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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le réseau d’agences immobilières Guy Hoquet observe néanmoins une baisse de 30 % de la demande de parking depuis 2015 en raison de la politique municipale antivoiture.
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A Paris, les parkings sont plus rentables que les chambres de bonne

Le réseau d’agences immobilières Guy Hoquet observe néanmoins une baisse de 30 % de la demande de parking depuis 2015 en raison de la politique municipale antivoiture.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h42
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 17h52
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Les parkings et les chambres de bonne sont les investissements les plus accessibles et donc les plus répandus sur Paris. Mais quel placement est le plus rentable ? Le réseau d’agences immobilières Guy Hoquet a mené son enquête.
Premier constat, l’écart de prix important (environ 24 781 euros en moyenne pour un parking de 11,3 m² contre 120 750 euros environ pour une chambre de bonne à Paris) joue en faveur du parking. Ce qui explique un rendement nettement supérieur : 5,79 % pour un parking avec un loyer annuel de 1 500 euros contre 5,29 % pour une chambre de bonne rapportant pourtant 6 500 euros de loyers à l’année.

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« Si ce résultat peut sembler surprenant, il est, en réalité, logique, explique Fabrice Abraham, directeur général de Guy Hoquet. Avec un investissement initial moindre et des travaux rares, voire inexistants, un parking (…) est plus facile à rentabiliser qu’une chambre de bonne. »
Cependant, il est possible que la tendance ne soit pas pérenne. « Compte tenu de la politique de la Ville de Paris visant à réduire l’utilisation des voitures dans la capitale, à favoriser les transports en commun et les véhicules électriques, il est fort probable que la tendance change d’ici quelques années », poursuit M. Abraham.

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Le réseau Guy Hoquet note déjà une baisse d’environ 30 % de demandes de parking à Paris depuis deux-trois ans. Alors que l’offre dépassait nettement la demande, la tendance commence à s’inverser. Possédant de plus en plus rarement une automobile, les Parisiens n’en font plus un critère déterminant dans leur recherche de logement.
« Même proposés ou loués à un prix convenable, il n’est pas rare que des parkings ne trouvent pas preneur. Les Parisiens ont donc déjà commencé à se détourner des voitures et il y a fort à parier que ce phénomène s’amplifiera avec les années… », prévient Fabrice Abraham.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Cette année, les investisseurs institutionnels privilégieront les actifs réels et illiquides, selon Blackrock, premier gestionnaire d’actifs mondial.
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Placements financiers : les choix des investisseurs institutionnels pour 2018

Cette année, les investisseurs institutionnels privilégieront les actifs réels et illiquides, selon Blackrock, premier gestionnaire d’actifs mondial.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 18h10
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Confrontés à la faiblesse des taux d’intérêt et à la forte valorisation des actifs à risque, en particulier des actions, les grands investisseurs institutionnels mondiaux comptent privilégier en 2018 les actifs illiquides ou réels, révèle une étude publiée le 23 janvier par Blackrock, premier gestionnaire d’actifs dans le monde.
Cette enquête a été réalisée auprès de ses 224 clients institutionnels (caisses de retraite, compagnies d’assurance, gestionnaires d’actifs…) pesant 7 400 milliards de dollars (6 042,5 milliards d’euros) d’actifs. On y apprend, par exemple, que 60 % des investisseurs institutionnels prévoient d’augmenter leur allocation aux infrastructures et aux énergies renouvelables.

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L’immobilier et le capital-risque (private equity) ne sont pas en reste avec respectivement 42 % et 43 % des investisseurs institutionnels interrogés comptant accroître leur allocation dans ces classes d’actifs.
En revanche, les deux tiers des clients de Blackrock ne prévoient aucune évolution majeure de leur poche de liquidités en 2018. Les investisseurs institutionnels affichent également un vif intérêt pour les classes d’actifs alternatives comme les actifs illiquides et les fonds spéculatifs (hedge funds).
« Il peut sembler paradoxal de maintenir les liquidités à leur niveau actuel et d’augmenter les placements auprès des gérants d’actifs, commente Edwin Conway, responsable mondial de la clientèle institutionnelle chez BlackRock. Cette double stratégie permet néanmoins à la plupart de nos clients de gérer le risque et de négocier des marchés potentiellement volatils. »

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Malgré les prévisions de recul global des investissements dans les actions, près d’un quart des institutionnels (24 %) comptent se repositionner sur la gestion active par rapport à la gestion passive – ou indicielle, qui se contente de répliquer un indice boursier –, contre 16 % prévoyant de faire le contraire.
Dans la quête de rendement, les autres formes de financement, comme le crédit privé, restent attrayantes, plus de la moitié des investisseurs interrogés (58 %) prévoyant d’augmenter leur allocation dans ce domaine. Plus largement, dans le crédit, les marchés émergents ont aussi la faveur des investisseurs, avec plus d’un tiers (37 %) des clients interrogés prévoyant de renforcer leur exposition à ce segment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La température moyenne annuelle de 13,4 °C a dépassé la normale de 0,8 °C, « plaçant 2017 au 5e rang des années les plus chaudes », affirme Météo France.
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L’année 2017 en France, marquée par la chaleur et le manque de précipitations

La température moyenne annuelle de 13,4 °C a dépassé la normale de 0,8 °C, « plaçant 2017 au 5e rang des années les plus chaudes », affirme Météo France.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h11
   





                        



   


« Grande douceur et peu de précipitations » : l’année 2017 a été la cinquième la plus chaude depuis 1900, a précisé Météo France, mardi 23 janvier.
Ces températures élevées associées à un fort déficit de précipitations font de 2017, « à l’instar de 2003, 2011 et 2015, une des années associant de manière remarquable chaleur et sécheresse sur la période 1959-2017 », commente ainsi Météo France dans son Bilan climatique 2017. La température moyenne annuelle de 13,4 °C a dépassé la normale de 0,8 °C, « plaçant 2017 au 5e rang des années les plus chaudes ».
Trois mois « particulièrement chauds »
Hormis « les mois de janvier et de septembre qui ont été plus frais que la normale », février, mars et juin ont été « particulièrement chauds », avec des températures en moyenne plus de 2 °C au-dessus des normales, et le printemps et l’été « ont même été les deuxièmes plus chauds jamais observés depuis 1900 ».
Plusieurs épisodes de forte chaleur ont, en particulier, été observés pendant l’été. Une vague de chaleur « remarquable par sa précocité et son intensité » a ainsi touché tout le pays mi-juin, avec un 21 juin qui s’est avéré la journée la plus chaude de l’été (moyenne de 26,4 °C). La Provence, la Côte d’Azur et la Corse ont subi une canicule fin juillet-début août, avec, par exemple, 43,1 °C atteints, le 5 août, à Saint-Christol-lès-Alès (Gard).
L’ensoleillement a été, de son côté, conforme à la normale sur la majeure partie du pays. Le soleil a été particulièrement « généreux » en avril et en octobre avec des records battus, notamment en octobre à Lyon (199 heures), à Bastia (247 heures) et Nice (263 heures).
Fort déficit de précipitations
En plus de cette chaleur, l’année 2017 a été marquée par un fort déficit de précipitations sur une grande partie du pays. « En moyenne sur la France, le déficit a dépassé 10 %, plaçant 2017 parmi les années les plus sèches sur la période 1959-2017 », note Météo France, qui souligne que ce déficit a dépassé 50 % en avril et octobre.
Chaleur et déficit pluviométrique ont causé « une sécheresse des sols superficiels exceptionnelle » sur le Sud-Est et en Corse. De mai à novembre, les précipitations ont ainsi été « quasi absentes sur les régions méditerranéennes ».
Résultat : « En région Provence-Alpes-Côte d’Azur et sur le Gard, la pluviométrie cumulée entre mai et novembre a été la plus faible sur la période 1959-2017 avec un déficit moyen de plus de 60 %. »
Malgré tout, autre événement marquant de 2017, la Corse a enregistré des pluies intenses et des neiges abondantes en janvier et février. L’île a connu pendant l’hiver 2016-2017 un « enneigement record » sur les reliefs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le géant de la vente en ligne a ouvert un magasin automatisé à Seattle le 22 janvier. Amazon Go s’intègre dans la stratégie de développement d’Amazon dans le secteur alimentaire.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Invitée à s’exprimer au World Economic Forum de Davos, Winnie Byanyima, directrice générale de l’ONG Oxfam, entend y dénoncer les inégalités, mais aussi indiquer que des réformes sont possibles.
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« Un monde où 82 % des richesses créées en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches »

Invitée à s’exprimer au World Economic Forum de Davos, Winnie Byanyima, directrice générale de l’ONG Oxfam, entend y dénoncer les inégalités, mais aussi indiquer que des réformes sont possibles.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 15h56
    |

Winnie Byanyima (Directrice générale d’Oxfam International)







                        



                                


                            

Tribune. Lorsque nous sommes enfants, on nous explique rarement que ce qui est récompensé dans la vie c’est la richesse, et non le travail ou le talent.
Ce serait pour moi un déchirement que de devoir annoncer à nos jeunes enfants que la bataille contre les inégalités de richesses est perdue d’avance. Comment leur expliquer que ce monde d’injustices, nous avons tous en partie contribué à le construire ? Un monde où 82 % des richesses créées l’an passé ont bénéficié aux 1 % les plus riches de la population.
Rien. Zéro
Dans le même temps, les 3,7 milliards de personnes constituant la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’ont vu aucune augmentation de leur richesse en 2017. Rien. Zéro. Le monde appartient aux plus fortunés, et il n’y a nulle part où cette injustice est plus criante qu’au travail.
Partout dans le monde, les grandes entreprises tirent les salaires et les conditions de travail vers le bas pour maximiser les rendements pour leurs actionnaires. Elles jouent de leur pouvoir et de leur influence pour biaiser les règles en leur faveur, coûte que coûte.

Nombre de nos Etats ne se contentent pas de laisser faire, ils y contribuent activement. Dans leur course effrénée à la croissance du PIB, ils réduisent la fiscalité des entreprises et privent la main-d’œuvre de ses droits et de la protection à laquelle elle aspire.
Résultat ? Des femmes dans des usines de confection bondées et surchauffées au Bangladesh, payées une misère pour coudre les vêtements que nous achetons à bas prix. Des personnels d’entretien qui font le ménage dans des chambres d’hôtel luxueuses et n’osent pas signaler le harcèlement sexuel dont ils font l’objet, par crainte de perdre leur emploi.
Une main-d’œuvre de l’industrie volaillère aux Etats-Unis, le pays le plus riche du monde, contrainte de porter des couches car elle n’est pas autorisée à prendre des pauses pour aller aux toilettes.
Actionnaires et...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Après l’annonce d’un plan de restructuration chez Carrefour, Cécile Prudhomme, spécialiste distribution au service économie du « Monde », a répondu à vos questions.
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« Les difficultés de Carrefour ne datent pas d’hier »

Après l’annonce d’un plan de restructuration chez Carrefour, Cécile Prudhomme, spécialiste distribution au service économie du « Monde », a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 15h07
   





                        



   


Sept mois après son arrivée aux commandes de Carrefour, le nouveau PDG Alexandre Bompard a présenté, mardi 23 janvier, son plan de restructuration à l’horizon 2022. Pour redresser le géant de la grande distribution, en perte de vitesse, il prévoit, notamment, 2 milliards d’euros de réduction des coûts dès 2020 et un plan de 2 400 départs volontaires en France.
Delphine : Il y a quelques mois, Georges Plassat, l’ex-patron de Carrefour, était porté aux nues. Aujourd’hui, on dit le groupe en pleine crise. Que s’est-il passé ?
Cécile Prudhomme : En réalité, les difficultés du groupe ne datent pas d’hier et l’ancien patron Georges Plassat (qui a cédé sa place à Alexandre Bompard, ancien patron de la Fnac, en juillet 2017) évoquait d’ailleurs les difficultés rencontrées en interne pour transformer l’entreprise, notamment dans le domaine du numérique.
En cinq ans, l’ancien PDG a accompli un travail de désengagement à l’international d’entités qui perdaient de l’argent et il a favorisé l’essor des petits formats de magasins. Il n’a pas, en revanche, réussi le travail de consolidation entre les formats de magasins et le Web qui aurait permis à Carrefour d’être mieux armé face à la concurrence.

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Julio : Avec ce plan, Carrefour est-il très en retard par rapport à sa concurrence directe ou veut-il prendre de l’avance ?
Le groupe fait face à des difficultés croissantes sur ses principaux marchés depuis plusieurs années. Et il est confronté à une concurrence très agile qui lui fait perdre des parts de marché, autant de la part d’acteurs historiques comme Leclerc, qui a fait des prix bas son fer de lance, que de celle des spécialistes venus du Web comme Amazon. Le groupe, dans une position délicate, devait agir rapidement.
François : Carrefour perd-il de l’argent ou fait-il toujours des bénéfices ?
Le bénéfice de l’année 2017 de Carrefour n’a pas encore été publié. Il le sera le 1er mars avant l’ouverture de la Bourse. Pour l’heure, seul le chiffre d’affaires annuel de l’année dernière, a déjà été annoncé. Et il est pour le moins décevant à 88,24 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ainsi en 2017, la croissance du groupe, à nombre de magasins comparables, a ralenti, à 1,6 % contre 3 % en 2016.
Surtout, le groupe perd des parts de marché (à 20,5 %) en France, le pays où il a réalisé en 2017 45,4 % de son chiffre d’affaires, notamment face à l’enseigne Leclerc (21 % selon le cabinet Kantar Worldpanel), alors qu’il était encore premier en 2016.
En 2016, son bénéfice net s’était affiché en forte baisse, pénalisé par des éléments exceptionnels, et la détérioration de la rentabilité opérationnelle de la Chine et de la France (– 23,87 % pour le bénéfice net publié du groupe à 746 millions d’euros, et – 7,4 % de baisse à 1,03 milliard, une fois retraité des éléments exceptionnels, c’est-à-dire en ne tenant pas compte de ces derniers).
Luc : Au total, combien de postes vont-ils être supprimés ?
Carrefour a annoncé la suppression de 2 400 postes au siège sur 10 500, sur la base du volontariat. A ce plan de réduction d’effectifs, s’ajoutera la cession, ou la fermeture, du parc des 273 magasins Dia, dans lesquels 2 100 personnes travaillent. Carrefour a précisé que, pour au moins la moitié des personnels de ces magasins, « l’entreprise favorisera systématiquement une offre de reclassement au sein du groupe ». 
Le groupe n’a rien annoncé concernant les employés des autres magasins.
Au total, fin 2016, Carrefour employait 384 151 collaborateurs dans le monde, dont 115 000 en France (160 000 en comptant les franchisés).
Matthieu : Y a-t-il réellement 2 400 personnes chez Carrefour qui « souhaitent » quitter l’entreprise ?
Il est probable, en effet, qu’il n’y ait pas spontanément 2 400 personnes qui souhaitent quitter l’entreprise. Des négociations s’ouvriront prochainement avec les organisations syndicales pour définir concrètement les conditions du plan social d’entreprise.

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Rosy : La mue vers le numérique de Carrefour n’est-elle pas très tardive comparativement à d’autres enseignes de la distribution dans le monde ?
En effet. Ces dernières années, le groupe a empilé des acquisitions de sites Internet, sans avoir une vision d’ensemble de ce que souhaitent réellement ses clients. D’autres enseignes françaises ont avancé plus rapidement dans ce domaine, et notamment sur le format du drive, qui permet de récupérer dans sa voiture les courses commandées sur Internet.
Florence : Il y a eu des rumeurs de rachat de Carrefour par Amazon, ce plan ne serait-il pas destiné à bien « habiller la mariée », c’est-à-dire augmenter la valorisation de Carrefour avant la mise en vente ?
Il y a eu en effet de nombreuses rumeurs de rachat en 2017, notamment car Amazon a approché plusieurs enseignes de la grande distribution pour nouer des alliances ou des partenariats. Leclerc et Système U l’ont confirmé. Mais, à ce jour, aucune d’elles n’a abouti. Amazon cherche notamment des partenariats pour avoir accès à de meilleures conditions d’achat de ses produits alimentaires, ou à s’associer à un réseau physique pour que ses clients puissent retirer leurs colis en magasins.
Kate : Au-delà de problèmes spécifiques à Carrefour, cette décision ne marque-t-elle pas le début de la fin de l’ère des super et hypermarchés ? Est-ce un modèle qui a vécu ?
Le modèle de l’hypermarché ne trouve plus toujours son public (concurrence de l’Internet, magasins trop grands, etc.) et doit en effet se transformer. Mais, d’une manière générale, il draine encore des clients, qui fréquentent aussi les galeries marchandes.
Carrefour a d’ailleurs décidé de ne fermer aucun de ses 247 hypermarchés en France, mais d’en réduire la taille, au cas par cas pour les plus grands d’entre eux, et de modifier l’organisation des rayons en mettant l’accent sur les produits alimentaires et le bio.
En revanche, concernant les supermarchés, qui sont des modèles de plus petite taille, le PDG de Carrefour a précisé ce matin qu’il s’agissait, avec les magasins de proximité, d’un « format de conquête pour le groupe ».
Sandra : Pourrait-on avoir plus de précisions sur ce grand plan « bio » annoncé par Carrefour et sur le partenariat avec le WWF ?
Constatant une forte demande des consommateurs pour le bio et les produits plus sains, notamment à la suite des différents scandales dans l’industrie agroalimentaire, Carrefour a décidé d’accroître son offre de produits bio dans ses magasins.
La production est actuellement insuffisante et les distributeurs font régulièrement face à des difficultés d’approvisionnement. Pour sécuriser ses achats dans l’avenir (l’objectif de Carrefour est de réaliser 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le bio en 2022), le groupe a décidé de remonter le processus en amont, en aidant les producteurs à se reconvertir à l’agriculture biologique.

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Un partenariat a été noué avec l’ONG WWF (Fond mondial pour la nature) sur le financement de la conversion au bio, qui permettra de retrouver des produits issus de ce processus avec un étiquetage particulier, estampillé WWF, en magasin. Le groupe utilisera également des moyens issus de la Fondation Carrefour pour financer des projets d’agriculture biologique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le succès des ventes en ligne contraint la grande distribution à proposer aux consommateurs d’autres expériences et d’autres valeurs que d’acheter le moins cher possible, explique la spécialiste en marketing Elodie Huré, dans une tribune au « Monde ».
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« Pour garder leur attractivité, les points de vente physiques doivent se positionner comme des lieux de sortie et d’interactions »

Le succès des ventes en ligne contraint la grande distribution à proposer aux consommateurs d’autres expériences et d’autres valeurs que d’acheter le moins cher possible, explique la spécialiste en marketing Elodie Huré, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h52
    |

Elodie Huré (Professeur à Rennes School of Business)







                        



                                


                            

Tribune. Cinq milliards de commandes effectuées par les abonnés en 2017, tel est le bilan dévoilé début janvier par les dirigeants d’Amazon. Au même moment, Carrefour est à la peine, avec une chute des ventes malmenant sa valeur en Bourse. Alexandre Bompard, le PDG de l’enseigne, doit annoncer une nouvelle stratégie le 23 janvier.
Les analystes sont sceptiques, et on peut les comprendre. Car l’urgence est là. Amazon a montré sa force de frappe en matière d’e-commerce, mais, à l’instar du chinois Alibaba, l’enseigne a commencé aussi à investir dans les commerces physiques (rachat de Whole Foods en juin 2017). L’objectif de ces deux géants du Net est parfaitement clair : réinventer l’expérience des courses à l’ère numérique, et rafler la mise. Si Carrefour, longtemps fleuron du commerce de détail hexagonal, ne réagit pas, son avenir est fortement compromis.

Nos recherches montrent que la fonction utilitaire des lieux de vente physiques a cessé d’être la raison principale de l’intérêt des consommateurs à leur égard (« Understanding Omni-Channel Shopping Value : a Mixed-Method Study », de Claire-Lise Ackermann, Elodie Huré et Karine Picot-Coupey, Journal of Retailing and Consumer Services n° 39, novembre 2017). Grâce à la commodité que procure le fait de pouvoir acheter n’importe quoi, n’importe quand et de n’importe où, l’e-commerce a gagné sur ce terrain.
Lieux de sortie et d’interactions
Mais ces recherches mettent aussi en évidence, a contrario, que les clients continuent à vouloir se déplacer en magasin, parce qu’ils espèrent y passer des moments agréables et y faire des rencontres, deux fonctions auparavant secondaires.
Cette évolution est apparue clairement au moment où le concept des « drive » s’est popularisé. Nous avons constaté que l’intérêt pour les marchés de plein-vent et les petits commerçants s’était alors renforcé. Les clients se débarrassaient en quelques clics et en un coup de voiture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le communisme de type soviétique et l’ultralibéralisme, par leur caractère excessif, conduisent tôt ou tard à l’effondrement des sociétés. Entre l’embrigadement liberticide et le laisser-faire absolu, il s’agit de trouver le juste milieu.
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Saint Paul, saint Augustin, Hayek et Keynes

Le communisme de type soviétique et l’ultralibéralisme, par leur caractère excessif, conduisent tôt ou tard à l’effondrement des sociétés. Entre l’embrigadement liberticide et le laisser-faire absolu, il s’agit de trouver le juste milieu.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 14h25
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        


                                                        
L’éclairage. Ce que nous appelons notre « volonté » opère, nous le savons maintenant, selon deux modes : le premier est celui de l’intention délibérée, consciente, de poser un acte à un moment du futur, cette intention constituant alors un « souci » dont nous nous efforcerons de nous libérer ; le second, celui de poser un acte ici et maintenant, est en réalité inconscient dans son mécanisme. On doit au psychologue américain Benjamin Libet (1916-2017) la découverte que la réalisation d’un acte précède – parfois de plusieurs secondes – ce que nous ressentons comme notre intention de le poser.
La découverte n’est pas récente. Saint Paul, s’adressant aux Romains, disait : « Vraiment, ce que je fais, je ne le comprends pas, car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. » Et saint Augustin, dans Les Confessions : « Il y a donc deux volontés, toutes deux incomplètes et ce que l’une possède fait défaut à l’autre. »
Dans notre gestion de l’avenir, nous avons tendance à favoriser soit l’une, soit l’autre de ces volontés. Avec la première, nous mettons l’accent sur la délibération, le calcul, la planification, soit, à l’échelle collective, la réglementation des activités économiques et en particulier des prix. Avec la seconde, nous encourageons la spontanéité, l’initiative, le « laisser-faire », la « main invisible » dont parlait Adam Smith, qui ferait que l’intérêt général émergerait de l’exercice par chacun de son intérêt égoïste.
Les deux modes de la volonté
On connaît les formes ultimes de ces deux approches : le communisme de type soviétique pour la première, l’ultralibéralisme pour la seconde. L’une et l’autre, par leur caractère excessif, conduisent tôt ou tard à l’effondrement des sociétés. Pour le communisme, c’est le résultat de la pesanteur bureaucratique, de la délation généralisée, du non-respect des droits individuels, de l’inefficacité économique.
Pour l’ultralibéralisme,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Alors que le Forum économique de Davos s’est ouvert le 23 janvier, l’ONG déclare que « 82 % des richesses créées dans le monde [en 2017] ont bénéficié aux 1 % les plus riches ». Une formule-choc, mais dont la méthodologie pose question.
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Comprendre l’étude d’Oxfam sur les inégalités de richesse

Alors que le Forum économique de Davos s’est ouvert le 23 janvier, l’ONG déclare que « 82 % des richesses créées dans le monde [en 2017] ont bénéficié aux 1 % les plus riches ». Une formule-choc, mais dont la méthodologie pose question.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h42
    |

            Samuel Laurent et 
                                Aurélia Abdelbost








                        


Les estimations de l’organisation non gouvernementale (ONG) britannique Oxfam sont publiées chaque année pour le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, qui cette année a lieu de mardi 23 à vendredi 26 janvier, et sont largement relayées. Le chiffre phare du rapport de janvier 2018 est que « 82 % des richesses créées dans le monde l’année dernière ont bénéficié aux 1 % les plus riches ». Des chiffres qui interpellent, mais qui posent aussi la question de la méthodologie utilisée pour les obtenir. Alors, comme nous l’avons fait par le passé, voici quelques clarifications pour bien comprendre de quoi il est question.
La « richesse » est ici le patrimoine net. Comment Oxfam arrive-t-elle à ce chiffre ? L’ONG observe que la richesse mondiale a augmenté de 9 264 milliards de dollars entre 2016 et 2017, alors que la richesse des 1 % les plus riches a augmenté de 7 625 milliards de dollars. En comparant ces deux chiffres, Oxfam établit que 82 % des richesses créées ont profité aux 1 % les plus riches.
Or Oxfam se base sur les données Global Wealth Databook de Credit Suisse, qui publie chaque année son rapport sur la richesse mondiale. Et derrière le mot « richesse » se cache une mesure plus précise : l’avoir net individuel. Autrement dit, pour chaque personne : la valeur de ses actifs financiers et de son patrimoine moins ses dettes.
Revenu, dette et niveaux de vie. Le calcul de l’avoir net individuel ne fait pas apparaître le revenu, ce qui peut mener à des contradictions, car un étudiant américain endetté pour payer ses études sera considéré comme plus « pauvre » qu’un salarié malien qui gagne très peu mais n’a pas d’endettement. Oxfam concède dans sa note méthodologique que ces cas existent mais qu’ils ne fausseraient pas les résultats.
Ainsi, un avoir net individuel supérieur à 3 580 dollars (2 926 euros) vous classe dans la moitié de la population mondiale la plus riche. A plus de 76 750 dollars (62 730 euros), vous passez dans la « tranche » des 10 % les plus riches du monde. Et avec un patrimoine supérieur à 777 370 dollars (635 580 euros), certes important, mais qui ne suffit pas, en France, à être redevable de l’impôt sur la fortune immobilière (dont le seuil est fixé à 1,3 million d’euros), vous entrez dans le cercle des 1 % les plus aisés du monde.
Sont donc comparées des inégalités individuelles au niveau mondial, sans prendre en compte le niveau de vie de chaque pays, qui varie fortement. Si les statistiques données par Oxfam servent d’indicateur et sont révélatrices de la forte concentration des richesses, elles ne peuvent pas être prises pour argent comptant.
Des données parfois reconstituées. D’autant plus que la récolte des données présente elle aussi des imprécisions, car l’index utilisé par Credit Suisse est le bilan des ménages (actifs et patrimoine moins dettes), or seuls 48 pays fournissent ces données. Pour les 135 pays qui n’ont pas d’indications sur le patrimoine mais simplement sur les revenus, les estimations sont construites.
Reste encore 50 pays pour lesquels il est difficile de faire une estimation (des petits pays, comme Monaco, ou semi-exclus de l’économie mondiale, comme la Corée du Nord), alors les chiffres sont calculés en fonction de la moyenne régionale par exemple. Des données qui tendent tout de même à se préciser, puisqu’en 2017 des données sur la Chine, l’Inde, le Japon et la Russie ont pu être ajoutées.
Et pour les personnes les plus riches, Credit Suisse se base sur le classement de Forbes, qui a établi une liste de 2 043 milliardaires en 2017, soit 13 % de plus qu’en 2016.
Le cas des enfants. Dans ses calculs, Credit Suisse ne prend en compte que les adultes (il en décompte 5 milliards), estimant que les enfants n’ont pas de revenus. Pour trouver ce chiffre, Oxfam simplifie et estime que 2,5 milliards d’enfants sont répartis équitablement dans la population adulte et partagent la richesse de leurs parents. Il est précisé : « Nous savons que c’est une estimation conservatrice, étant donné que les familles sont plus nombreuses dans les pays dont la richesse des ménages est plus basse. »
Si le constat d’Oxfam, celui d’une concentration toujours plus forte de la fortune entre les mains d’un nombre toujours plus réduits d’individus est une réalité prouvée par nombre de travaux, il est donc important de préciser les limites des chiffres présentés par l’ONG qui visent avant tout à faire valoir des principes humanistes alors que les leadeurs de l’économie mondiale se retrouvent pour le Forum de Davos.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La génération des 20-35 ans exprime une attente croissante de flexibilité en termes de lieux de travail, d’organisation et d’horaires.
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Quand les millennials poussent les entreprises à repenser les lieux de travail

La génération des 20-35 ans exprime une attente croissante de flexibilité en termes de lieux de travail, d’organisation et d’horaires.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 13h25
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Et si demain les bureaux occupaient moins de place dans la ville ? On connaissait l’open space, voici maintenant le « flex office ». Cette organisation qui prône la disparition des bureaux attitrés au profit d’espaces diversifiés a le vent en poupe. De plus en plus de sociétés, telles Danone, L’Oréal, Sanofi, pour ne citer qu’elles, conçoivent leurs bureaux sur ce modèle. Objectif ? S’adapter à la digitalisation de l’entreprise, favoriser les modes de travail collaboratifs, réduire les coûts immobiliers… Et surtout séduire une nouvelle génération de diplômés, ces millennials « digital natives » que l’on dit hyperconnectés, et très soucieux de leur bien être au travail.
« De plus en plus, l’environnement de travail devient un élément clé dans le choix d’un stage et d’un premier emploi. Les jeunes diplômés aujourd’hui veulent savoir si cet environnement leur permettra d’être le plus productif possible, et s’ils seront bien évalués, non pas tant sur leurs heures de présence dans l’entreprise, mais sur leur contribution », observe Guillaume Saintagne, chargée du recrutement et de la marque employeur chez Ubisoft en France.
Bien qu’ayant pris le parti d’aménager ses espaces de travail en open space, cette société de conception de jeux vidéo conserve encore, sur ses huit sites de Montreuil, autant de postes de travail que de salariés. Mais les collaborateurs bénéficient d’une grande flexibilité dans leurs horaires de travail. Ils n’ont plus de téléphone fixe, juste un ordinateur portable depuis lequel ils peuvent téléphoner, et ils organisent leurs temps comme ils le souhaitent : libre à eux de quitter l’entreprise à 17 heures pour aller chercher leur enfant en bas âge ou de rester travailler chez eux une journée entière.
« Le flex office est un vrai facteur d’attractivité pour les millennials, insiste Guillaume Saintagne. Beaucoup plus connectés que les générations précédentes, il est beaucoup plus naturel pour eux de travailler à distance. L’objectif pour nous est de générer dans l’entreprise un environnement de travail où ils se sentent à l’aise et en confiance pour s’organiser comme bon leur semble et être le plus performant possible. » 
Lorsqu’ils sont présents au bureau, rien ne leur interdit de faire une pause, ou d’organiser une réunion impromptue avec quelques collègues en se lovant dans les poufs et sofas des espaces conviviaux informels aménagés à chaque étage, avec machine à boisson et grande corbeilles de fruits. Ou même d’aller un moment jouer au baby-foot ou sur une console, au sein de la cafétéria, vaste espace orné d’un grand mur végétal et proposant une palette de jeux. Le divertissement n’est plus antagonique au bon accomplissement des tâches.

   


Espaces de socialisation
« Les espaces de socialisation sont devenus un enjeu clé des lieux de travail, observe Julien Eymeri de l’agence de conseil en stratégie Quartier Libre et coauteur d’une étude sur les transformations des lieux de travail pour l’Association des directeurs immobiliers (ADI). Cherchant à favoriser un climat propice à l’échange, à la discussion, les entreprises s’inspirent de plus en plus des lounges d’aéroport ou des salons d’hôtels de luxe pour aménager ces espaces. »
Chez Deloitte où la course aux jeunes talents est aussi un enjeu prioritaire - l’entreprise a recruté 2 000 nouveaux collaborateurs en 2017 -, Brice Chasles, associé conseil immobilier, le confirme : « pour les 22-29 ans, la qualité de l’environnement de travail est vraiment est un élément clé de leur motivation et de leur efficacité. Nous leur demandons d’être innovants, ils veulent dès lors que nous offrions un environnement leur permettant de se dépasser, de rechercher cette performance. Une table, une chaise et un écran ne suffisent plus ».
En juillet 2016, le cabinet d’audit et de conseil a déménagé de son siège historique de Neuilly-sur-Seine pour la Défense. Mais avant de regrouper l’ensemble de ses salariés au sein de la nouvelle tour Majunga, il a, durant un an, testé en réel avec quelque mille collaborateurs, cinq types d’organisations de travail très différentes, pour trouver les aménagements les plus efficaces.

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                Vie au travail : le groupe Deloitte mène un test grandeur nature à la Défense



Poufs et canapés
Aux dix-neuf étages (du 21e au 39e) que l’entreprise occupe désormais, plus personne n’a de bureau attitré. Il n’y a plus qu’un poste pour deux, voire trois salariés. Mais « il a toujours un endroit où chacun peut s’installer pour travailler », assure Brice Chasles. Chaque collaborateur dispose d’un ordinateur, d’un téléphone et d’un casque, et il a la liberté de s’installer où il veut. Il peut avancer seul sur une étude sur l’un des bureaux individuels installés près des fenêtres ou au sein de la « bibliothèque », vaste salle censée garantir le silence total. Il peut s’isoler dans une des bulles abritant une cabine téléphonique pour s’entretenir au téléphone sans être déranger. Ou encore travailler en équipe dans l’une des « Greenhouse », grandes pièces dotées de tout l’équipement numérique nécessaire pour plancher en groupe sur des projets de co-création, ou sur les canapés et poufs de l’un des nombreux espaces collaboratifs.
« Les millennials sont beaucoup moins conventionnels dans leur rapport au travail et dans leur manière d’appréhender la hiérarchie. Ce qui leur importe c’est de pouvoir travailler en mode projet. Et ils n’ont aucun mal à travailler à différents endroits, mais quel que soit le lieu ils veulent trouver un environnement de qualité. Ils ont un fort niveau d’exigence sur la convivialité, la lumière, le confort sonore. Et bien sûr sur la connectique. Une organisation en flex office suppose un très bon fonctionnement du wifi en tout point de l’entreprise. » Y compris sur la terrasse du Deloitte Café au 38e étage, où les collaborateurs peuvent venir à tout heure grignoter quelque chose, jouer à la playstation, boire un verre avec des collègues, organiser une réunion d’équipe…

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La culture du « tout sur place »
« La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle s’émousse, souligne Aude Grand de la Société Foncière Lyonnaise, qui, en charge du baromètre Paris Workplace, suit l’évolution de la perception des bureaux par les salariés. Pour 80 % des salariés de la French Tech, les bureaux sont un lieu de travail mais aussi un lieu de vie. C’est-à-dire un lieu où l’on doit pouvoir tout aussi bien travailler que se détendre, se reposer, faire du sport, jouer, prendre des pots, voire faire des courses. Cette évolution s’impose à bien des entreprises qui veulent attirer de nouveaux talents. »
Les nouveaux espaces de travail ne se conçoivent plus dès lors sans tout une offre de services. Ubisoft a ainsi noué des partenariats avec des commerces environnant ses locaux de Montreuil. Ses collaborateurs bénéficient de tarifs préférentiels auprès de restaurateurs riverains et de services de proximité (coiffeurs, garagiste), ainsi que d’un service de distribution de paniers bio et de pains frais.
Deloitte va encore plus loin avec la culture du « tout sur place ». La Tour Majunga propose divers points de restauration dont un Sushi Shop, un Café Illy, ou un Daily’Monop, une salle de sport à la lumière du jour, une salle de sieste, ou encore une e-conciergerie proposant tout type de prestations (pressing, salon de coiffure, casier pour recevoir le colis d’une commande passée par internet…). Cherchant à faciliter la vie de ses collaborateurs, l’entreprise en vient ainsi à créer une ville dans la ville.

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                « Changer d’espace de travail tout au long de la journée »



        Un événement « Le Monde » :
         

          Les millenials vont-ils changer les villes ? Vendredi 2 février de 8h30 à 10h30


Ce thème sera au centre d’une conférence organisée par « Le Monde » vendredi 2 février de 8h30 à 10h30. Inscription gratuite en ligne. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Les équipements qui permettent de réduire le bruit dans les bureaux partagés, telles que les cabines acoustiques, connaissent un véritable essor. Elles sont les nouveaux symboles d’une conception de l’espace de travail très flexible, telle qu’elle est portée par les « millenials ».
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Dans les open-spaces, le silence fait recette

Les équipements qui permettent de réduire le bruit dans les bureaux partagés, telles que les cabines acoustiques, connaissent un véritable essor. Elles sont les nouveaux symboles d’une conception de l’espace de travail très flexible, telle qu’elle est portée par les « millenials ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 13h24
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Ce sont de petites cabines feutrées, vitrées et fermées, équipées d’une banquette et d’une petite table. Ces dernières années, Julien Diard, patron d’une agence de design de bureaux parisienne, s’était habitué à en installer une à deux par mois dans les bureaux de ses clients. C’était déjà beaucoup. « Mais aujourd’hui, la demande explose. En ce moment, on en installe une tous les deux jours », s’étonne le fondateur de Moore Design.
Alors que l’on décloisonne toujours plus les plateaux de travail, que les open spaces et les bureaux partagés sont devenus les modes d’aménagement par défaut, en particulier pour les jeunes générations, le marché des cabines d’isolation acoustique est en pleine croissance. Ces nouveaux équipements commencent à faire partie du paysage des start-up, des PME, des tiers lieux et des grands groupes. Elles répondent à deux problèmes : le niveau sonore élevé des open spaces, source de baisse de productivité, et le besoin de confidentialité pour passer certains appels ou mener certains têtes à têtes.

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                « Changer d’espace de travail tout au long de la journée »



« C’est un équipement qui participe du bien-être au travail », estime Julien Diard. Portées aussi par le développement des « flex offices » (bureaux nomades) et par l’utilisation de plus en plus exclusive des téléphones portables dans la vie professionnelle (au détriment des lignes fixes), ces cabines permettent aussi de « résoudre le problème des salles de réunions et des couloirs encombrés par des gens qui y passent des coups de fils, alors que ce n’est pas leur vocation », remarque Julien Diard. Elles seraient finalement symptomatique d’une conception des lieux de travail portée par les « millenials », où l’on passe d’un espace à l’autre selon ses usages et ses tâches : un canapé, une table de cuisine, une salle de réunion, une cabine, un bureau de travail plus classique…
En Europe, Framery, leader de ce marché des cabines acoustiques, compte parmi les start-up ayant connu l’une des plus fortes croissances du continent, selon un classement réalisé par Deloitte. La société, créée en 2010, fabrique toutes ses cabines en Finlande, où elle est basée. En 2015, son chiffre d’affaires atteignait cinq millions d’euros. « En 2017, nous sommes arrivés à 40 millions », se félicite Olli Loikala, responsable des ventes pour l’Europe de l’Ouest, qui ajoute que la France est « l’un des marchés avec la plus forte progression, avec près de 10 % de nos ventes ». La demande vient surtout « des générations les plus jeunes ». Celles qui travaillent en open spaces et ne remettent pas en cause ce mode d’organisation, « mais pour qui il est tout à fait naturel de changer d’espace lorsque cela se justifie », explique-t-il.
Reste que si ces cabines résolvent des problèmes, elles en créent un autre : celui de leur coût. Chez Framery, il faut compter environ 8 000 euros par unité. Une offre de location longue durée se développe à destination des start-ups. Mais elles restent un investissement conséquent. Sans atteindre la confidentialité totale, d’autres solutions existent afin de faire diminuer le volume sonore des open spaces. Julien Diard a développé une offre de panneaux isolants sur-mesure, qu’il fait produire en Italie - ses ventes augmentent de 20 à 30 % par an depuis cinq ans. Il a aussi mis au point une « cabane » en feutre, afin d’y envelopper les bruyants photocopieurs.
Pour palier au collègues bavards et aux conversations dérangeantes, une autre entreprise a développé une technologie de « masquage sonore ». Les boîtiers Silent Space, commercialisés depuis l’année dernière, diffusent un bruit doux et diffus (« un bruit rose », selon les termes des acousticiens) centré sur les fréquences de la parole, et qui s’adapte au niveau sonore de la pièce. Le signal émis permet de réduire le volume sonore perçu, et surtout de « casser l’intelligibilité de la parole du collègue de derrière », explique Frédéric Lafage, à l’origine de cette technologie. « Les pics de bruits sont adoucis et moins gênants. » Un signal lumineux, dont la couleur varie, prévient aussi lorsqu’un certain niveau sonore a été dépassé, par exemple lors d’un échange informel entre deux collègues autour d’un bureau. Depuis un an, Frédéric Lafage affirme avoir vendu ses boitiers à « une douzaine » de grands comptes et à quelques PME. Son carnet de commandes pour 2018 est déjà bien rempli : il pense doubler son chiffre d’affaires cette année.

        Un événement du « Monde » :
         

          Les millenials vont-ils changer les villes ?  Assistez à notre conférence vendredi 2 février de 8h30 à 10h30


Ce thème sera au centre d’une conférence organisée par Le Monde vendredi 2 février de 8h30 à 10h30. Inscription gratuite en ligne. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ De la lumière naturelle et des espaces variés plutôt qu’un babyfoot et une décoration branchée. Voilà à quoi ressemble le bureau idéal des « millenials » (20-35 ans) interrogés dans le cadre d’une étude qualitative menée fin 2017 par le cabinet Haigo. Son auteure, Caroline Caltagirone, évoque avec « Le Monde » ses principaux résultats.
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« Changer d’espace de travail tout au long de la journée »

De la lumière naturelle et des espaces variés plutôt qu’un babyfoot et une décoration branchée. Voilà à quoi ressemble le bureau idéal des « millenials » (20-35 ans) interrogés dans le cadre d’une étude qualitative menée fin 2017 par le cabinet Haigo. Son auteure, Caroline Caltagirone, évoque avec « Le Monde » ses principaux résultats.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 13h20
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


A quoi ressemble le bureau dont rêvent les jeunes que vous avez interrogés ? 
Avant tout à un bureau bien équipé. Cela peut paraître évident, mais ils rêvent avant tout d’éléments de confort basiques, dont ils manquent souvent dans leurs environnements de travail : une excellente connexion wi-fi, une chaise ergonomique, un bon écran d’ordinateur, de la lumière naturelle… Tout cela est plus important que le reste. Bien plus que la décoration de l’open space, les baby-foot ou les tables de ping-pong. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, certaines entreprises survalorisent l’esthétique et de l’aménagement des locaux sans répondre à certains besoins basiques.
Ces attentes ne semblent donc pas si différentes de celles de leurs aînés… 
Ce qui distingue les millenials dans leurs attentes, c’est la demande de flexibilité. Ils veulent avoir la possibilité de changer d’espace de travail tout au long de la journée selon leurs besoins. Comme lorsque l’on révise un examen, et que l’on va travailler un peu dans un bureau, un peu à la bibliothèque, un peu dans un lit. L’environnement de travail dont rêvent ces jeunes comporte des espaces collectifs pour y rencontrer des personnes d’autres services, une cuisine pour faire des pauses ou lire des documents en buvant un café, des espaces calmes pour se concentrer, un salon pour y monter une petite réunion, une box pour passer un coup de fil important, un bureau pour rédiger un rapport… Bref, des locaux flexibles et aménageables. Cette souplesse est aussi demandée dans les horaires d’ouverture. Que l’on puisse rester tard le soir dans les locaux pour terminer quelque chose, ou pour compenser le fait qu’on soit arrivé plus tard le matin.
Le bureau rêvé n’est-il pas avant tout un bureau proche de chez soi ? 
En effet, le temps de transport est un critère fondamental pour les millenials. Tout comme l’environnement. Les quartiers de bureaux de type La Défense, ou bien ceux qui sont mal déservis par les transports en commun rebutent la plupart des jeunes. Ils aiment pouvoir travailler dans un quartier vivant de jour comme de nuit, où ils peuvent y retrouver leurs amis le soir en sortant.
Le télétravail représente-t-il un idéal ?
Bien sûr. Avoir la possibilité de travailler à distance un ou deux jours par semaine, ou passer une matinée chez soi de temps en temps, de manière flexible, c’est quelque chose de très apprécié. Reste que c’est souvent difficile à mettre en place, et que cela demande beaucoup de confiance. Mais ce que nous constatons, c’est que le bureau en tant qu’espace commun reste un endroit très valorisé, notamment car il permet de donner du sens au travail que l’on fait. Travailler exclusivement de chez soi est rarement un idéal.

        Un événement du « Monde » :
         

          Les millenials vont-ils changer les villes ? Vendredi 2 février de 8h30 à 10h30


Ce thème sera au centre d’une conférence organisée par Le Monde vendredi 2 février de 8h30 à 10h30. Inscription gratuite en ligne. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Sanofi annonce le rachat de la biotech américaine Bioverativ pour 11,6 milliards de dollars. L’américain Celgene lance, lui, une OPA à 9 milliards sur Juno Therapics.
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« Big Pharma » fait son marché

Sanofi annonce le rachat de la biotech américaine Bioverativ pour 11,6 milliards de dollars. L’américain Celgene lance, lui, une OPA à 9 milliards sur Juno Therapics.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 13h18
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 13h56
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Attirer des entreprises en France, c’est bien, acheter des pépites étrangères, ce n’est pas mal non plus. Lors du sommet de l’attractivité organisé par Emmanuel Macron au château de Versailles, lundi 22 janvier, le géant pharmaceutique suisse Novartis a confirmé ses investissements dans l’Hexagone.
Plus tôt, Sanofi avait annoncé le rachat pour 11,6 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros) de la biotech américaine Bioverativ spécialisée dans l’hémophilie. Le même jour, l’américain Celgene lançait une OPA amicale à 9 milliards sur Juno Therapeutics, spécialiste de la génothérapie du cancer.
Effet Trump
Avec Bioverativ, le géant français souligne qu’il « conforte sa présence en médecine de spécialité et son leadership dans les maladies rares », un des axes de sa stratégie à l’horizon 2020. Il dispose de solides perspectives de développement dans les maladies hématologiques rares, notamment l’hémophilie, un marché de 10 milliards par an. La pression sur les prix venant des assureurs ou des gouvernements y est moins forte que dans les produits traitant des pathologies très répandues comme le diabète.

Le marché a sanctionné le prix d’achat. Le titre Sanofi a perdu 2,91 %, lundi, à Paris, mais ce n’est pas inquiétant. Il avait fait de même après l’OPA sur l’américain Genzyme, racheté 20 milliards de dollars en 2011, qui s’est révélée rentable.
La Bourse devrait tôt ou tard saluer l’opération Bioverativ. D’autant que les analystes commençaient à douter du groupe français après les échecs essuyés en 2016 face à ses concurrents directs. Pfizer lui avait soufflé l’américain Medivation et Johnson & Johnson le suisse Actelion.

L’année commence très fort dans le secteur. Les groupes ont annoncé pour 30 milliards de dollars d’acquisitions – pour l’essentiel aux Etats-Unis – en les payant très cher. Sanofi a offert une prime de 64 % par rapport au dernier cours de clôture de Bioverativ....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Malgré la montée de nouvelles menaces, la confiance des patrons dans la croissance est au plus haut, selon l’enquête de PwC publiée lundi.
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Forum de Davos : la gouvernance mondiale et les risques géopolitiques inquiètent les élites

Malgré la montée de nouvelles menaces, la confiance des patrons dans la croissance est au plus haut, selon l’enquête de PwC publiée lundi.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h32
    |

            Isabelle Chaperon (Davos (Suisse), envoyée spéciale) et 
Sylvie Kauffmann (Davos (Suisse), envoyée spéciale)








                        



   


Revoici ce rituel singulier où chefs d’Etat, patrons de multinationales, ONG, cerveaux de la science et de la technologie, stars hollywoodiennes et même bollywoodiennes bravent le blizzard et convergent vers un centre de cure pour tuberculeux. Un nombre record de participants est attendu pour ces 48e réunions annuelles du Forum économique mondial qui se tiennent à Davos du 23 au 26 janvier, sur le thème « Construire un avenir commun dans un monde fracturé ».
Symbole de l’une de ces fractures, sept femmes coprésident, pour la première fois, l’opus 2018, dont deux Françaises, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, et Isabelle Kocher, d’Engie. « Les femmes sont tout en bas de l’économie mondiale. Et, même en haut, neuf milliardaires sur dix sont des hommes », dénonce Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam international, venue en Suisse alerter les élites mondiales sur la montée des inégalités.
Dix ans après la crise financière qui a ébranlé le capitalisme mondial, pourtant, le fond de l’air économique s’est fortement réchauffé et Mme Lagarde s’est félicitée, lundi à Davos, du « renforcement de la croissance ». « C’est une très bonne nouvelle », a-t-elle dit.
En 2018, c’est la politique qui va mal. La gouvernance mondiale a perdu ses repères dans un monde en pleine recomposition, où le multilatéralisme est contesté par le président d’un pays, les Etats-Unis, qui en a pourtant été le principal promoteur, où les valeurs des démocraties libérales sont en recul, et où les géants de la technologie paraissent incontrôlés.
Signe peut-être d’une prise de conscience de la nécessité d’échanges, de confrontations des positions et de débats dans cette période troublée, pas moins de 70 chefs d’Etat et de gouvernement font le déplacement dans les Grisons.

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Donald Trump et Emmanuel Macron sont très attendus
Le premier ministre indien, Narendra Modi, devait ouvrir mardi la série d’interventions publiques prévues toute la semaine en séance plénière. C’est la première fois que M. Modi vient à Davos, où il devrait non seulement mettre en valeur la campagne « Invest India » mais aussi exposer la vision de son pays sur un échiquier géostratégique où l’autre géant asiatique, la Chine, avance de plus en plus de pions. En 2017, le président Xi Jinping (absent cette année) avait mis à profit le vide américain pour se poser en chantre du libre-échange et du multilatéralisme.
Deux autres « nouveaux » sont très attendus : le président américain Donald Trump et son homologue français. Emmanuel Macron, dont l’image innovante continue de fasciner les milieux internationaux, pourra relancer son slogan « Europe is back » : il doit prendre la parole mercredi 24 janvier, qui sera une journée très européenne, puisque M. Macron aura été précédé sur la scène par le roi Felipe d’Espagne, le premier ministre italien Paolo Gentiloni et, surtout, la chancelière allemande Angela Merkel qui, ayant levé un gros obstacle sur le chemin de sa coalition, a décidé à la dernière minute de venir aussi à Davos.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker s’exprimera jeudi, comme Theresa May, la première ministre britannique. « L’équipe Europe » veut à la fois signaler son retour, avec l’embellie de la croissance dans la zone euro, et promouvoir un « narratif » différent du « America First » de M. Trump.
Car c’est bien la prestation du président américain qui fournira le clou de la semaine, vendredi. Nul ne sait encore s’il compte essayer de séduire ou au contraire sermonner, voire insulter, les représentants des élites mondialisées qui l’écouteront.

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Les uns ont besoin des autres
Il aurait tort, cependant, de briser leur optimisme. Selon la traditionnelle enquête de PwC sur le moral des patrons publiée lundi, 57 % des 1 300 dirigeants d’entreprise interrogés, dans 85 pays, estiment que la croissance économique va s’améliorer dans les douze prochains mois : ils étaient 29 % seulement il y a un an. Cela constitue le plus haut niveau de confiance depuis que PwC a lancé ce baromètre en 2012.
Concernant les perspectives de croissance de leur propre entreprise, les patrons s’avouent en général plus prudents (42 %), sauf les Américains, dont l’optimisme est remonté en flèche en un an : en 2017, juste après l’entrée en fonction de M. Trump, 39 % d’entre eux se déclaraient « très confiants », mais après la mise en œuvre de sa politique pro-business, ils sont désormais 53 % à voir l’avenir en rose.
L’amélioration de la conjoncture économique n’occulte pas, cependant, la montée de nouvelles menaces. De façon spectaculaire, le terrorisme, les incertitudes géopolitiques et la cybersécurité sont devenus en 2018 les risques qui inquiètent le plus les dirigeants – derrière l’immuable hyper-régulation. « Les plus grandes préoccupations des dirigeants d’entreprises sont liées à des changements géopolitiques et sociétaux plutôt qu’à la dynamique de leurs propres marchés », souligne Bernard Gainnier, président de PwC pour la France et l’Afrique francophone. L’assiduité des dirigeants politiques et économiques à Davos montre à quel point les uns ont besoin des autres – et réciproquement.



                            


                        

                        


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Areva devient Orano pour tourner la page des années Lauvergeon

Le groupe arrive à la fin de sa restructuration. Le spécialiste du nucléaire se concentre sur le cycle du combustible et le démantèlement des réacteurs, et compte renforcer son développement en Asie.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 12h37
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Comment mettre derrière soi des années noires de difficultés, d’échecs commerciaux et de démêlés judiciaires ? Après avoir subi une restructuration complète, Areva arrive à la fin de son douloureux lifting : le groupe a décidé de changer de nom. Depuis mardi 23 janvier, Areva n’existe plus et devient Orano, une appellation dérivée du nom latin du dieu Uranus, qui a donné son nom à la planète puis à l’uranium. Le nom sera décliné en jaune, à l’image du yellowcake, le concentré d’uranium.

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Tout un symbole pour un groupe qui est désormais recentré sur les métiers du combustible nucléaire. La direction de l’ancien fleuron de la filière nucléaire française a choisi Orano parmi plus de 200 noms en compétition. L’objectif : acter la fin d’Areva tel qu’il avait été conçu par Anne Lauvergeon.
Un groupe scindé en trois
Pour comprendre la nécessité de cette nouvelle identité, il faut remonter le fil de la crise qu’a traversée l’ancien fleuron de la filière nucléaire française ces dernières années.
Depuis 2012, Areva a connu une descente aux enfers que rien ne semblait pouvoir arrêter : à la crise de 2008 et à la catastrophe de Fukushima, au Japon, sont venus s’ajouter des investissements hasardeux, la coûteuse déroute du chantier de l’EPR en Finlande, des affaires de corruption et une concurrence néfaste avec l’autre champion nucléaire français, EDF. Une succession de difficultés qui ont conduit le groupe à une recapitalisation et à une restructuration douloureuses.
La mutation s’est faite dans la douleur : le groupe a fait partir près de 6 000 salariés, et l’Etat et le japonais Mitsubishi ont dû le renflouer à hauteur de 5 milliards d’euros.
En 2017, il a été scindé en trois morceaux : le premier, New Areva – désormais Orano – a gardé les activités des mines d’uranium et du cycle du combustible, et compte désormais 16 000 salariés. La nouvelle entité se concentre sur l’enrichissement et le recyclage du combustible nucléaire, la logistique et les services liés au nucléaire, dont le démantèlement.
D’un autre côté, Areva NP, qui a repris son ancien nom de Framatome début janvier, est devenu une filiale d’EDF et se concentre sur la conception des réacteurs et le matériel nécessaire aux centrales. C’est notamment de cette entité que dépend l’usine du Creusot Forge, mise en cause pour les défauts sur la cuve du réacteur de Flamanville et dont les dossiers sont encore en cours d’examen par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Enfin, la maison mère, Areva SA – seule à conserver le nom –, a été maintenue temporairement, le temps que l’épineux contrat de l’EPR finlandais, complexe gouffre financier, se termine.

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Une transformation qui s’est faite dans la douleur : en deux ans de restructuration, le groupe Areva a fait partir près de 6 000 salariés. L’Etat et le groupe Mitsubishi ont dû le renflouer à hauteur de 5 milliards d’euros.
« Un nouveau projet d’entreprise »
« C’est vrai qu’il fallait couper avec le passé, explique-t-on en interne pour expliquer ce changement de nom, mais on a surtout un nouveau projet d’entreprise, une nouvelle organisation. » De fait, en changeant d’identité, le groupe peut enfin annoncer des objectifs un peu plus ambitieux.
D’abord, Orano veut renforcer son développement en Asie, avec pour objectif que 30 % de son chiffre d’affaires soit réalisé dans la région en 2020, contre 20 % aujourd’hui. Cela, alors que la Chine est l’un des rares pays qui continuent d’investir dans le nucléaire. Une vingtaine de réacteurs sont en construction dans le pays. Au Japon, le gouvernement a donné, fin décembre, son feu vert au redémarrage de réacteurs de Tepco, une première depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, ce qui donne quelque espoir au groupe français, dont plus de 60 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’international.
Ensuite, le groupe veut accélérer son virage dans les services, et particulièrement le démantèlement nucléaire. « D’ici au milieu du siècle, il y aura 150 réacteurs à démanteler dans le monde. C’est un vrai marché pour nous », explique-t-on en interne. D’autant qu’Orano est spécialisé dans le démantèlement des parties les plus sensibles des réacteurs. Un domaine dans lequel le groupe va embaucher dans les prochaines années. D’ici à 2020, un salarié d’Orano sur deux devrait travailler dans les activités de services.
Une filière nucléaire en difficulté
Des ambitions atteignables mais qui reposent sur l’espoir que la filière nucléaire a encore un avenir au niveau mondial. Sans construction de nouveaux réacteurs, l’activité liée au combustible sera à terme réduite à la portion congrue. Elle devra se contenter du marché du démantèlement.
Le groupe dirigé par Philippe Knoche croit dur comme fer que la filière a de beaux jours devant elle. Elle fait pourtant face à d’importants défis : au niveau mondial, très peu de pays investissent dans de nouveaux réacteurs. Certains, comme l’Allemagne, ont renoncé au nucléaire quand d’autres, comme l’Inde ou l’Afrique du Sud, hésitent à s’y engager.

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Les coûts des nouveaux réacteurs nucléaires sont bien supérieurs à ceux des réacteurs existants – en témoignent les dérapages faramineux des EPR de Flamanville (Normandie) et Olkiluoto (Finlande). La concurrence du gaz et des énergies renouvelables – dont les prix baissent de manière continue – pèsent fortement aux Etats-Unis, qui comptent encore près de cent réacteurs en activité.
En France, Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, a confirmé en octobre l’objectif de réduire à terme la part du nucléaire dans le mix électrique, même si cette perspective a été repoussée au-delà de 2025.
Du côté des mines, le marché de l’uranium est mal en point, avec un prix qui a été divisé par deux en 2016, et ne remonte pas depuis.
Au niveau mondial, EDF et Areva sont bien seuls à plaider pour le développement d’un nucléaire qui ne produit pas de gaz à effet de serre mais suscite la méfiance, voire l’opposition des populations dans de nombreux pays.
Dans ces conditions, comment imaginer le futur d’un groupe spécialisé dans le cycle du combustible nucléaire ? « Nos perspectives à court terme ne sont pas bonnes, mais, à moyen terme, il y a de l’espoir », lançait avec un optimisme très mesuré un dirigeant de New Areva fin novembre.

Interrogations sur l’usine chinoise de traitement des déchets nucléaires
L’annonce, le 9 janvier, était l’un des points d’orgue du voyage d’Emmanuel Macron en Chine : la signature entre New Areva et le chinois CNNC d’un protocole d’accord pour une usine de recyclage des déchets nucléaires pour plus de 10 milliards d’euros. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, estimait que le contrat définitif de ce projet vieux de plus de dix ans pourrait être signé « au printemps ». Mais, depuis, les discussions se poursuivent sans certitude de déboucher. Du côté du groupe français, on est prudent, car il n’est pas question de signer un deal au rabais. Côté chinois, le projet suscite des doutes. Li Ning, doyen du collège sur l’énergie de l’université de Xiamen et membre d’un comité d’Etat sur le nucléaire, cité par Reuters, juge « assez faible » la probabilité que la Chine signe un contrat formel.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La guerre des prix fragilise les hypermarchés. L’automatisation de l’encaissement détruit des postes en magasin.
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Dans les grandes surfaces, l’emploi des salariés est menacé

La guerre des prix fragilise les hypermarchés. L’automatisation de l’encaissement détruit des postes en magasin.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h21
    |

            Cécile Prudhomme et 
                                Juliette Garnier








                        



                                


                            

Les salariés de Carrefour sont inquiets. Ils ne sont pas les seuls. Toutes les enseignes d’hypermarchés sont confrontées à de nouveaux défis qui fragilisent leur compte d’exploitation et les obligent à réduire leurs coûts.

La conjoncture économique lamine les marges des 2 131 hypermarchés français. Carrefour prévoit un résultat opérationnel 2017 de 2 milliards d’euros, en recul de 15 %. A en croire la direction du groupe, « 2017 a été clairement décevante ». Ses ventes ont reculé de 0,1 % en France, à 40 milliards d’euros. Casino a lui aussi raté le coche. Son chiffre d’affaires est en croissance de 5 % en 2017, à 37,8 milliards d’euros, mais il est en deçà des prévisions des analystes financiers. Les ventes de sa filiale française ont reculé de 0,8 %, Leader Price a perdu 2,9 % d’activité et, surtout, les rayons non-alimentaires de Géant ont chuté de 10,2 %. Auchan est aussi à la peine. Son résultat opérationnel a dévissé de 13,2 % au premier semestre. L’enseigne dit toutefois « avoir inversé la tendance dans les hypermarchés » et n’envisager aucune fermeture.
»
« Mais, chez nous, tous les deux ans, on procède à un écrémage social », déplore Guy Laplatine, délégué syndical CFDT chez Auchan en évoquant le « plan de sauvegarde de l’emploi bouclé en juillet 2017 qui portait sur la suppression de 1 000 postes ». Tous les distributeurs « ont procédé à une réduction du nombre d’heures travaillées en magasins », confirme un consultant du secteur.
Pourquoi le secteur qui emploie 660 000 personnes en France flanche-t-il ? Carrefour, Auchan et autres Casino subissent une guerre des prix qui écrase leurs marges. D’autant que les Français ont profondément changé leurs habitudes d’achats. Ils se déplacent moins en hypermarchés. Ils préfèrent commander en ligne et récupérer leurs courses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Candidat à la succession de Lloyd Blankfein, le PDG de la banque, David Solomon est un amateur de vins et un gourmet qui anime la chronique gastronomique new-yorkaise a pour rival, Harvey Schwartz.
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Le futur patron de Goldman Sachs : « Un DJ déluré ou une ceinture noire de karaté » ?

Candidat à la succession de Lloyd Blankfein, le PDG de la banque, David Solomon est un amateur de vins et un gourmet qui anime la chronique gastronomique new-yorkaise a pour rival, Harvey Schwartz.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h19
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. On espère au moins que les receleurs avaient le palais fin. Le Tout-Wall Street se délecte de la mésaventure arrivée à David Solomon, l’un des coprésidents de Goldman Sachs. En octobre 2016, son assistant personnel lui a dérobé sept bouteilles de vins de bourgogne Romanée-Conti, qui avaient été achetées pour la bagatelle de 133 650 dollars. L’apogée d’un petit commerce florissant : de 2014 à 2016, l’assistant, Nicolas De Meyer, lui a subtilisé des centaines de bouteilles, pour un montant atteignant 1,3 million de dollars.
Le manège était bien rodé : M. De Meyer avait pour mission de transférer les bouteilles que recevait M. Salomon de son appartement personnel de Manhattan à sa cave d’East Hampton, station balnéaire huppée de Long Island. Sauf que les bouteilles n’arrivaient pas à destination, étant revendues à un intermédiaire en Caroline du Nord. Rien n’indique qu’elles aient été vendues à leur vraie valeur. M. De Meyer a été arrêté mardi 16 janvier à l’aéroport de Los Angeles et encourt dix ans de prison.
A 55 ans, l’amateur de vins David Solomon est aussi un gourmet, qui anime la chronique gastronomique new-yorkaise. L’agence Bloomberg a rédigé un long reportage, en mai 2017, sur ses restaurants préférés dans Manhattan, des institutions vénérables ou des nouveautés branchées. Le banquier d’affaires dîne dehors plus souvent que bien des critiques gastronomiques. Le New York Times, lui, a découvert sur son compte Instagram la vidéo de jeunes vacanciers se déhanchant sur la plage : le DJ, dont le pseudonyme de scène est D-Sol, n’était autre que David Solomon.
Un fauteuil pour deux
Si l’on s’intéresse à David Solomon, c’est qu’il est l’un des deux coprésidents à avoir succédé à Gary Cohn, lorsque celui-ci a été nommé conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche. Le second est l’ancien directeur financier Harvey Schwartz. Les deux hommes sont en compétition pour succéder au PDG...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le chef économiste du FMI, l’Américain Maurice Obstfeld, appelle à ne pas négliger les risques, notamment financiers.
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Forum de Davos : Maurice Obstfeld : « Il y aura un nouveau creux et il faut s’y préparer »

Le chef économiste du FMI, l’Américain Maurice Obstfeld, appelle à ne pas négliger les risques, notamment financiers.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 15h09
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Entretien
La reprise mondiale accélère. Dans ses prévisions publiées lundi 22 janvier, le Fonds monétaire international (FMI) estime que le produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait progresser de 3,9 % en 2018 et 2019, après 3,7 % en 2017. Son chef économiste, l’Américain Maurice Obstfeld, appelle toutefois à ne pas négliger les risques, notamment financiers.

La reprise de l’économie mondiale vous incite-t-elle à l’optimisme ?
A court terme, oui. Après sept années de croissance médiocre, la reprise est large et plutôt solide, grâce à une progression de la demande, de l’investissement, du commerce et une remontée des prix des matières premières. A moyen terme, c’est plus incertain. Le principal risque est que les dirigeants soient trop complaisants et ne prennent pas les mesures nécessaires pour rendre l’économie plus résiliente. Au moment où certaines économies retournent au plein-emploi, les gouvernements doivent vraiment s’efforcer de réduire leur déficit public. Il y aura certainement un nouveau creux à l’avenir et il faut s’y préparer en regagnant des marges de manœuvre budgétaires.
Le regain d’activité est moins vigoureux que lors de précédentes reprises. Pourquoi ?
C’est en partie un héritage de la crise. Mais cela vient aussi de tendances de long terme, qui datent d’avant 2008, et il n’est pas si facile d’en expliquer les raisons profondes. Il y a l’impact de la démographie, avec le vieillissement de la population. Les facteurs que l’on comprend moins sont ceux liés à la croissance de la productivité qui fléchit. On peut s’interroger, par exemple, sur le rôle du progrès technologique.
Pourtant l’innovation fleurit…
Oui, mais on ne la voit pas s’incorporer rapidement dans les processus de production. Peut-être cela se matérialisera-t-il d’ici cinq à dix ans, mais c’est de la spéculation. Les techno-pessimistes pensent que...




                        

                        


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Emmanuel Macron célèbre l’attractivité retrouvée de la France

Le président de la République a annoncé 3,5 milliards d’euros d’investissements étrangers pour les années à venir.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h04
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Les sommes sont mirifiques et ne sont pas sans rappeler le plan « très com » d’Emmanuel Macron lors de son récent voyage en Chine. Après avoir reçu près de 140 patrons et dirigeants de multinationales du monde entier sous les ors de Versailles, le président de la République a annoncé 3,5 milliards d’euros d’investissements étrangers en France au cours des prochaines années, ce qui pourrait entraîner la création de 2 200 emplois.

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Ces annonces s’apparentent à un inventaire à la Prévert. Facebook, Google, Novartis, SAP, Toyota et une myriade de sociétés plus petites (surtout dans l’agroalimentaire) ont annoncé ou officialisé leurs projets, mardi 22 janvier. De quoi « valoriser concrètement l’attractivité de la France, plusieurs mois après le lancement de transformations économiques profondes », comme l’expliquait l’Elysée mardi pour défendre son opération de communication XXL intitulée « Choose France » (« choisir la France »).

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Ces chiffres démontrent surtout que l’attractivité du pays poursuit son rétablissement, déjà bien engagé depuis 2016 (avec une progression des investissements étrangers cette année-là de 30 %). Avec l’élection d’Emmanuel Macron, la dynamique semble se poursuivre.
« Dans le registre de l’emblématique »
Et c’est dans le monde des logiciels qu’on y est le plus sensible. « Son élection a montré aux entreprises internationales qu’investir en France n’était plus un gros mot, explique Marc Genevois, le patron en France de SAP. On n’aurait pas fait nos annonces récentes sous un précédent président… » Le groupe allemand a annoncé son intention d’investir environ 2 milliards d’euros dans les cinq années à venir.
Les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) ont aussi répondu à l’appel, sans pour autant desserrer sérieusement les liens de leur bourse.
Cette somme regroupe moult dépenses : 150 millions d’euros par an d’investissement en recherche et développement sur les cinq prochaines années (soit 750 millions), ainsi que le financement de l’accompagnement de start-up françaises, voire leur rachat, dans le domaine du cloud, de l’intelligence artificielle ou de l’Internet des objets. Environ 1 milliard d’euros doit permettre simplement de financer ses opérations hexagonales courantes au cours des cinq ans à venir. Pas franchement un investissement.

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Les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) ont aussi répondu à l’appel, sans pour autant desserrer sérieusement les liens de leur bourse. Facebook a annoncé qu’elle allait investir 10 millions d’euros par le biais de son centre de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle, en augmentant son nombre de chercheurs et de doctorants, et s’est engagé à former 65 000 personnes aux compétences numériques en France d’ici à fin 2019.
Comme l’Elysée l’admet : « On est dans le registre de l’emblématique. Ça envoie le signal de la compétitivité de la France sur l’intelligence artificielle et c’est fondamental dans le monde, vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Asie. »
« Signal de la compétitivité »
Même recherche du « signal » avec les annonces de Google, qui n’a pas pris la peine de donner le montant de ses futurs investissements. Le géant américain du Web va ouvrir un centre de recherche fondamentale sur l’intelligence artificielle en France, le deuxième en Europe après Zurich, ainsi que quatre espaces en région pour la formation des citoyens français « afin d’améliorer leurs compétences numériques ». 
Dans les autres secteurs industriels, Novartis a confirmé vouloir investir 900 millions d’euros sur trois ans pour diverses dépenses déjà annoncées en 2015, lors d’un sommet à Matignon.
Dernier investissement marquant, celui intervenu à l’usine Toyota d’Onnaing, près de Valenciennes (Nord). Le groupe nippon a annoncé 300 millions d’euros d’investissements pour moderniser le site, en augmentant sa capacité à 300 000 véhicules, contre une jauge de 240 000 à 260 000 actuellement, et à produire deux modèles de véhicules à partir de 2021.
Attendues depuis 2014, ces décisions entraîneront la création de 700 emplois en CDI d’ici à 2020. C’est d’ailleurs à Toyota, mardi, que le président de la République a décidé de prendre un bain de foule de deux heures et demie. « Je viens saluer cette annonce, a simplement tweeté Emmanuel Macron. Je sais à qui je le dois : aux salariés qui font bien leur travail. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Plus de 3 000 participants sont attendus dans le canton suisse où se tiennent les 400 conférences du World Economic Forum du 23 au 26 janvier.
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L’organisation du Forum économique mondial à Davos : « Un mécanisme de montre suisse »

Plus de 3 000 participants sont attendus dans le canton suisse où se tiennent les 400 conférences du World Economic Forum du 23 au 26 janvier.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 12h01
    |

            Isabelle Chaperon








                        



   


Oubliés le ski, la luge et les raquettes. La petite commune de Davos, dans le canton des Grisons, va vivre pendant quatre jours au rythme du Forum économique mondial (WEF). Vendeurs de chaussures, confiseurs et coiffeurs ont confié leur boutique à Accenture, Salesforce ou HSBC, qui y recevront leurs visiteurs. En 2017, même la petite église évangélique avait été revisitée de fond en comble pour se convertir en temple des médias. Les paroissiens avaient tiqué, mais le chèque était conséquent…
A Davos, tous les chemins mènent au palais des congrès, où se tiennent l’essentiel des 400 conférences du programme officiel. Encore faut-il y arriver. Il n’est pas rare d’apercevoir un banquier ou une dame en fourrure chuter sur les trottoirs gelés. Passer la sécurité n’est pas une mince affaire non plus. Tireurs d’élite dispersés ici et là, patrouilles d’hélicoptères, barrages et miradors, l’armée suisse est sur le pied de guerre pour s’assurer que les grands de ce monde sont protégés. La Suisse impose en outre des restrictions strictes dans l’espace aérien au-dessus de Davos durant le forum.
Précautions diplomatiques
Cette sécurité renforcée représente un coût estimé à 9 millions de francs suisses (7,6 millions d’euros) pour 2018. Le WEF prend 2 millions à sa charge, le reste étant financé par la ville de Davos, le canton des Grisons et la Confédération helvétique. Un bon placement. Une étude menée par l’université de Saint-Gall a, en effet, chiffré à 79 millions d’euros les revenus générés pour la Suisse par le raout international. La confédération y voit également « une opportunité unique de cultiver des relations avec des grandes figures » de la planète.

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Plus de 10 000 personnes écument les rues du village ou les travées du palais des congrès. Aux plus de 3 000 participants attendus s’ajoutent en effet les journalistes, les membres de la sécurité et 1 400 employés de Publicis Life, qui gère depuis 1995 la logistique de l’événement. L’étroitesse des lieux rend la tâche compliquée. En particulier, les capacités hôtelières s’avèrent de plus en plus insuffisantes.
C’est Publicis qui alloue les nuitées, en fonction de critères subtils fixés par le WEF, où doivent figurer une bonne part de précautions diplomatiques. Le forum a beau être apolitique, il veille aux susceptibilités des uns et des autres. En 2017, le moine bouddhiste Matthieu Ricard, grand défenseur de la cause tibétaine, avait été gentiment prié de renoncer à sa séance de méditation quotidienne au palais des congrès le jour où le président chinois Xi Jinping était attendu.
Plus fort que les Rolling Stones
Ce n’est pas le moindre des miracles de Davos, les conférences démarrent et s’achèvent à l’heure. « Cela fonctionne comme un mécanisme de montre suisse, sourit Jean-Loup Dénéréaz, chargé des services et des événements au WEF, il nous est arrivé d’avoir des sueurs froides, mais le plus important c’est que les participants ne l’ont jamais senti ».
Sorte de Tinder de Davos, l’application TopLink permet aux festivaliers de s’informer, se diriger, se contacter. C’est sur cette plate-forme que l’enregistrement s’opère pour les conférences aux places limitées : pire qu’un concert des Rolling Stones, une minute après l’ouverture des inscriptions, celles de Carlos Ghosn, le PDG de Renault, ou Michael Corbat, le directeur général de Citigroup, affichaient complet.
En marge, le « Davos off » suit le même rythme effréné. Les pétroliers, les industriels de l’hydrogène ou encore les fonds d’investissement en profitent pour deviser à huis clos à propos des enjeux propres à leur industrie. Mais attention aux dérapages, des juristes veillent à ce qu’aucune pratique anticoncurrentielle ne se glisse dans ces discussions…



                            


                        

                        

