masekela avait triomphé en 1975 avec Colonial Man ? Ses titres devraient inspirer aux jeunes compositeurs européens, de plus en plus adeptes d’un dadaïsme dodu, une sérieuse remise en question : Grrr, en 1966, The Americanization of Ooga Booga (1966, enregistré au Village Gate) ou l’éloquent I Am Not Afraid (1974).
Après le massacre de Soweto, il offre son Soweto Blues à Miriam Makeba qui fut son épouse. Comme elle, il se rapproche des musiciens africains (Ouest, Centre, Sud), invente un studio itinérant à la frontière sud-africaine, tourne avec Paul Simon, dont l’orchestre est solide (Howard Johnson). Masekela enregistre avec des musiciens et chanteurs sud-africains, rentre au pays à la fin de l’apartheid.

« Un baobab est tombé »
Un film tonique, Amandla ! A Revolution in Four Part Harmony, de Lee Hirsch, règle une fois pour toutes les pleurnicheries des foutriquets privilégiés (plus personne ne milite, on ne s’engage pas, la vie est morose). En zoulou, amandla dit à la fois le pouvoir et la puissance. On y voit le compagnon de toujours Abdullah Ibrahim, Vusi Mahlasela, Miriam Makeba, Hugh Masekela, etc. Beaucoup de chansons de combat, la présence de dramaturges, poètes et militants, tout sonne juste. Si vous aimez la musicologie, ne ratez pas le commentaire rédigé dans l’encyclopédie rédigée par les naunautes eux-mêmes : impayable. Tiens ! son nom n’apparaît pas dans le Dictionnaire du jazz (« Bouquins », Robert Laffont).
Dans son autobiographie, Still Grazin. The Musical Journey of Hugh Masekela, le compositeur raconte ses luttes antiapartheid, ses combats pour Mandela, ses libérations, son dialogue épineux avec l’alcool dans les années 1980, et sa vie en musique. Ce prince dont, hier encore, personne ne connaissait le nom, fait figure ce matin de légende. Dans son pays, dans toute l’Afrique et dans le monde du jazz élargi, sa disparition suscite une émotion prévisible : « On n’oubliera pas sa contribution à la lutte pour la libération » (Jacob Zuma, président). « Un baobab est tombé » (Nathi Mthethwa, ministre de la culture). Il est mort entouré des siens à Johannesburg. Il était né à Witbank. C’est triste un baobab qui tombe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Annoncées à l’aube à Los Angeles, les nominations résonnent des échos du mouvement #metoo, privilégiant des films donnant le premier rôle à une femme, écartant James Franco de la course.
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Nominations aux Oscars 2018 : les femmes en majesté, course en tête pour « La Forme de l’eau »

Annoncées à l’aube à Los Angeles, les nominations résonnent des échos du mouvement #metoo, privilégiant des films donnant le premier rôle à une femme, écartant James Franco de la course.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 16h06
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 17h46
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Avec treize nominations, entre autres dans les principales catégories, La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro prend la tête dans la course aux Oscars. Ecartée de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère dès l’annonce de la présélection, la France sera quand même présente lors de la cérémonie du 4 mars puisque Agnès Varda a été nommée pour son documentaire Visages Villages, tout comme Alexandre Desplat, compositeur de la musique de La Forme de l’eau, Bruno Delbonnel, chef opérateur des Heures sombres, de Joe Wright et Emilie Georges, coproductrice, à travers la société Memento de Call Me By Your Name, de Luca Guadagnino, qui a récolté quatre nominations.

   


L’annonce des nominations par les acteurs Andy Serkis et Tiffany Haddish, au petit matin californien du mardi 23 janvier, a souvent résonné de l’écho du mouvement #metoo. Les membres de l’Academy of Motion Picture Arts and Science qui, chacun dans sa catégorie, choisissent leur nommé(e), ont mis en avant des films qui donnent le premier rôle à une femme : La Forme de l’eau (Sally Hawkins), Lady Bird, de Greta Gerwig (Saoirse Ronan), Pentagon Papers, de Steven Spielberg (Meryl Streep, qui reçoit ainsi sa 21e nomination), 3 Billboards, de Martin McDonagh (Frances McDormand) comptent parmi les prétendants à l’Oscar du meilleur film, et leurs interprètes sont toutes nommées dans la catégorie meilleure actrice.

        Lire le compte-rendu :
         

          Les Golden Globes célèbrent la « puissance des femmes »




   


James Franco et Kevin Spacey parmi les perdants
Au rang des perdants, on trouve James Franco, qui a fait l’objet d’accusations de harcèlement sexuel immédiatement après avoir remporté un Golden Globe du meilleur acteur pour The Disaster Artist (qu’il a également réalisé). Il est absent de la liste des nommés aux Oscars et son film n’est distingué que dans la catégorie « scénario adapté ». Quant à Kevin Spacey, banni de Hollywood après de multiples accusations de harcèlement, il devra en plus voir son remplaçant dans le rôle de J. Paul Getty, Christopher Plummer, nommé à l’Oscar du second rôle masculin.

        Lire le récit :
         

          Kevin Spacey, un fantôme à Hollywood




        Lire aussi le portrait dans « M » :
         

          Christopher Plummer, l’homme qui a remplacé Kevin Spacey



La polémique #Oscarssowhite, qui, depuis 2016, pointait la sous-représentation des minorités dans la répartition des trophées, et s’est provisoirement conclue, en 2017, par le triomphe de Moonlight, ne devrait pas enfler cette année : Get Out, le premier film de Jordan Peele, est nommé dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur (catégorie dans laquelle Peele a pour rivale une autre débutante derrière la caméra, l’actrice Greta Gerwig avec Lady Bird) et meilleur acteur (pour la performance du Britannique Daniel Kaaluya). Dans cette catégorie, Denzel Washington a reçu sa neuvième nomination pour Roman J. Israel Esq., de Dan Gilroy. Mary J. Blige (pour Mudbound, de Dee Rees, film produit et diffusé par Netflix) et Octavia Spencer (La Forme de l’eau) sont en concurrence pour l’Oscar du second rôle féminin.

   


Greta Gerwig, cinquième femme nommée comme réalisatrice
Reste que la nomination de Greta Gerwig à l’Oscar du meilleur réalisateur n’est que la cinquième reçue par une femme (après Lina Wertmüller, Jane Campion, Sofia Coppola et Kathryn Bigelow, cette dernière restant la seule réalisatrice à avoir remporté le trophée). Quant à Rachel Morrison, elle est la première femme à pouvoir prétendre à l’Oscar de directrice de la photographie, pour Mudbound. Malgré les critiques élogieuses qui ont accueilli Wonder Woman à sa sortie, sa réalisatrice, Patty Jenkins, a été ignorée par les membres de l’AMPAS (qui, malgré un effort de diversification de la part de l’organisation, restent dans leur majorité, mâles, blancs et plus que quinquagénaires). Elle se consolera en constatant que Steven Spielberg a été aussi écarté de la catégorie (tout comme Tom Hanks, encensé pour son interprétation de Ben Bradlee dans Pentagon Papers, a été ignoré par ses collègues acteurs).

   


Si l’on classe les films par nombre de nominations reçues, on trouve, derrière La Forme de l’eau, 3 Billboards (neuf nominations) et Dunkerque, de Christopher Nolan (sept nominations). Comme d’accoutumée, les films à grand spectacle – Les Derniers Jedis, Blade Runner 2049, La Belle et la Bête, Les Gardiens de la galaxie 2 ou La Planète des singes, suprématie – concourent dans des catégories techniques, à l’exception du Logan, de James Mangold, qui décroche une nomination à l’Oscar de la meilleure adaptation.
Grosses entreprises américaines pour l’animation
Les longs-métrages d’animation nommés mêlent grosses entreprises américaines (Coco, Baby Boss, Ferdinand) et coproductions britanniques, avec la Pologne pour La Passion Van Gogh, de Dorota Kobiela et Hugh Welchman, avec le Canada pour Parvana, une enfance en Afghanistan, de Nora Twomey.
Dans la catégorie films en langue étrangère, les votants devront départager Une femme fantastique, de Sebastian Lelio (Chili) ; L’Insulte, de Ziad Doueiri (Liban) ; Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev (Russie) ; Corps et âme, d’Ildiko Enyedi (Hongrie) et la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, The Square, de Ruben Östlund (Suède).
Sur le Web : www.oscars.org/oscars/ceremonies/2018



                            


                        

                        


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« Pentagon Papers » : Spielberg ancre la démocratie sur les rotatives

A travers les révélations du « Washington Post », le réalisateur met en scène un idéal de transparence.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 09h56
    |

                            Murielle Joudet








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – chef-d’œuvre
Depuis une décennie, Steven Spielberg a amorcé un voyage dans l’histoire du cinéma américain. Celui-ci débuta avec les très fordiens Cheval de guerre (2011) et Lincoln (2012), se poursuivit avec Le Pont des espions (2015), film d’espionnage construit autour de Tom Hanks. Avec Pentagon Papers, le voyage se poursuit dans le genre hollywoodien du film journalistique, abordé sur son versant classique et populiste (au sens positif du terme) : de Violences à Park Row (1952), de Samuel Fuller, jusqu’au cinéma de Frank Capra, filmer la presse consiste souvent à donner corps à l’idée de démocratie via les rouages d’un de ses piliers.

Jamais adapté au cinéma et précédant l’affaire du Watergate, les « Pentagon Papers » est le nom donné à un dossier classé secret-défense publié au tournant des années 1970 par le New York Times puis dans le Washington Post, alors petit journal rêvant de devenir grand. Contenant trente ans de mensonges étatiques et des informations sur l’implication des Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam, leur divulgation achèvera de détériorer le soutien de l’opinion publique à ­l’interven­tionnisme américain. Cette histoire, que le film recentre sur une décision à prendre – faut-il ou non publier le scoop –, rencontre le revirement classique du cinéaste.

Un rythme fiévreux
Rotatives en furie, salle de presse en ébullition : Spielberg respecte à la lettre les codes du film politico-journalistique et sa mise en scène se délecte de la captation de cet affairement permanent. Les nombreux rebondissements qui ponctuent le récit sont secondaires par rapport à un mouvement plus ample, qui est à la fois celui du rythme fiévreux de la presse et celui d’une mise en scène qui entretient un rapport mimétique avec son sujet.
Chaque mouvement de caméra nous suggère que l’idéal journalistique est une affaire de vitesse que rien,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Spielberg centre le film sur le « Washington Post » qui n’a pas sorti l’affaire.
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« Pentagon Papers » : le « New York Times » rappelle « la vraie histoire » de son scoop

Spielberg centre le film sur le « Washington Post » qui n’a pas sorti l’affaire.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 17h31
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Dans sa chronique, le journaliste du New York ­Times Jim Rutenberg a écrit ce que chacun pensait dans la maison sur Pentagon Papers, le film de Steven Spielberg qui porte le titre The Post aux Etats-Unis : « “The Post”, dont certains par ici estiment qu’il devrait plutôt s’appeler “The Times” »… Le réalisateur consacre en effet son film sur les fameux « Pentagon Papers » au ­Washington Post alors que c’est le New York Times qui sortit en premier le scoop et obtint logiquement le prix Pulitzer en 1972.

Le New York Times prend donc soin de rappeler « la vraie histoire » qui commença lorsqu’un ancien marine, Daniel Ellsberg, procura au journal le rapport du Pentagone révélant les mensonges des présidents américains sur la guerre au Vietnam. Une petite équipe de journalistes s’enferma à l’hôtel Hilton pour éplucher pendant des semaines les 7 000 pages de documents. Et le ­New York Times publia l’histoire, contre l’avis de ses avocats. « Nous nous sommes trouvés dans la position humiliante de devoir recopier la concurrence, écrivit plus tard Ben ­Bradlee, le directeur de la rédaction du Post – incarné à l’écran par Tom Hanks. Chaque paragraphe devait inclure une variation de l’expression “selon le New York ­Times”, chacun des mots étant douloureux, même si cela n’était visible que de nous. » Mais, trois jours plus tard, saisi par l’administration Nixon, un juge fédéral interdit au Times de poursuivre sa publication, laissant au Post la voie libre pour rattraper son retard.
Jim Rutenberg, journaliste : « Ceux qui ont vécu l’affaire sont un peu furieux, et ils ont le droit de l’être »
En apprenant, courant 2017, l’existence du projet de Spielberg, les vétérans du Times ont éclaté de colère : « Je trouve cela inconcevable. Ce film est une escroquerie », déclara, à 92 ans, James Greenfield, ancien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le réalisateur de « La Douleur » revient sur son adaptation d’un récit de la romancière.
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Emmanuel Finkiel : « J’ai détesté Duras. Puis j’ai été reconquis »

Le réalisateur de « La Douleur » revient sur son adaptation d’un récit de la romancière.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 07h43
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

S’il fallait chercher une ligne de force chez Emmanuel Finkiel, ce serait, dans sa vie comme dans ses films, la présence des absents. Soit un premier long-métrage autour de la Shoah qui fait sensation (Voyages, 1999), une plongée dans les eaux troubles de la maladie (Je suis, en 2012) ou une reconquête compliquée (Nulle part, terre promise, 2009 ; Je ne suis pas un salaud, 2016). Enfin, ce film éclatant, l’un des plus justes et inspirés qu’on connaisse sur cette période, qu’est La Douleur, quatrième long-métrage de fiction qui sort aujourd’hui en salle, adapté du récit dans lequel Marguerite Duras décrit les affres de l’attente de son mari Robert Antelme, déporté en 1944 pour faits de résistance.

Après « Voyages », votre premier film, « La Douleur » met de nouveau en scène l’histoire d’un retour de l’univers concentrationnaire. Comment percevez-vous ce retour de votre œuvre sur elle-même ?
J’avais lu La Douleur bien avant Voyages. Le récit m’avait bouleversé parce qu’il parlait de choses que je connaissais. Mon père était aussi une figure de l’homme qui attend. Ses parents et son frère avaient été déportés sans retour, et, pourtant, toute sa vie, il les a attendus. On n’attend donc pas les vraies personnes quand on attend des morts, on les réinvente, on les fantasme. Ce sentiment, je peux en témoigner, se transmet aux générations suivantes.
Vous-même, qui avez été victime d’un AVC en 2006, êtes revenu au monde…
Lorsque j’ai tourné Je suis, documentaire sur le sujet, j’ai rencontré une femme qui m’a raconté cette incroyable histoire avec son mari, victime d’un AVC. Elle faisait 50 km par jour pendant un mois pour être à son chevet et lui manifester son amour. Jusqu’au jour où on l’appelle pour lui dire qu’il s’est réveillé, et là, durant cet ultime trajet, elle réalise qu’elle ne l’aime plus. La vraie douleur, c’est sans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le cinéaste Emmanuel Finkiel restitue avec délicatesse les écrits de Marguerite Duras sur l’Occupation et la Libération.
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« La Douleur » : l’insoutenable violence de l’attente

Le cinéaste Emmanuel Finkiel restitue avec délicatesse les écrits de Marguerite Duras sur l’Occupation et la Libération.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 07h45
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Quand est paru le livre La Douleur, au printemps 1985, le feuilletoniste littéraire de ce journal, Bertrand Poirot-Delpech, fut frappé par la « violence glaçante » de ces textes, une violence qui tenait essentiellement à l’écriture de Marguerite Duras, mais aussi à l’assurance de véracité dont celle-ci avait accompagné la publication du livre.
Au début du film d’Emmanuel Finkiel, en voix off, l’auteure raconte l’exhumation de récits écrits à la fin et au lendemain de la guerre, retrouvés quarante ans plus tard dans les « armoires bleues de Neauphle-le-Château ». Par cette citation, le cinéaste reprend à son compte l’engagement de vérité de Marguerite Duras. Il dira fidèlement, par le cinéma, ce que l’écrivaine a consigné, sans idée de publication, au fil des événements : l’histoire en marche – les derniers jours de l’Occupation à Paris, la Libération, le retour des prisonniers, la normalisation politique – et le cours de la vie – la peur et l’excitation de la clandestinité, l’ennui entrecoupé d’éclairs de passion qui baigne l’attente de l’être aimé, le soulagement et le dégoût face au retour de la paix.

Deux heures plus tard, la promesse a été tenue. Ce matériau compact, qui semblait impossible à travailler, s’est déployé pour devenir un film d’une beauté un peu sévère, d’une délicatesse qui rend justement accessible la « violence glacée ». Cette voix si reconnaissable qu’on entendait à chaque page du livre est devenue celle d’une autre – la Marguerite qu’incarne, avec une puissance jusqu’ici insoupçonnée, Mélanie Thierry.
Emmanuel Finkiel immerge personnages et spectateurs dans la grande coulée de boue de l’histoire
Le scénario de Finkiel combine les deux premiers textes du livre de Duras : le premier, intitulé La Douleur, est le récit de l’attente du retour de Robert Antelme, le mari de l’écrivaine, arrêté et déporté juste avant la Libération ;...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Sexe, comédie et science-fiction : notre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 07h19
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on suit les aventures du duo Grace et Frankie, anciennes ennemies devenues amies inséparables, on s’amuse des frasques d’une Briget Jones trash et on plonge dans la série de science-fiction créée par Amazon pour concurrencer Black Mirror.
« Grace et Frankie », couples ronronnants

On se doutait bien que Frankie (partie avec son amoureux à Santa Fe) et Grace (restée dans la maison de plage de La Jolla, près de San Diego, qu’elle partageait avec son amie) n’allaient pas passer la saison 4 à se chamailler via Skype. Aussi, bien sûr, Frankie rentre vite en Californie auprès de celle qui, d’abord ennemie, est désormais sa meilleure amie. Sinon, rien de bien nouveau dans cette série légère et souvent divertissante de Netflix qu’on avait beaucoup aimée en saison 1, encore assez en saison 2, et beaucoup moins en saison 3.
Cette quatrième saison, trop longue (treize épisodes) n’apporte rien de neuf et brode au petit pied sur la vie pas vraiment passionnante et toujours prévisible des deux couples – les deux épouses répudiées par leurs maris qui ont officialisé leur union homosexuelle – et de leurs assez insupportables enfants. Bien sûr Jane Fonda (Grace, bourgeoise un peu pète-sec) et Lily Tomlin (Frankie, baba cool un peu foldingue) forment un épatant duo. Mais cela ne suffit plus à maintenir l’intérêt. On signalera la participation de Lisa Kudrow (la Phoebe de Friends) mais dans un rôle trop attendu de ravissante idiote. La fin du dernier épisode reste « ouverte ». Une cinquième saison ? Non merci. Renaud Machart
« Grace and Frankie », saison 4, série créée par Marta Kauffman et Howard J. Morris. Avec Jane Fonda, Lily Tomlin, Sam Waterston, Martin Sheen, Lisa Kudrow (Etats-Unis, 2017, 13 x 30 minutes). Sur Netflix à la demande.
« SMILF », mère paumée et bougrement sexy

L’acronyme « SMILF » – dérivé de « MILF », un mot-clé beaucoup usité par la pornographie – veut dire : « Single Mum I’d Like to Fuck ». Bridgette, le personnage principal de cette série assez crue, interprété par sa créatrice, scénariste et réalisatrice Frankie Shaw, est de ces « mères célibataires bonnes à baiser » (que les âmes prudes nous pardonnent). Mais elle ne fait rien pour se faire désirer, toujours habillée de frusques portées la veille, voire davantage. Quant à sa vie de mère, séparée du père hispanique de son jeune enfant, dans la banlieue de Boston, elle n’a rien de folichon.
Entre crises de boulimie et envies sexuelles urgentes (qu’elle réalise parfois sur le lit dans lequel dort son enfant…), Bridgette cherche du travail, mais se trouve ou exploitée ou peu intéressée par ce qu’elle doit faire. Elle se découvre une alliée en sa mère – jouée assez extraordinairement par Rosie O’Donnell, qui montre un visage non maquillé – dont la vie n’est pas d’un rose absolu non plus et qui s’occupe d’un compagnon dépendant quand elle ne découpe pas des coupons de réduction de produits alimentaires.
La meilleure amie de Bridgette, rencontrée dans un groupe de parole pour boulimiques, est une Afro-Américaine très ronde. Celle-ci a trouvé un moyen de subsistance assez rémunérateur en s’exhibant en petite tenue sur Internet en train de dévorer de manière gloutonne de la crème glacée dégoulinante. Cette Bridget Jones trash et hypersexuelle – le prénom Bridgette n’est pas choisi au hasard – ne fait rien pour plaire. Frankie Shaw est cependant parvenue à la rendre merveilleusement attachante dans ce portrait subtil d’une jeune femme à la dérive mais qui toujours parvient à garder la tête hors de l’eau. R. Ma.
« SMILF », série créée par Frankie Shaw. Avec Frankie Shaw, Miguel Gomez, Samara Weaving, Rosie O’Donnell (Etats-Unis, 2017, 8 X 30 minutes). Sur Canal+ séries et Canal replay à la demande.
« Philip K. Dick’s Electric Dreams », retour vers le passé

Après avoir vu Netflix s’arroger la production de l’excellente série futuriste Black Mirror (créée, au départ, au Royaume-Uni), sa plate-forme concurrente, Amazon, a réuni un nombre impressionnant de talents anglais et américains (producteurs, scénaristes, acteurs) pour produire sa propre anthologie de science-fiction : Philip K. Dick’s Electric Dreams. Une libre adaptation de nouvelles de l’écrivain américain Philip K. Dick (mort en 1982), dont l’imagination et l’œuvre ont déjà donné lieu à des films tels que Blade Runner (1982), Total Recall, Minority Report, ou à la série télévisée The Man in the High Castle (2015).
Contrairement à Black Mirror, entièrement due à l’ancien journaliste Charlie Brooker et centrée sur l’aspect cauchemardesque des avancées technologiques actuelles, Philip K. Dick’s Electric Dreams se focalise sur ce que peuvent être le « réel » et ses multiples avatars pour l’être humain. En dix contes indépendants les uns des autres, Philip K. Dick’s Electric Dreams joue de l’anticipation et du fantastique, dans le présent comme dans le futur. Mais laisse un fort sentiment de « déjà-vu », de gentiment daté. Martine Delahaye
« Philip K. Dick’s Electric Dreams », série créée par Ronald D. Moore et Michael Dinner. Avec Bryan Cranston, Steve Buscemi, Sidse Babett Knudsen (Royaume-Uni et Etats-Unis, 2017, 10 × 48 minutes). Sur Amazon Prime Video.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La jeune femme a été distinguée lors d’une cérémonie à Paris, le 21 janvier.
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La chanteuse Cécile McLorin Salvant, Prix Django Reinhardt 2017 de l’Académie du jazz

La jeune femme a été distinguée lors d’une cérémonie à Paris, le 21 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h14
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Le prestigieux Prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz, qui récompense la musicienne ou le musicien de l’année, a été décerné, lors d’une soirée de gala, dimanche 21 janvier, au Pan Pier, à Paris, à la chanteuse franco-américaine Cécile McLorin Salvant. Agée de 28 ans, elle est la quatrième femme à recevoir ce prix depuis la création, en 1954, de l’Académie du jazz, association qui « promeut les musiques de jazz par l’attribution annuelle de distinctions honorifiques ». Elle rejoint ainsi la pianiste Sophia Domancich (1999), la saxophoniste Géraldine Laurent (2008) et la trompettiste Airelle Besson (2014).
Les deux autres finalistes du Prix Django Reinhardt étaient le pianiste Vincent Bourgeyx et le violoniste Théo Ceccaldi. Cécile McLorin Salvant, qui n’était pas présente en raison d’un concert au même moment au Rocher de Palmer, à Cenon, près de Bordeaux, est soutenue par la Fondation BNP Paribas et a reçu avec son Prix Django Reinhardt la somme de 3 000 euros.

Dix catégories
Lors de la cérémonie de présentation de l’ensemble du palmarès, qui compte pour le millésime 2017 dix catégories, le Grand Prix de l’Académie du jazz pour le meilleur disque de l’année est allé à Bringin’It (MackAvenue/PIAS) par le big band du contrebassiste américain Christian McBride, le Prix du disque français à New Monk Trio (Gazebo/L’Autre Distribution) par le trio du pianiste Laurent de Wilde avec le contrebassiste Jérôme Regard et le batteur Donald Kontomanou. La chanteuse et compositrice helvético-néerlandaise Suzanne Abbuehl a reçu le Prix du musicien européen de l’année – qui a été créé en 1993 – et la chanteuse norvégienne Karin Krog a été récompensée par le Prix du jazz vocal pour le coffret de six CD The Many Faces of Karin Krog Recordings 1967-2017 (Odin/Outhere).
Cinq autres disques ont été récompensés : Les Liaisons dangereuses 1960 (Sam Records-Saga/PIAS), du pianiste américain Thelonious Monk ex aequo avec Complete Parisian Small Group Sessions 1956-1959 (Fresh Sound/Socadisc) du saxophoniste américain Lucky Thompson pour le Prix du meilleur inédit ou de la meilleure réédition ; Tribute to Lionel Hampton (Autoproduction) par le quintette du saxophoniste Michel Pastre, Prix du jazz classique (« du jazz des origines au style bebop non inclus », précise le règlement) ; Move Upstairs (Daptone/Differ-Ant) par le trio vocal féminin américain The Como Mamas, Prix soul ; Honest Woman (Sweet Mama Music) de la chanteuse américaine Thornetta Davis, Prix blues. Enfin le Prix du livre de jazz a été décerné à André Hodeir, le jazz et son double (Editions Symétrie), de Pierre Fargeton.
Sur le Web : www.academiedujazz.com/palmares-2017.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’enseignante et auteure du « Mythe national », qui déconstruit les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, s’est éteinte à Paris, à l’âge de 95 ans.
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L’historienne Suzanne Citron est morte

L’enseignante et auteure du « Mythe national », qui déconstruit les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, s’est éteinte à Paris, à l’âge de 95 ans.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h11
    |

                            Antoine Flandrin








                        


Suzanne Citron aura gardé jusqu’à sa mort, le 22 janvier, à Paris, l’esprit critique chevillé au corps. Dans une tribune publiée sur LeMonde.fr, le 18 juillet 2017, l’historienne de 95 ans reprochait au président de la République, Emmanuel Macron, d’entretenir une confusion sur l’histoire de France en invitant le premier ministre israélien pour la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv. Le propos était bref – trois paragraphes –, mais sans concession.
« Je dénie formellement toute justification à la présence d’un homme cautionnant les exactions et les méfaits de la colonisation israélienne en Palestine et je récuse la sempiternelle et démagogique confusion entre antisémitisme et critique de l’Etat d’Israël », écrivait-elle.
Comme souvent lorsqu’elle prenait la plume, l’historienne rappelait son parcours, celui de Suzanne Grumbach, née le 15 juillet 1922, à Ars-sur-Moselle (Moselle), issue d’une famille bourgeoise juive, dont l’adolescence heureuse au lycée Molière, à Paris, fut brisée par la débâcle de juin 1940. Un « premier choc avec la grande histoire » qu’elle avait raconté dans Mes lignes de démarcation (Syllepse, 2003).
Elevée dans le culte de la France dreyfusarde et dans la mémoire de la Grande Guerre, elle éprouve la honte de la capitulation. Après que son père est fait prisonnier en Allemagne et que deux cousins sont raflés, elle passe la ligne de démarcation clandestinement à bicyclette, le 15 août 1941. A Lyon, elle poursuit ses études d’histoire tout en participant à des activités de résistance. Arrêtée par la Gestapo à Lyon, elle est internée à Drancy le 4 juillet 1944, avant d’être libérée le 17 août.
Prise de distance critique avec l’histoire de France
Agrégée d’histoire en 1947, elle exerce pendant plus de vingt ans comme professeur de lycée à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise). La guerre d’Algérie sera pour elle un « second choc intérieur ». Révoltée par le vote des pouvoirs spéciaux en Algérie par le gouvernement du socialiste Guy Mollet en 1956, l’historienne se penche sur le colonialisme français, les enfumades pendant la conquête de l’Algérie, les répressions des années 1930 en Indochine et les massacres à Madagascar en 1947. Les révélations de ces occultations dans le récit national républicain traditionnel seront essentielles dans sa prise de distance critique avec l’histoire de France.
L’historienne mariée au musicologue, Pierre Citron, s’engage dans les mouvements pédagogiques des années 1960-1970 pour la rénovation des contenus de l’enseignement. Au lendemain de mai 1968, elle publie dans Le Monde un long point de vue intitulé Ce que nous attendons du ministère de l’éducation dans lequel elle esquisse les grandes lignes d’une réorganisation d’ensemble de la scolarité. Ses réflexions autour d’un abandon des programmes cloisonnés et encyclopédiques seront prolongées dans L’Ecole bloquée (Bordas, 1971).
Historienne de l’enseignement de l’histoire, sa thèse de doctorat, qu’elle soutient à l’université de Paris-X en 1974, s’intitule Aux origines de la Société des professeurs d’histoire : la réforme de 1902 et le développement du corporatisme dans l’enseignement secondaire (1902-1914). Devenue professeure à l’université de Villetaneuse (Paris-XIII), elle continue de signer régulièrement des tribunes dans Le Monde, appelant notamment, en 1982, à une « croisade» pour une école nouvelle qui se soucie des droits et des aspirations de l’enfant.
Travail de déconstruction
En 1985, l’historienne démissionne du Parti socialiste où elle militait depuis dix ans. Elle reproche au ministre de l’éducation, le socialiste Jean-Pierre Chevènement, d’avoir rétabli une histoire nationale plaçant la France au centre du monde. Retraitée, Suzanne Citron se consacre alors à la question qui la préoccupe : dans une France en mutation économique, sociologique, culturelle, quelle histoire enseigner ? Dans Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée (Les Editions ouvrières, 1984), elle égratigne quelques stéréotypes de l’histoire nationale, critiquant notamment le fait qu’on enseigne encore la Grande Guerre comme une « victoire du droit ».
L’historienne notait des avancées majeures dans les programmes d’histoire au cours des trente dernières années
Un travail de déconstruction qu’elle poursuit dans Le Mythe national. L’histoire de France revisitée (Les Editions ouvrières, 1987). L’ouvrage démonte méthodiquement les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, la projection dans le passé d’une France sans commencement, la substitution d’ancêtres gaulois aux ancêtres troyens des Francs, la construction d’une logique d’Etat remontant à Clovis et symbolisée par une succession de personnages glorieux.
Plusieurs fois réédité, l’ouvrage devient une référence. Dans sa dernière version (Les éditions de l’Atelier, 2016), l’historienne notait des avancées majeures dans les programmes d’histoire au cours des trente dernières années : l’émergence d’une histoire critique de Vichy, de la guerre d’Algérie, de la colonisation et l’irruption dans l’espace public de l’histoire de l’immigration. Elle n’en dénonçait pas moins la permanence en filigrane de la matrice du Petit Lavisse, manuel à l’usage des écoliers sous la IIIe République. « Ce récit ne permet pas aux enfants français nés en France ou venus des quatre coins du monde de se situer dans l’histoire humaine avant de découvrir leur appartenance à la France comme être historique », écrivait-elle encore dans la préface de la seconde édition de La Fabrique scolaire de l’histoire (Agone, 2017), ouvrage dirigé par le collectif Aggiornamento histoire-géographie, fondé au domicile de l’historienne en 2011.
Ses membres se placent d’ores et déjà comme les héritiers des combats de Suzanne Citron. Lors de L’Emission politique, sur France 2, en mars 2017, son amie, l’historienne Laurence De Cock, principale animatrice d’Aggiornamento, avait offert un exemplaire du Mythe national à François Fillon, candidat LR à la présidence de la république, qui proposait de privilégier l’enseignement du récit national à l’école. Les téléspectateurs avaient voulu en savoir plus. Résultat : une semaine plus tard, l’ouvrage était en rupture de stock…

Suzanne Citron en cinq dates
15 juillet 1922 Naissance à Ars-sur-Moselle (Moselle).
1971 « L’Ecole bloquée ».
1984 « Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée ».
1987 « Le Mythe national. L’histoire de France revisitée ».
22 janvier 2018 Mort à Paris.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Figure du cinéma d’art et essai, le fondateur de la société Les Acacias est mort le 17 janvier, à l’âge de 79 ans.
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Mort de Simon Simsi, exploitant et distributeur de films

Figure du cinéma d’art et essai, le fondateur de la société Les Acacias est mort le 17 janvier, à l’âge de 79 ans.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 17h16
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Comment un homme qui travaillait dans la publicité, au début des années 1980, a décidé un jour de tout quitter pour ouvrir un cinéma à Paris, et distribuer des films ? Ce mystère appartient à Simon Simsi. Né le 26 septembre 1938 à Paris, Simon Simsi est mort le 17 janvier, à l’âge de 79 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral.
Jusqu’à ces dernières semaines, il était le gérant de la société parisienne de distribution Les Acacias.  Fidèle au poste, l’affiche d’origine du Quai des Orfèvres (1947), de Henri-Georges Clouzot, dans son bureau… « Simon avait plein de souvenirs de films vus pendant son enfance, dans les salles parisiennes. C’est sans doute là qu’il a forgé sa cinéphilie. Il aimait accorder sa confiance et transmettre sa passion », raconte le directeur adjoint des Acacias, Jean-Fabrice Janaudy, recruté il y a dix-sept ans comme standardiste.
Bon connaisseur du cinéma italien
Simon Simsi était un passionné de cinéma qui avait le sens des affaires. Associé au programmateur et distributeur Martin Bidou, il exploitait avec lui ces dernières années Le Vincennes, aux portes de Paris. Son premier cinéma fut Les Acacias, rue des Acacias (17e arrondissement), acheté au début des années 1980 après qu’il eut quitté son poste chez l’afficheur Dauphin. Dès le début, l’apprenti exploitant se trouva en concurrence avec d’autres salles parisiennes (Mac Mahon, Le Balzac…) qui programmaient des films de répertoire. Il avait du mal à obtenir des copies. Simon Simsi devint donc distributeur, programmant dans sa salle les films qu’il achetait. Il a commencé par distribuer Riz amer (1949), de Giuseppe de Santis, Le Voleur de bicyclette (1949), de Vittorio De Sica, Scaramouche (1952), de George Sidney, etc.
« J’étais le p’tit jeunot qui voulait s’faire son p’tit trou… Je ne sais pas si on a fait un grand trou, mais on est encore là », expliquait-il simplement lors d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.
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Présidence de Radio France : le CSA rendra sa décision à la fin du mois

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h20
   





                        



   


Le sort de Mathieu Gallet à la présidence de Radio France sera connu mercredi 31 janvier, date à laquelle le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devrait annoncer sa décision, dans le cadre de la procédure qu’il a lancée mercredi 17 janvier à son encontre.
Cette procédure, prévue par la loi (le CSA ayant pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l’audiovisuel public), a été lancée à la suite de la condamnation de M. Gallet, le 15 janvier, à 20 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis pour « favoritisme » lorsque celui-ci présidait l’Institut national de l’audiovisuel, entre 2010 et 2014. M. Gallet a depuis annoncé faire appel.
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait appelé le CSA, le 17 janvier, à « tirer les conséquences » du jugement, estimant qu’un « dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable ». Le président du CSA, Olivier Schrameck, avait souligné fin novembre qu’une éventuelle condamnation du patron de Radio France constituerait une situation qui n’avait « pas de précédent ».

        Lire :
         

          L’exécutif met le CSA en difficulté



Entre-temps, les sept membres du CSA auditionneront Mathieu Gallet, le lundi 29 janvier à 11 heures. Le régulateur précise qu’il prendra connaissance des contributions écrites qui lui seraient adressées avant ce mercredi, pour qu’elles soient transmises à Mathieu Gallet dès réception. Le vote du 31 janvier devrait se dérouler à la majorité simple.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune publiée lundi dans « Libération », des artistes, producteurs de cinéma et un ancien ministre déplorent l’installation future de l’œuvre pop de l’artiste américain.
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Des personnalités s’opposent à l’installation à Paris de « Bouquet of Tulips », de Jeff Koons

Dans une tribune publiée lundi dans « Libération », des artistes, producteurs de cinéma et un ancien ministre déplorent l’installation future de l’œuvre pop de l’artiste américain.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 14h47
   





                        


Le texte est signé de grandes figures de l’art contemporain, du cinéma ou du monde politique. Dans une tribune publiée lundi 22 janvier dans Libération, de nombreuses personnalités s’opposent à l’installation à Paris d’une œuvre du plasticien Jeff Koons.
Le 21 novembre 2016, Koons a annoncé son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale d’une dizaine de mètres de haut, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française.
L’œuvre en bronze, acier inoxydable et aluminium, représente une main tenant des tulipes multicolores. Elle serait « en cours de réalisation dans une usine allemande », croient savoir les signataires de la tribune.

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                Le bouquet de fleurs de Jeff Koons donne de l’urticaire au monde de l’art



Ces signataires, parmi lesquels le réalisateur Olivier Assayas, l’ancien ministre de la culture Frédéric Mitterrand ou l’architecte Dominique Perrault, estiment que le projet « est choquant, pour des motifs d’ordre et d’importance divers ». Ils lui font plusieurs reproches. Selon eux, Jeff Koons, 63 ans, est « devenu l’emblème d’un art industriel, spectaculaire et spéculatif » et « son atelier et ses marchands sont aujourd’hui des multinationales de l’hyperluxe ».
Manque d’élégance
L’objet même de ce cadeau est rejeté par les signataires. « Le choix de l’œuvre, et surtout de son emplacement [devant le Musée d’Art moderne et le Palais de Tokyo], sans aucun rapport avec les tragiques événements invoqués et leur localisation, apparaissent [sic] pour le moins surprenants [sic], sinon opportunistes [sic], voire cyniques [sic] », écrivent-ils.
Le fait « que cet immense artiste décide d’offrir à la Ville de Paris l’idée originale d’une œuvre monumentale, symbolisant la générosité et le partage, témoigne de l’attachement irrévocable entre notre capitale et les Etats-Unis », s’était félicité, au moment de l’annonce du cadeau, la maire de Paris, Anne Hidalgo.

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                Jeff Koons nous offre des fleurs mais il faudra payer le vase



Ce n’est pas la première fois que l’œuvre est critiquée. Dans une tribune au Monde, Robert M. Rubin, ancien président de la Centre Pompidou Foundation, à Los Angeles, écrivait en juillet que l’artiste américain manquait d’élégance en se contentant d’offrir à la Ville de Paris le concept d’une œuvre.
Car la production de l’œuvre, évaluée à trois millions d’euros, doit être financée par le mécénat privé, avait dit la Mairie de Paris à l’époque de l’annonce. Un appel à arrêter le projet a notamment été lancé par Espace 35, collectif d’artistes de Belleville, en octobre, un peu plus tôt une pétition à l’initiative de Stéphane Corréard, directeur de la foire Galeristes avait également vu le jour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’agente artistique, qui a contribué à faire reconnaître, en dépit de débuts difficiles, l’œuvre de l’artiste américain, mais aussi celles d’autres figures-phares de l’avant-garde américaine, avait 90 ans.
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Mort de Bénédicte Pesle, qui fit connaître en France le chorégraphe Merce Cunningham

L’agente artistique, qui a contribué à faire reconnaître, en dépit de débuts difficiles, l’œuvre de l’artiste américain, mais aussi celles d’autres figures-phares de l’avant-garde américaine, avait 90 ans.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 13h07
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            
C’était en 1964. Bénédicte Pesle, qui avait découvert le chorégraphe américain Merce Cunningham (1919-2009) au début des années 1950, à New York, présentait pour la première fois son travail au Théâtre de l’Est parisien, grâce à Françoise et Dominique Dupuy. Choc de l’abstraction, des jets de tomates avaient réceptionné les œuvres de Cunningham et de son complice le musicien John Cage (1912-1992). Dans les coulisses, Bénédicte Pesle l’accueillit bouleversé et ne sachant plus quoi faire. Elle lui répondit : « On continue, let’s prepare the next one. » Une formule qui deviendra leur mot de passe jusqu’à la disparition du chorégraphe.

Bénédicte Pesle est morte le 17 janvier. Elle avait 90 ans. Elle était née le 15 mai 1927, au Havre, en Normandie. Autodidacte, son parcours professionnel, repéré pour son soutien indéfectible à Merce Cunningham mais aussi depuis les années 1970 à Robert Wilson, a déplacé les notions d’agente, d’imprésario, de productrice, termes qu’elle refusait d’ailleurs d’employer pour évoquer son métier de soutien et de diffusion éclairés, leur préférant l’expression « secrétariat d’artiste ». Sa fidélité passionnée à l’œuvre de Cunningham, qu’elle a contribué à faire connaître et reconnaître en dépit de débuts difficiles, lui permit de vaincre tous les obstacles et de solidifier la diffusion de l’artiste américain.
Parallèlement, Bénédicte Pesle, qui travaillait à la librairie La Hune dans les 1950-1960, avant de piloter la galerie Iolas, où elle côtoya Max Ernst, René Magritte, Jean Tinguely, Niki de Saint-Phalle et Martial Raysse, a révélé nombre d’autres figures-phares de l’avant-garde américaine. A la tête d’Art Service International, qu’elle crée en 1972, elle a fait connaître au public français et européen les metteurs en scène Richard Foreman, Stuart Sherman, les danseurs et chorégraphes Trisha Brown, Lucinda Childs, Yvonne Rainer, Douglas Dunn, Viola Farber, les musiciens Philip Glass, Meredith Monk.

A...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le festival de Groningue, aux Pays-Bas, a accueilli 4 000 professionnels en quête de nouveaux talents.
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Eurosonic se penche sur l’avenir de la pop

Le festival de Groningue, aux Pays-Bas, a accueilli 4 000 professionnels en quête de nouveaux talents.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 10h16
    |

                            Stéphane Davet (Groningue (Pays-Bas)








                        



                                


                            

Dans un marché des concerts et festivals pop en pleine expansion, le concept de « showcase festival », consacré à la découverte, continue logiquement de prospérer, comme Eurosonic, organisé du 17 au 19 janvier, à Groningue, au nord des Pays-Bas. Précurseur européen (inspiré par les pionniers du South by Southwest, à Austin, au Texas) de ce type d’événement ouvert à un public d’amateurs, mais destiné surtout à des professionnels (4 092 accrédités cette année, ­venus de 42 pays) en quête de nouveaux talents, cette « plate-forme de la musique européenne » a présenté, pendant trois soirs, près de 350 concerts, dans un réseau d’une cinquantaine de salles. Un atout cultivé dès les années 1950 par cette ville de 200 000 habitants, une loi municipale n’autorisant alors l’ouverture de nuit qu’aux lieux qui programmaient de la musique.



Parmi les clients de ce marché de la musique live, les festivals occupent une large place. Si beaucoup de rassemblements estivaux annoncent désormais dès le mois de novembre ce que seront leurs têtes d’affiche, nombre de directeurs artistiques viennent ici compléter leur programmation avec des artistes en devenir. « Même si on boucle notre affiche de plus en plus tôt, je garde toujours quelques cases vides pour mes coups de foudre d’Eurosonic », reconnaît Jean-Jacques Toux, ­directeur de programmation des Vieilles Charrues, à Carhaix, l’un des nombreux festivals français (les Eurockéennes de Belfort, les Trans Musicales de Rennes…) présents à Groningue.
Shows dans des églises
Directeur de la maison de production de spectacles Super !, ­impliquée dans l’organisation de festivals comme Pitchfork ou Rock en Seine, Julien Catala et ses collaborateurs font feu de tout bois à Groningue. « Nous venons découvrir de nouveaux groupes pour nourrir nos festivals, mais aussi pour représenter ces artistes sur le territoire français », explique celui qui a, entre autres, ­remarqué cette année les...




                        

                        


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Alan Lucien Oyen joint le geste à la parole

Le chorégraphe norvégien, de passage au Théâtre de Chaillot, élabore ses pièces en collaboration avec ses danseurs.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h52
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                            Rosita Boisseau (Oslo (Norvège)








                        



                                


                            

Une image entêtante persiste. Seul dans une salle de spectacle, un gamin lit une bande dessinée. Il est tranquille dans l’aquarium du théâtre. Cet enfant est devenu le metteur en scène et chorégraphe norvégien Alan Lucien Oyen, 39 ans, tête de pont d’une nouvelle génération nordique de plus en plus courue par les programmateurs. « C’est là que je me sentais bien et en sécurité », laisse-t-il échapper après avoir évoqué ce souvenir.
Longue mèche brune dévorant les yeux déjà dissimulés derrière de grosses lunettes, Alan Lucien Oyen est attablé au restaurant de l’Opéra d’Oslo, dont il est artiste en résidence. Jeudi 11 janvier, il a ôté ses chaussures de protection en caoutchouc, parfaites pour les vingt centimètres de neige qui couvrent la capitale norvégienne. Pas le moment de déraper. Entre deux répétitions parallèles – l’une de la comédie musicale du Magicien d’Oz, dans une version tout-terrain pour aller camper sur les plateaux les plus reculés de Norvège ; l’autre de… And Carolyn (2007),pas de deux qui a ouvert, le 16 janvier, le Festival nordique à Chaillot –, le quotidien déborde.
Comme son confrère suédois Alexander Ekman, qui vient de faire un tabac à l’Opéra national de Paris, Oyen court partout. Il répond à des commandes prestigieuses mais dirige aussi sa propre compagnie, Winter Guests, depuis 2004. Sur l’ordinateur de celui qui met en scène, filme et chorégraphie dans le même élan, une trentaine de spectacles et trois gros morceaux à venir : ­Kodak, sur le thème des icônes, à l’affiche, du 25 au 27 janvier, à Chaillot ; une création pour la Compagnie Pina Bausch ; et un Hamlet pour le Ballet national de Norvège. Shakespeare en dansant ? « Non, pas tout à fait, rétorque-t-il. Je n’utilise pas non plus le texte original de la pièce. On dit souvent que c’est une œuvre sur Œdipe, mais, pour moi, elle parle d’abord du besoin d’amour et de la honte d’en avoir à ce point besoin. »
Le...



                        

                        

